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  • Sam 12 Nov - 15:54
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad

    Ikusa. Il faut bien l'avouer cette ville a de la gueule et ce n'est pas Alvida qui vous dira le contraire. Malgré le désert environnant la cité avait un charme exotique, la chaleur étouffante mêlée à une certaine humidité venant des fonds marins. Cela dit, elle abritait en son sein le couple le plus tape à l'œil de ce siècle. Un château trônant en son sein entouré de tours en veux-tu en voilà, comme s'ils étaient de pauvres choses fragiles qu'on voudrait protéger. Attendez c'est ridicule, ils ont un dragon pour animal de compagnie, faudrait peut être arrêter la surenchère, non ? Du reste l'ambiance était d'un frigide exaspérant. Pareil a des soldats de plombs, la mentalité générale était entièrement vouée à cette volonté martiale. Même pour accéder à la grande ville il fallait un laissez passer.

    Heureusement, Alvida n'avait pas l'intention de s'éterniser ici. C'est par obligation qu'elle avait accosté la ville. En raison d'une altercation musclée en mer. Son pauvre bébé flottant avait subi de lourds dégâts dans sa charpente, le mât et sur l'une des voiles. Il fallait qu'elle fasse réparer ça rapidement pour repartir. C'est qu'elle avait pas que ça a faire de jouer les touristes… même si ce n'était pas l'opinion de son équipage, et qu'elle avait tout de même bien profité la veille dans la taverne du port, elle n'avait pas trainer pour chercher un charpentier compétent et lui donner rendez-vous au port.

    Le jour-j, la pirate s'était perchée sur un tonneau longeant les quais. D'ici elle aurait une bonne vue et serait suffisamment visible elle aussi. La corsaire se faisait d'ailleurs déjà reluquer comme si elle était une bête de foire. Trop de couleurs à leur goût ? Il est vrai que la femme était haute en couleurs. Un tricorne enfoncé sur une tignasse rousse flamboyante et des vêtements peu féminins. Pantalon surmonté de bottes de cuir, une veste ajustée sur une chemise blanche aux attaches défaites. Son visage malicieux avec ses tâches de rousseur et ses yeux pétillants détonnant du paysage. CENDRES
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  • Lun 14 Nov - 10:45
    Travailler sur un navire…

    C’était bien la première fois que le Drakyn se retrouvait dans ce genre de situation. S’il avait pu avoir la chance de se former rapidement en termes de construction de bâtiment et en particulier la structure chargée de supporter le poids du toit, cela n’était clairement pas le cas en matière de navire. Alors oui, un bateau était fait de bois et l’architecture complexe de sa coque pouvait parfois ressembler à une charpente, mais la vérité était tout autre. Les connaissances de Maraad concernant le milieu maritime étaient assez limitées, mais il n’avait pas refusé ce travail pour autant, prenant cela comme un défi. Il avait accepté, précisant néanmoins ne pas avoir les connaissances nécessaires sur certains points, mais qu’il pourrait tout de même apporter son expertise et remettre en état tout ce qu’il pouvait et de toute façon cela ne coûtait rien de jeter un œil au travail afin de s’en faire une idée plus précise.

    Une chose l’inquiétait cependant, l’identité de son employeur. La jeune femme n’avait pas semblé avoir l’allure d’un capitaine de navire marchand ou d’un navire de transport. Bien sûr l’on pouvait rencontrer toute forme de profil dans le milieu maritime, allant du vieux loup de mer au tout jeune capitaine encore fougueux. Même s’il n’était pas marin, Maraad savait que les capitaines femmes étaient une chose plutôt rare, en vérité le simple fait d’être une femme sur un navire était un exploit en soi. Les marins étaient par nature des gens assez superstitieux, du genre à voir le mal dans une vague ou une bourrasque un peu trop violente, l’on racontait qu’une femme à bord était synonyme de malheurs. Bien entendu, Maraad n’était pas assez fou pour se permettre de poser ce genre de question. La jeune s’était présentée à lui comme étant le capitaine d’un bâtiment ayant besoin d’une petite révision suite à des déboires en mère, encore une fois, lui n’était qu’un simple artisan accomplissant son travail. L’origine des dégâts, l’activité principale de l’équipage une fois en mère, tout cela ne le concernait aucunement.

    Le charpentier s’était présenté sur le port dès le matin. Il y découvrit toute sorte de navires, allant du plus petit au plus grand, du bâtiment de guerre dont les flancs étaient bordés de plusieurs rangées de canons aux simples petits navires de pêche qui, une fois comparés au mastodonte militaire, ne semblaient être que de vulgaire barque. Tout bonnement incapable de faire la différente entre un navire et un autre, son employeur s’était proposé de l’attendre sur le quai. Chercher une chevelure flamboyante était bien plus facile pour lui que de chercher un bâtiment précis au milieu de la dizaine de vaisseaux déjà présent à quai. La Drakyn progressa au milieu des matelots déchargeant la cargaison des navires, sa taille lui permettait de dépasser sans difficulté la majorité du personnel présent sur les quais et donc de voir loin. Il ne tarda pas à repérer la rouquine juchée sur un tonneau à une vingtaine de mètres de lui. Il changea de direction, évitant une caisse de marchandise pour finalement se présenter à elle.

    - Bonjour, ravi de vous revoir, j’imagine que c’est votre navire ?

    Dit-il en hochant la tête en direction du bâtiment le plus proche.
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  • Dim 20 Nov - 19:54
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad


    Le voilà. Une carrure impressionnante qu’on ne pouvait manquer. Il dépassait de très largement les deux mètres et aussi haute que soit la femme juchée sur sa plateforme improvisée, il la surplombait littéralement. A vrai dire, il aurait pu la soulever d’une main comme si elle ne représentait rien de plus qu’une plume. Grand, costaud, le genre de personne qu’on irait pas chercher les noises sans avoir préparé un plan de sortie d’urgence. La rouquine lui rendit pourtant un sourire éclatant, levant la main pour lui faire signe lorsqu’elle aperçut ses cornes aux loin.

