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    Le feu de Kazan, une magie fascinante [FT Cyradil] - Page 2 JvNj4PH
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    qui suis-je ?:
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  • Sam 29 Juil - 16:41
    Les festivités battirent leur plein au retour de l’expédition. Cyradil était plutôt réservée sur cela et était restée en retrait en ne s’accordant que de brèves interactions avec les membres d’équipage et le capitaine. Certains la remercièrent de son implication et ce dernier proposa même de restituer une partie de la somme investie, s’en voulant de ne pas avoir pu protéger la noble comme il le fallait. Evidemment, Cyradil refusa et répondit simplement qu’il s’agissait d’un risque à prendre en compte et qu’elle ne le tenait pas responsable. Bien que n’ayant pas besoin physiquement de dormir, la jeune forgeronne mit la nuit à profit pour récupérer son essence magique. Même en étant une liche, il lui fallait des moments de repos où elle n’utilisait pas ses pouvoirs afin que son mana puisse se recharger.

    Le lendemain, la petite troupe se mit en route pour retourner à Ikusa. Malgré les taxes, la quantité de bois récupérée était plus que satisfaisante et largement suffisante pour leur projet commun. Afin de conserver l’arbre des températures ardentes du désert, l’on avait fait en sorte de le recouvrir afin de le plonger dans l’obscurité. Cyradil y avait adjoint sa magie de givre afin de créer un environnement de conservation et de préserver la qualité du bois. Mettant à profit le temps jusqu’au retour à Ikusa, la jeune femme s’occupa de traiter les blessures de son camarade nain. La tâche fut facilitée par l’étonnante capacité de régénération que Kérémir possédait. En effet, une partie des blessures présentes la veille s’étaient refermées d’elle-même. Exploitant donc ce pouvoir, elle le coupla à sa propre magie de soin et à un peu de repos afin de guérir les bras meurtris de son compagnon de voyage.

    Maintenant qu’ils étaient seuls dans la caravane, Kérémir lui posa donc la question que tout le monde lui posait lorsque Cyradil exposait sa véritable nature. Si elle l’essayait de le cacher en temps normal, la jeune blonde ne cherchait pas à mentir une fois la vérité dévoilée. Ce n’était pas tant qu’elle avait peur que son secret soit découvert mais surtout qu’elle soit incomprise si cette information se répandait à grande échelle. De nature prudente et beaucoup plus faible qu’auparavant, Cyradil préférait ne pas s’exposer sauf en cas de danger, comme ce fut le cas pendant leur expédition.

    « C’est bien cela. Pour être exact. Je suis une ancienne humaine qui s’est transformée en liche. Contrairement à ce que vous avez probablement rencontré, les liches ne sont pas soumises à l’influence du titan de la mort X’o-rath et sont totalement libres de tout joug. C’est ce qui fait que le sentiment de peur à leur égard s’en trouve accru. Vie éternelle, pas de faiblesses connues et surtout aucune contrainte physiologique. Nombreux sont ceux qui recherchent les secrets de la non-vie mais peu y arrivent. Aujourd’hui, on ignore encore beaucoup de choses sur ces entités autonomes et croyez-en mon expérience, c’est tant mieux. »

    Ses yeux bleutés se reportèrent sur Kérémir mais ils étaient contrastés par un sourire doux et une personnalité avenante. La forgeronne reprit :

    « Cela a créé beaucoup de mythes autour de ces créatures. Beaucoup pensent que ce sont des entités purement maléfiques mais il n’en est rien. De ce que je sais, nous conservons la majorité de nos souvenirs humains ainsi que notre personnalité. Je pense que se transformer en liche ne vous rendra pas plus maléfique si vous l’étiez déjà dans votre vie passée. Après, peut-être que je me trompe. Je n’ai essayé que sur moi-même après tout…avec plus ou moins de succès d’ailleurs. »

    Il n’y avait que son entourage proche qui était vraiment au courant. Ses amis ainsi que quelques rares personnes ayant eu la chance (ou la malchance) de rencontre un jour une liche. Pour le reste, on la prenait juste pour une jeune humaine aveugle ou alors elle disait qu’elle était photosensible et que le voile sur ses yeux l’aidaient en partie à filtrer les rayons du Soleil.

    « Ce que vous avez vu sur le bateau n’est qu’une infime partie du pouvoir que je possédais jadis. Le rituel de la non-vie auquel je me suis soumise ne s’est pas passé aussi bien que je le voulais. En passant près de la mort, le réceptacle que j’avais construit pour mon âme s’est brisé et cette dernière s’est fragmentée. Lorsqu’elle a réintégré mon corps, j’ai été dépourvue de toutes les connaissances magiques que j’avais mis des décennies à accumuler. Si j’avais acquis le secret de l’immortalité, j’ai du payer un lourd tribut. »

    La jeune blonde ouvrit sa paume et manifesta le complexe pouvoir de l’Ombregivre. Une petite boule, occupant la totalité de la paume qui fit légèrement baisser la température dans la caravane ainsi que sa luminosité.

    « Alors que je me pensais dépourvue de pouvoirs, ils ont commencé à se remanifester. De manière lente et dans un ordre que je m’efforce de comprendre. Après quelques recherches, j’ai découvert que j’étais incapable d’apprendre la moindre magie tant que la totalité de mes fragments d’âme ne me seraient pas revenus. A la place, j’en récupère au compte-goutte et d’après mes propres archives, j’en avais…énormément. A l’heure actuelle, je n’ai récupéré aucun sortilège d’envergure et je ne dois ma victoire précédente qu’à l’inexpérience de mon adversaire. J’ignore combien de temps cela prendra avant que je me sente complète mais cela prendra sans doute plusieurs décennies. D’ici là, j’espère pouvoir récupérer des atouts qui me permettront de faire face à des plus grands dangers. »

    Cyradil était franche et racontait tout sans détour à son interlocuteur. Il y avait également la raison qui l’avait poussée à effectuer ce choix mais pour l’instant, cela ne semblait pas être ce que Kérémir cherchait à savoir.

    « Ecoutez, je suis prête à répondre à toutes vos questions mais je vous demanderais juste de ne pas ébruiter ce à quoi vous avez assisté hier concernant le fait que je sois une liche. Si je me suis exposée ainsi, c’est surtout parce que je ne pouvais pas regarder ces hommes se faire tuer sans agir. »

    Malgré sa transformation, Cyradil avait conservé toute sa compassion envers les citoyens. C’était avant tout une soigneuse du FMR et en ce titre, son rôle était de faire en sorte que les gens survivent aux batailles. Il ne s’agissait pas d’une menace mais simplement d’une requête dont elle apprécierait l’acceptation de son ami nain. Cela lui éviterait bien des problèmes dans le futur.[/color]


    Le feu de Kazan, une magie fascinante [FT Cyradil] - Page 2 Cyradi15
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  • Mar 1 Aoû - 18:35
    Un temps infini sembla s'écouler entre la fin de sa phrase et la réponse. Le bruit régulier des pavés écrasés par les roues de la caravane s'étaient étouffés, les oiseaux à l'extérieur avaient arrêté de gazouiller, l'air imprégné de givre et de sable s'était figé net, même les battements de son cœur s'étaient tus dans l'attente de la révélation. Il n'y avait que ses yeux fixés sur le voile qui continuaient tant bien que mal à fonctionner, scrutant avec attention le visage de la dame. Derrière le voile, il n'y avait aucune sorte de malice ou de noirceur, il n'y avait que le calme qu'il associait depuis le premier jour à Cyradil. Et la réponse vint enfin, aussi intangible et tranquille que si elle lui avait raconté une anecdote. Il avait vu juste, c'était bien une liche qui se tenait face à lui, mais contrairement à toutes les manifestations de la non-mort qu'il avait pu croiser... et réduire en poussière dans sa vie, même parmi celles douées de volonté propre, aucune forme d'hostilité face aux mortels ou même de rancœur quelconque n'émanait d'elle. C'était une anomalie pure et simple dans le canevas du monde que Kérémir pensait avoir compris, une découverte déroutante qui venait de se confirmer sous ses yeux.

    La liche voilée profita de son manque de réaction pour expliquer plus en détail sa condition. Et à vrai dire, Kérémir ne savait pas grand chose des liches, il n'en avait croisé qu'une seule auparavant, le reste étant des invocateurs bien vivants entourés de créations impies. Mais les préjugés avaient la peau dure, quel dessein autre qu'un désir de nuire aux vivants pouvait-il bien animer ces créatures redoutables issues de la magie contre-nature de X'o-rath ?

