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  • Lun 7 Aoû - 3:39

    La porte d'une chambre fut claquée et fermée à clé. Derrière le métal rouillé, des gémissements et des râles d'agonie se faisaient entendre. Des bottes de cuir martelaient le sol et le son d'instruments triés et lavés à l'eau résonnaient un peu partout dans les ténèbres de l'immense laboratoire. L'odeur forte et lancinante des produits chimiques et du matériel d'alchimie emplissait l'air, le rendant vicié et irrespirable pour tous ceux qui n'y étaient pas habitués. Il régnait, au fin-fond de cette obscure antre dédiée à la science, une atmosphère cauchemardesque aisément assimilable à un véritable enfer.

    Lorsqu'une froide goutte d'eau tomba sur son front, le visage blafard de Mortifère s'anima légèrement. Privé de ses mains artificielles, il se contenta de secouer la tête pour se débarrasser de l'eau et se décala sur le côté, s'asseyant dos au mur sur sa couche crasseuse. Combien de temps s'était-il assoupi ? Avait-il seulement dormi, cette nuit ? La solitude et l'ennui lui faisaient parfois perdre cette notion. Avec lenteur, il balaya du regard cette cellule qu'il ne connaissait désormais que trop bien, mais s'émerveilla en silence de pouvoir la redécouvrir avec ses nouveaux yeux. Ajustant par magie la contraction de ses pupilles, il se surprenait systématiquement lorsqu'il parvenait à déceler dans la noirceur de la pièce des détails qu'il n'avait autrefois jamais pu apercevoir. Rien ne lui échappait plus, de la moindre fissure jusqu'à la plus fine aspérité laissant pénétrer l'air. Ce n'était pas grand-chose, en vue de la myriade d'autres capacités dont il était désormais pourvu, mais chacune de ces nouveautés lui donnaient l'impression de vivre un véritable rêve éveillé.

    Malgré la souffrance, malgré les destructions atroces qu'avaient connu son corps massacré jusqu'au point de non-retour, Mortifère souriait fébrilement, les yeux perdus dans le vide et l'air profondément béat. Vêtu simplement d'un pantalon de toile, les cheveux en bataille et l'air hagard, le représentant du nouveau projet clé de la République faisait bien peine à voir et pourtant, il était heureux. Le son agaçant d'une mouche voletant non loin de son lit lui parvint, et son sourire s'agrandit encore. Ses cheveux noirs se soulevèrent légèrement, comme parcourus par une brise mystérieuse et, d'un seul coup, le cobaye effectua un vif geste de menton en direction de l'insecte. Un petit caillou posé sur son lit se mit à vibrer subitement, puis fut propulsé à toute vitesse pour frapper la mouche de plein fouet, la sonnant suffisamment fort pour la faire chuter. Mortifère pouffa discrètement, puis retourna à ses pensées, le silence étant revenu. Après un long soupir lassé, il se mit à siffloter un chant militaire républicain pour patienter jusqu'à l'arrivée de son invité.

    Car aujourd'hui était un grand jour, peut-être même le second plus grand de toute son existence, le premier étant la signature de ce contrat formidable qui l'avait mené à cette fabuleuse aventure. Aujourd'hui était un jour spécial.

    Le Docteur lui rendait visite.

    Si cet étrange praticien dont on ne savait rien ou presque était considéré par beaucoup comme un monstre sanguinaire, Mortifère quant à lui ne le voyait pas de cette façon. Le Docteur était son principal bienfaiteur, un génie qui s'était montré capable de repousser simultanément les limites de la science et de l'éthique pour atteindre -et dépasser- un nouveau cap sur le plan de la recherche militaire. S'il avait côtoyé le Docteur lors de nombreux essais et lors de l'administration de divers médicaments, Mortifère n'avait pas encore eu l'occasion de le remercier en personne pour ce cadeau qu'il lui avait fait.

    C'était donc avec une certaine nervosité qu'il attendait la venue de ce personnage qu'il idolâtrait avec tant de ferveur. En tendant l'oreille, il entendit derrière la mélodie des cris et des pleurs de ses pairs le bruit rythmé de chaussures foulant le sol. Lorsque les pas cessèrent devant la porte de sa chambre et qu'une clé fut insérée dans la serrure, Mortifère se redressa et laissa apparaître ses dents en un sourire dévoilant toute son impatience et sa joie.

    Enfin, il était là.
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  • Lun 7 Aoû - 15:39

    Grattant ma plume sur le papier séché d'un nouveau parchemin, je consignai soigneusement les derniers rapports d'expériences menées. Fier de ce que nous avions accompli, j'avais passé les derniers jours à écrire à mon mécène afin de l'informer de nos réussites et des prochaines étapes du projet. Je devais l'avouer, le sujet nommé "Mortifère" avait dépassé nombre de mes espérances. Non seulement il avait survécu aux différentes manipulations effectuées sur son esprit, mais aussi aux différentes lacérations menées sur son corps. Des mutilations que beaucoup auraient pu considérer comme abjectes et immorales mais qui, en vérité, avaient permis la création d'un être supérieur. Car c'est ce que mon sujet favori était. Une nouvelle étape dans le progrès humain. Terminant mon écriture, je scellai ensuite le parchemin d'un sceau républicain avant de ranger ce dernier dans un des nombreux tiroirs de mon bureau. Puis, je me levai doucement afin de me rendre vers les sous-sols.

    Traversant le premier étage, j'observai les différents tableaux et autres teintures murales alors que je me dirigeai vers les escaliers menant au rez de chaussée. Malgré les travaux pressants et la nature de notre projet, cela faisait quelques jours que je n'avais pas eu l'occasion de descendre au sous-sol et plus spécifiquement de venir rencontrer mon sujet préféré. Heureusement, les quelques chercheurs et limiers mandatés par Zelevas avaient été d'une aide précieuse, ne serait-ce que dans l'aspect "social" du projet. Enfin. Si tant était qu'on pouvait parler de social dans le fait de mutiler complètement un être humain pour le transformer en arme humaine.

    Passant rapidement devant l'entrée du laboratoire, je ne saluai même pas les quelques scientifiques que je pouvais croiser. Ils ne méritaient, pour l'heure, pas mon attention. Et a vrai dire, ces derniers ne se fatiguaient même plus à le faire. La plupart, malheureux d'être présent dans mon laboratoire semblaient plus me craindre que me respecter. Peu m'importait. Pour moi, seuls mes projets étaient importants. Seuls eux, méritaient le temps que j'acceptais de leur accorder. Sortant un trousseau de ma sacoche, j'enfonçai alors une énorme clé dans la serrure de la porte menant aux sous-sols. Puis, j'entrai naturellement et savourait avec cruauté les multiples sanglots et autres complaintes qui résonnaient dans les couloirs. Mortifère avait été une réussite, à n'en point douter. Mais il y avait encore tellement d'autres potentiels sujets. De pistes à explorer. Le travail n'attendait pas. Marchant doucement, les mains dans le dos, je laissai mon regard glisser doucement sur les nombreuses portes des chambres à sujets. A nouveau, j''ouvrai différentes grilles et par acquis de conscience, j'observai également d'un œil distrait les salles d'expériences desquelles s'élevaient une forte odeur ferreuse et salée.

    M'approchant de l'une d'entre elle, je prenais le temps d'analyser les multiples corps qui se tortillaient sur les tables. Ici, une tentative de greffe semblant infructueuse. Là, des expériences visant à observer la réaction des corps face à différents poisons. Combien d'âmes étaient actuellement présentes dans le laboratoire? Je n'aurai vraiment put le dire. Tout ce que je savais, c'est que j'avais pour le moment l'autorisation de procéder comme bon me semblait. Et cela avait payé alors, je n'avais aucun doute sur le fait qu'on me laisserait par la suite œuvrer sans grandes questions. Quittant les salles d'expérience, je me dirigeai alors enfin vers la chambre de Mortifère. En chemin, je fus rejoint par quelques collègues. Trois, ou quatre, peu importait. Ils n'étaient de toutes façons pas présent pour effectuer une quelconque analyse. Seulement venir aider le sujet à, plus tard, obtenir ses prothèses. Nous avions de nouveaux tests à réaliser. Même s'il était une réussite, il nous fallait assurer l'efficacité du produit et son bon fonctionnement. Fort heureusement, Zelevas m'avait offert quelques pistes.

    Ouvrant la lourde porte barrée qui emprisonnait Mortifère, je pris quelques instants sur le pas de cette dernière pour observer mon sujet. Sur son corps mutilé, je ne voyais que science et réussite. Un agglomérat de savoir incrusté dans la peau d'un homme, lui permettant de transcender sa nature faiblarde et de devenir un prototype à l'évolution. Des dieux régissaient ce monde et, grâce à ce genre de choses, l'humain serait peut être un jour lui aussi capable de se nommer dieu. M'avançant finalement, je marchais doucement dans la pièce tandis que dernière moi, un jeune laborantin poussait une table pleines d'outils médicaux et de concoctions diverses. Me plaçant devant Mortifère, je me penchai légèrement tel un vautour fondant sur sa proie tandis qu'il restait assis.

    * Comment te sens-tu, Morfière? *

    Attrapant un stylet métallique, j'utilisai ce dernier pour venir toucher les moignons aménagés qui permettaient la fixation des prothèses, il me fallait m'assurer qu'aucune infection soudaine faisait son apparition ou pire, un rejet quel qu'il soit. Puis, je venais fixer les yeux du patient tout en continuant de lui parler. Après tout, mes différentes manipulations étaient aussi bégnines pour le concerné qu'un coup de scalpel soudain.

    * Des picotements dans l'épaule? Un sentiment de malaise? Une envie de vomir? Constates-tu des effets secondaires ou bien es-tu en pleine forme? S'il y a quoi que ce soit, tu te dois de m'en faire part afin que je puisse te corriger.  *

    Je quittais ma première auscultation, déposant le stylet pour venir attraper une concoction jaunâtre que je débouchonnai alors que je m'approchai de nouveau de Mortifère.

    * Ouvre le bouche. Il s'agit d'un remède pour éviter tout rejet de tes greffes. Cela renforcera également ton lien avec la magie et facilitera ton appréhension de tes sens affutés. Je ne doute pas que tu sois déjà parvenu à t'habituer à ces nouveaux dons mais... Aujourd'hui est un jour important alors je te veux au plus haut.  Je marquai une légère pause, versant le contenu dans la gorge du concerné. Nous allons procéder à de nouveaux tests. Plus poussés, potentiellement. Cela ne fait pas totalement parti du cahier des charges mais on m'a demandé de tout de même te faire pratiquer un peu. Tu te sens prêt pour cela? Si tu as la moindre appréhension, il faudra m'en informer très vite.  *

    Je retournai par la suite déposer la fiole vide sur le plateau d'acier, attrapant une légère mixture malodorante. La plaçant dans un bol d'argile, je l'écrasai alors pour la mélanger à un liquide bleu, formant une sorte de bouillie étrange et brillante. Déposant le bol aux côtés du sujet, je fixai ce dernier aux travers de mes lentilles teintées.

    * Utilise tes nouvelles forces pour mener ce bol à tes lèvres. La mixture ne sera pas agréable mais, au moins, elle te stimulera un peu. Nous irons ensuite à l'atelier quatre afin de poser tes prothèses. *

    Vraiment, cette journée promettait beaucoup de choses. Outre l'aspect orgueilleux de voir ma plus grande expérience agir et bouger, je devais reconnaître mon impatience quant aux nouveaux essais qui seraient réalisés sous peu. Mortifère était le résultat de connaissances pourtant interdites et préservées. Et aujourd'hui, il pouvait montrer à quel point mes investisseurs avaient eu raison de croire en ce projet fou. Car l'arme humaine était parfaite, et ne pouvait que s'améliorer d'avantage. A termes, nous allions probablement pouvoir retenter de nouvelles créations tels que celle-ci.

    Enfin... Si le taux de mortalité baissait suffisamment.      
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  • Lun 7 Aoû - 19:04
    Le tant attendu Docteur repoussa prestement la porte de la chambre et lorsque Mortifère vit poindre le bout du bec de cuir dans l'entrebâillement de la porte,  son sourire vint s'élargir encore. Du fait de sa condition, se redresser était encore difficile pour lui mais il voulut tout de même se lever pour faire face à l'illustre personnage qui venait de fouler le sol de son antre. Le soldat fut toutefois coupé net dans cet élan car le Docteur, avec diligence et empressement, avait déjà écourté la distance qui les séparait, ne perdant pas la moindre seconde de son temps bien trop précieux. Mortifère s'immobilisa donc, car l'examen débutait. Une première question s'insinua dans son esprit, titillant l'arrière de son crâne comme un souffle glacial. Quelque peu décontenancé, il laissa le praticien s'approcher pour triturer les lésions encore fraîches sur lesquelles avaient été effectuées les greffes. Son corps partiellement anesthésié par les produits qui lui avaient été injecté la veille ne réagit pas aussi vivement qu'à l'accoutumée au contact du stylet, mais le cobaye cependant ne put réprimer une moue suite au pic aigu de douleur qui le prit de l'épaule jusqu'à l'échine, avant de le frapper à la mâchoire. D'une voix étranglée, il entama :

    "La douleur est présente, mais insignifiante. Elle s'affaiblit de plus en plus chaque jour. Pas de malaise, pas de vomissement, pas l'ombre d'une migraine depuis plus de trois jours, à peu près..."

