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  • Ven 17 Mai - 21:48
    « J'espère que tout va bien de ton côté. »

    " Oui, je te remercie. Je profite de cette douce chaleur matinale. D'ici peu, les températures seront moins appréciables. "

    Aucun doute la dessus.... à peine le temps de souhaiter bonne route aux marchands, que nous voila perdus au milieu de nul part, dans cette immensité brûlante. Cape remontée sur le visage, pareille à la veille je tente de protéger ma peau de l'agression permanente du sable. Il se faufile partout. J'ai tellement envie de retirer mon armure, tous mes vêtements et de plonger dans un bain qui sent bon. Je sens bien que j'ai du sable collé aux cheveux et ça, c'est relativement très insupportable. J'aime que mes cheveux soient propres.

    J'entamerai bien la discussion, mais je ne sais pas par quoi commencer et en plus, je n'aimerai pas dépenser de l'énergie inutilement. Le moindre pas ici demande qu'il soit calculé et utile. Aucune perte d'énergie n'est acceptable. La chaleur du sable remonte par le dessous de mes chaussures et quand je jette un oeil à ceux de mon compagnon, qui s'enfoncent fortement, j'imagine qu'il doit sacrément souffrir. L'avantage c'est que je peux soigner les blessures, les brûlures et je peux même donner un coup de frais en cas de besoin. Je pourrai poser ma main sur lui et en me concentrant, refroidir son corps...

    « ... Pourquoi. Pourquoi tu fais ça ? D'habitude, les gens passent leur chemin, ou bien fuit. Mais à aucun moment ils ne veulent essayer d'arranger les choses. Quand j'en parle, je passe régulièrement pour un fou. »

    Je manque de le percuter au moment où il se plante devant moi. Je suis sur l'instant, surprise.

    « Comment se fait-il que tu es prête à risquer ta vie pour la bonne cause ? Si c'est vraiment pour ça. Et dans ce cas là, nous avons beaucoup en commun. »

    Il a pour la seconde fois un geste de douceur à mon égard, auquel je ne sais pas comment réagir. Sa main caresse mon épaule avant qu'il ne reprenne sa marche. Je reviens à moi, fais deux foulée rapides pour revenir à son niveau. C'est assez surprenant qu'il me pose cette question, comme ça, sur un coup de tête. Le soleil taperait il trop fort ? Ou bien traine-t-il cette question depuis trop longtemps ?

    " Parce que je vis dans ce monde.... que je le veuille ou non. Beaucoup de choses ne me plaisent pas et mon éducation est faite en ce sens. Dans notre peuple, on ne voit pas autant de mauvais actes et mauvais comportements. Le manque de respect envers autrui n'est pas acceptable et une chose est sûre : ne rien faire n'est pas la solution. Si plus de gens faisait comme nous, le monde serait meilleur. Si un jour j'ai des ennuis, j'aimerai que quelqu'un vienne m'aider, alors c'est normal que je fasse l'inverse. "

    On pourrait croire que l'armée serait le meilleur endroit pour moi, sauf qu'obéir à des ordres sans avoir le choix, je ne sais pas faire. C'était principalement le désaccord avec Shael, je n'ai jamais compris comment elle pouvait obéir à quelque chose sans que cela ait forcément un lien avec ses convictions. Obéir aveuglément c'est dangereux. Les "têtes" peuvent facilement ordonner pour leur bien personnel au lieu du bien commun. Si j'agis, je le fais parce que ca me ressemble et parce que c'est en rapport avec ce que je crois et non pas parce que c'est un devoir, une obligation ou pour être un héro. Bref, j'en profite, à mon tour !

    " Parle moi du Razkaal. Tu y es déjà allé ? On dit que les limiers sont les meilleurs de ce monde. Je me demande si cela est aussi terrible qu'on le dit, ou si c'est juste pour faire peur aux gens et les dissuader. Ce nom effraie bon nombre de personne, mais j'aimerai bien visiter cet endroit. "

    Dis comme ça, je pourrai probablement paraitre suicidaire. Mais chaque lieu a une partie sombre et une partie de lumière. Même une prison a du beau. L'architecture par exemple, l'ambiance à son paroxysme à du charme également, ce qu'elle représente a aussi une forme de beauté. Rien n'est jamais complétement sombre. En tout cas, je n'ai jamais trouvé quoi que ce soit de la sorte.  
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    Kieran Ryven
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  • Lun 20 Mai - 19:14
    On arrive tous ici dans ce monde pour un but bien précis.

    Le mien est très simple : m'occuper de tous les salauds.

    Pour cela on me demande d'être horrible, antipathique, menaçant, des fois cruel, sans pitié, mais ne jamais oublier pourquoi on le fait. Incarner un monstre si longtemps pourrait me corrompre... Et je finirais par le devenir, tout simplement. Garder le cap, le message, l'espoir de cet objectif porté avec une conviction inébranlable. Je ne le fais pas parce que je suis obligé, je le fais parce que c'est là, au fond de mes tripes, que quand on voit un monde aussi hostile avec les pouvoirs que j'ai... On culpabilise. Mon corps bouge tout seul lorsqu'il doit protéger un oisillon égaré, et il bouge tout seul lorsqu'il s'agit de fracasser la mâchoire d'un ennemi qui veut nuire. Aux autres, à l'environnement, à une idée, à une nation.

    Au monde.

    C'est un horrible privilège, car je sais que cette voie ne m'apportera rien de bon. Ni la tranquillité, ni la paix. Et pour autant... Je pourrais faire ça toute la journée. Preuve s'il en faut une, je suis présentement en train de marcher au milieu de nulle part avec une inconnue, dans l'idée de foutre une rouste à un agent de la pègre.

    Et en parlant de l'inconnue, voilà qu'elle s'avance. Ne pouvant la zyeuter parce que je devais faire gaffe à mes pieds s'enfonçant dans le sable, je serais donc à l'écoute de ses propres aspirations. Un rictus s'étire derrière mon masque de tissu, essuyant les rafales de sable qui fouettent la peau. J'aime et je partage sa vision. Des choses ne sont pas acceptables, et ne rien faire ne l'est pas non plus. Si on espère qu'on nous tende la main un jour, il est normal de tendre la sienne à quelqu'un qui en a besoin.

    « Je partage ton point de vue. Les gens devraient réfléchir comme ça, ça me ferait moins de travail. »

    Et si finalement c'était ce que je voulais ? Et si, finalement, je ne désirais qu'une chose, c'était de m'autoriser à traquer des personnes parce que c'est ce que j'aime faire ? Qu'est-ce qu'il se passerait si tout est bien qui finit bien ? Je m'ennuierais ? Je repartirais ? Ou je me trouverais une excuse pour enfoncer le visage d'un homme qui n'a rien demandé dans le mur d'une ruelle par pur plaisir sadique ? Mon cœur me hurle que non, mais je sais que ma raison est tout le temps confrontée à la corruption du Razkaal, et que je perds une partie de moi chaque fois que j'y plonge.

    Qu'est-ce que je vais devenir. Un punisseur perdu ?

    Je savais que ce sujet allait forcément être posé sur la table. Quand les gens savent que je suis un des geôliers de cette Forteresse, les questions se multiplient et mon serment de garder le secret mis à rude épreuve. A sa dernière phrase, je lui renvoie un regard froid et sinistre.

    « Je te fais la promesse que tu ne veux pas y aller. Ce désert, c'est une promenade aux truffes à côté. C'est aussi terrible que tu peux l'imaginer. »

    Et pourtant, notre environnement commence à devenir sérieusement méchant. Le vent s'arrête de souffler, et le désert tombe dans un silence écrasant. Le soleil est maintenant au zénith, frappant le sol comme un marteau de feu. Chaque grain de sable brûle sous cette chaleur implacable, et l'air lui-même semble vibrer de chaleur. Sans le vent pour remuer l'air, tout devient oppressant. La chaleur est suffocante, rendant chaque respiration difficile. Le paysage est figé, les dunes paraissent comme des vagues de métal fondu. Pas un souffle de vent, pas un bruit, juste ce silence de plomb et cette chaleur accablante. La peau, même protégée, commence à brûler. Chaque pas soulève une vague de chaleur qui monte du sol, amplifiant encore la sensation d'être dans un four. Les mirages se moquent de vous, des images de fraîcheur inaccessibles dans cet enfer brûlant.

    Les animaux du désert, plus sages, se terrent, laissant le désert vide et inhospitalier. Le silence est total, rompu seulement par le bruit sec de vos pas sur le sable brûlant.

    Avancer dans ce four infernal demande une volonté de fer. Chaque pas est un défi, chaque instant une lutte contre l'instinct qui hurle de trouver un abri. Mais il n'y a pas d'abri, seulement ce désert impitoyable, ce soleil de plomb, et la volonté de survivre. Bizarrement, mon esprit est parti dans le Razkaal, et j'ai suffisamment de salive pour donner des éléments de réponse.

    « Le recrutement se fait sur le volet, et c'est effectivement les meilleurs qui restent. Ceux qui n'ont pas réussi sont soit morts, soit pas assez fort pour continuer, fous, ou handicapé à vie. »

    J'extirpe ma gourde et bois une gorgée. Puis je sors de ma besace mon masque de vouivre, qui ne me quitte jamais.

    « C'est une immense prison qui ravage les esprits par une corruption obscure et terrible pour ceux qui ne sont pas protégés. Impossible d'utiliser ses pouvoirs, il fait froid, humide, l'odeur est constamment un poignard pour les sinus. Nos oreilles attaquées par les pleurs, les hurlements, les supplications, les crises de démence, et une cacophonie mystérieuse de chaînes rouillées et de portes massives en acier, comme si le Razkaal se mettait à parler. On est exténués, on a la dalle, on ne sait plus comment on s'appelle. »

    Je finis par grogner, manquant de trébucher lorsque mon poids s'enfonce trop loin dans le sable.

    « Pour ce que j'y fais là-bas, je n'ai malheureusement rien à te dire, hormis que je suis un limier qui doit garder les cellules. » Que je termine, grave.

    Je me redresse doucement, puis je retire le fourreau qui tient Portecendres pour m'en servir de canne de fortune. La marche va durer encore un petit moment, jusqu'à ce qu'une fumée noire traverse l'horizon encore à quelques lieues d'ici. Le sable commence à se tasser, et c'est bientôt un sol en terre craquelée qui vient accueillir nos semelles brûlantes et remplies de sable. Mieux agréable que le sol mou qui avale mes jambes jusqu'aux tibias.  

    « J'espère que ce n'est pas un mirage. »        

    Mes ailes se déploient dans un claquement timide, faisant tomber un paquet de poussière et de sable sur les côtés.

    « "Pas à ta connaissance", c'est ça ? On verra bien quand tu verras le sol depuis le ciel. » Que j'assure, avec une voix amusée, la main tendue dans sa direction.  

    Courage ou dégage, ma jolie.
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    Enkara O'Shela
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  • Mar 21 Mai - 0:07
    « Je partage ton point de vue. Les gens devraient réfléchir comme ça, ça me ferait moins de travail. »

    Moins de travail ? Mais quel est son travail ? Punir les malfrats ? Est ce un passe temps ou bien son travail ? En général, on choisit son travail parce qu'il nous plait, donc punir les brigands le satisfait ? Sans eux, ne s’ennuierait il pas ? Nous pourrions surement débattre sur ça, un sujet philosophique intéressant selon moi qui pourrait laisser entrevoir ce qu'il est au fond de lui au passage.

