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  • Mer 29 Mar - 1:31
    🙛
    Marchand de Minuit et
    Fraicheur Furtive
    🙙
    Carte
      Demain cela ferait quatre jours que Gaston avait laissé son apprenti Podric à Liberty. L'aubergiste avait poursuivi la route seul vers le Nord et était à présent bien engagé dans la passe entre les montagnes à l'Ouest et la baie maritime à l'Est. Voie commerciale indispensable pour qui veut se rendre de Courage à Liberty sans contourner les montagnes par la route occidentale, c'était une région rurale forestière entrecoupée de bourgades et de leurs terres agricoles. Gaston avait fait ce trajet pour rejoindre Havreroc, un village Nain à flanc de montagne dans lequel il avait fait le plein de bière et d'épices auprès d'un de ses fournisseurs habituels. Cette besogne accomplie, il avait maintenant entamé les trois jours du retour à Liberty pour récupérer son apprenti.

      Ce dernier était en effet resté en ville, non loin de l'Université Magic, où Gaston avait obtenu d'un mage plus expérimenté qu'il prenne Podric sous son aile pendant une semaine - contre rémunération -, le but étant d'explorer avec lui les prémices de pouvoirs qui semblaient commencer à se manifester chez lui. Il était bien évident qu'en une semaine aucun réel enseignement ne pouvait lui être prodigué : l'intention était simplement de lui apporter une compréhension sommaire qui lui permettrait de mieux découvrir ensuite la magie par lui-même. Tout ceci nous mène enfin à cette soirée de Mars, ni printemps ni hiver, ou peut-être justement l'un et l'autre à la fois.

      Le petit convoi était donc constitué de Gribou le griffon avec sa roulotte, Libellule la mule chargée de sacs et Gaston notre demi-nain. Arrêtés au bord d'un croisement de routes en lisière de forêt, tout avait été mis en place pour une pause prolongée du soir au matin : une table fut dépliée, un large auvent en toile fut tendu et un étal de marché fut installé. La caravane était ainsi en mesure d'accueillir clients et visiteurs, bien que Gaston fut forcé d'admettre que l'heure était bien tardive et l'endroit bien calme pour espérer une quelconque activité. Gribou, délesté de sa charge, se reposait allongé non loin de la roulotte. La vieille mule quant à elle, retenue par une longe de quelques mètres, tentait maladroitement d'attraper les feuilles d'un chêne avoisinant.

    « Le soleil se couche mon Gribou. Crois-tu que de la visite puisse être espérée ? Peut-être ai-je surestimé mes chances en installant le Bout du Monde ici et à cette heure. »

      Gaston avait parlé en utilisant le don de communication animale. Pour tout observateur ces paroles étaient en langue commune mais prenaient un timbre particulier, à sa voix naturelle se superposait un subtil écho vaporeux et instable. Pour Gribou elles étaient parfaitement intelligibles, à la différence des discussions normales qu'il ne comprenait que de manière fragmentaire et incomplète. Lorsque le griffon répondit ce fut par un ensemble de quelques piaillements, claquements de bec et doux hululements qui résonnèrent avec une parfaite clarté dans l'esprit de Gaston.

    ~ Calme soir... Nuit douce et matin frais... ~

      Gaston le gratifia d'un sourire sincère et bienveillant puis se laissa glisser au sol, adossé à un tas de sacoches empilées, une main reposant sur la délicate fourrure plumée du griffon tandis que l'autre tenait une flasque de spiritueux Nain. C'était une liqueur de Malt vieillie en fût et affinée dans des caves de Melorn, une vraie denrée d'exception. Au chaud sous un manteau de fourrure qu'il avait disposé en couverture, Gaston observait le ciel. Tandis que le rouge du soleil en déclin finissait d'irradier le contour des montagnes à l'ouest, et que les couleurs vibrantes laissèrent place à la silencieuse bleuité de la nuit, quelques étoiles commencèrent paisiblement à piqueter l'immensité de...

