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  • Mar 30 Avr - 0:38



    Le repos est une notion bien singulière pour les grands travailleurs, Zelevas le constate dans chacun de ses mouvements depuis quelques jours avec une certaine dépréciation. Première fois qu’il prend une pause de ses activités depuis si longtemps qu’il serait bien incapable de déterminer la dernière fois qu’il est ainsi resté oisif. Est-ce que ça remontait à la mort de ses parents? Quand il avait appris que la sortie de route de leur diligence n’avait rien d’un accident? Peut-être, à ce moment là il était resté plusieurs semaines seul dans le Manoir d’Élusie jusqu’à ce que son meilleur ami vienne le tirer de là pour entamer sa première campagne présidentielle. C’était il y a si longtemps, et pourtant le Sénateur se souviendra toujours de cette période, gravée dans sa mémoire au fer rouge comme une trace indélébile qui n’a que tout récemment trouvé une quiétude précaire. Il goûte à nouveau à la paix, et comme son corps lui fait savoir au moindre pas, il goûte à nouveau au repos. Entre la pression de ses obligations de Directeur de la Societas, celle de ses responsabilités de Sénateur, celle de fondateur du FRN, entre les menaces qui pèsent sur lui avec l’enquête en cours, entre les folies que son vieux corps a commis pendant l’attaque de Liberty par l’Assemblée et enfin entre les colossaux enjeux de sa campagne présidentielle à rallonge étendue par le délai des élections, Zelevas se sent une centaine de fois plus fatigué maintenant qu’il ne fait rien de ses journées qu’alors qu’il arpentait Justice et le reste de la République pour assurer ses diverses missions. Si ce n’était pas pour Azura qui séjourne actuellement au Manoir avec lui, il resterait volontier dans son lit à rattraper le sommeil qu’il peine de toute façon à trouver malgré son état d’exténuement. En parlant de la Consule, autant l’hôte des lieux se force à se lever pour pouvoir être présent dès que la Lumina serait debout, autant Aiwenor est justement enfermée dans sa chambre que le d’Élusie n’ose évidemment pas ouvrir. Laissant donc la Lumina continuer d’hiberner, le Sénateur descend les marches de sa demeure avec tout le poids de la décompression actuelle en laissant s’abattre lourdement ses pieds sur le bois grinçantes.

    Au fur et à mesure qu’il descend, un sourcil grisonnant se hausse en dessous de ses cheveux blancs en bataille, d’ordinaire plaqués en arrière avec une attention toute particulière et une rigueur d’ancien militaire, ses mèches qu’on ne soupçonne habituellement pas aussi longues traînent le long de ses temps en chatouillant les favoris de sa barbe hirsute. Si la crinière de son lourd manteau accompagne généralement sa pilosité faciale, c’est cette fois une simple chemise blanche fourrée à moitié dans son pantalon qui dissimule la peau rabougrie et marquée de son torse. La buanderie de sa chambre personnelle étant parmis les seuls endroits du Manoir à ne pas être laissés à l’abandon pour de simples raisons d’image publique, ses vêtements sont propres et fraîchement lavés, mais l’odeur de renfermé du Manoir est tenace et rien ne pourra jamais réellement s’en débarrasser tant qu’il séjournera ici n’est-ce pas? La raison de l’interrogation de Zelevas est double, une d’elle vient du son particulier qu’il entend à travers la double porte du salon, il s’agit de la voix étouffée mais inimitable de Mortifère qui parle dans la pièce adjacente, et le Sénateur est déjà surpris d’entendre le soldat parler ou râler, lui qui se montre rarement expressif, encore moins depuis l’exérèse. L’autre cause de son étonnement est tout simplement le fait de voir cette double porte fermée, même en hiver il ne prend pas la peine de clore la séparation entre le vestibule et le salon étant donné que le Manoir est de toute façon impossible à chauffer, et pour le temps qu’il y passe, il préfère de toute façon ne pas se prendre la tête avec des préoccupations aussi futiles.

