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  • Sam 19 Aoû - 17:56
    Sur la grande assise, derrière le Docteur qui se soignait, Mélantha faisait pivoter le siège de gauche à droite, regardant ses griffes sans réel intérêt. Ne plus sentir le sang l'avait un peu déçu, mais elle devait finir propre, un moment ou un autre. Elle profiterait mieux de ses prochains délits ainsi. Quant à sa nouvelle tenue, elle ne lui était en rien familier, mais elle avait le mérite de lui rappeler l'ambiance du laboratoire ainsi que la tenue du Docteur. Sombre, avec une veste de cuir, plus courte que celle de son compère. Cela lui convenait pour ces lieux.

    Elle se délectait des picotements qu'elle pouvait ressentir sur son bras, pendant que le Docteur se recousait. Elle s'en mordait les lèvres en le regardant. Même si ils s'étaient calmés, d'une manière ou d'une autre, la fête continuait. Lorsqu'il eut fini, il sortit de sa sacoche un petit objet qu'elle reconnut en un clin d’œil. Alors qu'il lui tendait le paquet doucement, elle lui arracha des mains en se jetant dessus, trop excité de le retrouver. Elle joua avec, les mélangeant, les triant. Tout était là. Après s'être assuré d'avoir l'entièreté de son petit bijou, ils changèrent de salle.

    Alors que le Docteur avançait, toujours très droit et silencieux, Mélantha quand à elle empruntait une marche plus enfantine en sautillant derrière lui et en chantonnant discrètement. Parfois elle était en rythme avec les cris qu'elle entendait depuis les couloirs.

    En passant par la chambre froide, elle ressentait enfin la température adéquate mordant sa peau. Elle ne s'attarda pas sur l'observation des lieux. Leur trajet n'était pas terminé. Les lieux étaient vraiment grands et labyrinthique, elle ne saurait être certaine de se retrouver toute seule. Selon elle, elle s'arrêterait sûrement dans les salles hurlantes pour apprendre aux cris à chanter juste. Perdant alors son chemin. Mais ce n'était pas le cas pour l'instant, le Docteur la guidait et ils quittèrent les sous-sols labyrinthique pour monter un étage. L'ambiance y était déjà différente, plus clair et habité. Il y avait là des êtres vivants qui n'étaient pas sous la torture. C'était donc l'étage de la vie ? Où les cobayes se pavanaient en faisant mine de travailler ? Ils regardèrent et saluèrent le Docteur qui, lui, les ignora complètement. Un regard différent se posa sur Mélantha, la crainte, la peur, l'incertitude. Comme pour souligner leur désarroi, le dernier imbécile qu'ils croisèrent sur leur route, elle fit mine de l'attaquer, avançant sa tête brusquement et armant ses griffes, tel un ours qui se relève pour attaquer.

    "Bouh !"

    Puis se mit à rire peu importe la réaction qu'il avait pu avoir. Elle lui vola au passage ses petites lunettes aux verres teintés sombres, le laborantin sûrement trop craintif ou trop respectueux du Docteur se vit dépourvu de sa paire sans pouvoir rien faire. La liche mit son nouveau gain sur son nez, toute fière.

    Ainsi ils arrivèrent à destination. Une bibliothèque. Elle découvrit les lieux, quelques peu en désordre et trop lumineux à son goût. Elle passa son doigt sur les rangées de livres en regardant furtivement de quoi ils pouvaient parler, simplement en penchant la tête et lisant leurs titres. Le Docteur s'appuya sur l'une des tables en éclaircissant l'utilité de ce lieu. Lorsqu'il parla d'ouvrages désolants, Mélantha en trouva justement un, non pas désolant en simplicité mais en connaissance. Un bouquin sur les liches. Pauvre. Elle l'avait à peine feuilleté qu'elle l'avait reposé avec désintérêt.

    Elle haussa un sourcil, emprunt de malice, en direction du Docteur, quand il parla de l'étage supérieur. Celui qui regroupait les lieux un peu plus personnels et intimes.

    "En effet, je me demande comment on peut acquérir un tel endroit et agir aussi librement. Surtout lorsqu'on agit pour la République. C'est une histoire que je serais prête à écouter autour d'une petite torture, ou un verre sanglant."

    Elle se faisait, bien évidemment, sarcastique. Étant prête à l'entendre à tout moment. Le Docteur revint à elle après avoir rangé un des livres qui traînait là.

    "Je veux tout visiter de ces lieux, mais surtout j'aimerais savoir si j'aurais ma liberté d'y accéder quand je veux et potentiellement... D'agir."

    Elle jouait avec l'ouverture de son manteau, souriante et demandeuse. Même si elle avait déjà sa petite idée, elle voulait l'entendre de lui-même. Puis, une fois la réponse donnée, il proposa à la liche de venir l'accompagner pour de potentielles aventures en quête de nouveaux sujets. Toujours d'un air amoureux, elle le regarda dans les yeux, à travers ses verres. Avant de donner sa réponse plus posé et murmuré.

    "Quand est-ce qu'on y va ?"

    Elle lui tourna autour, écoutant sa réponse. Tel un petit chien prêt à foncer une fois que l'ordre serait donné. Évidemment, après tout ce qu'il s'était passé, il était fort probable que la sortie soit reporté. Demandant trop de temps comparé à tout ce qu'ils avaient utilisé aujourd'hui. Si "l'ordre" devait se résumer à finaliser la visite des lieux, cela lui convenait tout à fait. Elle imaginait déjà en train de saccager le bureau pour se délecter une nouvelle fois du Docteur. Chose encore, qui n'allait probablement se réaliser que dans ses fantasmes. Sans le décor morbide, l'intérêt n'y était plus vraiment et puis ils n'avaient pas que ça à faire. Et elle en était consciente.

    Après leur échange, le Docteur continua la visite, reprenant sa marche habituellement droite. Repassant devant quelques mortels. Mélantha recroisa celui dont elle s'était joué, il ne pouvait dissimuler sa frustration dans sa crainte furieuse. Elle se contenta de sourire, elle n'avait plus rien à faire de lui. Elle garda fièrement les petites lunettes relevées sur son front, cette provocation suffisait.

    Ainsi, l'étage supérieur n'était pas plus petit. De longs couloirs donnaient sur une multitude de chambres, sûrement celles des laborantins, ainsi que d'autres salles dont la liche ne put discerner quelles étaient leurs fonctions. Sûrement des bureaux ou autre. Mais l'un se démarqua de tous, celui du Docteur, une porte légèrement plus sombre et prestigieuse que les précédentes. Il ouvrit la porte, qui était verrouillée, qui donna sur son bureau.

    Elle qui le pensait maniaque, ils tombèrent sur une salle plus remplie que ce qu'elle n'imaginait. Un grand bureau sombre au centre de la pièce, rempli de paperasse et de carnets. Une paperasse qui s'étendait sur les murs, affichant de multiples schémas et anatomies. Squelettique, musculaire, veineuse et épiderme, de toutes races. Et d'autres dessins d'organes. Mélantha prit le temps de les admirer.

    "Est-ce toi qui les a fait ?"

    En effet, certains traits légèrement imprécis laissaient penser que les schémas étaient plus des prises de notes effectuées sur le fait, que des dessins réalisé avec application. Puis elle passa directement aux étagères, sur les côtés, tout en écoutant la réponse du Docteur et de potentielles explications. Des bocaux aux liquides plus ou moins sanglants, contenaient différents organes ou membres. Certains d'entre eux lui étaient inconnus, sûrement une race qu'elle n'avait pas encore croisé. Elle passa sa griffe en longeant les bocaux, faisant sonner un léger bruit aiguë, rayant le verre. Tout en observant. Elle jeta un coup d’œil au Docteur, consciente d'être observée même s'il s'était affairé à d'autre choses, avant de continuer ses observations actives.

    Mélantha aperçut le squelette qui maintenait sur un trépied. Il était plus grand qu'elle mais plus petit que le Docteur. Elle attrapa l'une des mains squelettiques et se positionna telle une valse mais elle ne put rien en faire. Il était fixé. Déçue, elle se contenta de lui faire claquer la mâchoire.

    " 'Gnark, gnark, gnark' "

    Elle se fit rire avec ses bêtises, puis perdit aussi vite son intérêt pour rejoindre le bureau dont le Docteur s'était rapproché, sûrement pour gérer de la paperasse ou on ne sait quelles obligations. Avant qu'il ne range quoique ce soit, Mélantha fit un mouvement de main comme pour l'arrêter dans ses actions. Elle aperçut un morceau de parchemin, déchiré, avec son nom dessus. Elle tenta d'assembler les morceaux éparpillés pour espérer relire les bribes du rapport. Cela l'amusa grandement. Et dans sa lecture, elle put imaginé la frustration du Docteur qui l'avait amené à déchirer le rapport. Si Mortifère était bien de sa création, quoi de plus frustrant d'apprendre qu'il était remit en cause. Ainsi, cela démontrait à quel point il était limité par une certaine autorité. Ses expériences étant jugées constamment.
    Mais également, cela la fit rire comment on la décrivait; dangereuse, sorcière... Que de doux compliments. Et surtout, elle apprit enfin comment elle avait terminé ici. Étant donné qu'elle avait des difficultés à se souvenir de la fin de son combat avec Mortifère.

    Les lunettes retombèrent sur son nez, elle releva seulement son regard vers le Docteur, soulevant un sourcil.

    "Alors, est-ce qu'il y a d'autres choses pertinentes à raconter ?"


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  • Sam 19 Aoû - 21:24
    Ecoutant doucement Mélantha, j'étirais un léger sourire face à ses questions. Elle voulait des réponses. Par curiosité ou par intérêt, peu importait. Ainsi, lorsqu'elle vint me tourner autour avant de jouer avec mon manteau, je soulevai doucement son menton tandis que ma voix s'insinuait dans son esprit.

    * Oui, et j'ai quelque chose à te donner concernant ce sujet. Pour ce qui est de notre départ, je pense que nous pourrons partir demain matin. Je ne suis pas spécialement fatigué, loin de là, mais voyager de nuit ne fera que forcer les rencontres ennuyeuses. *

    Et par ennuyeuses, je ne me référais pas aux officiers républicains ou au malfrats. Mais plutôt aux bêtes stupides et à l'intellect modéré. Des soucis mineurs somme toute, mais qui gêneraient notre progression et forcerait un repos que nous pouvions prendre au laboratoire. Nous quittions alors la bibliothèque afin de nous rendre aux étages supérieurs. Sur le chemin, je pus constater avec amusement les regards de certains laborantins sur la liche et la réaction de cette dernière. Son sadisme m'amusait, tout comme sa façon de se mouvoir. Quand les escaliers furent passés, je la guidai aux travers des longs couloirs de l'étage afin de la mener à mon bureau. Naturellement, je lui présentai au passage les salles d'eaux et quelques chambres, indiquant simplement la mienne d'un mouvement de main. Enfin, la porte de mon bureau s'ouvrit et une fois engouffré à l'intérieur, j'invitais la liche à en faire de même. Me dirigeant directement vers le meuble en question, j'attrapai un parchemin que je griffonnai directement quittant ma manœuvre pour observer Mélantha et écouter ses propos. Arrêtant finalement d'écrire, je m'approchai des dessins dont elle parlait.

    * Oui. Chacun d'eux. Parfois sur des corps qu'on m'avait autorisé à étudier. Parfois.... Je touchai doucement le croquis anatomique d'un drakyn. De manière plus spontanée et moins souhaitée. Je cherche constamment la précision. A renforcer mes connaissances sur ces matières et à connaître chaque spécificité des différentes espèces. Comprendre. Observer. Expérimenter. Il y a une foule de sujets anatomiques à étudier et découvrir. Prenons les hybrides par exemple, leurs corps ne sont pas identiques entre deux membres de la même espèce. C'est à la fois perturbant et tellement... Fascinant. Je rêve de pouvoir disséquer chacune des variations de cette race étrange. *

    Je reportai ensuite mon attention sur ce que j'écrivais plus tôt, attrapant de la cire que je faisais fondre pour imprégner le parchemin de la matière rouge. Puis, d'un mouvement sec, j'y appliquai un sceau représentant un masque corbin. Souriant sous mon masque, je laissai mes yeux glisser sur les formes de la mort vivante tandis qu'elle se lançait dans une tentative de danse avec le mannequin squelettique puis de jouer avec sa mâchoire comme une enfant curieuse. Puis, elle sembla observer le rapport déchiré que j'avais laissé sur mon bureau. Mon sourire s'estompa alors légèrement, laissant place à une grimace désabusée.

    * Des idiots. Voila ce qu'ils sont. Je me rapprochai de la liche, attrapant un des morceaux qu'elle tenait encore. Ne crois pas que je me sois vengé sur ce bout de papier car l'on jugeait mon travail. Les esprits étriqués des administrateurs républicains sont incapables de jauger de la finesse et la prouesse que sont la création de Mortifère. Ils ne cherchent que le bénéfice, passant outre le miracle scientifique, technologique et médical. Non, ce qui me frustre, c'est à quel point ils t'ont sous estimée et considérée comme une menace idiote. Et comme Mortifère ne serait qu'un jouet cassé, alors qu'il représente bien plus la réussite qu'ils ne le seront jamais. Mais peu importe ce qu'ils pensent, je sais ce que mes travaux ont fait, et surtout, c'est grâce à eux que tu aies pu être menée à moi. *

    Je vins alors attraper le parchemin scellé, le tendant à Mélantha tandis que de nouveau mes lèvres se fendaient d'un sourire amusé.

    * Ton laisser-passer pour naviguer sur ces terres. Je n'ai pas d'autorité à proprement parler mais tu ne devrais pas être top embêtée à la frontière par la garde républicaine. Tu es officiellement devenue mon assistante personnelle. Mes félicitations. Je lui laissai le temps de réagir comme elle le souhaitait, enchainant. Pour répondre à tes premières questions, je travaille effectivement pour la République. Officiellement, je suis sous l'autorité d'un des sénateurs les plus influents, finançant mes travaux et me permettant de ne pas être dérangé par des questions stupides. Les comptes à rendre son peu nombreux. Tant que je permets l'amélioration des troupes, de la technologie et que je continue à diriger le projet Mortifère ils fermeront les yeux sur mes projets plus personnels. Officiellement, beaucoup des sujets ici présents n'ont jamais été emmenés au laboratoire. C'est le cas notamment pour la salle où nous étions plus tôt. Celle-ci, seuls toi et moi sommes au courant de ce qui s'y déroule réellement. Pour les autres, ce n'est qu'une énième salle de boucherie. *

    La phrase avait été dite avec complicité. Enfin, autant que j'en étais capable compte tenu de ma télépathie. Sa dernière phrase m'amusa également. Sa curiosité était touchante, et je devais avouer qu'outre ce que nous avions vécu il y a peu, j'avais cette impression agréable d'être avec un esprit similaire au mien. Pas nécessairement sur l'amour des sciences et la fascination l'accompagnant. Mais sur tout le reste. Sur ce sadisme commun. Sur nos manières d'agir, nos codes moraux. Une pulsion se mit alors à grandir en moi. Une vision d'un bureau débarrassé des nombreux papiers trainant dessus et de son corps mis à la place. De bruits obscènes et de violence mêlée au plaisir. Et cette pulsion, je savais qu'elle la ressentait tout comme moi.

    * Viens. *

    Je lui demandai donc ainsi de me suivre, attendant qu'elle ne sorte pour finalement refermer mon bureau. L'emmenant finalement dans ma chambre, je lui laissai le temps de découvrir cette dernière. Un lit, au centre de la pièce, sans fioriture ni ornements particuliers. Sur les murs, aucun tableau mais de nouveau des multitudes de dessins. Cette fois, ces derniers représentaient des corps déchiquetés, recousus, ou malformés par la maladie. Près de la coiffeuse, on pouvait aisément remarquer une carte de Shoumeï découpée en plusieurs parties, représentant la propagation de la peste obscure lors de la guerre des titans. Et, enfin, une grand mannequin sur lequel je vins déposer mon manteau de cuir.

    * Voila tout ce qui me compose. Un plaisir que tu as déjà vu et vécut via nos manipulations et... Tout ça. La science, la médecine. La violence et la mort. Je n'ai que des souvenirs erratiques de ma propre existence. Je suis incapable de dire où je suis né et, aussi loin que mes souvenirs vont, ils ne me rappellent qu'à ma condition d'avatar médical et sadique. Pour peu, je ne suis même pas certain d'être totalement humain. Je déposai mon masque, doucement, tandis que ma magie revenait jouer doucement avec mes traits pour les altérer doucement en adoptant des visages plus ou moins humains. Et cela ne me déplait pas. *

    Un sourire malsain barrait mes lèvres. Après tout, un humain normal n'aurait pu s'adonner à pareils actes avec une morte réanimée, pas vrai? Elle non plus n'était pas humaine. Pourtant, nous partagions quelque chose que beaucoup cherchaient en vain. Même si ce quelque chose était composé d'un sadisme et d'un masochisme poussé à l'extrême. Même si la vue de ce qui horrifiait la plus part des mortels éveillait chez nous une fascination morbide particulièrement excitante. Approchant de la liche qui se trouvait dans la pièce, mon masque refit son apparition de manière presque organique, animé par magie tandis qu'à chaque mot résonnant dans l'esprit de Mélantha, mon bec semblait s'ouvrir doucement.

