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  • Mer 15 Mar - 21:53
    Dans une grande salle de banquet au cœur de Liberty, l’effervescence faisait trembler les murs. Tôt dans la matinée, plus d’une dizaine de charrettes et calèches s’étaient amoncelées jusqu’aux entrées à l’arrière du bâtiment, bloquant temporairement la circulation le temps de décharger leur contenu. On pouvait y distinguer de longues bandes de tissus colorées, des lignes dentelées, différents jupons de tailles variées ainsi que des traînes dorées rappelant les nombreuses cérémonies maritales fêtées chaque jour dans la capitale.

    Aujourd’hui n’était pas une journée ordinaire, tout du moins pour les personnes les plus aisées de la République. Quelques semaines auparavant, toutes sans exception avaient reçu une invitation signée Maison Luminescence. Cette missive les conviait à un défilé ne contenant que de nouvelles pièces réalisées par le grand Narcisse, cependant ce n’était pas ce qui allait rameuter les foules. En grand, dans une police élégante, était mentionné la présence du couturier sur place afin de rencontrer les personnalités de la ville et de prendre des commandes sur-mesures. Là était tout l’intérêt du défilé organisé ce soir et Mirabel se tenait en plein milieu de la salle de réception, sur le qui-vive.

    « Un peu plus sur la droite… Non, sur la gauche… Enfin, ce mannequin prend trop de place, quelle idée de lui donner une jupe aussi évasée ! ». L’Elfe croisa les bras, laissant un long soupir s’échapper de l’entre ouverture de ses lèvres. Comme à son habitude, Mirabel resplendissait, laissant transparaître une confiance sans faille dans le commerce qu’elle gérait d’une main de fer dans un gant de velours. Enveloppée dans un manteau de la nouvelle collection qui serait dévoilée dans la journée, elle s’acharnait depuis six heures du matin pour que tout soit parfait. Oh, elle appréciait que tout soit à sa place, néanmoins ce n’était pas son propre perfectionnisme qui la poussait à être si minutieuse.

    Non, elle voulait simplement ne laisser aucune échappatoire au couturier qui riait aux éclats dans la pièce adjacente. À la moindre occasion, Narcisse quittait le navire. Un cocktail dont l’arrière-goût ne lui convenait pas ? Il partait en vadrouille. Une présentation qu’il considérait comme moyenne ? Il claquait la porte. Pour s’occuper du Lumina, Mirabel avait dû mettre de côté bon nombre de ses aprioris sur le monde de la mode. Le jeune homme ne répondait aucunement à l’autorité, la simple pression sur ses épaules suffisait à le faire complètement lâcher l’affaire, alors tout devait être parfait.

    La journée se poursuivit à une allure folle, Mirabel étant appelée d’un bout à l’autre du bâtiment afin de régler un souci, puis un autre, de s’assurer que chaque mannequin était bien à sa place, qu’aucune pièce du décor savamment choisie ne penchait ne serait-ce qu’un demi millimètre. La soirée finit par arriver et avec elle, une file d’attente devant les portes que l’Elfe s’empressa d’écouler le plus rapidement possible. Il s’agissait d’une clientèle de marque, aussi, elle n’allait pas les faire attendre dans le froid nocturne. Elle prit soin de les diriger vers la salle de réception où les invités trouveraient de quoi se sustenter et de quoi patienter, et ils en auraient besoin. L’attente serait longue, Narcisse aimait se faire attendre, se faire désirer et cette soirée-là ne ferait pas exception à la règle…

    Mirabel courait dans les couloirs à la recherche du couturier, la panique se lisant aisément sur son visage. Il ne l’avait quand même pas abandonnée dans une situation pareille, pas maintenant, alors qu’elle lui avait rappelé maintes et maintes fois la date de l’événement, avait organisé son voyage elle-même ainsi qu’un nombre d’activités juste faramineux pour le tenir occupé ? Après avoir fait deux fois le tour du bâtiment, elle s’arrêta et se laissa glisser contre un des gigantesques poteaux en marbre à l’abri des regards. Il n’était pas là. La télépathie ne fonctionnait pas non plus. Soit il se trouvait trop éloigné, soit il refusait consciemment de l’écouter. Dans les deux cas, c’était catastrophique. Elle devait annoncer son retard, si ce n’est son absence du défilé. Peut-être déciderait-il de montrer le bout de son nez une fois qu’elle aurait retourné la ville à sa recherche ?

    S’approchant de la scène, Mirabel donna quelques coups de cuillère sur son verre de champagne pour attirer l’attention de ses convives. « Bonsoir à tous. Je suis réellement navrée de devoir vous apprendre que Narcisse n’est pas encore sur les lieux. Il ne saurait tarder, cependant il va de soi que je devais vous prévenir afin que ceux ayant d’autres obligations puissent prendre congé. Vous aurez évidemment votre rendez-vous pour un vêtement sur-mesure à votre convenance. Sur ce, je vous laisse profiter des festivités. ». Elle s’éloigna ensuite lentement, la voix tremblante. Mirabel était habituée à devoir justifier les incartades du couturier, pourtant elle ne se faisait jamais concrètement aux regards de désapprobation de ses invités. Ils avaient toutes les raisons du monde d’être emplis de colère, et Mirabel ne pouvait que compatir. Elle continuait d’espérer que Narcisse change d’avis et se pointe comme une fleur à l’événement. Après tout, l’espoir fait vivre.

    Quelques ruelles plus loin, le couturier riait aux éclats, installés dans un des carrés privés du casino le plus populaire de la capitale. Étalé sur une banquette, les deux bras allongés et la tête fixant le plafond, Narcisse était particulièrement éméché, un large sourire aux lèvres et le cœur en fête. Toutefois, les gens autour de lui n’affichaient pas réellement une mine satisfaite et le fixaient d’un air mauvais, manifestement énervés d’avoir eu à faire face à la chance du débutant. Dans sa grande folie, le couturier avait décidé de parier de grosses sommes et son insolence légendaire avait miraculeusement donné une victoire au jeune homme. Lui, baignant dans l’argent et dans l’oisiveté, ne s’était pas inquiété une seule seconde de perdre cet argent. Ses assaillants n’étaient quant à eux pas si fortunés et avaient vu dans le Lumina une possibilité d’argent facile qui leur filait maintenant sous le nez… « Pourquoi vous faites des têtes pareilles ? Ce n’est qu’un jeu ! ». Narcisse s’esclaffa de plus belle, reprenant une gorgée du vin qu’il avait acheté avec la bourse de ses ennemis, loin de s’imaginer ce qui pouvait lui arriver d’un moment à l’autre.
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  • Mer 22 Mar - 0:24
    La longue jambe d'un verre à vin entre ses doigts fins, Perséis parcourait du regard l'assistance qui s'était amassée dans la grande salle où trônaient ça et là des robes et des costumes, tous des pièces créées par le grand Narcisse, de la maison Luminescence, lui-même. Elle en possédait quelques-unes elle-même, et en portait une ce soir. Une longue robe noire, bouffante au niveau de la taille, dont toute la partie supérieure était enserrée d'un écrin de plumes de jais aux reflets azur et émeraude, qui se prolongeait en s'évasant jusqu'à ses chevilles dans une étoffe légère, comme un voile sombre à plusieurs couches, pailleté de bleu et de vert, tel les astres perlant le ciel d'une nuit sans nuage. Un décolleté, profond mais étroit, dévoilait juste ce qu'il fallait de sa peau, en la parant de quelques notes rubis, la seule touche de couleur vive dans sa tenue. La plupart des invités n'avait pas fait un tel effort sur le choix de leur tenue, et pour un pareil événement, c'était, aux yeux de la sirène, une faute de goût difficilement pardonnable.