    Arrivé au rez-de-chaussée, sa main ridée qui se cache normalement derrière des gants de coton blanc se pose sur la poignée de la porte et écarte cette dernière, et en voyant la jeune Hélénaïs de Casteille déjà debout se retourner pour venir à sa rencontre, le candidat aux présidentielles peu présentable écarquilla grand les yeux tandis que sa bouche s’ouvrit au moins autant. Il la referma aussitôt en réalisant que sa tenue importait de toute façon peu, de même pour son apparence physique, même si la petite Sénatrice allait sans doute être amenée à le toucher tôt ou tard l’entorse à la bienséance n’en serait que minime. Ce qui le choque d’autant plus c’est aussi le fait que la jeune femme ait pu entrer et se guider d’elle-même jusqu’au salon, mais quand un mouvement attrape l’attention de Zelevas et qu’il relève son regard plus loin derrière la jeune femme pour voir la porte au fond de la pièce s’ouvrir toute seule et se refermer, il plisse les yeux en comprenant ce qu’il vient de se passer. Il reste un moment dans le cadre de la porte sans bouger, moment qu’il utilise pour reprendre de sa contenance et se préparer mentalement à une entrevue avec non pas une collègue ou une amie mais avec une adversaire: si Hélénaïs est bien le soutien politique d’une personne actuellement sous ce toit, ce n’est pas de celle auquel elle fait face mais plutôt de celle au dessus de sa tête, dans la chambre à l’étage qui dort à poings fermés. Le d’Élusie est extirpé de sa torpeur par la vue de la de Casteille qui tâtonne du mieux qu’elle le peut pour le saluer sans rentrer dans les meubles ou casser quoi que ce soit, et le vieillard décide de lui faciliter la tâche n’attendant pas plus pour prendre la parole. Un sourire affable qui s’entend dans la voix plus tard, il dit avec un air jovial:

    ”Sénatrice de Casteille.” Froid. Mais tout aussi froid que le phrasé de la jeune femme dont il avait plus l’habitude des ‘Monsieurs’ en publique et des Zelevas en petit comité. Il y a dans son comportement quelque chose de clairement désarçonné, une nervosité apparente bien plus ostensible même que lors de sa toute première prise de parole à l’hémicycle il y a sept mois. ”Avec une colonne vertébrale en vrac et des genoux qui me quémandent une pitié à tout instant, mais autrement bien.” Ses sourcils froncés dévisagent ouvertement la jeune femme, nul besoin de se cacher, nul besoin de paraître faussement courtois, il n’a qu’à le dire mais pas à l’acter. ”Vous êtes toute excusée ma chère amie, vous me voyez soulagé de vous voir bien portante et saine et sauve, je regrette terriblement de ne pas être venu m’informer de vos nouvelles mais je ne suis seulement rentré qu’hier en ces lieux et la bataille fut… fort éprouvante.”

    Saisissant la douce main de la jeune femme, il cligna des yeux d’hébètement en voyant le pansement tout neuf qui recouvrait un des doigts de la Sénatrice. Mais qu’est-ce qu’il a fait? Mortifère avait-il blessé de Casteille ou s’était-elle fait mal toute seule? À mieux y réfléchir la deuxième option lui parait plus que probable, la cécité n’est pas forcément très clémente avec le corps et bien moins encore envers les mains envoyées en éclaireuses d’infortune… quand ce ne sont pas ses orteils qui doivent faire les frais de son exploration. Si son interlocutrice ne peut pas savoir où exactement se porte son regard, elle peut cependant déduire à la pause qu’il a marqué qu’il a remarqué le pansement, faisant fi de sa propre curiosité Zelevas soulève donc la main pour à peine l’effleurer du bout du nez, et sans la lâcher, il guide sa propriétaire jusqu’à un des deux fauteuils où elle y sera mieux installée que sur le canapé affaissé.

    ”Je vous en prie de Casteille installez-vous. Puis-je vous servir un rafraîchissement?” fit le d’Élusie en approchant du cabinet d’argentier à quelques mètres de la cheminée.

