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  • Jeu 17 Aoû - 1:04
    Marchant parmi la foule, j'observai silencieusement la foule qui nous toisait. Plus que pour ma propre personne, cette observation avait pour but d'analyser efficacement les réactions des plébéiens vis à vis de Mortifère. Si tout avait été pensé pour permettre un retour favorable de la population, je devais admettre avoir eu quelques réserves. Trop souvent, l'esprit des personnes lambda se figeait lamentablement dans des préjugés honteux et dans des points de vues aussi logiques que pour eux deux plus deux faisait vingt-deux.

    Fort heureusement, notre progression se fit naturellement. Aucune critique. Aucun soupçon visible ou commentaire néfaste. Seulement du respect. De l'admiration même, parfois. Et pour cause, le symbole républicain permettait de chasser la moindre hésitation pour celles et ceux qui jouissaient de la protection républicaine. La nation bleue possédait un fonctionnement bien particulier mais sa surabondance d'officiers républicains permettait généralement à la population de se sentir en sécurité quand bien même l'office était composé d'un myriade d'individus aux profils aussi variés que corruptibles. Enfin, la question n'était ici pas présente puisque Mortifère, fort de toute sa glorieuse silhouette, représentait bien plus que des gardiens de la paix glorifiés. Finalement, nos pas nous menèrent jusqu'à un banc situé dans ce qui ressemblait légèrement à une auberge de festival. Enfin. Pour peu que l'on pouvait comparer une porcherie à un établissement où se sustenter était possible. D'ailleurs, lorsque la figure porcine mais humaine s'approcha pour demander à notre duo ce que nous désirions manger, je m'amusai silencieusement du plat "fétiche" qu'ils pouvaient proposer. Mortifère, lui, sembla accepter sans réelle désapprobation le plat local. Quand enfin la grosse serveuse se tourna vers moi, je relevais mon bec pour plonger mon regard sur les traits de cette dernière. Et bon dieu, qu'elle était laide. Un nez trop retroussé, presque écrasé. Des yeux trop rapprochés et dont les iris ne se trouvaient même pas centrés, piégés dans un strabisme convergeant abject. Ses lèvres, dont la partie inférieure était trop fine en comparaison de la partie supérieure qui elle était trop épaisse, lui donnaient un air particulièrement ridicule. Outre ce facies de lamproie déformée, le reste de la silhouette n'était pas plus à sa faveur. Des cheveux blonds, bouclés et gras, tombaient lamentablement dans une tresse mal faite dans un dos mal sculpté. Outre ses bras semblables à des jambons recousus, la dame possédait également un ventre mou qui se faisait remarquer malgré l'épaisse robe en lin qui recouvrait sa peau et ses deux énormes loches tombaient pitoyablement comme si elles souhaitaient embrasser les bords droit et gauche de son nombril distordu.

    Revenant finalement à cette simple question posée, j'haussais doucement les épaules avant de finalement lever la main dans une parodie d'approbation. Tandis qu'elle se retournait, j'attrapai finalement son épaule, fortement heureux de ne toucher sa peau glissante qu'au travers de mes gants de cuir. Puis, je mimai doucement une écriture. Avec de la chance, la gourgandine comprendrait rapidement ce dont j'avais besoin. Et dans le pire des cas, et bien... Tant pis, elle serait l'heureuse élue ayant eu l'occasion d'entendre ma voix dans son esprit. Glissant mon regard du pachyderme humain pour le recentrer sur mon sujet préféré, je détaillai des yeux chacun des traits de ce dernier avant d'hausser, à nouveau, les épaules.

    * Les badauds sont plus souvent choqués par le fait de ne rien commandé que par le fait de ne rien manger. Peut-être est-ce en lien avec le fait de payer la pitance. Peu leur importe la consommation tant qu'ils entendent les pièces sonner. *

    Un léger silence suivi, tandis que l'ogre rose revenait nous déposer les plats en questions. Puis, elle resta là, figée comme une truie confuse. Sortant de ma sacoche deux pièces, je lui donnai silencieusement afin qu'elle s'en aille.

    - Bon'aptit

    Ses mots étaient mâchés. Enfin. Cela était plutôt logique. Etant donné son état, la bougresse devait sans aucun doute mâcher beaucoup d'autres choses et sa logorrhée n'était de toute façon pas un facteur important étant donné le côté éphémère des festivités. Observant quelques instants le plat qui se trouvait à présent devant moi, je remarquai le fusain et le papier déposé à côté de l'assiette. Bien. Au moins, elle n'avait pas le cerveau complètement ravagé par l'alcool et le gras. Poussant doucement l'assiette vers Mortifère, je déposai doucement le papier devant moi avant de commencer à griffonner quelques esquisses sur ce dernier.

    * Je n'ai pas faim. Mange comme bon te semblera, et jette le reste aux poules, là bas. Un geste rapide de la main, désignant une assemblée de volatiles et de mendiants. Dis moi, Mortifère, lorsque tu auras gouté à ce plat, peux-tu me décrire exactement comment tu perçois les gouts et les saveurs? Je ne doute pas que cela sera meilleur que la pitance que l'on te servait lorsque tu étais dans ta chambre mais j'aimerai être certain qu'aucune zone n'ait été plus endommagée que nécessaire lors des expériences. Et quand tu auras enfin achevé ton repas, nous irons continuer à observer les festivités puisque c'est ce que tu souhaites. Je crois bien qu'un spectacle est en préparation. *

    J'écoutai ensuite ses retours, continuant de gratter le papier à l'aide du fusain que l'on m'avait confié. Peu à peu, la figure grossière de plusieurs herbes et autres fleurs se dessinait. Quelques longues minutes plus tard, je relevai la tête et rangeait doucement le papier dans ma sacoche, tapotant le fusain sur le bois de la table où le fleuron de la République avait pu se sustenter. D'un geste vif, je quittai le banc pour me retrouver à nouveau debout. Regardant de nouveau Mortifère, j'attendis silencieusement que ce dernier ne termine ses tâches diverses avant de le guider dans le village vers le spectacle en préparation. Une représentation de cracheurs de feu qui se devait "compteuse" de l'histoire de la République. Si je doutai de la véracité des propos et contes qui allaient être racontés, la troupe m'intriguait au moins un minimum. Il n'était pas courant de voir un drakyn, une gobeline et un elfe se produire ensemble. Enfin. Le spectacle à proprement parler n'était pas l'objet de mon attention, plus qu'autre chose, je voulais voir comment Mortifère allait réagir. S'il allait supporter la représentation ou bien nous faire aller ailleurs.

    Un bruit léger me fit sortir de mes pensées. Devant nous, le drakyn s'avançait, son torse nu et couvert de tatouage rappelant les tribus barbares du désert reikois. Et puis, dans un rugissement presque animal, le bougre crachat ses premières flammes devant un public ébahi.
    Citoyen de La République
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    Abraham de Sforza
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  • Dim 20 Aoû - 15:59
    Jeter les restes aux poules, disait-il ? Après tant de temps passé à être nourri comme un porc, Mortifère n'allait pas se priver d'en déguster, et ce jusqu'à la dernière bouchée. L'expérience de cet humble repas, bien qu'assez médiocre en vue de ce que l'avenir lui réservait, fut pour lui réellement salvatrice. On lui fournit naturellement un couteau ainsi qu'une petite fourche, qu'il commença à observer intensément. Par réflexe, le prototype commença à soulever l'un de ses couverts par télékinésie puis, réalisant que ce n'était pas ainsi qu'il devait procéder, il se ravisa. Sa cape fut soulevée par le mouvement lent et précis de ses prothèses, qu'il posa sur la table avant de se saisir des ustensiles, ce avec une adresse remarque en vue de la taille déraisonnable de ses doigts métalliques.

    Il s'affaira à trancher son plat avec méthode, peut-être même en trop petits morceaux, désireux qu'il était de montrer à quel point il maîtrisait les outils formidables que ces bienfaiteurs avaient conçu pour lui et pour lui seul. Lorsqu'il abaissa son masque de cuir et amena à sa bouche le premier morceau, un sourire timide se dessina sur ses lèvres grises. Cette pitance lui paraissait être le met le plus délicat qu'il lui ait été donné de consommer, en comparaison des immondices auxquels il avait été gavé récemment. Se joindre aux festivités aurait d'ailleurs dû constituer un second point d'intérêt, après ces longs mois d'ennui où la plus grande distraction résidait dans les balbutiements incohérents des patients ayant perdu la raison. Alors pourquoi cette apathie ? Pourquoi cette totale absence de curiosité pour un spectacle, de surcroît une pièce concernant l'histoire de sa divine République.

