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    Kieran Ryven
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  • Mar 9 Avr - 23:07
    Finalement, Nora aura eu raison. La nostalgie m'a gagné pour de bon. Alors, je m'en vais.

    Par là où j'ai dû fuir.

    Par là où je rentre.

    Le désert, vers le Reike.

    Les éléments semblent conspirer pour rendre la lutte encore plus impitoyable. Les dunes de sable s'étendent à perte de vue, formant des collines ondulantes et des creux profonds, comme les vagues figées d'un océan de sable. La chaleur intense du soleil brûlant embrase le ciel sans nuages, faisant onduler l'air et créant des mirages trompeurs qui dansent à l'horizon. Le sable, fin et doré, s'infiltre dans les moindres interstices des vêtements et des armures, griffant la peau et pénétrant les yeux et les poumons avec chaque rafale de vent.

    Y'a rien, juste des dunes et des rochers éparpillés comme des ossements d'un ancien monde.

    Le silence, il te colle aux tripes, juste le sifflement du vent et le grondement des tempêtes qui te rappellent à quel point t'es insignifiant dans ce décor infernal. Pour autant, ce n'est pas ça qui me rend la tâche difficile. Non, ce sont les souvenirs. Le souvenir d'avoir vu mon paternel éviscéré durant la guerre de clan face à Ryssen, mes amis embrasés par les projectiles enflammés des catapultes. Du sang coulant sur le sable, de mère qui court dans le sens contraire, de notre chef de bataillon décapité. De notre fuite jusqu'à la République.

    Chaque pas dans ce désert envoie une apparition violente dans mon esprit pour mieux me tourmenter. La souffrance de la guerre, des pertes. Parents, amis, maisons, terres, racines, patrimoine. Tout. Revenir ici est comme regarder le cadavre de mon passé, et constater qu'il est toujours bel et bien mort, et qu'il ne reviendra jamais.

    Pas d'uniformes du Razkaal, je ne serais qu'un simple Drakyn voyageur qui s'est habillé pour le trajet. Des vêtements amples marrons et gris, une cape longue, noire, des bottes hautes afin d'éviter le sable. Portecendres est attaché à mon dos, Luciole à ma taille, mon ceste armé au poing. Je regarde l'horizon, le nez encore dans le passé. Ouais. L'odeur des chairs calcinées et ce goût métallique dans la bouche. Six ans que la guerre est finie, et pourtant elle me colle à la peau comme si c'était hier. J'ose espérer qu'un jour les Astres rétablissent l'équilibre dans ce carnage.

    « L'univers équilibre toujours le score, un jour. Que je pense à voix haute.
    - Vous croyez ? Me répond une voix masculine.
    - Non. Mais, il devrait. »

    Sur le sentier commercial, je suis un cortège de marchands qui ont l'habitude des allers et retours dans la région. Des Aazho tractent des charrues pleines de marchandises en tout genre ; fruits secs, épices, tissus, tapisseries, blés, riz, et des alcools enfermés dans des jarres en terre cuite. Ce cortège est accompagné par des vagabonds, des curieux explorateurs, et personne ne sait que dans le lot il y a un Limier du Razkaal qui a le mal du pays. L'homme en question qui m'a répondu, un vieil homme, habillé d'un turban et d'une tunique longue, est sur le banc du chariot, m'avisant en détail avant d'étirer un sourire mystérieux dans sa longue barbe blanche.

    « Vous portez très peu de choses sur vous. Cette arme immense, une petite besace. Vous n'êtes pas un voyageur. En général, ils ont un but.
    - Alors, qu'est-ce que je suis ?
    - Un homme qui ne s'attache pas à beaucoup de choses, sans racines.
    - Hm.
    - Vous fuyez quelque chose ?
    - Non, plus maintenant.  
    - Vous voulez monter ?
    - Si votre bestiau peut supporter mon poids...
    - Il n'a pas peur des Drakyns, et moi non plus.
    - Hm. Merci. »

    Une révérence plus tard, le véhicule tangue dangereusement avant de se stabiliser lorsque je monte. Je porte une gourde à ma bouche et prend une inspiration, ajuste ma capuche, poignardée par mes deux cornes. Le silence du désert est rompu par intermittence par le sifflement des vents, la cacophonie du cortège, et le grondement lointain des tempêtes de sable.  Un peu loin devant, je balaye des yeux notre petit groupe et remarque une elfe pas loin. De ce que j'ai compris, pas mal descendent de Melorn, un détour par le désert pour ensuite descendre plus au sud. On a donc un bout de chemin avant qu'on se sépare. Une pensée pour Shael me traverse l'esprit, et rapidement sa berceuse elfique est machinalement marmonnée entre mes lèvres. Alors que je jette un coup d'œil à cet elfe qui se tient là, au milieu de la foule, je ne peux m'empêcher d'être intrigué par sa présence. Elle a quelque chose d'unique, quelque chose qui attire l'attention sans même qu'elle n'ait à lever le petit doigt.

    Elle est plus grande que la plupart des humains, mais parmi les siens, elle semble être dans les plus petites. Sa silhouette élancée se détache parmi la masse, ses mouvements fluides et gracieux captivent le regard. Ses cheveux blancs argentés, nattés avec une certaine élégance, encadrent son visage d'une manière presque irréelle. Son visage, aux traits fins et délicats, contraste avec sa peau sombre, tirant sur le gris. Comme la mienne.

    Mais une flèche venue de nulle part me coupera dans la chanson et l'analyse, et viendra toucher le cocher à la rate, le tuant sur le coup. Une autre fonce dans ma direction, mais ricoche contre mon renforcement physique tout juste activé. D'autres flèches continuent de siffler vers le reste du groupe.

    « EMBUSCADE !!! » Crie un des marchands alors qu'il se cache sous les roues de son véhicule.

    Tout le monde se regroupe, et c'est sept bandits qui courent dans notre direction. Descendant doucement, je fais tomber ma capuche, mes yeux deviennent incandescents avant de cracher un flux de flammes qui se dresse dans un mur ardent tout juste devant eux. Les coupant dans leur élan. Portecendres finissant à l'épaule, je me tiens prêt. Il ne faudra pas longtemps avant qu'ils ne commencent à détourner leur nouvel obstacle, quatre d'un côté, trois de l'autre.

    « Si des gens savent se battre, c'est maintenant ou jamais. »

    Et moi qui pensais que le voyage serait confortable.

    Chiasserie.
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    Enkara O'Shela
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  • Jeu 11 Avr - 22:31
    J'ai l'impression d'être comme une enfant, une page blanche dans un livre. Je sais plein de choses et en même je ne connais rien. Les livres sont un puits de connaissances capable de nourrir tous les esprits et pourtant ici, là maintenant, je me sens seule, perdue et à la fois curieuse et excitée par cette nouvelle vie. J'ai tellement de choses à voir et à découvrir que je n'ai pas de destination précise, j'imagine que la vie me portera là où je dois être et que peu importe où je suis, j'aurai quelque chose à apprendre.

    Les marchands sont plein de ressources, ils connaissent les coins dangereux, les manières, les us et coutumes il était donc logique que je me rapproche d'un convoi. Ma tenue n'est pas très adaptée à la situation je dois l'avouer. Vêtue de sombre, le soleil est attiré par moi comme une abeille sur une fleur et c'est insupportable. Le sable se glisse dans les moindre interstices et vient gratter ma peau sous les vêtements. C'est une belle expérience mais je prévoirai autre chose la prochaine fois.

    Je n'ai pas l'habitude de cette chaleur alors pour m'aider à respirer, j'ai remonté un morceau de tissu sur ma bouche. Un marchand, ca ne perd pas le nord du coup, je me suis déjà délestée de quelques pièces contre une cape plus claire, tirant sur le beige pour me protéger du soleil. Achat utile.

    Dans le désert, je trouve que l'odeur y est différente, tout comme le bruit. C'est aussi assourdissant que silencieux, je ne sais pas comment expliquer et l'odeur y est... acide. Je prends plaisir à découvrir tout ça et j'ai un léger sourire sur les lèvres que je n'arrive pas à enlever. Au loin, je crois même avoir vu un champa. Une illusion ? Une réalité ? On dit que le désert réserve des surprises, que les mirages te font voir ce que tu désires et que tu peux perdre le tête par déshydratation. En parlant de ça.... hop une petite gorgée !

    En sentant l'eau couler couler dans ma gorge, je réalise le contraste entre moi et ce lieu. Ici c'est aride et brulant, tandis que moi je maitrise le froid, la glace. Le jaune et l'orange habille cet endroit, alors que ma peau ressemble à la couleur d'une pierre froide et que mes cheveux à celle de la lune. Je ne suis pas dans mon élément, clairement.

    En parlant de contraste, un individu se démarque des autres. Il est vrai que je suis plus grande que beaucoup d'Humain, mais lui, il est... il est.... INCROYABLE ! Je dois trouver le moment idéal pour le regarder de plus près, observer les détails de sa peau, de ses écailles, de ses dents, de.... TOUT ! Je dois prendre des notes, dessiner et étudier. Oui, je parle bien du Drakyn derrière moi celui qui doit mesurer 2m40 et peser 240 kilos ! Impossible de le rater ! Je dois trouver un moyen de l'aborder sans qu'il me prenne pour....

    Sa siffle ! Se sont des flèches ! J'ai le temps de créer un petit bouclier de glace sur mon bras et me protéger d'un carreau quand j'entends l'alerte verbale d'un marchand.

