DiscordDiscord  
  • AccueilAccueil  
  • CalendrierCalendrier  
  • FAQFAQ  
  • RechercherRechercher  
  • MembresMembres  
  • GroupesGroupes  
  • S'enregistrerS'enregistrer  
  • ConnexionConnexion  
  • bienvenue
    ×
    navigation rapide
    lore
    général
    systèmes
    jeu

    menu
    Top-sites
    Votez!
    top sitetop sitetop sitetop site

    Derniers messages

    Avatar du membre du mois
    Membre du mois
    Destra

    Prédéfinis

    PrédéfiniPrédéfiniPrédéfini
    「 La réalité est le pire cauchemar 」| ft Rêve RV9zEr1
    Gazette des cendres
    Automne 2023
    Lire le journal
    #4
    RP coup de coeurCoeur

    RP coup de coeur

    Poussière Divine - Groupe 1 & 2
    Derniers sujets
    Assemblée Sénatoriale du 22 Juillet, An 4Hier à 22:56Hélénaïs de Casteille
    [Flashback] Les Ombres de l'Arène [PV Zaïn]Hier à 22:11Zaïn Tevon-Duncan
    [PA] - Vérité MacabreHier à 18:33Athénaïs de Noirvitrail
    Les pré-liens d’une vieille âmeHier à 17:39Morrigan Athelwood
    Achats de Pouvoirs - IsoldeHier à 16:54Isolde Malkyn
    Aussi froid que l'acier [Isolde]Hier à 14:43Mortifère
    Assemblée la clé de voûte.Hier à 13:22Vaenys Draknys
    Achats de pouvoirs de TulkasHier à 13:17Tulkas
    Aller en bas
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 12 Fév - 20:41

    Le ciel est d'encre ce soir là, constellé d'étoiles aux lueurs timides. La lune gibbeuse et blafarde baigne les dunes de ses faibles rayons. La température est passé d'un extrême à l'autre comme il est de coutume dans le désert du Reike.

    Dans sa petite piaule, après avoir balayé, Blüm est en train de finir ses ablutions: l'eau usée avec parcimonie est renversée dans les rares plantes qui jonchent la cahute. La vasque en terre cuite est ensuite soigneusement séchée. Le tissu spongieux trempé est essoré et impeccablement étendu. Pendant de longues minutes, la Fleur peigne sa chevelure avant de la natter et de l'enrouler dans un turban pour la nuitée. Moment qu'elle retarde le plus à voir le temps dont elle abuse et la minutie dont elle fait preuve. C'est que, de manière récurrente, si elle n'est pas prise d'interminables insomnies, elle est en proie à ses démons intérieurs. Donc chaque soir, c'est "choisir" entre Charybde et Scylla. En chaisne de chanvre, elle longe les quatre murs de son unique pièce à vivre pour vérifier que tout est en ordre. Son pas devient peu à peu fébrile alors qu'elle tourne en rond et ses doigts tremblent autant que la flammèche de la chandelle vacille. Finalement, elle gagne sa couche sur laquelle elle s'asseoit, une précieuse fiole dans son poing gauche.

    Plop

    La première goutte pour calmer le corps. Pris de spasmes qui trahissent le manque, l'addiction à ce produit qu'est la teinture mère de Datura du Désert. Fleur dont la distillation des pétales produit un puissant psychotrope à micro-dose et un poison mortel à plus haute consommation.

    Plop

    La seconde goutte pour calmer l'esprit. L'angoisse insidieuse qui la prend au thorax et la gorge à l'idée de devoir affronter encore et toujours les même démons.

    Plop

    La dernière goutte pour faire de beaux rêves.

    Diluée dans une gorgée d'alcool, Blüm ne tarde pas en en ressentir les premiers effets. Se glissant sous le drap de lin et ajoutant le poids de peaux pour se réchauffer, elle pose sa tête sur l'édredon. La salle obscurcie est silencieuse, ne plane que l'odeur de la cire d'abeille de la bougie se consumant sur le chevet. La flamme étire et fait danser les ombres sur le plafond. Le regard céruléen happé par le spectacle sombre lentement, assommée par le psychotrope.

    Dans son esprit, les couleurs font du bruit et les sons ont un goût et une odeur. Les cris écarlate résonnent inhumains, suppliant. Une plainte fend la sérénité, elle a le goût âcre de la fumée. Les mélopées cobalt lancinent, emplies de tristesse. Un soupir pèse sur le calme, il a la saveur acide du sel. Les murmures émeraude se tapissent au fond des songes. Un rire perce le silence, il est amer comme l'existence.

    Les traits de la blonde se crispent et se tordent alors que son esprit lui joue de mauvais tours. Suante et gémissante, elle tourne et retourne dans son sommeil plus qu'agité. Soudainement, Blüm sent un changement dans l'atmosphère, quelque chose d'extra-sensorielle face aux habituels cauchemars dont elle s'arrache dans un cri de terreur. Les yeux écarquillés dans la pénombre, elle halète et demande.

    - Qui va là?!
    Citoyen du monde
    Citoyen du monde
    Rêve
    Rêve
    Messages : 230
    crédits : 849

    Info personnage
    Race: Démon
    Vocation: Mage soutien
    Alignement: Loyal Neutre
    Rang: D
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t1076-reve-le-voyageur-termine
  • Lun 13 Fév - 2:52
    Haut dans les cieux étoilés, une bête voilée d'ombre avait observé, des heures durant, la jeune guerrière qui s'affairait à préparer sa fabuleuse concoction. Trop éloignée pour être repérée par celle qui avait aujourd'hui accaparé toute son attention, la créature sans nom s'était contenté d'observer, détaillant les faits et gestes de celle qui, sans le savoir, était devenue sa lubie du moment. Il y avait dans l'attitude de cette jeune guerrière certains éléments qui avaient suscité chez la créature un intérêt certain car tout, de sa démarche aux regards méfiants qu'elle jetait parfois derrière elle, chose qui laissait entrevoir une détresse fascinante aux yeux de la bête.

    Après s'être frayé un chemin jusqu'à elle à l'abri des regards, la mystérieuse entité s'était furtivement aventurée proche de son centre d'intérêt, voguant au gré de ses envies et d'un instinct aux rouages étranges, jusqu'à s'aventurer depuis le domaine des ombres jusqu'aux quartiers de cette intrigante combattante, l'observant sans intervenir alors qu'elle se livrait à d'insolites pratiques. Depuis la fenêtre, il l'avait longuement analysée, détaillant sa minutie et sa méthode experte alors qu'elle réalisait cette concoction curieuse pour laquelle elle semblait avoir rassemblé divers ingrédients.

