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    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t3518-terminee-orifa-sigrior
  • Lun 1 Juil - 22:28
    Nouvelle directrice pour le SCAR
    Le SCAR, une organisation bien trop controversée ces dernières années et pourtant toujours aussi dévouée à sa cause ultime, protéger la république. Aux yeux de bon nombres de nobles et de membres du gouvernement, cette organisation n'apporte rien de bon et son efficacité discutable pourtant, ils ne connaissent pas tout ce qui a pu être réalisé dans l’ombre loin des regards indiscrets. Un travail de personnes désintéressées voilà ce qu’était réellement le SCAR, de là à dire qu’il n’y avait aucun avantage ni aucun à côté ça serait très mal vu de la part d’Orifa de dire une chose pareille.

    Depuis sa création, le genre d’événement qui allait avoir lieu maintenant était extrêmement rare, le SCAR était une organisation assez jeune, elle devait créer ses propres rituels pour se différencier des autres. L’ambiance avait toujours été assez familiale, pas du genre à appeler son collègue “ mon frère “ mais avec peu de hiérarchie tout le monde se sentait plus proche de son voisin. À la suite du combat à Liberty ainsi que la mort de la présidente une vague de défaitisme s’était emparée de chaque membre au point où certains remettaient en question leur loyauté ou alors simplement le but du SCAR. C’était le lien entre qui leur permettait de tenir se disant que le départ d’une seule personne pouvait augmenter la charge de travail sur les autres, car le recrutement était bien trop long et sélectif. Est-ce que c’était pour cela que le gouvernement provisoire en avait profité pour mettre son nez dans la direction des hauts dirigeants pour changer ceux qui avaient gardé leurs places malgré les deux attentats ?

    Même si Orifa n’était pas directrice, beaucoup l’écoutaient du fait de son expérience et de sa droiture, elle était à l'origine du recrutement de bon nombre d’entre eux après tout. Des voix s’élevaient déjà depuis plusieurs mois pour demander pourquoi elle n’avait toujours pas été promue mais la première concernée avait toujours fait taire ces petites voix préférant largement la liberté que lui apportait son statut de simple membre. Lorsque finalement la nomination fut officielle, chacun avait commencé à préparer la cérémonie, ce n’était pas une chose qui pouvait être faite du jour au lendemain. Chaque membre du SCAR était appelé pour pouvoir assister à ce grand jour et sauf mission importante, chacun faisait en sorte d’être présent. Orifa n’avait qu’une seule chose à faire pour lancer la vague d’invitation, la première lettre devait être envoyée ou alors remise en main propre à la personne qui allait l’assister lors de la cérémonie. La question ne s’était évidemment pas posée très longtemps car la valkyrie avait évidemment désigné Verndrick. S’il y avait une autre personne dans le SCAR dont elle avait le plus confiance c’était bien lui, la tâche qui allait lui incomber était importante car plus que d’assister Orifa c’était accepter de devenir son second.

    Par la suite, le reste des missives avaient étaient envoyées par les membres de la direction du soutien, les invités n’étaient finalement pas nombreux car seuls les membres du SCAR pouvaient venir dans le QG. Les seuls qui avaient pu recevoir la carte d’invitation étaient le président et le vice-président, même s’ils n’allaient avoir qu’un avis consultatif, leur présence était tout de même demandée. Évidemment leur garde ne pouvait être acceptée et la direction de la sécurité intérieure avait pour ordre prioritaire d’assurer leur sécurité du départ de Courage, jusqu'au retour au même endroit. Même s’ils étaient invités, peu comptaient sur leur venue à part évidemment Orifa pour Soren mais elle ne comptait pas trop sur la visite de Falconi qui devait très certainement avec des choses bien plus importantes à réaliser.

    La pègre de Courage sous les ordres d’Orifa avait également redoublé d’efforts pour pouvoir récupérer des liqueurs, épices, fruits, légumes, viandes, … Évidemment ils n’étaient pas au courant de la raison de toute cette demande mais ça n’était pas un bloquant pour les petites mains du Baron, au contraire ils étaient bien trop motivés par le fait de répondre à une demande de la valkyrie. Le maire de la ville n’était pas au courant, ou du moins pas officiellement mais il n’y avait pas de doute sur le fait que de voir venir le président, le vice-président en plus de voir des cargaisons de vivre partir de la ville en direction des montages allait lui donner la puce à l’oreille. Une fois tout l’événement terminé elle allait se faire un plaisir de pouvoir lui annoncer oralement.