    " EMBUSCADE ! "

    Il se cache tandis que je dégaine mes dagues, prête à en découdre. Je voulais de l'action, de l'aventure et bien je suis servie mais maintenant que je vois des innocents tués, je n'ai plus envie.

    « Si des gens savent se battre, c'est maintenant ou jamais. »

    En même temps, je ne vois pas trop ce qu'on peut faire d'autre. Même si on ne sait pas se battre, la survie impose parfois certain acte. Un mur de feu s'est brutalement dressé entre nous et les agresseurs, comme s'il était sorti de terre, de nul part ! Il se marie parfaitement au décor et à la situation, nous laissant alors le temps de nous organiser. J'étais tellement absorbée par mes pensées, que j'ai baissé la garde sans entendre que nous étions attaqués... qu'elle imbécile.... je me ressaisie.

    Ils sont sept, ils vont contourner l'obstacle de feu, faisant un groupe de trois et un groupe de quatre. Enfin je l'espère. Je me suis positionnée d'un côté, laissant l'autre flanc au colosse. J'imagine qu'il n'aura pas besoin de moi pour éliminer l'ennemi. J'espère aussi que ces brigands ne sont pas utilisateurs de magie et qu'ils ne vont pas combiner leurs pouvoirs pour nous éradiquer ! J'ai trop de choses à découvrir... restons concentré..... J'ai des gens à protéger et d'autres à éliminer. Je suis prête à bondir sur le premier qui approchera.
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    Kieran Ryven
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  • Lun 15 Avr - 0:05
    On ne vous dit pas que vous battre pour vos convictions va gâcher votre vie… parce que les convictions ça n’arrête pas les flèches. Dans ce monde dégueulasse, ce n'est pas les ambitions le moteur de la survie, mais la survie elle-même. C'est ce qui s'est passé quand j'ai perdu la guerre, fuit le Reike, en démolissant des criminels par la suite et aujourd'hui, au cœur d'une embuscade dans un désert qui ne souhaite qu'une chose, c'est d'avoir nos miches six pieds sous les dunes.

    Rester en vie.

    Chaque jour est un test, une épreuve, et c'est une fois passé qu'on peut construire l'objet de nos ambitions. Justice, liberté, chaos, amour, haine, paix... Guerre.

    Le crépitement des flammes annoncent la couleur à mes ennemis, je ne serais pas facile à crever. A ma proposition lancée, les marchands resteront planqués derrière leur chariot, seulement le chuintement de dagues dégainées qui siffleront dans mes esgourdes. L'Elfe. Proche de mon flanc, je laisse un regard entendu. Deux âmes qui ne se connaissent pas vont devoir se battre ensemble. Les meilleures discussions silencieuses, car il y a que dans l'adversité qu'on finit par réellement connaître les personnes.  

    « Pars pour sauver ta vie, au moindre débordement. » Que je termine, grave.

    J'avance alors vers mes ennemis. Des arcs électriques commencent à cracher aux phalanges d'une bandit voilée jusqu'aux yeux, d'une robe ample couleur sable elle tient un bâton à la main gauche.  Le deuxième, un bretteur armé d'un cimeterre, le troisième un genre d'assassin qui se drape d'invisibilité, en laissant des traces de pas sur le sable et le dernier, un archer qui bande à nouveau ses flèches dans ma direction. Elles ricochent contre Portecendres alors que je charge.

    « Allez, on danse. »

    Primo, garder le flair et le regard sur les traces de pas au sol. L'invisible saute dans mon dos, je m'envole et prépare deux boules de feu pour le carboniser. Les flèches repartent de plus belles, me transpercent une aile avant que je ne m'écrase lourdement, épée en avant contre la mage qui me foudroie de ses éclairs, mon corps se renforce au contact dans un rugissement bestial. Empalée au torse, je l'extirpe dans un déluge de sang, puis pare une attaque diagonale du Bretteur et d'un coup d'épaule l'envoie valser contre l'archer. Mon aile gauche traine au sol en pissant du sang au compte-goutte.

    Son carquois sera en revanche vide, il dégaine une dague, et les deux préparent leurs attaques. Les étincelles volent à mes parades, usant et abusant de moulinets amples pour couvrir une grande zone d'attaque. D'une rotation rapide, une aile percute l'épéiste pour le catapulter quelques mètres plus loin, et mes phalanges viennent attraper le poignet de l'archer.

    « Je vais te casser le bras.
    - Quoi ? »

    Je serre l'emprise dans une torsion contraignante de l'articulation, et l'entend hurler avec la cacophonie des brisures de ses os. Je le laisse tomber dans le sable chaud tandis qu'il pleure sa douleur et m'approche doucement de mon autre adversaire, traînant ma claymore au sol comme la promesse d'une exécution impitoyable. La lame de quinze kilos se lève au-dessus de mes cornes, pour sonner le glas d'un massacre net en lui décapsulant la tête comme une bouteille de verre. Un regard sur mon aile ; trois flèches s'érigent malheureusement sur la membrane, aussitôt arrachées dans des plaintes difficiles à contenir.

    Je laisse les blessures se refermer doucement... Et mes yeux vont chercher ceux d'une Elfe qui vient de partir en guerre. Enjambant l'homme pleurant sur son bras fracturé, je charge. En espérant qu'elle n'ait pas besoin de moi.

    Et qu'il ne soit pas trop tard pour elle.  
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    Enkara O'Shela
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  • Lun 15 Avr - 17:45
    J'ai les armes à la main parce que je n'ai pas le choix. On a toujours le choix me direz-vous, alors oui je pourrai aller leur parler et tenter de trouver une alternative à cette histoire. Mais même si je ne connais pas le monde extérieur et que je découvre tout de ce monde par l'expérience, je sais ce qu'est un bandit et je sais aussi que dans ce genre de situation, seules les armes parlent.

    J'ignore tout de mes ennemis et techniquement, c'est pareil pour eux. Je reste prudente et sur mes gardes, je n'ai pas l'expérience de terrain contrairement à eux et même si je suis entrainée depuis plusieurs siècles, sous estimer son adversaire c'est se mettre en danger.

    « Pars pour sauver ta vie, au moindre débordement. »

    Je ne comprends pas tout de suite pourquoi est ce qu'il dit cela, lui qui est armé jusqu'aux dents (ca passerait même au sens propre du terme) et qui crache le feu. Serait ce parce que visiblement nous ne serions que tous les deux prêts à nous battre ? Mais comment font les marchands habituellement, ils se laissent mourir ? Mais pourquoi font-ils cela ? Je me retourner, je les vois cacher sous leur chariot, le regard empli de peur et d'appel à l'aide. Je n'en reste pas moins surprise par leur couardise. Non, je ne compte pas fuir au moindre débordement, mais bien défendre jusqu'à épuisement.

    En tout cas, pour une raison inconnue, je fais confiance au guerrier pour couvrir mes arrières et c'est chacun de notre coté que nous nous engageons dans le combat. Les trois agresseurs sont la, devant moi, un sourire presque carnassier sur les lèvres. J'ai un archer au loin, resté en hauteur, une femme armée d'une lance et un grand gaillard à la hache. Ca tombe bien, j'ai tout à fait le gabarit pour affronter deux ennemis à l'arme blanche dans un désert brûlant où mes pieds s'enfoncent sous mon poids ! Mais bon, quand il faut y aller faut y aller !

    Les flèches, ca me connait et je n'ai aucun mal à les esquiver en leur donnant un coup de dague quand elles m'arrivent dessus. Là où ça devient plus compliqué c'est quand les deux autres me tombent dessus. Je parviens à parer les coups, à les esquiver même si la force du grand gaillard me surprend lorsque nos lames s'entrechoquent. Ca ne me semble pas humain, ou alors pas naturel. La lance est agile, elle tournoie au dessus sa tête, créé de l'incertitude mais cela ne suffit pas à m'atteindre. Je perds du temps, je fais durer le combat parce que... parce que je ne suis pas prête ! C'est plus facile à dire qu'à faire !

    Je prends une profonde inspiration, dans une roulade pour esquiver un coup horizontale de la hache, je lance des dagues sur l'archer qui viennent se planter dans les épaules. Il n'est pas mort, mais il est hors course. Quand la lance balance son estoc, je pivote sur moi même, jouant de ma cape pour perturber l'ennemi, effectue un balayage en m'accroupissant au sol avant de lui asséner un violent coup avec le manche de sa propre arme. J'esquive de justesse un coup descendant en diagonale et cette grosse hache vient effleurer mon armure au niveau de la hanche. La blessure physique est légère, mon ego en prend un coup et mon armure de cuir est coupée. Je n'avais pas prévu de faire de la couture tout de suite et ça, ça me fâche ce n'est vraiment pas gentille.

    Il a une force remarquable le bougre et malgré mes tentative pour le mettre au tapis, je n'y parviens pas. En revanche lui, m'attrape par le cou d'une main ferme et tente de m'étrangler, ou bien de briser ma nuque. Je ne touche plus le sol sableux, il doit arrêter, je ne veux pas en arriver là, je ne suis pas prête..... Mais je veux vivre... Posant mes deux mains sur son poignet, je concentre rapidement la magie en moi, glaçant sa peau et les fluides qui circulent dans sa main afin de le paralyser. S'il ne lâche pas rapidement, je serai obligée de...