    Divine ? Etait-ce un terme qu'il aurait employé, avant sa métamorphose ? Tandis qu'il mâchonnait la viande cuite, son œil luminescent se perdait dans l'assiette, laissant transparaître sans mal sa confusion évidente ou, à défaut, son intense réflexion. Il avait la nette impression, depuis quelques semaines déjà, que l'on mettait des mots dans son esprit, et pas simplement dans sa bouche. Comme si plusieurs forces extérieures opéraient pour garder le contrôle de sa psyché, il se surprenait à constater que cette étrange manifestation ne parvenait pas à susciter chez lui la moindre angoisse. C'était inexplicable, comme si toute émotion liée à une éventuelle contradiction des projets républicains pouvait encore se frayer un chemin dans sa tête mais que lorsqu'elle parvenait à s'installer, elle en était repoussée comme l'aurait été une infection quelconque. Combien de temps avant que ces idées ne disparaissent entièrement ?

    Une nouvelle voix s'ajouta dans son esprit, celle du Docteur. Les doutes furent balayés d'un revers et Mortifère leva brusquement la tête, comme toujours quand il était interpelé par son mentor. Le soldat se livra alors immédiatement, effectuant un rapport aussi concis et factuel qu'il en était capable et chassant au mieux toute interrogation superflue. Le Docteur n'aimait pas ceux qui s'exprimaient en vain oui qui se perdaient en balbutiements inutiles, son temps était trop précieux. Ne souhaitant qu'être parfait, Mortifère avait appris à se plier à cette exigence avec soin :

    "Les sensations sont très fortes. Du goût à l'odeur, tout est transmis aussi bien qu'avant vos interventions. J'ai même l'impression de percevoir chaque ingrédient avec plus de précision qu'auparavant. Je ne pense pas que ce soit un effet secondaire indésirable, c'est simplement le contraste avec les repas du laboratoire, qui ne comportaient aucune forme d'épice."

    La voix raclante et métallique de l'étrange personne eut le don d'attirer quelques regards inquiets de la part des rares clients présents derrière lui. Voyant le praticien qui prenait des notes écrites face à lui, la plupart se disaient finalement que le colosse n'était qu'un rescapé d'un conflit particulièrement violent, qui se remettait sans doute lentement de sérieuses blessures. Cela participa étrangement à apaiser les angoisses naissantes, d'une certaine manière. Mortifère finit son repas convenablement et se félicita même de l'avoir fait avec tant de précision qu'il n'avait sali ni ses vêtements, ni son visage. Le Docteur se chargea du règlement et Mortifère, toujours passablement confus, oublia de laisser les maigres restes aux poules qui picoraient non loin de là.

    Avec curiosité, le colosse observait les alentours en s'intéressant tant à l'architecture des petites demeures qu'aux regards que les passants déposaient sur son compagnon de route et lui. Dans leurs yeux, il n'y avait pour l'heure que des interrogations, parfois de l'intérêt. Etait-ce avec justesse qu'il effectuait ces analyses ? Probablement pas, étant donné cette volonté trop poignante d'être admiré par la populace. Bientôt, les doutes seraient chassés. Très vite, il deviendrait ce héros qu'il avait toujours rêve d'être.

    Un jet de flammes le tira à ses réflexions, et Mortifère s'immobilisa juste à temps pour ne pas heurter un badaud situé sur sa route. Des applaudissements commencèrent à se faire entendre dans la masse populaire qui s'était formée tout autour tandis que le cracheur de feu effectuait une première révérence en guise de théâtrale salutation. Intrigué par le Drakyn au moins aussi grand que lui, Mortifère contracta sa pupille par magie pour inspecter avec précision les tatouages qui maculaient le corps de l'individu. Ces symboles mystérieux n'évoquaient rien pour le soldat qui, malgré son éducation, s'était toujours montré négligeant sur les plans historiques et culturels.

    Ce ne fut que lorsque le Drakyn en charge prit la parole que Mortifère comprit qu'il s'agissait non pas d'un pur moment de plaisance, mais bel et bien d'un énième test déguisé.

    "Amis d'Iribourg, la troupe du Pinçon Polisson a l'honneur de vous présenter ce spectacle ! Ensemble, nous allons revivre les plus grands moments de la... "glorieuse" histoire de notre bien-aimée République !"

    Le ton et le sourire en coin de l'artiste laissait sans peine entrevoir les véritables intentions de cette performance. Le Drakyn cracha verticalement une gerbe de feu et, dans les airs, la manifestation enflammée se déforma pour devenir la forme grossière d'une chouette obèse et grotesque. Les rires qui s'élevèrent dans l'assemblée ne firent que confirmer les soupçons du soldat. Ces artistes dénigraient cette même terre qui les accueillaient à bras ouverts.  Accordant un regard en biais au Docteur que l'absence totale de réaction rendait impossible à lire, Mortifère commença peu à peu à sentir grimper en lui une désagréable impression d'inconfort.

    Supposée incarner Dangshuan, une petite gobeline apparut derrière l'immense silhouette du géant cornu. Déguisée et affublée d'une robe de piètre qualité, bien trop grande pour elle, cette dernière feignait de patauger dans le tissu mais se rattrapait toujours in extremis. Elle crachait par moment des flammes colorées, qu'elle déformait pour constituer des serpents de lumière tout en simulant parfois d'en perdre le contrôle. Les projectiles lumineux décrivaient de grands arcs et certains partaient dans le bas de dos, y explosant et donnant l'impression de s'être écrasé sur ses fesses, ce qu'elle concluait par des pirouettes théâtrales et faussement paniquées. Les gloussements idiots allaient bon train dans l'assistance mais Mortifère, quant à lui, se contentait d'observer les acrobates avec une froideur palpable. Chaque artiste disparaissait parfois derrière leur scène improvisée, reprenant le flambeau avec un autre accoutrement ridicule visant à moquer les figures les plus emblématiques de la République.

    Etait-ce bien par pure reconnaissance pour son pays qu'il prenait aussi mal la performance de ces humbles saltimbanques ? Encore une fois, la sensation de ne pas être maître de son esprit ressurgit et pourtant, elle ne suscita pas en lui le moindre effroi. Il n'y avait rien de plus qu'une confusion certaine couplée à une très faible envie de comprendre, mais pas l'ombre d'une angoisse. A l'inverse, il ressentait de façon tout à fait surprenante une vive envie d'égorger le trio d'artistes présents. Ce qui le retenait, entre autre, était une valeur qui lui avait justement été inculquée lors de son fastidieux entraînement.

    La République n'avait rien d'une dictature. Sur ces terres, les oiseaux de malheur et le ricanement avaient une place. C'était en cela, d'ailleurs, qu'elle était meilleure que ses voisins. Seules la justice et la liberté primaient, en terre Républicaine, et la vaillance de ses dirigeants provenait justement de cette assurance. Plutôt que de couper le jarret aux moqueurs et aux cyniques, il valait mieux les laisser dire et faire taire leurs idées saugrenues non pas par la violence aveugle qui faisait la marque de l'Empire, mais par l'éducation et les actes. Ainsi, le monstre de fer, porte-étendard des valeurs de sa grande et belle Nation, parvint à conserver son calme et ne vit la performance que comme un mauvais moment à passer.

    Il se détourna momentanément des artifices, pour s'adresser directement à son mentor :

    "Vous ne partagez pas mon amour pour cette Nation, n'est-ce pas ? Votre œuvre est prioritaire et vos progrès sont votre raison d'être. Une question me taraude cependant, que ressentez-vous réellement à l'égard de la République, Docteur ?"
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  • Dim 20 Aoû - 21:48
    Le spectacle était... particulièrement médiocre. Naturellement, le but n'était pas de faire dans la représentation parfaite mais dans un espèce de mélange étrange entre prestidigitation et comédie. La valeur historique, quant à elle, demeurait incroyablement basse. Pour autant, la plèbe semblait apprécier pareil spectacle et assez vite de nombreuses clameurs s'élevèrent de la foule. Ici et là, des rires amusés venaient accompagner les jeux de mots et autres fables modifiées du Drakyn et de son entourage. Personnellement, les propos tenus ne m'intéressaient pas et, je devais bien l'avouer, les cracheurs de feu n'étaient pour moi que de l'esbrouffe. Même la petite créature qui vint user de sa magie n'étira chez moi qu'une légère curiosité. A peine suffisante pour me sortir de ma torpeur ennuyeuse.

    Pourtant, notre présence ici n'était pas complètement anodine. A mes côtés, Mortifère observait les événements en silence. Si je ne parvenais pas à détecter efficacement ce qui lui passait par la tête, je me demandai silencieusement si l'endoctrinement qui l'affligeait n'allait pas le faire devenir une sorte de berserker se ruant sur toutes critiques ouvertes de la République ou de son histoire. Fort heureusement, ce dernier ne se jeta pas sur qui que ce soit et, visiblement captivé par ce qu'il observait, semblait même intéressé. Quand enfin il se tourna vers moi pour me poser ses questions, vint joindre mes mains pour réfléchir à la réponse que j'allais lui donner. C'est vrai. Qu'est-ce que je pensais de ce pays qui m'accueillait?