    La recherche du savoir et des secrets du monde, libérée de la contrainte des lois de la nature, telle fut la motivation sous-entendue que le nain parvint à déterminer. Motivation... Ou plus exactement obsession si elle était allée jusqu'à payer le prix ultime. Peut-être qu'au fond, qu'elles soient mauvaises ou non, toutes les liches se ressemblaient sur ce point, et ce n'était que le résultat d'un tabou plus ou moins sévère qui détournaient la plupart des esprits de s'intéresser à de telles possibilités. Entre deux explications, le nain se contenta de joindre ses deux mains et de se pencher en avant, accoudé sur ses genoux. Les soins avaient été efficaces d'ailleurs, il avait récupéré le contrôle de ses membres et la douleur était enfin partie.

    - Et dire que ça fait à peine deux ans, si on m'avait dit que je finirais par m'allier avec des hybrides et une liche j'y aurais jamais cru. (soupir) On se rendait pas compte à l'époque.

    Cyradil dériva ensuite sur les origines et les subtilités de sa situation actuelle. Les détails ne l'intéressaient guère et il n'était de toute façon pas assez érudit pour comprendre tous les aspects de la magie utilisée ou les effets secondaires subis, mais sa relation nouvelle à la magie suscita néanmoins son intérêt. La maîtrise des arcanes serait liée à l'âme et la transformation aurait diminué Cyradil à cause d'un imprévu ? C'était très différent de ce qui lui-même avait toujours appris de la magie. Son éducation avait toujours porté sur la relation entre le corps, l'esprit et l'élément que l'on voulait dompter, le feu dans son cas à lui. Pourquoi serait-il question d'âme ou d'un autre concept abstrait ? Et si elle était réellement dans le vrai, même en supposant qu'elle parvienne à récupérer l'ensemble de son âme, pouvait-elle encore évoluer maintenant qu'elle échappait à l'ordre naturel des choses, ou demeurerait-elle figée dans le temps jusqu'à ce que le lien artificiel entre sa psyché et son corps se brise pour de bon ?

    Le monologue se termina sur une requête, quelque chose de terriblement simple et pourtant si lourd de sens, garder le secret. Car même si les arts sombres de la nécromancie n'avaient pas consumé sa supposée bonté de jadis, elle n'était pas ignorante. Elle savait que cette volonté égoïste de subsister par tous les moyens, dusse t-elle être condamnée par la société, n'était pas quelque chose dont elle pouvait se vanter, toute la bonté du monde ne saurait racheter cet acte.

    Était-ce là quelque chose que Kérémir pouvait laisser passer ? Il l'avait vu de ses yeux qu'elle ne désirait pas le mal, mais il y avait beaucoup de questions en suspens, et avec l'éternité devant elle, elle représentait un danger inconnu, un potentiel désastre dormant qui ne se manifesterait que bien après que le nain ait lui-même trépassé. Et pourtant, qui était-il pour décider du droit de vie ou de mort ? Oh oui il avait tué nombre de créatures perfides, dont certaines douées de raison et même rattachées à la société reikoise, mais il n'avait jamais pris une vie sur une simple supposition, aussi sinistre qu'elle puisse être.
    Il pesa longtemps le pour et le contre, sur ce qu'il estimait devoir faire, et ce qu'il voulait faire.

    ... - Aussi longtemps que je pourrai compter sur cette franchise, parole de nain que je piperai pas mot de cette histoire, j'ai aucun droit sur la vie d'un autre tant qui a rien demandé. Et puis quelque part, le plus important est juste de savoir. Si le jour vient où je dois vous renvoyer dans l'autre-monde, je le ferai, mais ce sera pas avant. Maintenant passons à quelque chose de plus... palpitant. Le nain se redressa sur la banquette où il était assis. Vous avez parlé d'âme et de magie, c'est pas comme ça que j'ai appris.

    Il inspira profondément pour illustrer son propos, crispant sa main gauche et d'y générer une petite flamme dansante qui disparut quelques instants plus tard, de peur de mettre le feu à la caravane.

    - A la base c'est pour ça que je suis resté non ? C'est le moment de revenir dessus. Ce que j'ai appris quand j'étais petiot, c'est que le cœur chaud de la montagne vivait au fond de chacun de nous, et qu'on pouvait le manifester avec suffisamment d'entraînement. Manier les flammes, c'est devenir les flammes, c'est accepter cette chaleur qui brûle en moi et lui donner vie. Le reste c'est que de la pratique. J'ai appris à manier la hache quand j'étais môme, les flammes ont appris à suivre son sillage. J'avais besoin d'une lame plus efficace que le fer, c'est le feu qui est devenu ma lame. Les sortilèges chez nous ça existe pas, ce qu'on veut faire, on le voit dans notre esprit, et à force d'entraînement on apprend à notre corps à lui donner vie, de la plus petite lueur au plus grand brasier.
    Ce que je veux vraiment savoir maintenant, c'est cette histoire d'âme à laquelle j'ai pas pigé grand chose.
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    Cyradil Ariesvyra
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  • Mer 2 Aoû - 16:39
    Kérémir était un homme de parole. Elle le sentait. Autrement, cela ferait longtemps qu’il aurait quitté la caravane ou qu’il lui aurait sauté dessus. Il avait vu comment Cyradil avait combattu auprès des marins. Malgré un corps de mort-vivant, les sentiments de la liche restait encore bien humains. Cette transformation lui avait appris beaucoup de choses, notamment à écarter les lourds préjugés que l’on attribuait généralement à ceux qui avaient réussi à percer le secret de l’immortalité. Pour l’instant, Cyradil n’avait d’ambition que de retrouver ses pouvoirs perdus. Certes, il était question de retrouver une certaine forme de puissance mais là encore, il s’agissait surtout de se protéger ou de les utiliser pour aider son prochain.

    « Vous savez, Kérémir, si mon cœur était animé de sombres desseins, je les aurais mené à bien durant ma précédente vie lorsque j’étais au summum de mes capacités. Je n’aspire pas plus à nuire au monde même avec le pouvoir de l’immortalité acquis. Ce serait dommage de me mener à ma propre perte après avoir travaillé pendant des années pour acquérir ce que je convoitais. »

    Et encore, si elle lui expliquait la principale motivation de sa transformation, le nain penserait sans doute que la blonde se moquait de lui. A force de plonger son nez dans les bouquins, Cyradil avait simplement oublié de vivre sa vie. Alors à l’apogée de ses connaissances arcaniques, ce n’est qu’au déclin de celle-ci qu’elle s’en était rendue compte. Maintenant que Cyradil avait toute l’éternité devant elle, la jeune blonde voulait surtout en profiter. La forgeronne se rendit bien compte qu’elle était restée très lacunaire sur ses explications, donnant au nain un récit global des faits. C’est que la jeune femme ne savait pas vraiment ce qui l’intéressait là-dedans et elle le laissa donc tout naturellement poser ses questions. Sa façon de concevoir la magie était assez typique de ceux qui essayaient d’expliquer la magie lorsqu’ils échouaient à y mettre des mots simples. La liche avait passé des décennies à étudier les arcanes complexes de la magie et avait depuis bien longtemps dépassé ce genre d’affirmations sans réelle preuve.

    « C’est assez complexe à expliquer mon cher Kérémir. Je vais tâcher de vous résumer pas moins de sept décennies de recherche alors j’espère que vous êtes bien installés, la discussion risque d’être longue. Aussi, considérez que mon hypothèse n’est pas une conclusion gravée dans le marbre. Le monde de la magie est si complexe que le réduire à quelques théories serait très réducteur. »

    Elle observa le feu qui crépitait dans la main du nain. Cyradil se savait capable de reproduire une telle magie un jour mais dans l’instant présent, son esprit se refusait à ne serait-ce que comprendre comment manifester cette chaleur de ses mains. Ses anciennes connaissances étaient scellées quelque part entre deux mondes et celles-ci reviendraient selon leurs bons vouloirs sans que la liche n’ait aucun contrôle là-dessus.

    « Je pense que chaque être nait avec de la mana informe. Malléable en une multitude de magies qui se définissent au fur et à mesure du développement de l’individu. Certains suivent la voie du guerrier, de l’érudit, de l’assassin ou d’autres vocations similaires. Son apprentissage et ses choix définiront cette mana et la façonneront en quelque chose qui sied à l’individu. Par exemple, avez-vous déjà pensé à essayer de manipuler une autre forme élémentaire que celle du feu ? L’on vous a inculqué que le feu de la montagne brûle en vous et donc votre mana s’est façonnée de sorte à adopter la volonté du feu. De malléable, elle s’est rigidifiée à la manière d’un bloc de magma tout droit sorti du cœur de votre chère montagne. Le feu était sans doute donc une sorte d’affinité primaire pour vous. Sans doute la seule d’ailleurs.»

    Elle manifesta ensuite une sphère de glace dans sa main gauche, la faisant doucement tournoyer dans sa paume. « En revanche… ». Conjointement, la liche manifesta une sphère d’ombre dans sa main droite, tout aussi harmonieusement.