    Cette période entre l’annonce officieuse et officielle était assez contraignante, elle se retrouvait à devoir supporter le travail de directrice sans avoir réellement le titre, les fonctions ou même l’autorité qui venait avec. À l’intérieur du SCAR ce n’était pas trop grave tout le monde avait déjà entendu l’annonce et reçu la lettre avec l’annonce c’était plus lors de ses missions. Bien que ces dernières allaient clairement être divisées, elle était habituée au secret que lui imposait l’organisation mais pour ceux qui la connaissaient elle devait rester une simple espionne.

    Le jour de la cérémonie était enfin arrivé, elle avait comme premier devoir de rester cloîtré dans sa chambre. À l’intérieur elle pouvait entendre les bruits de l’organisation en pleine finalisation, tout devait être parfait mais surtout elle devait être au courant de rien. Verndrick était présent c’était une certitude, par contre bien qu’elle savait que les lettres avaient été envoyées aux leaders de la république sans connaître le retour de ces dernières. Orifa aurait certainement du mal à garder pour elle la déception de ne pas voir Soren venir dans un moment aussi important mais après tout il était occupé …

    Aux alentours de 11h, les bruits d’aller-retour étaient de plus en plus présents, tout le monde semblait sur le pied de guerre, si elle avait entendu quelques cris de plus elle aurait presque pu penser que la forteresse était attaquée. Pendant ce temps, de son côté il fallait qu’elle se prépare, chaque personne dans la salle allaient avoir les yeux rivés sur elle, il ne lui était pas permis d’avoir le moindre cheveu qui pouvait dépasser, sa coiffure devait être parfaite, tout comme sa tenue. La tenue d’apparat qu’elle avait dans son armoire prenait littéralement la poussière, il était bien trop rare qu’un événement de la sorte ne se produire pas dans le SCAR, il fallait donc nettoyer les broderies d’or et le tissu noir qui composait quasiment l’intégralité de sa tenue.

    Une fois que le douzième coup de la rédemption finissait d’assourdir l’environnement du QG, un silence de mort s’était installé, Orifa était devant la porte, digne et d’un sérieux qui lui était bien trop rare. Un coup sur la porte, puis un deuxième et finalement le lourd morceau de bois et de métal s’ouvrit, des hommes en armure étaient présents pour l’escorter, ils faisaient partie  de la direction de la sécurité intérieure. Leur armure était plus lourde qu’à l'accoutumé, chacune de leurs plaques de métal étaient couvertes de liserés d’or, on pouvait y voir la personnalisation de chacun montrant parfois des faits d’armes, ou des faits historiques. Sans parler Orifa se présenta au milieu des 4 gardes, on pouvait simplement entendre le bruit des pas des armures marchand à l’unisson jusqu’à arriver devant la lourde porte de la salle des commandes. Il n’y avait pas plus grand ni plus illustre ni faste salle que celle-ci dans tout le château.

    Ses gardiens s’étaient finalement séparés pour que toujours en rythme ceux de droites se positionnant sur la porte de droite suivit de prêt par leurs compères. Poussant à l'unisson pour qu’enfin on puisse admirer la salle comble, alignée de chaque côté tout le monde portait son uniforme de cérémonie et tous regardaient droit devant eux en direction du chemin que devait emprunter la valkyrie.

    Sentant ses mains trembler sous sa cape, elle se mordit l’intérieur de la joue, le track ? Ce n’était pas son genre et … Elle connaissait chaque personne présente dans la salle, finalement elle fit le premier pas, suivie du deuxième, avançant inexorablement vers son destin. Tournant par moment son regard pour croiser celui de certains membres, un petit rictus coupant par moment cet instant morne. Une fois qu’elle avait dépassé une ligne, tous les membres de cette dernière se tournaient à l’unisson pour faire cette fois face au fond de la pièce, l'alignement était parfait et on aurait presque pu croire qu’ils s’étaient entraînés pendant longtemps rien que pour ce moment.