    Il ne mentait pas pour flatter l'égo de son bienfaiteur. Si son corps encore partiellement humain n'avait pas été immunisé à la douleur, Mortifère ne l'interprétait plus comme autrefois. De bien des manières, il la percevait comme un simple détail dans le tableau de sa glorieuse ascension, pas plus ni moins qu'un maigre obstacle dressé sur sa route pour rendre ses accomplissements d'autant plus héroïques. Cette absence de réaction épidermique face à la souffrance ne l'abstenait pas cependant de se montrer transparent quant aux quelques problèmes associés à sa métamorphose. L'assistant qui avait suivi le docteur manipulait des ustensiles sur son chariot, mais Mortifère ne semblait avoir d'yeux que pour son interlocuteur télépathe. Avec un calme et une distance curieuse étant donné qu'il était question des altérations de son propre organisme, Mortifère reprit :

    "J'ai du mal à me servir du mécanisme de rejet des capsules. Je maîtrise de mieux en mieux la télékinésie mais j'ai encore des difficultés à me focaliser pour contrôler ce que je ne peux pas voir."

    Pour illustrer son propos, il s'agita un peu et ses cheveux charbonneux se dressèrent doucement, comme après une élévation d'électricité statique. Dans un raclement métallique, des bruissements se firent entendre dans son dos lorsque les supports articulés permettant d'accueillir les capsules de potions se mirent à trembler, claquant à un rythme irrégulier et démontrant donc, de façon assez frustrante d'ailleurs, à quel point la manipulation de ses greffes manquait encore cruellement de précision. Le Docteur l'écouta, mais passa tout de même à l'étape suivante. Mortifère fut invité à boire une nouvelle solution et il obtempéra sans sourciller, malgré le goût absolument répugnant du médicament qui lui était administré. Les effets ne tardèrent pas à se faire sentir et sa tête parut s'alléger, l'espace d'un instant, pour ensuite s'alourdir d'un coup, rendant ses réflexions passablement difficiles, mais il prit soin de tenir bon et de rester alerte.

    Une seconde vague de sensations le frappa ensuite. Une vive chaleur le prit à la gorge, lui arrachant une brusque quinte de toux accompagnée d'une augmentation fulgurante, mais brève, de son rythme cardiaque. Il baissa la tête pour éviter de cracher par inadvertance au visage du Docteur, mais constata un changement curieux de son champ de vision. Sa magie semblait s'être actionné d'elle-même et ses pupilles luminescentes s'étaient dilatées, étendant automatiquement ses facultés physiques en accordant à sa vision une précision encore jamais atteinte. En fixant son regard sur la botte du Docteur, le cobaye découvrit qu'il était capable d'apercevoir avec précision la moindre fissure sur la surface de ces dernières. En reprenant peu à peu le contrôle sur son souffle, il parvint lentement à calmer son cœur pour pouvoir se recentrer sur les propos du Docteur. Suivant les instructions qui lui étaient données concernant le bol, il hocha la tête en guise de confirmation puis se mit à l'œuvre.

    Son corps tout entier se contracta , le produit qu'il avait ingéré le contraignant à une  extrême focalisation sur ses aptitudes. Face à cette force qui surgissait en lui avec brutalité, il manqua de peu de retourner le bol et de le jeter par terre mais, d'un simple ajustement quelque peu paniqué, il parvint à rétablir l'angle adapté pour éviter de renverser le contenu. Son oeil sain et sa visière grotesque se rivèrent sur l'objet du test et, dans une courbe absolument parfaite, le bol fut mené de son point d'origine jusqu'à la bouche entrouverte du jeune militaire. Faisant pencher le tout d'un simple coup de menton, il engloutit l'entièreté de la pâte en tâchant de bien la mâcher pour éviter de s'étrangler avec. La télékinésie présentait de nombreux avantages, mais l'absence d'une dizaine de doigts rendait tout de même de nombreuses tâches usuelles pour le moins complexes, voir parfois risquées.

    Après avoir avalé le tout en ignorant les suppliques de ses papilles qui avaient enduré tout et n'importe quoi pendant bien trop longtemps, il s'humecta les lèvres d'un coup de langue avant de répondre avec entrain :

    "Je n'ai ni crainte ni question concernant les tests à venir. Je pense être opérationnel et prêt pour un déploiement sur le terrain, Docteur."

    C'était bien présomptueux de sa part mais, malgré son enthousiasme, Mortifère brûlait surtout d'envie de pouvoir user de ses nouvelles capacités en situation réelle. Combien de temps avait-il passé entre ces quatre murs, au milieu de cet océan de hurlements et de pleurs ? Il n'en avait plus la moindre idée, le temps lui paraissant atrocement dilaté par l'absence de repères concrets et de liens avec le monde extérieur. Finalement, le jeune homme se pencha en avant pour se donner une légère impulsion puis se redressa d'un bond, se tenant enfin aux côtés du Docteur qui était l'un des rares hommes à le dépasser en hauteur.

    Ses jambes aux tendons partiellement métalliques peinaient encore à s'ajuster aux ajouts, mais sa démarche s'était faite plus assurée et moins claudicante au fil des expériences et de l'entraînement rigoureux qu'il avait suivi. Ce fut donc sans trop de mal qu'il se dirigea au centre de la chambre pour échauffer ses muscles en vue d'une future sortie. A la simple idée de pouvoir à nouveau porter ces bras magnifiques que l'on avait taillé sur mesure pour lui, Mortifère était empli d'une bouillonnante impatience.

    "Je suis prêt, les résultats des examens sont-ils satisfaisants selon vous ?"
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  • Lun 7 Aoû - 21:11

    Fixant Mortifère, j'observai son corps meurtri au travers de mes lentilles. Malgré les cicatrices et autres traces de mutilations, je pouvais aisément remarquer l'efficacité de la guérison et le risque infime de réouverture des plaies. Penchant la tête sur le côté, j'ignorai partiellement sa question tandis que je venais toucher la liaison entre la peau et le mécanisme d'injection des potions.

    * Ne bouge pas. *

    Je maintenais ma pression, appuyant du bout des doigts sur différentes zones pour chercher la moindre faille. Le moindre signe que le tissu musculaire risquait de se déchirer. Que le derme rejetait le tout. Fort heureusement rien ne fut constaté et j'en tirai donc la conclusion que ces soucis d'activations prenaient surtout d'un manque d'entraînement. Après tout, le sujet était éveillé et fonctionnel depuis un temps assez court et il était inutile de brusquer les choses. Retournant par la suite devant mon interlocuteur, je fixais son visage mutilé.

    * Pour le rejet des capsules, n'hésite pas à t'entrainer d'avantage entre deux sessions de renforcement. Ta peau prend bien la greffe et les muscles ne sont pas meurtris. Ce qui bloque est effectivement uniquement lié à un manque d'habitude. *

    Je faisais alors signe à mon sujet de me suivre. Son enthousiasme était particulièrement flatteur. Il était une exception dans la multitude de sujets qu'on m'avait offert. Il représentait le fleuron de l'invention républicaine. Et, pour le moment, il démontrait également une grande motivation. Cela était peut-être en partie dû aux lavages de cerveaux reçus mais peu m'importait. Avoir un sujet qui ne se plaignait pas, c'était un véritable plaisir.

    * Bien sûr que tes examens sont satisfaisants. Je n'aurais pas toléré autre chose. *

    Je le guidais au travers des couloirs qu'il connaissait pourtant parfaitement. Derrière nous, le groupe de scientifiques avançait en demeurant silencieux. En raison de mon mutisme, seuls les râles d'agonies pouvaient être entendus, exception faite de la voix altérée de Mortifère lorsque ce dernier souhaitait prendre la parole. Assez vite, nous arrivâmes dans une grande salle d'examen où trônait une grande armoire aux portes métalliques. Au centre de la pièce, une table d'opération attendait sagement qu'on ne vienne l'exploiter. Montrant vaguement de la main cette dernière pour signifier à mon patient d'aller s'y installer, je tournai ensuite doucement la tête vers le groupe d'accompagnateurs.

    * Allez y. *

    Dans un mouvement à peine précipité, l'ensemble des assistants se mirent en route. Ouvrant les lourdes portes d'acier, les laborantins admirèrent quelques instants les deux grandes prothèses qui attendaient sagement qu'on ne vienne les décrocher des râteliers sur lesquels elles avaient été entreposées. Je devais bien l'avouer, la technologie employée pour ces magnifiques bras mécanisés était remarquable. Naturellement, son application dans un contexte militaire n'avait pas encore put être effectuée mais je n'avais aucun doute concernant ce dernier point. Tout, en Mortifère, transpirait le progrès scientifique. Une arme humaine. A nouveau. Un entre deux mélangeant le genre humain à la science sous sa forme la plus pure. Drogue. Mécanique. Ingénierie. Tout avait été fait pour faire en sorte que la figure de proue républicaine puisse exceller dans ses futures missions. Attrapant donc les différentes prothèses, les laborantins invitèrent Mortifère à se détendre tandis qu'ils venaient placer les membres artificiels. Etant donné le côté "récent" de ces dernières et de la greffe, je venais silencieusement vérifier les états de santé du sujet ainsi que l'assurance des fixation. Si la conceptualisation des prothèses m'échappaient et ne suscitait en moi qu'un désintérêt profond, l'articulation entre organique et artificielle m'intéressait.      

    C'est donc sous mon œil observateur que les différents scientifiques vinrent installer les prothèses sur les moignons ferreux de Mortifère. A plusieurs reprises, je m'assurais qu'aucun "contre temps" ne pouvait venir gêner cette délicate installation. Après tout, une fois que le sujet quitterait le laboratoire, il ne pourrait plus bénéficier de la moindre assistance médicale. De fait, il était primordial que je sois certain que toutes les conditions étaient réunies. Les huiles pressaient pour que le projet touche à sa fin et que les premiers tests soient réalisés en conditions réels mais, comme je l'avais d'ailleurs dit à Zelevas, nous avions réalisé l'impensable. Nous avions défié les lois de la nature et permis l'élévation de l'humain. Alors. S'il fallait attendre deux jours de plus pour éviter au sujet de mourir d'une septicémie, nous allions attendre deux jours.

    Une fois l'installation réalisée, les laborantins s'écartèrent afin de laisser Mortifère se relever et je pus percevoir dans leurs regards toute la fierté qui caractérisait ce qu'ils venaient d'assembler. Oui. C'était bien fait, assurément. Mais ils n'avaient fait que reproduire ce que les plans leur avait déjà appris. Aucune innovation. Enfin. Je ne pouvais pas vraiment leur en vouloir. Quand le sujet fut enfin debout et sorti de la table, je lui faisais de nouveau signe de me suivre, le menant vers une chambre de sujets. A l'intérieur, se trouvait Mike Fawkes.

    Mike Fawkes, entré dans le projet en même temps que Mortifère, avait au préalable démontré des potentiels exceptionnels. Pour dire vrai, les premiers tests réalisés sur sa personne avaient montré un potentiel bien plus grand que celui de l'entité formée qui se trouvait à présent à mes côtés. Malheureusement, les premières injections changèrent drastiquement la donne et les nombreuses manipulations mentales laissèrent une créature étrange, humaine mais enragée. Semblable aux goules immondes qui rampaient dans les profondeurs de Shoumeï. On m'avait demandé de le tuer, proprement et avec humilité. C'était un ancien capitaine de la GAR. Un héros de guerre. C'était un échec. Un sujet raté qui s'était effondré sous le poids d'une expérience à laquelle il avait souhaité participer. Un débris, cassé et déformé, qui n'attendait que la mort pour échapper à la honte de son existence ratée. Me tournant vers Mortifère, je lui montrai la porte tandis que j'enfonçai doucement la clé permettant d'ouvrir cette dernière.

    * Peu importe ce qui se trouve à l'intérieur, j'aimerai que tu puisse expérimenter tes bras, et ta force, sur l'ennemi prisonnier de ces murs. N'utilise aucune magie à part ta force amplifiée. Montre moi l'étendue de tes réflexes et la résistance des prothèses. Je vais observer cela. Tue le et nous pourrons passer à la prochaine étape de ton déploiement. *

    Le cliquetis de la serrure s'acheva alors et, dans un mouvement volontairement lent, j'ouvrai finalement la porte pour donner l'accès à la chambre.    
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  • Lun 7 Aoû - 22:50
    Sans remettre en cause une seule seconde les dires de l'expert, Mortifère ne put toutefois réprimer un élan de frustration face à son manque évident de réussite. La conception des prothèses n'était pas en cause, le matériel non plus et encore moins le traitement médical qu'on lui administrait régulièrement pour amplifier ses capacités. Le problème venait de l'homme, cette part de faiblesse faite de chair molle et inefficace, à laquelle se joignait une matière grise trop paresseuse pour faire usage de la magie avec l'adresse requise pour accomplir ce pourquoi il avait été conçu. Le jeune soldat ne souhaitait qu'une seule chose : devenir parfait. Cette perfection, il ne pouvait espérer l'atteindre qu'en dépassant ses limites ainsi que les attentes de ceux qui lui avaient permis de se hisser jusqu'ici grâce à leur génie et leur bonté.