    * Il est vrai que je ne vois pas la République du même œil que toi, Mortifère. Je ne fais pas non plus partie des fanatiques refusant d'observer les facettes les plus sombres de ce pays comme si tout y était parfait. Je vois les impuretés. Les faiblesses. Les défauts de tout un chacun et les vices des différents politiciens œuvrant au sénat ou au gouvernement. Et c'est justement pour tout ces problèmes que ce projet a vu le jour. Pour combler des lacunes militaires, scientifiques et morales. Pour créer le soldat ultime, fidèle non pas à un politicien stupide mais à une nation. Pour le reste, oui, la République ne loge pas au plus profond de mon cœur. *

    Nouveau souffle de flammes de la part du Drakyn, accompagné cette fois d'une sorte de galipette stupide tandis que la gobeline revêtait un tricorne et sautillait doucement autour de lui. Ah, la prise de Kaizoku donc. Reportant mon attention sur mon sujet favori, j'enchainai par la suite.

    * J'ai parcouru ce monde Mortifère. En long, en large, et en travers. J'ai foulé le sol reikois et shoumeiens sans distinction. Sans à priori ou xénophobie. Simplement en tant que docteur. J'ai vu des cerveaux brillants œuvrant pour la médecine, la science et le progrès. Chaque fois gênés par des codes moraux imposés ou des idées étranges liées à la religion et/ou au titans. J'ai assisté à la chute de Shoumeï et à la propagation d'une maladie dont moi même je n'avais le remède. Et j'ai observé l'étroitesse d'esprit des scientifiques reikois. Bien sûr, et encore heureux, ils ne sont pas tout ainsi. Mais ils me chassèrent, dès que la guerre s'acheva et dès qu'ils refusèrent que je ne pratique sur leur propre peuple. Imagine, si la République aurait agit ainsi? Jamais tu n'aurais pu devenir ce que tu es à présent. Imagines-tu cela? La nation bleue est plus... permissive, sur certains points. Et ne serait-ce que pour cela, je la respecte déjà bien plus. Même si je n'y es pourtant aucune attache véritable. *

    Sur la scène, la gobeline arborait à présent une écharpe rouge et un long masque étiré vers le haut. Démultipliant les cabrioles, cette dernière venait s'asperger ici et là d'un liquide vermeil sensé représenter du sang.

    * Ces terres sont propices au progrès. A l'amélioration par les sciences. Par le savoir et la connaissance. Pas par la conquête et la force uniquement. Je ne dis pas que vos voisins reikois sont des barbares décérébrés. Ce serait stupide de juger ce peuple sur les seuls actes d'une partie de sa population, tout comme je ne juge pas la république pour son inaction lors de la guerre des titans. Cependant, il faut reconnaître que le fonctionnement politique interne, décentralisé et réparti en circonscription permet plus de libertés aux projets audacieux. Les conditions de vie, tout du moins de ce que j'ai pu en observer, me semblent supérieures et plus saines. Les maux à soigner ne sont pas les mêmes, naturellement, mais ils sont globalement liés à autre chose qu'au manque d'hygiène. Ou d'infections liés à la guerre. En revanche, la République est rongée par la criminalité. Par la corruption de ses institutions et par l'avarice et l'appât du gain. Peut-être est-ce pour cela que je parviens à respecter le sénateur qui nous a permis ce projet. Il n'a pas pensé aux bénéfices de son œuvre, seulement à ce que cela apporterait à la république. "Peu importe le cout". Voila des phrases que je respecte. Je marquai une courte pause, reprenant. Je ne suis pas lié à ce pays ou ses institutions. Je reste malgré ma participation aux efforts de cette société un apatride. Cela ne changera jamais. Mes travaux, mes ambitions, dépassent largement la cause d'une nation ou de ses intérêts. Ce que je fais, je le fais pour la science et l'amélioration de mes propres talents. Pour moderniser et augmenter l'efficacité médicale de ces terres et approfondir son savoir alchimique. Si au passage, je peux aider ce pays, alors tout le monde y gagne. Cependant, je ne suis pas un être ingrat. Je sais la chance que j'ai de pouvoir pratiquer sans questionnement et d'avoir cette liberté d'action. C'est pourquoi j'ai ce "contrat". Pour cela que je ne compte pas trahir ce pays d'une quelconque façon. Tous mes actes, de la couture d'une plaie à la création d'armes inconnues, se font dans l'intérêt global de la nation bleue et de la science. Et, au passage, pour mon intérêt personnel aussi, je ne suis pas hypocrite au point de le nier. *

    Le spectacle toucha alors à sa fin, les saltimbanques présents se courbant dans des révérences pompeuses et exagérées. Le public, amusé par la représentation et parfaitement conscient du cynisme de cette dernière jette quelques pièces aux pieds des acteurs. Sortant une pièce dorée de ma propre bourse, je vins à mon tour approcher de la scène, tendant silencieusement la pièce d'or au drakyn. Ce dernier, arquant un sourcil étonné de ma présence et de mon don. Finalement, la même cupidité que je décrivais plus tôt à Mortifère se manifesta et malgré sa méfiance manifeste, le tatoué s'empara de la pièce tandis qu'une prononciation bien plus pauvre s'échappait de ses lèvres.

    - Si tous l'public qui s'présentent sont aussi généreux qu'vous messire, on va vite s'trimballer avec des biaux vêtements et nous emparer de carrosses au gout d'argent. Encore merci m'bon sieur. On en fera bon usage.

    D'un geste de la main, je le laissai finalement à son plaisir tandis qu'il retournait auprès de la petite gobeline qui s'avéra, par surprise, être la donzelle de ce pauvre cracheur de feu. Retournant auprès de Mortifère, j'ancrais mon regard sur son masque et son œil magique.

    * Alors Mortifère, qu'as-tu pensé de cette représentation? As-tu aimé? Ou bien était-ce un spectacle désagréable à observer? Une sombre pulsion peut-être? Comme une envie de venir sur scène pour arracher la tête au malheureux osant remettre en cause les bienfondés de la République? Dis moi comment tu as perçu tout cela. J'aimerai, justement, connaître les impressions d'une personne dont la flamme républicaine anime le cœur. *

    J'écoutai alors la réponse du concerné, avant de reprendre finalement la route, marchant doucement aux côtés du super soldat. Un peu plus loin, plusieurs jeux de foires avaient lieux. Des chamboule-touts, et autres jeux d'adresses initialement prévus pour les jeunes enfants mais qui permettaient également aux damoiseaux cherchant à impressionner leurs conquêtes de se mettre en avant, ou de leur offrir les potentielles récompenses de ces jeux. Avançant donc parmi la foule, je tournai subitement la tête sur le côté, observant les formes qui semblaient danser dans le coin de mon champ de vision. C'est là que je remarquai les imbéciles qui semblaient avancer dans l'ombre. Plusieurs individus, masqués, qui observaient la foule et avançaient doucement. A plusieurs reprises, ces derniers marquèrent quelques étales avant de disparaître de nouveau dans l'obscurité.

    * Tu as remarqué, n'est-ce pas? Ces abrutis qui se pensent aussi discrets que des mages noirs adeptes de la magie des ombres. Tu préfères attendre de voir ce qu'ils préparent, ou bien souhaites-tu aller les chercher pour maintenir l'ordre avant qu'il ne brise l'ordre public? *
    Citoyen de La République
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    Abraham de Sforza
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  • Mer 23 Aoû - 17:05
    Ecoutant sans sourciller les sages paroles du Docteur, Mortifère observait d'un œil désintéressé les auteurs de la performance qui s'affairaient déjà à faire tourner le chapeau. Le soldat avait toujours su qu'en quittant l'ignoble cocon qu'était le laboratoire, il aurait tôt ou tard dû se séparer de son mentor pour se concentrer sur les missions que lui assignaient l'Etat, cependant savoir qu'ils restaient plus ou moins dans le même camp avait de quoi le refuser. S'il était aveuglément fidèle aux ordres républicains, le jeune guerrier avait tout de même pour le praticien une telle estime qu'il avait du mal à se dissocier des directives de ce dernier. Il y avait certes un conflit d'intérêt potentiel qui se profilait à l'horizon, mais les mots du Docteur lui laisser penser qu'il n'aurait pas régulièrement à outrepasser ses obligations pour satisfaire les besoins du tortionnaire.

    S'approchant d'eux, le Drakyn obtint de la part du scientifique une pièce d'or, ce qui lui valut de grands remerciements. Mortifère n'avait pas tout à fait la notion du degré de pauvreté d'Iribourg et constata par ce geste à quel point la fortune dans laquelle ils baignaient, le Docteur et lui-même, étaient déjà éloignée de la réalité du quotidien de beaucoup de citoyens. Le masque terminé en bec pointu pivota à nouveau vers le soldat, qui suivait quant à lui l'acrobate du regard. Le simple fait d'observer cette graine de rebelle suscitait chez Mortifère une nausée tout à fait hors-norme, mais le militaire tâcha tout de même de se concentrer sur les dires de celui qu'il tenait en haute estime.

    "Ai-je... aimé ?"