    Si au fond de la salle, on pouvait surtout voir les têtes des plus jeunes membres, sur la ligne la plus éloignée c’était ceux avec qui Orifa avait partagé le plus de moments, on pouvait y voir fièrement Verndrick, Orifa lui fit d’ailleurs un clin d’œil essayant de le décoincer ou de lui retirer un peu de stress ? À moins que ce soit pour elle-même ? Ce ne fut qu’au moment où elle arriva à la fin de sa marche qu’elle pu admirer Soren et Falconi siégeant à une place d’honneur, derrière eux il y avait ceux qui étaient considérés comme les sages du SCAR. Ils étaient surtout là pour apprendre aux nouveaux les rites, mais aussi et surtout à entraîner chaque membre à la magie ou alors à toute arme.

    Orifa se présenta devant la présidence, mettant un genou à terre en signe de révérence, restant de longues secondes jusqu’à ce que finalement un ancien prenne finalement la parole sans pour autant que la valkyrie ne bouge. L’homme se tournait en direction des membres du SCAR présents.

    - Aujourd'hui est un jour de grande importance pour notre organisation, nous nous réunissons  pour tracer la voie vers un avenir prometteur. Dans cette quête perpétuelle de justice et de protection de notre République, il est essentiel de reconnaître et de valoriser ceux qui se distinguent par leur dévouement, leur compétence et leur courage. Orifa est là depuis le commencement de notre organisation, elle est pour la plupart d’entre vous votre mentor ainsi que votre marraine elle a démontré une aptitude exceptionnelle à mener à bien les missions les plus délicates et les plus périlleuses. Son esprit stratégique, son sens aigu de l'honneur et son engagement indéfectible envers nos valeurs ont fait d'elle une véritable pierre angulaire de notre organisation.


    Se tournant en direction de la future directrice toujours à genou.

    - Orifa, ta promotion à ce poste n'est pas seulement une reconnaissance de tes compétences, mais aussi une preuve de la confiance que nous avons en toi pour guider et inspirer notre division. Sous ta direction, nous sommes convaincus que nos efforts pour protéger la République seront plus efficaces que jamais.


    C’était maintenant à elle de prendre la parole, se relevant pour faire demi-tour et se présenter devant la masse, se présentant fièrement son regard visant petit à petit les personnes dont elle était la plus proche.

    - Moi Orifa Sigrior je prends en ce jour la charge de Directrice des Opérations Spéciales, je connais l’importance de la charge qui m’incombe mais je suis certaine qu’avec votre assistance je pourrais répondre aux défis qui oseront se mettre sur ma route. Pour ce faire, en réponse de la loyauté sans faille qu’il a pu faire preuve ces dernières années à mes côtés, son abnégation lors des missions et la confiance que je lui porte, j’ai décidé de prendre Valskoed Tarvolan comme mon second.


    L’ancien reprit la parole.

    - Valskoed Tarvolan, présente toi maintenant.


    L’elfe sortit des rangs avant de se présenter devant la valkyrie, un genou à terre avant de prendre sa main pour déposer un baiser dans le dos de celle-ci, finissant par l’attirer au niveau de son front. Les gestes étaient connus et millimétrés et personne ne faisait le moindre bruit. Orifa l’aida à se relever avant de cette fois se déplacer pour se mettre à genoux devant le président et le vice-président qui s’étaient relevés pour être plus proche du duo. Soren était en face de Verndrick et Orifa de Falconi.

    - Nous vous assurons notre soutien indéfectible, nulle menace ne saurait être écarté et nul ennemi ne saurait rester en vie. La direction que je dirige à présent n’auront de cesse de fouler ces terres pour le bien de la république et celle de la présidence.

    Falconi se rapprocha pour relever la valkyrie échangeant à voix basse quelques mots ne pouvant être entendus que par eux seuls. Passant à Soren elle lui présenta un tout sourire avant de s’incliner en lui faisant échangeant également quelques mots alors que le président releva Valskoed Tarvolan pour réaliser le même échange suivi par celui avec le vice-président. La fin de ces paroles à voix basse sonna la fin de la cérémonie alors que tout le monde était excité par le moment exultant de joie quittant les rangs sans pour autant se rapprocher de la nouvelle directrice ni de son second  étant toujours avec la présidence. Au vu du bruit de fond il était facile de pouvoir parler avec une personne en face sans oreilles indiscrètes laissant ainsi la possibilité au petit groupe de discuter tranquillement sous fond d’exclamation de joie et de personnes en train de profiter de la nourriture ainsi que de la boisson présente.