    « Certaines manas restent malléables même après l’acquisition d’un ou plusieurs éléments. Bien sûr, plus l’on en apprend et plus il est difficile d’en acquérir davantage. Certains sont capables de prouesses hors normes, manipulant un panel d’éléments très variés. Ce sont les mages élémentalistes. »

    Elle continua à faire tournoyer ses sphères, les rapprochant doucement l’une de l’autre.

    « Pour en revenir à votre question, je dirais qu’il s’agit là de l’explication la plus plausible au vu des faits. Le réceptacle était trop faible pour accueillir une âme aussi puissante que la mienne. Il s’agit d’une essence qui habite chacun des êtres qui peuplent cette planète et celle-ci est censée s’en aller dans le Royaume des Ames après le trépas de l’individu. Je pense que celle-ci stocke une partie de notre pouvoir, autrement les nécromanciens ne pourraient jamais ressusciter des entités puissantes. Mon âme s’est brisée avant de réintégrer mon corps, laissant tout ce que j’ai acquis durant toute une vie derrière moi. Cependant, n’étant pas entière, je suppose que celle-ci erre entre les deux mondes, essayant de se frayer un chemin pour me revenir. Voyez cela comme une blessure que j’aurais et que je mettrais longtemps avant d’en guérir, une fois que tous les fragments me seraient revenus. Je pourrais me réveiller demain et me retrouver soudainement à être aussi compétent que vous à générer des vortex de flammes. »

    Cyradil ne comprenait pas tout de sa condition. Elle en apprenait chaque jour tandis que des fragments de sa magie lui revenait ainsi que tous les souvenirs associés. La liche avait encore tant à raconter au nain si celui-ci le désirait mais elle était curieuse d’entendre son opinion sur la question. En tout cas, elle était déjà heureuse que Kérémir ne trahisse pas son secret et comme lui, la jeune blonde continuerait de lui faire confiance jusqu’à preuve du contraire.

    « Quoi qu’il en soit, je n’ai pas fini de me surprendre moi-même. En fait, je pense qu’en côtoyant certaines personnes, possédant certaines capacités, j’ose espérer pouvoir influencer la manière dont mes pouvoirs me reviennent. Mais là encore, il ne s’agit que d’une hypothèse. » Finit-elle, toujours en observant ses sphères de magie.


    Le feu de Kazan, une magie fascinante [FT Cyradil] - Page 2 Cyradi15
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  • Lun 7 Aoû - 15:07
    Le dessein premier de la quête d'immortalité n'était pas forcément mauvais, les motivations changeaient souvent avec le temps, mais c'était là tout le problème de cette réflexion. Cyradil avait beau avoir une position ferme sur son caractère, mais face à l'immensité de l'éternité, c'était une réponse au mieux naïve. Même dans sa courte vie Kérémir avait pu changer d'opinion, radicalement même. Il était bien devenu un chasseur chevronné alors qu'il n'aspirait qu'à la tranquillité de sa demeure et la perpétration de son art, et il pourrait y retourner aujourd'hui s'il le voulait vraiment, mais ses aspirations n'étaient plus les mêmes. Si sa passion brûlait toujours, sa haine des Titans était bien plus ardente encore.

    Et quelle erreur il avait commis en reportant son attention sur le savoir de Cyradil, il aurait du se douter qu'elle partirait en longues explications théoriques accompagnées de son expérience personnelle. De ses propres dires, sept décennies de travail avaient été englouties à ce but. C'était plus que le nombre d'hivers que Kérémir avait vu passer de son vivant, des hivers entièrement consacrés à la recherche des secrets ésotériques du monde. Elle était si dévouée à son travail qu'elle n'aurait pas à pâlir devant les nains les plus forcenés qu'il ait pu connaître. Que sa magie forgée dans l'âtre du vécu puisse l'intéresser était un honneur, car ça voulait dire que le peuple kazanais avait poussé sa maîtrise dans des directions insoupçonnées des érudits les plus acharnés. Même s'ils étaient primitifs, ils avaient créé quelque chose d'unique, quelque chose qui leur survivrait après qu'ils aient été balayés par le passage inéluctable du temps.

    Suivirent des élucubrations sur la nature de la mana, supposément une forme d'énergie qui octroierait à chaque individu le potentiel de dépasser ses simples limites mortelles, énergie qui serait liée à l'âme et... C'était dur à suivre pour le pauvre nain, mais il comprit en gros que l'éducation des siens confondait âme et esprit, et attribuait sans comprendre les justifications aux mauvais concepts, non pas que ce soit terriblement dérangeant, ils étaient toujours capables d'inculquer leur savoir de manière efficace aux jeunes et de créer de grandes choses capables de faire jalouser leurs cousins souterrains, mais face à des érudits versés en théorie magique, ils étaient bien loin du compte.

    Et donc la raison pour laquelle Cyradil était devenue aussi faible serait liée à la fragmentation de son âme lors de sa transformation, avait-elle uniquement perdu de sa puissance ou d'autres choses avaient-elles également dérivé au delà du voile physique ? - Je vais pas prétendre que ce que je sais ce qui se passe après la tombe, mais à votre place je m'inquiéterais des fragments encore perdus. S'il y a une chose que je sais de la nécromancie, c'est qu'elle demande pas son avis aux morts avant de les utiliser, surtout qu'il y a peut-être plus que de l'énergie qui traîne.

    Il préféra ne pas aller plus loin, son esprit de paysan n'avait pas grand chose de constructif à offrir et il parlait avec un degré de connaissance plus que ténu. Si Cyradil était confiante, grand bien lui fasse, mais ce n'était pas lui qui pourrait l'aider avec des arcanes pareilles. En revanche, là où il pouvait se montrer utile, c'était avec ce qu'il avait pu sauver de ses parchemins. Nombre d'hypothèses, d'expériences et de conclusions à éprouver en bonne et due forme avec leur cargaison. Prenant congé de sa patronne temporaire, il finit le trajet du retour dans les caravanes à essayer de retrouver les éléments les plus prometteurs et à compiler tant bien que mal ce dont il se souvenait pour les travaux à venir.

    Cette besogne fastidieuse, rythmée par les rebonds des roues sur les aspérités de la terre et les pavés quand il y en avait, occupa Kérémir pratiquement jusqu'au retour à Ikusa. Il ne réapparut d'ailleurs à l'avant du convoi que quelques minutes avant l'annonce des sentinelles qui voyaient les murailles ensablées au loin. Dans la fournaise qu'était la caravane de transport, il s'était éreinté à compléter ses rouleaux, non sans y apporter plusieurs ratures et pattes de mouches à cause des conditions rocambolesques du voyage. Nul doute qu'il faudrait en réécrire une partie une fois les propriétés clairement établies à la forge, et qu'il faudrait les transcrire au propre avec un scribe compétent, mais c'était un cadeau qu'il comptait laisser derrière lui. Lui s'en souviendrait, mais ces connaissances seraient une référence utile pour les ouvriers peu familiers avec cette ressource rare qu'était l'arbre marin.

    Il retourna donc à la caravane de tête avec ses rouleaux sous le bras pour en exposer brièvement les détails à Cyradil avant qu'ils n'atteignent les portes.

    - Bon, c'est pas super bien écrit, mais là-dedans il y a tout ce que j'ai pu conclure sur notre cargaison. Il y a des choses qu'on savait déjà et des questions à vérifier, mais une fois qu'on aura fini, vous pourrez le donner à vos gars ou quoi, je pense que ça vous sera utile quand je serai reparti. Mais avant tout, on a une commande à boucler et pour ça une bonne nuit de sommeil me fera pas de mal. J'ai le derche en compote après avoir passé mon temps là-derrière, je recommande pas. Je vous laisse livrer la cargaison, vous devriez pas avoir de problèmes maintenant qu'on est là.
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    Cyradil Ariesvyra
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  • Lun 7 Aoû - 16:58
    C’était plutôt amusant de voir Kérémir s’inquiéter de la sorte de la liche. Elle-même ne savait pas ce qui se passait au-delà de la mort mais elle en connaissait quelque chose sur le sujet de la nécromancie. Si ses fragments étaient perdus quelque part entre les mondes, elle savait néanmoins que les utiliser dans un usage nécromantique était impossible. Ses archives ne mentionnaient aucun pouvoir capable de tirer parti d’une âme déconstruite. D’autant plus que personne ne savait où ce savoir s’en était allé et qu’il cherchait systématiquement à lui revenir coûte que coûte. Néanmoins, elle respectait beaucoup l’humilité du nain qui reconnaissait son manque de connaissance concernant l’essence même de la magie. Ayant satisfait sa curiosité, les deux compagnons décidèrent donc de clore le sujet et de revenir à la raison principale qui les avaient mené dans ce périple. Le nain lui confia alors les manuscrits qu’il avait pu élaborer durant leur traversée ainsi que toutes les observations qu’il avait du faire sur l’arbre marin.

