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  • Jeu 1 Fév - 14:58
    Fin septembre de l'An 4

    La CAPITALE. Avec des majuscules partout, même si Fauna ne sait pas ce que c’est une majuscule, elle ne sait pas lire, et n’est pas né celui qui lui apprendra. Franchement, qui voudrait enseigner quoique ce soit à cette petite chèvre mangeuse de pommes, de poires, de fruits juteux, et de légumes pas trop amers ? Croyez-moi, il en faudrait du courage. Courage, elle en vient, enfin, elle y est passée, y a resté quelques semaines, sûrement plus mais la notion du temps est subjective. Apprendre quelque chose, recevoir les savoirs d’un enseignant, ça semble très compliqué, et demande une concentration certaine que la chèvre n’est pas à même de donner maintenant. Ni jamais. N’empêche, savoir lire, ça la sortirait de moments embarrassants. Le pire n’est pas dans les auberges. Certes, on lui amène une carte qu’elle s’évertue à lire en plissant les yeux, mais les mots percutent pas dans son esprit. Elle finit par demander au serveur ce qui ne contient pas – pas, pas, surtout pas ! – de viande et qui est BON et SAVOUREUX. Pour certains, c’est un peu difficile d’allier les deux, ou de proposer une seule des solutions à l’hybride. Soit ça contient de la viande, soit c’est complètement dégueulasse, ou les deux. Elle ne compte plus les fois où l’on a posé sur sa table un animal mort. Elle fait une drôle de tête dans ces cas-là, les lèvres pincées, elle ronchonne un peu et part sans payer, et si il faut elle court, ses longs cheveux pleins de couleurs flottant derrière elle avec force. Bouffer de la viande, y’en a d’autres qui seraient intéressés, mais elle désigne sa corne, ses oreilles reconnaissables, mais bon certains sont encore plus stupides qu’elle, et faut le faire car elle ne se trouve pas très intelligente, même si parfois son cerveau a des sursauts de lucidité, elle parvient aisément à se sortir des situations compliquées, elle est rapide, souple et petite, et sa tête fonctionne correctement quand elle en a vraiment besoin. Sinon, le truc tout mou dans son crâne végète, s’étale et dort, et la gamine réagit à l’instinct, réagit sans réfléchir, est naïve, est niaise mais terriblement mignonne. Y’a un con, l’autre jour, parce qu’elle était « trop mignonne » qui lui a tiré les joues, et ça fait mal. Elle l’a mordu et est partie.

    Elle n’est pas un animal, merde à la fin. Oh, le vilain mot. Mais elle sait en dire, Fauna, et ça la fait plutôt rigoler, sauf quand elle est vraiment énervée – et croyez-moi, ça arrive et on ne veut pas être tout près. Elle est armée, les dagues volées sur un cadavre – c’est pas comme s’il allait protester et l’en empêcher, la mort ça a ça de bon – pour remplacer ses vieux couteaux donnés par « Papa » au cas où elle aurait besoin de se défaire d’un individu ayant pénétré la forêt en quête d’une âme à défaire, une chèvre à déguster. Fauna sait reconnaître dans une certaine mesure la qualité d’une arme, et ses deux dagues tranchantes, pointues sont en plus très belles, et elle est sensible au beau. Ici, à Ikusa, elle se fait toute petite mais traîne dans les rues toute la journée, le soleil tapant fort sur son crâne qui n’est pas protégé par un chapeau, les cheveux rendus bouillants, et elle cherche un peu d’ombre pour se protéger, heureuse quand le soleil finit par se coucher. Deux jours qu’elle est ici, la première nuit, elle a trottiné partout, on l’a regardée un peu de travers car elle est unique – et elle le sait, ayez une Fauna dans votre vie, ça la rendra plus belle, ou plutôt les. Elle furète, mais elle commence à être fatiguée de marcher, fatiguée même quand elle s’assoit et propose un peu de thé avec de l’eau potable et les quelques feuilles qui lui reste. On lui donne pas beaucoup d’argent, et le thé est chaud, c’est peut-être pas le moment d’en déguster, même si c’est très bon – et d’ici quelques mois, ce sera encore meilleur, lorsqu’elle aura de quoi s’installer réellement, et du lait pour refroidir la boisson et la bonifier, et ses perles sur lesquelles elle travaille déjà, de très loin. Fauna fatiguée, Fauna veut dormir. Elle est réveillée par le hennissement d’un cheval énervé, elle s’est assoupie sur le sol et gênée, elle file vers une auberge. Ça sent bon à l’intérieur, y’a un peu d’alcool, enfin ça coule à flots mais elle demande un simple repas bourré de légumes et une chambre pour la nuit. Elle mange rapidement, elle profite de l’ambiance de la salle qui est comble, surtout composée d’hommes de statures bien différentes que la chèvre observe avec des yeux ronds, des yeux curieux, mais ceux-ci font le yo-yo, ils peinent à rester ouverts, elle capitule et se rend vers sa chambre. Numéro, oh, elle ne sait pas. La clef ouvre toutes les serrures, et la première qu’elle tente ne lui résiste pas. En silence, elle se glisse dans la pièce qui sent le frais et les linges bien lavés, fraîchement séchés au soleil du jour qui définitivement a disparu. Fauna voit un lit, et elle en baverait presque, car ça fait plusieurs jours qu’elle a plu senti la douceur d’une couette entourant son corps petit et cornu. Elle saute comme une brute sur le matelas, gigote dans tous les sens, défait tous les draps et enfin décide de retirer ses vêtements, ne gardant que son sous-vêtement. Il fait chaud, la fenêtre ouverte n’aide pas vraiment, la légère couverture suffira, la peau nue apprécie la douceur des plumes dans l’oreiller. Elle réfléchit pas beaucoup à sa journée, à celle qui se déroulera dans quelques heures, lorsqu’elle ouvrira les paupières. Non, elle dort, instantanément, légèrement recroquevillée sur elle-même, les doigts emmêlés dans ses cheveux, respiration légère qui s’élève et une jambe qui dépasse. Du sommeil, du tendre sommeil. Que ça fait du bien !
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  • Jeu 1 Fév - 17:17
    Les remparts d'Ikusa étaient enfin en vue.
    Ces derniers jours avaient été longs et éreintants, les témoignages, l'interminable paperasse et les nombreux, si nombreux, rapports avaient usés le cochon presque autant que la nuit de folie qui en était le sujet. Sa dernière mésaventure avait été fatigante et l'après n'était pas mieux. Ce n'était pas la pire et certainement pas la dernière.

    Le convois qui le ramenait à la capitale depuis Kyouji avait prit du retard et plutôt qu'une arrivée dans l'après-midi, c'était lorsque l'astre du jour avait disparu depuis un moment maintenant derrière l'horizon qu'il posait le pied sur les pavés ordonnés du relais de caravane proche de l'entrée de la ville.
    Chargé comme un âne de trait, l'hybride portaient ses bagages à bout de bras en remontant les rues jusqu'au palais impérial. A cette heure, les cochers et les calèches se faisaient rares, et il faudrait encore composer avec le service de sécurité de nuit pour rejoindre ses quartiers à Luxuriance.
    Finalement était-ce vraiment un impératif qu'il rentre maintenant ?
    Non. Lardon en fut décidé en passant devant l'une des auberges de la ville encore animée de fêtards et de saoulards qui chantaient des chansons à boire ou trinquaient à une quelconque réussite. Et il y avait cette odeur de ragoût qui se répandait jusque dans la rue....

    Le premier bol de soupe calmait sa faim, le second apaisait un peu les soucis de son esprit. Un repas chaud fait toujours des merveilles au ventre et à l'âme. Il ne restait pas longtemps à profiter de l'ambiance festive de la salle principale, d'autant que celle-ci décroissait doucement au fil des départs.
    Lars demandait une chambre pour la nuit qu'il réglait de quelques pièces de bronze et d'argent quand l'aubergiste lui tendait la main. Avec ça, le repas du soir était payé et celui du lendemain matin aussi. La troisième au fond, à droite. La clef grossière en main, ses sacs sous les bras, il s'y rendait aussi silencieusement que les lattes grinçantes du plancher le lui accordait.
    Il y avait plusieurs autres chambres et certainement des clients déjà au repos, nul besoin de faire plus de vacarme que ceux de la grande salle.
    En tournant la clef, il remarquait que la porte était déjà ouverte. Lars haussait une épaule, pourquoi verrouillé une chambre vide après tout.