    « Bien l’bonjour. » répondit-elle en inclinant son chapeau. « C’est bien lui. J’vous présente Léviathan. »

    Souplement, la femme sauta à pieds-joints de son promontoire, se posant avec l’agilité d’un chat sur le plancher vieillot du ponton. A présent il était clair que la corsaire était minuscule en comparaison du drakyn mais sa prestance lui donnait plus d’envergure. C’est que la femme avait non seulement un physique attrayant et relativement flamboyant de nature ainsi que la démarche assurée et féminine d’une femme ayant l’habitude de devoir briller dans un milieu d’hommes. Cela faisait des années qu’Alvida avait appris à se démarquer et forcer le respect de personnes bien plus intimidantes qu’elle.

    « J’ai pas eu le temps de me présenter en bonne et due forme l’autre jour. Je suis Alvida Delahaye, capitaine de ce navire et corsaire au service de la République. »

    Un sourire élargit le coin de ses lèvres d’une moue malicieuse. Un mouvement de crinière plus tard et la femme des mers embraya le mouvement vers l’allée du ponton. Elle n’attendit pas de savoir s’il suivait, elle avait cette certitude ancrée dans son attitude à la fois désinvolte et sûre d’elle.

    « Comme convenu, je n’attends pas forcément l’excellence pour les travaux étant donné votre domaine d’expertise, mais du moins j’ose espérer que vous pourrez faire en sorte qu’il tienne jusqu’à sa prochaine escale. »

    Tout en discutant, elle emmena le charpentier jusqu’aux abords du bateau. Ce côté ne présentait pas spécialement de dégâts mais l’on pouvait apercevoir l’une des voiles fendues. Ce détail se règlerait autrement mais il laissait imaginer de la suite. Après une courte traversée de la passerelle menant au pont principal, la jeune femme lui présenta rapidement une partie des dégâts.

    « Y a eu des dégâts sur le mât de misaine et le gaillard avant. » Dit-elle en se déplaçant doucement sur le pont. « Faites attention où vous marchez, y a quelques éclats. Le pont est un peu abimé aussi mais c’est pas le plus important. »

    La rouquine vit volte-face, croisant Maarad, pour se diriger vers les escaliers menant au pont inférieur. Là, il put avoir une visibilité sur les réels problèmes de l’altercation musclée vécue en mer. La coque avait été sérieusement amochée à certains endroits, fragilisée et percée, rendant dangereuse une traversée en mer, souvent tumultueuse, à moins d’avoir des envies de noyade. Comme sur le pont supérieur, il s’agissait surtout de la partie avant du bateau, le reste ayant été relativement épargné.

    « Voilà, on a fait le tour. Vous pensez être en mesure de faire les réparations ? Si c’est bon, pour l’paiement, je peux vous donner une avance si vous voulez mais le reste sera à la fin des travaux. »

    CENDRES
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  • Lun 21 Nov - 22:40
    Maraad n’avait pas eu la chance de connaître beaucoup de femmes dans la marine, mais il devait bien avouer que celle qui se tenait devant lui était plutôt haute en couleur. Un sacré caractère devait être nécessaire pour s’imposer dans ce milieu pour le moins… très masculin. La jeune femme se présentait donc comme capitaine corsaire au service de la république, une profession que le Drakyn avait plus ou moins du mal à évoluer puisqu’il n’avait pas les connaissances nécessaires. Cependant il ne jugea pas, lui n’était là que pour évaluer les dégâts subis par le bâtiment et déduire s’il était en mesure d’apporter son aide ou non.

    Maraad emboîta le pas à la Capitaine pour ne pas se faire distancer, la jeune femme avait sauté du tonneau plus vite qu’il ne l’aurait cru, pressant le pas, il évita de justesse un matelot transportant une caisse de vivres.

    - Je ferais de mon mieux… Comme vous l’avez dit, mon truc c’est les charpentes, un navire c’est un peu comme une nouvelle aventure pour moi, bien que j’imagine que certaines choses sont similaires.

    De loin, outre une des voiles qui semblaient en mauvais état, le navire lui semblait encore capable de flotter, les dégâts n’étaient peut-être pas aussi importants qu’il aurait pu le penser. Du moins c’était l’avis du Drakyn avant qu’il ne se retrouve sur le pont principal, là, tout de suite il pouvait un peu plus apprécier l’étendue de l’accrochage qu’avait subi le navire. Le vocabulaire de la marine lui échappait totalement et Maraad n’osa pas demander d’explication, bien sûr il savait ce qu’était un mât, mais le « mât de misaine » ça, c’était une autre histoire, idem pour le « gaillard avant »… Le charpentier déduit qu’il devait s’agir du mat le plus abîmé et celui sur lequel la jeune femme avait posé son regard durant quelques secondes.

    Ni une ni deux, le Drakyn fit volte-face à son tour pour suivre la Capitaine à l’intérieur du navire. Maraad fut obligé de se baisser un peu pour éviter de taper la tête contre les poutres du navire. Avec sa taille progresser dans ce qu’on appelait le « pont inférieur » n’était pas une mince affaire, avec ce genre de difficulté le Drakyn imagina que peu de membres de son espèce devaient travailler sur un navire à dimension humaine, la chose devait être beaucoup trop contraignante.

    - Cela à dû être un sacré affrontement vu les dégâts qu’a subi votre bâtiment, pas de victime à déplorer j’espère ?

    Il suffisait de voir les trous dans la coque pour se douter que quelques boulets étaient passés par là, et si jamais quelqu’un avait eu le malheur de se trouver sur sa trajectoire… L’ampleur des travaux était pour le moins colossal, Maraad n’avait pas du tout les connaissances pour procéder au remplacement des pièces endommagées, tout ce qu’il pouvait proposer c’était du bricolage, mais du bricolage bien fait.

    - Je pense pouvoir consolider ou retaper ce qui peut l’être, disons que je vais reboucher les trous et m’assurer que le mât puisse supporter la force du vent, pour le reste, c’est d’un chantier naval dont vous aurez besoin.

    Oubliant l’espace d’un instant où il se tenait, le Drakyn se redressa et se cogna la tête contre l’une des poutres qui maintenait le pont supérieur. Il marmonna un juron dans sa langue natale avant de se reprendre.

    - Désolé… Il y avait vraiment des fois où la taille ça compte...

