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  • Mar 13 Juin - 11:19
    Les secondes passèrent, les minutes s’enchaînèrent, les heures s'écoulèrent... Mais rien ! L'ouïe de Kérémir portait sur plus d'un kilomètre quand il se concentrait au maximum, mais même avec ses capacités diminuées, il ne pouvait rien percevoir. Il entendait bien le bruissement du vent sur les herbes et les feuilles, la panoplie sonore des insectes évoluant autant sur terre que dans les airs, les bruits de sabots d'un groupe de bêtes au détour d'un éboulement, le claquement de multiples mâchoires se refermant sur une proie... Mais aucun son qui aurait pu appartenir à l'objet de sa focalisation. D'un côté, c'était rassurant parce que ça voulait dire que le change-forme n'était pas a priori pas dans le coin et ils n'avaient pas encore été découverts, mais de l'autre ça voulait également dire qu'ils devraient continuer à écumer son territoire de chasse, aussi vaste soit-il, jusqu'à ce qu'ils retrouvent sa trace.

    Et en même temps, Kérémir réfléchissait. Il savait que le change-forme s'attaquait aussi bien aux herbivores sauvages qu'aux bêtes d'élevage, mais il y avait un point qu'il n'avait pas relevé et qui lui posait désormais problème. Il avait vu de ses yeux l’œuvre du monstre sur une bête sauvage, le déchiquetage barbare de son cou, et le dépeçage soigné de sa peau et ses chairs... Mais il n'avait pas vu l'équivalent sur les moutons. Il était parti dans une telle précipitation pour esquiver l'attention des villageois qu'il n'avait pas considéré toutes les pièces du puzzle se présentant à lui. Les bergers avaient bien parlé de dépeçage, mais pas des détails. Il y avait à parier que la besogne serait bien plus sommaire et précipitée que sur des animaux sauvages, loin des yeux indiscrets de la civilisation. Si l'intuition de Kérémir était bonne, l'écart de qualité suffirait à justifier que si leur cible était véloce, sa besogne lui prenait tout de même du temps, ce qui serait une alors une fenêtre de vulnérabilité à exploiter.
    Évidemment, ça n'expliquait toujours pas pourquoi elle laissait les cadavres au grand jour, surtout dans le cas des moutons, mais toute théorie était sujette à amendements tant qu'elle n'était pas vérifiée, et le raisonnement tenait au moins la route.

    Damiq n'avait manifestement pas beaucoup plus de succès. Quelque part c'était sans doute mieux ainsi, après tout, son premier rôle était de monter la garde. Que ce soit à cause du soleil qui lui frappait inlassablement sur les cornes, ou le résultat d'un ennui prolongé, l'hybride finit par élaborer des théories quelque peu farfelues sur les goûts culinaires de leur cible. Un point de départ saugrenu pour un néophyte de la chasse, et ça n'aidait pas qu'il accompagnait sa théorie de déductions floues sur le nombre de proies journalières, mais Kérémir ne se sentait pas d'argumenter outre mesure avec lui sur ce point, jusqu'à ce qu'il avance l'idée que le change-forme puisse travailler pour le compte de plusieurs personnes. La méfiance de Kérémir vis-à-vis des villageois était due en partie à cette possibilité, mais c'était peut-être là une autre piste à explorer, ils étaient deux, et Damiq pourrait justifier un retour au village sans éveiller les soupçons quant à leur but plus facilement que Kérémir.

    T'as raison sur un point, la viande c'est pas donné. Peut-être qu'il chasse en partie pour fournir quelqu'un, mais ça on peut pas le savoir d'ici. J'ai été négligent, j'ai pas vu l'état des moutons, et j'ai préféré ignorer les paysans pour travailler tranquille. Mais je viens d'avoir une idée. On va se séparer, je vais te raccompagner jusqu'au village, tu vas utiliser tes herbes comme prétexte pour ta disparition et parler avec eux, et pour Zab tu vas essayer de te procurer de la viande et voir d'où ça vient. Si des villageois sont dans le coup, il y a moyen qu'ils lâchent des indices sans faire gaffe.

    Kérémir prit une pause, le temps de fouiller son sac et d'en sortir sa bourse, dont il dénoua le fil avant d'en sortir quelques pièces qu'il tendit au demi-oryx.

    Prends ça, de la viande ça coûte un bras, et je me sens pas de laisser mon associé payer alors que c'est mon idée. Enfin, si t'acceptes le plan bien sûr, on peut continuer à chercher dans le coin si tu tiens absolument à mettre en garde toutes les gazelles du coin, mais pister un prédateur, je peux le faire seul, et si on alerte trop de monde il va se douter de quelque chose. Je dis pas, y en a encore qui vont clamser si tu les préviens pas, mais même si tu restes, tu peux pas prévenir tout le monde et on couvrira beaucoup plus de terrain si tu rentres. C'est toi qui vois.

    Peu importe la décision de Damiq, le soleil était en train de baisser, ce qui voulait dire qu'ils pouvaient se remettre à bouger, et ils auraient encore des opportunités avant que Damiq ne fasse son choix. Alors que Kérémir rangeait réaffirmait les sangles de son sac et qu'il se relevait, il continua.

    Si tu veux rentrer, je te laisserai une journée pour inspecter le village, et si je choppe pas la bête d'ici là, je te retrouverai à l'entrée nord dans deux jours, même heure qu'aujourd'hui. ¨Pendant ce temps je vais rester dans les terres. Si j'arrive à le débusquer et qu'il vénère vraiment les Titans.
    Une lueur féroce apparut brièvement dans les pupilles normalement brun sombre du nain. Je jure que cette hache va lui enfoncer le crâne. Remettons nous en route, on a encore du travail.
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  • Mar 13 Juin - 22:32
    Sauver les antilopes du Reike !
    Et accessoirement, les moutons !


    Kérémir venait de soulever un point très intéressant, ils n’avaient pas put voir les moutons et n’avaient été contraints que de croire sur parole les villageois. Et le nain les soupçonnait depuis un moment. Et il n’avait pas tort.

    - C’est vrai qu’on a pas vu l’état des moutons. Et c’est vrai que les gens du coin avaient l’air louche. Personnellement, je regrette d’avoir laissé Zab là-bas, enfin il risque pas de représenter une menace.

    Le nain tendit quelques pièces à l’hybride. Damiq aurait voulu refuser, mais il ne le fit pas. Il savait les nains radins et donner de l’argent devait-être difficile pour eux. Il accepta.

    - Merci beaucoup.

    Ne pas prévenir tout le monde coûtait un peu à Damiq, mais s’il pouvait recueillir des informations de la part des villageois. Puis il ne pensait pas comme un prédateur. Kérémir était bien plus taillé pour ce rôle. Ce fut à contrecoeur qu’il accepta. S’ils pouvaient mettre le plus de chances de leur côté. Damiq ne réussirait jamais à prévenir tout le monde, autant stopper le plus vite le monstre qui massacrait les antilopes.

    - Bien, je vais rentrer au village. Je vais tâcher tout de même de prévenir un maximum de monde sur le chemin. Je vous tiendrais au courant quand vous serez de retour au village. Je vous souhaite bon courage, j’espère que vous trouverez des indices de votre côté.

    L’antilope se leva et prit congé du nain. Sur le chemin, il croisa un troupeau de femelles oryx. Des têtes connues. La matriarche s’avança vers lui.

    - Damiq, quel plaisir de te voir ! Tiens, Zab n’est pas avec toi ?

    L’oryx se gratta la nuque.

    - Il est au village des humains, car j’enquête sur une étrange bête qui s’en prend aux antilopes du coin.
    - C’est étrange, on a pas vu le Borgne…

    Damiq baissa la tête.

    - Il a été tué par la bête en question. Elle arrache la gorge de ses victimes avant de les dépecer comme un bipède…

    Des airs inquiets s’affichèrent sur les faces des femelles qui se regardaient.

    - Bref, vous devez quitter le territoire du Borgne et si possible prévenez les autres troupeaux !
    - Bien, on s’en chargera. Au fait, on a vu des empreintes étranges un peu plus loin à l’ouest. C’était grand et large.

    Cela rappelait ce que le nain avait vu, mais pas au même endroit. Donc cela donnait une idée un peu plus précise de l’étendue de son territoire. Il en parlerait à Kérémir à son retour.

    - Merci beaucoup pour ces informations. Maintenant, partez au plus vite pour votre sécurité.
    - On restera proche de la frontière du territoire du Borgne. Si d’autres troupeaux arrivent, on les préviendra.
    - Pas idiot ! Merci beaucoup, mais éloignez les petits !
    - On attendra qu’un autre troupeau arrive pour que les femelles avec petits les rejoignent.

    Il se sépara des oryx et repris sa route pour le village. Il pouvait compter sur les femelles pour qu’elles préviennent les troupeaux qui allaient entrer dans le territoire du Borgne. Ils n’y pénétreraient pas. Enfin, à condition que le territoire de la créature soit identique à celui du Borgne. Mais si cela pouvait limiter les morts. Il ne croisa pas d’autres animaux sur le chemin.

    Damiq retourna au village comme il en avait convenu avec Kérémir. Quand des villageois lui demandèrent ce qu’il avait fait dans les collines. Il répondit qu’il devait refaire ses stocks comme il avait convenu avec le nain. Il priait pour ce que ça passe. Le soleil avait commencé à décliner peu à peu. Il retrouva Zab à l’auberge. L’esclave était réveillé, mais avait l’air nerveux. Il lui ébouriffa les cheveux.


    - ça va toi ?

    Le jeune humain se contenta d’un signe de tête. Pourtant, il semblait mal à l’aise dans ce village. Plusieurs jours chez les bipèdes, ce n’était pas une chose plaisait vraiment. Damiq remarquait qu’il s’intégrait bien au sein de la plupart des troupeaux d’oryx avec qui il voyageait. Pourtant de base, les humains étaient parmi les principaux prédateurs de cette espèce. Mais il avait bien plus de mal à se réintégrer à ses semblables, bien plus que Damiq. L’oryx ne pouvait s’empêcher de penser que son passage chez son premier maître puis chez les marchands avaient beaucoup joué. Sans parler de l’incident d’il y a quelques années dans un village où un idiot avait eu l’idée de génie de s’en prendre à lui. Forcément, il préférait être avec des femelles oryx qui si dans un premier temps, s’en étaient méfié, elles avaient fini par accepter sa présence. Elles le jugeaient par son comportement, et ce dernier avait plutôt bien intégré les règles de vie au sein d’un troupeau.