    « Je prendrais soin d’étudier tout cela en détail. Reposez-vous le temps qu’il vous faudra. J’ai remarqué que vous possédez une capacité régénérative au-delà de la normale donc je ne doute pas que vous aurez vite retrouvé vos pleines capacités. Mon client saura se montrer conciliant lorsqu’il apprendra pour notre périple. »

    Car oui, un bateau aussi imposant qui revient à quai aussi endommagé dans l’un des plus grands carrefours commerciaux maritimes de l’Empire ne manquerait pas de faire parler la presse locale. Cyradil laissa donc Kérémir se retirer et continua le voyage esseulée dans la caravane de tête, scrutant les écrits du nain. Elle y constata notamment que la plupart des descriptions qu’on faisait de l’arbre marin était fondé. Du peu qu’elle ait vu de la cargaison au moment du chargement, la jeune liche avait constaté que l’écorce du bois récolté était particulièrement robuste et que le nombre d’enroulements conséquents laissaient penser que l’arbre était très âgé. En même temps, ils avaient pris des risques pour aller le chercher loin sous la surface donc il n’était pas étonnant qu’ils en aient retiré un bois de qualité. Ce qui était moins plaisant en revanche c’est la taxe dont il fallait s’acquitter lors des contrôles de caravanes à l’entrée de la capitale. La cargaison allait être vérifiée, pesée et répertoriée afin d’éviter de minimiser de faire entrer de la marchandise de manière clandestine. La jeune liche étant immensément riche, elle accusait une taxe exorbitante qui s’appliquait malheureusement à cette cargaison aussi.

    Dans son « malheur » et après moultes négociations, Cyradil put garder les meilleurs spécimens se justifiant par le fait qu’elle devait honorer une commande importante pour un client mais aussi qu’il valait mieux, pour le bien du Reike de lui laisser les échantillons de qualité afin d’en tirer les meilleures propriétés. C’est donc un peu moins de la moitié du stock acheminé qui fut directement ajouté aux biens de l’Empire. Mais Cyradil s’en fichait un peu, l’important restait de découvrir ce qu’un arbre marin aussi qualitatif pouvait produire. La forgeronne en avait déjà manipulé mais jamais en de telles quantités et surtout jamais d’arbre marin séculaire. Cyradil utilisa judicieusement le jour où son ami nain se reposait pour prendre contact avec son client. La dame le prévint alors de l’avancée du travail et de son expédition fastidieuse.

    « Je ne savais pas que ma commande vous causerait autant de soucis dame Cyradil. Navré que cela ait tourné en une confrontation contre ces infâmes pirates. »

    « Ne vous excusez pas monsieur Aiwin, mon travail assure la qualité. J’ai estimé qu’il était nécessaire d’aller chercher ce bois afin que la forge de cette hache puisse être un véritable chef-d’œuvre. Je me sentirais mal de vous restituer un objet bâclé. »


    « Votre investissement dans votre profession me touche madame. Evidemment, vous pouvez prendre tout votre temps. Dans les circonstances que vous m’avez décrites, je comprends parfaitement que la tâche ne soit pas l’affaire de quelques jours. »

    « Je vous remercie de votre clémence, mr Aiwin. Je vous préviendrais dans une missive quand votre commande sera achevée. »

    Elle s’inclina puis prit congé de son client. Ce détail réglé, Cyradil retourna donc à la forge et passa le reste de la journée à étudier les écrits de Kérémir. La tête de la hache avait été déjà réalisé par ses soins. Ils allaient donc être confrontés à deux problèmes : Le premier était d’estimer la conductivité de l’arbre marin et construire le manche en trouvant le bon équilibre entre métal et bois. Ensuite, il fallait allier le tout et revérifier si l’arme au complet était capable de garder ses propriétés conductrices, si le bois s’usait rapidement ainsi que d’autres paramètres. Bref, il y avait encore beaucoup de boulot.

    Elle espérait que le point noir évoqué dans les écrits de Kérémir serait compensé, comme il le pensait par un bois de meilleur qualité et que la foudre se propagerait efficacement au-delà des délicats points de fixations de l’alliage mithril/electrum. C’est donc dans son coin de forge personnel que le nain trouva Cyradil en train de cogiter sur la question. Kérémir avait eu plein accès à ce petit espace privé, le personnel ayant été mis au courant sur le projet du duo. N’ayant pas besoin de dormir, la jeune femme avait passé la nuit à produire différents manches avec des compositions en électrum/mithril différentes. Elle testa quelques épaisseurs de revêtement de cet alliage avec l’arbre marin en suivant les conseils de Kérémir lorsque ce dernier lui avait présenté les capacités de son feu de Kazan mais elle doutait que son feu de forge puisse reproduire de tels degrés de précisions au niveau de la régulation de température. Aussi, la liche ne souhaitait-elle pas gaspiller le précieux bois dont certains avaient donné leur vie pour l’obtenir.

    Elle accueillit le nain avec un certain enthousiaste tandis que son visage et ses cheveux étaient couverts d’une épaisse couche de suie témoignant de l’ardeur à laquelle elle s’était adonnée à la tâche. L’avantage du mort-vivant c’était qu’on ne risquait pas de crever des vapeurs de la forge ni de s’épuiser à force de manier l’enclume et le marteau. Toutefois, Cyradil n’était pas à l’abri de ressentir une certaine fatigue mentale. Humblement, la jeune blonde laissa donc la relève au nain.

    « Comme nous partions de rien, j’ai pris l’initiative de créer plusieurs manches en alliage mithril/électrum. Des poids différents mais ils semblent tous avoir une conductivité optimale mais j’ai remarqué une certaine surcharge au bout de quelques minutes d’utilisation. En fait, l’alliage conduit beaucoup trop bien et risque juste d’électrocuter ceux qui ne doivent pas l’être. Vous aviez raison, j’ai retesté avec des bois d’autres qualités mais ils procurent une isolation qui donne l’effet inverse : ça ne conduit plus assez bien. J’ai fait quelques tests avec le bois marin et je pense que nous ne sommes pas loin de trouver le bon ratio. Cependant, je n’ai pas osé en gaspiller davantage, le travail du bois étant davantage votre domaine que le mien. »

    Tout comme les parchemins que le nain lui avait fourni, Cyradil avait un petit cahier posé sur l’une des tables présentes dans la salle, consignant tous ses tests. Elle avait commencé avec des ratio 1:1 alliage/bois. Puis avait progressivement diminué en établissant de grosses fourchettes de type 2:1, 3:1 et également des rapports inverses. Ainsi, la liche espérait qu’avec ces tests préliminaires et l’expertise du bois du nain, ils puissent arriver au bon mélange…si tant est que celui-ci puisse exister.


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  • Mar 8 Aoû - 18:44
    Louées soient sa constitution et son entêtement à refuser de mourir, les plaies de Kérémir guérissaient vite, surtout avec le soutien d'une magie curative. Toujours est-il que ça laisserait de vilaines cicatrices, de sombres balafres mélangées à de la peau neuve striant la totalité de ses avant-bras pour les semaines à venir, au même titre qu'une prudence redoublée à l'égard des mages aux arcanes ésotériques. Pourquoi diable est-ce que les formes de magies étaient aussi inégales il se le demandait bien. Pourquoi certains se contentaient de lancer des roches sur leurs adversaires alors que d'autres pouvaient frapper sans même que l'on puisse voir la nature de l'attaque, voir carrément affecter directement et psychiquement leurs cibles. Heureusement que le feu suffisait pour la grande majorité de ses ennemis, après une altercation aussi salée Kérémir n'était pas pressé de recroiser la route de l'un de ces mages. Sa tunique non plus d'ailleurs, le cuir de ses manches avait été complètement déchiqueté et il avait besoin d'une tenue complète pour ses aventures, prudence était mère de sureté.

    C'est un nain fatigué qui repassa la porte de l'auberge où il s'était installé quelques jours auparavant, et sa mine ne manqua pas de susciter l'intérêt du tenancier. - Une autre fois, là tout de suite j'ai juste besoin de m'écrouler, le voyage a été dur. Et il s'enferma dans sa nouvelle chambre avant de sombrer directement dans un sommeil profond, une pause bien méritée dans cette entreprise fastidieuse. Le matin s'annonça radieux, comme d'habitude à Ikusa finalement. Tant mieux, il y avait fort à faire et un temps morose était la dernière chose dont Kérémir avait besoin pour bien travailler, le rapiéçage de sa tunique attendrait.

    - Lakhdar, comme on se retrouve ! Et non je suis pas encore six pieds sous terre ça attendra. Dis-moi, la patronne est déjà retournée travailler où elle se débat encore avec ces foutues taxes ? Le contremaitre lui répondit qu'elle était déjà dans son atelier en train de travailler, la cargaison avait déjà été approuvée... et partiellement dépouillée aussi, maudits soient ces rats administratifs, s'ils voulaient tant que ça mettre la main sur cette ressource rare ils n'avaient qu'à la chercher eux-mêmes au lieu d'engager des mercenaires pour faire le sale boulot avant de leur soutirer les biens durement acquis soit-disant à cause de taxes pour l'Empire. Dure vie que d'être citoyen reikois...