    Robe:


    Elle reconnaissait la majorité des visages présents ce soir. Elle n'était pas étrangère aux réceptions huppées de Liberty, tant par sa fortune que par sa volonté de maintenir et de développer des relations à travers ce qui, avec le monde de la pègre, représentait une des deux grandes sphères d'influence de la ville : la noblesse, l'aristocratie de ce système politique qui, même s'il prétend se cacher derrière la bonne foi d'élections, appartient, comme toujours, aux plus riches de ce pays. Peu d'entre eux avaient mérité ce statut, la plupart s'étant contenté de naître et de se vautrer dans l'oisiveté, et son mépris pour ceux-là était grand. Par chance, il se dissimulait aisément derrière sa légendaire froideur, qui ne se brisait qu'en compagnie des rares personnes pour qui elle éprouvait un grand respect.


    Un tintement répété vint interrompre sa contemplation de l'assistance. Vers la scène, une elfe à la peau hâlée, qu'elle avait vu auparavant s'affairer dans les moindres recoins de la salle, prenait la parole. Le couturier de génie qui devait leur faire l'honneur de sa présence ce soir, leur avait fait faux bond. Du moins, bien que ce ne soit pas là les mots exacts de ce qui devait être son assistante, Perséis n'était pas dupe. Elle n'avait encore jamais eu l'occasion de rencontrer Narcisse, mais sa réputation le précédait, et même si elle n'accordait d'ordinaire que peu de crédits aux rumeurs, il semblait bien que cette fois, elles se soient montrées vraies. Dissimulant son exaspération face à une telle perte d'un temps bien précieux, la sirène se dirigea vers l'assistante du couturier. Elle faisait tous les efforts du monde pour garder sa contenance, mais il n'était pas difficile de remarquer pour un observateur avisé que l'elfe était troublée de devoir annoncer l'absence de la vedette de la soirée, alors qu'elle s'échinait à la tâche depuis de longues heures. Commençant à comprendre que le succès de la maison Luminescence était certainement autant dû à la rigueur et au travail de son interlocutrice qu'au talent de Narcisse, elle prit la peine de retenir son amertume et s'adressa à elle d'une voix polie, et plutôt calme considérant les circonstances et sa colère naissante.

    - "Pardonnez-moi, Madame d'Oreithye. Je désirais, comme beaucoup ici, rencontrer Narcisse ce soir. Je vous laisse me contacter à votre convenance pour établir un rendez-vous à sa première disponibilité." Elle marqua un petit temps d'arrêt, sondant le regard de l'elfe face à elle, et l'agitation chargée de réprobation autour d'elle. "Je vous souhaite bon courage."


    Elle tourna les talons et quitta la salle de réception. Une partie des invités de la soirée en faisait de même, et ce n'était guère surprenant. Dans un milieu comme celui-ci, priver ses invités de sa propre présence, si attendue, était un affront qui restait rarement sans conséquence. Par chance pour Narcisse, son talent en faisait l'un des plus grands créateurs du Sekai, et quand il s'agissait d'un artiste au cœur de la mode, ces gens étaient plus prompts au pardon.


    Rejoint dès qu'elle eut mis un pied dehors par les deux hommes qui constituaient son escorte pour la soirée, Perséis, en silence, prit la direction de sa demeure, dans la fraicheur de la nuit. Cette événement s'était avéré être une déception, alors autant faire en sorte de tirer quelque chose de productif de ce qu'il restait de la soirée, et retourner à son laboratoire personnel. Elle aurait l'occasion plus tard de signifier à Narcisse, en personne, qu'un comportement de ce genre était inacceptable.


    - "Madame d'Oreithye... Je suis navrée de vous déranger, il y a ... un problème au casino Tyché..."


    La voix d'une de ses subordonnées résonna dans son esprit. Comment s'appelait-elle, déjà ? Oh, peu importe, son image mentale suffirait à lui répondre, et Perséis était bien trop agacée pour prendre la peine d'essayer de se le remémorer.

    - "Et en quoi cela me concerne-t-il ?" répondit-elle d'un ton sec et cassant.

    - "Il y a un homme, un peu éméché à une table avec des hommes des Mains d'Argent, et il gagne beaucoup... D'après le personnel, ils ont l'air passablement énervés."

    - "Et ? S'il joue avec les mauvaises personnes, ce n'est pas mon problème. Et ce crétin de Bennis ne peut pas s'occuper lui-même de son casino ?"

    - "Justement, il ... C'est lui qui a demandé à ce que vous soyez appelée... Le problème c'est que l'homme éméché est quelqu'un d'important... Il semblait troublé, mais il l'a nommé Narcisse, je crois. Et il dit qu'un des hommes de la table est sorti de l'établissement. Il craint qu'il soit allé prévenir leurs hommes et que les mains d'Argent ne l'embusque à la sortie du casino..."


    Perséis poussa un profond soupir. Quelle ironie. Non seulement ce Narcisse venait de lui faire perdre la moitié de la soirée, mais maintenant elle devait se déplacer au milieu de la nuit dans un vulgaire casino pour éviter qu'il ne finisse détroussé, ou pire, dans une allée sombre. Bennis Tyché, le gérant du casino, n'oserait jamais faire quoi que ce soit contre les mains d'Argent. L'accord établi entre eux impliquaient qu'ils soient libres de fréquenter son établissement à leur bon vouloir, en échange de quoi ils toléraient son existence, alors qu'ils contrôlaient plus de la moitié des autres maisons de jeux des quartiers riches. Bien sûr, cet arrangement n'avait été possible que car Tyché avait eu la bonne idée de s'allier à Perséis, et que les mains d'Argent ne désiraient pas se la mettre à dos, ce qui faisait les affaires de la sirène. Elle n'avait pas – ou du moins pas encore – comme ambition de s'accaparer leurs casinos, et si elle ne les craignait pas, elle préférait pour l'instant ne pas leur déclarer ouvertement la guerre. Il n'était cependant pas question de les laisser disposer de Narcisse comme ils l'entendaient, alors il faudrait agir finement.

    - "Préviens Tyché que je suis en chemin."


    Elle était maintenant proche de la grande bâtisse qui contenait à la fois sa boutique principale, ses quartiers, et son laboratoire personnel. En traversant les dernières rues qui l'en séparaient encore, elle établit le plan qui lui permettrait de sortir le couturier de cette situation délicate en faisant le moins de vagues possible, dans l'intérêt de tous. Elle ordonna à ses hommes de l'attendre dehors, alors qu'elle entra dans le bâtiment pour aller chercher, dans l'arrière-boutique, deux fioles qu'elle dissimula dans une élégante petite sacoche avant de la passer sur son épaule.


    Elle fit une dernière fois appel à la télépathie.

    - "Hviskr ? Je risque d'avoir besoin de toi. Emmène quelques hommes, et restez discrets, en position près de l'entrée principale du casino Tyché. Armés."





    Une dizaine de minutes plus tard, elle se tenait devant la grande porte du casino Tyché. Il s'agissait d'un des casinos les plus réputés de Liberty, et la richesse du bâtiment en témoignait. Les lumières éclatantes, l'opulence de la décoration, mais surtout, la fréquentation et l'ambiance qui émanait de ses portes grandes ouvertes ne laissait aucune place au doute. La musique, jouée par quelques artistes sur une scène au fond de la grande salle principale, donnait une atmosphère chaleureuse à l'endroit où résonnaient tour à tour des éclats de rire, des cris d'enthousiasme ou d'exaspération, des pièces qu'on lançait sans ménagement sur les tables de jeu, et des verres qui s'entrechoquaient.


    Balayant la scène d'un regard froid, Perséis identifia rapidement la table concernée. Une demi-douzaine d'hommes, la plupart à la carrure assez large étaient attablés en compagnie du Lumina qu'elle cherchait, richement vêtu, comme on pouvait s'y attendre. Plus surprenant en revanche, sur ses cheveux noirs reposait une couronne de lierre doré. Contrastant avec sa tenue de très bon goût, son port était débraillé, tout avachi qu'il était sur une banquette. La sirène traversa la pièce, non sans attirer bon nombre de regards, entre sa tenue des plus raffinées, et sa réputation des plus grandes. Elle fit un unique détour, en direction d'un comptoir de bois massif. Derrière ce dernier, un serveur lui demanda ce qu'il pouvait faire pour elle, ne semblant pas reconnaître celle qui lui faisait face.


