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  • Sam 22 Avr - 21:48
    On entrait pas facilement au RSAF, ça, Alasker risquait de s'en souvenir. L'accès aux quartiers du "régiment spécial des animaux fantastiques" semblait aussi stupidement alambiqué que son appellation. Il fallait : se munir d'un papier signé par l'empereur ou l'impératrice, se rendre à Ikusa et passer les innombrables barrages de contrôle de la ville royale puis, pénétrer dans le palais impérial, se frotter à ces clowns de gardes royaux aux armures rutilantes, patienter deux interminables heures le temps que l'accès soit finalement autorisé et que l'information soit relayée partout dans le palais puis, enfin, pénétrer dans le complexe souterrain.
    Alors, on pouvait ensuite commencer la traversée des innombrables et trop sombres couloirs reliant les différentes sections de la mal nommée "luxuriance", guidé par un larbin trop révérancieux qu'Iratus soupçonnait n'être réservé qu'à ceux qui parlaient au nom d'un des membres de la main. S'ensuivait de longues, très longues minutes de palabres de présentation sur fond de "La Griffe ne nous a pas encore fait l'honneur de sa visite" et de "les ressources du RSAF sont considérââââbles" puis, enfin, arrivait un grondement, annonciateur de la fin d'une patience bien fragile, naissant tout au fond de la gorge d'une brute ne goûtant que fort peu l'idée de marcher sous terre.
    "-Je suis venu pour des Behemoth, fiston. Alors amènes-moi à quelqu'un qui s'y connaît."
    Constatant que son accompagnateur un peu trop révérancieux -un gobelin à en juger la carrure et la couleur- s'apprêtait à ouvrir la boîte à clou qui lui servait de bouche une fois de plus, Alasker s'enquit de préciser :
    "-En silence."
    La suite du trajet eut au moins le mérite de se passer dans un calme relatif, uniquement troublé par la respiration saccadée du gobelin, qui couvait manifestement un sale rhume.
    Le géant d’Airain ne pouvait décemment pas prétendre qu’il venait véritablement dans le but d’établir un premier contact entre le RSAF et la Griffe, quand bien même Iratus s’était engagé à remplir cette tâche, au passage. Son objectif principal restait d’entrer en possession d’une monture adaptée à…Hé bien…Sa stature. Aucun cheval ne pouvait encaisser son poids et, de toute façon, sa simple vue suffisait en général à les terroriser. Ces stupides bestioles devaient sentir qu’il n’était pas vraiment humain, une théorie qui avait tendance à se confirmer en présence de la sale carne servant de monture à son frère d’arme, Deydreus. Le lycanthrope restait tout bonnement incapable de s’en approcher sans subir, au moins, deux dizaines de désagréables hennissements de protestation et même quelques tentatives de morsures. Etant d’un naturel fort peu enclin au doute, Alasker avait fini par tirer une conclusion simple : Il lui fallait un prédateur. Une bête aussi hargneuse et lourde que lui, voire plus, quelque chose qui était susceptible de ne pas le craindre, dans la nature.
    Son intérêt s’était donc tout naturellement orienté vers les stock du RSAF. A ce qu'on disait, les originaux qui officiaient en-dessous d'Ikusa gardaient, chez eux, toute sorte de monstruosité à peine dressée. Ainsi, le bras droit de la Griffe s'était arrogé le droit de rendre une petite visite, bien informelle, aux grattes-cavernes officiant sous Ikusa. Qu'importe ce qu'il y trouverait, en réalité, c'était toujours mieux que de rester à végéter, tel un garde royal, au beau milieu de la capitale.
    Naturellement, l’idée du Behemoth semblait la plus censée. L’histoire relatait l’existence d’un nombre non-négligeable de seigneur de guerre montés sur des Behemoth ou, même, des wyvern. Alasker ayant toujours détesté les wyverns, le choix paraissait évident.