    Pouvait-il encore parler en son propre nom ? Son esprit brouillé par les centaines de drogues et les trous de mémoire qui les accompagnaient rendaient l'exercice particulièrement difficile. A chaque fois qu'il prenait la parole pour défendre l'une de ses idées, il avait l'impression qu'autrui s'était fait ventriloque pour parler à sa place. Etrangement, à chaque fois qu'il endossait ce rôle de parfait petit soldat, une impression de soulagement tout à fait surnaturelle emplissait son esprit tourmenté. Ce fut cette fois-ci en tant que véritable gardien de la République qu'il s'exprima, non pas par envie, mais bel et bien par confort :

    "Je dois vous avouer que vous avez fait mouche. Voir la gloire républicaine être ainsi ternie par des cloportes vivant aux crochets du pays a quelque chose de déplaisant. Ils n'ont ni la notion du sacrifice, ni nos valeurs, pourtant ils foulent notre sol et mangent notre pain sans crainte d'être punis pour leur insolence. Qu'ils essaient seulement ces pitreries sur les terres impériales. S'ils s'y risquaient, se rendraient-ils compte alors de la chance inouïe qu'ils ont de pouvoir si librement circuler ici ?"

    Les murmures du géant étaient d'une froideur élégante, mais cachaient bien mal les sinistres intentions qui s'étaient emparées de lui lorsqu'il avait été témoin de ce grossier spectacle. Il était heureux toutefois d'avoir pu réprimer ces pulsions, bien qu'il fut déçu de ne pas être parvenu à les masquer entièrement. Avec un peu plus de tranquillité, il compléta :

    "Mais c'est en cela... et pour cette même raison, que nous sommes devenu le peuple suprême. Nous ne craignons pas les idées extérieures au point d'en annihiler chaque source. Nous savons accepter les divergences d'opinion, jusqu'à un certain point. La République est une terre où les penseurs se confrontent chaque jour et où les idéologies prédominantes, au final, finissent toujours par incarner la volonté de ses citoyens. L'Empire est fort, mais craintif et arriéré. Sa méfiance envers ses propres habitants et son incapacité à évoluer causera un jour sa perte."

    Cela, il le croyait fermement. Cette conversation avec le Docteur lui remontait le moral, car échanger ainsi avec le praticien était l'une des raisons pour lesquelles il avait accepté la visite d'Iribourg. Vinrent alors, tapis dans les ténèbres, des silhouettes masquées que le Docteur ne manqua pas de faire remarquer au soldat. Derrière la visière cristalline de Mortifère, sa pupille altérée se contracta à nouveau lorsque son regard se posa sur l'un des perturbateurs. Tout, dans la démarche ainsi que l'habillement de ce dernier, laissait entrevoir de sombres desseins. Calme en apparence, le chien de garde républicain sentit monter en lui une excitation grimpante.

    "Laissons-leur l'opportunité d'entreprendre ce pourquoi ils sont venus. Après tout ce que je viens de vous dire, ne serais-je pas un hypocrite si je ne leur accordais même pas le bénéfice du doute ?"

    Un furtif ricanement lui échappa. Quoi que voulaient entreprendre ces intrus, il ne s'agissait certainement pas d'une simple confrontation d'idées en place publique. Mais comment pouvait-il se présenter en héros, s'il ne laissait pas à ses ennemis le soin de faire leurs présentations convenablement ? Tâchant de se faire aussi peu imposant que possible afin de ne pas attirer l'attention plus que de raison, Mortifère s'affaissa légèrement sur lui-même, laissant aux prédateurs en chasse l'occasion de s'installer confortablement pour commettre la dernière erreur de leur triste carrière.

    "Monsieur, j'vous prie de me suivre."

    Une voix sifflante attira son attention. L'un des êtres masqués s'était rendu responsable de l'irréparable. S'approchant du Docteur avec une furtivité toute relative, l'un des personnages hostiles s'était glissé derrière ce dernier et avait eu la bêtise de vouloir poser sa main sur l'épaule du chercheur. Mortifère ne lui avait accordé aucune pitié et, dans une série d'infimes claquements métalliques, il avait refermé ses griffes sur la nuque du perturbateur. Si de l'extérieur, il donnait l'impression de simplement lui tenir amicalement le cou, la réalité était toute autre.

    Les serres argentées du rapace s'étaient enfoncées à une vitesse folle dans la chair de l'inconnu, perçant muscles et tendons pour se frayer un chemin jusqu'à l'os. Avec une surprenante précision, il avait broyé une partie des vertèbres de l'étranger sous la base du crâne et y avait imprimé une impulsion électrique, détruisant en un éclair une partie du système nerveux et coupant tout accès à son cerveau. Incapable du moindre cri, le gaillard se raidit et mourut, soutenu fermement par la poigne de fer du géant qui le maintenait en place comme on l'aurait fait avec une simple marionnette.

    "Il y a toutefois des limites à ne pas dépasser..."

    Restant silencieux, le Docteur et Mortifère observèrent alors une silhouette masquée qui s'était frayée un chemin jusqu'à la scène où s'était tenu le spectacle. Sous les regards vaguement incrédules des badauds et des artistes encore présents, l'étrange personnage vêtu de noir porta une main à son masque, qu'il retira doucement pour révéler son affreux faciès. Il s'agissait d'un elfe pâle comme la lune et dont les grands yeux intégralement noirs avaient de quoi susciter l'effroi. Son faciès, recouvert de cicatrices religieuses clairement infligées par ses propres soins, se fendit d'un sourire malveillant.

    Des cultistes, le plus parfait adversaire pour prouver sa valeur face à la population. Mortifère tira un peu plus à lui sa précédente victime, la traînant devant lui pour éviter d'attirer trop l'attention dans l'immédiat. L'elfe étrange prit enfin la parole, certain désormais d'avoir capté l'attention, tandis que d'autres hommes et femmes habillés comme lui s'extirpaient des ombres, chacun tenant un otage qu'ils menaçaient à l'aide de dagues noires.

    "Mes très chers amis, c'est avec un immense plaisir que je me présente à vous aujourd'hui. On me nomme Aliophélès, grand héraut et prêtre du Cercle des Limbes et nouvel hôte de ces festivités. Ne soyez pas angoissés, mes frères et mes sœurs. C'est pour vos offrir l'absolution par notre inébranlable foi que nous avons fait route jusqu'ici. Soyez reconnaissants."

    Un illuminé, donc. Mortifère réprima à grande peine un sardonique éclat de rire. Il n'y avait plus désormais qu'à attendre de les voir se couvrir de ridicule. Lorsqu'ils frapperaient en premier, la riposte du géant d'acier serait plus terrible encore que la sentence de ces divinités profanes que semblaient vénérer ces imbéciles.

    "Voyons voir. J'ai hâte de découvrir ce qu'ils mijotent..."
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  • Ven 25 Aoû - 13:06

    Lorsqu'un individu osa poser sa main sur mon épaule, pour se faire simplement punir par Mortifère, je ne pus retenir un large sourire sous mon masque. Ainsi, nous allions observer la venue des individus masqués afin de voir l'étendue de leurs intentions. Sur la scène, l'un des protagonistes vint enlever une partie de son accoutrement afin de révéler son visage et prendre la parole. Ses traits, pâles, me rappelaient vaguement quelques clans nordiques que j'avais pu croiser en partant de Melorn. Pourtant, cet individu là semblait aussi lié à la cité elfique que je ne l'étais. Observant Mortifère tout le long du discours, je me demandai si le super soldat allait agir directement ou montrer de la retenue. A ma grande surprise, ce dernier se comporta avec beaucoup d'intelligence. De quoi me rendre encore plus fier. Je n'avais pas seulement crée une arme parfaite. J'avais également façonné une personnalité pointue, analytique. Et pleine de ressources.

    Reportant finalement mon attention sur la scène, je remarquai alors les différents otages, retenus par les lames des cultistes tandis que l'individu central continuait ses nombreux palabres sur on ne sait quelle purification. L'espace d'un instant, une grimace de dégout déforma mes traits à l'idée qu'ils aient pu, à un moment, imaginer que j'allais faire partie de ces otages. Le cercle des limbes... Cherchant dans ma mémoire, je croisai toutes les informations à ma dispositions afin de tenter de me souvenir de quoique ce soit. Non. Rien. Ces imbéciles n'étaient décidemment que des pleutres se cherchant une identité. Des veules dont la seule valeur se résumait visiblement à leur capacité de mise en scène. Plus qu'à leur discrétion, tout du moins.

    M'avançant encore un peu, je laissai mon regard glisser doucement sur les différentes personnalités présentes, parfaitement conscient de dénoter dans la foule inquiète. Il n'y avait dans mes pas aucune hésitation, aucune crainte. J'évoluais parmi les badauds comme un vautour qui repérait ses futures proies. Pourtant, mon attention n'était pas axée sur les otages, mais sur ce fameux Afiopheles. Ou Aliophélès. Je ne savais plus vraiment. Quoiqu'il en fut en réalité, peu m'importait. Suffisamment près pour mieux observer ses traits mal faits, je laissais un léger soupir glisser entre mes lèvres tandis que ma voix se répandait dans l'esprit de tous les cultistes ainsi que de Mortifère.