    * Je compte faire de nombreuses choses avec toi, Mélantha. Je veux découvrir les limites des plaisirs interdits et de la douleur. Je veux te voir torturer ceux qui auront le malheur de se retrouver dans ce laboratoire. Et... Bien plus de choses encore. La route de demain sera longue, peut-être aurons nous quelques surprises en chemin mais si ce n'est pas le cas... Je te promet que la finalité sera tout aussi délicieuse que la salle où je t'avais menée. *

    Je me retrouvai contre elle, enserrant mes mains sur son corps et son cou. Non pas pour l'étrangler, juste pour ressentir sa peau d'albâtre avant de venir la projeter soudainement contre le lit, un sourire sur les lèvres.

    * Nous partirons à l'aube. En attendant, que veux tu faire? *
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  • Dim 20 Aoû - 1:35
    Ses recherches étaient fascinantes et précises. Elle pouvait imaginer la lueur déterminée dans son regard lorsqu'il observait une énième fois les schémas des hybrides. Quand à sa réaction sur le rapport déchiré, la douce frustration du Docteur était alléchante. Ils partageaient au moins le dégoût des républicains et des politiciens sots dans leur médiocrité. Sa colère était justifiée, l'ignorance de ces gens-là était écœurante pour ceux qui se donnaient corps et âmes.

    Comme un échange de paperasse, il remplaça ce vieux rapport par un parchemin fraîchement scellé, dans les mains de la liche. Elle le prit d'abord incertaine, puis le Docteur expliqua ce qu'il venait de lui offrir. C'est alors qu'un sourire malsain s'esquissa sur ses lèvres, une lueur mauvaise dans l’œil. Elle allait pouvoir reprendre le travail aussi aisément qu'au Reike. Mais cette fois-ci d'une manière différente, elle serait sous la protection du Docteur et il n'était donc pas question qu'elle noircisse son titre. Même si elle n'allait pas s'empêcher d'être elle-même. Après tout, personne ne pouvait vraiment la contrôler, pas même la morale.

    "C'est l'avantage avec les politiciens, avide de pouvoirs, un peu de corruption et l'on peut agir comme on veut. Si l'on donne ce qu'ils veulent, ils lâcheront un peu de leste. Mais je ne supporte pas l'idée qu'on puisse penser me contrôler."

    Elle rajouta d'une voix plus basse, comme à elle même.

    "Quelle plaie, les ordres."

    Il y eut un silence, le temps était suspendu, le duo se regardait à nouveau. Un battement, un mouvement, il y avait l'hésitation de l'acte. Ils semblaient se rapprocher tels des aimants avant que l'action n'éclate. Une pulsion évidente et battante. Elle se voyait déjà prendre du plaisir sur ce pauvre bureau, abîmant les papiers et trouvant une sordide utilité au squelette qui aurait été témoin d'un acte dont il aurait aimé ne pas participer. Mais le Docteur brisa cette tentation pour amener sa liche ailleurs.

    Arrivés à la chambre, qui n'avait rien d'exceptionnel si ce n'est de nombreux schémas, semblable à ceux dans le bureau. Mélantha jeta un œil à la carte qui se trouvait-là. Elle devina bien vite, la raison de cette carte, avec une légende représentant la Peste Obscure. C'était un mal qui la passionnait grandement. Elle pouvait certes infliger d'horribles pestilence, elle n'égalait pas le pouvoir de Puantrus qu'elle admirait grandement.

    Lorsque le Docteur posa son manteau en reprenant la parole, Mélantha revint à lui, l'écoutant et buvant ses paroles. Son cœur au battement pauvre palpita quand il retira son masque. Laissant un nouveau visage changeant.

    "Un énième point commun alors. Tout ce dont je me souviens, également, est d'avoir reprit vie dans le sang, la rage et la violence. Je ne suis qu'une liche à la soif de chair."

    Elle rapprocha son visage du sien, alors qu'il prenait la forme de son masque, de manière organique.

    "Mais avec toi je suis plus que ça."

    Alors qu'il l'enlaçait, pour l'instant de caresses douces, ses paroles résonnèrent en elle comme des promesses excitantes. Elle tomba sur le lit, avant qu'il ne la rejoigne sur elle, lentement.

    "Découvrons ces limites, brisons-les. Comme nous briserons des os et des âmes, des espoirs."

    Elle sourit alors qu'il lui maintenait une nouvelle fois ses poignets, d'une seule main.

    "La route sera longue oui, mais la nuit d'autant plus. En tout cas, les surprises commenceront dès ce soir."

    Une chambre et un simple lit serait un cadre un peu trop modeste pour ce qu'elle prévoyait. Mais elle pouvait être certaine, qu'à eux deux, ce pauvre décor deviendrait une véritable aventure passionnante et sordide. Allongée sur le lit, le Docteur sur elle, elle l'embrassa. Peu importait la forme de son visage changeante. L'apparition de tentacules d'ombres autour d'eux assuraient une longue nuit prometteuse et torride. Personne ne serait épargné de quelques gouttes de sang.

    ***

    Il était certain que personne n'avait dormi cette nuit-là. Et il était presque sûr que beaucoup de laborantins furent relativement perturbés pour quelques temps. Le rire de la liche était potentiellement un élément déclencheur d'anxiété au sein de ces lieux. Le jour dormait encore, laissant une lueur grise et bleu traverser les fenêtres. Mélantha se retrouva devant un miroir, essoufflée, pour observer ses plaies, leur nuit, jugée cauchemardesque par les témoins auditifs, venait de se terminer. Elle n'allait pas spécialement se soigner, mais elle se douterait que le Docteur s'en occuperait sans qu'elle n'ait à le demander. Ainsi, une fois propre et guérie, elle se rhabilla et se prépara pour le départ imminent.

    Elle regarda le Docteur se préparer. Elle ne l'avait clairement pas épargné cette fois-ci non plus. Elle s'amusa à passer ses doigts sur les cicatrices fraîchement pansées. Ravivant en elle certains frissons à travers ses sensations. Impatiente de prendre le départ.

    "Qu'allons-nous chercher exactement ? Des hybrides ? Des produits ? Comment fais-tu ?"

    Elle attrapa son paquet de tarot et sa dague, accrochant à sa ceinture noire. Elle avait gardé la tenue de laboratoire, se familiarisant avec. Et puis, à première vue, habillés ainsi, ils faisaient un bon duo et l'on devinait très vite leur complicité.

    Elle était enfin prête à partir, après tout, elle n'avait pas grande chose à prendre en compte. Comparé au Docteur qui lui, avait plus de choses à faire. Responsabilités et obligations sûrement. Ils ne tardèrent ensuite à parcourir à nouveau les couloirs. Les lèves-tôt qui croisèrent le duo, montrèrent toujours autant de respect au propriétaire des lieux mais un certain jugement s'était éveillé depuis la veille. Ce qui était grandement ignoré par les concernés.

    Ainsi, ils commencèrent leur route, à dos de cheval, les rayons du soleil les accueillants.


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  • Dim 20 Aoû - 3:59
    Lorsque l'aube pointe le bout de son nez, nous étions déjà debout. En fait, le sommeil ne nous avait jamais trouvé. Amusé tandis que je terminai de panser les différentes plaies présentes sur mon corps et celui de la mort vivante, mon esprit vagabondait doucement vers les différentes tâches à réaliser avant notre départ. Prendre les concoctions nécessaires. Les matériaux médicaux en cas de besoin. De quoi réduire la douleur... Ou l'amplifier.

    Tandis que j'étais en train d'aménager quelques affaires, je sentis les doigts de la mort vivante qui passèrent sous mes bandages, frôlant mes blessures fraiches et pas encore guéries. Savourant ce frisson douloureux, je sentis par la suite le délicat frisson de plaisir malsain et l'excitation de mon assistante macabre.

    * Des produits. Peu encombrants, que je pourrai transporter dans ma sacoche. Principalement des composants pour la drogue de synthèse que j'ai utilisé sur la rousse, hier. Outre ces matériaux peu intéressants, la véritable raison de notre voyage concerne des potentiels sujets. Quelques enfants, dont j'ignore encore l'espèce, ainsi qu'un être particulièrement intéressant. Dis moi, ma chère, as-tu déjà torturé un ange? *

    Un large sourire glissait sur mon visage. Ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait mettre la main sur ces engeances titanesques. L'information m'avait été amené par un ancien membre de la pègre qui cherchait à se refaire une vie au calme. Paradoxalement, c'est au moment où il tourna le dos à la Pègre que les autorités cessèrent de le protéger et qu'un ange "protecteur du peuple" se mit en tête de venir le traquer et lui faire payer ses crimes passés. Malheureusement pour le pigeon, mon informateur était aussi retors dans ses méthodes que puissant. Et lorsque l'ange put enfin le retrouver, ce ne fut que pour le trouver avec son bambin, implorant le pardon de l'être angélique. Et quand la garde de ce dernier baissa, et qu'il laissa sa moral prendre le dessus... Le mafieux frappa. Un sort paralysant puis, par la suite, des drogues injectées encore, et encore. L'ange aurait pu être tué. Il aurait dû l'être, d'ailleurs. Seulement, il s'avérait que le pauvre malheureux cherchant à fuir sa vie de vices et de méfaits me devait des faveurs. Beaucoup, de faveurs. Une chose logique quand on connaissait son penchant pour les bordels et son manque de considération pour les maladies vénériennes. Ainsi donc, j'allais pouvoir profiter de ma prochaine livraison pour recevoir ce spécimen unique. Et ce faisant, j'offrais par la même occasion un sujet de choix pour ma "paramour".

    Finalement, j'achevai enfin de récupérer le nécessaire à notre départ puis, non content de pouvoir observer Mélantha et sa nouvelle tenue, j'étirai sous mon masque une grimace de satisfaction avant de pouvoir enfin nous mettre en route. Dans les couloirs, plusieurs laborantins nous observèrent, le regard inquiet. Parfois, dubitatifs. Peu importait. Cela ne gênerait aucunement leurs travaux, et une fois que nous serions en route, leurs potentiels traumatismes s'éclipseraient aussi sûrement que le sang dans les salles d'examens seraient nettoyé. Ainsi, c'est à dos de cheval que notre voyage commença enfin. Quittant assez vite la forêt et rejoignant les routes, je laissai mon regard observer le soleil perçant la canopée des arbres. Telles des lames solaires, les rayons venaient s'échouer sur une terre encore humide de la rosée matinale. Dans cette quiétude étonnante, les rythmes réguliers des sabots de nos montures venaient résonner dans l'air. Seulement, nos silhouettes menaçantes ne représentaient ni des aventuriers en quête de gloire, ni des défenseurs de la veuve et de l'orphelin. Nous n'étions que deux âmes sadiques lancés dans une quête particulièrement insidieuse. Tournant légèrement la tête vers la liche, j'observai quelques instants ses traits avant de laisser ma voix glisser dans son esprit.

    * Au fait, je ne t'ai pas demandée. Tu préfères que l'on récupère d'abord les drogues, ou tu veux aller vers les enfants? Pour l'ange, je pense qu'il faudra d'abord contacter mon informateur. Et j'aime autant que cela se fasse après nos premières tâches. *

    Je lui laissai le temps de répondre, d'exposer son point de vue et ce qu'elle désirait tout d'abord faire. Je revins alors à une question qu'elle m'avait posé plus tôt.

    * Habituellement, je récupère mes sujets dans des livraisons comme celles-ci. Parfois, je vais les chercher moi même, usant de subterfuges ou de drogues pour les neutraliser et pratiquer sur eux directement. Il m'arrive aussi de les attirer volontairement. J'avoue apprécier tout particulièrement ce type de sujets. Les voir débouler dans mon laboratoire, inquiets et atteints d'un mal quelconque. Anxieux. Prêt à tout pour résoudre des maux qu'ils s'imaginent parfois. Puis, une fois dans les sous-sols, ils rejoignent une nouvelle réalité. Une nouvelle vision. Un projet. Et, malgré eux, malgré leur naïveté, leur triste existence devient enfin intéressante. Ils servent enfin à quelque chose. Et à travers eux, je peux ressentir ces passions que nous partageons tous les deux. Et toi, Mélantha, comment t'y prends-tu exactement? Je me doute que tu uses de tes cartes pour attirer le badaud mais.. Quel est ton motus operandi? *

    Je continuai alors d'avancer, écoutant ses mots et ses réactions. La journée de voyage se passait globalement bien et, à mesure que nous avancions, le soleil continuait sa longue course pour finalement commencer à rejoindre l'horizon. Les arbres entourant les routes, autrefois accueillant et protecteurs, se muaient en une rangée de piques obscures et menaçants. Les sifflements des oiseaux, musicaux et agréables, devenaient les hululements de chouettes nocturnes et d'autres prédateurs malfaisants. Oh, comme j'appréciai la nuit lors de mes voyages. Attachant nos montures à quelques arbres solides, je dressai la tente de voyage tandis que j'allumai une simple lanterne pour éclairer le camp. Les feux de camps étaient des appels aux prédateurs et malfrats et, surtout, ils n'étaient une nécessité que pour ceux qui ressentaient le besoin de se réchauffer dans la nuit. Pour ma part, ma tenue me protégeait aussi de ces choses insignifiantes et une fois dans la tente, j'aurai de toutes façons de quoi éviter les froideurs nocturnes. Suspendant donc la lanterne à l'armature de la tente, mon regard glissa sur les arbres alentours, savourant silencieusement les formes dansantes dans la nuit. Me retournant vers Mélantha, je guettai ses mouvements et son attitude avant de finalement reprendre la parole.

    * Sais-tu pourquoi camper en extérieur près des routes commerciales est agréable ma chère? Je marquai une légère pause, m'approchant doucement d'elle pour venir déposer mes mains sur ses fines épaules. Ecoute. *

    Outre les cris et autres sons lugubres de la forêt nocturne, un léger son se répandait au loin. Une mélodie à peine audible, mêlé dans l'écho crépusculaire. Au loin, les gémissements de montures et de troupes s'affairant pouvait se faire entendre. C'était discret, et il était assez aisé de louper complètement ce brouhaha lointain si on n'y faisait pas attention. Fort heureusement, j'étais un habitué de ces voyages sauvages. De cette traque particulière. Parfois, pour repérer des sujets potentiels. Parfois, pour repérer et échapper aux autorités me poursuivant. Cette fois, cette perception n'était le symbole que d'une chose. Un jeu potentiel. Passant mes doigts des épaules de la liche pour venir les passer dans la chevelure poivre et sel de celle qui m'accompagnait, un nouveau sourire glissa sur mes lèvres pincées.

    * Ca te dirait, de mener une petite expérience nocturne? *
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  • Dim 20 Aoû - 16:01
    Voilà qui était intéressant. Ils allaient alors chercher un Ange, chose que Mélantha n'avait jamais eu la chance de croiser, ou du moins elle n'en avait pas été consciente. Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'avait pas encore arraché leur plumes délicates. Peu importe la façon dont il se l'était réservé, elle avait l'habitude qu'il soit plus minutieux et donc, surprenant dans ses méthodes. Cela ne l'étonnait pas qu'il ait le bras long.

    Ils avaient prit la route depuis un moment, la forêt était derrière eux et les routes, plus dégagées, se traçaient de plus en plus clairement. L'herbe écrasée à multiples reprises depuis des années, les guidait maintenant dans leur voyage, laissant que de la terre humide. La liche se prenait à bailler bruyamment plusieurs fois, elle ne pouvait pas connaître la fatigue, mais l'ennui ne lui était que trop connu. Et ce voyage, bien qu'en très bonne compagnie mais silencieuse, lui rappelait qu'elle s'amusait d'autant plus auparavant. Les mains lâchant les rennes quelques instants, se déposèrent derrière sa tête, la maintenant, elle répondit au Docteur.

    "Hmm... Ça n'a pas l'air palpitant d'aller chercher de la drogue. A moins qu'on doit briser quelques os pour la récupérer. Commençant par le plus ennuyeux. Sinon je pourrais m'occuper des enfants pendant tes achats. A moins que tu ne veuilles évidemment me rejoindre. Qu'en penses-tu ?"

    Peu importe comment ils s'y prendraient. Elle suivrait de toute façon le plan imposé par le Docteur. Elle se mit à rire quant au mode opératoire du Docteur. Cela ne l'étonnait pas de lui. Elle reprit les rennes de son cheval qui commençait à divaguer du chemin.

    "Disons que j'improvise. Je ne suis ni discrète, ni délicate. Je n'utilise pas toujours mes cartes. Seulement la psychologie du vivant. En générale je m'accapare les adultes qui viennent me consulter mais à défaut d'avoir l'espace pour, je ferais sans. J'ai déjà ma petite idée pour récupérer nos jeunes patients."

    A la fin de leur discussion, Mélantha poussa une énième chansonnette comme déjà satisfaite d'établir son plan. L'ambiance devenait plus obscure, autant en lumière qu'en paysage. Les quelques arbres sur leur route étaient sombres et à la silhouette étroite. La petite comptine résonnait d'une façon plus lugubre avec le hululement des chouettes. Ils ne tardèrent à établir leur camp aux pieds des arbres, ne laissant qu'une lanterne en guise de cœur de campement. Il faisait frais et bon, la liche était plus froide que l'air ambiant et la fatigue, inexistante, ne pouvait pas impacter la chaleur de son corps. Les criquets nocturnes chantaient non loin. Mélantha jeta un coup d’œil furtif pour s'assurer qu'ils étaient bien seuls puis observa le Docteur qui, lui, prenait plus de temps à examiner ou admirer l'environnement. L'obscurité et la lueur de la lanterne saillait à merveille son manteau sombre et l'atmosphère qu'il imposait en tout temps. Lorsqu'il se tourna vers elle, posant ses mains sur ses épaules. Elle répondit à sa question rhétorique par une onomatopée intéressée, avant de se mettre à l'écoute ambiante.