    « Je te fais la promesse que tu ne veux pas y aller. Ce désert, c'est une promenade aux truffes à côté. C'est aussi terrible que tu peux l'imaginer.»

    Étrangement, je ne me l'imagine pas. Non pas que j'en suis incapable loin de là, juste qu'en réalité, nous n'avons sur cet endroit que des idées justement. C'est un endroit secret et je ne suis pas sûre que les informations que nous ayons soient véridiques. En y pensant maintenant, pour moi c'est une forteresse sombre et humide probablement, remplie de prisonniers privés de tous droits.

    Je n'ose pas poser plus de question. Je suis toutefois surprise qu'il me sorte quelques mots sur le fonctionnement général. Cela créé un échange entre nous malgré la chaleur devenue insupportable.

    « Le recrutement se fait sur le volet, et c'est effectivement les meilleurs qui restent. Ceux qui n'ont pas réussi sont soit morts, soit pas assez fort pour continuer, fous, ou handicapé à vie. C'est une immense prison qui ravage les esprits par une corruption obscure et terrible pour ceux qui ne sont pas protégés. Impossible d'utiliser ses pouvoirs, il fait froid, humide, l'odeur est constamment un poignard pour les sinus. Nos oreilles attaquées par les pleurs, les hurlements, les supplications, les crises de démence, et une cacophonie mystérieuse de chaînes rouillées et de portes massives en acier, comme si le Razkaal se mettait à parler. On est exténués, on a la dalle, on ne sait plus comment on s'appelle. Pour ce que j'y fais là-bas, je n'ai malheureusement rien à te dire, hormis que je suis un limier qui doit garder les cellules.»

    J'écoute attentivement la description qu'il me fait, plus que partiale et j'en prends note. C'est la première fois que je rencontre une personne qui a déjà mis les pieds là-bas, alors je me fis à ses dires, il n'a aucunes raisons de me mentir après tout. Mais maintenant je sais quel est son travail et je sais comment faire si jamais je souhaite le retrouver. Je comprends également qu'une majeure partie de son travail soit classée secrète et de ce fait, je ne tiens pas vraiment compte de son regard et de son ton devenu grave.

    Le voir s'enfoncer aussi profondément dans le sable me fait presque de la peine. Je brûle sous mes vêtements à cause du soleil et le sable chaud qui entre dans mes chaussures n'arrange en rien cette promenade. je pourrais utiliser ma magie pour nous rafraichir oui, mais avec cette chaleur, une utilisation prolongée me ferait puiser mon énergie et avec la rencontre prévue, je ne peux pas me le permettre. Mais sérieusement, qu'est ce que j'en ai envie ! Je savais que ce désert était connu pour tuer les moins préparés, mais l'imaginer n'était pas suffisant. Sans Kieran pour me "motiver", j'aurai surement creusé un trou dans le sable, formée une cavité de glace et j'aurai attendu la nuit pour me déplacer. Et si nous n'arrivons pas rapidement, je vais perdre ma peau par lambeaux....

    J'aperçois au loin une fumée noire, ce qui change des habituelles plans d'eau que le désert s'amuse à nous faire voir.

    « J'espère que ce n'est pas un mirage. »

    " Un mirage de fumée, ca serait surprenant. "

    Mon compagnon se dégourdie alors les ailes en les secouant doucement. Au passage, un paquet de sable en tombe. Déjà que ca me gratte partout, mais si j'avais des ailes je n'ose pas imaginer le désagrément supplémentaire.

    « "Pas à ta connaissance", c'est ça ? On verra bien quand tu verras le sol depuis le ciel. »

    Pardon ? Je lève mes yeux vers lui quand il me tend une main assurée. je pourrai presque croire qu'il sourit. Il est peut être même moqueur à l'intérieur de lui ! Je crois qu'il me provoque.... Accepter cette invitation c'est accepter de faire confiance. La confiance, dans cette situation, c'est lui donner la possibilité de me protéger ou de me faire du mal. La confiance ,à ce moment précis, relève presque de la folie. Je n'ai pas peur de voler parce que je ne l'ai jamais fait. J'ai de l'appréhension mais surtout de la méfiance. Je souffle par le nez, puis finis par glisser mes doigts fins dans sa grande paluche.

    Il est chaud. Tout comme moi il ne dit rien, mais il souffre du chaud. Sa nature draconique doit jouer sur sa capacité à supporter, mais n'oublions pas qu'il a une partie humanoïde en lui qui elle, doit quand même en avoir raz le bol de ce désert. L'avantage dans le ciel, c'est qu'il n'y a pas de sable pour nous brûler les pieds et techniquement, je devrais être à l'abri du soleil sous son imposante silhouette. Ce que je ne comprends pas, c'est quelle stratégie compte-il adopter en arrivant par le ciel ?

    Bref, j'ai décidé de lui faire confiance, donc, j'attends de voir. La confiance, ça passe aussi par là. Cette aventure va être décisive pour moi.

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    Kieran Ryven
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  • Ven 24 Mai - 0:13
    On aurait tendance à dire que ce sont nos actions qui définissent nos vies.

    Non, ce sont nos choix.

    Et Enkara en avait un à faire. Bien moins risqué qu''elle le supposait, mais je comprenais son raisonnement qu'elle se fabriquait probablement en tête, tandis que ma main partiellement gantée attendait une réponse. Oui, ou non. C'était l'occasion de tester notre binôme et savoir si nous nous faisons suffisamment confiance afin de poursuivre notre aventure, ou pas. Les combats, les voyages éprouvants, ça rapproche. Mais, est-ce suffisant ? On n'a pas le choix de compter l'un sur l'autre. Tout notre environnement veut notre mort. Les dunes brûlantes commencent à céder la place à un terrain plus rocheux. Le sable fin et mouvant fait place à des plateaux de pierre durs et à des sentiers tortueux. Le paysage change, les vastes étendues de sable sont remplacées par des formations rocheuses imposantes et des canyons profonds.

    Et alors que je commençais à abandonner l'idée que l'Elfe saisisse ma pogne, ses doigts filiformes viennent enserrer mes épaisses phalanges, calleuses et abîmées. Doucement, mais surement, je la tire vers moi, jusqu'à ce que la proximité vienne fracturer l'espace vital de chacun.

    « On va observer ce beau monde depuis le ciel, profiter des canyons plus loin pour établir un plan depuis un poste élevé. Accroche-toi pendant toute la manœuvre. »

    Mes deux bras enlacent sa taille, tandis que je prends une grande inspiration, observant le ciel, un terrain bien plus agréable. Même si ça veut dire prendre le soleil de plein fouet.

    ***


    Le dragon du Razkaal, s'accroupit légèrement, ses muscles se tendent et se gonflent sous la peau. Un grondement profond résonne dans sa gorge, répercutant son excitation et son énergie dans l'air. Ses ailes, vastes et puissantes, se déploient dans un bruit semblable à la voilure d'un trois mâts, étendant leur envergure massive au-dessus de lui. Chaque membrane et chaque articulation se tendent, prêtes à canaliser la force nécessaire pour l'élévation.

    Pour lui, mais aussi pour elle.

    Puis, avec une force explosive, il pousse sur ses jambes râblées, projetant son corps colossal vers le ciel. Le sol tremble sous l'impact de son envol, une bourrasque de vent, de sable, et de poussière s'élève autour de lui. Ses ailes battent avec une puissance notable, créant des courants d'air si forts qu'ils balaient les environs. Les premiers battements sont lents et puissants, chaque coup d'aile le propulsant plus haut avec une détermination implacable.

    Au fur et à mesure qu'ils gagnent en altitude, ses mouvements deviennent plus fluides, plus rythmés. Il semble flotter avec aisance malgré qu'il ne soit pas seul, chaque battement d'aile le portant plus loin des contraintes de la terre ferme. Le drakyn, s'élève majestueusement, se détachant de plus en plus du paysage en contrebas. Ses ailes battent en cadence parfaite, et bientôt, il ne fait plus qu'un avec le ciel, une silhouette majestueuse et libre.

    Entre ses bras, blottis contre lui, l'Elfe de glace, qui peut apprécier l'environnement sous un nouveau regard, à la place de de n'importe quel oiseau sillonnant le firmament ensoleillé, cheveux au vent.


    ***

    Hm, bon, on observe. Creusant dans mes pouvoirs, mes iris se resserrent pour augmenter la portée de ma vision lorsqu'on parvient à observer le camp des bandits. Une brochette de connards qu'il faudra soit arrêter, soit exterminer. Les vallées étroites et les crevasses offrent un contraste frappant avec la monotonie des dunes, endroit idéal pour être à l'ombre pour ces loubards mais aussi le lieu parfait pour marcher à pas feutré jusqu'à eux. Profitant du nouveau relief pour passer inaperçu, je me laisse le temps d'aviser en détail ce qui nous attends. De là-haut, le camp ressemble à une petite tâche, mais mon regard parvient à faire le grossissement suffisant pour en sortir quelques informations.  

    « D'accord. Des tentes, en toiles blanches, une bonne dizaine. Un feu au centre, il y a des cages. Elles ont l'air occupées. Des sentinelles postées aux quatre angles du camp. Ils patrouillent en cercle. Des caisses, et des tonneaux un peu partout. Certainement des provisions, de l'eau et des marchandises volées. Et puis... Deux personnes qui marchent dans leurs directions. Ils... Titubent. »

    Je me penche sur la droite pour changer rapidement de direction pour réduire la distance, et écarquille les yeux de surprises, avant de froncer les sourcils. Rapidement, je plonge en piqué pour retrouver le sol à plusieurs centaines de mètres de leur position. Des traces de pas, des détritus épars, et des marques sur les parois rocheuses indiquent que ces terres ne sont pas aussi désertes qu’elles en ont l’air. Les loustics sont dans les parages depuis un petit moment. Va savoir ce qu'ils y foutent aux sentiers commerciaux. C'est la pègre qui doit être contente. Néanmoins c'est pas ça qui me dérange. Je lâche l'étreinte pour laisser à ma comparse de s'écarter, retroussant le nez d'un agacement qu'elle aura pas de mal à remarquer.

    « Deux connards que je pensais mort sont en train d'aller les rejoindre. T'as une explication ? »

    Je ferme les yeux afin de chercher un semblant de calme, puis soupire, résigné.

    « Je comprends ton chemin de pensée, une vie ça se marchande pas. Mais maintenant, de fortes chances qu'ils vont parler de nous. Le plan sera plus corsé que je le pensais. »

    Je profite de l'ombre pour retirer ma capuche, et libérer mon visage des pans de tissu. L'air est tellement plus agréable, d'un coup. Mais pour combien de temps ? Je pose mon épaule contre une paroi, boit une gorgée d'eau et observe le camp encore une fois. Pour le moment, on n'est pas repéré.