    * Et comment, cher hôte, comptez-vous promulguer cette absolution? *  

    Un léger frisson sembla parcourir les différents cultistes. Certains, plus frileux que d'autres, tournèrent leur visages vers le prêtre central comme pour quémander de l'aide. Des bouffons. Tous autant qu'ils étaient. Je n'avais fait que m'adresser à eux et, déjà, ils se retrouvaient en proie au questionnement. Qu'en serait-il lorsque, derrière moi, Mortifère se mettrait à agir?

    - Qui que vous soyez, ma réponse est simple. Par l'élimination des péchés! Par l'Ordalie! Il fit signe à un des preneurs d'otage de s'approcher. Voyez cette jeune femme, par exemple. Nous l'avons suivi lors de ces festivités. Elle a forniqué avec pas moins de trois hommes différents et une femme! Le péché de chair, s'il n'est qu'un péché mineur pour bien des personnes, montre l'absence de considération de cette gourgandine pour sa propre enveloppe charnelle. Mais... Par l'Ordalie, son corps ressortira plus grand, plus fort, ou bien rejoindra la fanges des pêcheurs.

    Il siffla, indiquant au preneur d'otage de passer à l'action. Poussant donc la pauvre jeune femme aux cheveux blonds, le cultiste vint ensuite saisir une deuxième dague sombre qu'il jeta aux pieds de l'accusée. Incrédule et interdite, la foule observa la scène en silence. Incapable d'agir. Apeurée. Stupide. Pour ma part, un large sourire commençait à poindre sur mes lèvres tandis que je comprenais ce qu'il se passait et que, déjà, je prenais hâte de voir les futures actions se dérouler ainsi que la réaction de Mortifère.

    - Ramasse cette dague, ma fille, et défend toi face aux accusations divines qui fondent sur ta personne!

    Dans un claquement sourd, une multitude de pieux luminescents vinrent se placer autour de la fille de petite vertu et le cultiste l'ayant prise en otage. Hésitante, la jeune femme attrapa finalement le couteau dans un léger sanglot. Cette imbécile avait, ainsi, signé son propre arrêt de mort. Il n'y eu aucun duel, aucune lutte véritable. Seulement un mouvement rapide, précis, qui vint sectionner l'abdomen et le ventre de la pécheresse pour répandre ses tripailles sur la scène. S'écroulant sur la scène tandis que la foule laissait s'échapper un cri horrifié, la jeune femme grogna et commença à gémir doucement dans un gargarisme sanguinolent tandis que la vie quittait ses yeux et son corps. Quelques secondes plus tard, seules deux perles ternes remplaçaient ses yeux autrefois d'un bleu azur. Levant les bras, Aliophélès se rapprocha du bord de la scène tandis que le cultiste assassin venait trainer le corps de celle qui n'avait commis comme faute que de succomber aux plaisirs de la chair.

    - Voyez, mortels, comme la justice divine fut prompte et rapide! Mais ne craignez pas pour vos vies, car l'absolution ne nous frappe pas tous de la même façon! Et ne voyez pas la mort comme une finalité car, lorsque notre âme quitte notre corps, elle ne fait que glisser doucement vers la délicate cité noire de X'O-rath! Oh, père des morts, accorde nous la pureté ombreuse que nous désirons et permet à Aurya, ta sœur lumineuse de nous pardonner, nous autres êtres imparfaits!

    Nouveau claquement de doigt, nouvelle avancée d'un prétendu pêcheur. Cette fois, l'elfe pâle prit une expression bien plus sombre qu'à l'encontre de la jeune blonde exécutée plus tôt.

    - Ce nain, demi-homme s'il n'en est, a commis des actes immoraux et profondément abject. Plein d'alcool, ses mots se sont teintés d'une hérésie profonde à l'égard de nos pères titanesques et, dans sa folie, il urina même sur une ancienne idole. Lui, rescapé de la glorieuse Shoumeï, se permit un acte aussi odieux! Fort heureusement, nos parents sont cléments et, via l'Ordalie, ils émettront leur jugement sacré!

    Nouvelle incantation lumineuse. Plus impressionnante que dangereuse. Et de nouveau, une dague lancée aux pieds de l'accusé. Tournant mon bec vers Mortifère, un léger sourire se dessina sur mes traits tandis que dans l'air résonnait les grognements gutturaux et sanglants du nain qui rejoignait la blonde dans une mort atroce.

    * Et bien, Mortifère, comment comptes-tu réagir? Ces individus doivent être arrêtés mais, choisiras-tu la force brute, ou bien écraseras-tu complètement leurs idées terroristes en montrant tout le ridicule de leurs propos? Montre moi, mon cher, comment tu résous ce genre de problème. *
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  • Mer 30 Aoû - 1:55

    L'ignoble explosion lumineuse se tut enfin, ne laissant derrière elle que tripailles volantes et cris de terreur. Mortifère accorda à l'assistance un regard et s'aperçut sans mal que la plupart des observateurs étaient tous tétanisés au point de ne pas vouloir quitter les lieux. En avaient-ils seulement la possibilité ? Les pupilles du militaire se dilatèrent et se contractèrent à vive allure, s'ajustant pour traquer dans la foule l'ensemble des silhouettes des perturbateurs dont le roule était visiblement tant de sélectionner que de s'assurer qu'aucune âme ne puisse fuir les lieux lors du terrible jugement que portait l'elfe aliéné. Ne dénombrant dans l'ensemble que sept figures infiltrées dans les rangs de la populace, le soldat fit une rapide analyse de ses possibilités en matière de champ d'action et réalisa à quel point elles étaient maigres.

    En vue de sa taille démesurée et de ses proportions si aisément notables, il ne pouvait se permettre d'aller et venir en tout sens pour éliminer un par un chacun de ses malfrats illuminés. Ses mouvements éveilleraient tant de soupçons qu'ils finiraient sans doute pour causer davantage de victimes. Le Docteur lui présenta lui-même des opportunités, ce par voie télépathique et, lorsqu'il assimila les propos de son mentor, Mortifère comprit enfin comment il devait agir dans une telle situation. Relâchant son emprise sur la nuque de sa précédente victime qui s'écroula comme un vulgaire sac de viande, il répondit donc à haute voix :

    "Vous êtes toujours si plein de ressources, Docteur. Une charmante idée me vient."

    Sans un mot de plus, il fendit la foule doucement, s'approchant de la scène transformée en véritable carnage par les exécutions répétées que menaient l'imbécile corrompu qui se tenait au beau milieu des viscères. Les claquements et les rouages qui s'actionnaient à chacun de ses mouvements étaient assez pour intimer à ceux qui se trouvaient sur sa route de s'écarter pour le laisser passer, ce qui ne fut pas suffisant cependant pour attirer l'attention de l'autre illuminé, trop occupé qu'il était à s'entendre parler. Arborant toujours un sourire radieux, le responsable de ce joyeux regroupement d'incapables continuait à babiller ses inepties avec ferveur :

    "La justice de X'O-rath règne ! Notre père nous honore ! Voyez venir désormais le plus grand fautif, qui n'est autre que le misérable acrobate à la tête de sa troupe ! Cet homme, nous l'avons observé et traqués depuis de nombreuses lunes pour haute trahison. Quelle trahison, me demanderez-vous ? Il a commis l'irréparable erreur de quitter notre culte pour se rouler dans la boue avec cette catin qui ne lui arrive qu'aux genoux. Mais vois-tu, frère Basile, nous ne t'avons pas oublié."

    Le Drakyn qui venait tout juste de conclure son spectacle fut brutalement séparé de sa compagne par trois hommes en noir, ce afin d'être traîné par la force jusqu'au lieu où chaque meurtre avait eu lieu. Agenouillé et vaincu, le pauvre homme qui ne souhait visiblement plus prendre part à ces pratiques monstrueuses observait avec une profonde terreur son juge à l'esprit malade. La dague lui fut jetée et les cercles lumineux se manifestèrent à nouveau, amorçant l'injuste sentence qui se tramait déjà. Implorant le pardon, le Drakyn vint joindre ses mains en une prière suppliante plutôt que de prendre l'arme.

    "Aliophélès, tu as perdu la raison. Je t'en prie, ne fais pas ça."

    Puis, contre toute attente, la dague s'envola sous les regards médusés de l'assistance. Comme si elle avait été aimantée jusque là, elle fonça droit entre les griffes de Mortifère, qui la saisit entre deux doigts avant de l'inspecter sans grand intérêt. Les runes s'immobilisèrent dans les airs et le regard de l'elfe se tourna en direction du perturbateur, qui ne semblait pas inquiété le moins du monde d'avoir ainsi perturbé le rite par sa présence malvenue. Avec une sourde colère, l'adorateur de X'O-Rath siffla :

    "Qui es-tu, païen ? As-tu idée de ce que tu viens d..."

    "Epargnez moi vos simagrées, mon tout petit monsieur. Je n'ai que faire de votre Ordalie et de vos âneries religieuses."