    Au moins il n'avait rien cassé.
    Invité
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  • Mer 23 Nov - 12:34
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad


    Le charpentier ne savait déjà plus où donner de la tête face à l'ampleur des travaux. Soucieux, il interrogea la rousse sur l'altercation, s'inquiétant qu'il puisse y avoir eu des blessés.

    « Ouais, on s'est fait surprendre en embuscade. Ils ont profité du brouillard qui planait. Mais bon, pas d'blessé et leur bateau a pris carrément plus cher que le nôtre. »

    Les yeux de la jeune femme pétillaient a ces mots d'une grande fierté accentuée par son sourire carnassier. Le combat avait été rude mais son bâtiment avait une envergure plus adéquate au combat rapproché que celui qui avait osé les surprendre. D'ailleurs, les dégâts occasionnés avaient forcé les assaillants à se replier au plus vite, quitte à devoir évacuer le navire en chaloupes.

    La moitié de l'équipage de la rousse avait eu pour mission de retrouver les fuyards, ce qui expliquait que le bâtiment soit en grande partie vide actuellement. Alvida ne se faisait pas de soucis à leur propos. Ils s'en sortiraient parfaitement dans cette tâche.

    A ses yeux, son équipage représentait sa famille. La pirate avait grandi avec la plupart d'entre eux et, petite, les voyait comme des modèles à suivre. Leur savoir-faire et leur ingéniosité à toute épreuve l'avaient toujours impressionnée. Pour le reste, c'était des personnes compétentes et de confiance qu'elle avait elle-même recruté lorsqu'elle était passée aux commandes. Et parmi eux il y avait aussi des femmes.

    Quoi qu'il en soit, le professionnel devant elle aurait assez d'espace et de tranquillité pour travailler mais aussi quelques bras solides au besoin.

    « Vous en faites pas, tant que vous arrivez à le consolider assez pour un voyage ça ira. Le principal c'est qu'on puisse lever l'ancre au plus vite. J'me débrouillerai ens... »

    BLANG. Voilà que le drakyn venait de se cogner la tête contre la boiserie, interrompant la réponse de la jeune femme. Avec sa grande taille il lui était impossible de se tenir droit dans les niveaux inférieurs d'un bateau.

    « Désolé… » s'excusa-t-il. « Il y avait vraiment des fois où la taille ça compte...
    « Oh ça, j'veux bien vous croire. Un grand gaillard comme vous, ça doit être quelque chose qui ne s'oublie pas. »

    Le sous-entendu était clairement assumé. Alvida était une femme sans tabou et décomplexée. La perche lancée par son interlocuteur ne pouvait qu'être réceptionnée avec une telle partenaire. Cependant, elle voyait bien l'embarras dans lequel cela plaçait ce grand homme pur d'esprit. Ça l'amusait mais elle saurait se tenir, à peu près du moins.

    « Ça vous dit de se mettre à l'aise ? » lui propose-t-elle. « Maintenant que vous avez constaté l'étendue du bazar, on peut passer aux choses sérieuses. »

    La jeune femme était de bonne humeur, taquine et aiguicheuse mais elle gardait pourtant une part de sérieux. Difficile de savoir sur quel pied danser, s'il serait plus adéquat de plaisanter ou rester de marbre.

    « Vous voyez l'auberge pas loin des quais ? "Le gouffre des mer" ? Ça me paraît bien pour parler affaires, vous en dites quoi ? »

    CENDRES
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    Anonymous
  • Jeu 24 Nov - 13:21
    - Sans doute, enfin j'imagine.

    Déclara-t-il en se frottant le sommet du crâne, il repassa malgré lui la main sur la vieille cicatrice qui avait sectionné sa corne plusieurs années plutôt… Le souvenir avait encore un goût amer et il poussa un soupir. La globalité du sous-entendu passa bien au-dessus du Drakyn, il n'était pas gêné, pas plus qu'il n'était une icône de pureté. Maraad n'avait simplement pas le même humour que les humains, il était plutôt du genre à tout prendre au premier degré plutôt que de percevoir la subtilité au milieu des mots. Tout compte fait, il n'avait jamais vraiment fréquenté beaucoup d'humains ni aucune autre race d'ailleurs. Même durant ses jeunes années de soldat et même plus tard lorsqu'il avait eu un grade et des responsabilités, jamais il ne s'était vraiment mélangé avec les autres. Du fait de cette profonde solitude, il arrivait parfois que le charpentier fasse quelques erreurs lorsqu'il s'agissait d'évoluer en société. Il manquait souvent de tact, n'était pas doué pour converser et son humour n'avait rien de particulièrement transcendant, alors comprendre les sous-entendus de ce genre…

    Travailler dans le pont inférieur risquait d'être un véritable plaisir pour lui, il allait devoir trouver une technique pour ne pas se fendre le crâne contre la coque au moindre oubli. Il avait pu voir l'étendue des dégâts, et déjà son esprit commençait à imaginer les différentes tâches à accomplir et surtout l'ordre dans lequel tout devait être vrai. Il fallait penser à la quantité de bois qu'il allait falloir faire venir jusqu'au port, les outils adéquats, où ranger le matériel une fois la journée afin de ne rien se faire voler.

    « Le Gouffre des Mers », on pouvait difficilement faire un nom plus « Marin » que celui-ci, Maraad se demandait d'ailleurs pourquoi toutes les tavernes de marins avaient un nom avec le mot Mer dedans. Pour lui, c'était comme si sa propre entreprise devait s'appeler « Au bois d'arbre ». Au vu de la place occupée par son employeuse dans la hiérarchie marine, le Drakyn préféra ne pas poser la question, imaginant que cela pourrait être mal perçu de s'interroger sur ce genre de chose.

    - Le gouffre des mers… ça me dit quelque chose oui, mais je n'y suis jamais allé personnellement. C'est un endroit tranquille au moins ?

    Auberge et marins… Maraad se doutait déjà du genre d'endroit dans lequel il allait débarquer malgré lui. Au moins il ne comptait pas y aller seul, s'y rendre avec une personne visiblement bien plus habituée que lui à ce mode de vie risquait d'être une expérience pour le moins enrichissante. Au moins prendre le temps de discuter à l’auberge serait sûrement plus agréable que de discuter ici en restant voûter pour ne pas se cogner.

    - Eh bien… C’est vous le Capitaine, alors je vous suis.