    Les pensées du lycanthrope furent interrompues par la vue -littérale- d’une lumière, au bout du corridor qu’ils suivaient depuis bien trop longtemps. Presqu’aussitôt, une odeur musquée, aussi forte qu’impossible à identifier, parvint aux narines du visiteur, qui fronça les sourcils en posant son regard d’encre sur son guide.
    “-Il y a un feu? Qu’est-ce donc que toute cette lumière maintenant?
    Le gobelin répondit à sa question par un ricanement satisfait avant d’accélérer le pas. Alasker le suivi, non sans soupirer d’agacement.
    “-Voici, messire, la très-splendide Luxuriance !” S’extasia le petit homme vert en pénétrant dans la lumière.
    Alors, pour la première fois depuis longtemps, Iratus, vétéran de deux guerres, champion d’une arène aussi mortelle que reconnue et fils maudit de la lune, découvrit un panorama qui lui coupa le souffle.
    Car Luxuriance n’avait pas volé son nom. Ce n’était pas simplement le grotesque surnom d’un complexe souterrain sordide, non. Il s’agissait d’une forêt, d’un paysage quasi-paradisiaque s’étendant à perte de vue où fleurissait des champs entiers de plantes exotiques, où paissait paisiblement des herbivores n’ayant peut-être même pas conscience d’être cavernicoles et où chassait des spécimens rares de prédateurs alpha. Le tout, éclairé par les dieux seuls savaient quoi. Un enchantement, un soleil artificiel, qu’importe. C’était tout simplement trop grotesque pour être plausible. Et pourtant, ça existait, ça prospérait, sous les yeux d’encres d’un homme-loup ô combien estomaqué et songeur.
    “-Impressionnant, hein?” Crana le gobelin à ses côtés.
    Les crocs d’Iratus se découvrirent dans un rictus sauvage, à mi-chemin entre le sourire et le rictus de colère. Cela suffit pour rendre son guide aussi muet qu’une tombe. Et la marche reprit son cours.

    Une trentaine de minutes plus tard, Alasker se trouvait à patienter, assis sur un siège de bois grinçant manifestement prévu à cet effet, dans une sorte de grand hall à toit ouvert, infesté par la verdure et tout à fait vide d'activité. Le gobelin l’avait laissé ici quelques instants auparavant, justifiant cet abandon par le fait qu’il se devait d’aller quérir le responsable de cette section, ce qui paraissait, somme toute, assez plausible et acceptable. Ce qui l’était beaucoup moins, cependant, c’était le fait qu’en entrant dans ce hall si étrange, Alasker avait clairement lu “LANCONDA” sur une pancarte dévorée par le lierre infestant les murs alentour. Le Géant d’Airain connaissait bien les Lancondas, assez pour en avoir déjà chassé, et il savait pertinemment que ces serpents géants, incroyablement voraces, ne goûtaient que fort peu l’idée de partager leurs territoires de chasse avec d’autres super-prédateurs. On ne l’avait donc pas amené au bon endroit. A moins, bien sûr, que ça ne soit -encore- une nouvelle étape administrative chargée de valider et d’acter sa présence ici-bas.
    “-Messire !” Gueula le gobelin en trottinant dans sa direction.
    Alasker grimaça à l’entente de la voix trop aigüe.
    “-La responsable de la section semble être malencontreusement occupée.
    Deux cents kilos de muscles et de bronze se redressèrent bien trop rapidement pour que l’annonciateur de mauvaises nouvelles n’ait ne serait-ce que l’occasion de reculer. Iratus demeura silencieux et parfaitement immobile, toisant simplement l’avorton recroquevillé sur lui-même qui geignait dans son ombre, puis, enfin, sa voix de baryton gronda :
    “-Et donc?
    -Son s…superviseur adjoint devrait arriver…Bientôt.
    L’ombre de la brute s’éloigna immédiatement du sous-fifre verdâtre.
    “-Bien. Je vais l’attendre ici alors. Casse-toi.
    L’ordre fut suivi à la lettre et l’irascible lycanthrope se retrouva bien vite de nouveau seul, à attendre. Pour s’occuper, il se mit en tête de parcourir le hall, tirant, du pouce, sur les chaînes maintenant la salvatrice dans son dos, tout en inspectant l’architecture du bâtiment dévorée par la végétation…Et en priant pour que cet “adjoint” se presse de le rejoindre.
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    Lardon
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  • Mar 25 Avr - 14:28
    Il fait bon vivre à Luxuriance où la météo est régulée par d'habiles mages dévoués à cette tâche, particulièrement dans les zones tempérés, plus clémentes que la plupart des zones arides qui bordent la capitale reikoise.
    L'endroit où avait été mené le chevalier faisait partit de ces zones douces, une luminosité égalant un soleil éclatant de printemps, la température idéale pour qui voulait faire sa sieste dans l'herbe grasse et verdoyante qui entourait le bâtiment et en tendant l'oreille, le chant des oiseaux et des insectes déclamaient leur ode symphonique à la nature. Soudain une cavalcade vient perturber le concert des grillons, pour qui à une bonne oreille, ce sont des quadrupèdes, au moins six, dont un plus lourd que les autres, se rapprochant du bâtiment avec la pancarte.
    Depuis son siège, Alasker pourra apercevoir, s'il daigne tourner la tête vers la large entrée donnant sur l'extérieur, une petite meute de cerbère s'arrêter dans son champ de vision. Massés autour d'un Alpha dont le garrot s'arrêtait au niveau du buste du lycanthrope s'il se tenait debout à côté, les autres membres plus petit de moitié commençaient à humer l'air de leurs multiples têtes et se séparaient, certainement à la recherche de proie susceptible de leur offrir un festin.
    D'une allure majestueuse grâce à sa robe bicolore, son corps au pelage de jais était éclaboussé de nacre sur son poitrail, sa stature imposante, l'Alpha de la meute surveillait les alentours, le regard de la tête centrale finalement attiré vers le bâtiment, suivit par ses voisines, fixant la masse de fer à forme humaine qui s'y trouvait assise. Expectatif dans son observation silencieuse du géant d'airain, on pouvait déceler une lueur très expressive dans les yeux du monstre tricéphale, qu'on pourrait presque traduire par « Papa ? ».

