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  • Lun 27 Fév - 10:27
    Amen
    Fin Janvier an 4


    Mon périple aura été fructueux en compagnie d'Aryan, j'ai pu admirer de nouvelles terres et découvrir la beauté de Sekaï. J'ai pu comprendre que le regard d'autrui, quant aux divers symboles que j'arbore, est différent d'un peuple à un autre. Là où au Reike, la voie des Titans est prohibée, il faut savoir qu'en République, le peuple y est plus tolérant. Là où les titans sont prônés au sein de Célestia, les terres du Nord m'ont apprise qu'il vaut mieux rester discret quant à cette croyance. De ce fait, j'ai dû m'envelopper de fourrure pour cacher les signes distinctifs divinistes. Notre voyage aura duré un long moment puisque, dorénavant, je foule de nouveau mes pieds sur les terres reikoises. Après mon départ de la République, poursuivant la trace de Cornue à travers tout le pays, il a fallu annoncer mon départ afin de retrouver ma mère patrie. À vrai dire, je pourrais très bien m'envoler et partir en direction des Rocheuses, seulement, j'ai fait une promesse. Celle de venir retrouver la louve et l'amant lorsque mes pas braveront la terre qui les a vu naître. D'autant que l'un d'eux a reçu la lettre distribuée par l'aveugle libéré, rencontré un mois plus tôt dans un village à proximité de Melorn.

    Enveloppée dans une houppelande, mon sac contenant mes grimoires sur mon épaule, je continue mon voyage en passant par des petits villages avant d'atteindre Kyouji. Le ciel est dégagé et je rencontre bon nombre de voyageurs qui ne me regardent guère. Qui suis-je, après tout ? Une inconnue. Fay m'accompagne, ses pattes noires et agiles s'enfoncent dans la terre des sentiers battus par les nombreux passages des voyageurs. Nous nous parlons constamment par télépathie, évitant les endroits trop peuplés afin de profiter du calme de ces contrées. N'ayant pas d'argent, je ne peux pas faire du commerce avec les reikois qui m'entourent. Alors pour nous nourrir ou nous hydrater, nous partons chasser ou récupérer de l'eau dans un ruisseau. Il commence à se faire tard, je suis non loin de Kyouki. Assise sous un arbre après avoir fait un petit feu de camp, Fay sent la présence de quelqu'un. Me prévenant, je tends l'oreille et je croise le regard d'un homme vêtu d'une armure en cuir clouté avec une épée longue à son ceinturon. Je me redresse, prête à utiliser ma magie s'il venait à tenter quoi que ce soit. L'homme s'avance et demande à boire, ses lèvres sont sèches et craquelées. Fay observe du coin de l'œil, sentant quelque chose d'étrange. Pourtant, ma nature revient au galop et je considère l'étranger d'un œil bienveillant. Je lui apporte une gourde d'eau et lui tend. Il boit le contenu cul-sec, ne laissant aucunement un fond de ce précieux liquide. Soudain, l'inconnu s'installe près du feu et demande un peu à manger. Je n'ai rien. "Vous devez être affamée, femme" dit-il avec un ton nasillard. Puis, il cherche à connaître ma destination avant de me dire gravement :

    — Vous savez, vous devriez avoir une compagnie lors de vos voyages.
    Un silence. Il me toise d'un regard mauvais avant de poursuivre.
    — Les femmes ne devraient pas à errer seule. Le danger est partout !
    Je sais me défendre.
    — Plaît-il ?  
    Il se lève, s'avance d'un pas décidé et agrippe mon bras, me sommant avec sa gueule renfrognée.
    — Une femme ne devrait pas avoir à se promener seule la nuit. J'peux vous accompagner, cela dit.
    Il serre un peu plus mon bras. Fronçant les sourcils, je me dégage et lui réponds "non" d'un ton sec. Il prend la mouche.
    — C'est quoi ce que vous avez sur la tête ?
    Il commence à s'emparer d'une de mes aiguillettes et tire dessus, une atroce douleur me parcourt et je commence à le repousser violemment.
    Mais ... Mais qu'est-ce qu'il vous prend ?
    Il ricane et dégaine son épée.
    — De l'or, déclare t-il.