    Mise à part les criquets de nuits, les hululements, le vent qui faisait grincer les arbres - ce qu'elle avait déjà remarqué. - L'on put entendre un renâclement d'un cheval, autre que de leurs montures, ainsi qu'un rire gras étouffé, lointain. Les yeux dans le vide, à l'écoute, se concentrèrent à nouveau sur le Docteur. Un sourire malsain décorait son visage, ils avaient la même idée en tête.

    "Peut-on les achever ou tu veux en garder un ?"

    En répondant, pendant qu'il passait ses doigts dans ses cheveux. Une fois la réponse voulut. Elle lui fit une caresse sur le torse, du haut glissant plus bas, se perdant dans le vide. Lorsque sa main glissa, elle le quitta pour courir après les aventuriers peu discret qui les attendaient non loin. Ils étaient relativement proche.


    Le duo se rapprocha assez discrètement, jouant à se dissimuler derrière les arbres. Mélantha se faisait plus rapide, jonglant à travers ses "cachettes". Elle jeta parfois un coup d’œil au Docteur, analysant sa position. Un coup d’œil vers le camp de fortune, et elle put apercevoir trois pigeons qui se régalaient de la chaleur de leur feu ainsi que d'un festin provisoire. Elle se pencha optant pour une position plus discrète lorsqu'elle se rapprocha furtivement. Elle se jeta sur le plus proche, qui lui faisait dos, un blondinet aux oreilles pointues. Lorsqu'elle se lança sur lui, il se renversa en avant, ne comprenant pas quelle bête venait de lui tomber dessus. Tout en maîtrisant celui qu'elle chevauchait, elle immobilisa les deux autres gugusses de ses ombres sans mêmes les regarder.

    "Campeurs du soir, bonsoir !"

    Le blondinet, un peu plus fort qu'elle, avait réussit à se retourner, le dos maintenant contre le sol. Mélantha arrivait à rester sur lui et commençait à l'étrangler alors que l'elfe essayait de lui asséner des coups. Alors qu'un de ses poings manqua de s'écraser sur le visage de la liche, cet échec fut punitif. Puisque le monstre qui l'étranglait alors, ne manqua pas, elle, de lui mordre les doigts avec une violence qui fit gicler du sang instantanément. Mais il continuait de frapper et lorsqu'un de ses coups vint la frapper un peu trop fort sur ses côtes, elle se déchaîna, déchiquetant le visage de celui qui subsistait, de ses dents. Elle resserra sa prise en s'aidant de ses ombres, riant machiavéliquement, assommant définitivement l'elfe. Elle ne savait pas si elle l'avait tué ou simplement "endormi". Elle ne prit pas le temps de vérifier son pouls qu'elle se jeta sur un autre qui venait de se défaire des ombres à coups d'épée.

    Celui-là était un peu plus dangereux, il avait prit de l'avance sur ses gardes, et la prise ne faisait plus effet. La liche dû lutter pour espérer prendre le dessus. Elle ne voulait certainement pas l'aide du Docteur, comptant sur lui pour s'occuper du troisième. Cependant, sa lutte commença à son désavantage. L'homme était aussi robuste que le Docteur et il n'eut pas de mal à la plaquer à terre. Menaçant de son épée. Cependant, dans sa chute, elle prit appui sur le bras de son assaillant, ayant ainsi un contact avec lui, elle eut le temps d'apercevoir ses souvenirs en lisant dans son esprit. Ce fut bref mais suffisant pour qu'elle remarque un visage important. Ainsi, une fois au sol, alors que l'épée s'apprêtait à transpercer son abdomen, elle changea entièrement d'apparence. Changeant pour une belle blonde aux cheveux bouclés et aux yeux de saphir, bien formée. L'apparence exact de ce qu'elle avait put voir dans les souvenirs de celui qui la menaçait.

    "S'il te plaît, Arthur, arrête !"

    La liche transformée, fit mine d'être effrayée, imitant à merveille les réactions de la peur bien humaine. Le nom qu'elle cria avait également était évoqué dans ses souvenirs. Peu importait si c'était le sien ou non. Que le guerrier s'y perde ou non dans cette illusion, cela avait au moins le mérite de le perturber et de baisser sa garde ne serait-ce qu'un instant. Ce qui laissa le temps à Mélantha de se jeter sur ses jambes pour lui aussi, le renverser. Elle invoqua de nouveau ses ombres pour le maintenir et cette fois-ci, pour prendre son temps avec. Elle se releva, s'épousseta avant de jeter un œil au Docteur pour s'assurait qu'il avait la situation en main. Puis se rapprocha de sa victime, maintenu au sol. Elle écrasa sa joue de son pied, se moquant d'avoir reprit le dessus aussi aisément. Rieuse, elle sortie de sa ceinture son paquet de carte. Elle tira une carte en gloussant.

    "Et là, on va bien rigoler."

    Mais quelque chose n'allait pas. Elle avait omis un détail important lors de l'inspection du camp. Sa partie de cartes n'allait pas pouvoir se dérouler tout de suite. Un quatrième assaillant, qui était parti se vider la vessie, fit à nouveau son apparition.


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  • Lun 21 Aoû - 0:42


    Avançant dans l'obscurité, je laissai la figure émaciée de Mélantha prendre un tout petit peu d'avance. Son style de combat serait plus direct, je le devinais assez simplement. Aussi, il m'était amusant de la laisser bondir, littéralement, sur nos cibles respectives. Attirant l'attention des individus et profitant des liens ombreux qui venaient les saisir, je m'approchai doucement du plus éloigné des trois hommes, sortant ma dague dans un silence particulièrement mortifère. Une fois dans le dos du pauvre bougre, la lame s'enfonça longuement entre deux vertèbres, sectionnant la liaison entre ces dernières. Enfonçant juste assez la lame pour causer des dégâts irréversibles sans pour autant venir provoquer une hémorragie mortelle, je laissai le corps mou de ma victime s'effondrer sur le sol. Dans ses légers tressaillements, et surtout son regard effrayé, je pus lire toute l'incompréhension de sa situation tandis que, non loin, ma sadique comparse se déchainait. M'agenouillant doucement près du malheureux dont les gargouillis étranglés me rappelaient à quelques expériences du laboratoire, je vins retourner ce dernier pour le poser sur le dos.

    Son visage, couturé de cicatrices mal placées, était particulièrement bourru et mal taillé. Son nez, trop gros et écrasé, portait les stigmates caractéristiques d'un cartilage autrefois fracturé et mal cicatrisé. Sue ses lèvres épaisses, quelques marques creusées révélaient la présence d'une ancienne infection soignée trop tardivement. Probablement une forme d'herpès, ou quelque chose de similaire. Ses yeux gris, enfin, étaient emplis de marques rouges visibles ainsi que d'un blanc légèrement jauni. Typique des alcooliques notoires. En une observation, il était ainsi évident de tracer le parcours de ce qui était sûrement un piètre mercenaire qui dépensait l'entièreté de ses soldes dans la beuverie et les femmes de basse vertu. Pour le reste, sa barbe mal taillée et éparse ne venait qu'arranger ce triste tableau tandis que ses cheveux mi longs et gras, à présent en plus teintés de sang, pendaient le long de ce faciès désordonné. En ce qui concernait le corps de mon sujet, ce dernier était relativement dans la norme pour quelqu'un du métier des armes. Ni trop gras, ni trop imposant, la structure global du guerrier indiquait qu'il s'entretenait malgré ses longues séances d'alcoolisme. Sortant de ma sacoche une grande paire de ciseaux, je commençai à découper doucement le haut de la chemise du mercenaire qui, paralysé par ma précédente manœuvre, ne pouvait que subir mes actions. Une fois le lin déplacé sur le côté, j'inspectai rapidement le torse de ma future victime, marquant certains points de la main en appuyant brusquement dessus, constant au passage avec amusement la non réactivité du nouveau tétraplégique. Ses gémissements et complaintes, en revanche, résonnèrent comme une douce mélodie au cœur de la nuit. A nouveau, l'orchestre jouait pour Mélantha et moi. Quelle délicieuse scène qui se déroulait au cœur des bois!

    * Rejoins notre symphonie, sujet deux cinq trois. *

    Une incompréhension sur un visage effrayé, un sourire sous un masque corbin. Puis, la lame glissant sur la chair. Un long filet sanglant qui vint se répandre le long du derme d'un mercenaire pourtant "innocent" tandis que sa peau s'ouvre lentement. Minutieusement. Quand enfin la ligne est tracée, des pinces viennent se déposer sans délicatesse pour écarter derme profond et filets nerveux. Enfin, la lame replonge dans un abdomen endolori et accompagné de cris abjects. La lame tranche. Découpe. Sépare. Elle creuse sa route dans un amas musculaire et sanguinolent pour permettre la libération de tendons, veines et artères prisonniers. Et puis, la lame cède sa place. Une nouvelle pince, aux bord tranchants, vint se clipper contre les points les plus fins d'une cage thoracique pleine de sang. Le sujet a déjà perdu connaissance, peu importe. Les lames claquent, l'os cède. Et l'accès aux organes se fait enfin.

    Retirant les outils utilisés, je détournai alors mon attention pour observer les mouvements de mon assistante, extrêmement satisfait de nos efforts communs. Son regard croise le mien, traversant les lentilles teintées de mon masque tandis qu'elle répand la mort sous une forme altérée et vicieuse, se servant d'une image sans doute empruntée à sa proie pour mieux la saisir. Amusé, je reportai ensuite ma focalisation sur le sujet que je traitais auparavant. Observant rapidement sa cage thoracique ouverte telle un papillon nocturne, je laissai un sourire se dessiner sur mes lèvres en remarquant les battements irréguliers et de plus en plus lents d'un cœur recouvert d'une fine couche graisseuse jaunâtre. L'alcool faisait des ravages, pas uniquement sur le foie. Me penchant doucement, je vins alors saisir ce dernier pour tirer dessus brusquement. Dans un mouvement sec,  je me mis à découper la veine cave inférieure, le ligament falciforme ainsi que l'artère hépatique et la veine porte. Pour ce qui était de la vésicule biliaire, cette dernière se décrocha presque toute seule sous la force du geste, retombant mollement dans l'abdomen du mercenaire qui venait, par ces manœuvre, de trouver la mort. Déposant mon regard sur l'organe en question, je constatai la teinte de ce dernier. De grandes tâches parcourant l'organe, transformant sa teinte pourpre en une nuance de brun et de points noirâtres. Ses formes rugueuses, irrégulières, démontraient toute l'atteinte à ce qui servait pourtant de "pompe" au système humain. Jetant sans ménagement l'organe en question, je vins ensuite analyser les autres organes. Tous sans intérêt. Soit les ravages de l'alcool avaient fait leur œuvre, soit les viscères se trouvaient trop volumineux pour être transportés. De plus, je ne pus réellement m'occuper intensément du sujet, entendant un bruit provenant d'un buisson voisin. Ma magie s'activant, ma forme se changea doucement, altérant mes membres, ma silhouette et mon apparence pour prendre devenir un long serpent, glissant dans l'herbe nocturne pour me rapprocher du nouvel arrivant. Ce mercenaire, fier et l'arme au clair, posa ses yeux marrons sur le campement et ses camarades torturés. Tout d'abord, il remarqua les victimes de Mélantha, à la fois inquiets et furieux. Puis, son regard passa sur les restes de mon sujet. Et l'inquiétude se mua en une haine profonde.

    - Je ne sais pas ce que tu es, monstre, mais jamais tu n'aurai du t'en prendre à la lame des bois d'argent!

    Il était sûr de lui. Il était beau. Et, surtout, il était stupide. Glissant sur la terre fraîche, je m'amusai à observer la multitude de pics ombreux qui vinrent se jeter sur lui. Rien de mortel, bien sûr, ma comparse aimait prendre son temps et s'amuser. Mais, cela fut suffisant, au moins pour lui faire lâcher son arme. Grimpant doucement le long de son corps meurtri, le guerrier ne lutta même pas contre ma forme serpentine alors que je glissai sur son corps blessé. Puis, dans un sifflement menaçant, je le fis enfin réagir. Un beuglement, une tentative de se débattre pour me projeter au loin. Quand sa main ensanglanté toucha mes écailles, je mis fin à ma magie, apparaissant dans un nuage de fumée noir tel un démon venant récupérer l'âme d'un pauvre animal de compagnie sous contrat. Mon masque corbin, reprenant sa place sur mon visage alors que mon manteau entourait ma structure humanoïde, je fis simplement craquer ma nuque en penchant ma tête sur le côté tandis qu'un léger éclat d'acier reflétait la lumière orangée du feu de camp.

    * Effectivement, nous sommes des monstres. *

    Ma voix s'était répandu, à la fois dans l'esprit du malheureux, que dans celui de la liche m'accompagnant. La lame fila dans les ténèbres, vive et précise, s'enfonçant sous les épaules puis à l'intérieur des genoux dans des mouvements précis. Les pics d'ombre, eux, semblèrent également agir sans que j'y prête attention. Non pas par manque d'intérêt, mais par pure complémentarité. La mort vivante agissait de concert avec moi, comme un balai macabre qui recommençait sous les suppliques silencieuses de ceux à qui nous prenions la vie.

    Le corps du bougre céda, s'effondrant sous son propre poids tandis que ses ligament sectionnés ne pouvaient plus le soutenir. Attrapant la tête du guerrier qui était allé se soulager la vessie avant notre assaut, je le forçai à fixer les restes déchiquetés de ses compagnons. Immobile, à notre merci. Bougeant ensuite son facies pour le diriger vers ma cadavérique amante, j'étirai sous mon masque un sourire particulièrement carnassier, tandis qu'elle ressentait probablement toute mon excitation.

    * Il est tout à toi, très chère. Fais le souffrir pour nous. *  
               
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  • Lun 21 Aoû - 2:20
    A la vue du quatrième voyageur, Mélantha prit un air totalement ennuyé de sa venu. Il n'avait même pas fait l'effort de prendre des précautions en se faisant discret. D'un simple coup de bras, la liche fit apparaître une multitude de piques qui frayèrent leur chemin jusqu'à l'énième imbécile. Les coups n'étaient pas précis, seulement une volet sur une ligne droite. Cela ne ferait que le blesser de manière superficielle. Lorsque l'imprudent tomba sur le dos, le Docteur apparut sur lui dans un nuage de fumée noire. Mélantha n'avait pas remarqué à quel moment s'était-il éclipsé, et à quel moment il avait réussit à sauter sur la victime. Mais le résultat était là, ils étaient avantagés et gagnants.

    Lorsque la voix du Docteur résonna dans sa tête, elle aurait voulu être à la place du malheureux. Elle se pinçait les lèvres alors que l'homme à ses pieds gémissait le nom de son comparse. Sans même le regarder, toujours fixant le Docteur, elle lui mit un grand coup de pied dans la bouche pour qu'il n'interrompt point le fantasme qu'elle se faisait. Elle continua tout de même de l'aider dans la lutte gagnante du Docteur. Puis il revint avec leur quatrième victime.

    Ainsi, voici le résultat de leur assaut furtif. L'un était inconscient, manquant d'air. Un autre avait été dépecé par le Docteur. Quant aux deux derniers, ils étaient quelques peu abîmés mais bien conscients, attachés poignets et chevilles par des liens d'ombres, les fixant au sol. Mélantha voulut torturer un peu le fameux "Arthur" avant de passer aux choses sérieuses. Rien de bien passionnant, elle ne faisait que lui mettre des coups de pieds de plus en plus fort en essayant de savoir à quel moment supplierait-il sa mère. Cela commença avec des coups dans sa tête pour ensuite venir écraser son abdomen par à-coups. Mais ce chanceux était bien robuste ! Pour devoir l'entendre elle avait dû sauter sur lui, bondissant à pieds joints. Une fois qu'il se mit à gémir, elle le laissa tomber. Il fallait le garder vivant après tout.

    Mélantha demanda à disposer le dernier corps ramené par le Docteur, à un endroit précis. Les corps allongés formaient un cercle autour du feu de camp. La liche passa voir chaque victime, prenant sa dague et récupérant leur sang sur la même lame. Parfois elle perça leurs peaux, pour d'autres elle avait seulement besoin de l'enfonçait dans la plaie déjà béante.

    Puis elle rejoignit le centre avec son amant. Le feu crépitait derrière eux, réchauffant une partie de leur visages. Mélantha ne quittait pas le Docteur des yeux tout en tirant la carte qu'elle n'avait pas pu utiliser précédemment. Elle étala les liquides sanglants mélangés sur la carte puis, la main levée entre eux, la carte entre l'index et le majeur.

    Médecine et Tarot [Mélantha] - Page 2 Rfxqlo10

    Elle donna un coup de pichenette pour que la carte s'envole au dessus d'eux. Elle y mit un peu de magie pour que la carte s'élève plus haut. Invoquant quelque chose immonde. En effet, au dessus d'eux, à la place de la carte. Un monstre possédant quatre grandes pattes, un petit corps et une tête en forme de soleil noir, fit son apparition. Il ressemblait à une araignée géante au visage cauchemardesque. Son apparence donnait l'impression qu'il était très puissant, mais c'était plutôt illusoire. Ce n'était qu'une invocation des ombres en plus.

