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    Anonymous
  • Sam 18 Mar - 23:23
    Je ne pensais pas que cette séparation serait aussi douloureuse alors que la fée laisse mon corps glisser sur le sol. J’ai subitement froid, privée de sa chaleur, et la noirceur menace de m’engloutir de nouveau sans la présence rassurante de mon ange gardienne. Mais je me dois d’être forte, pour elle, pour nous, me raccrocher à ce chatoiement de couleurs qui s’est invité brusquement dans ma vie pour chasser mes démons. Je découvre alors que ce qu’elle a insufflé dans mon cœur et dans mon âme est plus fort que l’absence, car même loin de moi, elle est là, quelque part, je le sais, je le sens…

    Le cliquetis entêtant de la canne qui résonne sur le parquet prouve que je ne me suis pas trompée. Le Masque, croyant m’avoir brisée, sort de sa cachette pour venir savourer son grand œuvre. Si je suis une ombre, il est invisible et nul ne sait qui il est, ou à quoi il ressemble. Il est un maître de l’illusion et des faux-semblants, gardien d’une magie ancestrale qui le rend véritablement insaisissable. Mais aujourd’hui, il révèle sa vraie nature au grand jour pour se gausser de ma défaite.

    D’aucun pourrait le trouver grotesque, silhouette rachitique, voutée et bossue qui s’appuie sur sa canne pour atténuer le boitement dû à une jambe bien trop courte. Sur son visage, un masque blanc et sinistre, surmonté d’un tricorne à capuche. Un épais manteau de velours bleu nuit rehaussé de broderies argentées couvre son corps, dissimulant sa difformité honteuse aux regards étrangers. Grâce à sa magie, il peut être qui il veut, quand il veut, mais en cet instant, il est juste lui.

    Le Masque.

    Il s’agenouille devant moi et je ne bouge pas pour ne pas révéler la supercherie. De nouveau il tente d’insuffler le doute dans mon esprit pour me faire croire que la fée m’a abandonné. Je sais qu’il se trompe, pourtant ses paroles sonnent avec l’accent de la sincérité. « Personne ne peut lui faire confiance… Elle t’a abandonnée, comme tous les autres… ».

    Je vois sa main du coin de l’œil qui s’approche de ma joue, mais qui stoppe brusquement son geste alors que la fée paraît à la fenêtre. Mon cœur bondit dans ma poitrine, car même si j’étais convaincue qu’elle ne m’abandonnerait pas, entendre de nouveau sa voix est un baume apaisant la douleur toujours présente dans mon bas-ventre.

    Elle détourne son attention, je n’ai qu’à attendre le moment propice pour agir, mais j’ai l’impression que mon corps est engourdi et qu’il refuse de se mouvoir.

    De nouveau il crache son venin contre la fée. Il parle de… ses parents, de leurs morts ? Se pourrait-il qu’elle soit responsable, elle, qui est prête à se sacrifier pour ceux qu’elle aime. Cela me semble tout bonnement impossible, mais je sens la colère qui s’empare de mon amie. J’aimerai lui crier de ne pas se laisser manipuler, de ne pas écouter ses paroles, car il est si proche que je vais bientôt pouvoir…

    La fée se lance en avant, animée par une colère indescriptible qui lui fait perdre toute prudence. Mais notre ennemi n’attendait que ça, disparaissant dans un nuage de fumée, évitant la lame et surtout s’éloignant de moi. Un ballet étrange se déroule alors devant mes yeux, le Masque frappe de ses mots le cœur meurtri de mon amie et je souffre en même temps qu’elle, victime de ce lien fusionnel qui existe maintenant entre nous. Elle tente de l’atteindre, aveuglée par les larmes qui coulent sur ses joues de nacres. En vain, il joue avec elle, elle s’épuise et j’ai l’impression qu’elle n’est qu’un pantin animé par cet homme qui sait si bien empoisonner nos cerveaux pour nous manipuler. Je vois du coin de l’œil l’éclat froid du métal alors que le Masque dévoile lentement la lame qui se cache dans sa canne. Une canne épée qu’il s’apprête à dévoiler pour frapper Dahlia en plein cœur.

    Mes griffes meurtrissent le bois du parquet usé. Je sens la colère qui gronde en moi, la haine de cet homme qui menace de m’envahir. Mais il ne faut pas, il faut que je garde le contrôle, que je me concentre sur ce qui est réellement important. Les couleurs, ces couleurs de l’arc-en-ciel qui ornent ses magnifiques ailes de fée. L’important ce n’est pas lui, c’est elle, c’est ce sentiment nouveau qu’elle a fait naître en moi. C’est là que je dois trouver la force de la protéger.