    Et quelle fut la vue à laquelle il eut droit en accédant à l'atelier personnel de Cyradil, elle était tellement barbouillée par le travail qu'elle n'aurait pas démérité dans une bande de nains kazanais, comme quoi elle savait faire fi des apparences quand le métier requérait de se salir les mains. Elle s'était déjà essayée à plusieurs manches mais sans succès. Peu étonnant vu que même lui n'était pas encore sûr de la faisabilité de la chose, mais c'était à son tour de mettre la main à la pâte. Près d'une semaine de travail pour en arriver là, face à cette dernière épreuve, il faudrait qu'il pense à remercier Sisal pour son aide s'il la revoyait avant de quitter Ikusa tiens.

    - J'espère qu'ils n'ont pas pris tous les meilleurs échantillons, déjà que ça va être galère, si en plus je peux pas retrouver mes meilleurs éléments je vais gueuler. Quand à l'alliage, il va falloir le limiter au maximum, en plus d'être trop efficace on risque d'avoir des problèmes de poids si on en met trop, la marge de manœuvre est déjà assez mince comme ça.

    En allant à l'entrepôt pour retrouver les échantillons en lesquels il avait le meilleur espoir, il dut se rendre à l'évidence, même si la majorité du meilleur bois était encore là, une partie avait tout de même disparu, de quoi le faire jurer s'il s'avérait incapable de réussir avec les ressources imparties. Il jeta son dévolu sur l'une des branches qu'il avait noté de son côté lors de son inspection, et il s'installa sur la dalle de pierre faisant office de plan de travail pour commencer son œuvre. Scier le bois à la flamme était une technique propre à chez lui, aucun feu de forge ne pouvait être contrôlé suffisamment pour servir de lame, et quand même il en existerait un, encore fallait-il pouvoir la manier. Puisant dans toute sa concentration, il conjura un minuscule point de lumière sur son épais doigt ganté, puis il se focalisa encore davantage pour en augmenter la température au maximum de ses capacités, bien au-delà d'un feu classique. Cette bougie était si chaude qu'elle en perdait sa couleur orangée au profit d'un blanc incandescent, il ne restait plus qu'à tailler.

    Couper la branche à la transversale était la partie "simple" de ce travail, mais ça demandait déjà énormément d'efforts pour avoir un résultat net, réussir à brûler un bois de manière aussi localisée relevant déjà de l'impossible pour des outils physiques. Néanmoins, cette première étape se passe bien, et il eut assez de matériau utilisable pour trois tentatives. Le véritable défi maintenant, fendre le bois en deux sans l'abimer. Le premier spécimen craqua au bout d'un tiers du trajet, c'était certes le moins droit du lot, mais ça restait un premier échec. Après une pause, la deuxième tentative se solda par un échec en bout de course, le manche finissant par craquer sur les extrémités, ruinant toute chance de graver correctement l'intérieur sans se retrouver avec des canaux de propagation en trop. Ne restait plus que le troisième manche, après quoi il faudrait recommencer depuis le début. Et cette dernière branche se révéla être un succès, enfin. Mais maintenant il fallait encore réussir à le graver correctement pour y insérer l'alliage. Pour ça il lui faudrait une flamme encore plus petite, plus précise, et il lui faudrait choisir le tracé le moins à même de menacer l'intégrité des deux moitiés de la branche. Seulement, ce tracé dépendait de l'alliage, et il y avait quatre candidats remplissant les conditions de poids.

    Un échec de plus, quand vint l'épreuve de la foudre, l'arbre marin ne résista pas à l'énergie transmise et éclata en copeaux de bois. Il valait mieux mettre la pratique de côté pour le reste de la journée et consigner les résultats de ces essais.

    - Aaaah... Je n'en peux plus, j'ai déjà fait du travail de précision mais à ce niveau là ça me bouffe mes réserves à une vitesse inouïe. Mais c'est pas grave. On sait que le ratio 3:1 est trop dur à supporter pour ce bois. Il va falloir regarder du côté des alliages moins conducteurs pour demain.
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    Cyradil Ariesvyra
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  • Mer 9 Aoû - 13:59
    Cyradil laissa donc Kérémir prendre la relève. Elle l’observa avec une certaine admiration opérer avec son feu de Kazan et s’étonna de la précision avec laquelle ce dernier travaillait le bois. Nul doute que si le nain continuait à développer sa magie vers de plus hautes sphères de puissance, il arriverait à un degré de façonnage presque moléculaire. Malheureusement, toutes leurs tentatives se soldèrent par un échec et les suppositions de Cyradil s’avérèrent être vraies. L’électrum était beaucoup trop réactif à la foudre et ne faisait que la disperser de manière chaotique dans l’arme. L’idée du mithril n’avait été là que pour procurer un allègement à l’arme mais il est vrai qu’ils pouvaient partir sur un tout autre alliage concernant le manche et ne garder la combinaison mithril/electrum que pour la tête.

    « C’est un véritable casse-tête. Si nous continuons comme cela, on va finir par épuiser tout le stock dans des essais infructueux. Je comprends pourquoi les gens essaient de faire passer les matériaux rares en contrebande ! »

    D’habitude calme, Cyradil était parfois contrariée lorsqu’elle se savait bridée d’une manière ou d’une autre. C’était une citoyenne plus que respectable mais elle méprisait certaines lois qui entravaient sa créativité. Elle était obligée de se restreindre pour faire le moins de pertes possibles, ce qui veut dire que certains tests lui étaient impossible en raison de la quantité de bois marin qu’ils demanderaient. De plus, la magie de Kérémir semblait lui demander un sacré effort de concentration qui l’obligeait à se reposer le temps de retrouver ses réserves et de se réessayer à la tâche. La jeune blonde passa donc le reste de la journée à effectuer un tri minutieux parmi les échantillons de bois restants. Cela ferait gagner un peu de temps au nain lors de ses prochains essais. Un peu à contrecoeur, la jeune blonde abandonna donc l’idée d’utiliser l’alliage électrum/mithril et décida de composer avec d’autres choses. Elle suivit donc le conseil du nain et les deux artisans prirent congé l’un de l’autre en décidant d’en rester là pour aujourd’hui.

    Si Cyradil était encore dotée de la capacité de dormir, elle aurait sans doute passé une nuit agitée à cogiter sur son projet. Assez ironiquement, cela lui rappelait avec une certaine nostalgie ses années d’études où il lui arrivait de traverser des moments d’angoisse avant une échéance importante. Elle ne négligea pas de se débarbouiller de toute la suie qu’elle avait accumulée non sans s’être fait sermonnée par sa femme de chambre d’un tel laissé aller. Le lendemain matin, Cyradil retrouva les chemins de sa forge avec un enthousiasme redoublé. Elle était déterminée à ne pas se laisser abattre par tous ces échecs et avait demandé à Lakhdar et à quelques-uns de ses employés de transporter une dizaine de caisses en métal qui portaient le sceau de sa famille. Ces dernières étaient judicieusement identifiées, de manière que l’on sache ce qu’ils contenaient d’un simple coup d’œil sans avoir à les ouvrir systématiquement. Une partie contenait des minerais tout à fait communs tandis que d’autres des minerais plus rares. L’on se demandait d’ailleurs à quel point la richesse de la forgeronne était grande tant ses ressources paraissaient intarissables.

    En attendant son ami nain, Cyradil se livra à la même activité que la veille, combinant et alliant plusieurs métaux pour les différents essais de la matinée. En comparaison de la veille, la jeune liche avait redoublé d’effort au point où elle était encore plus couverte de suie que lors de sa précédente journée de travail. Seuls ses yeux d’un bleu éclatant ressortaient. Ironiquement, avec toute la suie qui recouvrait ses cheveux, ces derniers avaient presque retrouvé leur couleur d’antan. N’ayant pas de pistes particulières, Cyradil essaya plusieurs alliages, manière aléatoire et consignait toutes les propriétés conductrices de ces derniers. Après une dizaine d’essais se soldant par un échec, elle décida de prendre une pause afin d’explorer les possibilités restantes.