      L'air autour d'eux sembla frémir, Gaston ouvrit les yeux. La lune était haute et le noir avait succédé au bleu. Gribou aussi s'était éveillé. Un hululement, lointain. Un craquement, proche. Le Griffon se raidit et le Nain tressaillit. Doucement, il glissa la main derrière les sacoches et attrapa silencieusement le manche de son arbalète, immobile, à l'affût. Un carreau était déjà engagé dans le sillon de l'arbrier mais la corde n'était pas encore armée. Deuxième craquement, de l'autre côté cette fois-ci. Fallait-il tendre la corde au risque de révéler qu'il était sur ses gardes ou rester discret et conserver l'avantage ?

    ~ Pas animal... Bruits humains. Plusieurs. ~

      Les piaillements du griffon avaient été émis avec prudence, comme assourdis par une respiration trop superficielle. La bête remua, prête à se redresser le moment venu. Gaston eut un long soupir sous sa barbe.  Dame quelle infortune ! Le tavernier de Havreroc m'avait assuré que ce mois-ci aucun groupe de brigands n'avait sévi sur 5 lieues à la ronde ! Et tout ça en l'absence de Podric qui plus est...  À peine eu-t-il cette pensée que les bruits s'intensifièrent. Le Nain dégaina l'arbalète, prit appui avec un pied et actionna le levier pour armer le carreau. En une petite dizaine de secondes il fut prêt, tenant l'arbalète à hauteur d'épaule pointée vers l'obscurité, une main à l'avant du manche et une main à hauteur de la gâchette. Il parla d'une voix haute et ferme.

    « Allons les enfants. Où que vous soyez, qui que vous soyez, ne faisons pas de bêtises. Sortez et discutons tranquillement, qu'en dites-vous ? »

      S'ensuivit une série de bruits de pas, de feuillage et de métal. Ils étaient cinq, entre la quarantaine pour le plus vieux et la vingtaine pour le plus jeune. À l'exception d'un archer un peu en retrait qui pointait un arc bandé vers Gaston, tous avaient l'épée au poing, le sourire saoûl d'avidité et le regard creux et cruel. Habituellement, par la dissuasion, Gaston réussissait à écarter ce genre de menaces aidé de son arbalète, de ses pouvoirs d'illusion et du griffon, sans oublier la présence non négligeable de son apprenti. Cependant cette fois-ci il était clair dans l'attitude des bandits que ces tactiques n'étaient pas de mise. Ces derniers ne semblaient pas enclins à se soucier du risque qu'ils encouraient, ne montrant aucun signe d'hésitation même sous le regard meurtrier de l'arbalète. Il y eut un moment de flottement. Le vent s'était levé, portant avec lui une mince brume dans cette demi-obscurité adoucie par une lune en fin de cycle. Une brise fraîche fit frémir les feuilles sur les arbres environnants. Un ensemble d'options traversa l'esprit de Gaston sans qu'aucune ne le satisfasse réellement. Comment se sortir de là sans risquer de finir grièvement blessé, ou pire, dépouillé ?

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  • Sam 1 Avr - 14:22


    zzzzzzzz

    zzz

    zzzzzzz

    Les Ombras n'étaient définitivement pas comme le reste des races mortelles du Sekai en beaucoup de points. Espérance de vie mise à part, ils étaient nés d'un phénomène magique au lieu de sortir directement du corps d'une femelle mise enceinte par un mâle -ou d'un oeuf, gardé ou non par l'un des deux parents- sur la même île de Lumina'Ombra, seul lieu suffisamment chargé en magie pure pour qu'il y ait autant de "naissances" au cours des âges. Il devait y avoir quelques Ombras ou Luminas nés ailleurs, peut-être, mais le fait restait que ce n'était pas une race comme d'autres au Sekai. Sans grand nombre, nés sur une île hostile à ses propres créations et laissés à eux-mêmes, ils ne se réunissaient pas en grandes tribus ou clans, préférant simplement vaquer à leurs affaires en solitaire, sans jamais vraiment se croiser les uns des autres, eux nés adultes et prêts à explorer le monde si tôt.

    Et peut-être qu'elle projetait sa solitude sur ses pairs mais... aucun livre qu'elle n'avait lu ne parlait de grande nation de Luminas ou de cités d'Ombras, en même temps. Peut-être que ça marchait sur invitation ? Bref.