    Il s'écroule et moi je retouche le sol. J'ai le réflexe de tousser et de masser ma gorge malmenée avant de comprendre qu'il est tombé sous le coup de mon allié de fortune. Je suis gênée, j'ai même honte de ne pas avoir pu passer à l'acte alors que j'ai eu plusieurs occasions. Quand je me tourne pour voir l'état des autres adversaires, mon regard revient rapidement vers le Drakyn et je réalise que la vie ici forge, durement. J'ai beaucoup à apprendre et surtout à accepter. J'aperçois sur le sol, des gouttes de sang qui viennent jusqu'à nous, je comprends qu'il a prit un coup :

    " Est ce que vous allez bien ? Où est ce que vous êtes touchés ? "

    Cela me permet d'éviter de penser à ma honte et je reviens à quelque chose de plus important. Pour soigner, je sais au moins être plus utile. Et si nous pouvions trouver une oasis pour soigner les blesser, ca nous ferait du bien.

    " Je peux vous aider si besoin. "
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    Kieran Ryven
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  • Jeu 18 Avr - 0:36
    Ombre et poussière.

    Sang, sueur et larmes.

    Ces ingrédients me donnent un goût amer de la défaite contre les clans barbares qui sont désormais Roi au Reike. Mais il n'est pas question de défaite, aujourd'hui.

    Laissant délibérément un des bandits au sol tandis qu'il regarde son bras dans une forme pas normale tout en pleurant sa fracture ouverte, il était temps pour moi d'observer ce qui se profile mais du côté des alliés. Une elfe, dague dégainée, dans une danse dangereuse mais pas moins maîtrisée. Courant dans le sable où mes jambes s'enfoncent jusqu'aux tibias dans ma plus grande frustration, je serais témoin avec une certaine surprise de ses capacités surprenantes. Elle n'a pas l'air d'entrer dans la catégorie des tanches qui ne savent pas tenir une arme en la gardant à la taille en guise de décoration. Les flèches ricochent contre la lame, les esquives sont fluides, fendant l'air comme un oiseau tournant sur lui-même dans des vrilles gracieuses.

    Plusieurs ennemis, dont un bien plus costaud, ne seront pas de trop pour tenter de la malmener. Archer neutralisé à distance par un lancé chirurgicale, je m'élance quand les choses commencent à devenir marron du côté elfique. Les mètres se rapprochent pourtant je n'ai jamais eu autant l'impression de courir aussi longtemps. Le cou enlacé par une poigne brutale, ses pieds décollent du sol dans une strangulation dangereuse. Des vapeurs commencent à s'échapper des mains de cette femme aux oreilles pointues, et je peux rapidement deviner sous les multiples craquements et le souffle glacial qui s'en dégage que notre homme va perdre l'usage de sa main. Et bien plus encore...

    Quand Portecendres lui traverse le dos, avant de sortir l'épée dans un chuintement qui mêle le métal et les éclaboussures d'hémoglobines. Le corps s'effondre et la captive peut retrouver l'usage de sa gorge. Je n'aurais pas été là, je pense que le scénario aurait été le même. Elle est douée, elle est forte, et elle a des pouvoirs. Alors qu'elle cherche de nouveau une respiration régulière, elle pose une question qui m'amène à reluquer mon aile blessée, dépliée, sans vie, molle sur le sable, tandis que l'autre est parfaitement rétractée comme une cape naturelle. Je pose deux doigts sur les trois plaies qui la perforent, en tirant une grimace de douleur.

    « Ma régénération devrait prendre le relais, mais pas avant un moment. »

    Puis, je la fixe, en laissant un signe de tête reconnaissant.

    « Mais oui, je veux bien. Avant que je ne perde trop de sang dans ce désert pourri. »

    Je me rapproche doucement dans sa direction, laissant mes yeux couler sur elle de la tête aux pieds, puis, je tangue la tête d'un côté pour aviser son cou qui prend une belle marque d'étranglement. Mes doigts s'approchent sans la toucher toutefois.

    « Et de ton côté ? Je n'ai pas de potions ou quoi que ce soit d'autre, navré. »

    Puis, les pleurs d'un bandit que j'avais oublié il y a maintenant une poignée de secondes me rappellent pourquoi je l'ai laissé en vie. Faisant demi-tour, grognant d'une voix bourdonnante dans mon torse comme le roulement d'un orage avant le coup de tonnerre, c'est à son tour d'avoir le cou étranglé, les deux pieds qui décollent du sol, désormais à trois bons mètre, bien au-dessus de mes cornes.

    « Va falloir être efficace, enfoiré. Je te laisse une chance. Une seule, foutue, chance, de me dire ce que toi et tes camarades nous voulaient.
    - Cr....Cr...Crève... Qu'il tousse, entre mes doigts.
    - Hm. Tu es trop loin du Razkaal pour mériter d'y être enfermé. »

    Et c'est avec une lassitude sans nom que j'arrache sa jugulaire avec la main vacante, et le laisse saigner, toujours suspendu, traversé par des multiples spasmes tandis que je le fouille, grossièrement, pour y trouver une lettre. Le cadavre jeté quelques mètres plus loin, je me rapproche en titubant cette fois de ma compagne de fortune avec ledit document dans les mains maculées de sang.

    « Sceau de la Pègre. Évidemment. On verra ça la tête reposée. »

    Je finis par me tourner de trois quart dans son sens, l'aile blessée sous ses yeux, le regard occupé par les marchands qui sortent doucement de leurs trous. Certains applaudissent, d'autres échangent des messes basses, mes esgourdes parviennent à capter des phrases qui ont un lien avec le nom "Razkaal" qui, comme d'habitude, remue toujours un peu l'ambiance. Je m'en cogne, c'est pas comme si l'ambiance était déjà au beau fixe.

    Mais l'heure est de survivre.

    « Magicienne ? Melorn ? Habile de la lame, en tout cas. »

    Dans le désert, dans le carrefour du Reike, pas loin de la cité Elfique, en capacité de m'aider, pas besoin d'être un investigateur de grande renommée pour détailler l'identité de l'individu. Ça sonne peut-être devin, vu comme ça. Ou alors peut-être parce que j'ai pu avoir la chance de grandir avec une Elfe de là-bas, une sœur d'arme morte carbonisée sous mes yeux. Archère incroyable avec une magie redoutable dont le patrimoine elfique a le secret. Mais peut-être que je suis totalement à côté de la plaque.  

    Les Astres m'en remet dans tous les cas une sous les yeux. Comme une espèce de farce de mauvais goût. Néanmoins mes traits s'adoucissent légèrement.

    « Hantalë, Elda i firnen (Merci, Elfe de glace). » Que je remercie, avec un accent Shierak dégueulasse, le tout avec un léger rictus.

    Je lève une main amicale.

    « Mais restons sur le commun, si tu veux bien. Tu as un nom ? »  

    La douleur me relance dans une décharge désagréable, m'arrachant un grognement bestial, un genou tombant sur le sol brûlant. La lettre finit dans ma besace en attendant. Il faut sécuriser le cortège, qu'on se remette d'aplombs et qu'on décarre du périmètre, le tout dans le feutré afin d'éviter la possibilité de renforts, ou de bestioles qui nous jugent suffisamment affaiblis pour nous considérer comme comestibles. J'ai la pâteuse en bouche, l'impression d'avoir mâchouillé un sac postal avec du gravier.

    Ce n'est que le début des ennuis.  

    La bavure.
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    Enkara O'Shela
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  • Jeu 18 Avr - 21:54
    Quand je lui parle de ses blessures, c'est comme s'il venait de se souvenir qu'une de ses ailes peinait à le suivre, trainée dans le sable comme une malpropre.

    « Ma régénération devrait prendre le relais, mais pas avant un moment. »

    Hum hum... de la magie physique ? Une capacité draconienne qui aurait traversé les générations ? Je pense pour ma part que les dragons existent toujours. Peut être même qu'ils sont parmi nous à se balader sous forme bipède ? Les Drakyns sont leur progéniture, ce qui se rapproche le plus d'eux je trouve.

    « Mais oui, je veux bien. Avant que je ne perde trop de sang dans ce désert pourri. »

    Le guerrier se rapproche de moi me forçant à lever les yeux pour m'adresser à lui. Dans un geste lent il approche une main vers mon cou, penche sa tête et je pourrai presque croire qu'il s'inquiète pour moi.

    « Et de ton côté ? Je n'ai pas de potions ou quoi que ce soit d'autre, navré. »

    "Ne vous inquiétez pas pour moi, c'est par les erreurs que l'on apprend. Je vais bien. "

    Je chasse rapidement cette idée horrible de ma tête, celle qui me rappelle que j'ai hésité, que je ne suis pas prête et que pourtant, je vais devoir rapidement l'être si je veux rester en vie. Nous sommes coupés avant même que je puisse faire quoi que ce soit par les gémissements d'un survivant. La scène qui suit me surprend et glace le sang des marchands. Je jette un regard à l'archer que je n'ai pas tué, celui qui a juste mes dagues dans les épaules et qui l'empêche de les bouger. Il restera handicapé probablement toute sa vie s'il ne se fait pas soigner. Quand il voit la scène, que nos yeux se croisent, il comprend que s'il veut vivre, il va devoir faire le mort.

