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  • Dim 28 Mai - 11:41
    Le soleil est sur le point de se coucher, saluant les foules qui l’ont aujourd’hui aussi admiré tendrement. Un clap de fin pour une journée qui n’a pas vu une goutte de pluie tomber sur les têtes, faisant froncer les nez. Imoogi se balade dans les rues du Reike, une main légère devant les yeux pour regarder l’astre moqueur. Il profite de ses vacances, la bourse encore pleine, libre et sans obligations. Les clochettes tintent à sa ceinture et il se sent bien. Sentiment simple qui laisse apparaître un sourire sur ses lèvres, éclaire son visage rubéfié par la fin de journée.

    La faim creuse son chemin dans son estomac après avoir remonté ses intestins. Elle se manifeste, timide d’abord, petit doigt qui pousse sur l’organe. Le garçon n’y prend guère attention. Puis elle insiste, proteste car on ne la comble pas. Imoogi soupire et pose une main sur son ventre plat. Oui, il est vrai, c’est l’heure de souper. Il est loin de « chez lui », il ne peut se servir goulûment dans les raviolis qu’il fabrique amoureusement chaque jour – sauf le dernier de la semaine, alors il trottine et se repose au creux d’un arbre. Il n’est pas faux que les saveurs exquises ne lui manquent pas. Dans le pif du matin au soir, cela lasse. Parfois, il songe à se renouveler, apprendre de nouvelles techniques. Il pensait à une soupe de nouilles. Il lui faut trouver le temps, les ingrédients, le public. Il y songera plus tard. Les restaurants sont nombreux dans cette rue, mais le choix est compliqué. Imoogi cherche du poisson. Il n’en trouve pas, alors la route est poursuivie.

    Ce n’est qu’une demi-heure plus tard qu’il s’arrête enfin, réclame une table qui lui est offerte à grands coups de gesticulations polies et exagérées. Le triton lève un sourcil scrutateur mais ne dit rien. Il est client, il est vrai, mais il n’est personne, encore moins au sein de l’Empire. Il s’assoit dans un coin, touche du bout des doigts la plante un peu flétrie qui décore le bois où ses mains sont posées. La carte apportée, il jette un œil mais ne comprend pas. Il est fou Imoogi lorsqu’il se sent riche, entrée plat dessert. Les clients ne se pressent pas, alors rapidement est-il servi. Ses crocs plantés dans la nourriture, la poiscaille vient soulager l’estomac vengeur. Ce n’est pas mauvais, mais il comprend aisément pourquoi l’endroit est presque vide. Tout cela manque de saveurs, où est passé l’assaisonnement ? Mais l’homme a connu pire dans ses années d’errance. Il paie et part. Pas une fois n’aura-t-il offert de sourire. Mine déconfite. Il doit égayer sa soirée, la rendre plus belle, suave. Il n’a pas envie de chanter, de se trémousser. VACANCES, bon sang de bonsoir. Au moins au début. Ça se passe toujours ainsi, les congés du poisson. L’amour des premiers jours, les piécettes qui filent entre les doigts, et puis elles disparaissent et on ne les retrouve plus. Obligé de vendre ses courbes et sa voix pour prolonger le plaisir.

    Imoogi finit par pousser la porte de bains publics. L’on est interpellé par son apparence, par sa longue chevelure bleue qui épouse ses formes, frôle ses fesses. Il règle le montant demandé, salue l’employé et disparaît dans les vestiaires. La tunique qui ne cachait que la moitié de ses cuisses tombe au sol. La nudité s’empare du corps parfait, et le garçon file aux douches pour se débarrasser de la poussière qui l’a peu à peu recouvert. Il frotte ses jambes, ses pieds, mouille ses cheveux et soupire d’aise. Puis, enfin propre et heureux, marche d’un pas lent et calculé vers le bain où profitent déjà plusieurs hommes. Sans un mot, Imoogi laisse sa stature fine disparaître sous les flots. L’eau sur ses jambes est hautement perturbante. Il ne se transformera pas aujourd’hui, mais la sensation est étrange. Il ne s’y est pas fait, encore. Cette fois, le sourire revient, il se laisse aller dans la chaleur. Son corps descend sous l’eau, et seul le nez dépasse. Imoogi fait des bulles, le regard se baladant dans une discrétion qui ne l’est pas, analysant ceux qui ont attrapé et comblé la même idée que lui, ceux qui sont face à lui – parce que sur son côté, n’aurait-il pas l’air sot d’ainsi observer ? Il ne leur parlera pas, bien sûr. Mais il se plaît à leur imaginer une existence.
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  • Dim 28 Mai - 12:30
    Parfois, lorsque tu étais assis sur un banc au milieu d'un parc, il te revenait à penser à ta vie d'avant. Avant que tu ne sois libéré de ces chaînes invisibles, où chacune de tes actions étaient jugées. Ces vagabondages de l'esprit te laissait un goût amer, une saveur que tu haïssais tant tu éprouvais un manque de cette vie là, tant tu avais l'impression que tout était plus simple lorsque tu travaillais pour les maîtres. Tu avais un réel objectif. Quoi qu'aujourd'hui en avais tu un également, néanmoins, à cette époque il était bien plus concret, bien plus perceptible, aujourd'hui il était perdu dans un océan de découverte et de nouveauté. Et souvent, sans le montrer aux autres, tu doutais de toi, de tes capacités à réaliser ne serait-ce qu'une infime partie de cette rêverie que tu voulais atteindre.