    Médecine et Tarot [Mélantha] - Page 2 Srpout10

    Il retomba de l'autre côté du feu. Il était dépourvu de conscience et pourtant il savait ce qu'il devait faire. Ayant prit vie par le sang de ses victimes, la monstruosité regarda ses cibles, passa dessus, plantant ses griffes par inadvertance, provoquant un début de hurlement. Puis, ayant prit ses marques, il se mit au travail. Rentrant son corps d'ombre, ne laissant que le visage de soleil. Il se mit à rouler, telle une roue, écrasant les corps, les faisant souffrir à tour de rôles. Il tournait en rond, autour du camp, enfermant le duo en son centre. Il avait cette particularité plutôt mignonne comparé à son image, en s'activant, d'émettre une petite musique. Cette même musique que Mélantha chantonnait de temps à autres.


    Alors que le soleil noir tournait autour d'eux, son visage terrifiant face à eux. La liche attrapa la main du Docteur, similaire à quand elle avait joué avec le squelette dans son bureau. Apparemment il devina très vite où voulait-elle en venir et suivit en disposant ses mains sur elle, telle une valse. Sa main sur sa hanche et une autre au creux de sa main. Ainsi, entre les hurlements, le bruit liquide des organes, le sang qui giclait de temps à autre et la chansonnette du soleil noir. Le couple se mit à valser autour du feu. Mine de rien, Mélantha était une grande amatrice de la danse et du chant. Bien que c'était toujours dans les situations morbides qu'elle s'y appliquait, elle avait eut la chance de s'entraîner à plusieurs reprises. Après, son expertise n'était propre qu'à elle même, ne se fiant sur aucunes autres bases. Et avec ceci, qu'est-ce qu'elle riait. Pour le Docteur, toujours parfait dans sa perfection, se droiture et son sens du détail, savait mener la danse tel un expert. Après tout, ils étaient surtout guidés par la folie, et celle-ci sonnait toujours juste.

    Ils passèrent un long moment à se pavaner autour du feu qui commençait à s'éteindre. Le monstre arrêtait doucement de tournait. Du moment qu'il n'y avait plus de sang à verser, il n'avait plus aucune utilité. Il ne tarda pas à disparaître dans sa poussière d'ombres, laissant derrière lui la carte qui l'avait invoqué. Ainsi, à sa disparition, Mélantha finit la danse en enlaçant son cavalier. Un geste doux relativement rare, mais elle avait tellement était comblé d'ici ces dernières heures qu'elle se laissa bercer par les émotions que seuls les mortels pouvaient en jouir. Un geste qui ne dura pas, elle n'était pas fragile à ce point non plus.

    Elle le quitta pour récupérer la carte qui l'attendait sagement. Elle vérifia l'état des corps qui n'était que charcuterie, il n'y avait plus rien à faire d'eux.

    "En tout cas, c'était une sacrée partie de plaisir. Hâte d'arriver en ville !"

    Elle se mit à rire et se tourna vers le Docteur. Après un bref échange, il fallait finaliser la nuit. Peu importe comment finirait-elle. Ils se poseraient un moment ou l'autre, regagnant leur énergie dépensée à cet assaut. Puis reprendraient la route le lendemain à l'aube.


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  • Lun 21 Aoû - 13:54
    Mes yeux rivés sur la liche qui m'accompagnait, je faisais en sorte de mesurer chacun de mes pas, en rythme avec la sombre mélodie que son invocation laissait entendre. Un balai macabre, au milieu de plusieurs corps déchiquetés dont le sang servait d'essence aux mouvements circulaire d'un soleil noir. Cette danse que nous partagions était le reflet d'un sadisme et d'un appétit pour le morbide qui nous animait tous les deux. Une passion cruelle que nous pouvions assouvir dans les bois sans aucune honte. L'un pour l'autre, nous étions tels des avatars de la mort, se réjouissant du raisiné giclant autour de nous de la même façon que certains couples s'épanouissaient au milieu des fleurs d'un jardin entretenu. La mélodie glissait dans l'air comme un écho sordide qui se répercutait dans les cris des pauvres malheureux achevés. Une danse macabre qui guidait nos mouvements et forçait un tempo à la fois lent et rapide. Erratiques. Fous. Voila ce que nous étions. Et cela nous convenait parfaitement. Quand enfin la musique cessa et que le soleil noir s'en alla, je vins ancrer mes yeux sur ceux de la mort vivante qui m'accompagnait. Puis, dans un sourire, j'écoutai ses mots tandis que notre passion grandissait encore un peu plus. La nuit était encore jeune et c'est ainsi que nous repartions vers notre propre campement, laissant celui des voyageurs en proie aux ténèbres et aux futurs vautours et insectes qui se sustenteraient de la bouillie laissée par l'astre obscur. Une fois revenue à ma tente, j'ouvrai cette dernière avant d'inviter Mélantha à me rejoindre, un sourire glissant sur mes lèvres tandis que je revis encore le massacre précédent.

    Le lendemain matin, nous reprenions la route vers le Nord. Comme la veille, les routes restèrent calme mais plus nous nous rapprochions de la ville républicaine, plus nos chemins croisaient des aventuriers, voyageurs et autres marchands itinérants. La vie s'intensifiaient à chaque kilomètre parcourut et, assez vite, le chemin de terre sur lequel nous avancions se changea en une route plus travaillée et marquée de pavés bien entretenus. A plusieurs reprises, la route se scindait en plusieurs autres veines terreuses, menant à des petits bourgs mitoyens à la cité majeure de la république. Arrêtant ma monture à l'approche d'un de ces embranchements, je pointai du doigt la direction d'un des chemins.

    * Saltshire, une petite bourgade proche de Courage et au pied des montagnes. C'est là bas que se trouve l'orphelinat où nous devons attraper les enfants dont je t'ai parlée. C'est aussi là bas que mon informateur doit me retrouver et nous fournir l'angelot. Je te laisse t'y diriger en première, je ne devrais pas être très long. Les composants m'attendent dans les faubourgs de la cité. Je te retrouve au crépuscule, idéalement au niveau de l'orphelinat. A toi de voir la façon dont on conditionnera le... "Volontariat", de ces engeances. *

    Ecoutant la réponse potentielle de mon interlocutrice, je vins ensuite frapper les flancs de mon cheval pour reprendre la route. Je n'en aurais effectivement pas pour très longtemps mais.. Tout comme elle, je trouvais la récupération des matériaux basiques d'un ennui mortel. Même si ces derniers étaient indispensables à mes recherches, les négociants me les glissant sous le manteau - parfois littéralement - n'avaient jamais de choses intéressantes à dire ou de tâches intellectuellement enrichissantes à réaliser. En vérité, même le paiement demeurait pitoyable. Il s'agissait généralement de la préparation de remèdes contre les maladies vénériennes ou bien de sommes dérisoires que je pouvais payer même sans toucher aux finances offertes par Zelevas.

    Arrivant finalement dans les faubourgs de la cité, je pus aisément remarquer l'activité s'y déroulant. Des badauds, accaparés par leurs affaires s'acharnaient à charger et décharger divers biens plus ou moins légaux tandis que le soleil suivait sa course. Pour eux, les journées étaient bien trop souvent marqués par le cycle jour-nuit. Une vie d'esclave, masquée par le principe brumeux de liberté et d'enrichissement alors que la plupart obtenaient juste de quoi nourrir leur famille et ne pas sombrer dans la mendicité qui, au sein de cette nation, était souvent synonyme de non-retour. M'arrêtant devant une herboristerie, je mis finalement pied à terre pour entrer dans le magasin. A l'intérieur, une multitude de plantes médicinales et exotiques venaient saisir les clients de leurs arômes si particuliers. Au fond du magasin, une étale servait de zone de paiement et de comptoir pour les propriétaires des lieux tandis que, sur la gauche, plusieurs étagères montraient fièrement différents minéraux à la rareté variable. Près de l'entrée, enfin, un mercenaire servant de sécurité se trouvait là et grattait frénétiquement une lame presque émoussée sur une pipe en bois. N'y prêtant aucune attention, j'avançai donc dans cette jungle artificielle, cherchant du regard l'un des deux propriétaire de l'échoppe. C'est alors qu'une voix nasillarde résonna dans l'allée où je me trouvai.

    - Ah, Docteur! J''vous attendais!

    Quittant l'inspection des plantes, je vins observer mon interlocuteur. Un nain, aux cheveux roux et frisés qui tombaient en cascade dans son dos trapu. Son visage, carré et brute, se retrouvait habillé d'un bouc parfaitement taillé et de quelques petits cratères d'acné. Ses yeux verts, fatigués mais toujours vifs, glissaient sur mon masque sans aucune peur.

    - Mirelda m'a prévenu de votre arrivée et de la cargaison que je devais vous remettre.
    * Mirelda? *

    Ma voix résonna dans son esprit, lui étirant une légère grimace tandis qu'il affrontait ma télépathie avec malaise. Puis, comme auparavant, il reprit sa trogne aimable.

    - Mirelda. Ma femme. C'est l'Oni avec qui vous traitez habituellement. Verte, grande, aux cornes tordues comme des crochets de boucher là.
    * Comme la présidente? *

    Un éclat de rire gras s'échappa de la gorge du demi-homme à la suite de mes propos. Visiblement amusé, ce dernier m'invita à le suivre d'un mouvement de mains tandis qu'il se rendait vers le comptoir.

    - Ouais, comme la présidente. J'pense que j'fais partie des rares élus qui peuvent se vanter de besogner Mirelda tous les soirs ah!

    Léger silence, sans réaction autre que le fait que je l'observai de haut en bas, impliquant beaucoup de choses.

    - Ahem. Z'êtes pas des plus loquaces vous. Mimir m'avait prév'nu. V'la pour vous, comme prévu. Deux kilogrammes de fleurs du diable, un kilo de fouettards et quelques manaellas en plus d'un kilo d'opium. Oh et... Il sortit une bourse particulièrement remplie. Deux kilos de poudre d'aether! C'bien ça?
    * Oui. *
    - Et bha parfait. Inutile de payer du coup, ma femme m'a dit que ça remboursait aisément la potion que vous lui aviez concocté lors de votre dernière visite.

    Une poignée de main, par principe, puis je repartais finalement avec mes matériaux enfouis au fond de ma sacoche à présent bien alourdie. En soit, ces produits étaient assez simples à se procurer, et j'aurais aisément pus les commander au cours d'un des besoins pour le laboratoire. Seulement.. Ces produits spécifiques serviraient à la préparation d'une expérience personnelle, qui n'empiétait en rien sur mes travaux concernant la république. Aussi, peut être par pure honnêteté intellectuelle et morale, je préférais moi même me procurer ces matières premières. Tout comme les enfants à récupérer ou l'ange, d'ailleurs. Même si dans leurs cas, les différentes expériences serviraient un but plus large que la nation bleue. Sortant les produits achetés pour les déposer dans les sacs de transports situés sur les flancs de mon cheval, je grimpai ensuite dessus et quittai les faubourgs de Courage pour me diriger vers Saltshire. Là bas, Mélantha m'attendrait probablement au niveau de l'orphelinat, ou de la taverne.

    Médecine et Tarot [Mélantha] - Page 2 XlS5J23

    Tandis qu'une fine pluie tombait inlassablement sur le petit bourg qu'était Saltshire, je laissai les gouttelettes humides glisser sur mon manteau de cuir, ma capuche et mon masque corbin. L'activité des rues, au préalable intense, s'était désagrégée à mesure que la pluie s'était intensifiée et que le soleil avait entamé sa course vers l'horizon. A présent, il ne restait dans les rues que quelques individus pressés ou bien des voyageurs tels que moi. Arrêtant mon cheval au niveau d'un officier républicain qui se reposait sous un porche, flasque d'alcool à la main, je lui tendis un papier sur lequel était inscrit le nom de l'orphelinat et de la taverne. Toussotant en finissant sa gorgée, le bougre me dévisagea en arquant un sourcil avant de finalement m'indiquer de sa voix grasse où se trouvaient les lieux que je recherchais. A présent, il ne me restait plus qu'à m'y rendre pour retrouver Mélantha et voir comment les choses s'étaient déroulées de son côté. Mon investigation allait naturellement commencer par l'orphelinat puis, si je ne la trouvais pas là bas, par la taverne où je comptai prendre une chambre. Remerciant le gardien de la paix d'un signe de tête approbateur, je fis ensuite claquer les rênes de mon cheval.

    La journée commençait à se faire longue, et j'avais une liche à retrouver.
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  • Lun 21 Aoû - 19:52
    "Très bien, je ne pense pas en avoir pour très longtemps non plus. Si j'ai fini avant toi, rejoignons nous à une taverne proche de l'orphelinat. Mais avant, j'aurais besoin d'une certaine drogue..."

    Elle désigna une drogue permettant de garder endormi ses futurs victimes. Le Docteur lui trouva un échantillon tout en parlant de dosage. Chose qu'elle prit en compte silencieuse. Puis ils se séparèrent à l'intersection menant à Saltshire. Elle prit avec elle la charrette permettant de transporter leurs... cargaisons. Ce faubourg était vraiment petit, il serait aisé de trouver son chemin, et puis elle n'avait pas l'intention de se faire remarquer en demandant de l'aide, déjà que son physique était assez particulier. Ce dont elle était consciente.

    Elle fit quelques tours de rues et détourna quelques impasses puis la liche trouva enfin les lieux. L'orphelinat était miteux comme la plupart des bâtisses de ce genre. Les enfants étant trop coûteux pour entretenir convenablement les lieux. Et encore, en République ils étaient en meilleur état qu'au Reike, pour le peu qu'il y en avait. Mélantha était bien tombée, apparemment c'était l'heure de faire gambader les petites bêtes. Une fae, plutôt âgée regardait les enfants avec bienveillance, mais face aux adultes ou aux nouveaux venus, elle semblait terriblement aigris. Mélantha n'échappa donc pas à ce regard mauvais, dont elle répondait par un sourire aux mêmes augures.

    *

    Lukas, isolé, jouant à faire des dessins sur le sol poussiéreux, releva la tête lorsque dans son champ de vision, il crut apercevoir du mouvement. Une mystérieuse femme pâle, élancée et vêtue de noir se rapprochait de sa tutrice. Sûrement une potentielle maman voulant adopter ! Certes elle avait une aura particulièrement... originale. Mais ce petit ange avait tellement d'amour à revendre, il était certes timide, il était cependant très généreux. Il se leva et voulut accourir vers les deux femmes pour savoir ce qu'il s'y disait. Malheureusement pour lui, les fortes têtes, ses harceleurs l'en empêchèrent, profitant que la fae soit distraite. Ils étaient deux et sûrement plus âgés que lui, un an d'écart seulement suffisait à imposer le respect dans le monde des petits.

    "Bah alors Lukaka ! Tu veux aller sous les jupes de Marguerite encore ?"

    Ils lui cachèrent la vue qu'il avait sur la mystérieuse femme. Puis l'emmenèrent plus loin, cacher derrière les toilettes externes. Un énième manège qu'il ne connaissait que trop se répéta, frappé, poussé et insulté par les deux brutes. L'un était un gobelin et l'autre un hybride reptilien, ne laissant que ses écailles verdoyantes supposer sa race.

    "Tu crois que tu vas te faire adopter avec la gueule que t'as ?"

    "Écoute le bruit qu'il fait quand on le pince là."

    Et ils rirent ensemble. Qu'est-ce qu'on pouvait être cruel à cet âge. Ils frappèrent sur les hématomes déjà existants, lui brisèrent le nez une troisième fois ce mois-ci. Certes ils seraient sûrement punis mais la fae était tellement douce qu'elle finissait par décréter qu'ils ont une enfance difficile et donc excusable. A chaque coups, il haïssait le monde. Un coup de pied dans l'abdomen. Il imaginait arracher les écailles de ce vil serpent ! Un coup de poing sur la figure. Il souhaiterait briser les os de ce gobelin ! Une dent tomba. Il ferait payer à cette vieille peau d'être restée passive. Et un dernier coup dans ses parties intimes pour finir à terre. Imaginant le monde à feu et à sang.

    Il pleura longuement, les petits diablotins s'étaient éclipsés, retournant au jeu de la balle. Il se redressa, s'appuyant contre le bois de la cabine des toilettes. Il pleurait toujours mais en silence. Il regardait son dessin effacé, du coin de l’œil.

    Une main se posa sur son épaule, un petit garçon humain, semblable à lui. Les yeux et les cheveux ondulés de jais avec la particularité d'avoir une mèche blanche lui tombant sur le visage. Il ne l'avait jamais vu auparavant, mais l'orphelinat était tellement grand qu'il n'était pas impossible de ne pas l'avoir remarqué. Il semblait être du même âge que lui, et avait des hématomes partout sur lui.

    "Je sais ce que ça fait... Je les ai vu te frapper comme ils l'ont toujours fait avec moi depuis que je suis ici."

    Lukas resta mué, toujours plongé dans sa peine et ne démordant pas avec sa haine contre le monde. Plutôt ironique avec tout l'amour qu'il souhaitait donner. Comme si le garçon à la mèche blanche le lisait comme un livre ouvert, il comprit son manque d'affection profond. Il posa sa main sur celle ensanglantée de Lukas.