    Dans ses réflexions, Cyradil émit alors une hypothèse tandis qu’elle passait en revue tous les minerais à sa disposition. En effet, la liche se demandait si, les propriétés marines du bois qu’elle était allée chercher ne pourraient pas se combiner justement avec des minerais qui provenaient également du fond de l’océan. La forgeronne pensa alors que des propriétés communes pourraient aider à ce que l’alliage et le bois puisse donner une meilleure harmonie pour l’assemblage du manche. Désireuse de tester son idée, Cyradil opta alors pour de l’orichalque, un minerai réputé pour être le seul à pouvoir être travaillé sous l’eau et très prisé par les races aquatiques. Heureusement, les stocks de minerais de Cyradil étaient conséquents et ses caravanes traversaient régulièrement l’Empire pour se réapprovisionner. Elle renforça l’orichalque en y incorporant de la chalcocite à environ un dixième du volume, espérant que la conductivité soit suffisante comparée à son homologue cuivré. Elle recouvrit le tout d’un léger placage en argent pour éviter la corrosion.

    Il ne lui restait plus qu’à attendre le nain pour lui soumettre ses nouvelles observations. Cette fois-ci, elle ne se risqua pas à travailler le bois marin qui après autant d’essai, était clairement devenu le réactif limitant dans cette équation si délicate. L’alliage orchalque/chalconite présentait des résultats beaucoup plus satisfaisants déjà. Il conduisait l’électricité sans que ce soit chaotique et semblait bien résister à la chaleur. Il fallait maintenant savoir si en le recouvrant d’arbre marin, cet alliage allait garder ses propriétés mais Cyradil avait bon espoir. Cette fois-ci, ils tenaient quelque chose de concret. Lorsque son ami nain la revit, on avait presque l’impression qu’on avait plongé Cyradil dans un bain de suie. Mais la jeune blonde semblait plus radieuse et satisfaite de son travail.

    « Voilà, j’ai tout repris depuis le début. J’ai vérifié la résistance et la conductivité. Quelques ajustements au niveau du poids sont peut-être encore nécessaire mais il faut se rendre à l’évidence, on ne pourra sans doute pas atteindre le poids optimal attendu. Il y aura forcément quelques pourcentages d’erreur dans le produit final. Cela dit, il reste encore à tester toutes ses propriétés lorsque l’alliage sera incrusté dans le bois et comme hier, je vous laisse ce travail d’orfèvre. Soyons honnêtes mon cher Kérémir, on ne pourra sans doute pas se livrer à des essais indéfinis et je n’ai clairement pas envie d’aller rechercher du bois marin de sitôt ! »

    Comme la veille, elle lui laissa l’accès à l’établi ainsi qu’à ses notes. Les propriétés marines communes de l’arbre marin et de l’orichalque semblaient se lier dans une harmonie qui permettaient aux deux matériaux de produire un amalgame plus que correct. Du moins…en théorie. C’était à Kérémir de voir si ces propos étaient fondés par l’expérience. Attentive, Cyradil le regarda à l’œuvre, priant pour que cette fois-ci, ils produiraient des résultats concluants.


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  • Dim 13 Aoû - 21:04
    Kérémir avait rarement autant été au pied du mur, travailler avec des ressources rares était déjà stressant en soi, mais avec une marge d'erreur aussi minuscule ça confinait à l'irréalisable. Il le sentait pourtant qu'il était proche du but, et avec plus de bois il réussirait éventuellement à obtenir le résultat tant convoité à coup sûr, mais il il n'en avait pas et la moindre tentative lui demandait une part considérable de son énergie ce qui étirerait encore le temps qu'il passait sur ce travail en particulier, avec toute la frustration qui finirait inévitablement par suivre. Comment faire donc... Jouer avec d'autres ratios du même alliage était une possibilité mais au vu de la réaction du dernier manche, il n'était pas impossible que la conductivité de l'électrum rende le tout trop instable. Si seulement il n'y avait pas cette foutue restriction de poids ! Le potentiel de créer un artefact redoutable était là, sous ses yeux, mais les restrictions le bridaient tellement qu'il devenait difficile de le concevoir.

    Il ruminait ses pensées dans les rues sableuses d'Ikusa, le soir était encore loin mais il était complètement lessivé et incertain de ce qu'il pouvait faire à part retenter encore et encore jusqu'à ce qu'à trouver la solution, et ce satané soleil qui venait l'accabler encore un peu plus. Un rafraîchissant ne lui ferait pas de mal, ces derniers jours passés dans la fournaise de la caravane à marchandises puis face à sa flamme la plus incandescente lui avaient rôti les méninges. Heureusement, ce n'étaient pas les échoppes qui manquaient à la capitale et il ne réfléchit pas outre mesure avant d'en choisir une et de prendre sa place dans la file. Les rues étaient bondées à cette heure-ci et il dut prendre son mal en patience quelques minutes de plus avant de pouvoir goûter à ce qui était apparemment une spécialité locale de la capitale, le fameux jus de pomme ikusien qu'il demanda extra frais. Il faillit presque sourire en voyant le marchant utiliser un vent de glace de son cru pour rafraîchir sa consommation, peut-être qu'il n'aurait pas du quitter la fraîcheur de la caravane de sa patronne et c'était une façon pour Sekaï de le tourmenter.

    Mais l'important était qu'il puisse décompresser, il paya son dû, hocha la tête en signe de remerciement et reprit son chemin, quelque peu revigoré. Est-ce qu'il y avait un autre angle d'approche à considérer, si une stratégie s'avérait trop compliquée à mettre en place, il y avait souvent une autre solution. Mais est-ce qu'il y avait une solution qui ne menaçait pas l'intégrité du résultat final ? Difficile à dire. La meilleure possibilité était sans doute de faire fi de l'une des restrictions et proposer un produit de moindre qualité, mais terminé. Peut-être qu'altérer la proposition était la route qu'il fallait emprunter, la hache actuelle était une arme à une main pensée pour un être d'environ 1m80 à en juger les proportions, mais les restreindre à ce point ne faisait pas de sens, aucune arme n'était parfaitement calibrée à cause des innombrables situations ou elle pouvait être amenée à être utilisée et même si les proportions choisies étaient celles qui offraient le plus de polyvalence, elles ne pouvaient pas être une référence absolue.

    Peut-être que de son côté Cyradil aurait d'autres idées pendant son absence, et ce fut effectivement le cas d'une certaine manière. Elle était parvenue à la même conclusion que lui sur les prérequis, ils étaient pratiquement impossibles à tenir et la meilleure façon de s'en tirer était de prendre des libertés. Avant qu'il n'arrive à la forge, elle avait préparé divers alliages avec une nouvelle hypothèse, et si la solution était d'utiliser des matériaux provenant de la mer à la recherche d'une meilleure compatibilité ? Un risque plus faible d'instabilité en échange d'une qualité moindre, c'était une voie envisageable.

    - Sans doute que c'est possible de fabriquer la hache parfaite, mais seulement avec le meilleur bois qu'on possède et j'ai pas envie de prendre le risque sans y être forcé. Je suis d'accord pour essayer les autres alliages mais je vais aussi réessayer le mithril/électrum en 4:1 sur un manche plus épais. Quitte à proposer un produit inexact, autant en proposer plusieurs variations et voir celle qui plaît le plus. J'y ai bien réfléchi et la demande de base est juste stupide, ça devrait pas être trop dur de le convaincre.

    Il n'y avait plus qu'à se remettre à la tâche. Après avoir choisi deux nouveaux échantillons prometteurs, Kérémir inspira profondément et ré-invoqua sa pointe de flamme pour tailler le bois. S'il avait un peu mieux pris la main, ça n'en rendait pas la chose moins épuisante pour autant. Il réussit néanmoins à tailler quatre prototypes de manches sans se rater une seule fois, et trois furent fendus avec succès après une éternité de concentration ininterrompue. Ils avaient deux tentatives pour l'alliage mithril/électrum, et une seule pour celui en orichalque/chalcocite, malheureusement sous l'effet de la fatigue montante il n'avait pas réussi à parfaitement graver ce dernier manche, il avait failli à quelques centimètres de la fin.

    - Aaaaah... Ok, j'ai bon espoir qu'on va réussir à en tirer quelque chose de ces spécimens. Je vous laisse appliquer les alliages, mes mains vont trembler si je dois encore m'user sur ces bouts de bois.

    Était-ce enfin la délivrance ? Les premiers chocs de foudre n'avaient pas l'air de briser le manche orichalque/chalcocite. Avec une puissance augmentée ? Ça... ça tenait bon, le manche résistait. Ils avaient réussi à produire quelque chose de fonctionnel, il ne restait plus qu'à le monter avec le fer de hache. Mais ce n'était pas encore fini, ils restaient les manches mithril/électrum renforcés à mettre à l'épreuve, d'abord en 4:1. Le manche résistait résister aux premiers transferts électriques, mais la décharge maximale réussit tout de même à le fracturer, le ratio était encore trop élevé.

    - Essayons en 5:1. Je pense pas que ça tiendra avec les bonnes proportions mais sur celui-ci ça vaut le coup d'être tenté.