    Le Drakyn se tenait prêt à lui emboîter le pas, en se méfiant bien entendu des poutres maintenant la structure du navire.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 29 Nov - 18:21
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad


    « Ca dépend des jours. » haussa-t-elle des épaules.

    Une auberge de marins n’était jamais un lieu tranquille pour être honnête. Alvida n’avait pas beaucoup fréquenté celui-ci mais il n’avait rien de différent avec les autres endroits de ce genre. Bon, il l’était peut-être un chouilla plus avec la mentalité étriquée de ce pays de ravagés étriqués mais des marins, ça reste des marins. Sobres ça s'ennuie et se met à boire, saoul ça peut te lancer une choque dans la trogne. Mais bon, ça il s’en rendrait bien compte de lui-même.

    Avec le même panache, la jeune femme remonta jusqu’au pont. Elle salua au passage un type à la longue barbe et la mine renfrognée. Il jeta un regard peu avenant au géant cornu et se contenta d’un hochement de tête avant de retourner à ses attributions. La rousse ne s’en préoccupa pas non plus, se dirigeant vers le port à bonne allure. Ses petites jambes étaient étrangement plutôt difficiles à suivre.

    « Vous êtes originaire de la région ? »

    La question était posée, histoire de faire la conversation le temps d’arriver à destination. Simple curiosité passagère plus que par politesse. La rouquine avait l’habitude du bruit ambiant, faire la conversation avait quelque chose de relaxant. Qu’elle s’intéresse réellement à la réponse étant une autre histoire. Cela dit, un tel gaillard restait intéressant. Ce n’était pas tous les jours qu’elle rencontrait un Drakyn. Il devait bien avoir une ou deux histoires intéressantes à raconter.

    Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent au point de rendez-vous. L’endroit était immanquable, d’autant plus avec le panneau représentant un navire se faisant aspirer par les fonds marins. Le dessinateur de cette affiche n’avait aucune imagination mais au moins ça facilitait les choses. Alvida poussa la porte, pénétrant à l’intérieur avec la même aisance que si elle foulait le pas de sa demeure, ses yeux cherchant déjà une table intéressante. Une serveuse trottina alors vers eux, un grand sourire aux lèvres.

    « Bonjour, une table pour deux ? Je peux vous proposer celle-ci… »
    « Celle du fond à droite. »
    « O-euh d’accord… Allez-y… »

    La pirate n’attendit pas l’accord de l’hôtesse pour s'accaparer de la tablée désirée. Elle s’y assit, avachie en arrière sur le dossier, satisfaite de la vision globale que lui offrait la place. A cette heure il y avait une bonne affluence mais ce n’était pas encore bondé. Une table isolée, c’était aussi l'intérêt pour pouvoir discuter sans être gêné.

    « Vous voulez boire quelque chose ? »
    CENDRES
    Invité
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    Anonymous
  • Mer 30 Nov - 9:24
    Maraad hocha la tête. À quoi s’attendait-il vraiment comme réponse ? Évidemment que cela ne risquait pas d’être l’endroit le plus tranquille d’Ikusa, c’était une auberge de marin. Bien entendu il avait posé la question dans l’espoir d’avoir une bonne surprise, mais… mais il allait devoir s’accommoder de la situation. Le Drakyn avait quelques difficultés à évoluer en société, les environnements trop bruyant ou trop vivant n’étaient pas son fort.

    Le charpentier suivit la jeune femme tout en prenant grand soin de baisser la tête durant la courte progression dans le pont inférieur, une fois à l’air libre il se sentait déjà plus à l’aise.

    - Oui, je connais plutôt bien cette région du monde, la cité aussi d’ailleurs, je pourrais faire guide lors de mes vieux jours…

    Combien de fois avait-il traversé la ville lors d’une patrouille ? Combien de fois avait-il observé l’horizon lointain depuis les murailles ? Bien trop de fois pour être capable d’en tenir le compte. Il avait l'impression de connaître toutes les ruelles sur le bout des doigts.

    - Et vous ? Vous avez un chez-vous ou alors la Mer est-ce votre seule patrie ?

    Avec leur différence de gabarit, il aurait été presque normal de penser que la jeune femme ne serait pas en mesure de distancer aisément le Drakyn, et pourtant cela n’était absolument pas le cas. L’allure féline de la corsaire lui permettait de se faufiler sans aucune difficulté entre les matelots et les caisses de marchandises disposées çà et là sur les quais. On aurait pu penser qu’avec sa stature, les gens se contenteraient d’éviter Maraad pour ne pas se faire bousculer, mais c’était malheureusement tout l’inverse. Le Drakyn se retrouvait souvent à devoir attendre son tour pour se faufiler, ou bien laisser passer quelqu’un devant lui, ce qui laissait largement le temps à la jeune femme pour prendre de l’avance. Heureusement, il avait toujours l’avantage de la taille, ce qui lui permettait d’apercevoir la crinière rousse de loin. Ce court bain de foule lui rappeler qu’à une certaine époque, une fois l’armure sur le dos et l’arme en main, rare était les personnes qui ne s’écartaient pas de son chemin. Les choses avaient bien changé… il n’était plus un soldat, encore moins un capitaine, pour toutes ces personnes il n’était qu’un grand type qui devait passer par là pour gagner sa vie.

    ***

    Comme à son habitude, le Drakyn baissa la tête pour ne pas se cogner contre l’embrasure de la porte. Le lieu empestait l’alcool et pourtant il était encore tôt, enfin, tôt pour le charpentier, mais vu l’allure de certaine personne… autant dire que certains avaient du passer leur nuit ici, affalés sur le comptoir ou sur une table, peut-être même couverte de leur propre urine…
    Maraad retrouvait presque l’ambiance d’un baraquement militaire, l’odeur de vestiaire en moins. Il suivit la rouquine jusqu’à la table qu’elle avait choisie, ce qui sur l’instant sembla surprendre quelque peu la serveuse, mais le Drakyn ne fit aucune remarque à ce propos.

    - De la bière pourquoi pas, quelque chose qui n’embrume pas trop l’esprit en tout cas.