    - T’en fais pas, dès qu’on aura coincé cette bête, on partira d’ici. On le fait pour les troupeaux. T’as pas envie qu’ils aient des ennuis ?

    Zab hocha la tête. Damiq l’invita à le suivre pour qu’ils installent le stand. Avant qu’ils ne quittent la chambre, il s’adressa à l’humain.

    - Si tu remarques un truc louche chez les villageois, parles m’en à la fin quand on reviendra ici.

    Puis Damiq installa son stand. Il retrouva le potier qu’il avait remarqué plusieurs fois avec son stand de céramiques diverses. Lui, il ne beuglait pas comme un veau. Pas comme le type en face qui gueulait pour vendre de la viande. Damiq repensa à ce qu’il avait convenu avec Kérémir. Il devait acheter de la viande. Il demanda à Zab de continuer à tenir le stand et de l’appeler si vraiment il avait du mal. Il ne serait pas loin de toute façon.

    Il s’approcha du stand où divers morceaux de viandes frais ou séchés étaient exposés à la chaleur et aux insectes. Voilà pourquoi Damiq préférait la viande séchée. En plus, elle se conservait plus longtemps.


    - Bonjour, je viens vous acheter de la viande séchée ou fumée, vous avez quoi.
    - Ecoutez, je peux vous proposer du bœuf, du mouton, du porc.

    Aucun gibier. En soi pourquoi pas, mais vu les antilopes qui traînaient dans les alentours, c'était étonnant qu'il n'y ait pas quelques chasseurs.

    - Je vais vous prendre du mouton.

    Il tendit de l’argent et il reçut la fameuse viande séchée. Elle n’était pas des plus données, mais il avait déjà payé bien plus cher en ville. En revenant au stand, il donna son achat à Zab.

    - Bon appétit, c’est du mouton.

    Zab se mit à renifler le morceau de viande avant de croquer dedans. Le mouton avait un goût très fort caractéristique. Si c’était vraiment la bonne viande, il le saurait assez rapidement. L’humain croqua dedans et à sa tête, ça semblait anormal. Il fit comprendre par des signes que ce n’était pas du mouton. Surtout qu’il n’y avait pas beaucoup d’assaisonnement. Damiq lui demanda de confirmer avec des signes et l’humain ne montrait aucune hésitation. Visiblement, on ne lui avait pas donné du mouton. Cela confirmait les craintes de Kérémir sur les villageois. Il préféra garder ça pour lui et n'en parlerait qu'au nain une fois celui-ci rentré.

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  • Mer 14 Juin - 12:54
    Les péripéties ne s'étaient pas enchainées comme il l'aurait d'abord pensé, parler avec des animaux et tenter d'assurer la protection d'un associé de dernière minute ne faisait certainement pas partie de ses habitudes, mais peu importe, il était enfin seul, et il avait fort à faire. Après avoir raccompagné Damiq jusqu'au début des champs, il s'en retourna vers les terres sauvages, considérant ses options.
    La nuit n'allait plus tarder à tomber, et traquer ce prédateur dans la pénombre n'était pas une bonne idée. Et ça n'aidait pas qu'il commençait à fatiguer, il avait beau être entrainé, la journée avait été éreintante et il avait fini sonné. Pas le choix, il devrait se cacher et et essayer de récupérer.

    Kérémir arpenta quelque temps encore les prairies et vallées bordant cette partie du Reike, tendant l'oreille dans l'espoir de trouver quelque chose, mais sans succès. Mais de son œil aiguisé, il finit par dénicher un coin où il pourrait se dissimuler. C'était un glissement de terrain qui avait laissé une fente dans laquelle le nain pourrait se faufiler. Ressortant alors la corde qu'il avait acheté, il maquilla l'entrée avec un savant mélange de branches et de feuilles. Une fois cette combine achevée, il s'allongea avec la tête reposant sur son sac, dans l'espoir de pouvoir souffler. La nuit se déroula sans encombres, et il rouvrit les yeux peu avant le matin.

    Il avala rapidement un début de déjeuner, rangea son sac, et récupéra son bout de corde et se mit à scruter les environs. Toujours rien de suspect. Plus qu'à se remettre à cheminer. Ce coup-ci il fut beaucoup plus méthodique, n'évoluant jamais à découvert, analysant chaque recoin avant d'avancer, et camouflant constamment ses traces. Et enfin, il trouva ce qu'il cherchait. Il était arrivé trop tard pour assister à l'abattage, mais il percevait clairement au loin le son du métal qui sectionnait la chair. C'était très faible, ce qui voulait dire que c'était encore très loin, et il y avait de bonnes chances qu'il n'arrive pas à temps pour confronter le monstre, mais une piste se dessinait enfin devant lui.

    Les minutes qui suivirent furent pesantes, plus il se rapprochait, et plus il devait multiplier les précautions, évoluant contre le vent pour masquer son odeur, redoublant de prudence pour ne pas alerter la faune, observant minutieusement le terrain devant lui pour faire le moins de bruit possible. Cette multiplication de précautions lui couta énormément de temps, et les bruits de couteau, puis celles d'une série svelte de pas, finirent par se perdre dans le vent avant qu'il n'arrive sur les lieux du crime.

    Ce coup-ci il retrouva le corps derrière un tronc d'arbre, visiblement la victime avait fui vers l'orée du bosquet avoisinant et son prédateur n'avait pas pris la peine de se déplacer après avoir accompli son office. La carcasse était encore fraiche, le nectar sanglant coulant encore mollement par les divers trous qui avaient été taillés dans la peau, construisant la mosaïque rougeoyante qui finirait par imbiber la terre et les feuilles. Mais ce n'était pas là l'objet de ses recherches, et ce qu'il désirait ardemment, Kérémir venait de le trouver. Sur le tronc étaient fichées des touffes de poil grisonnant, incapables de se libérer de l'emprise de l'écorce. Le nain en ramasse une, qu'il porta à ses yeux. Aucun doute possible, des poils pareils, il en avait déjà vu par centaines. C'étaient des poils de loup, et sa cible était en effet soit un lycanthrope, soit un hybride décérébré cherchant à en imiter l'image. Les traces de pas elles-aussi étaient encore fraiches, de grosses empreintes se terminant par trois doigts de plusieurs centimètres de long, témoignant de son repli dans la forêt, que Kérémir comptait bien pister.

    Mais avant de partir, il s'enduit du sang encore chaud de la bête éventrée pour tromper les sens de sa cible, avant de se mettre en route. Les traces étaient éparses, démontrant qu'il avait à faire à un monstre capable de se projeter de plusieurs mètres à chaque propulsion sur ses pattes arrières, mais Kérémir était un chasseur chevronné, et il réussit à suivre la piste, avant de débouler sur la plus étrange des constructions. Aucun doute possible. Il s'agissait d'une entrée de chantier minier, et tout portait à croire que c'était là que sa cible s'était réfugiée avec son butin.

    La patience de Kérémir avait porté ses fruits, il avait trouvé le refuge de la bête, mais attaquer de front était une mauvaise idée. Il n'avait aucune idée du terrain où il devrait s'engager, et il serait sur dans le terrier même de son adversaire.
    A la place, il décida de s'en retourner vers le village, prenant note du trajet qu'il avait effectué pour retrouver la piste par après, et alors que le soleil s'apprêtait de nouveau à sombrer, il retrouva sa chambre de la précédente soirée.

    Il s'y accorda quelques heures de répit avant de se remettre à cheminer. S'il existait des mines tapissant le souterrain de la région, il y avait peut-être là une opportunité, et s'il y avait une personne qui pouvait l'aider à la mettre en place, c'était son acolyte qu'il avait renvoyé. Il devait atteindre le village avant l'aurore, et se regrouper avec Damiq pour lui exposer son plan. Si son intuition était juste, il avait trouvé comment sa proie acheminait son gibier sans se faire remarquer, et les villageois étaient sans doute la clé pour naviguer ce chemin détourné et ainsi embusquer le change-forme.
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  • Jeu 15 Juin - 13:48
    Sauver les antilopes du Reike !
    Et accessoirement, les moutons !


    En terme de viande, Damiq n’était pas un grand connaisseur. Il était herboriste doublé d’un herbivore. Pour le domaine des plantes, il était un grand expert. Heureusement, il pouvait compter sur Zab pour ça. Enfin, il n’en mangeait pas non plus beaucoup. Le prix étant le principal élément dissuasif. Egalement parce que l’esclave n’en était pas un grand amateur. Sans doutes un effet de cohabitation prolongée avec des herbivores. Car le régime alimentaire moyen des esclaves ne pouvait pas vraiment l’expliquer. Damiq avait entendu les témoignages d’affranchis heureux de pouvoir enfin manger de la viande. Mais Zab était un peu l’exception. Mais il était obligé d’en manger pour sa santé. Mais ce n’était pas ce qu’il préférait. Non, lui, il adorait les fruits. De préférence quand ils étaient bien juteux.

    En tout cas, le fait que la viande qu’on lui avait vendu ne soit pas du mouton, avait convaincu Damiq que quelque chose clochait. Kérémir avait bien dit qu’il avait des soupçons sur les villageois. Le morceau de viande en main encore portant encore les traces de morsure de Zab, Damiq jeta un œil à un berger qui faisait rentrer son bétail en enclos pour la nuit. Il se plaignit d’attaques de la bête. Le nain avait bien dit qu’ils n’avaient pas vu les dépouilles des moutons tués par la bête. Pareil pour le chien. Damiq allait enquêter sur cette piste.

    Le berger discutait avec un collègue et avoua que la mort des herbivores sauvage n’était pas vraiment émouvante pour lui. Ils représentaient de la concurrence pour le bétail. Il disait que c’était dommage que la chose ne les extermine pas, mais au moins, il éliminait en partie cette concurrence. Cependant, restait le souci des carnivores. Et ils semblaient oublier que Damiq l’avait déjà mentionné en discutant avec eux.

    Le soir vint et après le repas de Zab sans viande à l’auberge, Damiq attendit que le village s’endorme afin d’aller manger, mais pas que. L’oryx alla brouter effectivement, cependant, l’endroit choisi n’était aucunement  anodin. Il s’était approché d’un enclos où étaient parqués les moutons pour la nuit. Autant profiter du sommeil des bergers pour aller demander des informations à des témoins auxquels on ne pensait pas vraiment. Mais avant, il y avait l’obstacle du chien. Il ne fallait surtout pas que l’animal ne réveille tout le village. Heureusement qu’il était un herbivore qui n’était pas une menace pour les chiens.

    Il prit tout de même le temps d’avertir le chien qu’il ne voulait rien faire aux bêtes. Puis il s’approcha d’un premier mouton, lui demandant de lui répondre en parlant assez bas. Il lui demanda s’il avait des informations concernant les animaux tués par la bête.