    Le cultiste fut si choqué d'avoir été coupé de la sorte qu'il se paralysa tandis que sa colère bouillonnante atteignait des sommets extraordinaires. Prenant même le risque de lui tourner partiellement le dos, Mortifère s'adressa cette fois-ci non pas à l'illuminé, mais bel et bien au peuple républicain, à cette assemblée tétanisée que l'on aurait pu voir comme du simple bétail. Ironiquement, ce fut avec la ferveur d'un croyant que s'exprima le colosse à la voix métallique :

    "Très chers confrères républicains, sur quoi a été bâtie notre magnifique civilisation ?"

    Silence général. La situation était probablement trop surréaliste pour se prêter à n'importe quelle forme d'intervention. La question était, de toute manière, plutôt rhétorique.

    "L'indomptable, et inébranlable, volonté de l'Homme. Ne sommes-nous pas un peuple savant, ne sommes-nous pas l'incarnation des plus nobles valeurs de ce monde dévasté ? Nous sommes forts, vaillants, braves et ô combien philosophes. Cinq millénaires passés à œuvrer pour faire de la République la terre des intellectuels, des grands penseurs et ce en préservant coûte que coûte la paix, ce malgré des opinions et des cultures aussi infiniment nombreuses que différentes. Qu'avons-nous combattu depuis des temps immémoriaux ? L'obscurantisme, la bêtise, l'intolérance. Qu'a résulté de ces batailles, qu'est ce qui nous différencie du reste du Monde ?"

    "Crois-tu que tu puisses..."

    Un intense bruit d'acier froissé se fit entendre, coupant net la riposte de l'elfe pour la deuxième fois. Sans crier gare, Mortifère s'était retourné avec la vivacité du lion, administrant au cultiste un direct porté avec une telle allonge que sa victime ne l'avait pas vu venir. Tous furent secoués par l'impact, ce tant par la brutalité du bruit que par la violence du coup porté. Le fou se tut, ayant perdu connaissance à l'instant même ou son menton avait rencontré sa gorge dans un craquement sinistre. Mais il n'était pas mort et n'avait pas encore fini de jouer son rôle dans la manœuvre du soldat. Ses cercles de lumière disparurent les uns après les autres, replongeant les lieux dans leurs couleurs d'origine tandis que le géant saisissait le cou de sa proie inconsciente, la ramenant jusqu'à lui pour la décoller du sol. Ce geste eut pour effet de pousser les adorateurs du Père de la Mort à lâcher leurs otages pour se rapprocher de la scène dans le vain espoir de porter secours à leur tête pensante. Mortifère sourit, puis reprit :

    "La science, mes amis. Nous évoluons pour propulser notre civilisation toujours plus loin, toujours plus haut. Voyez ce que vos efforts combinés ont créé, voyez ce que je suis devenu pour vous servir, mes frères ! Pour vous, je serai un égide. Pour vous, je donnerai ma vie. Nous sommes libres. La seule autorité ici, c'est la nôtre ! Vive la République !"

    De ses bras métalliques vint naître alors une symphonie de bruissements mécaniques. Ceux qui n'avaient pas encore aperçu les prothèses du géant purent tous constater à quel point il n'avait rien d'un homme. Ce monstre, pourtant, semblait être le leur. Concluant son improbable discours, il jeta sur les cultistes situés en première ligne le corps inanimé du chef du Cercle des Limbes, ce qui lui octroya l'opportunité de se charger des quelques imbéciles encore situés dans son dos. Trop faibles pour lui faire face, ils furent tous balayés par une gigantesque frappe latérale et électrocutés tour à tour, ce qui les plongea dans un douloureux sommeil. De toute évidence, ils n'étaient rien sans leur maître.

    La panique s'empara de la foule qui commença enfin à s'échapper, ce qui laissa à Mortifère le champ libre pour agir à pleine puissance. Se retournant tel un fauve enragé, il bondit en avant pour s'en prendre aux quelques idiots encore assez téméraires pour vouloir l'affronter. Seul contre tous, il croisa le regard du Docteur et un nouvel élan d'adrénaline grimpa en lui, la fierté l'enveloppant d'une chaleur renouvelée. Son émoi ne fit que redoubler lorsqu'il fut rejoint dans son combat par des fermiers, des bouchers et d'autres villageois qui tentèrent maladroitement de se battre à ses côtés en s'armant de fourches, de hachoirs et parfois même en jetant des marmites.

    En l'espace d'une poignée de minutes, la victoire fut déclarée. Certains cultistes avaient été tués lors de l'affrontement mais d'autres connaissaient un sort bien plus funeste car leurs cœurs battaient encore. Sous un tonnerre d'applaudissements et une myriades de cris de joie, le géant de fer fut acclamé comme un véritable héros, ce qui manqua de lui arracher une larme de joie. Par dessus la foule, Mortifère tendit alors sa main de métal en direction du Docteur, l'invitant à participer lui aussi à la célébration pour en tirer les honneurs qu'il méritait amplement.

    Y avait-il plus ironique conclusion que de voir un chien de garde vanter ainsi les mérites d'une liberté qu'il ne possèderait plus jamais ?
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  • Jeu 31 Aoû - 12:48

    La résolution du conflit avait été... Expéditive. S'approchant de la scène se déroulant sous nos yeux, Mortifère avait fait montre d'une grande logorrhée et avait sut retourner le jeu des cultistes contre eux. Certes, cela c'était fait dans le sang et la violence mais qui étais-je pour juger cela? Moi qui appréciait tant ce genre de démonstrations. Une violence initiée par le pur produit républicain qui fut ensuite amplifiée à l'aide des fermiers, cuisiniers et autres plébéiens d'Iribourg. Si la scène ne manqua pas de me faire sourire, il fallait reconnaître qu'elle représentait parfaitement l'esprit humain et la mentalité républicaine. Faible seul, fort une foi unis. Tel était l'un des crédos de la nation bleue. Une nation protégeant les faibles sous une égide imperméable aux maux de ce monde. Quelle ironie, quand on voyait à quel point ce pays connaissait la corruption et se voyait rongé d'une pourriture aussi insidieuse qu'efficace. Si quelques cultistes furent tués dans ce tour de force, d'autres allaient avoir la chance de respirer encore un jour de plus et de servir, grâce à leur propre résistance, de sujets pour le laboratoire. Le reconditionnement psychologique était peut être possible. Après tout, on leur avait déjà lavé le cerveau une première fois avec la religion et les folies accompagnant cette dernière alors... Pourquoi ne pas tenter cela avec le projet palladium? L'idée était intéressante et, au pire, ils serviraient d'expériences pour d'autres travaux.

    Quand la foule exprima sa joie et que les célébrations commencèrent, j'observai la scène silencieusement. Les festivités du genre m'importaient peu et le bruit provoqué par une foule en liesse avait la fâcheuse tendance de me ramener à la triste vérité concernant le potentiel intellectuel moyen et sa faculté à se retrouver réduit à néant lorsque la masse se rassemblait. Cependant, je vis parmi cette foule mon sujet d'expérience me tendre un bras. Une invitation, à se mêler aux autres. A participer à une fête où il représentait la principale source de célébration. Repoussant doucement sa main, je lui faisais ainsi comprendre ma volonté de demeurer dans l'ombre. De ne pas être mis, comme lui, sur le devant de la scène.

    * Non, Mortifère. Profite seul de cet instant. Jouis avec le reste de la population de votre victoire sur l'obscurantisme et de votre union sacré. Je ne suis pas celui qui doit entrer dans la lumière. Tu l'es. Sois le héros qu'ils attendent, sois cette figure républicaine parfaite qu'ils adireront. Moi, je me contenterai de rester dans l'ombre de la gloire afin d'en observer et sentir tous les bienfaits. Et puis, c'est votre victoire. Moi, je n'ai fais que l'observer avec intérêt. Profite encore un peu Mortifère, savoure cette sensation. Le gout délicat de l'appréciation des autres. Car tu l'as mérité. Tu es un parangon de force pour ces personnes. Et tu m'as rendu fier. Je te laisse avec eux, quand tu en auras fini, rejoins moi au niveau de l'herboriste. Et veille à ce que ces veules soient chargés sur un chariot. Leurs futurs se situent au laboratoire. *

    Sans plus de cérémonie, sans même attendre de réponse, je me détournai des badauds et de ma création. Marchant dans un silence absolu, je repassai mentalement les différents éléments s'étant déroulés sous nos yeux. La présence de cultistes, réfugiés Shoumeiens qui se refusaient à l'intégration sociale et culturelle et qui venaient parasiter la nation bleue de leurs idéaux arriérés. Récemment, ces derniers semblaient plus intenses, moins craintifs. Le simple fait d'avoir souhaité faire une démonstration en publique démontrait une confiance en eux. Une idée selon laquelle ils pouvaient agir impunément. Certes, il s'agissait peut-être d'un groupe isolé et stupide, mais la possibilité que cela ne soit que le reflet d'une situation plus large était également possible. Du pain, sur lequel Zelevas pourrait sûrement déposer de la confiture pour sa loi égide.