    Lorsqu'elle consomma le produit que la bête peinait à identifier, tout son corps sembla se relaxer et ses mouvements, nerveux et vifs quelques instants plus tôt, se firent alors plus lents et mesurés, imprécis même. L'intrus comprit aussitôt ce qu'elle venait de faire et sa curiosité grandit encore car, dans sa brève aventure sur le plan matériel, il n'avait encore jamais eu l'occasion de faire la rencontre d'un mortel usant de tels artifices pour transfigurer sa réalité. En tant que modeleur de rêves, comment ne pas ressentir une étrange affinité pour ces humains qui, insatisfaits de leur réalité, choisissaient de s'emprisonner dans des songes éveillés pour échapper à l'horreur du quotidien ?

    Tel un prédateur salivant face à sa proie offerte, le monstre onirique se décida à établir le contact. Il avait besoin de lire en elle, de comprendre la source de ce malheur qui la contraignait à de telles bassesses. Pourquoi fuis-tu ce monde rêveuse, c'est pourtant le tien, non ? La bête obscure contourna les murs de la petite demeure, longeant la structure en serpentant dans les ténèbres pour enfin poser une dextre griffue sur la poignée métallique. Elle fut surprise de découvrir que l'accès était possible car, dans son empressement, la jeune guerrière semblait avoir omis de verrouiller son antre.

    Laissant pénétrer avec lui un courant d'air frais, le monstre indiscernable s'avança furtivement d'un pas aérien, presque dansant. Là, il vit son obsession allongée, en proie à des cauchemars si forts qu'elle en tremblait de crainte. Cela faisait si longtemps que le prince exilé des Songes n'avait pu s'aventurer dans l'esprit d'un mortel qui sommeillait et, dans un élan de folie, il se risqua à l'approcher encore davantage, tendant ses deux pattes invisibles vers le visage de la femme endormie. S'il la touchait, il pourrait lire en elle, découvrir ses frayeurs et ses aspirations. Il avait faim de savoir, et faim d'émotions.

    Mais alors qu'il s'apprêtait à poser ses pattes sur ses joues couvertes de sueur, elle s'éveilla d'un bond, stoppant net le monstre fantasmagorique dans son élan. Toujours sous l'effet des plantes qu'elle avait ingéré, la guerrière semblait à mi-chemin entre rêve et réalité, aussi elle ne parut pas le percevoir entièrement mais malgré tout, l'enfant des Songes décida qu'il était temps d'abandonner son masque d'ombre.

    Ce fut d'abord son visage qui réapparut, dessinant dans l'obscurité la silhouette pâle comme la lune de son faciès. Ses yeux noirs, immenses, contrastaient avec la blancheur immaculée de son visage froid et inexpressif. Il la scrutait, interdit, tandis que son corps immense se profilait peu à peu dans la pénombre. Ses ailes déployées, gigantesques, cachaient désormais les fébriles rayons lunaires et seules les lueurs qui constellaient son corps fabuleux éclairaient encore la pièce, la baignant dans une curieuse lumière en constant changement. Que voyait-elle, puisqu'elle avait choisi de jouer avec son propre esprit ? Que percevait-elle en lui, qui n'avait ni nom ni silhouette propre ? Le bec s'entrouvrit et, dans un murmure, deux voix s'élevèrent :

    "Bonsoir, rêveuse. Ton sommeil est troublé et, en tant que Gardien des Songes, il est de mon devoir d'y remédier."
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Lun 13 Fév - 13:36
    Certains disent qu'il n'y a qu'un pas à faire d'un rêve à la réalité, Blüm répond qu'il n'y a qu'une goutte de trop à prendre entre la réalité et le rêve. Devant elle, s'étirent en une forme indiscernable, les lueurs mouvantes des Lumières du Nord. Couleurs boréales dansantes en volutes hypnotiques que l'on retrouve parfois dans les cieux des Terres du Nord. Les paupières clignent afin de tenter d'éclaircir la vision trouble. En vain, le focus demeure kaléidoscopique dans la pénombre. Le spectacle est si captivant que la Fleur essoufflée en perd ses réflexes de défense. La dague sommeillant sous son édredon n'est donc pas empoignée. Les traits de la blonde affichent une curiosité non feinte quand des chuchotements brisent le silence. La tête est bazardée sur une épaule, signe qu'elle reste dans l'expectative car malgré le souffle retrouvé, le manque d'énergie l'empêche de bondir de son lit. Quelle diablerie son esprit torturé lui joue-t-il encore? Il lui est alors impossible de savoir si elle est éveillée ou encore dans ses songes. Ses membres lui semblent engourdis, lourds mais cotonneux. Elle reste assise dans sa couche à observer un temps le Gardien des Songes. Enfin le spectre lumineux qui flotte devant son regard flou. Les iris percent le jeu de lumières pour déceler de vagues traits inhumains dans la pénombre. Qui ou Quoi? Qu'est-ce qu'est cette entité alors inconnue pour Blüm? Pourquoi? Pourquoi venir à elle et surtout après autant de nuits cauchemardesques ? D'une voix rauque, encore endormie, elle questionne donc:

    - Comment?

    Voilà la seule réponse qui l'intéresse vraiment. Par quel miracle la créature peut-elle apaiser ses démons? La Fleur est privée de douces nuits depuis si longtemps qu'après avoir cherché des solutions, elle s'est finalement fait une raison. Ses sens sont moins fiables, ses mouvements moins alertes mais la paranoïa, elle, est accrue. Sa nervosité transparaît dans ses gestes, dans ses oeillades méfiantes. La blonde n'a trouvé remède que dans les addictions. L'alcool qui la fait s'écrouler et dormir d'un sommeil lourd et désagréable. Sans compter le réveil pâteux et la barre au front qui martèle de longues heures durant. Ainsi que la drogue qui la dénoue et la ramollie jusqu'à un endormissement léger aux frontières du rêve. Alors elle se réveille ensuquée et troublée, ne sachant dire si elle rêve ou délire. Dans tous les cas, le repos n'est que partiel. Tous les matins, c'est avec un peu moins d'énergie et plus de cernes qu'elle se lève. La fatigue accumulée combinée à ses accoutumances ne font pas bon ménage et de plus en plus régulièrement, Blüm est en proie à de graves hallucinations, revivant certains traumatismes en boucle.