    « Sceau de la Pègre. Évidemment. On verra ça la tête reposée. »

    Ambivalence. C'est le mot qui me vient en premier quand j'analyse ce qui vient de se passer. Après avoir arraché à main nue la jugulaire de son ennemi aussi facilement que l'on tire sur un pétale de fleur, il s'approche à nouveau de moi, me tourne le dos pour me présenter ses blessures dans un calme et une maitrise remarquable. Rappelons quelques faits importants, il s'agit d'un Drakyn mesurant pas loin de deux mètres quarante, il est colossal, fort, puissant, bestial et je suis une Elfe d'à peine un mètre quatre-vingt, toute en souplesse et agilité, douceur et délicatesse. Ma tête arrive au niveau de son torse et je ressemble à une enfant fragile à côté de lui. Pourtant, je n'ai aucune crainte.

    Mes yeux se posent sur son aile. Passant une main délicate par dessous, je caresse de l'autre les écailles bleutés ressemblant à des pétales de fleur cristallisés. Sous mes doigts, je sens cette étrange texture mélangeant douceur et dureté, c'est... incroyable. C'est la première fois que je vois un spécimen d'aussi près, que j'en touche un, j'aimerai tellement pouvoir le regarder sous toutes les coutures, scruter le moindre détails !

    « Magicienne ? Melorn ? Habile de la lame, en tout cas. »

    J'estime qu'il n'est pas difficile de déterminer le peuple dont je suis issue et par conséquent, la ville où je suis née. Bien sur que j'aurai pu naitre ailleurs, mais en citant Melorn, le risque de se tromper est plus faible.  Je ne réponds pas à sa question rhétorique qui selon moi ne nécessite pas de véritable réponse. Je suis tellement subjuguée par la beauté de son aile, que je ne prends même pas le temps de lui retourner la question. Il faut dire qu'à l'évocation de Razkaal, les marchands se sont sentis presque en danger et discuter de cela n'est pas forcément le bon moment. Pour l'heure, je concentre la magie en moi au creux de mes mains, dégageant une légère sensation de froid pour soulager le mal tout en aidant les blessures à se refermer. Je vois ma magie comme un accélérateur de la nature. En insufflant mon pouvoir, j’accélère le métabolisme pour qu'il fasse plus vite ce qu'il ferait naturellement. Et c'est ainsi qu'en quelques minutes, son aile reprend forme initiale. Il a un corps propice à la guérison, son métabolisme est vif et fort, je le sens au moment de mes soins. Incroyable.

    « Hantalë, Elda i firnen (Merci, Elfe de glace).  Mais restons sur le commun, si tu veux bien. Tu as un nom ? »

    Je lui adresse un large sourire, dévoilant alors des dents blanches.

    " Tu parles ma langue, c'est remarquable. C'est moi qui te remercie pour ton aide de tout à l'heure. Tu as fais ce que je n'ai pas su faire, tu peux m'appeler Enkara. (prononcé N'kara)

    Quand j'entends qu'il se met à parler ma langue, une sorte de barrière en moi tombe, comme si quelque chose nous rapprochait alors que pourtant, il ne s'agit que d'une phrase prononcée dans un accent horrible, mais parfaitement articulée.

    "Et toi, quel est ton nom ? " j'attends sa réponse avant de poursuivre " Tu ne devrais plus avoir mal maintenant, reprenons la route et trouvons une oasis ou un coin pour nous mettre en sécurité."

    Dans la foulée, je reviens vers cet archer, toujours allongé sur le sol en plein soleil, les bras paralysés. Il sait qu'au moindre mouvement, au moindre signe de vie, le Drakyn viendra l'achever. Chose que moi, à l'heure d'aujourd'hui je suis incapable de faire. Peut-être que je devrais lui dire que deux des brigants respirent encore, peut-être que les laisser en vie nous coutera cher et que je finirai pas le regretter, mais se sont les expériences qui forgent. Je laisse une chance à la vie pour cette fois-ci. je m'empare des mes dagues, fermement et tire d'un coup sec pour les récupérer. Je vois l'homme au sol serrer les dents et étouffer un cri qui pourrait le trahir et finir par le tuer en alertant mon compagnon de fortune. Une part de moi a envie de lui venir en aide, mais la raison l'emporte sur le reste, il devra attendre que son acolyte assommée se réveille et le porte auprès d'un guérisseur expérimenté.

    Après cela, je reviens vers le groupe, le regard irrémédiablement attiré par le colosse. En même temps, c'est qu'il en prend de la place dans le décor celui-ci ! Je reste toutefois impassible, j'ai suffisamment fait des sourires tout à l'heure et les bonnes choses, il ne faut pas en abuser il parait. Je replace le tissu sur ma bouche pour mieux respirer, tend une main à l'un des marchand et les rassure. Il faut relancer le convoi maintenant, poursuivre la route. Je me tiens d'avantage sur mes gardes, tendant l'oreille et restant à l'affut des moindres ombres dans le désert. Je ne sais pas quand est ce que le soleil se couche, je ne sais pas comment se passe la nuit ici, ni même ce que la vie me réserve une nouvelle fois.
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  • Mer 24 Avr - 15:12
    La douleur est la première école, cette Elfe a l'air d'en être l'une des élèves, tout comme moi. Je connais les elfes pour leur noblesse, leur facilité avec la magie, leur capacité à traverser les générations sans prendre une ride. Il faut croire aussi que ce ne sont pas des mauviettes qui bouffent trois feuilles de salades devant un ruisseau qui traverse une forêt majestueuse. Non, faut croire qu'ils traversent aussi des déserts en s'envoyant des marrons contre des bandits.

    Elle est courageuse, c'est bien. Le courage ne s'achète pas ici.

    En tout cas je n'aurais pas de réponses concernant ses origines. Tout simplement parce qu'il n'y en avait certainement pas à donner. Les conditions sont parfaites pour imaginer qu'elle viendrait du Mael en étant une bâtarde entre un nain et une elfe. Quoi que l'image serait assez amusante. Non, ses mains, douces, longues, fines, filiformes s'approchent de mon aile avec toute la grâce qu'une elfe peut incarner, dont le contact délicat procure un agréable frisson. Une sensation de froid contraste avec l'aridité brûlante de l'environnement, léchant mon aile avec une douceur si singulière. Plus à sentir qu'à définir. La douleur commence à devenir un simple souvenir, et rapidement la cicatrisation s'accélère avant de refermer complètement la plaie. Voir le phénomène est aussi impressionnant que déroutant. Oui, j'en suis jaloux. Être doué de soin est quelque chose que je respecte du plus profond de mon cœur et que j'envie, mais malheureusement je n'ai suivi que le chemin de la guerre et du combat.

    Toute ma vie, elle apportera bien plus de bien au monde que moi, et je m'en veux des fois d'être une simple arme.

    Mon aile bouge comme si elle revivait, se déployant jusqu'à la pointe avant de se rétracter dans un claquement sous mon omoplate. Rassuré qu'elle aie compris mon elfique bancale, j'aurais droit à un sourire solaire et des présentations. Parler sa langue était pour moi une façon d'exprimer ma gratitude que d'étaler une quelconque arrogance intellectuelle, et vu mon accent, je ne pense pas à prétendre à quoi que ce soit. Je finis par étirer un rictus, discret, appuyé par une légère inclinaison du buste.

    « Enchanté, Enkara. Tu peux m'appeler Kieran. Et je pense que tu aurais pu faire la différence face à ce type. Tu es forte, et douée. »  

    Elle n'a peut-être pas l'habitude, tout simplement. La regardant s'écarter pour récupérer ses armes sur le corps, je retourne vers le cortège et vois l'étendue des dégâts, je commence à grogner vers l'un d'eux. Mes prunelles continuent de courir vers les cadavres qui commencent à être dissimulé par le sable poussé par le vent, laissant bientôt que leur flèche enfoncé dans leur carcasse dépasser à la surface.

    « Vous faites comment d'habitude ?
    - On engage des mercenaires, habituellement.
    - Et pourquoi ce n'est pas le cas ?
    - Eh bien, il y a vous, et cette dame, non ?
    - Ça fait un peu léger je trouve.
    - On penserait que ça suffirait.
    - ... Est-ce que vous allez bien au moins ?
    - Oui, oui, merci.
    - Vous avez des morts sur la conscience, maintenant. Ne perdons pas de temps. »  

    Je prie les Astres de Shierak pour saluer les personnes que nous venons de perdre, puis le cortège se remet en marche. Par "chance", les bestiaux n'ont pas été blessés dans l'attaque. Le vent refuse de se calmer, alors ma capuche retombe sur ma tête cornue, mon cache-cou remonté au visage, et nous voilà qu'on affronte de nouveau les éléments comme si rien ne s'était passé. Les heures vont s'étirer, le soleil baisse lentement, comme s'il avait accompli une tâche laborieuse et qu'il était enfin temps de prendre une pause. Les dunes, auparavant brûlantes sous son règne, commencent à refroidir, mais ce n'est pas une fin paisible. La tempête qui a fait rage toute la journée se calme enfin, mais le répit est bref. Le froid glacial, sans cérémonie, prend le relais, pénétrant chaque recoin de l'étendue désertique. Pas de place pour les airs romantiques, juste un enchaînement brutal des éléments, où le soleil cède la place à la tempête, qui cède à son tour au froid mordant. Un enchaînement de mauvaises nouvelles.

    Et dans cet enchaînement, l'apparition d'une Oasis comme la récompense silencieuse d'une randonnée casse-burnes.

