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  • Dim 10 Sep 2023 - 12:12

    Griffonnant encore et encore sur mes notes, mon esprit était incroyablement concentré. Cela faisait plusieurs heures que je m'efforçai de reproduire à la perfection le schéma anatomique du sujet quatre vingt sept. Victoria, une hybride humaine-pieuvre que j'avais de prime abord confondu avec une sirène aux traits particuliers. Cette dernière s'était présentée à moi de manière spontanée. Officiellement, afin de recevoir un traitement contre la folie mentale qui semblait l'assaillir. Malheureusement, son cœur avait lâché lors d'une énième expérience, ne supportant pas les mélanges chimiques qui lui avaient été injectés. Aussi, j'avais par la suite procédé à une autopsie des plus rigoureuses, cherchant à percer les mystères de ces créatures qui venaient défier toute logique naturelle. Le haut de son corps, vertébré, était relié par divers tissus nerveux et musculaires à la partie inférieur de son anatomie pour permettre aux nombreuses tentacules composant ses "jambes" de la porter et la faire se déplacer. D'ailleurs, la pieuvre s'était emmitouflée dans une grande robe de soirée ample en arrivant au laboratoire, probablement pour cacher sa nature à moitié animale. Il fallait avouer que les hybrides n'ayant déjà pas bonne réputation, les cas les plus étranges étaient encore plus pointés du doigt. Enfin, peu m'importait. Achevant un nouveau trait de construction, je me reculai finalement du parchemin pour en observer toutes les subtilités. A l'exception de mes commentaires habituels, la reproduction avait été parfaite. Les différentes nervures, le relief de la peau ainsi que les détails des ossements avaient été parfaitement positionnés. Et les organes, similaires à ceux des hommes, avaient également été reproportionnés et mis en place sur le dessin afin de correspondre au mieux à la réalité. Satisfait, je vins donc enrouler le parchemin pour finalement me redresser, me retournant ensuite vers l'objet de mon obsession, le fameux corps de la dite Victoria.

    Outre son aspect morbide, l'hybride adoptait sur sa partie supérieure des traits relativement juvéniles mais tout de même marqués par l'anxiété et des cernes bien trop creusées pour une personne ayant un sommeil parfait. Au niveau de son buste, les restes de ma précédente dissection étaient encore visible malgré les différentes coutures. Sur les côtés du corps, enfin, les différents organes de la créature flottaient doucement dans du liquide d'embaumement afin de préserver ces derniers le plus longtemps possible. Après tout, je devais encore tester la résistance de ces derniers face à différents types de venin trouvables sur terre et dans la mer afin de théoriser sur quelles résistances étaient dominantes dans le corps de la décédée. Pour le reste, la pauvresse n'avait rien d'autre de très intéressant. Son visage était d'une banalité sans nom et ses formes n'étaient pas suffisamment plantureuses, outre les tentacules qui composaient son "bas", pour attirer les désirs des hommes les plus simples. Même son appareil génital avait manqué de fantaisie. Aucune malformation étrange ou spécificité particulière telle qu'un cloaque ou une poche pénienne. Après tout, avec les hybrides, on pouvait s'attendre à tout.

    Laissant finalement le cadavre, je quittai la salle d'examen en ordonnant à un de mes laborantins de ranger le tout dans la chambre froide. Ma future destination? Ma "salle personnelle", où m'attendait le début de mes prochains travaux. Le sujet d'expérience? Moi même. Cela faisait plusieurs jours que j'y réfléchissais et suite à mon expédition avec Mélantha, je m'étais plusieurs fois demandé s'il ne me serait pas préférable de renforcer d'une quelconque façon certains aspects de ma nature. Ainsi, j'avais réajusté la composition chimique de quelques sérums et concoctions que nous avions fait boire ou injecté à Mortifère lors du projet palladium. A présent, il restait à savoir si cela allait fonctionner avec moi. Par instinct, ma magie de guérison avait une fâcheuse tendance à s'activer pour purger ma carcasse de tout poison ou mal insidieux. Ainsi, il faudrait probablement réajuster la balance des divers composants si les premiers tests s'avèreraient non concluants. Enfin, on ne pouvait réellement savoir qu'en testant directement, pas vrai?

    Passant la lourde porte qui menait à la salle la plus enfoncée dans les sous sol du laboratoire, je savourai silencieusement les quelques sanglots des sujets suspendus dans l'air. M'avançant par la suite jusqu'à la table centrale de la salle, je vins y déposer toutes les seringues et autres bandages qui pourraient m'être utiles pour la suite des événements. Après de longues, longues minutes de préparation, j'en avais enfin fini avec tout le matériel et pouvais enfin relever la manche de mon bras gauche. Révélant ma peau déjà marqué par de nombreuses expériences passées - quelles soient scientifiques ou plus personnelles avec la liche - je vins placer doucement l'aiguille qui servirait de conduit pour l'injection des produits dans mon corps.

    * Scientia praevaleat *

    Enfonçant subitement la pointe de la seringue, j'étirai une légère grimace lorsque le mélange alchimique pénétra dans mon corps. Il n'y eut aucune douleur directe. Aucune réaction me forçant à me contorsionner ou me tenir le bras dans un réflexe instinctif. Ni réaction de ma magie de soin. Et c'est bien cela qui était à l'origine de la déformation de mes traits. Retirant l'aiguille lorsque l'entièreté du composé fut injecté, j'appliquai ensuite sur ma peau quelques compresses avant de bander le tout pour éviter toute infection future. Puis, fixant la fiole d'où avait été issu le mélange, je restai perplexe quand à ce qui venait de se passer. Ou plutôt, de ce qui ne s'était pas passé. Plongeant dans mes souvenirs, je revoyais les corps torturés des patients à qui nous avions injecté les produits, et les réactions parfois allergiques face au mélange. Alors, pourquoi dans mon cas, les choses avaient elles été différentes? Quelles avaient été les variables que j'avais ignoré? Les spécificités? Commençant à tourner en rond devant la table, mon esprit vagabondait sur l'entièreté du procédé de création à la recherche d'une faille, de quelque chose de particulier qui aurait pu indiquer une possibilité de résultat différente. Mais rien. Tout avait été fait en ordre. Tout avait été préparé avec minutie, comme toujours. Soudainement, un sentiment étrange qui venait étreindre ma gorge. Une lame sinueuse, lancinante, qui glissa jusqu'au centre de ma poitrine. Portant ma main contre mon torse, j'avais l'impression qu'un millier de dagues venait de s'enfoncer subitement dans ma chair pour réduire à néant mon cœur. Une étrange anxiété, que je savais passagère, vint tracer son terrible sillon dans mon esprit alors que je sentais mon corps chavirer doucement. Tombant à genoux, ma main s'accrocha lamentablement aux bords de la table d'opération comme pour me retenir. Comme pour m'éviter de sombrer sur le sol sombre de la salle d'examen. Dans mon esprit, rien n'allait. Les pensées s'entremêlaient dans un tourbillon ardent, venant provoquer à l'intérieur de mon crâne une migraine atroce qui s'accentuait à mesure que les secondes passaient. Pour peu, je crus entendre mon cerveau bouillir. Au sein de mon torse, le poids qui enserrait mon cœur sembla s'intensifier un peu plus, à l'instar d'un étau se refermant petit à petit contre ce dernier. Puis, alors même que je commençai doucement à me redresser, mon esprit vrilla de nouveau.  

    - Nrgh...

    Puis le néant s'empara de ma vision pour m'emporter dans le monde des songes.

    *
    *  *


    Debout au milieu d'une multitude de corps déchiquetés et lacérés, je me trouvai seul. Privé de ma tenue, de mon masque ainsi que de mon équipement, je m'observai de l'extérieur. Comme une âme flottante. Entièrement nu, je cherchai du regard quelque chose de logique. Quelque chose qui pouvait m'expliquer ce que je faisais là. Parmi les corps se trouvaient de nombreux soldats reikois, dont la bannière avait été teintés d'un sang cruel. Puis, il y avait les morts. Enfin. Les morts-vivants terrassés. Et, enfin, je replaçai mon environnement. Tyranium, petite ville au nord de Shoumeï. Mais pourquoi tous ces corps? Il ne me semblait pas que les troupes reikoises aient évolué aussi profondément dans la province shoumeienne alors... pourquoI? Pourquoi toutes ces images? Pourquoi cette désagréable impression de déjà vu?

    Mon esprit était confus, intrigué, tandis que je commençai à marcher doucement parmi les cadavres à la recherche d'un but. D'une logique quelconque qui pourrait me situer ou me replacer dans cet étrange souvenir onirique. Car, je le savais, il s'agissait d'un souvenir. Mais... La temporalité me semblait étrange, déformé. A y réfléchir, mon corps non plus n'était pas habituel. Mes bras étaient trop grands, mes ongles trop pointus. Ma peau trop immaculé. D'ailleurs, face à cette dernière observation, l'entièreté de mon enveloppe sembla changer. La peau se craquela subitement, avant de se déchirer dans un fracas tonitruant pour prendre une apparence plus sombre. Les traits de mon visage se remodelèrent, adoptant la forme corbine que j'aimais tellement. Ainsi, je me sentais moi même. Bien que... Mes souvenirs demeuraient confus. Où étais-je? Quand était-ce?  

    A nouveau, mon esprit se morcelait en de multiples échos lointains. Terrible frustration qui venait lécher ma soif d'explications. Plus rien ne faisait sens dans cette étrange expérience où je continuai de marcher malgré moi, comme à la recherche d'un but lointain, que je connaissais mais qui m'était inexplicable. Alors, j'avançai, tandis que les questions se faisaient plus nombreuses que les réponses. La métamorphose ne semblait pas... issue d'un pouvoir. Pour peu, mon enveloppe "humaine" m'avait même semblée moins réelle. La folie me guettait-elle? Ou bien était-ce ce tourbillon étrange d'émotions qui perturbait ma vision? Mélancolie. Voila tout ce qui venait saisir mon esprit chaque fois que je tentais de rationaliser tout ce que je pouvais observer. Puis, soudainement, une vive lumière au loin. L'impression d'assister au déroulé d'une vie que je n'avais pas vécu. Un carnage dont j'étais responsable, et qui me rendait fier. Puis... De nouveau cette lancinante mélancolie qui entravait mes pensées. J'en avais assez. ASSEZ!

    Dans un tourbillon étrange, la multitude de corps fut projetée dans les airs. Voletant un peu partout, les restes déchiquetés projetèrent sur moi leur raisiné et autres viscères alors qu'un hurlement strident sortait de ma gorge. Un hurlement bestial, inhumain, qui semblait emplie de rage et de désespoir. Et ce fut là la dernière image de mon étrange voyage onirique.

    *
    *  *


    Revenant doucement à moi, je me trouvai appuyé contre la table d'opération. Hâletant, mon corps semblait avoir du mal à se réadapter à la réalité. Mon esprit était morcelé, perturbé, tandis que je tentais de reprendre un peu de contenance. Que s'était-il passé? Voila une question à laquelle je n'avais aucune réponse et qui me frustrait incroyablement. D'ailleurs, cette question se répéta de nouveau lorsque mon regard se posa sur le reste de la pièce. Renversés et écrasés un peu partout, les multiples meubles et râteliers semblaient avoir été arrachés et projetés contre le sol. Dans les cages, les quelques spécimens encore assez lucides pour comprendre quoique ce soit semblaient apeurés. Enfin. Bien plus que d'habitude. Sur mes lèvres, un sourire sadique venait s'installer. Peut-être, au final, que tout n'avait pas été un échec dans cette étrange expérience.

    Quittant la table, puis la salle d'expérience, je refermai silencieusement la lourde porte manant à cette dernière avant de filer vers une salle plus adéquate. Dans la pièce numéro quatorze, je pus récupérer divers stimulants et autres produits dopant que j'injectai presque instantanément dans mon corps. Si mon esprit semblait encore perturbé par ce qui venait de se produire, mes muscles ainsi que mes organes semblaient parfaitement fonctionnels. Mieux encore, j'avais cette impression particulière d'avoir récupéré un fragment de ma propre personne. Sentiment qui, étrangement, s'estompa rapidement lorsque mes pensées s'ancrèrent de nouveau à la réalité.

    En effet, la porte de la salle venait s'ouvrir doucement, révélant à mes yeux la liche qui m'assistait à présent dans de nombreux domaines.
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  • Dim 10 Sep 2023 - 14:09

    La lourde porte grinça, s'ouvrant lentement sur la fine silhouette de Mélantha.
    Elle revenait de quelques jours de voyage et s'était directement enquit de savoir où était le Docteur, menaçant les laborantins par sa simple présence, ils avaient appris qu'avec elle, il fallait éviter de lui adresser la parole et ils devaient se contenter de lui dire où se trouvait le propriétaire des lieux, lorsqu'elle le quémandait, sans plus de ménagements.

    Son périple lui avait parut durer une éternité, effectué sans encombres, sans meurtres, elle avait passé son temps à méditer sur son origine et sur ses plans futurs et notamment le premier. Se résignant à faire fi de ce qu'il lui restait de faiblesse, elle s'était ressassé tous les scénarios possible. Ça lui serait si aisé. Cette épreuve serait le premier tournant avant d'entreprendre quelque chose d'encore plus grand, une quête, une promesse.

    Après toutes ces heures d'attente, rongeant d'impatience, elle se trouvait là, droite, face au Docteur qui venait à peine de se retourner vers elle, à sa présence. La mort-vivante ferma lentement la porte derrière elle, ne se détournant pas de sa cible. Ses mouvements se faisaient de mauvaise augure, tel un chat se faisant lent avant de se jeter sur sa proie. Elle resta adossée à la porte, s'annonçant.

    "Je suis passée à Justice... Un voyage gratifiant."

    Elle se décolla de la porte sur laquelle elle était appuyée et s'avança doucement, se mouvant d'un déhanchement telle une vipère.

    "J'y ai fait une rencontre plutôt pertinente. Si celui-là n'a pas été tué, il a au moins eut le mérite de me rappeler une chose que j'avais oublié depuis trop longtemps."

    Arrivée au niveau du Docteur, elle le poussa contre la table qui se trouvait derrière lui. Il resta debout, légèrement appuyé, et la liche apposa son genou sur l'appui, prête à lui grimper dessus comme tant d'autres fois où ils avaient pu le faire. Elle passa lentement sa main droite le long du cou de son partenaire, la faisant glisser sur son torse d'un geste tendre, en contradiction avec son intonation folle.