    En dépit de leurs différences notables et les intéressantes circonstances derrière leurs naissances, les Ombras partageaient quand même des points communs avec le reste du Sekai. Le temps était aussi cruel sur eux que sur d'autres quand venait finalement la dernière heure, qu'elle soit prodiguée par la violence ou à la fin d'une très longue vie. Mais aussi, et c'était le point le plus important, mais il y avait des besoins nécessaires à remplir pour continuer sa vie millénaire en paix. Comme boire, manger et surtout, dormir. Quelque peu au grand damn de Qaguia, il lui fallait s'arrêter et se reposer, même assez régulièrement, sous peine que son propre corps ne prenne l'initiative. Bah ! Tout reposant que c'était pour son corps, son esprit continuait de pâtir.

    Quand ce n'était pas cet inquiétant songe de ténèbres et d'ascension, c'était... des petits pans de mémoire, mais distants, confus. Les oreilles bouchées, l'oeil à moitié fermé, les lèvres s'ouvrant à leur bon vouloir, elle interagissait avec des figures de son passé mais de façon trop brève pour déduire quoi que ce soit de son interaction onirique. Et des fois, simplement, elle ne rêvait simplement pas. Mais encore, il était là facile de se concentrer sur le monde physique, plutôt que de voir son esprit malheureusement concentré sur le monde des songes. Ce qui pouvait être distrayant quand elle devait justement chercher de quoi se nourrir ou répondre à un danger. Sa rencontre avec l'ouazo des songes lui avait été assez... quel était le terme ? Comme un "coup de foudre" pour elle. Expression assez ridicule au passage, vu qu'elle n'avait pas été frappée par une lance du ciel la nuit dernière.

    Mais surtout, elle s'était rendue compte qu'elle était devenue négligente, au cours des années. Trop habituée à dormir sans que personne ne l'approche, derrière ses protections de glace, elle en avait oubliée qu'elle était cible facile de nuit, quand son corps était inerte. Sa longue vie devrait t-elle prendre fin à cause d'un bête prédateur qui lui tomberait dessus au bon moment ? Ou un forban parmi milles ? Il lui serait désagréable de partir de façon si commune. Et ainsi, elle prit des précautions ingénieuses pour dormir de nuit. La première étant de dormir quelque part où il y avait des gens, simplement. Noble idéal, contrecarré par les vents du destin, qui choisirent de placer la sorcière de glace dans la forêt peu avant la tombée de la nuit, loin de toute civilisation.

    oh non

    La deuxième option était donc de se cacher quelque part où personne ne la remarquerait. Dans un buisson ? Non, il y avait une chance certaine qu'un animal ou gredin ne passe. Ou même, ne s'y soulage. Dans les branches d'un arbre ? Non, elle pourrait tomber. Au sol, bien étalée, pour se faire passer pour une partie du décor ? Non, aussi. Le buisson devint la meilleure des pires options. S'adossant contre un arbre, et s'enterrant au plus profond des buissons après une petite recherche pour voir si quelque chose n'avait pas été laissée dans ce dernier, Qaguia se rassura silencieusement sur sa nuit plutôt inconfortable. Oui, l'écorce de l'arbre se pressait contre l'arrière de son cou. Oui, les feuilles venaient lui chatouiller le visage et les mains et, oui, son chapeau impressionnant dépassait du tout mais...

    Mais...

    ... Mais ce n'est là qu'une nuit compliquée. Tout être vivant en avait une avec seulement cent ans d'espérance de vie. En quoi faisait t-elle exception avec ses deux-milles ans ? Je vais tout oublier d'ici un siècle, au pire. Il fallait juste qu'elle s'assoupisse vite, ce serait facile, non ? Il suffisait de se tenir immobile pendant un moment et désirer dormir. Elle ne se pensait pas en danger de rester éveillée trop longtemps. Mais bon, c'était sans compter sur le chatouillement des plantes. Ou l'irritation rugueuse du bois sur sa peau bleutée et même au travers de ses vêtements. Et les bruits de la forêt ! Oh bon sang, les bruits de la forêt. Les insectes semblaient énervés ce soir et les oiseaux poussaient le champ, imprudents quand aux prédateurs qui pourraient passer. Même les buissons venaient y jeter leur sel, emportés par la force du vent pour... bruissonner ? Secouer leurs feuilles ? Quelque chose de certainement très ennuyant, surtout vu qu'elle finit baffée par encore plus de végétation.