    Maraad n’avait jamais été un grand amateur d’alcool, bien sûr dans ses jeunes années à la garde, il avait plus d’une fois participé à des jeux d’alcool lorsqu’il était de repos. Sa constitution faisait qu’il encaissait plutôt bien la boisson. À cette époque de sa vie il voyait surtout cela comme un moyen facile de se faire un peu d’argent en pariant sur qui allait tomber de la table en premier, mais avec la maturité et la prise de grade il avait finalement pris ses distances avec ce genre de passe-temps idiot. Boire une bonne bière de temps à autre n’était pas un mal en soi, mais ce n’était certainement pas lui que l’on trouverait à dormir affalé sur le comptoir comme le dernier des ivrognes.

    - Charmant endroit, et plutôt calme en effet.

    Il fallut pas longtemps à la jeune serveuse pour arriver à leur table. Le Drakyn laissa la jeune femme commander en première, puis commanda à son tour une bière.

    - Alors, j’imagine que vous voulez vous mettre d’accord sur un prix ? Pour le moment… je dois avouer que c’est assez flou, ça dépendra surtout de ce que je suis capable de remettre en état ou non. Mais je suis cependant certain que cela prendra… un certain temps.  Je ne connais pas grand-chose en navire, mais si vous êtes en mesure de me donner un ordre de priorité dans les réparations, on devrait gagner un peu de temps.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Sam 10 Déc - 17:04
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad


    « On peut dire ça oui, la Mer me guide et me berce. La terre n'est qu'un chemin que j'emprunte mais je n'y ai pas d'attaches. »

    Voilà la réponse qu'elle avait adressé à Maraad sur le chemin. Évidemment que la jeune femme avait eu un réel foyer mais elle n'en dit rien. La forge de son père était un lieu qui resterait sacré à ses yeux toute sa vie mais elle n'y remettra pourtant jamais les pieds. Probablement. Son navire était son nouveau chez-soi et cela lui suffisait bien comme ça.

    ***

    Le géant accepta la proposition de boisson, choisissant une liqueur classique mais honnête. Pour la jeune femme le choix se porta sur un gin et un plateau de victuailles qu'elle commanda a la serveuse avant de prêter attention aux paroles du drakyn.

    « Effectivement, j'apprécierai d'avoir une estimation de vos tarifs. M'enfin si c'est un souci pour l'instant, on peut voir ça plus tard. » répondit-elle avec nonchalance. « Je me doute que c'est un travail d'envergure pour un simple charpentier mais si vous n'êtes pas en mesure de tout remettre en état je n'vous en tiendrai pas rigueur. Ce qui est le plus important c'est qu'on puisse tenir jusqu'à la prochaine escale sans risquer de couler à pic. Ce rafiot c'est un peu mon bébé, il est hors de question que je l'perde bêtement, voyez ? »

    Pensivement, elle s'était saisie de son canif, le faisant tourner entre ses doigts, la pointe fichée dans la boiserie de la table.

    « En gros, si vous pouvez rafistoler et renforcer la coque surtout ça serait parfait. Même si c'est grossier, tant que ça tient ça m'ira. Pour ce qui est du mat ou du plancher, baaah c'juste des détails donc pas la peine de vous prendre la tête. »

    Sur ces dernières paroles on vint déposer plateau de victuailles et les boissons demandées. Alvida se saisit de son verre, invitant à trinquer avant d'en avaler une longue gorgée.

    « Y a pas à dire, vous êtes un peu étriqués d'esprit ici mais vous savez ce qui est bon. » affirma-t-elle

    CENDRES
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 11 Déc - 9:48
    - Compris, alors tâchons de faire flotter ce « bébé ».

    Maraad comprenait parfaitement que le navire était d’une importance capitale pour la jeune femme, il était représentait bien plus qu’un simple outil de travail capable de voguer sur les étendues indomptables des océans, c’était aussi un foyer pour elle et son équipage. Dans l’esprit du charpentier, le navire n’était qu’un toit de plus à réparer pour mettre à l’abri les occupants, la seule différence était que ce toit-ci devait être en mesure de flotter. L’ancien capitaine observa la rouquine jouait avec son couteau, il nota d’ailleurs la dextérité dont il faisait preuve, doutant par ailleurs de sa capacité à réaliser pareille gymnastique. Peut-être serait-il en mesure de faire de même, mais dans ce cas il lui faudrait quelqu’un de chose de plus grand qu’un canif, si entre les mains de la jeune femme la lame semblait dangereuse entre les mains du Drakyn elle aurait tout juste l’allure d’un jouet.

    - Dans ce cas je vais me concentrer sur la coque, consolider ce qui peut l’être et m’assurer que la coque reste étanche. Je veux faire ça bien, et cela même si ce n’est pas vraiment mon domaine, ça prendrait sans doute un peu de temps, mais votre navire flottera sans soucis jusqu’au prochain port. Bien entendu, il vaudrait mieux évider tout accrochage en mer… certes je ne suis pas marin, mais sans réparation complète assurer par un véritable chantier naval mieux vaut filer droit.

    Malgré certaines compétences, le Drakyn n’était pas sûr que le travail qu’il pourrait effectuer serait en mesure de tenir le coup face à une nouvelle altercation en mer. Ce qu’il avait pu voir sur le navire n’était qu’un aperçu de la violence des combats et cela semblait au moins aussi violent que de se tenir en première ligne lors d’une guerre.
    Maraad se redressa pour laisser la jeune serveuse déposer le plateau de nourriture, mais aussi les deux boissons. Laissant place à de vieux réflexes, il imita la capitaine et leva à son tour son verre pour les faire s’entrechoquer.

    - Étriqués ?

    Le Drakyn haussa un sourcil, durant toute sa vie l’on avait qualifié le peuple Reikois par bien des mots, mais c’était la première fois qu’il entendait le terme « étriqué ». Bien que la chose ne le formalisa pas vraiment, il ne pouvait rester bêtement silencieux à regarder le contenu de son verre, il fallait qu’il réagisse un minimum.

    - J’imagine que cela dépend des endroits. Ici c’est rustique… disons que j’ai vu des endroits plus étriqués que cette taverne. Il suffit de regarder ce pauvre type qui dort sur le comptoir, il doit être là depuis un moment celui-là, si ça se trouve il sent même la marée.

    Maraad leva à son tour son verre et bu une gorgée, celui lui permis de garder son sérieux et de ne pas terminer sa petite boutade. Certes il n’était pas en train de travailler, mais il ne connaissait pas vraiment la jeune femme, il n’avait pas envie de se retrouver avec un jouet sous le cou pour une mauvaise blague.  