    - La bête ? Quelle bête ?
    - Hein ?! Vous n’avez pas vu une créature vous attaquer ?
    - Bah non, juste que parfois on allait chercher l’un de nous pour un endroit où personne ne revient. Et c'est d'autant plus effrayant que les chiens ne nous protègent pas et personne ne s'en plaint...

    Pour Damiq, pas de doutes, c’était le boucher. Donc rien d’anormal. Mais cela semblait confirmer que la créature n’attaquait pas les moutons. Et cela expliquait que fait qu’ils n’aient pas pu voir les dépouilles. Puis si c’était le cas, ils n’auraient vu que les traces de travail de boucherie. Chose tout à fait ordinaire dans un village de bipèdes.

    - On a parlé d’un chien tué en défendant du bétail.
    - Ah, bah il s’est tué en s’étouffant avec une chaussure !

    Un des autres animaux s’approcha de Damiq.

    - Remarque, on a eu des attaques de hyènes et un chien a succombé, mais ça remonte à un moment…
    - Ok je prends note, en tout cas merci pour vos informations.

    Damiq remercia les moutons avant de s’en aller. Il allait se reposer dans leur chambre. Il y retrouva Zab qui avait envahi sa natte en dormant toujours dans des positions étranges. Rien de surprenant chez le personnage. L’oryx se contenta de le déplacer avant de s’allonger pour se reposer. Demain, il retrouverait Kérémir afin de lui faire part de ses conclusions de son enquête au village. Il repensa aux femelles oryx, en espérant qu’elles aient fait leur travail de prévenir un maximum de troupeaux de ne surtout pas entrer sur le territoire du Borgne.

    Il finit par piquer un somme. Parfois du repos ne faisait pas de mal. Mais les oryx dormaient assez peu, contrairement aux humains. Même en journée, ils se contentaient de se reposer à l’ombre. Quand l’aube vint, Damiq se leva comme à son habitude et prit le petit déjeuner avec Zab. Ils n’avaient pas pris de viande surtout parce que l’humain avait insisté qu’il ne faisait pas confiance aux gens du coin.  Il passa aux écuries pour s’occuper de sa mule avant de rejoindre Kérémir pour partager les informations qu’ils avaient récoltées dans leurs enquêtes respectives. S’ils pouvaient enfin mettre la main sur cette créature qui s’en prenait aux antilopes du coin. Et cette-fois-ci, ils savaient que les villageois avaient vraiment quelque chose de louche à cacher.


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  • Jeu 15 Juin - 14:41
    A son réveil, Kérémir se rendit compte d'un détail, il était encore maculé de sang le bougre ! Ce n'était pas grave outre mesure, mais ça risquerait de perturber Damiq, et maintenant que ça avait séché ce serait une plaie à nettoyer. Et encore, si récurer une cotte de mailles c'était long et fastidieux, au moins c'était faisable, sa brigandine et son pantalon par contre... Ils étaient complètement souillés et le nain savait qu'il devrait tôt ou tard se résoudre à s'en procurer de nouveaux, une fois de plus. Et ça c'était sans parler des croutes qui s'étaient entremêlées dans sa barbe. Qu'importe, il avait d'autres chats à fouetter, et un demi-loup à coincer avant de s'occuper de ces inconvénients.

    En sortant de sa cachette, il constata que le soleil n'allait plus tarder à pointer, des teintes de gris commençaient à recouvrir les pointes des arbres. Il devait faire vite s'il voulait atteindre le point de rendez-vous avec Damiq avant le matin à proprement parler. Il ramassa ses affaires à la hâte et détala aussi vite que lui permettaient ses courtes jambes. Il ne prit même pas la peine de se dissimuler outre mesure, il n'était pas très loin du village et il doutait fortement être attaqué à une telle heure de la journée. Il passa donc comme une ombre dans les derniers instants de la nuit, réveillant au passage quelques oiseaux avant d'atteindre les champs.
    Il ralentit alors légèrement le pas, prenant le temps de souffler un peu. Heureusement, il semblait plus ou moins rétabli, et ce ne serait pas de trop s'il devait vraiment se battre aujourd'hui.

    Son timing fut finalement impeccable, il atteignit l'orée du village aux premières lueurs du jour, et Damiq l'attendait déjà. Il devina rapidement à sa mine consternée qu'il se posait des questions quant à l'état de Kérémir, mais il le rassura rapidement, ce n'était pas là son sang, ni celui de leur cible, pour le moment tout du moins.

    Te fais pas de bile, je vais bien. C'est juste du sang de cadavre que j'ai utilisé pour pister notre gars sans me faire repérer. C'est un poil dégueulasse ouais mais bon, parfois on est obligé de le faire, surtout quand on traque une bête avec du flair. Mais j'ai eu du pot, je suis tombé sur une carcasse avec des traces fraiches à suivre, et même des poils. Il y a plus de doute, ce qu'on cherche c'est un lycanthrope ou un truc qui y ressemble.

    Et j'ai mieux... J'ai réussi à le pister jusqu'à son repaire qui ressemblait à une mine délabrée, et c'est sûrement là-bas qu'il assemble son butin. Je me sentais pas d'attaquer direct par contre, pire chose à faire que de provoquer la bête dans son antre... sauf si tu la prends par surprise, et si des gusses ici sont dans le coup, y a des chances qu'il puissent nous aider. Qui sait, peut-être qu'il y a même un accès dans le village ou dans le coin et que c'est comme ça qu'il se déplace sans se faire chopper.

    Kérémir écouta alors à son tour pendant que Damiq relatait ses propres découvertes, entre le mouton séché qui n'en n'était pas, sa suspicion vis-à-vis du boucher, et plus important encore, ses découvertes auprès des moutons du village.

    C'est vrai que j'y ai même pas pensé à ceux-là. Foutu village, j'aurais du commencer par là, mais non fallait que je sois pressé de me tailler ! Kérémir lâcha un juron. Quel travail de merde, on dirait un nigaud de débutant tellement j'ai enchainé les bourdes sur ce coup. Il poussa alors un soupir en portant sa main gauche à sa tempe. Je t'en veux pas, j'ai jamais bossé avec un hybride, et encore moins en étant parano des gens du coin.

    J'ai pas géré je le dis, mais on a une piste. Je te préviens, ça risque de pas être joli, on va aller voir le boucher, et je vais le secouer jusqu'à ce qu'il crache le morceau si c'est pas lui le bestiau. On va en finir aujourd'hui, va ramasser ta pique à l'auberge.

    Sur ces mots, Kérémir déposa son sac avant d'en détacher son bouclier qu'il prit en main gauche, et d'en sortir sa deuxième hachette de jet qu'il prit en main droite. Il était décidé à en découdre et se mit en route de la maison du boucher que Damiq lui avait indiqué. Ses pas étaient désormais lourds, tassant la terre à chaque pied posé, son regard était renfrogné et déterminé, focalisé sur l'objectif.  Si le combat devait avoir lieu ici, l'aurore ne serait plus dorée, mais tachée de sang écarlate et de flammes brûlantes.

    Une fois arrivé devant la porte en question, ni une deux il tendit son bras gauche recouvert par son bouclier, avant de l'envoyer en avant en déroulant tous ses muscles de l'avant-bras jusqu'à l'épaule. L'obstacle devant lui était un ramassis de frêne miteux, à moitié rongé par la vermine tellement le bois avait mal été travaillé, et ce fut sans mal que le bouclier, puis le bras, passèrent au travers, fracassant la porte dans un craquement sourd, faisant voler en éclat les planches piètrement agencées. Les fragments fusèrent à travers toute la pièce, éclatant au passage la moitié du mobilier tandis que les gonds pendaient désormais lamentablement, leur support ayant disparu.
    Le bruit réveilla le boucher dans la pièce d'à côté, et il sursauta de panique avant d'essayer de se précipiter vers une autre porte. Mais alors qu'il approchait du pommeau, un bruit sifflant passa en trombe à côté de ses oreilles avant de se ficher dans le bois de la cloison.

    Un pas de plus et la prochaine c'est ta cervelle qu'elle va éclater ! Tu vas parler maintenant.

    Entre la hachette et l'injonction, le boucher fit volte face, se retrouvant nez avec une vision des enfers à l'autre bout de la pièce, un nain fulminant et couvert de sang, avec ce qui semblaient être des crépitements émanant de sa main droite où se trouvait désormais la deuxième hachette de jet.
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  • Jeu 15 Juin - 21:24
    Sauver les antilopes du Reike !
    Et accessoirement, les moutons !


    En repensant aux réactions des villageois, Damiq songeait sérieusement à confier Zab à un troupeau d’oryx si l’affaire ne se réglait pas le jour-même. Il pouvait faire confiance à certains groupes de femelles qui connaissaient bien l’humain et l’avaient parfaitement intégré. Surtout quand ce dernier était un habitué des règles de vie des oryx. C’était une solution si le troupeau restait à distance, mais pas trop loin du territoire du Borgne.

    Finalement Kérémir revint, mais bien plus amoché qu’après sa confrontation avec l’hippotrague. Il était rougit de sang. Damiq allait devoir préparer la dose de baumes et soins magiques. Il aurait bien fait payer les frais, mais vu que le nain lui avait donné de quoi acheter la viande, il s’abstint. De toutes manières, la question ne se posa même pas quand son partenaire d’enquête lui expliqua les raisons de son état. Il s’était juste barbouillé de sang pour masquer son odeur vis-à-vis du prédateur. Apparemment, une victime relativement fraîche au moment où Kérémir l’avait rencontré. Le nain avait bien avancé dans son enquête. Il avait récolté des poils et des empreintes supplémentaires. Traces qui l’avaient mené jusqu’au repère de la bête, une mine abandonnée. Avec un nain à ses trousses, elle n’avait pas choisi la meilleure cachette. Malgré tout, le petit homme avait eu la présence d’esprit de ne pas attaquer directement la bête.

    L’hybride avait parlé de ce qu’il avait appris des moutons, de la viande n’étant pas celle d’un mouton, ainsi que les bergers qui voyaient les antilopes comme de la concurrence pour leur bétail. Puis il repensa au charnier qu’il avait vu dans le village abandonné. Si l’objectif était le même avec les animaux. Tuer les antilopes de manière sauvage pour en faire fuir un maximum et ainsi rendre la zone disponible pour le bétail. Mais ces idiots avaient oublié le cas des carnivores.

    Kérémir s’en voulait de ne pas avoir pensé au cas des moutons.


