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  • Sam 11 Mar - 5:08
    Une cargaison insolite
    Feat Esha















    Le grand dieu Soleil est à son zénith, frappant de sa torride chaleur toute vie se trouvant dans la mer de sable, Shamash et ses compagnons subissent son courroux. Le petit groupe d’à peine cinq personnes avait quitté Taisen il y a de ça une journée aidée par leur monture atypique, des dromadaires. Après tout, les montures plus classiques comme les chevaux ne sont guère très efficaces sur les étendues de plaine de sable, il était donc tout naturel d’utiliser les dromadaires qui eux sont optimaux pour traverser le désert. Leur destination, Al’khan, un village fortifié en plein cœur du désert entre Taisen et Kyouji qui sert autant de carrefour commercial, un souk dans la langue des nomades, que de foyer pour la tribu Ra’aen dont Shamash est à la tête. Dès lors que Shamash et ses compagnons approchaient des remparts, un couloir à travers la foule se formait pour laisser passer le chef, le Cheikh dans la langue natale du basané. Mais ce n’est ni son prénom et ni son titre de chef qui est sans cesse répété. Al Shams, que vous pouvez traduire plus littéralement “Le Soleil”. Bien que cela n’est point du goût de notre protagoniste, il apprit avec le temps qu’il y eût des combats perdus d’avance surtout lorsque ceux-ci concernent une croyance très ancrée dans les mœurs d’un peuple aussi petit soit-il. Il avait pourtant bien du mal à s’y faire malgré tout.

    Leur première halte dans Al’khan fut de déposer les cargaisons qu’ils avaient convoyées depuis Ikusa et Taisen, cela ne pouvait être autrement. Un voyage dans le désert demande des ressources vitales qui le sont déjà dans une nature placide, mais l’environnement impitoyable de la région ne permet pas ce genre de confort. Alors un aller-retour pour Ikusa doit forcément servir une cause et pour cette fois-ci, des marchandise destiné à être revendu à Liberty ou utiliser pour le souk. Leur prochaine étape était aussi toute trouvée comme un rituel qu’organisait Shamash après chaque retour d’excursion hors de murs de son village, la taverne. C’est une des fiertés de Shamash, Al’khan ne possédait pas de lieu semblable lorsqu’il prit les rênes de la famille et du souk, mais pour lui qui aime s’enivrer et faire la fête, il était inconcevable qu’un tel endroit soit inexistant. De plus, la taverne servait aussi de centre névralgique d’Al’khan pour les marchands et passants.

    En bon vivant donc, c’était la destination obligatoire pour cet homme qui ne lésine pas sur la dépense. Allégresse, jeu d’argent, concours de buvette et quelques joutes amicales entre milicien et Medjay qui revenait de service. Cet endroit accueillait sûrement bien plus Shamash que son propre lit dans sa tour d’argent. Après quelques heures de félicité, soudain, alors que tous semblaient avoir oublié leur obligation, un homme arrivait brusquement. Les cliquetis au rythme des pas de l'individu étaient parfaitement audibles malgré le tapage provoqué en grande partie par le Cheikh d’Al’khan. L’homme à la carrure imposante s'arrêtait devant l’échine de Shamash qui s'était vautré dans les nombreux canapés et coussins majlis, sirotant et dégustant bière et fruit juteux. Alors que la présence de l’arrivant avait fait calmer quelque ardeur, le grand gaillard qu’est Shamash, lui, l’ignorait sciemment, continuant les festivités. Après une tape sèche à l’arrière du crâne, la parole fut prise par le nouveau venu. “Al Shams Shamash, tu dois assumer ton rôle et cesser d’agir avec tant d'oisiveté, on a besoin de toi à ta demeure pour une transaction.”. Bien que le ton puisse sembler rude et peu respectable, l’utilisation du qualificatif Al Shams était utilisé pour faire savoir que malgré son ton, il était respecteux envers le titre du réprimandé.

    Les pupilles dorées observaient par-dessus l’épaule pour regarder l’homme qui venait de prendre parole, non pas pour vérifier son identité puisque le guerrier Medjay le savait déjà, mais plus par réaction naturelle. “ Je m’amusais bien Qasim … ! Je reviens d’une expedition d’Ikusa je pense l’avoir bien mérité.” Disait-il tout en soupirant, pourtant, il ne pouvait s'empêcher de demander à voix basse comme un enfant rechignant à la tâche, de quoi s’agissait-il. “La famille Yn est de passage et souhaite une entrevue avec toi, ils ont visiblement une requête…” Qasim marquait un temps d'arrêt comme pour chercher ses mots avec soin “Inhabituelle.”. Le sourcil arqué, Shamash était intrigué. De toute façon, bien qu’il feignait la paresse, il savait qu’elles étaient ses obligations et le devoir d’aller à leur rencontre. Les Ra’aen avaient bâti une relation de confiance avec les Yn grâce à des échanges commerciaux nombreux, ils étaient donc estimés parmi la tribu d’A’khan.

    Un simple voile blanc de soie sur les épaules, un pagne noble et des parures d’or, Shamash se présentais avec un attirail digne d’un pharaon, montrant ainsi le respect qu’il était dû à ses futurs interlocuteurs. Les Yn avaient été priés de patienter dans la villa royale, les appartements du Soleil comme aime l'appeler les habitants. Ornée de nombreuses toiles, plantes exotiques et de mobilier de repos de luxe, le thé avaient été servis pour faire patienter les hôtes. Arrivant les bras grand ouvert dans le salon, le guerrier s’exclame avec joie. “ Bienvenue dans ma demeure ! J’espère que je ne vous ai pas fait trop attendre !” Une petite révérence pour les saluer ainsi que franche poignée de main, le ton de Shamash n’était plus celui pris dans la taverne, il était bien plus solennel bien que chaleureux, néanmoins, il n’était pas forcé ou faussé, il était sincère comme à son habitude. “Mon cousin Qasim m’a fait part d’une requête de votre part ? N’hésitez pas, parlez en toute franchise ! Ce serait un honneur pour notre famille de vous aider ! Quel type de bien voulez-vous commercer ?