    Cette nuitée là, face au Gardien des Songes, elle n'est pourtant pas défiante, imaginant pouvoir pallier à ses terreurs nocturnes, ses insomnies et autres troubles du sommeil. Cela dit, elle repose une seconde fois son interrogation avec plus de conviction. la Fleur n'espère plus désormais, elle veut guérir.
    Citoyen du monde
    Citoyen du monde
    Rêve
    Rêve
    Messages : 230
    crédits : 849

    Info personnage
    Race: Démon
    Vocation: Mage soutien
    Alignement: Loyal Neutre
    Rang: D
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t1076-reve-le-voyageur-termine
  • Lun 13 Fév - 14:22


    La gestuelle de la bête colossale était lente et mesurée. Lorsque la rêveuse lui répondit, tremblante d'envie comme d'effroi, elle sembla gagner en puissance et en influence. Ses ailes informes et titanesques parurent s'étendre encore davantage, croissant jusqu'à englober la jeune guerrière toute entière dans un océan de lueurs cosmiques, à la fois terribles et somptueuses. Puisqu'elle s'était offerte à lui, il exerça sans mal son emprise sur elle, profitant de sa faiblesse momentanée pour s'insinuer en elle tel un poison. Il allait la soigner, lui offrir le don du prince des songes, mais c'était une expérience qu'elle risquait fort de regretter amèrement car nul cauchemar ne pouvait être éliminé sans sacrifice. Telles des ronces; les pattes griffues de la bête mythique se posèrent sur les peaux de bête qui recouvraient le corps de la jeune femme puis, glissant presque langoureusement, elles grimpèrent progressivement, explorant les contours de sa fine silhouette, de ses hanches jusqu'à ses épaules, ce dans une effroyable et glaciale caresse jusqu'à atteindre, enfin, la base de son cou trempé de sueur.

    "Regarde-moi, rêveuse. Ne t'avise pas de détourner le regard. Je suis ta création, je suis un fragment de ton âme. Vois à travers moi... pour voir en toi."

    Le bec était refermé et les mots qu'il prononçait mentalement se frayaient un chemin jusqu'à l'esprit de la combattante, outrepassant l'intimité de ses pensées troublées. De ce contact d'une douce violence, il obtint déjà quelques morceaux d'elle, se délectant de souvenirs et d'images qui ne lui appartenaient pas. Le Voyageur récoltait, lentement mais sûrement, les outils nécessaires à la médication de sa cible. Les mains noires comme de l'encre serpentèrent jusqu'aux joues de Blüm et les griffes acérées vinrent se refermer avec une force implacable sur sa nuque, manquant de peu de percer la peau nue et d'y faire éclore quelques fleurs de sang. Lorsqu'il la posséda toute entière et qu'elle fut incapable de percevoir ou d'imaginer autre chose que lui, le monstre commença à changer et son faciès d'oiseau onirique, doucement, se mua en tout autre chose.

    Les plumes se tordirent en tout sens, évoluant en de curieuses arabesques tentaculaires et du bec naquit d'abord un nez, court et fin, qui surmontait des lèvres naissantes. Les yeux de chouette se déformèrent et grandirent tellement qu'ils finirent par se croiser, s'épousant l'un et l'autre pour creuser, au centre de ce visage mystique, un orifice colossal qui vint dévorer toute la pale surface. Des motifs indescriptibles, n'ayant de sens que pour la spectatrice à laquelle ils avaient été dédiés, se dessinèrent dans le noir, lui offrant le tableau de ces cauchemars qu'elle fuyait avec tant d'ardeur. La bouche, féminine et rieuse, s'ouvrit alors et quelques mots parurent s'en échapper en un langoureux soupir :

    "Que vois-tu, rêveuse ?"

    「 La réalité est le pire cauchemar 」| ft Rêve 6670fba4b884f3f3753302408bda0dde

    -

    Dans ce vortex d'émotions partagées, il était impossible de définir clairement si c'était la créature onirique qui avait murmuré ou si, dans sa transe mystique, c'était Blüm elle-même qui avait laissé parler le Démon à travers son corps. Des picotements s'emparèrent d'elle alors qu'une nouvelle vague de magie psychique la pénétrait et, de simples aiguilles qui pointaient le long de son échine, ce fut un véritable éventail de dagues mortellement acérées qui semblèrent la frapper derrière le crâne, lui envoyant par vagues brutales une lancinante douleur.

    "N'abandonne pas. Quoi que tu puisses voir dans ces abysses, tu dois l'embrasser."

    Elle souffrirait, le Voyageur le savait, mais elle ne ressortirait de cette torture que plus forte. Il la rendrait courageuse, il la transformerait. Quoi qu'elle puisse affronter dans ce cauchemar plus atroce que tous les autres, il se tiendrait à ses côtés.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Lun 13 Fév - 16:31
    Tandis que le décor sombrait lentement vers un semblant de cosmos, les lueurs scintillantes appelaient Blüm comme des phares. Un leurre car à s'aventurer, elle s'écraserait sur les écueils. Les pattes du Gardien rampèrent sur les pelisses implacablement dans sa direction et, dans un froid mortuaire, l'étreignirent. Serpentant sinueusement de son torse à sa gorge, la Fleur, pétrifiée d'effroi, ne pouvait se défaire de l'emprise de la Créature. Ses griffes semblables à des lames de rasoirs l'enlacèrent avec tant de langueur qu'elle sentit presque chacun des grains de son épiderme, un à un, éclater sous le fil tranchant. Elles étaient mille archers sur les cordes trop sensibles du violon de son être, grinçant de terreur.

    "Regarde-moi, rêveuse. Ne t'avise pas de détourner le regard. Je suis ta création, je suis un fragment de ton âme. Vois à travers moi... pour voir en toi."

    Les murmures s'affirmèrent en des voix sourdes. Des paroles qui résonnaient dans son esprit sans les entendre réellement. Le Gardien s'infiltrait dans ses pensées, s'imposait dans ses songes pour se repaître des tessons de son âme fissurée. Blüm tenta de lutter vainement d'un mouvement de la tête en arrière mais les griffes la maintinrent fermement. Il n'y avait que lui, plus que Lui dans sa pensée. Roi cauchemardesque puisant sa force dans la faiblesse psychique de la Fleur. Mais tout cela n'était que le début. La Chimère se métamorphosa plus horrifique encore. Le vide béant du haut de son faciès devint le miroir où se reflétaient ses peurs les plus intimes, ses plaies les plus profondes. Blüm grinçait tellement des dents pour ne pas hurler de panique qu'elle en sentait l'émail se fracturer. La respiration coupée, elle demeurait en apnée devant l'illusion trop réelle dont elle ne pouvait détourner son regard écarquillé et larmoyant.

    "Que vois-tu, rêveuse ?"