    - Vous n’avez pas l’habitude de parler aux animaux et on imagine souvent les moutons comme débiles.

    Pour le cas des hybrides, Damiq avait l’habitude du froid des autres humanoïdes. Au moins, Kérémir l’admettait, ce qui lui faisait gagner des points. Mais cela ne suffisait pas. Le nain avait prévu de faire parler le boucher et il avait prévenu que ça risquait d’être épicé.

    Damiq alla à l’auberge pour récupérer sa lance et suivi Kérémir jusque chez le boucher dans un village encore endormi. Mais les habitants ne tarderaient pas à se réveiller, surtout les bergers devant amener leur bétail dans les pâturages. L’oryx n’avait pas du tout envie d’être le suspect du nain. Il se souvenait encore du sort de l’hippotrague qui avait eu l’audace de le prendre un peu trop à la légère. Damiq était dans les mêmes proportions que l’antilope au pelage noir et donc bien placé pour savoir qu’il ne fallait pas sous-estimer ce chasseur en armure. Celui-ci s’avançait vers la bâtisse en brique crue d’un pas lourd et déterminé. L’hybride lui emboîtait le pas. Il pourrait en profiter pour demander un remboursement pour tromperie sur la marchandise. Surtout quand un nain avait été obligé de donner de l’argent pour acheter sa camelote. Damiq se disait que ça avait sans doutes accentué la colère du nain. Sans parler que cette chose les narguait depuis un moment.

    La porte vola en morceaux quand le nain l’enfonça. Le suspect, surpris dans son réveil par le raffut, n’eut pas le temps de fuir qu’une hachette lui bloqua sa sortie de secours. Il était désormais pris au piège. Son regard était terrifié par ce qui se trouvait face à lui, d’abord un nain couvert de sang et bien énervé, suivi d’un homme-oryx. Damiq était entré en étant obligé de se baisser et faire attention aux morceaux de viande qui pendouillaient, de peur de se prendre les cornes dedans. L’odeur d’autant de viande ne l’enchantait pas vraiment. Qu’ils en finissent le plus vite.


    - Je vous conseille de coopérer, il a tué à lui-seul un hippotrague deux fois plus gros que lui, donc je pense pas que vous fassiez le poids.

    Les oreilles baissées, Damiq faisait des allers-retours derrière Kérémir.

    - Des antilopes se font massacrer dans les montagnes et on nous a menti sur le sort du bétail. Donc si bête il y a, elle ne s’en prend qu’aux antilopes.

    Le boucher se risqua de répondre.

    - Vous faites tout ça pour des antilopes ?!
    - Certes, mais sachez que si vous en voulez aux antilopes de faire concurrence au bétail, c’est pas en les supprimant ou en les faisant fuir que ça va arranger les choses. Car les prédateurs privés de nourriture vont se rabattre sur le bétail. Vous aurez tout gagné !

    Le boucher se montra plus silencieux. Damiq sorti le morceau de viande qu’il avait acheté la veille portant la trace de morsure de Zab et le jeta sur l’homme qui lui avait vendu en lui faisant croire que c’est du mouton.

    - Au fait, vous m’avez roulé en me faisant croire que c’est du mouton ! J’espère sincèrement que ce n’est pas une des antilopes tuées par la bête. Car elles ont été dépecées et c’est pas impossible que vous profitiez des attaques de la bête pour vous fournir en viande !

    Damiq savait que le nain saurait faire parler le boucher et il n’aimerait pas être à sa place, même pour tout l’or du monde.

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  • Jeu 15 Juin - 23:54
    Pour des antilopes ? Kérémir éclata d'un rire bien gras avant d'éructer.

    Je me contrefiche des antilopes. Ce que je sais, c'est qu'il y a un bestiau qui se balade, et je me suis juré de tous les exterminer, un par un, jusqu'au dernier ! Ces saloperies qui n'auraient jamais du sortir de leur trou pourri, tout ça à cause de ces merdeux de Titans ! Et il se croit béni en plus !
    Kérémir cracha par terre. Voilà pourquoi je suis là, ton loup de compagnie, je compte l'étriper, parce qu'il le mérite.

    Le nain était furieux, toute la colère qu'il avait accumulée au fil de cette chasse semée d'embûches, son travail bâclé, cette altercation inutile avec un herbivore un peu trop audacieux, cette proie qu'il mettait autant de temps à coincer parce que son seul allié était un hybride capable de jacasser comme un animal, alors que des ennemis se cachaient parmi les gens effrayés qu'il essayait d'aider. Toute cette colère, il la relâchait à présent. L'argent ? Il s'en fichait royalement, il avait beau être un fier nain de Kazan, il avait grandi dans les landes boisées, son obsession ce n'était pas l'or et les pierres précieuses, c'étaient les bois d'où les abominations de Shoumei l'avaient chassé. Mais que ce salaud qui profitait de cette sale bête pour se remplir les poches, la première chose qu'il ose dire, c'est lui demander pourquoi il essayait de sauver le gibier de son sac à puces ? C'en était trop.

    La deuxième hachette fusa dans les airs avant de fendre l'excuse de table de chevet à côté de la paillasse qui servait de lit au boucher, et celle-ci s'écroula dans un fracas grondant. Sa main libérée, Kérémir fonça sauvagement sur l'homme tétanisé, avant de le chopper par le col et de le plaquer contre le mur. La poigne du nain était féroce, renforcée encore par la haine qu'il éprouvait vis-à-vis de celui qui osait pactiser avec ses ennemis jurés, à ses yeux, il n'y avait pas pire outrance.

    Je sais que ton bestiau se cache dans une mine abandonnée et que c'est là dedans qu'il cache ta future viande. Je sais aussi qu'il te l'amène sans se faire voir, donc ces tunnels mènent jusque dans le coin. Tu vas me très exactement où se trouve ce passage.

    Etant donné la stature de Kérémir, le boucher ne décollait même pas totalement du sol, mais bien qu'il tenta de se débattre, il était totalement à la merci du nain, agitant vainement ses jambes dans les airs.

    Vous êtes complètement timbré, je ne vois pas de quoi vous parlez ! supplia le pauvre homme.

    Te fous pas de moi ! gronda le nain, avant d'exhaler une bouffée de braises qui allèrent roussir la moustache et les sourcils du boucher. La seule différence que ça va faire c'est que j'en aurai terminé, si tu coopères pas, toi aussi je vais t'étriper. continua t-il en resserrant encore son emprise sur le col du prisonnier, dont la peau commença à violacer entre la douleur et la difficulté de respirer.

    Agh... Argh ! Pitié... A... l'est... Après le... premier champ, sur la colline... Il y a un arbre mort, avec une trappe... Les mots ne parvenaient plus à sortir, le malheureux n'arrivait plus du tout à respirer.

    Kérémir le relâcha et le laissa retomber par terre, où il s'écrasa lourdement en faisant grincer le plancher, peinant à récupérer son souffle. Alors qu'il se tortillait faiblement, le nain continua.

    Bien, maintenant tu vas me dire quand il bouge pour revenir ici, et peut-être que je te laisserai filer. Essaye seulement de refaire le borné et je vais te carboniser.

    Pour appuyer la menace, le nain conjura un orbe de feu dans sa main libre, et les yeux du boucher s'écarquillèrent de plus belle.

    Il... Il passe en fin d'après-midi, parfois en début de soirée, avant de repartir ! Il passe sous forme humaine avec une charrette, c'est pour ça que personne l'a jamais choppé !

    Un silence de mort s'abattit dans la pièce, le temps s'était figé tandis que Kérémir considérait s'il devait oui ou non massacrer ce pauvre diable. Après ce qui sembla être une éternité, il s'approcha lentement de ce dernier et le remercia froidement de sa coopération avant de lui asséner un violent coup de bouclier qui le plongea dans un sommeil forcé. Un petit filet de sang coulait désormais sur sa tempe, là où il avait été frappé, mais il était encore vivant, seulement inconscient.

    Kérémir déposa alors son sac et en ressortit la corde qu'il avait acheté l'autre jour, avant de ligoter fermement le boucher. Kérémir se doutait que ce dernier ne se réveillerait pas avant un moment, et de toute façon les villageois risquaient de le trouver avec sa porte défoncée, mais c'était une simple mesure de sécurité supplémentaire pour l'empêcher de le freiner par la suite.

    T'as entendu notre homme. On va trouver cette entrée, et prendre notre gars par surprise pendant qu'il ramène son gibier... Quoique, t'es pas obligé de me suivre, s'il arrive à se défendre, je risque de me donner à fond pour le buter, et je voudrais pas que tu te retrouves entre ses griffes et mes haches, tu mérites pas de finir en charpie, Damiq.

    Kérémir ramassa ensuite ses deux hachettes de jet avant de ressortir de la maison. Une fois arrivé sur le palier, il se retourna, constatant une dernière fois le carnage qu'il avait provoqué avant de s'engouffrer à l'extérieur. Peut-être qu'il y était allé un peu fort finalement, mais ce serait là des questions pour plus tard, à présent, il avait un piège à mettre en place, et sa prochaine cible à buter.
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  • Ven 16 Juin - 18:51
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    Le boucher devait regretter l’hybride. En effet, celui-ci s’était montré bien plus calme malgré une certaine fermeté. Maintenant, il devait subir l’interrogatoire d’un nain bien moins diplomate. Damiq avait bien vu toute la détestation de ceux qui vénéraient les Titans de la part de Kérémir. L’oryx ne se mêlait pas vraiment de toutes ces histoires. En revanche, que les pistes des herbivores soient moins praticables à cause de cette bête, ainsi que le fait de s’être fait arnaqué, ne jouait pas vraiment en faveur de ce boucher dans l’estime de l’hybride. Même si les raisons d’en vouloir à cette bête étaient bien différentes, ils voulaient tous les deux que ça se termine pour elle. Damiq n’était pas aussi obsédé par sa mort, mais cela restait une option envisageable tant qu’elle ne ferait plus de grabuge sur les routes des herbivores.

    Damiq n’était pas vraiment à l’aise avec les méthodes de son partenaire de fortune, mais elles semblaient porter leurs fruits. Ainsi le boucher leur expliqua où se trouvait l’accès à la mine que la bête empruntait. Une menace de plus avec le feu, décidément les bipèdes pouvaient aussi en avoir peur, et l’homme expliqua l’emploi du temps de leur suspect. Ainsi, il faisait un passage au village en fin d’après-midi et en début de soirée avant de reprendre son chemin. Il était avec une charrette. Donc, pas étonnant qu’il n’attire pas l’attention. Ce n’était pas comme si les charrettes et autres bêtes de somme étaient parfaitement transparentes dans le décor d’un village. Un oryx anthropomorphe était bien plus facile à repérer.