    Shamash n'avait pas encore fait attention à celle qui serait bientôt le centre de la discussion et de cette histoire. Grossière erreur, il allait peut-être le regretter…



    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 14 Mar - 23:15

    - C'est à dire que..

    L'homme entre deux âges qui se tient devant le bien aimé du soleil est embarrassé, ses mains passent l'une sur l'autre dans un ballet un peu trop habile pour être son premier. Ibrahim Drah'Yn est un homme à la peau d'ébène, élancé et d'une élégance parfaite, l'incarnation d'une grue délicate qui a toujours su choisir ses mots avec un grand soin. Une sagesse bienvenue qui lui aura offert deux privilèges indiscutables, celui de choisir son rôle parmi les Drah'Yn en devenant un intermédiaire nécessaire entre les Yn et leurs partenaires et celui d'accompagner Esha Drah'Yn. S'il avait une considération sincère pour ces deux opportunités, il devait avouer, qu'en l'état, l'une le mettait en bien mauvaise posture pour accomplir convenablement l'autre.

    - Il s'agit moins de commerce que du transport d'une jeune personne de notre famille. Jeune personne qui, je le crains, était trop impatiente d'explorer vos installations..

    Le velours de ses mots adoucissait la réalité mais les oreilles qui trainaient par là auront entendu un autre discours de la dite jeune personne. Car on ne faisait pas attendre une Drah'Yn, encore moins une future Sun'Yn et certainement pas une Esha. La capricieuse créature avait attendu une vingtaine de secondes avant de s'offusquer et de tourner les talons, laissant dans son sillage un émissaire bien embêté. Ibrahim posait une main sur son torse et s'inclinait légèrement, gracieux échassier drapé d'humilité.

    - Nous devrions la retrouver avant de poursuivre cette conversation, si vous le voulez bien.

    Pendant ce temps...
    Une cargaison insolite Finw

    Le tissu glisse sur la peau halée, une caresse raffinée qui flirt sensuellement avec les courbes féminines de l'exotique créature qui s'avance à pas chaloupés à travers Al'khan. Le style de la maison Luminescence sait se faire remarquer, néophytes et amateurs, couturiers du dimanche et concurrents, ils se tournent, ils scrutent, insistants à la limite de l’indécence alors que l'incandescente leur offre un défilé grandeur nature. C'est une mannequin aux yeux pétillants, des oreilles qui chatouilles la barbe des astres et le menton haut, sans aucun doute, elle est habituée à attirer l'attention. L'or scintille sur sa peau ambré, le cliquetis des bracelets à ses chevilles font plonger les regards le long de ses interminables jambes de danseuse. Elle déambule parmi les échoppes et les habitants, attraction ambulante, charmante excentrique aux joues marquées par deux traits carmins.

    L'étrangère est fille du désert autant qu'elle est enfant des flammes, elle accueille la torride étreinte du divin soleil à bras ouvert. Ses longs cheveux aux reflets améthystes couvrent son dos et ce trésor rebondit que certains tenteront tout de même d'apercevoir alors qu'elle s'éloigne. Ils dessinent une ombre irréelle sur ses épaules alors qu'elle approche d'un lieu plus bruyant.

    Ainsi, c'était là l'accomplissement de leur précieux Al Shams ? Un palais dédié à la dépravation et à l'alcool ? La précieuse demoiselle pose sur le décors et sur les gens le regard d'un juge impérial. Le Soleil aimait donc se vautrer dans l'oisiveté ? Quelle indignité.

    [...]

    Lorsque Ibrahim entrait dans la taverne, la rumeur avait couru plus vite que lui. La sulfureuse lapine s'était installée, à demi allongée dans les coussins moelleux qui avaient accueillis le soit-disant Soleil quelques minutes plus tôt, fort bien entourée et les lèvres encore scintillantes du délicieux élixir qui se trouvait dans son verre. L'améthyste flamboyante passait rapidement du visage consterné de son accompagnateur à celui bien plus attrayant du marchand de sables qui avait osé la faire attendre.

    - Ainsi, vous seriez mon homme, « Al Shams » ?

    La flamme faite femme toisait le surnommé, sa position actuelle ne semblait pas le permettre pourtant, il était certain qu'elle le regardait de haut. Elle esquisse un sourire, entre provocation et amusement, puis désigne d'un large geste de la main faisant teinter en harmonie les multiples cerceaux de métal précieux enserrant ses avant-bras, les coussins libres et occupés autour d'elle.

    - Vous devriez vous asseoir, il parait que des musiciens vont jouer.

    Elle invite le maître des lieux à s'asseoir dans sa propre demeure avec autant d'aisance et d'assurance qu'une impératrice. Esha ne craint pas de se mesurer à ce soleil du désert. Il était Homme et tous les hommes tremblent face aux flammes qu'ils ne peuvent maîtriser.
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  • Mer 15 Mar - 5:10
    Une cargaison insolite
    Feat Esha




















    Pourquoi donc celui qui avait été présenté comme étant Ibrahim semblait si gêné ? Le Cheikh de Al’khan tournait la tête vers son cousin avec une mine déconfite, qu’avait-il donc mal fait pour incommoder le représentant des Yn ? Sa révérence n’était-elle pas assez prononcée ? Sa poignée de mains trop abrupte pour les mains élancées du gentilhomme ? Après tout, les leçons qu’il avait reçues sur les codes de bienséance à tenir lors d’échanges commerciaux étaient bien ancrées dans son crâne malgré les années passées. Mais quel ne fut pas son soulagement lorsqu’il comprit que ce n’était point son comportement qui était problématique mais l'embarra causé par la non-présence du colis. Un long soupir de soulagement. “Loué sois le soleil, vous m’avez fait peur ! Détendez vous camarade ! Disait-il tout en tapotant amicalement le dos de l’aimable invité ; À voir votre mine, j’ai bien cru vous avoir offensé. Et tant mieux je suis plutôt satisfait si elle ne se sentait pas obligée de rester à nous attendre, après tout, je prône la liberté dans ce marché, je suis donc flatté de voir des personnes en jouir.” La main derrière le dos et la seconde lui ouvrant la voie, il invitait clairement Ibrahim à se diriger vers la sortie afin qu’ils aillent retrouver en groupe l’impatiente Esha.

