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  • Mer 5 Avr - 22:21

    Il faut bien admettre que Neera y va franc-jeu. Mais d’un autre côté, est-ce que l’affection de Dahlia envers Eliëndir n’est pas évidente ? Certes, son amie balbutie, semble chercher ses mots, et n’est pas totalement à l’aise. La jolie blonde semble même tendue, comme si parler d’un tel sujet n’était pas dans ses habitudes. A bien y réfléchir, ça doit être le cas : à qui peut donc la Fae peut se confier ? Certainement pas à ses orphelins. Ses assistants alors ? Ils sont surtout là pour l’aider d’un point de vue professionnel. Et qui lui reste-t-il après ça ? L’élémentaliste la connaît depuis suffisamment longtemps pour savoir que ses parents sont morts, alors elle ne peut pas se confier à ses géniteurs. La directrice doit sans doute bien avoir d’autres amis… Mais Dahlia est d’une nature immensément discrète. Elle n’aime pas qu’on mette l’accent sur sa personne : à bien choisir, elle s’effacera complètement pour mettre son orphelinat en valeur. Tout pour ses petits protégés. Sa vie privée est en quelque sorte son jardin secret, dans lequel Neera vient de s’immiscer. La bienséance et la délicatesse voudrait que l’enseignante referme le sujet, mais les deux tourtereaux sont pour elle des amis de longue date, elle doit donc bien avouer que ça l’intéresse. Un peu. Beaucoup. Passionnément, même.

    La belle aux cheveux d’argent laisse donc son interlocutrice répondre, et elle peut dissimuler le sourire qui orne son visage. C’est typiquement l’expression d’une amie qui savoure une belle nouvelle à laquelle elle ne s’attendait pas. D’un hochement de tête, elle confirme bien sa question : oui, oui, elle veut savoir s’ils sont en couple. Et bien que la Fae hésite, une étincelle d’intérêt surgit dans ses yeux quand Dahlia semble répondre par l’affirmative. Bon, ce n’est pas une réponse claire et nette : apparemment, ni elle ni Eliëndir n’ont vraiment officialisé la chose. Si c’était le cas, ça se saurait directement à Melorn, et Neera l’aurait bien entendu à un moment ou un autre. C'est peut-être une bonne chose qu’elle ne l’ait pas appris de cette façon, finalement : la magicienne aurait été parfaitement capable de débarquer chez l’elfe à l’improviste pour en savoir plus, tant elle serait tombée de sa chaise face à cette nouvelle.

    - Huuuum. Donc vous filez le parfait amour en toute discrétion depuis quelques temps. Que ce soit des mois ou des années, ça n’a guère d’impact pour eux trois, tant le temps est généreux à leur égard. Je dois dire que voussavez préserver vos secrets, tous les deux. Et Eliëndir qui ne m’en parle même pas. Neera bougonne, mais c’est avant tout pour la forme, et elle reprend avec un sourire un peu plus détendu. Enfin, je peux aussi vous comprendre. Ca vous assurait une certaine forme de tranquillité, je présume. Loin des regards indiscrets et des ragots de Melorn. Il est plus surprenant que Dahlia n’ait jamais pensé à reconstruire tous ses projets à la cité elfique et la demi-titan reprend alors la parole sur ce sujet. Eh bien, pourquoi pas ? Tu aimes la cité, tu connais ses mœurs et ses lois. Je comprends que le communautarisme elfique pourrait poser problème mais… Trop se replier ne serait pas bon pour eux non plus et ton orphelinat pourrait être un signe d’ouverture de leur part. Cela pourrait représenter un élan nouveau et à cet égard, peut-être que tu recevrais du soutien des familles influentes de la ville. Neera marque une pause, le temps d’achever son assiette, puis elle continue. Je reconnais néanmoins que les a priori demeurent, là-bas, et que ce n’est jamais agréable d’être prise pour une paria au bout d’un certain temps. Puis, tu te dois également de penser à tes enfants. Eux aussi seraient certainement jugés, notamment par les plus anciens qui ne comprendraient pas pourquoi on amène des jeunes de toute races dans leur ville. En définitive, une telle installation serait compliquée, quand on y réfléchit et la professeure penche légèrement la tête sur le côté alors qu’elle analyse ce problème. Il faudrait voir les tenants et les aboutissants, les pour et les contre. Mais, si ton cœur appartient à Melorn, alors Melorn devra t’accepter, surtout si c’est là-bas que tu es destinée à t’épanouir. En tout cas, si tu as besoin de fonds pour les débuts là-bas, tu sais à qui t’adresser.

    Quoi qu’il en soit, ce fut au tour de Neera de raconter un peu plus en détail comment elle connaissait Eliëndir, et c’est avec un œil attentif qu’elle écouta son amie en faire autant. Elle se retint de sourire trop brusquement quand son amie vira au rouge pivoine. Elle s’en amusait un peu, c’est vrai, mais l’idée était quand même que la jolie Fae soit suffisamment à l’aise pour continuer tranquillement leur discussion.

    - On trouvera bien un moment pour que tu puisses me peindre alors. Il y a une atmosphère que tu préférerais ? Je sais que certains artistes préfèrent certaines saisons, là où d’autres chérissent plutôt un milieu en particulier, la forêt par exemple, les montagnes ou les rivières. Une idée surgit dans son esprit et Neera la soumet bientôt à la directrice. Pourquoi ne pas trouver un beau point de vue à Melorn, puisque tu adores la cité ? Il y a des point de vue assez exceptionnels, qui ne sont pas toujours très fréquenté. Il doit y avoir moyen de se trouver un coin calme, où on ne sera pas dérangée. Quant à être indulgente, ça ne lui posera aucun problème et Neera lui fait un clin d’œil malicieux. Je ne suis sévère qu’avec mes élèves, voyons. Pas avec les autres !

    Leur discussion revient ensuite sur les projets de Dahlia et les ressentis d’Eliëndir à ce sujet. L’élémentaliste se tait, mais ses deux amis ne semblent pas s’être projetés dans une vie commune. Pas qu’elle a grand-chose à y dire, au fond, mais elle entend les craintes de la jolie blonde, et la sang-mêlée prend le temps d’y réfléchir un instant.

    - Honnêtement, je pense qu’Eliëndir ne se laissera cadenasser par personne. Même si tu viens habiter chez lui, même si vous avez une maison à Melorn, il est libre comme le vent et n’est pas du genre à se mettre de réelles barrières ou des interdits. Je n’ai pas l’impression que son bonheur serait en berne si tu t’installes à ses côtés. Je veux dire, ce n’est pas comme si tu lui imposerais de rester non stop à Melorn. En plus, tu es suffisamment forte et indépendante pour te gérer toute seule, donc il pourrait totalement te faire confiance en son absence. Alors non, non, je ne crois pas qu’une vie ensemble vous étoufferait respectivement, tant que vous respectez la liberté de l’autre. Tout comme Eliëndir n’aurait pas intérêt lui reprocher son implication dans l’orphelinat, Dahlia, elle, ne pourrait pas lui reprocher ses voyages, puisque son rôle d’ambassadeur lui imposait de tels déplacements dans tout le Sekai. Un instant silencieuse, Neera tapote distraitement son doigt sur la table et plonge son regard dans celui de Dahlia. Au besoin, et si vous faisiez en sorte d’avoir un logement dans Liberty et à Melorn ? Ce serait ambitieux, c’est vrai, mais ça te permettrait peut-être de le suivre à l’occasion. Et de toute façon. Son rôle d’ambassadeur ne lui offre pas un logement garanti par la République et par le Reike ? A l'occasion, ça te permettrait de l'accompagner, ou d'avoir plusieurs projets en simultané.

    Neera s’interrompt quand on leur apporte leurs desserts, et bientôt, la belle fait les yeux ronds quand Dahlia l’interroge sur sa vie amoureuse. Attends, qu’est-ce qu’elle lui demande, là ?

    - M-moi, être avec quelqu’un ? L’intéressée ne peut s’empêcher d’avoir un rire un peu nerveux, puis, un sourire mi-figue mi-raisin naît sur ses lèvres. Crois-le ou non, je ne suis encore sortie avec personne de mon vivant,fait-elle en plaçant sa cuillère dans sa mousse au chocolat. Il y a peut-être eu bien des garçons qui étaient intéressés lorsque j’ai fait mes études à Magic. Et même par la suite, dans le milieu académique, peut-être que certains types ont essayé de me faire des avances. Mais aucun ne m’a convaincu, encore. Alors tu vois, je ne suis peut-être pas la meilleure conseillère en terme de vie amoureuse, déclare-t-elle sur un ton  badin. Et quand bien même, je ne doute pas un instant que tu me donnerais ton opinion à ce sujet, si je devais un jour avoir quelqu'un. Tout comme elle l'évoquerait à Eloïse, sans doute. Les conseils féminins, c'était bien propre aux filles, ça non ? Mais dans tous les cas, Neera se reconcentre sur l'essentiel et elle poursuit. Ce que je peux te dire, c’est que je suis agréablement surprise par la nouvelle de votre couple.[/b] Neera a un sourire sincère et elle rebondit sur ce dernier point. D’ailleurs, honnêtement. Ni toi ni lui ne devriez hésiter à faire avancer les choses. A moins que votre vie actuelle ne vous convienne à tous les deux. Comme les siècles passent sans nous affecter, on a peut-être beaucoup plus de patience que d’autres races, mais quand même. Peut-être qu’un jour, vous aurez une joyeuse famille, qui sait.

    Encore qu’elle ne sait pas du tout si les deux tourtereaux en sont déjà là. Mais bon, dans quelques siècles, ça serait peut-être pas mal non ?
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  • Jeu 6 Avr - 22:04
    D’ordinaire si silencieuse et secrète, la Fae se prend au jeu des confessions auprès d’une des seules amies qu’elle possède. Prise d’une excitation certaine, alors qu’elle s’éparpille dans ses explications, Dahlia visualise le joli minois de l’Elfe ayant volé son cœur plusieurs centaines d’années auparavant, des papillons s’agitant dans son ventre. Elle serait presque désolée de n’avoir su l’exprimer jadis, d’avoir pu discuter de cette relation si précieuse qu’elle entretient dans la plus grande discrétion. S’entretenir avec Neera semble apaiser ses maux temporairement, cette douleur qui déchire sa poitrine en se souvenant à quel point sa vie complexe peut s’avérer si simple aux yeux de quelqu’un d’autre. Aux yeux du monde, Dahlia n’est qu’une jeune femme éprise d’un homme, un scénario, on ne peut plus prévisible. Pourtant, ces sentiments chamboulent complètement le cours de son existence, la faisant remettre en cause sa simple présence à Liberty, qui n’est après tout qu’un enchaînement hasardeux de coïncidences.


    Elle se contenta d’acquiescer aux paroles de son amie. Dans tout ce capharnaüm, la Fae ne pensait guère à ses enfants, un changement bienvenu dans son quotidien si organisé autour de ces derniers. Sa voix se fit plus basse, plus hésitante. « Peut-être… Peut-être que je pourrais faire autre chose que de m’occuper d’un orphelinat, là-bas. ». Quitter son établissement revenait presque à nier son identité, elle qui ne vivait que pour les autres, que pour l’espoir de voir chacun de ses marmots partir dans une famille heureuse. Elle recréait ce qui ne lui était jamais arrivé. Enfant, Dahlia avait vu les parents défiler devant ses yeux sans prendre le temps de la regarder. Elle inspirait la pitié, mais jamais l’amour, ou tout du moins celui-ci ne durait point. Après de multiples rejets, la Fae avait pris son mal en patience, refusant de quitter le chevet de l’ancienne propriétaire des lieux. Sa mère était morte de ses mains, et au fond, sans doute pensait-elle ne pas en mériter une nouvelle pour panser ses plaies béantes.


    « J’adorerais te peindre à Melorn. Je demanderais à Eliëndir s’il a des pistes de lieux isolés, afin que personne ne nous dérange, autant pour ta tranquillité personnelle que par… le fait que… disons que j’ai peut-être un peu de mal à accepter les critiques d’autrui. ». Elle fit une pause pour prendre une gorgée de son eau. « Sûrement se joindra-t-il à nous. ». Dahlia baissa les yeux, se demandant ce que deviendrait leur relation, une fois qu’une autre personne s’en serait mêlée. Elle espérait, autant pour son amitié avec la diviniste que son amour envers l’Elfe, que cela ne changerait rien. À l’évocation de son poste d’ambassadeur, sa gêne se fit plus prononcée, la Fae cherchant à nouveau ses mots comme si elle craignait de se brûler sur une flamme incandescente au bout de ses lèvres. « Je ne voudrais pas abuser de sa générosité… Ou de la tienne. ». Elle avala sa salive, précautionneuse des termes qu’elle allait utiliser pour éviter d’offenser sa seule et unique confidente. « Je ne sais pas s’il voudrait que je l’accompagne dans ses déplacements professionnels… Je ne suis qu’une directrice d’orphelinat à ses côtés. J’imagine que beaucoup de gens, dont ses proches, préféreraient qu’il soit avec une demoiselle de son rang. ». Parfois, il lui arrivait encore de se demander si sa romance avec le jeune homme n’était qu’un beau rêve dont elle se réveillerait inévitablement un jour.


    Elle poursuivit après avoir jeté un coup d’œil gourmand à la mousse au chocolat qui se présentait devant ses yeux. Délicieusement aérienne, parfaitement exécutée. Visiblement, Neera ne lui avait pas menti sur la qualité des mets servis. « Je suis réellement surprise que personne ne se soit accaparé ton cœur, ou tout du moins ton attention. ». Tout le monde ne pouvait avoir la chance insolente d’être frappée par un coup de foudre encore adolescent, et de le voir perdurer durant des siècles. Un petit rire s’échappa de l’entre ouverture de ses lèvres suite à ses déclarations, on ne peut plus sincères. « Je comprends. La Tornade ne se laisse pas séduire par n’importe qui. ». Elle hocha doucement la tête. « Tu as raison. Nous avons tout le temps du monde devant nous. J’espère être à la hauteur le jour où tu viendras me parler de quelqu’un, comme tu l’as été avec moi. Avec un peu de chance, j’aurais développé un peu d’expérience en la matière. ». Dahlia prit une grande inspiration, chassant son chagrin d’un revers de manche discret. « Merci, Neera. Pour ta tendresse, pour ton écoute, pour tes mots toujours si justes. ». Elle avança sa main qui tapotait nerveusement la table, saisissant son verre à nouveau entre ses doigts fins.



    Thème de Dahlia
    Winter Child - Nadiiife


    À l’évocation d’une famille, Dahlia s’arrêta net. Elle qui tremblait comme une feuille devint parfaitement immobile, la bouche entre-ouverte. Le rouge qui teintait ses joues se transforma lentement en une pâleur maladive, sa respiration se faisant plus discrète également. Son sourire disparut progressivement, retournant à un visage fermé, n’exprimant qu’une mélancolie profonde. Ses yeux expressifs se plongèrent dans le vide. Toute sa confiance en elle s’estompa, son cœur se refermant sur lui-même. Bientôt ses pensées intrusives reprirent le dessus, un ultrason envahissant ses oreilles, noyant le bruit du restaurant et la voix de l’élémentaliste en face d’elle. Elle n’entendait rien d’autre que la voix de sa propre conscience qui se refusait au bonheur, à l’idée même de pouvoir fonder une famille et retrouver ce qu’elle avait perdu, ce qu’elle avait massacré de ses mains couvertes de sang.