    - Merci Sore … Heu je veux dire vice président d’être venu aujourd’hui.


    Cela faisait déjà bien longtemps qu’ils se connaissaient alors c’était compliqué de le voir actuellement comme son supérieur hiérarchique. Se tournant en direction de Falconi, elle s’inclina une nouvelle fois.

    - Je suis honoré président de pouvoir enfin se rencontrer dans une situation comme celle-ci.


    Il fallait bien avouer que cela allait se faire rare de pouvoir le croiser loin de la foule ou alors loin des gardes.


    Métamorphose P1 / Nyctalopie P1 / Séduction P1 /  Ouïe Augmentée P1 / Vue augmentée P1 / Odorat augmenté P1 / Invisibilité  P1 / Régénération P1 / Senseur magique P1 / Agilité et précision P2 /  Prouesse d'arme P1 / Vitesse P1
    Président de La République
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    Falconi Genova
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    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t3809-falconi-genova-le-fer-et-le-velours-terminee
  • Mar 9 Juil - 0:21


    Quand la nuit plonge les forêts dans le royaume des ombres, où les mouvements les plus subtiles échappent à l’attention des hommes et les présences se font insaisissables et incertaines, il y a un maître des bois qui voit tout et entend tout. La chouette, reine des chasseresses nocturne, regarde les méandres obscurs qui drapent les arbres et le sous-bois avec ses deux yeux cent fois plus puissants que ceux de l’homme, paupière nictitante, densité des cônes, tapis clair réfléchissant, ses optiques sont une prouesse de l’évolution précautionneusement façonnées pour ne rien rater du moindre vibrillon dans le silence opaque de la nuit. Elle fond sur sa proie dans une insonorité absolue grâce à ses ailes structurées pour glisser sur l’air sans le fendre, étouffe sa victime dans ses talons dans la plus grande froideur avant de reprendre son envol, nul ne lui échappe, nul ne passe inaperçu tant qu’elle veille sur son domaine.

    En République, les services de renseignements ont depuis des temps immémoriaux pour les simples mortels humains qui la compose généralement, agit à l’image de l’animal totem de leur Nation. Silencieux, discrets, effacés, les réseaux clandestins forgés par les différentes Grandes Familles sur plusieurs millénaires d’existence ont été suffisamment efficaces pour garantir la pérennité de la démocratie à travers le temps. Des réseaux qui avaient jadis une allégeance clanique forte envers leur Famille respective, un réseau de communication, de contacts et d’assassins développés et ancrés, une organisation raffinée après des millénaires et un sens du devoir tout particulier. Dans un pays où l’information est la clé de tout, si beaucoup de ces mercenaires et espions des Six Grandes se tiraient constamment dans les pattes pour assurer la suprématie de leurs employeurs sur les autres, il y avait tout de même un sens patriote qui unissait les efforts collectifs des hommes de l’ombre lorsqu’il s’agissait des renseignements extérieurs. Les indicateurs qui opéraient au Reike ou à Shoumeï ne faisaient que très rarement dans l’exclusivité pour vendre les fruits de leurs collectes et il arrivait plus d’une fois que les vétérans des services d’espionnage des Six collaboraient occasionnellement sous l’injonction des rouages de la politique sans qu’on ne vienne le leur demander.