    Qasim, une main sur l’épaule de l’imposant gaillard pour le ralentir et lui toucher deux mots en toute discrétion “ Shamash tu n’as peut-être pas compris la gravité de la situation. Si il arrive malheur à cette personne, cela provoquera un incident diplomatique sans précédent dans Al’khan.” Le regard de l’enfant du soleil change, plus austère un court instant avant de reprendre son ton décontracté habituel. “Et que voulais-tu ? Qu’elle soit enchaînée ici ? Tant mieux, qu’elle soit libre d’aller où elle souhaite au sein de ma ville. Et cesse ces messes basses, c’est irrespectueux pour nos invités !” Aussitôt dit, le petit groupe se dirigeait sur la place principale non loin du palais. À dire vrai, le guerrier était bien plus intéressé par le marché et l’achat de bijoux onéreux que la quête, laissant ce loisir à son cousin. Le menton au-dessus des étals, un vieux commerçant détaillait les nombreuses orfèvreries et parures au jeune basané et semblait ravi de le voir ici lui et Ibrahim, à qui il s'empresse de le saluer avec enthousiasme. Après tout, ce sont les créations de la famille Yn qui sont sur son étal et qui lui permettent de vivre.

    "C’est un plaisir Sir Ibrahim de vous voir ici avec notre bien-aimé Al Shams” Les mains frêles jointes comme marque de respect envers le convive d’Al’khan. “J’ai aperçu votre demoiselle errer par ici et se diriger vers la taverne. Quelle magnifique et élégante jeune fille la dynastie des Yn ont la chance d’avoir ! Elle n’a laissé personne de marbre lors de son passage.” Il souriait à pleine dent bien que n’ayant plus beaucoup d’entre elles. “Êtes-vous ici pour arranger un mariage avec notre bon soleil ? Il nous tarde de voir arriver un héritier.”

    Qasim ne pouvait qu'esquisser un sourire mesquin semblant consentir les dires du vieil homme. Mais sur ce point, Shamash n’avait point de désir. “Personne ne va marier personne, l'ancêtre. Filez-moi ce bracelet plutôt.” Des pièces d’or déposées pour l’achat d’un bracelet serti de plusieurs joyaux à l’éclat bleuté, après l’or, elle était la couleur privilégiée du nomade. Mais bien qu’il feignait être imperméable aux dires de l'aîné, les mots “magnifiques” et “taverne” avait sonné à l’intérieur de ses esgourdes, plus qu’aucun autre mot prononcé durant cette brève conversation, piquant l’insatiable curiosité du Medjaÿ. “Bon ! Qu’attendons-nous pour la retrouver !” S’exclamait-il tout en accompagnant Ibrahim avec une main encore une fois posée sur son échine. Après quelques foulées de pas, la bande entrait par les larges portes arabesques menant à la taverne, tombant très facilement sur les longues oreilles qui surplombent la pièce, aboutissement de leur quête.

    Et quelle surprise, quand avec ses pupilles d’or, il contemplait la créature, dont les louanges disait vrai, affalées sur son “trône” bien-aimé. Shamash approchait d’un pas déterminé vers la lapine le sourire aux lèvres, excité de profiter ce qu’il voyait être comme sa nouvelle distraction. “Ce sera Shamash je vous prie. Je n’aime pas ce sobriquet” lui répondait-il, attrapant le verre que tenait la charmante créature pour y finir son contenant. Vide. Le verre était déjà dépouillé de sa divine liqueur et de sa tentative de provocation, ratée. Décontenancé, s’affalant sur les literies de ce petit salon, Shamash observait les atouts animales de son “colis”. Il lui semblait pourtant que les Yn étaient des élémentaires et non des hybrides...Mais avant d’aller au bout de son interrogation, le tenancier et sa femme venait s’excuser platement auprès de ‘l'imposant gaillard. “Al Shams pardonnez-nous. Nous avons demandé à cette personne de ne pas s’installer à cette place, mais….” l’élu du soleil ne semblait pas comprendre la raison de leur excuse, bien qu’il chérissait cette place, il ne la voyait pas comme lui étant attribué.

    C’est l’endroit privilégié de Shamash depuis sa création pourtant, elle est loin d’être le plus “noble” et est surtout loin d’être isolée mais c’est justement pour ces raisons que le nomade l'apprécie. C’est d’ailleurs avec le temps que beaucoup considéraient cette place comme étant réservée à Shamash bien que n’ayant jamais affirmé ou agit dans ce sens-là. “Pas d’inquiétude, c’est notre convive. Mais puisque vous êtes là, profitez-en pour nous apporter de la bière et des boissons fraîches. Et je veux bien que vous posiez un plateau de Senet aussi, je vous prie !” Le temps d’être servi, les yeux d’or scrutaient encore avec attention la possible hybride, l’air dédaigneux de l'élémentaire très reconnaissable était répondu avec un sourire satisfait un peu naïf “Je pense qu’il est temps de nous présenter. Ra’aen Shamash, patriarche des Ra’aen. Un honneur de vous rencontrer…” Sur le chemin, il n’avais point prit connaissance du prénom de la jeune femme, le regard a demi-paniqué, regardant son cousin pour qu’il lui souffle la réponse qu’il n’aura pas. Mais sauvé, la bière et le plateau de jeu était arrivé à temps pour lui permettre de dévier le problème. Mets et boissons étaient déposés entre les convives et le plateau de jeu entre Esha et Shamash.