    Alors ton moral s'en retrouvait miné. Ton visage de marbre où un sourire ainsi qu'un regard bienveillant était sculpté se déformait, laissant apparaître cette mélancholie agaçante. Comment pouvais-tu bien oser ne point pleinement te satisfaire de cette totale liberté ? Alors que tant d'âmes enfermés, cloisonnés à des rôles qu'ils ne voulaient guère, ne font qu'en rêver ?

    De dépit tu soupiras. Il fallait te changer les idées, réussir à calmer ce torrent qui couvait et qui, si tu restais assis ici à regarder le soleil se coucher, finirait par déborder. Aussi finis tu par quitter ce parc à la verdure incertaine, trop peu arrosé par un temps ensoleillé où la pluie ne s'était guère illustrée. D'un dernier regard, tu observas les quelques amoureux encore installés, les enfants jouant et les promeneurs nocturnes. Il était bon de voir autant de vie malgré l'heure qui avançait. Un plaisir que tu n'avais point dans chaque village de votre belle empire, lorsque la populace était moins dense et que la nuit des crocs monstrueux survolaient. Le calme et la sérénité était appréciable derrière des murailles peu agréables à l'œil et pourtant si utiles.

    L'esprit toujours renfrogné, tu déambulas dans les rues de cette grande cité, observant les devantures des étals, restaurants et lieux de divertissements, cherchant avec précaution un lieu qui t'inspirerait la tranquillité. Les tavernes préférais-tu oublier. Devant un cabaret tu passas, mais la musique, bien que talentueusement orchestrée ne te plaisait guère, trop Reikoise à ton goût, il t'aurait fallu mélodie plus raffinée. Finalement, c'est une pancarte de bois sculpté qui interpella ton égarement. Elle était simple et pourtant merveilleusement sculpté, représentant avec clarté un bain d'où la vapeur se dégageait, entouré par les pierres des onsens que tu appréciais. Un instant, tu hésitas, remettant en question cette envie soudaine, mais l'envie était trop bruyante pour que tu la taise, alors tu entras dans l'établissement, présentant à la gérante de quoi t'offrir un moment de zen.

    Dès lors que les vestiaires se présentèrent à toi, un sourire agréable ton visage retrouva. Déjà ces pensées dérangeante s'envolaient, emportés par un puissant souffle de gaité. Tu plias avec soin tes vêtements de soies, puis entrepris de te nettoyer, éructant de vapeur dès que l'eau te touchait. Sans nul doute aurais-tu pu éviter ce brouillard dans les douches, mais avec insouciance tu te laissas aller. Tu n'avais guère envie de te mettre quelques limites ce soir, d'autant plus que tu t'y trouvais seul. Ô, comme tu rêvais de te trouver tout aussi solitaire dans ce bassin chaud, pouvant laisser aller ton corps sans avoir ta température à contrôler.

    A ton grand désarroi ce ne fut guère le cas, déjà trois hommes s'y trouvèrent. Tous de connivences ils discutaient à haute voix d'une infortunée aux fesses visiblement appréciées. Ils t'observèrent l'œil irrités. Aucune chance pour qu'ils soient intimidés, ta petite taille et ton corps androgyne n'en étaient point capable, cependant, la présence d'une quatrième âme n'avait rien pour les satisfaire. Aussi durent-ils parler avec moins d'enthousiasme, bien que soldat dans l'âme, ils continuèrent ce sujet houleux qu'était la vertu de ces dames.

    D'une manière, tu te sentis effectivement solitaire en ce lieux, mais aucunement comme tu ne l'aurais désiré. Pis encore, voilà que ces êtres à l'indécences verbales en venaient à t'agacer. De ta plus grande animosité, le cœur empli de contestation, tu osas te rebeller, croisant les bras avec fermeté pour ne plus les calculer. Tu te laissas couler légèrement, essayant de prendre autant de place que possible dans ce bassin, cherchant à les embêter comme eux le faisait. Point de chance, tu n'étais qu'un têtard dans cet étang brûlant. Néanmoins, les astres ne furent point si cruels avec toi durant cette soirée, car bientôt, un nouvel être s'approchait. A ton instar, son corps était fin bien que ses courbes glissaient avec simplicité, un Appolon à n'en point douter. D'un regard léger, tu l'observas plonger à vos côtés, s'effaçant presque aussitôt dans l'eau, regardant à son tour les personnes que vous étiez.