    Le serpent rampe sur le sol, lentement, silencieusement. Il s’approche, sans quitter sa proie de ses yeux qui ne cillent jamais. La nature l’a dépourvu de membres, alors pour se défendre, elle lui a donné ce qui en fait un prédateur redoutable et redouté.

    Son venin.

    Le Masque glousse et jubile. L’instant de la mise à mort approche. La petite fée titube d’épuisement, aveuglée par la haine et la colère, elle ne voit pas le danger qui s’annonce, la lame prête à bondir pour transpercer son petit cœur. Elle trébuche soudain, dévoilant son échine comme le taureau que le matador va abattre après avoir joué avec lui. Mais le rire du monstre se bloque dans sa gorge alors qu’une douleur atroce remonte le long de sa jambe infirme. Car le feu de mon venin se répand dans ses veines, charrié par son sang.

    J’ai trouvé la force d’ouvrir la bouche dans des proportions inhumaines pour que les crocs rétractiles dissimulés dans mon palais se déploient. Et j’ai mordu, mordu son mollet, libérant le poison de la Gorgone dans son organisme chétif.

    Il hurle de douleur avant de disparaître pour se dégager. Il se matérialise de nouveau à quelques pas, couinant ridiculement en traînant sa jambe meurtrie comme si elle pesait déjà des tonnes. Je m’appuie sur le lit pour me redresser à demi. Je suis encore si faible, pourtant les règles du jeu ont brusquement changé. Un sourire malsain étire mes lèvres fines et ma voix sifflante résonne dans la pièce.

    - SSsss. Tu le sssens n’est ssse pas.

    Les tentacules sur ma tête semblent reprendre vie, s’agitant frénétiquement dans la direction de notre ennemi.

    - Le poison qui coure dans tes veines.

    Il panique, apparemment peu habitué à souffrir, ne faisant qu’accélérer la circulation de mon venin dans son organisme.

    - Tu as du mal à ressspirer, bientôt tu ne sssentiras plus tes jambes.

    Déjà son système nerveux est atteint, perturbant certaines de ses fonctions motrices. Il se traîne lamentablement vers un coin de la pièce en sanglotant pathétiquement. Le Masque joue, mais il ne sait pas perdre, il ne sait pas endurer, il n’a pas été forgé dans la douleur et la souffrance comme moi et la fée qui vient m’aider à me relever.

    Il est apeuré, mais pas démuni et il crache sa haine sur nous, cherchant encore à nous faire souffrir.

    - Oliver est mort, je l’ai écorché vif.

    Il tente de reprendre la main, mais c’est trop tard. C’est trop tard car, sans le savoir, il a éveillé quelque chose en nous qui nous rend plus fortes que jamais, quelque chose qui nous permet d’endurer la tristesse d’avoir perdu un être cher. Il ne le voit que trop bien, dans nos regards, dans l’expression de nos visages, dans cette détermination qu’il n’est plus capable d’ébranler et qui le mènera à sa perte.

    De nouveau il couine, baragouinant de vaines menaces.

    - Je me vengerai, je vous tuerai toutes les deux.

    Avant de disparaître dans un nuage de fumée.

    Je manque tomber, mais la fée me retient. Je suis épuisée, je ne sais pas si j’aurai eu la force de continuer plus longtemps. Pourtant nous avons gagné, mais nous n’avons gagné qu’une première bataille dans la guerre qui s’annonce.

    Mon regard croise celui de Dahlia.

    - Je sssuis vraiment désolée pour Oliver.

    Et un autre mort, si rare dans ma bouche, car j’ai appris à ne compter que sur moi-même.

    - Mersssi.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 19 Mar - 0:03
    Un, deux, trois, quatre coups de lames. Cinq, six, sept, huit échecs. Neuf, dix, onze, douze, les multiples infinis de la haine qui parcourait son corps, faisant trembler les fondements de son âme. Chaque fois qu’il l’évitait, elle frappait encore plus fort. Chaque fois qu’il riait, la rage déformait un peu plus son visage. Elle perdait pied avec la réalité, dansant avec le diable qui se jouait d’elle, qui s’amusait de sa misère, de la colère qu’il avait provoquée. Son ennemi l’esquivait avec aisance, disparaissant d’un nuage de fumée à l’autre. Dahlia était une piètre combattante, incapable de viser les articulations, les points vitaux. Elle n’était guidée que par la rage, cherchant à découper tout ce qui se trouvait sur son passage.