    En tant que Patriarche de la Famille Genova, l’une des plus importante et historiquement puissante de la République, Falconi Genova connaissait ces engrenages redoutables de très près, il dirigeait la Famille qui parmi les Six Grandes avait le fonctionnement le plus fermé et le plus clanique, et la guilde à sa botte s’était démenée pour contrecarrer les plans de ses adversaires à travers les décennies de direction puis de présidence. Si chaque réseau des Grande Famille possédait son propre fonctionnement bien ficelé par l’expérience et le temps, c’était là le principal problème de ce système au niveau national, c’est qu’il était privé. La puissance d’espionnage de la République dépendait directement de quelle Grande Famille détenait la présidence à un instant T, et même si le code d’honneur de ces hommes de l’ombre poussait les réseaux des autres Familles à coopérer plus souvent avec le pouvoir en place, il n’était pas tout le temps garanti que ce soit le cas. L’autre problème survenait à chaque passation de pouvoir quand tout les secrets d’État et les opérations en cours devaient être passés dans les nouvelles mains à la tête du pays, seul l’Âme des Cendres sait réellement tout ce qui s’est ainsi perdu comme information à force de procéder à cette chaise musicale éternelle. La République même ne connait pas l’entièreté de ses propres secrets. C’était enfin sans mentionner la catastrophe stratégique qui survenait lorsque la position de chef d’État revenait exceptionnellement à un membre extérieur aux Six Grandes, la République devenait alors aveugle l’espace d’un octennat et le réseau de la Grande Famille qui succédait ensuite devait rattraper le retard accumulé et mettre à la page le pays tout en se débrouillant seuls. C’est sous le prétexte de répondre à ces trois problèmes que Mirelda et son pantin de fils avaient sans doute dû présenter le projet du SCAR devant les institutions du pays, mais Falconi connaissait les ambitions plus sombres de cette sorcière mieux que personne pour en avoir fait les frais quasiment toute sa vie, et il a une autre théorie.

    Les Sept Grandes.
    Sept.

    Mirelda s’était démenée pour ancrer son nom au panthéon honorifique de la République, elle avait visé ce titre avec presque autant d’énergie qu’elle avait persécuté ses rivaux conservateurs et y était parvenue à grand coup d’argent et d’influence placée sous le manteau. Hégémonie économique, empire financier, parti politique dédié, quête de présidence, elle avait toujours tout fait pour pouvoir ressembler aux Sept Grandes qu’elle enviait jalousement depuis ses origines honteusement modestes de fille de ferme dont elle ne parlait presque jamais. Tout pouvait s’acheter, ou presque. Les Goldheart n’avaient pas manqué d’avoir eux aussi recours à des fines lames du mercenariat pour les basses besognes de la sorcière, mais ils n’avaient tout simplement jamais pu atteindre le niveau d’efficacité des autres réseaux établis et bien huilés. Démarcher, même pour tout l’or du monde, les autres espions ne fonctionnait que lorsqu’ils pouvaient garantir leur sécurité et l’absence de retour de flamme d’avoir trahit leur ancienne allégeance, mais ça ne marchait que rarement. Rattacher les renseignements au pays permettait d’apporter une forme d’assurance aux espions et mercenaires qui rejoignaient l’institution qu’ils n’allaient pas souffrir de conséquences à déserter leurs Grandes Familles, le Président changerait, eux resteraient sous la tutelle du pouvoir. En l’espace de quelques mois, le SCAR a siphonné une partie colossale du réseau d’information des Six Grandes, unifiant sous une même bannière des ennemis jurés qui avaient passé leurs carrière à se mener des compétitions impitoyables. Guerre de clans, dissensions internes, incompatibilités des modes opératoires et des philosophies de mercenariat, les défis qui vérolent le SCAR sont légions et ont laissé la Nation Bleue avec des Grandes Familles manchotes et un renseignement dysfonctionnel.

    Aujourd’hui, le Président de la République lui-même a le privilège de mettre un pieds dans le nouveau monde des secrets, pour constater de ses propres yeux une autre épave témoignant de l’étendue des dégâts estampillés ‘Goldheart’. Il haïssait de tout son coeur Mirelda, il détestait profondément cette femme pour avoir ruiné sa vie, son empire, son héritage et sa Famille, il détestait la prétention mal avisée de cette sorcière qui avait cru, parce qu’elle avait connu un succès financier fulgurant comme beaucoup avant elle, qu’elle y avait automatiquement gagné le droit d’inscrire son nom dans les livres d’histoire de la nation. Il détestait beaucoup de choses à propos de Mirelda, à commencer par Mirelda elle-même. Et pourtant il n’avait rien dit à son propos de tout le voyage qui l’avait amené ici, il n’avait rien dit sur Mirelda pendant toute la matinée qu’il avait passé dans les quartiers généraux du SCAR, et maintenant, alors qu’il attendait patiemment le début de la cérémonie de nomination de la nouvelle Directrice des OS, il ne dit toujours rien sur l’ancienne Présidente.