    Le sourcil en ébullition, seul signe de son irritation, Qaguia décida de tout simplement s'appliquer une fine couche de glace autour du visage, sinon les narines et la bouche -qu'elle pouvait ouvrir au cas où, ce n'était pas là tellement une prison- et plus épaisse autour des oreilles sans y pénétrer pour autant. Le son aussi bloqué que les viles feuilles, Qaguia se tut, prête à s'endormir vite fait. Qu'elle puisse rapidement revenir à la civilisation. Enterrée dans un buisson et parfaitement silencieuse, qui donc pouvait la trouver ? Il leur suffirait de remarquer son énorme chapeau dépassant de la masse végétale mais... bon, elle ne l'enlèverait pas de sa tête de sitôt, donc on fait avec. Que pourrait t-il se passer ? Elle était un peu en retrait, délibérément éloignée d'un croisement de route mais aussi suffisamment proche pour rapidement reprendre le chemin au réveil.

    Le réveil, qui viendrait après le sommeil, donc.

    Le sommeil, qui ne venait pas.

    Restant sur place pendant une ou deux heures, sans bouger, confiante qu'elle pouvait s'immobiliser jusqu'à truquer son propre corps à s'endormir, Qaguia fut irritée de voir le sommeil lui échapper encore et toujours, comme un petit rongeur malicieux qui échapperait à un félin stupide. Aurait t-elle surestimée sa capacité à s'endormir partout ? Un millénaire à simplement dormir sur un lit l'aurait donc si ramollie ? Malédiction ! Mais alors qu'elle se leva de son buisson, une grimace courroucée au visage, Qaguia fut "récompensée" pour sa longue patience : de l'activité humaine, là, près du croisement. Et en s'approchant, elle pouvait voir plusieurs ombres encercler une structure de plus grande taille, comme une maison mobile, mais traînée par une mule au lieu d'une grosse tortue.

    Diantre... depuis combien de temps était t-elle restée sur place ? Trop longtemps, aux premiers abords, mais elle pensait s'être réveillée plutôt au bon moment, d'après la situation. Les hors-la-loi, le type de forban qu'elle voulait justement éviter dans son sommeil. Et ils semblaient embusquer un vieil humain, de façon que la société humaine verrait comme plutôt lâche : à plusieurs contre un seul vieil homme et son arme, il était évident que si ce dernier devait ressortir vivant de l'affaire, ce serait au moyen d'un coup du sort à en rendre un homme religieux. Et un coup du sort allait justement arriver, alors que l'Ombra étira son corps endolori, le regard figé sur la caravane. Si jamais elle avait des raisons morales de s'interposer, il y avait aussi quand même de quoi vouloir intervenir pour des raisons... personnelles.

    Ouais, on va discuter tranquillement. De quoi faire de tes bêtes quand on t'aura tué. Les gars ? Le premier des forbans leva le bras, comme pour lancer l'assaut, mais le bruit familier de l'herbe piétinée poussa la moitié des brigands alarmés à se retourner vers l'arrière, dont celui avec l'arme à longue portée qui utilisait des flèches : le bout pointu de son bâton volant était pointé droit sur Qaguia, qui venait d'entrer silencieusement sur scène, et il aurait été très content de la planter avec, sans le moindre avertissement de sa part, s'il n'avait pas été confronté à quelqu'un qui avait passé autant de temps sur Kaizoku.

    Si beaucoup des leçons de l'île étaient aussi oubliées que le reste, une seule lui restait en tête : toujours tirer en première.