    - Après, en plus ouvert il y a aussi le quartier des bordels, mais c’est un lieu étrange pour parler affaire, du moins j’imagine ?

    Évidemment, durant ses jeunes années de patrouille, faire une ronde dans ledit quartier était vu comme une chance en soit, un homme en armure avait toujours la côte avec les jeunes femmes, alors un Drakyn… Maraad effaça bien vite les souvenirs de sa jeunesse passée pour adopter un comportement plus mature. La bière n’était pas mauvaise, mais ce n’était pas le genre de breuvage qu’il irait consommer toute la journée, sans parler du mal de tête au lendemain.

    Trois hommes pénétrèrent dans la taverne alors que le Drakyn commençait tout juste à s’intéresser au plateau de nourriture. Plutôt, la mine patibulaire, plutôt le genre à avoir passer quelques jours en geôle, bien loin de la lumière du soleil et de toute source d’eau claire pour la toilette. Maraad se tourna légèrement pour leur lancer un regard puis il reprit sa position initiale. Ce qui était étrange c’est que les trois butors restaient plantés à l’entrée, comme s’il cherchait quelqu’un du regard.
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  • Lun 12 Déc - 11:08
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad


    Ce grand costaud lui plaisait bien. Au vu de sa corpulence et de sa bouille écorchée on aurait pu croire qu'il serait du genre à travailler d'une manière brute et peu soignée mais pourtant il se dégageait de lui une toute autre personnalité, soignée avec le souci du détail. Maraad voulait bien faire, il était même fort à parier que de bosser sur un chantier qu'il ne maîtrisait pas à l'origine lui donnerait davantage de cœur à l'ouvrage. C'est un homme de défi, à n'en pas douter.

    « Eh bien dans ce cas c'est parfait ! Et vous en faites pas pour l'chantier naval, le prochain port en est pourvu. C'est aussi pour ça que je priorise seulement la flottaison. Pour le reste, j'vais prier ma bonne étoile. »

    Évidemment, pour ce voyage ils devront redoubler de prudence car ils ne pourraient pas prendre l'avantage lors d'un nouvel assaut. Une petite prière ne serait alors vraiment pas de trop pour faire jouer la chance en leur faveur.

    Le Drakyn trinqua de bon cœur avec la jeune femme, ce qui était aussi pour lui plaire. Aaah s'il n'était pas si grand et attaché à son domicile la capitaine aurait pu faire de lui un bon marin. Il avait bon caractère, des compétences intéressantes et une carrure à faire trembler les pirates les plus téméraires. Il ne se vexa même pas à la remarque pourtant désobligeante de la corsaire, en ajoutant sa propre plaisanterie.

    « Ah ! Vous me plaisez bien l'ami. Du caractère et de la répartie, ce sont des qualités bien trop rares. »

    Un large sourire félin élargit ses lèvres à l'évocation des bordels de la ville. Voilà une proposition pour le moins surprenante.

    « Y a plus conventionnel ça c'est sûr. Cela dit, c'est un genre de rendez-vous agréable pour sceller un contrat… »

    La rouquine ne cachait pas son intérêt pour le gaillard qui lui faisait face. Bien qu'elle ne soit pas bien difficile en la matière, elle trouvait les drakyns fort séduisants et l'air écorché de Maraad avait un petit quelque chose supplémentaire qui lui mettait les hormones en émoi.

    Grignotant un manchon de poulet, le buste avachi en avant mettant sa poitrine pressée contre la table en évidence, elle ne remarqua pas immédiatement l'air distrait de Maraad. Elle finit quand même par capter son regard, plissant les yeux la moue intriguée. Tournant légèrement le visage, elle chercha ce qui pouvait attirer son attention : trois hommes plantés dans l'entrée. Rien qu'à leur allure on pouvait comprendre qu'ils avaient tout de malfrats.

    « Oh. Ça sent les ennuis a pleins nez ça. » commenta-elle. « C'est marrant, c'est carrément imprimé sur leur gueule qu'ils vont foutre le bordel ceux-là. »

    La corsaire se pencha en avant avec la moue joueuse. On aurait facilement pu penser à un chat les oreilles tapies en arrière et les pupilles rondes s'agitant avant de bondir. La situation l'amusait.

    « Ça vous dit un petit pari ? Moi j'pense que d'ici une vingtaine de minutes ils vont en coller une a quelqu'un. »

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  • Lun 12 Déc - 18:29
    Le Drakyn resta muet quelques secondes. Maraad n’était pas idiot et comprenait parfaitement le sous-entendu glissé par la jeune femme au détour d’une phrase. Lui avait simplement voulu plaisanter, mais il était visiblement tombé sur plus fort que lui à ce petit jeu. N’étant pas certain de savoir où pouvait mener la plaisanterie, il préféra jouer les idiots et ne pas réagir, faisant tout simplement comme s’il n’avait pas compris. Il nota cependant la chose dans son esprit, il valait mieux ne pas s’aventurer sur ce genre de sujet avec la jeune femme, du moins pas sans avoir mieux préparé sa répartie avant. De toute manière l’arrivée du trio de butors avait coupé court à tout sujet de conversation, Maraad leur lançait des regards du coin de l’œil sans pour autant se tenir face à eux.

    L’attention du Drakyn n’était plus concentrée sur la jeune femme, car il était sûr que quelque chose allait déraper. La déclaration du capitaine confirma ses pensées, visiblement il n’était pas le seul à penser qu’il avait tout sauf l’air de client régulier.

    - En plus ils ont armés…

    Et les types ne le cachaient aucunement, tous avec une lame bien en évidence à la ceinture et sans doute une autre dissimulée dans une botte, cela confirmait qu’ils étaient parfaitement conscients de la situation et de leur position.

    - Je ne suis pas un expert, mais ils n’ont pas l’air membre de la marine marchande ni militaire, des amis à vous ?

    Marchand ou soldat, généralement l’équipage avait droit à un semblant d’uniforme. Pour le coup les trois hommes avaient une allure pour le moins… étrange. Leur accoutrement ressemblait fortement à un mélange de bric et de broc ramassé au cours de leur maraude, c’était même le cas de leurs armes qui étaient toutes différentes. L’un portait un sabre, l’autre une épée et l’arme du dernier avait plus l’air d’un marteau de forgeron usé que d’une véritable masse pour le combat.