    Le silence ayant prit ses quartiers chez le boucher n’était interrompu que par les halètements d’un homme terrifié qui semblait voir sa vie défiler à toute allure avant la fin. Son regard implorait la pitié sans vraiment y croire. Pour terminer assommer par un coup de bouclier. Damiq avait bien vu qu’il respirait encore. Décidément, l’oryx n’aurait pas aimé être à place. L’homme inconscient fut ligoté par le nain.

    Maintenant, il ne leur restait qu’à attraper le monstre. Mais avec le grabuge qu’ils avaient fait, il valait mieux qu’ils partent au plus vite. Damiq pensa alors à Zab. Il se devait de le mettre en sécurité. Ainsi quand Kérémir lui suggéra de rester prudent et de réfléchir deux fois avant de l’accompagner, Damiq sauta sur l’occasion.


    - Entendu, pour ma part, je vais mettre Zab et ma mule en sécurité, j’ai des connaissances de confiance avec qui ils ne risquent rien. Mais je reviendrai. Et promis, je ferais attention.

    En effet, Damiq avait prévu de confier Zab aux femelles oryx qu’il avait vu la veille. Pourtant, Damiq n’avait pas prévu d’abandonner le nain pour autant. Non seulement, il reviendrait lui prêter main-forte, mais également, il espérait en convaincre d’autres de venir les aider à mettre au tapis ce monstre.

    - Bonne chance, s’il t’arrive quelque chose, souhaites tu que je prévienne quelqu’un ?

    Après avoir eu sa réponse, Damiq s’éloigna et alla préparer sa mule avant d’aller chercher Zab. Puis ils prirent la route pour les collines mais en passant par les chemins des humains avant de prendre la piste des herbivores hors du territoire du Borgne. Il y retrouva les femelles qu’il avait le premier jour où ils avaient commencé leur mission avec Kérémir. Elles avaient tenu leur promesse et veillaient sur la limite du territoire du Borgne. Elles étaient bien vivantes. Il avait bien fait attention à ce que personne ne le suive. Surtout que les villageois devaient avoir une dent contre eux après ce qu’il s’était passé avec le boucher.

    - Tout va bien ?
    - Tiens tu as récupéré ton humain et ton âne ? Pour notre part, on a prévenu un autre troupeau qui voulait venir et un mâle qui voulait prendre le territoire du Borgne, car la mort de celui-ci ça attire forcément les convoitises.

    Il n’y avait pas que les vautours qui étaient des charognards visiblement. La mort du Borgne avait attiré des opportunistes à leurs risques et périls. Cependant, ils n’avaient visiblement pas été jusqu’à s’opposer aux femelles. Il fallait dire que se les mettre à dos n’était pas du tout une bonne chose pour les oryx. Elles avaient un certain pouvoir qu’elles savaient faire valoir. Donc les mâles devaient faire en sorte de leur plaire s’ils voulaient s’attirer leurs faveurs. Chez les humains, ce n’était pas toujours le cas.

    - Justement, j’ai une faveur à vous demander. J’aimerais que Zab aille avec les petits, je sais qu’il sera en sécurité. Je peux pas faire confiance au village des humains. On a trouvé la bête et un camarade est sur le point de l’affronter.
    - Bien, on s’en chargera, c’est bien parce que c’est toi.

    Une des femelles invita Zab à la suivre, ce dernier tenant la mule par la longe.

    - Merci infiniment, maintenant, je dois aider quelqu’un qui ne mérite pas de crever face à cette chose et grâce à lui, on aura enfin les routes des herbivores libres. Je vous tiendrais au courant.

    Puis Damiq s’éloigna et prit la route pour rejoindre un Kérémir qui devait déjà se préparer à affronter la bête.

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  • Sam 17 Juin - 19:01
    Il était encore tôt, mais le grabuge avait été si retentissant qu'une foule de gens apeurés commençait à se former autour de la maison du boucher. Un par un ils arrivaient, la plupart avec les paupières encore lourdes de la veille, pour constater l'origine de ces bruits qui avaient agité ce début de journée. Ils aperçurent avec effroi la porte qui avait emboutée, ne laissant derrière que quelques lambeaux et les gonds qui avaient miraculeusement refusé de céder. Les plus proches virent même l'état du mobilier, abimé par les copeaux qui avaient été propulsés, ainsi que deux individus, l'un qui leur était un minimum familier avec sa haute stature et ses cornes, l'autre, moins visible au fond de la pièce suivante, ne leur évoquait pas grand chose. Un bandit ? Mais pourquoi serait-il accompagné par l'herboriste ? Leurs questions furent entendues quand Kérémir sortit finalement de la maison.

    Tous le dévisagèrent, certains terrifiés et prêts à détaler pour leurs vies, d'autres anxieux mais prêts à se battre contre cette menace inconnue, brandissant leurs bêches et leurs fourches. Le nain ne s'arrêta pas pour autant, armes en main, il avança tout droit, et ce n'est que quand les armes se pointèrent vers lui qu'il accepta enfin de parler.

    Dégagez de mon chemin, j'ai mieux à faire que de charcuter des fermiers. Votre bestiole, je sais où elle se cache et je vais la crever. Si vous voulez vraiment vous rendre utiles, gardez un œil sur votre boucher, c'est lui qui a avoué.


    Entre la choquante révélation et l'allure presque bestiale du nain tellement il paraissait de mauvais poil, les gens agglutinés le laissèrent passer, médusés. Ce n'est que qu'après le départ de Damiq, suivant de prêt Kérémir, que les paysans commencèrent enfin à réagir. Des questions fusèrent sur ce qui venait de se passer. Déjà quelque uns se ruaient à l'intérieur de la bâtisse pour voir ce qu'il en retournait, alors que d'autres s'apostrophaient, que ce soit pour se concerter sur la meilleure marche à suivre ou s'accuser réciproquement. Si le boucher était au courant de l'affaire, d'autres l'étaient peut-être aussi, et la méfiance envahit le village. En voyant le corps meurtri mais toujours en vie du boucher, certains en vinrent même à se battre, ne sachant pas s'il fallait le soigner ou juste le surveiller.

    Derrière lui, le brouhaha montait, et nul doute qu'il aurait des explications à fournir s'il revenait, mais il s'occuperait de ça plus tard. Pour l'instant, Kérémir était rivé sur son objectif, progressait inlassablement vers le lieu désigné, ignorant les passants retardataires qui venaient à lui. Il eut tôt fait de sortir du village, et il se mit à scruter les alentours pour trouver ce qu'il cherchait. Il finit par trouver l'arbre désigné, défiant les rayons du soleil montant avec son aspect rabougri et déformé. Alors qu'il marchait, Kérémir se permit de réfléchir un moment. Devait-il s'engager dans les tunnels pour tendre un piège, attendre devant l'entrée ? La condamner et prendre sa cible à revers ?

    S'engager dans les tunnels risquait de s'avérer compliqué, il ne connaissait pas la structure souterraine et il n'était pas équipé pour préparer une embuscade en caverne, son arsenal étant plutôt tourné vers les outils de chasse en extérieur. Sans compter qu'en plus il y avait la possibilité qu'il se fasse repérer si pour une raison ou une autre le loup se décidait à passer de bon matin. Attendre devant l'entrée ? Probablement l'option la plus raisonnable, mais il s'exposait aux curieux du village. Condamner l'accès et attaquer sa cible de l'autre côté ? Beaucoup trop fastidieux, il risquait de plus se fatiguer que son adversaire et il devrait se battre dans son terrier.

    Encore incertain de la marche à suivre, il arriva finalement devant l'arbre, et il ne fallut pas longtemps à son œil acéré pour trouver la trappe, cachée sous un mélange de foin et de feuilles mortes. Il se décida au moins de l'ouvrir et d'inspecter l'entrée. Le bois craqua légèrement quand il essaya de le relever, avant de révéler en dessous une échelle en fer rouillé descendant quelques trente mètres en contrebas. Kérémir avait déjà vu ce genre de structures, c'étaient des sorties de secours aménagées pour permettre de vite évacuer en cas de problème dans les tunnels. Il devait certainement y en avoir d'autres dans la région dont il ignorait l'emplacement.

    Kérémir allait devoir habilement jouer ses cartes. L'attendre à l'entrée au pied levé lui donnerait un avantage tactique considérable tant qu'il arriverait à empêcher son adversaire d'approcher, mais c'était également risquer qu'il arrive à sortir pour se battre en terrain découvert, où sa vitesse supposée lui donnerait un avantage considérable. De l'autre côté, descendre en bas lui permettrait de forcer le combat rapproché et de rendre ses frappes enflammées moins aisées à esquiver, mais il ignorait les capacités physiques de son adversaire et il n'aurait pas d'échappatoire possible s'il finissait en difficulté. C'est alors qu'il repensa aux villageois et à Damiq. S'il se battait en terrain découvert, il risquait d'y avoir des victimes collatérales, voire des gêneurs si le boucher n'était pas le seul tordu à être au courant de l'affaire.
    Enfin décidé, Kérémir rattacha sa hache et son bouclier avant de commencer la descente aux enfers.

    Les couches se succédèrent les unes après les autres alors qu'il suivait les barreaux, de la terre au granit en passant par du calcaire. L'humidité montait, et son souffle rauque commença à relâcher des nuages de vapeur. Puis il arriva enfin au fond, face à lui se tenait à présent un court tunnel qui débouchait sur une large galerie quelques mètres plus loin. La zone était plongée dans la pénombre, mais quand bien même Kérémir aurait trouvé une torche, il aurait refusé de l'allumer, se battre dans le noir n'était pas le plus grand des inconvénients pour lui et la lumière risquerait de dévoiler sa position. Plutôt que de s'exposer inutilement, Kérémir se rapprocha de l'entrée du tunnel avant de se focaliser sur ce qu'il pouvait entendre.

    Dans ces espaces tortueux, le moindre son se propageait sur des dizaines de mètres, et il n'aurait aucun mal à entendre à entendre sa cible approcher. Il n'y avait plus qu'à l'attendre. Et l'attente fut longue, oppressante, chaque minute qui passait dans cet endroit étroit était désagréable, décidément Kérémir ne comprendrait jamais comment ses congénères supportaient cette ambiance, lui qui avait été élevé au grand air, les tunnels ne lui plaisaient guère. Puis après ce qui sembla être des jours, des semaines peut-être, les pas tant attendus se firent entendre, d'abord très lointains, mais puis de plus en proches, résonnant finalement dans toute la galerie s'étalant devant Kérémir.