    D'un commun accord silencieux, tout le monde commence à s'installer avant de s'abreuver, remplir les gourdes et bien sûr se débarbouiller le visage. Amassant un petit tas de bois, je souffle un léger brasier pour qu'il prenne feu, un marchand s'en saisit pour préparer du thé vert et en distribuer à tout le monde. Appréciant ma première gorgée, je pose la lettre récupérée sur mon flanc puis avise la blonde.

    « Alors, tu vas où ? Les gens ne partent pas seuls en prenant autant de risques sans une bonne raison. »

    Elle n'était évidemment pas obligée de répondre à cette question, mais j'étais bien curieux.

    Peut-être trop curieux.
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  • Ven 26 Avr - 0:35
    Le désert réserve bien des surprises. Même si les livres en disent long, vivre la chose semble bien plus pénible. Et c'est que le début parce que je vais en voir du sable ! Le soleil tape toujours, fort, brûlant la peau qui s'expose trop longtemps à ses rayons. Je ne m'en plains pas, je vis l'aventure comme elle vient et profitant des moindres moments, gravant ses souvenirs dans ma mémoire.

    Après de longues heures, le soleil finit sa chute derrière les dunes, apportant avec lui la fraicheur de la nuit, qui se transforme en froid saisissant. Une oasis se dessine, preuve que les marchands connaissent le désert comme leur poche. Sans la rencontre avec les bandits, nous aurions pu profiter de cet endroit plus tôt, mais je suis tout de même satisfaite de pouvoir enfin me poser au calme.

    Pendant que le colosse cherche du bois pour allumer un feu salvateur, j'en profite pour soulager mes pieds. Je retire mes bottes pleine de sable et plonge mes petits petons dans l'eau fraiche. Un léger souffle de soulagement s'échappe entre mes lèvres. J'en profite aussi pour passer un coup sur mon visage et refaire la natte de mes cheveux. Le sable est partout dans mes vêtements, il gratte ma peau et j'ai grand hâte de pouvoir prendre un véritable bain.

    Quand le feu est prêt, sa lumière apporte alors autant de chaleur que ses flammes et m'attire comme une abeille sur une fleur. Pieds nus dans le sable, je sens les grains qui viennent chatouiller la plante de ceux-ci et cela me fait sourire. C'est la première fois que je sens ça. Maintenant, c'est l'odeur du thé qui vient chatouille mon nez, une odeur douce et légère apportant le réconfort nécessaire après une dure journée.

    « Alors, tu vas où ? Les gens ne partent pas seuls en prenant autant de risques sans une bonne raison. »

    La question m'est destinée visiblement, puisque quand je regarde le Drakyn, il me fixe. Je suis un peu surprise sur le moment que l'on s'intéresse à moi subitement. Je prends place proche de lui en acceptant la tasse de thé que je viens humer.

    " La notion de bonne ou mauvaise raison est plutôt relative tu ne penses pas ? Je prends la route seule comme toi on dirait, pour découvrir le monde autrement qu'à travers des livres. J'ai peut être un rôle à jouer dans ce monde, qui sait ? "

    Je marque une pause, le temps de prendre une gorgée avant de reprendre.

    " Kieran est courant chez les Drakyn ? J'ai déjà entendu ce nom il me semble, d'une Elfe de chez moi parti faire son service militaire au Reike. Votre thé est excellent, il arrive à point nommé, merci. Et sinon, quel est l'objet de ton voyage ? Ce désert aurait il quelque chose à t'offrir à part une lettre d'amour ? "

    Selon moi et ce que j'ai appris, le désert n'offre que peu de surprise agréable, je dirai même que le plus souvent, il apporte la souffrance. Ce désert est rempli de souvenir désastreux et seules les oasis sont comme l'espoir, la vie là où rien ne pousse.

    Je retire de ma besace, mon carnet, mon journal de bord, celui qui va conserver toutes mes notes et contenir mes souvenirs. Je commence alors à dessiner la scène devant moi : le feu de camp.
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    Kieran Ryven
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  • Mar 30 Avr - 21:30
    Le corps endolori par la marche, cuit par le soleil, envahis de sable par tous les pores de la peau, et désormais frigorifié par le froid nocturne, nous prenons enfin un repos salvateur devant un feu réconfortant. Le cortège avait fait un arc-de-cercle avec les véhicules, tandis que les montures s'abreuvent tranquillement, mangeant les plantes qui poussent autour du point d'eau par un putain de miracle de la vie. Regardant les pieds fuselés de l'elfe, loin d'être abîmés, je devine que ce genre d'escapade n'est pas une habitude. Par imitation, je retire mes bottes seulement pour retirer la tonne de sable qui s'est glissée durant la marche avant de les renfiler.  

    Sa réponse à ma question posée est très loin d'être idiote. J'en affiche un rictus long d'un demi-centimètre, à peu près. Qu'est-ce qu'une bonne raison, finalement.

    « On a tous un rôle à jouer, en effet ».

    Reste à savoir comment tu définis ce qui est bon ou pas. Je regarde le verre, les fragrances du thé vert berçant mes narines. Les marchands parlent avec moins d'entrain que dans le début du voyage. Certains continuent de pleurer les pertes. Le climat est ambivalent, entre le bonheur de survivre et les larmes du deuil et du chagrin. Je commence à chercher dans ma besace de la viande séchée que je commence à réchauffer sur des pierres proches du brasier, les iris se noyant dans les flammes tandis que les mots d'Enkara viennent me percuter de plein fouet.

    De l'extérieur, je ressemblais à une une statue de bronze qui n'avait pas bougé d'un centimètre, mais de l'intérieur mon esprit s'est chamboulé, comme si le Désert venait me mettre sur ma route une âme rappelant l'une de ses victimes, ce soir, c'est...

    « Tu connaissais Shael...? »

    Je laisse traîner ma question en suspens, ignorant pour l'instant le reste. Elincia était une virtuose de son art. Tirant plusieurs flèches en même temps, le regard vif et acéré, un esprit affuté comme une lame assassine, je ne réalise toujours pas comment une soldate de ce calibre a pu crever de la sorte. Faut croire que les plus téméraires ne seront jamais aussi solides qu'une catapulte. Regardant la vagabonde avec des yeux de plus en plus grand, ma bouche s'ouvre, puis se ferme. Interdit.

    « Kieran n'est pas un nom commun, tout comme notre clan. On est très peu. A vrai dire, il n'y a plus grand monde. »

    Quelques-uns ont dû survivre sur les terres du Reike, le reste est mort, et les derniers en date sont mère et moi-même. Dans un élan désespéré je finis par me pencher dans sa direction, et constate qu'elle a sorti le nécessaire pour dessiner des croquis, ses doigts habiles et filiformes dansant sur le papier tandis que les premières mèches du feu de camp prennent doucement forme.

    « C'était une Elfe coriace, douce, intelligente, et qui avait tout pour devenir une héroïne du Reike. Je suis heureux de pouvoir rencontrer une personne qui l'a également vue de son vivant. »

    Mes souvenirs la concernant sont une caresse sur le cœur, mais sa mort restera un macabre cauchemar. Un long soupir du nez me trahit, puis je viens porter un morceau de viande dans ma bouche. La cuisson n'est pas parfaite, mais c'est très bon.

    « Je vais d’ailleurs là-bas. Ça fait quelques années que j'ai quitté le pays. Ce désert est la route pour y aller. »  

    Ni plus, ni moins. Pas besoin de parler d'expérience de guerre passée, de pertes perdues et de soucis du genre. Tout le monde a eu des problèmes, tout le monde a ses démons, et tout le monde vit avec. Je garderais pour moi les souvenirs de ce carnage, là où les dunes étaient également des cratères embrasés, le sable s'humidifiait par le sang et la sueur et le sol arborait un tapis entier de centaines de cadavres. Loin d'être une soirée crêpes. Je commence à jouer avec cette lettre, me demandant bien ce qu'elle contient, tout en regardant ce dessin progresser de plus en plus.

    « Tu es douée. Tu tiens ton journal de bord ? Quand j'étais plus jeune, je suis parti également à l'aventure, des fois ça me manque. Quelle est ta destination ? »

    Autant lui faciliter la tâche si elle est sur ma route encore un petit moment. J'ignorais si c'était l'esprit de Shael qui m'influençait, mais j'avais un doux sentiment désormais lorsque je la regarde, avec la conviction profonde qu'elle apportera quelque chose dans ce monde. Mais elle doit se connaître à travers ses pérégrinations, ses obstacles qui vont se dresser sur sa route, et les leçons qu'elle va en retenir. Je continue de mâcher ma viande, machinalement, le regard vers le ciel, comme si j'attendais une réponse des Astres à cette foutue blague...

    ... Ou bien le murmure d'une amie morte au combat.
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  • Sam 4 Mai - 2:41
    « Tu connaissais Shael...? »

    Shael, c'est bien le prénom de ma congénère à laquelle je fais référence. Alors comme cela, c'est lui le Kieran ! Comment le monde peut il être aussi petit, serait-ce le destin ? Mais pourquoi et pour quoi ? Quelle est la probabilité pour que je tombe sur lui ici dans ce désert ?

    « Kieran n'est pas un nom commun, tout comme notre clan. On est très peu. A vrai dire, il n'y a plus grand monde. »

    Un peuple entier est presque éteint, beaucoup de famille ont disparu pendant la guerre, beaucoup de famille sont réduites également et je sais que ce n'est qu'un début. Une loi de la nature ou bien un mal à détruire ? Nous ne sommes pas tous d'accord sur ce point. Comme Kieran semble lancé dans un dialogue, je n'ose pas le couper par peur de casser son élan. Écouter est la première source d'information et sincèrement, j'aime bien écouter.