    Alors qu’elle frappait sans relâche dans le vide, dans son for intérieur, la Fae se battait contre autre chose que Le Masque. Comme des flashs, des souvenirs l’assaillaient, embrouillaient son esprit. Elle se revoyait enfant hurler sur ses parents, planter son regard dans celui de sa mère, puis s’éloigner en courant. Puis, elle se voyait revenir, pousser le portail de leur maison, sentir le ragout de sa mère en train de cuire et soudain… L’odeur âcre de leurs cadavres trouva son chemin jusqu’à ses narines et elle redoubla d’efforts contre Le Masque. Elle n’avait pas voulu les tuer. Elle n’avait pas fait exprès. Elle ne s’était pas contrôlée. Ce n’était pas sa faute. Ce n’était pas sa faute !

    Alors que la serpente plantait ses crocs dans la jambe de leur ennemi commun, une réalisation la frappa. La plus grande erreur de sa vie venait d’un manque de contrôle, du jour où elle avait laissé ses sentiments prendre le dessus sur la raison. Elle venait de recommencer, de se laisser dominer par des émotions. Une sensation atroce vint l’envahir tandis que Le Masque rebroussait chemin, incapable de poursuivre la bataille, handicapé par le venin de Ssisska.

    Par automatisme, elle prit l’hybride dans ses bras, mais son étreinte semblait… absente. Ses ailes s’étaient arrêtées de briller et de changer de couleur, son cœur retrouvait son rythme normal. Ses yeux fixaient le vide, ses membres peinaient à lui répondre. La Gorgone lui parlait, mais elle l’entendait comme sous l’eau, comme un bruit de fond qu’elle parvenait tant bien que mal à distinguer.

    Oliver était mort. Cette réalisation plongea à nouveau Dahlia dans le désespoir, et les bras qui tenaient auparavant l’hybride en leur creux devinrent ballants, le long de ses hanches. Ses jambes tremblaient, et bientôt une nausée la prit de court. Elle s’éloigna rapidement et se mit à vomir, accrochée à un seau qui traînait dans la pièce, à peine capable de tenir debout. Elle était pitoyable. Se recroquevillant dans un coin, elle passa ses deux mains dans ses cheveux, les attrapant si fort qu’elle se faisait mal.

    Elle voulait parler. Elle devait parler. La Gorgone la regardait, elle attendait quelque chose. Pourtant, la Fae était incapable de lui donner, incapable de s’exprimer. Les mots restaient coincés au fond de sa gorge, son souffle était coupé. Elle observait ses doigts tâchés de sang. Le sang d'Oliver, le sang du Masque qui dégoulinait sur le sol suite à la morsure salvatrice. Dans un murmure, sans oser croiser le regard fendu de noir de celle qui lui avait sauvé la vie, elle balbutia un faible « merci » qui sembla lui arracher toute sa force vitale.

    Dahlia n’était plus. Devant la serpente se trouvait une loque, un monarque devenu vulgaire papillon de nuit. L'élégante et l'impassible directrice de l'orphelinat n'était plus que l'ombre d'elle-même. Le cœur en miettes, le corps épuisé, la Fae était profondément exténuée. Elle resta silencieuse durant de longues minutes, tenant ses genoux contre son menton et se berçant d’avant en arrière dans l’espoir de réussir à retrouver son calme. C’était peine perdue. Quelques sanglots finirent par s’échapper de ses lèvres et elle redressa enfin la tête vers son amie, les yeux perlant de larmes.

    « Je… Je dois aller à Melorn. ». La Fae tendit une main faible et tremblante. « S’il te plaît... S’il te plaît, trouve-moi un moyen d’y aller… Je… Je ne peux plus rester ici… Je ne peux plus être à Liberty… Si je reste je vais… ». Rattrapant son seau, la directrice vomit la bile acide qu’il restait dans son estomac. Elle pleurait encore plus fort. « Je... Je ne pourrais pas enterrer Oliver… Je ne sais même pas où est … ». Un sanglot encore plus puissant la secoua. « Le reste de son corps… ». Elle prit son visage entre ses mains, explosant un peu plus chaque seconde, submergée par des vagues d’émotions, emmenée par le tsunami de sentiments qui la tourmentait. Elle devait partir. Si elle ne partait pas, alors elle mourrait de chagrin. « Je ne voulais pas les tuer… je te le promets… ».
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    Anonymous
  • Dim 19 Mar - 11:34
    La réaction de la fée me surprend et me brise le cœur. Elle semble se faner, s’éteindre, alors que ses ailes perdent leurs couleurs si chatoyantes. Les attaques vicieuses du Masque, associées à la triste fin d’Oliver, ont raison de sa volonté de fer et de sa détermination sans failles. J’aimerai la retenir alors qu’elle s’éloigne, bras ballants et âme en peine, mais je suis déjà trop faible pour tenir seule debout…

    Mon cœur saigne de la voir ainsi, plongée à son tour dans les affres de ses démons, dévorée par la culpabilité, anéantie par le chagrin. Les minutes passent, le silence est lourd et pesant, mais je reprends peu à peu des forces, suffisamment pour me traîner jusqu’à la fée et tomber à genoux devant elle.