    "Bien, je vous remercie... Et je tâcherai de m'entraîner pour pallier à ce manque de précision. Ce ne sera bientôt plus un problème. "

    Formel, courtois mais surtout bien trop sobre. Ce n'était pas à l'image du discours de remerciement grandiloquent qu'il s'était préparé à effectuer sans en trouver l'occasion. En présence du Docteur, Mortifière avait de toute manière toujours l'impression de ne pas trouver sa place dans les conversations et de devoir se contenter de suivre le praticien dans sa quête de progrès et d'éternel renouvellement. C'était aussi bien comme cela, à bien y songer. Pourquoi se perdre en palabres, lorsque l'on faisait face à celui qui savait déjà tant et qui découvrait seul ce qu'il avait besoin de déchiffrer ? Le jeune cobaye était naïf, mais pas totalement idiot pour autant et savait de toute manière qu'il n'avait aucun éclaircissement à apporter au Docteur, d'où son habituelle et pudique restriction en matière d'échanges verbaux.

    Ils parvinrent enfin jusqu'à la salle où se situait son équipement et lorsqu'il entraperçut les prothèses mécaniques qu'il avait déjà eu l'opportunité d'essayer en quelques rares occasions, Mortifère ne tenta même pas de réduire l'amplitude de son sourire démesuré. C'était la part manquante de sa splendide transformation et le simple fait d'en avoir été privé ne serait-ce que quelques jours avait constitué pour lui un défi certes surmontable, mais ô combien épuisant. Sur ordre du Docteur, il sauta pour retomber assis sur la table d'opération puis se mit en position pour la phase suivante, le dos bien droit et la nuque tendue. Inspirant puis expirant profondément, il se prépara pour la pose de son matériel et tâcha de se relaxer malgré l'excitation. Il n'était pas question de se fouler quoi que ce soit lors du grand jour pour un simple coup de sang, après tout.

    Sans le consulter davantage, on vint appliquer contre les socles métalliques les prothèses. Une fois rapprochées de leur point d'ancrage, les armes mécaniques se mirent à trembloter avant d'être brusquement aimantées jusqu'à leurs supports par l'activité magique de leur propriétaire. Dans une myriade de claquements, de sifflements et de raclements métalliques, les bras s'actionnèrent et prirent simultanément vie. Galvanisé comme à chaque fois par cette prouesse technologique de laquelle il constituait la figure centrale, Mortifère s'aida de ses mains artificielles pour se redresser d'un seul coup. Via ce mouvement anodin, on distinguait sans mal la force herculéenne qu'il était capable de déployer en usant de son matériel.

    Une fois debout, il fut détaillé sous toutes les coutures par les hommes et les femmes chargés de l'assemblage des pièces mais, trop occupé qu'il était à s'admirer et à détailler la finesse des détails de ses articulations, il n'accorda à ces derniers ni remerciements ni même un simple regard. Ils n'étaient, après tout, que des pions dans les desseins d'êtres plus puissants et importants qu'eux. Le Docteur reprit la parole et Mortifère se mit aussitôt au repos, entièrement focalisé sur les directives explicitées par le génie de la médecine. Lorsqu'il sut précisément de quoi il était question, le cobaye se contenta de rétorquer calmement :

    "A vos ordres."

    C'était avec une grande peine qu'il contenait un gloussement de pure joie morbide. Les curieux mécanismes permettant le contrôle par magie de ses prothèses s'actionnèrent de plus belle et ses mains métalliques ornées de lames acérées se mirent à tourner frénétiquement sur elles-mêmes en réponse à son action. La porte s'ouvrit et Mortifère pénétra dans une cellule bien plus grande que la sienne et dans laquelle il fut d'abord assailli par une odeur putride mêlant sueur, excréments, sang et urine. Par un simple ajustement magique de ses pupilles, il décela dans la pénombre les contours d'une multitude de tâches immondes. Qui qu'il fut, le propriétaire des lieux avait volontairement maculé les parois de son antre avec ses déjections, un comportement tristement typique chez les ceux qui, à l'inverse de Mortifère, ne passaient pas "les examens" avec brio.

    Tout au fond de cette caverne cauchemardesque se trouvait le fameux monstre à abattre et si le jeune militaire ne fut pas capable de reconnaître immédiatement la silhouette enflée et difforme qui se trouvait là, tapie dans l'ombre, la voix qui en émana ne laissa en revanche aucune place au doute. Partiellement étouffée et certainement suppliante, elle s'éleva en écho dans l'obscurité :

    "Abraham... C'est toi ? C'est toi... toi... toi mon p'tit Abraham ?"

    Entre chaque bégaiement, une sorte de grognement caverneux sorti droit des entrailles de la créature émanait et une odeur ignoble de soufre venait couvrir les autres remugles.

    "Fawkes ! Quel plaisir de vous revoir ! Comment allez-vous ?"

    Sous cette naïveté ironique, le sadique personnage ne dissimulait même pas sa moquerie. Le spectacle piteux parlait de lui-même : Fawkes était au plus mal. Suintant de substances fluorescentes, le corps gonflé à l'extrême et les muscles tellement disproportionnés qu'ils semblaient prêts à exploser d'une seconde à l'autre, le pauvre Capitaine n'était devenu qu'un monstre, une chimère ignoble n'ayant servi que de première pierre dans l'échafaudage du véritable succès du projet : Mortifère lui-même. Mike Fawkes, ou plutôt ce qu'il en restait, se releva d'un bond curieusement et prit aussitôt appui contre le mur le plus proche à l'aide de l'une de ses mains énormes et dégoutantes.

    "Abraham... 'faut que'tu... 'faut que'tu... 'faut qu'tu partes d'ici. Ils nous font des... des... Le Doc..."

    La silhouette à peine stable de la bête se figa brusquement lorsque ses yeux presque aveugles se posèrent sur la silhouette de l'anciennement dénommé Abraham. En apercevant les bras immenses et leurs articulations monstrueuses qui tournoyaient sur elles-mêmes, le monstre fut instantanément plongé dans un élan de rage bestiale et surtout absolument terrifiante. Mike repoussa son lit d'une simple gifle et la couche valdingua contre un mur tandis que le cauchemar rendu fou par la vue du jeune homme transformé fondait sur sa proie. En beuglant et en vomissant du liquide lumineux, il parvint à articuler :

    "J'vais t'sauver petit ! J'vais te tuer pour t'sauver petit !"

    Et lorsque son poing titanesque s'éleva dans l'espoir de pouvoir s'abattre sur la trogne du jeune militaire, les doigts taillés en lame se resserrèrent pour former un pieu, qui fut planté avec force et vitesse dans l'aisselle de la bête. La victime de cette attaque particulièrement vicieuse hurla de plus belle et se jeta sur le côté pour s'extraire de la trajectoire des bras métalliques, mais elle fut tout de même éraflée au bassin par les griffes de l'autre main. Il y eut un coup de poing tenté avec fougue, mais celui-ci fut bloqué frontalement par le bras d'acier de son adversaire. Tenant son aisselle maculée de sang à l'aide de l'une de ses pognes difformes, Fawkes hurla encore :

    "Faut que tu meurs Abraham ! 'Faut... 'faut que moi j'meurs aussi ! On doit s'tuer petit ! On doit s'tuer !"

    Puis Fawkes s'élança à nouveau sans crier gare, tentant de frapper du plat de sa main le torse du jeune cobaye qui semblait parfaitement indifférent face à la menace et aux considérations du géant rendu fou par la drogue et la corruption magique. Son bras fut esquivé par un mouvement nonchalant et les distances furent maintenues. Au passage, Mortifère s'autorisa même à esquinter sa cible une troisième fois, arrachant à cette dernière un gémissement et brisant sa garde. Avec froideur, Mortifère ricana puis rétorqua paisiblement :

    "T'étais meilleur que ça quand je t'ai rencontré, Fawkes."

    Le colosse plaça ses bras à la verticale pour former un bouclier de viande devant son visage mais les bras serpentins, en réponse à cela, se tordirent dans un angle impossible pour contourner la protection. Les doigts se resserrèrent une nouvelle fois pour se changer en une véritable lance et furent insérés avec force et précision sur le côté de la gorge exposée, déchirant la viande pourrie et le cartilage pour exposer partiellement la pomme d'Adam de sa victime. Déboussolé, le colosse difforme chancela et recula de trois pas, offrant à son ennemi une opportunité rêvée d'en finir pour de bon.

    Esquivant sans mal une riposte latérale désespérée en passant en dessous, Mortifère enfonça cette fois ses griffes dans l'abdomen de sa proie, lui perforant d'abord le foie, puis l'estomac et broyant finalement sa cage thoracique pour écraser ses poumons, ce avec une vivacité et une méthode effroyables. S'étranglant dans son propre sang, noyé dans la douleur et irrémédiablement vaincu, Mike Fawkes s'écroula dans un fracas assourdissant. Au dessus de lui, Mortifère ne fit preuve d'aucune compassion et se contenta de gronder :

    "Un ancien capitaine, massacré par un bleu. Tu fais honte à notre glorieuse République."

    Le concerné n'étant déjà plus lui-même, il se contenta de lever fébrilement une main tâchée de sang tout en appuyant sur l'une des plaies de l'autre. Pleurant à chaude larmes, le capitaine déshonoré et réduit à l'état d'animal aliéné vit enfin sa torture s'arrêter lorsque Mortifère referma son poing pour broyer son crâne dans une pluie d'assauts menés avec une sauvage frénésie. Ce ne fut que lorsque la tête du défunt fut entièrement réduite en charpie qu'il cessa le carnage, pour ensuite se diriger tranquillement jusqu'à la porte d'entrée, sur laquelle il toqua trois fois par impulsions télékinétiques.

    "J'en ai fini."
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  • Mer 9 Aoû - 2:30



    Tout le long du massacre, j'avais observé les mouvements de Mortifère à travers la lunette métallique de la porte. Et quelle beauté. Quel talent. L'expérience ratée n'avait eu aucune chance. Aucun espoir de potentiellement finir autrement que dans une purée sanguinolente. Quand le sujet frappa télékinétiquement à la porte, je fus celui qui ouvrit cette dernière pour observer le géant recomposé. Sous mon masque, un grand sourire était venu s'installer sur mes lèvres pincées tandis que j'avançai doucement vers Mortifère. Sa conclusion avait été sans appel. Aucune joie véritablement montrée, aucune tristesse. Aucune... Empathie. Une arme parfaite, ou qui faisait en sorte de le devenir.

    * Mes félicitations. *

    Je venais déplacer de l'épaule du mastodonte un reste d'os brisé et de chair. Un amalgame sanglant et ne méritant absolument pas de se trouver sur cette parfaite création. Enfin. Parfaite. Pour cela il fallait encore améliorer les liaisons entre les prothèses ainsi que la motricité globale du sujet. Mais pour le moment, Mortifère remplissait toutes les cases que je devais cocher. Satisfait, j'invitais ensuite ma "création" à me suivre aux travers des nombreux couloirs, m'arrêtant au préalable devant les laborantins.    

    * Nettoyez ça. *

    Oui, la tâche était ingrate. Sale. Malodorante. Peu importait. S'ils désiraient devenir de grands médecins, de grands chirurgiens, alors il leur fallait apprendre à toucher les pires substances et à observer les images les plus grotesques. Nos pas nous menèrent donc finalement au niveau d'une autre salle de tests. Dans cette dernière, une multitude de bras et jambes pendaient à divers crochets tandis que sur les tables, de pauvres âmes se voyaient attachés à diverses tables. Contre leur corps, de longs tubes s'étendaient pour rassembler un étrange liquide bleu dans un vase fermé. Levant la main pour intimer à l'arme humaine d'attendre, je m'approchai doucement du dit récipient. Dominant ce dernier, j'en retirai le couvercle. Les différentes bulles claquant à la surface du mélange aqueux laissaient flotter dans l'air une odeur particulièrement nauséabonde. Et emplie de mana. Un nouveau sourire vint s'installer sur mes lèvres tandis que je plongeais dans le liquide atroce une grande potion vide. M'assurant qu'elle récupère le maximum de liquide dans le contenant, je retirai finalement ce dernier avant de reposer le couvercle. Puis, contournant les corps à présent vidés de leur propre énergie - et de leur propre sang - je m'approchai finalement de Mortifère, mes yeux brillants derrière mes lentilles.

    * Tourne toi, j'ai quelque chose à t'offrir. *

    Le sujet s'exécuta comme à son habitude, étirant un nouveau sourire sur mes lèvres. Décapsulant le mécanisme d'injection qui se trouvait contre Mortifère, je déposai à l'intérieur de ce dernier la potion fraichement préparée. Le liquide s'y déversa, piégé dans le contenu au verre renforcé alors qu'un bruit de succion se faisait entendre. Satisfait, je refermais le mécanisme d'injection tandis que je tapotais doucement la prothèse du concerné.