    « Tu ne le mérites pas. ». Elle avala sa salive bruyamment, tentant de couvrir le son de ses pensées intrusives, de reprendre pied avec la réalité. « Si tu avais à nouveau une famille, tu ne saurais quoi en faire. ». Ses yeux se plissèrent, se remplissant de larmes salées refusant de rouler le long de ses joues, entre la colère et la culpabilité. « Tu les tuerais encore une fois. Tu les blesserais, tu les abandonnerais. Eliëndir te haïra. Il te voudra pour morte. Neera t'ignorera, comme tu le mérites finalement. Ils t'abandonneront tous, un par un. ». Son emprise sur son verre se resserra, sa main se mettant à trembler. « Tu serais une mauvaise mère. Une incapable. Ce que tu as toujours été, ce que tu seras jusqu’à ce que ton cœur s’arrête de battre. ». Ce n’était pas vrai. Elle ferait de son mieux, elle ferait mieux. Elle ne pouvait pas faire pire. « Un monstre. ». Et d’un coup sec, dans un bruit strident, le verre se brisa sous la pression qu’elle lui imposait, volant en éclats qui se figèrent dans sa peau immaculée.


    Réveillée par la soudaine douleur qui lui arracha un cri, autant de surprise que de souffrance, Dahlia sembla reprendre conscience du monde qui l’entourait et enveloppa sa main dans sa serviette qui commença à se teindre de rouge. « Je… Je suis désolée, Neera je… ». Les larmes finirent par couler inlassablement sur son visage, terminant leur route sur la nappe. « Je ne sais pas ce qui m’a pris… ».
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    Neera Storm
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  • Sam 8 Avr - 10:00
    Neera est un peu surprise que Dahlia suggère de faire autre chose à Melorn que de s’occuper de son orphelinat. Elle est surprise, mais c’est une piste intéressante : rien n’oblige effectivement son amie à prendre soin de ses orphelins. Il y a tellement de choses qu’on peut faire dans une vie… Et tellement de choses qui pourraient potentiellement lui plaire aussi.

    - Dans ce cas, qu’est-ce qui te ferait plaisir ? Qu’est-ce que tu aimerais faire à Melorn ? La professeure marque une légère pause avant de continuer. J’avoue que je n’y avais pas pensé. Mais ça pourrait t’ouvrir une nouvelle voie, peut-être une nouvelle passion, aussi. Toi qui penses toujours aux autres, tu pourrais aussi un peu penser à toi. Tu le mérites bien. La demi-titan se tait, pose ses coudes sur la table, joint ses deux mains ensemble, et vient pensivement poser son menton dessus. Dans quoi est-ce que la jolie Fae pourrait se reconvertir ? La diviniste la voit bien s’adonner davantage à la peinture, mais son amie lui a révélé qu’elle n’aimait pas peindre en public. En plus, la directrice n’a pas confiance en elle et l’enseignante ne la voit pas non plus tenir des expositions publiques. Voyons voir. Entre la botanique, l’alchimie, les soins à a autrui, aussi… Tu pourrais exceller dans bien des domaines, j’en suis sûre. Qu’est-ce qi t’attirerait davantage, comme ça, spontanément ? Quels sont les dons que tu voudrais exploiter davantage ? Un sourire vient ensuite adoucir davantage ses traits. Cela dit, si tu n’as pas d’idées pour le moment, ce n’est pas grave. Juste… Je trouve cette idée enrichissante. Ca pourrait te donner une bouffée d’oxygène. Je pense que tu te mets beaucoup de pression avec ton orphelinat – et tu as raison de vouloir aussi bien faire –mais Melorn pourrait vraiment t’offrir une nouvelle vie, et si ça se fait, je serais contente de voir où ça te mène.

    Pour ce qui a trait à la toile de la belle blonde, Neera hoche la tête quand Dahlia évoque l’aide d’Eliëndir. Effectivement, l’elfe saura tout à fait leur recommander un endroit pour que les deux femmes soient tranquilles, et évidemment, s’il veut se joindre à elle, il sera le bienvenu. En revanche, la maîtresse de foudre est un peu plus sceptique quand son amie exprime sa gêne quant à l’idée d’accompagner son bien-aimé. La Fae est ainsi faite : toujours à s’effacer, toujours à ne jamais vouloir embêter personne. Ce qu’elle a peut-être plus de mal à comprendre, c’est que sa présence apporte beaucoup à ceux qui l’entourent. Quant aux proches du mage noir… Ceux-là mêmes qui préféreraient qu’Eliëndir soit avec une dame de son rang…

    - C’est des conneries, tout ça, lâche spontanément Neera, avant de se rendre compte de la grossièreté de son langage. Pardon. Mais elle reprend quand même. Je veux dire. Vouloir être avec une dame de son rang, c’est vraiment du pipi de chat propre aux nobles et aux aristocrates. Un soupir s’échappe de ses lèvres. Je suppose que les elfes ont la fierté de leur race, de leur histoire, de leur culture et je comprends, mais… Eliëndir a fait son choix de toute façon. Le premier qui essaiera de le convaincre de choisir une autre va s’y casser les dents. Alors le mieux que tu puisses faire, c’est de te tenir fièrement à ses côtés, pour faire taire les mauvaises langues. Montrer à tous que tu as autant dignité qu’une elfe de haut rang. Non seulement tu en as la beauté, mais surtout, tu en as la prestance et le charisme. Tu n’as pas à être cachée par peur de lui nuire. Tu n’es pas censée être sa faiblesse, mais sa force. Je ne dis pas, effectivement, que tu pourrais l’accompagner durant tous ses voyages, mais… Tu n’as aucune raison de t’effacer pour lui laisser tout l’espace. Une moue se dessine sur son visage à cette idée. Non, Dahlia mérite d’être sous le feu des projecteurs, elle aussi, même si évidemment, ce n’est pas si simple.  Enfin, je ne dis pas que tu dois tout faire cela en un jour, mais quand même. Réfléchis-y, lui sourit Neera, et n’hésite pas à prendre confiance en toi.

    C’est évidemment facile dit d’une femme qui a depuis toujours une certaine arrogance et un certain orgueil. Elle a pour elle la puissance, la richesse, le prestige : depuis toujours, elle a vécu dans ce cadre. Mais il n’empêche que Neera pense réellement à ce qu’elle dit, et qu’elle n’hésiterait à pousser son amie en avant, si elle le pouvait. Peut-être que Melorn pourrait contribuer à cette voie, aider son amie à prendre de l’assurance et à montrer à tous qu’elle n’est pas une poupée de porcelaine.

    Quand Dahlia parle du jour où la sang-mêlée pourra à son tour parler de l’élu de son cœur, la Républicaine opine du chef : oui, elle n’hésitera pas une seconde, et elle sera même bien curieuse d’avoir les retours de son amie. Cette dernière a suffisamment de force de caractère pour lui dire réellement ce qu’elle pense de cette personne qui, pour l’heure, est un véritable mystère. En tout cas, partager cette complicité avec la directrice a ce petit quelque chose de plaisant. Entourée comme elle l’est par sa renommée, ce n’est pas tous les jours que que Neera peut parler de sujets plus personnels, alors voir en Dahlia une confidente a un côté bien réjouissant.

    C’est ce qui, peut-être, n’aide pas vraiment l’élémentaliste à anticiper la suite des événements. Comment le pourrait-elle ? La magicienne ne se rend d’abord pas tout de suite compte que la Fae devient livide. Concentrée sur sa mousse au chocolat, qui, décidément, a l’air vraiment appétissante, elle a une expression surprise quand son regard se plante à nouveau dans celui de la Fae. Il n’y a plus aucun sourire, sur le visage de la belle, juste une sombre mélancolie provenue d’elle ne sais où. A la surprise succède l’inquiétude et Neera ne peut s’empêcher de prendre la parole.

    - Dahlia ?

    Son intervention semble sans effet, sur le moment, et la demi-titan regarde son amie sans comprendre. Est-ce qu’elle a dit quelque chose qu’elle ne fallait pas ? Ou alors est-ce autre chose ? Peut-être que son amie fait un malaise ? Ses yeux sont ternes, et elle ne semble plus la voir, plus rien entendre. Son expression est perdue dans le vide. De quoi ? D’un mauvais souvenir ? D’autre chose ?

    L’enseignante n’a pas l’occasion de l’interpeler à nouveau. Le verre que son interlocutrice tient de plus en plus fort vole brusquement en éclat, et les éclats de verre se répandent sur la table ainsi que sur la peau immaculée de la jeune femme. Dans le même temps, des larmes irrépressibles coulent sur le visage de son amie. Des larmes que la demi-titan ne comprend pas. Des larmes que la fille de Lothab n’envisageait même pas. Qu’a-t-elle fait ? Qu’a-t-elle dit alors que leur conversation était il y a une minute à peine si douce et si légère ?

    - Dahlia, je... Qu'est-ce qui s'est passé... ?

    Une foule d’interrogation se bouscule dans l’esprit de Neera, qui est interdite et ne sait vraiment pas comment réagir. Mais le sang coule sur le poignet de la belle, et c’est ce qui la sort de ses pensées.

    - Ton bras. Laisse voir.

    Dahlia l’a enroulé de sa serviette, et heureusement, il s’agit surtout d’égratignures qui ne laisseront pas de cicatrices. Il faut quand même retirer les morceaux de verre et Neera fronce légèrement des sourcils alors qu’elle se concentre. Ses yeux s’illuminent légèrement alors que de l’eau d’une carafe inutilisée vole dans les airs, s’enroule délicatement autour du membre blessé de la Fae, et déloge les quelques morceaux qui s’accrochent à sa peau. Le sang de la jeune femme se mêle au liquide argenté, et Neera finit par l’envoyer dans l’un des verres vides de leur table. Elle presse ensuite la serviette sur ses plaies et se tourne vers des serveurs qui ne sont approchés.

    - Vous avez des pansements ? Vous pouvez aller en chercher ?

    Quant au débris, d’autres se chargent de les récupérer, ce qui arrange bien l’enseignante, car cette dernière peut dès lors se concentrer sur l’état de sa compatriote.

    - Dahlia, je... Je ne comprends pas, explique-moi. Qu’est-ce que j’ai dit ? Qu’est-ce qui te tourmente ainsi ?

    Sa voix est douce alors que ses prunelles immaculées se plongent dans le regard de l’intéressée. Il n’y a pas de reproche dans son ton, juste de l’inquiétude, du désarroi et une envie de comprendre ce qui déchire la directrice. Les larmes de son amie ne sont pas feintes et, si on omet leur première rencontre, c’est l’une des rares fois où elle voit la Fae trahit sa détresse et ne peut la lui cacher.

    - Tu peux m’en parler. Et n’essaie pas de me faire croire que ça va passer. Là, tu ne vas pas bien. Et ça te fera du mal si tu gardes pour toi.

    Délicatement, Neera pose sa main sur la paume de Dahlia, celle qui n’a pas pu être blessée par les morceaux de verre.

    - Tu veux me raconter ? Parfois, on a bien besoin de lâcher son sac, tu ne penses pas ?

    Neera n’équivalait certainement pas Eliëndir dans le cœur de Dahlia, mais son offre était sincère. D’autant qu’il valait parfois mieux parler à un ami qu’à l’élu de son cœur, si tout de moins il était concerné indirectement par les tourments de Dahlia.

    - Ca concerne tes enfants ? Ou bien de l’idée de donner naissance à une famille ? Tu sais, j’en parlais comme ça, mais rien ne presse dans l’immédiat. Vous avez tout le temps du monde, pour fonder votre foyer si vous en avez envie.  
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 9 Avr - 20:56
    Les soins à autrui… Quelle douce ironie de proposer une carrière de soigneuse à celle qui administrait les maladies, les propageait dans la nature, les distribuait comme des petits pains. Neera ne pouvait tout simplement pas s’imaginer à quel point son idée était risible, et pourtant, pendant un bref instant, Dahlia considéra l’option. Peut-être que sa rédemption se trouvait dans le fait d’inverser les rôles, d’être le remède plutôt que le poison. Une moue dubitative sur le visage, elle se contenta de hausser un sourcil. « Oh… Je ne sais pas Neera. Je ne me suis jamais vue faire autre chose que m’occuper de mon orphelinat. Il faut dire que c’est… ». Elle marqua une pause pour déglutir, faire passer cette pilule douloureuse qui lui arrachait le cœur. « C’est tout ce qu’il me reste. ». C’était la vérité, néanmoins cela ne rendait pas le fait de l’affirmer haut et fort plus aisé, bien au contraire. La Fae aurait aimé avoir une vie en dehors de son établissement, des anecdotes croustillantes à raconter à son alliée de toujours, néanmoins la tâche était plus ardue que ce qu’elle laissait paraître. Son existence se résumait à prendre soin de ses enfants et jouer avec les nerfs de la pègre des bas-fonds de Liberty. Il ne valait mieux pas qu’elle apprenne ses manigances avec le monde d’en dessous, pour l’instant en tout cas.


    Elle tourna la tête, visiblement embarrassée. Quant à s’afficher publiquement à côté d’Eliëndir, c’était une autre paire de manches. Dahlia n’aurait pas pu être plus fière que de se montrer dans ses bras, pourtant elle sentait une certaine réticence de la part de son bien-aimé, et elle n’osait tout simplement pas poser la question, de peur que la réponse ne la blesse. Son ignorance donnait lieu à des tourbillons de pensées négatives, d’inventions farfelues, de raisons improbables pour lesquelles il voudrait la cacher aux yeux du monde. La solitude omniprésente ne l’aidait guère à se faire une idée correcte de ce que l’Elfe avait derrière la tête, laissant place au doute et aux angoisses qui la malmenaient quotidiennement. Elle fit tourner l’eau dans son verre avant de lui répondre, prenant le temps de la réflexion. « Tu as sans doute raison. Je pense que je devrais apprendre l’elfique, ça… ça m’aiderait peut-être un peu. Ils parlent le commun, mais j’aime penser qu’ils apprécieraient l’effort. ». Un petit sourire naquit sur ses traits redevenus légèrement niais. « Et ce ne serait pas pour eux que je le ferais en premier lieu, après tout. ».

    ----------------------------------------------------------------------------------------


    Dahlia eut l’impression de se réveiller en sursaut d’un mauvais rêve. Elle se mit à regarder partout autour d’elle, reprenant conscience de l’endroit où elle se trouvait, de la femme qui s’inquiétait de ses blessures. Elle cligna des yeux, tentant de s’ancrer à nouveau dans le présent alors que ses pensées la tiraient vers son passé douloureux. Sans un mot, la Fae laissa l’élémentaliste prendre soin d’elle, s’émerveillant quelques secondes de sa magie qui vint déloger les bouts de verres plantés dans sa main. Neera était une jeune femme aux multiples talents, et même si elle était connue principalement pour sa maîtrise des éléments, la voir s’en servir honorait considérablement la directrice. Les serveurs mandatés par la diviniste s’approchèrent pour débarrasser les débris et apporter le nécessaire pour panser ses doigts blessés. Dahlia quant à elle, devait fournir des explications, et vite.


    Son cerveau se mit à carburer, tournant à une vitesse hallucinante. Inventer un mensonge crédible en si peu de temps lui demandait un effort considérable, tout en gardant en tête l’intelligence de son interlocutrice, son inquiétude visible qui la pousserait à en demander plus sur sa condition. Le contact de ses doigts sur sa paume l’apaisa les quelques secondes nécessaires pour qu’elle reprenne son souffle. D’un revers de manche, elle vint essuyer ses larmes, réprimant les sanglots qui se faufilaient dans sa gorge. « Je suis… Je suis désolée Neera, je ne voulais pas attirer l’attention sur nous de cette manière, je… ». Du bout des doigts, elle se mit à nouveau à trembler sous la pression. « Je suis vraiment confuse. ». Pour l’heure, aucun mensonge ne franchissait ses lèvres. Peut-être qu’en tournant autour du pot, qu’en omettant certains passages de son histoire, elle parviendrait à s’en sortir. Mais voulait-elle réellement s’en sortir, après tout ? Neera n’avait jamais commis une seule action qui aurait pu la pousser à ne pas lui faire confiance. C’était une amitié de plusieurs siècles, basées sur une action de pure charité. Si Neera n’avait pas été une demi-titan, alors elle aurait probablement été un ange.