    Une fois arrivé au niveau de l'herboriste, mes yeux glissèrent sur les différentes étales. Contrairement à la zone des festivités, le calme semblait encore présent dans cette partie du bourg, bien que les différents marchands semblaient avoir tout de même une idée de la perturbation ayant eu lieu plus tôt. Approchant de l'un des comptoirs, je pris dans mes mains quelques millefeuille afin d'en vérifier le poids et la texture. Le propriétaire, un nain au visage aussi carré qu'une table, laissa son regard glisser sur ma tenue puis vers la zone d'où je venais.

    - Z'avez une idée de c'qui s'est passé? On a entendu des cris de peur puis là des célébrations. M'semblais pas qu'ils étaient aussi fort que ça nos conteurs.
    * Quelques agitations, rien de plus. *

    Etonné par ma télépathie, le nain fronça les sourcils avant de jeter un dernier regard vers la place des festivités. S'il n'avait pas été convaincu, ce dernier arriva rapidement à la conclusion que si j'étais plus ou moins responsable de ce qui se trouvait là bas, il valait mieux ne pas trop être curieux. Le commun des mortels avait au moins ce mérite. Leur sens de la préservation et la peur de la mort les empêchaient parfois d'être trop fouineur, ou de demander trop d'explications. Et dans mon cas, cela m'était plus appréciable que de devoir raconter tous les événements ayant eu lieu.

    Un peu plus tard, et lorsque mes achats furent effectués, je pus apercevoir Mortifère qui revenait vers moi. Toujours aussi prestigieux, je laissais mes yeux glisser sur sa stature imposante afin de déceler les potentielles émotions qui parcouraient l'incarnation de la science et du progrès. Non seulement il s'agissait de sa première expédition en dehors du laboratoire et dans la foule, mais en plus cette expérience avait été une réussite totale et une véritable célébration à son égard. De quoi réchauffer son cœur, et surtout le renforcer dans l'idée qu'il œuvre pour le bien commun et la glorieuse république. Cela prouvait, une fois de plus, que la fin justifiait les moyens. Et le sénateur en serait bientôt ravi. M'approchant donc du super soldat, je laissais de nouveau mon esprit glisser jusqu'au sien afin de prendre la parole.

    * Alors, comment as-tu vécu tout cela Mortifère? Les combats, la célébration qui s'en est suivie? Ton acclamation par la foule et la justice délivrée? Je marquai une pause, écoutant sa réponse. Et quid des imbéciles ayant bafoué l'honneur républicain? Le chariot est-il prêt? Si tu le désires, nous pouvons rentrer au laboratoire immédiatement ou profiter un peu plus du bourg et de ses autochtones. *

    Le choix était sien car après tout, cette sortie toute entière lui était consacrée. Et même si mes travaux me manquaient, je devais avouer qu'assister à ses démonstrations de force et qu'observer ses réactions était particulièrement intéressant. Si ce n'est pour l'intérêt propre que je portais à Mortifère, cela venait en plus agrémenter un peu plus mes théories sur le reconditionnement physique et mentale et servirait, plus tard, de point d'appui pour de futurs projets similaires.  
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  • Ven 1 Sep - 18:50
    Chargeant le derniers corps ligoté du cultiste qui implorait le pardon de son tortionnaire en de misérables marmonnements, Mortifère semblait en proie à des réflexions bien plus pressantes que l'inintéressant discours du malheureux illuminé qui trônait au sommet de la pile de corps. Son regard las tourné vers la foule qui exultait toujours avec tant de ferveur, il n'accorda à sa dernière victime qu'une attention mineure. Les griffes d'acier se refermèrent sur le front de l'individu et la carcasse blessée de ce dernier fut alors parcourue par un vif courant électrique, ce qui le paralysa partiellement et lui passa aussitôt l'envie d'argumenter avec le géant de fer.

    Les villageois qui l'avaient aidé à charger les malandrins le gratifiaient tour à tour d'accolades affectueuses ou de tapes sur l'épaule, semblant désormais complètement imperméables à la crainte qu'avait pu susciter plus tôt l'apparence hors-norme de leur sauveur masqué. Le soldat, pourtant, mesurait en silence le poids des mots de son mentor. S'il lui avait communiqué que c'était avec une grande fierté qu'il avait perçu les agissements de sa création, Mortifère conservait la désagréable impression qu'il aurait pu mieux agir. Pourquoi le Docteur tenait tant à demeurer dans les ombres, pourquoi ne pas vouloir s'accorder cette reconnaissance qu'il méritait ? Etait-ce idiot de courir ainsi après l'approbation d'autrui, était-ce le message que lui communiquait silencieusement celui qu'il admirait tant ?

    La tavernière attira le regard du colosse d'acier en lui tendant une chope de bière, chose qu'il accepta gracieusement et qu'il s'empressa de saisir en accordant à la tenancière un hochement de tête courtois en guise de remerciement. Les yeux toujours portés sur le Docteur qui effectuait les emplettes dont il avait parlé plus tôt. Son masque s'abaissa par télékinésie et le soldat porta à ses lèvres la boisson certes médiocre, mais qui avait le mérite au moins d'épancher sa soif. Engloutissant le tout d'une seule traite, il déposa sur un étal l'énorme tasse cabossée qu'on lui avait offert avant de relever le cuir par dessus son nez, pour enfin se rendre jusqu'au point de rendez-vous fixé par le Docteur.

    Ce dernier, aussi patient qu'étrangement aimable, ne paraissait nullement déçu ou agacé par le temps qu'avait perdu Mortifère auprès des plébéiens, chose qui rassura le militaire. Le Docteur lui demanda simplement si les préparatifs avaient été convenablement conclus et si le cobaye préférait partir ou profiter davantage de ce bain de foule qui lui était dédié, ce à quoi Mortifère ne répondit pas immédiatement. Balayant le peuple du regard, il vit les innombrables sourires qu'arboraient les villageois et jaugea un instant l'improbable couple d'acrobates qui s'étaient retrouvés dans une chaude et larmoyante embrassade. Ils étaient faibles et nul doute qu'à la prochaine opportunité offerte à ce culte, ils seraient tous deux torturés puis assassinés froidement. Mortifère, bizarrement, n'avait cure de ce sinistre sort qui leur était promis. Ses yeux luminescents se portèrent à nouveau sur le masque terminé en bec et la voix métallique du cerbère se fit entendre :

    "Partons, Docteur. J'ai à vous parler."

    Leur départ fut agrémenté de remerciements particulièrement chaleureux et de quelques maigres cadeaux. Mortifère accepta ces derniers et promit aux badauds que la justice la plus implacable qui fut se chargerait du sort des malheureux qu'ils avaient chargé comme de vulgaires sacs de viande. C'était entièrement faux, puisqu'ils finiraient sans doute leur parcours dans les geôles du scientifique en tant que sujets d'étude de basse qualité. Sans doute alimenteraient-ils l'instinct meurtrier d'une quelconque expérience ratée, un jour ou l'autre.

    Mais tandis qu'ils retournaient à l'infernale demeure de l'oiseau de proie, Mortifère fit preuve une fois encore d'une fidélité sans faille en effectuant une révélation pour le moins particulière. Son discours parut confus, les mots lui venant difficilement. Il était rare de le voir ainsi hésiter mais les tourbillons de pensées parasites qui malmenaient son esprit rendaient l'exercice infiniment complexe.

    "Je me dois de vous avouer quelque chose. Je n'ai rien à relever concernant mes sensations... physiques, dirons-nous. L'ouïe, l'odorat, la vue, le goût ou encore le toucher, tout cela est resté soit intouché soit amplifié par mes nouvelles capacités. C'est sur le plan spirituel et mental que je suis davantage troublé. J'ai la nette impression que des forces en dehors de ma portée œuvrent pour... m'empêcher de remettre en cause certaines choses. Je suis libre de penser ce que je veux mais c'est comme si les... émotions que devraient susciter ces réflexions ne me parviennent plus. Elles me semblent gommées, confuses. Ma colère est émoussée, mes joies sont légères, mon réconfort est passager. Est-ce... normal, Docteur ? Est-ce que cela fait partie de notre programme ?"

    S'il semblait perturbé, la situation était tout de même un parfait exemple pour illustrer son état. Au delà d'une simple confusion, il ne paraissait pas inquiété outre-mesure par cet état de fait et semblait davantage curieux qu'angoissé.
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  • Ven 1 Sep - 22:34
    Observant le sujet avec intensité, je bougeai doucement la tête en signe d'acquiescement lorsqu'il me demanda de partir. Ainsi, Mortifère souhaitait me parler seul à seul? Etrange. Les badauds n'auraient de toute façon pas compris de quoi nous pouvions bien parler mais bon... Je suppose que la question à proprement parler devait perturber suffisamment le soldat républicain pour qu'il préfère ne se confier qu'à moi. Une fois sur le chariot et en route donc, je me retournai simplement vers notre chargement afin de compter le nombre de corps récupérés. Ces derniers seraient utiles à mes recherches et, surtout, ils me permettraient de creuser un peu plus cette histoire de fanatisme et d'agir en conséquence. Pour le reste, ces hommes et femmes allaient sans aucun doute devenir des cobayes. Des sujets d'expérimentations voués à subir un reconditionnement psychologique dans le meilleur cas, ou bien de source pour diverses machineries magiques. Puis, une fois que nous étions éloignés du village, Mortifère se décida à prendre la parole.