    Mes mains ! Putain de merde, mes mains ! Geignit le brigand à l'arme à longue portée qui utilisait des flèches, cette dernière aussi gelée que les mains la tenant. Son cri poussa les autres à se retourner, ré-examinant très vite leur liste de priorité, mais c'était peine perdue : d'un seul geste horizontal de la main, comme si elle mettait une baffe audacieuse à quelqu'un, l'humidité autour de ces cinq hommes devint une prison de glace, une pour chacun, les enveloppant sans qu'ils ne puissent se libérer, grande pouvait être leur force et puissante pouvait être leur magie. Leurs rêves subsisteraient : elle n'avait pas gelée l'eau dans leurs corps pour son emprise de glace. Après tout, comme elle avait pu constater, transformer l'eau dans le corps d'un homme en glace était... pas si étrangement fatal que ça.

    Saviez-vous que le corps humain est composé à 70% d'eau, d'ailleurs ? C'était assez important pour vivre. Et c'était ça qui devenait arme d'un mage de glace peu scrupuleux. Autant dire qu'elle ne se pensait pas ainsi.

    C-c-c-c'était juste une plai- Qaguia l'ignora, regardant simplement ses alentours pour voir si d'autres n'étaient pas dans le coin, en embuscade. Après quelques longues secondes, l'Ombra ne prêtant pas attention aux jérémiades de ses victimes, elle s'avança finalement vers l'humain à l'arbalète. Qui, alors qu'elle s'approchait, semblait à peine plus grande qu'elle. C'était bien : elle put bien s'avancer pour le regarder dans l'oeil avant de parler.

    jeune homme débuta t-elle, tentant déjà dissimuler ses difficultés verbales. Sa voix fluette restait audible, même alors que les forbans continuaient de lui hurler dessus depuis leurs prisons de glace.

    combien pour dormir

    ici ? fit t-elle, pointant du doigt, bah, son logis portable.
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  • Sam 8 Avr - 14:01
    🙛
    Marchand de Minuit et
    Fraicheur Furtive
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    Carte
    « Ouais, on va discuter tranquillement.
    De quoi faire de tes bêtes quand on t'aura tué. Les gars ? 
    »

      Le bandit leva le bras, signe universel d'un assaut imminent. Les muscles des uns et des autres se tendirent comme la corde d'un arc. Le doigt de gaston commençait à pousser sur le métal froid de la gachette lorsque, en l'espace d'une fraction de seconde, il comprit que quelque chose n'allait pas. Quoique... Précisément l'inverse, quelque chose allait mieux qu'attendu. Gaston ne sût pas trop si ce fut le bruit d'herbe foulée ou la petite silouhette dans l'obscurité qui attira son attention en premier mais il avait relâché la pression sur la gachette et baissé inconsciemment l'arbalète de quelques centimètres.
       
      Le premier élément auquel s'accrocha le regard et l'esprit de Gaston fut ce grand chapeau blanc qui rompait avec l'obscurité de la nuit, le deuxième point de fixation fut le bleu. Quel bleu me direz vous ? Et bien tout le bleu. Des cheveux à la peau tout avait une teinte bleutée difficile à définir dans l'obscurité. De l'obscurité chichement illuminée d'un timide clair de lune se détachait donc cette... Cette quoi ? Qu'était-elle au juste ?

     Un esprit ? Avec cette curieuse carnation et cette robe blanche il y aurait de quoi... Mais elle a pourtant l'air bien tangible. Pas une enfant en tout cas, quoique un peu frêle. D'un autre monde ? Certainement. 

      Ce moment d'expectative hors du temps ne resta pas longtemps intact. Non moins surpris par la situation, certains des malfrats firent volte face avec, parmi eux, le bandit qui tenait Gaston en joue. Le maître d'auberge hésita alors un instant à décocher un careau dans le dos de l'archer. Ce dernier était la menace la plus imminente car une flèche ne s'esquive pas, et une flèche ne pardonne pas. Ce ne fut pas la lâcheté du geste qui le retint : frapper dans le dos d'un malfrait était compatible avec la boussole morale de notre Nain qui trouvait bien sot, quoique courageux, celui qui risquait sa vie en suivant un idéal de règles du combat abstrait et artificel. À d'autres la mort honorable et glorieuse. Une flèche dans le dos, un coup dans les bijoux, du sable dans les yeux, rien de tout ça n'était trop lâche quand il s'agissait de survie. Non, ce qui le retint finalement sur cette seconde décisive ce fut une simple répugnance à l'idée d'ôter la vie. La menace de l'instant s'étant dissipé, il aurait fallu une ou deux respirations à Gaston pour rassembler ses esprits et se décider à tirer, mais il n'eut pas ce temps là.