    La porte étonnamment ne grinçait pas lorsqu'il poussait le battant. La lanterne du couloir éclairait une moitié de la petite pièce plongée dans la pénombre. Lars avait la flemme d'allumer la moindre bougie à l'intérieur, celle sous cloche du couloir suffirait bien le temps de déposer ses affaires et se changer, et si quelqu'un venait, il l'entendrait de loin et aurait le temps de refermer l'entrée. La fenêtre était ouverte, parfait, comme la chambre se trouvait au premier, il y avait moins à craindre la visite de voleur et l'air frais de la nuit lui ferait du bien.
    Même fatigué, Lars gardait les habitudes de sa formation militaire et sa veste, sa chemise, pantalon, chaussettes et chaussures étaient soigneusement plié et rangé sur la commode non loin de l'entrée. Il était peut être un peu maniaque sur les bords, très peu. Ses sacs posés au pied du même meuble, il refermait la porte une fois fini et prenait soin de la verrouiller, laissant la clef à côté de ses vêtements.
    La pièce était plongée dans la pénombre mais les quelques rayons lunaires qui luisaient paresseusement près de la fenêtre offraient quelques contours du mobilier présent, en plus d'avoir mémorisé leur agencement plus tôt, l'hybride progressait sans se fracasser un orteil contre un coin de meuble.
    Il se versait doucement dans le lit, la mésaventure d'un lit cassé à l'école militaire et une semaine de corvée de latrine l'avait vacciné pour que plus jamais, ô grand jamais, il ne se laisse choir d'épuisement. D'abord il assied son fessier sur le rebord, il s'étire à s'en faire craquer quelques articulations, il soupire brièvement, pense à ce qu'il aurait à faire demain, abandonne l'idée de penser et défait sa prothèse de bras pour la poser au pied du lit avant de s'allonger sur le flanc.
    Le matelas était pas mal rembourré, pas le plus confortable qu'il ait connu mais ça suffirait bien pour cette nuit. Il roulait alors à l'opposé dans l'idée de s'étaler à plat ventre au milieu du lit, plutôt que de tenir la pose de flanc près du bord mais avant la fin de sa rotation, il se retrouvait contre quelque chose qui se trouvait déjà dans le lit.
    Ereinté, le faux départ vers le monde des rêves l'oblige à rouvrir un œil à moitié. Qu'est ce que c'est ? Sa seule main valide venait palper la chose molle qui le gênait. Etait-ce un autre oreiller, ou un traversin ? Il ne pensait pas cette auberge si aisée pour en fournir mais c'était bienvenu, c'était pas mal de dormir calé contre l'un d'eux.
    Mais il était tout de même drôlement doux ce traversin et ne sentait pas vraiment le linge d'auberge. En fait il avait presque l'impression qu'il était en train de gesticuler...
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  • Jeu 1 Fév - 18:05
    Il était pas si mal, ce repas. Fauna, tout juste arrivée, goûtait les plaisirs de ce pays nouveau pour la première fois. En République, dans les villes visitées et où elle restait une poignée de jours, de semaines ou de mois, décidément c’était bien variable, les auberges, elle les visitait toutes. Ce n’était pas tout à fait vrai. Elle mangeait, il est vrai, chaque jour à sa faim, car les larcins lui permettaient de vivre – menacer cette famille avec un couteau, diablement efficace, et elle espère secrètement que ça a implosé, chez ces gens, que la femme a giflé le mari, qu’elle est partie avec ses bagages, son gosse et pas d’argent – mais a très vite compris la valeur de l’argent. On ne pouvait pas le dépenser comme on voulait et tout s’achetait. Même les gens. Elle le découvrira bientôt, malgré des mésaventures sur le ton de l’humour – vendre Fauna au plus offrant, quelle idée ! Elle était en vie, jolie, pourquoi cette sotte idée ? – car elle ne comprend pas toujours la tragédie de ce qui lui arrive – et lui est arrivé. L’argent, elle l’a gardé, elle en a même trouvé sur des cadavres butés par des créatures qui n’en avaient pas après leurs sous. Elle est passée entre les gouttes, la tragédie ne l’a pas encore frôlée, elle se débrouille comme une cheffe et le monde réel, le monde ouvert n’est pas si difficile, mais tellement fascinant ! Chaque jour passé est un apprentissage. Rencontrer des âmes, qui, comme elles, font le déplacement, c’est apprendre. S’installer à une table déjà pleine dans une auberge, pousser de ses petites fesses pour se faire une place et discuter, c’est apprendre. Tout est apprentissage, et Fauna est idiote, elle retient pas tout mais elle est contente, juste heureuse même si elle a passé trop de temps dans cette forêt, qu’elle est pleine de rancœur, mais tout va bien maintenant.

    En sécurité, juste en sécurité, et des yeux grands ouverts pour ne rien rater à ce spectacle. Les bateaux qui vont et viennent – hey, hey ! Elle aussi elle a pris le bateau ! Les individus à bord sont un peu bizarres et elle ira pas vers eux de son propre chef sans y être obligée, mais le bateau c’est sacrément chouette ! ça secoue ! – et les habitants qui courent dans tous les sens. Les odeurs nouvelles, le poulet à la broche qu’elle évite soigneusement. Ils vendent même de la chèvre, ces gens honteux et elle a longuement froncé les sourcils pendant un contact visuel des plus gênants, quelques ricanements. Trop longtemps ouverts, les yeux, car désormais, elle rejoint la fraîcheur d’une auberge, déguste un repas qui n’est pas mauvais et qui soulage l’estomac un peu trop sollicité, elle boit peut-être un verre d’alcool, il est vrai, c’est un gars qui lui a offert – pourquoi ? Semble-t-elle si pauvre que ça ? Fauna est stupide – et elle part se coucher, sans être suivie par l’homme éconduit, mais qui rejoint ses potes et balance une atrocité sur les femmes et surtout les hybrides. Elle dort, elle dort, c’est agréable, elle sait plus son rêve quand elle se réveille, car c’est brusque, c’est soudain.

    Elle n’a pas entendu la porte s’ouvrir, elle fait vraiment pas beaucoup de bruit. Elle n’a pas entendu les pieds sur le parquet, ni les vêtements qu’on retire d’un corps puis qu’on dépose dans un coin. Sourire aux lèvres, elle a dormi dans la plus grande des naïveté. Elle n’a pas senti le poids de l’homme qui, lui aussi, a envie de se reposer. Le lit qui s’abaisse un petit peu plus, sur un coin, elle pourrait presque glisser si elle dormait sur de la glace. Puis la créature de la nuit qui s’installe confortablement, comme elle l’a fait il y a une petite heure, qui roule pour être bien, dormir sereinement. Sauf qu’il y a Fauna, et qu’au bout d’un moment, ça bloque. On va pas l’écraser, tout de même ! Un corps contre le sien, un bras presque dans son visage, une main qui palpe la douceur de la taille nue, Fauna au début gigote un peu mais ne se réveille pas. Mais la main continue, elle sait pas trop pourquoi, et là, ça devient pas normal, les yeux s’ouvrent, ils sont perdus, ils ne voient rien, elle sent toujours la main qui se demande ce que c’est que ce truc tout chaud et tout moelleux, et elle a envie de faire de même, l’alcool tape douloureusement dans son cerveau, elle gigote encore plus, donne un coup de pied, et elle commence à crier, car elle a bien compris qu’elle n’était pas seule, dans ce lit, que c’était un humain, ou alors un truc, mais pas un gentil chien, qui s’était joyeusement installé à ses côtés dans le lit, pour ELLE NE SAIT QUOI : « AaaaaaAAAAAAAh ! » et elle donne un nouveau coup de pied à l’inconnu pour qu’il enlève sa sale patte (on ne saurait si bien dire) de son corps presque entièrement dénudé. Les lames sont sur la table de chevet, elles restent jamais bien loin, au cas où. Elle ne tend pas encore le bras pour les attraper, pour menacer l’âme baladeuse, là elle gigote de toutes ses forces, le drap vole, et la personne malencontreusement dans son lit, et qui n’a RIEN à y faire, c’est bien compris ??? bref, la personne se prend des coups, un peu partout. Elle ne voit rien, mais elle n’est pas contente, pas contente du tout. « Dégagez de mon liiiiiit !!! » qui n’est pas le sien, mais elle ne le sait pas encore.
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  • Jeu 1 Fév - 21:34
    La trogne endormi et l'esprit prêt à la suivre, la chose douce et molle s'agite soudainement.
    Le traversin gigote et frappe, des coups mous et sans force, du moins les premiers sont-ils pour le cochon qui ne bouge ni ne réagit vraiment.
    Puis soudain un cri en même temps qu'une beigne dans le museau, pas de quoi le faire saigner du groin mais enfin son esprit s'éveille et percute qu'un oreiller n'est pas censé lui donner des coups, ni crier d'une voix aigu.
    Lardon prend encore plusieurs gifles, coups de genoux et de coude avant qu'il ne roule-boule en marche-arrière. Les attaques ne lui font pas mal, ou très peu, il a déjà subit bien pire, c'est d'avantage la voix féminine qui l'interpelle et le force à basculer du lit. Désorienté et précipité, son séant tombe lourdement sur le plancher mais n'y reste pas plus d'une seconde. Il se redresse rapidement et décoche en réflexe un revers patriarcale devant lui.
    Malheureusement, ou bienheureusement, il est trop loin pour toucher l'intruse, celle-ci ne l'a pas suivi pour l'assassiner.
    Son esprit est encore confus et la fatigue n'aide pas. Il n'y a que peu de raison pour que quelqu'un se soit glisser dans son lit à son insu et une tentative d'assassinat ou de capture est le plus probable des scénarios. Même si... même si les mots prononcés par l'inconnue ne sont pas cohérent avec cette idée. Ils n'étaient même pas cohérent du tout avec la situation. Il avait beau être à moitié dans les vapes, il était certain de ne pas s'être trompé. Au fond à droite, la troisième chambre.

    Pas le temps de tergiverser, il est vulnérable en caleçon est manchot. D'ailleurs Lardon active sa télékinésie pour faire léviter son bras mécanique jusqu'à son épaule sans pour autant l'y attacher, le maintenant et le bougeant comme s'il était toujours bien réel. Au moins il n'était plus manchot mais toujours en sous-vêtement.

    - Qui va là ! Id... Identifiez vous ! Lance l'hybride en guise d'avertissement.

    D'abord analyser la menace. Ses yeux n'étaient pas encore habituée à la pénombre de la chambre et de la nuit, il se savait à moins d'un mètre du lit et à plus de trois de la porte d'entrée. Son épée... avec ses affaires près de la porte. Et la bougie... où était-elle ? Quelque part sur une petite table à sa gauche, il le supposait sans en être certain.
    Il se frottait le groin, c'était étrange. Si on avait voulu le capturer ou le tuer, c'est un coup sur le crâne ou une lame dans la gorge qu'il aurait reçu, pas les pichenettes d'un enfant en train de faire le moulin avec ses bras.

    - Qu'est-ce que vous faites dans ma chambre !