    Ensuite vint la respiration, caverneuse, relevant plus du souffle d'une bête que d'un être humain. Puis soudain, des reniflements. Cette fois, Kérémir ne s'était pas encombré de subterfuges, et il venait de se faire repérer. Il entendit un claquement de langue désagréable, comme si sa cible encore éloignée se léchaient les babines. Et enfin, vint une voix, résonnant sur les murs de pierre.

    Qui va là ? La voix était gutturale, puissante, et témoignait de la carrure imposante de son maitre.
    Je sais qu'il y a quelqu'un que je connais pas, pas la peine de vous cacher.


    Kérémir ne répondit pas, il n'était pas venu discuter, il ne faisait qu'attendre le moment opportun pour frapper.

    Vous allez peut-être pouvoir m'expliquer pourquoi les biquettes se taillent, ça devient ennuyant de les pourchasser aussi loin vous savez ?

    Les pas se rapprochaient encore et un bruit sourd se fit entendre, certainement le butin que son adversaire transportait. Le souffle se faisait plus menaçant, Kérémir percevait clairement les griffes géantes raclant le sol. Et il l'entendit, son corps se crispa tandis que son adversaire s'élançait dans le tunnel à quatre pattes, couvrant les dernières dizaines de mètres à une vitesse prodigieuse alors qu'il commençait à émettre des grognements. Mais Kérémir était prêt, et quand il sentit sa cible à portée, il frappa du pied, soulevant une vague de feu qu'il envoya devant lui.

    Un jappement de colère se fut entendre alors que l'inconnu bondissait pour essayer d'esquiver le coup, atteignant presque le plafond, il évita le gros des flammes avant de fondre sur Kérémir avec une patte plus grosse que la tête du nain.
    Ce dernier leva son bouclier, repoussant le coup et son adversaire qui atterrit quelques pas devant lui. C'était un lycanthrope au poil sinistrement noir, avec des prunelles jaunâtres. Il devait mesurer dans les deux mètres, et Kérémir ne se doutait pas qu'il était sans doute au moins aussi fort que lui. Il se releva sur ses pattes arrières, apparaissant brièvement au nain grâce aux flammes mourantes qui s'agitaient encore derrière lui.

    Un nain cracheur de feu ? Je dois dire que c'est une première. Le loup géant gronda avant de continuer. Je sais pas qui t'es, mais je vais me faire un plaisir de te découper, t'as pas idée à quel point t'emmerdes mes affaires.

    Amène toi, sac à puces, et viens tâter de ma hache. rétorqua le nain.

    Le combat s'engagea alors pour de bon, l'un brandissant ses griffes surdimensionnées, l'autre son bouclier d'une main, sa hache qui commençait à s'embraser de l'autre.
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  • Sam 17 Juin - 22:12
    Sauver les antilopes du Reike !
    Et accessoirement, les moutons !


    Damiq prenait le chemin de la mine. Il avait bien envie de faire payer à cette saleté de loup. Avec Kérémir, ils avaient quittés un village confus et ne sachant quoi faire. Heureusement, Damiq avait prit avec lui Zab et sa mule afin de le confier à des personnes de confiance. Les femelles oryx n’avaient aucun intérêt à défendre la bête vu que les antilopes étaient les principales victimes de cet être. Et Kérémir en colère et déterminé n’avait pas arrangé les choses vis-à-vis des villageois ne sachant quoi-faire dans une situation aussi épineuse. L’oryx n’avait eu personne se lançant à sa poursuite pour le moment. A partir du moment où il avait pris un autre chemin.

    Tandis qu’il commençait à descendre en direction du repère de la bête, il entendit des grognements d’oryx. Il fit alors demi-tour pour tomber sur une scène étonnante. Des villageois, visiblement venus pour tenter de s’en prendre à Zab par vengeance contre le boucher avaient eu le droit à un comité d’accueil comme ces dames au masque noir et aux cornes droites savaient si bien faire. Ils ne s’étaient pas attendus à des ripostes de la part de ce qu’ils voyaient comme de paisibles herbivores. Plus loin, une autre femelle amenait Zab vers l’endroit où avaient été sécurisés les petits rassemblés en pouponnières. Chaque fois que quelqu’un tentait de les suivre, une oryx le chargeait ses cornes mortelles en avant. Ils étaient les rares antilopes à pouvoir tuer un lion. Donc pas une menace à prendre à la légère, surtout en troupeau. Un malheureux un peu trop téméraire se retrouva les vêtements accroché dans des cornes avant d’être projeté en l’air. Où était cette maudite bête quand on avait besoin d’elle. Damiq avait bien remarqué que les partisans du lycanthrope n’étaient qu’une poignée à s’être lancés à la poursuite de Zab. Et de simples fermiers. Ils auraient pensés que ça suffirait à attraper l’humain qui accompagnait l’hybride et s’en servir sans doute comme moyen de pression. Mais ils n’avaient pas calculé qu’un groupe de femelles oryx en pétard leur ferait obstacle.


    - On abandonne ! Faites arrêter ces furies !

    Certains pas trop débiles avaient bien compris que l’hybride était en lien avec ces animaux devenus fous.

    - Bien, mesdames, ces messieurs ont bien reçu le message.

    Les oryx stoppèrent leurs assauts, mais restèrent cornes baissées afin de faire comprendre qu’au moindre changement d’avis, ils allaient le regretter. Deux gars portaient un autre qui s’était fait éjecté. Un homme avait même été encorné et partait en boitant aidé d’un camarade. Peut-être qu’ils seraient plus réticents à manger de l’antilope pendant un moment.

    - Merci infiniment ! Je vais aider quelqu’un qui est en ce moment en train d’affronter la bête responsable de la mort du Borgne et de beaucoup d’autres antilopes de la région. Il mérite pas de faire face à cette chose seul.

    Maintenant, Damiq devait vraiment rejoindre Kérémir. Avec les indications du boucher, il trouva l’entrée de l’ancienne mine et l’arbre qui l’indiquait. La trappe était déjà ouverte comme si quelqu’un y avait pénétré sans prendre le temps de la refermer. Sans doutes que le nain était déjà sur la piste du lycanthrope. Il remarqua également une charrette avec un cheval qui broutait tranquillement, l’air de rien avant de se mettre en alerte alors qu’une cohorte de quelques villageois se dirigeaient vers la mine abandonnée pour arrêter le nain qui allait tuer la bête qui s’en prenait aux antilopes de la région. Ils furent alertés par un des bougres qui avait été confronté aux oryx. Même si Kérémir était un bon combattant, les fermiers risquaient de le forcer à se battre sur deux fronts alors qu’il devait déjà gérer la bête.

    - Ouh,  ça sent pas bon…

    C’est derrière lui que Damiq vit plusieurs tête cornues, les oreilles dressées dans sa direction apparaître et s’approcher de lui.

    - Tu as dis que tu voulais pas laisser quelqu’un qui se battait pour nous seul ?
    - C’est ça, mais prenez pas nos adversaires à la légère.

    Surtout quand ces derniers étaient mieux armés car ils savaient le nain plus dangereux. Lances, haches, boucliers en plus des traditionnelles fourches. Celui qui avait déjà eu un aperçu de la part des oryx se mit à paniquer l’air de dire « Oh non pas ça ! » et se préparait à détaler. Puis les antilopes descendirent la colline fondant sur des villageois surpris et en panique face à ces adversaires inattendus. Certains cherchèrent à faire un semblant de formation, mais qui restait désorganisé quand d’autres préféraient fuir, jugeant trop coûteux de devoir se décarcasser pour ça. Mais d’autres tenaient la position et étaient déterminés à recevoir la charge. Surtout ceux équipés de boucliers.

    Que Kérémir se concentre sur la bête, Damiq s’occupait de ces villageois et avec des alliées déterminées à tout faire pour que cette bête ne s’en prennent plus aux troupeaux.


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  • Dim 18 Juin - 9:22
    Les premiers coups furent lancés, le lycanthrope bondissait à chacune de ses frappes malgré le confinement de la galerie, renforçant leur violence et leur portée. Mais il était invariablement dévié par ce fidèle bouclier, repoussé dans les ténèbres avant de revenir à la charge. Toute la galerie tremblait sous la fureur de ses assauts, de la poussière était soulevée du sol ou craquait depuis les poutres, renforçant encore l'ambiance frénétique de l'affrontement. Mais le nain répliquait, levant et abattant sa hache sans relâche, essayant d'entailler son adversaire, et à suite, des arcs de feu se dessinaient, illuminant périodiquement l'obscurité environnante à la recherche de chair à embraser. Il était cependant lent, trop lent pour atteindre le lycanthrope qui continuait à bondir tout en le narguant.

    AH AH AH ! Admire ce corps surpuissant bénis des Titans. Tu n'as aucune chance !

    Cependant, malgré ses tirades et ses grognements bestiaux, il n'arrivait pas non plus à blesser le nain. Ses attaques étaient constamment contrées peu importe la force qu'il mettait dedans, comme s'il essayait de briser une roche, et il était obligé d'esquiver les contre-attaques ce qui l'empêchait d'enchainer. Kérémir nota rapidement que son adversaire n'était pas un guerrier, ses coups, bien que d'une puissance terrifiante, étaient patauds et hasardeux, il ne faisait que tailler devant lui sans grande réflexion, étant manifestement plus habitué à chasser que de combattre. Après un énième assaut, Kérémir raffermit sa prise sur sa fidèle hache, malgré sa vitesse moindre, il commençait à anticiper les attaques de son adversaire, ce n'était plus qu'une question de temps qu'il arrive à trouver une ouverture et obtenir le premier sang.

    Une fois de plus, le loup géant bondit, arquant sa griffe gauche en arrière, se préparant à frapper le nain d'un balayage, mais ce coup-ci, le bouclier ne le repoussa pas, Kérémir s'était reculé pour esquiver et ce fut sa hache embrasée qui alla à la rencontre du membre poilu. Mais il n'y eut pas d'effusion de sang, si les flammes s'étaient abattues sur la peau, arrachant un hurlement de mécontentement au lycanthrope, la lame n'avait pas réussi à percer son cuir. Non seulement cet adversaire était rapide, mais tout comme le nain, il était d'une résistance à toute épreuve, et dans un nouveau moulinet de bras, il projeta Kérémir en arrière avant de hurler.

    RAAAARGH ! Satané nain, t'as beau me brûler le poil, tu n'arriveras pas à me toucher, les Titans m'offrent leur protection, je suis invulnérable !