    « C'était une Elfe coriace, douce, intelligente, et qui avait tout pour devenir une héroïne du Reike. Je suis heureux de pouvoir rencontrer une personne qui l'a également vue de son vivant. Je vais d’ailleurs là-bas. Ça fait quelques années que j'ai quitté le pays. Ce désert est la route pour y aller. »

    " Je suis d'accord avec toi, c'était une archère redoutable. Elle était faite pour ça. Nous n'étions pas toujours d'accord sur certain sujet et nos aspirations nous ont fait prendre des directions opposées. C'est assez.... surprenant que le destin nous fasse nous rencontrer. Elle parlait très souvent de toi et maintenant te voilà à coté de moi... "

    Je me demande s'il en était amoureux, j'ai l'impression que quelque chose se passe en lui quand on parle d'elle mais, ce n'est peut être qu'une impression. Et pourquoi un  " dragon " s'éprendrait-il d'une Elfe... ?

    « Tu es douée. Tu tiens ton journal de bord ? Quand j'étais plus jeune, je suis parti également à l'aventure, des fois ça me manque. Quelle est ta destination ? »

    Douée ? Je ne sais pas si c'est une douance au vu du nombre de jour que j'ai passé à pratiquer. L'avantage avec une espérance de vie aussi longue, c'est qu'il est possible de prendre le temps. Prendre le temps pour de nombreuses choses.

    " Le dessin, c'est comme l'art du combat : plus on le pratique, meilleur on devient. Avoir un journal me permet en cas d'oubli de pouvoir le consulter et me remémorer. Ca a un côté apaisant aussi et j'aime bien dessiner, j'aime les détails, j'aime les couleurs, j'aime les contrastes, j'aime les perspectives, j'aime le monde. Si je venais à disparaitre, il resterai mes notes, peut être qu'elles pourraient aider celui qui les trouve, qui sait ? "

    Quand j'y pense, j'ai l'impression de connaître une partie de sa vie à travers les histoires qu'à pu nous raconter Shael. Tandis que lui, à part mon nom, ne sait rien de moi. C'est injuste.

    " Je n'ai pas de destination si ce n'est le reste du monde, sincèrement. Je n'ai pas de but précis, personne ne m'attend et je ne cherche personne. Je connais ce monde en très grande partie grâce aux livres mais après plus de deux cents ans, cela ne me suffit plus. J'ai besoin de fouler cette terre moi même. J'aimerai visiter Ikusa, Taisen, Mael, Liberty, Courage,Kaizoku. Tu es plus jeune que moi et tu as surement vu plus de choses que moi. "

    Comme quoi, l'âge ne fait pas tout. Seules les expériences apprennent. Aucun livre et aucun savoir ne serait né sans expérience et peut être que mon journal finira par devenir un livre plein de savoir. Quand mon visage se tourne vers lui, il me parait particulièrement proche de moi, les ombres des flammes dansants sur sa peau bleutée. Mes yeux se lèvent vers les siens :

    " Tu n'as toujours pas lu ta lettre d'amour ? "

    Je lui adresse un sourire. Les Drakyns ne sont-ils pas atteints de curiosité ? Nous nous sommes faits attaquer dans le désert et les bandits avaient sur eux une lettre. C'est tout de même intrigant !? Et bien pas suffisamment pour lui on dirait. A moins qu'il ne sache pas lire ? Ca m'étonnerait.
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  • Dim 5 Mai - 18:52
    De deux inconnus, nous devenons deux personnes qui étaient dans un même réseau sans s'en rendre compte. Shael était très discrète lorsqu'il s'agissait de Melorn. Avec cette singulière pudeur Elfique, prônant et protégeant son histoire, là-bas, comme un enfant qui doit rester à la maison. J'essaie alors de deviner ce qui aurait pu les mettre en désaccord, une seule idée me vient en tête.

    « Shael était une soldate rangée en première ligne du Reike, je suppose que tu es plutôt la fille libre sans allégeance à aucune nation, allant là où elle veut ? »

    Une piste comme une autre, et si c'est celle-là, alors elle est louable. Je dirais même qu'avec le temps et tout ces criminels entassés, je l'envie. Porter son épée et aller là où le vent nous mène, apprendre ce que le monde nous cache, découvrir des sites inexplorés, affronter les obstacles qui s'y dressent, ça met l'eau à la bouche. Mais le monde est trop pourri pour nier le chaos qui y règne. Et je préfère prendre position, plutôt que de partir pour mes envies de voyage. Un sacrifice amère, je l'entends.

    En tout cas, je suis étonné qu'elle parle de moi. J'en hausse un sourcil. Voir Roman et Shael se mettre ensemble a été comme un véritable bouleversement à l'époque, j'étais encore un jeune dragonneau. Peut-être qu'elle m'attirait et je n'osais me l'avouer, ou peut-être que je savais que notre amitié allait totalement changer. Va savoir.

    « J'espère qu'elle ne parlait pas des fois où elle dessinait des idioties sur mes écailles quand on dormait dans la caserne. » Que je pouffe, nostalgique et amusé. « Je suis honoré de rencontrer une personne qui l'a côtoyait, qui plus est une de ses semblables. »  

    Mes yeux se baladent dans mon passé, des scènes aussi absurdes que amusantes, avec notre inconscience, nos rêves, nos ambitions, et la promesse d'être toujours ensemble quoi qu'il arrive. Aujourd'hui, Roman et Shael sont morts au combat, ensemble. J'étais à leurs côtés, mais les Astres me promettent apparemment autre chose. J'attends encore aujourd'hui de quoi il est question. Pour l'instant c'est une quête de rédemption, en traquant des criminels et en les enfermant. Alors, pourquoi je ressens autant de culpabilité.

    Peut-être que la culpabilité me dit que ma tâche n'est pas encore accomplie.

    En attendant, je vais arrêter de me bouffer l'esprit et aussi m'arrêter sur le joli coup de poignet de l'elfe. Une main au sol, une jambe fléchie, l'autre tendue, j'incline mon buste vers le dessin pour l'aviser en détail. Un doigt pensif sur le menton, buvant les paroles de cette dame de glace qui prend le temps de m'expliquer les choses. Les Elfes ont le temps, beaucoup de temps. Les Drakyns également, mais c'est infime comparé à nos chers individus longilignes aux oreilles pointues. Diffusant cette passion sur le monde d'une manière contagieuse, il y avait une résonance en moi qui approuvait chacun de ses dires. Une main finira sur son épaule, affectueuse.

    « Non seulement ces notes aideront, mais ils permettront de mettre en mémoire du monde ta propre légende. Fais attention, cette voie est très dangereuse. Mais ceux qui sont arrivés au bout sont devenus des personnes dont on se souvient. »

    Difficile de deviner l'âge de ces spécimens. Sixte a trois beaux siècles et elle est considérée comme une jeune adulte, alors qu'elle a 10 fois mon âge. Pour elle, c'est deux siècles qui nous séparent. Mon esprit sera toujours vacillé par une telle temporalité. J'essaie de la rassurer en adoucissant mes traits.

    « J'ai peut-être vu plus de choses, mais tu as accumulé un lot de connaissances que je ne pourrais jamais emmagasiner. Chacun son truc. Et pis, maintenant tu es lancé, et tu as de longs siècles de voyages qui t'attendent. »

    Me ramenant à cette lettre, je finis par pousser un soupir lassé. Rapidement coupé lorsque je sens ses yeux posés sur moi. Mon épaule touche presque sa tête. A cet instant, j'avais le sentiment d'être enfermé dans une bulle intemporelle, où le passé peut s'inviter, ainsi que les connaissances et les bonnes valeurs qui y véhiculent. Et, ça fait du bien. Comme ce sourire solaire qu'elle étire, réalisant que mon visage est un bloc de roche, froid comme une porte de prison. J'étire un rictus sincère du mieux que je peux.

    « Eh bien, tu vois, l'expérience répétée amène à la lassitude. Ce genre de papelard, j'en ai assez ramassé sur des cadavres pour en faire un recueil, en plusieurs tomes. Le genre de lettre d'amour, où la jouvencelle n'arrive pas à se refaire pour faire battre mon cœur, pour reprendre ta métaphore. »

    J'ouvre l'enveloppe, extrait la lettre, et lit silencieusement avant de reprendre, avec un long soupir qui vient détruire ce beau cocon. Je finis par froncer les sourcils.

    « Un agent de la Pègre tient un avant-poste quelque part dans le désert. Il a engagé des mercenaires qu'on a dézingué pour faire du détournement de marchandises et les amener à des points de rendez-vous pour les refourguer au marché noir. »

    Je ne peux pas laisser ça sans faire quelque chose.