    Lui allait de toute façon avoir besoin d’un remontant, il était non seulement abattu, mais il avait en plus levé le pieds sur la boisson la veille, donc maintenant qu’il devait réengager une discussion de travail, il fallait bien reprendre des forces. Il ne commente pas le choix de son invitée mais dénote la tentative, il sait que la jeune femme a un affect très certain pour le vin, et son propre amour du whiskey n’étant pas un secret, que la fille de Bastian le rejoigne là dessus est clairement un message. Verre. Bourbon. Orange. Juste un zeste dans le verre de la Sénatrice pour adoucir le goût, nature pour le sien, comme d’habitude. Il revient jusqu’à la de Casteille et dépose le verre sur l’emplacement dans l’accoudoir, prenant soin de saisir la main de l’aveugle pour enrouler délicatement ses doigts autour du cristal afin de lui indiquer spatialement sa position. S’asseyant enfin dans le fauteuil en face d’elle, séparés par la table basse en verre et le canapé, Zelevas adresse un regard toujours aussi jugeur en parcourant la gamine de ses deux yeux bleu-acier glaciaux. Lorsqu’il reprend la parole, sa voix ne fait cette fois aucun effort pour masquer la distance dont il fait preuve:

    ”Vous m’avez appelé Sénateur, alors comment puis-je vous aider, Sénatrice?”
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    Hélénaïs de Casteille
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  • Lun 6 Mai - 22:51
    La gêne était sur le point de devenir une entité palpable entre les deux politiciens. Hélénaïs dont l’air affable ne quittait presque jamais le visage, ne put s’empêcher d’insulter d’un tas de noms d'oiseaux la pauvre Emérée qui n’était, heureusement, pas là pour le voir ou l’entendre. “Quelle idée stupide”. Continua-t-elle de pester alors que sa main se lovait dans celle rêche et large de Zelevas qui la portait poliment vers son visage pour la saluer comme il était de coutume.

    - Ne vous en faites pas pour cela, je ne saurais vous le reprocher. Et c’était plus que vrai. S’il y avait un millier de chose que la jeune femme pouvait critiquer, celle de ne pas prendre de ses nouvelles alors que la guerre faisait rage hier encore était sans nul doute la dernière de la liste. De plus elle n’aurait guère été légitime, elle qui s’était hâté d’aller se terrer aussi loin que possible de la ville. Ses lèvres se pincèrent brièvement en écho à ses pensées et les paroles d’Abraham lui revinrent en mémoire. Peut-être qu’ainsi, elle pourrait changer les choses… Sur le point de se perdre dans ses propres élucubrations, ce fut la pression de la peau sur son pansement qui l’en arracha, machinalement sa mâchoire se contracta légèrement et son sourire se fit légèrement vacillant. Si le sénateur eut quelque chose à redire, il n’en fit rien et ne tarda pas à la guider jusqu’au fauteuil qu’elle avait occupé quelques instants auparavant. Une fois assise, ses doigts tâtonnèrent pour retrouver sa tasse de thé froid sans la trouver. Abraham devait l’avoir emporter.

    - Quelque chose de fort. Dit-elle simplement en sachant pertinemment que cette suggestion ferait hausser les sourcils à son hôte. Mais la conversation qu’ils s’apprêtaient à avoir aussi et c’était sans parler de celle qu’elle venait d’avoir mais dont elle doutait vouloir lui parler. Quelque chose, peut-être sa conscience, lui soufflait que rapporter mot pour mot l’échange qu’elle et son homme de main avait eu n’était pas une riche idée. Cependant, rien ne l’empêchait de poser des questions. “Chaque chose en son temps.” S’intima-t-elle néanmoins lorsque la main de Zelevas la guida vers le verre qu’il venait de déposer près d’elle.