    Il plissait les yeux, pas encore habitués, il regrettait de ne pas avoir été croisé avec un chasseur nocturne, cependant un reflet non loin de lui à hauteur de lit lui suggérait la présence d'une arme. Au moins d'une lame. Un couteau peut-être, ou une épée courte ? Il y avait une chance non négligeable qu'elle appartienne à l'intruse. Il ne fallait pas se précipiter. A se lancer à l'aveugle pour attraper l'arme, son adversaire pourrait être plus rapide et il se retrouverait à portée de coup. Qu'à cela ne tienne, le cochon prudent, à l'aide de ses pouvoirs, envoyait les armes se ficher dans le bois du mur sous la fenêtre. Il saurait rapidement que son assaillante est une menace réelle si elle cherche à aller s'en emparer, et à la lueur de la lune, pourrait au moins savoir à quoi elle ressemble et la localiser précisément.
    Le cochon se tenait bien sur ses appuis, un peu voûté, prêt à lutter dans des prises de contacts si l'adversaire chercherait à lui foncer dessus, il n'allait pas se laisser faire. Le maroufle ne sait pas encore à qui il a affaire ! Le cochon de combat prenait d'ailleurs soin de se tenir dans le chemin de la porte pour éviter toutes tentatives de fuites. Si le visiteur nocturne voulait se carapater, sa meilleure tentative serait par la fenêtre et là encore, l'hybride était prêt à intervenir.
    Quel tuile. Lui qui rêvait d'un repos et même d'une grasse matinée, le voilà engagé dans un début de bagarre nocturne en caleçon. Qu'est-ce qui pourrait être pire ?
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  • Jeu 1 Fév - 23:23
    Ah ! Oui, elle s’en souvient maintenant. Elle était dans une forêt, mais ce n’était pas la forêt  de son enfance. Celle-ci était différente, il y avait des rochers moussus qui brillaient dans la nuit, et le décors était incroyable une fois l’obscurité tombée. Elle était seule mais elle ne se sentait pas en danger. Il y avait des animaux autour d’elle, dont un cerf qui avait quelque chose de mystique (que signifiait « mystique » ? Fauna n’en savait rien mais elle avait ce mot en tête, qui tournait), de rassurant. De doux. Elle posait sa main sur sa tête, sur le front, pas loin des bois. Elle aussi voulait des bois, au lieu de cette corne ridicule ! Où est passée l’autre ?! Le rêve, le rêve. Et puis, un mouvement dans la vie vraie, dans le lit d’Ikusa dans lequel elle est bel et bien installée, et le cerf se transforme en un redoutable loups aux canines saillantes et tente de mordre la main tendue. Yeux ouverts, on respire, car le souffle est coupé, la peur dans les entrailles, ce poids sur le côté de son corps, ce poids qui est pas normal car dans un lit, on s’assoit pas sur les autres, parce que dans une auberge, normalement on reçoit pas de visiteur. Incompréhension, bien sûr, car rien n’est logique, rien n’est normal dans la situation qu’elle vit. Chaleur contre elle, ce truc est bien vivant, il bouge lui aussi et Fauna gigote pour le faire partir, pas vraiment consciente de ce qui se passe, puis elle s’agite carrément, commet des actes violents qui devraient suffire à faire fuir l’âme égarée, l’âme mauvaise. Une pensée horrible traverse son esprit : est-ce qu’il l’a retrouvée ? Est-ce lui ou l’un de ses sbires démoniaques ? Jamais, lors d’une nuit d’auberge, n’a-t-elle ressenti pareille terreur. C’est pas toujours des moments agréables à passer, quand y’a un fou dans la pièce d’à côté, y’a un couple qui s’envoie en l’air, ça secoue les murs et Fauna s’accroche à son lit, mais le fou là, il est dans son lit, avec elle ne sait quel projet macabre en tête et elle doit l’arrêter. C’est pour cela qu’elle se débat, toute engourdie, elle donne des coups de toutes ses forces, mais des forces, elle n’en a bientôt plus alors les gestes brusques finissent par se calmer, puis y’a plus personne à côté d’elle. La chose s’est enfuie, mais pas bien loin. Elle discerne une forme humanoïde, enfin une forme plus haute que large, et ça parle en plus. « Identifiez-vous » ? Elle a cru entendre un trémolo dans la voix, elle cherche pas trop, elle comprend rien, elle est terrifiée, ses mains elles tremblent et elle a envie de pleurer. Ça veut dire quoi « identifiez-vous » ? C’est la première fois qu’elle entend ce mot. Sa mort est arrivée ? Ses lames, de toute façon pas à portée, disparaissent dans le mur en bois. Elle déglutit, elle tremble encore plus. Si  elle crie, l’entendra-t-on malgré les rires d’en bas ? Elle est fichue… Attaquer, courir pour sa vie ? L’homme s’est déplacé pas loin de la porte, et elle, elle se jette sur la lampe. Elle veut voir le visage de son agresseur avant de passer l’arme à gauche. Elle sait pas par quel miracle, mais une lueur apparaît dans la pièce, elle a réussi à leur donner de quoi se voir, et ce qu’elle découvre la surprend.

    C’est un hybride, qui clame qu’il est dans sa chambre, mais ce n’est pas vrai, car c’est la chambre de Fauna, et elle est à ELLE seule. Les hybrides, elle en croise pas tous les jours, ils sont bien cachés, ou alors il n’y a qu’elle qui affiche sa tête de monstre partout, elle n’en a pas le droit. L’hybride ne la menace pas directement, ils sont pas si proches l’un de l’autre, il est en caleçon – tiens, étrange – et elle en culotte, sans autre vêtement la chevelure cachant la poitrine opulente sans même le vouloir, car à l’instant, c’est le cadet de ses soucis. Elle a retrouvé sa langue, parce que rendue hargneuse par la surprise et la peur, elle lance à  l’homme : « Je peux savoir ce qu’un homme presque NU fait dans ma chambre, dans mon lit ?? » elle a entendu des histoires assez tragiques. Elle ne veut pas vivre cela. Elle sait qu’en tant qu’hybride, ça lui pend peut-être aisément au nez, mais elle ne veut pas y penser. Elle est furieuse et jette au messire voleur un oreiller plein de plumes, qui explose à son contact. Elles volètent un instant avant de retomber, elle se redresse sur le lit, exposant sa supériorité en taille, elle qui est toujours bien plus petite. « Vous êtes un odieux personnage ! Vous m’avez suivie ! C’était vous, dans la rue, qui m’avez touché les fesses ? Avouez ! » elle aurait presque l’habitude, elle a donné un coup de coude rageur mais n’a pas vu le coupable. Tout s’explique maintenant. « Pourquoi vous me regardez avec cet air ?! Rhabillez-vous ! » ce qu’elle ne fait pas, bien entendu, car elle est dans SON lit.
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  • Ven 2 Fév - 1:42
    Une lumière s'allume vivement en face. Tous ses efforts pour adapter sa vue à l'obscurité se réduisent à néant en même temps qu'il était éblouit, levant sa prothèse en travers pour s'offrir un obstacle qui lui laisserait le temps de ré-ajuster sa vision.
    Sa position changeait, d'un mouvement de mise en garde en prévision d'une attaque surprise qui profitait de sa cécité temporaire, mais une, deux, puis trois secondes s'écoulent et l'assaut ne vient pas.
    Quand il est capable de voir, écartant son bras, il découvre qui le tenait en joue avec la lampe. Une femme. Une jeune femme. Une jeune hybride même d'ailleurs. Contrairement à lui dont les traits porcins rendent difficile l'estimation de son âge, ceux du visage humain de Fauna sont doux, fins, bien trop peu marqué par les ans, il lui donnerait une vingtaine d'année, pas bien plus, ni beaucoup moins.
    Un tressaillement de son regard vers la fenêtre maintenant d'avantage éclairée révélait que les deux objets qu'il avait envoyé se ficher dans le mur étaient bien des armes. Les méninges du cochon revenaient à ses hypothèses de tentatives d'assassinat jusqu'à ce qu'il soit décontenancé par la question de la cornue.

    - Ce que je voudrais savoir c'est ce qu'une jeune fille presque nue fait dans MA chambre et MON lit ? Lui répondait-il du tac au tac. Vous êtes.. ?

    Il s'interrompait pour ne pas finir sa phrase. Peut-être ne valait il mieux ne pas demander à cette personne si elle était une prostituée. L'idée avait germé l'espace d'une seconde et la précipitation du moment l'avait poussé à commencer à poser la question, mais son esprit de déduction, heureusement, fonctionnait plus vite que sa bouche et l'empêchait de commettre une bévue.
    Après tout, si elle avait été une fille de ce métier, elle n'arborerait pas un air aussi outré, les sourcils froncés ou n'aurait juste simplement pas posé cette question en particulier. Serait-ce alors une espèce de piège ?
    Le projectile envoyé pendant qu'il réfléchissait ne lui fait rien, intercepté par sa prothèse de main pour éviter de le recevoir en plein visage. Là encore, il croyait pressentir une attaque après une diversion, mais non, plutôt que d'aller se jeter sur ses armes ou lui foncer dessus, elle s'était redressée sur le lit, le pointant presque du doigt en portant à son encontre d'étranges accusations.

    Plus elle criait, et plus Lardon écartait la possibilité qu'elle soit ici dans cette chambre à mauvaises intentions. Elle n'avait ni l'attitude ni la discrétion d'un assassin, au contraire, elle paraissait presque hystérique à l'instant, à tort ou à raison, le fustigeant d'un regard colérique.
    Et si cette situation était le fruit d'un malencontreux concours de circonstances ?
    Cela y ressemblait de plus en plus mais il était difficile de faire la part des choses avec une demi-portion en culotte qui s'agite sur un lit. Le porcin n'affiche pas de gêne, mais il est bien physionomiste celui qui arrive à décrypter les expressions faciales d'une tête de cochon, ce qui le déconcerte le plus est certainement la situation en elle même et l'attitude de la jeune personne qui semble avoir oublié qu'une chevelure est plus légère qu'il n'y paraît et ne reste que rarement en cache-poitrine quand on saute ou remue.
    Quittant sa posture de combat, Lardon laisse échapper un soupir, passant sa main valide dans sa nuque se faire craquer une vertèbre lorsqu'il remue la tête.