    Plaçant son pouce et son index au niveau de ses lèvres, un son strident se répercute dans la vallée. Placés derrière des bosquets, cinq hommes m'encerclent et attendent le signal de leur chef. Ils ne savent vraiment pas à qui ils ont affaire. Fay monte dans l'arbre et se cache, me laissant seule face à ces scélérats. Je n'ai jamais aimé la violence et malheureusement pour moi, j'ai compris bien tardivement que les mots ne peuvent pas toujours raisonner les plus têtus. Ils se jettent telles des hyènes affamées et brandissent leurs épées. Sans attendre, je déploie un jet de lumière qui les aveugles, l'espace d'un instant. L'un deux qui se trouve derrière moi échappe à l'aveuglement et bondit dans mon dos. Ses mains s'enroulent autour de ma nuque alors qu'il s'agrippe avec ferveur. Leur chef reprend ses esprits, tandis que les trois autres bandits sont en train de hurler qu'ils sont aveugles. Je prends mon courage à deux mains, dévoile mes ailes et balaie celui qui m'agrippe. Reprenant mon souffle, je m'extirpe en m'élevant dans les airs, prenant Fay au passage et fuit le combat. Je ne veux pas les tuer. Nappée dans les ténèbres de la nuit, je cherche un endroit où me poser et cache de nouveaux mes ailes par magie. Je suis fatiguée, n'ayant que peu dormie dernièrement, car les cauchemars que je fais sont de plus en plus terribles. Je regarde la pleine lune qui illumine les cieux et continue mon voyage en volant. Je veux rentrer.

    * *
    *


    Cachant mes ailes avant d'arriver aux portes, Fay et moi-même arrivons à la ville de Kyouji. Des gardes inspectent les environs. Peu d'aventuriers osent déambuler à une heure aussi tardive, je revêts la capuche sur ma tête et avance jusqu'à l'entrée de la ville. J'éveille la curiosité des gardes qui haussent un sourcil, lorsqu'ils aperçoivent le chat noir suivre mes pas. Une fois à l'intérieur de la ville, je me sens plus rassurée comparé à la campagne des environs. Qui aurait pu prédire que je rencontrerai une si mauvaise compagnie. Je cherche un coin tranquille et commence à déambuler dans la cité. Des chiens se bagarrent une miche de pain, des gaillards vomissent leur tripe dans un coin près d'une taverne, quelques types jettent un coup d'œil furtif avant de revenir à leur conversation. Soudain, j'entends la voix d'une femme qui m'attire, tel un chant de sirène qui murmure aux oreilles. Sa voix résonne dans les ruelles adjacentes, je m'approche jusqu'à pouvoir admirer une femme à la chevelure flamboyante. Un groupe de pèlerins se tient devant elle, semblant éprit par ses douces paroles et son amour féroce pour la lune. Je me fonds parmi ce groupe et écoute les élucubrations de la sainte quant à sa foi envers la lune.
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    Anonymous
  • Lun 27 Fév - 22:08
    Amen
    Fin Janvier an 4


    L’homme me supplie de l’épargner, des larmes amères coulant sur ses joues sales. Pourtant je n’éprouve aucune compassion, juste du dégoût que m’inspire ceux qui sont prêts à renier leurs croyances au seuil de la mort. Sa foi vacillante est une insulte pour ceux qu’il nomme « Dieux » et il ne mérite pas de vivre.

    Ma voix s’élève, prenant l’accent craquelant du feu crépitant.

    - Tu as été jugé et ton sort n’est plus entre mes mains.

    Des mains que je lèvre devant lui alors qu’elles sont brusquement nimbées d’une lueur blanche et hypnotique.

    - Ton âme se présentera devant les Astres pour être purifié dans le feu solaire. Quant à ton corps…

    Mon regard de braise semble s’enflammer et des flammes vivantes embrasent mes mains sans les brûler. Des flammes faites de pure lumière, l’expression du feu divin qui court dans mes veines, ce feu reçu des Astres en récompense de mon dévouement sans failles.

    Je pose mes mains brûlantes sur lui, enflammant ses vêtements et surtout les fagots de bois disposés à ses pieds. Il va mourir dans d’atroces souffrances, ses chairs dégoulinant sous la chaleur intense du brasier qui va le consumer.

    Tel est le sort des hérétiques qui s’opposent à la propagation de la vraie foi dans le désert du Reike.