    « On devrait attendre la nuit pour frapper. Ils sont probablement une quinzaine, et il y a probablement des captifs parmi eux, sans doute pour en faire des esclaves. Des vies sont en jeu. »

    J'attends ses réponses pour se mettre d'accord, et m'assois lourdement au sol, la fatigue du vol frappant dans un contre-coup que je n'ai pas vu arriver. Mais, je devrais rapidement récupérer mes forces. De toute façon, je n'ai pas le choix.

    Ces chiasseries doivent s'arrêter.
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  • Dim 26 Mai - 22:50
    Un petit hoquet échappe à mes lèvres au moment où ses pieds décollent du sol. Les miens ne le touche depuis qu'il m'a prit entre ses bras et qu'il a collé nos corps l'un contre l'autre. L'impulsion est impressionnante, ses immenses ailes se déploient avec puissance, battant l'air pour prendre de la hauteur. C'est à la fois lourd, fort, bruyant et beau. Le sable qui se soulève, le bruit rappelant les voiles d'un bateau, son grondement d'excitation. Je m'agrippe à lui fermement, avant tout je suis ébahis par le spectacle.

    Rapidement, nous nous éloignons du sol et je ferme les yeux un instant avant de me décider à profiter du voyage. Je sens le vent sur moi et même si le soleil est plus proche, qu'il brûle toujours autant, la sensation est différente pour moi. Quand je réalise l'altitude surprenante à laquelle nous sommes, mes yeux s'écarquillent et je fixe alors mon .... capitaine du navire. Lui, ne semble pas inquiet, je dirai même qu'il dégage une sorte de plénitude qu'il finit par me transmettre. C'est à ce moment là que je réalise véritablement ce qu'il se passe, je suis dans les bras d'un Drakyn et JE VOLE !!!! Oui, je vole comme un oiseau ! Jamais je n'aurai pensé qu'un jour je pourrai faire ça ! je lâche un bras et l'écarte pour mieux profiter du plaisir et une sensation monte en moi. J'ai envie de crier de joie. On ne fait pas ça par chez nous alors je me contiens, mais cette émotion est vraiment intense et bonne. Un large sourire au lèvre, je vole, les cheveux au vent, libre.

    « D'accord. Des tentes, en toiles blanches, une bonne dizaine. Un feu au centre, il y a des cages. Elles ont l'air occupées. Des sentinelles postées aux quatre angles du camp. Ils patrouillent en cercle. Des caisses, et des tonneaux un peu partout. Certainement des provisions, de l'eau et des marchandises volées. Et puis... Deux personnes qui marchent dans leurs directions. Ils... Titubent. »

    J'ai oublié que nous étions en mission et ses paroles me ramènent à la dure réalité. Vu la distance où nous étions, je n'ai clairement rien vu si ce n'est le paysage vertigineux et les canyons. Brutalement, sans prévenir, le voila qui pique comme un rapace en chasse ! J'ai le réflexe de m'agripper plus fort à lui et je marmonne des insultes.  Rapidement donc, nous retrouvons la terre ferme. Quelque chose ne va pas je crois. Et je ne parle pas de mes jambes qui tremblent en touchant le sol, mais bien de Kieran et de sa moue.

    « Deux connards que je pensais mort sont en train d'aller les rejoindre. T'as une explication ? »

    C'est une vraie question ? Je suis encore en train de me remettre de l'atterrissage pour le moment, je répondrai plus tard.

    « Je comprends ton chemin de pensée, une vie ça se marchande pas. Mais maintenant, de fortes chances qu'ils vont parler de nous. Le plan sera plus corsé que je le pensais. »

    " Pour tes deux supposés morts, tu pourras leur poser la question quand on les verra. Et s'ils nous ont aperçu, rien ne leur dit que nous sommes à leur trousses. L'effet de surprise peut encore se tenter. Et puis s'ils te connaissent toi, ils ne me connaissent pas. "

    A l'ombre des roches, Kieran en profite pour prendre l'air et respirer sans contrainte. Tandis que moi, je me bataille avec mes cheveux complétement en désordre. Je refais une tresse propre et solide qui ne me gênera pas la suite des événements. Puis, comme lui, je bois.

    « On devrait attendre la nuit pour frapper. Ils sont probablement une quinzaine, et il y a probablement des captifs parmi eux, sans doute pour en faire des esclaves. Des vies sont en jeu. »

    " Je suis d'accord avec toi, la nuit sera un atout supplémentaire. Si jamais ils ont des torches, ils nous verront encore moins et nous encore plus. Tu pourrais peut être attaquer par les airs ? Je resterai au sol pour attirer leur attention pendant que toi, tu ferais une surprise par en haut. "

    J'entends qu'il se laisse lourdement tomber au sol. Je ne vois aucune blessure, aucun saignement. Serait-ce de la fatigue ? Entre le vol et la chaleur ? Attaquer par les airs... peut il au moins le faire ?

    " Est ce que ca va ? Tu as besoin de repos et pour être honnête, cette chaleur m'épuise aussi terriblement. "

    Je viens me mettre à ses côtés, accroupis. Je prends quelques dispositions et quelques libertés avec lui. Certain Humain envoie des baisers en soufflant sur leur main après l'avoir embrassée. Et bien moi, ce n'est pas un baiser que je lui envoi, mais une petite brise fraiche. En concentrant la magie en moi, je suis capable de créer des tempêtes de neige, disons que là, c'est du miniature, juste pour lui. L'idéal serait d'avoir une magie du vent pour compléter tout ça, mais les moyens du bord ca marche aussi.

    " On ira quand tu auras repris du poil de la bête. Si tu n'as pas la force d'arriver par le ciel, je pourrai te couvrir avec ma magie. De la haut, je n'ai pas vu comment est fait le campement. Je vais me fier à ton expérience. "

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    Kieran Ryven
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  • Mar 28 Mai - 11:31
    Elle les a épargné.

    J'aurai dû m'en douter. Quand on commence à sortir de notre trou, on est persuadé qu'aider son prochain ne doit pas avoir de barrière éthique. Que tout le monde a le droit à une seconde chance. C'était ce que je croyais avant que je ne devienne limier. Je repense alors à mon histoire anecdotique que j'avais raconté à Nora, aux plages des îles paradisiaques. Les hommes sont parfois sans but logique. On ne peut ni les acheter, ni les convaincre de quoi que ce soit, ils rêvent de voir le monde brûler. Embrasser le chaos de la plus obscure des manières, et mourir avec.

    Alors autant les trucider avant qu'ils n'emportent d'autres vies qui n'ont rien demandé.

    Les deux gars, là-bas, n'ont pas compris la leçon. Revenus sur leurs pas pour survivre, mais surtout pour recommencer leurs vices. D'ici je peux voir leurs sourires devant les cages, les tapes amicales de leurs enfoirés de camarades. Heureusement que mon ouïe n'entend pas ce qu'il se dit. Difficile d'avoir de l'espoir dans cette seconde chance, difficile de croire qu'il y a une rédemption dans leur acharnement. Pourtant, j'essaie d'expier mes propres péchés en essayant de faire le bien autour de moi. Mais faut croire que ce sentier ne plaît pas à tout le monde.

    A ceux-là, ils auront mon châtiment.

    « J'espère qu'ils me connaissent, dans ce cas. Parce que je n'aurais pas ta clémence, aussi noble et pure soit-elle. »

    Appelé le Dragon du Razkaal, je sais qu'en République ce nom commence à circuler dans les rues mal fréquentées. Ma silhouette, ma peau bleutée sont de plus en plus reconnaissables. J'étais un soldat au Reike, incarnant le symbole d'une arme impitoyable pour l'empire. Aujourd'hui je symbolise la peur en incarnant une arme impitoyable pour le Razkaal.

    L'environnement change, le schéma est le même, mais le but est différent.

    Calibrant notre stratégie pour frapper, elle est donc d'accord pour agir quand le soleil va nous foutre la paix, et que la lune nous fera le rappel glaçant du froid mordant sur nos peaux cramées et écorchées par le bourrasque constant du sable. Je n'ai pas eu le temps d'y répondre, mon corps se dérobe et ne m'écoute pas lorsque je m'effondre. Il était agréable de voir quelqu'un se soucier de soi, même si effectivement on n'a pas le choix de rester ensemble si on veut traverser ce désert. Je suis fort, mais pas assez pour y faire face.

    « J'ai besoin de souffler, ça va aller. Je suis d'accord avec ton plan. Ils ne verront qu'une ombre les détruire comme une dernière vision depuis le ciel. » que je gronde, le ton sinistre.

    La suivant du regard, j'hausse un sourcil. Cette proximité qui se resserre, ses mains qui se rapprochent et la magie qui s'opère. Des flocons de glace dansent dans l'air, créant un contraste saisissant avec la chaleur écrasante du désert. Un vent frais s'en échappe, se propageant doucement vers moi. La brise glacée est un véritable soulagement, rafraîchissant ma peau brûlante et apportant une sensation de répit bien méritée. Un long soupir d'aise me trahit.

    « Oh, bordel. »  

    Le froid se diffuse rapidement, chassant temporairement la chaleur étouffante et laissant une fine couche de neige fondue sur les rochers et le sable. La mini-tempête de neige tourbillonne encore quelques instants, chaque flocon brillant comme une étoile dans l'air sec du désert, avant de se dissiper lentement. Et putain, ça fait du bien. Fermant quelques secondes pour apprécier ce froid comme la meilleure nouvelle de la journée, j'apporte un regard reconnaissant à mon vis-à-vis.

    « Merci. Je serais d'attaque, ne t'en fais pas. Tâchons d'être discrets jusqu'à ce soir. Je prendrais le temps de t'expliquer la disposition du camp. Et le moment venu... » 

    On déchaîne les enfers.

    ***

    La nuit tombe.

    Le même cauchemar. La même rengaine. A la différence que les ombres seront nos alliées. J'avise Enkara une dernière fois. Je ne sais pas si elle a fait ça dans sa vie, et je ne sais pas si elle en sera capable. Faut juste espérer d'être là pour elle si les choses se corsent. On avance prudemment, chaque pas est calculé pour éviter de faire le moindre bruit. Le terrain est traître, mais on connaît la règle : rester bas, rester silencieux. Les bandits sont moins vigilants après une journée sous le soleil de plomb. Quelques-uns montent encore la garde, mais la fatigue se lit dans leurs mouvements, leurs rondes sont prévisibles, offrant de courtes fenêtres d'opportunité pour se déplacer. Les autres dorment, roulés dans leurs couvertures, insouciants du danger qui rôde.

    Avec un regard partagé, je commence à prendre de la hauteur, en grimpant une paroi rocheuse, déplier mes ailes silencieusement, et me laisser tomber pour planer, disparaissant dans le ciel noir. Bonne chance, Elda i Firnen.

    Le camp des bandits s'étend en dessous, leurs sentinelles éparpillées mais prévisibles. Ils pensent que l'obscurité est leur alliée. Ils se gourrent.

    Comptant sur la couverture qu'elle m'offre, je plonge dans l'angle mort du premier. Mes cuisses amortissent l'atterrissage sans un bruit, mes deux ailes couvrent ma cible tandis que je le dénuque dans un craquement sec et rapide. Je prends rapidement sa torche et plante la tête enflammée dans le sable. Puis, je redécolle. Forcément, ça commence à gigoter.  