    Les mots du super soldat étaient une preuve irréfutable que le traitement fonctionnait parfaitement. Mieux encore, il mettait en lumière le fait que malgré tout ce que le sujet avait vécu, il demeurait entier dans ses capacités de réflexion et d'autonomie. Seulement, au lieu de supprimer complètement ce genre de penser ou de dresser systématiquement des barrières permettant d'éviter les pensées intrusives ou contradictoires à l'ordre républicain, nous étions partis sur une autre voie. Dans l'idée, nous espérions pouvoir atténuer suffisamment l'intérêt pour ces questions afin de les rendre aussi inutiles qu'inintéressantes. Plutôt que plonger le sujet dans une profonde amnésie, nous faisions en sorte de créer une profonde apathie. Ainsi, le super soldat n'ignorerait rien de son propre état, il s'en moquerait simplement. Mieux encore, il en serait fier. Plongeant mon regard sur le guerrier élu, je laissai flotter mon esprit afin d'entrer en contact avec le sien.

    * Lorsqu'il fut question de te créer, nous avons étudié tous les aspects qui feraient de toi le super soldat que tu es à présent. De la forme de tes prothèses au mélange chimique que tu as bu quotidiennement, rien a été laissé au hasard. Parmi les différents choix que nous avons fait, il a été assez évident pour nous de trouver un moyen de te rendre insensible à toute forme d'horreur. A tout chaos, qu'il soit psychologique ou magique. A l'instar des loups-garous, nous avons essayé de te rendre aussi insensible que possible aux intrusions psychiques et psioniques. Malheureusement, nous n'avons pu qu'altérer ta perception des émotions. Ce que tu prends pour une camisole psychologique est en réalité un cocon mental. Si ce n'est pas si éloigné que ça de la camisole, cette protection vient entourer tes émotions afin de grandement les nuancer. Ainsi, tu peux garder ton sang froid dans beaucoup de situations. Ne pas percevoir de potentiels mensonges comme des vérités et toujours garder à l'esprit ta mission et les gens à protéger. Nous n'avons pas éteint tes pensées, Mortifère, car nous te voulons aussi humain que possible. Mais malgré cette volonté, il a été nécessaire d'imposer à ton cerveau une forme d'inhibition. D'abord pour éviter les paniques, comme dit plus tôt, mais aussi pour t'aider à supporter les traumatismes physiques que ton corps a reçu. *

    Je marquai une pause, sortant mon carnet pour dessiner rapidement un cerveau sur une page blanche que je montrai ensuite au républicain tout en griffonnant vaguement certaines parties.

    * c'est ici que les mélanges chimiques ont eu lieu, c'est ici que le tout s'opère. Cependant, si tu constates des symptômes étranges au cours de tes futures aventures. Si tu as l'impression d'avoir été trahi, d'avoir la tête qui brûle ou si tu ressens une émotion trop forte vient me voir. Je ferai en sorte de te remettre d'aplomb. Comme neuf. Outre le projet Palladium, tu es une merveille de science et de progrès Mortifère, et je refuse que tu souffres psychologiquement à cause de ta primeur. *

    Ce n'était même pas véritablement un mensonge. J'avais de l'intérêt pour Mortifère. Il s'avérait prometteur et via ses actions, je pourrai prouver au monde l'importance du génie scientifique et, surtout, m'assurer que cette création ne finisse pas au rebus lamentablement car un quelconque officier haut placé aurait mal pris une remarque d'un esprit libre. Alors, si d'aventures Mortifère venait me voir en exprimant ses doutes sur la nation bleue, et si le projet tiendrait encore, il me serait normal de m'occuper de lui. Si ce n'est pour assurer sa stabilité psychologique, même si cela voulait aussi dire repasser par une ou deux semaines de chambre d'isolement et de divers méthodologies que je préfèrerais éviter sur lui. Après tout, son cerveau avait déjà survécu aux nombreuses drogues et mélanges chimiques reçus une fois, mais rien ne nous indiquait qu'il y survivrait une seconde fois.

    * Pour terminer, sache que je suis très fier de ce que tu es. Et malgré ces quelques questions qui se bousculent parfois dans ta tête, tu as fait montre d'une capacité de réflexion aussi efficace que tes poings. La République peut elle aussi être fière d'avoir des âmes aussi vaillantes que la tienne. Et n'oublie pas. Au moindre mal, physique, magique ou mental, je serai là. Car tel est mon métier et mon devoir. Sur ce, espérons ne pas tomber sur de nouveaux ennuis en route. J'aimerais rejoindre rapidement le laboratoire pour savoir quoi faire de nos amis cultistes. Et puis, de ce que je sais, le Sénateur devrait arriver assez rapidement. *

    Et ainsi, le chariot continua sa longue route jusqu'au laboratoire. Et alors que j'apercevais les quelques laborantins fumant et se plaignant près de la perte du bâtiment, je ne pus retenir un large sourire sous mon masque. Le monde allait bientôt découvrir Mortifère ainsi que tous les progrès qu'il représentait. Et j'avais hâte de le voir à l'œuvre. Hâte que notre cher Zelevas puisse lui aussi admirer la technologique faite chair.
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  • Mar 5 Sep - 5:16
    Si la question avait été abordée avec une grande hésitation, la réponse du praticien vint quant à elle tout naturellement, pour avoir sans doute été longuement étudiée par ce dernier. La voix sifflante de son mentor accaparait tout l'esprit de Mortifère, s'insinuant en lui pour lui faire entendre raison et y parvenant avec une telle aisance que l'apaisement du soldat fut presque instantané, ce d'une façon qu'il aurait qualifié de surnaturelle. En vue des prouesses médicales dont était capable l'homme au masque de volatile, l'hypothèse d'un raisonnement mystique n'était d'ailleurs pas particulièrement déraisonnable. Ce ne fut, au demeurant, pas l'explication qu'apporta le Docteur face au sujet des tourments qui assaillaient l'esprit du militaire.

    Au delà de simplement chasser son inquiétude, les propos du praticien ne manquèrent pas de faire sourire le cobaye. Ce qu'il avait ressenti comme un trouble potentiel n'était au final que l'une des innombrables armes mises à son service par la grandeur Républicaine. La digne forteresse qu'était devenue son corps métamorphosée n'était plus son seul atout, car même sa psyché avait été altérée pour en gommer la moindre faiblesse, faisant de lui cette arme parfaite qu'il avait toujours souhaité devenir. La question de cette transformation psychologique était certes trop vaste pour être écartée aussi simplement et nul doute d'ailleurs qu'elle reviendrait tôt ou tard sur le tapis mais, pour le moment tout du moins, Mortifère percevait les informations qu'il venait de recueillir comme étant satisfaisantes.

    "Je vous remercie pour votre transparence, Docteur. Je vous remercie pour tout, d'ailleurs."

    Finalement, il avait su trouver sans tout à fait le réaliser cette opportunité idéale pour faire les éloges de son créateur. Ce n'était pas vraiment aussi solennel qu'il l'avait envisagé de prime abord, puisque la chose ne s'était pas faite genou à terre et menton relevé et qu'il se contentait au lieu de cela de traîner comme un bœuf un tas de cadavres surmonté lui-même d'une pile de malheureux ligotés et implorants, mais le message avait tout de même eu le mérite de passer. Ce n'était plus la première fois que les deux êtres tenaient entre eux ce genre de discours tout en trimballant des âmes damnées jusqu'à leur trépas, faisant fi de toute forme de pitié. Mortifère se moquait de leur sort et occultait à la perfection les râles des plus vifs d'entre eux. Il était heureux, ou en avait-il tout du moins l'impression, car il voyait enfin au loin sa nouvelle existence tant attendue se profiler. Loin des échecs passés et de la faiblesse de sa chair médiocre, il était devenu précisément ce qu'il avait toujours rêvé d'être.

    Accordant un regard à son interlocuteur, Mortifère ne put s'empêcher néanmoins de relever avec un certain amusement le surréalisme de la situation. Le discours du Docteur était imprégné de fierté, de valeurs et bien qu'il fut vivifiant pour le soldat, ce dernier trouva curieux de voir ces mots prononcés par son mentor et non par Zelevas lui-même. Le Docteur était bien trop sage pour se laisser transformer par les discours du Sénateur, mais il avait par deux fois désormais reconnu à ces terres quelques véritables qualités, au delà de la facilité à pratiquer sa profession. C'était un point sur lequel les deux interlocuteurs s'entendaient alors parfaitement.

    "J'aimerais également éviter de trouver de nouveaux opposants."

    Etait-ce par lassitude ou par fatigue ? Avait-il finalement vidé des ressources de combat ?
    Un sourire déforma son masque de cuir et il ajouta d'un ton taquin :

    "Il n'y a plus de place dans le chariot."

    La route, étrangement, fut bien paisible.
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