    * Voici ce qui sera la pierre angulaire de ta prochaine simulation. Le dernier examen que nous te ferons subir avant que tu ne puisses partir servir librement la glorieuse République. Dis moi, Mortifère. Es-tu prêt à chasser pour moi? *

    Naturellement, j'écoutai sa réponse, bien que cette dernière m'importait peu. Il allait me suivre, et se battre. Car ce laboratoire, cette expérience, ses modifications. Elles étaient tout pour lui. Tout cela représentait un tout. Une entité. Et cette entité, c'était Mortifère. Marchant d'un pas assuré mais lent, je menai alors mon sujet jusqu'au rez de chaussée, refermant derrière moi la lourde porte qui menait aux sous sols. Les laborantins avaient les clés de toutes façons. Ou pas. Peu importait en fait. Au pire des cas, ils pourraient se diriger vers les chambres ou les salles d'examens afin d'entretenir les corps des autres sujets.

    * Si tu veux enfiler tes vêtements, ils sont par là. *

    Une fois ce dernier habillé. Enfin. Habillé. Transformé en parangon de mort et de servitude à la nation bleue. Poussant donc finalement la grande porte vitrée qui permettait l'entrée dans le laboratoire, je laissai le sujet respirer l'air frais des montagnes. Si j'avais pu, un léger rire aurait quitté ma gorge afin de témoigner toute la fierté de ma création qui redécouvrait la surface et le monde extérieur.

    Et avec cette découverte, je relâchai sur le monde la plus pure des armes biologiques.    
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  • Mer 9 Aoû - 4:15
    Il ne résonnait, dans le ton du Docteur, pas la moindre fierté apparente. Face aux compliments, le soldat ne répondit d'abord que par un timide hochement de tête mais lorsque l'expert le contourna pour s'approcher de la dépouille de Fawkes, un sourire à la fois enfantin et terriblement angoissant se dessina sur les lèvres du jeune homme. Se mordant les lèvres pour ne pas laisser un enthousiaste éclat de rire lui échapper, il baissa la tête, ce qui dissimula partiellement ses yeux rendus humides par l'émotion derrière un rideau de chevelure raide et crasseuse. Ses pupilles dilatés par l'excès de substances psychotropes se posèrent sur les griffes dont avaient été équipés ses prothèses et, tandis que le Docteur s'affairait à récolter les parties importantes du cadavre de la chimère, Mortifère quant à lui observa en silence le sang épais et noirâtre qui maculait ses mains artificielles. Jouant avec ses articulations trop nombreuses, il ne fut tiré à ses profondes réflexions que par les pas du praticien.

    Se repostant naturellement derrière le maître des lieux sans avoir à y être invité, le prototype s'attarda un instant sur ces longs couloirs qui constituaient le véritable labyrinthe qu'il voyait, de bien des manières, comme sa véritable demeure. Malgré l'agonie qui suintait des pores de cet endroit abject où l'éthique n'avait jamais eu sa place, Mortifère y déambulait avec une joie toute nouvelle. Non seulement parce qu'il avait survécu au calvaire mais également parce qu'il n'en foulait plus le sol en tant que simple expérience embryonnaire, mais en véritable prouesse scientifique. Qu'il avait hâte de pouvoir rencontrer à nouveau le Sénateur qu'il n'avait qu'aperçu. Se verrait-il décoré d'une médaille ? Ou de dix ? Ou même d'une centaine ?


    Plongé dans ses fantaisies déraisonnables, le jeune militaire n'avait même pas réalisé toute l'horreur du décor dans lequel il se trouvait. Une vive lueur le força à nouveau à retourner sur Terre et ce fut avec une curiosité certaine, mais pas l'ombre d'une once d'inquiétude, qu'il vit la foule de corps inanimés accrochés partout autour de lui et du tortionnaire qui s'affairait à récolter une bien étrange solution depuis ce qui semblait être un macabre réseau de racines artificielles. Des âmes sacrifiées, des vies arrachées, toutes rassemblées et mélangées dans ce sordide amalgame de viande putride ayant encore une ultime fonction malgré le trépas : nourrir la bête encagée que la République avait enfanté à l'abri des regards. Le Docteur lui ordonna de se retourner, et il le fit, profitant de l'occasion pour analyser les lieux avec intérêt.

    Usant de ses jeunes dons, Mortifère contracta par magie sa pupille luminescente pour observer avec insistance chaque détail qui parsemait les cadavres démantelés et recomposés pour alimenter cette atroce machinerie. Tâchant de se concentrer avec une attention toute particulière sur ses arrière-pensées, il réalisa avec une certaine surprise qu'il ne ressentait pour ces malheureux pas la moindre compassion. Avait-il toujours été ainsi ? N'avait-il jamais ressenti à l'égard d'autrui, même pour ses plus proches amis, qu'une vague affection à peine quantifiable ? Avait-on fait un monstre du jeune militaire qu'il avait été, ou lui avait-on simplement permis de s'affirmer tel qu'il avait toujours voulu être ? La confusion s'installa brièvement dans son esprit à mesure qu'il inspectait les morceaux de chair qui formaient un grotesque mobile. Ses pensées étaient-elles encore les siennes ? Appartenait-il tout entier à la République ?

    Avait-il commis une erreur ?

    Son rythme cardiaque s'accéléra légèrement et son souffle rauque manqua de se faire bruyant, mais ce fut à cet instant précis que le Docteur vint poser ses mains gantées contre son dos, avant d'insérer avec précision une capsule dans le socle circulaire prévu à cet effet. L'injection, normalement effectuée par l'action télékinétique du porteur, fut exceptionnellement réalisée par la main du médecin. Le souffle de Mortifère fut coupé et il se contracta entièrement, réprimant avec difficulté un cri qui fut remplacé par une déglutition sonore et particulièrement éprouvante. Une fois encore, le Docteur vint lui gratter l'intérieur du crâne via sa voix cauchemardesque. La substance qui surchargeait l'afflux de mana en lui se répandit dans tout son système et ses doutes, tout comme ses angoisses, s'effacèrent toutes ensemble. Abraham se tut, Mortifère reprit le dessus.

    "Pour vous, pour la République, pour la gloire de notre Nation. Je chasserai jusqu'à en mourir."

    Nerveusement, il fit craquer sa nuque endolorie par la suractivité de ses muscles malmenés. Son propre pouls lui paraissait terriblement fort et à chaque impulsion de son cœur éprouvé, une aiguille d'énergie le traversait, passant de sa gorge jusqu'à la pointe de son menton, se frayant un chemin tout au long de son visage pour enfin le frapper aux tempes. Il aurait juré que des fourmillements le prenaient jusqu'aux bouts de ses prothèses, desquelles ne lui parvenaient normalement pas la moindre sensation. Il eut chaud, puis froid, et perdit brièvement le contact avec ses propres jambes.Ses pensées étaient désormais brumeuses mais son obéissance, absolue et totale. La seule sensation qui se démarquait dans cet océan de confusion était une subite envie de destruction, un besoin compulsif d'anéantir tout ce que le Docteur lui pointait du doigt. Il n'était plus un homme, mais bel et bien un cerbère. Une bête dirigée et formée pour tuer au nom des autres.

    Etrangement, cette idée ne le terrifiait pas ou du moins pas pour le moment car, en vérité, elle le comblait au plus haut point. Le Docteur lui montra ses vêtements et le cobaye s'y dirigea machinalement, faisant fi de ce manque de réponse dont faisaient désormais preuve ses nerfs saturés d'informations contradictoires. Secoué de tics nerveux, il tendit néanmoins ses bras démesurés sur les côtés lorsque s'agglutinèrent autour de lui les sbires de son bienfaiteur. S'il savait s'équiper seul, grâce à sa télékinésie ou en usant de ses prothèses, il préférait tout de même laisser les petites mains se charger de ces détails. On enfila, sangla et boutonna son long manteau de cuir bleuté, avant de surmonter l'ensemble d'une cape immense parsemée de symboles et de lourdes décorations. Tandis qu'une femme ajustait son col, un homme agenouillé s'occupait de cirer ses bottes et d'en vérifier la solidité. On fixa enfin sur son faciès couvert de cicatrices son masque de cuir serti d'or. Il n'accorda à aucun des assistants le moindre regard, et pas l'ombre d'un remerciement au terme de la manœuvre. Le Docteur avait de bien des façons déteint sur lui, de toute évidence.

    Cette tâche accomplie, Mortifère se repositionna aux côtés de son bienfaiteur. Le simple fait de pouvoir porter à la fois ses prothèses et cet équipement conçu spécialement pour lui avait déjà de quoi l'enthousiasmer, mais la perspective d'une première véritable sortie lui paraissait si surréaliste qu'il avait du mal à se contenir. Le masque, fort heureusement, permettait de dissimuler ce sourire béat qu'il ne parvenait plus à contrôler. Par l'un des escaliers principaux, créateur et création effectuèrent ensemble l'ascension finale pour franchir, après une attente ayant semblé interminable, les portes du domaine sacré du Docteur. Le soldat s'aventura à l'extérieur, prit une lente inspiration qui manqua de peu de lui arracher une quinte de toux et, après s'être soustrait à la vague d'émoi qui le prenait à la gorge, il parvint à articuler de sa voix aussi éraillée qu'effroyable :

    "Allons-y."

    Accompagné par le son agréable du vent qui s'insinuait entre les branches des arbres privés de tout feuillage, la bien étrange paire descendit les quelques marches du laboratoire cauchemardesque pour s'aventurer dans la splendide immensité du paysage qui s'offrait à eux. Lorsqu'ils eurent enfin traversé le portail que Mortifère que personne n'était jamais sûr de pouvoir dépasser dans ce sens, le militaire tourna la tête en direction du Docteur et lui demanda :

    "Mais que dois-je détruire pour vous ?"

    Ils se dirigèrent au Nord.
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  • Mer 9 Aoû - 19:02

    L'engouement. Voila ce qui pouvait définir Mortifère en cet instant. Je ne pouvais réellement lui en vouloir. Si j'aimais mon laboratoire et les travaux que j'y menais, il ne m'était pas compliqué de reconnaître que pour beaucoup de personnes l'extérieur représentait un échappatoire agréable. Plus spécifiquement, pour mon sujet, cela devenait la signification qu'il était une réussite. Un espoir concrétisé. Une vitrine de technologie et de science. Un exploit devenu réalité.

    Marchant doucement, mon regard se posa sur les différents pans de végétation qui nous entourait tout en sentant au travers de ma tenue de cuir la fraicheur régnant dans l'air. Mortifère vint alors me poser une question. Une simple demande, au sujet de ce que nous allions chasser. Enfin. Plutôt. Ce qu'il, allait chasser. M'arrêtant doucement, je fixais le sujet derrière mes lentilles teintées.

    * Un béhémoth. Une bête ayant elle aussi défié la nature pour dominer les montagnes et les forêts environnantes. La dernière fois qu'elle est apparue, elle devait mesurer entre six et huit mètres. Une bête issue d'une mutation étrange. Si les rapports sont corrects, la bête était autrefois un rindo. A présent, sa structure et sa forme ont évolué pour en faire une bête acharnée. Une créature considérée par beaucoup de forestiers comme intuable. Un sourire glissa sur mes lèvres. A toi de prouver qu'ils ont tous eu tort. *

    Je sortais alors de ma sacoche un parchemin que je tendais à Mortifère. Dessus, le croquis de la bête avait été dessiné, ainsi que ses différentes caractéristiques.

    Forgé dans l'ombre [Le Docteur] K7SLXyY


    Peau renforcée, multiples pieux osseux et rocheux qui s'étiraient dans son dos. Une gueule abjecte, capable d'arracher et déchirer les arbres et adversaires les plus coriaces. Des pattes extrêmement larges, servant à écraser les ennemis du béhémoth et à grimper aisément contre les pans de montagnes. Il s'agissait d'une bête de choix. Une cible privilégié pour notre sujet qui permettrait de vérifier une dernière fois s'il était véritablement capable d'affronter les pires dangers et d'y survivre. Et surtout, si la concoction injectée via les mécanismes de potion était véritablement efficace. Dans le pire des cas? L'expérience n'était pas concluante et Mortifère trouvait la mort. Dans le meilleur? Le projet toucherait sa fin et une nouvelle ère commencerait.

    * Tu trouveras sur ce parchemin toutes les informations dont tu auras besoin. Si je t'accompagnes, je ne participerai pas au combat. Je pourrai te rafistoler si tu tombes en morceaux mais... Je suis surtout là pour t'observer. *

    Je repris alors la marche, invitant Mortifère à me suivre tandis qu'il observait le document. Nous étions relativement éloignés de la tanière du monstre, et heureusement. J'aurais, je devais bien l'avouer, été particulièrement embêté si j'avais constaté que le béhémoth considérait l'emplacement du laboratoire comme un lieu disponible pour sa chasse personnelle. Fort heureusement, le repère se trouvait à quelques kilomètres, au Nord. Niché aux pieds d'un des monts dominant les routes menant à Courage, la créature se faisait un plaisir d'attaquer tous les chasseurs ou aventuriers qui osaient pénétrer sur son territoire. Mue pas un instinct de prédation, la bête avait la fâcheuse tendance à dévorer les corps des pauvres imbéciles qui l'avaient affronter. Il s'agissait là d'une chose étrange, étant donné la nature placide et herbivore de l'animal duquel ce béhémoth avait évolué. Etait-ce quelque chose de normal? La mutation changeait-elle à ce point les corps de ceux qu'elle touchait? Une chose était sûre. Si Mortifère triomphait, alors je comptais bien récupérer tous les morceaux et échantillons possibles pour en analyser la composition ou la structure. Sortant subitement de mes pensées pour me tourner vers celui qui marchait à mes côtés, je lui indiquais la route d'un doigt ganté.