    "L'on n'est jamais mieux trahit par ceux qu'on... en qui nous avons réellement confiance. Je ne veux pas commettre à nouveau cette erreur. Ce serait bête, n'est-ce pas ?

    A ses derniers mots, elle les lui avait murmuré en s'approchant de son masque. Au même instant, de sa main gauche dissimulé dans son dos, elle dégaina sa dague sans la lever. C'était un coup discret, seul le bruit gluant de l'entaille et la douleur avait pu en avertir la victime. La lame avait pénétré dans son flanc, la liche avait appris avec cet homme quels étaient les points vitaux. Inconsciemment ou non, elle avait évité la zone fatal.
    Pourquoi ?!
    Elle... Elle voulait sûrement le torturer encore un peu. Cela faisait des jours qu'elle salivait de ce moment, autant le faire durer. Comme si elle avait oublié sa propre malédiction, elle baissa la tête par réflexe à la sensation de la souffrance, aussi douloureuse que jouissive. Mais pour l'instant cette sensation n'était que dérangeante, entravant ce qu'elle voulait accomplir.
    Que c'est faible.
    Elle serra la mâchoire aux voix qui résonnaient dans sa tête, semblable à la voix du Docteur ou du démon des Songes. Elle s'était habituée à cet effet durant son trajet vers le laboratoire, jugeant ces propos comme étant son inconscience ou son fantôme du passé. Et pour le coup, elle était déçue. Oui, elle se faisait faible et elle se décevait. Elle remonta la lame pour agrandir la plaie en longueur, regardant le Docteur dans les yeux. Son regard s'était assombri, elle lui sourit nerveusement avant de lâcher un gloussement forcé. Cette situation était pénible, autant par la douleur que par ces ressentiments la rongeant. Mais, une fois qu'elle aurait achevé ce qu'elle se devait de faire, elle serait enfin libre, entière, prête à affronter tout obstacles et vaquant dans la solitude comme autrefois. Plus rien ni personne pour l'arrêter ou attenter à son immortalité. C'était une épreuve difficile où elle ne devait échouer sous peine de ne rester que l'ombre de tout son potentiel inexploité.

    Elle recula, retirant sa dague dans un mouvement furtif et sifflant. Prête à reprendre son élan pour lui sauter à la gorge. Connaissant ses capacités qu'elle admirait pitoyable, elle connaissait ses points faibles et surtout ce dont il était capable. Elle devait faire vite. D'un mouvement de griffe dans l'air, des invocations ombreuses immobilisèrent le Docteur, le liant à la table sur laquelle il était appuyé. Confiante de sa prise, elle s'approcha à nouveau, glissant sa dague sous le bec du masque.

    "Cette fois-ci je ne veux pas perdre de temps."

    Dans sa détermination, elle se mit à rire plus sincèrement, jouissant de son ascendance sur ce combat qui ne serait autre qu'une exécution. Elle inséra doucement sa dague à quelques parties de son corps pour amorcer la torture qui ne ferait que tendre vers une cadence folle. Plus folle encore que toutes expériences qu'ils avaient effectuées ensemble.
    Ne ressasse pas le passé qui te garde prisonnière de ce dont tu es réellement capable. Tue


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  • Dim 10 Sep 2023 - 20:55

    Quand Mélantha s'était approchée, j'avais senti en moi poindre une rage étrange. Mais, mêlé à mon contentement de revoir mon assistante et de lui parler de ce que j'avais vu, de la réussite de mon expérience, que je décidai de laisser de côté cette étrange impression. L'invitant à approcher, j'écoutai ses mots avec attention. Visiblement, ma partenaire avait été plutôt occupée durant ses quelques jours d'absence et j'étais impressionné par ses propres mots. Ainsi, un individu avait été épargné alors qu'elle avait posé ses griffes sur lui? Devais-je être jaloux? L'idée me fit sourire légèrement tandis qu'elle venait me plaquer contre la table d'opération. Me laissant faire, je sentis sa main glisser sur ma poitrine tandis qu'elle positionnait ses jambes. Seulement, malgré l'apparent plaisir de la situation, quelque chose clochait. Me faisais je des idées? La liche avait toujours été instable. De notre première rencontre jusqu'à son départ du laboratoire, la morte vivante avait de nombreuses fois fait montre d'une rage incontrôlé et vindicative. Mais, étions nous là dans la même situation? Quand sa dernière phrase sorti de ses lèvres, je réalisai à quel point j'avais mal observé la situation. A quel point j'avais été stupide. Et quel ironie, aux vues de son propos, que ce soit en lui faisant confiance que je lu avais permis d'ainsi me poignarder.

    Ne réagissant pas tout de suite, je senti la lame s'enfoncer dans ma chair et esquivant les zones les plus létales. Pourtant, un long filet sanglant quitta tout de même mes lèvres et éclaboussa l'intérieur de mon masque, alors que mon amante venait me fixer d'un regard aussi noir que la nuit. La lame glissa, déchirant mon intérieur alors qu'elle remontait lentement. Une vive douleur, lancinante, qui vint s'ajouter au terrible sentiment de dégout qui commençait à poindre dans ma gorge. Je n'étais pas homme à ressentir la moindre émotion, mais... Il y avait parfois des situations où la rage pouvait finir par prendre le dessus. J'avais été trahi. Je semblais le réaliser à présent. J'avais été idiot. Stupide. Bête. Moi. Moi qui plaçait tant l'intelligence et l'esprit analytique au dessus du reste, je venais de subir les conséquences de ma propre irrationalité. Ce monde était cruel. Et, surtout, j'avais l'air de devoir renoncer au seul esprit qui me semblait un tant soit peu identique au mieux. Peut-être était-ce pour cela, dans le fond, que j'essayais de rationaliser la chose. De me dire que, sûrement, dans une situation opposée j'aurais agi de la même façon... Non... Cela n'étaient qu'excuse et mauvaise foi. J'avais été profondément stupide d'accueillir cette femme dans mon laboratoire et de lui confier cette... Complicité? Un sourire désabusé vint s'installer sur mes lèvres tâchées de sang. Comme si le terme sonnait faux, même dans mes propres réflexions. Et, pourtant, au cœur de cette rage, cette colère, cette rancœur, je ressentais toujours quelque chose. Comme de la...Mélancolie?



    Elle se retira alors, retirant au passage la dague de la trahison qu'elle avait enfoncé dans ma chair. Sans me laisser le temps de dire quoique ce soit ou de réagir, elle utilisa sa magie ombreuse pour venir retenir mes membres et revenir vers moi dans une expression encore plus folle. Et un rire qui était aussi sadique qu'emplit de folie. Elle vint ensuite glisser sa lame sous mon bec, menaçante. Et pourtant, je ne réagissais pas encore. Pourquoi? Ses mots me semblaient étrangers, et quand sa lame ombreuse se renfonça de nouveau dans mon corps, marquant ce dernier à divers endroits, je ne fis toujours rien. POURQUOI? La question ne cessait de trotter dans ma tête. Comment en étions nous arrivés à pareille situation? Comment avais je fait pour être aussi naïf et pourquoi diable n'avais je pas encore commencer à répondre à ces agressions? A cette lame vicieuse qui devenait de plus en rapide à mesure qu'elle s'enfonçait dans mon corps? Est-ce que j'avais toujours été aussi impuissant? Aussi dans le besoin? J'avais traversé les guerres des titans. Et, pourtant, je semblais actuellement dans une position particulièrement désavantageuse. Était-ce à cause, d'elle? La liche réarma un coup, retirant sa lame en me fixant de son regard toujours aussi fou.

    - Ha... Ha... Ha...

    Un son guttural, inhumain. Inhabituel. Issu d'une gorge qui n'avait jamais été capable de produire le moindre son. Et accompagné de ces trois sons moqueur, une chaise projetée à pleine vitesse qui vint frapper Mélantha de plein fouet, la projetant plus loin dans la pièce. Les liens se dissipèrent, visiblement non maintenus par la morte vivante qui venait d'être attaquée par une partie du mobilier. Me redressant doucement, mes mains glissèrent sur mes plaies tandis qu'une grimace agacée venait déformer mes traits. Des plaies, superficielles. Malgré la multitude de coups. Était-ce de la chance? Cela semblait si... précis. Déportant mon regard sur la liche que j'avais envoyé valser, je sentais en moi une colère profonde saisir ma poitrine. Et, alors même qu'aucun mouvement de ma part ne se réalisait, plusieurs objets se mirent à léviter tout autour de moi. Des chaines, des crochets et autres fioles de gaz anesthésiant se mirent à tournoyer rapidement, atteignant une vitesse relativement effarante. Tout semblait obéir à mes pensées. Tout était organique, fluide. Aucune difficulté dans les mouvements comme dans la précision de l'agitation. Et, en face de moi, ma cible.

    * Je ne sais pas ce que tu as vécu exactement. Ce que t'as révélée cette personne car tu ne me dis rien. Mais... Si l'impression que tu me donnes est réelle. Si ton envie de me tuer est véritable. Alors sache, Mélantha. Que jamais tu ne sortiras de ce laboratoire. *

    La rage parlait, alimentée par le dégout et la tristesse. Par ma propre faiblesse. Par ma confiance brisée. Une première salve d'outils s'envolèrent rapidement vers la liche, dans le but de faucher ses jambes afin de la refaire tomber au sol. Puis, ce fut une succession de fioles emplie de gaz qui vinrent s'élancer vers elle pour lui éclater dessus et ainsi répandre un flot continue de vapeurs soporifiques. Je voulais la faire tomber. Me venger. Pourtant... Pourtant les lames restaient à flotter derrière moi. Les scies, crochets de bouchers et autres lames de dissection tournoyaient doucement, tandis qu'un bouclier télékinétique venait m'entourer pour éviter toute mauvaise surprise. Je détestai ce qu'il se passait, et je ne savais même pas trop pourquoi. Mais, comme d'habitude, mon esprit pragmatique prenait le dessus. Survivre était plus important qu'écouter ce que je pouvais prendre pour de la complicité ou de "l'affection". Non. Il fallait combattre. Même si pour l'heure, mon esprit semblait se refusait à envoyer les frappes les plus mortels. Alors, les chaines frappaient, ou tentaient de toucher. Les gaz non létaux se répandaient tandis les protections de télékinésie se maintenaient.

    Mais en aucun cas, je n'accepterai de mourir de sa main, et ainsi la condamner à une solitude qui lui serait fatale.  
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  • Dim 10 Sep 2023 - 22:59
    Un rire lent, d'autant plus inhumain que sa voix habituelle. Ce fut la seule réaction qu'elle eut en guise de réponse aux prémices de sa torture. Annonciateur d'une haine à son égard, se faire voir comme une ennemie l'aiderait grandement à utiliser son plein potentiel. A ce sombre gloussement, elle avait arrêté son élan, surprise. Cet instant laissa une fenêtre de tire à sa victime. Contre toutes attentes, une chaise qui attendait dans un coin, se mit subitement à percuter la mort-vivante à toute vitesse, l'envoyant contre le mur avec violence. Sa tête cogna l'une des cages, elle perdit le contrôle de ses ombres par cette simple distraction. Voilà un aspect de la puissance du Docteur qu'elle ne connaissait pas. Elle avait pensé à un mécanisme, mais à la vue de la multitude d'objets qui se mirent à léviter aux côtés de son adversaire, elle se rendit compte qu'il avait également changé, ou alors qu'elle ne le connaissait pas réellement.

    Alors qu'elle se redressa de sa perte d'équilibre, serrant la mâchoire aux paroles du Docteur, elle ne comptait rien lui dire. A ses yeux, ce qu'elle avait dit était d'une clarté évidente, sachant ce qu'elle savait. Mais surtout, si elle devait s'en débarrasser, ça ne servait strictement à rien de se justifier. Elle devait tuer celui en qui elle avait confiance, un point c'est tout.

    "Non, en effet, je ne sortirais pas d'ici avant d'en avoir fini avec toi."

    Elle souffla du nez, presque rieuse dans son mépris. Puis le tourbillon d'ustensiles dansants autour du Docteur, se mit à pivoter les lames en direction de la liche avant qu'elles ne se lancent sur elle rapidement mais de façon assez rythmé. Mélantha s'éloigna du mur en tirant la chaise pour la projeter plus loin devant, espérant annuler la course de certains outils qui arrivaient à vive allure. Elle essaya une première contre-attaque en invoquant ses tentacules ombreuses, mais la nuée d'armes faisaient également office de bouclier, repoussant ses invocations. Face à cette offensive de la part de la mort-vivante, des chaînes de fer, plus souple que le reste des projectiles, se lancèrent en sa direction et dévièrent l'obstacle pour se cogner sur sa jambe squelettique, frappant l'os découvert. Elle trébucha dans un râle de colère, se faire ainsi percuter l'enragea, elle n'aimait pas souffrir sans que ce ne soit sur commande. Un genou à terre, elle rattrapa de justesse un énième outil métallique qui avait manqué de lui frapper le crâne, puis elle le relança en direction de son propriétaire, qui ne fit que cogner sa protection d'ustensiles.

    Ceci fait, elle n'eut à peine le temps de se relever qu'une multitude de fioles s'éclatèrent de toutes parts. Elle s'en voulut de ne pas avoir été plus attentive aux expériences du Docteur, elle aurait peut être reconnu de quel produit s'agissait-il. Elle supposa que c'était de l'acide et se tint à l'écart de ces flaques et éclaboussures tout en se redirigeant à nouveau vers sa cible. Éviter un contact physique avec le liquide lui paraissait suffisant, et ce le fut, pour quelques instants.

    Le Docteur faisait l'erreur d'être passif dans la colère grandissante de la liche. Seules des chaînes continuaient à voler dans tous les sens, repoussées ou esquivées, ce n'était pas ce que la liche craignait le plus. Une nuée d'armes plus dangereuses attendaient d'être lancées et pourtant rien ne se passait. Tant pis, si il ne se décidait pas à agir elle ne s'en priverait pas. Les lames formaient un bouclier presque imparable autour de sa cible, mais ça ne découragea pas la liche. Évitant les projectiles, les déviant par ses ombres, elle donna de multiples coups de dagues pour dégager les armes protectrices, se faisant taillader les bras au passage. Les outils, repoussés, revenaient toujours à leurs places, lentement, alors elle accéléra ses attaques pour essayer de pénétrer la zone intérieure, manquant de plus en plus les esquives contre les chaînes qui continuaient leur assaut.