    Entre temps, luth, flûte, cymbale et oud jouaient dès lors harmonieusement pour donner du rythme dans la grande salle, jouant de la musique typique des nomades arpentant le désert du Reike. Le guerrier ouvrait le socle sous le plateau pour y récupérer des pions faits de terre cuite pour ensuite les tendre vers la lapine. “ Savez-vous jouer au Senet ? C’est très simple ! Je pense qu’il sera plus amusant de faire connaissance autour de bonne boisson, nourriture et d’un bon jeu, c’est comme ça ici que nous festoyons.” Alors qu’il en profitait pour prendre quelques cuisses de champa, Qasim lui, bien trop rigoureux, se tenait droit derrière Esha, montant la garde accompagné de deux autres armoires à glace. “Qasim… Analyse un peu mieux l’ambiance et sois moins procédurier pour une fois.” soupirait-il, avant de reprendre la conversation avec la créature en face de ses yeux. “Et donc, où devons nous amener cette sublime princesse des Yn ?” Lui demandait-il le regard d’or appuyé, la lèvre mesquine et le menton légèrement relevé, comme pour répondre à son air dédaigneux.




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  • Ven 17 Mar - 18:17

    Délestée de son verre, la fausse léporidé suivait du regard son voleur, bien dépourvu qu’il fut, le contenu de son butin déjà subtilisé. Esha souriait de sa déconvenue et se redressait. S’il la faisait rire, même involontairement, peut-être qu’elle le laisserait être son guide. Pour une partie de la route. Elle avait déjà prévu de leur fausser compagnie mais n’avait pas encore décidé du moment le plus opportun. À moins qu’elle ne parvienne à détourner la caravane ?

    Pour l’heure, les taverniers se plaignaient d’elle et le pseudo-soleil avait visiblement oublié son nom. Savaient-ils seulement combien l’alcool qu’ils vendaient était inflammable ? Les coussins, les tapis, la baraque tout entière. Tout ça ferait une jolie dune de plus dans le désert. Cendres et sables font bon ménage.

    Ibrahim qui la fixe semble avoir lu son courroux bien mal placé, ils étaient les étrangers ici, des visiteurs qui s’étaient invités et qui avaient, de plus, une requête. L’enfant capricieuse roule des yeux et souffle la flammèche naissant sur le bout de son nez. Assise en tailleur, la demoiselle se penche sur le plateau posé sur la table, elle connaissait des plateaux similaires et était presque certaine qu’elle connaissait ce jeu sous un autre nom. Cela étant, même si elle avait connu le Senet, elle n’aurait sans doute pas répondu autrement.

    - Aucunement mais vous saurez sans nul doute m’éclairer.

    N’est-ce pas, monsieur l’astre ? Ibrahim se retient de se frapper le front et préfère se tourner vers le dénommé Qasim, le remerciant de sa prévenance. Esha se saisissait de l’instant de distraction de son chaperon, basculant de position pour se pencher au-dessus de la table, s’appuyant d’une main sur le rebord de bois, sa seconde dextre tendant ses doigts jusqu’au collier doré qui entourait le cou du soleil.

    - Savez-vous à quelle température fond ce métal ?

    Et ce qu’il ferait à votre peau ? N’eut-elle certainement pas besoin d’ajouter, son visage souriant et ses prunelles menaçantes à quelques centimètres de l’homme. Ibrahim s’était immédiatement retourné vers son indisciplinée cousine, plus embarrassé qu’inquiet. Esha se rasseyait, ajoutant une explication à cette menace à peine voilée.

    - Les princesses sont vendues aux plus offrants. Je suis Esha Drah’Yn.

    Je serais la première femme Sun’Yn et je ferais tout cramer si on essaie de vendre la peau de mon fessier à l’élu de votre cupidité. Aurait-elle voulu ajouter, un regard en biais vers le représentant de sa famille. Ibrahim ne semblait pas disposé à interpréter ce regard torve car il complétait sans attendre.

    - Mademoiselle Drah’Yn doit se rendre au mont Kazan afin de rejoindre nos forges. Elle y est attendue.

    Et cette fois c’est Ibrahim qui envoyait un signal clair à sa cousine.

    - Elle doit ensuite revenir à la capitale afin de rencontrer son fiancé.

    La lapine croise les bras sous sa poitrine et détourne le regard. Préférant visiblement s’intéresser aux musiciens plutôt qu’à ce sujet de conversation. Elle n’avait pas vraiment son mot à dire alors, à quoi bon s’esquinter la voix ? Son fiancé, s’il avait le malheur d’être choisi avant son retour, devrait l’attendre toute sa vie. Comme elle était romantique.

    - Nous souhaitons que vous acheminiez quelques autres marchandises jusqu’à nos artisans du Mont Kazan mais surtout que vous livriez les marchandises récupérées aux forges jusqu’à Kyouji, Taisen et Ikusa.

    En soit rien qui ne sortait des demandes habituelles, si ce n’était de devoir se coltiner la lapine sur tout le trajet. La marchandise supplémentaire s’était d’ailleurs saisie d’une poignée de ces petites pierres déposées avec le plateau de jeu, les faisant bruyamment rouler dans la paume de sa main. On lui avait promis de jouer et elle s’ennuyait ferme.