    Elle poussa un long soupir. Si elle ne pouvait lui admettre les crimes qu’elle avait commis, elle pouvait au moins s’expliquer sur la sévérité de sa réaction. « Ce n’est pas ta faute, c'est… ». Elle hésitait, trébuchant sur ses propres mots, persuadée que le choix de ces derniers était absolument capital pour délivrer son message. « C’est… la famille. ». Le regard fuyant à nouveau vers le carrelage, le visage couvert de honte, Dahlia se mit à parler plus doucement. « Je… J’ai perdu mes parents dans des circonstances assez… tragiques. ». C’était le moins que l’on puisse dire sur les circonstances désastreuses qui entouraient leurs morts. « Alors être mère… Ça m’a rappelé la mienne et… je me suis perdue dans mes pensées, je n’aurais pas dû. Je sais à quel point je suis encore sensible à ce sujet, d’ordinaire, j'arrive à me maîtriser. ». Un autre soupir, puis une esquisse de sourire. « C’est si facile de parler avec toi, j’imagine que je ne me suis tout simplement pas rendue compte que la conversation s’orientait naturellement dans cette direction. ».


    La surprise et la douleur empêchèrent momentanément ses pensées intrusives de reprendre le dessus, et elle profita grandement de cette accalmie, tant qu’elle durait, tant qu’elle était capable de parler normalement avec Neera. « J’aimerais beaucoup être maman un jour. ». Un aveu qu’elle n’avait jamais été capable de formuler. La plupart de ses connaissances s’imaginaient qu’en tant que directrice d’orphelinat, la Fae désirait forcément la maternité, peut-être le fait que son établissement lui permettait de combler le vide de sa propre engeance. Ils ne pouvaient pas se trouver plus loin de la vérité. « Pour autant, je ne pense pas être capable d’être une bonne mère. Il n’y a qu’à voir la réaction que je viens d’avoir... Si j’avais des enfants, alors… ». Elle déglutit une nouvelle fois, luttant contre ses démons qui tentaient de fracasser la porte de son esprit qu’elle tenait péniblement fermée. « Je ne pourrais pas me comporter ainsi avec eux. Chaque enfant mérite une famille fonctionnelle, ce que je ne suis visiblement pas en capacité d’offrir pour l’instant. ». Une faille dans sa défense, une seule et sa façade s’effondrerait à nouveau. « Je suis désolée, je ne veux pas t’ennuyer avec ces histoires. Je n’en ai jamais parlé avec Eliëndir, alors… le sujet n’est pas d’actualité. ».


    Tentant de changer de sujet maladroitement, Dahlia reprit la conversation sur ses perspectives d’avenir, sans grand espoir que Neera ne l’interrompe pas pour ramener la famille sur le tapis. « Pour en revenir à ce que nous disions… Peut-être… Peut-être la botanique, après tout. ». Elle se mit à recouvrir ses plaies de pansement, le regard oscillant entre la réalité et le vide dans lequel elle se retenait de tomber. « Tu as toujours su que tu voulais être professeure, Neera ? ». La Fae espérait qu’une redirection si précise la sorte des filets dans lesquels elle s’était elle-même emmêlée. Malgré sa manigance évidente, la réponse l’intéressait réellement. Son amie s’était-elle réveillée un matin avec le désir d’enseigner, cette vocation, cette passion qui la prenait aux tripes ? Bientôt la douleur de ses blessures s’estompa, ne laissant place qu’aux minuscules cicatrices de la plus douce des trahisons. Un jour, sûrement, elle lui confierait le secret qui transformait ses rêves en cauchemars. Un jour, mais pas aujourd’hui.
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  • Mer 12 Avr - 19:21
    Que Dahlia ne se soit jamais projetée en dehors de son orphelinat, Neera peut le comprendre. C’est son monde, son univers, celui qu’elle maîtrise mieux que personne. La directrice doit connaître tous les noms de ses enfants, peut-être même pourrait-elle lui énoncer quelques-uns de ses protégés qui ont grandi depuis longtemps. Et pourtant, parfois, la vie est aussi douce que cruelle, si bien qu’il faut renoncer à un projet, pour en accepter un autre, plus grand, plus fou, plus invraisemblable encore. Renoncer pour mieux se retrouver, renoncer pour mieux accueillir les occasions qui se présentent à soi, aussi. L’idée d’apprendre l’elfique n’est pas mauvaise non plus, puisque cela montrera son intérêt pour les elfes qui résident dans la cité. Cela ne convaincrait pas les plus grognons, mais les jeunes, les marchands, les commerçants y trouveraient leur compte et pourraient voir d’un bon œil cette Fae qui semble connaître leurs lois, leur langue et leurs mœurs. L’avenir risque peut-être de changer pour son amie, et si de facto, ça les éloignera plus, la demi-titan se promet de suivre de loin tous ses projets.

    Mais leur conversation, tranquille jusque-là, prend un tout autre tournant quand le verre de Dahlia se brise et qu’elle se blesse momentanément la main. Comme sortie d’un rêve ou d’un cauchemar, la belle tressaille et regarde autour d’elle alors que Neera, un instant médusée, reste parfaitement immobile sur sa chaise. Puis l’adrénaline et la vue du sang lui remettent les idées en place, et dans un premier temps, l’élémentaliste ne cherche pas à questionner la bien-aimée d’Eliëndir. La semi-titanide n’a pas l’habitude de déloger des morceaux de verre accroché à l’épiderme de son amie, alors la jeune femme préfère avant se concentrer. Elle se détend seulement quand elle a envoyé l’eau et le reste des résidus dans un autre verre de leur table, que les serveurs ne tardent pas à enlever avant de leur redonner davantage d’intimité.

    La magicienne pose ensuite son regard interrogateur sur Dahlia. Quelque chose lui échappe, clairement. Et si la professeure de Magic peut comprendre sa gêne d’avoir ainsi attiré l’attention sur elles, soyons honnêtes : l’enseignante s’en moque royalement. D’ailleurs, elle le lui dit franchement. « Demain, ils nous auront oubliées. Ne te tracasse pas avec ça. Ce qui me préoccupe… ». Neera hésite et s’interrompt. La jeune femme a toujours laissé suffisamment d’espace à ses amis les plus proches pour ne pas s’immiscer dans leurs secrets les plus intimes, et ce n’est pas dans ses habitudes de fouiller les choses de cette façon. Pourtant, elle préfère lui dire le fonds de sa pensée. Si Dahlia la connaît réellement, alors elle comprendra que ce n’est pas une forme d’indélicatesse de sa part. « Ce qui me préoccupe, », poursuit-elle, « c’est ton état d’esprit, la façon dont il a si rapidement été brisé par quelque chose… Ou quelqu’un ? »  Les mots de la demi-titan sont hasardeux, signe qu’elle cherche, mais qu’elle ne peut pas véritablement deviner par elle-même ce qu’a traversé la Faë, ni quelles sont ses peurs les plus profondes. D’ailleurs, elle laisse finalement son amie réagir et une expression un peu perplexe apparaît sur son visage. Tout ceci serait lié à sa famille ? Il est vrai que la directrice ne lui en a jamais parlé, mais sa propre mère n’étant pas réellement un modèle, Neera ne s’en est jamais vraiment offusquée. Elle sait bien que certaines choses doivent rester de l’ordre du privé, et qu’il n’est pas toujours bon de ressasser certains souvenirs douloureux.

    En l’occurrence, perdre sa famille dans des circonstances dramatiques n’est pas facile à vivre, et il semblerait que ça ait affecté Dahlia profondément, au point que même trois siècles plus tard, ça la désarçonne encore complètement. « Je ne savais pas pour tes parents, et tu m’en vois désolée, » fait Neera, d’une voix sincère, mais certainement aussi maladroite. « J’ignorais que leurs souvenirs étaient si douloureux. » Le fait est aussi que l’hypersensibilité de Dahlia ne joue pas en sa faveur, en tout cas, en cet instant précis. Un sourire, tendre et doux à la fois fini par naître sur le visage de la belle aux cheveux d’argent. « Tu sais, tu dois me reprendre parfois. Je sais facilement parler de tous les sujets avec mes amis, il ne faut pas hésiter à me dire quand un sujet est non grata ». Puis Neera reprend son sérieux et ajoute : « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, et je ne te demande pas de me l’expliquer. Mais si un jour tu veux tout lâcher, tu sais que ma porte t’est ouverte. » Surtout qu’on pourra s’en servir comme une arme, se dit mentalement l’élémentaliste. En bonne Républicaine, qui a observé la politique et les jeux de pouvoir, elle sait que son rapprochement avec Eliëndir sera mal vu à un moment donné. Et à ce moment-là… « Je n’ai peut-être pas le droit de te dire ça, mais n’en parle qu’à des gens de confiance, qu’à ceux dont tu sais pouvoir livrer ton cœur sans problème. Ceux qui ne te poignarderont pas par derrière. ». Neera ne sait pas réellement dans quel cercle elle se trouve, parmi les connaissances et les proches de Dahlia, mais il lui semble évident que des choses aussi sensibles se doivent d’être tues, et de ne se savoir que par une poignée de personnes.

    La Tornade a quand même l’heureuse surprise d’entendre l’aveu de la Fae. Alors elle veut être maman ? C’est une excellente nouvelle, bien que la suite la laisse dubitative, il faut l’avouer. « Dahlia, comment peux-tu même savoir quelle mère tu seras si tu n’as pas même essayé ? Je suppose que c’est normal d’avoir des frayeurs. Moi si j’avais un bébé dans les bras… » La scène lui paraît tellement surréaliste que la cuillère qu’elle a dans les mains s’immobilise un instant. « Je pense que je serais terrifiée… ? » Une moue apparaît momentanément sur son visage, parce que forcément, ça n’appuie pas réellement son discours. Alors elle se reconcentre sur la Fae. C’est plus facile ainsi. « Mais toi, tu as de l’amour à donner. Ca se voit lorsque tu te trouves dans ton orphelinat. Tes enfants ne pourront qu’être aimés par toi, et c’est peut-être eux, d’ailleurs, qui t’apporteront de la force à ton âme. Mais même s’il y a des obstacles à traverser… » Neera s’interrompt le temps de réfléchir puis elle poursuit. « S’il y a des obstacles à traverser, tant que tu ne que tu ne te persuades pas que tu peux échouer, alors d’un mal peut toujours découler un bien. Regarde. Tu as perdu tes parents, et c’est tragique. Mais sans ça, tu n’aurais peut-être jamais croisé Eliëndir. »

    La mère de Neera croyait fermement en ce qu’elle appelait « la divine Providence », et si sa fille n’est pas une diviniste convaincue, elle sait quand même porter un regard plus spirituel qui ont ponctué sa vie. D’ailleurs, quand Dahlia lui demande si elle a toujours su qu’elle voulait devenir enseignante, un sourire amusé vint ponctuer les lèvres de la demi-titan, qui se prête bien à ce divertissement.

    « Non, je m’imaginais d’abord une aventurière qui parcourrait l’ensemble du Sekai, à parcourir les vents les marées et à faire trembler les montagnes. Le pire, c’est qu’elle est à demi-sérieuse, et la demoiselle continue de bonnes grâces.  Les études m’ont très vite passionnée, c’est vrai, mais j’avais l’envie de découvrir, de voir le monde par mes propres yeux. J’ai aussi été tentée de reprendre moi-même l’entreprise de mon père aussi. Tu me vois bien commerçante ? » demande-t-elle d’un ton malicieux. « Ca m’aurait permis de voyager, tout en gardant mon assise en République. Mais la Pléiade qui m’avait en vue, à l’époque, avait aussi de bons arguments. Quand je lui ai déclaré ma réticence à être cloisonnée à Liberty, il m’a affirmé qu’un mage de Magic recevait régulièrement des demandes du peuple, plus rarement de la Présidence ou d’autres Académies du Sekai. Je suppose qu’il a su choisir les bons mots pour me convaincre à me lancer dans une carrière de professeure. Un sourire un peu plus doux vient orner ses traits. Je sais que certains attendent que je deviennent la prochaine Pléiade de mon cursus et que d’autres encore veulent que je m’incruste en politique. J’ai le pouvoir d’acquérir de l’importance, mais est-ce que j’en ai vraiment envie ? Effacer mon nom, Neera Storm, pour devenir uniquement la Tornade, pourrait effectivement bien le donner et me permettrait d’avoir de l’influence supplémentaire. Surtout pour favoriser les échanges entre les Académies… Mais quelque chose me retient encore. Quant à conquérir pour la Présidence dans un peu moins d’un an, je préfère laisser la place à notre Grande Mécène. Dorylis sera parfaite pour le rôle. Neera se tait un instant pour boire une gorgée de son verre, puis, elle plonge dans le regard de la belle Dahlia et lui demande : J’ai eu droit à tous les commentaires possibles et inimaginables concernant ma neutralité géopolitique. Qu’est-ce que tu en penses, toi ? Ca te paraît mal, de tout observer de loin, jusqu’à ce que je me décide à agir pour l’un ou l’autre camp ? Sachant qu’en l’état, mon coeur n’appartient sans doute qu’à Magic. En tout cas pour le moment.  
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  • Ven 14 Avr - 15:57
    Face à l’inquiétude profonde de Neera, la Fae resta sans voix. La façon qu’elle avait de planter son regard dans le sien, de caresser affectueusement sa main pour panser ses plaies, ses mots soigneusement choisis afin de ne pas la blesser… Malgré le monde qui gravitait autour de sa petite personne, les centaines d’orphelins qui se jetaient dans ses bras, les amitiés créées sur le chemin, Dahlia s’était sentie seule toute sa vie. Incapable de s’expliquer sur les circonstances de la mort de ses parents, de partager ce poids si lourd qui pesait sur ses frêles épaules, la jeune femme s’enfonçait petit à petit dans les sables mouvants d’une dépression nerveuse qui finirait inévitablement par l’engloutir. Pourtant, parfois, une main venait saisir son bras pour la faire sortir la tête de l’eau, la tirant de force à la surface afin qu’elle puisse respirer. C’était probablement ce que l’élémentaliste inspirait à la Fae. Une bouffée d’air frais, une brise envoyant valser sa chevelure dorée en même temps que ses problèmes, bien loin dans son dos, là où ils ne pourraient plus l’atteindre. Une présence salvatrice, d’abord venue sauver son orphelinat, puis sa directrice.


    Face aux conseils de la diviniste, Dahlia déglutit, regardant autour d’elles d’un rapide coup d’œil, à la recherche d’une oreille indiscrète. Elle secoua la tête, tentant de faire disparaître la paranoïa qui s’emparait lentement de ses membres. Après une grande inspiration, elle se reprit enfin. « Oh ne t’en fais pas, la mort de mes parents n’est un secret pour personne. ». Sous son ton plaisantin ne se cachait pas même l’esquisse d’un sourire. « Je suis devenue directrice, car j’ai marché dans les pas de celle qui m’a élevée, mon personnel est au courant, la plupart de mes donateurs également… Le fait que cette information fuite auprès des mauvaises personnes ne m’inquiète guère. Je te remercie pour ton conseil ceci étant dit. Si ça peut te rassurer, les quelques registres écrits à ce sujet sont soit en ma possession, soit… brûlés. ». La mort de ses géniteurs en elle-même n’avait rien d’exceptionnel ou de particulièrement traumatisant. Sa responsabilité dans toute cette histoire macabre, par contre, l’affectait considérablement. Si quelqu’un venait à faire le lien entre sa magie funeste et les circonstances de leur décès… Brr. Parcourue d’un frisson, elle dut à nouveau lutter pour ne pas se retrouver submergée par ses idées noires. Personne ne savait. Ni Neera, ni Eliëndir. Personne ne saurait. Pas vrai ?...