    Une scène après une autre, sa mémoire se fragmentait pour ne revivre que les traumatismes indélébiles qui l'avaient jusqu'alors forgé. Les brides de vie se rejouaient dans un ordre encore plus terrifiant que la réalité elle-même.



    Le frère.
    - Arrête Blüm!

    Le Capitaine.
    - Vous n'y arriverez pas, Blüm.

    La mère.
    - Qu'as-tu fait Blüm!

    - Désolé...

    Une victime.
    - Pitié!

    Le Lieutenant.
    - Félicitations, Blüm. Ton premier sang.

    - Capitaine!

    Dans chaque voix, toujours la même colère. Dans chaque oeil, toujours la même tristesse. Sur chaque visage, toujours le même dégoût. Et dans chaque geste, toujours la même crainte.

    "N'abandonne pas. Quoi que tu puisses voir dans ces abysses, tu dois l'embrasser."

    Le manque de reconnaissance, l'abandon et la trahison étaient les trois piliers bancals de sa personnalité. Le bloc brut qu'était Blüm à la naissance, à l'instar de toute créature douée de conscience dans Sekai, avait reçu de par ses expériences de vie tant de coups que le monolithe s'était morcelé et réduit en poussière à certains endroits.

    Embrasser la détresse, faire face à la solitude, se reconstruire sur des ruines. Comment était-ce possible? La Fleur suppliait encore et toujours:

    - Comment?

    La froideur du corps de la Bête, ses mille piqûres la perforant. A revoir sa vie défiler ainsi, Blüm se demanda alors si son Heure n'était pas venue tout simplement.
    Citoyen du monde
    Citoyen du monde
    Rêve
    Rêve
    Messages : 230
    crédits : 849

    Info personnage
    Race: Démon
    Vocation: Mage soutien
    Alignement: Loyal Neutre
    Rang: D
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t1076-reve-le-voyageur-termine
  • Lun 13 Fév - 19:50

    La mercenaire se débattait, en proie aux cauchemars indescriptibles sur lesquels elle avait bâti toute sa dureté d'âme. Les yeux révulsés, tant par les puissants hallucinogènes qu'elle avait volontairement ingéré que par le sordide traitement que lui réservait la bête mythique, elle était désormais prise de spasmes si intenses que toute la literie en tremblait. Les mots de ses proches, fantasmés dans son esprit torturé par l'action du monstre cauchemardesque, étaient prononcés par elle-même, ce qui permettait à la créature de profiter de cette abjecte expérience, ce malgré la disparition de ses dons d'un passé désormais révolu.

    "Fais leur face, rêveuse."

    Les mots de la créature ne semblèrent pas faire mouche car, entre deux sanglots étranglés, la jeune guerrière amoindrie par son empoisonnement sembla manquer d'air. Inflexible malgré l'évidente détresse de celle qui bataillait désormais contre lui, le prince des Songes demeura ferme et cruel, relâchant sa prise sur la nuque de sa victime pour mieux l'agripper aux joues, dessinant dans son excitation de fines coupures pourpres. Les dagues retournèrent enfin à leurs fourreaux, après d'insoutenables minutes de torture, laissant juste assez de mou à la pauvre mercenaire pour qu'elle parvienne à articuler, une troisième fois, sa question posée sur un ton de prière. Une rage venue d'ailleurs s'empara du monstre ailé qui poussa, en guise de réponse, une vocifération scandalisée et terriblement stridente. Elle était encore loin, si loin de son objectif. Mais il était le modeleur de rêves et, pour un être aussi extraordinaire, rien n'apparaissait hors de portée. La voix démoniaque, désormais aussi forte qu'impérieuse, s'éleva à nouveau dans la modeste bâtisse :

    "As-tu vraiment l'arrogance de croire qu'un peu de poison peut chasser des cauchemars si solidement attachés à ton âme ? Te penses-tu au dessus de tes propres rêves, effrontée ?"

    Cette colère, si inhabituelle chez l'être fantasmagorique, paraissait tout bonnement empruntée à son interlocutrice. Le miroir noir qui surmontait son nez désormais recourbé dans une expression haineuse se fit brun, puis rougeoyant. Une lueur enflammée y apparut, se muant bien vite en un véritable vortex de flammes écarlates. Dans ce trou béant, Blüm pouvait percevoir la lumière inarrêtable d'un infernal brasier qui s'enfonçait toujours plus loin, vers un néant composé de pure souffrance. La douleur reprit, plus poignante encore, griffant l'intérieur de son crâne comme si un immonde rat rendu fou par une chaleur écrasante tentait de gratter l'os afin de s'en extirper. La substance qui parcourait ses veines la rendait folle, assez d'ailleurs pour l'emprisonner dans cette illusion qui ne devenait que bien trop réelle. Le visage du Voyageur, dévoré par ces flammes imaginaires, était désormais semblable à une gueule ignoble aux commissures dégoulinantes de lave en fusion. La bouche diabolique, immense, semblait se dévorer elle-même dans un cycle perpétuel d'autodestruction.

    「 La réalité est le pire cauchemar 」| ft Rêve 0f6885f4e08094f70ca66974eb047b60

    "Crois-tu pouvoir te libérer de tes chaînes en tirant dessus tel un fauve en cage, idiote ? Ne sais-tu pas comment les briser ?"

    _

    Le monstre relâcha brusquement son emprise et saisit sa proie au menton, forçant son visage à pivoter pour le diriger d'un geste barbare vers les restes de son étrange concoction. Il tira sur son cou, l'amenant tout près des traces de cette drogue qu'elle croyait salvatrice mais qui, inévitablement, la menait à sa perte dans une lente et douloureuse spirale. Rêve était devenu Cauchemar mais en réalité, il n'était que le reflet de celle qui lui faisait face. Une femme cruelle, froide comme sa propre lame, un cerbère à louer qui détruisait tout autour d'elle comme elle se détruisait elle-même. Ce poison qu'elle ingérait avait corrompu son sang et le Gardien des Songes, dans ses incompréhensibles machinations, avait décidé d'agir pour y mettre un terme.