    Elle posa une des deux fioles qu'elle avait emmenées sur le comptoir devant ce dernier, en lui demandant d'une voix intransigeante.

    - "Une tournée pour cette table, avec l'homme à la couronne sur la tête. N'importe quel alcool, peu importe. Ajoutez quelques gouttes de cette fiole dans chaque verre."

    - "Madame, je ... je suis désolé, je ne peux pas...", commenca-t-il à répondre, décontenancé par cette demande inhabituelle.

    - "Silence." l'interrompit-elle, d'un ton qui ne laissait place à aucune contestation. "Obéissez, ou allez me chercher Bennis, et vous en répondrez devant lui."


    Le serveur n'osa pas ouvrir la bouche. Il considéra cette cliente qui s'adressait à lui comme si elle possédait l'établissement. En réalité, c'était presque le cas. Monsieur Tyché était pour ainsi dire à sa botte, et une part non négligeable des profits du casino lui revenait, en échange de ses divers services, dont bien sûr, sa bénédiction et sa protection. Il alla s'entretenir quelques brefs instants avec une collègue qui, visiblement plus au fait que lui de la situation de l'établissement, sembla reconnaitre Perséis de suite. Après quelques mots, il s'empressa de s'emparer de la fiole, en baragouinant quelques excuses, avant d'obtempérer.


    Perséis suivit le serveur, portant un plateau chargé de verres remplis d'un liquide jaune, jusqu'à la table de Narcisse. Alors que l'homme déposait un verre devant chacun des joueurs attablés, Perséis, dévisageant tour à tour chacun des individus, s'adressa à eux.

    - "Messieurs, je vais devoir m'entretenir en privé avec cet homme." dit-elle, en désignant Narcisse du bout des doigts. "Pour me faire pardonner d'interrompre vos jeux, voici une tournée à mes frais."


    Elle baissa alors les yeux pour la première fois sur le Lumina, dont elle essayait de sauver la mise. Elle ne l'avait jusqu'alors vu que de dos, mais s'il y avait bien une chose frappante à son sujet, outre ses vêtements splendides, la couronne qu'il portait sur la tête, et la mine complètement insouciante qu'il arborait alors qu'il s'attirait les foudres d'hommes dangereux, c'était sa beauté presque insolente, et son charisme rayonnant. Il était impossible d'ignorer sa présence, même dans cet endroit de richesse et de divertissement, comme si toute la lumière de la pièce convergeait vers sa personne.


    Pendant un instant, Perséis oublia presque que cette personne venait de lui manquer de respect, à elle et à des dizaines d'autres individus parmi les plus riches de Liberty, et qu'en plus de ça, elle devait se démener maintenant pour lui éviter un sort funeste sans qu'il n'ait la moindre idée de ce qui se tramait autour de lui.

    - "Pas pour vous, cependant." dit-elle d'un ton glacial, en poussant le verre qui avait été posé devant lui vers le centre de la table. "Mon intuition me dit que vous en avez déjà assez consommé."


    D'un geste, elle l'invita à se lever et à la rejoindre.

    - "Suivez-moi, je vous prie. J'aurais cru qu'un homme de votre réputation aurait des affaires plus importantes à adresser ce soir que de perdre son temps dans un casino."


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  • Jeu 23 Mar - 20:16
    C’était une belle soirée qui s’annonçait. Narcisse se pavanait, un sourire éclatant ornant son visage, ravi d’avoir gagné face à ceux qui pensaient pouvoir le rouler dans la farine. Bien qu’il soit d’un naturel maladroit et peu attentif, il n’en restait pas pour le moins perspicace et savait reconnaître quand on se moquait de lui.

    Lors de son arrivée, tous les regards s’étaient posés sur lui. C’était une sensation ma foi si familière qu’il ne le remarquait guère. Mais les yeux de ces brigands s’attardaient, le parcouraient de haut en bas à la recherche du moindre signe de richesse extérieure. Et dire qu’il y avait de quoi se régaler les mirettes en la présence du couturier aurait été un euphémisme. Vêtu d’une grande cape parsemée de plumes ainsi que de sa couronne de lierre dorée, le jeune homme respirait l’opulence.

    Il avança sa main vers son verre de vin pour le siroter quand une inconnue vint troubler sa fête. Il l’observa se faufiler derrière le serveur et ne la regarda que d’un œil distrait, la prenant au départ pour une employée du casino. Quand elle s’arrêta pour signifier sa présence, il haussa un sourcil. Son sourire s’élargit alors qu’il passait une main dans sa chevelure ébène, remarquant enfin la beauté à laquelle il avait à faire.

    Toute en finesse, la jeune femme qui lui faisait face débordait d’élégance et de grâce. Rien à voir avec les demoiselles qui défilaient chaque jour dans son manoir. Celle-ci était… Spéciale. Plongeant son regard dans le sien, Narcisse n’eut pas même à penser à ses capacités magiques pour qu’elles se manifestent, s’immisçant lentement dans l’esprit de son interlocutrice. Il se redressa d’un pas assuré et s’avança pour prendre sa main et y déposer un baiser. « Ravi de vous rencontrer, mademoiselle. ». Il en aurait presque oublié qu’elle venait de lui interdire de continuer à boire. Pour une fois que l’autorité lui plaisait.

    Les hommes autour de la table se mirent à grommeler, n’appréciant guère que leur poule aux œufs d’or s’échappe si près du but. « Eh, le couturier ! Tu vas pas nous laisser comme ça pour une gonzesse. On avait pas fini de jouer et si tu veux rafler la mise, tu ferais mieux de rester dans le coin. ». Toujours complètement inconscient du danger, le directeur se mit à rire à gorge déployée. Devait-il vraiment prendre le temps d’expliquer une évidence à des malotrus ?

    « Je reviendrais un autre jour. Pour ce qui est de la mise, vous pouvez la garder, mes braves. ». Son regard se plissa, empli d’une espièglerie insolente et d’une pointe de moquerie. « Je n’en ai pas besoin. ». Il s’éloigna ensuite d’un pas guilleret et confiant en direction d’une autre table en compagnie de celle qui l’avait interrompu. Narcisse s’arrêta dans l’encadrure d’une porte, s’y accoudant nonchalamment, une moue charmeuse sur le visage. « Qu’est-ce qui vous amène dans un endroit pareil ? Et… Oh mais… Vous portez une de mes créations ! Et une des dernières, qui plus est ! Je suis flatté. Je sentais que vous aviez bon goût, mais là, définitivement, on peut dire que mon flair ne me trompe jamais ! ».

    Il repensa ensuite à ses paroles et s’inclina un peu plus vers elle. « Je ne suis jamais occupé quand une ravissante demoiselle vient me chercher. Et puis, c’est un beau casino, il faut le reconnaître. Sans doute un de mes préférés à Liberty. ». Il secoua sa tête au rythme de la musique. « Quelle ambiance, quel panache. Ce n’est pas Mirabel qui viendrait se détendre ici. ».

    Il leva les yeux au ciel avant de se reconcentrer sur l’essentiel, admirant sa propre création qui embrassait parfaitement les courbes de la jeune femme. « J’en oublierais le plus important. Quel est votre nom, divine créature, et que me vaut l’honneur de votre présence ? Si vous voulez un rendez-vous, je peux toujours m’arranger avec mon assistante pour accélérer le processus. Vous avez l’air… impatiente. ». Le couturier s’approcha un peu plus d’elle, s’amusant de réduire la distance qui les séparait alors que son sort faisait lentement effet. Dans son dos, ses concurrents commençaient à s’agiter. S’ils ne pouvaient pas gagner aux jeux, alors peu importe. D’une manière où d’une autre, la bourse et les vêtements du noble finiraient en leur possession au bout de la nuit.