    * Si nous croisons qui que ce soit. Tue les. Tant que nous n'avons pas reçu l'autorisation directe du Sénateur pour te déployer, tu es un secret qu'il nous faut bien garder. Est-ce clair? *

    La question était en soit assez rhétorique. Oui. Il pouvait refuser de tuer de potentielles rencontre. Oui, il pouvait même me tuer moi. Mais il n'en ferait rien, car une fois cette barrière franchie, il tomberait définitivement dans la même catégorie que celui qu'il avait réduit en bouillie un peu plus tôt. Une expérience ratée. Un échec.

    Continuant donc de marcher, c'est à la mi-journée que nous approchâmes finalement près de la forêt qui menait aux montagnes où demeurait le béhémoth. Admirant la structure des arbres, je m'efforçais de déterminer la nature de ces derniers lorsque je repensais à un détail important. Me redressant donc, je tournai mon bec vers Mortifère, tandis qu'il s'approchait de ma position.

    * Une dernière chose... Il me semble qu'un groupe de contrebandiers se trouvent près des montagnes où nous allons nous rendre. Des petits malfrats usant de leurs relations et du passage étroit entre les monts et le lac rebirth pour passer en douce de la marchandise entre la république et le reike. Si jamais nous localisons leur repère. Il faudra les exterminer. Après tout, ils représentent également une insulte à l'ordre républicain. Oh... Et ils ont refusé de nous livrer les drogues que nous avions commandé, tout en gardant l'argent. Cela fait une raison de plus pour les tuer, j'imagine. *

    Cette fois, il ne s'agissait pas d'une mise à l'épreuve, ni d'un énième piège tendu au sujet d'expérience. Plutôt d'un service. Et d'une justice punition. Après tout, ils avaient causé du retard notre notre grand projet. Cela avait été un véritable calvaire pour pouvoir remettre la main sur de la datura ou encore sur d'autres plantes psychotropes extraites uniquement dans la jungle reikoise. Au final, en arnaquant les laborantins qui avaient été chargés de procéder à l'échange, ces imbéciles de contrebandiers avaient joué un tour à l'ensemble du projet républicain. Et, je l'espérais, cela serait une insulte suffisamment grade pour que Mortifère ne vienne les éradiquer. Enfin....

    Il faudrait pour cela déjà les trouver.
       
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  • Jeu 10 Aoû - 4:07
    Un Béhémoth. Bien que terrifiant, le nom de cette mythique créature n'affecta nullement les convictions ou la volonté du militaire, qui se contenta pour seule réponse d'un hochement de tête paisible. Sur son seul oeil visible, pas le moindre éclair de stupeur ne vint fissurer son masque de parfaite composition.

    Le parchemin que tendait le Docteur à son sujet fut saisi par une main invisible. Pinçant l'objet via une fébrile impulsion télékinétique, le prototype porta le document devant ses yeux, puis il en détailla le contenu sans mot dire. Tout était inscrit, des habitudes alimentaires supposées de la bête immonde jusqu'à l'ensemble de ses attributs, en passant également par les chemins qu'elle empruntait le plus régulièrement. Malgré le danger que représentait une telle apparition en plein cœur du territoire républicain, Mortifère ne ressentit face à ce nouvel ordre de mission pas la moindre forme d'angoisse. Il effectua un mouvement sec mais furtif de la nuque et le parchemin obéit à son esprit en se repliant sur lui-même, avant d'être délicatement inséré dans l'une des nombreuses poches de son manteau luxueux.

    N'ayant nullement besoin d'interrompre la marche pour assimiler les informations recueillies, le militaire écoutait avec attention les instructions de celui qui s'était également imposé comme son mentor. Malgré sa surprise, il resta de marbre lorsque son vis-à-vis lui indiqua qu'il était hors de question d'être aperçu par qui que ce soit, chose qui allait certes à l'inverse des attentes et des souhaits du jeune guerrier, mais il comprenait toutefois la nécessité de telles précautions. Après tout, tant qu'il était catégorisé comme simple "expérience", il était hors de question de révéler son existence à qui que ce soit, car les conséquences que susciteraient éventuellement un mauvais relai d'informations pouvaient s'avérer fatales pour l'ensemble du projet. Sobrement, il répondit donc :

    "Bien, Docteur. Pas de témoin, pas de prisonnier."

    Puisque la route lui était indiquée, il était aisé pour Mortifère de se concentrer exclusivement sur la traque de la bête faisant l'objet de sa quête. Malgré son calme apparent, le combattant qu'il était destiné à devenir bouillonnait furieusement, en son for intérieur. Son corps répondait toujours avec tant de sauvagerie à l'afflux incontrôlable de pouvoir brut qui s'y était déversé, c'était donc par un effort constant qu'il tâchait de contenir en lui cette irrépressible volonté d'annihilation qui s'était frayée un chemin dans son esprit malade. Le voyage, à son grand désarroi, fut bien trop loin pour permettre au soldat de retenir efficacement ses pulsions.

    Il se garda bien d'effectuer la moindre remarque, sachant pertinemment que le Docteur, bien qu'appréciant la surprise et les expérimentations, n'aurait pas été du genre à lui injecter sciemment pareille solution sans avoir, au préalable, envisagé l'évidente possibilité d'une potentielle perte de contrôle. Mortifère, bien qu'extrêmement patient et tenace face à l'appel du sang, commençait doucement à perdre la raison car la pression exercée sur son esprit par un tel excès de stimulant s'avérait difficilement soutenable. Depuis le début de l'expédition, son rythme cardiaque avait accéléré de façon significative et son souffle discret, bien qu'extraordinairement rauque et métallique, s'était fait de plus en plus bruyant.

    Evoluant derrière le Docteur avec quelques difficultés naissantes, il leva la tête lorsque les contrebandiers sans bannière furent évoqués. Le test, d'un seul coup, devenait bien plus extrême. Bien qu'il fut fort décontenancé par la nouvelle, Mortifère ne perçut cette dernière que comme un autre moyen de prouver à son interlocuteur l'étendue de sa puissance nouvelle. Il n'était pas homme à refuser de saisir chaque opportunité, c'était d'ailleurs bien à cela qu'il devait sa survie et son ascension fulgurante. Entre l'affront fait par ces forbans à la République, mais également au Docteur lui-même, ces hommes s'étaient clairement acheté une place toute préparée dans l'au-delà.

    "Ils n'auront pas l'occasion de commettre..."

    Ce fut surtout lui qui n'eut pas l'occasion de compléter sa phrase car, dans un fracas extraordinaire, deux arbres situés derrière lui furent subitement écartés comme de vulgaire brindilles, dévoilant dans leur déracinement la silhouette monstrueuse du monstre de légende qui, visiblement, s'était légèrement écarté de ses habituels trajets. Tournant la tête avec une grande vivacité mais sans paniquer pour autant, Mortifère fit face à la cible de sa traque. Par télékinésie, il décrocha la pince retenant sa cape bleutée en place et lorsque le Béhémoth poussa un gargantuesque rugissement, le souffle nauséabond qui l'accompagna fut suffisamment puissant pour envoyer valser le vêtement malgré les lourdes décorations argentées dont il était recouvert.

    Se mettant aussitôt en garde en faisant tournoyer ses prothèses, il sut qu'il n'avait que le temps d'encaisser le premier assaut. Et quel assaut, bon sang de merde ! S'il avait déjà subi divers tests visant à quantifier sa puissance lors des phases d'essai aussi nombreuses que variées, il n'avait vraisemblablement pas été aussi bien équipé sur le plan défensif car la force explosive de la brute colossale fit tout bonnement décoller le géant d'acier. Propulsé en l'air à toute vitesse, il fut plaqué avec une violence terrible contre un tronc d'arbre et retomba au sol, le souffle partiellement coupé. Inspectant ses bras artificiels pour s'assurer de leur bon fonctionnement, il constata avec joie et surprise qu'ils avaient plutôt bien essuyé le choc, malgré quelques éraflures et renfoncement suspects. Le monstre -qui avait visiblement grandi d'un mètre ou deux depuis les dernières récoltes d'informations- s'engouffra dans la faille qu'il avait créé dans la végétation pour se ruer sur sa proie. Mortifère, galvanisé par une brusque montée d'adrénaline, inspira à pleins poumons avant de hurler :

    "Voyez, Docteur, à quel point notre réussite est grande !"

    Il accueillit le géant qui ouvrait sa gueule pour l'engloutir d'un uppercut mené avec une puissance inimaginable. Son coup, qui décrivit un arc parfait à une vitesse hallucinante, commença d'abord par générer une onde de choc si intense qu'elle déchira le sol sur son passage. Tout se fissura autour d'eux et lorsque le poing d'acier entra en contact avec le menton de la bête, la mâchoire de cette dernière fut instantanément pulvérisée et l'air autour du point d'impact fut écarté avec une telle vitesse qu'un véritable coup de canon parut retentir. D'une façon tout bonnement surréaliste, la silhouette gigantesque décolla à son tour, projetée verticalement à plus d'une quinzaine de mètres dans les airs. La bête à moitié assommée arracha tout sur son passage, démolissant quatre arbres dans son ascension et encore trois autres lors de son inexorable descente.

    Son corps, trop gros et imposant pour être ainsi offert au ciel, s'écroula dans un ouragan de terre et de poussière après quelques interminables secondes de descente en chute libre. Broyée tant par l'attaque de Mortifère que par le brusque retour au sol, la structure osseuse du Béhémoth gémissant avait été détruite en un éclair, révélant sans mal qui était l'absolu vainqueur de ce duel. Le Cerbère triomphant, faisant preuve d'une endurance terrifiante, s'approcha doucement de sa proie qui tentait tant bien que mal d'orienter ses pattes brisées vers son adversaire, mais c'était peine perdue.

    Contournant les énormes appendices fracturés, Mortifère passa avec nonchalance sur le dos de la bête agonisante en l'escaladant à l'aide de ses griffes puissantes. Remontant jusqu'à la nuque de cette dernière, il accorda un regard au Docteur avant de mettre la sentence à exécution puis, avec une froideur et une cruauté édifiante, il empoigna la partie supérieure de la mâchoire du géant blessé, avant de tirer dessus de toutes ses forces. Les rouages s'actionnèrent, les articulations se replièrent sur elles-mêmes, luttant contre l'énergie du désespoir du colosse mourant et malgré la fébrile résistance de ce dernier, les tendons et la chair finirent par céder dans un chuintement visqueux et ignoble.

    Quelques soubresauts secouèrent enfin la dépouille du Béhémoth et Mortifère, enfin, redescendit de son perchoir ensanglanté. A bout de souffle, l'homme masqué marcha lentement jusqu'à son mentor et, une fois à une poignée de mètres de ce dernier, son imposante carcasse vint s'affaisser. Un genou à terre, la tête basse, le tueur victorieux grogna alors :

    "La tâche que vous m'avez confié est accomplie, Docteur. Je tiens à vous..."

    "Bon sang de merde, par les tétines de la mairesse ! C'est... c'est vous qu'avez tué ce monstre ?!"

    Coupé dans ce qui allait finalement être une fameuse opportunité de remercier le Docteur pour toute la bienveillance dont il avait fait preuve à l'égard de l'humble soldat, Mortifère leva la tête pour découvrir avec stupeur la provenance de la voix de l'indésirable. L'intrus, accompagné d'une quinzaine d'hommes vêtus d'armures de cuir fichtrement éprouvées et bien mal entretenues, observait l'improbable duo avec un sourire enthousiaste et ô combien naïf, en vue des directives qu'avait reçu le prototype militaire quant aux témoins potentiels.

    Sans répondre aux perturbateurs, Mortifère se redressa lentement, permettant aux arrivants de découvrir avec effroi son apparence hors du commun. Comprenant à l'instinct qu'ils ne s'étaient pas adressé aux bonnes personnes, ils posèrent tous une main sur leurs armes respectives tout en jetant à l'étrange paire d'hommes des regards anxieux.

    "He he he... On veut pas d'ennuis, on faisait qu'passer."

    L'oeil de Mortifère pivota pour s'orienter vers le masque du Docteur.
    Il n'attendait qu'un signal.
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  • Jeu 10 Aoû - 21:02

    Le combat avait été aussi violent que rapide. Le béhémoth avait été écrasé. Détruit. Oblitéré par Mortifère et toute la puissance de la science qui l'accompagnait. Mes espoirs avaient été grandement satisfaits par cette merveilleuse démonstration. La potion avait fait son effet, et le sujet ne montrait même pas la moindre trace de fatigue ou d'efforts surjoués. Avançant doucement, je m'approchai du monstre vaincu pour en récupérer des petits échantillons. Après tout, la mutation qui lui avait fait prendre cette forme méritait au moins un peu d'études. Nous étions parvenus à greffer des prothèses et à transformer en surhomme un soldat anonyme. Peut-être pourrons nous plus tard modifier totalement la nature de nos sujets pour renforcer leur constitution naturellement ou pour les transformer en créatures hybrides. Sauf que, cette fois, elles ne seraient pas issues de fornications zoophiles mais d'ingéniosité. Elles ne seraient pas imparfaites, fertiles, et à la mortalité rapide. Seulement le fruit de nouvelles expériences, permettant de placer des membres en plus, ou des fonctionnements altérés de leurs sens.  