    De sa dextre libre, l'immense volatile démoniaque força les paupières mi-closes de Blüm à s'ouvrir, non sans la blesser légèrement, ce afin de lui montrer avec plus d'insistance le triste spectacle de cette douce mort vers laquelle elle s'aventurait en parfaite connaissance de cause. Cela fait, il la ramena violemment à sa position d'origine, cognant sans merci son dos meurtri par la guerre contre le fond de son propre lit, avant de lui hurler à plein poumons de sa double-voix devenue effroyable :

    "Ce n'est à moi de te dire comment détruire les liens que tu as toi-même forgé ! Veux-tu mourir, vidée de tout bonheur et froide comme la glace, sans accomplir le moindre de tes rêves, imbécile ? Ne veux-tu laisser derrière toi aucune trace de ton passage ? Il n'y a rien pour toi dans l'immatériel. RIEN, tu m'entends ?"
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 14 Fév - 13:14
    La chair séchait comme du cuir rétréci, comprimant ses os noircis craquant comme des bûches léchées par les flammes. Son sang bouillonnait dans ses veines et ses tripes fondaient de l'intérieur. Blüm soubresautait au fond de son lit. En transe ou possédée, un filet carmin s'écoulait en écume de sa bouche. Les voix se modulaient ainsi que les visions plus infernales qu'elle ne pouvait l'imaginer. Ce brasier qui la consumait, rideau de feu la cloisonnant dans sa folie comme une camisole. Une folie meurtrière. L'hystérie gagna la blonde. Son coeur battait si fort à en réduire en cendres sa cage thoracique calcinée. Des images de combats intenses ressurgirent du tréfond de ses songes éviscérés par les griffes de la Bête immonde. Ces brides de survie qu'elle avait finalement remportées pour être là aujourd'hui. L'écarlate fusait en impressionnantes gerbes avant de s'évaporer par la chaleur de la fournaise qu'était cette scène. Les adversaires affluèrent encore et toujours et les pieds de la Fleur pataugèrent dans l'hémoglobine visqueuse. C'était un véritable baroud d'honneur. D'attaques en attaques, la longue lame ondulée de la flamberge tantôt embrochait en estoc, tantôt découpait ceux qui - dans sa furie, elle ne réalisa pas- n'étaient pas armés. Sans défense de la part de l'ennemi imaginaire, le massacre devint d'une cruauté indescriptible. La soif de sang s'empara de Blüm qui ne faiblissait pas, piétinant les corps jonchant le sol. Dans le ciel noir de fumée, mille et oeil vitreux l'observaient de leur prunelle éteinte. Chaque fois qu'un nouvel adversaire tombait sous l'assaut, une nouvelle paupière s'ouvrait au-dessus de sa tête.

    "Crois-tu pouvoir te libérer de tes chaînes en tirant dessus tel un fauve en cage, idiote ? Ne sais-tu pas comment les briser ?"

    Le timbre inhumain de la Créature rugit dans les cieux soudainement rougeoyant. Plop. Une goutte tombe. Plop. Une deuxième larme. Plop. Une averse de sang se mit à tomber. Les yeux ourlés de carmin en perlèrent en de longues complaintes emplies de détresse. Le ciel pleurait. Blüm, sous cette pluie torrentiel, en perdit la prise sur sa flamberge et commença à déraper sur le sol glissant. La puanteur de la mort, le goût âcre de la fumée la prit à la gorge, toussant jusqu'à en vomir.

    Le Gardien exorbita de force son regard injecté de sang qui ne voyait que ce terrible spectacle d'horreur et de désolation germant dans son esprit terrifié. C'est alors que le choeur démoniaque s'égosilla
    après l'avoir projeté dans sa couche.

    "Ce n'est à moi de te dire comment détruire les liens que tu as toi-même forgé ! Veux-tu mourir, vidée de tout bonheur et froide comme la glace, sans accomplir le moindre de tes rêves, imbécile ? Ne veux-tu laisser derrière toi aucune trace de ton passage ? Il n'y a rien pour toi dans l'immatériel. RIEN, tu m'entends ?"

    Pour la première fois, elle montra un réel signe de faiblesse en se recroquevillant, en nage, dans les draps. Blüm claquait des dents étrangement frigorifiée. En boule, les mains devant les yeux comme le ferait un enfant devant un monstre, elle murmura dans un gémissement.

    - Je ne veux pas mourir...

    La Fleur se mit à sangloter bruyamment, les effets de la drogue redescendaient doucement. Tout son questionnement sur sa place dans Sekai était remis en doute. Parce qu'au fond, la vérité, c'était que la réalité était son pire cauchemar. Alors ouvre les yeux, Blüm. Et affronte-la.

    Le regard céruléen se rouvrit alors avec détermination sur le décor connu de sa chambre.
    Citoyen du monde
    Citoyen du monde
    Rêve
    Rêve
    Messages : 230
    crédits : 849

    Info personnage
    Race: Démon
    Vocation: Mage soutien
    Alignement: Loyal Neutre
    Rang: D
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t1076-reve-le-voyageur-termine
  • Mar 14 Fév - 21:35

    Lorsque la combattante ouvrit les yeux, le cauchemar abject dans lequel elle avait été plongée disparut aussitôt. Mais alors qu'elle observait les contours familiers de cette chambre qu'elle ne connaissait que trop bien, elle put apercevoir qu'à son chevet, un curieux visiteur se trouvait. Une chouette au plumage épais la dévisageait depuis le bout de son lit, ses serres solidement attachées au bois. Sans un bruit, l'étrange volatile noir et blanc l'observait de ses prunelles immenses, détaillant son expression paniquée avec une avidité ainsi qu'une lueur d'intelligence tout à fait curieuse. Derrière le volatile, Blüm put distinguer les contours de sa porte entrouverte, seul accès potentiel pour cet intrus. Malgré l'étrangeté du visiteur, il y avait sans doute quelque chose de rassurant dans sa présence. C'était évidemment moins effrayant que cette cauchemardesque hallucination que venait de subir la guerrière affaiblie.

    "L'ombre de ton cauchemar plane encore sur toi. Tu es encore trop faible pour le vaincre, Blüm."

    Le regard de la jeune femme fut irrémédiablement attiré vers la chouette mais il lui sembla, en réalité, que les mots prononcés n'avaient pas de provenance physique. Si cette pensée lui paraissait étrangère et que ces deux voix qu'elle avait cru entendre n'évoquaient rien de bon pour elle, il était difficile de confirmer que les mots venaient bien de l'animal qui la scrutait de ses yeux froids et formidablement vides. Alors que des questions germaient dans son esprit, elle fut interrompue dans le flux de ses réflexions par une nouvelle intrusion, couplée cette fois-ci à un soupçon de douleur crânienne bien réelle, ce qui lui remémora sans méprise la torture inimaginable de son précédent cauchemar.

    "Tu n'as fait qu'un premier pas avant de chuter. Tu devras aller plus loin, la prochaine fois."