    « Je te laisserais partir avec le convoi demain à l'aube. J'irais traquer ces connards. Je ne veux pas être un obstacle pour ton voyage. »

    Vole petite aventurière, vole. Le Dragon doit désormais punir, avant de s'envoler lui-même.
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    Enkara O'Shela
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  • Dim 5 Mai - 20:44
    Monsieur soupir... à cause de moi ou bien c'est ce retour à la réalité un peu brutal qui l'ennui ? Je vais choisir de penser que les souvenirs étaient comme un baume au coeur et que la réalité est moins sympathique. Il répond à mon sourire par un... sourire. Il dévoile ses dents blanches. Il y a du progrès. Après une main sur mon épaule qui m'aura quelque peu surprise, son visage laisse apparaitre autre chose. C'est assez drôle parce qu'en réalité, les Elfes ne sont pas forcément très expressifs, les Drakyns seraient-ils des descendants de notre race plus que des Humains ? En même temps, les Humains n'ont pas de réelles aptitudes ou des réels avantages raciales qui pourraient donner vie à un Drakyns. Ceux-ci sont beaucoup trop incroyables pour avoir du sang Humain, c'est certain.

    « Eh bien, tu vois, l'expérience répétée amène à la lassitude. Ce genre de papelard, j'en ai assez ramassé sur des cadavres pour en faire un recueil, en plusieurs tomes. Le genre de lettre d'amour, où la jouvencelle n'arrive pas à se refaire pour faire battre mon cœur, pour reprendre ta métaphore. »

    Encore absorbée par son début de sourire, je reviens à mon carnet pendant qu'il me lit sa lettre d'amour. Je commence alors à dessiner son sourire, oui. Ses lèvres, le contour de son menton, ses mâchoires carrées, ce croquis devra être parfait, il doit représenter exactement ce que je vois.

    « Un agent de la Pègre tient un avant-poste quelque part dans le désert. Il a engagé des mercenaires qu'on a dézingué pour faire du détournement de marchandises et les amener à des points de rendez-vous pour les refourguer au marché noir. »

    Est ce que les gens font ça part plaisir ? Par désespoir de cause ? Est ce qu'ils sont rejetés par les autres et obligés de vivre dans la misère ? Est ce difficile de trouver un travail ? Devenir marchand, s'engager dans une armée, développer une compétence et la vendre, il existe de nombreuses façons de vivre dans ce monde, pourtant, la violence est souvent choisie. Je pourrai devenir justicière sans m'en rendre compte, appliquant ainsi ma propre loi et devenant l'ennemi des nations en désaccord avec ma façon de faire. Mais qui pourrait être pour le banditisme ? Personne ! Donc théoriquement, ma loi ne devrait pas entrer en conflit avec celle des autres royaumes. Mon esprit s'emporte tout seul, mais je suis soudainement ramener dans le désert et je manque de m’étouffer avec mon thé.

    « Je te laisserais partir avec le convoi demain à l'aube. J'irais traquer ces connards. Je ne veux pas être un obstacle pour ton voyage. »

    On dirait qu'il n'a pas la même définition du mot voyage que moi. Le voyage n'est pas seulement embarquer dans un convoi et regarder le paysage. Enfin je ne crois pas.

    " La Pègre est donc dans les parages et a prévu de nuire au commerce. Elle va donc tuer des innocents et les villes vont manquer ensuite de biens, cela va causer du désordre en ville et vu les tensions déjà existantes et les conflits entre les nations..... ca ne serait pas une bonne chose. Je pense en effet qu'il est bon d'intervenir. "

    Je finis mon thé, faisant mine de ne pas avoir compris qu'il tente de me chasser. Mes orteils grattent le sable, je reprends mon dessin.

    " Je n'ai aucune formation militaire, mais je sais me défendre et me rendre utile. Tu es ce qu'il me manque et je suis aussi ce qu'il te manque, nous ferons une bonne équipe sur ce coup. Cette histoire sera un beau chapitre dans mon journal de bord."

    Je n'ai jamais fait ça auparavant. Je ne sais pas dans quoi je m'embarque mais maintenant que je suis dans ce monde, il va bien falloir que je m'adapte et que j'accepte sa réalité. Je ne peux pas consciemment rester sans rien faire et même si Kieran est potentiellement capable de faire cela seul, je ne peux pas non plus le laisser faire. Il serait encore capable de se blesser une aile et de rester dans le désert perdu et déshydrater. L'idée qu'il a besoin de moi me fais sourire en coin car sincèrement, j'admets que c'est un peu exagéré. Mais rendez-vous compte de la chance que j'ai ! Je vais pouvoir étudier un Drakyn en chair et en os ! La dernière fois je n'ai pas vraiment eu l'occasion de TOUT voir. Déjà, son aile c'était magnifique et la régénération est incroyable sur cette race. Mes soins sembles plus efficaces. Ce n'est peut être qu'une déformation de ma vision totalement partiale, mais j'aurai l'occasion d'en faire une étude plus poussée si j'en croise d'autres. Et puis, s'il refuse que je vienne avec lui, que va-t-il faire ? Se battre contre moi ? Absurde comme idée, il n'est pas responsable de moi donc il n'a aucune raison de me rejeter.

    " Je ne sais pas me repérer dans le désert en plein jour, je sais seulement utiliser le ciel étoilé. Je compte sur toi alors, parce que je vais te suivre aveuglément sur ce coup là."

    Cela me laissera également l'occasion d'en apprendre plus sur lui. Devant les marchands, il y a des questions que je n'ose pas poser car elles pourraient mettre tout le monde mal à l'aise. En ce qui me concerne, je suis curieuse des réponses bien que j'ai très peu d'avis sur les potentielles réponses. Le savoir, c'est neutre.
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    Kieran Ryven
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  • Mer 8 Mai - 18:09
    C'était clair et net.

    Le voyage allait prendre un autre tournant. Un tournant que je pensais éviter pour le coup. Me disant que mon prochain travail concernerait les Consules et les Consules seulement. Faut croire que mes obligations de Limier prennent encore le pas sur moi. Ou alors, c'est peut-être mon éthique, car des collègues auraient pu tout simplement passer leur chemin.

    Mais si j'ai cette lettre dans les mains, c'est bien que j'ai fait un choix.

    Le choix d'aller casser la gueule à un membre de la Pègre et le remettre aux autorités Reikoises. Je ne fais pas forcément attention aux soudain coups de crayons sur une autre feuille de papier, ou bien qu'Enkara s'étouffe avec son thé. Il fallait que je renforce mon esprit. J'ai deux ennemis à présent : ma cible, et le désert. L'Elfe va poursuivre dans un raisonnement totalement cohérent, les conséquences d'un avant-poste de ce genre sans possible démantèlement pourrait être source de complication pour l'Empire. Entre les paris illégaux, les falsifications, la drogue, la prostitution, l'esclavage, les assassinats et les trafics d'organes, d'armes et de contrefaçons... Le Reike n'est pas sans reste niveau merdier parasitaire.

    Le point final c'est qu'elle décide tout bonnement de venir dans ce merdier avec moi. Mes yeux se redressent dans sa direction, fronçant les sourcils. Le silence s'étire tandis que je l'avise. Cette confiance qu'elle dégage et cette détermination à vouloir me suivre est presque tangible. Je ne travaille pas tout le temps en solo ; Sixte m'a très souvent accompagné, et bizarrement elle a aussi les oreilles pointues. Shael, Sixte, maintenant Enkara, faut croire que je serais toujours dans un Schéma où la présence Elfique m'a toujours réussi. Problème, c'est que les deux premières ont des dizaines, voire des centaines d'années de pratique du combat. Mais, elle a quand même été très talentueuse aujourd'hui face à ses bandits, c'est même moi qui étais blessé. Une magie de glace puissante qui s'ajoute dans l'équation, il y a peut-être une carte à jouer sur ce coup là.

    Je finis par grogner sur mon indécision, avant de soupirer, résigné.

    « Hm. Je n'ai pas envie d'avoir la mort d'une citoyenne de Melorn sur la conscience, gentille en plus de ça. Si je te dis de partir, tu pars. C'est ma condition à ce que tu m'accompagnes. »

    Je ne veux pas que le désert accueille encore un mort de plus durant mon voyage surtout une femme qui a décidé de parcourir le monde avec ce désir d'aventure. Attendant sa réponse, je commence à déplier ma couchette devant le brasier, tout en répondant à ma possible capacité à me repérer dans le désert. Du pied, je déplace la lettre au niveau des siens.

    « "Pour revenir, allez à l'Est, au Zénith, suivez la fumée noire." Nous sommes en train de remonter le Désert par le nord, il nous suffira d'aller à l'est du cortège pour ensuite poursuivre notre route. Ensuite... »

    Un rictus sardonique me trahit après la pensée qui vient de me traverser l'esprit.

    « Est-ce que tu as le vertige ? »

    Le désert vu du ciel est un spectacle assez incroyable à vivre. Même si malheureusement ça ne sera pas pour le tourisme que je sillonnerais les airs. Les marchands commencent à dresser des grandes tentes, et les rôles sont distribués pour faire le guet cette nuit. Après cette observation, je lui fais un signe de tête.

    « Je peux prendre le premier quart, si tu as besoin de te reposer. »

    Dans le désert, la nuit n'est pas le moment de la paix. Les bruits qui émergent des ténèbres ne sont pas des mélodies apaisantes, mais des grondements sauvages. Le vent, autrefois un souffle doux, devient un murmure éthéré, glacial, arrachant des plaintes aux dunes qui s'étirent à l'infini. Les cris des prédateurs déchirent la nuit, annonçant leur chasse impitoyable. Leurs pas furtifs sur le sable évoquent le danger tapi dans l'obscurité, prêt à bondir sur toute proie imprudente. Les insectes, invisibles mais incessants, cliquettent et bourdonnent sans répit, sans savoir où ils peuvent se glisser. Et au milieu de ce tumulte cacophonique, le silence occupe une place inquiétante, car il est rare et éphémère. Il y a quelque chose d'inquiétant dans la façon dont il se place entre les bruits, comme s'il attendait patiemment son tour pour révéler son propre pouvoir.