    Il ne te fallut point longtemps pour comprendre que cet étranger n'était pas taillé dans le même argile que les soldats, aussi c'est vers lui que tu chercherais la sérénité à l'aide, s'il en convenait, d'une discussion emplie de simplicité. Aussi décroisas-tu les bras pour t'en approcher, sans pour autant rentrer dans la sphère du privé. "Pardonnez cette remarque sans doute grossière doublée d'une mauvaise curiosité, mais je trouves vos cornes d'une incroyable beautés, il m'est pour la première fois possible d'en voir des ainsi."
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  • Mer 31 Mai - 17:14
    Imoogi dont l’esprit divaguait avait la fâcheuse habitude de fixer son regard sur un point – une personne – et de ne plus le lâcher. Trois hommes lui faisaient face. Ils discutaient avec animation, quoique fort bas. Ils jetaient des coups d’œil irrités sur son côté, et directement sur le poisson. Celui-ci haussa un sourcil dubitatif. Qu’avait-il donc fait de si terrible pour mériter leur courroux ? Les bulles emplissaient son esprit, le bruit était doux et agréable et il se sentait enfant. En tant que triton, sous les flots tumultueux de la mer, ce n’était pas la même chose. Les bulles remontaient, certes, mais il ne pouvait les contempler s’écraser à la surface. Le voilà qui rêve d’un bain qui en ferait, nombreuses et bruyantes, elles détendraient les muscles du dos. Est-ce que telle fantaisie existait ? Il n’en avait aucune idée, mais l’esprit divaguait. Il se reconcentra. Il n’était pas seul dans ces bains, et il voulait comprendre l’intérêt malsain que lui portaient les quelques hommes. Il se redressa quelque peu, les oreilles attentives à chaque son… et fut plutôt déçu. Sourcil soulevé, Imoogi contemple ces malabars s’amuser d’une paire de fesses féminines. Ah ! Certains hommes étaient décevants. Il est vrai qu’Imoogi appréciait les courbes féminines comme masculines, que ses yeux dérivaient parfois sur le bas du dos, ou sur un torse musclé ou une paire de seins. Il devait bien l’admettre. Mais… jamais n’avait-il abordé le sujet avec une autre personne que lui-même entre deux rires gras. Quand son intérêt était titillé, il forçait ses pas vers le principal intéressé (ou la principale intéressée, même s’il devait admettre être ainsi moins direct) et chantait les louanges de ses traits faciaux. Franc, mais pas trop, il fallait manier la langue avec subtilité pour obtenir, dans un monde parfait, ce que l’on désirait. Imoogi était fier d’annoncer à son esprit qui pourtant le savait la réussite de certaines de ses approches peu discrètes. Il préférait toutefois que l’on vienne à lui, et c’était précisément pour cela qu’il offrait ses courbes généreuses à la vue des étrangers, dans la rue le soir, dans de suaves diableries.

    Imoogi est las d’entendre ces gredins conter les merveilles des fesses féminines. Il voudrait pourtant ouvrir le débat sur celles des hommes, il aurait de quoi dire. Et sur les entrejambes turgescents, également. Dans l’eau, il secoue la tête et éjecte quelques gouttelettes sur les côtés. Allons, allons, il ne fallait pas ainsi penser, quelle idée saugrenue ! Tout le monde ne partageait pas ses amours incontrôlées. Il devait garder ses sombres pensées pour lui, ne pas trop y songer pour éviter de rendre ce bain bien trop chaud pour qu’une présence humaine puisse y demeurer. Les hommes et les femmes sont tous moches et repoussants. Inintéressants. Voilà qui est mieux. Imoogi sourit à ses bêtises et disparaît de nouveaux sous les flots. Son nez dépasse, ses oreilles écoutent et il sent malgré la chaleur tonitruante une forme de tension. Que se passe-t-il donc avec l’individu installé non loin de lui ? Trop timide pour jeter un direct coup d’œil, ses yeux se fixent sur un pan de mur. Il n’est pas totalement à l’aise. Quelque chose de négatif se trame et il regrette presque d’avoir choisi ce bain précis, et pas celui situé à deux rues devant lequel il s’est pourtant rapidement arrêté. Toujours se fier à sa première impression, il le saura pour la prochaine fois.

    Une voix le tire de sa rêverie, et Imoogi bondit hors de l’eau, sursaute d’effroi. A ses côtés, un homme, certainement celui qu’il n’osait regarder. Le triton ne peut détacher son regard de son visage et pourtant, ses peurs se calment. Ridicule a-t-il été d’ainsi réagir comme s’il allait se faire bouffer, petit poisson face à un grand requin. Il gigote les jambes dans l’eau chaude, écoute pourtant ce qui lui est susurré. Surprise, incompréhension, puis un sourire naît sur son visage et il glisse une main sur son crâne encore sec. Oh, c’est gentil, et de la part d’un homme aussi charmant, c’est tout à fait plaisant. Lentement, il touche les deux petites cornes qui pointent vers le ciel. L’inconnu ne le sait pas encore, mais sa queue de poisson est dans les mêmes teintes. Pas étonnant que la couleur préférée du jeune homme soit le bleu. « Je vous remercie de votre compliment que je ne trouve pas du tout malvenu, très cher. Mes cornes proviennent de mon héritage de triton. Cela dit, vous êtes vous-même curieux. Si je puis me permettre, qu’êtes-vous ? Votre peau possède des teintes que je n’ai jamais croisées jusqu’ici. Elles sont tout à fait agréables ! » souffle le poisson dans cette langue emplie de politesses, curieuse pour un homme incapable de lire une carte de restaurant. Les regards des trois hommes sont désormais posés sur eux et Imoogi est soulagé d’avoir réussi à les faire taire.
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  • Jeu 1 Juin - 16:36
    D'un léger mouvement, tout aussi surpris que lui, tu reculas dans le bassin tandis que le cornu sursautait avec fracas. Voilà une bien étrange entrée en matière, un premier contact cocasse qui ne manquerais de t'amuser les soirs où tu y repenserais. Ton mouvement fut vif, léger retrait d'une trentaine de centimètre l'en battant des deux bras, toi qui restait presque intégralement plongé dans l'eau, ne désirant retrouver la froideur de la soirée sur ta peau.