    Reprenant sa cuillère entre les doigts de sa main tremblante, elle s’attaqua enfin à la dégustation de sa mousse au chocolat, en espérant que les particularités anti-dépresseur de l’aliment puissent mettre un terme aux secousses qui parcouraient son épiderme. Une bouchée après l’autre, écoutant les sages paroles de la diviniste, Dahlia ne put retenir une petite grimace face au parallèle douteux émis par son interlocutrice. Pendant un bref instant, la Fae fut blessée d’imaginer qu’elle avait en quelque sorte sacrifié ses parents, une de ses seules chances d’avoir une famille heureuse, pour croiser le chemin de l’Elfe. Pourtant, sa colère se dissipa aussi vite qu’elle était arrivée, tandis que son visage lui revenait en tête, apaisant son cœur. Peut-être… Peut-être que cela en valait la peine, au final ? Neera l’ignorait, mais mettre de telles idées dans un esprit aussi malsain et torturé pouvait s’avérer être une grossière erreur. Elle hocha la tête, prenant ses dires comme elle désirait les entendre. Ses parents ne pouvaient pas être morts pour rien. Alors, s’il ne lui restait qu’Eliëndir et ses proches, elle les défendrait corps et âme, mettrait à feu et à sang tout le Sekai pour assurer leur sécurité. De sa perte était né un besoin maladif de protéger les siens et qu’elle le veuille ou non, l’élémentaliste était à présent rangée dans cette catégorie. Neera n’aurait probablement jamais besoin de sa présence à ses côtés pour s’en sortir, cependant ses ennemis feraient bien mieux de se méfier un peu plus de ce petit rhume se propageant à une vitesse affolante dans leur fratrie…. « Tu as sûrement raison. Ce qui est fait est fait, je ne peux pas revenir en arrière. Peut-être… que je serais une bonne mère. Je l’ignore. ».


    Un long soupir s’échappa de l’entre ouverture de ses lèvres. « Ce n’est pas ta faute, et pour être honnête, je devrais parler plus souvent de ce genre de sujets. Sans doute que cela m’aiderait à m’y désensibiliser. ». La Fae sentait bien qu’elle ne pouvait plus rester dans l’état dans lequel elle se trouvait. Vacillant entre les idées noires qui la poussaient presque à commettre l’irréparable et une béatitude si intense qu’elle ne pouvait qu’être fausse, Dahlia peinait à trouver l’équilibre. Venant se réfugier dans le récit de la carrière de Neera, elle reprit son souffle. Une aventurière… Elle pouvait l’imaginer sans trop de problèmes, après tout, malgré son poste de professeure, l’élémentaliste avait tendance à ne pas tenir en place. À sa question, elle fit un rapide « non » de la tête, venant ensuite appuyer ses propos. « Pas vraiment. Enfin, si, je te vois commerçante, tu as une très bonne force de persuasion. Mais je ne te vois pas réellement t’épanouir dans ce corps de métier. Tu es une voyageuse dans l’âme, et même s’il existe des marchands itinérants, je doute que ce soit ce que tu désires faire. ». Il était complexe de trouver plus casanière que Dahlia, elle qui ne mettait jamais les pieds en dehors de Liberty. Ce n’était pas tant par confort que par peur de s’éloigner des siens et de ne plus jamais la retrouver. La crainte de l’abandon qui planait au-dessus de sa tête, telle une épée de Damoclès prête à s’abattre sur sa nuque d’un instant à l’autre.


    La Fae connaissait grossièrement les grandes lignes des cursus de Magic, ainsi que la fonction des Pléaides. Imaginer Neera à ce rôle la fit légèrement grimacer. La Tornade était un électron libre, un esprit sauvage. L’imaginer domptée de cette manière, ne consacrer sa vie qu’à l’université… C’était peut-être le cas aujourd’hui, néanmoins il s’agissait de son choix et surtout d’un choix dont elle pouvait se défaire si elle le désirait. Devenir Pléaide était une tout autre paire de manches qui s’accompagnait d’une tonne de responsabilités qui donnait même le vertige à la directrice d’orphelinat. Dahlia fut prise de court par la question que lui posait son amie, manquant de recracher son eau dans son verre qu’elle buvait jusqu’ici paisiblement. Elle était bien la dernière personne à laquelle il fallait s’adresser quant à la politique, et serait bien incapable d’orienter Neera dans une direction ou dans une autre.


    Se donnant un petit coup sur la poitrine pour y déloger l’eau qui commençait à s’immiscer jusqu’à ses poumons, la voix légèrement enrouée, elle entreprit de lui confectionner une réponse satisfaisante. « Non, je trouve que c’est un choix intelligent. Imaginons que tu te précipites d’un côté, puis que tu changes d’avis. Les conséquences seraient dramatiques pour le camp que tu quitterais, sans compter qu’il s’agirait d’un choix définitif. Je doute qu’on veuille te reprendre après que tu sois partie, surtout dans ce milieu. ». Replaçant distraitement un pansement mal collé sur sa peau blanche, elle poursuivit. « Je pense que les gens aiment se mettre dans des cases. Se ranger dans des catégories les aide à trouver une appartenance, un sens à leur vie. C’est plus confortable de faire partie d’un groupe que de faire cavalier seul. ». Une sensation qu’elle ne connaissait que trop bien. « Je ne me permettrais pas de débattre en long et en large sur un sujet que je connais peu, néanmoins je sais reconnaître l’absurdité quand je la vois. ».


    Elle gratifia ensuite Neera d’un petit clin d’œil. « Cela ne me surprend pas de les voir s’énerver à ton sujet. La vérité étant sans doute que chacun des camps te voudrait de son côté. Je ne peux que les comprendre. Ta neutralité les exaspère, probablement à cause de la liberté qu’elle t’apporte, et ta puissance les effraie. ». Elle vint reposer son verre sur la table, le changement d’ambiance l’aidant à se défaire de ses démons plus aisément qu’elle ne l’aurait crue. « La jalousie est un véritable fléau. Je n’ai nul doute que tu feras le bon choix pour toi, lorsque tu seras prête. Et dans les faits… ». Enfin, un sourire taquin réapparut sur son visage neutre. « Ne pas faire de choix, c’est aussi en faire un. ».
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    Neera Storm
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  • Lun 17 Avr - 22:22
    Impossible pour Neera de se douter de la dépression de Dahlia. D’abord parce que son amie cache à tout le monde, ou presque, qu’elle a un esprit brisé par son passé, par l’abandon qu’elle a subi, et par ses pouvoirs qui, à juste titre, peuvent lui échapper. Ensuite, la jeune femme n’est pas du genre à embarquer son entourage dans ses problèmes. Non. Elle est discrète, et si tout un chacun peut bien sûr remarquer ses qualités comme ses défauts, la belle Faë sait mettre un voile sur son cœur blessé et ses pensées tourmentées. Oh, la Tornade connaît depuis longtemps son manque de confiance en elle, mais la professeure ne se doute pas que le mal est plus profond, qu’il est là depuis des siècles, et que c’est un poison qui court dans les veines de la directrice. Il serait intéressant qu’il soit brisé un jour, pour que la bien-aimée d’Eliëndir puisse se concentrer sur le présent et l’avenir sans être contaminée par sa paranoïa. Ici, néanmoins, la diviniste se contente d’écouter son amie, qui lui révèle que la mort de ses parents n’est pas réellement un secret. Peut-être pas, soit. Il n’en reste pas moins que ça peut rester douloureux. Au moins, tout ce qui la concerne plus personnellement semble être en sa possession. Une bonne chose. Si Melorn est une des plus belles cités du Sekai, il est évident qu’il y vit des rapaces, et bon nombre d’entre eux n’hésiteront pas à juger Dahlia, si la miss veut véritablement vivre parmi eux.

    Tout en écoutant son interlocutrice, Neera commence elle aussi à déguster son dessert. La mousse est onctueuse, le chocolat bien présent, et il y a de quoi ravir papilles les plus difficiles. Quand la dirigeante de l’orphelinat soupire et lui faire part qu’elle devrait parler plus souvent à parler de ce genre de sujets, Neera esquisse finalement un sourire. « On ne peut pas dire que tu as beaucoup le temps de te livrer à autrui. Ce n’est pas tes orphelins qui te comprendront et tes assistantes… sont des assistantes. » Honnêtement, l’élémentaliste ne voyait pas Dahlia se confier de A à Z à ses employés.   « Enfin, peu importe. Tu sais que si un jour tu veux pleurer ou tempêter chez quelqu’un, tu peux venir chez moi. On pourra toujours s’empiffrer de chocolat tout en parlant de nos malheurs. »  Son ton est sérieux, parce que Neera ne dit pas ça à n’importe qui, et en même temps, il est aussi teinté d’espièglerie afin d’alléger l’atmosphère.

    Mais ce qui change un temps soit peu la conversation, c’est quand la magicienne évoque son propre parcours. Elle ne peut s’empêcher d’acquiescer quand Dahlia lui livre son point de vue. Son père lui a peut-être donné sa force de persuasion, c’est vrai, ainsi qu’une grande envie de voyager, mais trimballer son commerce d’un bout à l’autre du Sekai n’est pas non plus sa tasse de thé. Peut-être même aurait-elle changé de spécialisation au fil du temps, car elle ne s’imagine pas vraiment vendre les mêmes produits pendant près de cinq siècles.  Quant à la politique… Les personnalités changent au fil des ans, mais il y a toujours des figures familières qui ressortent à un moment ou un autre. L’une étant plus libérale, une autre plus conservatrice, encore. C’était un jeu du « qui a raison » et du « qui sait le mieux imposer sa loi » en définitive. Cela, même s’il fallait jouer dans l’ombre.

    Toujours est-il que Neera interroge avec une curiosité sincère son amie. Ce n’est pas tous les jours qu’elle peut demander l’avis de quelqu’un sur sa position dans la République, d’autant plus que Dahlia n’est pas du tout impliquée dans le gouvernement ou d’autres dimensions majeures de son pays. Si quelqu’un peut lui livrer une vision détachée de son comportement, c’est elle. Evidemment, ça ne voudra pas dire non plus que la belle Fae a raison.  Mais ça vaut toujours la peine de l’écouter quand même.

    « Je comprends la puissance et le confort de faire partie à un groupe ou à un parti. On n’est pas seul, on est avec des gens qui partagent aussi notre pensée, et sur cette base, on peut avancer. Mais, je considère que dans mon cas, on m’utiliserait davantage pour ma puissance magique et pour ma renommée plutôt que sur ce que je pense réellement. Et puis, comme tu dis, si je le quittais, ça créerait sans doute un scandale, et je serai persona non grata pour pas mal de gens ». S’il y a bien une chose que Neera a conscience grâce à sa longue vie, c’est que les hosannas du peuple peuvent aussi très bien se transformer en paroles assassins et en trahisons, qui vous poignardent dans le dos. Pas qu’elle l’a vécu personnellement, non. Mais il y a déjà eu des polémiques à Liberty et ailleurs, où une personne tantôt favorite d’un parti tombait ensuite en disgrâce suite à son retrait ou quelques mauvaises actions sur la scène médiatique. « Dans les faits, si je m’engage un jour dans quelque chose, je créerai une commotion parmi les politiciens de mon pays, » sourit Neera, « mais pour l’heure, je préfère les laisser se fatiguer tout seul. Être un électron libre me convient mieux » La magicienne ponctue sa phrase d’un air malicieux, puis, elle se rend compte que son amie, comme elle, ont fini leur repas. « Si tu veux, j’appelle un serveur pour qu’on reçoive la note ? Dis-moi, où est-ce que tu aurais envie d’aller pour t’exercer un peu au vol ? Si tu en as toujours envie bien sûr. »  

    Ce n’est pas les lieux qui manquent dans la capitale : des parcs ont été aménagés pour le confort des riverains, certains quartiers résidentiels sont aussi beaucoup plus calme que d’autres, et enfin, pour autant qu’on connaisse bien la capitale, on peut même trouver des points de vue somptueux qui laisse le voyageur pantois.

    « On pourrait démarrer dès qu’on est dehors, mais comme on est dans une rue commerçante, ce n’est peut-être pas l’idéal. Enfin, tu vas dire que les passants nous oublieront vite une fois qu’on a décollé. Sinon, on peut aller jusqu’au Parc de la Violette, il est surtout composé d’arbres et de quelques beaux étangs. Tu y es déjà allée ? »  Avec les orphelins ou toute seule, peu importe. L’accès y était gratuit dans tous les cas. Une lueur espiègle naît cependant dans le regard de Neera en songeant à la capitale elle-même. « Est-ce qu’il y a un point de vue que tu aurais aimé voir, mais qui étais jusqu’ici inatteignable pour toi ? On pourrait toujours s’amuser à aller là-bas puisque tout devient accessible lorsqu’on se met à voler »  

    Voir la République depuis le toit de la Maison Bleue par exemple. Même si, dans le cas présent, l’édifice est bien trop protégé pour que les demoiselles sachent même y poser les pieds.
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  • Ven 21 Avr - 15:15
    Neera avait raison. Une phrase que Dahlia commençait à trop se répéter, à croire que cela en deviendrait une vérité universelle. La sagesse de son amie l’apaisait considérablement et si la Fae n’avait guère confiance en elle, elle pensait pouvoir l’accorder à l’élémentaliste. La gorge serrée, la jeune femme considérait la possibilité de se confier, plus qu’elle ne l’avait jamais fait auprès de qui que ce soit. Dans les faits, la diviniste possédait déjà pléthore d’informations sur sa petite personne, à commencer par son idylle avec l’Elfe. Un secret qu’ils gardaient pour eux, craignant que le monde extérieur ne vienne percer leur bulle d’intimité. Un jour où l’autre, ils devraient bien en sortir, et si avec n’importe qui d’autre, Dahlia aurait craint une fuite, avec Neera ce n’était pas le cas. Muette comme une tombe, aussi secrète que charmante, la professeure de Magic faisait partie du cercle restreint dans lequel la directrice croyait ardemment. Un peu idéaliste, la Fae se disait probablement que la vie de son amie devait être plus simple que la sienne. Avec de l’assurance, tout se fait, même les plus grands exploits.


    Plongeant sa cuillère dans le délice chocolaté qui l’attend depuis quelques minutes, Dahlia se laissa aller à des pensées plus légères. Elle gratifia sa jeune amie d’un doux sourire sincère. « J’ai l’impression de ne dire que ça, mais merci. ». Elle prit une bouchée de son dessert, profitant des propriétés anti-dépresseurs de ce dernier qui lui chatouillait les papilles, avant de reprendre. « Je ne vois pas le bout du tunnel quand je suis seule. Comme tu le dis, mes assistantes et mes collègues ne sont pas mes amis. Je les apprécie, toutefois je garde mes distances. ». Comme si elle savait qu’un jour où l’autre, son établissement ne serait plus qu’un lointain souvenir. Comme si le fait de s’éloigner petit à petit rendrait la séparation plus facile. Un bel espoir pour la Fae qui ne se permettait jamais de rêver. « Avec toi, c’est différent. Je pense réellement que je n’aurai jamais assez de temps dans le Sekai pour t’exprimer toute ma gratitude. Autant pour le sauvetage de mon orphelinat que pour tes conseils et ton écoute. ». Ouvrir son cœur pouvait être aisé pour certains, ce n’était guère le cas de la jeune femme. Dahlia avait besoin de temps, de contact, d’actes plutôt que de paroles pour se donner à autrui. Elle avait appris avec douleur que les mots ne représentaient rien, si ce n’est du vent.