    - Qu'est-ce que c'est que cette histoire, jeune fille ? Son ton est cette fois bien plus posé. Je ne vous connais pas et je ne suis rentré à Ikusa que depuis deux heures. Et qui plus est, je ne vous ai jamais croisé ni même jamais vu.

    Il la fixe sans arrière pensée, d'avantage pour inspecter son physique à la manière d'un médecin que pour se complaire dans une observation malsaine et lubrique. Des corps nus, il en a déjà vu, d'hommes comme de femmes et d'hybride également, bien qu'à l'accoutumé ce fut pour en recoudre et soigner des parties endommagées.
    Cependant, il le reconnait intérieurement à l'invective lancée par l'inconnue, la regarder sans complexe n'était peut-être pas la meilleure chose à faire.

    - Commencez par vous calmer. Je n'ai pas l'intention de vous faire quoi que ce soit, d'ailleurs si mes intentions avaient été mauvaises, je vous aurais déjà attaqué, mais ce n'est pas le cas. Vous êtes d'accord ?

    Lars parlait d'une voix calme en la regardant toujours, il voulait essayer de la faire raisonner et réfléchir à la situation plutôt que d'encourager un discours impulsif et ses instincts qui étaient manifestement en branle. Sa main gauche était tendue vers elle dans un signe d'apaisement comme pour lui suggérer de ne pas s'emporter d'avantage, mais plutôt que d'avancer vers elle et de risquer de la faire paniquer, il reculait vers la commode près de l'entrée, à la fois pour lui laisser de l'espace et pour attraper sa chemise qu'il se jetait sur les épaules pour paraître moins nus mais sans l'enfiler véritablement. Ca c'était une autre paire de manche.

    - Je m'appelle Lars, la chambre m'a été louée par l'aubergiste, la troisième à droite au fond du couloir. Comment vous appelez vous ?

    Présentation, explication, question. Lardon ne parlait pas au hasard, choisissant ses mots pour augmenter les chances d'obtenir une réponse de la part de cette inconnue et démêler ce quiproquo. Si tout du moins elle était réceptive en l'état et ça, rien n'était moins sûr.
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  • Ven 2 Fév - 12:52
    Deux jours. Enfin moins. Imaginons qu’elle soit arrivée vers dix heures, là, on est en pleine nuit, le moment où normalement on dort – la veille, elle n’a pas dormi – donc, logiquement, ça ne fait pas deux jours. Elle n’en sait rien, car elle ne connaît pas les heures de la journée, elle se réfère à l’heure du repas, le moment où elle a faim et trottine vers une auberge, où les habitants se dépêchent vers les stands de nourriture, le coucher, le lever du soleil, mais elle sait qu’elle a mis pied à terre bien après le lever du soleil, et puis il y a eu la journée, et la nuit, et encore la journée, et on est la deuxième nuit. Presque deux jours, donc. Elle n’a pas fait de bêtises significatives, elle s’est montrée curieuse, est allée vers les gens (et une fois sur deux on l’envoyait sur les roses car pas le temps, car t’es une hybride t’es moche), elle n’a rien volé – pas encore – tout à fait involontairement bien sûr, elle n’a bousculé personne, n’a renversé sa boisson sur aucun être, bref, elle a été PARFAITE, comme quoi elle est capable de se concentrer et de faire des progrès, la vie est belle ici – si les gens étaient un peu moins hostiles – et elle veut s’intégrer – pas facile – et puis, et puis, elle veut juste se reposer et y’a ce type qui vient l’écraser avec ses deux-cent kilos, elle qui n’en pèse que le quart, la faute à certaines parties de son anatomie bien développées, et ce n’est pas le cerveau, ce type qui vient dans son lit pour elle ne sait quelle raison, et qui gâche sa nuit de sommeil, comment dormir après ça ?! Ils sont en mode : tout nus et c’est totalement pas normal, elle est dans l’incompréhension la plus totale, les émotions elles gigotent autant qu’elle y a cinq minutes, son cerveau il va exploser, il n’est pas habitué à tant de calculs, de recherches, de difficulté, et les deux neurones qui lui restent eux ils dorment déjà, alors elle réagit avec colère, avec mauvaise humeur mais pas avec rage, parce que ce n’est pas si « grave », elle s’en rend compte plus les secondes passent entre eux, si c’était avec rage, le cochon serait déjà mort et elle exhiberait sa tête à tous les passants le jour d’après. Sauf s’il ne se laisse pas faire, bien entendu. Sois gentil Monsieur, laisse-toi tuer sans rien faire, de toute façon t’es en tort, tu es entré dans mon lit, mon précieux lit !

    Et gâcher ma nuit.

    Il reste des soupçons de colère dans la voix, dans l’attitude de Fauna. Elle n’a pas peur de l’individu qui s’est lui aussi calmé. Elle a cru comprendre un essai de coup violent et destructeur tout à l’heure, entre les draps, mais elle était déjà loin. Toutefois, elle se doute que l’hybride mâle lui aurait fait plus de mal que de bien, pas la même stature, un physique bien différent et sans doute une différence d’entraînement. Elle est redoutable avec ses lames, ils auraient peut-être même joué à armes égales, mais sans elles, et elles semblent bien loin, fichées dans le bois, elle n’est qu’une sale gamine qui gigote et qui hurle.

    Et en plus il ose l’accuser d’avoir volé son lit ! Il a du toupet le cochon ! Il mériterait un coup de corne bien placé, elle réfléchit encore. « C’est MA chambre et MON lit » elle lui répond avec beaucoup de mécontentement, parce qu’elle n’en démordra pas, c’est chez elle ici, elle a payé sa place, elle promet, elle a perdu quelques pièces, la bourse est allégée. Elle a le droit d’être ici, c’est cet homme qui devrait être ailleurs, dans la rue tiens, ça lui apprendra car Fauna elle connaît bien ça, la solitude et le pavé. Il semble être calme et posé, sa voix est profonde et elle calmerait aussi Fauna si elle ne campait pas avec tant d’énergie sur ses positions. Elle est debout, accusatrice, et ça lui permet d’être plus grande que son adversaire de dodo, ce qui est rare et plaisant. Il se croit malin, l’hybride, mais elle le domine entièrement. Si elle voulait… elle lui donnerait un coup dans son pif bizarre ! « Je ne vous connais pas non plus ! Je suis arrivée à Ikuso il y a deux jours ! Le matin ! Et vous n’étiez pas là, pourtant j’ai parlé à TOUT LE MONDE ! » Premièrement, c’est Ikusa, ensuite, c’est logique qu’elle ne l’ait pas croisé s’il vient de revenir, pour finir, parler à tout le monde, c’est un poil exagéré. Mais Fauna, ces réflexions, elles ne l’atteignent pas. Ils auraient toutefois pu se croiser autour de la table d’auberge, mais Fauna avait déjà mangé – trop peu, cela dit : elle aura bientôt faim car les aventures dans le lit, ça donne faim – et était partie se coucher, épuisée par son voyage, par sa nuit sans dormir, par toutes ces informations qu’elle tentait d’attraper, mais qui étaient trop, juste trop.

    L’homme menaçant – il l’était par sa grandeur, quelques dizaines de centimètres de plus que la jeune hybride – tentait d’apaiser les choses, mais la jeune femme tremblait, désormais. La colère – et non la rage – était retombée et elle avait désormais envie de pleurer. Qu’il s’en aille, oui ! Qu’il remette sa chemise, et qu’il parte. Loin. Elle ne veut plus le voir, plus jamais, ça fait peur un individu qui rentre dans le lit dans prévenir. Il se justifie, mais ça sonne creux à son oreille. La chambre lui a été donnée, oui oui, elle aussi on lui a donné une chambre, même qu’elle a payé pour ça, avec du vrai argent, piqué sur un cadavre mais ça compte quand même. « Nous sommes dans la troisième à gauche au fond du couloir, Monsieur Lars » affirme Fauna qui ne connaît pas sa gauche et sa droite mais qui sait compter jusqu’à trois. Elle sait même très bien compter car elle est dure en affaire, et on ne l’arnaque jamais. Comme quoi une idiote peut avoir des qualités. Soudain, elle envoie ses cheveux valser derrière ses épaules, dévoilant ce qu’il y a à dévoiler, et elle se rend compte de sa nudité, plus encore que celle de l’hybride en face d’elle. Elle pousse un petit cri, devient plus rouge que la tomate qui était dans son assiette y’a quelques heures et gesticule vraiment, car c’est trop d’informations pour son cerveau, ça bouillonne et ça fume. Elle a envie de s’enfuir pour cacher ce qu’elle affiche fièrement depuis leur « rencontre », mais la porte semble bloquée. La fenêtre, être nue en pleine rue c’est pas mieux mais c’est tentant, et les vêtements. Et là oui, elle se met à pleurer, car le corps n’en peut plus, y’a eu trop de colère, d’émotions, elle s’abat sur le lit et se recroqueville sur elle-même, tableau pathétique qu’elle offre à Lars, Fauna est trop sensible, et ça pouvait plus durer, ces éclats de lucidité grotesques.
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  • Ven 2 Fév - 19:31
    Malgré ses efforts, la jeune hybride, qui semblait encore plus candide que ses traits ne le suggérait, continuait sa crise en tenant des propos incohérents, enfin pas si incohérents, mais brandit tel une vérité absolu et incontestable comme le ferait un enfant qui fait fi de logique et resterait têtu quoi qu'on lui dise.
    Lardon hésitait, était elle une sorte de simplette ou peut-être accusait elle d'un retard mental ou d'éducation ? Cela y ressemblait lorsqu'elle s'argumentait une nouvelle fois. Il avait complètement quitté sa posture de combat et se tenait droit désormais, observant l'agitation désespérée de la faune jusqu'à ce qu'elle finisse par craquer et déclenche une crise de larmes. Lardon savait y faire avec les animaux et les adultes, les enfants aussi parfois, mais les adolescentes rebelles ou hypersensibles, ce n'était pas sa tasse de thé.
    Au moment où elle avait affirmé qu'ils étaient dans la troisième chambre à gauche au fond du couloir, il saisissait l'erreur qu'elle avait du commettre. Elle, oui, car déjà que le cochon n'avait jamais eu de problème pour distinguer sa droite de sa gauche avant mais aujourd'hui, et même en étant complètement drogué, alcoolisé ou illusionné, il lui était IMPOSSIBLE de se tromper. La droite c'est là où le bras lui manque. S'il y a la moindre confusion ce sera toujours de la faute de l'autre.