    Ainsi, ces merveilleuses ramures lui étaient dû à sa race marine et tu te sentis bête de ne point y avoir pensé. Le siècle passé, ton maître collectionneur en avait exposées au milieu de ces trophées de chasses et autres insalubrités. Pour autant, tu posais pour la première fois tes yeux sur un triton bel et bien vivant, et cet exotisme était des plus savoureux. Et si tu t'étais laissé avoir par une vile curiosité, cette dernière fut partagée tant l'Appolon des mers te retourna la question. Qu'étais-tu ? Te demanda-t'il sans détour, aussi intrigué que tu ne l'avais été à son sujet sur cette étrangeté qui te caractérisait. La seule réponse que tu lui rendis dans l'immédiat fut une tête penchée sur le côté droit, tandis qu'un large sourire se dessinait, te rapprochant un peu plus de lui, couvrant cette distance perdue. Puis, avec délicatesse, tu laissas ta main quitter la tranquillité du bassin, traversant la surface plane de l'eau, quelques gouttes la parcourant mais, avant de retrouver leur habitat se mirent à chauffer avec intensité avant de se vaporiser dans ces fumeroles noires que tu émettais.

    Ton sourire joyeux s'adoucit, recouvrant davantage ton masque de marbre bienveillant. "Je me présentes à vous tel l'élémentaire que je suis." Débutas-tu de ta calme voix. "Un élémentaire de vapeur si je désires être plus précis. Vous ne me voyez guère dans ma forme la plus jolie si je puis fanfaronner, tant l'eau de ce bassin atténue les fumeroles qui m'entoures. Néanmoins, votre flatterie m'atteint en plein cœur et je vous en remercie. Je me prénommes Nefih." Avec la même lenteur qu'avant, ta main retrouva le confort liquide d'une eau chaude à la perfection.

    Intrigué par ce soudain silence que tu percevais, ton regard se tourna vers les trois personnages grossiers. Silencieux ils se trouvaient, vous observant avec dédain, le regard presque inquisiteur, sans doute vous jugeant vous et vos corps qui n'avaient rien de guerrier. Puis, comme tu l'avais appris au fil des années, ta manière de parler pourtant courtoise pouvait en irriter plus d'un tant ils n'y étaient point habitué. Aussi avais-tu appris à t'en moquer, ces sauvages pouvaient bien te rabaisser de leurs plaisanteries peu raffinées, cela ne t'atteignait plus.

    C'est avec ce même dédain camouflé derrière ton visage inchangé que tu les délaissas pour te reconcentrer vers le seul qui t'intriguait. "Vous n'avez guère le profil Reikois, si vous me pardonnez, êtes vous un voyageur égaré ?" Toi même tu ne possédais point ce profil des hommes du Reike, ton corps était aussi famélique que chétif, ta musculature se voyait à peine et si poitrine tu possédais c'est avec encore plus d'aisance que l'on te prendrait pour une dame. Pour autant, tu portais sur ton corps les marques d'une vie dans ces terres guerrières et violentes, alors que l'anonyme triton n'en possédait guère.
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  • Mar 6 Juin - 21:44
    Imoogi bat lentement des jambes. L’eau glisse sur les membres musclés par les longues heures à rester debout en République, à marcher au Reike et ailleurs. Un pied pointe le bout de son joli nez, il remue les orteils comme l’aurait fait la Petite Sirène se découvrant une paire de jambes. Il est vrai que sa réaction n’a pas été bien différente lorsqu’il est sorti de l’eau pour la première fois sans se retourner. Vivait-il dans un lac, dans un océan ? Il ne se rappelle plus. Il ne parcourait chaque jour que quelques kilomètres, voire quelques mètres lorsqu’il n’avait rien de mieux à faire qu’attendre que le temps passe. La mère apparaissait ailleurs, lui rappelant l’importance des cours d’arts qui l’attendaient, pas si loin de la maison. Il soufflait, se soumettait à l’obligation familiale sans grande conviction. Qui aurait pu parier que des années plus tard il se rapprocherait de nouveau de ses instruments mal aimés ? D’un autre, plus précisément, dont il ne soupçonnait absolument pas l’existence. Qu’il danserait, sur deux pieds toutefois, sous les clameurs et les applaudissements ? Imoogi soupire et sourit. La vie est pleine de surprises, il espère que la sienne durera encore longtemps. Malgré les apparences, il n’est pas toujours heureux. Mais il vit, il chante, il étire tendrement ses lippes. Les idées maussades s’enfuient toujours le jour suivant. Ce n’est là qu’un mauvais moment à passer.

    Il existe pour ces rencontres, Imoogi. Au stand de raviolis, dans les rues, sous les regards médusés. Dans une ville autre que la sienne, dans un restaurant, aux bains comme ce jour qu’il gravera à jamais dans sa mémoire. Parce qu’aujourd’hui, il a rencontré une personne tout à fait charmante, polie et jolie. Quel critère est le plus important pour le triton ? Nul ne le sait, il garde ses petits secrets bien cachés au fond de son cœur, ne laisse pas le moindre indice transparaître sur le bout de sa langue. Ainsi, il est face à un élémentaire de vapeur. Voilà qui est curieux. Imoogi a croisé des élémentaires dans sa vie. Quelques-uns, autour d’un verre alcoolisé ou d’un repas plein de crustacés. De bien belles personnes. Des âmes dont il ne se souvient pas avec précision. Mais des souvenirs agréables. Alors, dans sa tête, l’association se fait : cette personne ne lui déplaira pas. « Je suis enchanté de faire votre connaissance en ce lieu surprenant, mon cher Nefih. Je me prénomme Imoogi. C’est le nom que j’ai choisi. Vous avez une apparence tout à fait plaisante. J’aurais aimé vous voir en meilleure forme. Toutefois, l’aperçu de votre véritable beauté n’est nullement un fardeau. » Et la main retombe dans l’eau. Imoogi la suit un instant des yeux, devine sa forme malgré la chaleur. Comment se sent un élémentaire de vapeur en ces eaux parfaites ? Il se promet de garder la question pour plus tard. La soirée, d’un coup, est égayée. La bonne humeur enserre le cœur du triton, ce cœur qui bat plus vite même si ces délicieux instants devraient bientôt se terminer. Et que trois regards mauvais sont posés sur leurs deux corps installés si confortablement. Il secoue la tête, un si court instant son sourire se fane mais reprend aussitôt. Il ne faut pas se laisser abattre par trois odieuses âmes.