    - Je n’aime pas trop parier sur le malheur des autres… Et si jamais c’est vous qui recevez une beigne, je serais gêné d’avoir parié contre mon employeur, ça ne serait pas très professionnel.

    En vérité il y avait peu de chance que la rouquine soit la cible du trio, son navire devait-être au port depuis trois ou quatre jours tout au plus, elle n’avait sans doute pas pu se faire d’ennemi en si peu de temps. Malgré ça, le Drakyn se questionna sur sa manière de réagir en cas de problème… Il pouvait baisser la tête et se contenter de fermer les yeux comme faisait la majorité des gens en cas de problème, cependant ce n’était pas digne de lui, ce n’était pas non plus de cette manière qu’il avait été éduqué. La jeune serveuse, toujours aussi souriante, s’approcha du trio puis elle les invita poliment à rejoindre une table et à choisir quelque chose à boire, ce que le groupe fit sans opposer de résistance. Maraad détourna finalement son attention du groupe lorsqu’ils furent installés dans un coin de la pièce principale.

    Le Drakyn se retrouva de nouveau face à la jeune femme et son regard se posa quelques instants sur les rondeurs de la capitaine pressées contre la table. Il ferma les yeux un instant et releva légèrement la tête, elle l’avait certainement vu, mais il préférait imaginer que non.

    - Visiblement ils sont plutôt calmes, avec un peu de chan...

    - Toi !

    Une chaise traversa la salle, deux individus assis à une table se jetèrent sur le trio tout juste installé. La serveuse détala aussi vite qu’elle le put pour se mettre à l’abri derrière son comptoir. Maraad ferma une nouvelle fois les yeux, il aurait mieux fait de ne rien dire.
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  • Lun 12 Déc - 22:31
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad


    « Des amis ? » répéta-elle avec ironie. « Nan, ce genre-là te fou la lame sous la gorge dès que t'as le dos tourné. J'les sens de loin et j'les fuis comme la peste. »

    Pas qu'elle les craigne spécialement mais la rouquine n'était pas idiote et savait quand se retirer ou qui ne pas fréquenter. Elle ne ferait pas la même erreur que son père, ça jamais. Sinon comment pourrait-elle un jour le venger ? Reprendre la maison et la forge qui lui appartenait de plein droit ? Et faire bouffer les racines de cette hiérarchie de vendus qui l'avaient amenée à cette vie précaire ? Franchement, elle avait trop de rêves à réaliser pour faire des erreurs aussi bêtes.

    En revanche, elle appréciait assez de mettre un peu de feu aux poudres et d'observer les dégâts. C'était son petit amusement personnel, elle qui était surnommée l'Insaisissable. Maraad finirait bien par s'en rendre compte à un moment donné mais pour l'instant, ce genre de pari représentait plus un danger à ses yeux.

    « Oh, vous vous inquiétez pour moi ? C'est mignon. Mais dommage, je suis bonne joueuse, vous l'auriez pas regretté. » dit-elle la moue boudeuse.

    Les deux acolytes restèrent pourtant focalisés sur le trio infernal, les suivant du regard jusqu'à ce qu'ils s'assoient. Là, le drakyn se fit distraire par une vue plus sympathique, ce que ne manqua pas de remarquer la jeune femme avec un certain amusement bien qu'elle n'en fit aucune réflexion. La corsaire restait dubitative quant à la tranquillité du reste du repas et elle fut servie lorsqu'une chaise vola dans la pièce.

    « Je vous l'avais dit ! » s'extasia la rouquine avant de croquer dans un nouveau pilon de poulet. « q..oi ? J'vais l'perd' si j'es 'ange pas tout'suite. »

    Elle n'avait pas tort en un sens, l'agitation allait souvent crescendo dans ce genre de lieu. Pour l'instant seuls les deux groupes avaient ouvert les hostilités. L'un utilisant le mobilier, comme la chaise volante ou le cul d'une bouteille et l'autre ayant sorti leurs armes, les brandissant tels des étendards. Mais le pauvre hère qui s'était ramassé un meuble sur le pif s'était redressé de tout son long.

    « Espèce de taré ! » beugla-t-il. « Viens-là que je te fasse bouffer le plancher ! »

    Ce n'était, hélas, que le début d'un bon gros bordel. D'autant plus que le trio possédait des armes. Très vite ce fut comme se retrouver en mer en pleine tempête. Certains rejoignent un camp, d'autres tentent de se cacher ou de s'échapper pour éviter de se faire trancher par un mouvement hasardeux. Des objets volent, des poings s'écrasent.

    Encore épargnés du fait de leur position, Alvida et Maraad étaient encore spectateurs de ce joyeux bazar. La corsaire s'était redressée, reculée de quelques pas vers le mur. Elle lança un regard à son comparse, haussant légèrement les épaules.

    « Bon, là on a plusieurs solutions. Soit on tente de se frayer un chemin jusqu'à la sortie en mode taureau qui charge, soit on reste là et on fait regretter ceux qui viendront nous chercher des crosses en ayant l'avantage du fond de la salle pour pas risquer d'être pris a revers, soit on plonge sous le comptoir avec la serveuse et on patiente en terminant ce succulent plateau. Une préférence ? »

    CENDRES
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  • Mar 13 Déc - 13:51
    - C’est une qualité de sentir ce genre de chose.

    Maraad aussi pouvait sentir ce genre de chose, l’expérience faisait qu’il avait plutôt l'œil lorsqu’il s’agissait de jauger quelqu’un. D’ailleurs, lorsqu’il posait son regard azur sur la rouquine, il pouvait sentir une certaine forme de franchise dans ses paroles. Mais il y avait aussi autre chose qu’il peinait à cerner sans doute parce qu’il était un peu rouillé.
    Concernant son petit écart de regard, elle l’avait vu, le contraire était tout bonnement impossible, et pourtant elle n’avait rien dit. Maraad accueilli cette non-réaction avec un profond soulagement, c’était exactement le genre de sujet glissant qu’il préférait esquiver. Nul doute que la chaise volante avait aidé à cela, la rixe offrait une distraction bien plus satisfaisante que de simplement blaguer sur un regard.