    Le Docteur ne faisait que reculer face à son avancée, et pourtant il ne se faisait pas plus menaçant. Où était ce monstre inapprochable, intuable, ayant toujours un coup d'avance malgré le désavantage d'une situation ? Quelque chose clochait ou l'empêchait d'agir. Ou alors il savait ce qu'il faisait. Mélantha ne prit pas le temps de réfléchir à la situation. Lorsqu'elle pénétra enfin à travers les lames, elle voulut se jeter sur lui, mais... Elle tangua, perdant l'équilibre et son énergie. L'air était chargé de cette odeur chimique mais elle ne lui brûlait pas les narines... Ce n'était pas de l'acide.

    Ainsi, c'était la raison pour laquelle il ne ripostait pas, il savait ce qu'il faisait et d'une certaine manière, il avait reprit l'avantage. Elle s'appuya sur ce qu'elle pouvait, posant sa main ainsi que son arme sur la table et une autre agrippant le manteau du Docteur, ressentant la frustration d'être ralentie si proche du but. Sa vision se troublait, son corps ne répondait plus et commençait à trembler sous le manque de force.

    "Non, non, non..."

    Perdre connaissance ici et maintenant signait son arrêt de mort. C'était stupide, trop simple, trop rapide. Elle glissa sa main fébrile jusqu'à son paquet de tarot, essayant de sortir une carte quelconque mais elle n'en fit rien. La main gantée du Docteur lui avait attrapé le poignet et de toute façon, elle sombrait déjà, s'écroulant dans le néant.

    Voit ce que fait ton impuissance.


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  • Lun 11 Sep 2023 - 0:35



    Ce n'était pas un combat. Ce n'était pas un affrontement. Simplement deux âmes cruelles qui se faisaient face. L'une dirigée par une haine incompréhensible et issue d'un autre âge. L'autre, se reposant sur sa raison et un profond sentiment d'avoir été trahi. Je ne bougeais même pas, me contentant de parer ses assauts acharnés tandis que je répondais par la suite via des projections d'objets divers. Chaque fois, les chaines tentaient de faucher ses jambes. Chaque fois, les fioles s'éclataient pour lui faire inhaler les gaz. Mais jamais, les lames ne venaient lacérer sa chair. Sauf lorsqu'elle continua d'avancer, s'éclatant contre mon bouclier d'ustensiles. De l'autre côté, je sentais chaque morsures de l'acier. Chaque plaies s'ouvrant. Alors, ma main commença à se poser sur mon torse. Une simple libération de mon pouvoir. Une simple volonté, et je pouvais défaire le lien qui nous retenait. Cette souffrance partagée, aussi exquise que pénalisante. Pourtant, tandis que je sentais ses bras se faire entailler, je ne fis rien. Un simple soupire quitta ma gorge.

    Je ne comprenais pas.

    Mes pieds commencèrent à bouger, reculant doucement alors qu'elle avançait. Je cédais du terrain, non pas par difficulté, mais pour gagner du temps. J'avais beaucoup observé Mélantha. Probablement bien plus qu'elle ne l'avait imaginé. Je connaissais ses forces, ses faiblesses. Mais surtout, son mode de pensée. Elle devait enrager. Vouloir à tout prix briser mon cocon télékinésique afin d'enfin m'atteindre. Elle attendrait encore un peu. Certains coups portèrent. Je le sentais via les échos déformés de ma propre douleur. Elle faiblissait, même si elle ne s'en rendait pas compte. Le gaz faisait effet. Bien.

    La protection magique se brisa enfin alors qu'elle m'apparaissait de nouveau. Toujours fidèle à elle même, cet éclat de folie dans le regard. Cette même folie qui, la première fois, m'avait attiré. Elle trébucha, bien plus atteinte que ce qu'elle avait imaginé. Réalisant, surtout les effets du gaz qui atteignaient son organisme de non morte. J'avais étudié les liches. Je m'étais renseigné. Bien avant de rencontrer la tireuse de cartes. Bien avant d'entamer quoique ce soit avec ma...Devais-je encore l'appeler "ma partenaire"? Je n'en étais même plus sûr. Une de ses mains agrippa la table d'opération, l'autre mon manteau. Je baissai mon bec par réaction, croisant le regard de celle avec qui j'avais été le plus intime. Et la vague mélancolique me submergea. Pourquoi? Pourquoi? POURQUOI? A nouveau, cette gigantesque frustration. Cette rage de ne pas connaître les raisons qui la poussait à se jeter sur moi. Ne pas comprendre les justifications d'une telle trahison. Sa main glissa lamentablement jusqu'à son paquet de cartes. Une tentative désespérée pour renverser le cours de ce prétendu "combat". Je vins donc saisir son poignet, l'arrêtant brutalement dans sa tentative.

    * Je ne laisserai pas des cartes décider de notre destin. *

    La phrase avait été lâché avant qu'elle ne sombre totalement dans l'inconscience. Suspendue à ma main, son corps mou avait perdu toute substance. Elle était là, molle, et les ombres avaient été réduites au silence. La lâchement subitement, je regardai sa silhouette émaciée s'effondrer sur le sol tacheté du laboratoire. Et dans un silence absolu, les outils regagnèrent leurs zones de rangement. Fixant le corps de Mélantha, des dizaines et des dizaines de questions affluaient dans mon esprit. Des questions qui, malheureusement, n'allaient pas trouver de réponse. M'agenouillant doucement, ma dague quitta son fourreau dans un sifflement aigue. Puis, la pointe de cette dernière se déposa lentement sur la gorge de la liche tandis que je relevai sa tête en tirant sur sa tignasse poivre et sel. Une simple pression. Un simple geste, et tout se terminerait ici et maintenant. Plus de complications. Un simple nom s'ajoutant à la liste de toutes les personnes que j'avais tué dans ma vie. Un nouveau visage s'imprimant dans ma mémoire morcelée. Un schéma de plus agrafé aux murs de mon bureau. Après tout, rien ne nous obligeait à prendre le chemin le plus complexe. Des fois, la réponse aux équations était évidente. Parfois, la variable n'était pas si inconnue. Mes yeux se fermèrent, comme un au revoir funeste. Comme une dernière pensée adressée à la liche. Puis, dans un silence habituel...

    Je relâchai subitement sa tête et envoyait valser ma dague à l'autre bout de la pièce.

    *
    * *


    Debout, j'observai mon reflet dans le miroir se trouvant devant moi. Mon manteau et mon haut retirés, je passai silencieusement mes doigts sur les différentes plaies qui parcouraient mon corps. Recousues depuis peu, les nouvelles balafres qui étaient venus recouvrir mon buste témoignaient de la torture sadique que Mélantha m'avait infligé. Grognant doucement, ma main s'attarda spécifiquement sur l'entaille située sur mon flanc. Première marque de ce qu'il s'était passé. Première étape d'une trahison que je ne digérai pas. Me retournant finalement du miroir, mes yeux vinrent glisser sur l'objet de tous mes soucis actuels. Etendue sur une croix de saint André, la liche avait été attachée. Exactement comme la première fois que je l'avais rencontrée. Exactement comme lorsque je la considérai comme une ennemie. Une expérience potentielle. Profitant de son inconscience, je l'avais observée attentivement, jusqu'à poser mes doigts d'une manière presque tendre sur la plaie siégeant sur son buste. Puis, j'avais injecté en elle diverses drogues. Non pas pour altérer son jugement, ou sa perception des choses. Mais pour limiter l'utilisation de ses pouvoirs. Même si, dans le cas le plus absolu, je savais à présent me défendre, je n'en avais étrangement pas l'envie.

    Ainsi, je vins simplement attendre que ma captive ne vienne se réveiller. A peine eut-elle ouvert les yeux que je vins saisir ses joues pour observer son regard, plongeant deux yeux aux pupilles fendues se planter dans les ténèbres de ses pupilles.

    * Je ne comprends pas. *

    Mon esprit avait glissé dans le sien sans aucune hésitation. Lâchant son visage, je me détournai d'elle tout en touchant du bout des doigts le bec de mon masque. Soupirant je reprenais mon monologue tandis qu'elle réalisait peu à peu que je l'avais épargnée.

    * Je pourrai te maintenir attachée ici. Te droguer jusqu'à ce que chaque seconde te semble égale à une journée entière. Que ta perception de la réalité change constamment. Que le haut devienne le bas. Que l'air donne l'impression de brûler tes poumons. Le tout en attendant que l'on me fasse parvenir une potion de vérité pour obtenir des réponses. Tes réponses. Ce qu'il s'est passé. Pourquoi, soudainement, tu souhaites me supprimer. Pourquoi, subitement, nous sommes devenus à tes yeux des ennemis... Mais je n'en ferai rien. Je préfère que tu m'expliques. *

    Ma main quitta mon masque, venant user de ma magie de télékinésie pour arracher les flammes des bougies d'un chandelier proche afin de venir les faire danser doucement entre mes doigts. Mon regard se décala doucement, s'ancrant de nouveau sur la liche prisonnière.

    * Je voulais te montrer cela d'une autre façon. Te faire découvrir mon nouveau potentiel. Et les visions que j'ai eu de mon propre passé. Tester ce... pouvoir. Sur divers sujets. Mais tu fus la première. Un soupir, presque étouffé. Je te le redemande, Mélantha. Car j'ai besoin de comprendre. *

    Les flammes retournèrent sur leurs bougies respectives, tandis que je m'approchai de nouveau, quelques plaies se rouvrant sous ma démarche.

    * Pourquoi? *
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  • Lun 11 Sep 2023 - 2:46


    Trahie, abandonnée, assassinée, mais elle foule toujours le sol des mortels.
    Je suis... une promesse trop longtemps oubliée.

    L'obscurité, les ténèbres, le néant. Voilà que le monde des songes qu'elle fréquentait très peu, commençait  à lui être familier. Amenant avec lui un profond sentiment de solitude. Les sentiments. Les sentiments. Refoulés. N'amenaient que la faiblesse. La faisait souffrir plus que n'importe quelle torture. Ils étaient la cause de sa mort, de son impuissance, de son échec. Elle devait les éteindre admettre.

    Dans cette salle sanglante, où le décor morbide avait avivé leur passion folle, intime, connu d'eux deux seulement. Ils s'étaient liés dans un bain de sang, mêlant une malédiction les condamnant à une confiance apte à confronter toutes épreuves. Elle s'était ouverte à lui, corps et âmes et il l'avait libéré, de sa prison mais également de sa solitude.

    Pathétique

    Dansant au centre d'un cercle de cadavres qu'ils avaient massacrés, ensemble. Se regardant dans les yeux, un soleil obscur tournant autour d'eux, protégeant leur relation silencieuse et les accompagnant dans leur valse macabre. Elle n'avait jamais été aussi heureuse. Riant aux éclats au ciel étoilé, seul témoin de leur engouement.

    Minable

    Manquant de se faire déchiqueter par son invocation incontrôlable, elle y réchappa en embrassant sa silhouette corbine majestueuse, embrassant autant sa personne que ce qu'il incarnait. Ses bras se refermant sur sa silhouette, seule sa présence apaisait ses esprits, ses ardeurs sanguinaires impossible à taire.

    Les images de cette elfe la poignardant en plein cœur, un regard de glace, emplis de haine, défoulant sa passion criminelle qui n'était ce qu'elle croyait, qu'amour. Poignardée dans son sommeil, en ayant donné sa confiance entière.

    Elle l'avait vu mourir... Subissant en son être une douleur inexistante, étouffante qui lui aurait donné une rage de se défouler et de se venger jusqu'à ce que mort s'en suive.

    Rappelles toi, bon sang, que tu as été réduite à ce que tu es à ce jour, par une passion aussi factice et si fragile.

    *

    Le trou au cœur de son buste recommençait à perdre un fluide sombre lorsqu'elle s'éveilla en haletant. Se réveillant d'un cauchemar dont elle ne se souvenait de rien, mais bon sang, qu'est-ce qu'elle détestait le monde des songes. L'esprit quelques peu embrumé par les drogues, elle réalisa avec un peu de latence, qu'elle avait toujours sa conscience, qu'elle était toujours en vie. A peine eut-elle ouvert les yeux, le Docteur déjà à l'affût de son réveil, attrapa son visage entre ses mains de manière presque brutale. Prise au dépourvue, elle ne put directement taire la peine qui régnait dans son regard, jonglant des yeux, observant les pupilles de vipères qui semblaient également dissimuler un chagrin derrière une incompréhension perplexe. Ses mots résonnèrent, Mélantha resta silencieuse, le confrontant d'un regard qui se noircis.

    Lorsqu'il se détourna d'elle pour caresser son masque qui était déposé, continuant son monologue. Mélantha silencieuse, baissa la tête, fixant le sol, prenant en compte qu'elle avait été épargnée malgré sa tentative.Il ne fallait pas céder. Elle fronça les sourcils, ignorant sa faiblesse. Elle l'entendait vaguement. Elle ne voulait l'écouter. Se faire influencer par les ressentiments.

    "Je n'ai rien à expliquer. Tu m'empêches d'être ce que je dois être. Tu es un obstacle, m'empoisonnant les veines de... de ce semblant de confiance. Je ne sais pas ce que tu fais mais cette "attache" ou ces sensations que tu... provoques ! Je ne suis que l'ombre de moi-même. Si je veux réellement embrasser l'essence que j'incarne, je dois me débarrasser de ces futilités qui ne sont qu'un frein, un leurre !"

    La liche éveilla sa colère petit à petit, incapable de bouger et s'efforçant d'aviver ce qui lui restait de haine. Le Docteur reprit son discours, quittant son masque pour se jouer de flammes, démontrant un nouvel aspect de ses nouveaux pouvoirs télékinétiques. Mélantha regarda les flammes danser doucement entre ses doigts, un mouvement presque nostalgique. Elle sentait sa gorge se nouer, comme si ces mouvements lui évoquaient quelque chose ou la forçait à prendre le temps de se recentrer, quelques peu méditative. Puis son regard se déposa sur le corps de son Tortionnaire  se rapprochant. Faisait-il exprès de se dévoiler ainsi, mettant à jour toutes les plaies qu'elle avait provoqué ? Si elle aimait auparavant regarder les entailles qu'elle lui faisait après un acte passionnel, le voir ainsi souffrir de sa démence insatisfaite, la peina particulièrement. Dans un mélange de frustration et de mélancolie, la liche détourna le regard, tourmenté par ce dilemme. Le Docteur insista sur la question et, la pauvre repoussant constamment le dialogue, fut bien forcée de lâcher le morceau. Le filet sombre, visqueux, continuait de s'écouler le long de son torse.