    L’homme poursuit la conversation tranquillement, et Imoogi s’accroche aux minuscules secondes qui le suspendent en l’air. Ses origines, désormais. Oh, il est vrai qu’il est bien différent de ce monde nouveau dans lequel il ne voyage pourtant pas pour la première fois – mais cela remonte, et les souvenirs restent flous dans son esprit brumeux, comme si la vapeur de l’élémentaire l’entourait et l’empêchait de vivre réellement. Il hoche doucement la tête, glisse ses doigts dans l’eau. Elle disparaît bientôt au fond du bassin. « Vous êtes très observateur. Il est vrai que je suis d’ailleurs. Je proviens de la République, mais pour être honnête n’y suis pas attaché par le cœur. J’y travaille et y vit sans grande conviction, mais les moments qui me rendent humain sont ceux où je peux vivre et rencontrer. M’échapper, un instant seulement, de ce quotidien qui, oh ne venez pas le croire, n’est pas l’enfer sur terre, mais qui n’émeut pas mon palpitant comme l’idée de partager ce bain avec vous. » Il est aimable Imoogi, mais souvent franc. Que fait-il donc dans la vie, qu’est-ce qui occupe ses journées ? Ici, nul ne le sait. Mais bientôt, des âmes viendront se masser autour de son corps dansant, ou les doigts perdus sur l’instrument qu’il aime tendrement. Ils ne connaitront certainement pas son prénom exotique. Mais ils se souviendront de ses yeux doux et de sa chevelure bleutée. Imoogi laisse partout où il passe un souvenir impérissable dans les esprits. « Il est dommageable que l’établissement ne propose pas de boisson à ses clients ainsi installés. Malgré toute cette eau charmante, j’ai une soif terrible » avoue-t-il, plus à lui-même qu’à un quelconque interlocuteur.
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    Anonymous
  • Mer 7 Juin - 11:48
    Ô, comme il t'était plaisant de rencontrer un individu aussi distingué, doté d'une politesse et d'une oration que tu rencontrais avec peine dans les rues de cette nation. Chacune de ses phrases sonnaient tel une douce mélodie à tes oreilles parfois capricieuses aussi apprécias-tu son écoute. Cette voix légère, dotée d'une énergie indéniable n'en restait pas moins reposante pour autant, et nul doute que, des heures durant, tu aurais pu tenir la conversation avec ce voyageur marin. D'ailleurs, c'est avec une fascination grandissante que tu découvrais davantage ce personnage, triton dans les mers et simulacre d'humain, à ton instar, sur terre. Tu souris avec gaité lorsqu'il flatte ton égo de paroles maintes fois entendues dont tu ne te lasses point. Longtemps, ces mêmes paroles te rappelaient ce temps de captivité où simple trophée tu étais, mais à présent, ces mêmes mots te ravissait.

    Tu ne pus contenir un léger rire d'amusement lorsqu'Imoogi parla de la république, expliquant sa vie là-bas et pourtant son manque d'attachement. Il en devenait fort amusant qu'à chaque instant où l'on te parlait de cette fameuse république, il n'y ai guère réelle plaisir à la décrire, tout au plus une certaine neutralité peu flatteuse. De la part des Reikois, tu pouvais aisément en comprendre les raisons, mais parfois, tel ton interlocuteur, il s'agissait de propres républicains eux-même qui parvenaient à décrire les difficultés d'une vie en ce territoire. Par réflexe tout de même, une main vint à se placer devant ta bouche, essayant de dissimuler sans grande réussite ce moment d'égarement à cette bienséance que tu prônais.  Du siècle précédent l'on t'aurait châtier pour un tel comportement, mais à présent que la liberté tu avais épousé, tu pouvais t'enthousiasmer sans craindre de conséquences directs. Pourtant, tu les craignais toujours, point volontairement, simple réminiscence de plus d'un siècle d'apprentissage et d'habitude. De la même manière qu'il t'était toujours impossible de tutoyer d'autres âmes.

    D'hochement de tête, tu acquiesçais à chacune de ses paroles autant que tu les buvais, te reconnaissant dans cette succincte biographie avec aisance, découvrant par la même occasion moults prémices de similitude entre vous. Comme tu aimais voyager au fil des jours, rencontrer d'autres personnes et conter histoires tout en découvrant les leurs. Chaque vie est trépidante de rebondissement et, jusqu'à présent, même la plus maussade des personnes restaient source de bien d'intérêt à ton égard tant leurs vies n'étaient guère aussi plates qu'elles ne le pensaient. Tu dénotas d'ailleurs dans ces propos une plus triste similarité, celle d'un lourd passé, une vie emplie de tragédie et de souffrance menant jusqu'à une certaine libération. Tes jours n'étaient point tous heureux, et parfois l'on venait à te maltraiter, profiter de cette gentillesse que tu érigeais, mais tu n'en avais que faire car, dès la prochaine agréable rencontre, ces quelques points noirs du quotidiens s'envolaient.