    - Vous ai-je mis en colère ? Demanda-t-elle après qu’un silence désagréable ne soit tombé entre eux. - Ce n’était pas mon intention, Zelevas. Sa salive lui semblait brusquement pâteuse. Ses doigts toujours enroulés autour du verre de cristal, elle le porta à ses lèvres pour en boire une longue gorgée. Cette conversation ne commençait pas sous les meilleurs hospices. Évidemment, Hélénaïs ne s’était pas attendue à l’accueil chaleureux qu’il lui réservait lorsqu’elle était enfant ou même avant la dernière assemblée. Mais leur dernière rencontre lors de l’élection lui avait parut chaleureuse, presque trop remarqua-t-elle à regret. Ainsi, lui aussi jouait au jeu des masques ? Ce n’était pas une surprise, tous leurs pairs étaient ainsi mais elle avait espéré que leur lien les ferait passer outre. Ce qui était hypocrite quand on savait qu’elle avait été la première d’eux deux à y participer. Le bourbon lui brûla la gorge mais éveilla ses papilles avant de réchauffer son estomac.

    - De l’orange ? L’interrogea-t-elle avec un sourire avant de reposer son verre. Ses mains vinrent ensuite se joindre sur ses genoux, de la même façon qu’on le lui avait enseigné toute son enfance. Ainsi, elle était le portrait parfait de la jeune femme de bonne famille. Heureusement, personne ne pouvait ouvrir sa tête pour y découvrir toutes les choses qui s’y tramait et qui n'auraient jamais été là si seulement elle était la demoiselle qu’elle prétendait être. - Je suis heureuse de vous savoir en bonne santé, malgré nos différents. Cette phrase avait été prononcée comme un cheveu sur la soupe et elle servait à apaiser les tensions qui rendait l’air plus lourd mais pas seulement, elle était aussi sincère.

    - Cependant je ne suis pas venu seulement à ce sujet. Mais ça, elle était certaine qu’il s’en doutait. Il était un homme intelligent, elle ne pouvait lui retirer cette qualité. - Et je ne suis pas venue rendre visite ni au Sénateur, ni à l’homme politique. Je suis venu voir Zelevas, l’ami de mon père et le mien. Son regard était planté devant elle, là où elle supposait que se trouvait le visage du vieil homme. - J’ai besoin de vos conseils ou au moins de votre avis… Je… Bien malgré elle, ses traits se firent grimaçant. Elle peinait à exprimer ses pensées car elle savait ô combien elle la mettait à nu et ce n’était pas face à un inconnu qu’elle se trouvait mais bien face à un homme qui pourrait sans peine utiliser chacune de ses faiblesses contre elle en représailles de ce qu’elle lui avait fait plusieurs mois auparavant. Hélas, Hélénaïs était une idiote idéaliste.

    - Comment avez-vous fait ? Ses mots furent prononcés avec brusquerie, comme s’il avait fallu les lui arracher de la bouche. - Comment avez-vous fait pour vous en sortir malgré votre infirmité ? Et pour mettre un point final à sa phrase, elle avala une nouvelle gorgée d’alcool.

    Que les dieux lui viennent en aide.
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  • Jeu 16 Mai - 16:52


    Devant l’inquiétude manifeste de la jeune femme, Zelevas qui jusque là était d’une humeur peu avenante se prend un léger coup de fouet quand Hélénaïs demande s’il est fâché. La surprise se lisant clairement sur le visage du vieux pour quiconque est doté de la vue, il se redresse légèrement dans son fauteuil à cette question, faisant grincer le bois du meuble accompagné des frottements du coton de sa chemise sur le velour du molletonnage. Le d’Élusie dépose son verre sans même y toucher sur la table basse et corrige immédiatement son approche de la conversation par un ton plus chaleureux:

    ”Non, non bien sûr que non Hélène, excusez-moi je-...” Il soupire de fatigue tandis qu’une main vient masser son front. Alors qu’il dépose son coude sur son genou en se penchant en avant, la tête restant ainsi dans sa dextre, la voix du Sénateur orientée vers le parquet sonne différemment. ”Je suis passablement exténué par les derniers évènements, la bataille a été rude et j’ai passé les jours qui ont suivi à alterner entre mes obligations politiques et celles de la Societas, je ne voulais pas paraître froid, c’est simplement que…” Il se cale contre le dossier du fauteuil et dévisage l’aveugle les yeux dans les yeux, tandis qu’elle hoche la tête en fixant le mur du fond derrière Zelevas. ”Il ne faut jamais ô grand jamais faire l’erreur de mélanger le privé et le professionnel, c’est pour ça que j’ai insisté sur l’étiquette que vous aviez employé.”