    Continuant mes récupérations et l'observation des restes sanguinolents du béhémoth, je sortais doucement mon carnet pour notifier toutes les blessures et le déroulé de l'affrontement. Mes yeux observaient chaque fissures, chaque plaies apparentes. Tout devait être inscrit. Tout devait être analysé. Arrachant l'œil de la bête, je plaçais ce dernier dans un bocal quand Mortifère fut alpagué par un groupe d'individu. Me retournant, mes lentilles opaques s'ancrèrent sur les quinze imbéciles qui venaient, sans le savoir, de signer leur arrêt de mort. Redressé et plaçant mes bras dans le dos, j'adoptai la posture d'épouvantail qui me caractérisait tant. C'est là que je le reconnus. Et c'est là qu'il me remarqua.

    * Kylian Bois-mordant. Quelle merveilleuse surprise. *



    Le visage du contrebandier se figea dans une expression inquiète. Il leva encore plus les mains, tandis que ses amis sortaient leurs armes comme si cela allait m'intimider ou, pire, nous faire lâcher prise. Avançant doucement pour rejoindre la position de Mortifère, j'étirais un large sourire sur mes lèvres cachées.

    - Hey... Doc... Haha... Ca fait un bail hein... Vous savez pour la cargaison.. On allait la livrer. On l'avait juste perdue.. Amusant n'est-ce pas? Haha.. Dingue comme histoire pas vrai?
    * Neutralise celui-ci mais laisse le en vie. Tue les autres.  *

    Kylian était un jeune contrebandier ayant fait ses classes dans l'armée républicaine. Assez vite, le bougre avait démontré un esprit vif et un don certain pour le maniement des armes. Seulement, son esprit était un peu trop vif justement et malgré ses talents le soldat démontra un dédain pour l'autorité et un mépris pour l'armée qui le forcèrent à quitter cette dernière relativement vite. Remercié, le jeune homme erra quelques temps en tant que mercenaire. Une vie simple, faite de pillages commandés et d'escortes de caravanes. C'est là que le bougre se décida à lancer sa propre compagnie. Mais... La concurrence était rude en république et malgré tous ses efforts, Kylian comprit qu'il ne trouverait pas la fortune de cette façon. Il se réorienta de nouveau, partant dans la contrebande et le recel. Un travail certes illégal, mais qui payait en un contrat bien plus qu'en cinq lorsqu'il était mercenaire officiel. Mais... malgré l'expérience accumulée. Malgré sa vie aux multiples péripéties et son ambition... Kylian n'avait finalement pas l'esprit si vif que cela, puisqu'il s'était décidé à me doubler. De profiter d'une commande trop grosse et de décider de ne pas l'honorer. Alors... Aujourd'hui, tandis qu'il se retrouvait face à ma propre personne et mon acolyte aux bras étranges, le contrebandier comprenait à quel point il était dans la merde. Après tout, celui qui m'accompagnait venait - et il l'avait vu lui même - de pulvériser un béhémoth.

    Sortant donc de nouveau mon carnet, j'observai le pauvre benêt qui tentait de s'expliquer en bégayant. Je tournai une nouvelle page et redressait la tête doucement. Amusé. Nous allions pouvoir récupérer un nouveau sujet et quelques échantillons de plus pour le Laboratoire. je ne me faisais pas d'illusions, la prochaine démonstration de Mortifère allait sans aucun doute être encore plus dévastatrice et, avec son soutien, je pourrais même probablement récupérer de nouveaux organes et autres matériaux organiques qui me seraient utiles pour mes prochaines expériences. Idéalement, il valait mieux que ces derniers soient intacts mais, compte tenu de notre situation, je n'allais pas faire le difficile. D'autant plus que si Kylian se retrouvait capturé, alors j'avais de nouvelles options qui s'ajoutaient quant à ce délicat projet.

    Ces contrebandiers n'étaient rien. Seulement des insectes, des vers inconscients du monde les entourant et pour la plupart trop illétrés pour comprendre ne serait-ce qu'une ligne de mes nombreux rapport d'analyses. Leur intellect était si bas, que très souvent on pouvait le deviner sur le visage déformé qu'ils arboraient. Bien que ce dernier point soit également le résultat stupide de l'accouplement entre un père et sa fille sur trois générations. Oui. Ils allaient pouvoir nous être utiles. Et oui, les faire disparaître c'était aussi rendre service à la Nation. D'un geste vif, je fis claquer mon carnet tandis que je le refermais. Sur le front et les tempes de Kylian, de grandes gouttes de sueur perlaient doucement. Il savait, tout comme moi, que l'enfer allait se déchainer sur lui.

    Quelle merveilleuse journée pour la science.  
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  • Ven 11 Aoû - 1:37
    Ainsi, les pauvres crapules égarées qui s'étaient montré un peu trop curieuses n'étaient autre que les fameux voyous ayant eu la bêtise de vouloir voler le Docteur ? Toujours sous les effets de la potion qui surchargeait ses capacités tout en l'ensauvageant, Mortifère eut du mal à demeurer immobile et à ne pas les réduire en cendres instantanément. A contrecœur, il parvint tout de même à laisser au Docteur la possibilité de s'adresser télépathiquement aux malfrats. Demeurant sur les flancs de son bienfaiteur tel un véritable chien de garde, le colosse d'acier se taisait. Son œil valide allait et venait entre les faciès bourrus de ses futures victimes et pour chaque regard croisé, Mortifère pouvait presque sentir la peur qui grimpait en eux. Cette sensation, celle de susciter la crainte chez autrui, il la savourait plus que jamais.

    Les bandits, préparés à l'idée de potentiellement croiser le fer avec le monstre d'acier et son macabre mentor, entreprirent pour la plupart de lentement mais sûrement adopter des appuis leur permettant de rapidement sortir leurs armes pour fondre comme un seul homme sur la menace. Un instinct primaire, pourtant, leur intimait de fuir cet endroit et de franchir la frontière républicaine une bonne fois pour toute. Un plan raisonnable certes, mais probablement abordé vaguement trop tard, la seule option viable ayant été d'éviter de tenter d'arnaquer le Docteur, en premier lieu.

    Malheureusement pour eux, ces inquiétudes et considérations étaient déjà obsolètes car, dans l'esprit du fameux Docteur, ils avaient évidemment déjà tous été condamnés. Mortifère le sachant pertinemment, il se vouta légèrement en prévision de l'attaque qu'il se préparait à effectuer. Un timide vrombissement commença à se manifester depuis ses prothèses que l'énergie magique parcourait avec violence en véritable cascade. Des petits arcs électriques se formèrent les uns après les autres, dansant tels de minuscules serpents lumineux sur la surface métallique composant les bras du guerrier.

    L'ordre fut donné et avec lui, la délivrance qu'attendait le fauve. Passant devant le praticien masqué, Mortifère s'avança lentement vers ses nouvelles proies qui se dispersaient rapidement, abandonnant derrière elles leur supposé chef. Le bien malheureux Kylian, trop terrifié pour ne serait-ce qu'envisager l'option du combat à mort, tenta bien que mal de parlementer avec le géant :

    "Ecoutez ! Ecoutez ! On va s'racheter. Doc' ! Revenez Doc !"

    "Silence, vermine."

    En entendant cette voix inhumaine qui tranchait dans le vif comme un véritable hachoir, les couards avaient vite tendance à se transformer en muets. Ce fut le cas, car Kyllian esquissa un mouvement de recul apeuré, ses yeux s'agrandissant en deux soucoupes tandis que Mortifère s'approchait de lui, le toisant de toute sa hauteur. Ne laissant aucunement au malfrat l'opportunité d'argumenter davantage, Mortifère empoigna ce dernier par la gorge et vint sans effort le soulever de terre en exerçant sur sa trachée une pression suffisante pour lui donner l'impression de mourir étouffé, sans pour autant réellement mettre sa vie en danger.

    Les autres lapins détalèrent aussi vite que possible en voyant leur dirigeant se faire soulever comme on cueille une fleur, mais la sentence avait déjà été actée. La main libre du colosse se mit à tournoyer sur elle-même, le flux de magie électrique se concentra dans son membre et la silhouette toute entière du prototype s'illumina progressivement dans un bourdonnement croissant qui se mua finalement en sifflement strident. Les arcs électriques gagnèrent en puissance ainsi qu'en fréquence et d'un seul coup, Mortifère leva son bras prosthétique, faisant s'abattre sur l'ensemble des fuyards un nombre invraisemblable de filaments de pure magie foudroyante.

    Se tordant de douleur, les victimes de la foudre tombèrent les unes après les autres dans une véritable symphonie de cris rendus saccadés par les courants impétueux qui les assaillaient de toutes parts. Mortifère, portant toujours Kyllian comme une vulgaire poupée, s'avança parmi ses victimes, qu'il torturait avec un sadisme absolu sans pour autant en finir avec eux. Lorsque l'homme étranglé tenta d'opposer un peu de résistance, ce fut d'autres arcs lumineux qui se formèrent pour le mordre à son tour, le forçant à convulser en grognant de souffrance. Enfin, le massacre et la cacophonie effroyable cessa. Les carcasses tremblantes des victimes entre la vie et la mort demeuraient inertes et Mortifère, satisfait, se contentait de balayer lentement la zone redevenue silencieuse d'un regard empli d'un étrange enjouement.

    Enfin, il voyait de ses propres yeux la toute-puissance dont on l'avait doté. S'il avait déjà eu l'occasion de tester ses facultés en milieu clos et qu'il venait d'abattre un monstre qu'on eut dit imbattable, s'en prendre cette fois à de vrais ennemis de la République en extérieur était tout autre chose. C'était grisant.

    Mortifère se retourna et s'en alla retrouver le Docteur, auquel il offrit le corps entièrement paralysé de celui qui constituait son offrande. Offrant au praticien une révérence de circonstances, il pivota à nouveau pour se rapprocher des autres victimes incapables de se mouvoir. Ses griffes se rassemblèrent pour former des pieux, tout comme il l'avait fait lors de son altercation avec Fawkes et, avec une minutie et un automatisme angoissants, il se mit à perforer les cœurs de chacune de ses victimes sans mot dire.

    Le plus effrayant, sans doute, était sa totale indifférence face à l'étendue du carnage.
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  • Sam 12 Aoû - 13:20
    Il me fallut attendre. Attendre silencieusement que Mortifère ne fasse de nouveau une démonstration de toute la puissance qui parcourait ses veines. Et quelle beauté. Ce travail était impeccable. Aucun raté, aucune faute spécifique. Toute la science et le savoir qui composaient le corps du sujet ressortaient dans des tourbillons électriques qui venaient lécher la chair et mordre les muscles des pauvres contrebandiers. M'avançant doucement alors que Mortifère venait déposer à mes pieds le corps de Kylian, à l'instar d'un chat déposant un oiseau attrapé aux pieds de son maître, j'étirai un large sourire sur mes lèvres fines. Les autres allaient mourir, néanmoins je me devais de faire quelques réclamations.

    * Prend leurs yeux, leur langue et essaie de leur retirer leur épiglotte. Je sortais alors deux bocaux de ma sacoche, les déposant près de moi. Tu mettras tes extractions dans ces deux récipients. Les yeux séparés du reste. *

    Je reportai ensuite mon attention sur le pauvre bougre à mes pieds. Qu'allais-je faire de lui? Devais-je l'abattre ici et maintenant moi même? Pratiquer sur son corps paralysé avant d'en observer les effets les plus discrets avant de le laisser, comme ses camarades, morts dans la boue et dans l'attente de servir de repas à un quelconque vautour? Ou bien finirait-il au laboratoire, comme tant d'autres?

    * Vois-tu, Kylian, il n'est jamais très malin de tenter de me prendre pour un idiot. Si je me moque généralement des vanités que de pauvres imbéciles comme toi peuvent avoir, cela me gêne tout particulièrement lorsque je travaille sur un projet. Lorsque j'ai besoin, des drogues que je commande. Quatre jours. Quatre jours de délai supplémentaires pour le nouveau fournisseur que j'ai trouvé. Sais-tu ce que quatre jours représentent, Kylian? *

    Pas de réponse, évidemment.

    * Cela représente un report d'opérations. Un enfant attendant patiemment la greffe d'un cœur plus vaillant et qui finit par mourir car je n'ai pas de quoi l'anesthésier. Une femme inquiète car son mari continue de frapper son crâne contre les murs de sa chambre après les avoir couverts d'excréments et à qui nous n'avons pu fournir les calmants... Et tant d'autres choses.... Enfin. Je suis sûr que tu ne crois pas à ce que je viens de dire, pas vrai? Pour toi, ces drogues devaient sans doute servir à des projets plus sombres ou à assouvir les besoins et dépendances de pauvres âmes? Et bien tu avais tout à fait raison. *

    Attrapant la tignasse du bougre, je commençai à le traîner dans la boue tandis que je marchai doucement afin de quitter la zone. S'il pesait son poids, j'avais déjà tirer bien plus lourd et plus mobile que cet imbécile. Croisant le regard de Mortifère, je lui fis comprendre que nous allions retourner au laboratoire, ne serait-ce que pour déposer les échantillons et autres matières récupérées. Et oui, Kylian faisait partie de ces matières. D'ailleurs, je reprenais mon propos, continuant de le traîner nonchalamment.