    **************

    Ma réputation commence à me précéder, les rumeurs enflent concernant la Prima Stella et le Culte des Enfants Célestes. Certains louent ma foi sans failles envers les Astres, d’autres mon intolérance et mon intransigeance envers ceux qui ne respectent pas mes croyances. C’est dans l’excès que naissent les sentiments les plus forts et mon fanatisme aveugle attise l’adoration et la haine que j’inspire.  

    Il n’est pas rare que des attroupements spontanés naissent sur mon passage, lorsqu’un croyant attentif remarque ma chevelure de feu et mon regard de braise. C’est dans ces moments là que je perçois la véritable portée de l’incendie auquel j’ai donné naissance. Cette flamme que j’ai portée et qui maintenant se répand dans le désert du Reike tel un feu de brousse insatiable. Jour après jour la masse des fidèles augmente et je suis certaine que bientôt le Reike puis le Sekaï tout entier seront libérés des faux-dieux et des hérétiques.

    La lune est pleine, marquant l’apogée d’un nouveau cycle. Naissance et mort sont deux amantes inséparables qui rythment nos existences sur cette terre. Car telle est la volonté des Astres pour mettre à l’épreuve la force de notre foi en vue de nous préparer pour l’ascension. Mais dans leur infinie bonté, le Soleil et la Lune nous ont envoyé leurs enfants, pour nous aider à lutter contre les faux-dieux qui cherchant à nous détruire. Heureusement nous sommes protégés par notre foi, nous, les Stellaires, et notre rôle est de soutenir les Enfants Célestes dans leur lutte contre les faux-dieux, d’être leurs étoiles, tout comme celles qui brillent dans la voûte céleste en cette nuit.

    Tel est le message que je transmets à la petite foule qui se presse pour entendre mon discours enflammé, un discours dans lequel pointe une conviction sans failles. Il n’y a qu’une seule et unique vraie foi. La mienne.

    Je lève les bras vers la lune, l’encadrant de mes bras comme pour en faire le témoin de mes paroles. Ma silhouette se nimbe de la lueur blafarde de l’astre de nuit, et des flammes vivantes semblent embraser mon corps, un feu intense qui brille d’une lumière blanche et si pure, expression de ce feu divin qui courre dans mes veines, ce don que les Astres m’ont fait en récompense de ma dévotion sans limites.

    **************

    Je l’ai remarqué. Elle est différente des autres, dissimulée sous une lourde capuche qui cache ses traits. Elle a été attentive à mon discours, mais elle n’a pas réagi en exclamation admirative ou en cris d’approbation. Je l’ai observé du coin de l’œil tandis que mes gardes contenaient la foule de ces gens simples qui voulaient juste me toucher pour s’assurer que je sois bien réelle.

    - Vous êtes étrangère ?

    Ma voix résonne dans son dos alors qu’elle s’était engouffrée dans une ruelle. À l’inverse d’elle je ne me cache pas derrière un lourd manteau. Je porte une robe d’une simplicité frappante, mais la coupe qui épouse parfaitement mes formes féminines indiquent qu’il s’agit d’un travail sur mesure et de qualité. Sa couleur est rouge, un rouge flamboyant qui s’accordent parfaitement à celui de mes cheveux et de mon regard de braise. Quelques broderies discrètes en fil d’or attestent que je suis devenue bien plus que la petite paysanne reikoise que j’étais.

    - Mon discours ne vous a pas plu ?

    Je ne sais pas trop à quoi m’attendre mais étrangement j’ai la conviction que je ne crains rien en sa présence malgré son accoutrement et son comportement étrange. Surtout je suis certaine que rien n’est le fruit du hasard et cette nuit, la lune est pleine, marquant l’apogée d’un nouveau cycle.