    - Si on avait parié, on aurait gagné tous les deux.

    Rapidement la bagarre se propagea à d’autres tables, si bien que finalement c’est une dizaine de personnes qui s'affrontent à coup de poing, chope ou pied de chaise cassé. Chacun rejoignait un groupe de combattant sans trop savoir pourquoi, parfois une insulte suffisait à déclencher une nouvelle salve de coups. Une partie des clients s’étaient retranchés derrière le comptoir avec la serveuse, espérant ainsi éviter le gros de l’affrontement. Maraad et la jeune femme se trouvait à une distance suffisamment raisonnable pour observer sans forcément attirer l’attention sur eux, mais cela n’allait certainement pas durer.

    - Je préférais éviter l’affrontement, je ne sais pas me battre alors si on pouv…

    La fin de sa phrase fut ponctuée par le bruit d’une bouteille venant s’écraser sur sa tête. Le projectile avait traversé la pièce pour finalement percuter le Drakyn à la tempe. Maraad n’avait pas senti grand-chose, il n’était même pas sonné, il avait la tête suffisamment dure pour encaisser ce genre de petit coup. Impossible de déterminer l’auteur du lancer, tout comme il était difficile de dire si le Drakyn avait été la véritable cible, ou simplement l’heureux gagnant d’un jet malencontreux. Malgré tout, la chose le tendit suffisamment pour lui faire dangereusement froncer les sourcils. Le Drakyn se redressa, conscient qu’une fois debout sa silhouette risquerait d’attirer un peu plus l’attention.

    Comme dans toute bagarre, le moment fatidique du coup mortel arriva. L’homme au sabre, après avoir reçu un coup au visage, parvint à dégainer son sabre pour se défendre. Il fit volte-face et frappa l’auteur du coup de poing à la tête, la lame se fraya un chemin à travers son visage et envoya le malheureux au sol dans un cri de douleur et une giclée de sang le suivant dans sa chute. Il ne fut malheureusement pas le seul à avoir l’idée de tirer son arme. Aussitôt les personnes non armées reculèrent pour éviter de prendre un coup à leur tour. Une fois les armes sorties, la rixe n’avait plus du tout l’allure d’une simple bagarre de soulard dans une taverne.

    - Autant se frayer un chemin vers la porte.

    Le coup sur la tête avait quelque peu changé l’état d’esprit du Drakyn, il n’avait plus cette volonté d’éviter l’affrontement, il voulait quitter l’endroit au plus vite, quitte à devoir jouer des coudes. Il passa en premier, se doutant que la rouquine le suivrait sans poser de question, elle savait sûrement se battre. Alors qu’il progressait vers la porte, l’un des hommes armés lui passa devant avant d’essayer de grimper par-dessus le comptoir, épée en main, il menaça la serveuse et le peu de clients qui étaient parvenus à se cacher. Le type n’avait pas encore totalement escaladé le comptoir lorsque le Drakyn lui attrapa la jambe, et avant que celui-ci ne puisse réagir, il le tira vivement en arrière le faisant alors tomber lourdement sur le sol. Maraad ramassa l’épée au sol et brisa tout simplement la lame comme s’il s’agissait d’une brindille. Si le type en question resta au sol, sans doute sonné par le coup qu’il avait reçu à la tête en tapant le sol, les deux autres se retournèrent en entendant le bruit de la lame brisée.
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  • Mer 14 Déc - 12:50
    Entre Terre et Mer
    Feat Maarad


    Tandis que Maraad prenait une décision, une bouteille vint s'écraser contre sa tempe. Le regard de la jeune femme resta planté quelques instant sur le drakyn tandis qu'elle réalisait, médusée, que son comparse était aussi solide qu'un mur de brique. Qu'il ne sache pas se battre n'était qu'un détail… Il lui suffirait de mettre des chassés à ceux qui passeraient par là pour leur faire mouiller la culotte.

    « Sacrée constitution. » Commenta-t-elle avant de grimacer en désignant le pauvre bougre plus loin qui venait de se faire traverser par une épée. « Pas lui. »

    Ça eut le mérite d'agiter le charpentier pour qu'il prenne la décision de se changer en boulet de canon vers la sortie. Alvida hocha la tête et lui embraya le pas. Elle n'avait pas emporté son sabre avec elle mais le poignard qu'elle avait emporté devrait suffire à dissuader de l'approcher voir même de lui servir… plus tôt que prévu d'ailleurs car l'un des hommes armés eut la mauvaise idée de chercher à se percher sur le comptoir, à portée du grand baraqué qui le saisit par la jambe, lui faisant rencontrer le sol violemment. La rouquine n'eût pas le loisir d'en voir davantage que du coin de l'œil elle aperçut les deux autres s'en aperçurent aussi et s'apprêtaient à venir lui régler son compte.

    La corsaire disparut soudainement du champ de vision de son comparse. On aurait pu penser qu'elle avait pris la poudre d'escampette mais l'un des types se plia en avant avec un grognement sourd comme si quelque chose venait de percuter son sternum. Son acolyte se tourna vers lui, perplexe, avant qu'un tabouret rangé sous le comptoir se soulève dans les airs et cherche à s'écraser contre sa face.

    « Bordel c'est quoi ce…? » s'écrie-t-il en l'évitant de justesse.

    Alvida, invisible aux yeux de tous, venait de passer derrière lui, tendant sa jambe vers les pieds du fauteur de trouble. Celui-ci, se rendant compte que quelque chose n'allait pas, se mit à agiter son arme devant lui en s'avançant. Il trébucha contre la jambe tendue, perdit l'équilibre et tomba sur son camarade. Les deux hommes s'écroulèrent comme des dominos. Alvida ramassa alors les deux armes abandonnées et les déposa sur le comptoir, à portée de la serveuse et des clients apeurés. Ils pourront au moins se défendre.

    « On se tire, viens. » souffla la capitaine a Maraad.

    La voix et le parfum de la jeune femme étaient clairement perceptibles du charpentier, même s'il ne la voyait pas, il savait qui lui parlait et ne devrait donc pas être surpris par la main qui vint saisir son bras et l'entraîner dans une direction opposée.

    CENDRES
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