    * Très souvent, ces drogues me permettent d'endormir un sujet juste avant de tenter de nouvelles expériences. Parfois, il s'agit d'une greffe quelconque, parfois de voir comment un corps ouvert se comporte. Des fois, il m'arrive également de retirer les yeux d'un patient pour tenter d'y placer un autre. D'arracher un bras d'hybride et de tenter de l'accrocher à la carcasse d'un humain, pour voir si les deux sont compatibles ou si je rejet tuera le patient. Enfin tu vois... La science quoi. Si j'avais pu, j'aurais eu un léger rire. D'autres fois, il s'agit simplement de droguer une personne que j'estime prête à être testée. Les rues de Justice et Courage sont nombreuses, parfois terriblement étroites et sombres... Et personne ne se soucie de la disparition d'une catin ou d'un mendiant. Il m'arrive aussi parfois d'utiliser ces drogues pour créer de nouvelles compositions. Pour renforcer les effets d'un médicament ou pour créer moi même une drogue de synthèse que je fournis à la pègre, par exemple. Est-ce que tu te drogues, Kylian? *

    De nouveau aucune réponse, évidemment.

    * Cela viendra. Je t'assure qu'une fois dans mon laboratoire, tu en redemanderas. Bon, ce sera aussi probablement lié au fait que je compte t'arracher les jambes et fouiller l'intérieur de ton ventre pour tenter d'y insérer divers éléments. Des organes hybrides peut-être. Ou bien... Tu seras placé dans une chambre de raffinage. Tu pourrais servir la Nation Bleue finalement. N'est-ce pas merveilleux Kylian? Toi qui était un brillant soldat... Tu vas finir ta vie en participant au plus grand projet républicain jamais réalisé! Ne me remercie pas. Oh mais, j'y pense... Mon cher Kylian... Souhaites-tu vraiment participer à tout cela? Acceptes-tu de rejoindre le laboratoire et d'offrir ton corps à la science? *

    Je m'arrêtai subitement, laissant son corps choir dans la fange tandis que je me retournai vers le corps paralysé. Laissant quelques secondes de battements, mes yeux glissèrent sur les membres endormis du pauvre malheureux, comme si je cherchais à capter le moindre pouce levé, la moindre réaction qui ne pouvait venir. Haussant les épaules, je laissai finalement une dernière pensée fuir vers le crâne du contrebandier au visage pris d'une terreur profonde.

    * Qui ne dit mot consent, comme on dit. Merveilleux! Bienvenue dans cette merveilleuse aventure. Tu n'as pas de soucis de santé particulier n'est-ce pas? Enfin. Nous verrons cela plus tard mon ami. J'ai hâte de pouvoir t'ausculter! Je me demande si la légende concernant ton suffixe est véritablement lié à ton appareil reproducteur ou bien si c'est de nouveau une fable inventée par tes gars pour te permettre de trousser les gourgandines républicaines. Enfin... Nous verrons là aussi pas vrai? De toutes façons, tu n'en auras bientôt plus besoin. De ton appareil reproducteur, j'entend. Au cas où je n'avais pas été clair. *

    Ses yeux s'écarquillèrent de nouveau. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi les hommes et les femmes réagissaient ainsi. La peur était visible dans leurs regards à la seconde où ils comprenaient qu'ils allaient devenir des sujets d'expériences. Néanmoins, lorsque mention était faite de mutilations ou d'enlèvements de leur sexe, ils se mettaient tout le temps à sangloter ou à implorer encore plus de clémence. Pourtant, il était souvent bien plus dommageable de perdre son foie que son vier. Enfin. "Chacun ses priorités" comme le dicton le disait. Reportant finalement mon attention vers Mortifère, je pointais du doigt le contrebandier paralysait tandis que je m'approchai pour récupérer les pots.

    * Nous le ramenons au laboratoire. Une fois qu'il y sera et que j'aurai également classé ce que tu as prélevé, nous pourrons repartir. Tes performances ont été remarquables aussi, je comptais te permettre un peu plus d'exploration en extérieur. Le Sénateur n'a pas encore "totalement" validé ton déploiement mais... J'estime que tant que tu es sous ma supervision nous pouvons au moins nous rendre dans le village le plus proche, qu'en dis-tu? De mémoire, Iribourg n'est qu'à deux heures de marche du laboratoire. Il s'y trouve quelques festivités et surtout un marché aux herbes intéressant alors y faire un tour pourra nous être bénéfique. C'est toi qui voit Mortifère, je te laisse décider par toi même sur ce dernier point. *

    Puis, nous reprîmes notre marche, le sujet attrapant Kylian pour me relayer.
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  • Sam 12 Aoû - 20:53
    "Bien, Docteur."

    La nouvelle tâche confiée à Mortifère pouvait sembler anodine, voir même ingrate pour le spectateur non-averti. Il n'en était rien, ce fut d'ailleurs pour cette raison qu'il s'y adonna en dissimulant derrière son masque un sourire curieusement jovial. La raison de son élan de bonheur était des plus simplistes : il n'avait jusqu'à présent eu l'occasion de participer aux prélèvements habituels du Docteur qu'en tant que sujet, et non en qualité d'assistant ! Ayant lui-même été victime de ce traitement, il ressentait étrangement un plaisir absolu à devenir enfin celui qui administrait pareil traitement au lieu de le recevoir. Son conditionnement était si entier, si absolu, qu'il en venait même à considérer ces pratiques ignobles comme un véritable honneur pour les victimes de ce triste sort.

    Avec minutie et mesure, Mortifère s'approcha du premier corps face auquel il posa un genou à terre. Il glissa l'une de ses mains métalliques sous le crâne du défunt, le souleva de terre avec précaution et son autre dextre griffue changea une fois encore d'agencement, augmentant l'écart entre chacun des doigts pointus afin de permettre de réaliser des sections plus précises. A la manière d'une foule de scalpels dansants, les lames s'activèrent enfin et se mirent à la tâche, tranchant dans une mélodieuse harmonie peau, chair et tendon pour arracher sans détruire, allant même jusqu'à perforer les os lorsque cela lui était imposé. Chaque organe qu'il prélevait était ensuite ramené à lui par télékinésie, ce qui lui permettait d'inspecter et de valider silencieusement la qualité du retrait. Le Docteur étant son seul et unique modèle depuis sa conversion, il avait appris à reproduire ce qu'il l'avait vu faire avec un intérêt frisant l'obsession, voir même le fanatisme.

    Les opérations menées à la chaîne furent longues et fastidieuses, mais toutefois assez simplistes au demeurant pour permettre à Mortifère d'écouter la conversation télépathique à laquelle le Docteur, dans son infinie bonté, l'avait laissé participer en tant qu'auditeur bienvenue. Ces terribles menaces ne lui étant pas adressées, elles sonnaient aux oreilles du militaire comme une véritable berceuse, facilitant sa besogne et la rendant d'autant plus agréable. Alors que le cerbère républicain rassemblait une partie des matériaux dans les bocaux qui lui avaient été confiés, il croisa un instant le regard de son mentor, qui lui fit signe qu'ils n'allaient pas tarder à retourner à leur repaire en compagnie du fameux Kylian.

    "Laissez-moi vous décharger."

    Après avoir scellé les pots, le géant d'acier aux griffes couvertes de sang et de viscères se redressa, avant d'approcher tranquillement du corps inanimé du pauvre malheureux, paralysé mais pleinement conscient de l'horreur de ce qui se tramait autour de lui. A en juger par les timides convulsions qui parcouraient ses lèvres closes, nul doute qu'il tentait par tous les moyens de hurler à l'aide, sans rencontrer le moindre succès. Mortifère le toisa de toute sa hauteur puis secoua négativement la tête pour lui faire comprendre, non sans malice, qu'il n'y avait pas la moindre issue pour lui. La main ensanglantée s'abaissa, bouscula sans effort le corps du pauvre homme et le souleva ensuite par l'arrière de son gambison, s'enfonçant sans la moindre peine dans le tissu renforcé de son habit.

    Ignorant intégralement la présence du contrebandier incapable de hurler son effroi, Mortifère se recentra entièrement sur la proposition de son interlocuteur, qu'il accueillit avec joie et fierté. Non content de lui avoir offert l'opportunité de démontrer ses capacités en situation réelle, il lui proposait désormais de se dévoiler aux yeux du Monde civilisé pour la toute première fois ? Les mots ayant également leur importance, le fait d'entendre qu'il avait le droit de "décider par lui-même" ne manqua pas de générer en lui un bel émoi. C'était une occasion qu'il était tout bonnement impossible de refuser. Prenant la parole sans attendre, le soldat répondit avec une courtoisie et une retenue contrastant drastiquement avec la violence dont il venait de faire physiquement preuve, ce afin de ne pas trahir son excitation :

    "Je serais enchanté de pouvoir vous accompagner. J'accepte cette invitation avec plaisir."

    Le corps immobile de Kylian fut animé d'un spasme, sans doute une furieuse tentative de sa part de reprendre le contrôle de la situation mais cela n'eut pour effet que d'agacer Mortifère qui, par pur sadisme, laissa passer par l'esprit un afflux de magie foudroyante, juste assez puissant pour envoyer à sa proie un énième pic de douleur sans la blesser davantage. La trachée brusquement contractée du malheureux lui fit lâcher contre son gré une vocalise rauque mais ni le Docteur ni son subordonné ne s'en soucièrent outre-mesure.

    "Je suis également satisfait de mes performances. L'afflux de mana provoqué par l'injection est certes très intense, mais les résultats sont là. Je ne pensais pas être à même un jour de pouvoir réaliser de telles prouesses. C'est à vous et à vos équipes que je le dois, Docteur."

    Chemin faisant, il profita de cette occasion infiniment rare qu'était un tête-à-tête avec l'inégalable génie pour poser les quelques questions qui le taraudaient toujours et que, dans l'empressement des enchaînements de phases de test, il n'avait jamais eu l'occasion de poser :

    "Dites-moi, si ce n'est pas indiscret. Avant ce surnom, "Mortifère", j'avais brièvement été autrement baptisé. Durant une courte période, j'ai été qualifié par vos assistants et par divers chercheurs de... "premier né", si je me souviens bien. Outre les malheureux incidents, comme notre regretté Fawkes, avez-vous rencontré un succès similaire au mien avec d'autres sujets d'étude ?"

    S'il y avait à n'en pas douter un grand intérêt pour la Nation et ses progrès dans cette interrogation, il était tout à fait possible que se cache encore sous l'acier et le cuir une belle dose de jalousie tout à fait immature et déplacée...
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  • Mar 15 Aoû - 12:49

    Jetant un regard discret au sujet transporté, je m'assurai que ce dernier ne s'étouffe pas bêtement dans un énième spasme alors même que nous n'étions pas encore parvenus au laboratoire. S'il ne possédait rien de précieux sur lui ou en lui, le contrebandier me serait utile dans quelques domaines, le sang frais étant toujours le bienvenue dans mes divers travaux. De plus, je ne pouvais me permettre de ne pas tenir toutes les promesses que je lui avais fait! Il était nécessaire que je le laisse entrer dans le laboratoire et qu'il rejoigne un nouveau projet d'expérimentations. Pour le bien commun, pour la science.

    A mes côtés, Mortifère sembla enthousiaste à l'idée de partir explorer le village voisin, tout comme il exprima un rapport rapide sur son propre état ainsi que des remerciements à mon égard. Si je n'étais pas particulièrement à la recherche de reconnaissance, il m'était tout de même agréable de constater que mon sujet préféré estimait son état comme une amélioration et qu'il était fier d'être ce qu'il était devenu. Il fallait aussi le reconnaitre. Le projet aurait été un demi-échec si Mortifère s'était vu comme une abomination et aurait tout fait pour qu'on l'abatte. En prouvant ainsi ses motivations et l'appréciation de son état, il renforçait l'idée qu'il était une réussite. Un atout. Et non pas un énième rebus. Une chimère abjecte à jeter aux ordures.

    * Je vois. Si jamais tu ressens un moment une retombée, un manque d'énergie ou une quelconque anomalie, signifie le. Nous ne savons pas encore pleinement si cet afflux de puissance ne cache pas quelconque vice ou effet secondaire. Pour le reste, tu as également ta part de responsabilité quant à la réussite de mes travaux. Ta constitution et vigueur ont permis à mes expériences de prendre racine en toi et de te changer en ce que tu es aujourd'hui. *

    Je marquai une pause, mes yeux glissant sur le corps du soldat républicain, analysant chaque jointure de ses prothèses, chaque soubresaut potentiel ou mouvement erratique. Mais il n'y avait rien. Seulement une maîtrise du corps et une démarcha assurée. Tant mieux.