    Et ça tombait bien, c'était le ratio le plus extrême que Cyradil avait préparé la veille. Il fallait que ça marche, ils n'avaient pas parcouru tout ce chemin pour échouer si proches du but, même si le succès ne pouvait être que partiel. Quel ne fut pas le soulagement de Kérémir quand il constata que la dernière onde de choc était passée et que le manche ne présentait toujours aucun signe d'usure. Le mieux serait de le tester avec l'utilisateur mais pour l'heure, c'était une réussite.

    - Nom d'un... J'y crois pas, on dirait que ça a marché. AH ! Ce n'est pas encore fini, il faut que vous finalisiez la hache et que vous la montriez à votre client, mais je crois bien qu'on a réussi.J'emmène Lakhdar et les gars boire un verre ce soir, on l'a bien mérité !
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    Cyradil Ariesvyra
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  • Sam 19 Aoû - 0:48
    Comme la veille, Kérémir s’attela à la tâche de fendre les membres pour y incorporer les alliages métalliques soigneusement préparés par la liche. Après les essais d’hier, ils avaient considérablement affinés leurs recherches et Cyradil avait bon espoir qu’aujourd’hui, ils étaient bien partis pour y arriver. Elle laissa donc Kérémir travailler le bois puis, elle y combina son expertise de la forge pour construire les manches. Divers essais furent effectués et comme elle s’y attendait, l’alliage chalcocite/orichalque fournissait d’excellents résultats bien qu’un peu éloignés des exigences de son client. Maintenant qu’ils s’étaient résolus que construire une telle arme pouvait prendre des semaines et nécessiteraient d’autres expéditions risquées, les deux protagonistes avaient bien compris qu’il fallait revoir leur résultat à la baisse. Satisfaite des résultats sur l’alliage de substitution, Cyradil laissa Kérémir réessayer sur l’alliage initial d’électrum/mithril.

    Finalement, après plusieurs essais, c’était le ratio moindre qui semblait offrir le meilleur compromis entre résistance, conductivité et sécurité du manieur. Elle consigna ces nouveaux résultats dans son carnet. Finalement, le nain lui suggéra qu’il était mieux de présenter les deux résultats à son client et de lui laisser choisir ce qu’il préférait, ce qui était une excellente idée. En tout cas, tous ces efforts avaient fini par payer et le duo avaient sans doute réalisé une véritable prouesse artisanale compte tenu des chances avec lesquelles ils étaient partis au départ. Cyradil devait sans doute reconnaître que, sans Kérémir, il lui aurait été impossible d’arriver à un résultat aussi proches de l’objectif qu’elle s’était fixée. Non pas que la liche ne reconnaissait pas la défaite, mais elle était toujours triste d’annoncer qu’elle était incapable de produire ce que les clients demandaient.

    « Cela m’aurait fortement déçu qu’on y arrive pas après autant d’efforts mon cher Kérémir. Je pense que le plus dur est fait. Je vais monter les têtes de haches en ajustant un peu avec les ratios fonctionnels. Normalement, cela ne devrait pas être trop difficile pour moi. » Dit-elle avec enthousiasme.

    Il est vrai que cela faisait plusieurs jours que Cyradil travaillait sur ce projet intense et la direction de la forge avait été laissée à ce pauvre Lakhdar qui lui était bien précieux dans ce genre de moments. Le nain avait toujours été là pour l’épauler et l’aidait beaucoup lorsque la liche était en déplacement. Sans lui, la jeune blonde aurait difficile à quitter Ikusa avec la conscience tranquille. Elle songeait au fait qu’elle devrait lui donner sans doute plus de congés au pauvre bonhomme vu son implication dans la forge. Ce dernier fut d’ailleurs très ravi d’apprendre la nouvelle de la part de Kérémir et c’était avec beaucoup de joie qu’il accepta sa proposition d’aller fêter joyeusement cela à la taverne.

    « Oui, prenez Lakhdar avec vous, il le mérite amplement. »

    Cyradil n’était pas du genre très festive mais elle accorda volontiers une journée à tous ses employés. C’est donc dans le silence de la fin de journée que Cyradil se remit au travail dans le plus grand des calmes. Elle monta soigneusement les fers de haches sur les deux manches d’alliages différents et fit quelques tests finaux afin de vérifier que le courant passait toujours aussi bien. Les essais concluants montrèrent que toute la contrainte était dans le manche et que cet acharnement à vouloir trouver un poids satisfaisant leur avait fait remuer les méninges jusqu’à l’épuisement. La jeune blonde y ajouta ensuite quelques finitions comme la pose de certaines runes qui stabiliseraient la magie de foudre et offrir à l’arme une durabilité honorable. Quelques travaux de polissages et d’affinage du métal étaient encore nécessaires mais il s’agissait de manipulations routinières que la liche maitrisait bien.

    Bien que Cyradil n’ait pas besoin de dormir, il y avait néanmoins le fait que son esprit ressentait une sorte de fatigue mentale que, si elle s’adonnait trop longtemps à une tâche aussi complexe, finissait par se peser sur son esprit. Elle avait tant travaillé qu’elle ne s’était même pas aperçue qu’elle avait déjà tapé dans une bonne partie de la nuit. La jeune blonde était dans un état lamentable et elle était bien loin de la figure noble qu’elle présentait. Sans son bandeau et avec son apparence actuelle, elle faisait vraiment peur. La forgeronne n’avait pas pour habitude d’user de magie pour des futilités mais elle devait reconnaitre que parfois, il y avait du bon à utiliser l’un ou l’autre sort pour se dépatouiller d’une situation désagréable. De manière tout à fait maitrisée, Cyradil se concentra alors puis, l’instant d’après, elle passa instantanément de la forge à son domaine luxueux. Elle prit le temps de recouvrer une présentable en se débarrassant de la suie qui s’était accumulée sur son corps.

    Une fois propre, Cyradil profita du dernier tiers de la nuit pour consigner le lourd travail auquel elle s’était adonnée durant ces derniers jours. Elle réalisa alors les plans des deux haches qu’elle avait confectionnées afin d’en garder un schéma qu’elle pourra reproduire dans le futur. Dans un élan d’honnêteté et de compassion, elle en réalisa une copie à l’identique pour son ami nain. Dès les premières heures de la journée, la liche fit en sorte de contacter son client en lui affirmant que sa commande fut prête. Puis, elle regagna la forge mais cette fois-ci, elle usa de moyens conventionnels. Peu après son arrivée, son client se présenta alors, la fixant d’un air approbateur les deux haches que Lakhdar était en train de lui montrer. Naturellement, Cyradil lui expliqua pour les quelques détails qu’elle n’avait pas réussi à régler et les contraintes de poids irréalisables qui y étaient associées.

    « Je vous remercie pour votre honnêteté dame Ariesvyra. Les arts de la forge me sont étrangers mais il y a une chose dont je suis sûr, c’est que votre famille a toujours fait preuve d’une sincérité sans faille. »

    Mr Aiwin prit alors les deux haches et les testa l’une après l’autre, déclenchant sa magie de foudre et la faisant traverser les armes. Cyradil était très tendue mais ses traits s’adoucirent lorsqu’elle vit que les deux armes tenaient bon. Mr Aiwin semblait d’ailleurs extrêmement satisfait par le travail à en oublier presque les conditions qu’il avait lui-même imposées au départ. Néanmoins, il s’agissait d’un homme avenant qui respectait le travail bien fait et visiblement, celui-ci avait été savamment mené. Que ce soit l’expertise de Cyradil à manier les métaux ou la formidable capacité de son ami nain qui avait trouvé une manière unique de travailler le bois avec son feu de Kazan, les armes étaient de sublimes joyaux de la forge et de l’artisanat.

    « Je suis extrêmement partagé…Votre talent est tout bonnement incroyable madame. Votre mère et votre grand-père seraient fiers de vous s’ils étaient encore de ce monde. »

    « Vous m’en voyez très flatté, Mr Aiwin. Mais ce travail n’est pas que de mon propre chef. J’ai été aidé par une personne qui possède un talent unique pour le travail du bois. C’est grâce à lui que j’ai pu en partie gérer les contraintes de poids que vous aviez imposé et de trouver le meilleur point d’ancrage entre le bois et le métal en son cœur. » Affirma la forgeronne.

    « Ah ! Et bien, j’aurais bien aimé le rencontrer votre ami nain. Vous savez quoi ? Je vais prendre les deux ! » Dit-il avec un enthousiasme certain.

    S’il pouvait voir à travers le diadème qui recouvrait les yeux de Cyradil, il aurait pu apercevoir que celle-ci était en train d’écarquiller les yeux. Elle ne s’attendait pas à ce que cette affaire soit aussi rentable mais soit, le client était roi. Sortant, deux bourses emplies d’or, Mr Aiwin les déposa sur le comptoir avant d’ordonner à deux de ses suivants d’embarquer les haches.