    Le questionnement sur la parenté fut cependant interrompu par un couinement aigu de l'un des plus petits cerbères qui s'était éloigné. Aussitôt le reste de la meute vint à la rescousse de leur congénère, l'Alpha en tête, les quatre autres l'accompagnant pour couvrir ses flancs et prendre en tenaille l'inconscient qui avait osé attaquer l'un des membres de la tribu.
    Malheureusement pour eux, la course des cerbères fut meurtrière pour la meute. Tapis et embusqués au milieu des herbes qui n'étaient pourtant pas si hautes, des Lancondas proche du mètre de long bondissaient comme des diables à ressorts, de très vicieux et mauvais diables. Le premier saut visait toujours les pattes pour faire chuter le quadrupède, la morsure profonde dans le cuissot, avant que le reste du corps écailleux tente de s'enrouler à ce qu'il pouvait, une fois à terre ou au moins ralentit, d'autres assassins se ruaient à l'assaut, visant cette fois les gorges des têtes dangereuses.
    Avant même d'avoir pu rejoindre la première victime, la harde de l'Alpha avait été fauchée en pleine course, ses individus mort ou en passe de l'être. Les trois têtes dominantes grondèrent de rage, leurs gorges gonflant comme le sac vocal d'un batracien juste avant qu'il n'éructe une déferlante de flammes sur les assaillants écailleux qui se repliaient aussitôt que le feu était soufflé dans leur direction, délaissant leur victime aux gorges ou pattes broyées par leurs mâchoires.
    Poursuivant les saloperies rampantes, l'Alpha comptait bien leur faire payer d'avoir attaquer sa meute, incendiant le moindre carré d'herbe sur son chemin tandis que les serpents se repliaient vers de gros rochers d'entre lesquels ils se faufilaient. Arrivé aux pieds de ceux-ci le loup tricéphale cherchait un passage, grattant la terre et la pierre qu'il taillait sans mal, sans succès, qu'à cela ne tienne, ses gorges gonflèrent à nouveau, bien déterminé à inonder de flamme le moindre interstice de cet amas de rocaille.
    Une masse d'une taille équivalente à l'Alpha jaillit sur son flanc si vite que le cerbère n'eut pas le temps ni de bondir pour esquiver, ni de rectifier la direction de son futur tir, laissant trois grandes gerbes enflammés s'élancer dans les airs et tourbillonner en même temps que le corps de la bête qui était jetée à terre par un Lanconda bien plus gros. Les deux monstres n'avaient pas atteint le sol que le craquement caractéristique de côtes qui se brisent sous la pression se fit entendre, puis il ne s'écoula pas plus d'une seconde après la chute avant que les premiers attaquants serpentins ne reviennent broyer les gorges de l'Alpha pour l'achever.