    Tandis que la Sénatrice de Casteille attaque le bourbon avec une nervosité palpable dans son geste, Zelevas hausse de nouveau un sourcil intrigué, la jeune femme est ostensiblement tendue et son confrère ne parvient pas à savoir si c’est du fait de la raison de sa venue ou de la discussion qu’elle a semblé avoir avec Mortifère tantôt. Il se doute qu’il aura le coeur fixé bien assez vite sur son interrogation. Il profite donc de la gorgée que la jeune femme prend pour en faire de même, répondant à la question de son invitée:

    ”Oui, fut un temps j’aimais bien agrémenter mon whiskey de la sorte. Je trouve que l’agrume assouplit bien le bourbon, ça lui rajoute un peu de sucre et ça teinte le parfum fumé avec une note fruité. Jadis j’y mettais de la cannelle à la place mais j’ai vite arrêté, la sensation de la poudre dans la texture me dérange.” Un de ses grands regrets c’est de ne pas avoir investi plus tôt dans un domaine de distillerie, il aurait pu faire fabriquer son propre bourbon et le faire maturer dans des fûts de canneliers. Si c’était déjà fait ailleurs il n’en avait jamais eu vent. ”Mais oui, pour en revenir avec votre première question, je vais bien.”

    La de Casteille signale alors son soulagement une fois de plus avant de marquer une fin de phrase étrange aux oreilles du Lion, des différents? Ah bon? C’est toujours un plaisir d’apprendre qu’il est fâché avec quelqu’un mais qu’il n’en est même pas au courant, visiblement il est supposé être en froid avec la Sénatrice Humaniste… mais le vieillard ne parvient pas d’aussi loin qu’il s’en souvienne, à se rappeler avoir donné un motif d’offense à la jeune femme. Peut-être qu’il ne lui avait pas tenu la porte à la cantine du Sénat une fois, mais il n’avait pas dû y faire attention. Il écoute donc attentivement les mots d’Hélénaïs pour clarifier à la fois la raison de sa venue mais aussi ce point d’ombre apparemment contentieux. La petite précise alors qu’elle a besoin de lui en tant qu’ami, et soudainement l’ambiance de cette entrevue paraît bien plus légère aux yeux du Sénateur. Il redoutait d’avoir une discussion centrée sur le travail alors même qu’il prenait ses premiers jours de repos depuis si longtemps, et le fait que la de Casteille le rassure là dessus lui ôte un certain poids. Il se penche donc en avant, apportant un intérêt renouvelé à la jeune femme mal à l’aise qui cherche ses mots dans son fauteuil. Pendant qu’elle balbutie le début de sa phrase brusquement, Zelevas apporte le verre à ses lèvres pour en reprendre une gorgée mais finis par cracher dedans brusquement en entendant la fin. Il jure alors en regardant les quelques taches d’alcool tombée par terre à même le plancher, ça va encore coller et laisser des traces, mais le pire c’est la sensation poisseuse dans sa barbe trempée qui va empester l’alcool. Ce n’est pas vraiment le moment de nettoyer ça alors le vieux prend sur lui et essuie sa barbe sommairement dans la manche de sa chemise, ce n’est pas comme si la jeune femme allait remarquer la tâche sur le blanc de toute façon.

    Il prend un ton surpris et faussement choqué pour détendre un peu la fille de Bastian:

    ”M-mais enfin! D’abord je vous emmerde, je ne suis pas infirme oh.” Il laisse un rire franc éclore afin de marquer la gentillesse avec laquelle il prend la question, avant de répondre d’un air amusé. ”La vérité c’est que j’ai failli mourir une bonne demi-douzaine de fois et c’est uniquement Mortifère qui m’a sauvé la mise à chaque fois.” Il regarde le maigre restant d’alcool au fond de son verre avant de continuer avec un ton plus sérieux, pas besoin de regarder la jeune femme pour savoir que ce n’était pas la véritable tournure de sa question maladroite. ”Non je suppose que vous parliez plutôt de ma vie. N’est-ce pas?” Il s’autorise un regard en coin envers l’aveugle, celui du vieux sage qui en sait plus que la novice, celui qui s’accompagne d’un léger sourire de satisfaction. ”Ce que je veux savoir avant de vous répondre c’est pourquoi vous me posez la question Hélène? Et pourquoi maintenant?”