      L'archer poussa un cri. Ses mains s'étaient gelées à son arc. Même s'il eut pu lâcher la corde pour décocher la flèche, celle-ci serait restée tendue et rigide comme la pierre. Gaston n'eut toujours pas la réponse à ce qu'était cette.. - femme, entité, sorcière ? - mais il avait maintenant la preuve qu'elle maîtraisait assez bien la magie de glace. Certes, mais il restait encore quatre brigands qui ne tarderaient certainement pas à lui bondir dessus. Quelques mètres, quatre coups simultanés, s'en serait fini en à peine une seconde. Une seconde c'est le temps qu'il fallut à Gaston pour comprendre qu'elle ne maîtraisait pas « assez bien » la magie de glace. Une vision d'un autre monde s'offrit alors à ses yeux. Par un simple geste de la main de l'inconnue, l'air sembla se figer, de la maigre brume environnante étaient nés des millions de cristaux qui scintillèrent à la lumière argentée de la lune, se contractant en cinq geoles individuelles autour de chacun des bandits.

      Sans s'en rendre compte, Gaston était resté les bras ballants, le bout de l'arbalète reposant au sol. Alors qu'un des bandits tentait de se justifier, ignoré de l'aubergiste comme de la magicienne, cette dernière s'approcha doucement après avoir guetté les alentours. Elle était décidément bien petite, à peine la taille de Gaston. Son visage eut pu paraître jeune et innocent mais ses traits ne permettaient pas une telle supposition. La jeune femme avait une apparence pleine de contraste qui rendait toute chose à son sujet difficile à supposer.

    « Jeune homme »

      Gaston leva soudainement les sourcils. Était-ce une blague ? Peut-être se riait-elle de lui, le malentendu aurait été possible sans le ton hésitant de quelqu'un peu habitué à cette langue qui finalement semblait exclure cette éventualité.

    « Combien pour dormir
    ici ? 
    »

      Elle pointait la roulotte du doigt, Gaston suivit silencieusement son indication du regard. Il y eut un moment de doutte. Voulait-elle dormir ici, là sous les appels des brigands toujours prisonniers ? D'ailleurs, qu'allait-il advenir d'eux ? Au vu de la magie employée par l'inconnue il était clair qu'elle aurait pu mettre fin à leurs jours aisément. Le choix de leur laisser la vie sauve, qui plut beaucoup à Gaston par ailleurs, impliquait certainement de ne pas les laisser expirer d'hypothermie.

    « C'est vous qui me sauvez la peau et ce serait à moi de vous dire mon prix ?
    Vous êtes ici chez vous ! 
    »

      D'un geste ample il désigna la caravane installée. À cet instant, comme s'il s'était senti concerné, le griffon approcha d'un pas lourd quoique presque timide, sa tête penchant d'un côté puis de l'autre.

    « Quant à votre intention de passer la nuit ici vous tombez à pic...
    Bienvenue au Bout du Monde, la meilleure auberge itinérante de la République et du Sekaï tout entier, à ce qu'on dit du moins !
    »

      Il s'interrompit quelques secondes pour regarder Gribou. Du bout du bec ce dernier venait d'essayer d'attraper la pointe du chapeau de l'inconnue. Gaston fit quelques claquements de doigts pour attirer l'attention du griffon qui se mit à mordiller la tunique du marchand à la place.  
       
    « Chez moi vous trouverez tout ce dont vous pourriez avoir besoin :
    De la restauration, des marchandises, de la guérison et de l'hébergement. 
    »

    « Pour ce dernier point il existe plusieurs possiblités, la roulotte est l'une d'elles mais je peux aussi déplier des tentes au confort surprenant.
    Cela dit, si vous optez pour finir la nuit dans la roulotte vous pourrez dormir pendant que nous voyageons et ainsi parcourir de la distance sans même vous en rendre compte. 
    »

    Gaston fit un large sourire bienveillant.
    D'un éloquent mouvement de bras il tira la grande plume de griffon glissée à sa ceinture et la tendit à son interlocutrice, s'inclinant en signe de salutation.