    Apparaît alors quelques secondes plus tard, sortant de derrière les rochers, un homme, vêtu d'un uniforme de l'armée, un homme particulier puisqu'en lieu d'une tête humaine c'est une face porcine et joufflue qui siégeait sur ses épaules. Carnet à la main sur lequel il griffonnait, l'hybride déambulait silencieusement au milieu des Lancondas qui se redressait à son approche, et plus encore même puisqu'ils s'alignaient en rang devant lui. Il fixait les bêtes une à une, toujours sans dire mot, et le plus grand serpent commença à sillonner le champ en passant sur les flammèches qui couvaient afin de les éteindre par étouffement tandis que la moitié des plus petits se séparaient pour rassembler les cadavres des cerbères, rejoignant ensuite le porcin qui se dirigeait vers le bâtiment.

    Arrivant sur le pas de l'entrée, il lève le groin de ses notes ainsi qu'un sourcil à la présence de l'armure géante, restant silencieux et indécis de l'attitude à adopter comme si on venait de le surprendre la main dans le pot à biscuit. Il détaillait rapidement le tas de ferraille, n'y trouvant ni galons ou médailles qui pourrait lui indiquer son grade ou sa section, l'absence d'entraves excluait un statut de prisonnier, le port de l'amure au mieux lui suggérait que ce n'était pas un ouvrier et en même temps que ce n'était pas non plus un garde d'ici.

    - Vous êtes qui, vous ? Tentait-il en première approche sur un ton neutre quoiqu'un peu sur la réserve, méfiant. Du même temps qu'il posait la question, tous les Lancondas fixaient leurs petits yeux brillants sur le grand bonhomme. Personne n'est autorisé dans la zone durant les essais, question de sécurité, vous n'avez pas été prévenu ? Demande-t-il alors, ce qui expliquait l'absence de toute vie à l'entrée du bâtiment. Lardon conservait un ton informatif tant qu'il ignorait à qui il avait affaire, peut-être un peu sur la défensive face à la masse de métal dont il se tenait à quelques pas de distance.
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  • Sam 29 Avr - 17:32
    Alasker souriait encore lorsque l’étrange hybride osa vocaliser une certaine dubitation, concernant sa présence. D’aussi loin qu’il se souvenait, le lycanthrope n’avait jamais pu observer la chasse d’une harde de Lancondas juvéniles. Pour tout dire, jusqu’à maintenant, le bras droit de la Griffe s’était toujours persuadé que ces gros et bien trop voraces serpents restaient, par nature, solitaires…Comme quoi, cette visite s’avérait d’ores et déjà productive, d’une certaine manière.
    Alors, même si l’interpellation du singulier et porcin scribouillard trahissait -une fois de plus- le fait que certains membres du RSAF éprouvaient manifestement des difficultés d’ordre organisationnelles, la fine couche de patience recouvrant l’éternel courroux du Géant d’Airain demeurait parfaitement intacte. On ne pouvait, après tout, demander à des types passant leur temps à élever des bestioles dangereuses, d’avoir un agenda aussi clair et impeccable qu’un garde royal. Au moins, ici, à en juger les rangs immobiles des Lancondas “dressés” , on s’échinait à faire un vrai boulot, plutôt que de parcourir inlassablement les couloirs vides d’un palais bien trop gardé.

    Tandis qu’il quittait son siège pour rejoindre l'entrée du bâtiment où le singulier groupe s'était "glissé", Alasker avait pu constater plusieurs choses, au sujet de son futur nouveau guide :
    Tout d’abord, malgré son aspect relativement…Sphérique. L’hybride ne semblait pas particulièrement fragile. Un humain normalement constitué n’aurait tout simplement pas pu bouger sa propre masse en milieu sauvage sans suer sang et eau et paraître essoufflé au deuxième pas. Ce n’était pas son cas. Pas une goutte de sueur ne perlait du bout de son groin et -encore plus surprenant- son souffle semblait assez stable pour qu’il puisse se permettre de noter frénétiquement des observations dans son petit calepin tout en le sommant, lui, de se présenter. Ainsi, le nouvel arrivant semblait cacher une certaine robustesse, sous ses airs de fouisseur de boue.
    Ensuite, venait le comportement de ses protégés : Les petits yeux malveillants de chacun des Lancondas se trémoussant dans l’ombre du scribouillard s’étaient posés sur la massive silhouette d’Iratus, à l’instant où celui-ci avait commencé à s’avancer dans la direction de leur maître supposé. Ils n’attaquaient pas, ne mangeaient pas les victimes de leur improbable chasse et semblaient attendre, simplement, que le bonhomme face à eux ordonne quelque chose. Il était leur maître. Des serpents géants jouant aux petits chiens-chiens, ça, c’était foutrement inédit.
    Ainsi, le Rsaf s’adonnait à ce genre d’exercice. Leurs mages, dresseurs ou les astres seuls savaient quoi, paraissaient bel et bien capables de transformer un cochon bipède en charmeur de Lancondas. Intéressant. Un peu trop, même.