    A chaque mot, Blüm put discerner malgré la fière à quel point les contours de la chouette se faisaient illisibles. Confuse et floue, elle semblait se dilluer dans l'obscurité à tel point qu'après quelques secondes, seul son faciès lunaire fut perceptible dans l'obscurité. Blüm cligna des yeux, sans doute pour ajuster sa vue face à cette bizarrerie de la nature et lorsque son rideau de cils se releva, le visiteur immense était de retour, flottant au beau milieu de sa chambre, ailes tendues et bras écartés, dans un silence de mort. Le bec s'entrouvrit et cette fois-ci, ce fut avec douceur que le monstre légendaire s'exprima :

    "Quel est ton plus grand rêve, Blüm ? Qu'est ce qui t'anime ?"

    La guerrière réalisa alors que sur ses genoux tremblants se trouvaient sa fidèle flamberge, extraite à son ratelier et déposée sur la peau de bête comme pour lui être présentée. Sur la lame toute en vagues et en arrondis, quelques gouttelettes de sang se trouvaient. Comme si le monde s'était arrêté de tourner, l'entité se tenait devant elle, parfaitement immobile. Un nuage épais vint masquer la timide lueur de la lune, plongeant à nouveau la pièce dans les ténèbres et ne laissant pour seules lumières que ces constellations irréelles qui recouvraient le corps de la créature.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Sam 18 Fév - 19:58
    Le répit ne fut hélas que de courte durée. Les yeux pourtant béants du rapace nocturne n'avaient rien de creux. Empreinte d'une curiosité avide, les prunelles fixaient Blüm décontenancée par la présence de l'imposant volatile au pied de sa couche. Le regard céruléen l'observait en retour avec un intérêt semblable. Un long frisson lui parcourut l'échine lorsque les voix résonnèrent pour la mettre de nouveau en garde. Alors qu'elle allait se redresser pour verrouiller la porte, la Fleur sentit le poids de sa flamberge sur ses jambes. Aussitôt la pénombre nocturne fit place à l'obscurité cosmique. L'oeillade azurée suivait alors les ondulations du métal, s'accrochant aux gouttelettes de sang frais qui le maculaient. Par instinct, Blüm leva la tête, pleuvait-il encore du sang? Non, elle se reporta alors sur l'immense créature qui lui faisait face. Ses doigts s'enroulèrent autour du pommeau mais la douceur de l'interrogation déséquilibra son geste et ce, jusqu'à faire trembler sa pensée. D'interminables minutes s'écoulèrent en silence, face à son visiteur de nuit. Assez longue pour que la Fleur réfléchit, posa le pour et le contre de se livrer à l'inconnu.

    "Quel est ton plus grand rêve, Blüm ? Qu'est ce qui t'anime ?"

    La phrase résonnait encore en un écho toujours plus profond dans les abîmes de son âme. Les espoirs d'hier n'étaient que les blessures d'aujourd'hui. La blonde se remémora quelques nouvelles brides de vie. Les moments précédents ses cauchemars. C'est, à chaque fois, qu'elle s'ouvrait sur ses aspirations, vulnérable au possible, qu'on la piétinait davantage. Le manque de confiance était donc réel. Elle fut alors projetée dans une énième scène fantasmagorique. Au milieu du désert reikois, là où peu s'aventurent sans de bonnes ressources, elle errait vêtue de guenilles. Elle suivait éperdument sous une chaleur infernale une silhouette floue inatteignable. Plus la Fleur pensait la rattraper, plus, en fin de compte, elle s'enfonçait dans le sable. Au moment où elle fut littéralement paralysée, la dune l'engloutit avant même qu'elle n'ait pu hurlée au secours. Sombrant dans les ténèbres, elle retourna au noir constellé. Les yeux bleus se perdaient dans la lueur des astres tout autour d'elle. Enveloppée dans un cocon de solitude. Isolée de tout cauchemar, de toute crainte, toujours entourée de ces voix curieuses qui ne demandent qu'à en savoir plus.

    La blonde projeta dans son esprit quelques images d'aspiration communes pour assouvir la faim de la Chimère.
    Premièrement, elle s'imagina être la plus riche: Assise à la tablée familiale, Blüm regarda son père devenu statue dorée, trônant en bout de table, immobile. Lui faisant face à l'autre bout, sa mère taillée dans un diamant, tout aussi figée. Les jumeaux puînés se battaient les victuailles comme s'ils pouvaient en manquer. A chacun de leur geste vif, à chaque griffe reçue de la part de l'autre, leur peau se déchirait tel un voile laissant paraître des dorures dans les entailles. La Fleur prit un pain sans levain garni et commença à le mastiquer. Quelques bouchées plus tard, elle sentit une gêne dans son estomac grouillant et sans avoir le temps de quitter le repas, se mit à vomir de l'or en fusion. Elle régurgita quelques gerbes qui fondirent dans son assiette avant qu'elle ne s'étouffa dans le métal refroidi qui la sculpta à son tour.
    Puis, elle rêva d'être la plus belle: Des cris idolâtriques perçaient les carreaux de la chambrée où Blüm séjournait. Siégeant devant une coiffeuse, entourée de mille parures plus opulentes les unes que les autres. Elle était elle-même vêtue d'une robe en brocart et portait des perles fines. La Fleur était le raffinement et l'élégance à l'état pur. Derrière les vitres, elle discernait les acclamations de la foule en adoration. C'était elle qu'ils adulaient dans toute sa beauté. Pourtant quand le regard bleu se posa sur le reflet, ce fut un visage ravagé par le temps et rapiécé par les coutures qu'elle dévisagea avec stupeur.
    Ensuite, elle envisagea d'être la plus forte: Affalée sur un trône dont le dossier était fait d'armes usées, l'assise et les accoudoirs fait d'ossement, Blüm, couronnée d'épines de fer baillait. Dans sa senestre, dormait le crâne de son ennemi dans lequel elle épanchait sa soif. Reposant près d'elle, sa fidèle flamberge rouillée et oxydée tant elle n'avait plus servi depuis longtemps. Le trône dominait sur un monticule de cadavres en décomposition dont le sang s'écoulait dans un lac rouge. d'une puanteur extrême. Les charognards en tout genre s'attaquaient au mont de corps mais la Fleur savait qu'après eux tous, viendrait alors son tour.
    Enfin, elle aspira à être aimée: Il était revenu. La tête blonde contre le torse de son premier amour, leurs doigts entrelacés, leurs visages s'approchaient, s'effleurant langoureusement sous une canopée de lilas blancs et odorants. Dès que leurs lèvres se touchèrent dans un baiser passionné, des ronces jaillirent des végétaux pour transpercer les amants de part en part. Une liane urticante s'enroula autour de leur coeur et bientôt comme si le lierre épineux n'était qu'un fil, ils ne firent qu'un. Un rebis tenant plus de la tératologie que de la perfection alchimique.