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  • Mer 29 Mar - 21:35
    La colère, d'ordinaire froide, sourde et tenace, qui était montée en elle devant la tournure des événements de la soirée sembla vaciller et se dissiper, pour une raison qui échappait à la sirène, alors que celui qui avait d'abord manqué le rendez-vous qu'il avait lui-même proposé à elle et toute la noblesse de Liberty, puis dont l'imprudence et la négligence l'avaient contrainte à se rendre ici en personne, avançait vers elle, un sourire charmeur accroché aux lèvres, et lui baisait galamment la main. Elle n'était pas de celles qui oubliaient tout grief face à des yeux doux et quelques courbettes, loin de là, et même s'il restait ça et là quelques soupçons de ressentiment en elle, tout ça semblait pourtant soudainement passer au second plan.


    A la table, le départ prématuré du riche Lumina ne faisait pas l'unanimité, et si la majorité des truands avait eu la présence d'esprit de ne pas s'opposer à l'invitation, qui n'en était pas vraiment une, de mettre fin aux parties pour ce soir, l'un deux osa s'insurger. Celui assis au centre du groupe, juste à la gauche du malotru, lui décocha un violent coup de coude dans les côtes, sous la table, qui lui fit émettre un râle étouffé de douleur, avant de le fusiller du regard. Il semblait légèrement plus richement vêtu que les cinq autres brutes qui l'entouraient et portait un pendentif argenté symbolisant une main, témoignant ouvertement de son affiliation.


    Alors que le mot "gonzesse" sortit de la bouche du nigaud, Perséis quitta instantanément du regard le beau Narcisse pour lui adresser un regard glacial, teinté d'incrédulité, un sourcil levé. "Gonzesse" ? Lui. Lui, ce soir, paierait pour le cours chaotique de la soirée de Perséis. Il fallait bien qu'elle fasse un exemple d'un tel manque de respect envers sa personne, dans un lieu sous sa coupe qui plus est, et devant ce qui pouvait vaguement s'apparenter à des rivaux. Il ne s'agissait, bien évidemment, pas du tout d'un exutoire à la colère qu'elle ne parvenait étrangement pas à orienter vers celui qui pourtant l'avait causée.


    Ostensiblement, elle détailla du regard la tenue et chaque caractéristique physique du coupable, avant de poser les yeux sur le pendentif autour du cou de ce qui devait être son supérieur, dans un silence de plomb. Elle voulait qu'il se sente examiné, analysé et jugé, elle voulait que les cinq autres en soient témoins, et elle voulait qu'ils sachent qu'elle connaissait leur affiliation. Et pendant ces longues secondes, elle s'adressa à nouveau télépathiquement à Hviskr.

    - "Un groupe de six, de la main d'Argent. Leur chef en a le pendentif. Je vais les faire sortir. Je veux celui au crâne rasé mort, je laisse les détails à ta discrétion, mais n'en blessez aucun autre. Et tenez vous prêts pour nous escorter de loin, à notre sortie. Nous serons probablement attendus par d'autres de leurs hommes dehors."


    Alors que Narcisse leur cédait généreusement la mise de la partie en cours, il s'éloigna d'un pas insouciant de la table et de ses joueurs quelque peu irrités. A sa suite, sans leur adresser un mot, Perséis tourna les talons et suivit le couturier qui se dirigeait déjà vers une autre table, avant de s'accouder face à elle dans l'embrasure d'une porte, lui barrant faussement la route. Elle fit jouer ses doigts fins sur une des plumes de sa robe en lui répondant.

    - "Quelle femme de goût ici n'en possède pas au moins quelques-unes ? Vous me flattez, mais tout le mérite vous revient... Quant à la raison de ma présence ici, c'est vous, justement. Je suis ravie d'apprendre que vous appréciez cet endroit, il ... m'appartient, plus ou moins. Mais, voyez-vous, tous ses visiteurs ne sont pas d'honnêtes gens tels que vous, et vous vous accoquiniez avec les mauvaises personnes. Laissez-moi vous montrer..."


    Elle s'avança et franchit la porte où Narcisse s'était arrêté, de profil et le frôlant quelque peu au passage. Le charisme et le charme du Lumina étaient difficiles à ignorer, et Perséis ne l'essayait pas, mais même si elle aurait volontiers passé davantage de temps à bavarder avec son bel interlocuteur, elle devait garder un esprit pragmatique avant tout, ce dont il semblait manquer quelque peu... Elle le prit délicatement par le bras pour l'inviter à la suivre dans la pièce, avant de s'écarter avec lui de la porte, pour ne plus être en ligne de vue des malfrats. Elle tendit la main devant elle et conjura une illusion que seuls Narcisse, elle-même, et les six truands pourraient voir. Une illusion, fidèle au moindre détail près, du beau Lumina, de ses riches atours et de sa couronne d'or, qui après quelques secondes, s'engouffra à travers la porte qu'ils venaient de franchir, pour se diriger vers la sortie de l'établissement, non sans passer près du groupe avec qui il jouait précédemment. Ces derniers, le voyant de nouveau seul, se levèrent et partirent à sa suite, à une distance suffisante pour ne pas éveiller ses soupçons, en discutant à voix basse.


    Maintenant sa concentration, elle s'adressa à Narcisse d'un ton un peu plus distant, parcourant dans son esprit une image mentale de l'établissement et de la rue sur laquelle il donnait, dont elle se servait pour guider l'illusion d'une manière aussi naturelle que possible.

    - "Comme vous pouvez le constater, ces malfrats n'en avaient pas fini avec vous pour ce soir. D'ordinaire, le personnel du casino s'occupe seul de ce genre de situation, voire les laisse agir à leur guise. Mais compte tenu de l'identité de celui qui était en danger ce soir, je ne pouvais que venir en personne."


    Après quelques secondes de plus, au terme desquelles son illusion s'était dissipée au détour d'une ruelle à l'extérieur du bâtiment, elle tourna à nouveau toute son attention vers la splendide créature qui lui faisait face ce soir.

    - "Effectivement, un rendez-vous ne serait guère de refus. J'apprécie vos créations, mais j'aimerais quelque chose de plus ... personnel cette fois." Elle laissa un court silence planer, comme pour laisser à l'ambiguïté de sa réponse le temps de s'insinuer dans l'esprit de son interlocuteur. "Je me présente, Perséis d'Oreithye, fondatrice de la maison éponyme. Je ne vous ferai pas l'offense de vous demander votre nom, bien sûr. Quitte à être ici ensemble, puis-je vous proposer un dernier verre en ma compagnie ?"



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  • Ven 31 Mar - 21:09
    Ambiance musicale:

    D’un œil attentif, Narcisse parcourait les formes du corps de la sirène, s’arrêtant sur les courbures de son visage, de ses épaules puis de ses hanches. Il aurait été mentir de dire qu’il lui en voulait d’avoir interrompu sa partie de jeux, lui qui préférait bien plus se délecter de sa présence élégante. Quand bien même les femmes se bousculaient à ses pieds, elles n’arboraient d’ordinaire qu’une façade de sang froid avant de céder à son charme. La belle aux cheveux ébènes qui lui faisait face semblait peiner à lui résister, néanmoins elle ne perdait pas le nord. Une femme de caractère, droite dans ses bottes, à n’en point douter. Perséis respirait la confiance en elle et l’autorité, deux adjectifs qu’il n’aurait attribués qu’à Mirabel. Et si la comparaison ne lui vint que rapidement à l’esprit, il l’effaça, voulant oublier son assistante qui l’attendait probablement au détour d’une ruelle, les bras croisés sous sa poitrine et l’air renfrogné. Le seul visage qu’il voulait croiser aujourd’hui ne se trouvait après tout qu’à quelques centimètres du sien.