    Rien à voir avec le fait que son neveu ait été à ses côtés en qualité de Vice-Président pendant tout ce temps. Vraiment rien du tout, aucun rapport.

    ”Vous ne risquez pas d’être désoeuvré Goldheart. Je vais commencer à croire que je vous ai fait un cadeau empoisonné.” fait-il en se penchant sur l’accoudoir de son trône pour glisser discrètement à l’oreille du demi-Ange.

    L’ambiance est étrange, il y a une certaine tension dans l’air à l’approche de l’heure fatidique de la cérémonie et le Président parcours les différentes personnes présentes dans la grande salle d’un oeil circonspect. Avant de recevoir la nouvelle du décès de l’autre harpie, il avait passé huit ans, huit longues années interminables à rester cloîtrer chez lui, à voir son réseau s’effilocher comme une vieille écharpe sous les efforts redoublés de ses ennemis, à voir le monde changer pendant que lui paraissait avoir été placé en stase dans le temps. Chaque jour se ressemblait, et l’idée que le pays qu’il s’était échiné à mener pendant seize ans se transformait à chaque seconde pendant qu’il était là, immobile et impuissant, lui avait été insupportable. Le fait qu’il ne reconnaisse presque aucun visage dans l’assemblée des membres était un rappel douloureux qu’il n’était plus à la page. La guilde Genova s’était dissoute d’elle-même pendant son confinement alors que certains avaient disparu de la circulation, certainement éliminés par Mirelda ou exilés au Reike pour échapper à la persécution, certains avaient sans doute simplement raccroché, mais d’autres avaient sans aucun doute dû rejoindre le SCAR non? Alors dans ce cas, où étaient-ils? Des reliquats des réseaux des Grandes Familles il ne restait plus grand chose à l’intérieur du service de renseignement, Falconi relève seulement la présence de Sargas Sans-Nom posté derrière eux, l’ancien maître d’arme des Aldobrandini. À l’époque le gaillard était le chargé d’espionnage des Aldo, un homme avec lequel Falconi avait eu l’occasion d’échanger plusieurs fois en qualité de confrère Conservateur pour le bien de leur Courant.

    Alors que les derniers préparatifs s’alignent pour débuter la nomination, le Président regarde avec un air consterné l’étalage ostentatoire de fioritures et de décorations dans la salle, c’est peut-être son premier regard de vieux réactionnaire, mais il ne peut s’empêcher de se dire que tout ce superflu n’a aucun sens, cette organisation est faite d’ombre parmi les ombres, personne ne pourra jamais voir ces déploiements de parures, ces uniformes aux dorures alambiquées, aucun citoyen n’y verra de symbole de pouvoir patriotique parce qu’aucun citoyen ne saura qu’une telle cérémonie a même eu lieu. Tout paraît… trop tape à l’oeil. Toujours arqué par dessus l’accoudoir, il murmure à l’oreille de son bras droit:

    ”Cher et inefficace hein? Je commence à comprendre pour le ‘cher’.” Falconi déglutit un instant avant de demander d’une voix incertaine. ”Ça ne devrait pas être vous au centre? Je ne fait office que d’invité i-”

    Il se tait et se redresse subitement dans son fauteuil alors que les grandes portes s’ouvrent lentement, s’avance ensuite Orifa Sigrior jusqu’à eux, et à la surprise de Falconi, c’est justement Sargas qui s’avance maintenant pour prendre la parole et louer les qualités de la nouvelle DOS. À entendre le vétéran, elle semble être une des meilleures éléments de l’organisation, si le Président n’avait pas passé une majeure partie de la dernière décennie dans une grotte figurative, il aurait sans doute un avis sur la question, mais à la place il détourne simplement le regard pour consulter les iris dorées de son Vice-Président à la recherche d’une confirmation. Il observe l’agent prêter serment devant les deux chefs de l’État et Sargas appelle ensuite le second de la Directrice à venir prendre place à ses côtés. La cérémonie poursuit son cours, Falconi suit les indications qu’on lui avait donné et s’était déjà levé de son siège pour accueillir la nouvelle nominée, lorsque celle ci vint à jurer allégeance au Président en personne, celui-ci se pencha en avant et susurra à l’oreille de la valkyrie:

    ”L’héritage qui vous précède est un fardeau lourd à porter, j’espère que vous saurez l’honorer.”