    Assise et recroquevillée dans ce semblant d'immensité cosmique, Blüm demanda alors en retour au Gardien des Songes, dans un grincement de suppliques.

    - Faites-moi rêver.
    Citoyen du monde
    Citoyen du monde
    Rêve
    Rêve
    Messages : 230
    crédits : 849

    Info personnage
    Race: Démon
    Vocation: Mage soutien
    Alignement: Loyal Neutre
    Rang: D
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t1076-reve-le-voyageur-termine
  • Dim 19 Fév - 12:36
    Lorsque Blüm retourna à ses sens, elle put découvrir que le mystérieux gardien avait quitté son champ de vision mais que sa présence ne s'était pas effacée pour autant. Profitant de cette absence momentanée durant laquelle ses souvenirs et fantaisies s'étaient mêlées afin de donner naissance à des images nouvelles bâties sur son obscur passé. Usant de ses yeux pourtant grands adeptes de la trahison, elle chercha d'un vague balayage la créature onirique mais ce ne fut pas cette fois-ci par la vue, mais bel et bien par le toucher qu'elle put établir la présence de l'intrus unique en son genre. Furtivement, le monstre s'était glissé derrière elle, posant ses index sur la nuque de la guerrière et ses pouces sur ses tempes battantes.

    Usant de ses talents affaiblis, la bête ressentait une frustration certaine, inhérente à son état. L'ascension sur le plan matériel, bien que formidable à de nombreux égards, l'avait amoindri. Malgré l'état désastreux de sa proie qui lui offrait son esprit sur un plateau d'argent, il peinait à lire ses rêves et n'obtenait de ce contact que de maigres éléments, des images confuses et difficilement compréhensibles. De manière tout à fait symbolique, il avait l'impression de chercher à percer par magie des verrous bien au delà de sa portée, chose qui éveillait en lui une sourde colère qu'il peinait fort à dissimuler. Frémissant, il retira enfin ses griffes du crâne de la combattante, révélant non sans hésitation sa propre faiblesse.

    "Tes rêves sont si profondément enfouis en toi, il m'est difficile de les atteindre. Combien de temps les as-tu reniés, fière guerrière ?"

    L'être de cauchemar qui l'avait terrifiée quelques instants plus tôt semblait s'être éteint. Avait-il seulement existé ou était-il une énième feinte de l'esprit torturé de la Fleur ? Bien loin des griffures furieuses qu'il lui avait infligé dans un élan de fougue, l'immense volatile né de l'imaginaire passait désormais ses doigts allongés le long de la nuque de Blüm, caressant sa peau du bout de ses ongles crochus sans chercher à percer la peau. L'autre main passait et repassait dans les cheveux de son obsession du soir, peignant avec désinvolture sa tignasse ébouriffée en poussant sporadiquement de fébriles roucoulements. Un murmure plein de tristesse lui échappa alors :

    "J'ai retrouvé une partie de mes pouvoirs, mais ce n'est pas encore assez pour te rendre les songes que tu mérites. Je suis encore plus faible que toi, rêveuse. Pardonne-moi et reçois mon cadeau."

    Contrastant encore davantage avec la violence de sa précédente incarnation, le Voyageur laissa ses mains quitter la chevelure de la jeune femme et cessa de flotter au dessus d'elle pour venir se poser derrière elle, assis sur son oreiller. Elle put sentir le torse de la créature contre son dos et découvrit alors qu'il n'était pas recouvert de plumes. Son corps, désormais chaud et sculpté comme celui d'un homme, était habillé d'un tissu plus vrai que nature. Les bras de la bête apparurent dans son champ de vision et, en y accordant un regard, elle put discerner sans mal qu'elle reconnaissait sans l'ombre d'un doute les silhouettes de ses mains qui se dessinaient dans la pénombre.

    Ses bras n'étaient pas ceux du monstrueux volatile, mais bel et bien ceux de l'être aimé, perdu à jamais et pourtant présent, juste derrière elle. De son souffle sur sa nuque jusqu'à la douce embrassade qu'il lui prodigua, tout dans cette illusion évoquait la lointaine expérience d'un amour véritable. La créature s'exprima à nouveau, d'une voix transfigurée cette fois-ci. La voix était à la fois proche du timbre si particulier dont elle entretenait encore de vifs souvenirs et pourtant, elle n'avait rien d'humain.

    "C'est tout ce que je peux t'offrir. Profite de cet instant Blüm, ne te retourne pas."

    Une mise en garde, honnête et glaçante. L'outrepasser était synonyme de folie.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mer 22 Fév - 10:12
    Les griffes enserrant son crâne auraient pu la transpercer qu'elle n'aurait pas eu le réflexe de s'en extirper. La drogue, après sa montée cauchemardesque, redescendait petit à petit. Les effets du poison semblaient alors plus doucereux. Le corps s'affaissait sur lui-même. Le souffle était long et lourd comme celui qui dort d'un sommeil du juste. Les jambes repliées sur la poitrine dans les draps défaits, Blüm ne réalisait pas vraiment la présence de la Créature au-dessus d'elle. Comme un ciel gigantesque, si elle avait levé ses yeux rougis peut-être aurait-elle discerner quelque chose, quelques formes dans l'étendue cosmique. Pour autant, elle ne prêtait pas la moindre attention, assommée par la teinture mère de Datura du Désert. Elle somnolait, ivre de sa démence.

    "Tes rêves sont si profondément enfouis en toi, il m'est difficile de les atteindre. Combien de temps les as-tu reniés, fière guerrière ?"

    - Je n'ai jamais renié mes rêves. Ils ont asphyxiés mes espoirs, annihilés mes envies. A quoi bon? A quoi bon, dites moi, de tendre à l'irréalisable? Je suis de ceux que l'impossible n'effraie pas mais ils me hantent tellement...

    Les dents grinçaient à se fissurer l'émail. La Fleur tremblait entre deux sanglots. Elle craquait complètement, prise de spasmes erratiques. Elle sentait les pattes glisser dans sa coiffure défaite avec une maladresse attendrissante. Les roucoulements la calmèrent comme le faisaient autrefois le chant des insectes, le ronronnement des félins. Un instant de paix soudain et apprécié par la blonde dont le corps lâchait tout bonnement lorsqu'il se relâchait. Bientôt, elle s'effondrerait, elle le savait, elle le sentait. Là, son esprit luttait encore vaillamment, une partie de sa pensée demeurait toujours vive et  alerte.

    "J'ai retrouvé une partie de mes pouvoirs, mais ce n'est pas encore assez pour te rendre les songes que tu mérites. Je suis encore plus faible que toi, rêveuse. Pardonne-moi et reçois mon cadeau."