    « Je suis navrée de t’avoir inquiétée. ». Ses yeux orangés se mirent à errer sur sa main récemment pansée, soufflant sur la commissure de ses phalanges pour en faire voler une petite poussière. Elle se concentra à nouveau sur la conversation en cours, écoutant les douces paroles de la diviniste. « Tu as beaucoup de recul sur les choses, sur le monde. Les hommes apprendraient de toi, je n’en ai aucun doute. Si seulement ils voulaient écouter… ». La politique était un monde odieux où les relations jouaient énormément. Un univers qui ne voulait pas de la Fae, et dont elle ne voulait pas non plus. Elle souffrait suffisamment de l’hypocrisie de ses donateurs au jour le jour, néanmoins elle leur rendait bien. « Désolée, j’ai un ton un peu amer, je le conçois. La politique n’est pas ce qui nourrit mes enfants ou ce qui me fait me lever chaque matin. J’ai une vision des choses un peu manichéenne, il serait temps que cela change. ». Blanc où noir, au final, peu lui importait tant que les affaires marchaient et que ses proches ne se blessaient pas dans la poursuite d’une gloire éphémère. Même si elle le cachait très bien, Dahlia s’inquiétait souvent pour sa jeune amie. Sa puissance lui offrait tant de possibilités, mais attirait les ennuis à elle tel un aimant. Être connu et reconnu n’avait pas forcément que du bon.


    Faisant un signe de tête vers un serveur pour qu’il apporte la note, la Fae prit de court son invitée, passant sa main dans une des poches de sa sacoche en cuir pour en sortir sa bourse. Peu fournie, par nécessité de ne pas attirer les voleurs, mais bien assez pour se permettre de régler ce qu’elle devait au restaurant. « C’est une bonne adresse, tu avais raison. Je devrais prendre le temps d’observer les nouveaux commerces qui se développent à Liberty. J’ai la tête dans l’orphelinat, plus que je ne le devrais. Mais tu le sais déjà. ». Une fois le serveur arrivé, elle glissa ses pièces dans le petit écrin qu’il emporta avec lui puis se retourna vers la demi-titan tout en profitant pour terminer sa mousse au chocolat. Un lieu à observer en hauteur… « Pour être honnête avec toi, je ne me suis pas énormément amusée avec mes ailes et mon vol. Je me pose souvent sur le toit de l’orphelinat pour regarder dans la cour et dans les jardins. D’aussi haut, les enfants ressemblent à des fourmis. ». Un petit rire vint s’échapper de l’entre ouverture de ses lèvres, trahissant la légèreté que la conversation reprenait à son plus grand bonheur. Le parc de la Violette… Si le nom lui disait définitivement quelque chose, elle en ignorait l’emplacement. Après plus d’un siècle dans la capitale, en ne prenant jamais le temps de visiter, il n’était guère surprenant que sa mémoire lui fasse défaut. « J’y suis peut-être déjà allée, mais je ne m’en souviens pas. ». À vrai dire, le seul parc dont elle se souvenait parfaitement était sans doute celui situé non loin de l’Université, lieu de rencontre avec l’Elfe qui occupait son cœur. Les sorties avec ses orphelins se résumaient souvent à de l’enrichissement culturel ou d’autres activités moins… avouables.


    Une fois les desserts terminés, Dahlia attendit patiemment l’aval de son interlocutrice pour quitter les lieux, saluant le personnel alors que le duo franchissait l’embrasure de la porte. Le repas encore lourd sur son estomac, la Fae se mit à regarder le ciel azuré. Prenant une grande inspiration pour se donner le courage qu’il lui manquait, elle planta son regard dans celui de la diviniste. « Je… Je ne suis pas encore très à l’aise avec mon vol, comme je te l’ai déjà dit. J’ai fait des progrès, mais il m’arrive de perdre le contrôle. ». Comme avec tous les aspects de sa vie, au final. « Je compte sur toi pour me rattraper si mes ailes me font défaut. ». Confier sa sécurité ainsi ne lui ressemblait pas. Pourtant, c’était enfin arrivé. Déployant ses ailes colorées dans son dos, Dahlia s’étira longuement avant de prendre son envol, attrapant instinctivement le bras de Neera comme une enfant apeurée. Pointant du doigt le clocher d’une immense église dans le paysage républicain, elle poursuivit. « Je pense que c’est un de mes objectifs. Je n’ai aucun mal à monter, mais pour descendre… C’est une autre paire de manches. ». Décollant ses pieds du sol, la jeune femme tangua à gauche, puis à droite, se rattrapant aux épaules de son amie par maladresse. « J’ai… J’ai encore beaucoup à apprendre. ». Heureusement, elle se trouvait en compagnie d’une des meilleures, si ce n’est la meilleure professeure qui soit.
    Noble de La République
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    Neera Storm
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    Race: Demi-titan
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  • Sam 29 Avr - 21:06

    Quand son amie la remercie encore, Neera se contente simplement de sourire. Difficile de rajouter autre chose, alors la demi-titan préfère écouter la jolie Fae tout en profitant de ce moment paisible. Dahlia lui confirme en tout cas que ses assistantes et ses collègues ne sont pas vraiment ses amis, un point guère étonnant puisqu’ils ont avant tout une relation professionnelle. Quant au fait de ne pas voir le bout du tunnel quand elle est seule… L’enseignante ne sait pas si c’est à cause d’un surmenage à cause de l’orphelinat ou si c’est dû à autre chose. Alors, sans vouloir être intrusive, elle va droit au but et lui demande : « Est-ce que d’autres choses te tracassent hormis l’orphelinat ? Je veux dire, même si tu es passionnée par ça, peut-être que d’autres choses te préoccupent. Il y a moyen que tu les évacues d’une quelconque manière ? ». Sa question est suffisamment vague pour que ça ne soit pas trop indiscret, mais elle a aussi le mérite de chercher à savoir ce qui mine l’esprit de son amie. Puis, quand Dahlia lui exprime de sa gratitude, cette fois, la belle réagit. « Je n’ai pas fait grand-chose, tu sais ? Enfin, pour l’incendie de l’orphelinat, si, c’était important, bien sûr. Mais au-delà de ça, il ne me semble pas avoir fait des merveilles non plus. Je t’aide ponctuellement pour l’orphelinat, parce que j’ai la fortune pour, je n’en ai donc guère de mérites. Quant au reste…  » Neera suspend un instant sa cuillère dans les airs alors qu’elle réfléchit. « Je te donne mon avis, mais il vaut ce qu’il vaut. Je n’ai pas l’impression de faire des miracles. » Pour ce qui concerne son recul sur les choses, la Tornade hausse également les épaules. « Je ne sais pas. J’ai ce côté sage, mais aussi ce côté fougueux où il ne faut pas trop me chercher non plus. Par exemple, quand on me manque trop de respect. Ou qu’on s’en prend à mes proches. J’avoue que là, je peux devenir dangereuse. Ah, et puis, je suis sûre qu’Eliëndir te dira que j’ai un talent inné pour m’attirer les ennuis. Donc je ne suis pas sûre que je sois un véritable modèle », glousse l’intéressée avec une pointe d’autodérision sur elle-même. « Mais ce recul dont tu parles, je suppose qu’on finit tous par l’avoir. Et les races comme nous, ou au moins comme toi, l’ont plus facilement que d’autres au fil des siècles. Je suis sûre qu’on pense bien différemment que quand on était adolescentes ou même quadragènaires.  »

    Neera sourit à cette pensée et achève de prendre sa cuillère bien méritée.

    « Enfin, tout ça pour dire que le milieu politique n’est sans doute pas fait pour moi. Je serai carrément un aimant à ennui, dans ce cas et puis, tu me vois dialoguer avec des nobles ou des politiciens qui ont leurs propres objectifs ? » Si au moins les gens étaient comme Dorylis, ça irait. Mais s’ils étaient fourbes comme Mirelda, ou aussi brutes que Tensai Ryssen… Non, là, ça n’irait pas. « Je pense que ce n’est pas plus mal si on reste éloignée de ce milieu tant qu’on le peut encore. Au moins un temps. » Peut-être qu’il se passerait un jour un événement qui la pousserait à à agir autrement qui sait ? Mais ce n'est pas pour aujourd’hui.

    Quoi qu’il en soit, Dahlia a de la suite dans les idées, puisqu’elle réussit à doubler l’élémentaliste en payant la note. C’était justement l’intention de Neera de tout payer, alors, forcément, elle fait forcément un peu la moue, mais ne fait pas de simagrées pour autant. Elles sont quand même au milieu d’un restaurant… Et puis, le sujet dévie bientôt vers le vol de la Fae. Thème ô combien intéressant. Une lueur amusée apparaît d’ailleurs dans son regard quand la directrice lui raconte qu’elle va parfois sur le toit de son établissement.  Il est vrai qu’alors, tout devient plus petit et on a l’impression d’être un véritable géant qui domine le Sekai…

    Les deux femmes pourront en tout cas développer le sujet une fois dehors, et la chance est avec elles, puisque le ciel est d’un bleu limpide. Pas de nuage à l’horizon, pas de pluie, pas de tempête, rien du tout : il fait juste un peu froid, mais il n’y a guère lieu de s’en étonner puisqu’on est davantage dans un temps automnal. Attentive, Neera se contente d’acquiescer quand Dahlia lui explique qu’elle n’est pas encore très à l’aise avec son vol et qu’il lui arrive de ne pas toujours avoir la main sur ses capacités. « Ce n’est pas grave. C’est souvent comme ça, de toute façon, avec les capacités magiques. On ne sait pas toujours comment s’arrêter, ou comment stopper le flux de notre mana ; d’autres ont plus de mal à canaliser leur énergie pour créer un sort. Ca dépend de chacun. ». Un sourire plus franc apparaît alors sur ses lèvres. « Je ne te laisserai pas tomber. ».

    Lorsque Dahlia déploie ses ailes, la demi-titan ne peut retenir un regard d’admiration pour ces membranes si fines, mais également si gracieuses. On dirait presque que c’est du verre délicat qui pourrait être brisé à n’importe quel instant, sauf que ces membres sont souples et suffisamment solides pour porter son utilisateur. Dans ce cas-ci, son amie prend le temps d’étirer ses ailes, et l’enseignante ne la presse pas. A quoi bon ? Il faut d’abord que la bien-aimée d’Eliëndir se sente suffisamment en confiance pour s’envoler. Lorsqu’elle commence à s’élever dans les airs, la Tornade la laisse saisir son bras, et elle hoche la tête quand la Fae s’établit un objectif. Le clocher. Bien. Il n’est pas trop loin mais pas trop près non plus, ça fera un parfait exercice pour débutant, et peut-être même que ce point de vue donnera des souvenirs mémorables à la belle blonde.

    Lorsque son amie tangue à droite puis à gauche, et qu’elle se rattrape comme elle peut aux épaules de son amie, Neera décide que c’est à son tour d’intervenir.

    « On a toujours beaucoup à apprendre, » lui fait-elle sur un ton coquin, et joignant le geste à la parole, elle lui tend les bras. « Prends mes mains. Je vais décoller à mon tour, et on va aller jusqu’à la hauteur des toits pour commencer. Cela te va ? » Il s’agit de faire les choses par étapes, sans brusquer sa compatriote. D’autre part, une fois à hauteur des combles et des celliers, elles ne seront plus dans les belles rues de Liberty, ce qui permettra à Neera de canaliser le vent à sa guise. « Essaie de battre de l’aile gauche, puis de l’aile droite, séparément. Tu sens la manière dont tu les actives chacune séparément… ? Oui… ? Eh bien, maintenant, essaie de faire battre tes ailes en harmonie. Simultanément. Elles sont une extension de toi-même, c’est donc à toi qu’elles doivent obéir. Recrée ce que tu fais pour l’une et pour l’autre, mais en même temps. Je te tiens, donc tu ne crains rien. » Il va de soi que, quand Dahlia aura le déclic, ses ailes vont la propulser naturellement vers le haut, mais Neera utilise déjà sa magie et elle pourra donc s’adapter à sa vitesse sans guère de problèmes.

    Toujours en lui tenant les mains, la Tornade continue.

    « En ce qui me concerne, j’utilise mon mana pour voler, ce n’est donc pas exactement la même chose que toi… Mais le principe est le même, je pense. Le premier bon point, c’est de ne pas avoir le vertige ni la peur du vide. » C’était bête dit ainsi, mais elle avait déjà vu des élèves paniquer parce qu’ils s’éloignaient trop de la terre ferme. « Ensuite, un peu comme les oiseaux, n’hésite pas à utiliser les airs ascendants et descendants pour monter et descendre. Par exemple… » Neera avise une cheminée pas loin d’elle, et ses yeux s’illuminent avec un peu plus d’intensité. Aussitôt, Dahlia peut sentir qu’un courant chaud l’enveloppe, faute d’être redirigé par la semi-titanide, la fumée dérangeante en moins. « Tu sens la différence… ? La force de tes ailes devraient t’aider à te propulser même sans ça, mais une fois en plein vol, ça peut aider ta course dans les airs. Tu veux essayer de monter ? Je peux lâcher tes mains, ou alors, on y va ensemble. » La professeure ponctue sa phrase d’un sourire. « Je te laisse choisir. »
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  • Ven 5 Mai - 21:50
    Dahlia respirait, la tempête dans son esprit s’apaisant enfin face aux douces paroles de l’élémentaliste qui prenait soin d’elle Elle la regardait, vaguement confuse, la tête penchée sur le côté, ne sachant sur quel pied danser lorsque sa question lui tomba sur le bout du nez. La réponse honnête à la question de Neera n’aurait su la contenter, et si la Fae appréciait considérablement sa compagnie, elle ne désirait pas l’inquiéter outre mesure. Loin d’être stable, sa santé mentale déclinait à vue d’œil. Pour l’heure, elle réussissait à garder la tête en dehors de l’eau mais bientôt la force viendrait à lui manquer, et la diviniste ne serait pas là pour la rattraper. La cruauté d’une vie de solitude qu’elle avait créé de ses mains, refusant de se lier plus que nécessaire à son entourage, niant la mélancolie qui ravageait son cœur. Pourtant, le paradoxe se créa également lorsqu’elle réalisa qu’elle ne désirait pas non plus mentir à Neera qui ne voulait visiblement que son bien. Les fesses entre deux chaises, l’hésitation la gagnant progressivement, la jeune femme plaça son menton entre son index et son pouce, comme si cette posture allait magiquement faire tomber une solution du ciel. Peut-être pouvait-elle lui dire la vérité en omettant certains éléments ? Elle se contenta de hausser les épaules. « J’imagine que je réfléchis trop. C’est un de mes plus gros défauts, et je ne pense pas que j’arriverai à m’en défaire un jour. À part ça, je pense que tout va bien. Pour ce qui est d’évacuer… Je dois admettre que je ne prends pas réellement le temps de le faire. ». Elle se sentait seule, enfermée entre les quatre murs de son bureau qui parfois semblaient se rapprocher d’elle pour l’étouffer. La dépression guettait chacun de ses faux pas, la moindre faille dans la façade qu’elle arborait. Chaque jour était une lutte du réveil jusqu’au coucher. Et la présence de l’élémentaliste lui permettait d’avoir une pause, de souffler. Alors même si la journée avançait dangereusement, Dahlia se prit à espérer qu’elle ne se termine pas, craignant ce qui arriverait une fois le portail de l’orphelinat fermé.