    « Eh ! Vous avez entendu ?
    - Ouais, la bourrasque ?
    - Ça doit être le vent...
    - Hm, je ne suis pas si sûr... Dispersez-vous les gars.
    - Je vais par là. »

    Je descends sur la deuxième sentinelle isolée avec la même impitoyable efficacité. Deux pieds en avant, sans la moindre pitié, le crâne éclate contre un rocher à la collision. Le corps s'effondre comme un pantin désarticulé. Ce sont des prédateurs dans ce désert, mais cette nuit, je suis le prédateur suprême. Chaque sentinelle est une ombre de moins, un obstacle éliminé avec une précision froide et sinistre.

    Deux autres cibles cette fois collées restent dos à dos, tandis qu'ils dégainent leurs lames. Proche d'une paroi rocheuse, je déboule sur le flanc pour les percuter en plein vol, leurs corps rebondissent contre la pierre avant de s'écraser au sol. Inconscient tous les deux, mes phalanges allongent leurs griffes pour arracher respectivement leurs jugulaires, en les laissant se vider peu à peu. Leur sang, noir sans la lumière, macule le sol encore chaud.

    Maintenant, il faut chercher cet agent de la pègre. Lui, il est précieux, peut-être que les soldats Reikois auront des informations s'ils le travaillent bien. Je suis l'odeur d'Enkara en planant comme un vautour, dessinant des cercles sous le clair de lune avant de tomber silencieusement à côté d'elle. Impossible de parler, simplement de s'accorder un regard entendu.

    Nous cheminons vers notre cible, et plusieurs sont encore dans leurs tentes, et autour du feu. Dormant, sans savoir que ça sera certainement leur dernière nuit. Il n'y a pas trente-six objectifs.

    Seulement punir ces enfoirés.
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    Enkara O'Shela
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  • Ven 31 Mai - 0:23
    Avant que la nuit n'arrive, je me pose à mon tour contre une roche, à l'ombre. J'ai besoin de détendre mes muscles, de me reposer et de souffler un peu pour être en forme pour ce soir. Lui, à l'air serein comme s'il savait ce qu'il allait se passer. Rappelons que moi, je ne suis jamais vraiment sortie de Melorn et toute cette histoire est la première réelle aventure que je vis. Je découvre le monde dans lequel je vis directement, pas à travers les livres, pas à travers les histoires des autres mais bel et bien à travers mes propres yeux.

    Les deux "connards" dont Kieran parlait tout à l'heure, c'étaient les deux du désert ? Je n'ai rien vu d'aussi haut si ce n'est le canyon. Il a la vue perçante. S'ils sont bien les deux Humains que j'ai laissé en vie.... pourquoi utiliseraient ils leur seconde chance de cette manière ? Pourquoi la gâcher aussi bêtement ? S'il croisent de nouveau mon compagnon, ils mourront à coup sûr et si c'est moi qui les trouve en premier....

    Je m'assoupis sur cette pensée, sans m'en rendre compte. Le sommeil n'est pas profond, j'ai les sens comme en alerte et ce n'est absolument pas réparateur, mais cela suffira à intervenir cette nuit. Cette chaleur m'épuise, mon corps dépense une énergie incroyable pour rester à température et combattre cet endroit. Tout n'est que survie finalement ici. Et si je n'avais pas croisé le Drakyn ?

    Je me réveille brusquement quand j'entends le colosse bouger. Je crois que c'est l'heure. Je me réveille, bois un peu d'eau, mange un petit truc et écoute attentivement ses instructions. Je devrais avoir froid, comme la veille et pourtant mon corps bouillonne à cause de cette attaque surprise. C'est ma première fois. Je n'ai jamais fait ce genre de chose auparavant, je suis à la base une guérisseuse, mon père m'a formé pour cela. Mais d'un autre coté, ma mère devait savoir que je partirai un jour, je ne dois pas oublier qu'elle m'a entrainé pour survivre elle, ma magie est meurtrière. Quel paradoxe. En faisant ce que Kieran me dit de faire, nous écartons au maximum les risques, seuls les imprévus peuvent donc nous surprendre. Je n'ai pas peur, je doute juste de moi. Et c'est pire.

    Le voir se mouvoir est toujours aussi impressionnant. Il est colossal mais il arrive pourtant, à pas de loup, à avancer silencieusement. Je souris, cette chose pour moi est naturelle comparé à lui, mais il est doué. J'ai caché mes cheveux sous ma capuche, abandonné ma cape blanche achetée aux marchands pour ma cape brune et je me fonds dans l'obscurité. Le plan commence quand il grimpe à la roche comme un animal pour prendre un peu de hauteur avant de déployer ses ailes et planer. J'espère qu'il connait ses limites, que la fatigue ne va pas le surprendre et le mettre en danger. Je lui fais confiance et j'imagine que lui aussi., alors je dois me concentrer sur mon objectif.

    La première cible est toute choisie et au moment où j'attire son attention avec un petit sifflement, une ombre meurtrière l'emporte dans l'au-delà en l'espace d'un souffle : une torche s'éteint, une vie disparait.

    Le décollage du "faucheur de vie" se fait entendre, annonçant les derniers instants pour les bandits qui ont croisé son chemin. Et bien entendu, l'ennemi se dispersent. Kieran l'avait prédit. Comment peut-on prendre la décision de se disperser en pleine nuit, sans réelle visibilité, quand on ne sait pas ce que l'on cherche ? L'Humain est vraisemblablement idiot... De là où il est, le Drakyn peut facilement voir les sentinelles égarées, celles qui se sont trop éloignées et qui sont seules. Je vois une nouvelle torche s'éteindre, une nouvelle âme disparaitre.

    Devant moi, il y a deux voyou collés dos à dos, je sens leur peur, je la lis sur leur visage. Ils ne savent pas de quoi ils ont peur mais elle les prend au plus profond d'eux, comme s'ils savaient que c'étaient leur dernière minute. Je m'avance vers eux jusqu'à ce qu'ils me voient sur leur flanc et qu'ils tournent leurs visages vers moi, jusqu'à ce que lui aussi les voit, jusqu'à ce qu'il les emporte dans un battement d'aile, que leurs corps s'écrasent sur la roche. Je regarde alors Kieran revenir sur les corps assommés étalés par terre, il est si différent, empli de violence et en un instant, il plante ses griffes dans le cou de l'ennemi pour en arracher avec force la jugulaire. Je vois le sang qui s'échappe et qui recouvre en quelques secondes le sable chaud. L'ombre tueuse elle, repart dans le ciel.

    Je finis par détourner le regard pour continuer ma progression vers notre objectif final : l'agent qui dirige les opérations. Plus je me rapproche des tentes, plus je me rapproche de l'inévitable. Je crois que peu importe ce que je ferai, je devrais affronter le destin tôt ou tard. Est ce que plus tôt sera le mieux ? Est ce si inévitable que cela ?

    Presque sans un bruit, le colosse me retrouve et se pose à mes côtés. Nos regards se croisent, je baisse les yeux sur lui pour le regarder un peu mieux. Il n'est pas blessé, le sang sur lui n'est pas le sien et il reste imperturbable. C'est donc ça la force du dragon ? Ou bien est ce simplement lui ? Dois-je avoir peur de lui ? Dois je me méfier ? En approchant du campement, ces idées quittent mon esprit afin de ne pas me déconcentrer. A mon tour d'entrer en scène, comme on l'a dit et je dois neutraliser d'une manière ou d'une autre ceux qui dorment près du feu. Concentration... quelques secondes après, chacun des corps dormant sur le sol aura son tombeau de glace. Résistant, il enveloppe chacun d'entre eux, les empêchant de bouger s'ils se réveillent, les paralysants sans les tuer immédiatement. Seul le manque d'air finira par les apaiser définitivement. Mais en attendant, le passage vers les tentes est dégagé. Je me tiens prête au cas où l'ennemi surgirait de nul part, bondirait hors des tentes dans un ultime assaut, où alors prête à contrer une magie. Je ne sais pas à quoi ressemble un chef de faction ou de criminels et dans le doute, je ne préfère pas entrer de force dans les tentes et user de la magie sur la mauvaise personne. Kieran se fera un plaisir d'entrer en premier, de menacer, secouer, arracher quelques chairs, découper quelques viandes.... Et comme convenu, normalement lui c'est le fer de lance et moi son bouclier, j'assure ses arrières et ses devants s'il y a un pépin.
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    Kieran Ryven
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  • Mar 4 Juin - 20:47
    J'ai essayé, de toutes mes forces, de faire le moins de casse possible, à l'époque.

    Tabasser les criminels avec mes poings, les mettre en prison, tout le monde m'acclame en héros et tout va bien qui finit bien. Sauf qu'ils restent des fois un mois, une semaine, un jour, avant de ressortir et refaire la même et putain de chose. Encore, encore et encore. Sans arrêt, en se disant "cette fois, ils m'auront pas". Puis je suis devenu Limier, et découvre qu'il y a une prison bien plus rude, mais qui n'est pas non plus infaillible. Alors, la vermine, désormais, je l'écrase. Plus de citoyens qui me comparent à un justicier, mais à un gardien macabre et sans pitié, le Dragon du Razkaal, châtieur, traqueur et punisseur. Pas d'admiration, pas d'éloges, seulement le silence de leur jugement et de leur crainte.

    Tant pis pour les jolies symboliques, seul le travail compte.

    Et ça fonctionne. La mort est silencieuse, triste et macabre, mais cela permet à d'autres qui n'ont rien demandé de vivre. Tandis qu'on progresse dans ce bourbier, j'avise les cages pleines. Depuis combien de temps ils sont là ? Plus loin, accroché à des piquets, des Aazho, proches de deux chariots. Pour transporter toutes ces caisses au Reike, naturellement. Rapidement, je pouvais entendre le crépitement de la glace, entourer ses victimes comme des cercueils, les préparant pour le grand sommeil. Même là, elle a su trouver un moyen d'arriver à les neutraliser en bannissant la violence dans la méthode. Je l'ai gratifié d'un regard et commencé à fouiller les sacs proches des victimes. Une clé rouillée dans une besace m'a l'air de correspondre aux petites prisons.

    Après une rapide réflexion, je conclus qu'il serait plus intéressant de libérer les prisonniers tant que nous sommes à pas feutrés. Plutôt que de les mêler à un combat où ils peuvent y laisser la vie. Deux cages, six personnes. D'un signe de tête je l'a demande de me suivre. Approchant mon index à mes lèvres comme pour intimer à nos prisonniers de bien fermer leurs bouilles, je me laisse une seconde pour aviser leur état. Mal nourris, habillés d'un tissu qui ne protège pas du soleil, la peau brûlée par l'astre mais aussi frigorifiée par la nuit. Un miracle qu'ils soient encore en vie. Avant que je ne mette la clef sous la serrure, une main squelettique va entourer mon poignet pour m'en empêcher. Et de ses yeux, je comprends que ce n'est pas la bonne et que le bruit de la serrure pour alerter le reste des personnes endormies, la plupart encore dans les tentes. Ma main court sur les barreaux pour en aviser la solidité, et après une profonde inspiration, j'en écarte deux d'entre eux pour les laisser sortir.