    « Toujours un plaisir de faire affaire avec vous dame Ariesvyra. Soyez sûre que je reviendrais s’il s’avère que j’ai d’autres commandes à passer. »

    « Au plaisir de revoir, Mr Aiwin. » Dit la liche en s’inclinant légèrement.

    Cyradil attendit alors tranquillement que Kérémir arrive afin de lui expliquer la situation. Elle lui annonça avec beaucoup d’enthousiasme qu’ils avaient réussi et qu’ils pouvaient enfin laisser ce fastidieux projet derrière eux. Maintenant que la pression était retombée, Cyradil s’affala sur une chaise.

    « Heureuse qu’on en ait fini avec cela, mon ami. Heureusement que ce genre de commande est rare. Je ne sais pas comment mon grand-père faisait en étant qu’un simple humain ! Enfin bref, j’ai consigné tous les travaux dans des plans. Je vous remercie beaucoup pour votre aide Kérémir et soyez rassuré que je saurais me souvenir de votre dévouement dans ce projet. »

    Elle saisit l’une des deux bourses et la lança en direction du nain. Celle-ci contenait un nombre assez conséquent de pièces d’or.

    « Votre part du gâteau. J’ai aussi fait une copie des plans des haches pour éviter de se viander la prochaine fois. Tout y est. Les proportions, les alliages, leur conductivité et la qualité nécessaire. J’ai compris que vous aviez des cousins qui étaient dans la forge ? Si c’est le cas, donnez-leur ces plans, cela pourrait leur être utile. Mon grand-père avait foi dans la forge naine et c’est au cœur de la montagne qu’il a appris tout ce qu’il savait et c’est de là que le savoir de la famille Ariesvyra provient. Nulle doute qu’ils pourront produire quelque chose de similaire voire de supérieur à ce que nous avons pu produire. Je serais très heureuse de les rencontrer d’ailleurs si cela me permet d’en apprendre de leur savoir ancestral. » Finit-elle avec un sourire.


    Le feu de Kazan, une magie fascinante [FT Cyradil] - Page 2 Cyradi15
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  • Lun 21 Aoû - 14:36
    - Alors Lakhdar elle est où ta fierté de nain ?! Me dis pas que ça t'a ramolli la cervelle de vivre avec ce brasier au-dessus de la tête, trois pintes et tu tangues déjà ?

    Kérémir se laissa aller à un rire bien gras en voyant son compagnon vaciller sur son tabouret. Quasiment tous les ouvriers s'étaient joint à la beuverie après avoir entendu que leur patronne leur octroyait un jour de congé pour célébrer la finalisation de son dernier projet. Et inévitablement quand des nains participaient à une fête, ça finissait forcément en concours de boisson. Oh ils n'étaient pas les seuls à se tenir tête, trois autres gaillards vidaient également joyeusement choppe après choppe, mais l'événement principal était centré autour des deux barbus qui étaient communément admis comme étant les rois dans cette coutume destinée à faire rouler le moins résistant sous la table. Le pauvre Lakhdar ne s'était pas adonné à cette pratique avec autant de ferveur depuis bien longtemps, ce n'est pas tous les jours qu'il avait un adversaire de taille auquel se mesurer, et il en pâtissait visiblement.

    - Crois pas que j'ai donné mon dernier mot, c'est moi le chef ici tu ferais bien de t'en souvenir !

    Dans un dernier élan le contremaître empoigna son quatrième verre et le vida d'une traite, défiant son adversaire du regard. Mais c'était étrange, ce dernier glissait lentement sur le côté. A peine le pauvre nain avait-il fini sa gorgée qu'il s'était écroulé par terre, il n'était plus qu'une lourde masse ronflant bruyamment à même le sol. Le bruit sourd qui accompagna sa chute fut suivi d'une série de rires retentissant dans l'établissement. C'était une performance assez affligeante pour un supposé maître en matière de beuverie et l'assemblée ne manqua pas de moquer Lakhdar avant de rouler sa carcasse sur le côté. Il avait été le premier à tomber mais quatre concurrents subsistaient toujours. Quatre pintes plus tard et le deuxième nain était le dernier debout, ses derniers adversaires ayant soit abandonné, soit fini dans le même état que leur contremaître.

    - Ah ah ah ! Vous avez encore du chemin à faire si vous voulez égaler les vrais nains ! Tous ceux qui restent c'est à votre tour, j'en ai encore dans le...

    Il ne terminerait jamais sa phrase, le contrecoup avait fini par le rattraper et il tombait désormais lui aussi par terre. Heureusement que le lendemain était un congé parce qu'il leur faudrait au moins ça pour se remettre d'une telle épreuve, surtout après été contraints de traîner les imbibés jusqu'à chez eux, ou dans le cas de Kérémir, jusqu'à l'étage. Il avait été un minimum prévoyant et avait payé une chambre au cas où il ne pourrait pas rentrer à l'auberge où il avait déjà loué une place.

    Le réveil ne fut pas des plus sympathiques, contrairement aux hommes qui étaient tombés face à lui, il se remettrait rapidement de la soirée... Mais ça ne voulait pas dire pour autant que son corps était indestructible et c'était une sacrée paire de cloches qui était en train de sonner à ses tempes de bon matin. Dire que Lakhdar lui devrait tout de même se pointer à la forge en tant que second de Cyradil, pour lui la matinée avait du être bien pire encore... Enfin, il restait tout de même un nain et il n'avait écopé que de quatre verres avant d'abdiquer malgré lui, normalement il devrait déjà être remis.

    Une fois rentré chez lui, Kérémir se mit à ranger ses affaires et il se posa une question. Que lui restait-il à faire maintenant ? Son travail était terminé, son équipement avait été remis sur pied et plus rien ne le liait vraiment à Ikusa. Une chose était sûre, il ne retournerait pas sur les côtes, son escapade en mer avait été suffisante pour les six prochains mois. Retourner dans le désert alors ? Après avoir travaillé aux côtés d'un mage de givre, l'idée était peu ragoûtante, tout comme l'était celle de s'enfoncer dans les jungles du Reike. Peut-être qu'il était temps pour lui de s'intéresser aux terres plus au nord, après tout il n'y avait encore jamais mis les pieds et un changement d'atmosphère pourrait lui faire du bien. Et puis, là où il n'était pas encore passé il y avait probablement encore nombre de bestioles à chasser.

    Il finit d'empaqueter ses affaires tout en ruminant et il sortit finalement de l'auberge aux alentours de midi. Peut-être qu'il croiserait ce fameux client et qu'il pourrait lui en toucher deux mots sur la nature de sa commande, mais le destin en décida autrement et l'intéressé était déjà parti quand il posa le pied sur le palier de la forge des Ariesvyra. Il n'y avait que Cyradil et un Lakhdar qui ne laissait rien transparaître sur les événements de la veille. Il hocha simplement la tête en signe de salutations avant d'écouter ce qu'elle avait à lui dire.

    - Il faisait de la même manière que vous avez étudié la magie, tous les gens passionnés ont une obsession pour laquelle ils donnent tout, la seule différence c'est le temps qu'on est prêt à y mettre. Sur ce point, tous les gens qui travaillent ici se ressemblent. M'enfin bon, ça valait le coup. Elle remonte la dernière fois où j'ai autant cravaché sur une œuvre et le résultat était franchement pas mal.

    Il attrapa la bourse tout en continuant à écouter les dires de sa désormais ex-patronne. A vrai dire il avait complètement oublié qu'il pourrait être payé, sans doute parce qu'il n'était pas initialement venu quémander du travail, mais il accepta volontiers le geste. Les copies manuscrites de leurs recherches combinées par contre, ça il s'y attendait un peu et il savait déjà ce qu'il allait en faire.

    - Pour sûr qu'ils seront intéressés, même les plus vieux briscards peuvent toujours apprendre quelque chose et cette hache est pratiquement un artéfact, le seul problème c'est qu'ils devront aussi se fournir en arbre marin ou trouver une alternative. Quand je repasserai chez moi ce sera probablement un sujet de discussion pour deux semaines. Qui sait, peut-être qu'ils auront déjà trouvé quelque chose d'ici là, sous-estimez jamais les nains devant une enclume. Mais ce sera pas pour tout de suite, si je suis venu à la base, c'est pour retaper mon équipement et c'est chose faite. Il est l'heure pour moi de retourner dans la nature et je pense bien que je vais aller fouiller les terres aux nord. Si je survis, je repasserai peut-être un jour ici, c'est du bon équipement que vos gars m'ont refait.

    ...

    - Et Lakhdar, passe le bonjour aux gars de ma part, je les reverrai sans doute pas avant de sortir de la ville.

    Une ultime discussion après quoi il s'en retournerait aux vices du monde sauvage et de la souillure titanique. Dans une autre vie il aurait pu rester ici et travailler sur d'autres projets d'envergure similaire, mais il n'en avait pas encore fini avec sa tâche, et il n'abandonnerait pas avant de l'avoir menée à bien.
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