    Elle l’écouta sagement, les mains croisées devant son bassin, une esquisse de sourire naissant sur ses traits fatigués, sous ses yeux cernés. La fougue de sa jeune amie n’était plus à prouver, et si Dahlia n’avait jamais eu l’occasion de s’en rendre compte par elle-même, elle se sentait particulièrement chanceuse de ne pas être son ennemie. Elle aurait bien des moyens de la contrer, la Fae n’étant pas complètement impuissante face à l’univers qui l’entourait, néanmoins sa magie se faisait bien plus discrète et mortelle que celle de Neera. Là ou elle manipulait les éléments à sa guise, choisissant d’en faire autant le bien que le mal, la directrice n’avait guère le choix. Les maladies qu’elle inoculait ne laissaient aucun répit aux pauvres malheureux se trouvant sur sa route, quant à y trouver une utilisation positive… C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Le souvenir de l’Elfe lui revint soudainement alors que son nom glissait à nouveau naturellement dans la conversation, son cœur loupant un battement, ses joues rougissant à nouveau. Comme une adolescente ayant le béguin du premier amour, la jeune femme rayonnait à sa seule évocation, faisant fi des angoisses qui la gangrénaient, reprenant la discussion avec une légèreté nouvelle et inhabituelle. « Tu as tout le temps de faire ton choix, si tu as envie d’en faire un. Ils continueront à se battre pour t’avoir, je n’en doute pas. ». N’importe quel camp aurait de la chance de l’avoir dans ses rangs, autant pour sa puissance que pour sa générosité sans limites. Un cœur d’ange dans un corps taillé pour la guerre.


    Le souffle court suite à son échec, les mains toujours posées sur les épaules de l’élémentaliste qui la regardait probablement de la même manière qu’avec ses élèves à Magic, Dahlia ne pouvait nier sa honte. Elle prit une grande inspiration, secouant la tête, se concentrant sur les instructions de Neera qui n’était là que pour l’aider, pour la pousser à prendre confiance en ses capacités. Son aile droite commence à se mouvoir, rapidement suivie par la gauche qui semble avoir quelques difficultés à se coordonner. Visiblement, le fait d’être gaucher ou droitier s’applique également aux ailes. Elle hoche la tête, signifiant à l’élémentaliste qu’elle est prête à tenter le coup, nerveuse face au regard si expérimenté de son amie. Elle souffla encore une fois, évacuant la frustration qui grandit dans son esprit puis ferme les yeux, donnant une impulsion sur ses ailes qui la propulsèrent à quelques mètres de hauteur. Une fois dans les airs, Dahlia parvint à rester stable par miracle sans lâcher les mains fines et douces de Neera. Un petit rire franchit ses lèvres alors qu’elle tente par tous les moyens de détendre l’atmosphère. « Quand j’étais petite, j’avais le vertige. J’ignore comment j’ai fait pour m’en débarrasser, d’autant plus que mes parents ne m’ont jamais appris à utiliser mes ailes. Déjà qu’ils avaient du mal à m’attraper sur la terre ferme, je te laisse imaginer si je volais. ». Ce souvenir, aussi tendre que destructeur, eut au moins le mérite de lui sortir de la tête la performance qu’elle voulait accomplir.


    Alors que l’air chaud passe sous les membranes de ses ailes transparentes qui se couvrent doucement de quelques couleurs chatoyantes, battant dans le vide pour la maintenir à niveau, la Fae tourne la tête vers le clocher, une oreille toujours attentive aux paroles de la diviniste. Prenant à nouveau une grande inspiration pour se donner le courage nécessaire à la bêtise imminente qu’elle allait commettre, elle reporta temporairement son attention sur son amie, plongeant son regard empli de détermination dans le sien. « Je… Je vais essayer. ». Ses mains glissèrent lentement des siennes, Dahlia prenant le temps de se stabiliser à nouveau, s’assurant que Neera ne s’éloignait pas trop d’elle. Elle était son filet de sécurité, son assurance de ne pas se retrouver face contre terre. Poussant sur ses jambes simultanément que sur ses ailes, elle monta d’abord très faiblement, avant qu’un courant d’air ne la prenne de court, accélérant considérablement la vitesse à laquelle elle approchait du bâtiment, lui faisant perdre l’équilibre temporairement. Perdant le contrôle sur ses ailes qui lui faisaient défaut, Dahlia chuta de quelques mètres avant de se reprendre, se déposant avec difficulté sur un des balcons d’observation du clocher.




    Le teint blanchâtre, quelques gouttes de sueur perlant sur son front, Dahlia leva la voix pour se faire entendre de l’élémentaliste qui s’approchait lentement d’elle. « Je… Je suis désolée. Je me donne du mal, je te le promets, c’est juste que… ». Son regard se tourna vers le ciel azuré parsemé de rayons de soleil qui venaient réchauffer sa peau blanche, tandis qu’une brise venait envoyer valser sa chevelure dorée dans son dos. « Le vent est imprévisible, et mes capacités d’adaptations en général sont assez moindres. J’aime que les choses soient structurées, et ne pas savoir où je mets les pieds, quelle bourrasque va m’emporter au loin... ». Visiblement déçue, la Fae baissa les yeux, sa peur reprenant le dessus sur son courage qui s’étiolait à vue d’œil. « Peut… Peut-être que le vol n’est pas vraiment fait pour moi, après tout. Ou peut-être que je me précipite trop. Je n’ai jamais eu beaucoup de patience.». Un comble pour celle qui attendait l’élu de son cœur depuis des siècles sans jamais lui signifier sa contrariété. Une fois à son niveau, Dahlia balbutia encore quelques excuses, tentant de reprendre son envol avec des résultats médiocres, trébuchant à moitié sur ses jambes, trouvant son chemin directement dans les bras de Neera. Une fois contre elle, étrangement, elle ne recula point, posant sa tête sur son épaule dans un soupir de soulagement, sentant qu’elle pouvait connaître ce répit réconfortant dont elle avait tant besoin. Sans un mot, elle vint serrer la diviniste contre elle, ce débordement d’affection changeant drastiquement de ses habitudes. La voix tremblante, elle s’exprima enfin. « J… J’aimerais qu’on se voit plus, Neera. Je… Je sais que tu es occupée, et je le suis aussi, mais… J’ai vraiment apprécié notre repas et notre discussion. C’est important pour moi que tu le saches. ». Que les dernières personnes l’ayant aimée comprennent que le sentiment était profondément réciproque. Car au fond d’elle, Dahlia avait conscience que ce bonheur ne durerait pas, et que bientôt, elle tenterait le tout pour le tout pour ne plus jamais avoir à souffrir. Et même dans ses idées suicidaires, elle pensait encore une fois aux autres, ainsi elle n'apprenait jamais de ses erreurs...
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  • Ven 19 Mai - 21:20
    Réfléchir trop, effectivement, n’était pas toujours le mieux à faire. Et pourtant, qui aurait pu reprocher à Dahlia d’être concentrée sur ses problèmes ? Chacun en avait à sa mesure, et Neera pensait bien naïvement que ses principaux soucis se limitait à l’orphelinat.  Si elle avait su son état d’esprit réel – ses pensées noires, notamment –, l’élémentaliste aurait été littéralement prise de court. Sans doute n’aurait-elle-même pas su sur quel pied danser pour soutenir son amie au mieux. Être davantage présente ? Continuer à lui laisser suffisamment d’espace ? Chercher à mieux comprendre son état d’esprit ? Pour l’heure, tout cela lui échappe, et Neera a une légère moue.  « Tu ne devrais pas tout contenir pour toi, tu sais. Déjà moi, mes étudiants me donnent parfois envie de hurler. Alors toi, qui as des bambins de tout âge ? Je n'ose pas imaginer. Enfin… Pourquoi tu ne passerais pas un après-midi chez moi, un jour, pour me raconter tout ce qu’ils te font subir ? Je suis sûre qu’on aurait chacune des anecdotes terribles. » Et puis, se voir lors d’un goûter avait aussi un petit côté réjouissant. On se permettait un instant d’avoir une pause, pendant laquelle on prenait le temps de revoir ses amis. Neera ne permettait pas à tout le monde de venir chez elle, mais elle connaissait depuis trop longtemps la directrice pour la considérer comme une inconnue.  Une amitié de quelques siècles, c’était précieux, et Dahlia serait toujours la bienvenue.

    La professeure acquiesce avec bonhomie quand son interlocutrice lui affirme qu’elle a tout son temps pour trouver son âme-sœur. Ce sera amusant d’avoir le point de vue de la jeune femme à ce moment-là. Ici, cependant, les deux demoiselles vont dehors pour avoir une séance de vol un peu spéciale, et un sourire apparaît sur les lèvres de Neera quand elle voit Dahlia avoir du mal au début. Hum, peut-être que ce n’est pas si évident que ça de coordonner ses ailes ? Mais si tôt la diviniste pense cela que la belle réussit à se propulser dans les airs. La demi-titan a prévu le coup et peut s’envoler en sa compagnie sans lui lâcher les mains. « C’est un bon début ! » lui lance-t-elle. Tu vois que tu y arrives ? » Neera laisse ensuite s’échapper un petit rire alors qu’elle imagine une Dahlia enfant échapper sans cesse ses parents.  « J’aurais été pire, j’en suis sûre. J’aurais adoré voler jusqu’au toit de mon manoir. Mes parents auraient fait un arrêt cardiaque en me voyant à des dizaines de mètres au-dessus du vide, et je ne sais même pas comment ils s’y seraient pris pour me faire descendre. Mais en tout cas, ça m’aurait éclatée. L’insouciance des jeunes enfants, que veux-tu… »

    Quoi qu’il en soit, son amie est sans aucun doute stressée, mais elle est aussi déterminée. Atteindre ce clocher est son objectif du jour, et la maîtresse de la foudre la laisse aller. Si Dahlia ne lui tient plus la main, la belle aux cheveux d’argent reste néanmoins très proche, afin de la rattraper au moindre problème. Un courant semble accélérer son allure sans que ce ne soit son intention première, et la directrice perd son équilibre un instant. Elle chute de quelques mètres avant de se reprendre sans intervention de la Tornade et la belle Fae va finalement se poser contre l’un des balcons du clocher. Visiblement, cela lui a demandé quelques efforts, vu son teint pâle et les quelques gouttes de sueurs qui sont sur son visage. Il faut dire que tomber de quelques mètres, bon. Ca doit être effrayant quand on est débutant.

    « Pourquoi tu t’excuses… ? » lance la professeure avec un ton interrogateur. « Tu crois qu’on sait atteindre la lune en jour ? » ajoute-t-elle d’un ton gai. « Ca se fait progressivement, ne serait-ce que pour s’habituer au changement de pression atmosphérique. Que tu puisses déjà aller sur un clocher, c’est une belle étape. Ne regarde pas tes échecs mais ce que tu réussis à accomplir. Ca t’aidera à voir le positif. » Neera ponctue sa phrase d’un clin d’œil, puis elle écoute sa compatriote lui avouer qu’elle a du mal à s’adapter avec les forces du vent changeant, et l’inconnu qui se présente à elle. La magicienne peut concevoir que c’est déroutant, d’autant que si on panique, cela peut même conduire à des catastrophes. Mais la magie, somme toute, est toujours dangereuse, qu’on soit un élémentaliste, un mage noir ou un mage soutien. Le vol a lui aussi ses avantages comme ses défauts. « Ne te décourage pas. » Neera voit bien que son amie est déçue : ses yeux baissés, son hésitation, ses craintes semblent reprendre le dessus. « On n’a qu’à faire ça en plusieurs sessions. En tout cas si tu en as envie. Si tu suis quelques petits exercices, que tu peux même pratiquer à l’orphelinat, tu prendras de l’assurance, et tu pourras de plus en plus prendre de la liberté avec tes ailes. »

    La demi-titan la regarde faire quelques essais infructueux, puis, pour sa plus grande surprise, son amie vint se blottir dans les bras de la Républicaine. Peu habituée à cet élan d’affection, la professeure est un instant saisie, mais quand elle voit Dahlia poser sa tête sur son épaule, son air interdit est remplacé par une expression douce. Avec délicatesse, elle renferme ses bras autour de son amie, comme pour bien lui signifier qu’elle peut bien s’abandonner à son étreinte sans avoir rien à craindre. Et lorsque Dahlia reprend la parole d’une voix tremblante, en lui exprimant son souhait de se voir un peu plus souvent, un léger rire s’échappe de la diviniste. « Le plaisir a été partagé, crois-le bien. Et puis, tu sais que tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça. Tu pourras aller à l’autre bout du Sekai que j’attendrais de pied ferme des nouvelles de ta part ! » Son ton enjoué redevint ensuite un peu plus sérieux, et la miss continue. « On peut se voir plus souvent, évidemment. Et pas que pour des séances de vol. Juste pour papoter et partager. C’est notre plaisir à nous, que les hommes ne comprendront peut-être jamais, mais on n’a aucune raison de s’en priver ! » Neera caresse un instant ses cheveux, puis elle pose ses mains sur les épaules de la directrice et elle prend le temps de croiser son regard. « J’ai vu beaucoup de gens partir, avec les siècles passés, alors crois-moi, avoir des amis sur qui je peux compter, et qui me connaissent vraiment, c’est important pour moi. On ne s’est peut-être pas beaucoup vues, récemment, mais je considère que tu fais partie des gens sur qui je peux compter. » Dahlia, somme toute, ne la réduisait pas à son titre, à ses talents, à sa vocation à Magic. Elle la voyait comme un être humain avec ses qualités et ses défauts, elle connaissait ses travers et ses bons côtés, et la Fae lui semblait un pilier solide sur lequel s’appuyer. « J’ai hâte de voir tes projets et la suite des événements. » Parce que oui, forcément, elle gardait toujours la nouvelle du Dahlia-Eliëndir dans un coin de sa tête, mais cela la réjouissait rien qu’à les imaginer ensemble. « Que ce soit pour ton orphelinat, pour ton affection à Melorn, peu importe. Tes aventures, je veux les voir, et bien sûr, je te dirai les miennes également. Même si ça risque de ne pas d’être triste non plus, dans mon cas. » Une légère grimace vient apparaître sur son visage. De qui elle a hérité de ça, elle aimerait bien le savoir, mais ce n’est pas l’essentiel. b]« Tu veux rentrer en volant ? Promis, je te tiendrai la main tout le long du chemin. »[/b]

    Ca ne la dérange pas non plus de revenir au sol pour regagner l’orphelinat de manière plus classique. Ca leur prendra plus de temps, mais ça leur permettra aussi de continuer la conversation plus longtemps. D’autre part, via les airs, ça pourra leur donner une vue splendide sur la capitale.

    - On peut toujours passer à un magasin de sucreries si ça te tente. Je suis sûre que ça plaira à tes enfants, et puis, on peut peut-être s’offrir une petite gâterie juste pour le plaisir.