    Pardonnez cette audace, mais c'est avec plaisir que je vous inviterais à vous désaltérer dès cet agréable bain terminé. Si cela vous convient bien sûr. Et si cette proposition vous veniez à accepter, sachez que mes oreilles trépignent déjà d'impatience à l'idée d'entendre le récit de vos pérégrinations. Vous me voyez être saltimbanque et conteur, aussi je m'intéresses à la vie des gens, et la votre me semble toute fascinante. Par ailleurs, vos compliments me vont droit au cœur et je tiens, avec grande honnêteté à vous les retourner car vous vous trouvez être d'une beauté sans nom. Aussi cela m'offrirait le plus grand bonheur que vous acceptiez cette requête de ma part. Terminant ton oration, tu penchas légèrement la tête sur le côté gauche, ton regard plongé dans le sien tandis qu'un grand sourire illuminé ton visage.
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    Invité
    Anonymous
  • Mar 13 Juin - 20:52
    Que fera Imoogi une fois ce bain terminé, lorsqu’il quittera le dénommé Nefih, car son corps songe déjà à partir, fuir cette tension qui persécute ses sens, qui émeut son épiderme ? L’élémentaire n’y est pour rien, les hommes désagréables bien. Il voudrait emporter le beau garçon avec lui, dans ses bras ou sur son dos, courir dans les rues de la ville en rigolant, se perdre parce que décidément, il n’est pas du coin. Il voudrait le garder avec lui toute la nuit, et peut-être le jour d’après. Rentrer chez lui dans un futur pas si lointain le sourire aux lèvres, avec l’envie de revenir pour recroiser, par un heureux hasard, sa route, échanger une boisson et des moments complices. Allons, allons, pas d’emportement. L’intérêt n’est certainement pas réciproque. Imoogi apprécie les âmes rencontrées, il voudrait se buter à plus de corps qui lui procureraient une sensation agréable. Malheureusement, c’est rarement le cas. Le plus souvent, il soupire, ne ressent qu’une profonde indifférence. Ses regards ont pourtant percuté de nombreux pairs, des paroles échangées, notamment lorsqu’il vend des raviolis une fois le soleil haut dans le ciel, mais ce ne sont là que des gens ordinaires, des esprits dont il ne sait rien et qui ne le rendent pas curieux. Alors que ce Nefih… c’est tout l’inverse. Pourquoi faut-il que les moments de joie soient si éphémères ? Pourtant, c’est le triton qui se prépare à y mettre fin. Ces individus le dégoûtent. Ils lui procurent des frissons d’effroi. Il ne peut ignorer leurs affreux regards sur leurs personnes, les murmures qu’il entend à peine, les commentaires sur son anatomie peut-être pas assez masculine, et à quoi bon en débattre ? Imoogi n’est pas un soldat. Il agit de loin, les doigts tremblants. Si ses pouvoirs étaient assez puissants, il se dépêcherait de sortir accompagné de Nefih et gèlerait le bassin dans son intégralité, laissant les hommes, pauvres momies de papier, à un bonheur certain. Alors, cela ne sert à rien d’être si mauvaise langue. Il n’est pas si cruel, mais réfléchissons, ce serait peut-être bien mérité. Alors il s’y essaie : il prend de l’eau dans sa paume tendue, elle devient glace. Il la laisse couler au fond du bassin, elle redevient liquide. Il secoue la tête. Le destin aura raison de ces individus malpolis, il suffirait d’attendre, de se montrer patient, prier pour ne jamais les rencontrer de nouveau.