    La belle nuit de merde en perspective, mais on a pas le choix de roncher si on veut d'être d'attaque pour demain. Que ça soit pour les marchands comme nous-même, il va falloir se tenir prêt.
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    Enkara O'Shela
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  • Mar 14 Mai - 17:25
    Il insiste pour que je parte si jamais les choses se corsent, mais soyons honnête, je ne suis pas du genre à fuir. Alors oui, je n'ai jamais vraiment connu ce genre de situation, mais je n'ai pas été élevée à fuir, bien au contraire. Si ma mère m'a enseigné la maitrise de la magie de glace, ce n'est pas pour rien, on ne peut pas porter secours aux blessés, si on ne sait pas défendre ou protéger. Je m'abstiens de lui dire bien entendu, où nous risquerions une querelle inutile.

    Du pied, Kieran me fait glisser la lettre des bandits et dessus, la direction à suivre y est notée. C'est un bon début. Si de simples voleurs peuvent le faire, pourquoi pas nous après tout ? Il a l'air sur de lui alors demain, je le suivrai.

    « Est-ce que tu as le vertige ? »

    Changement de sujet pendant qu'il installe son nid. Cette question est étrange et semble totalement hors contexte. Il y a des hautes bâtisses à Mélorn et je n'ai pas peur d'y grimper, tout comme monter en haut d'un arbre. Je n'ai ni la sensation que je tangue, ni que je vais tomber.

    " Pas à ma connaissance."

    Je termine ma boisson tiède mais contrairement aux autres, je n'ai pas de couchette. Le sable me servira de lit et le feu de réconfort. Un marchand sympathique finit par me donner un sac de graines qui finira sous ma tête.

    « Je peux prendre le premier quart, si tu as besoin de te reposer. »

    Ca me va. Posée devant le feu bien nourrit, je laisse mes paupières se fermer. Il n'y a plus un bruit. Se sont plutôt des mélodies qui résonnent dans l'immensité du désert. Le feu, lui, il crépite. J'entends les pas du colosse qui s'éloignent, s'enfoncer lourdement dans le sable, des oiseaux qui se chamaillent je crois quelques part dans les fourrés, des cris d'animaux, des sons de la nature. C'est un autre monde une fois la nuit tombée, d'autres sensations, d'autres histoires. Je pourrais me méfier ici, car je ne connais personne finalement, mais dans le désert c'est comme ci les uns sans les autres, la vie n'était pas possible. Les marchands ont besoin de nous et nous aventuriers, voyager seul c'est risqué. Le désert, c'est vraiment autre chose. Je dois penser à le noter dans mon carnet ça, c'est important pour moi. Et c'est avec la mélodie du désert que je finis par m'endormir.

    Quelques heures plus tard, mon tour vient de monter la garde, bien que nous ayons peu de chance de subir une agression. Je viens nourrir le feu de temps en temps, la nuit est froide et surveille les environs, les oreilles à l'affût. Et quand le soleil commence à pointer le bout de son nez, tout ce petit monde se réveille enfin, prêt à attaquer une nouvelle aventure. Nous avons droit à une nouvelle tasse de thé et de ma besace je me sors un morceau de pain elfique pour l'accompagné ainsi qu'un morceau de viande séchée. Oui, je ne mange pas uniquement de la verdure, ca m'arrive de croquer dans un animal quand les circonstances le demandent.

    Je repense à notre "mission" du jour. J'espère que ce besoin irrépressible de justice ne me mènera pas à la mort. Après tout, qui m'oblige à le faire ? Personne. Si ce n'est moi et mon utopie. En tout cas, si une chose est bien vraie, c'est que malheureusement dans ce monde, on ne peut obtenir ce que l'on veut sans passer par un peu de violence. Je vais laisser Kieran passer devant, il attire les regards, moi, je pourrai me dissimuler et disparaitre pour tenter l'effet de surprise. S'il est touché, je pourrai le soigner du moment que ce n'est pas trop grave.

    Hum, nouveau jour, nouvelle histoire.
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    Kieran Ryven
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  • Mer 15 Mai - 22:19
    Alors que je montais la garde, je ne pouvais m'empêcher de l'observer.

    Il y avait une résonance chez elle qui avait l'air de faire écho avec moi. Une raison similaire qui nous pousse à nous battre. La question était pourquoi. Dans mon entourage, pas grand monde partage mes aspirations. Soit c'est une idéologie de "faible", soit c'est s'exposer à des risques pour pas grand chose. Mais, Enkara, elle, n'a pas hésité une seule seconde. Mordant la vie, suivant un Drakyn inconnu, prête à croiser le fer dans le désert du Sekaï, connu pour avaler des victimes par paquet, et ce, tous les jours.

    Quand arrive l'heure de dormir, j'ai comme une légère appréhension. La dernière fois que j'ai dormi dans le désert c'est après la bataille contre l'armée de Ryssen, une petite nuit, mais intense en cauchemars, de tout le carnage passé. Grognant contre moi-même, les heures vont défiler, où je me retournerais à plusieurs reprises, le souffle du vent désertique accompagne le chuintement sinistre des ennemis qui commencent doucement à envahir mes songes. La guerre me colle à la peau, elle me ronge, et pire que ça elle vient me chercher.

    A ce moment-là, je ne peux plus rien faire.

    Aux aurores, le désert émerge lentement de l'obscurité, révélant un paysage rude et implacable. La lumière du matin, froide et crue, commence à se glisser sur les dunes, dissipant les ombres de la nuit et réveillant une nouvelle journée de défis. Le vent, qui sifflait dans la nuit, se calme légèrement, soufflant encore mais avec une vigueur moindre, comme épuisé de sa propre furie. Les traces de la vie nocturne sont visibles partout : empreintes de pas, terriers fraîchement creusés, et parfois les restes d'une chasse réussie.

    Les bestioles  de la nuit retournent à leurs cachettes, remplacées par celles qui osent affronter la chaleur du jour. Les premiers rayons du soleil commencent à chauffer le sol, annonçant la montée inévitable des températures. Loin d'être une scène paisible, l'aube dans le désert est un moment de transition brutale. Les cactus et les arbustes épineux se tiennent comme des sentinelles silencieuses, leurs ombres s'allongeant et se raccourcissant rapidement à mesure que le soleil grimpe dans le ciel.  

    A mon réveil, ma main empoigne ma dague, qui elle, est enfoncée dans le sol. J'ai dû encore croire qu'on m'attaquait cette nuit.

    « Hm... »

    La dague finit rapidement dans mon fourreau, l'air de rien, et je rejoins le groupe pour les préparatifs. Restant aux côtés de l'Elfe de glace, le thé viendra réchauffer mon corps avec une douceur toujours aussi agréable, tapant dans mes provisions personnels pour un petit déjeuner nécessaire à la mission qui va suivre. Effectivement, je vois qu'elle est également une viandard mais rien d'étonnant pour ma part, je n'ai jamais cru aux clichés elfique bouffeur de pissenlits.

    « J'espère que tout va bien de ton côté. » Que j'amorce, soucieux.

    Les montures harnachées, le cortège reprend dans une cacophonie agréable, entre le bruit des roulottes et les conversations lambda, nous baignons dans le calme avant la tempête. Après quelques échanges avec l'un des marchands, ils m'indiquent le cap lorsque nous voyons le relief Reikois. Ce relief doit rester à notre droite pour tirer vers l'Est.

    Nous sommes seuls, sans assistance d'aucune sorte. Confrontés à nous-mêmes, confrontés à nous découvrir.

    Le sol, chauffé à blanc par le soleil, brûle à travers les semelles, et chaque grain de sable semble déterminé à rendre la marche plus ardue. Le vent, chargé de poussière, fouette le visage sans relâche, rendant la respiration difficile et les yeux irrités. Repensant à ma réflexion d'hier soir, je plante les pieds devant elle, lui empêchant d'avancer. Ma cape prenant la direction des bourrasques, mes yeux dépassant mon masque de tissu.  

    « ... Pourquoi. Pourquoi tu fais ça ? D'habitude, les gens passent leur chemin, ou bien fuit. Mais à aucun moment ils ne veulent essayer d'arranger les choses. Quand j'en parle, je passe régulièrement pour un fou. »

    Je me penche dans sa direction, le regard adouci par l'émotion.

    « Comment se fait-il que tu es prête à risquer ta vie pour la bonne cause ? Si c'est vraiment pour ça. Et dans ce cas là, nous avons beaucoup en commun. »

    Ma main flatte son épaule d'une caresse amicale avant de lui laisser le champ libre, reprenant ma marche, attendant peut-être ses réponses. Et si elles sont les bonnes, alors mon cœur s'en réchauffe d'avance.  Peu de gens pensent au bien commun dans ce monde, l'individualisme ou bien la crainte des souverains laissent place à des choix égoïstes mais recevables s'ils impliquent notre propre survie. Mais, dans ce monde impitoyable, il y a quelques agents du bien, qui n'attendent rien en retour, seulement que les choses changent et s'améliorent. Un crédo difficile pour n'importe qui.

    Est-ce qu'elle en fait partie ?
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