    « Mais enfin je parle, je parle et j'en oublie mes bonnes manières.
    Je suis Gaston Courteplume. 
    »

    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 11 Avr - 12:01
    Sa mention de "jeune homme" était un peu plus malicieuse qu'elle n'aurait dû être, ce qu'elle blâmait sur son vocabulaire déficient. Cent années n'est que broutille pour elle, là où lui doit sentir la fin du voyage se profiler, mais il méritait quand même le respect, lui qui avait su voir ses vieux jours arriver au lieu de devenir victime parmi tant d'autres de la cruauté du monde. Encore plus, il partait sillonner le monde au lieu de rester dans un coin tranquille où il serait nourri et logé par ses pairs . À moins, bien sûr, qu'il n'ait été chassé de son logis. Ou que ce dernier ait brûlé. Ou que d'autres circonstances se dressent entre lui et une retraite tranquille. Mais qui sait ? Bah, elle, quand elle aura demandé à ce monsieur pourquoi il continuait son bout de chemin quand son corps devait lui demander de s'arrêter.

    Oui, il devait avoir beaucoup de réponses à ces questions en particulier, lui. La plupart des gens jusqu'ici étaient jeunes pour ainsi dire. Ou immortels. Son point de vue à lui se devait d'être un peu différent, Qaguia se disait. Oui, s'il n'y avait que la froideur habituelle dans son regard en dévisageant ce bonhomme, elle trouvait fortuné de le rencontrer. La discussion serait productive. Et pour que la discussion marche encore mieux, elle devait l'écouter et le comprendre quand il parlait. Parce que ça lui permettrait de remarquer des détails dans sa façon de parler ou dans son dialogue et lui donnerait une idée concrète du bonhomme. Simple histoire, non ? Sauf que les gens prenaient tous un peu trop de temps à parler. Ça la mettait dans la mouise parce qu'elle n'en savait plus ce qui était important ou moins.

    L'entrée commença forte. Le bout du monde ? Qaguia écarquilla un oeil, plus surprise sur cet aspect-là de sa parole que par la tentative du griffon de mâchouiller son couvre-chef. L'animal étant important à son propriétaire, pour des raisons aussi pragmatiques qu'affectueuses, elle décida de ne pas "riposter", penchant seulement la tête vers l'arrière et le laissant continuer à parler tout en cherchant à attirer l'individu. Interrompu dans sa quête de tissu à grignoter, l'animal se tourna vers la veste de son propriétaire pour l'accomplir coûte que coûte.

    Le spectacle aurait arraché un sourire aux blocs de glace autour des bandits, amusant qu'il était, mais Qaguia resta complètement de marbre. Parce qu'elle était très concentrée sur autre chose et était peu réceptive à l'humour pour débuter. Déjà, il y avait quelques éléments troublants au discours de l'humain. Auquel elle ne réagit pas tant que ça extérieurement mais....

    De un, lui sauver la peau ? Ils voulaient lui arracher l'épiderme ? Mais pourquoi ? Cela ne faisait pas de sens. Y avait t-il un commerce de peau humaine dans le coin ? Ce n'était pas dur à imaginer, elle avait appris assez tôt que les plus-mortels utilisent des peaux d'animaux à des fins gustatives ou cosmétiques, mais leurs outils semblaient plus aptes à endommager la chair qu'a la séparer. Elle pouvait comprendre le reste de sa phrase, parce que, n'ayant pas de chez soi véridique, tout endroit où elle dormait devenait son "chez soi" pour la nuit, mais c'était terrifiant de s'imaginer que ce pauvre homme aurait pu voir sa peau subtilisée à des fins sinistres. Lui et ce griffon, ou sa mule. Qaguia leva sa main droite pour rajuster sa petite cape de fourrure : oui, vraiment sinistre de s'imaginer ce qui se faisait avec la peau des gens et des animaux.