    Et cette fois, c’est elle qui payerait la note.
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  • Jeu 25 Mai - 21:26
    « Pourquoi tu t’excuses… ? ». Une excellente question à laquelle Dahlia ne possédait aucune réponse. Sa vie se résumait en une série de supplices, de désir insatiable d’obtenir le pardon d’autrui à la moindre incartade. Tel un château de cartes branlant, la Fae pouvait s’effondrer à la moindre contrariété, à la première incartade qui la sortait des cases dans lesquelles elle s’installait confortablement. Si elle manquait de confiance en elle, la directrice savait très bien ce qu’elle voulait, mais surtout ce qu’elle ne voulait pas être, à commencer par être une mauvaise amie, une mauvaise femme, une mauvaise tout court. Après trois siècles d’existence, il aurait été logique de penser qu’elle avait développé une certaine patience par rapport à ses capacités en plein développement, néanmoins, il n’en était rien : Dahlia faisait partie de cette catégorie de personnes qui refusait de ne pas réussir du premier coup. Tout du moins, l’échec lui faisait très vite baisser les bras. Après tout, à quoi bon persévérer alors qu’elle pourrait tout arrêter du jour au lendemain ? Sa santé mentale fragile mettait un embargo sévère sur ses progressions, peu importe le domaine, et le vol n’y faisait pas exception. Cette aversion pour la défaite était arrivée dans son adolescence, la preuve étant que la peinture avait réussi à passer entre les mailles du filet, l’art étant la seule passion ayant survécu à travers les âges, probablement, car elle s’y était mise quand ses parents étaient encore de ce monde.


    Les douces paroles de Neera la rassuraient, faisant appui sur la porte qu’elle maintenait fermée face à ses démons qui tentaient de la fracasser. Une esquisse de sourire étira ses traits fatigués, ses yeux cernés. « Je suis un peu perfectionniste. Mais je te fais confiance, tu es professeure après tout. Je ne pourrais pas être entre de meilleures mains. ». Parfois, elle jalousait sa pédagogie, toutefois elle se souvenait bien rapidement qu’elle disposait d’un traitement de faveur. Les étudiants à Magic ne connaissaient sans doute pas la même Neera, sans compter que sa réputation la précédait. Un frisson parcourut son épiderme alors qu’elle s’imaginait dans les rangs d’un amphithéâtre, documents en main, prête à passer un examen devant la Tornade. De quoi provoquer des crises d’angoisses aux premières années. « Je vais pratiquer à l’orphelinat, tu as raison. Je libérerais un peu de temps pour le consacrer au vol, je ne risque pas de m’améliorer si j’évite le problème. ». Une affirmation qui lui coûtait bien plus que ce qu’elle laissait paraître, après tout Dahlia était adepte de la fuite pure et dure, sans se retourner. Quant à prendre de l’assurance… Disons que l’élémentaliste la connaissait peut-être un peu moins qu’elle le pensait. C’était un beau rêve.


    Blottie dans ses bras, la Fae connaissait un bref moment de répit, une accalmie dans la tempête qui ravageait son esprit. Le cœur meurtri, n’oubliant pas que cette démonstration d’affection avait une origine bien plus sombre que ce que Neera pouvait imaginer, Dahlia peinait à calmer ses tremblements. Elle s’en voulait. Elle s’en voulait d’avoir laissé la diviniste s’attacher à elle de cette manière, et si elle se disait qu’elle se remettrait bien vite de sa disparition, elle n’osa pas contredire l’amour qu’elles se portaient entre elles. Malgré elle, sa décision allait forcément affecter son amie. Il était trop tard pour faire machine arrière. « Je t’enverrai des lettres, peu importe l’endroit où je me trouve. Elles t’arriveront sans doute un peu en retard, j’ai l’habitude des destinataires qui ont la bougeotte. ». À se demander comment les facteurs arrivaient à tenir le rythme. Heureusement que la magie existait dans ce bas-monde. « Ma vie n’est pas si palpitante, tu sais. Moins que la tienne, j’en suis sûre. ». Comparer une directrice d’orphelinat casanière à une héroïne des temps modernes voyageuse, une drôle d’idée qui ne lui serait jamais venue à l’esprit. « Tu vas sans doute trouver ça étrange, mais après tout, tu m’as dit de voir le positif alors… Dans un sens, j’imagine que je suis contente que l’orphelinat ait failli brûler. Sans cet événement atroce, je ne t’aurais certainement jamais rencontrée. ». Resserrant son étreinte momentanément pour appuyer ses propos, elle la libéra lentement de son emprise, embarrassée d’autant s’y attarder, la vérité étant que les bras de Neera étaient bien plus réconfortants que ce qu’elle avait imaginé.


    Acquiesçant en reprenant sa main et après avoir pris le temps d’inspirer et d’expirer longuement, la Fae poussa doucement sur ses ailes pour décoller du sol, s’accrochant sans doute un peu trop fort à la main de l’élémentaliste. Une seule chute et tout son courage avait disparu. « Hm, j’imagine qu’on peut s’arrêter dans une épicerie. ». Un petit rire vint franchir ses lèvres. « J’ai une petite qui a fait énormément de progrès récemment. Elle avait des difficultés à maîtriser sa magie. ». Est-ce que cela ne lui rappelait pas quelqu’un, au fond ? Dahlia préférait sans doute se voiler la face que d’admettre qu’elle projetait malgré elle ses incertitudes sur ses enfants. « La dernière fois qu’un de ses petits camarades lui a fait une remarque qui ne lui a pas plu, elle l’a transformé en cochon. Je ne te raconte pas l’humiliation devant les autres, et la difficulté que j’ai eu à faire annuler tout ça. Ce n’est pas compliqué, je n’y serais jamais parvenue toute seule, j’ai une de tes collègues qui est venue à mon secours. Éloïse Natsk, ça te dit peut-être quelque chose. ». Roulant des yeux face à l’exaspération que ce souvenir lui apportait, elle poursuivit tout en amorçant leur descente vers la façade d’une boutique de sucreries non loin de l’orphelinat dont les petits raffolaient. « Le fait est que depuis son passage, et après énormément d’entraînement, elle s’en sort beaucoup mieux et surtout, elle ne maudit plus les autres à tour de bras. Je n’aime pas fonctionner à la récompense d’ordinaire, mais pour un problème de cette envergure, cela ne peut pas faire de mal. ».


    Dahlia fut la première à franchir la porte, rapidement suivie de sa camarade de vol à laquelle elle tenait toujours la main. Derrière le comptoir, une gobeline dans une tenue rose bonbon affriolante sauta sur un tabouret pour se mettre à leur hauteur, arborant son plus beau sourire pour accueillir la clientèle qui se faisait rare. « Bonjour, bienven… Oh Dahlia, on ne vous voit pas souvent. Et encore moins accompagnée. Si vous avez besoin de renseignements, n’hésitez pas. ». La directrice hocha la tête dans la direction de la tenancière, passablement gênée d’être ainsi reconnue, mais notamment par le fait qu’elle ne se permettait que rarement des écarts de ce genre. Elle vagabonda devant les étalages, s’arrêtant vers une gourmandise en forme de fraise à la différence qu’elle était infiniment plus petite et d’un rouge tirant sur le pastel. Elle n’aurait su dire s’il s’agissait d’une nouveauté ou si elle s’était tout simplement absentée trop longtemps. Dahlia se retourna vers Neera, lui en tendant une pour qu’elle puisse goûter, vérifiant d’un regard que la propriétaire l’autorisait à procéder à une petite dégustation avant l’achat. « Tu connais ? L’écriteau parle d’un goût fraise acidulé et pétillant. Phiva, ma petite sirène qui adore les malédictions, apprécie énormément les fraises. Ça pourrait être adapté. ». Et dans le même temps, elle vint engloutir son propre bonbon, une grimace s’installant sur son visage. Visiblement, ce n’était pas à son goût du tout. Toussant face au sucre qui s’agglutinait contre les parois de sa gorge, plaçant son coude devant sa bouche pour ne pas contaminer toutes les marchandises, elle se mit à nouveau à rire. « Bon, j’ai compris, ce n’est plus de mon âge ! ».
    Noble de La République
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    Neera Storm
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    Info personnage
    Race: Demi-titan
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  • Ven 9 Juin - 22:39

    Une perfectionniste… Dans un sens, Neera peut comprendre son amie. La belle aux cheveux d’argent l’est aussi, à sa façon. Pourquoi vouloir développer à fond sa foudre, si ce n’est pour le plaisir de maîtriser son art ? Lorsque la jeune femme s’engage dans une voie, après tout, elle aime s’y consacrer sans réserve. La carrière d’élémentaliste à ceci de bon qu’il y a énormément de pouvoirs à maîtriser, et en cinq cent ans, Neera n’a toujours pas fini son apprentissage. Elle s’amuse donc de progresser à son propre rythme, mais son but est bien de devenir une experte, un maître en la matière. Son métier de professeure est aussi tout un programme, bien entendu, mais on n’arrête jamais d’adapter sa pédagogie. A n’en point douter, sa façon de donner cours aura sûrement changé d’ici quelques siècles, si elle est encore là pour en témoigner, toutefois.    

    Pour l’heure, elle a une nouvelle élève dans les bras, mais la demi-titan a du mal à la voir comme telle. Dahlia est plus son amie qu’une de ses étudiantes, et si elle la conseille pour manipuler ses ailes, c’est bien parce qu’elle cherche avant tout à lui rendre service et à passer un bon moment avec sa compatriote. La diviniste opine légèrement du chef quand la Fae lui déclare qu’elle pratiquera à l’orphelinat. Et sur un ton un peu espiègle, elle ajoute : « Qui sait, quand tu auras le déclic, peut-être pourras-tu expliquer toi-même à tes orphelins comment ils peuvent voler par eux-mêmes ? C’est un peu drôle – et un poil horrifiant – d’imaginer les protégés de la blonde voler dans l’établissement : un enfer pour les surveillants et la directrice de l’orphelinat.  

    Quoi qu’il en soit, Dahlia lui promet qu’elle lui enverra des lettres quel que soit l’endroit où elle ira dans le Sekai. Une promesse qui prendra tout son sens quand la belle emménagera avec Eliëndir, mais pour l’heure, les deux femmes sont loin de penser à cet instant, qui n’est qu’un mirage, une possibilité parmi bien d’autres. Neera ne peut s’empêcher d’hausser un sourcil quand son amie lui déclare qu’elle est contente que l’orphelinat ait faillit brûler. « Oui, c’est une bonne façon de voir les choses après coup. Mais je n’ose imaginer ton désespoir quand même. Si on me disait que Magic brûlait avec des élèves à l’intérieur… » L’idée est suffisamment atroce pour qu’elle ait un vague sentiment de ce que la jeune femme a vécu à l’époque. « Tu étais si pressée que tu t’es retrouvée bloquée à l’intérieur de l’incendie, je m’en rappelle. Tu n’as pas songé une seconde à te protéger, ça m’a effrayée sur le moment-même. » Au moins, elle n’avait pas meilleure motivation pour repousser le feu et le comprimer séance tenante. Un sourire finit par éclairer les traits de la semi-titanide. « Les enfants étaient tellement en panique quand je suis entrée qu’ils m’ont pris pour une sorcière de leur conte pour enfant… Neera claque la langue. « Est-ce que j’étais à ce point si terrible ? Ca a été tout un jeu pour les mettre en sécurité, puis te transporter le plus vite possible en sécurité. » Tout à ses souvenirs, la belle continue. « Difficile pour nous d’imaginer qu’on se reverrait régulièrement ensuite mais je ne le regrette pas le moins du monde. » lui glisse-t-elle avec un clin d’œil en lui rendant son étreinte par un geste affectueux.

    Se redéplaçant à nouveau dans les airs, Neera fait mine de ne pas sentir que la Fae lui serre fort la main, mais Dahlia a la bonne idée de reprendre la parole alors qu’elles descendent vers les rues de Liberty. Cela peut au moins lui faire oublier sa peur de tomber, et peut-être que ça lui permettra de faire agir correctement ses ailes sans qu’elle n’y pense, en les déployant comme un réflexe. Une lueur amusée apparaît dans les yeux de la demi-titan lorsque la directrice lui énonce une orpheline un peu trop dissipée qui a transformé ses camarades en cochon. Elle imagine facilement le choc pour l’enfant transformé, mais également la tête qu’a eue alors son amie. « Effectivement, je connais Eloïse, c’était l’une de mes anciennes élèves, » répond l’enseignante. « Quand elle accepte d’aider quelqu’un, peu importe le problème qui se pose, elle donnera tout pour le régler. J’espère qu’elle ne t’a pas paru trop stressée, elle est une jeune professeure à Magic, mais je pense qu’elle a beaucoup de talents. » La belle opine ensuite du chef quand cette son amie propose d’acheter une récompense pour sa jeune protégée. D’ailleurs, elle pourrait faire de même… Mais au profit de ses étudiants, cette fois. « Je pourrais également m’en procurer dans le cadre d’une de mes classes. De temps en temps, mes élèves aiment bien avoir une sorte de compétition – rien de bien méchant, c’est juste pour mettre en pratique ce qu’ils ont réellement appris lors de leurs apprentissage. Peut-être pourrais-je moi aussi leur prendre quelques gâteries pour les motiver à atteindre la première place. Encore que ce ne sera rien d’extravagant, tu me diras. »

    Quoi qu’il en soit, les deux femmes entrent dans la boutique et elles sont aussitôt par une gobeline avec une tenue rose bonbon assez criarde. Apparemment, la gérante reconnaît tout de suite la Fae, et Neera se contente d’accorder un sourire poli à la tenancière. Dahlia est peut-être un peu gênée d’avoir été abordée de la sorte, mais le duo s’aventure vite dans les étalages, si bien que les clientes retrouvent une certaine forme d’intimité. La commerçante connaît son affaire, en tout cas, parce qu’elles ont affaire à toutes des sucreries particulières : melon, pomme, citron, fraise, myrtilles, mirabelle, bourgeons de sapin, coquelicot, il y en a pour tous les goûts. Curieuse, Neera saisit l’un des bonbons que lui donne Dahlia, et elle secoue la tête pour lui signifier qu’elle ne connaît pas particulièrement ce type de friandises. « J’aime bien les pâtisseries, mais je t’avouerai que je ne suis pas très portée sur les bonbons, » explique-t-elle. « Cependant, si Phiva apprécie ce genre de goût, pourquoi ne pas lui prendre ça ? » La bien-aimée d’Eliëndir, elle, fait sacrément la grimace, alors qu’elle avale le sucre accumulé dans sa gorge, et cela attire un sourire sur les lèvres de la semi-titanide. « Je crois que tu apprécieras plus leurs tisanes, il semble en avoir pas mal de ce côté-là, au bout du magasin. On dirait qu’ils récupèrent toutes les brisures et les miettes de leurs bonbons pour les réutiliser dans de l’eau chaude, à l’usage de leurs clients. Mais sinon, il semble faire des paquets mix, avec tout un panel de goûts différents. Je vais peut-être prendre ça pour mes étudiants. Rien qu’à savoir qu’il y a une récompense pour les trois gagnants, ils seront tout foufou et se donneront davantage à fond. Mais j’aurais peut-être intérêt à prendre un lot de consolation pour le reste de la classe, » ricane-t-elle.

    Voguant sur les étalages, Neera voit du nougat, et d’autres produits de différents goûts. « Tu es déjà venue ici alors ? » fait-elle, en laissant à Dahlia l’opportunité de faire son choix. « Pas avec tes orphelins, je suppose. Ce serait l’hécatombe, sinon ». Même si ça amuserait probablement la gobeline. Quand les deux femmes ont fini de se promener dans le magasin, elles se dirigent lentement vers le comptoir et cette fois, c’est la professeure qui prend les devants. « C’est moi qui offre le tout. Tu pourras même dire à Phiva que c’est une récompense offerte par Eloïse et par toi-même pour la récompenser. Elle n’est pas présente, mais je pourrais lui toucher un mot à propos des bonbons. De toute façon, je lui partagerai certainement une part des friandises que j’ai achetées maintenant. Si mes protégés ne sont pas des morfals. Je suis sûre que Gabriel n’aurait aucun remords à s’emparer du paquet sous nos yeux par exemple, » fait-elle en roulant des yeux.