    « Des sentinelles cannées et des bandits autour du feu. Prenez leurs vêtements, et rejoignez les chariots. »

    Je réitère l'opération, mais le couinement métallique va nous trahir. Des lanternes sont rapidement allumées dans les tentes, et les premiers cris d'alerte sonne le glas de notre infiltration. On n'a pas le choix.

    On va devoir se battre.

    « Chef ! Ils essaient de libérer les prisonniers !
    - Je les reconnais, c'est eux qui nous ont attaqués ! Faites attention, la fille maîtrise la glace !
    - Je m'en charge. » Termine un homme mystérieux, la voix confiante.  

    Vêtu de vêtements amples flottant au vent glacial. Son visage est dissimulé derrière un masque de tissu sombre, ne laissant paraître que des yeux perçants comme des lames. Il commande les éléments avec une aisance terrifiante, faisant tourbillonner sable et tempêtes à sa guise. Sa présence impose le silence, ses gestes maîtrisent la terreur.  Il lève une main et le sable s'anime, s'enroulant autour de nos jambes pour nous entraver. je finis par me tourner vers les prisonniers, quand j'ai su que nous étions désormais coincés avec nos futurs agresseurs.

    « Barrez-vous, TOUTE DE SUITE. »

    Un énorme coup de poing fracture le sol pour détruire la fondation de sable, et j'en fais de même aux niveaux d'Enkara. Trop lent, on se fait rapidement encercler, plusieurs sabres dégainés dans notre direction, et cet élémentaliste juste derrière. Donnant des instructions pour se positionner, pas besoin d'être un spécialiste pour deviner que notre agent, c'est lui. Finalement les hommes se séparent ; un petit groupe poursuivant les esclaves qui viennent tout juste d'avoir leur liberté. En moins de quelques minutes, on passe d'un plan au poils à un véritable désastre.

    « On doit se séparer. Que je souffle à Enkara, résigné.
    - Vous pouvez toujours essayer.
    - A qui ai-je l'honneur ?
    - Au Reike, on m'appelle Dust. Mais pour toi ça sera "je t'en supplie, épargne moi."
    - Je vais t'en faire épeler chaque lettre. »

    Une flamme s'échappe de ma main pour dresser un mur entre Enkara et Dust ainsi qu'aux trois hommes qui sont restés. Je finis par la fixer.

    « Va sauver ces gens, ils ont besoin de toi. »

    Plusieurs projectiles de sable perforants traversent le mur, aussitôt intercepté dans mon dos, renforcé par mes écailles infusées par mes pouvoirs. Non sans laisser un grognement de plainte. Mes mains saisissent ses épaules pour la ressaisir si le besoin s'en fait sentir.

    « MAINTENANT. »

    Les épées claquent et rebondissent contre mon dos, avant que je ne me retourne rapidement. J'agite Portecendres en frappant les armes pour les projeter en arrière. Mon mur de flamme est rapidement bouffé par un mur de sable, ne laissant qu'une fumée éphémère balayée par le vent. Mes ennemis se mettent en garde, moi aussi. Tournant autour de moi, doucement, mais laissant au moins à l'Elfe de rattraper les poursuivants et espérer sauver tout le monde.

    Inspiration, expiration.

    Très bien, on danse.
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  • Dim 9 Juin - 1:18
    Kieran se charge de déverrouiller les cages pendant que moi  je fais le guet, prête à agir en cas de surprise. Normalement, si tout se passe comme prévu, sans bruit, les prisonniers devraient bientôt être partis. Les esclaves sont maigres, abîmés par le soleil et la fatigue, j'ai peine en les regardant. Comment est ce qu'on peut faire une chose pareille à la vie, à cette chose qui n'a pas de valeur ? Comment un être vivant peu décider du prix d'une vie d'un de ses semblables ? Jamais il ne me viendrait à l'idée de vendre mon voisin !

    A défaut d'avoir la clé, Kieran décide de forcer les barreaux à la force de ses bras. Je suis impressionnée, je l'avoue, la force du dragon qui coule dans ses veines selon moi. La seconde cage grince au moment de laisser les prisonniers s'échapper, sonnant alors l'alerte brusquement. Nos regards se croisent, on se comprend.

    « Chef ! Ils essaient de libérer les prisonniers !"
    - Je les reconnais, c'est eux qui nous ont attaqués ! Faites attention, la fille maîtrise la glace !
    - Je m'en charge. »

    Comment ça "qui nous ont attaqués" ..... c'est pourtant bien eux qui nous ont attaqués gratuitement ! Le mensonge, c'est mal et sincèrement, je déteste ça ! Un homme, dégageant assurance et certitude sort du lot. Il se pourrait bien qu'il soit la tête pensante du groupe, celui qui prend les décisions, ou alors son bras droit. Vu la lâcheté des certaines races, est ce qu'un chef Humain s'exposerait sans crainte et sans armes ? Hum,  c'est sans surprise que je le vois bouger ses mains pour animer le sable environnant, le commander comme je commande la glace. Humain ? Élémentaire ? Difficile à dire, je ne vois que ses pupilles briller, le reste étant caché par sa tenue du désert. Dans tous les cas, la magie aussi ça me connait et je n'ai pas peur.

    Quand le sable s'enroule autour de nos chevilles, le colosse fracasse le sol avec ses poings pour nous en dégager et là, je sais que c'est le début.

    " On doit se séparer."
    " Attends, c'est un ...."
    - Vous pouvez toujours essayer.
    - A qui ai-je l'honneur ?
    - Au Reike, on m'appelle Dust. Mais pour toi ça sera "je t'en supplie, épargne moi."
    - Je vais t'en faire épeler chaque lettre. »

    C'est toujours comme ça les début de bagarre ? Présentations, insultes et menaces ? J'ai pas mal de choses à apprendre en effet. Mais je ne peux pas laisser Kieran seul face à un mage et des soldats, c'est un combattant, il ...Ah ! Un mur de flamme se dresse subitement entre ce Dust et nous, tout se passe très vite.

    « Va sauver ces gens, ils ont besoin de toi. »

    Mon compagnon me saisit par les épaules et fait bouclier avec son corps. Les prisonniers sont partis, mais les bandits se sont scindés en deux groupes et l'un d'eux poursuit leur marchandise. Kieran grogne, je sursaute et je comprends que quelque chose a traversé son mur de feu avant de le percuté dans le dos.

    « MAINTENANT. »

    Je pose une main sur la sienne.

    " Je reviens vite pour toi ! "

    Je tourne alors les talons et entame une course. Je ne me retourne pas, je sais que cela pourrait me faire changer d'avis, surtout que j'entends déjà les épées qui s'entrechoquent et le combat qui commence. Il est fort, il est formé, je dois lui faire confiance, nous sommes une équipe. Les esclaves sont fragilisés, faibles, ils ne sont pas allés bien loin et en quelques courtes minutes, je les rattrape en suivant le bruit de leurs cris. C'était évidement.

    Les torches me confirment que je suis au bon endroit et comme je le pensais au début de l'attaque surprise, quand on est une cible, la torche ce n'est pas l'idéal. Mais bon, s'ils ont l'impression d'être les chasseurs forcément, ça fausse tout. Ils sont juste devant moi, je ne me cache pas, je n'ai pas besoin parce qu'ils se sentent meilleurs que moi en groupe.

    " Hé ! Je vous conseille de lâcher cet homme, rapidement, je suis pressée."

    "Oh, madame nous demande de lâcher nos prisonniers... AHAHAHA, très drôle. Et tu vas faire quoi ? Nous tuer ? Est ce que tu sais comment on fait au moins ? "

    C'est l'un d'eux, l'un de ceux que j'ai laissé en vie en pensant qu'il prendrait soin de sa seconde chance. "Tout le monde ne peut pas être sauvé. C'est ce que mon père me disait souvent. Il parlait en terme de soin, mais aussi dans la vie en général. Je sais au fond de moi que tout le monde ne peut pas être sauvé, que les gens se sauvent parce qu'ils le veulent et non pas parce qu'on leur demande. Mais il faut bien laisser une chance pour être sûr non ?

    Il menace l'un des prisonniers avec son arme, j'entends les pleurs d'une femme à côté, elle aussi sous la peur et la menace. L'ambiance est si mauvaise, l'air est lourd de peur, de pression. Et en parlant de pression, je la sens qui monte en moi, la chaleur prend possession de mon corps et le rouge me monte au visage. C'est incontrôlable, ca ne me ressemble pas, tout comme cette situation d'ailleurs. Je ne suis plus moi.

    ...

    ...

    ...

    J'ai laissé les six évadés en sécurité, c'est un point de moins à gérer. Je n'ai pu leur donner que deux capes, ma blanche et ma noire pour se tenir chaud dans cette nuit glaciale. Sur le chemin du retour, je suis obsédée à l'idée de retrouver Kieran blessé ou pire, cela voudrait dire que j'ai mis trop de temps et je m'en sentirai responsable. J'entends le déchainement au loin et mon pas s’accélère quand je crois reconnaître le cri de guerre du Drakyn. J'ai un coup de stress. Mais, ce n'est pourtant pas ce sentiment qui me domine en cet instant.

    Dans le ciel, un grand anneau de glace se forme au dessus de mon compagnon. Peu importe si l'ennemi le voit ou non, ce qui compte, c'est libérer cette colère qui déborde en moi, cette violence qui ne demande qu'à s'exprimer. Mon poing se serre et je brise ma création en milliers de morceaux tranchants, tel un miroir que l'on aurait fracassé. Et brutalement, je fais chuter les débris, une pluie de lame qui s'écrase sur le sable, Kieran en son centre. Ceux qui n'ont pas pu se protéger, tant pis pour eux, quant aux autres, tant pis aussi. Et si ce fichu mage du sable respire encore, que dirait il de manger du sable mouillé ?
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    Kieran Ryven
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  • Mar 18 Juin - 18:48

    « T'as intérêt à revenir. » Que je susurre vers Enkara, alors qu'elle est déjà partie.

    Eux, ou moi.

    Le désert, au-delà d'être un lieu où il faut survivre, est un jugement. Il n'est pas tout le temps juste, il est ce que le Reike représente ; la loi du plus fort. Difficile d'imaginer que l'Empire fonctionne autrement en dépit des bonnes actions de la Reine. Pas de morale, pas d'éthique, pas de compromis, pas même de la clémence. Non, juste la collision de deux forces, dont il n'en restera qu'une de poursuivre sa route. Me faisant doucement encercler, je retire ma capuche afin de n'avoir aucun angle mort, dévoilant mon faciès Drakyn face à mes ennemis.

    « Eh, les gars, un putain de Lézard.
    - Ses cornes coûtent cher.
    - Et s'il est jeune, son sang aussi.
    - Roh, oui, du sang de dragon, vu sa carrure, on peut en faire deux beaux tonneaux. »

    Pas un seul mot sort de ma bouche tandis qu'ils ricanent, non sans garder une distance de sécurité, alors que le sableux commence à se mettre en posture défensive, dressant à la seule force de sa pensée un mur de sable s'arrêtant à la taille. Pas de doute, ils ont un lien avec le marché noir, et lui, doit avoir un lien intéressant avec la Pègre.

    Un premier pas sur ma droite, ma lame commence sa danse.