    "J'ai... vue des images de mon passé. Ma mort."

    Elle se fit brève. Envahie par la haine et la honte elle ne le regarda pas en répondant.

    Que faisait-elle, bon sang.


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  • Lun 11 Sep 2023 - 11:49


    J'avais dans ma vie subit de nombreuses blessures. J'avais été poignardé. Brûlé. Plusieurs os de mon corps furent déjà brisés et j'ai même déjà manqué de me noyer. Régulièrement, de nombreux poisons et maladies venaient frapper mon corps afin de tenter de me faire quitter ce monde. La souffrance était une compagne qui demeurait à mes côtés depuis des lunes. Et, pourtant, les mots de Mélantha m'assaillirent d'une manière incompréhensible. Elle n'avait fait qu'ajouter de nouvelles questions sur mes interrogations, n'apportant que des demi vérités et des aveux dissimulés. D'un air triste, je vins me poser contre la table d'opération, grimaçant tandis que je sentais mes plaies qui tiraient.

    * Un obstacle hein. Quelque chose qui te retient... Un sourire glissa rapidement sur mes lèvres. Tu aurais pu choisir de partir. De ne jamais revenir au laboratoire et de ne plus donner de nouvelles. De ne plus me revoir. Ainsi, je n'aurai eu aucun impact sur tes objectifs. Mais tu as choisi de revenir ici. Tu as choisi de me confronter et de t'en prendre à moi. A une personne qui te faisait confiance. Tu as choisi de me trahir et de me blesser. Tu as décidé de me revoir une dernière fois. Je marquai une pause, le regard dans le vide. Un leurre... Je ne sais pas. Je n'ai jamais crut être un mirage pour quoique ce soit. Je suis cruel. Je n'ai aucune pitié pour ceux que je n'estime pas et les sujets d'expériences ne sont pour moi que des outils. Mais quand j'estime quelqu'un, je ne le trahis pas. Je ne viens pas briser ce contrat tacite qui nous relie. Tout comme je n'ai pas brisé notre... Je m'arrêtai, soupirant. L'essence de ce que tu es hein? Et alors, dis moi Mélantha. Qu'es-tu? Et moi, par la même occasion, que suis-je véritablement? Dis le moi, car j'ai moi même encore des doutes sur ma propre nature. *

    Les mots étaient difficiles. La raison échappait complètement à cette étrange discussion. Si je suivais mes raisonnements habituels, la liche devait avoir la gorge tranchée. Elle devrait n'être plus qu'un corps de plus à disséquer et à observer. Mais elle vivait, encore, et me plongeait dans une émotion bien étrange. Ce délicat mélange de déception, de mélancolie et de colère. Était-ce contre elle? Je n'en étais même pas sûr. Non, j'avais surtout l'impression que c'était contre moi que j'enrageai. Stupide d'avoir été crédule. Pourtant, et alors même que j'établissais dans mes propres pensées que j'étais idiot de considérer la morte vivante... Pourquoi je ne parvenais pas à me défaire d'elle? Pourquoi je ne parvenais pas à mettre fin à ses jours et à passer à autre chose? Ce n'était pas la première personne que je devais tuer pour simplifier les choses. Alors, encore une fois, pourquoi? Elle parla alors de ce qu'elle avait vécu. De ce qu'elle avait vu. Et dans mon esprit, une étrange compréhension pointa parmi les ténèbres de mes questionnements.

    * Je vois. Cela n'a pas dut être agréable. Mais... Je mentirai si je disais que cela m'aidait à comprendre. J'aimerai en savoir plus sur ce que tu as appris. Et peut-être ferais-je alors le lien avec notre situation actuelle. Je te faisais confiance, Mélantha, à toi plus qu'à n'importe qui d'autre. Et, pourtant, je ne sais même pas où se situe la raison actuellement. *

    Je quittai la table, me redressant pour revenir auprès de la liche. Déposant mon regard sur elle, je ne pus retenir une expression attristée sur mes traits avant de tenter de reprendre mon expression habituelle. Pourquoi, malgré tout ce qu'il se passait, je me posai encore toutes ces questions?

    * J'ai vu un fragment de mon passé aussi... Je me suis vu marchant dans des charniers que je ne connaissais pas. Sous une forme qui me semblait plus proche de ce que je suis que... Moi. J'ai eu dans ce rêve l'impression de revivre une scène étrangère, et pourtant familière. Je ne sais pas ce que j'étais. Je ne connais presque rien de mon passé. Les seules bribes de souvenirs me reviennent lors de mes opérations, et là encore il s'agit de morceaux éparpillés dans un océan d'analyse et de projets médicaux. Mais cela n'enlève en rien ce que je ressens. Ce que tu provoques, toi aussi, chez moi. *

    Une courte pause, réalisant les mots qui étaient sortis. Comment s'était-elle insinuée dans mon esprit de la sorte? Tss. Je détestais cette sensation de perte de contrôle. La désagréable impression que la réalité venait se moquer de nous et de la situation. Je voulais la libérer, lui montrer que je pouvais de nouveau tenter de lui faire confiance. Mais je savais que c'était une erreur. Qu'elle ne semblait vouloir que m'assaillir de nouveau. Et, si tel était le cas, je craignais que ma réaction ne soit plus violente. Mais... Pourquoi cette inquiétude qui venait enserrer ma poitrine? Je me pensais au dessus de tout cela.

    * Tu n'es pas juste une ombre, Mélantha. Tu es bien plus que cela. Un regard vers cette dernière, empli d'une profonde mélancolie. Tu es pour moi ce quelque chose qui brisa ma solitude. Cette désagréable impression de ne pas appartenir à la même réalité. Mais je ne vois pas cela comme une faiblesse. Au contraire. Cela m'a fait découvrir de nouvelles choses. Cela m'a fait évoluer. Et si tu respires encore. Ce n'est pas parce que je souhaite obtenir une réponse à des questions qui me retournent le cerveau. Ce n'est pas simplement car je veux comprendre pourquoi la personne à qui je tenais le plus voulait ma mort. Non. Si tu respires, c'est parce que je refuse de te renvoyer dans l'abîme. D'être celui qui marquera ta fin. D'être l'origine de ta ... disparition. *

    Un nouveau soupir, plus long cette fois, alors que je venais saisir mon masque pour le mettre devant moi. Plongeant mon regard dans les lentilles teintées de ce dernier, l'envie de l'enfiler et de disparaître était particulièrement présente.

    * Je ne me montre presque jamais ainsi. Car personne ne mérite de passer outre le masque. Mais pas toi. Enfin... Nouveau soupir. Tu es libre de me dire comment cette "mort" s'est déroulée. De m'expliquer ce qui ronge ton âme au point de faire ce que tu as fait. De me parler de tes objectifs. De ce que ma mort apporterait spécifiquement et de ce que tu comptais faire ensuite. Quels sont tes objectifs. Je veux savoir. Je veux comprendre. Mais je ne t'obligerai à rien. *

    Je jetai le masque sur la table, altérant mon apparence pour reprendre mon allure corbine quelques instants. Observant mon propre reflet, je senti l'air vicié de la salle emplir mes poumons de nouveau tandis que tout me semblait plus petit. Puis les souvenirs de mon songe me revinrent rapidement, et avec eux le questionnement sur ma propre nature. Comme si j'avais écrasé quelque chose qui n'était pas moi. Comme si j'étais non pas l'hôte mais l'invité de ma propre psyché. La forme changea, et de nouveau ma "forme humaine" refit son apparition alors que je m'étais rapproché de la liche, plaquant mon front contre le sien. Sentant sa peau albâtre et froide contre la mienne. Touchant doucement sa joue dans une tendresse qui ne me caractérisait pas. Puis, je m'éloignai de nouveau, attendant sa réponse. Attendant d'enfin pouvoir comprendre ce qu'elle traversait, et, peut-être, tenter d'accepter que la blessure qui creusait ma poitrine ne se soignerait pas.
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  • Lun 11 Sep 2023 - 21:58
    Le Docteur se détourna, éloignant sa silhouette dans une marche las, abattue, reconsidérant ce qu'elle avouait à moitié. Elle le regardait quand il lui faisait dos ou lorsque ses yeux se détournaient d'elle. Continuant son discours, il souligna le fait qu'elle n'avait juste pas disparue de sa vie... En effet, pourquoi ?
    Parce que l'on n'oublie pas l'origine de notre résurrection. Fuir n'aurait que repoussé l'instant fatidique. Aimer l'aurait à nouveau assassiner. Seule la revanche allait guérir les maux.

    Peut être.

    Elle l'écoutait avec plus d'attention lorsqu'il se dévoilait, lui et ses pensées, ses faiblesses. Restant honnête à son égard malgré... tout ça, malgré ses mots, son assaut, sa trahison. Pourquoi ?!

    "Si je suis encore de ce monde c'est pour n'être que vengeance. Je dois me débarrasser de... ce que ressente les mortels, répandre la mort sans rien ressentir si ce n'est la satisfaction d'avoir accomplit mon but. Et tu..."

    Elle chercha ses mots comme si elle révélait un fait inavouable.

    "Tu es le seul "lien" qui m'évoque ces... sensations."

    Ces mots honteux étaient enrageant.

    "Et je dois y mettre un terme si je veux embrasser la puissance inexploitée qui m'est promise."

    Elle regagna son sourire sadique en évoquant son réel but. Tentant en vain de taire cette empathie qui gagnait son âme à l'encontre des propos du Docteur ainsi que ses propres faiblesses. Cependant elle revisita la question qui lui avait été posé et qui ne resta pas silencieuse dans son esprit. Et lui, qu'était-il ? Seuls les souvenirs de son rêve remontèrent en guise de réponse, ces images silencieuses nouèrent sa gorge et elle ne développa point sa réponse au docteur. Puis son interlocuteur développa dans un énième soupir de déception. Témoin de la fermeture de sa prisonnière.

    Tu connais les raisons de ta situation.

    "... J'ai retrouvé la vie dans la trahison, l'abandon, l'assassinat. Si je suis incapable de vivre dans ce qui m'est destiné, alors je n'ait plus de raison d'être. Si je ne peux me débarrasser de toi, alors ôte moi la vie."

    Provocation.

    Une provocation qui ne trouva pas la violence qu'elle attendait. Le Docteur revenait à la liche, dénué d'agressivité, ses yeux emplis de peine croisaient Mélantha. Les sourcils froncés, son air si sévère s'atténua, autant à la vue de son chagrin que par ses propos. Voilà que son Ennemi avait lui aussi fait un bond dans le passé durant son absence. Étrange corrélation. Peut être une simple coïncidence ou un réel lien avec sa malédiction, peut-être sous-estimait-elle ce dont elle était réellement capable. Inutile, qu'importait. Et cette sensation similaire qu'elle provoquait également en lui... Un leurre Partagée Malgré elle.

    S'il faisait autant preuve de sincérité et d'honnêteté. Ne pouvait-il pas être épargné de ce courroux qui devait se répandre sur le monde ? Si similaires, incompris et solitaires. Avides de passion sanglante, aptes à torturer ensemble.

    En effet, similaires. Et de quoi as-tu été capable ? De quoi est-ce que tu capable. Ainsi, il pourrait être d'avantage tenté de te poignarder maintenant qu'il se rend compte de ton instabilité et reconnaissant ta dangerosité.

    Mais pourquoi ne l'avait-il pas fait ? Et puis, ils étaient tellement plus puissant en mêlant leurs forces. Pourquoi la renier et ne pas s'en allier ?


    Extirpée de sa réflexion rêveuse, le Docteur reprit. Les mots résonnant dans son cœur qui battait si lentement. Différent de tous ses discours, c'était une forme d'aveu. Et à ses yeux...

    Non

    Elle n'était pas qu'une ombre vengeresse destinée à vaquer dans l'oubli. Sa solitude avait été brisée en même temps que celle de son libérateur, entrant dans un monde que seuls eux pouvaient en jouir.

    Arrête

    Il lui avait fait amplement confiance, dévoilant son apparence, ses pouvoirs, ses faiblesses... Il s'était tellement abandonné à cette complicité qu'elle avait été capable d'attenter à sa vie sans même être apte de la trahir à son tour.

    Assez

    Et si sa vie avait été épargnée une énième fois, c'est parce qu'il...

    La ferme

    "LA FERME !"

    Les yeux écarquillés, ordonnant oralement à sa voix interne de se taire. Elle intima également au Docteur de cesser de lui aviver cette tempête que son discours entretenait. Haletante et ressentant une migraine aigüe, elle se sentait prisonnière, non pas des liens qui la retenait sur cette croix mais bien de cette détresse interne. Le Docteur s'était tût, non sous les obligations de la liche, mais parce qu'il voulait l'écouter. Dans un silence, Mélantha ne répondait de rien, elle l'observait changer de forme, méditant sûrement sur leur situation ou peut être rêveur encore de ses souvenirs récemment obtenus. Il semblait tout aussi chamboulé par une vérité qu'il lui avait été dissimulé.

    "Je... Je n'ai plus rien à dire"

    La mort-vivante se sentait coupable de ce silence qui devait avoir une justification. Ses mots se firent fébriles, n'étant pas convaincue elle-même. Comme interpellé par sa réaction, le Docteur reprit sa forme humanoïde, aux traits uniques. Puis se rapprocha de Mélantha qui ne manqua pas de marquer sur son visage cette hostilité si fausse. Comme s'il voyait dans son jeu, ou non, toujours aussi calme dans sa peine, venait à se faire tendre. Leurs front se touchèrent et la liche, les sourcils froncés, gardait le contact visuel par son regard colérique et pourtant, ce même liquide sombre qui s'échappait de sa plaie, s'extirpait maintenant de ses yeux, timidement, de façon incontrôlée. Elle restait de marbre mais son cœur pinçait. Elle ferma les yeux lorsque la main gantée de son amant lui caressa les joues. Profitant d'un contact qu'elle n'aurait peut être plus jamais. Lorsqu'il s’éloigna à nouveau, ce fut comme s'il emportait avec lui toute la chaleur qui l'animait. Hors de sa vue, elle se laissa succomber à la raison de ses larmes. Elle ne pleurnichait pas non, mais le regard abattu, elle se laissait prendre conscience de ses bêtises, sa folie. Après un silence, dépourvue d'animosité, elle reprit d'une voix légèrement cassée, doucement.

    "J'ai été assassinée par celle que j'aimais... J'ai reprit vie dans une promesse que je me suis faite. Que je lui ai faite."