    Melorn, un voile de surprise traverse mon regard, lorsqu’elle évoque la cité des Elfes, située loin, très loin au nord. J’ai du mal à comprendre pourquoi elle veut s’éloigner aussi vite, alors que j’ai besoin d’elle, j’ai besoin de sa force, de sa tendresse, de son amour pour pouvoir continuer la lutte contre le Masque. Et pour la première fois de ma vie, je me rends compte de la douleur que peut provoquer une séparation, lorsqu’un être cher décide de partir…

    Ma voix est légèrement tremblante, mais je n’ai pas la force de m’opposer à sa volonté.

    - Je… je t’aiderai à aller où tu voudras.

    Même si c’est loin de moi, car jamais je ne pourrai quitter ces bas-fonds qui m’ont vu naître et grandir.

    Une main griffue vient se poser sur son épaule, la serrant doucement alors que je lui fais une promesse.

    - Je retrouverai ssson corps, je te le jure. Je le retrouverai et sssa sssépulture sssera digne de l’amour que tu lui portais.

    Je retournerai les bas-fonds de cette ville et même au-delà pour le retrouver, même si je dois affronter seule Le Masque pour cela.

    Et je comprends alors, je comprends quand elle éclate en sanglots, des larmes amères coulant sur ses joues de nacre. Ses parents, la maladie, les paroles du Masque, la culpabilité qui ronge, tel un poison, son petit cœur incapable d’en supporter plus. Je ne sais pas trop comment réagir face à sa détresse, moi, la Gorgone si puissante et redoutable, je me sens démunie devant le chagrin de celle qui est devenue plus qu’une amie. Les mots se bousculent, mais aucun ne semblent avoir assez de sens, alors j’agis.

    Comme souvent, les tentacules sur ma tête semblent exprimer mieux que moi ce que je ressens. Ils avancent lentement vers la fée prostrée jusqu’à la toucher, lui offrant le contact de dizaines de tendres caresses ophidiennes. Certains glissent sur ses joues pour en effacer les larmes, d’autres se perdent dans ses cheveux ébouriffés par son combat pour les lisser délicatement, d’autres, encore, s’enroulent autour de ses épaules, de ses bras en une étreinte unique pour l’attirer doucement vers moi. En réponse à son chagrin, je lui offre quelque chose de rare, quelque chose que je n’ai pas l’habitude d’offrir, enferrée dans ma haine et ma colère du genre humain.

    De la tendresse, de l’amour, qui s’expriment à travers les reptations délicates de mes tentacules sur son corps. Un cocon de tendresse infinie, comme celui qu’elle m’a offert un peu plus tôt. Je n’ai pas d’ailes, mais j’ai mes serpents, qui semblent constituer une barrière physique pour la protéger de tous ceux qui voudraient lui faire du mal.

    Et les mots semblent alors prendre tout leur sens.

    - Tu n’es pas un monssstre.

    Ironique quand on pense que ces paroles sortent de la bouche de la créature monstrueuse que l’on nomme Gorgone.

    Je prends alors une de ses mains pour venir la poser sur ma poitrine, là où bat mon cœur d’hybride. Un cœur qui bat lentement, très lentement, trahissant ma nature reptilienne. Mais un cœur qui bat encore grâce à elle.

    - Et je sssais que ssse n’est pas ta faute.

    Ma voix est ferme et impérieuse avant de se faire douce et sifflante.

    - Les monssstres n’aiment rien ni persssonne. Et tu as tant d’amour à offrir. Oliver a été tué par la folie et la haine, mais il a été aimé, il a été heureux. Grâssse à toi. Tu m’entends, grâssse à toi.

    Mes tentacules qui glissent lentement le long de son dos, l’attirant toujours plus vers moi. Ma voix se fait beaucoup plus basse et intime.

    - Les monssstres ne font pas battre les cœurs.

    Mon visage si proche du sien que je peux sentir son souffle sur ma peau. Jusqu’à ce que mes lèvres entrent en contact avec les siennes, et mon cœur bondit dans ma poitrine, comme un cheval sauvage dont on ouvre l’enclos et qui se lance dans une folle cavalcade enfin libre de s’exprimer pleinement.