    De deux, vraiment le bout du monde ? Sapristi, elle ne pensait pas être partie si loin. Mais elle était quand même contente de se savoir en bonne compagnie : si c'était là la meilleure auberge itinérante du monde, alors elle passera un "bon temps" sur un vrai lit au lieu de dormir dans un buisson ? Elle porta sa main à son menton maintenant, se le caressant. Les plus-mortels associaient ce geste avec une activité cérébrale agrandie mais les manuels indiquaient que le cerveau, s'il se trouvait en effet au niveau de la tête, n'était pas au niveau du menton. Pourquoi diable stimuler cette zone en particulière, donc ? Peut-être en saurait t-il la réponse ? Sans nul doute.

    Baissant sa main droite à l'anneau de métal, Qaguia laissa le vieil humain finir. Une roulotte ? Pour rouler, sans doute -bah oui-. Idéal, elle pourrait dormir et se déplacer en même temps, du coup ! Il lui paraissait du moins sensé de ne pas dormir ici, à un coin où des bandits rôdaient déjà de base, avec la possibilité d'attirer plus de monde de par leurs cris et... ah, que faire d'eux, d'ailleurs ? Pour plus tard. Déjà, Qaguia imita mécaniquement Gaston, prenant soin de retirer son chapeau pour éviter que la proximité de ce dernier ne tente le griffon. Ses cheveux bouclés profitèrent de la lueur de la Lune au dessus, alors qu'elle accepta la plume de griffon de son interlocuteur.

    Sans savoir quoi faire avec.

    Tenant l'objet de sa main droite, et de deux mains une fois le chapeau remis en place, Qaguia resta muette de très brèves secondes, faisant tournoyer la plume autour de ses doigts, dans des mouvements curieux mais délicats. Devait t-elle manger l'objet ? Ou le redonner ? Son seul oeil se faisait inquisiteur, voulant percer un rideau inexistant autour de la plume. moi être qaguia

    pas second nom

    ça normal fit t-elle, sa voix fluette s'échappant avec difficulté de ses lèvres, le ton légèrement inquisiteur sur la fin. Sans trop prévenir, Qaguia recula de quelques mètres, l'herbe s'écrasant sous ses pieds en silence, évitant soigneusement les bandits capturés. Une fois assez loin, elle se tint sur place puis revint vers Gaston, hochant de la tête.

    reste du monde apres roulotte fit t-elle, pointant un bout de forêt qu'elle pouvait voir après la roulotte. Ce qui ne pouvait pas exister si l'endroit était bien le bout du monde. Car bout = fin. Et fin, ça veut dire une absence au delà d'un certain point. Donc il devrait ne rien y avoir là.

    Ceci fait, Qaguia leva la plume pour la porter sur son chapeau, la faisant passer au travers d'une petite sangle bleue parmi milles autres, pointée vers le ciel. C'était le but, non ? Un cadeau doit se porter. Une fois satisfaite, elle joignit des mains et se pencha un peu, oubliant d'enlever son chapeau et laissant le bout de ce dernier effleurer le nez puis le torse de son compagnon. moi sommeil mais vouloir marcher

    dormir roulotte s il te plait

    toi sage et interessant meme tres interessant

    aimerais poser des questions mais toi dire non si pas envie

    Clignant de l'oeil, Qaguia ouvrit la bouche avant de se taire, la fermant tout aussi rapidement. Ah oui, les brigands. Se tournant en arrière, Qaguia hésita un peu sur la façon de faire : elle pouvait les assommer et les laisser là mais... moui, ça ne paraissait pas optimal s'ils réussissaient à recouvrer avant que les plus-mortels des lois ne passent dans le coin. Et s'ils étaient dévorés, massacrés ou capturés par des rivaux ou prédateurs non plus. Ce n'est pas parce qu'ils n'étaient plus un problème pour Qaguia qu'elle devait cesser de se soucier de leurs vies. Pas quand sa décision pouvait autant impacter leurs vies.

    Sa décision...

    Il lui semblait que Gaston avait tout autant un droit de décision, pourtant. Il avait été la victime initiale. Si elle ne pouvait pas le laisser les tuer, ce serait un test efficace de sa moralité de voir comment il abordait ses ennemis vaincus.

    moi pas les tuer

    car tuer rêves eux moi pense

    mais sinon toi faire ce que veux toi

    moi écouter et appliquer
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