    Elle ne développa point. Il était évident pour elle qu'elle n'avait pas à continuer et de toute façon elle en était incapable. Ne voulant subir ce qui nouait sa gorge.


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  • Mar 12 Sep 2023 - 1:17



    La vérité venait s'échouer dans mon esprit comme un millier de lames s'enfonçant subitement. Non pas car les mots m'incriminaient outre mesure. Mais plutôt car ils révélaient malgré eux toute l'angoisse qui saisissait celle qui était maintenue contre la croix. M'arrêtant doucement, je me retournai vers elle pour ancrer mes yeux sur son visage.

    Je devais encore faire le tri dans mon esprit. Réunir les informations et tout ce qu'elle m'avait dit. Ce destin qu'elle pensait obligatoire. Ce discours qui avait évolué au fil de ses propres réponses. Je ne savais, pour la première fois, pas comment réagir face à tout cela. Moi qui avait toujours un coup d'avance, qui savait toujours parfaitement comment réagir aux réactions et aux émotions des autres. Je me retrouvai impuissant face à mes propres émotions. Face à celle pour qui mon cœur saignait. Même si je me refusais à l'admettre. Retraçant psychologiquement le parcours de ses mots, je traçai dans mes pensées ce qu'elle avait vécue et ce que cela impliquait. Le pourquoi s'éclaircissait un peu plus, même s'il demeurait encore aussi flou qu'incompréhensif. Un potentiel qu'on lui avait promis. Ou qu'elle s'était peut-être imaginé. Un avenir morbide et funeste, dans lequel ma personne représentait une faiblesse émotionnelle qu'elle refusait de vivre.

    Mes traits se déformèrent dans une grimace désagréable, tandis que je sentais mes plaies me tirailler de l'intérieur. Ou bien était-ce autre chose? Peu importait. Laissant quelques secondes de silence flotter dans l'air, je vins attraper une fiole au liquide violacé, enfonçant le goulot dans ma gorge tandis que j'en buvais le contenu. Une potion cicatrisante, qui m'aiderait à refermer plus rapidement les plaies qu'elle m'avait infligé. Même si je savais que mon âme avait été bien plus férocement que ma chair. Revenant au niveau de Mélantha, j'ancrai mes yeux dans les yeux, toujours sans animosité.

    * Ce monde est pourri jusqu'à la moelle. Les plus grands héros sont souvent issus de massacres absolus et masqués. Les liens sont souvent ténus. Fragiles. Et trop souvent lorsqu'on accorde sa confiance à quelqu'un, on finit par être blessé. Voir pire. *

    Je marquai une courte pause, passant instinctivement ma main sur mes coutures avant de reprendre sans en tenir compte.

    * Se venger de ceux qui nous ont trompé. Abattre les âmes stupides qui marchent sur cette terre. Purger Sekai de sa propre pourriture. Voila une envie que je ne peux que comprendre. Répandre la mort, car la vie ne vaut rien. Un sourire. Etrange. Je suis un passionné de sciences, de médecine, d'alchimie et de chirurgie. Mais je me moque du sort des mortels. Je me moque de ce qu'il peut advenir au monde ou à ses habitants. *

    Mes yeux revinrent sur elle, glissant sur son corps puis sur les traits émaciés de son visage. Un aspect qui en effrayait plus d'un, mais qui était pour moi synonyme d'une complicité que je n'avais jamais connu jusqu'à lors. Malgré tout ce que j'avais vécu. Et c'était sûrement aussi pour cela, que je refusai de simplement choisir la solution la plus simple.

    * Je ne sais pas l'angoisse que tu as pu ressentir au moment de ta première mort. Je ne sais pas la douleur qui correspond au réveil qui a suivi. Mais je peux maintenant dire que je connais la peine de se faire ainsi blesser. Un silence, pour faire comprendre ce que j'impliquai. Tu es une femme étrange, Mélantha, mais je crois pouvoir te comprendre. Peut-être suis-je d'ailleurs la seule personne qui le puisse. Surtout avec ce qui nous relie, tous les deux. *

    Usant de ma nouvelle magie, je vins faire flotter devant moi la gemme de curiosités. Brillant de son éclat iridescent, la pierre commençait à vibrer doucement alors que des filaments de mon propre mana venaient flotter doucement autour de l'artefact.

    * Te souviens-tu de cette pierre? Je l'ai utilisée contre la Strygx. Ses effets sont variables, une fois liée à un propriétaire. Elle résonne avec moi, avec mon âme. Mon énergie. Parfois, il arrive cependant que mon énergie surcharge cette fameuse résonnance. Et déclenche une déflagration. Cette dernière peut être fatale. La pierre vibra un peu plus intensément, comme pour appuyer mes mots. Je ne sais l'entièreté de cette promesse Mélantha. Et s'il le faut, je suis prêt à danser sur les corps de ce monde avec toi et à me noyer dans cette obscurité que tu convoites tant. S'il le faut, je suis prêt à cela. Aussi. Reste à savoir si le destin, lui, est du même avis. *

    Le mana s'engouffra de nouveau dans la gemme, qui commença à adopter une teinte blanchâtre, luminescente, baignant la pièce d'une étrange lumière immaculée. Fermant les yeux, j'acceptai la suite. Les chances de mourir ici étaient bien présentes. Mais peu importait. Je voulais lui prouver quelque chose. Et c'était là complètement stupide de ma part. Enfin. Je m'en moquais. Pour la première fois de mon existence, je voulais bien reconnaître que mon action était idiote. Pour elle, j'acceptai cette faiblesse. Aussi sadique que cela pouvait il être pour ma propre personne.

    Quand le flash se répandit dans toute la pièce, son souffle vint éteindre toutes les bougies et lanternes, plongeant la salle dans une noirceur absolue. Mais aucune explosion ne vint. Aucune douleur s'élança dans mon corps. Seulement une perception de tout ce qui m'entourait plus... intense. Rouvrant les yeux, c'est avec étonnement que je pouvais voir l'intérieur de la pièce comme si les lumières étaient encore présentes. Observant la gemme qui flottait encore et dont les derniers fils de mana venaient s'insinuer dans ma chair, je la reprenais avec précision avant de venir observer la liche toujours prisonnière de sa croix. Mes yeux glissèrent sur son visage, étudiant toute son expression. Toute sa réaction face à ce qu'il s'était produit. Et, surtout, j'entendais sa respiration. Les battements lents de son coeur. Tout. Et je sentais son parfum. Comme si nous étions pris dans une étreinte. Comme toutes ces fois précédentes. Un sourire s'installa alors sur mes lèvres dans ces ténèbres qui nous engloutissait. J'avais questionné le destin pour savoir ce qui devait arriver. Et le destin avait décidé d'amplifier tout ce que je percevais d'elle. L'ironie, ou le cynisme de la situation manqua de me faire rire. Etendant mon esprit, je venais renouer avec celui de la liche subitement.

    * Je suis toujours là. *

    La phrase était aussi métaphorique que factuelle. Me déplaçant dans le noir complet, mes yeux brillaient doucement sous l'influence du mana qui s'écoulait en moi. Tel un animal nocturne, les ténèbres m'étaient à présent aussi appréciables que la lumière. Nouvelle ironie, compte tenu du domaine de prédilection de mon interlocutrice. Attrapant un briquet, j'allumai de nouveau l'un des candélabres qui s'était éteint. Replongeant la salle dans une lumière tamisée, je vins ensuite user de ma télékinésie pour faire bouger la flamme jusqu'aux autres mèches. Bientôt, tout était redevenu comme avant. A l'exception de ma perception de ce qui m'entourait, et de la résolution qui siégeait à présent dans mon esprit.

    * Si le monde est voué à être plongé dans les ténèbres que tu veux répandre. Si ta vengeance doit s'appliquer sur celle qui osa te trahir par le passé... *

    Je m'avançai vers elle, déterminé, alors que plusieurs objets venaient virevolter autour de nous, comme un tourbillon de violence contrôlée. Puis, alors que je me retrouvai près d'elle, les liens se brisèrent soudainement, les menottes s'ouvrant sous ma propre volonté.

    * Alors laisse moi t'assister dans cette tâche, et te prouver que je ne suis pas une faiblesse mais un atout. Et que ton potentiel peut s'éveiller, même avec moi. *

    Court flottement. Court silence. Mes yeux viennent s'ancrer dans les siens tels des perles incandescentes dans l'abîme. Je réalisais alors ce que je venais de faire. Que je venais de la libérer d'une entrave que j'avais moi même imposé pour ma sécurité. Que je lui refaisai confiance, malgré mon corps meurtri. Folie. Oui. Mais folie désirée. Puis, soudainement, mes lèvres viennent rencontrer les siennes. Peut-être que mon dernier acte était stupide. Peut-être que je venais ainsi de me condamner à bien plus de souffrance.

    Pour elle. Peu m'importait. Et tant pis si je devais rejoindre les ténèbres pour cela.
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  • Mar 12 Sep 2023 - 21:26

    La voix incessante, celle qui réclamait vengeance et solitude s'était tût. Ou plutôt, elle était remplacée par la voix du Docteur qui avait ce même impact mental mais plus apaisante. Réfléchi, logique, il ne blâmait pas ses actes, ses raisons ou même son objectif. Il cherchait à la comprendre, ce que la voix avait refusé de faire depuis tout ce temps. Son discours ne faisait qu'aviver leur ressemblance, ce désir nul pour la vie des uns et des autres, ne glorifiant que les âmes qui s’éteignent. Parce qu'ils méritent de disparaître.

    Mélantha releva la tête, les joues noircies par les larmes, une lueur dans le regard qu'elle avait l'habitude d'avoir envers le Docteur. Elle se rendait compte qu'elle avait été si aveuglée par son désarroi, oubliant ce pourquoi ils étaient sincèrement liés. Le regardant silencieusement, ses paroles étaient comme une berceuse signant la fin d'un conflit qui n'avait pas lieu d'être. La lutte n'était plus. Peut être qu'il... Non. Non, il était sincère. Elle le savait. Elle le pressentait.

    Comme si le Docteur avait ressenti ce soupçon de doute, ou peut-être voulant prouver à la liche qu'il lui était toujours fidèle. Accompagnant son discours, il sortit une pierre lumineuse, ce même artefact qu'il avait utilisé pour se battre contre la Strygx, lui ayant conférer une force ultime mais apparemment au prix du hasard de son utilisation. L'artefact se mit à briller aux propos du Docteur. Ainsi, il semblait mettre sa promesse à l'épreuve du hasard, mettant potentiellement sa vie en jeu. Ce serait accompagner la liche dans leur démence au point d'en périr, et cette situation illustrait très bien ces idées.

    La gemme gagnait en luminosité au rythme de la magie qui s'immisçait en elle. Soudaine, éclatante. Illuminant la salle de mille feux avant de la plonger dans l'obscurité totale. La liche avait fermé les yeux sous cette luminosité pénible et les rouvrit dans les ténèbres, le néant. Accompagné d'un silence qui commença à l'inquiéter jusqu'à ce qu'elle entendit de nouveau la voix du Docteur. Rassurant de sa présence. Ses yeux aux pupilles en fente, brillaient légèrement, tel deux astres des ténèbres. Un sourire s'esquissa au coin de ses lèvres, autant par la métaphore qu'elle y trouvait que par le Docteur qui était toujours là.

    Puis la lumière des chandeliers fut, plus douce, tamisée, seule quelques flammes dansaient dans cette grande salle. Comme si ces révélations sentimentales avaient fini par transmettre une ambiance plus intime. Là où les secrets inavoués trouvaient refuge, même si cela se résumait à des sentiments enfouis.

    Le Docteur, comme ravivé d'une énergie nouvelle, déterminé, reprit son discours. S'engageant dans sa promesse d'agir aux côtés de la liche, l'accompagnant dans son évolution. S'il ne se prononçait pas sur l'évocation d'un engagement à son égard, Mélantha le voyait ainsi, ses propos l'impactait au plus profond de son être et pour elle, c'était un serment qui lui était certifié. Il s'avança donc, faisant virevolter autour de lui un amas d'objets et d'ustensiles dans un tourbillon, comme débordant de cette magie qui lui avait été octroyé par l'artefact. La liche frissonna à la puissance qu'il incarnait et à la magie qu'elle ressentait à travers lui. Au centre de ce tourbillon infernal, l'image de cet être inarrêtable la fit sourire de nouveau.

    Ses menottes s'ouvrirent. Elle n'en fut pas surprise. Elle se laissa tomber, soutenant le regard du Docteur alors qu'il terminait sa promesse. Résonnant dans son cœur telle une flamme nouvelle, plus puissante encore que cette renaissance qu'elle avait ressentie en elle. Elle avança vers son amant, calme et presque impatiente. L'animosité et la haine s'était tût. Du moins, envers lui. Arrivé à son niveau, elle mit ses bras autour de son cou et l'embrassa. Cet acte passionnel répondit à sa place, évoquant plus de vérité que n'importe quels mots auraient pu dire.

    Depuis que son passé avait été remémoré, elle avait l'impression de tomber sans fin, sombrant dans le néant, plongeant dans les ténèbres qui n'auraient pas permis de retour en arrière possible. Perdue et isolée, elle se sentait si froide. Et pourtant, ses lèvres contre celles du docteur, l'étreinte contre sa silhouette, et elle semblait vivre de nouveau. L'abîme qui se formait en elle l'avait quitté, les larmes cessaient, la haine s'était apaisée. Elle aimait.

    Le baiser se termina lentement, comme s'il avait été plus important que les autres qu'ils s'étaient déjà échangés. Puis elle cacha son visage contre le torse de son amant, comme reconnaissante. Se laissant le temps de se remettre de... tout ça. Puis elle releva la tête face à lui, souriante.

    "Je te crois. Je crois en tes capacités tout comme je sais que je ne pourrais m'élever qu'avec toi."

    Elle le regardait de ses yeux de liche-biche avant d'animer de la malice sur son visage.

    "Alors, qu'attendons-nous ?"

    Ses objectifs étaient simple. En premier lieu, elle voulait éliminer la faiblesse qui l'empêchait d'être entière. Ce n'était pas en assassinant celui qui la sauvait d'elle même, mais bien en se sauvant de cette folie suicidaire qu'elle s'inffligeait. En second lieu, c'était de retrouver la putain et lui faire payer sa sentence qui ne faisait que trop tarder.