    Les parades se multiplient, l'attaque diagonale qui vient sur moi est parée, une autre arrive dans mon dos à la verticale, esquivée en décalant l'épaule au dernier moment, un troisième paré avec mon gantelet. Avant que je ne bouge, le sol se dérobe, et mon pied se trouve empêtré dans un sable mouvant, ne voyant plus ma cheville. Les projectiles sifflent dans ma direction, parés également avec la largeur de Portecendres, répliquée par une boule de feu qu'il étouffe dans un nouveau mur de sable. Quand il le descend pour m'aviser, je balance Luciole dans un chuintement aigu, fendant l'air comme une flèche pour lui viser l'épaule, il perd l'équilibre. Une épée frappe ma garde, la deuxième tape ma corne dans une pluie d'étincelles, la troisième évitée de nouveau en baissant la tête.

    Je profite de ma position basse pour envoyer un autre coup de poing au sol pour me dégager, et d'une roulade esquiver les trois nouveaux coups simultanément. L'élémentaliste extirpe la lame dans un grognement de plainte et envoie plusieurs vagues de sable dans ma direction. Une gerbe de flamme sortie de mes mâchoires vient stopper les salves de sa morsure ardente, avant que je ne fasse un tour sur moi-même, Portecendres désarmant le premier, il revient à la charge pour amputer la jambe, remonter à la tête. Un bras de sable attrape mon bras qui tient mon arme, laissant aux deux autres le soin de me charger, ma défense ouverte.

    Ils auront un rugissement de guerre, une réponse qui n'appelle pas encore à la capitulation.

    L'un tente une estoc, mais je me décale pour bloquer son épée sous mon aisselle, dévier pour le désarmer, un talon vient s'écraser sur son visage pour l'envoyer valser à plusieurs mètres d'ici, pendant que le deuxième frappe contre mon torse que j'ai renforcé au dernier moment. Sa lame rebondit et vibre à l'impact avant de se prendre également un crachat de flamme, puis un crochet du gauche, ferme à la mâchoire. Il tourne sur lui-même, hurlant la douleur de l'embrasement.

    Le sable avance comme une gangrène jusqu'à ma gorge. Et tout s'arrête sur un  bruit d'éclats de verre brisé.

    Plusieurs sifflements vont pleuvoir sur les hommes qui m'entourent ; des lames de glace empalent tous les angles autour de moi. L'entrave de sable commence à se relâcher, l'assaillant maculée de sang, avec plusieurs lames sur le torse, Luciole encore à l'épaule, le genou à terre. Il se redresse dans un baroud d'honneur, mais mon poing fermé parti d'en bas lui fracture la mâchoire, et le catapulte en salto arrière pour mieux rebondir sur le sol aride.

    Quand je me retourne, elle était là. La propriétaire de cette magie puissante. Et... Merde.

    « Tu es blessé ? »

    Arrachant Luciole pour le ranger dans son fourreau, je regarde encore le carnage glacial qui s'est abattu sur eux comme une exécution de dame nature. Le pas rapide, je me rapproche de l'elfe, et mon flair me dit déjà que ce n'est pas son sang. Et un regard, rempli de colère. Mes mains se rapprochent de ses épaules, doucement, délicatement avant de refermer leurs phalanges sur son cuir souillé d'hémoglobines. Comme pour essayer de la faire refroidir dans ce cauchemar nocturne. Une Elfe qui a certainement commis ses premières tueries, une Elfe choisie par le désert et sa politique cruelle. Mais, ce qu'il y avait à retenir c'est que les esclaves sont sauf, et que des criminels sont châtiés. C'est tout ce qui compte.

    « Merci, de m'avoir aidé. »

    Je recule d'un pas, avisant les cadavres partout sur le camp.  

    « C'est fini, maintenant. Allons sortir tout ce beau monde de ce désert. Où sont-ils ? »        

    M'approchant des Aazho, je les désharnache, commençant à charger des affaires. Des affaires nécessaires à ces victimes qui n'ont rien, et qui maintenant peuvent commencer leur vie, libre. Je ne sais pas si elle est dans la confession lorsqu'on traverse ce genre de moment, et je ne sais pas si je suis légitime à être là pour l'écouter. Ce que je sais en revanche, c'est quoi qu'il arrive...

    ... On l'affronte, seul.
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    Enkara O'Shela
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  • Lun 24 Juin - 23:27
    Je suis arrivée à temps ? On dirait bien que oui, Kieran se jette sur le mage pour l'achever tandis que je regarde le carnage tout autour de lui. Le carnage auquel j'ai participé. J'ai le pas lent, ma tête est perdue et je ne cesse de réfléchir. Je réfléchis tellement vite qu'en réalité, j'ai la sensation de ne penser à rien. Les mots de mon compagnon ne me parviennent qu'à peine aux oreilles et c'est seulement lorsque ses doigts se ferment sur mes épaules que je sors de cette....torpeur.

    « Merci, de m'avoir aidé. »

    Mon regard remonte alors sur son visage, ses yeux me ramène à la réalité et au moment présent.

    « C'est fini, maintenant. Allons sortir tout ce beau monde de ce désert. Où sont-ils ? »

    Qui ça ? De quoi est ce qu'il.... Oui, les prisonniers évidemment. Je dois me ressaisir c'est pas le moment de flancher.

    " Euh.... ils sont un peu plus loin, cacher dans les gorges. Ils nous attendent, ils vont bien et personnes n'est blessé. Enfin, pas eux...."

    Quand je commence à me souvenir de ce qu'il vient de se passer, Kieran me ramène une nouvelle fois à l'action. Je me sers de cet élan et de son énergie pour faire comme lui et regrouper un maximum d'affaires pour manger, se réchauffer et finir la traversée du désert en toute sécurité avec les esclaves. La rage en moi n'est pas totalement partie, je ne sais pas comment expliquer ce que je ressens, j'ai la sensation que tout est exacerbé. J'ai déjà été en colère, mais jamais comme ça, je n'ai jamais vraiment eu peur mais là, quand je vois mon compagnon de route, j'ai véritablement eu peur qu'il lui arrive quelque chose et ça m'a prit au x tripes. C'est.... désagréable. J'y repenserai plus tard.

    Une fois les Aazhos chargés du nécessaires et le campement fouillé, nous reprenons la route, disparaissant dans l'ombre de la nuit. Je nous guide vers le lieu où j'ai laissé les prisonniers. Soucieuse de leur sécurité mais aussi de leur bien être, je ne les ai pas laissé là où.... ça s'est passé. En quelques minutes d'ailleurs, nous passons là.... là où les brigands gisent sur le sol. Je ne sais même plus combien ils sont, je sais juste que l'un d'eux a perdu le bras qui tenait son arme et s'est vidé. Je crois que j'en ai empalé un autre qui a à peine eu le temps de réaliser ce qu'il lui arrivait. Je détourne le regard et cherche celui de Kieran pour occuper mon esprit à autre chose :

    " Je ne t'ai pas demandé, est ce que tu es blessé ? Il me reste assez de force si tu as besoin."

    Je n'ai même pas pensé à lui demander quand je l'ai retrouvé tout à l'heure. Le voir encore debout à suffit à me soulager et j'en ai oublié de lui demander. N'importe quoi franchement. Je suis complétement à coté de mes bottes, j'ai besoin de sommeil, ça ira surement mieux demain.

    Peu après, nous retrouvons les esclaves assis au sol, enroulés dans mes capes pendant que moi, je commence à geler sur place. La pression est retombée, je suis fatiguée et j'ai besoin de prendre un bain, ca deviens urgent et capital parce que le sang sèche et l'odeur en plus de m'incommoder, me ramène à des visions que je souhaite oublier. Je décide d'en parler au Drakyn, peut être qu'il nous conseillera de rester encore éveiller, de ne pas allumer de feu et je devrais alors patienter. Va-t-il nous faire marcher de nuit ? Faut il s'éloigner d'ici ? Et ce silence, je le trouve tellement lourd, pourquoi cela ?

    " Kieran, est ce que tu penses que nous pouvons allumer un feu et faire chauffer de l'eau ? "
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    Kieran Ryven
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  • Dim 30 Juin - 13:24
    Tenant les longes, talonnant Enkara, je reste silencieux et pensif.

    Ce n'est pas tout le monde qui peut prétendre dézinguer un groupe de bandits, et va savoir pourquoi, j'ai l'impression qu'elle n'est pas consciente de ce qu'elle peut faire à quelqu'un d'autre. Les Elfes de Melorn ne sont pas n'importe qui, Shael me l'a bien fait savoir et je n'ai pas eu besoin de vivre d'autres expériences pour en être sûr. Preuve s'il en fallait une, l'arrivée d'Enkara vient encore confirmer que la Cité Elfique était loin d'être une campagne de pécore qui agite une baguette pour faire apparaître une orgie de papillons roses.

    Ce soir, c'est une bonne nouvelle pour les esclaves, et les prochains cortèges marchands qui passeront par là. Mais, ça ne change rien. Des gens sont morts, et ces personnes, gisant au sol, inanimées, sont les preuves qu'un carnage fut nécessaire pour avancer. Tant pis, si pour le moment, on doit utiliser leurs propres armes pour les nuire qu'il en soit ainsi. M'arrêtant sur les silhouettes pour en deviner un peu la scène passée, je vois qu'elle n'a pas fait dans la dentelle. L'homme qu'elle a épargné, refroidi. Un autre empalé, un suivant le membre tranché. Un autre cadavre ressemblant à un porc-épic de glace. Quand j'entends sa voix dans ma direction, quand j'observe son regard perdu, j'ai bien compris que parler de ça ne ramènera pas des choses saines, et encore moins l'apaiser. Je ne ferai aucun commentaire, seulement balayer le décor des yeux, avant de regarder droit devant moi.

    Je me rapproche, agaçant les Aazho le changement léger de direction qui leur arrache un grognement de plainte.

    « Non, pas d'ailes percées cette fois. Merci de t'en soucier, rassure-toi, je vais bien. »

    Mon haut est lacéré par les épées au niveau du dos, mais j'ai eu le temps de renforcer ma constitution à temps. Il était bon de voir qu'on pouvait compter l'un sur l'autre, même si c'était purement stratégique, et que c'était nécessaire pour traverser ce désert, davantage avec des innocents. Et, en parlant d'eux, voilà qu'on les retrouve, emmitouflés dans les capes de l'Elfe pour certains, réalisant que cette dernière est exposée au froid glacial désertique. Appuyant sur mon épingle au torse, ma cape tombe lourdement au sol avant de pouvoir la recouvrir aussitôt. Ressemblant à une enfant avec une couverture trop grande pour elle, mais vaut mieux trop que pas assez. Tandis que je réajuste le tissu autour d'elle, ses questions m'arrêtent dans la manoeuvre, réfléchissant longuement à la suite du plan.

    « Je ne suis pas certain qu'il doit avoir d'autres menaces, si ce n'est la faune locale. Mais si les bandits se sont installés dans les parages c'est que la zone est possiblement sécurisée. »

    Je fronce les sourcils.

    « Mais je ne suis sûr de rien. On peut essayer de s'arrêter, mais pour chauffer de l'eau, il faut en avoir assez pour tenir le voyage... »  

    Je finis par me tourner vers les anciens captifs.