    "Écoute, si on est deux à leur régler leur compte, on peut s'en sortir ! Et ils ne nous embêteront plus jamais. Regarde..."

    Il sortit de son dos une dague aux allures lugubres.

    "Je l'ai volé à la madame bizarre."

    Lukas, bien que son envie meurtrière était enfantine, se retrouva effrayer de voir une arme. Effaçant d'un seul coup toute haine qu'il avait pu ressentir. Mais le garçon aux cheveux de jais se précipita pour le rassurer.

    "Je sais que ça fait peur mais... Tu t'imagines si on a jamais de parents à force de se faire ruiner par ces petits cons ? Qu'est-ce que tu as ressentis quand tu te faisais battre. Ne souhaitais-tu pas te venger ? Les entendre pleurer, les voir saigner. Je ne te parle pas de les tuer... Juste de leur faire payer à juste titre !"

    Le malheureux regarda la lame qu'on lui tendait, peu certain mais en pleine réflexion.

    "Je suis persuadé que tu es capable de grandes choses. Je suis sûr que tu peux le faire. Je serais là pour te soutenir. Fulang dìoghaltas comme on dit par chez moi"

    Le garçon à la mèche blanche retira sa main, regardant le sang qu'il avait sur les doigts. Puis, ils se regardèrent, déterminés. Une flamme d'espoir pour Lukas, une lueur mauvaise pour le pâle gamin. Tel un héro dans les histoires qu'on lui lisait, il empoigna l'arme, emplit d'un courage factice. Motivé par de simples paroles en l'air et une rancune sans nom qui durait depuis déjà des années. C'était le renouveau. Il se leva droit, bien qu'avec difficulté. Il était inarrêtable. Il ne se cacherait pas pour faire payer aux merdeux. Le garçon aux yeux de jais le suivait telle une ombre et se faisait bien discret, mais sa présence le rendait fort.

    La plupart des enfants étaient déjà rentrés dans l'orphelinat, seuls les brutes tardaient, comme à leur habitude. Mais cette fois-ci, il aurait mieux valu ne pas rester dans les parages. Il cacha la dague dans son dos dans un premier temps.

    "Eh regarde, c'est Lukaka ! T'en veux encore ? Oh mais t'as un copain, ça fera un en plus."

    Le petit garçon, qui était dans sa tête, un grand guerrier de la justice, se jeta sur celui qui venait de parler. Le serpent. Il pleura de rage en lui lacérant le visage, il était prit d'une adrénaline qui lui donnait une force infinie. Il lui retira les écailles en passant la lame dessus, le râpant telle une carotte. Le gobelin était retenu par le garçon silencieux. Il le soulevait avec tellement d'aisance. Seul un sourire mauvais, une lueur rouge dans les yeux, était sa réaction.

    L'hybride serpent se roulait en boule, se tenant les bras meurtris. Les écailles éparpillées.

    "T'es devenu complètement barjo ! Tu vas le payer Lukamerde !"

    Le gobelin aurait dû se taire. Il venait d'attirer l'attention de Lukas. Le garçon inarrêtable se jeta sur le gobelin pour le plaquer au sol. Il lui tirait les bras en arrière, poussa avec son pied. Disloquant ses deux bras, brisant peut être un os. Le gamin silencieux s'était éclipsé comme par magie et avait éviter l'impact de l'assaut.

    Après une rage défoulée, Lukas se calma, et réalisa ses actes. Ce n'était pas lui. Qu'avait-il fait ? Il lâcha la dague, prenant peur de lui même. Comment avait-il put aussi aisément succomber à une haine insensée ? Il pleura. La vengeance ne servait à rien ! Voilà ce que ses actes lui répercutaient. Dans le désespoir, il regarda le garçon aux cheveux de jais pour savoir si lui aussi se rendait compte de leur monstruosité. Cependant, ce dernier semblait très calme. Il ramassa la dague.

    "Bien joué, tu t'es vraiment bien débrouillé. J'en suis surprise."

    La silhouette du garçon mystérieux, s'élança et se féminisa. Laissant place à... Mélantha. Lukas était terrorisé, c'était la femme de tout à l'heure ! Il était tétanisé. Il ne savait pas si il devait être reconnaissant ou la craindre de plus bel. Mais... Son manque d'affection, donnant ainsi sur une dépendance affective l'empêchait de fuir. Il resta immobile.

    *

    Mélantha caressa la joue du petit garçon qui s'était fait manipulé. Satisfaite d'avoir deux enfants invalide à sa disposition. Puis elle sortit un tissu, y appliquant la drogue qu'elle avait quémandé au Docteur. Elle attrapa les deux petits corps en les plongeant dans un sommeil forcé par la drogue.

    "Vis bien ta vie, Lukas."

    Puis s'éloigna sans demander son reste, les deux brutes inconscientes sous les bras. Le ciel s'était assombrit et son départ fut marqué par la pluie qui tombait timidement. Le petit garçon la regarda. Puis regarda l'orphelinat lugubre, l'on put apercevoir les jambes de la fae joncher derrière un buisson, mais le naïf qu'il était ne l'avait même pas remarqué. Avant même de prendre une décision de partir ou rester, une tentacule obscure tirant son col fit le choix pour lui. Il finirait dans le même état que les deux autres.

    Mélantha esquissa un sourire en gloussant. Avec la pluie, dont elle ne se protégea aucunement, il lui serait facile de cacher les corps, avec la populace fuyant l'averse. Assoupis, ils finiraient dans des caisses, sur le chariot qu'elle avait prit avec elle lorsqu'elle s'était séparé du Docteur, dans le coin d'une impasse. Un hybride reptile, un gobelin et un humain. Ils étaient empilés comme des cadavres, la respiration se faisant difficile. Mais la caisse était assez large. Ils dormiraient comme des bébés, au chaud avec... leur chaleur corporelle.

    La liche entra dans la taverne, proche de l'orphelinat, où ils s'étaient donnés de se rejoindre. Trempée et quelques peu fatiguée, elle s'installa, se laissant tomber sur les sièges en soupirant. Le Docteur ne saurait tarder à arriver. Elle lui raconterait comment elle s'est joué de l'humain. Détaillant une chose que le garçon n'était pas au courant. Il avait été maudit à son égard, subissant une soif de sang insatiable jusqu'à ce qu'il ne se venge.


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  • Mar 22 Aoû - 0:30


    Me rendre jusqu'à l'orphelinat ne fut pas très compliqué. Fort d'environ cent habitants, Saltshire n'était pas un bourg suffisamment grand pour que les visiteurs puissent se perdre dans leurs pérégrinations. Ne me préoccupant pas le moins du monde de la pluie qui venait s'échouer sur moi, je guidai donc ma monture vers le bâtiment qui servait habituellement de refuge aux orphelins et autres pupilles de la nation. Et quel ne fut pas ma surprise! Devant la bâtisse, plusieurs personnes se trouvaient regroupées tandis que de légers cris s'élevaient près de l'entrée. Curieux, je m'approchai donc à mon tour afin de voir de quoi il en était. Tirée depuis des buissons, une vieille fae se retrouvait étalée dans l'herbe tandis que des badauds cherchaient à comprendre ce qu'il se passait. Devant le corps, un officier républicain au ventre bedonnant tentaient quant à lui de déterminer les causes du décès. Descendant de ma monture, je m'approchai subitement de la scène en dégageant sans ménagement la foule sur mon passage. Relevant subitement la tête, le pauvre homme sembla complètement perdu alors qu'il analysait vaguement ma tenue.

    - Vo... Vous êtes médecin? Un hochement de tête approbateur. J'm'y connais pas en ces trucs là. S.. Son corps est... Bizarre. J'sais même pas comment elle est morte. Pouvez voir?

    J'avais toujours été impressionné par la confiance que certains humains pouvaient m'accorder. Si l'on disait souvent que l'habit ne faisait pas le moine, il fallait bien reconnaître que le proverbe était d'une absurdité profonde. Avec ma tenue, de nombreuses personnes partaient automatiquement du principe que j'étais maître dans l'art de la médecine et, chaque fois, ils n'avaient pas tort. Aussi, cela me permettait de me mettre plus vite à l'œuvre. De plus rapidement ausculter mes patients ou sujets éventuels. Dans le cas de notre chère fae, ses marques étaient bien étonnantes. Aucune trace de lacérations véritables au niveau des membres supérieures, ni au niveau de la gorge. Son buste, enfin plutôt sa robe, ne portait pas non plus la moindre trace de déchirures. Son visage, cependant, comportait une multitude de micro expressions caractéristiques d'une terreur profonde. Sortant mon carnet, je commençai à prendre des notes avant de finalement les montrer à l'officier, lui faisant comprendre mes prochains gestes. Se redressant, ce dernier me fit un signe de tête avant de chasser la foule. N'attendant pas spécialement, je venais soulever le jupon de la vieille femme pour observer de potentielles ecchymoses sur ses jambes sans succès avant de finalement reporter mon étude aux bras et aux mains. La raideur de ces dernières n'était pas non plus significative. A vrai dire, la seule chose véritablement déterminante se trouvait au niveau du crâne où, après une inspection plus minutieuse, je remarquai finalement une légère blessure. Visiblement provoquée par un choc contondant, cette dernière s'articulait parfaitement avec une chute potentielle de la victime. Non pas d'une hauteur, simplement de sa position debout. J'en arrivai donc à une conclusion évidente. Une mort subite issue de l'arrêt total du cœur. Renforcé dans mon idée, il n'y avait sur les lèvres et le nez de la victime aucune forme d'asphyxie ou d'empoisonnement. Sous mon masque, un léger sourire vint se placer sur mes lèvres en imaginant ce que Mélantha avait bien pu faire à cette pauvre fae pour l'effrayer au point que son cœur ne s'arrête.

    Quand l'officier revint finalement à mon niveau je notai sur mon carnet la cause de la mort et demandai à pouvoir inspecter l'intérieur de l'orphelinat, ou tout du moins, ses alentours. D'un nouveau mouvement de tête approbateur, le grassouillet m'accorda l'honneur de me balader près du bâtiment en quête d'un indice qui m'aurait permis de revenir sur mon premier constat. Et, effectivement, rien ne le permettait. La liche avait fait du bon travail, car en se débarrassant de la directrice de l'orphelinat, il était compliqué de tenir le compte des enfants ayant disparus. Encore plus quand, lors de mon inspection, je vins maladroitement détruire le fameux registre. Un hasard malheureux, assurément. Ressortant finalement du bâtiment, je retournai près de l'officier tandis qu'il était rejoint par quelques collègues. Dans ce bourg, les figures d'autorités officielles n'étaient pas nombreuses et, très souvent, leurs déductions faisaient lois et ne nécessitaient pas la venue de limiers ou autres inspecteurs. Faisant mon rapport par écrit au pauvre homme surchargé par une future paperasse qu'il n'avait pas envie d'écrire, mon verdict médical lui fit lâcher un long, très long soupir de soulagement.

    - Oh bordel, j'ai crut qu'on avait tenté de buter la vieille Marguerite... Beaucoup de gens la détestaient vous savez? A part avec les gosses, elle était insupportable. Mais si quelqu'un l'avait tuée, on aurait dut mener l'enquête et inscrire encore et encore dans de longs rapports nos soupçons éventuels. Et cette ville, c'est un nid de soupçons permanent. Merci à vous docteur, j'vais me contenter de ça. De toutes façons, une nouvelle directrice devait bientôt prendre le relais à la place de cette vieille mégère alors... On va juste demander à ce qu'on l'enterre dignement.

    Une poignée de main, puis un départ. Ahhhh, Mélantha... Je me demandai bien ce que tu avais pu capturer! Remontant sur ma monture, je me dirigeai donc ensuite naturellement vers l'auberge où la liche m'attendait. Donnant ma monture au palefrenier, j'entrai donc finalement dans le bâtiment aux mille festivités pour laisser un brouhaha désagréable se jeter sur mes oreilles. A l'intérieur, une bonne partie du village était présente et déjà, les badauds commençaient à parler de l'orphelinat. Ragots et rumeurs y allaient à tout va, d'une machination des titans à la vengeance d'un amant gérontophile, tout y passait. Fort heureusement, personne ne soupçonnait la mort vivante qui m'accompagnait. Parfait, nous serions partis bien avant qu'ils ne commence à porter leurs soupçons vers nous. Composée d'environs une cinquantaine de tables et d'un grand bar au fond de la salle, l'auberge possédait également de grandes fenêtres aux armatures en fer forgé, ce qui permettait habituellement de laisser une lumière naturelle pénétrer dans le bâtiment. Malheureusement, avec la pluie battante et la nuit tombante, ces fenêtre ne laissaient entrevoir que le reflet des clients déjà trop saouls ou trop occupés à se sustenter pour remarquer leur propre image. Parmi ces tables, deux jeunes serveurs naviguaient plus ou moins adroitement entre les tables afin de proposer boissons et nourritures aux différents consommateurs tandis que, derrière le bar, une humaine à la gorge beaucoup trop sèche beuglait sur les clients qui osaient renverser de la cervoise sur le bois verni. Sur la gauche et la droite, de grands escaliers de bois menaient au second étage et aux balcons qui permettaient l'accès aux chambres. Enfin, trois grands chandeliers pendaient doucement depuis les poutres apparentes, permettant de projeter une douce lumière orangée sur la salle.

    Analysant l'entièreté de la taverne, mes yeux cherchèrent doucement la silhouette de celle qui partageait ma route, mes douleurs et mes plaisirs. Finalement, je l'aperçu, adossée à une chaise en bois et fixant les verres humides d'une des fenêtre près de sa table. M'approchant donc de Mélantha, un large sourire se dessina sur mes lèvres au moment où elle me remarqua enfin. M'asseyant en face d'elle, je laissai mon esprit se mêler au sien, prenant la parole.

    * Ravi de te revoir. Alors, la collecte a été bonne? J'ai vu deux trois choses amusantes à l'orphelinat. Dis moi, comment cette fae est-elle morte? En quoi t'es-tu changée pour qu'elle soit si terrifiée que son cœur ne lâche? Une courte pause, afin d'écouter sa réponse puis un enchainement. J'ai pu récupérer les matières premières dont j'avais besoin. Normalement, il suffira de demander un plat particulier aux serveurs, un jambon arrosé d'hydromel, si je ne m'abuse. Cela permettra à mon informateur de venir. Au fait, où as-tu stocké nos charmants bambins? J'aimerai les inspecter avant de partir vers la position du pigeon diviniste. *

    J'écoutai sa réponse, particulièrement intéressé. Puis, quand un des serveurs s'approcha, je laissai la liche passer commande tandis que je gribouillai vaguement sur mon carnet les derniers traits de la vieille fae qui avait trouvé la mort, accompagnant chacun des traits tendus de son visage de commentaires les liant à la cause de sa mort, et la répercussion que cela avait eu sur son faciès. Même si cette pauvre âme était peu intéressante, elle faisait partie d'une espèce que j'avais déjà étudié dans une forme plus... Jeune. Alors, toute nouvelle expérience était enrichissante. Quelques longues minutes après le départ du serveur, où je montrai à la mort vivante différentes zone de l'anatomie humaine où l'on pouvait frapper sans tuer, une silhouette approcha subitement de notre table. Vêtu de vêtements aux couleurs rapiécés et possédant une barbe taillée en triangle, je reconnus presque immédiatement Montgustin. L'humain aux yeux bruns tira à lui une chaise avant de s'asseoir. Nous dévisageant, le bougre étira un large sourire en observant les traits à demi masqués de Mélantha à cause des bougies dansantes.

    - Et bhé et bhé, le Docteur en chair et en os. Ca faisait un bail. Content que tu aies reçu ma lettre, j'étais pas sûr qu'elle te parvienne avec tous ces histoires. Mais hey, la pègre semble avoir toujours autant de liens en république pas vrai?

    Un léger haussement d'épaules de ma part, avant de finalement ouvrir mon esprit à la liche ainsi qu'au bandit repenti.

    * Tu as toujours ton prisonnier? *
    - Toujours. Et chaque jour qui passe me donne envie de retomber dans mes anciens vices. Vous savez pas à quel point c'est insupportable, les paladins de lumière. Encore plus quand ils sont aussi tarés que lui.
    * Taré? *
    - Ouais. Pas comme toi. Il leva la main doucement. Sans offense hein. Lui, c'est juste un bon gros fanatique rescapé de Shoumeï et qui se sent investi d'un devoir divin ou j'sais pas quoi. Il a décidé de s'en prendre à tout ce qui touchait aux écorchés. Et peu lui importe que j'en fasse plus partie.
    * Je vois. *
    - Enfin bref, il est toujours ligoté et drogué suffisamment pour pas avoir envie d'user de ses quelques pouvoirs. C'est qu'il manie quelques sorts l'imbécile!
    * Où est-il? Je suppose que tu ne l'as pas laissé dans une chambre à l'étage. *
    - Nah, il est dans un ancien repère de mon groupe, plus à l'est de Saltshire. Faudrait vous y rendre demain ceci dit. Ce soir, ça me permet trop compliqué de sortir pour y aller, surtout avec la mort de la vieille de l'orphelinat, les officiers vont être à cran et faire chier tout ceux qui osent braver le couvre-feu. Il sortit une carte, la déployant et indiquant d'une croix l'emplacement du repère. Là bas, l'entrée se trouve dissimulée derrière un tas de feuilles et de roches assez facile à dégager. J'vous laisse le récupérer et en faire ce que je veux, comme convenu, j'm'y rendrai pas. Surtout si tu décides de... Enfin voila.
    * A priori, ça ne sera pas le cas. Mais je comprends. Cela faisait partie de notre marché. *
    - Super. T'as l'argent?
    * Bien sûr. Dix pièces d'or. Pour l'effort et les informations. *
    - Toujours un plaisir. Ma femme sera heureuse. J'vais enfin pouvoir lui payer ce voyage qu'elle espérait tant. On va partir vers les îles paradisiaques Doc'. Tu te rends compte? C'est incroyable!
    * Tu m'en vois ravi. *
    - Haha, rabats joie. Enfin bref, un plaisir comme je disais. Vous aussi, madame. Allez, sur ce, j'vais me foutre dans ma chambre. Je partirai à l'aube. Oh et, essayez le poulet si possible, c'est un délice.
    * Adieu Montgustin. *

    Et il repartit, comme il était venu. Laissant simplement derrière lui la chaise qu'il avait tiré au préalable. Rangeant doucement la carte dans ma sacoche, mon attention entière se porta vers Mélantha tandis qu'une étrange pulsion s'emparait de mon être.