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  • Mer 13 Sep 2023 - 0:40

    Combien de secondes s'étaient elles écoulées? Combien de minutes? Combien d'heures? Je n'aurais su le dire. Partageant ce moment avec la liche, je me perdis quelques instants dans cette étrange sensation de félicité. Je m'étais attendu à rendre mon dernier souffle. A ce que la folie reste trop forte et qu'une nouvelle lame vienne s'enfoncer en moi. En plein cœur. Pourtant, nous étions là. Tous les deux. A nous embrasser d'une passion ravivée. Le calme était revenu. Et, dans cette chose qui nous liait, nous décidions alors de vivre notre folie à deux.

    Quand le baiser s'acheva et qu'elle vint poser sa tête contre mon torse, mes mains glissèrent naturellement dans son dos. Toute cette affection était inhabituelle. Nouvelle. Puissante. Naturellement, elle reviendrait bientôt à une forme plus féroce. Cruelle. Bestiale. Mais elle était là. Et je l'acceptai, aussi longtemps que Mélantha le désirerait. Dans ce monde fou où les mortels défiaient les dieux. Où les âmes pouvaient revenir dans des corps meurtris.... J'acceptai volontiers de partager cette flamme avec elle. Peut-être, qu'aussi étrange que cela pouvait être, qu'aussi dysfonctionnels que nous puissions êtres, nous trouvions en l'autre ce qui nous manquait. Finalement, la réponse à toutes mes questions précédentes se trouvait dans un aveu étrangement banal. J'aimais.

    Elle releva finalement la tête, plongeant ses deux orbes enténébrés dans mon propre regard. Un sourire sur mes lèvres, tandis qu'elle prenait la parole. Dans mon esprit, les souvenirs de tous les derniers événements défilèrent rapidement. Et, étrangement, toute la rancœur s'en allait peu à peu. Toute cette amertume désagréable se muait lentement en une étrange compassion envers mon amante. Est-ce que le lien qui nous unissait était responsable de cela? Je n'en savais rien. Et à vrai dire, je m'en moquais. C'était là une zone d'ombre que j'acceptai volontiers de ne pas éclaircir. La question de Mélantha résonna alors dans mon esprit. Qu'attendions nous au juste? Nous étions libre de faire ce que bon nous semblait. Mais, il restait des choses à résoudre. Une quête à mener. Et tout cela n'était étrangement pas opposé à mes différents travaux. Mais, avant de nous mettre directement en route, il restait des choses à montrer à ma partenaire retrouvée. Usant donc de ma magie, je laissai mon masque venir se reposer sur mon visage tandis que j'enfilai tout mon équipement. Puis, laissant glisser mon esprit jusqu'à celui de la morte vivante, je repris la parole.  

    * Suis moi, j'ai quelque chose à te montrer. *

    Ainsi, nous quittions la salle sans demander notre reste. Laissant derrière nous toute cette haine. Toute cette rage qui nous avait dressé l'un contre l'autre. Naviguant dans les couloirs, entendre les cris et suppliques des différents sujets ma raccrocha à une délicieuse réalité. Au sein du laboratoire, nous étions absolus. Rien ne se plaçait contre notre autorité. Rien ne venait freiner nos vices. L'envie de mener Mélantha jusqu'à l'un des sujets emprisonné pour le torturer fut tentante mais, continuant de marcher, je décidai de poursuivre ma route. Ce que je voulais montrer à la morte vivante se trouvait plus haut.

    Sortant donc finalement du laboratoire, nous repassâmes devant différents laborantins qui nous observèrent d'un œil étrange. Comme s'ils s'étaient attendus à ce qu'un seul d'entre nous ne revienne à la surface. Les ignorant comme à mon habitude, je ne m'arrêta que lorsqu'Hubert, l'un des responsables de l'aile alchimique, me présenta une recette visant à rendre les produits injectés en Mortifère moins acides. Lui indiquant de la tête qu'il avait fait du bon travail, je le regardai ensuite s'éloigner de notre duo pour retourner dans la bibliothèque. Contrairement à certains autres laborantins, le jeune élémentaire d'eau n'éprouvait aucun remord à tester sur lui les différents niveaux d'acidité. Selon ses propres mots, cela semblait logique en raison de sa nature aqueuse qui lui permettait de notifier rapidement les variations de Ph. Testant moi même bien souvent mes propres produits, je ne pouvais que respecter cela.

    Une fois le jeune homme parti, je guidait par la suite la liche jusqu'à ma chambre. Une pièce qu'elle avait déjà vu, et qui était déjà à l'époque encombrée d'un nombre incroyable de schéma anatomique et autres joyeusetés du genre. Seulement, cette fois, quelque chose de nouveau s'y trouvait. Déposé sur un pupitre d'acier, le paquet de cartes de la liche siégeait sur une sorte de coussin de velours. Autour de lui, une multitude de dessins représentant la liche se trouvaient fixés au mur. Un mémorial, que j'avais préparé au cas où les choses auraient mal tourné. Et, au dessus des portraits, ce croquis de la Strygx que nous avions abattu ensemble. M'approchant doucement du paquet, je vins m'en saisir avant de venir le déposer dans les mains de mon amante. Retirant ensuite mon masque, un léger sourire glissa sur mes lèvres.

    * Je n'aurais plus besoin de le laisser là, à présent. *

    Déposant ensuite mon masque contre le mannequin sur lequel il siégeait lors de mes courts passage dans cet espace privatif, je retirai ensuite doucement mon manteau tandis que je retenais une grimace provoquée par l'étirement de mes plaies recousues. Un délicat frisson de douleur qui glissa des plaies jusqu'à mon échine, et qui éveilla en moi une idée malicieuse alors que je posai mon regard sur la morte vivante. M'approchant d'elle, je jouais de mes illusions pour étirer tout ce qui se trouvait autour de nous. Rapidement, nous n'étions plus dans une chambre du laboratoire mais au milieu d'un tourbillon de fumerolles enténébrées et autres vent d'obscurité. Une tornade ombreuse et brumeuse, qui plongea la pièce dans une teinte nocturne. Poussant brusquement mon amante sur le lit, j'ancrai mon regard dans le sien alors que je m'approchai d'elle, mes intentions parfaitement claires.

    Le lendemain matin, j'observai silencieusement une carte de Sekai tandis que je terminai de mettre mon masque corbin. Sur cette dernière, les derniers trajets de marchandises et d'événements avaient été griffonnés avec minutie. Au niveau des montagnes, le nom du clan orc que nous avions traversé était noté avec un point d'interrogation. Pour le reste, plusieurs convois semblaient converger vers Liberty. Repensant à la quête de Mélantha, une idée traversa mon esprit alors qu'elle venait s'approcher de moi.

    * La pègre semble avoir accentué quelques unes de ses activités dans cette région. Je tapotai du doigt la carte. Si leurs marchandises ne m'intéressent que moyennement, je ne doute pas des informations qu'ils peuvent avoir, peu importe le sujet. Et, surtout, s'ils se rassemblent ainsi, si autant de biens transitent par cette ville, alors c'est que quelque chose peut se préparer potentiellement. Le voyage ne sera pas très long et... Un sourire glissa sur mes lèvres. Nous trouverons bien quelques imbéciles pour tester de nouvelles "expériences". Et cette fois, nous prendrons des chevaux, ce sera plus rapide qu'un chariot. *

    La route était tracée, il ne nous restait qu'à l'emprunter.  
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  • Mer 13 Sep 2023 - 22:31
    Ils quittèrent le laboratoire sous-terrain dans une complicité pareille à celle qui avait toujours été. Comme si rien n'avait changé. Et tant mieux ! La confiance du Docteur bien qu'écorché fut relativement retrouvée et la liche s'était définitivement apaisée. Marchant côte à côte au premier étage, les laborantins portaient toujours en eux la crainte, affichant sur leur visage de la surprise et de la méfiance. La liche se permit de sourire comme à son habitude, fière de ce qu'ils évoquaient aux témoins silencieux. Tous muet sauf un. Apparemment inconscient de leur passage dans les couloirs, un des chercheurs qui ne manqua pas d'attirer l'attention de la liche.

    Pendant que le Docteur échangeait avec un énième employé, Mélantha se rapprocha d'un laborantin qu'elle avait déjà remarqué auparavant, celui qu'elle avait effrayé, celui à qui elle avait volé ses petites lunettes teintées. Esteban. Elle ne se souciait guère de ses sous-fifres, mais celui-là, avec sa tête de vainqueur, c'était son préféré. Un peu faible, pas assez confiant pour rétorquer en posant ses limites, il était trop mignon. De dos, en train de discuter avec un collègue, il n'avait pas vu arriver l'elfe cadavérique qui, avec un sourire malsain, lui fit une frappe "amicale" sur son dos, y mettant un peu trop de force qui ne manqua pas de secouer les nouvelles lunettes qui étaient sur son nez.

    "Alors, on ne dit pas bonjour ?!

    Puis elle se mit à rire tout en l'ignorant de nouveau, reprenant son trajet avec le Docteur qui avait vite fait de régler des affaires quelconques. Ainsi, ils atteignirent leur destination qu'était la chambre. Mélantha entra après le Docteur qui maintenait la porte, comme si elle s'attendait à voir la pièce totalement changé, elle la regarda d'un œil nouveau. Il y avait toujours ce désordre ordonné, la salle relativement vide si ce n'est parsemé de schémas, de carte et de... portrait ? Dans un des coins se trouvait un désordre nouveau. A part. Particulier. La liche s'approcha, curieuse, elle regarda les feuilles qui étaient accrochées au dessus d'un pupitre. Des dessins... D'elle ? De ses invocations ? De la Stryx ? Du Lanconda ?

    Elle explosa de rire.

    Un mémorial lui avait été dédié avant même qu'elle ne rende l'âme. Quand cela avait-il été fait ? Son sommeil lui avait parut durer une fraction de seconde mais apparemment cela avait prit plus de temps. Assez pour que l'on commence à assembler des souvenirs d'elle au risque qu'elle ne disparaisse. C'était hilarant. Lorsqu'elle retrouva assez d'air pour agir, elle attrapa un des portraits de son visage pour le mettre à côté de son faciès, face au Docteur, comme pour faire une comparaison. Une similitude faussée puisque sur le dessin, elle n'empruntait pas un sourire aussi joueur que ce qu'elle avait actuellement. Ses bêtises se calmèrent lorsque le Docteur retira son masque, souriant à son tour, conscient de son obsession morbide et amusé par la liche. Il attrapa le paquet de tarot qui était installé sur le pupitre, dans un coussin de velours, avant de lui rendre. Dans un sourire toujours amusé, Mélantha reprit son dû, presque solennellement, un silence en suspend.

    Alors qu'elle vérifiait l'état de son paquet si précieux, se rassurant que toutes les cartes y étaient. Lorsqu'elle se retourna vers son partenaire, il déposait déjà son manteau dans une douleur qu'il grimaça. Elle ressentait sa douleur dans un tiraillement au niveau de son flanc, soupirant de plaisir à cette sensation. Elle s'avança doucement vers lui, partageant ce qu'il désirait. En un claquement de doigts, ils se retrouvaient dans une tempête obscure, rappelant l'ouragan qu'ils avaient récemment vécu. Souriante, elle se laissa plaquer contre le lit qui n'était maintenant qu'une silhouette ténébreuse, n'existant que pour n'être un support.



    *

    Mélantha se regardait dans le reflet du miroir, essuyant le sang pourpre séché au coin de ses lèvres. Le Docteur était déjà apprêté, observant une carte qui avait été griffonné par plusieurs notes. Des croix pour les points importants, des points d'interrogations pour les lieux possédant une potentielle pertinence, et différents traits et commentaires sur des trajets ou des villes. Ainsi, elle se pencha au dessus de la carte, découvrant celle-ci. Elle écoutait le plan du Docteur, l'hypothèse concernant de potentiels marchands bien informés. Et si ils n'y trouvaient pas leur bonheur, ils trouveraient bien quelques cobayes à se mettre sous la dent.

    Ils ne tardèrent point à prendre la route. Ils avaient certes tout le temps qu'il leur fallait, la liche n'était qu'impatience depuis qu'elle se devait de poignarder une traîtresse. Ainsi, ils quittèrent la chambre, le laboratoire, les montagnes. La route se ferait longue et la liche ne s'en habituerait jamais, remplaçant rapidement le silence par des soupirs d'ennui et des chansonnettes.

    D'ailleurs, au cours de celle-ci, cela arrivait de croiser des animaux morts, - bien que c'était un phénomène rare puisque les bêtes mourantes se dissimulaient dans un coin - la liche aperçut un moineau à l'aspect boursoufflé, par divers semblant de tumeurs qui lui rappela...

    "Oh d'ailleurs, qu'as-tu fais du reste des enfants ?"

    Souriante au souvenir qu'ils lui évoquaient. Il avaient été une sacrée épreuve qu'elle avait fini par apprécier suite aux expériences que le duo s'était adonné sur eux. Mélantha ne se souciait que peu de choses dans la vie, mais depuis qu'elle agissait aux côtés du Docteur, elle avait au moins le goût de se pencher sur ses expériences, ses résultats, ses rapports. Ils avaient le mérite d'aviver de l'intérêt et notamment de l'inspirer pour d'éventuels essais. Ainsi, elle avait posé la question.

    Ils discutèrent quelques peu, mais le voyage se faisait principalement dans un silence de mort. De l'aube jusqu'au crépuscule. La nuit se terminerait sur une halte. Le voyage s'achèverait dans la journée du lendemain.


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  • Jeu 14 Sep 2023 - 13:11

    La route était incroyablement calme. Ce n'était pas vraiment étonnant, quand on prenait en compte le fait que nous empruntions la route habituelle pour se rendre de Justice à Liberty. Seulement, même les caravanes marchandes semblaient vouloir nous éviter. Sur le dos de nos montures respectives, Mélantha et moi subissions donc les terribles effets de l'ennui. Ici et là, le silence était coupé par les chansonnettes de la liche qui permettaient de briser un peu plus la monotonie environnante. Chose étonnante cependant, nous pouvions de temps à autres apercevoir des dépouilles d'animaux siégeant sur les bords de la route. Observant les différents corps, mon esprit cherchait systématiquement à trouver ou théoriser la cause de la mort des animaux. Lacérations, impact de flèche, maladie... Il y avait de multiples raisons qui pouvaient expliquer la mort soudaine des cadavres, mais aucune n'était naturelle. Plongé dans ma réflexion, ce fut la question de Mélantha qui me ramena à la réalité. Tournant mon bec vers elle, j'étirai un grand sourire sur mes lèvres à la mention des enfants capturés lors de notre première aventure.