    « Vous devriez avoir ce qu'il faut pour vous vêtir, manger, et prendre des forces. Vous connaissez le coin ?
    - Non monsieur, ils ont mis des sacs sur nos têtes pour qu'on ne puisse pas se repérer. M'informe une jeune femme, au corps quasi squelettique et une voix aussi faiblarde qu'un murmure au fond d'une ruelle sombre.
    - Génial. Bon, établissons un camp ici, je vais essayer de faire un feu. Enkara, je te laisse avec eux, et, à la limite, voir s'ils ont besoin de tes soins. »

    Je finis par regarder la même esclave, qui cache au même moment des ecchymoses violettes sur les cuisses. Un grognement, qui n'a rien d'humain, bourdonne dans mon torse, trahissant une colère sous-jacente, avant que je ne parte dans l'ombre pour chercher assez de bois pour tenir un brasier cette nuit. Quelques minutes plus tard, c'est un petit tas de bois sec avant de cracher un flux de flammes avec une main ouverte, créant un sursaut de surprise au reste de l'assemblée, avant qu'ils ne se rapprochent, avec l'appréhension dans les yeux. Je finis par lever une main amicale dans leur direction.

    « Pas de coups fourrés, pas de plans, pas de manipulation, vous êtes libres. Vous pouvez même faire votre propre route seul jusqu'à la nation la plus proche si vous le désirez, je ne vous retiens pas. »

    Restant muet, la réponse sera dans leurs gestes après avoir regardé l'horizon, aussi dangereux que mystérieux. S'approchant du feu, le silence sera brisé par les déglutitions, et les mastications de nourriture, puis quelques messes basses avec des rires au milieu. Un beau tableau rompu par un homme qui me toise avec des yeux méfiants.

    « Pourquoi faire ça ? Qu'est-ce qu'on vous dois, en échange ?
    - Parce que j'en ai envie, et vous me devez rien. Ma récompense est dans la mort de vos anciens propriétaires. » Que je gronde, glacial.

    Les rires disparaissent subitement, je me contenterais de prendre une petite bassine d'eau que je réchauffe en rendant mes mains incandescentes et la poser aux pieds de l'Elfe.

    « Je vais surveiller le camp, prends du temps pour toi. »

    Déployant mes ailes, je me positionne à une hauteur suffisante pour avoir une vue impeccable sur le camp et les alentours. Une vue magnifique, mais malheureusement, ce n'est ni le moment de l'admirer, ni le moment de baisser la garde.

    La tâche n'est pas encore accomplie.
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  • Dim 30 Juin - 17:41


    « Non, pas d'ailes percées cette fois. Merci de t'en soucier, rassure-toi, je vais bien. »

    Pour être franche, ca m'aurait arrangé qu'il soit blessé, cela m'aurait permis de... penser à autre chose. Mais son ton rassurant et posé suffit quand même à calmer mon esprit, en soit, qu'il aille bien veut dire que je suis arrivée à temps. Ou qu'il n'a pas besoin de moi et ça c'est encore mieux étant donné que nos routes, tôt ou tard finiront pas se séparer. Pourtant, je sais qu'on se retrouvera un jour, c'est comme ci c'était déjà prévu par le destin. Je ne m'inquiète pas.

    Sans prévenir, je me retrouve enroulée dans sa cape, lourde, chauffée par son corps. Je sens son odeur dessus, totalement différente de ce que j'ai pu sentir auparavant. C'est comme-ci chaque race avait une odeur et à l'intérieur de chaque race, chacun d'entre nous une variable à cette odeur. En soit, aucune odeur n'est désagréable, une histoire de compatibilité entre en jeu selon moi. Kieran, je m'y attache émotionnellement, conclusion, son odeur me rassure. Je ne suis pas fragile, pourtant, quand il prend soin d'enrouler sa cape autour de moi, j'ai la sensation d'être vulnérable. Les Drakyns sont incroyables, sous côtés et franchement si je pouvais effectuer mes recherches et réaliser mes expériences, je suis persuadée qu'ils détrôneraient l'espèce qui trône au Reike.

    « Je ne suis pas certain qu'il doit avoir d'autres menaces, si ce n'est la faune locale. Mais si les bandits se sont installés dans les parages c'est que la zone est possiblement sécurisée. Mais je ne suis sûr de rien. On peut essayer de s'arrêter, mais pour chauffer de l'eau, il faut en avoir assez pour tenir le voyage... »  

    Je ne relève pas ce qu'il dit concernant l'eau, il n'a peut être pas l'habitude de voyager avec des mages et encore moins manipulant l'eau ou la glace. Quoi qu'il en soit, nous ne manquerons pas d'eau sur le trajet.

    " Merci."

    Seul mot que j'arrive à sortir à l'instant présent. Il se tourne vers les nouveaux compagnons et leur donne les premiers biens pour commencer leur nouvelle vie.

    « Vous devriez avoir ce qu'il faut pour vous vêtir, manger, et prendre des forces. Vous connaissez le coin ?"


    - Non monsieur, ils ont mis des sacs sur nos têtes pour qu'on ne puisse pas se repérer. M'informe une jeune femme, au corps quasi squelettique et une voix aussi faiblarde qu'un murmure au fond d'une ruelle sombre.

    - Génial. Bon, établissons un camp ici, je vais essayer de faire un feu. Enkara, je te laisse avec eux, et, à la limite, voir s'ils ont besoin de tes soins. »

    Je regarde les corps tout frêles, affaiblis par le manque de nourriture et d'activités. Je ne pourrais pas faire grand chose, mais me rendre utile me soulagera encore un peu. Kieran disparait dans la nuit pour nous trouver du bois et mon coeur se serre à l'idée qu'il y aille seul. Je ne peux pas le suivre et laisser les autres ici, je me résigne : il sait se battre, il n'a pas besoin de moi et si besoin, je l'entendrai grogner et résonner dans les gorges. Je me retrouve subitement en alerte constante, prête à bondir au moindre petit bruit. Je dois rationaliser, c'est le contre coup, le temps que la pression redescende.

    Je m'approche de la femme sur laquelle Kieran a remarqué des blessures caractéristiques de violences.... inacceptables sans nul doute, mais réelles. Je sais que cela existe, mais je n'ai jamais dû y faire face. Cela n'existe pas chez moi.  Je ne peux pas guérir l'esprit, mais je peux au moins faire disparaître les blessures physiques du corps.

    " Si vous le permettez, je vais vous aider avec ça. Vous ne sentirez rien. "

    Face à une Elfe, la plupart des gens sont sereins, si certain d'entre nous dégage de l'arrogance, nous n'effrayons pas aux premiers abords. Elle me laisse l'examiner. Je pose une main sur sa cuisse, fais disparaître les premières traces et quand je dépose ma main sur le bas de son ventre, je sens alors que son corps souffre à l'intérieur. Nos yeux se croisent, pas besoin de mots pour se comprendre et de toutes manières, aucun mot ne pourrait y changer quoi que ce soit. Je laisse simplement la magie opérer avant de passer au suivant. Des égratignures, des griffures, des ecchymoses, rien de grave en soit mais c'est toujours ça de fait pour le corps.

    Mon dragon revient, les bras chargé de bois et je suis rassurée. Il prépare le feu de camp, ajuste les branches avant de l'allumer. Je sens une légère tension au moment où les anciens esclaves réalisent qui vient de leur sauver la vie. Kieran fait de son mieux pour se montrer chaleureux :

    « Pas de coups fourrés, pas de plans, pas de manipulation, vous êtes libres. Vous pouvez même faire votre propre route seul jusqu'à la nation la plus proche si vous le désirez, je ne vous retiens pas. »

    Pourquoi doit il se justifier ainsi ? Il vient de les sauver, pourquoi s'en prendrait il à eux ? Il a risqué sa vie franchement ! Si le désert était moins hostile, ils seraient probablement partis en courant. Je continus à les observer dans leurs façons de faire.

    « Pourquoi faire ça ? Qu'est-ce qu'on vous dois, en échange ?

    - Parce que j'en ai envie, et vous me devez rien. Ma récompense est dans la mort de vos anciens propriétaires. »

    Ils ne m'ont rien demandé à moi quand je les ai soigné, pourquoi le Drakyn ne mériterait-il pas le même traitement ? Pourquoi les Humains se comportent-ils comme ça ? Cette race aurait-elle un problème ? Oui, nous autres Elfes sommes assez imbus et arrogants, mais nous en avons les moyens. Notre magie est puissante, notre savoir est grand, mais les Humains eux, qu'ont il pour se pavaner ? Ils sont fragiles, petits, manipulateurs et leur magie est faible sans nous ! Une nouvelle fois, c'est la voix de mon compagnon qui me tire de mes rêveries :

    « Je vais surveiller le camp, prends du temps pour toi. »

    Il a chauffé une bassine d'eau pour que je puisse faire une toilette. Je lui adresse un sourire pour le remercier et un regard doux. Je m'en empare, me met à l'écart du groupe et monte un mur de glace pour éviter les regards indiscrets. L'eau est parfaite. Rapidement, je retire mes cuirs souillés, mes vêtements en-dessous. Je constate que le sang a traversé certains tissus et que des tâches sont collées sur ma peau. Même s'il fait froid, je n'y fais plus attention pour le moment. Un morceau de chiffon trempé dans l'eau et je frotte mon corps pour en retirer la moindre traces. Je sens le sang sur mon visage qui tire ma peau, l'odeur métallique. Cette toilette n'est pas simplement l'occasion d'enlever le sang, c'est aussi une forme de... purge. Je retire la crasse, les émotions, comme ci je tournais la page d'un livre. Je nettoie le corps mais aussi l'esprit.

    Une fois terminé, je reviens près du groupe et de mes affaires personnelles. Je laisse mon armure de cuir ici, elle est bien trop sale pour que je la remette et préviens le reste du groupe que je m'éloigne un peu. Ils sont en sécurité de toute manière. Personne ne viendra nous chercher en voyant le carnage qu'il a fait au campement. Et au moindre pépin, nous l'entendrons sans nul doute.

    L'avantage quand on est mage, c'est que nous pouvons faire vraiment tout et n'importe quoi. Comme par exemple une échelle de glace pour grimper en hauteur au lieu d'escalader comme l'aurait fait un de ces faibles Humains en bas. Je cherche à rejoindre le Drakyn, je cherche sa compagnie plus sympathique que celle des autres pour l'heure. Il a dû voir que je montais parce qu'il m'attend, son imposante silhouette dans la pénombre de cette nuit. Je jette un regard en bas :

    " Je les trouve suffisants et ingrats. "

    On pourrait croire que je les insultes, mais en réalité il n'en est rien, il s'agit là d'un fait, rien de plus. Je m'approche de lui pour mieux le distinguer et l'invite à s'assoir sur un petit rocher pour que nos yeux soient à la même hauteur..

    " Kieran, j'aimerai te présenter mes excuses pour mon ignorance, ou peut être ma naïveté, ça aurait pu nous mettre plus en danger. J'aurai dû te faire confiance la première fois dans le désert. Je t'ai d'abord vu comme un simple tueur qui ne réfléchit pas et qui fonce dans le tas pour assouvir une envie. En réalité, tu connais ce monde et les Hommes mieux que moi."