    * Pour le moment, non. Tu es le seul pour qui nous avons eu des résultats aussi probants. Les autres sujets sont soient morts, soient inefficaces. Tu sais, chaque sujet a eu le droit à un traitement différent, qu'il soit chimique ou physique. Toutes ces variables dans les manipulations ont mené à des résultats différents. Et seul ta personne a montré une véritable réussite. Tu es l'incarnation de la réussite scientifique et médicale. Aussi, j'ai de grands espoirs quant au fait que nous pourrons potentiellement reproduire cela à de nouveaux sujets. Mais, quoiqu'il arrive, tu resteras le premier né, comme disent les assistants. C'est pourquoi tu auras toujours ce traitement particulier. Ces prothèses expérimentales, ce mécanisme d'injection... Avec toi, nous savons que ça fonctionne. Nous savons que tu es à la hauteur de nos attentes. Et, bientôt, tu seras également à la hauteur de celles de notre cher sénateur. *

    Mortifère était une véritable prouesse vivante, oui. Mais je me gardais bien de préciser à quel point certains points nécessitaient encore une amélioration. Les potions et liquides injectés se faisaient via des systèmes un peu trop exposés et les prothèses trouvaient leur limitation dans l'anti magie et ce que cela impliquait. Mais il fallait aussi être honnête et pour l'heure, nous n'avions pas trouvé d'autres solutions quant à ses défauts qui restaient, somme toute, particulièrement mineurs. Peut-être qu'à l'avenir, j'allais parvenir à régler ces "défauts" et à rendre Mortifère encore plus puissant. A étendre son expérience à de nouveaux sujets et à produire en masse ces super soldats dont Zélévas rêvait tant. Ou bien la république arrêterait soudainement le projet et son financement, auquel cas mes travaux seraient arrêtés net, un temps. La république était vaste, la pègre aussi. Le Reike également pourrait potentiellement y trouver son intérêt, malgré leur vision étriquée de ce qu'on pouvait faire au peuple du désert.  

    Lorsqu'enfin nos pas nous menèrent au laboratoire, j'y déposai Kylian en demandant spécifiquement aux laborantins de transférer le corps du bougre dans la salle d'expériences numéro sept. A leurs regards inquiets, ces deniers comprirent rapidement le traitement que je réservai au malheureux. Des tests axés sur la séparation des membres et des organes, couplés à l'évaluation des capacités de guérison des potions de régénération. Combien de temps pour un orteil? Pour un pied? Une jambe? Quid des parties plus secondaires du corps humain? La théorie était là, les écrits aussi. Mais en situation réelle, il était toujours bon de pouvoir observer la chose soit même. Egalement, je me demandais bien comment son corps réagirait si on lui posait un membre qui n'était pas le sien avant la régénération. Est-ce que la greffe prendrait tout de même? Ou bien y aurait-il rejet? Je devais l'avouer, j'avais hâte de pouvoir commencer ces dites expériences. Mais... J'avais promis à Mortifère de l'emmener loin du laboratoire, vers le village d'herboristes. Alors... Je comptais bien tenir promesse.

    Guidant donc ce dernier aux travers des bois et sur la grande route menant à Justice, nos discussions ne furent pas très nombreuses. Principalement à cause du fait que je demeurais plongé dans mes notes, à écrire les rapports des combats s'étant déroulés plus tôt. En revanche, je ne manquai pas de répondre au sujet lorsque ce dernier venait me poser quelques questions. Mais... Comme à mon habitude, je n'allais pas non plus relancer la conversation. Après tout, les états de Mortifère m'intéressaient mais... Je doutais tout de même de ses capacités à parler science et médecine.

    Forgé dans l'ombre [Le Docteur] D9667s2-4e37b738-a06c-4b55-8636-b0a8f5f56fae.jpg?token=eyJ0eXAiOiJKV1QiLCJhbGciOiJIUzI1NiJ9.eyJzdWIiOiJ1cm46YXBwOjdlMGQxODg5ODIyNjQzNzNhNWYwZDQxNWVhMGQyNmUwIiwiaXNzIjoidXJuOmFwcDo3ZTBkMTg4OTgyMjY0MzczYTVmMGQ0MTVlYTBkMjZlMCIsIm9iaiI6W1t7InBhdGgiOiJcL2ZcL2JiYWEwNDhhLTU4MDctNGRjMS1iMmQzLTc2Njc5NmRhOWM4ZlwvZDk2NjdzMi00ZTM3YjczOC1hMDZjLTRiNTUtODYzNi1iMGE4ZjVmNTZmYWUuanBnIn1dXSwiYXVkIjpbInVybjpzZXJ2aWNlOmZpbGUuZG93bmxvYWQiXX0

    Finalement, nous arrivâmes à Iribourg. Comme à son habitude, on pouvait entendre de multiples mélodies et autres sons de voix provenant du centre du hameau. Depuis la canopée et les hauteurs environnantes, de nombreuses espèces de volatiles laissaient leur cris résonner dans l'air ou bien s'envolaient subitement, apeurées par la brouhaha qui provenait du village. La rivière qui glissait doucement aux alentours du hameau offrait quant à elle une source d'eau potable ainsi que de nourriture, pleine de petits poissons inconscients qui cherchaient à naviguer dans son lit. Me tournant donc vers Mortifère alors que nous approchions de la porte Est -représentée par une grande tour de guet inhabitée- je dévisageai une dernière fois le sujet de laboratoire.

    * Les habitants d'iribourg sont généralement calmes et dociles. Seulement, leur ignorance peut parfois mener à des incompréhensions et une hostilité non expliquée. Ils demeurent néanmoins des citoyens républicains et il ne faut leur infliger aucun mal. Tant que cela n'est pas drastiquement nécessaire. Ils sont également au courant des affaires de la région et de diverses rumeurs. Outre leur marché, le hameau détient également quelques zones d'intérêt, dont les festivités mentionnées lorsque nous marchions plus tôt et qui pourraient t'intéresser si c'est ce que tu recherches. Cette excursion est une véritable mise en situation en "monde réel". Ce n'est cependant pas un nouveau test. Alors, dis moi Mortifère, que comptes-tu voir en premier? *

    Et ainsi, j'allais pouvoir observer si le sujet était pleinement autonome, ou simplement une marionnette de chair à ne dresser que contre les ennemis de la république de manière décérébrée.
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  • Mer 16 Aoû - 14:34
    Ce fut sans ménagement ni estime pour la valeur d'une vie humaine que Kylian fut abandonné par Mortifère, jeté comme un vulgaire sac de viande dans la fosse infernale qu'était le laboratoire. Lorsque les yeux du prototype militaire se rivèrent sur les prunelles suppliantes de la future victime du tortionnaire au bec crochu, Mortifère se surprit à constater qu'il n'éprouvait pour le malheureux ni compassion ni pitié. Avait-il, en désacralisant son propre corps, perdu cette part d'humanité ? Ne percevait-il, comme son mentor, les dépouilles de ses proies en simples ressources à exploiter ?

    Aussi terrible que cela puisse paraître, il tentait vainement de ressentir quoi que ce soit mais peinait à trouver en lui la moindre émotion relative à cette effroyable situation. Comme si ses sentiments eux-mêmes ne lui appartenaient plus, le jeune soldat dut toutefois se rendre à l'évidence. Il n'y avait en lui que la fierté née de l'œuvre accomplie, celle de la besogne bien faite. Kylian n'était pas un homme, son esprit avait été dépouillé de toute valeur. Il n'était, aux yeux de l'abomination mécanique, rien de plus qu'une corvée. Seuls comptaient les mots du Docteur, les congratulations et la gloire. Le reste, désormais, paraissait si lointain.

    La porte se referma derrière lui, sans qu'il ne la touche de ses griffes tâchées de sang. Il rinça ces dernières dans un pot d'eau propre, qui fut rapidement transporté par un laborantin auquel il n'accorda pas le moindre regard. Suite à quoi, il oublia entièrement le contrebandier paralysé pour se recentrer sur la petite sortie prévue en compagnie de son bienfaiteur. Avec soin et méthode, il usa de sa vision améliorée par magie afin de s'épousseter précautionneusement, tâchant mécaniquement de retirer la moindre trace de l'affrontement précédent de son luxueux habillement. Bien qu'elle fut choisie comme un coup d'essai, la destination avait le mérite de permettre au cobaye de se réinsérer doucement dans cette société qui l'avait déjà oublié.

    La balade fut longue, mais infiniment plus agréable au demeurant que la précédente. Son corps n'étant plus harcelé par l'appel étouffant d'un excès de magie cherchant l'explosion, Mortifère put profiter enfin de la plénitude résultant d'une marche tranquille. C'était bête, mais le simple fait de pouvoir ainsi arpenter les sentiers sinueux de la forêt chantante dans ce corps qui n'était plus tout à fait sa propriété avait quelque chose de magique. Silencieux malgré la foule de questions qui hantaient son esprit, Mortifère passa la majeure partie du parcours à jouer de ses sens amplifiés afin de déceler dans le paysage naturel ce que ses anciens yeux n'auraient su percevoir. Le mot "renaissance", employé si souvent dans le laboratoire, semblait prendre tout son sens aujourd'hui.

    Lorsqu'ils parvinrent enfin jusqu'à Iribourg, Mortifère cessa de marcher puis accorda à ce brin de civilisation un long regard. Le Docteur lui parla par la voie de l'esprit, et le soldat réfléchit un instant pour trouver une réponse adéquat. Que voulait-il voir, de quoi voulait-il profiter ? Des questions que l'on ne lui avait pas posé pendant ce qui avait semblé être une éternité. Le cerbère, tenu au collier depuis la signature de son contrat, n'avait plus eu le loisir du choix. Le génie de la médecine lui assura qu'il ne s'agissait pas d'un test mais pourtant, ce fut comme tel que Mortifère perçut l'opportunité. Ce qu'on lui demandait, c'était de vérifier qu'il était encore capable d'être un individu malgré les substances dont on avait bourré son crâne.

    "Profiter des festivités me ferait sans doute le plus grand bien."

    Un demi-mensonge. Mortifère n'avait cure de ces réjouissances, du moins pas aujourd'hui. Ce qu'il souhaitait en revanche était d'établir s'il était encore le bienvenue parmi les Hommes. Quel intérêt aurait-il à devenir un héros du peuple, s'il ne pouvait même pas se présenter à eux pour obtenir leurs louanges ? Sans un mot de plus, il enjamba une racine et s'engagea sur le court chemin qui les séparaient encore d'Iribourg.

    On ne tarda pas à remarquer la venue des deux géants masqués. Le Docteur, impérieux mais paisible, semblait ignorer les coups d'œil appuyés que lui jetaient les badauds. S'il y accordait le moindre intérêt, ses sentiments n'étaient en tout cas pas discernables au travers de son habit et encore moins dans sa gestuelle. Mortifère tâchait de l'imiter, se faisant aussi grand que son corps le lui permettait et affichant avec prestance la chouette républicaine qu'il portait sur sa cape. Le symbole reconnu nationalement n'avait pas été placé là au hasard. Tout, de ses dimensions jusqu'au traitement du tissu, avait été pensé avec minutie pour permettre au monstre de fer de devenir présentable. Cette prouesse esthétique, fort heureusement, faisait son effet même parmi les paysans.

    Lorsque la silhouette du colosse était jaugée par les spectateurs, les inquiétudes suscitées par sa présence se muaient vite en soulagement. Atypique et remarquable de par sa largeur d'épaules impensable, il émanait cependant de Mortifère, par ses dorures et ses parures, une noblesse apparente qui rassurait la plupart des observateurs. Ce fut donc sans susciter l'anxiété plus que de raison que le goliath républicain traversa la foule de curieux qui passait sur ses flancs. Ou du moins le croyait-il. Les bonnes gens avaient appris, au fil des années, à sourire face à l'étendard par souci de sécurité.

    Baigné dans la méconnaissance de sa propre situation, ce fut donc sans inquiétude que Mortifère s'attabla, après avoir consulté le Docteur du regard, lorsqu'il aperçut un banc qui ne semblait attendre que lui. Il y avait, tout autour d'eux, des fumets délicats de viande cuite et d'herbes que le militaire avait oublié, après des mois passés à être nourri à la cuillère d'une pitance sans saveur. Une femme aux joues roses et aux bras bien épais s'approcha enfin du duo improbable, non sans échanger d'abord un mot furtif avec son employeur. Sans grâce ni amabilité, elle leur dit :

    "Que veulent ces messieurs ?"

    "Qu'avez-vous à proposer ?"


    La voix éraillée aux notes métalliques effraya passablement la tenancière, qui ne put retenir un bref mouvement de recul. Parvenant à retrouver un peu de contenance, elle répondit :

    "Porc en sauce, la spécialité. Bière locale pour arroser l'tout."

    "Ce sera très bien, merci."

    "Et pour... vous ?"

    Le Docteur, très franchement, ne la rassurait pas beaucoup plus. Lorsqu'elle voulut prendre la commande de ce dernier, Mortifère se fit d'ailleurs une réflexion toute neuve. Il n'avait jamais vu le praticien manger. D'ailleurs, il ne l'avait jamais vu sans masque tout court.
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