    Il se tait un instant comme pour la laisser réfléchir à la réponse mais si elle s’apprête à la lui donner, il ne lui en laisse pas le temps, puisqu’il reprend très vite:

    ”Parce que, si vous cherchiez simplement un conseil, je suppose que vous l’auriez déjà fait il y a longtemps en venant me le demander, voir même à votre entrée au Sénat, mais ce n’est qu’aujourd’hui que vous le faites. Alors qu’est-ce que c’est? Vous sentiriez-vous coupable de ne pas avoir participé à l’effort de défense de Liberty? Parce que si c’est ça je vois mal ce que vous auriez pu y changer. Je suis bien placé pour le dire, j’y étais et à part gêner les forces de l’ordre avec un fardeau de plus à protéger, ma présence n’y a rien accompli.” Il n’y avait possiblement rien de plus faux dans l’instant, ce n’est ni la bataille ni les conciliabules avec la SSG qui avaient tant épuisé Zelevas ces derniers jours mais surtout l’attente interminable des retombées de l’assassinat de la Présidente. ”Ou alors c’est autre chose? Quelque chose de plus insidieux.”

    Zelevas se lève de son fauteuil pour venir s’installer sur le canapé juste à côté de la jeune femme, séparés par quelques dizaines de centimètres, il observe Hélénaïs de plus près. S’il n’y avait eu que son inaction pendant l’attaque de l’Assemblée sur Liberty, Zelevas était certain que la jeune femme n’aurait pas fait le déplacement jusqu’ici pour s’entretenir ainsi avec lui. Elle est perturbée, ça transpire par tout les pores de sa peau, de la sueur sur son front aux bouts des doigts crispés sur le verre de bourbon. La petite de Casteille est une scolaire, c’est une gérante qualifiée et elle est fille unique de sa lignée, elle est habituée à gérer de la pression et des crises, surtout en considérant l’épreuve de sa cécité qu’elle a bien été forcée de traverser. Le vieillard sait qu’elle aurait relativisé l’assaut sur la capitale et son impuissance à y changer quoi que ce soit, il y a donc un sentiment plus profond chez elle, quelque chose qui l’a miné petit à petit depuis quelques temps et dont la bataille de Liberty n’a été qu’un déclencheur. Zelevas se remémore ses premiers mois en politique, il était passé de Haut Juge de Justice à Garde des Sceaux et le gouffre qui séparait les deux positions lui était paru bien difficile à combler à l’époque, une inexpérience qui lui avait valu un mandat compliqué et des résultats très mitigés, mais surtout une passe mentale éprouvante.

    ”Est-ce que par hasard vous auriez le sentiment de ne pas faire assez alors que vous auriez pu en faire plus et mieux? Ou de ne tout simplement pas être la bonne personne? Est-ce que peut-être vous auriez la sensation de ne pas faire de différence malgré tout vos efforts?” Il ausculte la Sénatrice du regard. ”En même temps je le comprendrai, les chaussures de Vigent ne sont pas faciles à remplir et le calibre de vos collègues au Courant Humaniste n’arrange rien, vous êtes entourée d’un pilier de notre paysage politique d’un côté et du nouveau visage du peuple de l’autre. Quand vous êtes la seule des trois à être restée à la maison pendant que les deux autres se battaient à Kaizoku et à Liberty ça doit sans doute vous encourager à jeter l’éponge.” Il glisse délicatement ses doigts ridés sous la paume de pêche de la jeune femme, soulevant sa main avec précaution pour l’enserrer alors qu’il poursuit d’un ton sermoniel qui contraste avec ce geste. ”Sachant aussi le palmarès des actions politiques ces derniers mois, vous avez l’air d’avoir du mal à trouver votre place alors que vous faites également partie de la nouvelle vague.”