    Son sourire s’élargit suite aux flatteries évidentes à son sujet. « Oh, une robe sans son modèle, cela n’a aucun intérêt. Elle ne serait pas si belle sans vous. ». Bien qu’il veuille de prime abord la complimenter, le couturier disait également la pure vérité, sa propre vérité. Il dessinait des patrons, créait de véritables œuvres d’arts en dentelle et en soie, s’acharnait à comprendre les nécessités et les volontés de chaque client qui pouvait s’offrir ses services. À ses yeux, les vêtements servaient l’individu, non pas l’inverse. Ainsi, voir Perséis rayonner dans la tenue confectionnée par ses petites mains d’artistes avait un goût tout particulier. Il avait le vague sentiment de posséder un petit bout de cette femme qu’il convoitait avec ardeur, aussi minime soit-il. « Je suis flatté de savoir que je suis la raison de votre venue… Et ce casino serait donc à vous ? Vous regorgez de surprises, Mademoiselle dOreithye. ».

    Il l’observa ensuite manipuler les arcanes pour faire apparaître une illusion qui s’éloignait vers la sortie de l’établissement. Il ne put réfréner un petit rire de se voir ainsi de dos. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de s’admirer sous cet angle. Il prit note mentalement de sa propre démarche, cherchant s’il devait y corriger quelque chose, sans pouvoir mettre le doigt sur ce qui le gênait. Bientôt ses yeux se redirigèrent vers la jolie jeune femme qui l’agrippait tendrement par le bras, un geste affectueux loin de lui déplaire. Il la suivit sans un mot, gardant le regard rivé sur elle, sur sa peau de nacre et le maquillage sophistiqué qui enjolivait son minois. Il s’approcha lentement de son oreille, lui murmurant tout bas un doux et charmeur « Merci de m’avoir sauvé la vie, je vous le revaudrais. ».

    Un bien grand mensonge pour quelqu’un qui n’avait probablement rien d’autre à apporter à la cheffe d’entreprise que de magnifiques accoutrements. Pour certains, la couture était un passe-temps, un hobby tout à fait ridicule, n’existant que pour vêtir la populace désireuse d’en mettre plein les mirettes à la plèbe. Pour lui, au-delà de son gagne-pain, c’était l’essence même de sa vie. Peu importe où Narcisse mettait les pieds, il en revenait toujours à ses aiguilles et ses tissus. « Normalement, il faudrait passer par mon assistante pour prendre rendez-vous mais… ». Il la gratifia d’un sourire espiègle. « Je ferais une exception pour vous. ». La prenant au mot, il l’invita à s’installer à une table plus éloignée que les autres, s’éclipsant dans le carré VIP qu’il ne connaissait que trop bien. Il la laissa s’installer en première sur la banquette avant de la rejoindre, posant son bras sur le dos du canapé, réduisant ainsi la distance qui les séparait.

    « Vous prendrez bien du vin ? J’allais vous proposer autre chose, mais je sens que j’ai à faire avec une femme de goût. ». Il leva la tête vers un des serveurs, commandant une excellente bouteille de vin provenant du Reike, une saveur ambrée et ample, de quoi réveiller leurs sens une bonne fois pour toute. Il se pencha ensuite vers elle, posant sa tête dans sa main accoudée à la table ronde devant eux. « Je vous en prie, éclairez ma lanterne. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir, ma douce ? ». Son regard vagabonda encore une fois sur sa tenue, l’analysant cette fois de plus près. « Vous aimez vous faire remarquer. Vous avez raison. Si je puis me permettre, vous n’avez pas besoin de mes collections pour être vue. Cependant… ». Il passa sa main libre sur l’épaule de Perséis, replaçant quelques plumes qui souhaitaient s’échapper de leur carcan. « J’aimerais entendre votre avis, le plus franc, le plus honnête que vous pouvez m'accorder. Ce qui vous plaît, ce qui vous déplaît… ». Il laissa planer un silence à son tour, afin que l’ambiguïté fasse son petit bout de chemin dans l’esprit de la sirène. « Comme je vous le faisais noter, le vêtement doit parfaire son porteur, et non l’inverse… ». Il plongea ses doigts dans le sac en cuir qu’il portait à sa hanche, en sortant une fiole de parfum portant le nom de Perséis, une senteur aux tons boisés, rappelant les douces nuits d’été passées assis devant un feu de camp. « Ce que vous savez après tout très bien faire, Mademoiselle d’Oreithye. »
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  • Dim 2 Avr - 23:34
    A la façon dont les yeux de Narcisse parcouraient et détaillaient sa silhouette et ses traits, il était peu audacieux d'avancer que la sirène semblait être à son goût. Il ne s'agissait pas du regard graveleux du lourdaud qui déshabille grassement du regard celle qu'il aimerait amener à sa couche, loin de là ; c'était celui d'un homme qui, du haut de tout son raffinement, savait apprécier la netteté de ses traits, la candeur de son teint, et la finesse de ses courbes, qu'il apprécierait autant vêtir que dévêtir. A son regard s'alliaient même ses mots, dont seul le timbre chaud et charmeur surpassait en douceur les flatteries à demi-dissimulées dont il l'assaillait. Perséis en était pleinement consciente, et plus que ça : elle s'en délectait. On ne croisait pas tous les jours quelqu'un du charisme, du talent et de la beauté de Narcisse, alors autant en profiter quand l'occasion se présentait.


    - "En quelque sorte, oui... Disons que si mon nom n'y figure pas, il n'existerait néanmoins pas sans moi, ni ne connaîtrait un tel succès, et qu'une part conséquente de ses bénéfices me reviennent." improvisa-t-elle face à sa question.

    Il n'était pas facile d'expliquer à celui qui était encore, pour l'instant, presque un étranger pour elle, que ce casino était dans la sphère d'influence qu'elle s'était échinée à créer après des années de labeur au sein de la pègre de Liberty, que si Tyché était à la tête de l'établissement, et même toujours en vie, ce n'était que parce qu'il avait choisi la bonne allégeance des années auparavant. Qui plus est, malgré sa noblesse évidente et sa richesse conséquente, Narcisse ne semblait pas être de ceux qui sont coutumiers de la corruption, du chantage, et des pratiques plus sombres encore qui sont presque le quotidien de l'alchimiste.


    - "Rien n'est plus précieux qu'une faveur..." lui répondit-elle avec un sourire mutin, alors qu'il la remerciait de lui avoir sauvé la vie, en ne réalisant probablement pas le destin qu'elle venait de lui épargner. "Je compte bien récupérer mon dû, d'une manière ou d'une autre..."

    Se surprenant elle-même, elle espérait secrètement que l'ambiguïté à nouveau présente dans ses mots n'échapperait pas à son bel interlocuteur, et qu'elle ferait vagabonder son imagination vers des perspectives plus intimes que la conception d'une robe sur mesure.

    - "Il n'y a qu'une mauvaise compagnie qui me ferait refuser un verre de bon vin... Avec vous, ça sera un plaisir, bien entendu."


    Perséis l'écouta attentivement alors qu'il s'enquérait de la manière dont il pouvait mettre ses précieux talents à sa disposition, non sans un petit renfort de flatteries. Elle laissa échapper un léger sourire satisfait quand, au terme de ses questions, Narcisse sortit du sac en cuir qui ornait sa hanche, un petit flacon de parfum. Un parfum conçu par ses soins. Ce n'était pas là le cœur de son activité, mais elle appréciait confectionner quelques fragrances, ce qu'elle voyait plus comme un petit plaisir qui venait rompre la monotonie entre l'optimisation d'une recette, la recherche d'un nouvel effet alchimique, et l'élaboration d'un énième plan à propos de son organisation.

    - "Comme tout ce qui se porte, un parfum doit sublimer son porteur autant que son porteur le sublime..."

    Elle prit le flacon, l'ouvrit légèrement et le porta à son nez, avant de réfléchir quelques instants, en détaillant du regard le Lumina des pieds à la tête, pendant que le serveur leur apportait la bouteille de vin demandée, et remplissait deux verres.