    * Le petit hybride reptilien fut très intéressant. L'autre un peu moins. Vois-tu, j'ai d'abord fais comme je te l'avais dit. J'ai brisé cet espoir qui était revenu s'installer dans leurs yeux. Tout d'abord via divers expériences sur leurs bras et jambes. Lacérations, réactions à l'acide, etc... Le reptilien de par sa nature pu encaisser cela sans trop de difficulté. En revanche, l'autre sujet sombra bien vite dans une profonde léthargie. Puis, lorsque je suis passé aux expériences supplémentaires, cette léthargie se changea en catatonie. Puis la mort. Tu aurais apprécié cette dernière. Comme il ne m'était plus utile, j'ai voulu tester sur lui l'un des gaz que j'avais produit à Kaizoku. Il me fallait voir si les réactions avaient été ponctuelles ou bien définies. Sa peau commença donc à gonfler doucement, se décollant presque de ses os avant d'ensuite fondre lentement. Sous ses cris apeurés, je pus alors constater la nécrose venant frapper l'intérieur de sa gorge, ce qui mena à une mort sanglante et désagréable. Une vraie réussite, vraiment. Et pour notre petit reptilien, il est actuellement enchainé dans la salle d'expériences vingt-deux. Je prévoyais de tester sur lui divers minéraux instables. Nous le ferons ensemble, si tu le désires. *

    Mon sourire refusait de quitter mes lèvres. Il fallait avouer que lorsque je parlais de mes expériences, une grande félicité venait s'emparer de mon être. Comme un écho puissant à ce qui composait ma personne. Qui résonnait avec ce que j'étais vraiment. Apportant ensuite quelques nouvelles précisions à mon amante pour expliquer plus en détails les effets du gaz, leur composition et la manière de les fabriquer sur un terrain "instable", je revins également sur les événements ayant marqué la république et sur les nombreux travaux qui m'attendaient. Pour le reste, le voyage fut ensuite marqué d'une halte elle aussi incroyablement calme, où la nuit ne fut marquée que par des histoires de morts et d'anecdotes sur la guerre des titans et mes diverses expériences réalisées là bas. Notamment celles qui me firent partir des FMR et quitter le reike.

    Au lendemain matin, nos montures nous menèrent enfin jusqu'à Liberty. Majestueuse, la cité dominait le reste de la région et déjà depuis notre position nous pouvions voir le flux impressionnant de migrants cherchant à se trouver un refuge. Car c'était là aussi une vérité sur la ville républicaine. Entre la fondation Liberty et le centre de migrants, elle attirait obligatoirement les nécessiteux et les plus miséreux. Je le savais bien. Après tout, une bonne partie des "réfugiés" disparaissaient parfois soudainement des registres pour ne réapparaitre que plusieurs jours plus tard au sein du laboratoire. Enfin, dans notre quête, nous n'aurions en principe pas à nous rendre près de ces derniers. L'objet de notre attention ne se porterait également pas vers l'université de Magic et ses prétendus savants, ou bien vers la Maison bleue et son énorme sécurité. Non, j'avais dans l'intention de nous mener jusqu'au Sterne endormi, une auberge située dans les faubourgs de la ville et où plusieurs de mes "contacts" habituels se retrouvaient pour prendre du bon temps et, surtout, obtenir de nouveaux contrats. Ainsi, je guidai ma partenaire jusqu'au dit lieu, non sans l'avertir qu'à tout moment les choses pouvaient mal tourner. Après tout, c'était dans la nature de la pègre de trahir ses "amis" alors... Autant se préparer au pire.

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    Le Sterne endormi était, de l'extérieur, un bâtiment sublime. Composée de plusieurs étages, l'auberge se démarquait des autres bâtisses grâce à ses poutres apparente et les nombreux lauriers qui pendaient depuis ses fenêtres, ajoutant aux couleurs bleus habituels des bâtiments républicains une verdure plus que bienvenue. Ses fenêtres, habillées de cadres en fer forgé et dont les volets de bois avaient été peints minutieusement donnait à l'ensemble de structure une apparence de bâtiment officiel. Ou, surtout, de taverne de luxe. Là dessus, il fallait avouer que nous n'étions pas loin de la vérité. Malgré la présence de membres de la pègre en son sein, le Sterne endormi était une auberge tout à fait en règles et accueillait aussi officiers républicains et voyageurs fortunés. Aussi, et malgré la connaissance par les gérants d'affaires "non officielles", ces derniers évitaient de se mêler des différents sujets de discussions afin de pouvoir conserver leur relative neutralité vis à vis des forces de l'ordre. Pour le reste, l'intérieur était composé de multiples tables alignés dans la salle principale. D'une grande cuisine, d'un comptoir et d'un accès aux étages supérieurs ou à la cave. Depuis les balcons, les clients ayant loué une chambre pouvaient discuter un peu plus sereinement tout en profitant de la vue sur la grande cheminée et son brasier sublime.

    Laissant nos chevaux au palefrenier responsable de les gérer, nous entrions ensuite dans la dite auberge, laissant la chaleur du foyer s'enrouler autour de nous. Comme à son habitude, le Sterne était rempli de monde. Le brouhaha des discussions, mêlés aux ordres aboyés par le chef de salle donnait à l'auberge un semblant de familiarité, si on omettait le prix des consommations et des chambres. Un peu devant l'entrée, nichée derrière un pupitre de bois verni, une jeune blonde aux yeux d'azur attendait sagement notre approche. Souriante et avenante au possible, cette dernière nous salua d'une légère courbette avant de nous souhaiter la bienvenue au sein du Sterne endormi. Sur son corset, on pouvait y voir broder le nom du bâtiment ainsi que divers symboles républicains. Prenant la parole en insinuant mon esprit dans le sien, je m'annonçai et demandai la réservation d'une chambre ainsi que de quelques boissons. Payant ensuite la somme convenue, qui s'élevait tout de même à deux pièces d'or, je me laissai aller à imaginer déjà Zelevas qui arquait un sourcil en me lisant les rapports financiers du laboratoire et la mention d'une auberge "luxueuse". Ainsi, c'est dans un sourire amusé que je commençai à suivre un garçon de salle qui nous mena à l'étage dans l'une des alcôves des balcons. Une fois assis, je laissai mon esprit se mêler à celui de la liche.

    * Sache que ce n'est pas juste pour le confort du lieu que je nous ai fait venir ici. De nombreux contacts de la pègre s'amusent à venir ici pour se détendre. Quand nous les aurons repéré, nous pourrons prendre contact avec eux et commencer à chercher des informations sur celle que tu recherches. Pour le reste... Je m'arrêtai, le temps qu'un serveur ne vienne déposer sur la table les boissons commandées. Nous pourrons au moins profiter un peu de la qualité des lieux. *

    Un sourire amusé se dessina sur mes lèvres. Nous n'étions pas véritablement le genre de personnes à chercher le confort absolu. Si ma partenaire n'avait même pas besoin de dormir, je me contentai pour ma part aisément d'une simple paillasse s'il le fallait et dormait déjà bien peu comparativement à mes semblables. Ainsi, notre présence dans un lieu aussi "fameux" s'avérait particulièrement amusante. Une liche et un homme caché derrière un masque corbin... Le tout dans un repère de nobliaux et autres mafieux en quête de pouvoir. Deux entités néfastes présentes au milieu d'esprits libres. M'apprêtant à reprendre la parole, je fus néanmoins arrêté par l'intervention d'un nouvel arrivant. Enfin, plusieurs. Vêtus de grands manteaux bleus et noirs, l'appartenance au bâtiment marin "la Jouvencelle" me fut évidente. Des pirates, ou plutôt des "marins opportunistes" qui avaient été présents lors de la bataille de kaizoku et qui m'avaient visiblement reconnus. Le plus en avant d'entre eux, un gaillard au regard froid et à la moustache mal entretenue me fixait longuement. Quand enfin je lui portai mon attention, il se décida à exprimer la raison de son intrusion.

    - J'vous reconnais vous. Vous êtes le profond malade qui a assisté les nôtres pendant Kaizoku. Un regard à droite à gauche, afin de s'assurer qu'aucun "officiel" républicain ne pouvait entendre. Vous êtes le taré qui avez été sur le Mortepeste. Qui avez buté Beros. Et certains de nos gars.

    Ah, nous arrivions visiblement à l'objet de son arrivée. Une vendetta? Une recommandation?

    - La légende raconte que le Mortepeste a été reconditionné par la flotte républicaine. Que c'devenu un rafiot de marchandage maintenant. Et on raconte que, vous, vous avez disparu dans la nature. J'ai perdu trois gars, juste parce qu'ils ont posé trop de questions sur vous.
    * Ces gars, est-ce qu'il y en avait un roux avec un strabisme, un demi-orc à la peau jaunâtre et un dernier qui zozotait? *
    - Je... Ouais?
    * Oh. Ils sont morts. Tous dans mon laboratoire d'ailleurs. *
       
    J'avais volontairement laissé mon esprit voguer jusque la liche afin qu'elle entende mon propos. Et qu'elle s'en amuse. Le flibustier, visiblement furieux par mon aveu, regarda de nouveau à droite et à gauche, tandis que son poing se serrait doucement.

    * Si j'étais vous, je me calmerai. A deux tables d'ici se trouve un limier du razkaal qui tente de passer inaperçu. Juste en bas, trois tables sont remplies d'officiers républicains qui n'attendent qu'un soupçon de violence pour se jeter sur des imbéciles pouvant troubler l'ordre public. Encore plus s'ils ont une apparence de marins alcoolisés. Toutes les excuses sont bonnes depuis Kaizoku pour prétendre au désamorçage d'un potentiel attentat. Tout est bon pour recevoir une promotion. Versant doucement un peu d'alcool dans le verre devant moi, je fis glisser doucement ce dernier sur la table en fixant le pirate. Maintenant, si j'étais vous, je grognerai doucement en acceptant ce verre avant de déguerpir. Car si j'ai disparu une fois, c'est que la République le veut bien et couvrira probablement de nouveau mes traces. En revanche. Vous. Vous n'êtes rien. Et la prison ou la potence vous accueillera sans aucun souci. *

    Un sourire sadique ne quittait plus mes lèvres. Cette provocation n'était pas juste là pour satisfaire mon égo et agacer celui de mon interlocuteur. C'était un rapport de force que j'établissais, et qui se transformerait potentiellement en une tentative désespérée de représailles plus tard. L'excuse parfaite pour entrer en contact avec des officiers ou des membres de la pègre, et ainsi commencer à récolter nos informations. Grognant de plus belle, le flibustier prit finalement le verre et vida son contenu avant de déguerpir. Reportant mon attention sur Mélantha, mon sourire ne fit que s'agrandir quand je repris la parole.

    * Ils chercheront surement à s'en prendre à nous demain matin lorsque nous quitterons l'auberge. Mais ici, ils n'oseront pas, nous allons donc pouvoir profiter d'une nuit relativement "tranquille". Un sourire à mes mots, avant d'ensuite enchainer sur un autre sujet. Dis moi, je t'en supplie. Dis moi que tu as profité de ma distraction et usé de ta magie pour transformer la boisson en un liquide chargé de Poux de Dangshuan ou de rhume élémentaire. *
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  • Ven 15 Sep 2023 - 0:30
    Ainsi, l'animation des villes se répandaient sur les routes marchandes alentours. Après leur première halte et quelques heures de trajet, le calme imperturbable du voyage fut enfin animé de quelques présences, voyageurs, marchands... De nombreuses personnes foulaient les chemins de terre et de dalles. La masse d'individus se multipliant à l'approche de leur destination, Mélantha ne manqua pas de changer d'apparence. Il était insupportable de traîner dans les villes en pleine luminosité, pullulant de monde parfois trop curieux ou perplexe à la vue de la liche, elle se passerait bien d'avoir l'attention.

    Deux regards dans l'abîme [Mélantha] 0cc243b3da34ef372348db258b1e7c5c

    Sa métamorphose fut lente, discrète. Les passants n'y verraient que du feu, à moins qu'ils ne se retournent pour l'observer, mais ce ne fut pas le cas. Ainsi, lorsqu'ils pénétrèrent dans la ville, la terrible liche était une ravissante jeune femme. Aussi belle et noble que la ville qu'ils pénétrèrent. Enfin. Mélantha ne reconnaissait pas le beau. Que l'on soit dans un hameau minable comme Saltshire ou devant le plus beau paysage jamais constaté, s'il n'y avait pas de cadavres, il n'y avait aucune différence, aucune pertinence. Ainsi, la splendeur des bâtiments ou de l'entretien de ceux-ci lui passa complètement sous le nez et ne prit aucunement le temps de l'observer. Ne faisant que suivre le Docteur qui lui, avait le mérite d'être admiré dans sa perfection. Lui, était majestueux.

    Son partenaire les menèrent donc jusqu'à... Était-ce une auberge ? Différente de celles que l'on pouvait trouver dans les hameaux ou autres villes. Cela ressemblait plus à un établissement prestigieux, restaurant de luxe ou qu'importe. Mais soit, le Docteur semblait savoir ce qu'il faisait. Ils laissèrent leur chevaux à un jeune valet équestre qui accrocha son regard, par mégarde, sur la belle femme qui accompagnait ce lugubre personnage au masque de peste. Mélantha s'en joua en soulevant sa chevelure d'un coup de main, se moquant bien de la sensibilité des jeunes mortels à l'égard des belles silhouettes. Lorsqu'ils entrèrent, les lieux n’empestaient aucunement la sueur ou la chaleur humide. Il n'y avait pas de rire gras assourdissant ou de voix qui s'élevaient beaucoup trop si ce n'était les ordres du chef et les réponses des serveurs, animant les lieux d'une dynamique particulière. C'était relativement calme bien qu'il y avait une ambiance convivial et comique au rez-de-chaussé. Pour ce qui était de l'étage...


    Une fois amené par un énième larbin à une table dédié aux clients ayant réservés une chambre, le duo s'installa alors que le pianiste débutait une nouvelle de ses compositions. Installé sur un piano droit dans les balcons d'en face, un hybride chat, au pelage rouge, faisait jouer ses pattounes sur les touches, se faisant caresser la nuque par une fae enjôleuse, déjà charmé par ses talents musicaux. Concentré, il animait mélodiquement la tranquillité des étages supérieurs, éloignant le brouhaha un peu plus bas. La liche soupira. Du bruit restait du bruit, que ce soit provenant des voix environnantes ou d'un instrument quelconque. Les seules mélodies dignes d'être écoutées étaient celles des les chants que provoquaient ses victimes.