    Quand finalement, les deux femmes ont réglé la note, elles retournent dans la rue commerçante de Liberty et Neera accorde un sourire sincère à Dahlia. « Prête à retourner à affronter tes enfants ? » La journée doit bien se terminer après tout. Même si ce n'est certainement pas la dernière fois que les deux complices se retrouveront, que ce soit en République ou à la belle cité de Melorn. « Je reviendrai te trouver pour passer un après-midi chez moi. Je te ne laisserai pas dans leurs griffes éternellement, » lui fait-elle en lui lançant un clin d'oeil.
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  • Lun 12 Juin - 18:16
    « Tu as été et tu es formidable, Neera. ». Un constat simple qui venait du cœur, une once de sincérité dans des échanges qui d’ordinaire se retrouvaient parsemés de mensonges blancs. Les yeux brillants, Dahlia contemplait l’élémentaliste qui avait autant sauvé sa vie que son orphelinat et à vrai dire, les deux n’étaient pas si différents. Sans son établissement, sans les enfants dont elle devait s’occuper, la Fae aurait passé l’arme à gauche depuis bien longtemps. L’arrivée providentielle de son amie dans sa vie si morne et terne suffisait à l’instant pour la combler de bonheur, d’une gratitude telle qu’elle dut se retenir de l’étreindre encore plus fort. Les joues rougies par son propre malaise mais surtout par sa timidité, elle prit une grande inspiration afin de poursuivre sur sa lancée.  « C’était vraiment catastrophique, j’ai vu toute ma vie défiler devant mes yeux. J’ai eu l’impression d’avoir perdu le travail de toute une vie, en plus de mon enfance, ayant moi-même grandi là-bas. ». Un long soupir s’échappa de l’entre ouverture de ses lèvres alors qu’elle pouvait encore sentir la chaleur du feu crépitant contre sa peau froide tant les souvenirs étaient vifs.


    Elle se revoyait, paralysée devant la bâtisse qui s’effondrait progressivement, massacrée par les flammes toujours plus grandes. Puis ses jambes avaient agi à sa place, la poussant dans les entrailles de cet enfer pour se saisir des derniers garnements bloqués devant des escaliers qui n’existaient plus, hurlant aux fenêtres brisées en se blessant les pieds sur les gravats. Une vision d’horreur qui ne la quittait plus, revenant hanter ses cauchemars dès que la vie se faisait trop douce, comme pour lui rappeler que rien n’était jamais acquis, qu’elle pouvait tout perdre du jour au lendemain, qu’elle allait inévitablement tout perdre au bout du chemin. Ce n’était qu’une question de temps. « Je n’ai pas réfléchi, c’est un de mes plus gros défauts. En être consciente n’aide pas à l’endiguer, j’ai tendance à me penser plus forte que je le suis dans des situations d’extrême urgence. J’aimerais te dire que je fais plus attention depuis l’incendie, mais ce serait te mentir. ». Un doux sourire naquit sur ses traits alors que l’étreinte se défaisait doucement. « N’en veux pas trop aux enfants, ils étaient terrorisés. Aujourd’hui ils te considèrent comme une véritable héroïne, tu n’imagines pas combien de fois par jour j’entends ton nom dans les couloirs. Certains veulent te ressembler, pour l’heure j’essaie de les empêcher de se costumer en mini-Neera mais je ne sais pas si j’y arriverai chaque année... ».


    Alors que les deux comparses flottent dans les airs, son intuition se confirme. La diviniste connaît bel et bien la professeure qui lui est venue en aide dans le cas des malédictions incontrôlées, plus que Dahlia l’aurait cru, simplement, car elle a été son élève. Si dans les faits cela n’a rien de surprenant, la Fae en vient à se demander quel âge a la jeune femme venue enseigner dans son établissement. Elle avait appris à ses dépens à ne pas se baser sur le physique pour donner une estimation correcte, les races comme la sienne dépassant largement les standards humains, néanmoins le doute s’installait confortablement dans son esprit concernant Éloïse. Elle haussa vaguement les épaules, elle aurait bien l’occasion de lui poser la question quand elles se reverraient, car après tout ce n’était qu’une première rencontre avant tant d’autres. « Stressée ? Je n’ai pas eu l’impression, mais je ne suis pas très observatrice pour être honnête avec toi. Je ne maîtrisais pas la situation et elle non plus, je ne peux pas la blâmer. Vous ne traitez pas avec des enfants si jeunes à Magic et si certains sont turbulents, ils n’ont pas grandi dans un environnement aussi... ». Elle soupira encore une fois. « Compétitif. ». La directrice détestait l’admettre, toutefois elle ne pouvait lutter contre la nature. Les choses étaient ce qu’elles étaient, les enfants se battaient pour l’attention de leurs tuteurs, pour un deuxième dessert à la cantine, mais encore et toujours pour une famille désireuse de les accueillir. Avec tout l’amour du monde, Dahlia ne pouvait combler le vide béant qui s’installait dans leurs cœurs lorsqu’un de leurs petits camarades partait heureux et le ventre rempli alors qu’ils restaient enfermés une nuit de plus dans leur chambre. Une situation qu’elle ne connaissait que trop bien, pour l’avoir vécue toute son enfance. « J’espère que tu ne le prends pas mal, la compétition est effectivement un excellent déclencheur de motivation dans bon nombre de cas, mais quand il s’agit de survie ou de confort de vie, j’ai du mal à l’accepter. Paradoxal, vu le temps que je passe dans mon orphelinat, mais on ne refait pas une idéaliste. ».


    Alors que le bonbon lui piquait encore le palais, elle plaça sa main devant sa bouche pour se forcer à l’avaler et tendit un bras vers la gobeline qui lui apportait un verre d’eau.« Ah bah, Dame Dahlia, c’est écrit sur le panneau quand même que c’est acidulé ! Je pense pas que je pourrais être plus claire que ça ! ». La Fae se mit à rire devant le ridicule de la situation alors que la commerçante retournait derrière son comptoir, l’air vaguement blasée. « Les tisanes ne me semblent pas être une mauvaise idée maintenant que tu en parles. Et oui je suis déjà venue ici, heureusement pas avec les orphelins. L’idée m’a déjà traversé l’esprit, vois-tu, j’étais encore jeune et innocente, je voulais faire plaisir aux petits… Mon assistante m’a dissuadée il y a quelques centaines d’années à présent, et je la remercie encore aujourd’hui pour son éclair de lucidité qui n’était pas décidé à me frapper également. ». Pour autant, la Fae paraissait avoir les pieds fixés au sol, refusant de s’aventurer vers quelque chose qui pourrait l’intéresser elle plutôt que ses enfants. Une fois les friandises sélectionnées, autant pour les étudiants de Magic que pour les orphelins, Dahlia s’avança lentement jusqu’au comptoir en plongeant sa main dans son sac pour en sortir sa bourse. Quand cette dernière fut enfin dans ses mains, elle releva la tête pour réaliser qu’elle avait été prise de court. « Mais… je… ». Son regard croisa le sien, puis celui de la gobeline qui comptait ses pièces avec un intérêt disproportionné, plusieurs fois, pour être sûre d’avoir le compte juste. Le mal était fait. « Merci Neera. Tu n’aurais pas dû, j’avais largement de quoi payer et... ». Elle se racla la gorge. « Fais comme si je n’avais rien dit. Merci encore. Je leur dirais que c’est de ta part ainsi que celle d’Éloïse, ils n’en seront que plus heureux. ». Un sourire timide sur le visage, la Fae avança en compagnie de l’élémentaliste jusqu’à la sortie, le soleil se couchant doucement sur la capitale républicaine, signifiant que l’après-midi touchait à sa fin. Ses yeux s’arrêtèrent sur les quelques rayons qui parsemaient le ciel. Ces simples moments dénués de stress, d’angoisse, était-ce le bonheur qu’elle recherchait tant ? En tout cas, cela y ressemblait.


    « Eh bien écoute, il faut y retourner un jour. Les activités ne vont pas se faire toute seule et je pense que mon personnel m’attend déjà avec une montagne de paperasse administrative à remplir pour demain. ». Elle entama une marche lente, l’orphelinat ne se situant qu’à quelques rues de distance de la boutique de confiseries, faisant durer la promenade artificiellement autant qu’il lui était possible de le faire. Les deux mains dans son dos, sa robe caressant ses mollets à chacun de ses mouvements, Dahlia se sentait étrangement plus légère qu’en début de journée. La faute à une amie en or qui ignorait tout de ses manigances et qui la voyait telle qu’elle était réellement, telle qu’elle aurait dû être dans un monde parfait qui ne l’aurait point brisé. Une belle illusion, une réalité alternative qui lui manquait cruellement. En arrivant devant l’immense portail en fer de l’orphelinat, la Fae marqua un temps d’arrêt pour se tourner vers Neera et prendre sa main dans les siennes. « Encore merci pour aujourd’hui. Je… Je sais que ce n’est peut-être pas grand-chose pour toi, que des amies, tu dois en avoir énormément, mais pour moi c’est… Une véritable bouffée d’air frais dans mon quotidien. ».


    Son sourire s’élargit doucement. « La prochaine fois qu’on se reverra, j’espère que j’aurai de meilleures nouvelles à t’apporter et que ce ne sera pas un hasard au détour d’une ruelle alors que les petits font une bêtise. J’apprécie le hasard, mais pas à ce point. ». Elle résista à l’envie de l’étreindre à nouveau, apercevant quelques visages familiers plaqués aux vitres, attendant avec impatience qu’elle passe les portes de son établissement pour se jeter dans ses bras. Dahlia détestait les au revoir, mais pas autant que les adieux. « Tu me tiendras au courant, si tes élèves ont aimé les bonbons et surtout qui a gagné. De mon côté, je vais espérer que Phiva ne nargue pas ses petits camarades, sinon je suis bonne pour une émeute. ». Elle sépara leurs mains à contrecœur après quelques secondes et se détacha définitivement de Neera en franchissant le portail avec lenteur. « Tu es toujours la bienvenue ici Neera, j’espère que tu le sais. A bientôt. ». Et sans se retourner, comme si elle craignait de craquer si elle croisait son regard, elle s’enfonça dans le hall qui venait de s’ouvrir devant elle, son assistante tenant la porte, saluant l’élémentaliste avec un sourire sincère, lui adressant un silencieux « Merci. » pour avoir sorti sa supérieure de sa propre tête ne serait-ce que quelques heures.
    Noble de La République
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    Neera Storm
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    Info personnage
    Race: Demi-titan
    Vocation: Mage élémentaliste
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    qui suis-je ?:
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  • Dim 18 Juin - 21:30

    Un sourire apparaît sur son visage alors que Dahlia la complimente et lui dit qu’elle est formidable. Neera secoue bien la tête pour dire qu’elle ne se trouve pas tant que ça exceptionnelle, mais elle accepte cependant les propos de son amie, alors que cette dernière rebondit sur l’incendie qui a failli ravager son orphelinat. Evidemment que la Fae a cru tout perdre : son orphelinat, c’est son entreprise, sa maison, ce qu’elle a fait depuis des années et des siècles. Aurait-elle survécu à la culpabilité, aux flammes qui auraient ravagé non seulement son établissement mais aussi son coeur ? La belle aux cheveux d’argent n’en est pas sûre. C’est aussi pour cette raison que la magicienne ne regrette pas un instant d’être intervenue.

    « Il est vrai que tu as agi de manière irréfléchie et que tu t’es toi-même mise en danger, mais je pense qu’agir à l’instinct, pour aider les autres et ici tes protégés, a quelque chose de noble en soi » observe-t-elle. « Quant à se croire plus fort qu’on ne l’est… Je crois que ça peut être une bonne chose si on est vraiment en danger. Il vaut mieux ça qu’être paralysé par la peur en tout cas » sourit l’élémentaliste. Puis, elle a un léger rire cristallin alors qu’elle apprend que certains orphelins veulent se changer en mini-Tornade. « Par les Divins, je ne saurai pas où me mettre si ça devait arriver. »  

    Quoi qu’il en soit, Dahlia a rencontré Eloïse et les deux femmes ont pu régler cette histoire de malédiction. Une situation tendue puisque c’est une chose d’enrayer une malédiction, c’en est une autre de convaincre la fautive de se maîtriser et de ne pas recommencer. Quant à la compétitivité entre ses élèves, ou bien ceux des orphelins, il y a un monde de différence, évidemment. Les étudiants de Magic doivent payer une petite montagne d’or pour entrer dans l’Université républicaine, là où les gamins de la Fae cherchent simplement à avoir une famille aimante et à trouver leur juste place. Ce dernier point est loin d’être facile, mais peut-être que les bonbons que leur apportera leur directrice pourront leur faire un instant plaisir et oublier leurs conditions de vie. Enfin, il faut déjà que la belle se reprenne et le verre d’eau donné par la gérante est providentiel. Neera sourit face au commentaire de la gnome, sourire qui grandit lorsque Dahlia lui raconte ensuite qu’elle a déjà bien faillit entrer dans un tel magasin avec ses enfants. Heureusement qu’elle a des assistantes avisées, sinon elle aurait été épuisée en rentrant à l’orphelinat.

    Lorsque vient le moment de payer, l’enseignante est plus habile, et peut-être que la vendeuse a compris sa magouille car elle accepte volontiers son paiement, sans daigner prendre un sou de la bourse de la jolie blonde. La semi-titanide lui en est un brin reconnaissante et son sourire s’éclaire à la fois de gentillesse et d’amusement quand elle imagine Dahlia face aux petites terreurs, à réclamer des bonbons offerts par Eloïse et par elle-même.

    Les deux femmes reprennent la route, et Neera souffle quand son amie lui évoque toute la paperasse qui l’attend une fois installée dans son bureau. « L’administration, c’est une spécialité républicaine, tu sais bien… Peut-être aurions-nous intérêt à simplifier tout ça un de ces jours, quitte à même s’inspirer de nos voisins si c’est utile. Mais si on balance ça en une soirée mondaine, ce serait clairement une infâmie, selon certains. » Neera croise les mains derrière son dos et adresse un regard complice à sa comparse. « Si ça peut te rassurer, j’ai des copies à corriger ce soir. On sera donc dans le même bateau, toi et moi. »

    Maigre consolation, mais il faut trouver du positif où il y en a. Surtout que leur journée ensemble touche à sa fin, et la magicienne s’arrête devant le portail en fer de l’orphelinat. « C’est moi qui te remercie, voyons », fait-elle en lui rendant son étreinte.  « Et on remettra ça, promis, sans que les petits ne nous attirent dans les ennuis, cette fois. » Peut-être même pourraient-elles inviter Eloïse. Il y a suffisamment de place dans son manoir pour que les trois femmes prennent du bon temps en toute légèreté. « S’il y a une émeute à cause des bonbons, dis-leur qu’il y en aura d’autres et qu’il faut être bien sage pour qu’Eloïse et moi-même allions en chercher alors. » Cela voulait dire, de facto, que les deux professeures devraient affronter une horde de petits monstres affamés, la prochaine fois qu’elles mettraient un pied dans l’établissement, mais Neera s’en amuse plus qu’autre chose. « Quant à la compétition entre mes élèves, oui, je te dirai ça. ». Un dernier sourire. « Courage pour le reste de ta journée et prends soin de toi, Dahlia. »

    L’élémentaliste n’a le temps de rien dire d’autres que son amie se retourne et s’engouffre dans son établissement, lui accordant un dernier « Merci de la main que la jeune femme lui renvoie bin gentiment. Puis, c’est à son tour de rentrer chez elle. Elle pourrait le faire en volant, mais cette fois, elle a envie de le faire à pied. Et elle sera contente de raconter sa journée à Albus, qui l’attend sans doute pour le souper.
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