    - "Il vous convient plutôt bien, mais vous méritez mieux. Vous méritez une fragrance unique. Nous pourrons déterminer ensemble quelle odeur pourrait rendre le grand Narcisse plus envoutant encore... quand je vous connaîtrai un peu plus personnellement."


    Elle prit le verre posé devant elle et l'inclina légèrement en direction de Narcisse avec un petit sourire, et considéra sa robe ambrée avant de le porter à son nez, puis à ses lèvres. Très doux, sucré presque, subtilement fruité, avec une certaine fraîcheur surprenante en arrière-gout... Aux yeux de Perséis, ce choix de vin convenait à la perfection au charmant Lumina qui lui faisait face. Elle était d'avis que les goûts des gens, sur des sujets délicats comme le vin ou le parfum, étaient très personnels et révélateurs, et que ces choix, conscients ou non, n'étaient jamais laissés au hasard.


    - "Excellent choix. Ce vin semble fait pour vous !"

    Elle en dégusta une autre gorgée, avant de reprendre la parole.

    - "Puisque vous me demandez ainsi ce que vous pouvez faire pour moi... Voilà quelques temps que l'idée de faire appel à vos talents pour une robe sur mesure me traverse l'esprit. J'aimerais, pour certaines occasions particulières, une tenue qui dégage exactement le message que je souhaite transmettre. Quelque chose d'élégant, mais sobre, tout d'abord. Comme vous le voyez, j'aime porter le noir. J'aime à penser qu'il convient particulièrement à mon teint, et à ma personnalité. Les couleurs, à mes yeux, doivent n'être que de petites touches qui viennent parfaire le reste; la vraie élégance est dans la forme, dans l'originalité, dans l'audace, pas dans l'avalanche de couleurs criardes..." Elle passa un doigt sur le collier qu'elle portait, un ras-de-cou de cuir noir aux arabesques fines, enchâssé d'une pierre d'un vert éclatant. "Oh, en parlant de couleur, la robe devra mettre en valeur ce bijou."


    Elle marqua un temps d'arrêt, comme pour concevoir dans son esprit une image précise de ce qu'elle aimerait porter pour des rendez-vous professionnels cruciaux où, ne laissant rien au hasard, elle souhaitait que chaque détail de sa personne, y compris ce qu'elle porte, évoque les valeurs qui sont les siennes, sa personnalité, sa rigueur et son raffinement. Elle planta ensuite son regard dans celui du Lumina, non sans une once subtile de provocation, et pleine de la confiance indéfectible qu'elle portait envers ses propres qualités, et qui ne la quittait jamais.

    - "Quant au reste, je vous ai vu le remarquer vous-même, j'ai une silhouette fine et bien dessinée. J'aimerais qu'elle soit davantage mise en valeur, par une robe plus ajustée, plus près du corps, qui laisse mes bras nus sans trop les exposer, qui révèle juste ce qu'il faut de mes jambes, par exemple. Mais bien sûr, je laisse les détails à votre génie, et je ne manquerai pas de passer par votre atelier pour que vous puissiez prendre toutes les mensurations dont vous avez besoin..."
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  • Mar 18 Avr - 21:39
    Dire que les flatteries de Perséis fonctionnaient aurait été un euphémisme. Narcisse ronronnait sous sa voix enchanteresse, ses mots délicatement choisis qui lui allaient droit au cœur et son regard qui descendait petit à petit sur son torse dans un mélange d’envie et d’admiration. Le couturier avait l’habitude d’être aimé, choyé, admiré de cette manière par des dizaines de demoiselles, pourtant il n’y avait rien de plus grisant que de chasser quelqu’un qui lui résistait ne serait-ce qu’un tout petit peu. Après tout, la sirène ne s’était pas encore jetée à ses pieds et semblait s’amuser autant avec lui qu’il ne s’amusait avec elle. Une symbiose qu’il désirait faire durer aussi longtemps que possible, oubliant complètement qu’un défilé entier se déroulait sans sa présence indispensable. Même si Mirabel était venu le tirer par la peau du cou pour s’y rendre, rien n’aurait pu le faire détacher son regard de la belle créature assise à ses côtés. Le comble d’un envoûteur, d’être envoûté à son tour…


    Faisant tourner le vin dans son verre avant de le sentir, agréablement surpris par cette douce odeur sucrée qui lui rappelait de belles soirées passées dans ce même casino quelques années auparavant, il s’étonna quelque peu des remarques de Perséis qui considérait, envers et contre tout, que le lieu n’existerait pas sans elle. Narcisse ignorait son âge, et ô grand dieu ne se serait jamais permis de poser la question, néanmoins cette simple indication lui donnait une vague idée de la longévité de la demoiselle à ses côtés. Pas que l’information soit importante en elle-même, mais la soif de curiosité qu’il ressentait par rapport à sa charmante compagnie ne faisait que grandir et à ce titre, l’étancher devenait nécessaire. Après tout, il aurait été culotté de la part de juger qui que ce soit sur sa longévité, lui qui portait ses mille ans avec élégance. Pas une seule ride, simplement un esprit qui s’étiolait à force d’avoir tout vu, tout entendu… jusqu’à aujourd’hui.


    Ainsi, il méritait mieux qu’un parfum que n’importe qui pouvait se procurer, si tant est que cette personne ait les moyens de se fournir chez d’Oreithye. Quelle surprise. Non, évidemment qu’il méritait mieux, soyons sérieux deux minutes, il en était tout à fait conscient. Narcisse aurait pu se payer les services d’un enchanteur, associé aux meilleurs herboristes du Sekai pour se confectionner une senteur des plus singulières, unique en son genre. Pourtant, il avait jeté son dévolu sur cette odeur bien précise, rappelant les longues nuits près du feu de camp au beau milieu d’une forêt sombre et sinueuse… Même s’il n’avait jamais vécu ce genre de situations, le couturier s’y voyait déjà. L’avantage d’une imagination absolument débordante, d’un besoin immuable de créer sans cesse jusqu’à ce que sa créativité rende l’âme. Autant dire qu’après tant de siècles, le Lumina considérait son talent immuable, estimant même qu’il survivrait après sa mort. Parfois, il regrettait sa stérilité, un véritable gâchis de garder ses gènes pour sa petite personne. Son esprit taquin alla se demander ce qu’un mélange entre Perséis et lui pouvait donner… un cocktail explosif à n’en point douter. Heureusement, pas de progéniture à l’horizon pour venir briser l’esprit de fête qui se dégageait de leur échange.


    « Je ne dis jamais non à un produit personnalisé. ». Un sourire taquin sur le visage, Narcisse laissa ses mains errer sur les plumes à ses épaules, en replaçant certaines par la même occasion, constatant que si certaines de ses tenues étaient d’une beauté inégalée, elles comportaient des défauts. Fronçant légèrement les sourcils alors qu’il en ajustait une dernière, il se mit en tête de passer plus souvent à l’atelier qui les confectionnait. Certes, aucun fil ne dépassait, la matière et le tissu étaient respectés, cependant Narcisse ne faisait pas dans la demi-mesure. Il faisait dans la perfection, pour chacun de ses clients, mais peut-être celle-ci un peu plus que les autres… Il l’écouta attentivement, suivant le fil de ses idées pour se faire un tableau, un croquis de ce qu’il pourrait lui proposer. Son cerveau se mit à carburer, le sortant presque de cet instant idyllique qu’il partageait avec Perséis. On n’arrête jamais vraiment de travailler, lorsqu’on est un créatif.