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  • Dim 19 Mar - 14:25
    Une cargaison insolite
    Feat Esha




















    Si le grand gaillard qu’est Shamash connaissait la température de fonte de l’or ? Bien sûr que oui ! "Mille degré mademoiselle !" Criait-il si fièrement et promptement comme-ci il avait été interrogé par un sergent à l'armée. Pourquoi une personne telle que lui a cette réponse nichée quelque part dans sa tête ? Tout simplement car son attrait pour les bijoux et l’or afin de s’en draper lui ont donné une raison de savoir ce genre de chose. Aussi, il avait très bien compris le sous-entendu véhiculé à travers sa demande. Celle d’une menace à peine déguisée, pas bien difficile à déchiffrer vu le type de regard jeté dans les yeux d’or de Shamash à quelques centimètres l’un de l’autre. Pour autant, le patriarche n’était point effrayé. Non pas qu’il pensait que la lapine soit faible, il ne doutait pas un instant qu’elle puisse être forte et tout autant dangereuse, mais plutôt car il appréciait son hardiesse. Après tout, à Al’khan peu de personnes osaient vraiment tenir tête à Al Shams, au grand dam de celui-ci. Non pas qu’il souhaite être renversé ou qu’on lui manque de respect à toute heure, mais son esprit taquin aime l’adversité… Et la voilà enfin face à lui, impossible dans ces conditions de ressentir le moindre frisson si ce n’est celle de l’excitation enfantine. Un petit rire sobre et aimable en réaction.

    Mais ce serait bien dommage d’abîmer pareille parure, vous ne pensez pas ? Après tout, elle a été confectionnée des mains de votre famille, Dame Esha.” Il avait pris soin de ne plus la nommer Princesse puisque l’évocation de ce rang à son égard l'avait visiblement courroucé. Au moins, s'il n'avait pas eu la réponse des fines lèvres d’Esha, il savait maintenant où ses caravanes et lui-même devaient larguer le paquet. Aux mines de Kazan. Qasim le regard fixe sur le chef. L’important Medjay de Al’khan avait très bien compris ce regard appuyé, il désapprouve la requête. Livrer des marchandises n’était pas le problème, l’escorte en elle-même aussi, ce qui gênait était plutôt la créature à la moue désintéressée par les dires d’Ibrahim. “Rencontrer son fiancé ?” Shamash se redressait sur les cousins pour s’y appuyer avec le dos, les bras élargi posés en longueur sur les dossiers des matelas et pouf. Le regard posé vers le haut pour observer non pas le plafond mais le vide afin de réfléchir quelques secondes. Un mariage arrangé donc. Ses mirettes se posaient maintenant à nouveau sur la future épouse, empli de malice. “Il semblerait que vous soyez bien une princesse après tout.” le rictus taquin clairement déchiffrable.

    Il n’était clairement pas compliqué de comprendre après la “menace” et sa moue désintéressée du sujet que la princesse n’était pas enjouée par cette situation. Ainsi si l’escorte devait mal se passer les relations forgées avec les Yn pouvait se détériorer subitement. Mais quel risque y a-t-il pourrait-on penser, après tout les Ra’aen conduise autant des marchandise que des êtres vivant et doué de raison, seulement qu’est-ce qui pouvait bien lui certifier la parfaite sincerité de la femme ? Prendre ses jambes à son cou et s’enfuir loin de cette union non désirée était largement une solution dès qu’elle y verrait le moment propice. Si cela arrivait, la faute retomberait immédiatement sur les Ra’aen et le préjudice lourd à payer en dédommagement. Qasim y pensait très clairement, le pharaon des Ra’aen aussi. Pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir un certain amusement... Une sorte de défi. Mais il est aussi le chef d’une entreprise marchande, il devait donc aussi se comporter de la sorte.

    Vos requêtes, Ibrahim, sont clairs et nous les acceptons avec plaisir. J’ajoute aussi que c’est un véritable honneur que vous ayez pensé à notre tribu pour l'accompagnement de votre princesse” un petit regard en coin pour observer une réaction quelconque de l'intéressée “Et en honneur à nos belles relations, nous n'exigeons aucun paiement supplémentaire pour escorter Dame Esha, ce serait une joie de vous rendre service” Ainsi, il espérait transformer ce devoir en service afin de laisser une porte de sortie en cas de problème. Si la créature s’enfuit, les Yn ne pourront demander une compensation pour un service gracieux, du moins s'ils acceptent la proposition bénévole. Mais maintenant, il était temps de festoyer ! “Assez bavardé je pense cher convive ! Nous avons des musiciens, de quoi dessécher vos gorges et remplir vos panses.” Sur les tables au milieu du salon arabe, des plats de viande à base de champa, mais aussi des fruits. Pastèques, dates, grenades et oranges, des rares fruits à pousser dans l'extrême environnement du désert. Tout était soigneusement posé et servi dans des plats aux bordures dorées et rayures bleutées. Mais il y avait pour le guerrier marchand plus urgent, il avait fait attendre la belle élémentaire, sûrement avait-il eu de la chance qu’il ne soit pas déjà sous les flammes de son courroux.

    Préparant le plateau du Senet, Shamash sortait quatre bâtonnets à deux faces, bombées et plates. Ensuite, avec ses deux grandes mains halées, il attrapait avec délicatesse celles de la forgeronne pour y reprendre les pions “Pardonnez moi, je vous emprunte ceci brièvement.” Lui disait-il, le sourire charmant, avant de les poser sur le plateau. “Nous allons pouvoir jouer, j’espère ne pas vous avoir fait trop attendre.” Le temps de lui expliquer les règles du Senet, il lui servait en même temps une boisson typique des tribus du secteur. L’Irep. Qui est un vin du désert. “Nous fabriquons beaucoup de bière, mais nous avons aussi quelques rares vignes. Le raisin pousse difficilement à cause du climat, c’est pourquoi nous le servons exclusivement pour des personnes d’importance. Je pense que vous en faites partie, je me trompe … ?” Disait-il tout le verre tendu vers elle, une paume sous le verre et l’autre l’empoignant, la méthode distinguée du domaine pour servir un invité.