    Je marque une pause et reprends un peu de souffle. S'excuser n'est jamais chose facile, surtout chez les Elfes, mais je me sens profondément responsable. J'ai besoin de m'exprimer, j'ai besoin que les choses en moi sortent.

    " Quand je t'ai laissé seul, j'ai réalisé qu'il aurait pu t'arriver quelque chose de grave par ma faute, j'ai eu peur et je m'en veux. "

    Je m'approche encore un peu plus de lui.

    " Si ton apparence laisse croire que tu es juste violence, je vois bien plus que cela maintenant. J'ai toujours été fascinée par les Drakyns mais encore plus aujourd'hui ! Tu as plus de coeur que d'autres et une force mentale remarquable.

    Je pose spontanément mes mains sur son visage.

    " Je me demande ce que tu as vécu pour en arriver là, comment tu as fait pour conserver ton âme et ton coeur en devenant limier du Razkaal, comment tu fais pour encore croire et avoir l'espoir malgré ton travail. Je te trouve incroyable Kieran et j'espère qu'on te considère à ta juste valeur là où tu vis."

    Je ne sais rien de lui, tout comme il ne sait rien de moi. Les seules choses que je sais me viennent des histoires que racontait sa défunte amie.

    " Tu es.... mon complément. Tu craches le feu, moi la glace. Tes cheveux sont noirs comme la nuit, les miens sont comme la lune. Ton corps est puissant, le mien non, juste agile. Tu es violent, je suis douce. Tu as l'expérience, j'ai le savoir. Mon antagoniste en quelque sorte."

    Mes doigts glissent sur la peau de son visage, sa texture semble plus résistante que la mienne. Sans lui demander permission je remonte dans sa chevelure brune, longue, étrangement soyeuse, puis sur ses cornes. Elles sont solides, d'un gris sombre tirant sur le noir et rappelant sa puissante origine draconique. Je reconnais sur son corps les symboles Shierak Qiya tatoués sur lesquels mes doigts ont filés. Je les observe depuis un moment maintenant mais mélangés à d'autres symboles, je n'arrive pas à les déchiffrer. Ces symboles viendraient des dragons eux mêmes, c'est une ancienne langue utilisée par la lignée royale des Draknys. Étrangement, il suffit d'inverser deux lettres entre elles pour retrouver le nom Drakyn et non Vosdraak. Comment peut on avoir peur d'un être aussi beau, fort et doux à la fois, je ne comprends pas qu'on puisse le rejeté une seconde fois après ce qu'il vient de faire. Cela me donne un pincement au coeur. Les Drakyns.... se sont eux qui devraient régner, se sont eux qui ressemblent le plus à nos ancêtres les dragons. Je suis simplement fascinée et émerveillée à la fois. Toute la pression en moi disparaît, je ne pense plus à ce que j'ai fait, je ne pense plus aux idiots en bas, je ne pense plus au mal sur cette terre. Cette aventure m'a bouleversée d'une manière ou d'une autre et seule dans ce désert, mon âme me guide vers lui.

    Je défais la cape qu'il m'a prêtée, la lui remet sur le dos. La mienne est en bas et je ne peux pas le laisser dans le froid par ma faute une nouvelle fois. Je finis par me coller contre son corps, je retrouve son odeur, sa chaleur et j'entends son coeur battre dans sa poitrine. Je ferme les yeux et laisse inconsciemment mon corps se faire bercer par son rythme.
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    Rang: C
    qui suis-je ?:
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  • Sam 13 Juil - 19:05
    De là-haut, les choses ont l'air plus calmes. De loin, le monde est plus petit, moins dangereux. On a l'air hors d'atteinte, en sécurité, aussi bien dans le corps que pour l'esprit. C'est comme si plus rien ne comptait et que le repos n'est réel que lorsque nous sommes dans les cieux. Le feu de camp, en bas, éclaire le petit groupe de personnes qui vont devoir mettre les bouchées doubles pour se sortir de là, mais aussi de mériter leur vie. Nous les avons aidé à les sortir de la cage, mais le plus dur reste à faire.

    De là, je pouvais voir aussi le mur de glace qui renvoie les lumières du brasier. Sa paroi, suffisamment opaque pour ne pas voir de travers. Mais à ma hauteur, ce n'est pas difficile de le surplomber. Lorsque les vêtements tombent, mon regard s'enfuit aussitôt dans la direction opposée, comme si Enkara pouvait savoir que je pouvais l'aviser. Attrapé par la pudeur, le respect à son égard, et peut-être un peu de timidité. Je me contenterais d'observer l'horizon, utilisant mon pouvoir pour m'arrêter sur le moindre détail qui viendrait nous nuire. Pour le moment, rien. Mais, pour combien de temps.

    On se tient la main depuis une belle épopée, et chaque seconde que ce désert nous fait subir nous rends un peu plus fort à chaque fois. J'admire les elfes, pour leur longévité, mais surtout pour ce qu'ils en font. Des puits de savoir, de l'élégance, et un pouvoir puissant souvent utilisé pour défendre que pour attaquer. De la douceur dans la main de cette elfe, qui n'efface en rien la robustesse de ses capacités. Je l'ai vu, s'approcher de ces humains, prête à donner du sien pour soigner tout le monde, et même moi. Peu de gens ont cet élan généreux, d'altruisme. S'oublier pour les autres, pour que chaque vie tienne le coup.

    C'est la cristallisation d'une échelle de glace qui viendra me sortir de mes pensées. Sa voix, retentie, comme le chuchotement du vent dans les saules par une nuit d'été. Deux adjectifs pour parler d'une civilisation aussi nombreuse, mais difficile de lui donner tord sur certains aspects. Je me contenterais d'adoucir mon regard comme je le peux.

    « On peut retrouver ces traits chez pas mal de gens, oui. Sont-ils tous humains ? »

    La question ne demandait pas de réponses, bien au contraire, elle appelle au débat. La suivant du regard, je comprends rapidement qu'elle m'indique de m'asseoir sur une caillasse, ajustant nos prunelles sans que nous ayons à baisser ou lever la tête. La proximité me surprend, mais elle est agréable. Enkara, est jusqu'à présent mon seul repère de survie dans ce désert brûlant et hostile, c'est pas prêt de changer tant que nous sommes pas sortis de là. Alors que mes iris l'admire pour tout ce qu'elle a pu faire, malgré elle et les tueries nécessaire, voilà que je suis témoin d'un mea culpa.

    J'aimerais lui dire que ce monde est plus doux qu'il en a l'air. Que les gens ne pensent pas forcément à dépouiller et trahir son prochain. Mais ça serait lui mentir. Elle marque une pause, mais elle avait l'air lancée dans quelque chose, et comme un peintre commençant à faire le doux croquis d'une œuvre, je la laisse à sa manœuvre, sans la déranger. La fixant patiemment, un peu interdit. Ma queue dorsale fouette doucement l'air, tanguant doucement la tête d'un côté. Nos visages se resserrent, et je suis étonné de toute la bonté qu'elle fait preuve.

    « Tu n'as pas à t'en vouloir. On n'avait pas le choix. L'essentiel, c'est que tout se termine bien. Pour eux, et pour nous. Tu n'as pas à t'excuser. »

    Elle me toise, et me parle, de moi, ma race et de la "surprise" qu'elle découvre. Ce n'est pas tous les Drakyns qui fonctionnent comme cela, mais la plupart dégagent bien autre chose que de l'intimidation, peu le remarque, malheureusement. Il y a comme une chaleur émotionnelle qui s'embrase dans ma poitrine, entendant ses mots comme si je voulais toujours les entendre, mais que personne n'a pu me dire hormis des proches. Ses mains, douces, filiformes, se posent sur mon visage comme une caresse de velours, j'en ferme les yeux une longue seconde pour savourer le contact, restant silencieux comme le rocher sur lequel je suis assis.

    Ses questions étaient légitimes, et à vrai dire, je n'ai pas vraiment les réponses. Des Limiers, je dois être un des rares à ne pas penser constamment à des choses tordues, au chaos, et c'est triste à mon sens. Il y a un peu d'espoir dans mon travail, même si mes tâches sont aussi macabre que le Razkaal lui-même. Dans les grands yeux verts d'Enkara, je pouvais voir mon reflet, et à travers son regard, je ne décèle ni la peur, ni le dégoût, ni le rejet dans l'éclat de ses émeraudes, toujours aussi curieux. Avec des mots qui touchent fort, si fort que s'en est difficile de les encaisser. Bravo, tu m'as eu.

    « On me considère comme un Limier, et c'est pour le moment tout ce que j'ai. » Que je conclus, un peu plus taciturne.

    Mais son analyse est bonne, et c'est peut-être pour ça qu'on fait un binôme qui tient le coup face aux caprices de cet endroit. Nous sommes le parfait ennemi de l'autre, dans une complémentarité si étonnante, que c'est à ce demander si ce n'est pas le destin lui-même qui nous a mis au même carrefour. Je me surprends à la laisser plonger ses phalanges dans ma chevelure, courir sur mes cornes, comme pour continuer à me découvrir, je suis probablement le premier Drakyn qu'elle touche. Là, sur mon torse tatoué, comme pour me déchiffrer davantage. Un soupir d'aise me trahit, mais je ne m'en cache pas. Je continue de la regarder, retirant ma cape qu'elle a sur le dos, et voyant qu'elle n'a pas son armure, mettant en exergue sa propre définition ; agile, douce, un corps longiligne pourvu de son élégance elfique si caractéristique. Elle me recouvre, dans un geste réconfortant, et je me surprends à me laisser faire de nouveau. Mon cœur loupe un battement lorsqu'elle se colle contre mon buste, et comme par magie, un long souffle de soulagement s'échappe de mes lèvres.

    Son corps, chaud, doux, léger, se pose sur moi comme la meilleure des couvertures.    

    Le prix délicieux d'une étreinte qui nous rappelle que nous ne sommes pas invincibles, et qu'on a toujours besoin de quelqu'un. Je me décale légèrement pour être assis au sol, dos au rocher, et tendre mes jambes, pour lui offrir un lit naturel alors qu'elle commence à fermer les yeux. Ma main arrive, hésitante, pour caresser ses cheveux, glisser sur son oreille et d'un doigt suivre la ligne de sa mâchoire avant de l'enlacer à la taille.

    « C'est un honneur, venant d'une elfe aussi incroyable. Talentueuse, létale, et qui peut aider autour de soi. D'une bonté et d'une humilité infinies, qui pense au bien commun. Le monde a besoin de personnes comme toi. » Que je murmure à son oreille, entre la pudeur et la timidité.

    Il n'y a pas à dire, l'adversité rapproche, et je ne fermerais jamais mon cœur à ça. En attendant, je devais continuer à surveiller le camp, en prenant le temps de digérer cette conversation. Qu'est-ce que vous me réservez, Astres ? Qu'est-ce que je dois comprendre en revenant au Reike ? Est-ce que Enkara est le rappel que mon choix est le bon ? La seule réponse que je parviendrais à trouver en tout cas...

    C'est que ce soir, je ne me sens plus seul.
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