    Ce qui signifie que l’astre de nuit a voulu cette rencontre…
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  • Mar 28 Fév - 10:45
    Des flammes s'élèvent, une odeur de brûlé et de chair happée par le brasier s'imprègne dans mes narines. J'aperçois une lumière si intense provenant des mains de la femme aux cheveux flamboyants, sa voix est incisive et d'un coup de magie salvatrice, la dame s'éveille et offre un spectacle hors du commun. Ce même pouvoir qui me rappelle celui de mon mentor, Seagan. Cette puissance divine qui touche des êtres exceptionnels et grands. L'homme hurle à la mort, son visage et ses yeux fondent alors que le feu embrase son corps. Il n'y a plus de vêtements, sa chair noircit et dans un dernier cri d'agonie, la mort lui tend les bras avant de l'enlacer, pour ne plus jamais avoir à souffrir. La plupart des pèlerins se mettent à applaudir sous le regard impératrice de la femme exaltée, tandis que moi, je contemple sans sourciller. Je n'ose pas bouger, mon regard ambré rivé sur ce qu'il reste de l'homme nimbé dans le flamboiement ardent. Spectatrice d'une exécution, je n'avais jamais pu voir la mort d'un homme de la sorte. Je me rappelle que pour le haut-prêtre, le feu divin permet de châtier les impies, sans toutefois leur donner la mort. Ils seront soumis au jugement des Divins, qui dans leur bon vouloir, pourront aider les âmes déchues. Cette femme dotée du même pouvoir me paraît bien différente, plus féroce et plus déterminée, qui est-elle et que représente-t-elle pour le peuple ? Tandis que je prends la direction d'une ruelle, sa voix se fait plus forte et je sens son regard de braise dans mon dos. Une étrangère ? Je détourne ma tête et l'observe dans sa magnificence, enveloppée dans ce textile qui sied parfaitement à ce corps de rêve. Je suis tel un agneau égaré parmi une meute de loup, il me faut faire preuve de vigilance et revêtir le même poil que ces êtres impétueux, avides de flammes et de sang. Les sectaires encapuchonnés ont libérés le passage, laissant la place à la femme qui m'a interpellé. Lorsque je lui réponds, ma voix se veut amicale, bien que j'ai assisté à cette horreur devant moi. Comment peut-on détruire ainsi la vie d'un homme, sans lui laisser le choix de pardonner ou de se repentir ?

    Pardonnez-moi, je suis arrivée il y a peu et n'ai pu assister qu'à la fin de ce ... Châtiment. Le Feu Divin brûle et brûlera toute âme qui s'y confronte. Aucun homme, aucune femme, ne peut résister à un tel pouvoir. Retirant ma capuche, je laisse la dame découvrir le minois qui la considère gravement. Parlez-moi des Astres. Il y a des choses dont j'ignore encore, je suis bien loin de chez moi et manque cruellement d'informations sur le monde. Après tout, je ne souhaite point vous importuner dans votre ... Cérémonie. Sachez simplement que j'étais ... Curieuse.

    Il vaut mieux y aller à tâtons et je crois comprendre que je suis face à une espèce de secte. Il vaut mieux y aller à tâtons et je crois comprendre que je suis face à une croyante aussi déterminée que Seagan. En l'observant, il n'y a aucun symbole diviniste ou en provenance du culte des ombres. Lorsque j'avais admirés les pèlerins, tous portaient des signes représentant le soleil et la lune. Je suis encore bien ignorante sur ce que peut apporter le monde et les nombreuses croyances qui s'y trouvent. De ce que je comprends, ce qu'elle appelle les Astres seraient leurs divinités, qu'est-ce que cela peut signifier ? Pour moi, seuls les titans ont un pouvoir si grand, si fort, si puissant. Créateurs et détenteurs du monde dans lequel nous nous trouvons, un univers régit par leur toute-puissance. Je ne vois pas en quoi les Astres seraient plus influents que les pères de toute chose. Je reste sur mes gardes, ne sachant pas sur quel pied danser avec ces illuminés. Quant à moi, je ne laisserai personne soulever mon manteau, de peur des représailles. Les nombreuses croix qui orne ma robe peuvent m'être fatale. Comment de simples ornements, peuvent-ils faire vriller des esprits ? Le petit chat noir comprend ce qu'il se passe et Fay communique dans mon esprit par télépathie, clamant qu'il ne faut pas que je parle de mes origines. Personne ne doit savoir que je suis une engeance des titans, personne ne doit comprendre que je suis une fervente croyante diviniste. Alors, je vais patienter et lorsque le moment sera opportun, peut-être pourrais-je m'éclipser. Sauf si bien sûr, le destin prend une tout autre tournure.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 5 Mar - 22:05
    L’étrangère se dévoile, révélant un joli minois qui ne peut laisser indifférent. Mais au-delà des traits délicats de son visage, c’est son regard d’ambre qui capte l’attention, un regard expressif et troublant dans lequel on peut lire l’usure du temps qui passe. Se rend-elle compte que ses paroles innocentes peuvent être une insulte pour les exaltés qui m’entourent ? D’ailleurs je sens que certains tiquent lorsqu’elle parle de son ignorance concernant les Astres sacrés. De là à en faire une hérétique…

