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    Cendres ᚠ ᛊ ᚢ ᛟ ᚪ ᛊ ᛥ ᛉ
    Relevez-vous, peuple des cendres ! Les Titans existent, la guerre d'il y a 5000 ans résonne davantage dans vos cœurs depuis que ces immortels sont revenus revendiquer leurs droits. La victoire vous est une nouvelle fois acquise, mais à quel prix ? Suite à cette nouvelle guerre plus violente et mortelle que toutes les précédentes, il en va de votre responsabilité de vous accrocher à la vie et de rebâtir sur les ruines. Vers un nouveau futur encore incertain.

    Shoumei, autrefois membre des trois grandes nations régnant sur les terres des cendres et capitale de la religion diviniste, a payé le tribut ultime pour offrir la victoire aux vivants. Désormais, son peuple se retrouve égaré, dispersé. Privés de leur nation, de leurs foyers, les shoumeiens tentent tant bien que mal de retrouver un semblant de paix, mais la tâche est ardue. Le Reike, nation guerrière en proie à une lutte intestine contre le dirigeant s’étant imposé dans un sillage de sang, ainsi que la République, nation de l’ordre et des lois, ont tous les deux beaucoup à gagner avec ces nouveaux territoires à revendiquer. Choisiront-ils la voie de l’alliance et tendront-ils la main aux shoumeiens ? Où feront-ils passer leur peuple avant le reste des cendres ? Seul le futur écrira l'histoire de ces deux nations que tout oppose depuis des temps immémoriaux. Enterrer ou reluire la hache de guerre pour les combats à venir.

    Quoi qu’il en sera, peuple des cendres. C’est à vous de faire pencher la balance. Battez-vous pour le futur que vous chérissez. Entamez votre ultime chant du cygne, et brisez une bonne fois pour toutes ce cycle incessant de guerres contre les titans, ou tentez de poursuivre ce dernier selon vos convictions. Il ne tient qu’à vous d’offrir au monde des cendres la paix qui lui est due ou de le plonger à jamais dans les flammes…
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    Forum RPG Dark Fantasy. Avatars illustrés 300 x 500 px. Cendres est un monde magique où plusieurs puissances économiques et politiques règnent. Ici, les enjeux sont importants et une situation peut changer du jour au lendemain. Incarnez un simple paysan, un talentueux magicien ou même un riche seigneur ! De nombreuses possibilités et combinaisons différentes vous attendent avec impatience !

    from the ashes

    24.07.22
    Ouverture du forum et début du jeu. Bienvenue sur Cendres !
    28.06.22
    Le forum est accessible au public.
    17.06.22
    Début des travaux de construction.
    2 participants
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    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Vaesidia Inviere
    Vaesidia Inviere
    Messages : 5
    crédits : 98

    Info personnage
    Race: Elfe
    Vocation: Guerrier assassin
    Alignement: Loyal Neutre
    Rang: E
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t921-vaesidia-inviere#7545
  • Ven 18 Nov - 19:19
    Vaesidia Inviere
    Race : Elfe
    Sexe : Féminin
    Âge : 291 ans - Personnage réincarnée
    Métier : Esclave de Guerre / Janissaire
    Taille & poids : 1m90 pour 75 kg
    Alignement : Loyal Neutre
    Faction : Reike
    Rang : E
    Religion : Shierak
    Avatar : Sylvanas Windrunner - Warcraft III / World of Warcraft

    Pouvoirs et objets


    Carnet de Notes

    Vaesidia Inviere Carnet10
    "L'esprit a autant besoin de livres qu'une épée de pierre à aiguiser pour conserver son tranchant."

    Ironiquement, en dépit de mon statut d’ilote, l’on m’a autorisé à détenir un carnet de notes dont je me sers assez fréquemment. Il n’était pas question, au travers de ce simple objet, de me distinguer de mes camarades et d’avoir ainsi droit à une forme de traitement de faveur. L’ambition affichée du corps des janissaires est d’user des compétences militaires ou de la brutalité de celles et ceux qui ont refusé de ployer le genou devant le souverain légitime du Reike. Or, dans mon cas, mes aptitudes ne s’arrêtent pas au maniement du yumi et des dagues ni à mes prédispositions magiques dans le domaine de la pyromancie. En effet, depuis mon plus tendre âge, j’ai toujours eu une propension à m’intéresser aux tactiques militaires.  C’est d’ailleurs la raison qui m’a poussé à voyager en dehors des frontières elfiques. J’ai toujours émis le désir de protéger mon peuple qui, à mes yeux, se repose bien trop sur l’usage de la magie et n’a plus connu de véritable guerre depuis bien trop longtemps. Aussi, lorsque j’étais encore Capitaine au sein du Royaume du Reike jusqu’à maintenant, j’ai pris en note sur une succession de carnets tous les enseignements que j’ai pu tirer sur le sujet au cours de mon entrainement, mais aussi au cours des différentes batailles et escarmouches que j’ai pu connaître.

    À l’inverse de certains de mes compatriotes, je ne me prétendrais pas être particulièrement talentueuse dans cette discipline. Mon intention, aussi humble et futile soit-elle, est de fournir une sorte de guide pouvant amener à un renouvellement tactique par la suite et pouvant fournir une aide précieuse à celles et ceux qui détiennent l’impérium. En tant qu’archère, j’ai la chance d’avoir une vue d’ensemble sur le terrain ce qui, par conséquent, me permet d’observer quantité de situations que je puis dès lors critiquer à loisir dans mes notes. Je suis encore très loin de pouvoir prétendre au titre de théoricienne bien que je caresse l’espoir, en dépit de ma condition servile, de formuler ma propre doctrine lorsque j’aurais saisi, dans mes notes, les moindres aspects de la tactique militaire. Ainsi, en attendant que je sois suffisamment éclairée en la matière, ce carnet doté d’une couverture rougeâtre et scellée par une ancre et une barre en bronze m’accompagne partout. Je n’hésite jamais à laisser ma plume s’exprimer quand j’en ai le temps et l’occasion au point de, parfois, illustrer mon propos par des esquisses. Que voulez-vous ? Mon esprit et mes pensées vagabondent, laissant ainsi tout loisir à ma main de s’exprimer comme elle l’entend. Peut-être est-ce, également, un moyen pour moi de coucher mes souvenirs et d’apaiser mon âme ? Je ne saurais le dire.


    Collier d'Esclave

    Vaesidia Inviere Collie10
    "Tout esclave a en main Le pouvoir de briser sa servitude.

    À l’instar des autres esclaves du Reike, je porte en permanence un collier en métal autour du cou au bout duquel est-il possible d’y attacher une corde ou des chaines. Cette torque, qui m’irrite quelque peu la peau, est non seulement destinée à informer la société du Royaume de ma condition servile, mais aussi à me rappeler cette dernière à chaque instant. Tant que cet accessoire inconfortable enserrera ma gorge et que je n’aurais pas été affranchie, je ne pourrais prétendre avoir de droits, ou ne serait-ce même qu’exister en tant qu’entité vivante et consciente. Je ne suis pour l’heure qu’une arme ou un meuble dont on peut disposer selon son bon plaisir et dont la liberté de mouvement est entravée. Bien que nous autres janissaires soyons relativement bien traité, nous demeurons totalement soumis aux desiderata des contrôleurs royaux incarnant l’autorité du nouveau souverain du Reike que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. Malgré la réalité de ma situation, je ne m’en plains guère tant j’ai conscience de la chance que l’on m’a accordée en m’épargnant et en m’offrant l’opportunité de corriger mes erreurs en servant avec fidélité le Royaume une nouvelle fois. Néanmoins, je vous confesserais avoir la fâcheuse habitude de porter mes mains à mon cou dans l’espoir illusoire d’être un peu plus à mon aise tant en certaines occurrences j’éprouve le sentiment de m’asphyxier faute d’un afflux suffisant d’oxygène. J’ai beau savoir qu’il s’agit d’une illusion, il n’en demeure pas moins que je ne puis réprimer cette réaction instinctive. Et dire qu’autrefois, je portais un tout autre genre de pendentif et que celui-ci était cher à mon cœur…

    Yumi

    Vaesidia Inviere Sans_t25
    L'archer a un point commun avec l'homme de bien : quand sa flèche n'atteint pas le centre de la cible, il en cherche la cause en lui-même.

    Contrairement à la plupart des archers de ce monde, je ne me repose pas sur l’usage d’arc classique ou de longbows bien que je sois en mesure de les employer si une situation donnée ne me laissait pas d’autres choix. Dès mon plus jeune âge, à l’instar de certains de mes ancêtres, mon attention s’est portée sur le maniement du Yumi pour des raisons inhérentes à son usage.  En effet, cet objet est bien plus qu’une simple arme destiné à faire passer de vie à trépas ceux qu’elle ciblera. C’est un véritable instrument de musique dont la manipulation minutieuse permet l’élaboration d’une performance artistique pouvant prétendre au sublime si ce n’est au divin. Sur le modèle d’un Maestro, le détenteur d’un Yumi se doit d’harmoniser chaque élément pour parvenir à composer une véritable ode dont l’harmonie laissera sans voix son auditoire.

    Il est question, ici, d’une voie martiale à part entière dont le but est le développement de la discipline du corps et du groupe, la maitrise des gestes et le respect de l’étiquette. L’objectif est d'atteindre sa cible avec un minimum de tension musculaire un maximum d’énergie dite spirituelle. En d’autres termes, toucher un papegai ou un être vivant par le biais d’une flèche est la conséquence d’un équilibre correct d’un corps et d’un esprit discipliné et harmonisé. De même, dans l’exécution de ses gestes divisée en plusieurs étapes que je ne vous détaillerais point, un esthète du Yumi prendra conscience du contexte de la situation dans laquelle il se trouve, de son environnement et des personnes présentes. En somme, le moindre aspect de cet art doit être millimétré pour livrer une performance des plus mémorables. Aussi, en dépit de ma condition d’esclave, je demeure fidèle aux préceptes de cet art dont les buts sont la quête de la vertu, de la vérité et de la beauté.

    Bien qu’ayant brisé très récemment mon Yumi à cause de mes errements, j’ai pu, par le biais des contrôleurs royaux, me procurer des lames de bambou et de bois, ainsi que des cordes en chanvre afin de me fabriquer un nouvel instrument. D’une longueur de 233 centimètres, cet arc composite de couleur brune, proportionné à l’allonge du tireur, est asymétrique et dispose d’une poignée située aux environs du premier tiers de sa longueur. La taille des projectiles, quant à eux, oscille entre 85 et 110 centimètres. À l’instar d’un longbow du fait de sa longueur, cet instrument détient une portée approximative de 250 mètres et peut, lorsque la distance est inférieure à  70 mètres, parvenir à transpercer les armures de plates. Du fait du matériel qui le compose, il est toutefois particulièrement fragile.  Aussi en prends-je grand soin. Néanmoins, en dépit de l’entretien rigoureux que je lui accorde, je n’ignore point qu’il pourrait m’arriver sur le champ de bataille de briser sa corde. Pour ce motif, je n’hésite pas à me munir de deux cordes supplémentaires afin de pouvoir pallier ce problème si du moins, dans l’urgence de la situation, je puis réaliser cette manœuvre ô combien délicate. En revanche, si le bambou venait à céder, ce qui pourrait bien arriver, je ne pourrais y remédier. Je n’ignore point que les contrôleurs royaux voudraient que j’utilise un autre type d’arc si ce n’est un tout autre matériel dans la conception de mon Yumi, mais pour ma défense, je vous dirais que les qualités dynamiques de ces plantes sont des plus intéressantes et demeurent tout simplement inégalées. Privilégier l’efficacité à la praticité, tel est mon leitmotiv !


    Dagues de combat

    Vaesidia Inviere Dague10
    Il n'est aucun art aussi magnifique et diversifié que celui de la mort..”

    Au regard de la « précarité » du matériel que j’emploie et de la réalité du cadre dans lequel j’évolue, il m’a fallu disposer d’une autre corde à mon arc si je puis dire. En effet, l’usage d’une arme à distance ne peut être systématique sur un théâtre d’opérations, et ce pour quantité de raisons. Aussi est-il nécessaire d’avoir une approche plus directe et moins « subtile ». Du fait de ma morphologie et de ma musculature, j’ai privilégié une technique plus gracile et athlétique en optant pour l’utilisation de deux dagues de combats. Ces dernières, de couleur noirâtre, sont dotées d’une lame mesurant près de trente centimètres. Celle-ci est très épaisse pour être rigide, mais est également très étroite afin de me permettre de parvenir à profiter des défauts de l’armure de mon adversaire. Croyez-moi, rien ne vaut un bon coup d’estoc face à un ennemi si vous désirez mettre un terme à son existence. Les coups à la taille peuvent bien évidemment vous aider à l’handicaper, mais prolongeraient le duel inutilement ce qui ne serait pas sans conséquence dans mon cas. Je ne puis faire jeu égal en ce qui concerne la force brute avec la plupart de mes concurrents.

    Oh ! Je serais, sans doute, capable de parer certains coups directs, mais cela se répercutera de facto dans mes bras qui n’apprécieront guère un tel traitement. De même, je ne puis ignorer le risque que mes lames se brisent face  à un tel déchainement de vigueur. Imaginez que ma némésis détienne une claymore ! Je ne ferais tout simplement pas le poids. De ce fait, le but de mon style de combat est de convoquer mon agilité et mes réflexes pour me permettre de neutraliser la menace le plus rapidement possible.  Par conséquent, à l’inverse de certains janissaires, vous ne me verrez jamais participer à un quelconque tournoi en arme, à un duel ou pire à une mêlée. Une nouvelle fois, je privilégie l’efficacité et la métis. Ma fonction est de terrasser les ennemis de Sa Majesté s’il venait à m’en donner l’ordre. Des notions comme l’honneur et la gloire du combat m’importent peu. Un soldat n’a jamais gagné une guerre en mourant pour son peuple. On remporte un conflit en faisant ce qu’il faut pour que les pauvres marauds d’en face périssent pour leur peuple. C’est aussi simple que cela.


    Armure de Combat

    Vaesidia Inviere Armure10
    "La guerre est mon seigneur; la mort, ma maîtresse."

    Au regard de mon statut social actuel, mon armature actuelle n’a quasiment plus rien à voir avec celle que je revêtais en tant que capitaine. En effet, quand bien même, nous autres janissaires, soyons correctement bien traités, notre équipement, pour sa part, n’en est pas moins d’une qualité moindre notamment en matière d’armure. Je n’échappe, malheureusement, pas à la règle bien que je sois sans aucun doute bien moins impactée que mes camarades en tant qu’archère. Il est bien plus aisé de survivre lorsque l’on a fait du combat à distance sa spécialité. De ce fait, pour l’heure, mon attirail se compose de bottes et d’un pantalon en cuir sur lequel j’ai réussi à disposer, des pièces de métal donnant l’illusion que je porte des sortes de cuissardes et des grèves. Mon torse est recouvert d’un corset et d’un plastron, tous deux en cuir, destiné à compresser ma poitrine et à me permettre de faciliter la réalisation de mes tirs.

    Entre nous, je vous avouerais que la perspective d’avoir aussi peu de protection à un endroit aussi vital ne m’enchante guère. Non que je veuille remettre en question mon statut d’esclave, mais la tacticienne en herbe que je ne suis ne peut s’empêcher de penser qu’équiper aussi pauvrement des hommes et des femmes, ayant l’expérience du combat et disposant d’aptitudes particulières, n’est qu’un gâchis de ressources entravant la constitution d’un véritable corps d’armée d’élite au service exclusif du souverain du Reike. Enfin, je m’égare… Les dernières parties de mon « armure » se situent pour leur part sur mes bras. En effet, je dispose de deux brassards en métal ainsi que de deux gants à trois doigts en cuir. N’oublions pas la présence d’une cape à capuche si ce n’est celle d’une voile sur ma tête afin d’entraver les mouvements capricieux de ma chevelure qui pourraient me faire éprouver de la gêne lorsque, une fois la flèche encochée, je désire cibler ma proie.


    Vocation : Guerrière -  Assassin


    Pouvoirs
    Vaesidia Inviere Sans_t24
    "De l'importance d'avoir plusieurs cordes à son arc"

    - Magie Elémentaire du Feu - Palier 2 (900 crédits)
    - Méditation - Palier 1 ( 500 crédits)
    - Vue augmentée - Palier 2 (450 crédits)
    - Ouïe augmentée - Palier 2 (450 crédits)
    - Nyctalopie - Palier 1 ( 150 crédits)
    - Agilité et Précision - Palier 2 ( 1500 crédits)

    Traits raciaux:

    - Immunité : Poison/venin
    - Faiblesse : Psychique

    Pouvoirs Cosmétiques

    À l’instar de nombreux êtres de chair et de sang, j’ai eu l’aubaine d’avoir été bénie par la magie ambiante de ce monde. Il n’est nullement question, ici, de détenir un quelconque talent thaumaturgique dont je serais l’une des rares à disposer. Que nenni ! Bien que mon peuple soit très certainement le plus habile dans l’art subtil et délicat du maniement des arcanes, je ne cautionne nullement ces affirmations de quelques-uns de mes compatriotes qui osent s’enorgueillir de leurs galéjades  lors de certains raouts. C’est particulièrement déplaisant à supporter et surtout à ouïr. Je fais mention ici de particularités physiologiques que le mana de ce monde a pu nous octroyer dès notre naissance. Dans mon cas,  je puis certifier avoir été touché par la grâce, non pas une, mais deux fois.

    Tout d’abord, l’on distingue très nettement cette onction arcanique dans mon regard. En effet, les iris de mes yeux luisent d’une aura azur particulièrement vive à tel point que, parfois, mes pupilles en deviennent indiscernables. Cette nitescence se propage d’ailleurs, de manière plus nuancée, sur mes globes oculaires. Selon les émotions qui agitent mon for intérieur, il est assez commun de voir leur teinte varier. Ainsi, si j’éprouve de la colère, par exemple, le mana présent dans mes mirettes les fera flamboyer. De même, si j’éprouve de la peine, ils miroiteront à l’image des étoiles. Quand bien même, en viendrais-je à épuiser toute ma magie, cette particularité ne saurait disparaitre comme si elle était liée non pas à talents thaumaturgiques, mais à mon existence même. À moins de passer momentanément de vie à trépas, je ne pourrais jamais confirmer ou infirmer cette hypothèse. Et je ne tiens pas à le faire. En revanche, ce dont je suis certaine, c’est que cette spécificité me rend des plus discernables, une fois la nuit tombée, car à l’instar des chats, je suis, non seulement nyctalope mais mes yeux brillent.

    Ensuite, la seconde et dernière singularité esthétique n’est tout simplement pas visible à l’œil nu. Elle est audible ! Effectivement, mes cordes vocales peuvent octroyer un caractère éthéré à ma voix au point d’y percevoir une forme d’écho qui peut être aussi mélodieux que dissonant selon mon humeur. Enfant, j’éprouvais une forme de complexe à l’égard de ce signe distinctif tant je n’avais aucune maîtrise dessus. Ironiquement, ce fut mon père qui trouva la solution, par le biais de l’une de ses connaissances, en me poussant à suivre des cours de chant. Cette idée fut des plus astucieuses tant au sein de mon peuple, nous concevons que toute performance artistique, notamment dans le domaine musical, se doit d’être raffinée et de toucher du doigt la perfection. Aussi, ces aèdes avaient l’habitude d’exercer leurs jeunes élèves à faire des vocalises ce qui fut des plus salvateurs dans mon cas. Grâce à l’excentricité de mon paternel, je fus enfin capable de moduler ma voix me permettant ainsi d’avoir, par la même occasion, un timbre bien plus ordinaire ou, au contraire, un ton plus irréel. Il n’est d’ailleurs pas très inhabituel que j’en fasse usage lorsque je perds le contrôle de mes émotions ou lorsque je désire faire usage de mes talents de vocalistes notamment pour me recueillir en souvenir de mes camarades tombés au champ d’honneur dans le cadre d’une élégie.

    Description physique et mentale



    Description Physique

    Vaesidia Inviere Sans_t22
    "Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle, mais sa noblesse."

    Ainsi, vous aimeriez vous procurer un descriptif de ma plastique ? Quelle curieuse sollicitation que voici.  Non qu’elle ne soit pas légitime. Néanmoins, cette dernière me rend quelque peu perplexe. De par mon rang au sein de la société du Reike, j’ai conscience que les contrôleurs royaux veillent à ce que mes conditions de détention demeurent irréprochables afin que je sois en mesure de pleinement faire étalage de mes talents lorsque notre souverain requiert le déploiement de ses janissaires sur un théâtre d’opérations. Cependant, vos semblables, jusqu’à présent, se souciaient tout simplement de vérifier que je sois apte au « service ». Ils n’éprouvaient nullement le besoin de dresser un portrait exhaustif de ma physionomie. Aurais-je involontairement manqué à mes devoirs au point d’attirer l’attention sur ma personne ? Ou  votre démarche a-t-elle une tout autre origine ? Je suppose que vous ne daignerez pas éclairer ma lanterne. Après tout, vous n’avez pas de compte à me rendre. En revanche, je note bien qu’à votre air renfrogné que vous n’affectionnez qu’assez peu ce que vous qualifierez très certainement de « bavardages inutiles ».

    Mais, que voulez-vous ? Ce n’est pas si souvent que je puis tromper mon ennui. Quoi qu’il en soit, rassérénez-vous. Vous n’avez nullement besoin d’aller quérir votre hiérarchie pour les informer qu’une janissaire a refusé de se plier à votre autorité et par extension à celle du roi. Vous avez donné un ordre et c’est avec célérité que je l’exécuterais. Qui plus est, je vous dévoilerais, sans aucune honte, que vos exigences me font ressentir une pointe de nostalgie des plus délectables. En effet, pour vous faire une petite confidence, tel l’astre du jour, j’aimais, avec mon anatomie, éblouir mon auditoire au point de lui en couper le souffle. J’ai toujours été vaniteuse et je l’ai toujours assumé sans en éprouver la moindre once de honte ! Aussi, me mettre à nue sous vos yeux ébahis pour étayer mon propos ne saurait me gêner, bien au contraire. Entrons dans le vif du sujet, à présent !

    Pour entamer ma diatribe, je soulignerais deux évidences. Non que je vous croie inepte, mais je n’ignore point que certains gratte-papiers de l’administration royale se montrent particulièrement étriqués. Par conséquent, prenons nos précautions. Cela vous évitera des désagréments et me préservera de votre mécontentement passager. Mais je m’égare. Comme vous l’apercevez, je suis une elfe appartenant au Beau Sexe. Mon affiliation à cette noble espèce présuppose la présence de certaines caractéristiques physiques que je me ferais une joie d’aborder au moment opportun. Pour l’heure, il me suffira de souligner que, de par cette appartenance, je dispose d’un corps svelte. Si j’eusse été humaine, je ne doute pas un seul instant que disposer d’une physionomie aussi élancée et gracile aurait suscité de l’anxiété au sein de votre département. N’ayez crainte, chez mon peuple, je suis typiquement dans la norme même si une personne de ma connaissance affirmerait non sans véhémence que mon corps est bien trop décharné à certains endroits pour mon propre bien. Bien que mon corps appartienne désormais à l’État, je vous prierais de ne pas accorder une once d’importance à ce commentaire quelque peu déplacé formulé par une compatriote dont le sens des convenances et de la beauté laissaient fort à désirer.


    Quoi qu’il en soit, mon ascendance est, selon votre espèce, à l’origine de certaines particularités que nous autres, elfes, n’aurions pas pris la peine de relever tant cela est prosaïque. À l’instar de mes compatriotes, outre l’aspect filiforme que j’ai souligné précédemment, mes traits et mes mouvements seraient si gracieux et si harmonieux à vos yeux que me qualifier d’esthète serait un euphémisme. De même, toujours selon ce raisonnement, ma physionomie incarnerait une sorte de noblesse quelque peu chimérique qui me distinguerait du commun des mortels. Je vous confesse très volontiers le fait que tout comme certains de mes congénères, je me préoccupe ou du moins me préoccupais énormément de mes charmes. Mon aspiration était d’être la personne la plus resplendissante qui soit et encore aujourd’hui, dans une moindre mesure, c’est toujours le cas. Cependant, pour être tout à fait sincère, ce que je viens de vous dépeindre ne dépend que de votre regard d’être humain et non du mien. En effet, pour pleinement appréhender ces spécificités inhérentes à mon espèce, rien ne vaut l’avis d’un autre elfe sur le sujet. Lui seul sera en mesure de mesurer la justesse de votre perception à mon égard.

    Or si je me fis aux fariboles de ma chère sœur, je suis au regret de vous révéler que votre sens même du discernement laisse à désirer. En effet, toujours selon elle, il semblerait que je détienne une physiologie plutôt générique au sein de la société elfique. Une certaine forme de magnétisme animal me ferait défaut à l’en croire. Outre mon sens de l’esthétisme qui serait particulièrement discutable, je ne serais pas en mesure de sublimer correctement mes charmes. Cela dit, à votre place, je ne me référerais aucunement aux opinions de cette dévoyée tant elles sont pour le moins curieuses. Pour vous octroyer un avant-goût de son extravagance, je porterais bien trop de vêtements et ne dévoilerais pas assez mon épiderme. Pire encore, en dépit de mon port altier, ma démarche donnerait le sentiment qu’un Séquoia géant serait logé dans la partie la plus « délicieuse » de mon anatomie au point que l’on ne pourrait dignement la qualifier de sensuelle ou de naturelle. Ce à quoi je lui avais rétorqué à l’époque, pour votre gouverne, qu’en tant que femme d’armes, le pas cadencé était devenu comme une sorte de seconde nature. Quoi qu’il en soit, au sein de mon peuple, je suis à mille lieues d’être irrésistible. Si Lysandre se tenait à mes côtés en cet instant, vous le remarqueriez aisément même si j’accepte cette réalité toujours aussi difficilement. Mais revenons-en à mon autoportrait.

    Outre mon aspect filiforme, je puis vous révéler le fait que je mesure environ un mètre quatre-vingt-dix. Bien que n’étant guère pratique en certaines situations, cette taille m’offrait, jadis, l’opportunité de toiser certains de mes camarades lors de l’entrainement. Car, croyez-le ou non, j’étais capable, de par ma figure imposante, de défier du regard quiconque essayait de m’intimider et ce quand bien même fût-il plus robuste que ma personne. Cette posture ne m’est, à présent, plus utile. Après tout, pourquoi éprouverais-je le désir de me dresser contre mon prochain ? Mes compagnons et moi-même sommes les serviteurs dévoués de Sa Majesté. Nous n’avons aucun droit et n’en méritons aucun. D’un signe de la main, notre souverain peut décider de notre destin. Il en est et il en sera toujours ainsi. Nous ne sommes que des armes, dont le Royaume du Reike peut disposer selon son bon plaisir. À ce titre, je n’ai aucunement le droit de défier la main qui a su me démontrer l’ampleur de mon erreur et qui, malgré mes turpitudes passées, a eu la délicatesse de m’accueillir à nouveau en son sein. Mais je m'égare à nouveau, veuillez bien me pardonner.

    Ma silhouette, quant à elle, constituait, jusqu’à très récemment, une source de frustration immense. En effet, bien que vous ne soyez très certainement pas versé dans ce domaine, sachez que je détiens ce que l’on qualifie de silhouette en huit. En d’autres termes, pour éclairer votre lanterne, cela signifie que mes épaules sont de la même largeur que mes hanches, que ma taille est bien marquée et que ma poitrine est généreuse. En somme, je possède un physique harmonieux et des courbes pulpeuses. Exprimé ainsi, bien que cela soit le cadet de vos soucis, vous vous interrogez, très probablement, sur les raisons de mon mécontentement. Après tout, n’importe quelle humaine tuerait pour bénéficier d’un physique aussi plantureux. Tel n’était pas mon cas. J’éprouvais, et éprouve toujours un peu malgré certains changements de paradigmes, une forme de complexe. Sont-ce les commentaires déplacés de ma mère à ce sujet ou mon côté vaniteux et mon sens de l’esthétisme en quête perpétuelle d’équilibre qui furent source de cet embarras ? Je ne saurais le dire. En revanche, je puis vous certifier qu’il est le motif pour lequel je continue de revêtir un corset en cuir lorsque je me vêtis.

    À ce sujet, fut un temps, je prenais grand soin de sélectionner, en certaines occurrences, judicieusement la couleur de mes vêtements pour que ceux-ci se marient parfaitement avec la carnation de mon épiderme. Ironiquement, ce magnifique teint de pêche qui est le mien a pris un peu de cachet tant je n’hésitais pas à me prélasser sous l’Astre du Jour afin que celui-ci embrasse mes courbes à l’aide de ses rayons lumineux. Pour être tout à fait honnête avec vous, lors de mon arrivée ici, j’admets avoir hérité, de par ce comportement, d’un certain nombre de coups de soleil tant je n’étais guère habituée à ce genre de climat. Désormais, l’entretien de ce coloris est le cadet de mes soucis. Bien qu’il me faille revêtir, parfois, des tenues plus légères afin de m’entrainer, mon corps ne détient plus un  teint hâlé unifié. Si ma mémoire ne se trompe pas, vous qualifierez ce dernier de « bronzage agricole »  bien que le terme soit un peu excessif sans aucun doute.

    Cette peau, qui faisait autrefois ma fierté, est désormais le témoignage le plus flagrant des bouleversements que ma vie a connus très récemment. Je me complaisais dans une forme de stupre et de décadence qui furent, à ne pas en douter, les germes qui causèrent l’effondrement du Royaume. Autrefois si agréable au toucher, cette enveloppe glabre dispose aujourd’hui de multiples irrégularités. En effet, désormais, j'affiche dans mon dos et plus précisément au niveau de mon deltoïde droit, une petite marque effectuée au fer rouge et reprenant l'emblème reikois que je n'hésite pas à cacher sous ma tunique tant la vue de cette chair quelque peu boursoufflée me déplait. De plus, de par mes attributions, j’ai toujours disposé d’une certaine musculature. Or au regard des entrainements que nous subissons pour demeurer dans une forme olympique, celle-ci s’est quelque peu développée en certains endroits faisant ainsi perdre mon épiderme en souplesse. De même, bien que je prenne encore grand soin de mes mains et de mes doigts tant ceux-ci me sont indispensables dans le maniement de mon instrument, mon corps dispose de nombreux stigmates récoltés suite à mes errances, à mon entêtement et à mes exercices quotidiens.

    Oh ! Ne prenez pas cet air déconfit ! Vos guérisseurs se sont chargés de me panser et d’user de leur magie pour me recoudre. Aussi, grâce à eux, je demeure capable de remplir mes fonctions à la perfection, ce qui entre nous est le plus important. Le Royaume n’a que faire de janissaires à l’apparence sublime. Ces cicatrices, que je serais dans l’incapacité de dénombrer tant j’en détiens un certain nombre, constituent une forme d’honneur à nos yeux, mais aussi de leçons. Ce sont les médailles qui illustrent nos faits d’armes pour le Reike tant chacune a une histoire à conter. Ce sont de précieuses marques qui nous poussent à nous remémorer les erreurs que nous avons pu commettre sur le champ de bataille afin d’être en mesure de les pallier. En somme, ces entailles nous offrent l’opportunité de nous améliorer, non pas en tant qu’homme ou femme, mais en tant qu’armes pour accomplir consciencieusement notre serment. En revanche, je ne me déroberais pas en vous affirmant que l’une de ces blessures me cause bien des désagréments. Non qu’elle fût douloureuse. Toutefois, pour des raisons que je ne m’explique pas, j’éprouve bien souvent le désir de gratter ce stigmate situé entre mes deux seins au point que la peau en devient irritée et qu’une plaie se forme. Je le fais de manière inconsciente au point que, lorsque je le remarque, j’en viens à m’admonester et à me questionner sur les raisons de ce dysfonctionnement. Mais passons à la suite, voulez-vous ?

    Dès les prémices de notre rencontre, je présume que le premier élément ayant suscité votre intérêt fut, très certainement, mes jambes dont la longueur a très certainement dû vous donner le tournis. J’ai toujours vu dans cette caractéristique physique une forme de sensualité avec laquelle il m’arrivait de jouer de manière éhontée en certaines circonstances. Bien évidemment, tout comme le reste de ma physiologie, ces dernières démontrent, en partie, que je demeure une femme qui s’entraine quotidiennement. En effet, outre le fait qu’elles soient bien dessinées, mes membres inférieurs sont également quelque peu musclés ce qui rend le tout des plus harmonieux. J’étais quelque peu étonnée que mes exercices m’aient permis d’obtenir un thigh gap c’est-à-dire un espace vide entre mes deux cuisses. Non que cela ait de l’intérêt, pour être tout à fait franc avec vous.

    Caresser du regard cet élément de mon anatomie de bas en haut vous amènera fatalement à la courbe de mon généreux fessier bien qu’il ne soit pas aussi mirifique que celui de ma sœur qui, pour une fois, s’illustre dans un domaine. Entre nous, je vous confesserais n’avoir jamais saisi les raisons poussant les hommes et les femmes à focaliser leurs prunelles sur le fondement d’une personne. J’estime que c’est une conduite profondément triviale au sujet d’une fraction disgracieuse de la physiologie d’un être vivant. J’irais même jusqu’à affirmer que le roulement des hanches et le basculement  du bassin que n’hésitent pas à accentuer certaines membres du Beau Sexe reflètent assez bien le caractère dévoyé des mœurs d’une société donnée et de ses habitants. Quelle impudence ! La seule donnée pertinente, ici, se situe dans le creux de mes reins. Effectivement, c’est à cet emplacement qu’est localisée une tâche de naissance. Celle-ci dispose d’une forme des plus singulières tant on croirait y déceler une comète. D’ailleurs, il est curieux que ma cadette disposât de cette même singularité à un point similaire.

    Pour ce qui concerne mon torse, j’estime ne pas avoir beaucoup d’éléments à vous révéler tant ils me semblent évidents. À moins d’être anophtalme ou d’être atteint de cécité, vous devriez être en mesure de percevoir l’essentiel au travers de cette simple chemise que je porte présentement. Mais si tel n’est pas le cas ou si vous préférez obtenir un second avis afin d’être sûre de ne pas commettre d’erreurs dans votre rapport, j’accepte de bien vouloir vous éclairer une fois de plus. Ainsi, pour commencer, je dispose d’un ventre plat où l’on peut apercevoir des abdominaux, signe évident de mon activité physique. Toutefois, il ne s’agit très certainement pas de la partie la plus éloquente de ma vigueur.

    En effet, mon dos, mes épaules carrées et mes bras trahissent, bien plus que mon abdomen, mes pratiques ainsi que l’art guerrier auxquels je me livre. À l’inverse de ce que la plupart des personnes pensent, l’archerie mobilise un certain nombre de muscles ce qui la rend bien plus exigeante que l’escrime. Ainsi, si je venais à encocher une flèche en étant dévêtu, vous décèleriez, par le biais de mes mouvements, la convocation des éléments suivants : Rhomboïdes, muscle angulaire de l’omoplate, deltoïdes, biceps et triceps brachiaux, infraépineux, petit rond, grand rond et grand dorsal. Il n’est d’ailleurs pas rare que je sois victime de contracture et de crampes. C’est pour prévenir ces désagréments que vous me voyez souvent requérir auprès des contrôleurs royaux l’envoi de masseurs. Mon épine dorsale et les muscles qui la constituent sont des éléments dont je prends grand soin, car sans eux je ne serais plus d’aucune utilité au Reike et n’aurais, par conséquent, plus aucune raison de vivre. Je prie pour que jamais je ne sois infirme, car, dès lors, quelle joie y aurait-il dans une telle malédiction ?

    Ironiquement, contrairement à de nombreux archers, mon avant-bras ne développe jamais d’hématomes et la peau de mes longs doigts fins et de mes mains n’a jamais été lésée par le frottement induit par mon art. J’ai toujours veillé à me parer d’un mitsugake, soit un gant à trois doigts, et d’un protège-bras. Ainsi, elles ont pu conserver toute leur douceur ce qui n’est pas pour me déplaire tant j’ai le sentiment qu’une peau endommagée de la sorte est synonyme de négligence et d’indolence. Peut-être estimez-vous que je me montrasse quelque peu fantaisiste sur le sujet ? Il n’en est rien. Au sein de mon peuple, nous avons l’adage suivant : mens sana in corpore sano soit un esprit sain dans un corps sain. Les deux sont intrinsèquement liés quoique vous puissiez imaginer.

    En tant que janissaire, à moins que je ne fasse erreur auquel cas je vous prierais de bien vouloir me rectifier, le Royaume du Reike se soucie grandement de notre état de santé afin que nous puissions faire pleinement étalage de nos talents. Or, si nous entretenons correctement nos corps, l’image que nous aurions de nous-mêmes n’en serait que grandie. Mieux encore ! Par le sentiment de dignité et de fierté que ces pratiques prodigueraient, le moral de mes camarades s’en trouverait amélioré ce qui en ferait de bien meilleurs soldats tant leur esprit se serait assaini par la même occasion. Or, sur un champ de bataille, ces données qui peuvent vous sembler anodines font parfois toute la différence entre une victoire éclatante et une honteuse défaite.

    Passons désormais à l’étape finale de cette description. Hm ? Pardon ? Ah ! J’eusse espéré que vous n’auriez point remarqué cet oubli de ma part, mais tel n’est pas le cas il semblerait pour mon plus grand regret. À l’instar tout membre du Beau Sexe, je suis dotée d’une poitrine. Non que cela ait son intérêt, même si au vu de mes pratiques guerrières, cela puisse avoir de la pertinence que de l’évoquer. Hélas ! La nature m’a bien dotée en m’accordant des formes voluptueuses. Étant ronds mes seins sont, effectivement, pleins de façon homogène en haut et en bas. Or, pour l’archerie, être pourvu d’une plastique aussi généreuse peut poser problème, et ce pour des raisons évidentes. Aussi, ai-je souvent l’habitude de revêtir des plastrons que j’ai pris soin de faire correctement ajuster pour pouvoir encocher mes flèches sans éprouver la moindre gêne. En revanche, je vous admettrais toujours avoir besoin d’un temps d’adaptation lorsque j’obtiens une nouvelle pièce d’armure tant j’ai le sentiment d’avoir le souffle coupé. Vous êtes satisfaits à présent ? Bien ! Abordons la question de mon visage, désormais.

    Pour débuter, je vous indiquerais que celui-ci détient une forme de triangle inversé comme en attestent mon front large et mes joues creuses. Mes pommettes sont d’ailleurs si saillantes qu’en certaines occurrences, ma sœur prétendait qu’en me giflant l’on pouvait aisément se couper. Ridicule n’est-ce pas ? Outre mes lèvres en forme de cœur, mes traits se caractérisent également par un nez fin plutôt droit aux ailes délicates. Pourtant aussi ravissant soit-il, il n’a pas ma préférence à l’inverse de mes yeux et de ma chevelure. En effet, mes mirettes en forme d’amande ont toujours été l’un des éléments que j’affectionnais le plus dans ma physiologie tant j’estime qu’elles incarnent, comme pour tous les êtres vivants de ce monde, le miroir de l’âme.  Dans mon cas, j’ignore quelles sont les émotions perceptibles à travers elles, mais je mettrais ma main à couper que l’azur, qui les constitue, vous captive tant il semble envoûtant… À s’y méprendre l’on en viendrait presque à soupçonner que ces yeux, surmontés par deux épais sourcils ambrés traversant ma toison, ont été baignés dans du mana depuis ma venue au monde ce qui ne serait pas totalement erroné quand on y repense à tête reposée.

    Pour sa part, mon visage est encadré par une longueur chevelure cascadant jusqu’à ma taille au point qu’à s’y méprendre, l’on croirait qu’ils coulent comme de l’eau. De couleur blonde, il n’est pas rare, au vu du climat particulièrement ensoleillé du Reike, qu’ils donnent l’impression d’être translucides. De par la longueur des cheveux et des mèches quelque peu rebelles qui composent ma toison, l’on pourrait s’attendre à ce qu’ils me gênent lorsque je pratique l’archerie. Au début, pour ne rien vous dissimuler, ce fut le cas. Plus jeune, j’avais pour habitude de les couper court, mais ma sœur a su, je ne sais comment, me convaincre de les laisser pousser ce qui a donné lieu à quelques menus accidents mettant en scène une flèche et le postérieur d’un autre elfe. Par chance, j’ai su m’en accommoder, et ce en faisant usage d’une capuche afin de pouvoir mieux les retenir même si ce choix vestimentaire m’a amené à me confronter un peu plus à la chaleur ambiante du royaume.  Cet habit a été cousu, bien évidemment, pour laisser émerger mes deux longues oreilles pointues qui sont bien plus fines que celles de ma fausse jumelle. À ce sujet, d’ailleurs, elles sont capables de se tortiller ou de s’affaisser en fonction des émotions que je ressens, mais aussi des bruits que je perçois à l’instar de celles que l’on retrouve chez les félins. Elles sont également terriblement sensibles et je suis, par conséquent, dans l’obligation de les masser afin d’éviter que les mouvements de ma capuche n’en irritent la peau.

    Enfin, pour conclure, j’aurais pu vous décrire avec moult détails mon apparence vestimentaire tant les leçons de ma chère soeur pour sublimer mon auditoire m’ont été précieuses, mais cela n’aurait désormais plus aucun intérêt étant donné ma position actuelle. Après tout, un janissaire n’est qu’un esclave dont la fonction est essentiellement militaire. De ce fait, à moins que cela ne concerne un uniforme ou une armure adaptée à ses talents, émettre le désir de porter certains atours est prohibé tant cela présuppose que nous puissions posséder des biens matériels comme n’importe quel citoyen. Alors que, si nous sommes totalement honnêtes, cette simple idée n’aurait pas grand sens, mais n’aurait aussi aucun intérêt. Expliquez-moi en quoi avoir une robe ou un costume me sera utile dans l’exercice de mon devoir ? Aussi, sommes-nous habitués à nous habiller chichement comme en atteste la simple tunique de lin que je porte actuellement. Il n’est d’ailleurs pas rare que suite au décès d’un camarade, nous mettions en commun ses habits afin de nous les partager. Est-ce par souci d’humanité ? Probablement.

    Après tout, les vêtements sont un message, un reflet de la personnalité, de la situation sociale, de l’éducation et de l’image que chacun de nous veut renvoyer au reste du monde. Peut-être qu’inconsciemment, nous tendons inexorablement à essayer de redevenir ce que nous étions jadis. Allez savoir. Peut-être est-ce même pour cela que cette problématique m’indiffère. Ces vêtements sont-ils d’une manufacture si rudimentaire en comparaison de ce que je portais, que je me refuse à me mêler au partage effectué par mes confrères ? Ou bien, éprouverais-je de la nostalgie à l’égard d’un passé qui me semble si lointain que me montrer, en certaines circonstances, impudique ou en nageant aussi librement dans mes vêtements que cela me rappelle les conversations avec ma sœur, me donne un sentiment d’immunité ce qui me met du baume au cœur ? Je ne saurais y répondre ou même formuler une quelconque hypothèse. En revanche, je sais que l’esprit d’un être vivant essaie toujours, d’une manière ou d’une autre, de s’évader au point de verser parfois dans l’excentricité quand bien même le tout serait illusoire. En un sens, perçu ainsi, notre condition aurait presque quelque chose de poétique. N'êtes-vous pas d'accord ?

    Description Psychologique
    Vaesidia Inviere Sans_t26
    Tout corps traîne son ombre et tout esprit son doute.”

    Le descriptif de ma plastique n’était guère suffisant, voilà qu’il vous faut, à présent, celui de ma psyché. Oh. Ne soyez pas alarmé par ce commentaire qui pourrait vous paraitre particulièrement acerbe. Ce n’était nullement mon intention, veuillez bien m’excuser. En l’occurrence, tout comme quelques instants auparavant, je compte me plier à votre requête, quand bien même celle-ci me parait être particulièrement complexe à réaliser. Grâce aux bons soins de certaines personnes au sein du Reike, j’ai su entrapercevoir à quel point je m’étais leurrée au sujet de notre nouveau monarque et à quel point mon récent comportement et mes actes passés s’étaient avérée être « hasardeux ». Ils ont su éclairer ma lanterne et me montrer la voie à suivre pour racheter mes fautes. Cependant, depuis ces évènements, je ne saurais vous dissimuler le fait que j’ai l’étrange sensation que mon esprit m’est étranger. C’est comme si ce domaine de la conscience ne m’appartenait plus totalement. Pour être tout à fait franche, j’ai l’impression que mon âme ou du moins celle de la personne avec qui vous conversez en cet instant a subi les effets d’un bistouri. En effet, elle semble morcelée en plusieurs fragments.

    Lors de mes nombreuses séances de méditation, j’ai bien évidemment tenté d’accéder à cette partie manquante, mais, étrangement, je me retrouve confrontée à une sorte de mur. Aussi, je suis apte à identifier ces ramifications, mais je suis, en revanche, dans l’incapacité la plus totale à faire miennes ces dernières. J’en viendrais presque à présumer que ces subdivisions de moi-même sont en réalité des entités de ma propre personne à un instant donné de ma propre vie et qu’elles ont leur volonté propre. Cependant, n’étant guère versé dans le domaine psychique, je ne puis vous assurer que mes propos reflètent une quelconque forme de vérité. Au mieux, il ne pourrait s’agir que de simples élucubrations de ma part. À force de trop méditer, il ne serait pas impossible que mes errements métaphysiques m’aient conduit à envisager des inepties qui, au demeurant, ne seront d’aucune utilité au Royaume du Reike. Quoi qu’il en soit, je vais tâcher de combler vos sollicitations en la matière bien que je ne susse trop vous conseiller de prendre en compte que par essence une telle démarche demeure quelque peu biaisée. Il est question de moi-même après tout. Je ne puis être totalement objective même si je puis vous assurer vouloir l’être.

    Vous décrire qui je suis ne serait guère un problème. À vrai dire, j’ignore surtout comme faire en sorte que mon propos soit suffisamment stimulant tant j’estime qu’aucun de mes traits psychologiques ne mérite que l’on ne s’attarde sur ma personne. À mes yeux, je n’ai absolument rien de remarquable. Je ne suis qu’une Janissaire parmi tant d’autres. Ceux que vous pouvez déceler chez moi, vous le retrouveriez très probablement chez un de mes camarades. Qu’importe notre statut d’esclaves, nous sommes avant tout un corps qui a fait de la guerre sa raison d’être et qui demeurera fidèle au souverain du Reike jusqu’à ce que nous passions de vie à trépas. À moins que l’un d'entre nous ne soit affranchi et délié de notre serment, nous n’avons pas d’autres leitmotivs. En un sens, nous sommes des gardiens qui ont dédié leurs corps et leurs âmes à l’exécution des volontés de notre seigneur et maître.  Ce condensé de la caste à laquelle j’appartiens devrait vous suffire à vous faire une idée des valeurs qui animent l’entité qui siège dans cette enveloppe charnelle. Mais je présume que tel n’est pas le cas. Aussi me faudra-t-il me montrer plus explicite.

    Je demeure, avant tout, une personne réservée au point que l’on affirmerait, sans trop se leurrer, que je viens à en avoir un comportement des plus effacés. La discrétion n’est pas une valeur vaine à mes yeux, surtout au regard de ma position dans l’échelle sociale. Tel le mobilier que l’on trouvait dans mon ancienne résidence, je ne suis qu’un simple objet vidé de sa substance en l’occurrence et dont la vie peut être employée selon le bon plaisir de mon souverain. De ce fait, conserver le silence en toutes circonstances, à moins que l’on ne me demandât de m’exprimer, me semblait être une conduite judicieuse. Celle-ci dispose, assurément, de multiples bénéfices, dont celui de me soustraire à l’attention d’une assemblée ou à celle de mon détenteur. En un sens, j’essaie de faire plus qu’un avec mon environnement et d’escorter celles et ceux à qui je dois rendre des comptes.  Suite à ce bref exposé, je ne vous tiendrais pas rigueur d'assimiler mon existence à celle d'une sorte de chien de guerre que l’on aurait domestiqué et que l’on tiendrait purement en laisse. Cela ne serait qu’énoncer une vérité que je serais bien en peine de nier.

    L’autre privilège induit par un tel comportement n’est, dans le fond, qu’une conséquence logique. En effet, si j’estime que mon silence est d’or et que je m’évertue à faire en sorte que ma présence demeure anecdotique, j’en viens à être particulièrement vigilante. Bien qu’il soit inaccoutumé que l’on ait recours à mes « services » en tant qu’estafier, ce trait de caractère est fort pratique dans ce genre de circonstances tant il me permet de percevoir certains « problèmes » avant qu’ils ne se présentent. Pour autant, cela ne me rend pas omnisciente. Détrompez-vous ! Néanmoins, je vous confesserais que l’ambition d’une telle démarche est de donner l’illusion que c’est le cas. Hélas ! Je doute être une bonne actrice. Peut-être m’aurait-il fallu prendre des leçons auprès de certaines péripatéticiennes ? Après tout, entre nous, elles savent feindre certaines émotions auprès de leurs clients.

    Être aussi attentive a aussi une autre répercussion qui m’est bien plus profitable à titre personnel. Elle me permet de prétendre avoir un zeste de vertu alors qu’il n’en est rien. Effectivement, je vous confesserais que mon esprit est dévoré par une curiosité maladive. Lorsque j’étais encore à Melorn, je vous confierais volontiers avoir eu un attrait pour les commérages et divers potins. Non que je voulusse causer du tort à mon prochain, tant s’en faut même si en certaines occasions ma langue a pu, par le passé, se montrer particulièrement acérée.  La finalité était principalement de me délecter des faits et gestes quelque peu triviaux que l’on me rapportait et qui prenait forme dans mon esprit grâce à mon imagination fertile.  Je ne me déroberais pas en vous révélant avoir été moi-même la source de certains cancans que vous n’approuveriez pas tant ils souligneront l’être abject que je semble incarner, aux yeux de certains de mes compatriotes, d’un point de vue moral. Pour autant, cette quête insatiable de savoir n’a pas pour seul attrait l’obscénité. Je ne suis guère un philistin. Bien au contraire !

    À l’inverse de ce que vous pourriez croire, et ce malgré ma condition présente, je chéris la notion même de connaissance. La perspective d’apprendre des concepts inédits ou de confronter mon esprit à certaines réalités me comble de joie, car elle m’offre la possibilité d’appréhender mon environnement sous un jour nouveau et d’ainsi le remettre en question. Pourtant, mon intention n’est nullement de contribuer à améliorer ce monde. Mon dessein premier était d’appréhender ces idées novatrices pour en tirer, ensuite, des stratagèmes qui pourraient inspirer certains dans l’élaboration d’une doctrine de guerre. Je comptais, par le biais de mon sens de l’observation, mes interactions, mes lectures et l’expérience du combat, annoter mes pensées sur un support papier pour que d’autres, bien plus brillants et capables que moi au sein de mon peuple, puissent en tirer parti. Je n’aspirais alors qu’à apporter ma petite pierre à l’édifice et à rendre fière ma mère en lui démontrant que j’étais pleinement capable de faire honneur à notre nom en assurant, par un tout autre moyen la protection de notre dernière cité. Bien que ce souhait ne soit, désormais, plus d’actualité, je continue à mener mon œuvre de manière consciencieuse quitte à devoir laisser trainer mes oreilles et mes yeux plus que de raison en certaines circonstances. À ne pas en douter, cela finira probablement par me causer des ennuis. Mais que voulez-vous ? À l'instar d'un papillon de nuit, je désire me brûler les ailes au contact de ce feu brûlant qu'est celui du savoir.

    Mais au fond n’est-ce pas mérité ? Après tout, en un sens, l’on pourrait affirmer que je dénature par ma réflexion et par mes agissements certains concepts issus de la Science ou de la Magie dans le but non dissimulé de mettre un terme à la vie, notion ô combien précieuse pour certaines civilisations, de plusieurs dizaines de personnes et ainsi triompher de mon ennemi lors de cet acte ô combien insensé, encore une fois selon ces mêmes sociétés, que l’on nomme la guerre. Non que je désirasse porter un quelconque jugement de valeur à mon encontre. En vérité, je serais bien en peine de le faire, et ce pour deux motifs. Le premier est assez simple au demeurant. Je n’y prête pas attention. Le second, en revanche, risque de probablement vous inquiéter. Non qu’il y ait matière à vous angoisser si vous désirez mon opinion. Pour tout vous révéler, je n’ai, depuis certains évènements, plus aucune notion du Bien ou du Mal. Ces conceptions ne revêtent plus aucune importance tant elles deviennent anecdotiques lorsque vous êtes un soldat ou, dans mon cas, un janissaire.

    En effet, de par la nature de ma condition, je ne puis me permettre de m’attarder sur de telles questions, car, dans le fond pendant que vous dansez telle une artiste, à mon instar, au sein de ce ballet mortel qu’est une campagne militaire, vous n’avez, en général, qu’un seul souhait : celui de poursuivre votre existence. Or, votre adversaire a tout autant envie de vivre que vous, et comme vous, le moyen pour lui d’y arriver consister à tuer ceux qui s’efforcent de l’éliminer. C’est-à-dire vous. Par conséquent, sur l’instant, la moralité ou l’immoralité de nos actes ne nous frappe pas tant nos considérations sont bien plus prosaïques. Aussi affirmer que je suis dotée d’une volonté de fer me semble quelque peu déplacée tant l’on pourrait utiliser de ce qualificatif pour tous mes camarades. Mais j’admettrais, non sans une certaine malice, que nous savons faire preuve d’une certaine forme d’opiniâtreté qui nous est propre. Que voulez-vous ? Nous avons fait nôtre le mantra suivant : « tué ou être tué ».

    Cette déficience s’explicite également à l’aide d’un autre élément à savoir mon profond attachement envers mon devoir. Que ce fût en tant que capitaine d’un escadron ou en tant qu’esclave, je demeure loyale si ce n’est excessivement dévoué au Royaume du Reike et à son souverain légitime. Certains esprits pernicieux me targueraient de faire preuve de fanatisme ou d’avoir été endoctrinée, mais il n’en est rien. Bien que je ne remette jamais en cause les commandements de mon seigneur, je n’exécute pas les ordres sans pour autant faire preuve d’un minimum de réflexion. En effet, à mes yeux, seul importe le résultat ou l’objectif à accomplir fixé par mes supérieurs hiérarchiques. L’obtention de cette solution ou la résolution de cette finalité ne dépend que de mes camarades, ou de moi-même, et non d’une tierce personne à moins, bien évidemment, que celle-ci n’ait élaboré un plan des plus ingénieux. De ce fait même si je suis d’un naturel intuitif, je préfère me montrer méticuleuse quitte à devoir entamer une longue réflexion ou à interpréter un peu trop largement certaines ordonnances.

    Une telle conduite m’a souvent conduite à tâter du fouet tant certains contrôleurs royaux n’admettaient que je puisse me montrer aussi insubordonnée, car ils avaient à cœur que j’obéisse scrupuleusement à leurs desiderata ou, pire encore, que je finisse par succomber afin de remplir un quelconque agenda ou de m’éliminer définitivement au nom d’antiques rancœurs. Après tout, bien que je ne m’en plaigne guère, à leurs yeux j’incarne un ustensile dont on peut disposer à sa guise et dont le sacrifice ne signifie rien si ce n’est un bête chiffre dans un registre administratif. Il est toutefois assez curieux, si vous désirez mon opinion, qu’il me soit reproché d’être aussi créative dans l’art de la guerre alors que ma vie fut préservée pour ce seul et unique motif.  Cela me laisse quelque peu perplexe. Mais, tranquillisez-vous, je ne tiens pas rigueur à ces hommes ou à ces femmes de m’admonester si ce n’est de me fouetter. Sur le principe, ils n’ont pas tort, car je manque à mes devoirs d’esclave.  L’on attend d’un serviteur qu’il se soumette totalement à son maître. En somme, qu’il soit discipliné. Or, dans mon cas, je suis docile sans pour autant totalement l’être. Aussi, encore que j’éprouvasse de la douleur lors de ces séances de « rééducation », j’essaie, comme à mon habitude, de demeurer stoïque si ce n’est apathique.

    Ironiquement, cette attitude, qui m’attire quantité de désagréments, prend source dans mon dévouement envers le Royaume du Reike. Bien que je sois quelque peu critique à son égard et à celui de certains de ses représentants, car j’estime que certains pans pourraient être améliorés, j’y demeure profondément attachée, en dépit de ma condition, au point que j’en suis venue à considérer que mon trépas, sur le champ de bataille, ferait obstacle à mon devoir et à mon « serment ». En tant que janissaire, j’ai « consenti » à ce que ma vie soit assimilée à une arme et que cette arme soit usitée au nom des prétentions du Royaume ou de sa défense. Or, quoiqu’une lame puisse s’émousser au fil du temps, il ne faut pas pour autant s’en débarrasser à la première occasion à cause de ce prétexte. Il faut l’entretenir pour qu’elle puisse remplir sa fonction le plus longtemps possible. Il en va de même pour moi. Je ne sais que trop bien que mon existence se terminera sur un champ de bataille. Après tout, n’est-ce pas un philosophe qui affirmait, à raison, ceci : « celui qui manie l’épée  périra par l’épée » ? Je ne me leurre pas sur mon avenir qui, entre nous, ne me pose aucun problème. Néanmoins, j’estime que cette monarchie peut tirer profit de mes compétences pendant un certain temps encore. Du fait que mes camarades et moi disposions d’un certain savoir-faire et d’une expérience certaine dans l’art du combat, il me parait peu judicieux d’épuiser sottement une telle ressource. Qu'en pensez-vous ?

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  • Sam 19 Nov - 15:00
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    Vaesidia Inviere Deuxiz10
    "Whatever your elders have told you, war is not glory. War is seeing people at their very worst and choosing to protect them anyway."

    J’ai fait mention des quelques brimades que je recevais à juste titre à cause de mon absence cruelle de « coopération » en certaines circonstances. En revanche, j’ai oublié de mentionner que certaines de mes corrections étaient dues à ma franchise. Bien que je sois une personne silencieuse et contemplative, je reste franche lorsqu’une tierce partie désire mon opinion sur un sujet.  Même si je demeure respectueuse de la hiérarchie et de mes supérieurs, il semblerait que ma sincérité soit quelque peu déplacée. Effectivement, à de multiples occasions, j’ai, par inadvertance, blessé mes camarades ou certains de mes maîtres sans m’en rendre compte tant je m’évertuais à répondre à la question qui m’était posée sans faire de fioritures. À croire que toute vérité n’est pas bonne à entendre. Hélas !  Je suis, sans doute, incapable de me montrer délicate avec mon auditoire.

    Certains ont ainsi appris à éviter de me solliciter et à me laisser profiter de ma solitude quand je ne suis pas en « service ». Oh ! Rassérénez-vous. Je ne m’ostracise pas d'autres janissaires. En fait, c’est même l’inverse. Je demeure à leur écoute et tente de les aider lorsque je le puis. Il existe un esprit de corps que je ne saurais nier. Peut-être s’agit-il d’une réminiscence de mon comportement lorsque j’étais encore une capitaine ? Je l’ignore. Néanmoins, j’essaie de veiller sur eux si ce n’est de les conseiller, quitte à faire preuve de sévérité, pour qu’ils puissent, non pas survivre, mais remplir leurs « responsabilités » comme il se doit. Pour autant, pour des raisons que j’ignore, agir ainsi me met autant de baume au cœur que cela me le transperce. Il est fort probable que c’est à cause de ces émotions qui m’agitent que je tends à m’éloigner du groupe pour profiter de la quiétude du silence et apaiser ces sentiments qui ne m’appartiennent pas et sur lesquels nous reviendrons probablement plus tard.

    À ce sujet, bien que je semble apathique ou inébranlable, n’allez surtout pas imaginer que je sois dépourvue de toute émotion. Bien que mes camarades le nient probablement, je suis, à leur instar, sensible à ce sentiment qu’est la peur. Tout comme eux, je l’éprouve lorsque je suis sur un champ de bataille. L’angoisse glacée de l’attente d’un combat ou d’une charge ennemie ne m’est pas étrangère. Pour autant, je veille à ne pas la laisser me dominer, car si je daignais la laisser me paralyser, ma survie en deviendrait dès lors compromise. Cependant, depuis certains évènements, il s’avère que cette sensation m’accompagne lorsque je m’adonne à l’un de mes rares passe-temps à savoir l’écriture dans mon carnet ce qui, en toute franchise, m’amène à m’interroger sur moi-même. En serais-je venue à redouter ma propre personne ? Cela paraît être peu crédible, mais l’existence même de cette impression, en ce genre de circonstances, ne l’est guère non plus. C’est comme si mon instinct cherchait à me susurrer à l’oreille qu’un tel loisir était nocif pour moi. Il est vrai que pour me conformer à mon serment, j’emploierais les connaissances de ce carnet sans éprouver le moindre doute. Mais, dans ce cas, n’irais-je pas trop loin dans la nature de mes actes ? N’en viendrai-je pas à commettre un bien trop lourd sacrifice ? Il est fort probable que je serais dans l’incapacité de m’arrêter, car cela réduirait à néant mes accomplissements et que cela m’obligerait, surtout, à me contempler dans un miroir. Bien que cela ne me pose aucun problème de le faire, je sais que jadis, ce n’était pas le cas…

    Cette impression est, à ne pas en douter, relié à l’une des ramifications détachées de mon âme. En effet, il est assez commun que j’en vienne à éprouver des émotions que, sur le moment, je ne parviens pas à identifier, car elles sont issues d’un ressenti que je n’éprouve pas véritablement moi-même.  Pour tenter d’expliciter ce phénomène, c’est comme si ces sentiments n’étaient que le reflet d’un écho plus lointain. Ils peuvent m’influencer et affecter mon humeur, mais en aucun cas, ils ne sont de mon fait. C’est un phénomène pour le moins troublant que je ne m’explique pas et qui me pousse à m’interroger si ce n’est, parfois, à ressentir du souci tant certaines sensations sont quelque peu problématiques.

    Pour commencer, je me suis souvent surprise à ressentir de l’amertume, de la tristesse ainsi qu’un profond désarroi. Mon cœur est bercé d’une langueur monotone et d’un manque que je ne m’explique pas tant je ne suis pas à plaindre. Pire encore ! J’éprouve de la honte ou un sentiment de vide. Je laisse, en privé, mes larmes couler quand, du moins, je parviens à les exprimer et en viens à  percevoir mon environnement d’une manière totalement désenchantée. C’est comme si, soudainement, je devenais nihiliste et dépressive. Quelque chose me hante et je ne parviens à pas à exercer une forme de catharsis pour m’en libérer. Je transporte un fardeau que je n’identifie pas et qui ne m’appartient plus vraisemblablement. C’est excessivement frustrant. Cela me pousse à me renfermer sur moi-même pour tenter, sans grand succès, d’élucider ce mystère qui m’obsède. J’ai d’ailleurs remarqué que j’avais tendance, durant ces instants, à caresser avec insistance la cicatrice située entre mes seins comme si mon mal-être était lié à ce que j’avais vécu durant ces évènements. Il est vrai que cette partie de ma mémoire, quand je m’y attarde, véhicule un contenu émotionnel dont j’ai le plus grand à mal à me défaire. Il m’est totalement étranger et pourtant, en même temps, si familier. J’ignore quel est votre avis sur cette question, mais pour ma part j’estimais, grâce à la rééducation que j’ai subie, en avoir terminé avec ces fantômes du passé.

    Hélas ! Ces derniers continuent de m’assaillir au point que j’en ai des cauchemars, que je n’hésiterais pas à qualifier de terreur nocturne, ou, par moment, des reviviscences. Aussi en suis-je venue à éviter, autant que faire se peut, de dormir tant j’éprouve de la crainte à l’idée de laisser reposer mes paupières. J’essaie même de ne pas me retrouver dans des situations ou face à des éléments qui pourraient convoquer ces souvenirs. Hélas, cette mémoire étant liée à la capitale, au sein de laquelle je me trouve, et au métier de soldat ne peut être conjurée aussi facilement. Ma fonction présente m’oblige à résider au sein de la capitale et à me confronter aux affres de la guerre et aux préparatifs qui y ont attraits. Je ne puis donc échapper à ces vestiges d’une autre vie qui n’est pas la mienne et d’une autre âme qui n’est en aucune façon apparentée à la personne que je suis désormais. Je refuse d’avoir à endosser cette culpabilité étouffante voire ces remords qui enserre ma gorge, me coupe l’appétit, me fatigue grandement, me pousse à des excès de nostalgie et m’empêche de me concentrer sur mes tâches quotidiennes. Cela joue tellement sur mon humeur que parfois je ne puis réprimer mon irritabilité.

    Une seconde ramification existe et, pour être tout à fait honnête avec vous, elle me parait être plus « difficile » à vivre que la première. En effet, cette « âme » est dévorée par la colère et par la haine à un point tel que je suis bien incapable de vous la quantifier. En revanche, il me parait assez évident que ce morceau de mon esprit est bel et bien dangereux pour moi-même tant son influence est des plus néfastes. Par exemple, je me suis surprise à tenir, dans mon carnet, des raisonnements reposants, non pas sur le rationalisme comme j’en ai l’habitude, mais sur un pragmatisme outrancier lié à une forme de flexibilité que certains jugeraient nauséabonde au regard des tactiques qu’il m’est arrivé de dresser dans le cadre de ma réflexion sur l’art de la guerre. Je présume que ce savoir, dont la teneur morale m’indiffère totalement, trouvera acquéreur ou sera, au pire, employé par moi-même lors d’un conflit. Je ne m’en inquiète guère.

    Cependant, je me soucie de cette personnalité vindicative et amorale, car je crains que mes sautes d’humeur notamment liées à cette individualité pour le moins caractérielle ne me poussent à commettre des maladresses ou, pire encore, ne me fasse rencontre un terrain favorable à un décès prématuré. Arahan affirmerait, non sans raison, que j’ai toujours été une personne capricieuse. Cependant, je considère être moins « mauvais » que cette portion d’esprit ô combien belliqueux et déraisonnable. Pour autant, les instincts issus de cet autre moi ont aussi leur utilité dans le cadre de mes fonctions. Bien qu’elle soit avide de revanche envers un ennemi ou une faction que je n’arrive pas à identifier, cette Vaesidia alternative sait se montrer retorse et machiavélienne dans ses raisonnements. Son approche froide et amorale m’est extrêmement précieuse lorsque je m’adonne à mes séances de rédaction tactique. Je vous confesserais être particulièrement inspirée lorsque cet esprit revêche et dédaigneux envers son environnement et les personnes qui le constituent accepte d’éclairer ma lanterne. À ses yeux, la moindre entité en ce monde n’est qu’un pion qui ne demande qu’à être manœuvré lors d’un conflit. Qu’il fût roi ou non. Après tout à la fin de la partie, tous deux retourneront dans la même boîte. Le tout est donc de disposer d’eux de manière judicieuse. Elle m’est également très précieuse pour intimider un quidam ou faire rentrer une « nouvelle recrue » dans le rang. Il est vrai qu’au regard de mon timbre de voix si particulier, ce ton glacial et froid que me permet de prendre cette même personnalité doit probablement faire froid dans le dos.

    J’ai, toutefois, noté que cette ramification me poussait à commettre des  imprudences et à tenter le tout pour le tout ce qui, entre nous, ne m’enchante guère. Je n’éprouve guère le désir de passer de vie à trépas comme vous le savez déjà. Hélas ! Son intransigeance, sa méfiance et son cynisme rendent parfois mes rapports avec mon prochain quelque peu conflictuels. Par moment, c’est à croire aussi qu’elle souhaite s’évader de mon corps et prendre forme elfique pour exercer son juste courroux sur ceux qui l’auraient offensée. Elle est excessivement difficile à gérer de par l’instabilité qui la constitue. En l’occurrence, pour vous donner une image afin que vous vous représentiez mieux mon fardeau, c’est comme si j’entendais une voix pernicieuse dans ma tête voulant me pousser à commettre certains actes au nom de motifs douteux.

    J’ai, par ailleurs, remarqué qu’elle tentait de se manifester lorsque je rencontrais certains officiels du Royaume en lien avec notre souverain. Visiblement, si je devais émettre une supposition, je considèrerais qu’il s’agit d’une partie de mon âme qui demeure réfractaire à la rééducation que j’ai subie. Hypothétiquement, elle n’apprécie pas avoir perdu la guerre et avoir vu disparaitre sous ses yeux ses camarades qu’elle aspire à venger. Pour connaître mon état d’esprit d’alors, je vous dirais que c’est une portion malade ayant succombé à la folie lors de ce qui fut une véritable apocalypse. La perspective de résister envers et contre tout face à un destin inéluctable lui a fait perdre la raison tant, malgré la connaissance de sa mort imminente, elle cherchait par tous les moyens à se soustraire à elle quitte à avoir recours aux artifices les plus immondes qui soient. Bien que je n’en parle jamais, je crains que tôt ou tard cette ramification quelque peu indomptable ne finisse par me consumer entièrement et ne laisse la place à un être qui mériterait probablement le qualificatif de furie. Il s'agit, à ne pas en douter, de l'antithèse de tout ce que je cherche à incarner en tant que janissaire ou de ce que je désirais être en tant que capitaine.


    Vaesidia Inviere Elfe10
    "Qui est celle-ci qui apparaît comme l'aurore, belle comme la lune, brillante comme le soleil, redoutable comme des armées qui marchent à enseignes déployées ?"

    Fort heureusement, bien que mon humeur soit quelque peu impactée par ces éléments, il arrive, lorsque je demeure à la caserne, que j’en vienne à oublier ce que j’ai vécu et la situation dans laquelle je suis pour à nouveau être celle que j’étais avant ma déchéance à savoir une elfe ô combien égoïste et  fière. En effet, même si je demeure loyale envers le Royaume du Reike et son souverain, je considère que les elfes sont au-dessus des autres espèces de ce monde. Nul ne peut prétendre être notre égal. Pas même les Titans que nous avons défaits, il y a des éons de cela. Mon désir le plus cher est sans nul doute d’assurer l’ascendance de ma civilisation sur toutes les autres afin qu’elle retrouve son rang légitime qui, jadis, lui a permis d’établir un empire vaste et puissant. Les autres espèces, du fait de leur immaturité, sont une menace pour ce monde, mais aussi pour ma civilisation. Aussi, il est impératif que nous puissions les guider sur la voie de l’Illumination. Mais encore faudrait-il que nous puissions rivaliser avec toutes les factions en présence afin de peser de tout notre poids lors de certaines négociations. J’espère de tout mon cœur qu’à nouveau nous parviendrons, nous autres elfes, à éclairer les ténèbres de ce monde sans qu’aucune autre société ne prenne nos triomphes à leurs comptes. Telle est mon ambition. Quoi qu’il en soit, je serais toujours prête à sacrifier ma vie pour sauver mon peuple, sans l’ombre d’un doute. C’est la seule constante qui m’a toujours animé.

    En somme, l’on peut affirmer, sans se leurrer, que je suis une personne quelque peu hautaine du fait de ses origines.  Je ne suis pas, pour autant, raciste, du moins pas totalement. En effet, il est vrai que j’éprouve beaucoup de problèmes à ne pas me montrer quelque peu méprisante lorsque j’aperçois certains hybrides. L’idée même qu’un homme ou une femme ait pu s’accoupler avec un animal pour donner naissance à de telles aberrations me dépasse. Par chance, Mère Nature semble avoir fait d’eux des êtres stériles. Peut-être est-ce pour le mieux, car, entre nous, pouvons-nous vraiment considérer ces anomalies comme des êtres vivants et conscients ? Personnellement, je ne le crois pas tant certains sont particulièrement bestiaux. Si cela ne tenait qu’à moi, on les aurait purgés même si j’admets, bien volontiers, qu’ils font de l’excellente chair à canon sur le champ de bataille.

    Vous l’aurez entraperçue au cours de ce bref exposé, malgré mon comportement posé, il m’arrive d’être terriblement passionné lors de certains débats et d’être quelque peu sarcastique si ce n’est caustique. Peut-être est-ce là l’influence de l’une des deux ramifications que je vous ai présentée auparavant ? Je l’ignore. Ce que je sais, en revanche, c’est que je puis me montrer terriblement persuasive lorsque je le souhaite. Hélas ! Je suis également quelqu’un d’assez buté. Tant que l’on ne m’aura pas présenté une preuve tangible selon laquelle mon raisonnement ne tient pas la route, je refuserais bec et ongles de reconnaitre mes torts. Si l’on tient compte dans ce calcul de ma susceptibilité et mon amour immodéré pour la compétition l’on obtient un mélange détonnant, croyez-moi ! J’ai toujours été une mauvaise perdante. Même si, à mon humble avis, je perds, car les dés sont pipés ou que les autres participants trichent de manière éhontée.

    Rassérénez-vous, en dépit de ces quelques défauts, je ne me dérobe pas devant mes responsabilités. Bien au contraire ! Je les assume pleinement ! Par exemple, j’ai toujours pris soin de veiller sur ma sœur cadette ou de me conformer aux desiderata de Mère qui souhaitait que je suive la voie qu’elle m’avait tracée conformément aux devoirs qui m’avaient été conférés de par mon droit d’ainesse. Arahan affirmerait, probablement, que ma vie n’a été qu’une succession de choix qui ne m’ont jamais appartenu et qui ne sont que le fruit de bêtes codes sociaux et elle n’aurait probablement pas tort. Cependant, j’ignore ce qu’aurait été ma vie si je n’avais pas embrassé ces choix. J’ai presque été formatée pour accepter d’endosser ces charges sans me poser la moindre question. Pour être honnête, si un choix m’avait été proposé, j’aurais été bien en peine d’en faire un étant donné que j’ignore totalement ce que j’aurais pu faire. Je suis destinée à prendre la succession de ma mère, tout comme j’étais vouée à devenir une femme d’armes. En somme, tout ceci me semblait aller de soi. C’est encore le cas aujourd’hui.

    Notons que je suis, également, quelque peu misandre. J’ai souvent tendance à considérer que les hommes ne sont que des êtres inférieurs tout juste bons à assurer la reproduction de l’espèce. Et encore, je ne parle ici que de conception et non de plaisir, car, dès lors, je vous prie de certifier qu’ils ne savent guère contenter un membre du Beau Sexe. Ce sont des êtres rustiques qui ne pensent qu’avec ce qu’ils ont entre leurs jambes et non avec leur cervelle. Je ne m’étendrais pas sur la bêtise qui semble les caractériser tant elle est évidente. Au travers de ce passage, vous aurez compris que tout comme ma sœur, j’ai su me distinguer par mes mœurs légères. Que voulez-vous ? En tant que soldat, j’ai toujours estimé qu’il fallait que je profite de ma vie au jour le jour. Je suis ou du moins j’étais une véritable épicurienne qui goutait son existence à pleines dents. Je ne tergiversais jamais dès que j’éprouvais le désir de séduire mon prochain. Pire encore, l’influence d’Arahan fut telle, dans ce domaine, qu’à son instar je puis, sans nulle gêne, faire preuve d’impudicité.

    À propos de ma sœur, malgré le fait que nous soyons jumelles, nous ne nous ressemblons qu’assez peu. Autant physiquement que psychologiquement, nous sommes aux antipodes l’une de l’autre. En effet si elle affectionne la nuit et la lumière de la Lune, j’opte, de préférence, pour les doux rayons de l’astre du jour sous lequel j’affectionne, tout particulièrement, me prélasser. Ce n’est que lorsque cette gigantesque étoile pointe le bout de son nez que j’ai véritablement le sentiment de vivre. En revanche, lorsque les ténèbres insondables de la nuit apparaissent, j’en viens à perdre de mon éclat et à me sentir quelque peu vaseuse. Par bien des aspects, j’incarne cet astre par mon dynamisme et surtout par ma beauté envers laquelle j’accordais, il y a de cela encore très récemment, une importance capitale. À son image, j’ai toujours été enjouée et rayonnante et j’ai toujours voulu irradier une pièce de ma présence, qui, entre nous, est ô combien resplendissante. Que voulez-vous, nous autres elfes, en plus d’être maniérée, sommes, pour certains d’entre nous, vaniteux.

    Néanmoins, je m’interroge sur ce défaut inhérent à ma personnalité. N’était-il qu’un moyen de me mettre en confiance ? C’est fort possible. J’ai toujours donné, adulte, l’image d’être une personne sociable et chaleureuse, mais, dans les plus noirs tréfonds de mon être, je sais que ce comportement n’était qu’un moyen destiné à pallier un manque que j’ai subi enfant. Du fait de ma voix, j’étais particulièrement timide. Cela prenait de telles proportions que je laissais Arahan parler à ma place lorsque nous devions rejoindre nos amis tant je n’étais guère à l’aise. Depuis ce jour et l’idée brillante de mon père, je m’efforce d’aller vers les autres ce qui n’est pas nécessairement évident par moment. De même, il est fort probable que je souhaite me mettre en avant afin d’attirer le regard si ce n’est la reconnaissance de ma sœur et surtout celle de ma mère, qui dès mon plus tendre âge, se montrait particulièrement critique à mon égard. En somme, même si j’ai grandi, il n’en demeure pas moins que j’essaie de compenser certaines affres de mon éducation.

    Il en va de même pour ma jumelle, je suppute, envers laquelle je demeure toujours aussi soucieuse. Bien que j’eusse essayé de le comprendre, son mode de vie est aux antipodes du mien et fait d’elle une inadaptée sociale. Non que cela me dérange. Je n’ai toujours souhaité que son bonheur. Cependant vu à quel point la civilisation sait se montrer cruelle envers certains parias, je sais qu’il me faudra toujours veiller sur elle afin de la préserver même si, désormais, cette tâche m’est impossible, et ce pour mon plus grand regret. Ironiquement, même si nous incarnons le pendant négatif de l’autre, je sais que sa présence me manque terriblement. Je ne suis entière qu’à ses côtés et son absence me provoque comme une sorte de douleur sourde que nul ni personne ne pourrait soulager. Nous sommes les deux faces d’une seule et même pièce. Sans l’autre, nous ne sommes rien.  Même si je ne devrais probablement pas vous le révéler, je sais que je l’aime non pas comme un être dont le sang serait proche du mien, mais plutôt comme l’on chérirait son âme sœur bien que cette qualification soit sans doute exagérée me dira-t-on.

    Oh ! Ne me regardez pas ainsi, je sais ce que vous pensez et moi-même, jusqu’à très récemment, je m’évertuais à comprendre les tenants et aboutissants de cette histoire que certains qualifieraient de sordide. Je sais que par essence la civilisation dans son ensemble condamne ce genre de relations. Je savais que c’était mal. Et pourtant, je m’y suis laissée tenter, guidée par l’ardeur de mes sentiments envers elle.  D’un côté, je me dégoutais pour avoir osé ainsi commettre un acte si répugnant et pourtant, de l’autre, je ne pouvais m’empêcher d’affectionner le souvenir de ces douces lèvres sur ma peau d’albâtre… Bien que désormais les notions morales de Bien et de Mal me soient étrangères, j’ignore quelle posture adapter lorsque je finirai par me retrouver devant elle. Devrais-je assumer ma dépravation, me délecter de cette source de joie et de plaisir et lui proposer de nous marier ou, au contraire, devrais-je la repousser au risque de nous faire souffrir mutuellement afin que nous disposions, enfin, de relations plus communes ? A moins que tout ceci ne fut qu'un moyen d'exprimer notre relation fusionnelle ? Je sais que Mère réprouve cette liaison, mais de l’autre qu’y a-t-il de mal ? Ce n’est pas comme si nos sentiments n’étaient pas sincères ou réciproques… Quoique…étant donné le comportement d’Arahan, je fusse bien en peine de savoir si elle tient véritablement à moi si je ne suis qu’une parmi tant d’autres, car elle aurait ressenti un désir passager envers moi ou non. De même, ayant quelque peu changé moi-même depuis la consommation de notre relation, il se pourrait que j'en vienne à éprouver des sentiments pour autrui sans que je ne pusse les contrôler.

    Pour conclure, outre ma thalassophobie sur laquelle je ne m’étendrais pas, je soulignerais que le Reike a su m’influencer dans mes pratiques religieuses. En effet, avant de rejoindre ce Royaume, ma mère avait pris soin de m’inculquer le respect dû à nos ancêtres et à ceux qui étaient morts lors du conflit contre les Titans. Aussi, lorsque j’ai commencé à vivre dans la région et à m’acclimater à sa culture, j’ai été quelque peu séduite par la dimension métaphorique de ce culte auquel je m’identifie assez facilement  au regard de l’importance qu’il accorde au soleil, aux étoiles, mais aussi à la Lune. J’admets, également, que j’éprouve une certaine forme de quiétude à l’idée que mes ancêtres veillent sur moi et m’écoutent lors de mes instants de doute. J’ai le sentiment qu’en dépit de la distance qui nous sépare, ils peuvent répondre à mes prières en surveillant ma sœur et ce peu importe l’endroit où elle se trouve. De même, la possibilité de contempler ces astres m’offre la possibilité de me recueillir et de rendre grâce à la mémoire de mes défunts compagnons, qui je l’espère, auront connu le repos éternel malgré le contexte de leur disparition.

    Histoire ou test-rp



    Au cours de vos pérégrinations, vous tombez sur un pigeon voyageur agrippé à une rambarde  et quelque peu harassé comme s’il avait traversé l’enfer. Vous notez qu’à sa patte se trouve un parchemin dans un bien piètre état. Mu par votre curiosité, vous vous empressez de le détacher, d’ôter le médaillon en forme d’astre qui y est rattaché, puis de le dérouler. Celui-ci, pour votre plus grande stupeur, est tacheté de sang par endroits. Au regard de la condition du volatile et de l’entête du message, vous saisissez immédiatement que l’auteur de ce message devait probablement être l’un des ultimes défenseurs de la capitale du Royaume du Reike et qui, au vu de son écriture, certes élégante, mais quelque peu tremblante et des quelques marques qui semblent se manifester ponctuellement dans le récit, semblait être saisi par l’émotion. Bien que ce message de quelques pages ne vous soit pas destiné, vous vous décidez à la lire dans l’espoir d’apprendre certains détails relatifs aux derniers évènements politiques de cette région.



    Ikusa, le {la date est illisible}


    Ma chère sœur,


    Je te prie, avant tout, de bien vouloir me pardonner pour le contenu de cette missive même si je suppute qu’il s’agit d’un concept qui doit, malgré tout, te sembler étranger. Les mots, ainsi que le temps, me manquent pour parvenir à t’expliciter le malaise qui m’étreint au fil de ma plume. Cette lettre sera, pour mon plus grand regret, sans commune mesure avec les précédentes. Pour quelle raison ? Et bien…elle marquera la conclusion de notre correspondance que nous entretenions jusqu’à présent non sans une certaine passion. Lorsque tu la recevras, j’aurais déjà probablement rejoint nos ancêtres parmi les étoiles. Aussi avant de ne serait-ce que pouvoir te surveiller depuis les constellations, je tenais une dernière fois à m’entretenir avec toi et à me confesser.

    Je sais.  Je peux sembler irresponsable à désirer vouloir rédiger ce bref message alors que la flamme de mon existence est sur le point de s’éteindre face à la horde de prédateurs qui assiège notre dernière position dans la capitale.  Je présume qu’au vu de ta « philosophie », tu me conseillerais d’abandonner ma plume, de me saisir de mon arc et de mes flèches afin de faire connaître à mes ennemis la dure réalité de la vie. Dans le fond, tu aurais certainement raison. Cela fait des jours, que je me laisse guider par le mantra « tué ou être tué » au point de commettre des actes que la civilisation pourrait qualifier d’atrocités. Fort heureusement, je ne ferais jamais face à cette culpabilité dont l’origine prend racine dans le manquement de certaines valeurs propres à la société en général et que l’on m’a inculquée dès mon plus jeune âge. Ce n’est, d’ailleurs, pas sans une certaine ironie que je me dis que pour toi, un tel comportement, même de ma part, doit te sembler normal. Après tout, n’est-ce pas lorsqu’il sent sa fin approchée qu’un tigre devient particulièrement féroce ?

    Quoi qu’il en soit, je tenais à rédiger ces quelques mots, aussi imparfaits soient-ils, pour soulager mon cœur et te révéler tout ce que je n’ai pas eu le courage si ce n’est le temps de te dire en face. J’ose espérer, malgré tes excentricités, que tu saisiras l’importance de ma démarche, mais aussi de mon affection à ton égard.

    Car oui, même au crépuscule de mon existence, ce sentiment n’aura jamais fluctué en 288 ans. Depuis notre naissance, je n’ai jamais cessé de te chérir même si je dois te confesser que tu fus, en certaines circonstances, quelque peu enquiquinante. Il est vrai que Valfreyja, notre mère, a dû te percevoir ainsi lors de notre venue au monde, car comme tu le sais, au sein de notre espèce, avoir des jumeaux, même si dans notre cas nous sommes de fausses jumelles, est excessivement rare au point que la croyance populaire a tendance à interpréter cela comme étant de bon augure quant à la destinée des deux bébés. Entre nous, je te dirais, étant donné ma situation actuelle, que mon sort n’a strictement rien de prometteur. Je doute que l’on vienne même à conter une pseudo-légende à mon sujet lorsque je serais passé de vie à trépas. Même si nous sommes nées avec seulement quelques secondes d’intervalle, je présume que les douleurs de l’accouchement ont un rapport avec le mépris qu’entretenait mère à ton égard, car tu fus, selon elle, une véritable petite démone avant même de sortir de son ventre. Fort heureusement, ton apparition dans ce bas monde combla de joie notre père, Finubar avec lequel, quelques années plus tard, tu finirais par te rapprocher.

    Vaesidia Inviere Enfanc10
    "Le temps de l'enfance est court. Il ne se rattrape pas."

    Sans toi, mon enfance aurait été bien triste. Même si, j’étais une fille assez dynamique qui aimait se prélasser au soleil tel un chat, j’avais bien du mal à tisser des liens avec les autres enfants tant j’étais timide. Avant que Père n’ait la merveilleuse idée de m’inscrire à des cours de chants, j’éprouvais un sentiment de honte à l’idée qu’une personne extérieure à notre famille puisse entendre une voix si inharmonieuse que je notais bien, parfois, le mouvement de tes oreilles délicates dont les tympans devaient souffrir le martyre. Pourtant, en dépit de cela et malgré toutes tes excentricités, tu as accepté de faire le lien entre moi et l’extérieur en conversant à ma place et en me forçant à sortir de la propriété familiale située en dehors des murs de Melorn. Pour cela, je t’en serais éternellement reconnaissante.

    Tu as été un rayon de soleil (ou dans ton cas je devrais plutôt parler de Lune) dans cette existence qui fut la mienne dès cette époque. Nous étions capables de finir la phrase de l’autre et pas une journée ou une nuit ne passait sans que nous ne jouions ensemble ou ne dormions ensemble. Nous avions une relation fusionnelle qui, je dois le reconnaitre, m’a grandement aidé à surmonter les épreuves que Mère me faisait subir. Notre génitrice n’était guère tendre avec toi et bien souvent, j’ai tenté de prendre ta défense au point de lui confesser des bêtises que tu aurais pu faire en mon nom. Hélas ! Ton comportement lui hérissait le poil au point que je crois qu’elle venait presque à ne plus te considérer comme son enfant, mais comme une erreur qui jetterait l’opprobre sur le nom de notre famille. Plus d’une fois, il m’a fallu grimper dans un arbre pour espérer te convaincre de bien vouloir en descendre tant tu faisais la forte tête et défiais notre mère, boiteuse de son état, à venir te chercher.

    Votre absence de véritable relation m’a toujours quelque peu blessée. Il était de mon devoir d’ainée de veiller sur toi et surtout de te guider. Hélas ! Au vu de l’absence de résultats, j’estime avoir échoué et m’en excuse pour cela. Je sais que tu me pardonneras cette faute, car elle ne représente rien à tes yeux. Pourtant, je ne puis m’empêcher de me juger responsable de cet état de fait. Non que je veuille remettre en doute tes choix qu’à défaut de comprendre pleinement, je respecte. Je regrette d’ailleurs de ne pas pouvoir continuer à tenter de te superviser. Cette imputabilité était la mienne et je ne pourrais plus l’assumer. Aussi te prié-je de te souvenir de mes conseils et de ne point commettre de folies. Bien que je désire te revoir par delà cette mer étoilée, je voudrais que cela se fasse lorsque tu auras vieilli et pleinement vécu, pour nous deux.

    Non que l’idée d’être ainsi séparée de toi ne me cause pas une douleur profonde, qu'il m'est difficile de qualifier, tant elle déchire mon âme pourtant si incomplète du fait de ton absence à mes côtés. Elle en vient à me rappeler la première fois où cela s’est passé. Nous devions avoisiner les soixante-dix ans et Valfreyja avait insisté auprès de Finubar pour que celui-ci t’emmène dans ses voyages. Elle considérait, à raison, que tu avais une bien mauvaise influence sur moi. C’est par ta faute, et certes à cause de ma curiosité immodérée et de mon amour pour l’aventure, que je faisais l’école buissonnière et que je te suivais dans tes escapades nocturnes, malgré mon désamour pour ces ténèbres insondables. Mère n’appréciait qu’assez peu que je me montrasse aussi dissipée et elle m’en faisait souvent le reproche en affirmant que je ne serais guère en mesure de prendre sa succession ni de porter le nom de nos ancêtres dont les exploits, à l'époque de notre ancien Empire, me berçaient et me poussaient à vouloir renouer avec cet antique âge d'or où notre civilisation éclipsait toutes les autres par sa puissance.

    Tu affirmerais probablement que Mère ne m’a jamais laissé le choix de mener mon existence comme je l’entendais et qu’elle a eu tôt fait de me convertir à ses ambitions. Tu n’aurais pas tort. Mais est-elle condamnable pour autant ? Depuis que nous étions enfants, et encore plus lors de notre entrée dans l’adolescence, j’ai bien noté que certaines conventions te posaient problème. Dès lors, il m’a semblé naturel de tout faire pour te protéger et d’endosser le fardeau familial. À défaut d’avoir le choix pour moi-même, je voulais que tu puisses avoir le choix de mener ta vie selon ton bon plaisir. Qui plus est, pour être honnête avec toi, j’ignore ce que j’aurais fait de ma vie si l’on ne m’avait rien imposé de la sorte. Contrairement à toi, je n’ai jamais été capable de véritablement m’affirmer. Je ne suis qu’un simuli d’existence qui s’est laissé dompter par la vie en général et qui s’est laissé bercer par le courant.

    Aussi quand tu m’as quitté, lors de nos septante, j’ai laissé Valfreyja déterminer les moindres détails de mon quotidien. Après tout, je désirais faire sa fierté et obtenir de sa part un quelconque compliment qui m’indiquerait que, pour une fois, j’étais à la hauteur de ses espérances. Ce ne fut, malheureusement, jamais le cas. Elle se montra critique à mon égard, voire même blessante, ce qui me motivait à faire mieux au point que je n’hésitais pas à me tuer à la tâche. Je ne te surprendrais pas en te révélant qu’elle comptait bien profiter de notre temps en tête à tête pour faire en sorte que mon existence soit dédiée à la consécration de ses ambitions. En effet, en tant qu’ancienne garde de la cité, elle avait dû se retirer à cause d’une mauvaise blessure dont la cicatrisation avait laissé à désirer. La faute à un comportement des plus psychorigides. Quoi qu’il en soit, ce stigmate avait fait d’elle une boiteuse l’empêchant, de ce fait, d’accomplir ses fonctions correctement. Bien évidemment, elle avait pris son retrait de la vie militaire comme une insulte, si j’en crois certains ragots, mais en un sens, je ne peux m’empêcher de la comprendre et de la plaindre.

    Je sais que ce que je vais te dire va te paraitre quelque peu obscur même si je venais à l’adapter, je présume. Mais ne trouverais-tu pas triste de voir un oiseau, dont le vol était tout simplement magnifique, être soudainement cloué au sol, car l’une de ses ailes aurait été coupée ? Je présume que tu dirais que c’est dans l’ordre des choses dans un milieu naturel au vu de cette lutte constante pour la survie. Cependant, ne pourrais-tu pas compatir ou tenter de vouloir aider ce volatile afin d’apaiser ses souffrances et d’assurer une forme de survie ? Car oui, ma vie n’a été donc le fond que le prolongement de l’existence de ma mère par procuration.

    Non que cela me gênait. Pour être tout à fait honnête, l’idée de rejoindre l’armée me séduisait grandement même si je ne me voyais pas occuper le même poste que Mère. J’ai, par conséquent, suivi scrupuleusement ses enseignements ainsi que ceux de ses anciennes camarades qui acceptaient de bien vouloir me former et ce pendant de longues décennies. J’admets volontiers que ma pratique de l’arc, au demeurant, fut quelque peu désastreuse et je t’en tiens d’ailleurs rigueur pour cela. Je me souviens très clairement d’une occurrence où tu avais pu revenir en compagnie de Père et où, alors que je m’exerçais en compagnie de Mère , tu pris soin de déstabiliser, discrètement, mon arc, au moment où j’encochais ma flèche. Celle-ci alla se ficher dans le postérieur d’un autre elfe qui passait non loin de nous et, non seulement,  je fus mortifiée de honte d’avoir commis ce que tu avais qualifié alors « d’exploit », mais je dus me confondre en excuses auprès de ce quidam et subir le courroux de Mère qui demanda à l’une de ses connaissances de me faire vivre l’enfer. J’admets t’en avoir quelque peu voulu sur l’instant.

    Vaesidia Inviere Format10
    "Engagez-vous, rengagez-vous, qu'ils disaient !"

    Car crois-moi, l’entrainement, que je dus subir durant mon adolescence n’eut rien d’une partie de plaisir. Je dus muscler mon corps et notamment mes bras, travailler mon endurance et mon agilité étant donné ma constitution. Je dus même m’exercer avec des dagues afin d’apprendre à me défendre au cas où mon carquois viendrait à manquer de flèches.  Je crois bien avoir dû patienter d’atteindre les cent quatre-vingt-dix ans avant d’en terminer avec ce quotidien ô combien pénible et éprouvant. Je ne te ferais pas mention de la somme de traité poussiéreux que je dus consulter. Non qu’ils ne fussent pas tous passionnants, bien au contraire ! J’admets que la conception de tactiques et l’élaboration, dans le domaine pratique, d’une doctrine de guerre suscitèrent très rapidement mon intérêt. Tout comme Mère j’étais mue par un profond désir de protéger notre peuple, mais surtout, celle que je voulais mettre à l’abri c’était toi. J’espérais, vainement, à cette époque que tu resterais dans les environs de Melorn. Je me leurrais.

    Quoi qu’il en soit, mes ambitions divergèrent quelque peu des plans de Mère qui, étonnamment, n’en prit point ombrage. Je voulais certes devenir un bon soldat et servir fidèlement mon peuple, mais, plus que tout, je souhaitais élaborer des plans de bataille. Je considérais et considère toujours que si un soldat peut remporter une bataille, un général, quant à lui, sait mener une guerre. J’ai donc tenté de piller la bibliothèque de Melorn sur le sujet au point de m’endormir quelquefois avec de vieux parchemins poussiéreux tout autour de mon lit. Cependant, cette étude se révéla au bout de quelques décennies particulièrement frustrantes alors que je grandissais et devenais progressivement une adulte. Ils se reposaient pratiquement tous sur des conceptions que je qualifierais de datées. Oh, je ne doute pas qu’au sein de notre peuple il y ait un éminent officier.  Néanmoins, j’estimais qu’il était fort peu sage de notre part de ne pas nous remettre en question sous prétexte que notre cité était devenue neutre et que Dame Lysandre nous protégeait à l'aide notamment de sa puissante magie.

    Or là était le problème. Nous nous reposions trop sur la magie et ne pouvais m’empêcher d’énoncer à voix haute les interrogations suivantes que tout le monde qualifia d’absurdités sur l’instant : que se passerait-il le jour où la magie viendrait à nous faire défaut ? Qu’adviendrait-il si à un moment, une tierce personne parvenait à mettre au point par le biais du travail du métal, des armes qui sauraient résister à nos arcanes ? Pire encore que surviendrait-il si nous devions faire face à une nation dont les arts thaumaturgiques surpasseraient les nôtres ? Je me pose, d’ailleurs, encore ces questions alors que je suis sur le point de mourir. Malgré mes travaux et les carnets que j’ai pu envoyer à Mère, j’estime ne pas en avoir assez fait. Je considère avoir failli à cette tâche qui pourtant n’était pas grand-chose et pour laquelle je semblais faite.

    Bien évidemment, l’on me fit un autre reproche : celui de critiquer notre magie alors que j’avais décidé d’apprendre, également, à m’en servir durant mon adolescence. Je te confesserais avoir quelque peu mal réagi à une attaque aussi basse… Si mes souvenirs sont bons, je crois bien avoir fait en sorte que la robe de ce cuistre prenne feu. Il était hors de question que je me laisse insulter par une personne dont les idées étaient si rances qu’elle venait encore à en considérer que l’acte sexuel ne devait servir qu’à la reproduction et dont l’impuissance était un fait notoirement connu. Ces reproches et ces regards moqueurs furent des plus difficiles à supporter étant donné que je présumais être dans mon bon droit. Hélas ! Même Valfreyja considèrera que c’était une folie due à mon âge et que, malgré son éducation, j’étais comme tous ces jeunes elfes qui prétendaient vouloir réformer une société plurimillénaire en un claquement de doigts sous prétexte que nous jugions nos ainées, qui occupaient ces fonctions depuis quelques centaines d’années, était dépassée. En somme, tout ce que j’affirmais n’était qu’une preuve de l’extravagance propre à la jeunesse et de mon incapacité à saisir la sagesse de mes ainés. Pire, l’on associa ces termes à mon comportement licencieux qui en choquait plus d’un afin de contribuer à amoindrir la crédibilité de mon argumentaire. Bien que je n’en t'aie jamais parlé, ce sont cette conduite ainsi que cette inaptitude à songer à se réformer afin que nous puissions à nouveau redevenir une grande puissance, qui me poussèrent à quitter notre peuple vers mon deuxième siècle de vie. Mais je m’égare.

    Mère m’en tint d’ailleurs rigueur et ne manqua pas d’affirmer que ma conduite délétère était de ton fait alors qu’en l’occurrence tu n’y étais pour rien.  À ton instar, j’ai connu les affres de l’adolescence, mais contrairement à toi qui n’en avais jamais eu besoin, j’ai désiré m’affirmer en tant que personne et combattre cette timidité maladive qui avait fait de mon enfance un enfer. Je désirais que l’on me reconnaisse et que l’on m’estime. Je voulais que tous oublient la petite fille se cachant dans l’ombre de sa sœur et voient la femme resplendissante que je m’apprêtais à devenir. De ce fait, je ne manquais jamais une occasion pour sortir et me tenais au courant de tous les ragots afin de pouvoir pleinement faire partie de cette société qui m’avait tant fait peur, mais aussi, tant fait envie. Je n’hésitais pas, non plus, à badiner avec mes congénères qu’ils fussent hommes ou femmes et ce peu importa leur nombre.  Cela eut tôt fait de convaincre une partie de la « bonne » société elfique que je n’étais qu’une femme de peu de vertu et dont la décadence n’avait absolument aucune limite.  Pour moi, tout ceci n’était qu’un exutoire et un moyen de me délasser, de combler un manque qui me poursuivait inlassablement et d’échapper à l’entrainement de Mère qui en exigeait toujours plus de moi au point qu’à plus d’une reprise j’en vins à devoir consulter des apothicaires pour soulager les douleurs de mon corps.

    Je me souviens encore d’ailleurs qu’à cette époque, quelque temps avant que tu ne partes définitivement de Melorn vers nos cent cinquante ans, tu dessinais des robes que tu me faisais porter. Même si je démontrais mon mécontentement et de l’impatience, j’appréciais grandement, en vérité, ces moments que nous pouvions partager ensemble. Ce n’était qu’avec toi que j’étais pleine et entière et, malheureusement, je ne m’en rends compte que maintenant. C’est grâce à toi si j’ai su parvenir à prendre correctement soin de mon corps, à le mettre en valeur et à faire rougir d’envie certaines femmes lorsque je me rendais dans certaines réceptions. Il est probable que certaines de ces réactions n’étaient non pas dues à ma beauté, mais au fait que tes vêtements laissaient entrevoir bien plus de peau que la décence ne saurait accepter. Pour ma part, cela m’amusait terriblement.

    De cette époque, je n’ai qu’un seul regret. Celui de ne pas avoir pu t’avoir plus souvent à mes côtés et de ne pas avoir su m’imposer auprès de Mère pour qu’elle daignât me laisser quelques instants de repos lorsque tu revenais en compagnie de Père. Je tentais de demeurer en ta compagnie le soir, mais hélas j’étais bien trop éreintée, pour ne serait-ce que converser véritablement avec toi. Aussi, me contentais-je de t’enserrer dans mes bras et de dormir dans ta couche. Ce n’était guère suffisant, je ne le sais que trop bien et tu m’en vois désolé. Ce n’est pas faute, en certaines occurrences, d’avoir tenté de veiller en ta compagnie et de prendre des bains de minuit pour pleinement me réveiller. Notre jeunesse nous a été volée par ma faute bien que nous ayons pu partager quelques moments ensemble. Je n’ai pas, non plus, été à la hauteur lorsque certaines pimbêches fustigèrent tes productions vestimentaires en prétendant être intéressées par ton art. J’ai bien essayé de leur rendre la monnaie de leur pièce, mais le mal était déjà fait et rien ne put m’empêcher de te voir définitivement quitter Melorn.

    Mon cœur se serre encore à ce souvenir tant te voir disparaitre vers l’horizon en direction d’un monde que je n’avais pu exploré contrairement à toi, mais dont je connaissais les menaces grâce à mes lectures. C’est en cette occasion que je t’avais offert un pendentif représentant la Lune et le Soleil et que j’avais pris soin de diviser en deux afin que chacune d’entre nous puisse porter l’élément auquel nous nous identifions autour de son cou pour pouvoir se remémorer constamment de l’autre. Je crois bien avoir pleuré toute la nuit. Mère pour sa part se félicita de ton départ, car il signifiait que j’allais pouvoir me dédier corps et âme à mes « études » et c’est ce que je fis jusqu’à mes cent quatre-vingt-dix ans. Ce n’est que vers mes deux cents ans que j’eus le courage de t’imiter suite aux raisons que je t’ai fourni plus haut pour prouver à tous mes détracteurs que ma démarche n’avait rien d’une folie et pouvait s’avérer être des plus judicieuses.

    Dans un premier temps, tu ne seras pas surprise, jusqu’à mes deux cent quinze ans, j’explorais ce continent dont je ne connaissais rien si ce n’est ce que j’avais bien pu lire dans mes divers parchemins et ouvrages. Je vivais au jour le jour. Je n’étais qu’une femme simple essayant de faire son chemin dans cet univers. Bien évidemment, je fis mon lot de mauvaises rencontres et dus mettre en pratique tout ce que j’avais appris au cours des deux siècles précédents. Cela ne m’empêcha pas cependant de me faire dépouiller lorsque je me rendais en ville tant je n’étais pas encore habituée à devoir surveiller ma bourse. Plus ironique encore pour toi, je fus victime de ma propre cuisine à plus d’une reprise tant je n’étais guère en mesure de faire cuir correctement le produit de ma chasse. Bien qu’ayant été entrainée par Mère et ayant subi un véritable entrainement qui aurait dû faire de moi un soldat émérite au sein de l’armée elfique, j’ignorais tout de la vie à la belle étoile.

    Pour la première fois de mon existence, j’étais libre et sans attaches. J’étais, pour ainsi dire, devenue indépendante.  Aussi, dus-je apprendre certaines notions sur le tas et me résoudre à remplir des fonctions de mercenariat en accompagnant certaines caravanes dans le Royaume du Reike ou en servant de guide dans les Terres du Nord, une fois pleinement familiarisée avec les lieux. C’est d’ailleurs lors de ma première visite dans cet endroit, pour le moins désolé, que je mettais un terme à l’existence d’un autre être conscient. Non qu’il méritât cette qualification. Ce n’était qu’un vulgaire orc dont la pestilence aurait pu, à juste titre, réveiller un mort. En somme, cette toute nouvelle existence ne fut pas de tout repos et me causa moult difficultés et déconvenues. J’ai bien dû frôler la mort une bonne dizaine de fois notamment face à des brigands et des prédateurs. Ne parlons même pas de certaines jungles ou de certaines montagnes que je qualifierais volontiers d’enfer tant j’eus le sentiment que tout ce qui m’entourait n’avait qu’un seul souhait : causer ma mort.

    J’eus également l’occasion de m’approcher de certaines ruines de notre ancien Empire. Cependant, pour mon plus grand regret, je ne pus jamais véritablement les explorer afin d’y retrouver notamment des traces de notre famille étant donné la dangerosité qui entourait ces vestiges de notre gloire passée. Moi qui espérais un jour être capable d’arpenter ces terres, je me vois contrainte d’y renoncer à cause de l’imminence de mon trépas. Ce sera l’un des rares regrets que j’emporterais dans ma tombe. J’espère, cependant, que tu auras la chance de visiter ces anciennes bâtisses et que tu penseras à moi en cette occurrence.

    Te raconter tout ce que j’ai vécu durant ce laps de temps me serait bien impossible, mais sache que j’y ai pris beaucoup de plaisir.  D’ailleurs, c’est à cette époque, sache-le, que je me suis forgé mon avis quant à l’incompétence caractérisé de ceux qui se revendiquent de sexe masculin. Moi qui estimais que nos compatriotes étaient bien trop maniérées au lit, j’étais loin de me douter que les hommes des autres espèces étaient aussi inaptes en la matière. Définitivement, je ne comprendrais jamais comment tu peux, encore aujourd’hui, les accepter dans ta couche. Cela me dépasse. À choisir, je préfèrerais encore mieux manier les arcanes et me délasser en compagnie d’un double de ma personne. Au moins, je serais certaine de pouvoir pleinement me délecter de ce court instant de plaisir.

    Ce n’est que vers mes deux cent quinze ans que nos chemins se croisèrent de nouveau à Kaizoku. Quelle ne fut pas ma stupeur lorsqu’en déambulant dans les rues de cette cité marchande, je tombais sur une elfe dont le physique n’avait nul autre pareil. De mémoire, il me semble que tu étais en pleine discussion avec un marchand, et ce pour les besoins de ton affaire. Malgré le sérieux de la situation et bien que te voir te débrouiller par toi-même en société avec brio me comblât de joie, je n’avais pu me retenir de te me jeter à ton cou et de t’enlacer. Il avait suffi d’un regard sur ta personne pour que mon âme, qui souffrait d’un manque que je peinais à identifier, se sente pleine et entière. Je suppute qu’il en fût de même pour toi. Je te confesserais chérir ce souvenir tant les sentiments qui y sont attachés me sont précieux et me mettent du baume au cœur, même en cet instant.

    Nous avons eu tôt fait de rattraper le temps perdu et je décidais de demeurer à tes côtés pendant environ une bonne dizaine d’années ce qui me laissa l’occasion d’apprendre à connaître la femme que tu étais devenue qui en dépit de sa grande taille, demeurait à mes yeux ma petite sœur. J’ai pu noté, durant cette période, que certains concepts propres à la civilisation te demeuraient obscur et j’ai essayé à plus d’une reprise de te les expliciter sans grand succès, j’imagine. Même si cette inconscience ou cette innocence, je ne saurais le dire, m’inquiétait, elle était aussi terriblement charmante tant elle me rappelait notre enfance. Tu avais toujours désiré vivre en marge de la société et tu y étais parvenu en un sens. Bien entendu, ce n’est pas sans une certaine difficulté que je dus me conformer à ton mode de vie qui eut le don de me surprendre en de multiples occurrences.

    En effet, bien que tu sois ma sœur, j’admets volontiers que mon ébahissement fut total lorsqu'une fois cette ville quittée, tu n’hésitas pas à afficher ta nudité. Je crois bien que la première fois, j’ai manqué m’étouffer avec ma gourde d’eau. Comprends-moi, bien qu’impudique, voir ainsi quelqu’un se délester de ses vêtements en pleine nature n’avait rien d’inné chez moi. Cela avait, plutôt, une certaine connotation que je prendrais soin de ne pas te détailler ici tant tu ne serais pas en mesure de la comprendre. En dépit de ces quelques déboires, nous pûmes faire un bout de chemin ensemble et pleinement partager le quotidien de l’autre sans avoir Mère sur le dos. En un sens, son absence fut une source de soulagement. Bien que je ne lui ai jamais dit, j’ai toujours regretté qu’elle se mette en travers de mon chemin lorsque je tentais de te rejoindre et de profiter de ta présence. Désormais, elle n’était plus là même si son ombre continuait de me hanter.

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    Vaesidia Inviere
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    qui suis-je ?:
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  • Ven 25 Nov - 12:03
    Vaesidia Inviere
    Race : Elfe
    Sexe : Féminin
    Âge : 291 ans - Personnage Réincarnée
    Métier : Esclave de Guerre / Janissaire
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    Vaesidia Inviere Retrou10
    "The things I do for love."

    Elle n’aurait guère apprécié notre rapprochement. À vrai dire, je pense qu’elle t’aurait probablement fait lyncher si nous avions été à Melorn et que nous avions commis un certain acte envers lequel je me pose encore des questions. Je sais très bien qu’à tes yeux l’acte charnel n’a lieu que sur la base d’un consentement et d’un désir réciproque. Il n’incarne, pour toi, en aucune façon un acte social. Or ce n’est pas mon cas. Oh, je n’insinue pas que tu m’aies piégé. Te retrouver ainsi après toutes ces années et contempler la magnificence de ta plastique dans le plus simple appareil participa à éveiller mes appétences. Pour être tout à fait franche, même si ce fut toi qui pris l’initiative au moment des faits, je suis aussi « coupable » que toi. Je t’aimais, mais j’ignorais, à ce moment précis, que mes sentiments étaient si profonds et ardents. J’ai cédé à la tentation que tu incarnais avec plaisir et je dois reconnaitre avoir passé, en ta compagnie, la meilleure nuit de toute ma vie.

    Cependant, encore aujourd’hui, je m’interroge. Ai-je abusé de ta personne et de ton innocence vis-à-vis des convenances sociales ? Ai-je commis une aberration en me montrant aussi intime avec ma propre sœur ? Devais-je accepter mes sentiments même s’ils étaient perçus comme immoraux ? Et si tel était le cas, quelle forme aurait prise notre avenir ? Aurions-nous dû nous marier ? Toutes ces interrogations se bousculent encore dans mon crâne alors que je suis sur le point de mourir et je n’ai toujours pas la moindre réponse. Je suppose que je suis victime, à tes yeux, des codes sociaux que Valfreyja avait veillé à m’inculquer tout au cours de notre enfance. Je ne pourrais te donner tort. Je suis perdue. Totalement perdue. Je sais que ce que je ressens est mal et pour autant je me demande pourquoi ces émotions, surtout si elles sont réciproques, devaient être condamnables vu que nous accomplissons un acte qui par lui-même est empli de beauté et de sensualité. En quoi est-ce préjudiciable que d’éprouver de la passion à l’égard de la personne qui vous fait sentir pleine et entière ? Car oui, de cela j’en suis certaine. Nous sommes les deux faces d’une même pièce. Ton existence m’est extrêmement précieuse et je ressens de la honte à l’idée de te faire parvenir de la sorte une vérité qui me brûle les lèvres depuis plus d’un demi-siècle : je t’aime.

    C’est pour cette raison que je t’ai quitté d’ailleurs à l’âge de deux cent vingt-cinq ans. Il est vrai que j’avais d’autres aspirations que les tiennes et que j’espérais, encore, prouver à nos ainés que ma démarche n’était, en aucun cas, irréfléchie. Cependant, c’est bien ces questions ainsi que cette peur envers des sentiments que j’estimais déplacée qui me poussèrent à partir et à rejoindre le Royaume du Reike, qui était le seul à avoir fait de l’art de la guerre sa spécialité. J’espère que tu sauras me pardonner ma lâcheté pour laquelle j’éprouve le plus grand des mépris à mon égard.  Ce n’est que maintenant aux portes de l’enfer que je comprends véritablement ce qui importe…

    Les soixante et un ans qui suivirent ce départ furent pour le moins « calme ». Non qu’il ne s’y passa rien d’intéressant bien au contraire, mais je retrouvais, au cours de cette période, un rythme de vie plus régulier. En effet, ce fut à ce moment précis que je décidais de rejoindre le Royaume du Reike en m’engageant dans son armée. J’estimais que pour les besoins de mes « travaux », je me devais de me renseigner un maximum sur ce vaste sujet qu’était la Guerre. Or cette faction était tout indiquée étant donné qu’elle avait fait de la polyeurcétique sa spécialité. Qui plus est, même si plus aucune guerre de grande ampleur n’avait vu le jour depuis des siècles, il n’en demeurait pas moins que les barbares du Nord demeuraient une menace pour cette monarchie ce qui donnait lieu, ponctuellement, à des conflits de basse intensité. Aussi conservait-elle une armée dotée de ce qu’il y avait de plus précieux à savoir une expérience de combat. De même, cette antique nation avait procédé à une professionnalisation de ses bataillons ce qui dénotait, de ce fait, d’un certain savoir-faire en la matière. En somme, rejoindre les rangs de ce Royaume et prêter serment à dynastie régnante semblait être la conduite la plus judicieuse à adopter, si je désirais donner naissance à un traité qui démontrerait que nous avions besoin de moderniser notre manière d’envisager l’art militaire.

    Je te confesserais, dans un premier temps, avoir quelque peu souffert en m’engageant ainsi de la sorte. Bien que Mère et certaines de ses camarades m’eurent formée en vue que je pusse devenir soldat, la formation que je reçus à Taisen ne manqua pas de m’épuiser totalement. Le soir venu, j’étais bien en peine de faire quoi que ce soit, y compris faire le mur pour déambuler dans la cité. C’est, d’ailleurs, pour cette raison et non pour tout autre motif que je ne pus t’écrire fréquemment. Néanmoins, je dois reconnaitre que tout ceci fît mes affaires. J’ignorais toujours comment je devais me comporter envers toi. Or, l’entrainement et les exercices physiques particuliers harassants que je subissais m’empêchaient de réfléchir posément à la question. J’étais dans l’obligation de me concentrer.

    Mon intégration dans les rangs ne se fit pas sans heurts cela dit. Pour commencer, je ne parlais pas un traitre mot de Shierak qiya. Encore aujourd’hui, j’éprouve toujours une certaine difficulté à manier cette langue que je trouve particulièrement disgracieuse dans ses sonorités, contrairement à l’elfique qui, pour sa part, est un langage des plus harmonieux. Aussi, je ne doute pas qu’au début je fus la cible de quolibets dans cette langue. Après tout, je n’étais qu’une étrangère qui, au demeurant, n’hésitait pas à les prendre de haut. Ils eurent tôt fait de me rabattre mon caquet au cours de notre instruction. En plus d’une occurrence, lors d’une séance de combat au corps à corps, il n’était pas rare que je me retrouve à terre tant il m’était impossible de faire jeu égal avec certains hommes en termes de force physique. En revanche, je puis te certifier que lorsqu’il s’agissait de manier mon Yumi, je prenais un malin plaisir à les ridiculiser quitte à prendre des paris afin d’augmenter la difficulté des tirs que je devais réaliser. L’un de ces exploits m’avait d’ailleurs valu d’exécuter diverses corvées ô combien dégradantes pendant un mois entier ! À mon avis, c’était une punition bien trop disproportionnée. Après tout, je n’avais fait que tirer une flèche au ras de l’oreille de notre instructeur. Rien de plus !

    Te conter mon quotidien dans ses moindres détails, au regard du peu de temps qu’il me reste à vivre, me serait impossible. Mais, sache que ce fut une période ô combien enrichissante et passionnante. Même si, je me suis retrouvée avec de jeunes humains, j’ai su sympathiser avec certains d’entre eux et me constituer un nouveau groupe d’amis qui, en dépit de ses différences, serait prêt à tout pour défendre l’un des siens. En d’autres termes, je pus découvrir l’importance que revêtait l’esprit de corps dans une armée et qui, en certaines occasions, pouvait renverser le cours d’une bataille. Sans eux, j’aurais sans doute été dans l’incapacité de me débrouiller correctement au Reike tant certaines coutumes me surprenaient. Ce fut d’ailleurs l’une de mes camarades qui me familiarisa avec le Shierak. Il me semble, à ce propos, que toi aussi tu es l’une de ces pratiquantes. Bien que j’ignore ce qui a pu te conduire à rejoindre ce culte, je te révélerais pour ma part que la symbolique propre à cette religion m’évoqua nos existences respectives. En somme, celle-ci sut me toucher. Et en la pratiquant, le soir, je ne pouvais m’empêcher de songer à toi, l’enfant de la Lune.

    Cette formation militaire dura quelque temps avant que je ne puisse prendre mes fonctions que comme simple soldat. Même si je semblais douée pour la tactique et pour l’archerie, je n’avais pas su m’illustrer et n’avais pu prétendre obtenir un grade à l’inverse de mes camarades. Aussi dus-je grimper les échelons au fil des décennies grâce à mon expérience qui, en soixante ans, eut largement le temps de prévaloir celle des nouvelles générations d’humains reikois qui rejoignaient les rangs de l’armée. Mère affirmerait probablement qu’il n’y avait aucun prestige à monter ainsi dans la hiérarchie et elle aurait raison. Cependant, je n’avais cure d’obtenir un poste prestigieux au sein de ce Royaume. Tout ce qui m’intéressait était à portée de mains. Je pouvais consulter les écrits des anciens militaires du Reike, même si en certaines occurrences je dus demander l’aide de mes camarades pour obtenir une traduction de certains termes qui demeuraient obscurs et je pouvais acquérir de l’expérience en combattant les barbares, en observant les troupes à l’entrainement ou en conversant avec certains de mes camarades devenus officiers, qui parvinrent à m’introduire auprès de certains chefs d’État major avec lesquels je pris plaisir à palabrer et grâce auxquels, je pus récolter de précieuses informations que je relatais dans mon carnet de notes.

    Bien qu’en certaines occasions, je me permis d’être d’humeur licencieuse avec certains de mes camarades, j’admets que les voir vieillir au point d’avoir des enfants qui n’hésitaient pas leurs traces en rejoignant l’armée fut quelque peu déconcertant. Non que je ne fusse pas habituée à l’espérance de vie relativement courte des humains. Cependant, cela avait quelque chose d’étrange que de survivre aux personnes avec lesquelles j’avais pu faire mes classes. Cela ne m’empêcha pas, pour autant, de tisser de nouveaux liens au fil des décennies même si je dus me résoudre à enterrer nombre de mes frères d’armes. Le plus singulier fut sans doute d’incarner une forme de mémoire envers les jeunes générations qui désirait en savoir plus sur certains de leurs ancêtres avec qui j’avais pu notamment vivre des soirées de beuverie pour le moins spectaculaire.

    Tout se déroula sans le moindre problème durant cette période et put m’élever au sein de la hiérarchie reikoise au point d’obtenir le titre de capitaine au sein d’un escadron. L’on m’accorda même la formation des futurs archers au regard de mon habileté. Entre nous, je fus quelque peu réticente au début que d’avoir à m’occuper de simples humains. Cependant, nombre d’entre eux surent me surprendre par leur persévérance et certains parvinrent, à mon plus grand étonnement, à savoir manier un arc presque aussi bien que moi. Cette offre de poste s’avèrera des plus précieuses, car elle m’apprit à remettre en question mes enseignements et donc, de facto, à reprendre ce que j’avais déjà établi dans mon carnet. Ce fut également à cette période que j’eus à m’occuper de certains elfes qui tout comme moi avaient quitté Melorn pour des raisons « personnelles ».

    En voyant ces représentants de notre espèce, j’eus la folle ambition de faire d’eux des dépositaires de mon enseignement afin qu’ils puissent, à leur tour, former d’autres personnes. J’étais loin de me douter qu’ils m’accompagneraient et me soutiendraient jusqu’à aujourd’hui, date à laquelle nous nous sommes séparés suite à mon insistance. Il était hors de question qu’ils périssent avec moi. Même s’ils avaient juré de défendre le Reike, j’avais bien noté qu’ils avaient le plus grand des respects pour ma personne et étaient prêts à me suivre jusque dans la mort. J’ignore ce que j’ai fait pour obtenir un tel dévouement de leur part. À vrai dire, j’aurais plutôt cru, au commencement, que vu ce que je leur avais fait subir en guise d’entrainement, ils me haïraient. Ce ne fut guère le cas et ils firent rapidement ma fierté en dépassant chaque obstacle que j’imaginais et en me forçant à innover sans cesse pour les pousser dans leurs retranchements. J’étais loin de me douter que ce que je leur avais fait subir à eux, mais aussi aux humains que j’avais formés finirait par s’avérer utile.

    En effet, comme tu le sais déjà, il y a deux ans le Royaume du Reike fut l’objet d’une invasion de barbares en provenance du Nord mené par un certain Tensai. Au départ, la hiérarchie sous-estima la menace et se contenta de piètres déploiements qui furent défaits les uns après les autres. Devant un tel succès et l’amoncellement de victimes que cela provoqua, la machine de guerre de la faction que j’avais juré de protéger se mit en branle. Malheureusement trop tard, car en dépit de nos meilleurs efforts nous ne pûmes stopper son avancée au point qu’il a réussi, aujourd’hui, à assiéger la capitale et à pénétrer à l’intérieur. Qui aurait cru qu’un être aussi rustique à la tête de véritables sauvages parviendrait en deux ans à mettre à genoux la puissante armée reikoise ? Bien évidemment, lorsque l’on s’attarde sur l’incompétence du commandement en place, l’on ne peut être étonné par un tel résultat pour lequel je trinque actuellement.

    Car oui ! En dépit des décisions prises par certains officiers, je me suis battu du mieux que je pouvais avec mes compagnons archers à mes côtés. Cela fait des jours que je suis sous les ordres d’un des rares grands officiers restants à ne pas avoir fui ou pire encore, à avoir rejoint l’ennemi. Nous essayons de lutter, de demeurer fidèles à notre serment, mais nous savons d’ores et déjà que demain sera notre ultime jour sur cette terre. Pourtant, nous tentons de repousser l’inévitable et d’obtenir l’impossible. N’est-ce pas là la meilleure preuve que nous sommes tous devenus fous ?  Nous savons, moi la première, que la défaite était inéluctable au moment où la cité fut assiégée. Pourtant, conformément à notre serment, nous avons affronté l’ennemi sans faiblir, inlassablement. Certains périrent, d’autres acceptèrent de capituler et d’autres fuirent. Chaque heure qui passait nous rapprochait de notre trépas. Au fil du temps, nous dûmes céder du terrain dans la capitale lentement mais surement, car malgré notre opiniâtreté nous n’arrivions pas défier cet implacable destin qui nous faisait face au point que notre supérieur nous l’avoua de lui-même et nous délia tous de notre serment de fidélité afin de sauver ceux qui demeuraient par loyauté dans les rangs et qui pouvaient encore être sauvés. C’est, d’ailleurs, ce que je fis avec certains de nos compatriotes en argumentant longuement avec eux afin qu’ils quittent cette terre désolée et rejoignent notre peuple.

    Vaesidia Inviere Fin10
    "La garde meurt mais ne se rend pas !"

    Nous fûmes plusieurs à demeurer aux côtés de cet officier cela dit et sommes devenus une sorte de dernier bataillon qui continuerait la lutte envers et contre tout. Nous ne voulions pas céder cette ville trop facilement. Même si nous étions vaincus, nous voulions que nos adversaires paient le prix fort. Aussi, nous finîmes par succomber dans une forme de folie, bien que je suppute que tu considèrerais que nous avons incarné une des formes de ton idéal. Nous avons oublié tout précepte moral et toute forme de conception sociétale. Soit nous devions tuer nos opposants soit nous devions être tués par eux. Il n’y avait pas d’autres alternatives. Ironiquement, c’est en cet instant que je ressens à quel point le champ de bataille est le seul endroit où un homme fait preuve d’honnêteté envers son prochain. Nous eûmes donc recours à toutes les bassesses possibles et à tous les stratagèmes inimaginables pour anéantir les vagues ennemis qui nous assaillaient sans relâche. L’une de ces vagues manqua d’ailleurs me tuer avant que je te rédige cette lettre. J’eus, en effet, le désagréable plaisir d’avoir le bout d’une lame plantée entre mes deux seins. Cela s’est joué à quelques centimètres près. Notre officier tenta bien évidemment de m’évacuer et de me pousser à quitter cet endroit auquel je n’étais plus désormais attachée et dans lequel je n’étais pas née. Mais, à mes yeux, il en était hors de question. J’y étais, j’y restais ! Quand bien même mon esprit fiévreux se mettait-il, dans mon sommeil, à me faire vivre des batailles dont la teneur m’échappe totalement !

    Ainsi, les heures se succédèrent et les cadavres s’amoncelèrent. Nous ne sommes plus que quelques-uns et pourtant pour repousser l’inévitable, pour vivre encore quelques précieuses secondes de plus, nous nous acharnons à résister envers et contre tout. Pire, j’entretiens, encore là maintenant, le fol espoir que nous parviendrons à gagner suffisamment et à égorger suffisamment de barbares pour obtenir gain de cause. Pourtant je SAIS que c’est vain et que nous sommes, actuellement, les derniers à  combattre dans cette cité désormais en ruine. Je suis éreintée, abattue et perdue et c’est avec le peu de sanité qu’il me reste que je rédige ces dernières lignes pendant que j’entends mes adversaires se préparer pour l’assaut final.  Fort heureusement, je n’aurais pas à faire face aux conséquences morales de mes actes ni n’aurait à subir une quelconque forme de culpabilité à l’idée que j’ai pu me montrer aussi vile. Moi qui rêvais de gloire et de prestige, je n’ai plus à offrir désormais que du sang de la sueur et des larmes. Que ce soit ce champ de bataille ou bien même mon esprit, tout n’est plus qu’un immense brasier qui me consume lentement et surement et qui fera devenir cendres. Je ne survivrais pas à ce déferlement de fer et de sang et n’espère pas y survivre, car dès lors mon existence ne sera plus devenue qu’un simple cauchemar.

    Or, je ne veux pas que tu me connaisses ainsi. Je préfère que tu te souviennes de moi telle que je fus et non telle que tu dois me percevoir en cet instant. J’espère que tu pardonneras à Mère ses mauvais traitements et que vous parviendrez à vous entendre, car il t’appartient à toi désormais d’assurer l’héritage de notre nom. Je sais que cela ne te plait guère et je ne te demande pas de suivre les souhaits de notre génitrice comme je l’ai fait, mais, juste, de me faire le plaisir à un moment donné de ton existence de prolonger notre lignée.  Pour le reste, sois libre de mener ton existence comme tu l’entends, tu as et auras toujours ma bénédiction. Même si ma forme physique disparait aujourd’hui, sache que mon esprit et mes pensées t’accompagneront à chaque instant et que je veillerais sur toi depuis les étoiles. Et n’espère pas me leurrer en commettant une quelconque facétie la nuit, car en tant qu’esprit défunt,  je devrais beaucoup mieux endurer les nuits que durant notre folle jeunesse. Je m’excuse, une nouvelle fois, de ne pas avoir été plus proche de toi et de ne point avoir su te protéger. Je me désole d’avoir été aussi lâche vis-à-vis de mes sentiments et me rends compte de mon erreur que bien trop tard. Indépendamment de la distance qui nous séparera, mon affection te sera acquise. Toujours. Si je venais à renaître en ce monde, je souhaite que ce soit en ta compagnie afin de me délecter de ta présence et de te combler de bonheur.

    Ta sœur qui t’aime passionnément…
    Vaesidia Inviere

    Vous reposez la lettre et la renouez, avec son collier, autour de la patte du volatile qui prend son envol. Quelques mois plus tard, vous entrez dans la capitale du Royaume du Reike et entendez parler d’une elfe dont le patronyme ne vous est pas inconnu et qui semble avoir survécu à ses évènements. Vous apprenez que le corps d’armée auquel elle appartenait a fait une dernière sortie, pour le moins explosive, lors de la chute de la ville et fut, à l’inverse de la plupart de ses camarades et de son officier supérieur, capturée vivante. Selon toute vraisemblance, cette combattante aurait survécu à ses blessures et aurait subi une longue rééducation afin de faire d’elle une esclave de guerre au service du seul vrai roi, Sa Majesté Tensai Ryssen. La teneur de cet « apprentissage » vous demeure inconnue, mais il apparait aux yeux des rumeurs qu’il fut probablement désagréable si ce n’est douloureux pour qu’une volonté aussi forte puisse céder et accepter de devenir la femme lige de ce tout nouveau monarque. Vous ignorez ce qu’il adviendra d’elle-même s’il était fort probable, au regard de sa toute nouvelle position, qu’elle tombât au champ d’honneur. Sur cette découverte, vous reprenez la route  et rencontrez par un curieux hasard une elfe dotée d’un collier d’esclave adossée à un mur en train d’exécuter ce qui semble être une élégie. Vous êtes quelque peu troublée par la performance de cette femme et faites rapidement le lien. Vous ne dites rien afin de ne pas troubler son chant et la quittez non sans vous faire la remarque qu’en dépit de certaines métamorphoses la mémoire incarnait une sentinelle de l’esprit à laquelle rien ne pouvait échapper. Que ce fût pour le meilleur ou pour le pire…

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    "C'est toi-même qu'il faut vaincre."

    Ikusa, An 3


    Voilà fort longtemps que je n’avais pas éprouvé le besoin de coucher sur ce journal des considérations personnelles. Peut-être est-ce dû aux changements ayant eu lieu récemment ? Je ne saurais le dire…du moins, c’est ce que je prétends en mon for intérieur. En vérité, je n’ignore pas que les bouleversements de ces dernières années m’ont donné fort à penser. Est-il possible que je sois affligée d’un quelconque dysfonctionnement pour oser remettre ainsi en question mon environnement ? Ou bien n’est-ce, encore qu’une fois, que la démonstration de l’un de mes autres talents ? Ces hypothèses sont probablement deux éléments de réponses pertinents pour expliciter mon comportement actuel. Si cela venait à se poursuivre ou à s’aggraver, peut-être faudra-t-il que j’en discute avec l’un de mes « supérieurs hiérarchiques ».

    Quoi qu’il en soit, ces trois dernières années n’ont pas été de tout repos bien que mon implication soit des plus limités du moins sous certains aspects. En effet, lors du fameux grand tournoi de l’arène d’Ikusa, sans pour autant participer aux évènements en son sein, nous fûmes déployés pour défendre la capitale dans le cas certes improbable, qu’une incursion rebelle si ce n’est une révolte populaire ait lieu. Cette mobilisation dans les rues de cette cité me troubla. Non, car cette soudaine démonstration de force causa des centaines de morts chez les civils. Elle me perturba à plus d’un titre, car elle m’obligea, à nouveau, à patrouiller dans les rues ce qui m’obligea à me remémorer des évènements pour le moins regrettable. Pire encore, à chaque coin de rue, j’en venais à apercevoir en lieu et place des visages des quidams qui s’éloignaient lors du passage de nos patrouilles, les figures de mes anciens camarades disparus.

    Bien que cette expérience affligeât mon âme, elle eut aussi le mérite d’être grisante tant la perspective de mener à nouveau un combat me réjouissait après ces longs mois d’attente et d’entrainements. Hélas ! Quelle ne fut pas ma déception tant l’implication des janissaires fut des plus limitées lors de cette chasse aux rebelles ! Nous nous contentâmes de veiller, principalement, au maintien de l’ordre au sein de la cité avant de recevoir l’ordre de retourner dans nos baraquements. Ce Coup d’État, manqué à l’époque, ne manqua pas de me permettre de m’attarder sur un autre aspect de l’art de la guerre dans mes réflexions personnelles que je pris soin d’écrire, d’ailleurs, sur ce carnet. J’avais déjà longuement rédigé mes observations sur ce que l’on nomme plus communément la guérilla. Cependant, cette petite révolution avortée, me permis de m’interroger quant aux décisions que doit prendre un tacticien pour s’assurer qu’une ville, une fois conquise par ce même tacticien, ne se puisse se mutiner quelques mois plus tard contre celui-ci. En un sens, mes notes m’obligèrent à empiéter sur un aspect plus politique et plus machiavélien qui n’était pas des plus inintéressants bien qu’il fût assez complexe. Encore aujourd’hui, j’éprouve le sentiment de n’avoir que gratté la surface d’un tel sujet tant celui-ci est vaste.

    Durant un temps, mes compagnons janissaires et moi pûmes retrouver nos tâches quotidiennes même si elles furent perturbées par l’annonce de la tentative d’assassinat sur notre souveraine, mais aussi par l’apparition d’un dragon. J’admets volontiers que cette dernière m’a contrarié. C’est d’ailleurs le cas encore aujourd’hui. N’étant guère une magicienne de talent à l’inverse de certains de mes compatriotes et n’ayant à ma disposition que mon intellect, mon arc et mes flèches, la présence de ce gigantesque lézard, que je ne puis m’empêcher de qualifier de vicieux, m’inquiéta autant qu’elle me poussa à m’interroger. Après tout, comment, nous autres mortels, pouvions parvenir à abattre de tels monstres dont le souffle ardent pouvait très bien anéantir en un éclair des centaines de fantassins sur le champ de bataille. Je n’ai pas peur d’affirmer qu’une telle créature m’effraie tant elle me renvoie à ma propre impuissance. J’espère, en mon for intérieur, pour qu’aucun reptile de cet acabit ne fasse son apparition et ne soit notre ennemi auquel cas je ne donne pas cher de notre peau à nous autres janissaires.

    Bien évidemment, j’ai essayé de réfléchir à des moyens conventionnels de terrasser un tel monstre volant. Ne serait-ce que par acquit de conscience et par souci de préserver la vie de mes camarades d’infortune si jamais, par un malheureux hasard du destin, notre souverain ou son successeur venait à nous l’ordonner. Hélas ! Même si différentes pistes me semblent abordables, du moins en théorie, aucune n’est parvenue, pour l’heure à me satisfaire et à apaiser mes craintes tant, malgré tout, une telle abomination parviendrait à balayer nos existences d’un simple souffle. Aussi, afin de me rassurer, cette apparition me poussa, à l’époque, à m’entrainer d’autant plus en compagnie de mes camarades.

    Un bonheur n’arrivant jamais seul, l’arrivée de ce dragon est anecdotique lorsqu’on la compare à l’invasion pour le moins soudaine des titans sur notre monde. Ironiquement, j’étais prête à ce moment-là. Non pas à me battre contre un titan, tant s’en faut. Non. J’étais prête à l’emploi et avais su retrouver, au cours de ces longs mois d’entrainement, ma forme de jadis lorsque j’étais encore capitaine. Devant ce déferlement de puissance, pour le moins hostile, le Royaume décréta aussitôt la mobilisation générale. Je fus, avec mes frères et mes sœurs esclaves de guerre, parmi les premières mobilisées. Ce changement d’ambiance, bien qu’inquiétant au regard de la nature de la menace, fut plus que bienvenue tant j’estimais pouvoir démontrer mon utilité en tant qu’outil du Reike.

    Ironiquement, celle-ci vint sous une forme à laquelle je ne m’étais pas attendue à l’époque. En effet, vu la couardise de la République, ce qui ne m’étonna guère étant donné la nature intrinsèque de ce principe ô combien sot qu’est la démocratie, nos souverains choisirent de prendre les devants pour défendre les différents peuples de ce monde et mena ainsi diverses expéditions dans les Terres du nord pour y extraire les ressources qui nous permettraient de remporter ce conflit. Aussi, je fus « débauchée » par mes supérieurs hiérarchiques pour accompagner et guider certains officiers de ce que l’on nommait à présent l’Empire du Reike. Après tout, ayant vécu pendant plus d’une décennie au sein de ces contrées, je la connaissais comme ma poche. Aussi, même si je ne demeurais qu’aux yeux des soldats et gradés reikois qu’un simple meuble dont l’existence n’avait aucune forme d’importance, mes connaissances et mon obéissance firent de moi une janissaire bien plus « précieuse ».

    Cette affectation, à laquelle l’on m’assigne encore quelquefois aujourd’hui, fut un moyen pour moi, non pas de m’émanciper, mais de me donner raison vis-à-vis des travaux théoriques. Ce soudain besoin d’évoluer dans un milieu hostile et parfois inconnu pour certains démontrait un point essentiel que j’avais jadis souligné : la géographie servait avant tout à faire la guerre ! Cette simple considération m’amusa beaucoup bien qu’elle ne sût éclipser l’inquiétude que j’éprouvais non pas quant à mon existence, mais quant à la survie de mon peuple au moment des faits. J’étais certes rattachée à l’Empire du Reike corps et âme, mais une petite parcelle de moi ne pouvait, à l’époque, s’empêcher de vouloir rejoindre les siens pour participer à la défense de la cité de Melorn si jamais elle finissait à se retrouver attaqué. Cette même parcelle n’hésitait pas d’ailleurs à me maudire de mon immobilisme. Malheureusement pour elle, ces considérations n’eurent aucun impact sur mon obéissance scrupuleuse à celles et ceux qui détenaient la potestas au sein de l’Empire du Reike.

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    "L'homme est un loup pour l'homme."

    Aussi, je fus également mobilisée sur différents cadres d’opérations où je ne manquais pas de frôler la mort face aux zélotes des Titans. Je ne mentirais pas en affirmant, comme certains, que je m’auréolais de gloire sur un champ de bataille ce qui aurait mérité que l’on conte mes exploits au sein de l’épopée des janissaires reikois. Oh non. Cette guerre n’était pas bien différente de celle que j’avais menée par le passé. À ceci prêt, sans doute, que je pus faire parti des vainqueurs cette fois-ci. Ces affrontements étaient ponctués de cris et de hurlements. Nous pataugions dans la boue, le sang et les entrailles de nos camarades. Nos repas étaient frugaux, du moins quand nous parvenions à être ravitaillées auquel cas nous n’hésitions pas à nous fournir en viande sur des cadavres de chevaux tués lors du combat. Il n’y eut rien de glorieux. Nul spadassin dans une armure étincelante ne fit son apparition à nos côtés alors que nous nous empalions sur les lances ennemies pour essayer d’enfoncer leur rang.

    Nulle déesse ne vint murmurer à nos oreilles des promesses de victoire alors que nous creusions parfois des tranchées pour mieux pouvoir nous protéger des bombardements magiques que nous subissions. Cette guerre n’avait rien de beau ni d’épique. Elle ressemblait tout simplement à celle que j’avais menée. Oh ! Pour ma part, je ne fus pas dépaysée même si je fus agacée par certains ordres qui poussèrent quantité de janissaires à mourir bêtement, car certains officiels espéraient submerger sous une marée humaine nos ennemis. Voir une aussi précieuse expérience de combat ainsi disparaitre sous mes yeux me frustrait grandement.

    Le pire fut, cependant, d’avoir des esclaves au sein de nos rangs. En effet, au regard des différents cadres d’opérations que comportait cette guerre, les politiciens de l’Empire du Reike eurent l’idée « merveilleuse » de pousser les esclaves à rejoindre les rangs de l’armée reikoise en échange de leur émancipation. Même si je comprenais le but de cette manœuvre, car il était essentiel dans un conflit d’une telle ampleur de disposer de suffisamment d’hommes et de réserves pour faire face à l’ennemi et triompher de lui, je n’arrivais pas et n’arrive toujours pas à accepter que nos rangs pussent être rejoints par des esclaves qui n’avaient pas fait de la guerre leur vocation ! Certains ne savaient même pas tenir une épée et étaient tout juste bons à se faire « trousser » par des soldats.

    Cet amateurisme me frustra au point que lorsque l’on m’adjoignit certains de ces « sous janissaires » je ne manquais pas de pester ce qui me valut quelques brimades et autres punitions. Malheureusement pour eux, je n’en démordais pas même si je tentais lors de nos rares moments de repos d’entrainer ces nouvelles recrues dont je n’hésitais pas parfois à me « servir » pour garantir la survie des véritables janissaires et de moi-même. À défaut d’être compétents, leurs corps servaient d’excellents « boucliers » lors d’une charge lorsque les lances adverses empalaient leurs corps et se brisaient parfois. Cela permettait à ceux qui étaient plus expérimentés et véritablement entrainés de prendre aussitôt leur place « sereinement » pour pouvoir ce pour quoi nous existions !

    Ainsi, pendant environ deux ans, j’alternais entre le champ de bataille et les expéditions dans les Terres du Nord jusqu’à ce qu’un jour, j’appris, à la suite d’un combat particulièrement éreintant qui manqua, d’ailleurs de me faire passer de vie à trépas et m’envoya croupir dans un « hôpital de campagne » pour qu’un apothicaire puisse me recoudre, que nos souverains accompagnés de quelques héros avaient finalement triomphé du titan Kazgoth. Cette nouvelle me laissa, et me laisse encore circonspecte. Bien évidemment, elle permit à mes sœurs et frères d’armes d’être progressivement démobilisés et nous permit d’accueillir dans nos rangs nos anciens ennemis qui, tout comme moi, avaient saisi l’étendue de leurs erreurs et acceptaient, désormais de servir fidèlement les souverains de l’Empire Reike. Cependant, même si ce repos fut bienvenu et me permit de me consacrer à mes entrainements ou à mes affectations dans les Terres du Nord lorsque l’un des contremaîtres en décidait ainsi, cette soudaine liesse me paraissait être des plus déplacés.

    Non que je voulusse pleurer les morts. Je ne le pouvais plus étant donné que ceux que j’aimais le plus au monde avaient péri lorsque j’étais encore capitaine. Certes, j’éprouvais encore de l’inquiétude pour ma chère sœur, mais j’ignorais ce qu’elle était devenue et espérais, bien naïvement, qu’elle ait pu survivre à ces différents évènements même si par moment je venais à en douter. Non. Je n’arrivais pas à me réjouir de cette victoire, car elle me laissait présager deux points. Le premier signifiait qu’en tant que janissaire, je serais remisée dans un coin, car un esclave de guerre n’était pas véritablement nécessaires en tant de paix ce qui me chagrinait quelque peu. Après tout, l’objectif de ma toute nouvelle existence depuis ma rééducation, avait été d’être un instrument utile. Désormais, je n’étais plus qu’un chien de guerre qu’on laisserait croupir dans un coin sans avoir la possibilité de démontrer ma loyauté et mon usage même si je pouvais continuer à alimenter mon journal à l’aide de ce que j’avais pu observer pendant trois ans. Le second point, pour sa part, était bien moins relié à ma petite personne.

    En effet, contrairement à la plupart des personnes de ma connaissance qui estimaient que la défaite de Kazgoth signifiait l’avènement d’une nouvelle ère de paix, je ne manquais pas de m’interroger quant à la présence d’autres titans sur cette planète. Il fallait être candide pour ainsi penser que Kazgoth serait le seul à vouloir nous anéantir. C’était même irresponsable que de nous démobiliser ainsi. Cette victoire n’était peut-être qu’un simple contretemps…une étape vers un projet plus global. Mais dans ce cas lequel était-ce ? L’anéantissement de toutes les espèces libres de ce monde ? Si ce fut le cas combien allions-nous parvenir à triompher d’eux une seconde fois ? Il ne fallait pas être une tacticienne de renom pour savoir que ces entités tiendraient compte de leurs erreurs si elles venaient à réapparaitre. Or, leur accorder du temps pour analyser et se remettre risquait bien de nous jouer des tours à mon humble avis. Hélas ! Je ne suis qu’une humble janissaire. Même si je puis essayer de « converser » avec mes supérieurs hiérarchiques, je ne parviendrais jamais à leur faire entendre raison. Aussi ne me reste-t-il plus qu’à m’armer de patience et à continuer à effectuer mes obligations de janissaire en attendant que ce jour fatidique arrive…

    Aussi, pour le moment, je me contente de tenir compte des enseignements des guerres que j'ai connu en essayant de me remémorer chaque instant passé sur le front en compagnie de certains de mes camarades ce qui n'est pas sans m'attrister et me réjouir à la fois. Après tout, la mémoire est une forme d’immortalité. Et, la nuit, lorsque le vent se tait et que le silence règne sur l’empire des ombres je me souviens, et tous revivent… Les soldats vivent, et se demandent pourquoi…

    Groupes d'intérêts



    Vaesidia Inviere Sans_t37
    "Tôt ou tard la mort arrive à tout homme sur la terre, et comment mourir mieux qu’en affrontant un danger terrible pour les cendres de ses pères et l’autel de ses dieux ?"

    Melorn : Étant un elfe originaire de cette région, je suis par essence attachée à cette cité, qui est le témoin de notre gloire passée, et au bien-être de mon peuple. J’espère naïvement qu’un jour, nous parviendrons à reconstituer notre Empire et à réaffirmer l’ascendance de notre civilisation sur celles des autres espèces de ce monde même si actuellement la tâche parait bien impossible. À l’origine, si j’avais suivi les desiderata de ma génitrice, j’aurais dû rejoindre les rangs de l’armée elfique et grimper les échelons. Malheureusement pour elle, suite à certains débats houleux avec mes congénères, j’ai préféré partir en quête de savoir militaire auprès du Royaume du Reike dont c’était la spécialité, et ce afin de pouvoir user de ces connaissances pour un jour protéger mon peuple des affres de ce monde. Hélas ! Au regard de ma position actuelle, l’on ne peut affirmer que cela soit un succès. Toutefois, même si désormais j’essaie de faire amende honorable auprès de l’Empire du Reike pour mes fautes passées, j’espère de tout mon cœur qu’à nouveau nous parviendrons, nous autres elfes, à éclairer les ténèbres de ce monde sans qu’aucune autre société ne prenne nos triomphes à leurs comptes. Telle est mon ambition. Quoi qu’il en soit, je serais toujours prête à sacrifier ma vie pour sauver mon peuple, sans l’ombre d’un doute. C’est la seule constante qui m’a toujours animé.

    Esclavagisme : En tant que janissaire, je me sens quelque peu concernée par la condition des esclaves de guerre. Si je puis m'exprimer de façon pompeuse, je dirais que j’ai « consenti » à ce que ma vie soit assimilée à une arme et que cette arme soit usitée au nom des prétentions du Royaume ou de sa défense. Or, quoiqu’une lame puisse s’émousser au fil du temps, il ne faut pas pour autant s’en débarrasser à la première occasion à cause de ce prétexte. Il faut l’entretenir pour qu’elle puisse remplir sa fonction le plus longtemps possible. Il en va de même pour les janissaires. Or, bien que je ne remette guère en question la nature de ma réalité ou mon positionnement au sein de l’échelle sociale reikoise, je demeure quelque peu critique envers la monarchie reikoise en ce qui concerne sa gestion des janissaires. En effet, j’estime que cette dernière peut tirer profit de nos compétences pendant un certain temps encore. Du fait que mes camarades et moi disposions d’un certain savoir-faire et d’une expérience certaine dans l’art du combat, il me parait peu judicieux d’épuiser sottement une telle ressource en s’en servant tout simplement de chairs à canon. Si nos « supérieurs hiérarchiques » acceptaient de bien vouloir nous diriger comme une véritable troupe, peut-être pourrions-nous démontrer à tous qu’en tant que vétérans, notre expérience au combat nous rend bien plus redoutables que le soldat moyen. Hélas ! Encore faudrait-il que nos contremaîtres ouvrent les yeux… Cela dit, cela ne m'empêchera pas de vouloir prendre soin de mes soeurs et frères d'armes et de faire en sorte que nous puissions survivre au combat pour continuer à servir fidèlement l'Empire du Reike.

    derrière l'écran

    Pseudo : Oddball
    Comment avez-vous connu le forum ? J'ai connu son ancienne version WOA (et Alasker et Deydreus m'ont également tenté) donc j'ai repris le même perso o/
    Avis sur le forum : Beau design mais organisation assez peu intuitive.
    Fréquence de connexion : Plusieurs fois par semaine maintenant que mon boulot m'accapare plus
    Citoyen du Reike
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    Vaesidia Inviere
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  • Sam 26 Nov - 0:04
    Fiche terminée ! o/
    Bon courage pour la lecture !
    Citoyen du monde
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    Louise Aubépine
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  • Ven 2 Déc - 2:17
    Bonsoir Vaesidia.
    Mes excuses pour le temps que j'ai mis à te répondre. J'ai (enfin) terminé de lire cette fiche relativement longue. Pourtant, elle n'était pas désagréable à la lecture et je t'en félicite !
    Revivre l'histoire de cette elfe à travers une lettre pour sa sœur était une bonne idée et tu l'as bien mis en œuvre. On sait d'où elle vient, ce qu'elle a vécu et surtout, ta fiche nous apprends beaucoup sur son mode de pensé. Ses défauts ou erreurs de jeunesse m'ont parfois arraché un sourire.

    Quoi qu'il en soit, j'aimerai voir avec toi un point avant de procéder à ta validation.
    Comme tu le sais (ou peut-être pas), la reine Ayshara a mis fin à l'esclavagisme au sein du Reike. Les rares esclaves restants sont ceux ayant commis de graves crimes. Et pour ce qui est des janissaires, ce sont désormais principalement d'ancien fanatiques se trouvant dans le camp des titans au moment de la dernière guerre.

    Pour le cas de ton personnage, elle tomberait dans le cas ou elle serait normalement affranchie. Ayant déjà remboursé sa dette. A moins qu'elle ne soit une menace immédiate pour la couronne. Auquel cas, elle pourrait rester janissaire. Je te joins une capture du passage concernant les janissaires et esclaves.

    Vaesidia Inviere Janiss10

    Je te laisse réfléchir à ce sujet, pour voir si tu souhaite trouver une raison de rester janissaire ou alors de changer la fin de ton histoire par ton affranchissement (ainsi que changer ton rang et ton métier).

    Lorsque cela sera fait, n'hésite pas à poster de nouveau pour que je puisses venir te valider en bonne et dû forme.

    Ps : J'ai un doute sur le sujet comme j'ai lu la description physique il y a quelques jours, mais s'il n'y est pas, pourrais-tu y ajouter l'emplacement et la taille de ton tatouage de nationalité reikoise ? S'il y est déjà, fait comme si je n'avais rien dit.
    Citoyen du Reike
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    Vaesidia Inviere
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  • Ven 2 Déc - 9:05
    Hello !

    Déjà, merci pour les compliments concernant cette fiche et désolé pour sa longueur ! En ce qui concerne les modifications ou demandes de précision, les voici :

    1/ Je n'avais pas mis le tatouage effectivement. Vu que sur l'ancien forum, il avait été question d'une "simple" brûlure au fer rouge pour les janissaires, j'avais laissé la description en l'état  ! Du coup, j'ai édité le tout ! Voici le passage en question désormais: " En effet, désormais, j'affiche dans mon dos et plus précisément au niveau de mon deltoïde droit, une petite marque effectuée au fer rouge et reprenant l'emblème reikois que je n'hésite pas à cacher sous ma tunique tant la vue de cette chair quelque peu boursoufflée me déplait."


    2/ J'avais relu le post concernant les Janissaires par acquis de conscience et avais pu remarqué, effectivement, certains changements (comme la fin de la pratique esclavagiste ou l'arrivée de nouvelles recrues étant d'anciens fanatiques). Cela dit, je m'étais dit déjà d'un côté que même si le "portrait global" des janissaires avait changé du fait de l'arrivée massive de fanatiques dans ses rangs, il devait, malgré tout, demeurer une minorité "d'anciens janissaires". De plus, vu comment les réformes ont été présentées sur le post, j'ai présumé que l'affranchissement des esclaves n'avait concerné que les autres esclaves qui n'avaient jamais été condamnés à devenir des esclaves de guerre ou ceux qui ont décidé de rejoindre le front lors du conflit contre les Titans. Il semblerait que je me sois quelque peu trompé.

    Quoi qu'il en soit, cela ne change pas grand chose pour le mien dans les faits. En effet, elle a été l'une des dernières à avoir résister à l'usurpateur lors du siège d'Ikusa. Elle a refusé de ployer le genoux jusqu'à la fin et a tout fait avec ses compagnons pour tenter de "survivre", dans une situation où seule la mort les attendait, et pour continuer de se battre contre les ennemis du Reike avant sa chute qui était désormais imminente. De facto, elle demeure, de par ses actes, passés un opposant acharné de l'usurpateur. Aussi, même si on l'a conditionné et lavé le cerveau, aucune institution ne prendrait le risque de libérer un ennemi qui pourrait tôt ou tard représenter une menace (bien qu'elle ne sera sans doute jamais immédiate dans le cas de Vaesidia) et qui est demeuré, dans dans ses bottes et fidèle à ses convictions et à son serment face à une morte certaine. Du coup, la conserver en cage (ou à l'oeil) et profiter de ses connaissances tactiques mais aussi géographiques (pour les Terres du Nord), pourrait avoir été envisagé par un contrôleur un peu trop zélé. De plus, au vu de la somme de fanatiques présents dans les rangs des janissaires (soit des esclaves servant de chair à canons, l'on pourrait se demander qui irait, désormais, s'attarder sur son cas et revenir sur le jugement qui a été prononcé à son encontre ? On pourrait résumer cela en inversant quelque peu une certaine expression, c'est à dire qu'ici c'est la forêt qui cacherait l'arbre o/

    Bonne journée !
    Citoyen du monde
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    Louise Aubépine
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  • Sam 3 Déc - 0:33
    Bonsoir Vaesidia. Je te remercie pour ces précisions et l'ajout du tatouage.

    Et à présent, puisque tout est en ordre, j'ai le plaisir de t'annoncer que tu es désormais validée !

    Que tu puisses trouver en ta condition un épanouissement.
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