    « Je ne partage pas votre avis sur les couleurs, mademoiselle d’Oreithye, mais je ne suis personne pour juger les préférences de qui que ce soit. Rien qu'un grand couturier, après tout. ». Il prit une gorgée de son vin, l’air soudainement concentré. « Vous seriez surprise de voir ce que des couleurs criardes peuvent apporter à une tenue sophistiquée. Je ne vous ferai guère changer d’avis, je vois très bien que vous êtes... ». Il s’arrêta, plongeant à nouveau son regard dans le sien. « Difficile à convaincre. ». Si cela pouvait être défini comme un défaut, ce n’était clairement pas ce qui était exprimé par le couturier. Narcisse aimait le challenge, les défis, il appréciait se buter à un mur qui lui refusait ses propositions jusqu’à ce qu’il y parvienne. Il n’y avait rien de tel que la difficulté pour s’améliorer, si tant est qu’elle n’était pas complètement disproportionnelle au risque d’endiguer le progrès.


    Ses yeux s’arrêtèrent sur le bijou qu’elle désignait. Le Lumina avait l’habitude d’accorder ses tenues avec d’autres pièces ; souvent les siennes bien évidemment ; aussi l’idée de devoir créer une robe autour d’un ras-de-cou ne l’impressionnait guère. Sortant un parchemin de la sacoche en cuir accrochée à sa hanche, il approcha dangereusement son visage du cou de la sirène, une main dessinant le collier sans que jamais son regard ne s’abaisse vers sa feuille. En deux trois mouvements de crayons, le croquis était terminé. Il n’était pas parfait, néanmoins cela suffirait pour se remémorer le bijou lors de l’élaboration du premier patron. Redressant la tête, il se retrouva nez à nez avec la jeune femme qu’il convoitait, à peine à quelques centimètres de son visage. « Excusez-moi, j’aurai dû vous prévenir. J’ai tendance à être un peu... ». Sa main vint glisser délicatement sur son épaule. « Tactile. ».


    Se reculant petit à petit, laissant encore une fois son charme faire effet, il prit son menton entre ses doigts, observant Perséis de haut en bas. « Concernant vos bras, je pense qu’un effet voile serait du plus bel effet. Vous êtes gracile et fine, ce serait dommage de le cacher. Mais comme une trop grande exposition vous déplaît, un peu de dentelle ferait un bon compromis. Pour la coupe… En règle générale, je laisse mes clientes choisir, mais je ne peux m’empêcher de me dire qu’une robe fourreau, surtout au niveau des jambes, vous irait à merveille. ». Reprenant son parchemin, il se mit à griffonner une esquisse de la silhouette souhaitée, le faisant glisser sous ses yeux pour avoir son approbation. « Je serais tenté de vous proposer un col danseuse, mais j’ai la nette impression qu’un claudine pourrait vous aller à merveille. ». Sortant temporairement de sa réflexion, Narcisse secoua la tête. « Je suis en train de vous ensevelir sous des termes techniques, j’en suis navré. Une fois que j’ai une idée, je suis incapable de m’en défaire Évidemment nous aurons l’occasion d’en discuter à l’atelier. Je tiens réellement à m’excuser de m’être comporté de la sorte. Vous devez me comprendre, mademoiselle d’Oreithye. Dites-moi, à part le parfum, quels secrets cachez-vous sous ce visage d’ange ? ». Une question qu’il aurait probablement mieux fait de ne pas poser. Narcisse restait fidèle à lui-même, charismatique, charmeur, mais un bien piètre observateur...
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  • Ven 19 Mai - 1:49
    Au fil de ses explications, le beau Lumina laissa jouer ses mains sur les plumes de sa robe, replaçant ça et là celles qui s'étaient quelque peu égarées, imperceptiblement aux yeux de tous mais pourtant pas aux siens, du haut de son perfectionnisme intransigeant. Elle ne se laissa pas décontenancée par cette proximité grandissante, mais elle l'appréciait néanmoins grandement, comme si cette aura charmeuse qui émanait de lui ne s'en faisait que plus intense.

    - "Difficile à convaincre, dites-vous ? J'ai maintes fois été affublée de qualificatifs moins flatteurs à ce sujet ; de votre bouche, je le prendrai donc comme un compliment." lui adressa-t-elle dans un petit sourire. "Si ça sera un honneur de porter une de vos créations, dessinée sur mesure pour moi, vous ne me ferez pas porter de couleurs vives si facilement..."


    Il s'approcha davantage encore en esquissant d'une main experte un croquis du collier de Perséis, ne posant même pas l'espace d'un instant le regard sur sa feuille. Il aurait été facile de l'accuser d'être en train d'exhiber son talent pour impressionner sa compagnie pour la soirée, mais même s'il aimait se mettre en valeur, il n'en était rien. Absorbé par son ouvrage, il était, pendant un bref moment, entièrement dévoué à son travail, à son art, et la séduction de la sirène quitta brièvement même son esprit.


    Mais naturellement, une fois le croquis achevé, il revint bien vite à sa nature, et se fit un malin plaisir de souligner leur proximité soudaine, et son côté tactile, qu'il illustra d'une légère caresse sur l'épaule. Ce n'était pas pour déplaire à l'alchimiste qui, une fois encore, se délecta de sa présence et de cette attraction presque surnaturelle qu'il exerçait sur son environnement.

    - "Oh, voyons, ne vous excusez pas. Je ne voudrais pas qu'une pruderie insensée ne vienne se mettre en travers de votre méticulosité. J'ai le plus grand respect pour votre dévouement et votre passion..."


    Derrière son sourire entendu, si elle feignait faussement de ne pas saisir l'intention réelle du Lumina, elle disait toutefois vrai. La seule chose qu'elle estimait plus encore que le talent et l'ambition, c'étaient le dévouement et l'investissement inconditionnel à un art ou un labeur – de la part d'une personne talentueuse, cela va sans dire. Elle lui ressemblait en ce point, car même si elle savait se détendre en profitant de l'instant, ses responsabilités ne quittaient jamais longuement son esprit, et quand elle s'y consacrait, elle était imperturbable ; et ce trait de caractère partagé lui plaisait grandement chez Narcisse.

    - "Je n'ai malheureusement pas votre expertise sur le sujet, mais je m'en remets à votre jugement avec la plus grande confiance. Après tout, vous n'avez pas d'égal dans votre art. Mais ces pistes me semblent prometteuses, et j'ai hâte de poser les yeux sur vos premières propositions..."


    Elle marqua un bref temps d'arrêt, pendant lequel elle détailla du regard les yeux de Narcisse, comme si elle évaluait la moindre parcelle de son âme au travers d'eux.

    - "Ne vous excusez pas non plus d'être investi dans votre ouvrage... On n'en arrive pas au sommet de son art sans une rigueur absolue, et j'apprécie cette caractéristique, les rares fois où je la croise..."


    Elle laissa retentir un court éclat de rire à la dernière question de Narcisse. Ce qu'elle pouvait bien cacher ? En réalité, elle ne cachait pas particulièrement son influence au sein de la pègre, même si elle n'irait pas clamer sur tous les toits certaines ambitions ou certaines exactions commises au fil des années... Mais ce personnage singulier semblait naviguer à travers les plus hautes sphères de la noblesse Républicaine sans avoir la moindre suspicion de la corruption et des manigances qui se tramaient en leur sein.

    - "Oh, mon très cher Narcisse, je recèle bien des secrets. Mais si vous me le permettez, je vais bouleverser quelque peu l'ordre des choses. Dites-moi plutôt ce que vous savez, et surtout ce que vous pouvez deviner de moi... Ce sera bien plus divertissant ainsi."


    Elle ponctua sa phrase en posant ses lèvres fines sur son verre pour en déguster le nectar. Ce petit jeu, au delà des nombreuses flatteries que le Lumina ne pourrait probablement s'empêcher de lui adresser, l'amusait beaucoup, et en plus de cela, il servait un autre but : révéler à Perséis ce que Narcisse savait d'elle, ou ce qu'il pensait savoir d'elle, et peut-être dresser une première estimation des limites de sa tolérance vis-à-vis de sa vraie nature.

    Le sujet du parfum revint soudain à son esprit. Depuis qu'il avait été abordé, des pistes traversaient son esprit, la satisfaisant sur certains points, la décevant sur d'autres. L'accord avec un être aussi exceptionnel que particulier s'avèrerait très difficile à composer. A moins que...