    Maintenant, que les pions étaient positionnés sur le plateau de jeu, Shamash jeta en premiers les bâtonnets faisant office de dé et avança son pion jusqu'à la case 12. “Alors Esha… Je peux me permettre de vous appeler par votre prénom ?” Un temps marqué afin de lui laisser le temps de répondre “Pourquoi souhaitez vous aller à Kazan ? Il me semblait que le métier des forgerons était surtout destiné aux hommes chez les Yn.” Ils allaient visiblement passer quelques jours ensemble, autant commencer à faire connaissance et à apprendre les raisons de son voyage.
    Bonus pour le Senet, clique moray:


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    Invité
    Anonymous
  • Mer 22 Mar - 18:20

    Ainsi il voulait périr par le feu ?

    Elle avait été surprise, plus par le cri que par les connaissances du nomade. Qui ne connaissait pas la température de fusion de l’or ? Il n’avait pas à le hurler. Puis, évidemment qu’elle savait que c’était une parure Yn, personne ne travaillait l’or comme eux. Était-il si bête pour ne pas comprendre que c’était une menace ?! Non, il avait très bien saisi. Il avait seulement choisi de lui répondre plus subtilement que ce à quoi elle s’attendait. Les barbares du désert avaient de l’éducation de nos jours.

    Dame Esha souffle du nez mais, ce titre-là lui convient. La suite beaucoup moins.

    Il reprend les mots d’Ibrahim, appuyant là où ça faisait mal. Un fiancé pour une princesse, finalement. Il affiche un sourire taquin et les prunelles améthystes se transforment en fournaises. Voulait-il voir à quelle température la peau se décollait du reste du corps ?

    Heureusement pour lui et le reste de l’établissement, il tourne son regard rieur et son attention vers Ibrahim. Esha sert les poings sous les coussins et le tissu carbonise lentement au contact de sa peau brûlante. Il voulait se battre, le marchand de dromadaires ? Elle ferait tout cramer avant qu’il trouve son arme. Alors, il ferait des courbettes devant sa princesse !

    Venait-elle de se qualifier de princesse ? Du coup..

    La sulfureuse demoiselle tournait brusquement le menton, couvrant ses oreilles -les vraies- de ses mains. Elle ne voulait rien entendre. Il valait mieux. Qu’ils discutent d’elle sans elle. Une marchandise de plus n’avait rien à dire. Et si elle l’entendait encore l’appeler princesse, elle ne répondrait plus d’elle !

    Ibrahim serait donc le seul à noter l’habileté du soleil dans ces négociations à mots couverts. Un service rendu sans contrepartie. Le Drah’Yn acquiesce solennellement, loin d’être sourd à la nuance qu’imposait son interlocuteur, il semblait cependant prêt à accepter cette condition. Les Yn entretenaient de bonnes relations avec les caravanes qui transportaient leurs marchandises, le désert était un endroit fort dangereux et rares étaient les équipages assez solides et fidèles sur lesquels ils pouvaient compter. Puis, la demoiselle avait beau avoir son caractère, elle était née Drah’Yn, son sang lui rappelerait son devoir, le temps voulu. Ce temps, selon lui, adviendrait au Mont Kazan.

    Les longues oreilles de la lapine n’entendaient rien de la conversation, ni de la musique d’ailleurs -rappelons qu’elles sont factices- et Esha fixait avec une intensité anormale les musiciens. Ceux qui avaient remarqué son regard flamboyant et furieux commençaient à sérieusement se questionner sur leur prestation. L’élémentaire ne se souvenait de la présence des pierres qui commençaient à chauffer entre ses mains et son visage qu’au moment où on vint les lui réclamer. Des mains masculines se refermaient sur ses dextres délicates et elle se laissait à nouveau déposséder par le maître des lieux.

    Affable, il s’inquiétait de l’avoir fait attendre. La salamandre ne se laisserait pas avoir par ce taïpan du désert. Il n’attendait heureusement pas de réponse pour commencer à lui expliquer les règles du jeu, donnant de fait à la demoiselle le temps et l’occasion de s’intéresser à autre chose. Comme elle le pensait, c’était un jeu qu’elle connaissait sous un autre nom et avec des règles légèrement différentes. Elle gagnerait son jeu et cela clouerait sa charmante bouche de marchand de sable !

    Il lui proposait un verre comme on tenterait d’enterrer une hache de guerre. La Drah’Yn s’en saisissait comme on s'empare d’une épée. Elle ne lui ferait certainement pas le plaisir de répondre à sa question et vidait le verre d’une traite. Une provocation qu’elle regretta immédiatement. D’une part, c’était meilleur que ce à quoi elle s’attendait, elle aurait pu prendre plaisir à le déguster et d’autre part.. elle sentait peser sur elle le regard courroucé d’Ibrahim. Elle ne se comportait pas bien. Une pointe de honte la piquait en plein orgueil. Était-ce l’image qu’elle voulait donner, elle qui portait le noble nom des Yn ?

    Esha reposait lentement le verre, bien vide, sur la table, évitant le regard de son cousin, elle soufflait une réponse bien éduquée à la question portant sur la façon dont l’homme devait s’adresser à elle.

    - Comme il vous siéra.

    Elle regardait les bâtonnets retournés sur la table et s’en emparait pour les lancer à son tour. Avançant son pion d'une petite case, Esha promettait mentalement une combustion spontanée au plateau de jeu avant de daigner répondre à la question de son vis-à-vis.

    - Qui sait, j’en deviendrais peut-être un en me trempant dans la lave du Mont Kazan ?

    Un regard glissé à son cousin mais ce dernier était occupé à échanger des politesses avec la personne qui le servait. Un bain de lave. C’était peut-être bien ce qui la ferait Sun’Yn, finalement ? Elle souriait pour elle-même et pointait du doigt la quinzième case du plateau.

    - Y a-t-il une signification à ce symbole ?