    Ma main se lève, impérieuse et autoritaire, mettant fin à toutes velléités de molester celle qui, jusqu’à preuve du contraire, est innocente. Même si je suis implacable pour exécuter la volonté de Astres, je suis convaincue que la plupart des âmes sont égarées, bercés de fausses promesses proférés par les infidèles à la solde des faux-dieux. Il est donc aussi de mon devoir de tout faire pour les remettre dans le droit chemin, de leur ouvrir les yeux pour qu’ils se rendent compte qu’il n’y a qu’une seule et unique vraie foi. La mienne.

    Un sourire rassurant étire mes lèvres alors que j’approche, chassant mes fidèles d’un geste agacé de la main, comme pour me débarrasser de mouches ennuyeuses.

    - Marchons voulez-vous.

    Je me porte à sa hauteur avant d’ouvrir la marche, me dirigeant vers le désert endormi. La lueur de la pleine lune est si intense que nous n’avons aucun mal à distinguer le paysage qui s’offre à nous. Ma voix s’élève brusquement brisant le silence qui s’est installé.

    - Cet homme était un hérétique à la vraie foi. Il refusait d’admettre que le statut divin du soleil, de la lune et de leurs enfants.

    Mon regard de braise se pose sur elle, un regard intense et brûlant animé par ma croyance en ce que je considère comme juste.

    - Alors j’ai libéré son âme de sa prison de chair pour qu’elle s’élève et soit purifiée par le feu du Soleil. Car tel est le lot des pêcheurs.

    Mon discours est empreint de certitudes, certitudes qui ne laissent aucune place à la tolérance ou au pardon.

    - Le Soleil est la vie, sans lui point de cultures, sans lui point de chaleur, sans lui point de lumière. Un monde sans Soleil est un monde de ténèbres perpétuels dans lequel la vie n’a pas sa place. Quant à la lune…

    Je m’arrête pour lever mon visage vers l’astre de nuit, comme pour me nourrir de la lumière blafarde qui illumine soudain mon visage.

    - Elle nous montre que tout à une fin. Que la vie est un cycle immuable qui se répète inlassablement ponctuée par la mort qui n’est en rien une fatalité mais un nouveau commencement. Elle nous apprend aussi que les êtres qui refusent la mort sont des abominations qui vont à l’encore de l’ordre naturel des choses et qu’il faut les détruire par tous les moyens.

    Je reprends ma route, un sourire sur les lèvres.

    - La curiosité n’est pas une tare. Elle peut vous aider les âmes égarées à comprendre où se trouve la Vérité. Les adeptes des faux-dieux propagent des mensonges qui menacent d’empêcher l’Ascension de l’âme vers le firmament. Mais leurs jours sont comptés, car dans leur bonté sans limites, les Astres nous ont envoyé leurs enfants divins. Des enfants divins qui ont déjà abattu un des faux-dieu prouvant au monde qu’ils ne sont pas des imposteurs.

    Brusquement je me place face à elle, posant mon regard de braise sur l’ange.