    * C'est un piège. Montgustin a sans aucun doute payé d'autres brigands pour nous détrousser ou pire, et ensuite vendre l'ange à d'autres acheteurs. Je levai une main, comme pour l'empêcher de se jeter sur lui. Nous allons suivre son plan et nous diriger vers le repère. Seulement, nous tuerons tout ce qui osera tenter de venir s'en prendre à nous. Puis on récupèrera l'ange comme prévu. Et si Montgustin nous a vraiment trahi... On fera peut-être même un crochet vers le port de Courage avant qu'il n'embarque pour ses îles précieuses. En attendant, je vais aller dans la chambre que j'ai loué, à l'étage. Les geignards alcoolisés commencent à me donner mal au crâne. *

    C'était à la fois une invitation, et une vérité. Pour le reste... La nuit nous réserverait peut être quelques surprises.
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  • Mar 22 Aoû - 2:23
    Mélantha aperçut le reflet du Docteur dans la vitre. L'obscurité extérieure et la luminosité intérieure transformait cette simple fenêtre en un miroir. Les yeux pensifs sur les gouttelettes qui tombaient, imaginant des gouttes de sang, reprirent leur éclat quand ils se posèrent sur le Docteur. Surexcitée de devoir raconter comment elle s'y était prit. Mais elle se contenait de tout dévoiler au risque de parler trop fort et de faire des gestes qui attireraient l'attention trop facilement.

    "Oui, je me suis bien amusée."

    Elle glissa ses griffes dans les fentes de la table qui n'était pas parfaitement lisse.

    "Tu veux savoir comment cette vieille peau a succombé à mon charme ? Je n'ai pas eu besoin de faire grand-chose."

    Elle plaça sa main sur le côté de son visage comme pour se cacher des regards indiscrets. Elle imita à nouveau la tête qu'elle avait fait à la fae mais de manière plus timide, dissimulée. Son visage s'assombrit, s'étira quelques peu en ouvrant une grande gueule. De petites lumières remplaçant ses yeux et dévoilant des canines aiguisées. De quoi donner des cauchemars.

    Médecine et Tarot [Mélantha] - Page 2 Terror10

    Elle reprit très vite sa forme, en riant. Plaçant sa tête dans la paume de sa main qui s'accoudait à la table, elle continua la discussion avec le Docteur. Elle ne se fit pas plus discrète pour le répondre. Après tout, est-ce que les gens pouvaient deviner de quoi elle parlait si l'on n'entendait pas son interlocuteur.

    "Ils sont dans une caisse dans la charrette que j'ai laissée pas trop loin."

    Le Docteur acquiesça, silencieux. Avant de reprendre ses notes. Ainsi, Mélantha s'appliqua à faire la demande spécifique comme lui avait conseillé le Docteur pour faire venir l'inviter. Tout était si bien préparé. Dans le silence de tous il y avait une certaine complicité entre plusieurs réseaux qui mènerait le duo à leur dût. Le serveur approcha pour prendre commande. La liche prit à nouveau ses airs théâtrales. Optant pour des manières de nobles à l'égo surdimensionné.

    "Oh mon brave, j'adooorerais déguster un de vos jambons aspergé d'hydromel. Vous pensez pouvoir me faire ceci, mon joli ?"

    Le serveur ne répondit rien et ne fit mine de rien entendre. Et pourtant son départ avait été provoqué par sa phrase. Elle le regarda s'éloigner d'un air désintéressé. C'était particulièrement pénible de laisser vaquer des âmes si faibles sans qu'ils ne se mettent à chanter. De nouveau appuyé, la tempe contre son poing. Mélantha tapotait ses griffes sur le bois, donnant un rythme répété. Elle jeta un œil aux notes du Docteur en restant à sa position. Rien de bien passionnant, même si cet être passionné pouvait évoquer de l'admiration. Ça n'en restait pas moins ennuyant.

    Elle devenait boudeuse de devoir subir une entrevue "passive". Sentir la table bouger quand le rustre tira une chaise, la dérangea particulièrement. Sans même se mouvoir, elle regarda de travers le guignole qui lui souriait de toutes ses dents. Pourriture. Ses griffes qui dansaient doucement, accélérèrent forçant sur l'impact, montrant une impatience évidente et peu discrète. Elle laissa le duo discuter. D'un point de vue externe, l'on croirait qu'elle observe l’extérieur au delà des vitres. Mais elle ne faisait que guettait l'invité à travers le miroir qu'était la fenêtre. Lorsqu'il partit en fermant enfin son clapet d'homme joviale. Elle lui tira violemment la langue dans son dos. Mais sa frustration se changea en colère quand le Docteur affirma que l'imbécile avait essayé de les piéger.

    Un simple appui sur la table et le Docteur avait deviné les intentions de la liche. Sa main levée était un ordre plus puissant qu'une parole, invitant Mélantha à garder son calme et à rester assise. Sa colère s'estompa quand elle entendit le plan du Docteur, laissant un sourire calmé et léger.

    "Mais avant, on peut aller vérifier notre... marchandise."

    Elle se leva avant le Docteur, l'invitant à la suivre. La pluie s'était intensifiée mais la ruelle où attendait leur chariot, était juste dans le recoin de la taverne. Ce serait un bref coup d’œil. Mélantha sautilla toute fière jusqu'à la caisse, dissimulée sous un voile. Elle bougea le tissu, souleva le chapeau grinçant et regarda par dessus comme si elle était en train de regarder des chatons dormirent dans une petite boite. Les étoiles dans les yeux, elle invita le Docteur à venir les regarder. Telle une mère fière de ses petits.

    Qu'il eut le temps de regarder ou non, la liche dû rabattre le couvercle d'une vitesse et d'une violence en entendant de gros pas humides et le grincement d'une armure. Un officier faisait sa ronde, il devait être d'autant plus vigilant suite à la mort d'un citoyen. Elle jeta un œil au Docteur en espérant qu'il aurait la situation en main. Elle ne pouvait pas se permettre de faire un carnage. Les gens de la taverne les verraient et cela donnerait une situation qui la dépasserait. Mise à part la violence, elle n'avait jamais d'autres options.

    *

    Ainsi, le duo s'en était plutôt bien sorti grâce au sens du savoir-être du Docteur et sûrement de son savoir-faire. Débarrassé du garde, ils avaient vite-fait de rentrer à l'auberge pour finalement rejoindre la chambre louée. La porte se ferma sur la petite pièce médiocre et Mélantha, trempée, éclata de rire. La salle était peu isolée, le parquet craquait. Il n'y avait qu'une petite lucarne pour éclairer la chambre. Un lit double, une petite table et un coffre, rien de très excentrique.

    La nuit était loin d'être terminée. Le Docteur avait prévenu d'un piège concernant la récupération de l'ange, cela n'étonnerait pas la liche qu'ils se fassent attaquer de nuit. Avant de devoir veiller toute la nuit, Mélantha poussa le Docteur sur le lit, l'asseyant sur le bord du matelas. Elle ne prévoyait pas une énième nuit torride mais elle le prévint de ses craintes. Il n'était pas impossible que le Docteur s'en doutait également.

    "Je pense que cette nuit non plus, nous ne dormirons pas."

    Elle joua avec le col de son manteau.

    "Nous allons devoir patienter."

    Elle aurait bien voulu attendre en faisant quelques petites folies, mais peut-être devaient-il rester sur leurs gardes. En effet, leur occupation nocturne serait d'attendre les potentiels assaillants. Après quelques heures, quand la taverne elle même commencerait à se faire plus calme. Mélantha se disposerait derrière la porte, dague en main. Dans l'obscurité totale, son œil, brillant.


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  • Mar 22 Aoû - 4:23
    Quand Mélantha m'empêcha de rejoindre la chambre, je compris rapidement ce qu'elle désirait. Il était vrai que je n'avais pas encore pris le temps d'observer ses captures et il était tout à fait normal qu'elle désire me les présenter. Aussi, la nuit allait être probablement longue donc je ne me faisais pas trop de souci sur le temps potentiellement perdu. Suivant donc la liche jusqu'en dehors de l'auberge, je reçus la pluie battante comme une douce bénédiction. L'avantage, lorsqu'on était recouvert d'une tenue comme la mienne, c'était que ce genre de désagréments ne représentaient plus que des fines caresses coulant sur ma tenue étanche. De plus, je devais avouer qu'il m'avait toujours été préférable de voyager par temps pluvieux qu'en plein soleil. Non pas en raison d'un sentiment désagréable comme pour les vampires ou ce genre d'espèce nocturne, mais tout simplement à cause de l'ambiance. Cette aura brumeuse, masquant l'horizon et déformant les silhouette m'apparaissait toujours comme un voile agréable. Pour le reste, les trombes d'eau qui venaient s'écraser sur le sol permettaient d'étouffer les pas les moins discrets et, mêlés à certains suppliques, les choses pouvaient devenir délicieuses.

    Sous la pluie, donc, et rassuré de ne plus entendre les rires gras et les phrases grivoises des clients alcoolisés de la taverne, je suivi Mélantha jusqu'au chariot où étaient détenus les jeunes enfants. Visiblement pleinement satisfaite de ses trouvailles, la liche semblait presque bondir autour de la caisse qu'elle souhaitait me présenter. Seulement, à peine avai-je eu le temps de commencer mon inspection que le tintement caractéristique d'une armure nous força à refermer le haut de la caisse pour éviter tout problème. Rendus suspicieux en raison de la mort soudaine de la directrice de l'orphelinat, Montgustin avait au moins eu raison sur un fait. Les officiers patrouillaient plus intensément et venaient vérifier les actions et intentions de tous les contrevenants qui ne respectaient pas le couvre-feu mis en place.

    - Hey, vous!

    Me plaçant devant Mélantha pour m'approcher du républicain, je laissai quelques secondes de battements flotter dans l'air afin qu'il puisse prendre toute la mesure de ma hauteur et de ma personne. Le but n'était pas de l'impressionner au point qu'il rebrousse chemin, cela aurait été bien étrange de la part d'un gardien de la paix républicaine, mais plutôt de lui faire comprendre qui j'étais. Et surtout, ce que je faisais là. Levant doucement ma main pour montrer une absence potentielle d'agressivité, je laissai doucement ma magie illusoire se déclencher et venir saisir les sens du pauvret qui se trouvait en face de nous. Ainsi, le chariot derrière nous et rempli d'enfants endormis se mua en une caisse rempli de fioles et autres produits médicaux acides et chimiques.

    * Ne vous inquiétez pas de ma voix, messire, je ne puis m'exprimer autrement. Je marquai une pause, le temps qu'il se reprenne de cette invasion mentale. Nous ne sommes que des chercheurs au service de la République, venus à Saltshire pour récupérer une cargaison de médicaments et autres décoctions. Si vous le désirez, je peux vous présenter nos documents. *

    L'officier sembla d'abord hésitant, assez peu rassuré par nos tenues respectives et l'obscurité nocturne. Puis, s'avançant en soulevant la lanterne qu'il trimballait auparavant à sa ceinture, il reprit finalement la parole.

    - Ouais, montrez-moi. Et j'peux savoir ce que vous foutez en pleine nuit?

    M'exécutant donc, je sortais de ma sacoche les papiers que Zelevas m'avait préparé ainsi qu'une autorisation de commandes républicaine. Un mandat d'achat, ainsi qu'une autorisation de pratiquer la médecine sur le sol de la Nation bleue.

    * Nous avons entendu du bruit et avons aperçu des formes s'approchant de notre cargaison. Si peu de personnes sont au fait de ce que nous transportons, nous avons préféré vérifier qu'aucune fiole de médicament n'était manquante. La cargaison doit partir pour un camp de réfugiés shoumeiens au sud de courage. Regardez. *

    Je me retournai alors vers la caisse et venait en soulever le chapeau, dévoilant aux yeux de l'officier "ensorcelé" un amas presque sans fin de fioles et autres flacons emplis de liquides verdâtres. Pour renforcer la chose, l'odeur avait elle aussi été altérée afin de dégager des arômes de formol et d'acide. Affichant une mine particulièrement dégoutée, le républicain grogna presque tandis qu'il s'éloignait du chariot comme si la peste obscure elle même s'y trouvait.

    - Ouais bon, c'est bon pour vous. Fermez-moi ça et recouvrez le tout avec une toile. Et rentrez dormir aussi, j'aimerai éviter de vous recroi...
    * Oh, regardez officier, là bas! C'est eux qu'on a vu! *

    Le soldat se figea quelques instants avant de se retourner dans un mouvement rapide. Stupéfait de voir des formes danser au coin de la rue, provocatrices. Beuglant après elle, l'officier nous laissa alors pour s'élancer à la poursuite de ce qui n'était en réalité qu'une énième illusion. Tout le long, Mélantha avait pu assister à la scène. Elle avait pu observer le traitement réservé au garde et, si tout comme elle j'aurais souhaité le faire simplement disparaître, j'avais appris à ne pas m'en prendre aussi brusquement aux représentants de l'autorité locale. Il m'était plus amusant de déjouer leurs pièges, de me présenter dans la légalité la plus absolu afin de pouvoir continuer mes travaux, ou ici mes approvisionnements, en toute tranquillité. Le malheureux parti, je retournai donc au niveau de la caisse pour en observer les petits détenus. Amusants. Ils étaient semblables à de petites marionnettes innocentes. Sous l'effet de la drogue que j'avais offert à la liche, ces derniers seraient neutralisés jusqu'au moins le lendemain après midi, où nous serions déjà bien loin de Saltshire et ses complications. Refermant la caisse tout en félicitant particulièrement mon amante, je perçais simplement de ma dague quelques petits trous au dessus du caisson pour améliorer l'approvisionnement en air puis, comme convenu, je venais déposer un tissu sur le tout, m'assurant simplement que la toile ne vienne pas recouvrir les trous précédemment effectués.

    De retour à l'auberge, je constatai avec fatalisme à l'état pitoyable de notre chambre. Si je ne m'étais pas attendu au grand luxe ni à une propreté exemplaire, je dus reconnaitre avoir été surpris. Pour peu, j'en aurai même lâché un rire aussi éclatant que celui de la mort vivante qui s'amusa tout comme moi de notre lieu de "repos". Oh... Oui... J'étais bien d'accord avec ses mots. Posé contre le lit suite à ses mouvements, je fixai son visage émacié tandis qu'elle jouait avec mon col, ressentant les mêmes pulsions qu'elle mais les neutralisant temporairement. Nous allions avoir de la visite, j'en étais certain. Et il valait mieux ne pas être dans une situation handicapante lorsque nos visiteurs arriveraient. Au contraire, nous avions tous les deux bien l'intention de renverser l'assaut nocturne en notre faveur.

    Ainsi, Mélantha vint se placer dans l'obscurité totale de la porte. Positionnée de la sorte, ma cadavérique compagne ne pouvait être remarqué. Seul un œil brillant, et une dague éclairée par la lumière nocturne permettait de vaguement la positionner dans l'absence de lumière. Pour ma part, j'étais venu me placer en position assise contre le mur et sur le matelas. Ainsi recroquevillé, je pouvais aisément laisser croire le fait que je m'étais simplement assoupi et que, de fait, j'étais devenu une cible facile. De longues minutes passèrent alors. Dix. Vingt. Peut-être même trente après que la taverne ne se soit complètement vidée. L'impatience nous guettait, se mêlant insidieusement à l'excitation et l'appréhension du massacre à venir. Finalement, ce fut dans un craquement sordide que les premiers pas se firent entendre. Deux. Peut-être trois individus s'avançaient dans le couloir. Bien. Les cibles étaient au moins identifiables. Arrivés au niveau de notre porte, les pas se stoppèrent subitement. Un long silence, cherchant à capter la moindre respiration hésitante ou surjouée. Malheureusement pour eux, Mélantha ne possédait pas exactement le même fonctionnement qu'un humain et, ainsi, elle passa complètement inaperçue pour les imbéciles qui venaient nous rendre visite. La poignée de la porte se mit alors subitement à tourner, gémissant doucement dans de petits craquements son incapacité à résister au crochetage des potentiels assassins venus pour nous. Quand enfin la serrure céda et que la porte s'ouvrit, je ne pus retenir un souvenir sous mon masque. Ils venaient de signer leur propre acte de décès.