    Les autres cases ornées de motifs avaient toutes une fonction particulière mais il n’avait rien dit sur celle-ci. Elle se contentait désormais de regarder le plateau et parfois les musiciens lorsque ces derniers se laissaient aller à des improvisations inspirées, elle ne regardait plus ni Shamash, ni son homme de main, ni plus grand chose du reste du décors. Ce n’était qu’une scène éphémère, se disait-elle, et cet homme qu’un coursier. Elle gagnerait son jeu et lui planterait le nez dans le sable quand elle partirait.
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    Anonymous
  • Jeu 23 Mar - 16:04
    Une cargaison insolite
    Feat Esha




















    SLa fille des Yn avait avalé la coupe d'Irep si rapidement qu’il n’eut le temps de servir une coupe de ce vin à Ibrahim, il était très aisé de comprendre la symbolique de son geste. Elle n'avait clairement pas dû apprécier les plaisanteries du nomade et semblait vouloir tous les maux du monde au pauvre taïpan sans défense. Shamash était amusé par le comportement de la lapine, surtout lorsqu’elle reprit “ses esprits” afin de coller au code de bonne conduite de la noblesse. La mine réjouie du marchand était largement perceptible et il l’était pour une raison simple, il exécrait ces étiquettes, mais son statut l’obligeait à s’en servir. Voilà pourquoi il affectionne tant ce lieu de perdition, non pas pour la débauche, mais, car l’alcool et l’extase délient les langues et surtout les cœurs. Ainsi à partir d’une certaine heure et dans ce sanctuaire, Al Shams devenait Shamash, le simple mortel avec qui personne n’hésite à rire et s’amuser. Alors quand une personne de haute distinction agit instinctivement, naturellement, le maître des lieux ne peut être que ravi.

    Le "marchand de dromadaire" ne pouvait donc pas retenir son rire bruyant et résonnant face à une telle scène “Je constate que vous avez soif Esha ! Est-ce le voyage dans le désert qui vous à tant asséché ou votre corps de feu qui provoque une telle soif ?” Lui disait-il tout sourire. Il en profitait pour lui resservir son verre “Cette-fois ci attendez que je serve Sir Ibrahim et le miens ! Sinon vous allez prendre trop d’avance avec pareille descente !” Rétorquait-il le ton badin. Bien qu’il soit sincèrement amusé, sa réaction était calculée. Il avait très bien compris que si la lapine avait tempéré son comportement, ce n’était pas pour faire plaisir au guerrier des sables, mais par la pression invisible de son tuteur, Ibrahim. De par sa prise de parole, il souhaitait détendre l’atmosphère, que la chaîne qui lie le cœur et les gestes de la Drah’Yn saute afin qu’elle soit plus naturelle, ce lieu est fait pour ça après tout. Mais il n’était pas naïf au point de croire que cela allait suffir et puis Shamash est très certainement pour elle qu’une autre prison à ses yeux.

    Ce symbole ? N’y prêtez pas attention, il symbolise le milieu du plateau.” Lui répondait-il tout en se servant. Une fois servi à son tour et le tour de jeu de la jeune Yn, il régurgite aussi vite que la noble du Reike et appose son verre sur la table aussitôt. “Bien, les compteurs sont remis à zero.” Disait-il tout fier. Lui au moins n'avait point besoin de déguster son verre, il connaissait très bien le goût de son cru, elle est sa boisson préférée. “N’hésitez pas à vous servir Sir Ibrahim et Dame Esha, festoyons dignement à cet accord ! Et si vous pensez que la raison n’est pas suffisante, fêtons alors les relations entre nos familles si vous avez besoin de ça pour vous donner une justification !” Déclarait le basané, trinquant joyeusement avec les verres de ses convives provoquant remous dans leur coupes. Cette fois-ci, les dires et le comportement du marchand étaient parfaitement honnêtes et spontanés.

    Jetant les bâtonnets et avançant son pion avec un petit rire railleur artificiel, Shamash avait remarqué les élans rêveurs de la dame face à lui. Le guerrier du soleil n’est pas une personne égocentrique, il attire souvent l’attention avec son comportement agité, mais jamais pour que les regards soient jetés sur lui, pourtant, il ressentait une certaine irritation à l’attention éprouvée à son égard par la forgeronne. Était-il si peu digne d'intérêt ? Aux yeux d’Esha oui très certainement, ce n’est qu’un énième homme dont elle sera sous sa tutelle, alors que pour Shamash elle est une promesse de piment dans des voyages parfois très lassants. “Vous semblez absorbé par nos musiciens, la musique vous plaît ?” Se décalant et se penchant légèrement sur le côté pour essayer de rentrer dans le champ de vision de la dame. “Si vous le souhaitez, nous pouvons leur demander de jouer un air à votre convenance.” La main gauche légèrement tendue vers les musiciens, la paume vers le haut. “Je me serais amusé à vous jouer un air, mais les dizaines de luth comme témoins, je n’ai aucune fibre artistique quand il s’agit de jouer de la musique ! Surement la faute à ces grosses pattes !” Disait-il les mains levées. “Et puis bon, je n’étais pas très studieux, plus jeune. Et vous, vous savez peut-être jouer d'un instrument ? Étant forgeronne, vous devez être habile des mains, je suis persuadé que vous savez jouer d’un instrument !
    Recap' tour Le Senet:


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    Invité
    Anonymous
  • Jeu 23 Mar - 19:27

    Que cet homme était bruyant ! Il s'esclaffait si franchement que cela faisait sursauter la lapine. Et il était bavard ! Encore un de ces beaux parleurs qui aiment entendre le son de leur propre voix. Ou un bon commerçant qui s'efforce de brosser son client dans le sens du poil histoire de récupérer les pièces d'or qui pourraient encore s'y trouver. Un coude posé sur son genoux, menton calé dans la paume de sa main, doigts refermés sur eux-mêmes, Esha s'enfonçait dans l'ennui. Elle laissait bien volontiers les hommes entretenir une conversation bienséante à laquelle elle n'avait vraisemblablement pas l'intention de participer. Elle entendait vaguement les verres s'entrechoquer et la voix trop douce d'Ibrahim répondre à leur hôte.