    Se reconcentrer, centrer toute son attention sur son interlocuteur joli. Lui sourire, être aimable et agréable, laisser disparaître ce trouble ; il ne faut rien remarquer, il ne faut rien laisser paraître. Tendrement, il écoute les quelques paroles de Nefih, délices sucrés à ses oreilles. Une invitation charmante, et les yeux brillent d’une joie sincère. Ainsi, son prompt départ ne sera point douloureux, et les plaisirs continueront ailleurs. Où ? Il ne le sait, il n’a point d’adresse en tête, mais le projet est réjouissant. C’est avec sincérité qu’il attrape l’espace de deux secondes la main douce de Nefih, qu’il la serre un instant avant de la laisse retomber sous la surface de l’eau. « Si vous n’aviez pas fait si généreusement le premier pas, ça aurait été moi qui vous aurais invité, soyez-en sûr ! J’aimerais grandement poursuivre cette passionnante conversation à l’écart des oreilles indiscrètes, ainsi je vous propose de nous lever sans plus attendre… » se faisant, il se redresse dans son incroyable nudité, l’exposant aux messieurs certainement dégoûtés, mais qu’importe ? Un pas large, il est hors du bassin et il attend que Nefih l’ait suivi pour mettre son petit plan peu charmant a exécution : il gèle l’emplacement précis des trois grognons. Voilà qui devrait leur rafraîchir les idées et calmer les turgescences émoustillées par des fesses qui ne les regardent pas. Il saisit une fois de plus, doucement, tendrement, la main de sa rencontre positive de la soirée après avoir attaché sa serviette autour de sa taille, la tire dans son sillage. « Vous m’intriguez, mon cher Nefih. J’ignore ce qu’est un saltimbanque, mon savoir des mots ne va point jusque-là, mais vous aurez tout le loisir de m’en parler, n’est-ce pas ? Nous discuterons, nous apprendrons à nous connaître ; oh, j’ai hâte ! » Le sourire ne le quitte plus alors qu’ils disparaissent du regard de leurs ennemis occupés à crier et à l’insulter d’horreurs qu’il aura vite oubliée. Il retrouve ses affaires, en l’espace d’une poignée de seconde, il est changé. Seuls les cheveux demeurent trempés ; alors il les attache en un élégant chignon. Le geste est souple, le visage apaisé.
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  • Mer 14 Juin - 19:22
    Une brève caresse frôle ta main hors de l'eau et tu te sens toute chose à se contact, ressentant avec ferveur les émotions de joies intenses traversant Imoogi en cet instant même. L'explosion de plaisir de ton compère fulmine alors de ses lèvres, et un flot de parole s'en dégage. Toi aussi tu aimerais poursuivre cette conversation, cette soirée même et peut-être les jours suivant avec un peu de folie. Il n'était qu'un étranger encore à tes yeux, tu ne connaissais rien de ce triton, pourtant, tu ressentais déjà un profond lien envers lui, comme si vous étiez de vieux amis qui se retrouvaient. Des frères d'armes. Des amants d'une autre vie. Mais les divagations de ton esprit s'interrompirent soudainement lorsque le triton, sans once de pudeur, se redressa devant toi, t'exposant son entrejambe droit dans ton champ de vision. La gêne de ce bref laps de temps te fit rougir et aussitôt tu apportas une main devant ta bouche tandis qu'un léger rire tu étouffais.

    Une pensée cocasse te vint à l'esprit. Il était certain que voir ce charmant jeune homme nu n'était point désagréable et que, peut-être plus tard dans la soirée c'est dans les bras l'un de l'autre que vous finiriez, mais pour l'heure tu ne t'y attendais pas. Pourtant, dans la précipitation de son envie de poursuivre la soirée en ta compagnie, il oublia sa nudité pour t'extirper hors du bassin. Ses pas son larges, élancés, tu ressens son impatience et te retiens de jeter quelques regards vicieux vers ce derrière rebondit. Puis le triton fait volte-face, t'attendant visiblement toujours dans sa tenue d'Adam que tu dévores des yeux. Déjà ? Demandas-tu en te reprenant. Mais nous venons à peine d'arriver. Ô, tu te sentais peiné d'aussitôt quitter l'endroit, d'autant plus que la place n'était point donné et que tu prévoyais de t'y prélasser toute la soirée. D'un autre côté, il était là une activité que tu pourrais refaire quand tu voulais, alors qu'Imoogi ne t'attendrais sans doute point éternellement. Le choix n'en était pas vraiment un tant la balance penchait vers cet Appolon marin.

    Aussi ne le fis tu point patienter davantage et, à son instar quelques instants plus tôt, tu te dévoilas dans ton intégrale nudité à la vue des trois hommes encore dans l'onsen et à Imoogi. Au fur et à mesure que ton corps sortait de l'eau chauffée, la vapeur se dégageait de ton corps dans de légères fumerolles qui s'élevaient jusqu'au plafond, s'estompant en quelques brèves secondes. Bonne soirée messieurs. Dis-tu aux trois hommes dans une courbette de politesse tandis que tu reprenais la marche vers ton compagnon de la soirée.

    C'est presque avec tristesse que tu l'observas se cacher derrière sa serviette tandis que tu en fais de même. Un sentiment fugace et pernicieux qui ne dure pas, estompé par la douce main d'Imoogi enlaçant la tienne pour t'attirer dans ses pas. Derrière vous, les hommes s'esclandres et lancent milles vulgarités à votre encontre. Quelle en est la raison ? Tu n'en as cures, s'ils désirent se montrer virulents qu'ils le fassent entre eux et vous laissent en paix. Les paroles du tritons caresses tes oreilles avec la justesse d'une parfaite mélodie et tu ne sais que lui répondre. Des idées te viennent, mais aucun son ne quitte tes lèvres. Alors tu te contentes, à son instar, de te sécher bien que tu n'uses guère de la serviette, te contentant d'augmenter la chaleur de ton corps pour faire s'évaporer toute trace d'humidité. Aussi, pour la première fois, tu te montres aux yeux du jeune homme dans ta nature plus ordinaire, les fumerolles noirâtres se dégageant de ton corps par endroit, notamment au niveau de ton crâne formant un simulacre de chevelure s'élevant vers les cieux et toujours en mouvement. Tu le regardais tendrement, un sourire béat sur tes lèvres, pendant qu'il s'attache les cheveux avec aisance en un chignon qui lui sied à merveille.

    Tel un artiste observant son œuvre final, tu restais sans voix dans un silence presque gênant. Pourquoi donc ? Tu avais l'habitude de rencontrer des gens, et parfois des aussi, voir plus, beaux que lui. Mais Imoogi avait quelque chose de plus qui te fascinait. Était-ce l'exotisme de son espèce, sa simple joie de vivre ou sa beauté ? Peut-être un peu des trois. En vitesse, tu amenas une main à ta bouche, te retournant aussitôt pour te cacher de ton compagnon. Un haut le cœur de dégoût venait de se dévoiler. Une amère réalité était peut-être en train de se jouer dans ton esprit, lègue de tes anciens maîtres. Étais-tu en train de l'observer comme ils t'avaient observé lorsque tu n'étais qu'un trophée à leur yeux ? Possiblement. Et cette idée te dégoûtait au plus haut point. Non, tu ne pouvais être comme eux. Tu ne voulais aucunement être comme eux. Plus jamais. Alors pourquoi cette envie si soudaine de t'accaparer ce beau triton ?