    *bom bom*

    Quelqu'un frappait deux coups bref contre le bois de la porte et la voix grasse de l'aubergiste retentissait d'une simple question de l'autre côté, si tout allait bien parce que les autres clients se plaignaient du bruit.
    Lardon grognait du groin en soupirant, une seconde lui suffisait pour soulever la couverture légère tombée à terre pour la jeter sur le lit, pour couvrir la pleurnicheuse le temps d'ouvrir la porte, celle-ci donnait une vue directe sur le lit, cela aurait pu être malvenu que plus d'yeux se posent sur la nudité de la biquette.
    Il entrouvrait la porte après l'avoir déverrouiller avec la clef, laissant seulement sa grosse tête passer l'entrebâillement, et échangeait quelques mots. D'une porte à l'opposée, une femme dans la cinquantaine à la trogne renfrognée, sûrement celle dérangée par les cris, maugréait, réagissant immédiatement à la vue du faciès de Lardon.
    Le porcin demandait confirmation au tavernier s'il avait bien loué la chambre d'en face, celui-ci acquiesçait et précisait de lui même que c'était une hybride avec une corne sur le front. Lars roulait des yeux et confirmait qu'il allait finir la nuit dans cette chambre puisque la cliente était ici.

    - Ha bin comme ça ils prendront moins d'place ! Je préfère dormir en compagnie des miens !

    C'était la vieille, raciste visiblement, le drakochon n'avait même pas l'envie de faire l'effort de lui lancer un regard noir, surtout parce que celui de l'aubergiste était en train de briller d'une lueur cupide.

    - Si vous dormez ensemble, ça nous arrange tous, j'ai une chambre de plus à vendre pour la nuit dans ce cas. Disait-il en repartant tout en se frottant les mains.
    - Hé ? Non, ne..
    - HAAA ! LE POURCEAU EST N..
    *CLAC*

    Lardon, qui avait tenté de rattraper le vénal aubergiste en ouvrant la porte pour sortir d'un pas dans le couloir, avait bondit en arrière lorsque la vieille peau avait commencé à hurlé pour rien, et d'une fausse accusation en plus, pour refermer précipitamment la porte.
    Pourquoi cette réaction alors que d'ordinaire il lui aurait certainement faire une danse du ventre pour la faire rentrer elle dans sa chambre ? Encore que peut être pas... mais de s'être replié comme s'il avait été en faute n'était pas dans ses habitudes. C'était d'avantage pour éviter de créer plus d'esclandre qu'il n'y en a avait déjà eu, même s'il devait lui rester à gérer le problème le plus épineux et imprévisible ; la chèvre pleurnicheuse.
    S'il s'était rapidement décidé pour changer de chambre, il ne l'était absolument pas pour changer d'auberge à cette heure ou dormir dans la rue.

    Le drakochon ne savait pas trop si l'inconnue continuait de sangloter sous la couette, le silence revenait cependant donc il serait vite fixé.
    De dépit, il ramenait l'unique chaise de la pièce jusqu'à lui pour s'assoir dessus, entreprenant d'enfiler son seul bras valide à travers la manche de sa tunique.

    - Vous êtes un peu calmée, jeune fille ? Demandait il au bout d'un court moment. On dirait que l'autre chambre n'est plus disponible pour la nuit, il va falloir faire avec. L'annonçant avec calme, un peu sur la réserve de la future réaction de la chèvre.

    Ils allaient devoir composer avec cette situation, lui n'y voyait rien d'insurmontable mais il était moins optimiste pour son impétueuse interlocutrice.
    Elle n'avait pas l'air méchante mais pas moins commode pour autant, il aimerait bien pouvoir la calmer seulement avec des mots et la raison, sinon d'utiliser l'autre solution, en dernier recours.
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  • Ven 2 Fév - 20:23
    Pourquoi pleurait-elle ? Pourquoi s’écroulait-elle devant cet individu qui lui volait sa chambre ? Pourquoi ce torrent de larmes qui s’écoule sur son visage, déforme les traits si fins, si harmonieux ? Fauna ne se comprend pas toujours. Pourtant, elle a eu le temps de s’apprivoiser, lorsqu’elle était seule dans les bois, rendue curieuse par les animaux qui gravitaient autour d’elle, mais pas assez pour se poser les véritables questions qui l’auraient secouée, ébranlant son monde. Quinze ans, c’est beaucoup de un hybride. Une bonne partie de l’existence, a-t-elle appris alors qu’elle se trouvait toujours en République. Elle n’est pas la seule dans ce triste cas, regardez Monsieur le cochon à ses côtés, lui aussi est issu de tristes idées. Il semble cependant lucide, d’un calme qu’elle ne saurait lui arracher malgré ses cris et ses pleurs. Elle ne comprend pas, pourquoi, POURQUOI ? Elle n’est plus un bébé, il ne l’a pas gravement insultée sur ses origines – il serait bien mal placé pour le faire, et encore, les hybrides n’étaient pas toujours gentils entre eux, elle a appris à les aimer. Il n’a pas eu de geste compromettant, autre que s’installer dans un lit qui, elle l’apprendra bientôt, n’était pas tout à fait à elle. La nudité, cependant, la gêne. La sienne. Elle a pour habitude de dormir nue, quoi de plus normal, elle était dans ce lit pour se reposer, mais son « père » lui a répété maintes et maintes fois que ce n’était pas correct de se balader avec peu de vêtements sur son corps, que ça pourrait attirer les regards, les mains baladeuses. Que ce n’est pas décent, que les hommes… bref, pourquoi toujours les hommes ? Elle s’en fout des hommes, et elle fait ce qu’elle veut maintenant qu’elle est seule, libérée de ses chaînes invisibles, prête à vivre une vie qui aurait pu être gâchée. Elle ne devrait plus l’écouter, faire même le contraire que ce qui était demandé, mais concernant la nudité, elle… elle n’y arrive pas. L’hybride cochon n’a pas hurlé de toutes ses forces en se cachant les yeux en la voyant, elle ne comprend pas bien pourquoi, et elle continue de sangloter en silence sur le lit, en proie à de difficiles émotions. Sa tête cogne de tous les côtés, et bientôt, c’est sur la porte qu’on cogne. L’aubergiste. Ils font trop de bruit. Fauna sent ses joues rougir encore plus, et elle se mord la lèvre avec douleur. Elle voudrait mourir de honte, mais l’homme lui apporte un peu de décence en lui lançant un drap, et en n’ouvrant pas la porte de toutes ses forces. Elle profite qu’il soit de dos pour se rhabiller, retrouvant ses vêtements un peu souillés, un peu sales par les heures passées à l’extérieur et le manque de temps. Dans un angle charmant, dans lequel on ne la voit pas, elle suit la discussion, et ce faisant, les larmes se tarissent d’elles-mêmes. Elle ne pleure plus, et la détermination remonte dans son corps, comme des petites jauges qui sont remplies et vidées à volonté.

    Y’a des voix qui se rajoutent, et les oreilles de l’hybride se dressent sur son crâne. Elle ne comprend pas le sens des paroles de la dame âgée – elle est certaine qu’elle est âgée, et son instinct ment rarement – et il lui faut un peu plus de temps que son voleur de lit pour comprendre la situation. Non seulement elle n’est pas dans sa chambre – elle est mortifiée, on lui a pourtant réexpliqué la gauche et la droite il y a trois jours ! – mais en plus, elle a attaqué de façon peu agréable quoique peu énergique le véritable occupant des lieux. De quoi être encore plus gênée, avec l’envie de quitter les lieux, de se téléporter ailleurs sans en avoir la faculté. Elle ne pleure pas de nouveau pourtant. Pompon : ils vont devoir passer la nuit ensemble. Oh que non ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire, d’ailleurs ? Pourquoi cette décision ? Cette chambre, elle l’a payée. L’autre hybride a aussi payé la sienne. Il n’y a aucune raison pour qu’ils se partagent quelques mètres alors qu’ils pourraient s’étendre dans bien plus ! Un sentiment d’injustice la prend à la gorge mais elle n’a pas le temps de se disputer, de se lancer dans les hostilités que la porte est refermée. Ils sont seuls, le visage de Fauna est indéchiffrable. Elle fixe Lars, mais pas vraiment lui. C’est comme si ses yeux le transperçaient pour voir ce qui se cachait derrière lui, la porte, le mobilier. Le dossier de la chaise. Elle ne pleure plus mais ressent un dégoût de sa personne assez conséquent, et il lui faudra du temps pour recharger les batteries. L’homme a accepté la situation, mais ce n’est pas le cas de la chèvre. « Monsieur Lars, je suis infiniment désolée ! Si je connaissais ma gauche et ma droite, j’aurais eu ma chambre et vous la vôtre, et ces voleurs n’auraient pas piqué mon lit ! » la colère avait changé de camp. Doucement, elle se lève, observe la fenêtre qui est toujours ouverte, avec l’air frais de la nuit qui vient titiller sa chevelure. Long soupir, résignée, elle l’est. « Je suis désolée d’avoir volé une partie de votre lit et d’avoir mis mon odeur dans vos draps. Je me suis lavée ce matin, soyez-en sûr, mais je me parfume… » il était temps de quitter les lieux, d’abandonner le navire, ce qu’elle n’avait pas fait pendant les semaines de navigation qui l’avaient secouée. Elle ne passerait pas par le couloir hostile, par l’auberge hostile, les regards courroucés ou moqueurs. Elle ne se sentait pas prête d’affronter. Les larmes n’étaient pas loin, la colère non plus, véritable et brûlante. D’un geste vif, elle récupère ses larmes plantées dans le bois du mur, range ses affaires. Le plus gros des sacs est sur son dos, plutôt lourd. Son ventre gargouille avec force, elle lui donne un léger coup. Sourire. « Je suis désolée. Essayez de bien dormir tout de même » une bonté naturelle qui la pousse à échanger ces paroles avec Lars. Sauter de si haut, ça fait peur, mais si elle veut manger et se trouver un coin de rue où dormir, les solutions ne se promènent pas autour d’elle.
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  • Ven 2 Fév - 23:31
    Elle semblait s'être calmé durant l'interlude avec l'aubergiste mais pas plus réfléchie pour autant.
    Son discours pouvait être typique des personnes persécutées ou ayant peu confiance en elle, ou d'estime, s'excusant pour tout et rien, sans arrêt, au delà de toute raison, l'exemple avec son odeur dans les draps. Cependant Lardon n'était pas un adepte de la psychologie de comptoir, même s'il s'y essayait parfois il préférait avoir des preuves concrètes sur lesquelles se baser mais la faune se trouvait bien trop loin pour l'instant.

    La voyant reprendre le gros de ses affaires, et les deux armes, il haussait un sourcil en la voyant approcher de la fenêtre ouverte après une dernière excuse et un souhait, l'air de vouloir enjamber le rebord pour s'échapper vaille que vaille. Ils n'étaient qu'au premier étage mais le choix de sortie, en plus d'être incongru, était loin d'être sécuritaire et avisé. Il hésita le temps d'une seconde, avant qu'elle ne commence à faire mine d'escalader la fenêtre.

    - Tu peux rester ici, si tu veux. Le ton était un peu monotone mais c'était pour éviter de paraître pressé, pressé de l'empêcher de faire une cabriole malencontreuse. Toutes les rues d'Ikusa ne sont pas sûre et ça m'apporterait des ennuis si on retrouvait finalement le cadavre d'une jolie hybride dans le caniveau. Si tu es vraiment désolée, dort ici cette nuit, ne meurt pas dans la rue, et contribue à ne pas attirer d'ennui à un pauvre manchot. Qu'est-ce que tu en dis ? Proposait le drakochon après avoir posé sa prothèse sur la commode.

    L'invitation était lancée, il ne pouvait guère faire d'avantage ou la retenir contre son gré. Si au final elle choisit la fuite, Lardon la trouvait bien assez grande, physiquement au moins, pour prendre soin d'elle même, avec ses deux espèces de dagues à la forme étrange.
    L'hybride porcin ne se sentait pas en danger, dans l'immédiat en tout cas, d'où le fait qu'il baisse aussi aisément sa garde. La baissait il vraiment ? Oui et non, il pourrait toujours réagir à un assaut mais se faisant, il donnait pleinement l'avantage à cette inconnue. Pour autant, sa décision se basait sur ce qu'il avait pu observé de la chèvre jusque là et de son instinct. C'était un léger pari tout de même, il n'était pas très joueur, juste avec les gens et les Lancondas mais la Dame Fortune ne l'avait pas encore délaissée.

    - Ecoute, je n'ai pas envie de dormir sur le trottoir et j'imagine que toi non plus. Si tu veux bien faire un effort je te laisse le lit contre une couverture. Elle me servira d'oreiller et je me calerais dans un coin. Il préférait tout de même annoncer la couleur de la suite des événements si elle restait. Il ne comptait pas laisser la chambre mais était ouvert à un compromis. Et puis ne t'en fait pas pour ton odeur, je pense que je la préfèrerais au mauvais savon qu'ils utilisent pour laver les linges, et encore c'est en imaginant qu'ils sont fait la lessive récemment.

    Vu la cupidité du patron, il pourrait bien ne faire laver ses chambres qu'une fois par semaine, le saligaud.
    Lardon se grattait le menton de sa main libre en attendant la réponse de la jeune chèvre sur le départ. Qu'elle reste ou non, lui passerait une bonne nuit, même sur une chaise avec une couverture pliée en guise de coussin pour soutenir sa tête. Il ne faisait pas assez froid à Ikusa la nuit pour qu'il soit frileux, à moins de coucher sur le pavé glacial de l'avenue évidemment. Mais sera-t-elle capable de choisir de rester et se rendormir, c'était toute la question.
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  • Sam 3 Fév - 14:08
    Fauna était déterminée. Cette soirée avait tourné au cauchemar. Son arrivée à Ikusa tournait au vinaigre, et sa vie dans le Reike ne commençait pas bien – si l’on peut considérer « bien » un attouchement dans la foule, mais l’hybride trouve des excuses en se disant simplement qu’avec le monde ambiant, il n’y a parfois pas d’autres solutions. Elle se voile la face, ce n’était pas involontaire. Comme toujours, elle gâche tout. Elle emmerde le monde. Elle fait des conneries. Pourtant, elle s’applique de toutes ses forces. Elle a bien vérifié que c’était vers la gauche qu’elle se dirigeait, ou était-ce la droite ? C’est de sa faute, si seulement… si seulement elle était moins bête ! L’hybride sait les murmures qui courent à son sujet partout où elle met les pieds. Une contre-nature, bien sûr, mais en plus complètement stupide, et des termes du genre encore plus insultants. Elle garde la tête haute – avant que son épaule ne heurte un passant – mais c’est dur. Bien entendu, elle ne retournera pas dans la forêt, dans cette forêt, mais les longues années passées, ignorante de tout, on ne lui faisait pas de mal, on la traitait presque bien, on lui disait qu’elle était sotte mais ça la faisait rigoler. Maintenant, ça n’est plus drôle. C’est par honte qu’elle s’enfuit, mais elle ne désespère pas : demain, enfin tout à l’heure, ça ira mieux et elle retrouvera sa joie de vivre. Pour l’instant…

    L’autre hybride, celui qui sait se montrer ferme et intelligent, enfin c’est ce qu’elle observe, analysant ses paroles le plus rapidement qu’elle peut, ne veut pas qu’elle parte. Enfin, certainement que si, mais il la retient, par quelques mots qui suspendent son geste un peu con. Fauna n’a jamais sauté de si haut, mais les chèvres savent bien se réceptionner, non ? Les cochons, par contre… « Je ne veux pas passer par l’auberge » elle explique, le rouge aux joues. « Ils risqueraient de se moquer de moi, tous ces gens, et j’ai pas la tête à supporter leurs âneries. Je me suis assez fait remarquer pour le siècle à venir, et auprès de vous également » d’où les incessantes excuses, qui sont d’une sincérité brûlante. Fauna, elle ne le tutoie pas, car malgré des débuts difficiles, elle respecte son interlocuteur qu’elle sait plus âgé, et surtout… supérieur à elle ? Comment pourrait-elle dire ? « Je sais ce que vous pensez, je suis stupide, ridicule, sans cervelle. Vous avez raison » elle aurait dû rester dans sa forêt. Ou plutôt, maintenant que le mal était fait, elle devait retourner dans une forêt, loin des gens, parce que tout ce qu’elle fait, c’est de travers. C’est pas juste ! Et ses rêves, dans tout ça ? L’esprit est retourné, elle cherche de la logique et de l’espoir dans son raisonnement.

    Elle se retourne, mais ne regarde pas Lars dans les yeux. Elle n’y arrive pas, pas parce qu’il est spécialement laid, mais parce qu’elle est couverte de honte. Elle a réagi sottement encore et encore. Arrête de tout gâcher ! La proposition de son interlocuteur est tentante, elle est très fatiguée, mais elle peine à se laisser convaincre. Ce ne sera pas difficile, mais dans un premier temps, elle hésite : « Je sais me défendre. Et dans le pire des cas, je resterais une nuit de plus éveillée. Ou je prendrais une chambre ailleurs. Ou… » elle se trouve des excuses. Elle a terriblement envie de rester ici, mais sortir le lendemain, si elle ne passe pas par la fenêtre, sera compliqué. Elle se couvrira d’un large manteau à l’épaisse capuche pour masquer son visage et ses conneries. « Je ne suis pas jolie. Je suis hybride » contredit-elle l’homme. Elle peine à accepter ce compliment. On lui a dit que malgré ses seins, malgré ses fesses, ses jambes plus ou moins nues lorsqu’elle se balade en rue – tout en décence, évidemment – elle ne serait jamais belle car elle était issue d’une union contre-nature. Vaincue, elle se dirige vers le lit. « Vous êtes un manchot ? C’est pas un animal qui vit où il fait froid ? Je pensais que vous étiez un cochon… » et la voix doucement se réduit dans une timidité presque touchante, l’esprit qui travaille de toutes ses forces pour comprendre ce qu’il a voulu dire.

    On lui propose un lit. Ce lit. Elle pourrait être contente, mais les paroles de Lars la laissent songeuse. Le mauvais savon, elle ne l’avait pas remarqué, trop épuisée pour s’en formaliser, mais désormais qu’elle approche son petit nez… la propreté des draps ? En retirant la couverture pour la donner à Lars, décidément vite convaincue, elle suspendit son geste avec effroi. Le lit. Le truc sur le matelas – ça porte un nom qu’elle n’a pas appris – pourrait être couvert de tâches peu ragoûtantes qui déjà, ne lui donneraient pas l’envie de rester. Mais c’était pire que tout. « Y’a quelqu’un qui est mort ici » conclusion hâtive, mais y’avait effectivement une large, très large tache sanguinolente qui couvrait une bonne partie du linge. « Je ne reste pas ici » conclut-elle, devenue pâle, comme si le sang présent sur le drap était celui qui avait quitté son visage.
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  • Sam 3 Fév - 17:51
    Elle avait quitté la fenêtre et s'en éloignait pour revenir vers le lit, enfin elle se montrait un peu raisonnable. Cela soulageait le cochon bien qu'il ne lui aurait pas couru après si elle avait décidé de sauter.
    Lardon l'écoutait parler sans l'interrompre, ne se permettant de répondre qu'une fois qu'elle avait fini de débiter des âneries. Ho tous ses mots n'en était pas bien sûr mais quelques uns tout de même.
    Il arrivait à comprendre la timidité qu'elle ressentait par un effort d'imagination, lui même n'en ayant que rarement ressentit, peut-être même jamais. Ou peut-être il y avait très longtemps, à l'orphelinat, quand il avait quitté le baquet d'eau savonneuse de la pièce de bain pour courir après une souris qui avait été particulièrement insultante et qu'il avait fait irruption dans le bureau de la directrice, tombant nez à groin avec cette dernière qui se changeait.
    Le petit porcelet joufflu qu'il était à l'époque avait rougit, baissé les yeux et caché avec ses mains ce qui ne devait pas être exposé à la vue de n'importe qui selon les conventions sociales élémentaires. En réalité c'était moins de voir un corps exposé dans le plus simple appareil, ou que quelqu'un voit le sien puisqu'il avait passé plusieurs années à vivre nu dans une porcherie, que de voir celui de la directrice en particulier, qui d'ailleurs était resté d'un calme imperturbable malgré la situation, car il était particulièrement soucieux du fait de mettre dans l'embarras cette personne respectueuse et instruite pour qui il avait de l'admiration.
    En dehors de cela, il avait la tête qu'il avait. Depuis la naissance il était habitué aux sobriquets, moqueries et commentaires, même si beaucoup d'entres eux avaient disparus du fait de son travail.

    - Tu devrais te garder d'être aussi assurée de ce que pense autrui. Je ne pense rien de tout ce que tu as mentionné. A moins que tu ne sache lire dans l'esprit des autres. Soufflait le cochon du groin avec un sourire en coin.

    Lorsqu'elle annonçait savoir se défendre, Lardon n'en doutait que peu, après tout il n'y avait aucun besoin d'être un combattant pour savoir le faire, à peine besoin d'un couteau, parfois moins, et avec les dagues qui semblaient de bonne facture qu'elle se trimballait, oui, elle était capable de se défendre avec ça.
    Il ricanait, sans se moquer, lorsqu'elle posait sa question sur le manchot, l'animal. D'ailleurs, même s'il connaissait son existence, il n'en avait jamais vu en réalité.

    - Non, pas ce manchot là. On dit de quelqu'un qu'il est manchot quand il lui manque une main ou un bras, parce qu'il ne peut plus enfiler qu'une seule manche. Tu vois ? Il illustrait son propos en agitant sa manche droite vide. Pour le reste, tu n'as aucune raison d'accepter l'avis d'inconnus qui te disent que tu es laide et de refuser le mien qui dit le contraire. Oui, tu es une hybride, et moi aussi, alors crois moi quand je te dis que tu es bien plus jolie que tu ne veux bien l'entendre. Tu aurais vu la vieille peau de la chambre d'en face, elle a les dents jaunes de travers, la trogne pleine de boutons et le regard méchant, toute bossue. Très franchement, sans exagérer, je préfère largement te regarder toi.

    Quelques compliments sincères ne fait jamais de mal, surtout quand visiblement la biquette timide semblait avoir été malmenée par les paroles blessantes des autres, elle manquait clairement de confiance en elle, du moins c'est ce qu'elle dégageait à l'instant.

    - Et puis tu sais, que tu sois une hybride, ce n'est pas TA faute. Ce n'est la faute d'aucun hybride d'être né ainsi. C'était une parole de réconfort qu'il espérait qu'elle méditerait dessus, peut-être pas tout de suite, quand elle aurait le temps, si elle y repense plus tard.

    Quand Fauna commençait à débrailler le lit, elle découvre sur le drap une tâche qui à elle seule et de sa simple présence, allait compromettre sa décision de rester au chaud et en sécurité dans la chambre.

    - Mais non, voyons.

    Le drakochon se levait pour la rejoindre. La tâche était vieille mais effectivement sa teinte délavée tirait un peu vers le rouge, il l'attrapait pour plier le linge en plusieurs épaisseurs, dévoilant que le matelas portait aussi une marque, moins grande. Forcément. Sans trop d'effort, il attrapait la couchette et la retournait. Heureusement l'autre côté était propre.

    - Voilà, il sera peut-être même d'avantage rembourré de ce côté. Et personne n'est mort. Au contraire, une voyageuse à fait naître son bébé dans l'auberge il y a quelques jours, ça doit être cette chambre, j'ai entendu plusieurs clients en parler tout à l'heure, peut-être qu'il fêtait ça justement, il paraît que ça porte bonheur.

    C'était un mensonge bien sûr, un pieux mensonge. Lardon n'avait pas vraiment entendu quoi que ce soit au milieu des cris et des chansons de la grande salle, mais des fêtards il y en avait plein et il était persuadé que la chèvre timide n'avait pas parlé à "tout le monde" et que donc la pilule passerait mieux.

    - Je vais prendre le drap, garde la couverture.

    Plié comme il l'avait fait, cela lui servirait de cale un peu moelleux pour son dos, d'avantage que le bois de la chaise au moins. Comme Fauna, il n'avait pas particulièrement envie de s'enrouler dedans mais ses reins ou ses fesses ne diraient pas non à un peu de rembourrage et ce linge de fortune serait mieux que rien, faute de mieux.
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  • Sam 3 Fév - 20:05
    Fauna, qui jadis était assise sur le lit à réfléchir, ce qui demandait un effort considérable pour son petit crâne cornu, faisait la moue aux paroles rassurantes de l’hybride. Il lui affirmait qu’il ne pensait pas ce qu’elle lui avait dit, et que lui avait-elle dit ? Ah, quelle était complètement conne. Bien sûr, il avait raison : elle ne lisait pas dans les pensées, et elle ne pouvait affirmer qu’elle avait une nouvelle fois raison – même si elle ne se privait pas en temps normal d’avoir raison, pensait-elle, comme lorsqu’elle avait agressé, à moitié nue, le cochon de crimes atroces qu’il n’avait pas commis. Toutefois, ces paroles rassurantes peinaient à se faire une place dans son cœur, elle peinait à les croire. L’on pourrait penser que l’hybride chèvre hochait la tête à toute parole qu’on lui disait. Ce n’était pas vrai. Ses premiers mois en République n’avaient pas été faciles, l’on a essayé plus d’une fois de la plumer, de l’envoyer vers les ennuis, ça a fonctionné d’une certaine manière, mais elle est une chèvre, pas un oiseau, alors comment pourrait-on lui voler une plume ? Ce qu’elle voulait dire, c’est qu’elle a été naïve, et qu’elle l’est sûrement encore un peu – beaucoup. Mais elle ne boit pas tout ce qu’on lui raconte avec la tête de quelqu’un qui a soif. Elle analyse les propos, aussi incroyable que cela puisse paraître, elle remet tout en question. Elle réfléchit, trop, et ça empêche son cerveau de travailler pour les vrais problèmes. Il n’est pas gros, il ne fonctionne pas très bien et parfois elle se donne des petits coups sur le crâne pour qu’il accélère, mais bien sûr ça ne fonctionne pas. « Hmmm… d’accord » lance-t-elle simplement, avec la moue de celle qui n’est pas convaincue par les affirmations de son interlocuteur, mais elle n’a pas la tête à se disputer ce soir, passer à l’attaque et contredire. Ne pas se faire remarquer dans sa nouvelle ville, ne bousculer personne.

    C’est raté.

    Les interrogations stériles de Fauna connurent une explication, elle hoche la tête avec satisfaction, parce que effectivement, elle ne connaissait pas cette expression, mais elle a encore beaucoup à apprendre. Elle a deux bras, et elle serait bien curieuse de savoir pourquoi l’hybride n’en a qu’un, mais elle est lucide ce soir, cette nuit, c’est assez incroyable, ce n’est pas le moment de l’interroger, et puis c’est malvenu. Le nombre de fois qu’elle a fait l’erreur, dans sa découverte du monde, de demander « pourquoi ? » et les réponses douces, ou agressives, un petit coup sur la tête, et « ça ne te regarde pas ». Son intuition lui indique en rouge que c’est pas ses oignons, cette histoire de manchot, alors pour éviter à son visage de se montrer trop curieux, elle offre un beau sourire à Lars.

    Accepter l’avis d’inconnu, le contraire, hm, c’est un peu compliqué cette formulation, que doit-elle faire ? Le croire, ne pas le croire ? Cette fois, c’est l’incompréhension qui se peint sur ses traits, et elle voudrait demander des explications, mais réfléchir avant de parler pour ne pas proférer des bêtises. Pourquoi cet homme mentirait-il en affirmant qu’elle était jolie ? Bien sûr, si le point de comparaison était la sorcière de la chambre d’à côté, où la laideur se lisait dans sa voix sans la voir, elle espérait être plus belle. D’ailleurs, un peu sottement, elle le dit à Lars : « Oui, je me doute qu’elle était bien laide, et que je suis plus jolie qu’elle. Mais plus jolie qu’elle ne veut pas dire jolie tout court, vous voyez ce que je veux dire ? » et la voix une nouvelle fois baisse sur les derniers sons car elle n’est pas sûre de ce qu’elle avance, la réflexion de son partenaire de chambre la fait réfléchir, et ce n’est pas bon pour son cerveau tout mou.

    Ce n’était pas désagréable de discuter avec un autre hybride, elle en avait rarement l’occasion. Il n’était pas aussi bête qu’elle – car des années à lui répéter qu’elle n’était pas très maline ne s’effaçaient pas en un tour de magie – et elle tentait de toutes ses forces de se maintenir à flots, de ne pas couler, de ne pas laisser sa nature ridicule prendre le dessus. Ça demandait un grand effort de réflexion, et quelques secondes pour réagir correctement. En fait, elle craignait l’insulte. Soudain, il laisse échapper quelques mots sur sa nature. Elle se mord la langue et pousse un petit cri car elle a exagéré sa force. Puis, elle se lève, brusquement sans doute, s’approche de l’homme et lui saisit la main quelques secondes, qu’elle serre presque de toutes ses forces, les yeux brillants de larmes qui ne couleront pas cette fois « C’est ce que je leur répète, encore et encore, mais personne ne m’écoute ! » la culpabilité l’avait rongée quelques semaines, et elle avait réfléchi. La conclusion voulait que les bêtises des hommes – et des femmes, dans certains cas, enfin elle n’en savait rien – se répercutaient sur leur progéniture contre-nature et que ce n’était pas leur faute. Mais le monde entier leur en voulait, et Fauna, quoique pas si conne car elle était arrivée en vie jusqu’ici, ne comprenait pas pourquoi. Elle retourne vers le lit, découvre la tache de sang, elle perd de son énergie, de sa vigueur car il est définitivement temps de partir, de se casser de là. Lars ne semble pas d’accord avec sa conclusion, et en un tour de main, la tache n’est plus là. Elle observe le matelas soudain plus propre et moins puant d’un air de profonde réflexion, et se rassoit. Un bébé, hein… elle n’avait rien entendu de tel. « Je suis sûre que l’aubergiste a demandé à la femme de payer deux fois plus cher, pour le bébé et pour elle » car ce qu’elle avait compris de l’individu, c’est qu’il aimait bien le pognon. « Il m’a volé ma chambre, ce… » mais ne trouvant pas d’insulte assez polie pour ne pas heurter l’hybride tout en transmettant ce qu’elle pensait, elle prit la décision de se taire. « Moi j’porterai jamais bonheur ! » elle lance soudainement, avec une expression indéchiffrable mais qui ne transmet pas de joie. Elle n’ajouta rien de plus, pour éviter de se plaindre, elle en avait fait assez pour toute la nuit et plus encore, se recouchant sous la couverture, qui, effectivement… « Pff… ça pue » mais elle n’avait pas les moyens de se payer une auberge de meilleure facture.
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  • Dim 4 Fév - 16:55
    Lardon contemplait le visage de Fauna lorsqu'elle annonçait sa stérilité. D'entre toutes les choses auxquelles il pouvait s'attendre de cette jeune femme ingénue et émotive qui accusait un flagrant manque d'éducation, qu'elle soit au courant de la stérilité des hybrides, et en comprenne toute l'étendue et la signification de cet état, était certainement la dernière.
    Lui même ne s'était que peu attardé en considérations sur la question. D'abord parce qu'il était loin de posséder un physique avantageux, parlant de sa tête bien sûr, ce qui compromettait inéluctablement la recherche d'une partenaire, ensuite car sa carrière militaire réduisait le temps libre qu'il aurait pu allouer à une quelconque recherche. Et puis d'une certaine façon, certes un peu alambiquée, il était déjà "papa", même si sa progéniture était loin d'être normale.
    Lardon retournait à sa chaise qui allait lui servir de lit, deux de ses sacs empilés en guise de repose-pieds et le troisième, posé sur la commode contre laquelle il avait adossé la chaise, ferait un oreiller de fortune, le drap plié quand à lui allait rendre un peu plus confortable son assise. C'était mieux que de dormir par terre, sur la plancher ou sur le pavé même si le lit lui faisait de l'œil. Tant pis, ce sera pour la nuit d'après, à Luxuriance. Là bas il ne risquerait pas de se faire chiper sa couche, ou la partager, encore que...

    - Il y a différentes façons de porter bonheur, comme de le trouver. Tu les découvrira tôt ou tard, tu as encore bien le temps, jeune fille.

    Maintenant qu'il y pensait, il ne savait pas trop pourquoi il s'adressait à l'hybride chèvre comme s'il était un ancien ayant le triple de son âge. Peut-être à cause de cette espèce d'aura d'innocence qui se dégageait d'elle, renforcé par sa façon de parler et de s'exprimer, d'agir et son émotivité difficilement contrôlée. Elle donnait l'impression que son corps avait grandit bien plus vite que ne s'était développé son esprit. Au final le cochon ne devait pas être bien plus âgée qu'elle, même s'il ne connaissait pas son propre âge exact.
    Enfin ce n'était pas si important en vérité, quand elle n'était pas en train de crier elle pouvait sembler avoir la tête sur les épaules finalement, c'était ce que pensait le cochon aux derniers échanges qu'ils venaient d'avoir, contrastant avec le début de leur rencontre.

    - Ce n'est pas si terrible, allons. Garde le nez en l'air.

    Il n'avait relevé que cela puait autant quand il s'y était allongé tout à l'heure, cela dit il était habitué à des odeurs plus forte et plus désagréable, peut-être qu'il n'y faisait plus attention ou que la petite femme avait l'odorat plus délicat.
    Lardon se callait correctement sur sa chaise-lit improvisée, là encore il avait connu pire et sa fatigue aurait tôt fait de l'emporter sur le manque de confort. D'ailleurs, elle l'emporterait bientôt sur tout mais il gardait pour l'instant un œil sur la biquette dans le lit, comme s'il attendait qu'elle s'endorme la première, sans forcément de raisons. Il n'avait que peu d'optimisme à la retrouver demain matin, avec le peu qu'il en avait vu, il l'imaginait bien filer en douce à l'aube, avant que les premiers clients n'arrivent ou même que l'aubergiste ne soit réveillé. La clef était sur la porte, elle n'aurait qu'à la tourner pour déverrouiller et sortir, et même si le cliquetis réveillerait peut-être le drakochon, il avait décidé qu'il ferait semblant de dormir pour ne pas la retenir d'avantage.
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  • Dim 4 Fév - 21:42
    Pourquoi elle lui parlait de ça ? Il n’était peut-être pas au courant et elle pourrait briser ses rêves avec ses bêtises. Allons, Fauna, ne soit pas sotte, cet être semble dans la « vie réelle » depuis bien plus de temps que toi et a la tête sur les épaules, il est forcément au courant, mais la biquette trouvait enfin quelqu’un vers qui glisser cette lamentation, peut-être parce que justement, il pourrait comprendre son désarroi. Mais c’est stupide, elle lui a volé son lit et il accepte de dormir sur une chaise toute petite et qui ne penche pas pour être bien installé, qu’est-ce qu’il en aurait à foutre de ses pleurnicheries ? Il la supporte depuis le début de leur rencontre bien malheureuse et pleine d’infortune, comme si le destin avait réuni deux hybrides qui n’avaient pas le droit d’avoir un lit chacun. Pff, aubergiste de merde. Lars était gentil, il était patient, Fauna ne savait pas quoi penser d’autre, c’était comme si elle lui faisait confiance alors que ça avait bien mal débuté, par une agression physique plus ou moins simultanée et réciproque. Alors, elle dit la connerie qui lui passe par la tête, à défaut d’avoir bien compris ce qu’il voulait dire par là : « Vous êtes vieux à parler comme ça, VIEUX ! » et elle laisse échapper un léger rire, peut-être le premier depuis le début de la soirée, pour dédramatiser la situation et laisser sa tristesse s’envoler, celle de ne pas être comme les autres, et de ne jamais devenir quelqu’un. Avoir de la chance, hein. Elle n’était pas morte ! Et pendant son voyage, si on avait voulu lui faire du mal, elle avait réussi à s’en sortir merveilleusement bien. Elle avait fait des rencontres, mais personne qui se souviendra d’elle, enfin il y avait bien l’une ou l’autre âme, mais tous étaient loin aujourd’hui, et inaccessibles, et elle ne retournerait pas en République pour avoir sa tête plantée sur un pique à la vue de tous ! Non, non !

    Elle finit par s’allonger dans le lit à l’hygiène discutable, blottie dans la couverture qui ne sentait pas très bon, mais que pouvait-elle faire ? Se plaindre à l’aubergiste ? Il lui rirait au nez et lui dirait de se contenter de ce qu’elle a – ce qui l’énerverait plus que nécessaire, et pour de bon cette fois, car les deux hybrides avaient chacun payé une chambre et que, certes par sa bêtise, ils en partageaient désormais une, avec l’un d’eux mal installé ! Fauna se sentait terriblement désolée, mais il n’était plus l’heure de se disputer, d’échanger de place, de sauter par la fenêtre. Ses émotions avaient fini par se calmer, même si elle ressentait un pincement au cœur pour son partenaire hybride qui était bien trop généreux. C’était la faute de cet aubergiste, elle ne lui ferait pas une bonne pub, si seulement on écoutait ses paroles.

    Elle a fini par s’endormir sans trop s’en rendre compte, ses yeux se fermant d’eux-mêmes, la bougie soufflée après un timide « bonne nuit » à l’homme qui, dans sa vieillesse proclamée par la jeune femme, n’avait vraiment pas de chance. Oui, pour le coup, elle ne portait vraiment pas chance, Fauna. Tant pis ! Les yeux se rouvrent, la lumière inonde la pièce par la fenêtre encore ouverte. Elle n’a qu’à ramasser ses affaires et partir, ce qu’elle fait, avec toujours ce pincement au cœur qui ne l’a pas quittée. Discrète dans sa maladresse, le gros sac retrouve son dos fatigué, les lames bien cachées dans ses vêtements. La capuche est rabattue sur sa tête, malgré la corne qui prend décidément beaucoup de place, les cheveux reconnaissables cachés au mieux dans les plis, parce qu’elle évite les regards et les remarque, et elle file sans un mot de trop, de plus, sans réveiller – espère-t-elle – l’autre hybride. Ce n’est que plus loin dans la rue qu’elle laissera sa chevelure longue et soyeuse flotter au vent et partira en quête de nourriture car depuis ce milieu de nuit, elle est affamée. Il sera temps de faire des plans plus tard, comprendre où on va, vers quoi on se dirige.
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