    - Ce sera un plaisir et un privilège.

    Esha acquiesçait mollement, elle n'avait pas besoin de le regarder pour savoir ce que son cousin attendait d'elle. Elle ne donnait sans doute pas exactement tout ce qu'il espérait mais, il avait l'habitude. Ses prunelles tombaient un bref instant sur le plateau de jeu alors que son adversaire avançait son deuxième pion en la gratifiant d'un petit rire moqueur. Elle hausse une épaule et se contente de jouer son tour, trois cases pour son seul pion en lice, elle ne pouvait pas faire entrer le deuxième pour le moment, il attendrait sagement son heure. Il y avait hélas de fortes chances qu'elle soit obligée de reculer au tour suivant ou au prochain, les deux pions de Shamash postés en embuscade dans son ombre. Mais le jeu ne se jouait pas dans les premiers lancés, elle serait patiente... Ou les petits bouts de bois partiraient en fumée, malencontreusement.  

    Son tour fini, l'améthyste se tournait à nouveau vers les musiciens. Il y avait un vieil homme à la peau si tannée par le soleil qu'elle ressemblait au cuir de l'étui dans lequel elle protégeait ses parchemins. Sa barbe éparse lui donnait un petit air de mouton mal tondu mais ses mains frappaient avec hardiesse le tambour fermement maintenu entre ses cuisses. Esha aimait inventer des vies à ceux qui croisaient parfois sa route, c'était un jeu, pour passer le temps. Imaginant un tableau guerrier pour le passé de l'humble musicien, elle commençait à peine sa peinture, tentant d'imaginer le vieil homme dans sa jeunesse, qu'un visage étranger s'incrustait sans permission dans son champ de vision. Pas vraiment étranger, certes.

    Il parlait beaucoup, encore. N'avait-il pas remarqué qu'elle n'avait aucune envie de bavarder ? La noble enfant gâtée l'ignore d'abord, refusant de lui accorder ce regard qu'il cherche. Elle devait pourtant admettre qu'il avait du mérite à essayer. Il aurait très bien pu la laisser de côté, ce n'était pas comme si il y avait une ligne dans le contrat de livraison qui stipulait qu'il devait la divertir. Il voulait sans doute bien faire, lui aussi, avait des intérêts et des responsabilités à prendre dans cette histoire. Le soleil devait lui aussi faire bonne figure. L'or qui courrait autour de son cou avait un coût, le bijou était aussi beau qu'il pouvait être lourd à porter. Esha connaissait ce poids. Elle avait déjà été de l'autre côté de cette table, à devoir faire la conversation à quelques petites princesses faussement bien éduquées. Cette fois, elle était la peste.

    La demoiselle souffle du nez et ferme les yeux une seconde alors que l'homme se décrit comme un piètre instrumentiste. Pointer ses faiblesses pour paraitre plus accessible, complimenter son vis-à-vis sans rien savoir de lui, juste pour flatter son égo et éveiller son intérêt. Elle sait ce qu'il fait. Elle pourrait aisément entrer dans ce jeu, le complimentant sur le chemin parcouru pour quelqu'un qui se décrivait comme peu studieux, minimisant ses propres capacités, forgeronne, c'était une grand mot, elle ne faisait que suivre, humblement, les traces de ses nobles ancêtres. Une conversation au gout de miel. Déjà sans saveur pour Esha.

    Les cils sombres s'ouvraient à nouveau sur l'améthyste, résolue, résignée. Ce n'était que le temps d'un jour. Qu'était un jour pour une élémentaire ? Un grain de sable. Elle pouvait bien le perdre en banalités. Lentement elle tournait un visage de marbre vers l'homme à qui on confierait ses chaînes.

    Ses grandes mains en l'air, il avait l'air un peu idiot. Esha laissait échapper un rire à demi contenu.

    Elle était dur avec cet homme qu'elle quitterait dans quoi, quatre jours, cinq peut-être ? Le laissant dans l'embarras expliquer à sa famille qu'il avait paumer le colis entre deux dunes. Il ne serait pas tant son geôlier qu'elle serait sa plaie. La jeune femme se levait, sans empressement, avec toute la scandaleuse élégance dont elle était naturellement dotée. Elle remplissait ses poumons d'un nouvel air avant de se pencher en avant, ses mains posées sur ses hanches, ses longs cheveux se balançant autour de son charmant minois, un air de défis flirtant sur un sourire plus franc.

    - Vous ne savez pas jouer mais savez-vous danser ?

    Sans attendre sa réponse, elle s'emparait des grandes paluches plus tôt incriminées. La chaleur de ses dextres s'accompagnait d'une poigne ferme, tirant sur les bras masculins sans brutalité mais sans leur laisser l'occasion de se défiler. Entrainant l'homme à sa suite, Esha en profitait surement aussi pour s'éloigner de son chaperon. Peut-être était-ce l'alcool, peut-être était-ce l'ennui, peut-être était-ce cet homme bruyant.. mais elle n'avait pas envie de gâcher un seul jour. Elle avait quitté sa famille pour échapper à une cage, si on devait lui mettre des fers, peu importait ! Elle danserait avec les menottes qu'ils s'imaginaient pouvoir lui imposer. Ces chaînes.. bruleraient entre ses mains.

    Ses pieds frappent déjà le sol en rythme alors qu'elle entre dans le cercle des musiciens, attirant son geôlier dans sa danse. Elle lâche les dextres de l'homme et ses hanches se délient, enhardissant les spectateurs. Faisant tinter les bracelets qui tombent le long de ses bras alors qu'elle tend ses doigts gracieux au-dessus de sa tête, la danseuse frappe dans ses mains et accélère le rythme de la musique au plus grand plaisir des tambours et des regards curieux. Le marchand de dromadaires avait-il un peu du chant du désert dans les veines ?
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