    Le premier tueur entra. A ses pas légers et délicats, à ses oreilles pointues perçants l'obscurité et son corps élancé, je devinai assez facilement la nature elfique du personnage. Quand enfin il eut passé l'ouverture de la porte et s'avançait sur moi, son deuxième comparse entra à son tour. Cette fois il s'agissait d'un corps plus lourd. Trop lourd pour être humain et trop léger pour être drakyn. Dans l'obscurité, seule sa peau foncée et ses deux crocs inférieurs permettaient de déterminer sa nature d'orc. Quel charmant duo. Aussi improbable que létal car, très probablement, ces bougres nous avaient épiés depuis le "repas" d'un peu plus tôt. Seulement... ils venaient s'en prendre aux mauvaises personnes. Dans un cliquetis léger, les deux tueurs sortir respectivement leurs dagues tandis que l'elfe se détournait de ma position pour laisser l'orc approcher. Je ne savais trop si cela était dut à la menace potentielle ou les habiletés naturelles en dextérité des oreilles pointues mais... Visiblement c'était au peau-verte de venir s'occuper de ma personne. A nouveau, un sourire se dessina sur mes lèvres en remarquant que mon amante n'avait point été découverte. Alors... le piège se referma peu à peu. Sans même que les deux tueurs ne le remarque. S'approchant de moi, l'orc grogna presque de dégout face à l'absence de défi que je représentai.

    - Ce n'est pas avec un gringalet comme ça qu'on va grimper dans la famille. Celui-là est aussi endormi qu'une outre sans fond après un festival de la bière naine. J'vois pas pourquoi ils voulaient qu'on le zigouille... Il soupira. T'as trouvé sa donzelle?
    - Nan, j'crois qu'en fait ils étaient pas ensemble.
    - Tu te fous de moi, le patron a clairement indiqué un homme au masque corbin et une tarée aux cheveux noir et... OH PUT-

    Il l'avait remarquée. Trop tard. Son attention s'était détournée de moi. Trop stupide. D'un geste vif, la seringue s'enfonça dans le cou du peau verte qui n'émit qu'un léger tressaillement sans hurler. Sa résistance à la douleur l'aidait, sûrement. Quoiqu'il en fut, ce n'était pas la douleur qui importait en réalité, mais plutôt le produit qui s'écoulait à présent dans ses veines, et venait déjà entraver son esprit et ses gestes. Hagard, grognant. Handicapé. Le peau verte tenta de se relever péniblement pour lutter mais ne put que s'écrouler sur le bois miteux de l'auberge. Dans son système sanguin et nerveux, une préparation mélangeant datura, fleurs du diable et champignon étoilé rongeait douloureusement son cerveau pour en paralyser petit à petit les fonctions motrices. Les cellules se nécrosaient, grignotées par des produits toxiques et hallucinogènes. Sur son cou épais, des veinules noires et nauséabondes avaient fait leur apparition et démontraient déjà la létalité du mélange l'affectant. Seulement... Cela ne le tuerait pas de suite. Non. Cela le ferait périr lentement. Progressivement, juste assez lentement pour qu'il puisse être interrogé. Ou torturé. Poussant du pied le corps endolori d'un être qui aurait normalement eu la force de me briser les côtes facilement, je me délectai des effets de mes drogues sur cet assaillant nocturne puis, doucement, je vins déposer mon regard sur la liche qui m'accompagnait afin de m'enquérir de son état. Et, surtout, du pauvre elfe qui avait dut l'affronter.

    * Celui-ci devrait rester conscient encore quelques longues minutes. Il est tout à toi. Tout comme l'elfe, pour peu qu'il respire encore. Fais les souffrir. Force les à nous dire qui les envoie et s'ils bossent pour Montgustin. Pour chaque mauvaise réponse. Fais les souffrir encore plus. Encore. Et encore. Et quand nous aurons toutes nos réponses... Je veux que cette chambre soit recouverte de leur sang et de leurs boyaux. Je ne veux pas qu'on puisse les reconnaître. Ni savoir ce qu'il s'est passé, exactement. *

    Un nouveau sourire s'installa sur mes lèvres tandis que je m'approchai de la porte pour déposer une chaise sous la serrure. Me retournant finalement, je m'adossai doucement à cette dernière, fixant ma mort vivante préférée. Il était temps de se divertir, et de me montrer si elle avait retenu ce que je lui avais dit plus tôt sur les zones douloureuses à exploiter sans tuer.
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  • Mer 23 Aoû - 0:57
    Jusqu'ici Mélantha s'était faite discrète. Immobile et droite contre le mur. Le duo d'assassin rentra dans la chambre avec une discrétion grossière. Le poids de l'orc ne pouvait empêcher de faire craquer le parquet. Et pourtant ils se croyaient capables ! Quelle naïveté. Définition même de la République. Lorsque l'orc remarqua la lueur de ses yeux brillants dans le noir, il ne put dissimuler sa surprise. Ainsi, la découverte de la liche marqua son propre assaut.

    Pendant que le Docteur seringua le colosse, Mélantha se jeta sur l'elfe avec hystérie, et une formulation de bienvenue qu'elle aimait souvent utiliser.

    "Visiteurs du soir, bonsoir !"

    Tel un koala, elle s'était agrippée à son buste, lui mordant dans les trapèzes. Sa dague ne lui servirait pas tout de suite, c'était trop direct. L'elfe plutôt habile n'était pas tombé et se débattait en frappant la tête de la mordeuse avant de lui asséner un premier coup de dague au niveau de son cou. La liche le lâcha, se maintenant la nuque, rieuse malgré la douleur. Pour se venger, elle sortit son lasso obscur pour lui attraper le cou et le projeter contre le mur. Heureusement pour elle, c'était un elfe léger et élancé, facile à manipuler. Lorsqu'il se fracassa contre le mur, Mélantha continua de le projeter contre celui-ci. Prenant sa tête et frappant à plusieurs reprise contre la cloison de bois dur, faisant vibrer les murs.

    "Bah alors... Qu'est-ce que... Tu venais... Faire là... Toi ?"

    A chaque pause qu'elle marquait dans sa phrase, elle s'appliquait à lui faire manger le mur. Elle arrêta enfin quand il lâcha sa dague, le nez bousillé et la bouche ensanglanté, sûrement qu'il s'était mordu la langue ! La mâchoire ayant du mal à articuler, il eut l'intelligence de l'insulter.

    "Sale chienne..."

    Comme pour lui répondre, elle lui mit un coup de genou dans ses parties intimes. Apparemment elle avait appris de son kidnapping, imitant les petites brutes qu'elle avait vu à l’œuvre.

    "Mauvaise réponse !"

    Elle attrapa en fin sa dague en mettant la pointe de sa lame contre le menton de l'elfe, le forçant à garder la tête bien haute au risque de se le faire percer. Le sang coulait déjà sur sa lame, l'elfe aux yeux clairs étaient emplis de haine. Il était apparemment très déterminé et serait peut être un peu trop futé pour répondre sagement. Il serra les dents en la maudissant et lui promettant qu'il ne dirait rien. Elle était à peu près sûr qu'il finirait par parler de toute façon. Mais en jetant un coup d’œil au Docteur, elle remarqua qu'il y avait une autre option que de perdre son temps à faire cracher le morceau à un imbécile qui était un minimum têtu. De plus, elle avait essayé de s'immiscer dans son esprit, mais il se faisait plus borné et la tentative de lecture d'esprit fut un échec. Ainsi, lorsqu'il commença à s'agiter pour contre-attaquer, la liche lui lacéra les avant bras en deux coups de dagues. Et finalisa l'esquive en utilisant ses ombres pour qu'il soit fixé au mur. Tel des bandages momifiant son corps en une silhouette sombre, ne laissant une ouverture que pour son nez, pour l'instant.

    Aux mots du Docteur, Mélantha vint à se rapprocher de l'orc sous l'effet des drogues. Si son temps était compté, autant commencer par lui. Par précautions, elle le lia avec ses ombres. Elle ne devait pas sous-estimer la corpulence de ce buffle. Elle chevaucha sa victime et...

    BOUM BOUM BOUM.

    Dans son excitation elle avait oublié son environnement. L'on venait de frapper violemment à la porte alors que le Docteur venait d'y apposer une chaise, bloquant l'accès et empêchant toute ouverture de celle-ci.

    "Qu'est-ce que c'est que ce boucan ?! J'ai déjà trois plaintes ouv..."

    "Oh oui vas-y, plus fort ! Fais-moi mal !"

    Un surveillant de nuit ou un concierge, qu'importe, venait de s'enquérir à la chambre sept, ayant reçu des plaintes d'un vacarme très sûrement. Mélantha avait eut l'audace d'imiter des gémissements bruyant et notamment ce "cri de plaisir" pour laisser penser au perturbateur que le tapage nocturne était d'origine sexuelle. Pour éviter que l'orc n'appelle au secours, elle avait enfoncée son poing dans sa gueule immense. Il étouffait.

    "Je... euh... Ne... Ne tardez pas... Y'a des clients ici qui veulent dormir."

    La liche souffla du nez, moqueuse. Elle attendit un moment en entendant les pas grinçants de l'escalier s'éloignant. Puis retira sa main gluante de salive, mettant en garde l'orc de bien la fermer. De toute façon, la drogue le fragilisait déjà, le regard dans le gaze et vaquant dans tous les sens. Assise sur son abdomen, elle faisait tourner sa dague dans ses doigts.

    "Alors alors, qui est-ce qui t'as chargé de nous dérangé ? C'est le guignole brun ? Montgustus ?"

    L'orc grognait, tel un bébé refusant de manger sa purée. Mélantha n'avait clairement plus de patience, craignant un énième élément perturbateur. Ils n'étaient pas libres d'actions ici. Elle grinça sa colère entre ses dents. Elle entre-ouvrit le pauvre veston du colosse, semblant servir seulement de décoration. Elle glissa sa griffe comme pour se repérer sur une carte alors qu'elle cherchait un point essentiel à la torture, au niveau des viscères. Puis sa griffe fut remplacé par sa lame, enfonçant doucement pour ne pas dépasser la bonne profondeur. Elle agita quelques peu la dague pour faire remuer la douleur et capter la réaction de l'orc.

    "Aller, c'est pas compliqué comme question. Je ne te demande pas de raconter ta vie personnelle, seulement de dire qui est ton boss. On peut peut-être négocier hein ?"

    Elle rapprocha son visage de la gueule puante, jouant les charmeuses. Un personnage charmeur qui se faisait dompter par la colère moindrement qu'on ne lui donnait pas ce qu'elle voulait.

    "C'lui qui veut votre mort a bien ses raisons, bandes de monstres."

    Elle attrapa une de ses grosses dents pour qu'il redresse la tête. Elle pivota légèrement la main, menaçant de lui retirer à tout moment.

    "Il veut notre mort hein ? On est des assassins ? Quelle nouvelle. C'est l'abruti des bois d'argent qui te la dit ou mamie fae ?"

    Elle releva la tête vers le Docteur.

    "Suis-je bête, ils sont tous morts."

    "Quoi ?!"

    Le croc qui était menacé dans la main de la liche, se fit littéralement arraché. Pour éviter tout hurlement de ce gros bébé, Mélantha plaqua directement sa main sur sa bouche en invoquant une main d'ombre plus épaisse pour qu'elle puisse maintenir la mâchoire entière, afin de le faire taire.

    "Ne change pas de sujet toi, tu me tapes sur le système. Réponds."

    Comme pour prévenir de sa résistance sans fin, elle menaça de sa dague, en ouvrant la plaie sur l'horizontale pour augmenter l'ampleur du danger que la lame représentait. Dans un soupir de douleur, il céda un peu, de plus la mort le guettait par la drogue, le brouillard gagnerait.

    "Je savais que je n'aurais pas dû écouter le plan foireux de Mongustin, toujours le même, ce conn..."

    Il soupira à nouveau, la force le quittait définitivement, mais il était toujours parmi eux. Mélantha profiterait de son invalidité pour lui faire subir l'enfer avant même qu'il ne le rejoigne. Tout aussi bipolaire, la liche reprit sa gaieté, sans pour autant se mettre à rire, elle chantonna en ouvrant différentes plaies, peu profondes mais tout aussi efficace, imitant les méthodes de torture du Docteur. Puis une fois le corps entièrement tailladé, l'orc ne démontra sa douleur que par de vagues spasmes. Désormais, avant qu'il ne s'éteigne complètement, Mélantha jeta sa dague pour se divertir par ses griffes. Creusant dans son torse comme un chien creuserait la terre. L'orc ne répondait plus de rien. Toutes ces tortures ne servaient qu'à étaler tout le sang qu'il avait, et qu'est-ce que cette corpulence en avait !

    Ainsi, le Docteur voulait une décoration sanglante pour cette pièce ennuyeuse ? Soit ! Dans le trou béant qu'elle avait creusé, elle sortit un par un les organes en les balançant de partout. Le plus drôle fut l'intestin grêle, il était tellement long et énorme, plus qu'un humain. Pendant que le Docteur se dirigea vers l'elfe, retirant un des bandages d'ombres de la bouche de celui-ci, Mélantha se pavana dans la pièce en essayant d'accrocher l'intestin grêle, telle une guirlande. La chambre était tellement plus ravissante ainsi. Elle disposa délicatement le cœur de la brute sur le lit. Elle lui découpa la gorge avec sa dague et avec l'aide des ombres pour mieux disloquer sa tête. Puis joua avec la tête, dépourvue de corps. Elle frotta son nez avec celui de l'orc, comme une mère jouant avec le nez de son enfant. Puis, sans le toucher, fit mine de lui faire des petits poutous, en riant comme la folle qu'elle était.

    Sur les yeux fermés de la tête sanglante, elle dessina de ses griffes un double visage. Augmentant le sourire sur les extrémités des lèvres, imitant des moustaches aux coins des joues, et de faux "yeux" en traçant deux lignes verticales sur les paupières fermées de l'orc. Elle mit la tête de côté. Démembra le corps pour en éparpiller des morceaux un peu partout. Puis attendant un signe du Docteur sur la fin de son interrogation, elle joua à la balle en donnant des coups de pieds dans la tête qui roulait sur le parquet. Désormais, l'orc n'était plus assez lourd pour faire grincer le plancher ! C'était plus discret ainsi.

    Lorsque le Docteur lui fit signe d'un hochement de tête; tout en continuant à frapper dans son ballon, sans regarder l'elfe, elle ferma son poing. Ce qui provoqua une implosion au sein des bandages sombres. Réduisant sa victime en bouillie. Elle s'était déjà bien amusée avec le colosse, l'elfe ne serait qu'un supplément dans sa décoration. Le sang gicla de partout, salissant le duo et repeignant la salle. Avant de rejoindre le Docteur, la liche ouvrit la lucarne, tira une dernière fois dans la tête pour qu'elle s'envole, traversant la petite fenêtre. But !

    "Bon, eh bien, au moins ça aura eut le mérite d'être pertinent. Qu'est-ce qu'on fait de tout ça ?"

    Évidemment, elle ne parlait pas du carnage, ce qu'elle voulait laisser ainsi. Elle évoqua tout ce qu'ils venaient d'entendre de leurs victimes. Qu'allaient-ils faire ou entreprendre suite aux informations qui leur ont étés donnés ?


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  • Mer 23 Aoû - 3:35

    Debout, j'observai silencieusement les premiers mouvements de Mélantha contre l'elfe qui avait tenté de s'en prendre à nous. Il était assez amusant de voir ce dernier se faire écraser à répétition contre le mur comme un hochet ridicule. L'espace d'un instant, je crus même que sa boite crânienne allait se briser soudainement et qu'il ne serait plus en état de fournir la moindre explication. Fort heureusement, cela ne fut pas le cas. Terminant d'emprisonner l'elfe dans une sorte de cocon ombreux, mon accompagnatrice décida de porter toute son attention sur l'orc paralysé. Tandis qu'elle entamait son interrogatoire, un badaud vint toquer à notre porte, visiblement agacé des bruits provoqués par l'écrasement de l'elfe contre le mur de la chambre. Quand Mélantha commença à geindre et gémir dans une simulation parfaite, je ne pus retenir un grand sourire sous mon masque. Et ce sourire ne fit que s'agrandir quand le visiteur sembla convaincu par l'imitation de la liche. Les plébéiens étaient décidemment bien stupides.

    Laissant mon assistante à son interrogatoire, je m'approchai finalement de l'elfe qui gigotait doucement , captif des liens d'ombre qui le retenaient. Dans ses yeux, je pus lire toute la haine et l'inquiétude qu'il semblait avoir à mon égard. Oh, comme il avait raison de nous craindre. Tenter de s'en prendre à ma vie n'était généralement pas une raison suffisante pour attirer mon ire. Je considérai la chose comme une réaction relativement logique à l'incompréhension habituelle des badauds vis à vis de mes travaux et autres recherches. En revanche, je détestai tout particulièrement qu'on vienne tenter de me piéger. Qu'on ne respecte pas les termes d'un contrat pré-établi ou bien qu'on abuse de ma potentielle confiance. Aussi, ces assassins envoyés en pleine nuit représentaient potentiellement une source d'information capitale. Je devais savoir pour qui ils travaillaient et pourquoi ils s'étaient empressés de venir. Si Montgustin, comme je le soupçonnai, était le commanditaire, alors il en paierait un prix particulièrement couteux.