    La nouvelle vague, cette formulation qu’il se plait à employer pour désigner le grand remplacement de l’hémicycle qui était survenu sur la dernière année du mandat de Mirelda. En l’espace d’un an, beaucoup des figures politiques importantes du pays avaient cédé leur place à l’assemblée sénatoriale pour laisser de nouveaux visages grimper sur les devant de la scène. Phtonia Até, une des têtes de lance du Parti Goldheart puis Génova, avait laissé une certaine vendeuse de parfum au nom de d’Oreithye la remplacer, Hélénaïs elle-même suivait Vigent Fraternitas, l’homme qui était favori pour les Primaires Humanistes changé pour la morveuse fraîchement sortie de son chateau viticol, Soren faisait suite au départ d’un Ironsoul, Azura précédait le départ d’un autre gros nom, Hestia Wessex dernièrement… La moyenne d’âge avait considérablement chuté et ce n’était pas forcément plus mal selon le vieux Lion, ça reflétait simplement l’ère des temps que le pays traverse avec tout les changements majeurs que Sekaï subit dernièrement, et le besoin viscéral de changement pour s’y adapter. Un vent de fraîcheur dont il redoute maintenant d’être le prochain sur la liste suite à ses agissements à Liberty.

    Cette vague a amené son lot d’inexpérience, de travers, de déboires, mais également une agréable surprise sur l’échiquier, chacun des jeunes nouveaux sénateurs avaient tous rapidement réussi à tirer leur épingle du jeu. Aiwenor était l’actuelle représentante des Humanistes aux présidentielles et l’instigatrice de l’Alliance Réformateur-Humaniste, Soren faisait également partie de cette dernière et menait sa propre campagne de soutien à Zelevas dans la course Réformatrice, Hestia ne chôme pas de son côté à corriger les trajectoires du Parti Wessex et à redorer les propriétés de sa Famille tandis que Perséis s’était rapidement imposée comme la nouvelle tête pensante du Parti Génova. Et pourtant…

    ”Et pourtant vous êtes toujours là. Vous ne vous êtes pas demandée pourquoi?”
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  • Mer 22 Mai - 23:08
    Le rire du vieil homme eut au moins le mérite d’ôter un poids des épaules d’Hélénaïs sans pour autant la libérer des affres de ses pensées. Elle s’autorisa un fin sourire qui n’avait rien en commun avec celui qu’elle servait à qui voulait bien le voir. Il était plus ténu, timide et surtout plus incertain. Exactement comme elle et comme les sentiments qui faisaient maintenant vaciller toutes ses croyances. L’évocation de Mortifère ne fit que les ébranler un peu plus. La conversation qu’ils venaient d’avoir continuait de tourner dans son esprit comme un disque rayé et elle se demanda, pendant quelques secondes, comment réagirait Zelevas si elle se montrait curieuse à son sujet. Mais déjà la question en apportait une autre à laquelle elle répondit d’un hochement de tête. La réponse cependant, n’était pas exactement ce qu’elle attendait et elle grimaça lorsque ce fut lui qui, finalement, lui posa des questions.

    Des réponses qu’Hélénaïs possédaient bien évidemment mais qu’elle n’était pas certaine de vouloir partager. Offrir sur un plateau d’argent l’une de ses faiblesses n’était déjà pas une chose évidente, en expliquer les tenants et les aboutissants était une autre paire de manches. Elle s’apprêtait à lancer une réponse sans intérêt pour rediriger la conversation lorsque la voix rugueuse de son hôte la coupa dans l’élan. Ce qui aurait pu être une bonne chose si seulement il n’avait pas mis le doigt exactement à l’endroit qui faisait mal. Immédiatement la jeune De Casteille se raidit sur son siège, son visage sembla pâlir -si tant est que ce fut possible de l’être plus qu’elle ne l’était déjà- et ses doigts se serrèrent autour de son verre. Mais une fois de plus, Zelevas dévia et Hélénaïs crut échapper à sa perspicacité. Elle l’entendit se lever, franchir les quelques pas qui les séparaient puis son poids s’installer à ses côtés. Machinalement, elle tourna la tête dans sa direction sans savoir qu’elle lui faisait maintenant face. Ce fut à cet instant qu’elle comprit qu’elle n’échapperait ni à sa clairvoyance, ni au lien qu’ils avaient entretenu ces dernières années. Qu’elle le veuille ou non, le sénateur la connaissait mieux qu’elle ne l’imaginait. Mais d’une certaine façon, n’était-ce pas exactement ce qu’elle était venue chercher ? L’avis de quelqu’un qui la connaissait ? Cependant sa fierté et sa méfiance, l’empêchaient de s’ouvrir complètement à lui. Il était un ami, c’était un fait, mais il était aussi l’un de ses adversaires politiques. Hélénaïs savait ô combien c’était un monde cruel et aussi qu’elle était une incorrigible idiote idéaliste, dont la confiance se gagnait bien trop facilement.