    La présence se glissa dans son dos, la chainse imbibée de sueur. Blüm sentit un changement de texture, l'appui était plus dur et précis. Sans s'en rendre compte, elle s'affaissa contre. Les bras apparurent dans son champ de vision, d'abord flous puis d'un détail déconcertant alors qu'ils s'enroulaient autour d'elle. Les prunelles azurs s'accrochèrent à la cicatrice boursouflée sur le dos de la dextre. Elle la reconnaîtrait entre mille.

    Le coeur de la Fleur se souleva dans sa poitrine. La gorge nouée entre extase et stupeur, son palpitant au bord des lèvres. Ses fines mains tremblantes s'agrippèrent avec force aux manches de l'uniforme reikois, à s'en blanchir les phalanges. Puis le souffle rauque et fiévreux, hérissant son épiderme rafraîchi par la transpiration jusqu'à ses lèvres posées sur son cuir moite. Figée dans une apnée incontrôlable, les sanglots roulèrent encore et toujours sur ses joues humides, sa mâchoire crispée. Tandis qu'elle espérait se retourner, la voix surréaliste l'intima tendrement de jouir de cet instant sans en demander davantage. Ce que Blüm, en soi, avait toujours fait. Elle avait bridé ses sentiments, enchaîné ses ardeurs ne sachant toujours pas après maintes années de relation ambiguë et encore plus d'absence s'ils étaient réciproque.

    - Ne m'abandonnez pas, Capitaine. Pas encore...PItié.

    La blonde demeura un temps à s'accrocher à ce mirage. Plus elle le souhaitait, plus le rêve disparaissait. Doucement mais sûrement, elle retrouvait sa lucidité et ses sens aiguisés. A l'illusion presque parfaite, il manquait un détail. Les effluves de cuir, de sable, de bois et de métal entremêlées ne l'entêtèrent pas comme elles le firent si longtemps jusque dans ses songes. Pourtant il était là, n'est-ce pas? Blüm relâcha son emprise et entreprit de se détacher de l'étreinte. Où la lune se trouvait-elle dans le ciel? Pouvait-elle reprendre quelques gouttes supplémentaires pour poursuivre dans cette si douce mascarade? Elle tendit le bras vers le chevet où était posé le flacon mais une griffe tout ce qu'il y a de plus démoniaque stoppa son mouvement. Le point du jour allait probablement renaître dans quelques heures mais dans la piaule de la Fleur, il régnait encore une obscurité insondable.
    Citoyen du monde
    Citoyen du monde
    Rêve
    Rêve
    Messages : 230
    crédits : 849

    Info personnage
    Race: Démon
    Vocation: Mage soutien
    Alignement: Loyal Neutre
    Rang: D
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t1076-reve-le-voyageur-termine
  • Sam 25 Fév - 5:17
    Tâchant d'offrir à sa jeune rêveuse une embrassade à la hauteur de ses songes, la créature mythique laissant affluer en elle le flot d'émotions qui naissaient dans la pauvre Blüm qui, tant par les effets du poison que de cette expérience hors du commun, avait désormais laissé libre court à son chagrin, savourant comme elle le pouvait ce moment de grâce que lui offrait, dans sa bonté tout à fait relative, la bête née de l'imaginaire. L'oeil de la chimère, brillant dans l'obscurité ambiante, aperçut toutefois un geste qui ne manqua pas d'éveiller ses réflexes de prédateur. Contrairement aux directives imposées par le Prince, la pauvrette tentait bien tristement de s'emparer à nouveau de son maudit matériel mais le gardien à l'affût ne laissa pas cet affront être commis impunément.

    Le bras droit du capitaine, imité avec soin jusque dans ses moindres détails, se recouvrit en un éclair d'une épaisse couche de plumage tandis que ses doigts se prolongeaient. Bien vite, ses ongles faussement abimés se muèrent en serres acérées comme des dagues et la griffe bestiale, privée de son déguisement, vint se refermer avec force et sauvagerie sur le poignet de Blüm, la privant d'accéder aux instruments qui lui avaient permis jusqu'à présent de sculpter ces rêves artificiels que semblait tant mépriser Cauchemar. Après l'avoir stoppée net dans son mouvement, l'emprise de la bête s'apaisa doucement et l'illusion reprit mais, par ses aptitudes mystérieuses, le monstre put établir sans mal ce qui poussait la Fleur à recourir à de tels artifices.

    "Je ne t'ai pas abandonnée. J'ai toujours été à tes côtés."

    Le timbre de l'amour perdu, bien qu'encore reconnaissable, avait perdu de sa véracité. La guerrière aux pensées embrumées fut persuadée, l'espace d'un instant, que rien n'avait changé dans cette voix qu'elle identifiait désormais difficilement et qu'au contraire des apparences, c'était elle qui commençait à oublier les souvenirs qu'elle détenait du capitaine. Cette affreuse pensée fut chassée aussi vite qu'elle avait germé, ce avec une aisance curieuse. Cette idée venait-elle réellement de son esprit ou était-ce la créature qui, par sa sinistre magie, avait parasité sa psyché au point de pouvoir insinuer en elle des réflexions aussi effroyables ? L'étreinte du faux capitaine se resserra et, sans devenir douloureuse, elle était désormais si ferme qu'elle semblait contraignante.

    "Mais tu t'es détournée de moi, tu as usé de ce poison afin de réduire au silence songes comme cauchemars. Sans espoir ni rêve, tu n'es rien."

    Méconnaissable, l'amant illusoire perdait de sa structure à chaque mot qu'il prononçait. Ses mains glissèrent, remontant le long du corps de Blüm avec langueur. L'une d'entre elle s'arrêta au dessus des hanches mais la seconde s'éleva jusqu'au menton de la combattante et vint saisir ce dernier sans le moindre ménagement. Dans les oreilles de la combattante assoupie, un soupir de son capitaine bien-aimé résonna avant de se muer en un curieux roucoulement mystique. Elle qui recouvrait une partie de ses sens pouvait désormais réaliser que les doigts étaient redevenus griffes et que la bête avait retrouvé l'entièreté de son apparence, ne laissant plus rien de son maquillage onirique.

    "Chéris tes souvenirs pour ce qu'ils sont; car ton passé est derrière toi, Blüm. Tes nouveaux rêves n'attendent que d'être créés."

    Puis, dans un écho mystique, la bête se dématérialisa enfin et laissa la malheureuse seule, à nouveau livrée à elle-même et à ses propres démons.
    Permission de ce forum:

    Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum