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    Milles excuses : partie 1 [Marceline & Rachelle] EFZvhIHe_o
    Gazette des cendres
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    #1
    RP coup de coeurCoeur

    RP coup de coeur

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    Citoyen du Reike
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    Marceline Cornebouc
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    qui suis-je ?:
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  • Ven 30 Déc - 13:29
    Rachelle au bras, je marchais instinctivement en direction de ma roulotte, séchant mes larmes. Le festival avait finalement été plus ou moins un fiasco pour nous deux. D’un côté, la souris avait cessé de s’apitoyer sur son sort et était venue, Gerda avait pu voir Roméo Trobo en privé, on avait vendu plein de chopes et on avait gagné la compétition de la meilleure bière ; mais de l’autre la fête avait été gâchée à deux reprises et elle finissait dans les larmes pour moi. Il faudrait que j’aille m’excuser auprès de Gerda, son amie Thylie et l’elfe qui était avec elles.
    Connaissant Rachelle, elle insisterait pour que je ne me retrouve pas seule dans la rue dans mon état et je n’accepterai pas non plus qu’elle rentre chez elle seule à cette heure là.

    —Allons chez mes parents, décidai-je donc. Un garde nous raccompagnera chez nous quand nous aurons fini de discuter à propos de cette journée.

    Car en effet nous avions besoin d’en discuter.
    Nous arrivâmes dans la demeure familiale et nous installâmes dans la bibliothèque après avec salué mes parents et ma tante ; cette dernière eut droit à un câlin de ma part. Le trajet m’avait fait du bien et je me portais mieux, alors aucun ne décelèrent mon trouble ; ou peut-être me faisaient-ils suffisamment confiance pour venir leur parler quand j’en avais besoin.
    Nous nous assîmes chacune dans un fauteuil et j’ouvris la discussion :

    –Je suis désolée. J’ai blessé ton honneur et c’est impardonnable. Je te promets d’aller m’excuser auprès de Gerda, de Thylie, de l’elfe qui était avec elles, et… (je pris une profonde inspiration) et de Tagar Reys. J’essayerai de faire mon possible pour avoir une discussion saine avec lui pour que nous puissions nous expliquer convenablement et peut-être nous réconcilier. En attendant je comprendrais que tu sois fâchée contre moi. je demanderai ton pardon quand je me serais rachetée. Cela te convient-il ?

    J’avais honte d’avoir ainsi blessé son honneur, et je consacrerai ce qu’il faudrait au rétablissement de celui-ci. J’espérais tout de même qu’elle ne soit pas trop fâchée contre moi.
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    Rachelle Virsce
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  • Ven 6 Jan - 4:31
    Milles excuses I


    Après une longue marche traversant les ruelles de la grande capitale reikoise, sans le moindre mot et alors qu’un silence que certains auraient pu qualifier de gênant s’était installé, Marceline le brisa au moment opportun. Elle proposa tout d’abord de se rendre chez ses parents, la souris s'apprêta tout d’abord à refuser l’invitation, peu jouasse à l’idée de croiser de nouveau les parents de celle qu’elle aimait. Elle devait bien admettre ne pas se sentir à sa place auprès de ces derniers. Ils étaient de riches bourgeois, certainement nobles qui possédaient bien plus de possessions que la souris n’en aurait jamais. Elle pouvait comprendre que les géniteurs de Marceline puissent voir d’un très mauvais œil son alliance amoureuse avec dans un premier temps une hybride, ce qui était pour beaucoup, signe d’un comportement déviant, mais d’autre part, une rescapée de guerre et sans le sou. C’était assez simple, Rachelle n’avait aucun bien matériel à offrir à l’elfe cornue de par leur alliance. Au contraire, elle était un poids dont il fallait s’occuper. Qui ne pouvait accomplir la plupart des tâches dû à sa cécité. Que diraient-ils lorsqu’ils apprendraient qu’elle avait également un enfant à charge ? Décidément, lorsque viendrait le moment de confronter ces derniers pour demander la main de leur fille, la souris, qui mettait un point d’honneur à respecter les traditions dans l’honneur, savait pertinemment que ce serait là pour elle un moment peut-être plus désagréable encore que le front de guerre. En réalité, elle n’avait que son amour et sa protection à offrir à Marceline. Et encore, elle n’était pas certaine de pouvoir la protéger efficacement sans le don de vision.

    —Ecoute Marceline, commença à répondre la souris d’une voix légèrement épuisée. Il est tard et…

    Elle se coupa lorsque Marceline annonça qu’un garde de leur maison se chargera de les raccompagner ensuite chez elles. Décidément, l’elfe à la peau d’ébène savait se montrer maligne, elle savait pertinemment que la souris ne l’aurait jamais laissé seule en pleine nuit et d’un autre côté, dû à sa cécité, Marceline ne pouvait décemment pas la laisser seule à son tour. Ce qui avait pour conséquence de former une spirale ou aucune des deux ne pouvait raccompagner l’autre sans se retrouver seule à son tour. Il était donc inutile de tenter de marchander, c’était le choix le plus logique à faire.

    —Entendu, conclut la souris avant d’afficher une légère grimace. A chaque fois que tes parents m’auront vu en ta compagnie, tu étais dans tous tes états, ils vont finir par croire que je suis celle qui cause tes soucis. Enfin… pour ce soir c’est probablement le cas. S’ils sont réveillés, je leur présenterai mes excuses pour te ramener dans cet état. Par ailleurs, je vais bien devoir me confronter un jour à eux. Je compte leur demander ta main. Il faut que je leur prouve que je suis digne de toi. Je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre, je ne pars pas forcément avec les bonnes cartes en main, mais je me vois mal fuir la queue entre les jambes. Je veux être fière de notre union. En être fière jusqu’à savoir qu’elle est approuvée par ta famille. Je me rends bien compte que de leur point de vue, je ressemble à une profiteuse mais… tu es déjà au courant, je n’ai pas pour ambition de voler la fortune de ta famille. Surtout qu’au vu de ma condition, j’aurai rejoint les astres bien avant que tes parents ne le fassent.

    Elle s’arrêta un moment pour lever la tête vers les astres. Essayant de les imaginer au sein de son esprit.

    —Je ne veux pas regretter la vie que j’ai vécu, continua-t-elle doucement avec une certaine paix intérieure. Peu m’importe si je dois apprendre, j’arriverai à devenir aux yeux de ta famille, le meilleur choix possible pour ton mariage. Même si c’est court, je veux en profiter au maximum. Avec toi à mes côtés. Et lorsque le moment sera venu pour nous de faire nos adieux, je veux que tu me promettes une chose Marceline :
    Ne laisse jamais tes souvenirs de moi t’entraver au sein du chemin qu’il te reste à parcourir. Je veux que tu sois heureuse, même lorsque je ne serais plus parmi les nôtres. Je veux que tu sois capable de faire ton deuil et de trouver l’amour à nouveau. Nous n’aurons pas de descendance, tu te doute bien pourquoi, et puis les hybrides sont incapables de procréer, donc tu n’auras plus aucune attache vis-à-vis de moi. Je veux te rendre assez forte, assez sûre de toi, pour que lorsque je ne serais plus là pour veiller sur toi, tu sois capable d’affronter la vie avec le plus large sourire possible sur ton visage.
    (Elle marqua une courte pause.)
    Vivre… c’est bien plus compliqué qu’on ne le pense. Il y aura toujours des imprévus, des crises à gérer. C’est un combat permanent. Et pourtant, nous continuons d’avancer. Nous nous battons pour trouver le bonheur tant recherché. Pour nous, et ceux qu’on aime. Pour l’instant, tu es encore fragile émotionnellement. En même temps, comment ne pas l’être avec ce que tu as subi ? Mais je compte bien faire de toi l’elfe la plus comblée du Sekai. Je te rendrais suffisamment forte intérieurement pour balayer les tracas qui pourraient se placer sur ton chemin. Alors s’il te plait. Ne sois pas triste lorsque mon heure sera venue. Et trouve la force d’aimer à nouveau. Qui sait, tu trouveras peut-être même une personne encore plus formidable que moi ? (Elle daigna afficher un sourire.) Si je te vois malheureuse depuis les astres, je vais trouver un moyen de revenir pour te secouer, alors attention à toi mademoiselle Cornebouc.

    Sentant un vent frais lui parcourir l’échine, la souris baissa à nouveau la tête. Sûre d’elle. Elle était désormais prête à en découdre dans les règles avec quiconque se placerait entre elle et son union avec celle pour qui battait son cœur.

    —Il fait frais, ajouta-t-elle finalement. Nous continuerons cette discussion au chaud comme tu l’as si bien dit.

    Puis sans épiloguer, la souris se mit en marche. Gardant la main de son amante fermement entre ses doigts velus.

    Les deux femmes marchèrent un moment, Rachelle laissant finalement Marceline la guider, n’étant pas très familière avec cette partie de la ville puis après une longue marche salvatrice, durant laquelle elles eurent la chance de ne rencontrer aucun rescapé de la fête de la bière en état second, elles parvinrent jusqu’au fameux domicile. Rachelle se souvenait y être entrée une fois, du temps où ses yeux ne lui faisaient pas défaut. Ainsi, elle pouvait plus ou moins visualiser les lieux même si sa mémoire était loin d’être absolue.

    Elle attendit patiemment que Marceline termine de saluer sa famille avant de s’incliner face à ces derniers.
    —C’est un plaisir de vous revoir, annonça-t-elle en se concentrant pour ne pas fourcher sur le moindre mot. Je vous présente mes excuses pour m’imposer de la sorte en cette heure tardive, n’ayez crainte, je serais partie avant le levé du jour.

    Elle se tût finalement, se sentant en plein inconfort avant de finalement sentir ce feu en elle qui lui criait d’assumer ses mots de plutôt.
    —Madame, Monsieur. J’ai bon espoir de pouvoir m’entretenir avec vous durant les jours qui suivront. C’est important. Pour moi, mais également pour votre fille. Je vous souhaite une agréable soirée.

    Malheureusement pour cette dernière, elle ne pouvait pas réellement lire l’expression qu’avaient fait les elfes suite à ses mots. Ainsi, elle se retrouva bien vite assise sur un fauteuil plus que confortable. A l’odeur des lieux, l’hybride comprit rapidement qu’elles avaient rejoint une bibliothèque ou bien un bureau. L’odeur des livres et des parchemins était probablement une de celles que la souris préférait. Elle n’eut toutefois pas le temps de s’étendre sur le sujet, car Marceline reprit de nouveau la parole. Elle l’écouta exposer ses torts et son plan pour la suite.
    Rachelle resta bien silencieuse, concentrée sur ce qu’elle ressentait. Elle avait certes été couverte de honte et peut-être qu’une partie d’elle en voulait sincèrement à Marceline pour ce qu’il s’était passé. Après tout, la souris était loin d’être parfaite. Elle aussi pouvait ressentir de la rancœur mal placée. Elle se concentra donc un moment. Pesant le pour et le contre, et se pencha sur ce qu’elle ressentait vraiment au plus profond d’elle.
    Finalement, elle prit la parole :

    —Je suis effectivement fâchée. Ce serait te mentir que de t’annoncer que je suis d’une humeur éclatante. J’ai encore en travers de la gorge ce qu’il s’est passé tout à l’heure mais… suis-je fâchée contre toi ? Non je ne le pense pas. Enfin, si un peu, mais c’est uniquement par fierté mal placée. En réalité, je suis principalement en colère contre moi-même. Je n’ai pas été à la hauteur. Je me suis pensée, l’espace d’un instant comme une véritable héroïne, sur son cheval blanc, t’apportant un remède miracle aux peurs qui t’assaillent. La réalité, c’est que ton traitement est quelque chose qui doit être fait sur le temps. Nous devons prendre le temps nécessaire pour avancer à ton rythme. J’ai avant tout pensé à ma petite personne. A quel point je serais une héroïne à tes yeux en te débarrassant de ce mal insidieux. J’aurais dû penser à toi en premier lieu. J’aurai dû me rendre compte que tu n’étais pas prête. Je ne m’étais pas aperçue d’à quel point la situation était grave. Ou peut-être l’avais-je remarqué, mais la guerre m’a quelque peu désensibilisée. J’y ai vu tellement de mes frères et sœurs d’armes y perdre la vie qu’à mes yeux, tes problèmes datant d’il y a quelques années ne devaient plus te faire autant souffrir. J’ai été ridicule. Tout d’abord j’ai été ridicule envers moi même, puis j’ai été ridicule envers la promesse de mon amour inconsidéré pour toi. Et enfin, j’ai été une farce vivante en pensant avoir la force nécessaire pour te sauver de tous tes problèmes par ma seule présence. Depuis que je ne suis plus dans l’armée, j’ai l’impression que je végète un peu. Que je me repose trop sur mes acquis. Alors que tout pourrait disparaître du jour au lendemain. Par exemple, si je devenais une personne odieuse, il serait normal que tu te sépares de moi, n’est-ce pas ? Alors je dois continuer de faire des efforts. Des efforts sur moi-même. Après tout, je souhaite prétendre à la main de la grande informatrice, Marceline Cornebouc, alors ai-je vraiment le droit de me reposer en tentant de conquérir ton cœur ? Je ne le pense pas.

    Elle tendit la main à Marceline, assise sur le fauteuil face à elle.

    —Accorde-moi une seconde chance, ajouta-t-elle pleine de conviction. Je vais chasser ces démons qui te hantent. Peu importe le temps que ça prendra. Peu importe à quel point ils se montrent retors, je resterai à tes côtés. Travaillons de concert jusqu’à ton rétablissement, d’accord ? Et lorsque tu te sentiras prête, nous rendrons visite à Tagar. Je serais là, avec toi. Pour te soutenir, mais également pour avoir le fin mot de toute cette histoire. Concentrons nous à présent sur ton rétablissement.

    Gardant sa main levée, elle afficha finalement un sourire sincère.

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    Marceline Cornebouc
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  • Aujourd'hui à 18:05
    Ce que Rachelle dit quand nous marchions m’attrista. Elle avait raison, je ne voyais pas comment mes parents accepteraient de lui donner ma main. Mais ma bientôt fiancée était formidable et elle s’accrochait, nourrissant l’espoir qu’ils approuveraient notre union. Et bien sûr, je préférais ne pas penser à la longévité de l’hybride.
    J’étais sur le point de pleurer de nouveau. Elle avait le courage de vouloir se perfectionner pour devenir le meilleur parti aux yeux de ma famille. Intérieurement je me jurais de tout faire pour que mes parents acceptent sa demande. Quitte à les manipuler, ou je ne savais quoi. Je ne voulais pas attendre qu’elle soit en mesure de les convaincre. Une larme roula sur ma joue.
    Je voulais répondre à Rachelle que je voulais des attaches vis-à-vis d’elle, que je voulais chérir son souvenir jusqu’à la fin de mes jours. Elle ne m’en laissa pas l’occasion. Elle voulais me rendre le sourire pour toujours. Et j’avais affreusement besoin d’elle pour cela.
    Je n’étais pas d’humeur aux blagues, et son trait d’humour ne fis que me faire espérer qu’il y ait un moyen pour qu’elle revienne d’entre les morts, ou qu’elle reste à jamais avec moi. Silencieusement je pleurais, espérant qu’elle ne s’en rende pas compte.
    Pendant que nous marchions j’eus le temps de reprendre de la contenance, et lorsque nous arrivâmes chez mes parents, je pus cacher mon désarroi de plus tôt. Rachelle les salua a son tour, présentant ses excuses, et ajouta qu’elle voulait s’entretenir avec eux, probablement pour leur demander ma main. Il fallait que j’agisse vite, pour leur faire comprendre qu’ils devraient accepter quoi qu’il arrive. J’avais plusieurs idées de comment m’y prendre, mais il faudrait agir subtilement. Et ne pas me tromper. J’avais une potion pour ça.
    Après que je lui ait présenté mes excuses, elle resta un long moment silencieuse. Je repensais à ce qu’il s’était passé et j’avais honte. Mon traumatisme n’était pas une excuse pour se comporter ainsi. Finalement l’élue de mon cœur reprit la parole.
    Elle était effectivement fâchée contre moi, et mon cœur se serra. Elle continua qu’elle était principalement fâchée contre elle-même et mon cœur s’alourdit. Je l’écoutait dire qu’elle s’était crue héroïne sur son cheval blanc pouvant par sa simple présence chasser le mal insidieux qui m’assaillait. Que nous devions avancer à mon rythme, qu’elle ne s’était pas rendue compte d’à quel point la situation était grave, ou que si elle l’avait remarqué, la guerre avait durci son cœur de sorte qu’elle ne pensais pas que ce problème datant de deux ans puisse me faire autant souffrir. J’avais de la peine pour elle à ce propos, et j’espérais qu’elle sache être de nouveau sensible aux problèmes d’autrui. Elle avait besoin, je n’en doutais pas, de compassion, autant des autres envers elle que d’elle envers les autres. Elle se trouvait ridicule envers elle-même et envers son amour pour moi. Je comprenais, et je me promit de la rassurer. Elle avait le droit à l’erreur. Elle finit sur une note d’espoir teintée de ma tristesse. Elle me prenait pour une personne que je ne pensais plus être. Que je n’avais probablement jamais été.
    Elle me tendit la main et me demanda de lui accorder une seconde chance. Elle allait chasser les démons qui me hantaient. Elle me promit de rester à mes côtés face à ces derniers. Et nous irions voir Tagar.
    D’un tel discours je retenais avant tout une chose. Je me levai de mon fauteuil et vint me blottir contre elle, assise sur ses genoux, le visage contre le sien, enroulant sa main tendue autour de moi.

    —Tu es formidable.

    Mon ton était celui d’une amoureuse qui voulait tout faire pour rendre sa moitié heureuse. Et pour cela j’avais beaucoup de travail à faire sur moi-même. Mais avant j’avais des choses à lui dire. Je pris quelques instants pour savourer ce moment, et puis je lui répondit :

    —Tu me pardonnes parce que tu penses que c’est toi qui as fauté, mais nous avons toutes les deux été ridicules. Mais je suis heureuse d’entendre que tu peux te pardonner à toi même. Je t’accorde évidemment une deuxième chance, et je t’en accorderai autant qu’il faudra, car si un jour tu devenais une personne odieuse, ce serait me trahir moi-même que de me séparer de toi, car je devrais plutôt t’aider à comprendre tes fautes pour que tu puisse redevenir une personne honorable. Je ne t’abandonnerai jamais, Rachelle. Mais de toute façon, ça n’arrivera pas. J’ai confiance en toi.

    Je posai ma main sur sa joue pour l’embrasser.

    —Tu sais, je suis très fière de toi. Pour être venue à la fête et pour être si gentille et si honorable.

    Je pris le temps de laisser vagabonder mes idées.

    —Je… je crois que je ne veux plus être une grande informatrice. J’ai perdu mes ambitions ce jour là. Je ne pense pas que ce soit sain de poursuivre ce rêve que je n’ai plus et je ne pense pas non plus qu’il soit sain de vouloir raviver cette flamme. Ça aussi, c’était de la fierté mal placée. Aujourd’hui je veux être humble, discrète, ne plus attirer l’attention des gens qui pourraient me faire du mal. Je sais bien que tout ça, c’est parce que j’ai peur, mais… je crois que je ne cesserai jamais d’avoir peur. J’aimerai tellement retrouver mon insouciance de l’époque, mais c’est fini. Aujourd’hui, j’ai besoin de courage pour affronter ma peur. Et ce, jusqu’à la fin de mes jours.

    Je ne sut pourquoi, mais mes pensées virevoltèrent vers son futur cercueil. Que regretterai-je ce jour là de ne pas lui avoir dit à cet instant précis ?

    —Tout à l’heure, pendant que nous dansions, te t’ai dit quelque chose. J’aimerai ajouter que… tu es formidable. Tu est une personne particulièrement adorable. Tu sais te remettre en question, placer les autres avant toi, essayer de toujours t’améliorer. Tu ne te laisse pas abattre non plus. Et tu veux mon bonheur. Le bonheur des Reikois. Tu es une personne magnifique et c’est aussi pour ça que tu es l’élue de mon cœur. J’espère… Je te promets d’essayer d’être à la hauteur pour toi. D’essayer de te mériter. Je sais que c’est mal dit mais à mes yeux, c’est toi qui me tires vers le haut. Alors je vais essayer de voler par moi-même pour que nous puissions nous compléter et être un couple heureux. Et quand viendra l’heure où je serais seule, je te promet d’essayer d’être heureuse, pour que tu puisses partir en paix.

    Ces mots, je songeais, j’en répéterais une version améliorée à notre mariage. Se soutenir l’une-l’autre malgré nos défauts et nos malheureuses expériences était une partie centrale de notre couple. Il était inutile de le nier. Alors je voulais que dans nos vœux de mariage figure le fait qu’elle sera jusqu’à la fin de ma vie une inspiration et un soutien pour moi. La meilleure inspiration et le meilleur soutien.
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