    Le Docteur avait le mérite, de par sa voix s'immisçant dans son esprit, d'étouffer l'environnement et de le taire ne serait-ce que quelques instants. Mélantha acquiesça silencieuse, faisant confiance au procédé de son partenaire concernant ses potentiels contacts. La liche déguisée, lui sourit lorsqu'il fit mention de "la qualité des lieux". N'évoquant sûrement pas le confort, peut-être y trouveraient-ils une autre utilité, profitant d'une discrétion certaine ou justement, des personnalités s'y rendant. Attrapant son petit verre de liqueur, l'apportant à ses lèvres, la mort-vivante fut tout aussi interrompu dans la discussion avec le Docteur. Une nouvelle bande de guignole les approchant.

    Croisant les bras, Mélantha assista à cette "retrouvaille", tentant de deviner pourquoi connaissaient-ils le Docteur. Un différent suite à un massacre apparemment. A peu près. Elle ne suivit pas tout à fait ce premier dialogue, interrompue par un regard trop insistant. Un des gars de l'interlocuteur, n'avait pas vu de femmes depuis un moment apparemment, pour observer la jeune femme avec autant d'obstination. Mélantha le regarda de travers avant qu'une idée jaillisse dans son esprit. Elle changea son regard méprisant par des yeux charmeurs, lui faisant signe du doigt de se rapprocher. Hésitant, le gaillard regarda son chef qui défiait le masque de peste avant de tendre son oreille vers la belle jouvencelle, qui d'ailleurs, posa ses doigts délicats sur le dos de sa main.

    La liche, un sourire en coin, survola ses souvenirs, brefs. Elle lui murmura à l'oreille.

    "Repose tes yeux sur moi encore une fois et je te fais comprendre pourquoi ta mère t'a abandonné."

    Puis elle lui tapota la joue pour l'inviter à déguerpir. Il resta un instant immobile, assimilant ce qui venait de se glisser dans son oreille puis recula, autant par la menace de la liche que par la mise en arde du Docteur qui résonnait chez ses interlocuteurs. Ainsi, Mélantha pouvait suivre paisiblement ce qu'il se disait, souriante. Elle suivait des yeux les mouvements des uns et des autres et notamment ceux de son amant qui versaient doucement un verre de l'alcool qu'ils avaient commandés. La sorcière semblait seulement sourire, et pourtant, un œil attentif aurait été persuadé que ses lèvres avaient bougés tel un ventriloque s’exécutant.

    Oralement vaincus et quelques peu humiliés, la bande de rigolos était bien obligée de se replier. Le chef avala la liqueur, cul-sec et n'adressa plus un regard envers celui qu'il devait maudire dans sa rage. A peine éloignés, le Docteur reprit directement en ne s'adressant qu'à sa compagne, annonçant qu'ils risquaient d'être la cible d'un énième guet-apens. La liche haussa les épaules.

    "N'en soit pas si sûr."

    Elle amena enfin son verre à ses lèvres, le sirotant tout en regardant le Docteur dans les yeux alors qu'il continuait son dialogue. Elle esquissa un sourire en réponse. Silencieuse. Seul le bruit sourd d'une lourde masse tombant des escaliers amena une réelle réponse aux attentes du Docteur.

    "Ce que les marches sont étroites."

    Puis elle avala en une seule fois ce qu'elle avait siroté. En effet, dans le verre du moustachu, elle avait infligée de sa pestilence, murmurant une forme de malédiction. Son esprit s'en été retrouvé embrumé, l'arôme de l'alcool qui remontait dans sa gorge semblait s'immiscer dans son cerveau. Brûlant son crâne de l'intérieur, provoquant une névrite vestibulaire, il avait dû perdre l'équilibre lorsqu'il redescendit de l'étage. Il resterait dans un état léthargique pour quelques jours. Si une attaque avait été prévue à l'encontre du duo, cela se ferait sans lui.

    Dans un rire, la liche se releva, invitant le Docteur à découvrir leur chambre. Sous les renseignements du larbin concernant le numéro de chambre, le duo passa à un étage encore au-dessus. Isolé de l'ambiance des cuisines et de l'auberge. La liche vaquait paisiblement à travers les couloirs, assez fière de leur interaction précédente, suivie du Docteur qui, devait très sûrement sourire comme à quasiment toutes ses bêtises. Cependant, elle perdit soudainement sa sérénité en passant près d'un jeune couple qui s'embrassaient à l’embrasure de leur chambre. Le duo dépassa cet évènement banal qui aurait été sans importance si l'homme n'avait pas soupiré "Ah... Lia", se faisant méprendre par la liche qui, par son passif, ne comprit ce murmure que sous le nom de "Alya".

    Elle se retourna subitement, revenant vers le couple et attrapant l'épaule de la donzelle pour la regarder. Erreur. C'était une parfaite lambda. Presque déçue dans son adrénaline soudaine, Mélantha soupira un "salope" avant de se détourner, continuant sa route. Hors, le bel héro qui venait de voir sa copine se faire insulter, commença à faire les gros yeux à l'insouciante. Il n'eut à peine le temps de l'interpeller pour l'insulter à son tour que Mélantha cracha, sans daigner se retourner à nouveau.

    "Suidh, luidh sìos"

    Puis s'éloigna, comme si de rien n'était, la porte de sa chambre l'attendant un peu plus loin. Pour le misérable, il se rendrait vite compte de l'erreur de souhaiter faire payer à une sorcière. Il tomba, raide, incapable de bouger, forcé à rester au sol jusqu'à ce que la liche disparaisse des lieux. Une fois séparés par les murs, il pourrait se relever, mais moindrement qu'il se trouverait dans la même pièce qu'elle, il serait de nouveau forcé à retomber sur ses fesses, restant immobile.

    La porte de leur chambre se ferma sur le cri de terreur de la jeunette. Une fois fermée, tout bruit disgracieux seraient tût.


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  • Ven 15 Sep 2023 - 12:42

    Etirant un large sourire à la mention des marches et au bruit qui suivit, je ne pus imaginer quelle maladie ma partenaire venait d'insuffler dans le liquide ingéré par le capitaine de la Jouvencelle. Cet imbécile, en plus d'avoir été odieux, avait été aussi peu précautionneux qu'un nouveau né rampant sur le parcours d'une course équestre. A présent, il en payait le prix et ne pourrait probablement pas intervenir dans les potentielles représailles qu'ils souhaitaient m'imposer.  

    Nous dirigeant ensuite vers les étages supérieurs afin de nous rendre dans notre chambre, les choses auraient pu rester ainsi si Mélantha ne s'était pas soudainement arrêtée pour s'en prendre cette fois-ci à un couple à l'intérêt restreint. Attrapant la gourgandine par l'épaule, la liche sembla profondément déçue de ne pas trouver celle qu'elle recherchait. Quand elle se détourna enfin des deux tourtereaux, l'imbécile heureux qui servait de compagnon à la donzelle crut bon de venir s'opposé à la morte vivante, se prenant sans doute pour le héro d'un quelconque conte de fées. Afin de le ramener sur terre, et probablement pour s'en amuser un peu, Mélantha sembla sceller quelque chose chez le jeune homme qui se retrouva séance tenante le séant sur le sol, un air surpris et stupide sur le visage. Paniquée, la jeune femme commença à crier tandis qu'elle tentait de soulever son compagnon en vain. De notre côté, la porte se refermait déjà doucement, permettant ainsi au pauvret d'enfin retrouver complètement la motricité de son propre corps. Amusé, je demandai alors à ma partenaire quel sort elle avait jeté au jeune homme puis, dans un certain sadisme avoué, je vins rouvrir la porte, observant avec amusement le pauvre homme qui s'était relevé retomber par terre comme un lamantin trop ambitieux sur la terre ferme.  

    * Et tu me dis que ça le fera à chaque fois? Ah... Et c'est moi qu'on traite de monstre... *

    La phrase avait été dite avec beaucoup d'humour. En vérité, la situation était particulièrement drôle. Cruelle, compte tenu du fait que ce couple n'avait littéralement rien fait, mais drôle. Reportant ensuite mon regard sur la chambre, j'observai cette dernière d'un œil critique. En dessous de grandes poutres apparentes, un grand lit aux draps azur siégeait majestueusement dans la pièce. Sur l'un des côtés, une grande coiffeuse habillait le mur contre lequel elle était posée tandis que quelques armoires permettaient le stockage des vêtements et des affaires personnelles. En face, un bureau venait permettre les écrits ou travaux nocturnes ou matinaux. Un peu plus loin dans la pièce, située derrière un paravent, une baignoire en marbre attendait sagement qu'on ne vienne la remplir d'eau. D'ailleurs, plusieurs seaux remplis attendaient également à ses côtés, habillés d'un cordage métallique qui permettait de les accrocher sur le reposoir situé dans l'âtre de la cheminée. Pour le reste, la chambre disposait de nombreux tableaux et tapisseries qui venaient renforcer l'ambiance "luxueuse" de la pièce et le sol était composé d'un bois verni et particulièrement bien décoré. perdu quelques instants dans l'étude de la pièce, je me demandai véritablement comment quelqu'un pouvait courir toute sa vie après de pareilles superficialités. Enfin, les hommes se donnaient généralement un but précis pour continuer de vivre sans se poser trop de questions et pour les personnes lambda naissant dans les faubourgs et quartiers pauvres, je pouvais potentiellement comprendre la volonté de s'élever socialement. Mais tout cela. Toute cette poudre aux yeux? Ce n'était que de l'esbrouffe. Le sommeil venait de la même façon, peu importe les dorures présentent sur les murs. Quittant finalement mon analyse alors que je venais déposer mon masque sur le bureau de la pièce, je portai mon attention sur la liche qui reprenait sa forme naturelle. M'approchant alors d'elle, j'étirai un large sourire tandis que je venais la plaquer contre l'un des murs, mes bras soutenant ses jambes.

    * La nuit va être courte. Je le sens. *

    Et dans un nouveau baiser, nous commencions à nous approprier les lieux.

    *
    *  *


    Aux premières lueurs de l'aube, notre duo quittait enfin la chambre. Sentant dans mon dos les traces de multiples petites lacérations, un sourire sadique demeurait sur mes lèvres en repensant à ce qui s'était passé la veille, et à ce qui allait venir. Est-ce que les pirates allaient nous tomber dessus? Est-ce que allions enfin obtenir des réponses concernant la cible de Mélantha? La journée s'annonçait passionnante. D'ailleurs, c'est alors que nous descendions calmement les marches du premier étage qu'un fracas terrible attira notre attention.

    - Maurice!

    De nouveau le séant sur le sol, et ayant entrainé dans sa chute les couverts de deux tables différentes, le pauvre jeune homme de la veille se retrouvait encore une fois forcé de demeurer sur le sol, l'air surpris. Tournant mon masque vers ma partenaire, je lui faisais comprendre mon amusement alors que nous continuions notre route. Après tout, ce n'est pas comme si nous allions aller vers le pauvret afin de l'aider. Une fois que nous serions enfin partis, les choses retrouvaient leur cours pour lui et sa petite amie.

    Une fois dehors, je vins guider Mélantha au travers des nombreuses ruelles des faubourgs de la ville, cherchant naturellement à me diriger vers différents lieux d'artisanat où je savais que plusieurs informateurs de la pègre travaillaient. S'ils n'étaient pas d'une fiabilité incroyable, et surtout forts d'un réseau puissant, les imbéciles allaient forcément finir par parler de ma présence et ainsi attirer de plus gros poisson. Ainsi, c'est assez rapidement que nos pas nous menèrent jusqu'aux différentes tanneries où l'odeur acide des cuves emplies de tannins végétaux et autres aluns vint saisir nos narines. Naturellement atténuées par mon masque, ces odeurs venaient tout de même saisir ma gorge et provoquer en moi d'étranges souvenirs. Si le tannage n'avait jamais fait partie de mon expérience, une étrange impression de déjà vu vint m'assaillir, provoquant dans mon esprit des flashs d'images étranges. Des images de villes dont j'ignorai le nom, et d'artisans aux visages effacés ricanant entre eux alors que je m'approchai, menaçant.

    Revenant rapidement à la réalité lorsque mes yeux captèrent divers formes évoluant dans la brume matinale, c'est silencieusement que je vins passer une de mes mains dans ma sacoche pour en extirper un pot d'argile. A l'intérieur, du fulminate de mercure avait été mélangé à de la poudre de phosphore, préparant une future étoile de feu mortifère pour qui oserait venir s'en prendre à nous. Finalement, une silhouette se dessina parmi les différentes formes. Une femme. Enfin. Aussi femme que son épaisse musculature laissait penser. A peu près aussi grande que moi, l'humaine qui nous faisait maintenant face possédait de nombreuses cicatrices sur le visage et avec sa chevelure rousse coupée court, il ne faisait aucun doute quant à son appartenance au groupe de pirates de la veille. Sur ses épaules, l'épais manteau du capitaine de la veille reposait doucement tandis qu'on devinait sous ce dernier ses deux bras épais qui portaient chacun deux hachettes de combat. Sur sa bouille carrée, une moue dégoutée venait déformer ses traits déjà brutaux. Faisant doucement tournoyer les dites lames, la rouquine se décida enfin à prendre la parole, alors que de nouvelles formes venaient  nous entourer lentement, toutes avec leurs armes au clair.

    - Docteur. Vous allez nous suivre. Et sans faire d'histoire. La Jouvencelle a un compte à régler avec vous.
    * Toi. Toi. Et toi. *
    - Pardon?
    * Je me souviens de vos visages, à vous trois. Vous êtiez sur les bords des quais au moment du bombardement, pas vrai? Je revois vos traits apeurés. Et votre façon de partir en courant avec un semblant d'être hybrides quand le gaz commençait à faire fondre les yeux de vos petits camarades. *
    - Fils de... Elle soupira doucement. Vous allez aussi vous taire. On a pour ordre de vous ramener en vie.
    * Mélantha? Celle-ci devra rester en vie. *

    Puis, sans prévenir, la fiole d'argile quitta ma main, engloutissant l'un des pauvres marins s'étant rapproché de trop près. Dans un gargouillis étouffé par les flammes blanches, le malheureux s'effondra sur le sol dans un tas de chaire fondue et d'ossements calcinés en quelques secondes. Sur ses restes brûlés, les flammes continuèrent de brûler longuement.

    Le massacre allait ainsi commencer.
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