    Kérémir percuta brutalement le mur avant de retomber, un genou à terre. Le combat tournait à son désavantage, s'il voulait vaincre, il allait lui falloir plus de puissance, les simples taillades ne suffiraient pas. Mais il n'avait pas le temps de se remettre en état que son ennemi attaquait déjà de nouveau. Interposant juste à temps son bouclier, il n'écopa que d'un tressaillement tandis que le coup dévié à la hâte se propageait dans son corps. Mais la violence du coup lui donna une idée. S'il continuait à la hache il risquerait de l'abimer avant de blesser son adversaire, et son bouclier commençait également à flancher, complètement éraflé et tailladé par les coups de griffes furieux.

    Tandis que le lycanthrope se crispait à nouveau pour se propulser vers lui, Kérémir lâcha sa hache et inspira profondément, le prochain coup il allait l'encaisser, mais pas sans rendre la pareille. Le loup s'élança, de la bave rageuse s'échappant de ses babines retroussées, prêt à cogner son adversaire qui avait lâché son arme, mais alors que son attaque allait porter, il fut accueilli par un torrent de feu sortant directement de la gueule béante de Kérémir. Aveuglé par cette attaque en traitre, il tailla tout de même, seulement pour être une fois de plus stoppé par cet exaspérant bouclier, mais il ne voyait plus rien et ne réussit pas à atterrir convenablement, trébuchant quelque peu et perdant de précieuses secondes. Déjà il entendait le nain fondre sur lui, mais il n'eut pas le temps de réagir. Un coup de poing accompagné d'éclats brûlants vint percuter son abdomen, le repoussant à son tour contre le mur et provoquant un craquement sourd dans ses côtes.

    Plutôt que de percer sa peau aussi solide que des écailles de dragon, Kérémir était passé outre en usant de sa force brute. Son adversaire était désormais décontenancé, haletant alors qu'il peinait à se relever et qu'il tentait de récupérer de ce coup prodigieux qui avait enfoncé sa défense, le lézardant au passage de plus de langues de feu dévorant son pelage luisant. Rouvrant difficilement les yeux, il vit le nain foncer vers lui, mais il n'avait plus sa réactivité du début du combat, sonné qu'il était. Echouant à se replacer en arrière, il n'avait d'autre choix que d'engager le combat au corps-à-corps, et les coups furent brutaux. Chaque coup de poing du nain était dévastateur, faisant grincer ses membres quand il les recevait, alors que ses propres attaques semblaient sans effet, ayant considérablement perdu en ardeur. Une ultime attaque qui lui démonta la clavicule le fit tomber à genoux en poussant un cri de douleur retentissant à des lieues à la ronde, porté par les tunnels.

    Sa tête était désormais à portée et le nain lança un uppercut qui lui brisa la mâchoire, faisant voler une de ses canines crochues au passage. Dans un ultime soubresaut de douleur, le lycanthrope s'écroula par terre alors qu'un mélange de bave, de sang et d'émail s'échappait de sa gorge. Il avait été défait.
    Mais Kérémir n'en avait pas fini, il attrapa le corps meurtri du loup géant et le propulsa à l'autre bout du tunnel avec un rugissement grondant, l'envoyer valser là où il avait laissé sa hache pour l'achever. Le lycanthrope retomba au sol dans un fracas tonitruant, incapable de bouger tellement il était étourdi.
    Mais alors que le nain ramassait sa hache et se préparait à porter le coup fatal, le corps de son adversaire se mit à se contorsionner.

    Dans un spectacle morbide, le corps brisé perdit en stature alors que ce qui lui restait de poil commençait à disparaitre et que les griffes se rétractaient. Le lycanthrope était effectivement un métamorphe, et il venait de prendre forme humaine. Face à Kérémir gisait à présent un être misérable, au corps parcouru de brûlures. Dans un râle sanguinolent, il se mit alors à supplier.

    Pitié... Ne me tue pas. Je n'ai fait qu'aider mes gens.
    T'en as terrorisé une bonne moitié, et en plus tu me rabâches les oreilles avec ces enfoirés de Titans. Ils t'expliqueront en enfer ce qu'ils ont fait à Shoumeï.
    Attends... Non !

    La sentence était irrévocable, l'arme du bourreau s'abattit et décapita l'humain meurtri sans cérémonie. Sa tête roula sur le côté, gravant pour l'éternité le visage atterré du désormais défunt change-forme. Ce n'est qu'alors que Kérémir remarque que des clameurs et de bruits de combats pouvaient se faire entendre faiblement à la surface. Ramassant son "trophée" morbide, il prit la direction de la sortie, et se mit à gravir les barreaux alors que les dernières gouttes de sang dégoulinaient depuis les cervicales de son ennemi quand il levait la main tenant la tête. Il cracha plusieurs fois de dégout pendant la remontée.

    Une fois arrivé en haut, ce fut un spectacle irréel qui se dessina sous ses yeux. Une bande de paysans dégénérés faisait face à Damiq et un troupeau d'oryx enragés. Cette mascarade avait assez duré. Il jeta la tête à terre avant de saisir sa hache et de la frapper contre son bouclier, libérant une onde de choc ardente qui embrasa l'arbre dépéri derrière lui au passage. Tout le monde s'arrêta en entendant cette injonction retentissante.

    Assez ! Votre copain est mort, et vous avez intérêt à dégager si vous ne voulez pas finir dans le même état que lui !
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  • Dim 18 Juin - 19:06
    Sauver les antilopes du Reike !
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    La bataille faisait rage. Si certains paysans avaient pris la fuite, d’autres étaient déterminés à défendre leur camarade lycanthrope. Quitte à se lancer dans une bien étrange bataille. L’ennemi n’était pas des morts-vivants, pillards, prédateurs ou autres esclavagistes… mais des antilopes. Les oryx étaient des animaux de grande taille aux cornes pointues capables de tuer un lion, l’animal qu’on considérait comme le roi des animaux. Même si au Reike, on trouvait des animaux bien plus gros. Un fermier un peu trop imprudent fut éjecté et retomba lourdement. Mais ces derniers étaient bien plus déterminés à protéger leur camarade lupin qui les débarrassait de la concurrence de leur bétail pour l’accès aux pâturages. Mais cette fois, quelques bêtes qu’ils voyaient comme nuisibles avaient décidé de ne pas se laisser marcher sur les pieds et venaient leur rappeler que les pâturages étaient à tout le monde.

    La détermination des derniers partisans du lycanthrope eut raison d’une des femelles oryx qui se prit un coup de lance fatal. La vue de l’animal s’effondrant n’entacha pas la détermination de ses camarades, bien que deux d’entre-elles décidèrent de se retirer. Damiq ne leur fit aucun reproche. Il ne les avait pas obligé à venir en plus de les prévenir de la dangerosité des gars en face. Les humains étaient des prédateurs naturels des oryx taillés pour les chasser. Des prédateurs intelligents et chassant en groupe usant de diverses armes et projectiles afin de compenser leur physique de primate un peu faiblard sans tout cet attirail. Car sans armes, les humains ne faisaient pas le poids face à un oryx. Mais là, ils étaient armés.

    Damiq se chargeait de soigner les dames tout en maintenant le moindre agresseur à distance avec sa lance. D’autant plus que la bipédie lui offrait un avantage. Quand il se redressait, il avait l’air bien plus haut et impressionnant avec ses longues cornes droites. Un grand machin cornu armé d’une lance avait le don de décourager les moins téméraires des humains autour de lui. Et les oryx avaient cet avantage d’avoir un soigneur parmi-eux. Les fermiers et les quelques chasseurs n’avaient visiblement personne en guise de soigneur parmi eux. Grossière erreur de leur part. Car s’ils n’avaient pas eu ce comité d’accueil à sabots, ils se seraient sans doutes confrontés au nain en pétards. Mais celui-ci avait d’autres chats à fouetter pour le moment et les antilopes évitaient qu’il soit contraint de se battre sur deux fronts alors qu’il devait faire face à une créature redoutable. Si ce loup était parvenu à tuer des gazelles connues pour leur rapidité, ainsi qu’un mâle oryx paranoïaque, c’était pas un adversaire à prendre à la légère.

    De la lumière orangée parvint des profondeurs de la mine abandonnée. Damiq pensait que le nain faisait usage de sa magie. Il devait sans doute avoir trouvé la bête qu’il traquait. Et celle-ci n’avait pas l’intention de se rendre dans combattre.

    Damiq se retrouvait aux prises avec un type armé d’un bouclier qui le faisait reculer vers l’entrée de la mine. Il entendit des os craquer suivi de hurlement de loup se transformant en ceux d’un humain. L’homme implora la pitié tout justifiant qu’il voulait seulement aider. Mais visiblement, il avait eu le malheur de tomber sur un nain en pétards qui n’était pas d’humeur à l’épargner.

    L’hybride parvint à repousser l’homme au bouclier dans un effort. C’est alors que Kérémir remonta, il tenait dans sa main la tête d’un homme qu’il avait décapité. Il avait l’air d’un gars ordinaire, pourtant il s’était vu comme le prédateur ultime et avait semé la terreur parmi les antilopes du coin et privé les prédateurs locaux de nourriture. Ils auraient put s’en prendre également au bétail. Ce que semblait oublier ces fermiers refusant toute concurrence pour les pâturages. Aussitôt les échauffourées se stoppèrent. Surtout quand Kérémir frappa sur son bouclier et envoya une onde flamboyante qui embrasa l’arbre qui indiquait la cachette du défunt lycanthrope.

    Il déclara que celui qu’ils soutenaient n’était plus. Ils en avaient la preuve sous leurs yeux. Désormais, c’était terminé. Si le puissant lycanthrope avait échoué, ils ne pourraient pas gagner face au nain, même si celui-ci semblait avoir été éprouvé par ce duel. Sans parler des oryx qui étaient encore présents.


    - Vous avez faits ça pour des antilopes ?

    Damiq rejoignit les oryx.

    - Pour ma part, à cause de cette bête, on était menacés, on ne pouvait plus circuler en paix. Et on ne parlait pas de quelques prédateurs chassant occasionnellement quelques antilopes… Sans parler qu’il considérait les herbivores comme des êtres inférieurs. C’est pas parce qu’on est pas obligés de tuer pour se nourrir qu’on vaut moins que vous…

    Il fit un signe de tête à Kérémir pour qu’il invoque ses raisons à lui. Il chassait les adorateurs des Titans. Et ce type avait été l’un d’eux. Damiq ne savait pas grand-chose de ces êtres qui se disaient divins. Mais il avait un mépris tout particulier des individus violents qui usaient de leur force et de leur brutalité pour imposer leur loi aux autres et en faire de simples jouets dont ils disposaient, sur lesquels ils avaient doit de vie et de mort. Donc inutile de dire qu’il avait du mal avec ceux qui adoraient des êtres méprisant les mortels. Il y voyait une certaine incohérence.