    Un baiser sage, un baiser chaste, mais qui porte en lui toute la force du sentiment qui nous unit à présent.

    Un baiser qui concrétise le lien apparemment impossible existant entre une fée et une serpente…
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 19 Mar - 21:44
    La réalité était si loin et à la fois si proche. Perdue dans ses pensées, la Fae peinait à aligner les mots les uns devant les autres, à construire des phrases qui faisaient sens. Plusieurs fois, elle pensa à abandonner et à se cloîtrer dans un silence morbide. Néanmoins, elle ne se l’autoriserait pas. Dahlia s’était battue jusqu’à ce que ses membres ne lui répondent plus, jusqu’à ce que ses jambes lâchent sous son poids plume.

    Pourtant, la bataille la plus difficile était celle qui se livrait dans sa tête, entre sa culpabilité et la raison, entre la honte et les mots rassurants et réconfortants de l’hybride qui approchait ses tentacules de son corps lentement. Sa demande était profondément égoïste, cependant la vérité était bien trop difficile à admettre. Elle ne pouvait rester à Liberty, elle devait s’échapper de la cage qui la contraignait depuis de nombreuses années. Toutefois, il ne s’agissait pas d’un adieu, seulement d’un au revoir. Si auparavant l’orphelinat était la seule raison qui la faisait revenir à la capitale, aujourd’hui ce n’était plus le cas.

    Entre les sursauts et les sanglots, Dahlia murmura un doux et sincère « Merci. ». Quand bien même, elle aurait désiré partir à la recherche d’Oliver, la Fae en était tout simplement incapable. À l’instant où elle repensait à son corps déchiqueté, à la souffrance qu’il avait dû endurer, les nausées reprenaient de plus belle. Ssisska avait raison. Dahlia dévouait son existence entière au bonheur de ses orphelins, dont celui-ci. Ses propres décisions, sa volonté de se rendre petit soldat de la Gorgone faisaient autant sa fierté que son désespoir.

    « Je.. Je suis désolée... ». Désolée de ne pas pouvoir l’aider dans sa recherche, désolée que Le Masque ait pu s’enfuir après tout le mal qu’il avait causé, désolée de n’être réellement qu’une petite fleur fragile à la merci des conséquences de ses propres actions, désolée de l’abandonner. La Fae avait besoin de se reconstruire, de réapprendre à voler plus haut que les nuages, si elle voulait être digne de l’attention que lui portait la serpente dont elle entendait le cœur battre lentement sous la paume de sa main.

    Dahlia ferma les yeux dans un énième sanglot tandis que les lèvres de la Gorgone vinrent toucher les siennes, d’un geste tendre et affectueux. La fraîcheur du contact de ses lèvres apaisa son âme tourmentée, et sans pour autant être capable de lui rendre son baiser, elle ne bougea pas d’un centimètre, détendant ses bras ainsi que le reste de son corps. La Fae resta ainsi interdite, perdue au beau milieu d’un bordel des bas fonds de Liberty, embrassant celle qui faisait trembler tous ceux qui l’évoquaient.

    La Gorgone, celle qu’on craignait, celle dont personne n’osait prononcer le mot, était devenue bien plus qu’une amie à ses yeux. L’amour conventionnel n’aurait pu délimiter l’envergure de ce qu’elles ressentaient l’une pour l’autre. Au-delà du désir, des conventions, du besoin d’être à ses côtés, tout était décuplé. La Fae l’aimait inconditionnellement, comme une sœur jumelle, comme deux faces d’une seule et unique pièce.

    Elle finit par mettre un terme à leur embrassade à contrecœur, reculant timidement la tête. Les larmes ne coulaient plus, son rythme cardiaque se calmait. Dahlia ignorait si la marque d’affection de la Gorgone avait été faite dans le but de l’apaiser, et quand bien même cela n’aurait pas été le cas, ça avait fonctionné. Un long soupir s’échappa de l’entre ouverture de ses lèvres alors qu’elle plantait son regard orangé dans les yeux fendus de noirs de Ssisska. « Je… Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi. ». Puis un sourire grand et sincère vint orner ses traits, étirer ses joues encore trempées de l’expression profonde de sa tristesse. Elle vint ensuite saisir sa main, plaçant son petit doigt contre le sien avant de le serrer. « Je reviendrais, je te le promets. Je ne t’abandonnerai pas. Dis-mon nom, et je serais là. Je serais toujours là pour toi. ».
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