    Arrivant près de l'elfe, je pris de longues secondes à détailler les formes de l'oreille pointue tandis que derrière moi commençait une séance de torture et de questionnement particulièrement brutale. Les elfes étaient généralement doués dans de nombreux domaines. Les arcanes, par exemple, figuraient parmi les activités où ils excellaient. Il y avait aussi l'archerie et, parfois, l'escamotage ou bien encore l'assassinat. Rarement, il était notifié qu'un elfe soit aussi musclé et bourru qu'un drakyn ou une race similaire. Chaque espèce avait ses spécificités en vérité. Les nains, par exemple, étaient généralement particulièrement résistants à la douleur, mais nageaient aussi bien que des pierres. Cela faisait aussi parti de mes recherches. Etudier chaque spécificité raciale pour mieux les connaître. Mieux exploiter leurs forces, et surtout leurs faiblesses. Ainsi, pour en revenir aux elfes, j'avais appris à reconnaître la faiblesse de leur esprit. Parfois renforcés, ces derniers finissaient pourtant toujours à se briser, que ce soit via la douleur, ou bien via les manipulations. C'est pourquoi, ainsi attaché, il ne pourrait résister bien longtemps à mes propres manœuvres.

    * Et bien et bien et bien... Quelle idée, de s'introduire ainsi dans la chambre d'un homme et d'une femme... *

    Je dégainai doucement mon scalpel, faisant doucement glisser ce dernier sur le visage de l'oreille pointue tandis que j'arrachai le lien ombreux qui masquait sa bouche. Sans lui laisser le temps d'hurler, j'activai ma magie pour faire en sorte de le plonger dans une illusion profonde. Avec ses sens troublés, le pauvre elfe se voyait tomber sans fin dans des ténèbres absolues. Chaque fois qu'il tentait d'hurler, sa voix se perdait dans le vide, comme aspirée par une absence d'air qui venait lui bruler la gorge. Il paniquait, à la fois inquiet et surpris par ce qu'il se passait. Puis, de nouveau, ma voix résonna dans son esprit alors qu'il tombait.

    * Tu es perdu, mon cher. Fourvoyé par l'appât du gain, tu as accepté de venir t'en prendre à des êtres plus forts. Plus dangereux que ton ami et toi. Tu as pénétré dans un domaine interdit et, à présent, tu te retrouves dévoré par les abysses... *    

    L'illusion s'intensifia un peu plus faisant finalement toucher le sol à l'intrus. Lui laissant seulement le temps de se redresser sur ses mains et genoux, je le projetai mentalement vers un mur inversé et éloigné, retournant son corps et perturbant l'entièreté de son oreille interne. Tout était psychosomatique. Provoqué par son esprit halluciné qui ne pouvait lutter contre mes formes illusoires. Il se voyait changer d'angle, tomber, se relever, et tomber encore dans une direction différente. Bientôt, il se retrouvait captif d'une forme noire aux multiples surfaces, semblable à un oursin aplati contre lequel il venait s'écraser sans cesse. Penchant légèrement la tête alors que j'observai ce pauvre être se tortiller dans les liens ombreux, ma voix se mit de nouveau à résonner dans son esprit.

    * Je suis pourtant clément. Je ne compte pas te torturer éternellement. Je sais à quel point toute cette situation peut rendre fou. SI tu veux que cela cesse, tu n'as qu'une chose à faire... Qu'une chose à dire... J'intensifiai encore un peu plus l'illusion, me faisant apparaître dans son esprit comme une forme ombreuse et corbine au regard aussi rouge que des flammes infernales. Tout ce que tu as à faire... C'est me laisser entrer. Dis le... Supplie moi... *
    * J'accepte! Pitié! Faites que ça s'arrête! Je vous en prie! *

    La boite vola en éclat, projetant de nouveau l'elfe dans les airs ténébreux que je lui faisais imaginer. Il vint s'échouer sur une chaise en bois toute simple, semblable à celles que l'on pouvait trouver dans l'auberge où nous nous trouvions. Ainsi posé, l'elfe se gratta frénétiquement les bras et les jambes, traumatisé par ses chutes à répétition. Comme je le disais, l'esprit elfique était si simple à briser. Me présentant devant lui sous la même forme qu'auparavant, je bougeais dans son illusion comme un oiseau de proie prêt à fondre sur son repas. Dans cette perception fantasmagorique, j'étais à ses yeux quatre à cinq fois plus grand que lui. Ainsi, je vins m'allonger devant sa présence, ouvrant mon bec noirci dans un crissement affreux.

    * Qui? *

    Il trembla de nouveau, prêt à crier à qui voulait l'entendre. Mais il ne le fit pas. Non. Il fixa la forme qu'il imaginait et, dans une voix vibrante, murmura simplement le nom de son commanditaire. Montgustin. Le bec claqua, se refermant sur le pauvre elfe qui tenta d'hurler sans qu'aucun son ne puisse sortir de sa gorge.

    Laissant l'elfe dans l'illusion qui frappait son esprit, je me retournai vers Mélantha afin d'observer son interrogatoire. Et, alors que je m'apprêtai à lui signifier le nom de l'imbécile qui avait demandé à ces deux personnes de s'en prendre en nous, elle achevait d'extirper l'information elle même de l'orc drogué. Puis, comme à son habitude, elle se déchaina sur le pauvret. "Je veux que cette chambre soit recouverte de leur sang et de leurs boyaux." C'est vrai, j'avais demandé cela. Un large sourire glissa sur mes lèvres tandis que la mort se répandait dans la pièce, teintant murs, sols et plafonds d'un raisiné projeté avec férocité et sadisme. Le lien psychique qui m'unissait à l'elfe se brisa alors soudainement, ce dernier trouvant la mort dans une implosion particulièrement grotesque. Finir sa vie dans la folie et comme un fruit trop mûr qu'on venait de presser. S'en était presque triste. Presque.

    La tête de l'orc s'envola alors, projeté par un violent coup de pied de la mort vivante qui me regarda ensuite tout sourire. Et, comme à chaque fois, cette envie glissa en moi. Seulement, nous avions au préalable une affaire à régler. Quand la liche me posa sa question, je l'invitai simplement à me suivre, quittant la chambre tandis que nous pataugions littéralement dans le sang et les viscères. A chaque pas, un son humide venait résonner dans le couloir et sur le parquet que nous foulions. Une trace indélébile, qui traumatiserait d'avantage ceux qui oseraient plus tard remonter les empruntes. Finalement, nos pas nous menèrent à la chambre de Montgustin. Sans ménagement, j'enfonçais cette dernière d'un coup de pied au niveau de la serrure. Un coup sobre, sans haine, mais avec suffisamment de force pour déloger la porte de sa pitoyable serrure. Et, comme je m'y attendais, la chambre était vide. Seule la lucarne était ouverte, comme pour nous indiquer par où le malheureux était parti. Je n'étais pas étonné, ni même en colère face à ce constat. J'étais seulement... Blasé, de remarquer à quel point même les esprits les plus déloyaux pouvaient manquer d'originalité.

    * Nous n'allons pas nous rendre directement à la planque prévue. Nous allons faire un léger détour. Je pense qu'il va être nécessaire de rendre une petite visite à la femme et l'engeance de notre cher Montgustin. *

    *
    *  *


    Romuald était un jeune officier républicain. Fraichement sorti de sa longue période d'études, le gardien de la paix était particulièrement motivé à faire régner l'ordre dans sa belle république. Seulement... Romuald était un piètre guerrier. Doublé d'un couard. En fait, il était même particulièrement étrange qu'il soit parvenu à entrer dans l'office républicaine. Heureusement pour lui, l'officier était ami avec les responsables de sa promotion et particulièrement avec Antonio, le major de promotion. S'il n'avait rien retenu du B-A-BA de la sécurité et du combat armé, Romuald avait pu expérimenter de multiples positions de "lutte" et s'était également trouvé un talent certain pour la taillage de pipe... Et la délicate consommation de cigares.

    Aussi, malgré son accréditation, Romuald avait tout de même été envoyé dans un trou à rat où il n'avait pas grand chose à faire. Et à vrai dire, cela lui convenait. Pas de risques exagérés, pas de missions trop épuisantes. Seulement des règlements de comptes entre habitants et visiteurs. Des petites embrouilles, jamais rien de sérieux. Alors, quand le bon Romuald remarqua la sphère projetée depuis une lucarne de l'auberge, il ne considéra pas de suite la menace potentielle, ni ne crut bon de sonner l'alerte. Non. Il se contenta simplement de s'avancer vers cette dernière afin de savoir de quoi il était question. Il traîna sa carcasse paresseuse jusqu'à la tête de l'orc et lâcha simplement un cri étouffé en apercevant l'horreur de cette dernière. Seulement, le cri ne fut étouffé ni par la surprise, ni par la stupeur. Car lorsque Romuald remarqua le membre projeté et arraché... il ne fit pas attention à la lame qui s'anima dans l'obscurité pour venir se loger dans sa tempe. Et, ainsi, Romuald s'effondra sur le sol boueux de Saltshire, tandis que la vie quittait son corps.

    *
    *  *

    Le soleil commençait à peine à apparaître à l'horizon quand nous étions déjà à plusieurs kilomètres de la ville où Montgustin avait tenté sa pitoyable embuscade. Repensant encore à la nuit dernière, je m'amusai silencieusement de la situation que nous avions traversé et des péripéties qui nous attendaient. En tentant de s'en prendre à nous, le roublard venait de signer son propre arrêt de mort et, surtout, la participation volontairement involontaire de sa famille à mes travaux. Je n'étais pas sûr de si le traitre serait chez lui ou bien s'il s'était replié vers son repère. Mais... j'avais ma petite idée. Cet homme était une fouine. Un rat. Un moins que rien qui préférait sa propre existence à celles et ceux qu'il prétendait aimer. Je respectai cela. Et en temps normal, cela m'aurait peu intéressé. Mais... Dans la situation actuelle, je me devais d'agir avec la liche m'accompagnant. Il nous était obligatoire de faire quelque chose. Qui pouvions nous être pour laisser autant de temps un père aimant loin de sa famille? Non... Il fallait absolument que nous puissions permettre à la femme de Montgustin de voir une nouvelle fois son mari. La forme avec laquelle elle le rencontrerait, elle, dépendrait uniquement de mon bon vouloir. Et là aussi, j'avais de grandes idées. Assis à l'avant du chariot et quittant mes pensées, je fixai silencieusement Mélantha avant de finalement prendre la parole, m'assurant au préalable que la caisse détenait toujours les enfants captifs.    

    * La demeure de ce cher Montgustin se trouve non loin. Peut-être encore une heure de route. Maximum deux. De mémoire, cet imbécile s'est installé à l'orée d'un bois afin de pouvoir chasser facilement avec son épouse. Nous devrions bientôt apercevoir le chemin de terre menant à cette dernière. Oh, et j'y pense. Quand nous serons là bas. Il faudra absolument préserver la tête de la femme et de l'enfant. Sauf si l'imbécile est présent, naturellement, où là il y aura juste à nous amuser. *

    Un long sourire se dessina sur mes lèvres.

    * Espérons qu'il se soit décidé à partir vers sa planque. Je rêve de pouvoir lui présenter sa famille sous un angle plus... particulier. *
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  • Mer 23 Aoû - 23:41
    A Saltshire, petite bourgade à la morale parfois douteuse mais pourtant tranquille, l'on placardait des affiches de toutes sortes, imposant des restrictions, des couvres-feux et une augmentation de la surveillance suite à plusieurs évènements inexplicables. Une mamie ayant succombé à une crise cardiaque, des enfants disparus, deux personnes dont l'une méconnaissable furent éparpillés en plusieurs morceaux dans une chambre d'auberge et également un garde retrouvé mort près d'une tête d'orc. Les plus superstitieux parlent de malédictions, les plus craintifs pensent à un tueur en série. Impossible de retrouver les coupables. Il y a eut le passage d'une multitude de voyageurs, et aucun registre des entrants et sortants. Désormais cette norme de sécurité serait mise en vigueur pour pénétrer Saltshire.

    Hors, le duo des cauchemars était déjà bien loin, effacés de tous soupçons. Après avoir laissé la terreur derrière eux, ils repartaient avec une soif de vengeance qui n'était pas assouvi. La route était longue mais la destination ne serait que prometteuse. A travers de longues discussions, le duo machiavélique avait établit leur plan... Ou pas ! Telle était la qualité de l'imprévisibilité. Les rayons du soleil les avaient réchauffés, et voilà qu'ils venaient d'arriver sur les lieux au petit matin.

    *

    Après un léger bruit de clé dans la porte, ou plutôt de crochetage. Mongustin ouvrit la porte avec son air faussement jovial comme il avait l'habitude d'agir. Retrouvant légèrement son naturel détendu en rentrant chez lui. Son adorable famille était là. Son fils était sûrement dans sa chambre, en pleine sieste ou en train de gazouiller son réveil. Et sa femme lisait de la paperasse sur la table à manger, principal élément de la pièce.

    "Où est ma femme ? Ma belle petite femme."

    Interpellée par l'arrivée soudaine de son mari. La femme, usée et fatiguée, ne comprenait pas vraiment ce qu'il venait faire là. Il devait s'absenter pendant un long moment et pourtant... Il était là. Avant qu'elle ne puisse s'enquérir de savoir pourquoi était-il de retour et... Accompagné. Les bras écarté, prêt à l'enlacer ainsi que son invité derrière lui telle une ombre. Son homme la salua en lui attrapant le visage et l'embrassant d'une passion soudaine, la langue au fond de sa gorge. Un baiser qu'il n'avait jamais eu l'audace de faire ou la décence de satisfaire ses fantasmes. Lorsqu'il la lâcha, elle s'exprima, surprise mais non mécontente.

    "Mais qu'est-ce qui te prends ? Qu'est-ce que tu fais là ? C'est qui lui ?"

    Mongustin releva la tête de la brunette, d'un doigt sous son menton. A ce geste, elle crut voir défiler ses propres souvenirs soudainement. En plus d'être confuse par cette sensation, elle se sentait totalement perdue de ne pas reconnaître son mari dans sa façon d'être.

    "Ne t'en fait pas... Dorothée, sur un malentendu mon départ a dû être reporté. Sur ma route j'ai croisé un ami, le Docteur, celui qui t'a permis de te remettre sur pied ! Je l'ai invité pour qu'on puisse discuter affaire. Mais avant j'aimerais voir..."

    Il glissa sa main pour tomber sur son épaule, puis comme si il venait de s'en rappeler, il reprit la parole.

    "Notre petit Alex. Profites-en pour faire connaissance avec le Docteur ! Je n'en ai pas pour longtemps."

    Dorothée n'était clairement pas convaincue, est-ce que son mari avait replongé dans la drogue ? Elle le regarda de travers alors qu'il vaquait dans la maison à la recherche de la chambre du petit. Puis elle posa son regard sur le Docteur, les bras croisés et peu rassuré par la silhouette de celui-ci. Elle le remercia tout de même pour les soins qu'il lui avait offert. Puis s'ensuivit une entrevue dont "Montgustin" ne fit pas témoin.

    *

    Sous les traits de Mongustin, dans la petite pièce sombre et silencieuse, Mélantha s'avança vers le berceau, un petit d'à peine un an dormait comme une bûche. Les traits de sa mère et les cheveux de son père, il était si mignon... C'était écœurant. Elle le porta délicatement tel un bon parent, le berçant en secouant les bras délicatement pour éviter de l'éveiller. Elle jeta un coup d’œil autour de la pièce regardant les murs. Un sourire s'étira sur ses lèvres. De la pierre... Ainsi ce serait assez discret. Alors que le bambin commençait à s'éveiller en gémissant quelques peu, la liche mit sa main sur sa bouche. En l'incitant à se taire par une discrète onomatopée, mais elle ne se fit pas assez autoritaire apparemment puisque la chose se mit à brailler plus fort. Elle secoua plus fort dans tous les sens pour intensifier le bercement, mais évidemment cela ne faisait qu'aggraver la situation.

    "Oh mince, il s'est réveillé ! Je m'occupe de lui, t'en fais pas chérie."

    Mélantha parla assez fort pour se faire entendre de la femme qui était dans la pièce à côté avec le Docteur.



    Mais elle ne voulait pas trop l'abîmer, en effet, en sortant de la chambre. La dénommée Dorothée était de dos. Ainsi, Mélantha, toujours sous l'apparence de Mongustin, joua de ses ombres pour faire des filaments qui connecteraient ses doigts aux articulations du défunt bambin, comme une petite marionnette. Elle agita la "poupée", à la tête brisée et tombante, mais le visage reconnaissable.

    "Oh, regarde Dorothée ! Notre fils marche !"

    La femme se retourna plus par surprise et sur la crainte que par l'émotion de ces premiers instants. Elle savait que quelque chose se tramait. Voir ainsi le cadavre de ce petit être innocent qu'était son enfant, dansant, la fit hurler d'un cri plus strident que l'on ne puisse sortir sous la torture. Peu importe ce qu'elle deviendrait, mais son chant fut la dernière chose qu'elle put faire.

    "Ah ! Décidément, je ne pensais pas que l'on pouvait faire ce bruit sans même souffrir."

    Mélantha avait reprit sa forme originelle, hilare. Elle continua à faire danser le poupon, tout en se pliant en deux de rire. Pour le sort de la maman, le Docteur s'en chargerait très bien. Une fois que les corps seraient dépourvus de vies, leurs gorges seraient donc coupés, ne gardant que leur tête. Ah Mongustin... On lui préparait un très beau cadeau.


    Mélantha parle en b20202
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