    - Mon camarade chasse les nostalgiques des Titans et votre copain avait le malheur d’adorer les Titans…

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  • Dim 18 Juin - 23:48
    Vous avez fait ça pour des antilopes ?

    A nouveau, cette phrase était lancée à l'attention du nain fatigué, comme si le monde incrédule cherchait à lui imposer ses motivations. Ou alors était-ce là simplement l'étroitesse d'esprit des gens du coin ? Quoi qu'il en soit, ils avaient déjà jugé les motifs de Kérémir et ne parvenaient pas à se l'expliquer. Et d'un côté, ils n'avaient pas entièrement tort de se poser la question. Qui était-il pour batailler pour le sort de quelques antilopes alors qu'il était lui-même un chasseur ? Qui était-il pour aider de parfaits inconnus à se défaire de leurs problèmes ? Qui était-il pour décider du droit de vie ou de mort de l'un des villageois ? Aux yeux du nain, la réponse était pourtant simple.

    Je me contrefiche de vos antilopes, si je suis venu, c'est pour éviscérer une pourriture de plus qui hante le Reike. Vos problèmes, c'est pas les miens, tout ce que je sais c'est que cette raclure adorait des bourreaux et tuait en leur nom. Chassez les vous-mêmes vos antilopes au lieu de vous reposer sur une aberration, et peut-être que vous apprendrez à vous battre parce que c'est affligeant ce que je vois.


    Il aurait pu leur parler des paysans et des voyageurs terrifiés qui subissaient le joug voilé du défunt lycanthrope, il aurait pu leur parler des méfaits de la peur sur la stabilité d'une société, de la honte qu'ils devraient éprouver pour avoir cautionné un tel individu, de leur propre lâcheté pour se cacher derrière lui plutôt que de prendre leur sort en main. Il aurait pu parler de bien des choses, mais il n'était pas politicien, il n'était qu'un nain aigri et fatigué, et il n'avait aucunement l'envie de se disputer avec des abrutis de campagnards. S'ils avaient des choses à redire, qu'ils viennent à lui, que les lames parlent plutôt les esprits.

    Et un fermier téméraire tenta effectivement de s'en prendre au nain, lui courant dessus en beuglant comme un chien enragé, avant d'être accueilli un coup de bouclier qui l'envoya valser plusieurs mètres en contrebas. Et histoire de bien enfoncer le clou, Kérémir envoya une salve de feu lécher l'herbe à quelques centimètres de sa tête avant de proférer :

    Approchez, il y en aura assez pour tout le monde si vous tenez vraiment à mourir.


    La démonstration de force et l'injonction finirent de décourager les derniers paysans, qui prirent leurs jambes à leur cou sans demander leur reste. Il ne restait plus qu'une vaste champ de bataille vide devant Kérémir, et il alla s'asseoir au pied de la colline avant de lâcher un soupir.

    Aaaaaaaah... décidément je comprendrai jamais comment les humains arrivent à accepter ça. S'ils avaient vécu plus proches de Shoumeï ils sauraient ce que c'est vraiment les Titans. Mais non, il y a toujours des tocards pour les vénérer et invoquer leurs monstruosités. Cette chasse ne se finit jamais, entre les monstres et les hommes cinglés c'est à croire que tout le Reike est condamné.

    Kérémir se permettait de râler, il savait que son travail ici ne serait pas reconnu à cause de la nature des hommes, et ça le frustrait de voir que des partisans des Titans étaient présents aussi profondément dans le Reike alors que l'Empire leur avait fait la guerre. Mais ainsi va le monde, si le nain espère un jour purifier les terres de la racaille qui la souille depuis la tombée du cataclysme, il se doit de continuer, jusqu'à ce que le monde le brise ou que le dernier des monstres soit abattu, et le nain était résilient.

    Oy, Damiq, je compte pas rester ici, il y a des chances que ces fous furieux reviennent où fassent un truc stupide dans pas longtemps, et de toute façon mon travail est terminé. Je dois aller à Taisen, si tu veux tu peux m'accompagner un moment, mais dépêche toi de choisir avant que je ne change d'avis, je compte pas m'attarder.

    Le nain ramassa ses affaires. La première chose qu'il comptait faire ce serait de trouver un ruisseau pour enfin se débarbouiller, et puis de trouver un coin tranquille le long de la route pour souffler un coup. Cette aventure avait été éprouvante et même s'il comptait faire un bout de chemin avant de se reposer pour mettre le plus de distance possible entre lui et ce village de maboules, il était tout de même exténué et un peu de répit lui ferait le plus grand bien.
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  • Lun 19 Juin - 21:23
    Sauver les antilopes du Reike !
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    On disait que le Reike possédait la meilleure armée, notamment avec le service militaire obligatoire préparant chaque homme à être un minimum compétent au combat. En tout cas, avec la bande de branquignoles qui galéraient contre des oryx, on pouvait en douter. Pas étonnant qu’ils aient eu besoin du loup adorateur des Titans. Kérémir l’avait bien souligné et Damiq ne lui donnait pas vraiment tort. Ensuite, il n’était pas le mieux placé pour juger étant donné qu’il n’avait pas fait de service militaire. Et pour être honnête, ça ne lui manquait pas vraiment. Il n’avait jamais été un grand adepte de la politique guerrière et de conquête.

    L’hybride avait quand-même remarqué que si des villageois refusaient de dénoncer le lycanthrope, c’était également par peur des représailles. Déjà qu’un guerrier chevronné comme le nain avait été éprouvé par cette créature. Inutile de dire que les villageois du coin auraient sans doutes eu des difficultés avec celui-ci. Même Damiq ne s’était pas senti prêt à affronter seul cette bête. Mais au moins, le lycanthrope n’était plus. Ils n’auraient plus à vivre dans la crainte. Et s’ils voulaient chasser, rien ne les en empêchait. Peut-être qu’ils auraient même eu plus de viande en ramenant leurs proies au village, sans parler des os, des cornes, peau et sabots pouvant servir dans l’artisanat. Damiq savait de quoi il parlait. Les rares fois où il mettait à mort une bête, il faisait en sorte de ne rien laisser par respect pour celui-ci. Car tuer n’avait rien d’anodin selon l’oryx. Cela aurait été infiniment plus respectueux.


    - Il n’a pas tort, vous auriez put chasser vous-mêmes vos proies. Vous auriez eu plus de viande vu qu’il ne les dépeçait que partiellement, donc il ne vous en donnait qu’un peu en réalité. Sans parler des os, peau et autre qui vous aurait servi pour l’artisanat. En tant que proie, je trouve ça infiniment plus respectueux que de laisser pourrir ma carcasse.

    Sur ces pensées, il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir un peu gêne pour l’hippotrague qui avait attaqué Kérémir. Mais à ce moment-là, ils étaient dans l’urgence, et au moins son corps avait nourri les charognards. Sans parler que le nain cherchait à se défendre contrairement au lycanthrope.
    Certains ne semblaient pas encore totalement calmés, et un fermier encore déterminé se jeta sur le nain, mais celui-ci l’envoya valser avec son bouclier avec le même résultat que s’il s’était pris à une des femelles oryx encore présentes. Il eu en bonus une gerbe de feu à quelques centimètres de son visage histoire de lui rappeler que le robuste barbu ne plaisantait pas. Puis le reste des paysans décampa sans demander son reste. Les animaux, eux s’étaient aussi éloignés, bien que restant dans les parages, ils maintenaient une distance de sécurité et montraient une attitude méfiante mais ne cherchant pas vraiment la bagarre, mais plutôt une fuite d’urgence en cas d’attaque.

    Le nain soupira se lamentant sur le fait que des humains puissent vénérer des êtres qui les méprisaient et les voyaient comme de misérables insectes. Damiq était bien d’accord avec lui.


    - Du peu que je sais sur les Titans, ça donne pas envie. Puis perso, des types qui se servent de leur force pour écraser plus faible qu’eux, j’appelle ça des minables et ils me débectent au plus haut point. En tout cas, j’espère que vous réussirez à trouver les paix, enfin, que le Sekai dans son ensemble puisse la trouver… Même si ça risque d’être très long… Moi aussi j’ai encore du mal à accorder ma confiance aux humains… Enfin des gens comme Zab prouvent que tout n’est pas perdu…

    Autant finir sur un peu d’espoir. Car se morfondre n’était pas non plus la solution. Ce monde était pourri, mais il fallait malgré tout vivre et il y avait quand-même de bonnes choses qui valaient le coup de vivre.

    Finalement, vint le moment des adieux. Kérémir allait vers Taisen, Damiq avait prévu de partir pour Sable d’Or. Le trajet serait long, mais il avait tout son temps.


    - J’imagine que c’est ici que nos routes se séparent. J’ai encore une dernière chose à faire avant. Puis je vais prendre mes chemins habituels.

    Ainsi, les chemins se séparèrent. Damiq observa d’un air triste la dépouille de l’oryx tuée par les villageois. Le reste du troupeau le rejoignit quelques instants plus tard avec Zab parmi-eux. Il décida de l’enterrer un peu plus loin de l’endroit où ils avaient combattu les défenseurs de la bête. Ils devaient se dépêcher. Car comme l’avait dit Kérémir, ils ne devaient pas trop s’attarder. Et Damiq avait lui aussi envie de s’éloigner de ce village. Tandis qu’ils s’éloignaient de l’endroit où ils avaient enterré la défunte, ils remarquèrent des vautours tourner autour de l’endroit où le lycanthrope était tombé et où son corps reposait encore.

    Sur le chemin, Damiq remarqua les lycaons. Ils avaient assisté à leur combat contre les villageois et ça les avait refroidit d’attaquer les herbivores. L’un d’eux reconnût l’hybride qui leur avait parlé.


    - Vous avez tué le loup bipède ?
    - Oui.
    - On va pas trop le pleurer, à cause de lui, on avait de moins en moins à manger. Les antilopes vont revenir ?
    - Je pense pas de si tôt. Le village est pas mal sur les nerfs, et à mon avis, vous devriez vous éloigner aussi quelques temps. Vous risquez aussi de vous manger des représailles au moindre problème avec un mouton, même si vous n’y êtes pour rien.

    Le message passé, Damiq reprit sa route. Et il quitta enfin le territoire du défunt Borgne. L’oryx poussa un soupir de soulagement. Enfin il quittait ce village de fous qu’il comptait éviter pendant un long moment.

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