    - Parce que ma place est ici. C’était la seule réponse qui lui venait. Ce n’était pas celle qu’elle avait voulu, mais c’était celle que son père lui avait légué en espérant qu’elle l’occupe, c’était également ce que sa mère avait espéré pour elle alors elle s’y était pliée et cela malgré son caractère impétueux qu’elle avait apprit à dompter. Parfois, elle se surprenait à imaginer ce qu’aurait été sa vie si elle n’avait pas perdu la vue. Aurait-elle suivi le chemin tracé par ses parents ? Où se serait-elle forgé le sien ? Hélénaïs était incapable de répondre à cette question et une part d’elle ne voulait pas le savoir parce qu’elle avait peur. Peur de se rendre compte qu’elle avait gâché ses plus belles années à atteindre un rêve qui n’avait jamais été le sien, peur de se rendre compte que sa place n’était en vérité pas celle qu’elle croyait et qu’elle n’était rien d’autre qu’un imposteur. Remettre en cause sa place, c’était remettre en cause son héritage ainsi que l’avis de son père et cette idée la terrifiait.

    - Je suis là où je me dois d’être mais peut-être que je ne suis pas ce que j’aurais dû être. Un long soupir franchit la barrière de ses lèvres et elle y porta le verre dont elle avala une longue gorgée qui lui brûla l'œsophage. - Vous avez raison sur un point : les chaussures de Vigent ne sont pas évidentes à remplir et je n’y parviendrais sans doute jamais parce que lui et moi sommes bien différents. J’imagine que je remplirai les miennes le moment venu. Elle eut un petit rire qui mourut rapidement sur ses lèvres, son visage se déconfit et ce fut bientôt une profonde tristesse qui anima les traits délicat de son visage. - Je ne sais pas ce que j’aurais pu changer en participant à la bataille, Zelevas. Parce que je ne peux voir les lignes de temps et ce qui aurait pu être. Ce que je sais en revanche c’est que j’aurais pu être utile. Aucun bras, ni aucune main ne sont inutiles en temps de guerre. Sauf ceux d’une aveugle. De nouveau, elle tourna la tête vers le vieil homme et ses yeux opaques se posèrent sur lui comme si elle pouvait le voir. - Au moins, vous, vous y étiez et je suis certaine que vous n’êtes pas simplement resté dans un coin à vous balancer d’avant en arrière en priant un quelconque dieu de vous sortir de là. Je n’étais peut-être pas née mais je connais votre passé et vous n’êtes pas ce genre d’homme. Elle ponctua sa tirade d’une goulée d’alcool et se laissa aller contre le dossier du canapé qu’elle occupait. Maintenant, plus que jamais, elle prit conscience de l’idiotie de sa présence et, une fois n’est pas coutume, elle maudit Emérée de lui avoir soufflé cette idée imbécile. Son seul réconfort fut de savoir qu’elle avait négocié une contrat juteux avec Arès Wessex. Au moins n’avait-elle pas complètement perdu son temps.

    - Comment était-ce ? Demanda-t-elle enfin. - A la maison bleue. J’ai bien eut quelques échos, mais ce n’est rien face aux témoignages de ceux qui y étaient. Quelques questions au sujet de Mortifère lui brûlaient aussi les lèvres, mais elle préféra les remiser à plus tard.
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