    - Et vous, en quoi croyez-vous ?
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Jeu 9 Mar - 7:55
    Les fidèles s'en sont allé tandis que la femme aux cheveux de couleurs ardents m'invite à la suivre sous ce ciel étoilé. La lune brille de toute sa splendeur, nous déambulons dans les rues jusqu'à retourner à l'extérieur de la ville, nous éloignant un peu plus de la cité endormie. Je respire à pleins poumons, prenant un réel plaisir à errer dans la nuit, je me sens légère l'espace d'un instant. Je ne ressens aucune peur, pas même une once de nervosité aux côtés de celle qui a exécuté un homme d'un feu si vif, si agressif et effervescent. Sa voix résonne dans l'atmosphère, un ton quasi-impérial qui m'éclaire sur ses intentions. Lorsqu'elle évoque le statut divin du soleil et de la lune, mes sourcils froncent légèrement comme pour essayer de comprendre. Ainsi, par une foi aveugle, la dame flamboyante a consumé le corps du mortel pour lui laisser son âme vagabonder jusqu'au soleil, là où il sera purgé. Mon cœur se serre à l'idée de voir que les mortels ne cessent de se faire la guerre, capable des pires atrocités sans même tendre l'oreille pour écouter l'âme peinée. Sans l'interrompre, j'écoute ses dires tandis que son menton se lève en direction du ciel. Je suis son regard et admire l'immensité onirique au-dessus de nos têtes. Lorsqu'elle évoque le cycle de la fin et du commencement, cette femme semble ne pas apprécier les immortels pour ceux qu'ils sont, les appelant des abominations. Là encore, une pointe d'agacement m'effleure et un sourire nerveux se lit sur mon visage. Comment peut-on ainsi renier des créatures et les mettre dans le même panier ? Nous continuons notre avancée dans le désert baignée sous la lumière lunaire, l'éclairée s'emporte sur les enfants divins, ceux qui ont tué l'un de mes pères. Dans mon esprit, il ne fait aucun doute qu'elle parle de l'empereur Tensaï. Je repense à mon entraînement avec Seagan et à l'illusion dans laquelle il m'avait baignée, j'y vois encore parfaitement l'être immense aux cornes dressés sur sa tête et ce regard mauvais. Cet être qui tuerait tous les titans s'il le pouvait. Là encore, je ressens une pointe de colère, mais ne laisse rien transparaître. Toutefois, je sers le poing, car il est difficile de contenir mes émotions autrement. La femme s'arrête brusquement, son regard croise le mien, lumineux et fier. D'une voix grave, je lui dis avec sincérité :

    Je crois en la Vie. Je crois aux Hommes. Je crois en l'Existence d'un monde rempli de magie, d'espoir et de lumière. Je suis fille de parents qui furent terrassés par une main de fer, faisant couler leur sang avec véhémence. Je suis blessée et meurtrie par la perte d'un père qui fut occis par la colère d'un homme. Je suis apeurée et blessée par la perte d'une mère qui fut emprisonnée. Et tout cela, pour quoi ? À quelle fin ? Est-ce réellement ce que les Astres veulent ? Faire couler le sang et détruire par le feu ? Je crois en la sainte parole et au pardon, je crois en l'amour comme j'accepte la haine et le désespoir. Pourtant, je crois que jamais je ne pourrais m'abaisser à tuer quelqu'un au nom d'une divinité. Iriez-vous jusqu'à tuer vos propres enfants au nom de votre croyance ?

    Je lui montre mes mains et crée une boule de lumière qui nous inonde de sa clarté. Un vent frais vient s'immiscer dans nos cheveux et balayer nos visages, emportant avec lui un peu de sable. Le bruissement des vêtements claque contre le vent, je cligne des yeux pour éviter les grains de poussière et reste à un mètre de distance de la belle-dame flamboyante. Mon regard s'attriste lorsque je réfléchis sur mes intentions, mon parcours aura été si long, si périlleux depuis mon départ de Célestia. Vivre en dehors de la forêt des Pins Argentés, découvrir la vie en dehors des murs de Célestia aura été une gigantesque claque dans mon visage. J'y ai vu le Mal. J'y ai vu la magie néfaste de mes pères se répandre dans le monde comme une traînée de poudre, j'ai pu voir toutes les horreurs et les damnés qui rôdent dans les terres dévastées. Je pense à tous ces civils ayant vu leur mort arrivée. Avec un ton plus doux mais plus triste, je déclare :

    Nous ne pouvons sauver l'Humanité. Comme vous le dîtes si bien, la vie est un cycle. Nous ne sommes point les bourreaux qui doivent abattre le fer, au contraire, nous devrions être ceux capables de tendre la main et de réchauffer les cœurs. Je fais partie de ceux qui souhaitent un monde meilleur, malheureusement, notre univers est sans cesse dans la tourmente et le malheur. Si vous pouviez voir les abominations qui jonchent les rues, les spectres et autres entités fantasmagoriques qui errent dans notre réalité, peut-être pourriez-vous aider les civils qui se font occire par de telles entités. Votre feu sacré apporterait une lueur d'espoir dans ce monde sinistre. Comme je vous l'ai dit, je suis une femme égarée. Tout ce que j'aspire, tout ce qui m'anime, c'est pouvoir apporter un peu de paix. Quoi qu'il advienne, quoi qu'il se passe, je souhaite être maître de mon Destin et ne plus à avoir d'ordres à recevoir de quiconque. La seule chose qui m'importe ... Ce sont les Hommes. Tous ont une part de lumière et de noirceur. Qu'il s'agisse de vous ou de moi. Du monde entier, et même des Astres. Nous ne sommes point parfaits. La seule chose que nous pouvons faire, c'est simplement de nous éveiller et de nous entraider. Nous pourrions défaire le mal qui ronge les Terres par notre pouvoir. Et pour ceux qui répandent le mal ... Un silence.
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    Invité
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  • Jeu 23 Mar - 23:08
    Ma bonne humeur semble fondre comme neige au soleil face aux paroles de la jeune femme. Il est indéniable que sa souffrance est palpable, que ses paroles sont sincères, mais son discours prouve qu’elle n’a rien compris.