    Après quelques formalités supplémentaires, la tension dans la pièce se relâcha d’un seul coup en marquant la fin de la nomination tandis que les membres présents du SCAR profitaient du banquet et du moment d’insouciance. Falconi adressa d’abord un regard dubitatif sur l’assemblée d’anciens mercenaires, se questionnant sur les solutions et sur l’avenir d’une telle organisation. Il aurait volontier dissout l’institution pour retourner au système classique de la République, mais il devait bien avouer qu’autant Mirelda était une profonde avare viciée, autant il y avait sans doute du bon dans son idée. Mais pas comme ça. Pas sous cette forme, ni sous cette exécution. Le premier contact de Falconi avec l’organisation ne lui renvoyait aucunement l’impression d’une agence véritable de renseignement, même le quartier général du SCAR, perdu en périphérie de Courage dans un chateau obsolète n’avait pas de pertinence particulière. Peut-être une décision de l’ancienne Vice-Présidente, peut-être une tentative d’éloigner le plus possible l’organisation du Reike, ou peut-être simplement un blanchiment d’argent de plus de la part de la Famille Goldheart qui voulait valoriser son patrimoine en abusant du droit de préemption. Peut-être. La cicatrice sur le visage de Falconi se met à le picoter légèrement, et il place son regard hétérochrome sur le Patriarche par défaut de la Famille Goldheart. Quelle ironie qu’un bâtard finisse par régir une des Grandes, même si ce n’est pas la première fois que ça arrive à travers l’histoire, et même si le Genova a bien du mal à reconnaître les Goldhearts comme une des Si-... Sept.

    Il sort de ses pensées méandreuses quand la Directrice des Opérations Spéciales vient justement le saluer d’une révérence sobre et d’une phrase formelle. Falconi demeure là, la bouche entrouverte, hésitant, il n’est pas tout à fait à l’aise en dehors de son élément, ne sachant vraiment quelle figure incarner. Il se doute qu’il s’agisse là de la première apparition de Soren en tant que meneur du SCAR et usurper son autorité en se mettant au devant de la scène est un faux pas qu’il souhaiterait grandement éviter de commettre. Les premières impressions sont toujours extrêmement importantes, parce qu’on en a jamais qu’une seule, et qu’elles sont parfois impossibles à rattraper, une leçon triviale que les problèmes d’élocution et de prestance de Falconi lui rappellent quotidiennement, bien que maintenant il jouisse d’une célébrité telle qu’il ne lui arrive plus de croiser quelqu’un qui ne le connaisse pas. Esquissant donc un rictus maladroit, il hoche la tête d’un mouvement approbateur envers Mademoiselle Sigrior et se permet de questionner le duo de son bras droit et de la nouvelle Directrice:

    Soren? Parce que vous vous connaissiez déjà avant le SCAR?” Si le ton de sa voix est purement curieux, il demande avec une véritable intention cachée, soucieux de savoir quels motifs filigranés auraient pu altérer le choix de cette nomination.”En tout cas, je reconnais Monsieur Tarvolan, je dois vous féliciter pour votre choix Madame la Directrice, vous savez vous entourer.”

    Vindroekir. Un nom particulier qui ne fait pas que passer innocemment dans les conversations de couloir. Un nom qui, dans les coulisses des Grandes Familles, ressortait jadis pour éveiller l’intérêt dans les voix et l’avidité dans les regards. Le fils de Thrax et héritier de leur Famille avait toujours été un élément prometteur sur lequel les espions des Six Grandes gardaient un oeil curieux. Aventurier, mercenaire mais surtout nouveau souffle de la famille millénaire, ses talents arcaniques et ses prouesses depuis son cursus à MAGIC jusqu’à aujourd’hui ne lui ont peut-être pas apporté autant de gloire que ça auprès du commun des mortels, mais pour les yeux et les oreilles de la haute sphère qui surveille toujours les moindres remous de la vase politique, il constituait un objet de convoîtise pour la plupart des Grandes Familles. Celles qui souhaitent avoir recours à ses services, y voyaient également là un moyen éventuel d’asservir indirectement la Famille Vindroekir et ainsi de s’octroyer une porte ouverte vers une tutelle du mercenariat républicain. Falconi devait l’avouer, les Genova avaient eux aussi essayé.
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