    - "Je ne puis m'empêcher de penser à votre parfum. Quelques pistes me viennent à l'esprit mais je peine à trouver l'assemblage parfait. Il faut dire que vous êtes une personne hors du commun... Je me demande si un certain projet sur lequel je travaille depuis peu pourrait vous satisfaire... Voyez-vous, s'il est difficile de résumer votre personne en une simple combinaisons d'odeurs, c'est parce que la richesse de votre personnalité offre un défi unique : mettre en valeur chacune de ses nuances, au fil de leurs variations. Il se trouve que je travaille sur un type très particulier de magie qui pourrait offrir à un parfum la possibilité de développer certaines notes subtiles en fonction de votre état d'esprit du moment. Parfois un professionnel prestigieux, parfois un bel artiste insouciant... Parfois un charmeur redoutable. Autant de moments uniques auxquels une fragrance statique ne peut que difficilement s'accorder..."


    Elle s'extirpa d'elle-même de son monologue et de cette même tendance que le Lumina à se perdre dans l'exposé de son travail.

    - "Mais bien sûr, avant toute chose, je me dois de vous poser une question des plus simples : avez-vous des exigences particulières au sujet de votre parfum ?"

    Elle accentua particulièrement le mot « votre », car c'était bien l'idée centrale de son propos. Quel qu'en soit le résultat, il fallait qu'il soit adapté à son porteur. Tout comme lui, il devait être sublime.
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  • Sam 22 Juil - 21:24
    Les yeux rivés sur la sirène, Narcisse ronronnait, se délectant de cette présence si particulière qui illuminait sa soirée. Lui qui s’imaginait mourant d’ennui au beau milieu de tous ces nobles venus s’accaparer ses nouvelles collections se retrouvait au milieu des nuages, baignant dans une quiétude et une sérénité qu’il peinait à atteindre d’ordinaire. Le charmeur devenu charmé, l’Elfe contemplait la pâleur de l’épiderme de Perséis, réfléchissant aux myriades de couleurs dont il pourrait la vêtir, quand bien même cette dernière s’acharnait à préférer la sobriété du noir. Il ne pouvait pas lui en vouloir, elle appréciait sa zone de confort, pour autant l’en faire sortir représentait un défi, et Narcisse adorait le challenge. « Moi qui pensait que tout le monde était aussi investi dans son art, vous m’en voyez surpris, ainsi que déçu. Je vous mentirais en vous disant que chaque jour est plus beau que le précédent et qu’il ne m’arrive jamais de faire face au syndrome de la page blanche. Ceux qui se targuent d’être des génies créatifs qui ne connaissent jamais de pauses vous mentent. Le cerveau est un organe complexe, mais je ne vous apprends rien. Vous savez déjà le manipuler bien mieux que moi, et je ne suis pas de ceux qui étalent un savoir qu’ils ne possèdent guère. ».


    Elle lui plaisait. Ce sentiment durerait-il ? Il l’ignorait, à vrai dire il ne s’agissait pas de sa priorité. Pour l’heure, il ne voyait qu’elle, brillant dans le décor d’un casino luxueux, confortablement installée sur une banquette aux tissus nobles qui semblait paradoxalement ne pas l’être assez pour accueillir Perséis. Ses doigts jouant toujours avec le bout des plumes qui dépassaient des épaulières savamment cousues par ses propres aiguilles, Narcisse tentait de se souvenir de la confection de cette tenue bien précise. Elle existait dans son imaginaire dans différentes teintes, et si Narcisse se tenait au courant des personnes capables de se procurer ses vêtements un laps de temps aussi court, il se trouvait fort dépourvu d’informations concernant l’alchimiste qui le toisait. Il cligna des yeux face à sa demande, pris de court par sa contre proposition qui le mettait dans une position relativement désagréable, et son cerveau se mit à carburer. Il n’était pas le plus attentif des amants, encore moins le plus précis des hommes. Ses souvenirs se mélangeaient, ses yeux se plissaient mais son coeur ne faillait pas à sa tâche. Pas encore. Pas si tôt. « Ce que je sais de vous ? C’est vaste, mais à la fois ce n'est pas assez. ». Un petit rire le secoua, s’échappant de ses lèvres charnues. « Je pourrais vous dire que vous êtes sublime, la vérité étant que vous le savez parfaitement, et que je vois dans vos yeux que vous n’avez besoin de la validation de personne d’autre que vous-même pour vous en assurer. ». Une femme pleine de confiance en elle, son petit pêché mignon.


    « Vous êtes une femme de goût, mais encore une fois, cela crève les yeux. Je pourrais probablement vous parler de votre entreprise, de vos boutiques que j’ai visité plus d’une fois, néanmoins j’ai l’impression sous-jacente qu’il y a bien plus derrière ces épais murs qu’une entrepreneuse de talent. Quant à vos décoctions, je n’en ai jamais acheté moi-même, cependant j’en ai déjà été victime. ». Un sourire étira ses traits charmeurs. « De nombreux philtres d’amour, à la qualité exceptionnelle. Aujourd’hui je suis plus prudent à ce sujet, mais je peux nier leur efficacité. ». Tant de demoiselles s’étaient acharnées pour obtenir son amour, son attention. La potion ne créait qu’une affection temporaire, purement basée sur des besoins physiques. Malgré les apparences, Narcisse cherchait une connexion plus profonde, qui pourrait durer dans le temps. Etait-il devenu las d'enchaîner les conquêtes? Pas réellement, mais qui sait ce qui se cache réellement derrière ce sourire audacieux et ces oreilles pointues… « Vous êtes connue, une figure de proue de la noblesse républicaine. Pourtant, vous ne vous fondez pas dans la masse. Vous n'êtes pas de ces aristocrates qui sont montés au pouvoir par hasard ou par chance. Vous ne devez votre succès qu'à vous-même et qu'à votre dur travail. Nous avons la un point commun, Perséis. J'espère que ce ne sera pas le seul de la soirée. ». Si Narcisse aurait pu poursuivre dans sa réflexion, il préférait bien plus entendre les informations directement de la bouche de l'alchimiste. Certes, elle pourrait se jouer de lui et lui mentir, mais il n'en avait cure, tant que son joli minois restait à cette proximité si délicieuse.


    « Je n'en sais que trop peu à mon goût voyez-vous Perséis. Je n'ai que peu de temps pour créer du lien, du… ». Il fit glisser sa main sur la sienne. « Contact. ». Son sourire s'élargit lentement tandis que le sujet du parfum revenait sur la table. Le projet de la demoiselle était audacieux, tout à fait à son image. Une fragrance unique, s'adaptant à toutes les situations, lui permettant de passer pour un parfait caméléon. L'idée était tentante. Pourtant, il y avait un hic dans cette histoire. Un tout petit détail qui le chiffonait quelque peu. « Votre idée est merveilleuse. Néanmoins, si je ne suis pas du genre à cacher mes sentiments ou mes intentions… Je me demande ce qu'un tel parfum ferait sur vous. Sur le mystère que vous entretenez, sur les odeurs qui émaneraient de votre peau, dévoilant au grand jour ce que vous pensez secrètement. ». Sa main libre alla se faufiler dans son cou, caressant l'angle de son épaule et de sa nuque distraitement. « J'ai en effet une exigence toute particulière… ». Il approcha doucement son visage du sien, faisant remonter sa main jusqu'à sa joue qu'il flatta tendrement. Sa voix se fit murmure sensuel au creux de son oreille. « Toi. ». Et lorsque ses lèvres se déposèrent enfin sur les siennes, libérant une dose d'endorphine folle, Narcisse se sentit pousser des ailes. Les civils pouvaient bien les regarder, Mirabel pouvait débarquer en claquant la porte, il ne s'en préoccupait guère. L'Elfe avait toujours ce qu'il voulait, et ici, il s'agissait de Perséis.
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