    Ma voix est plus cassante que je ne l’aurai voulu, mais il convient de rétablir certaines vérités.

    - Votre égarement risque de vous conduire à votre perte.

    Mon regard de braise brûle d’un feu intense prouvant que je ne suis pas égarée, que ma croyance me guide à travers les affres de la vie, me fournissant des réponses. Mes réponses.

    - Je crois moi aussi en la Vie, c’est pour cela que je lutte contre les créatures non-vivantes qui peuplent notre sol par la volonté abjecte d’un faux dieu. Je crois aussi en l’Homme, mais l’homme a besoin d’être guidé pour ne pas devenir une bête sauvage, il a besoin des certitudes et du réconfort que lui apporte la Foi. Les Astres sont la Vie. Sans le Soleil, la terre ne serait que ténèbres insondables où rien ne pousserait, rien ne s’épanouirait. Sans la Lune pour nous guider auprès d’eux dans les cieux, nos âmes erreraient sans fin, prisonnière de ce monde jusqu’à dépérir et se flétrir. Vous tentez d’opposer ma foi à des considérations morales ? Pourquoi donc ? Vous parlez de mal et de bien, de pardon et de compassion. Pourtant si vous donnez à l’assassin une seconde chance et qu’en réponse il tue encore. Où est le mal ?

    Un léger temps de latence avant que je ne reprenne d’une voix toujours aussi dure.

    - Chez celui qui tue, ou chez celui qui lui a permis de tuer encore une fois ?

    Une question qui reste en suspens alors qu’à mon tour je génère une vive lumière qui semble irradier de mon corps, une lumière à la blancheur blafarde si semblable à celle de la lune qui nous regarde depuis le firmament.

    - Votre lumière n’est rien, tout comme la mienne, lorsqu’on la compare à la clarté du divin Soleil. Elle n’est visible que de quelques-uns, quand la lumière de l’astre de jour éclaire le monde entier et réchauffe nos corps. J’œuvre pour un monde meilleur, pour que nos âmes s’élèvent dans les cieux auprès des Astres pour rejoindre nos ancêtres. Mais les faux-dieux et les hérétiques qui prônent leur retour menacent la foule des vrais croyants. Ils propagent la mort et les ténèbres, les laisser vivre revient à laisser une horde d’assassins en liberté.

    Ma lumière s’éteint brusquement, alors qu’un feu intense semble prendre naissance dans mon regard rougeoyant.

    - Je m’y refuse. Je refuse d’attendre un prochain massacre et je mets ma foi au service des Astres, au service de la Vie, au service des vrais croyants. Le monde est plongé dans le tourment et le malheur car nous avons trop tardé. Nous avons été inconscients, emmitouflés dans des rêves de tolérance et de partage. Pour quoi ? Pour voir les faux-dieux s’extraire de sous terre et détruire des vies par milliers. J’ai mis ma vie au service des Astres, au service d’un idéal qui requiert des sacrifices et je ne reculerai devant rien. La mort n’est pas une fin en soi, le feu divin ne tue pas, il purifie les âmes impies, il lave les infidèles de leur péché avant qu’elles rejoignent les cieux pour endurer leur dernier châtiment. Car la morsure de mes flammes est un doux baiser en comparaison de celle du feu solaire.

    Un sourire énigmatique s’inscrit alors sur mes lèvres.

    - Vous êtes égarée, mais je ne le suis pas. Ma foi me guide et me donne la force de combattre ces abominations qui vous font si peur. Car je sais que le feu divin coule dans mes veines, je sais que le Soleil et la Lune m’accompagnent à chaque instant de mon existence, que leur lumière me protège. Et ce sont les spectres qui tremblent, les incroyants qui se terrent devant la force qu’ils me procurent.
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