    Les yeux fermés, tu expiras et inspiras lentement pour essayer de te calmer, reprendre ce masque de marbre qui était tiens. Il ne te fallut que quelques secondes pour y parvenir, des lustres que tu t'y étais habitués. Pardonnez cette indélicatesse de ma part cher ami. Où souhaitez-vous que nous allions ? Si vous me permettez cette recommandation, je connais un excellent salon de thé qui reste ouvert presque toute la nuit à quelques rues d'ici. Mais nous pouvons tout aussi bien explorer la cité main dans la main et voir où les astres nous emmèneront. Une réponse immédiate n'était en aucun cas nécessaire car, à l'instar du jeune triton, tu te permis de prendre sa main avec allégresse pour l'entraîner en dehors de ces onsens.

    Bien que tu la dissimulais davantage que lui, tant habitué à effacer de ton visage comme de tes mouvements tes émotions pour rester dans une neutralité presque parfaite, uniquement brisé par un brun de bienveillance permanente, tu ressentais autant de plaisir et d'enthousiasme à passer la soirée en sa compagnie. Et l'air frais du monde extérieur, plongé dans la douce lumière des quelques flambeaux éclairant les rues et des étoiles constellant le ciel. Les saveurs de quelques confiseries nocturnes venaient amadouer tes narines était-ce une pomme chauffée ? Oui, sans doute. Aussi ne manquas tu pas d'attirer l'Appolon marin dans ton sillage car ton ventre grognait déjà d'envie. Auriez vous l'envie de fruits chauffés sieur Imoogi avant que nous ne nous installions à table d'une auberge ou au milieu d'un parc à admirer les étoiles tandis que vous me conterez votre vie ?
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  • Jeu 15 Juin - 21:21
    Imoogi imagine. La soirée sera délicieuse. Les yeux brillent dans cette semi-obscurité, car une lumière trop vive serait tout à fait désagréable pour se baigner dans la sérénité. Son méfait accompli, il quitte l’eau chaude et ne prend pas vraiment attention à sa tenue d’Adam, à cette intimité qu’il expose presque fièrement – ce n’est pas tout à fait ça – à son charmant partenaire de bassin. Le jeune homme ne proteste pas, ainsi le triton ne se rend pas compte de la gêne qu’il pourrait occasionner. Il va au plus vite, il ne se perd pas dans des virages souples et bientôt, la serviette rejoint sa taille pour plus de décence. Nefih ne semble pas ravi de quitter cette eau, et Imoogi ressent une culpabilité légère. Est-il égoïste d’ainsi le forcer à le suivre dans d’éternelles pérégrinations ? Il voudrait presque lui signifier de rester là, de ne pas bouger, qu’ils se recroiseront un jour, demain peut-être, que ce n’était pas grave, mais il ne peut s’y résoudre. Les deux hommes quittent alors la salle, l’élémentaire en étant tout à fait poli, Imoogi en ignorant les protestations, se baignant de leur colère, de leur courroux. Il n’est pas toujours tendre. La question de leur future destination arrive bientôt, et le triton est dans l’incertitude. Il ne connaît point suffisamment la ville pour offrir des projets incroyables. Alors il se laisse guider, souffle à Nefih qu’ils iront où il le voudra, et ce salon de thé est une excellente idée. Les pieds les mènent à l’extérieur de la bâtisse, et ils se prélassent dans les rues animées, les lumières qui vibrent et touchent le palpitant excité. Imoogi se sent heureux, mais plus pour longtemps. Les fruits chauds, ils s’approchent d’un étal sympathique. L’achat effectué, et bien sûr il paie pour Nefih et n’écoutera aucune protestation, ils s’éloignent. Imoogi a un beau sourire, son visage doux, les projets bientôt gâchés. Car une âme s’approche. Il reconnaît l’homme qui garde ses affaires pendant les nuits où il dort dehors, sous les flots calmes. Il se presse à ses côtés, l’air catastrophé. Que se passe-t-il donc ? Il l’apprend bien vite. L’individu prête peu d’attention à l’élémentaire, il serre les mains chaudes du triton. « C’est terrible ! Votre… votre gu-truc a disparu ! Votre baluchon n’est plus là non plus ! » Et les yeux deviennent paniqués, le sourire disparaît pour toujours. Le cœur se serre, et l’enfer commence. Imoogi se tourne vers son partenaire, celui qu’il aime tendrement et qu’il aurait aimé serrer contre lui pendant toute la nuit. « Cher Nefih, l’heure est grave et j’en suis terriblement désolé. Je dois vous abandonner pour ce soir, mais ce n’est que partie remise. Je suis certain que nos chemins se recroiseront dans un futur proche. Mon cœur l’espère violemment. Vous êtes superbe et tout à fait charmant. Belle soirée » Il dépose alors un baiser tout doux sur la joue du jeune homme et suit l’homme chaotique d’un pas rapide, catastrophé. Son guzheng, son beau guzheng… sa tenue superbe ! La nuit va être longue, effrayante.
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