    Quelques questions futiles fusèrent immédiatement dans son esprit, passé ces premiers constats : Est-ce que chaque espèce dangereuse se retrouvait, ici-bas, pareillement domestiquée? Pour les Behemoths, Wyverns et autres griffons, ça n’avait rien d’étonnant. On ne pouvait pas ouvrir un livre d’histoire sans tomber sur un héros de guerre s’étant arrogé le droit de monter l’un des représentants de ces trois espèces. Mais qu’en était-il des espèces plus…capricieuses? Quid de ces fichues hydres ? Des kirins, ou même des primitives Geomis? Éveiller suffisamment l’intellect d’un Lanconda pour provoquer un semblant de fidélité paraissait plausible, mais celui d’une araignée géante ne savait à-priori traduire que “faim”, “reproduction” et “repos”, alors, était-ce seulement possible? Y’avait-il donc une grotte, quelque part, à Luxuriance, où un autre superviseur seulement armé d’un carnet de note et d’une plume, se tenait droit devant une dizaine de Géomis aux pédipalpes relevées dans l’attente d’un nouvel ordre? Et est-ce que tous lesdits superviseurs possédaient une tête de cochon et un corps humanoïde? Le troglodyte RSAF faisait son travail si discrètement, sous terre, que bien peu d’informations parvenaient à percer la croûte de la surface. Le géant se fit le serment de changer cela, plus tard. Après sa petite visite.

    “-J’ai tué un Lanconda, un jour.” Commença le géant d’airain, un sourire clairement perceptible dans la voix. “Il était…Hm…Plus grand que tes petits gars. Vraiment plus. Et il n’obéïssait pas du tout quand on lui demandait de lever la patte, lui.” Alors qu’il franchissait d’un pas vif les derniers mètres le séparant de l’hybride au groin proéminent, les serpents se mirent unanimement à siffler un avertissement aussi sonore que limpide, que le lycanthrope se contenta d’ignorer. “Quand je l’ai blessé, il est parti se terrer dans son antre : une caverne, sous une cascade. L’eau dissimulait en partie son odeur, lorsqu’il franchissait le seuil.” Un gloussement souleva la carcasse de métal tandis que les souvenirs de la mise à mort lui revenaient. “En partie seulement.

    Court silence. Le géant s’immobilisa finalement, à un peu moins de deux pas du scribouillard en uniforme, l’encre insondable de ses yeux rivée sur cette proie qui n’en était pas une, s’amusant ouvertement de l’inconfort que sa propre présence devait causer en elle. Durant quelques battements de coeurs, Iratus s’interrogea sur le comportement qu’aurait eu la harde, en l’absence de “superviseur”. Les reptiles se seraient-ils risqués à l’attaquer? Auraient-ils tentés de percer l’airain de son armure, à l’aide de leurs fragiles petits crochets ? Combien de pertes cette petite meute pouvait-elle accepter, avant de céder en perdant toute cohésion?
    Ses crocs grincèrent sous la pression de ses mâchoires serrées tandis qu’il luttait pour ne pas céder à la tentation et vérifier par lui-même. A la place, il s’efforça de balayer toute pression en laissant -une fois de plus- un rire grave, évoquant le fracas d’un éboulement et le rugissement joyeux d’une bête sauvage, filtrer de ses lèvres tordues.

    “-Alasker Crudelis.” Se présenta le loup en bâclant un salut impérial.  “Bras droit de la Griffe Impériale, Lieutenant des Serres Pourpres et…Enfin qu’importe.” Lister ses titres lui avait toujours paru à la fois grossier et grotesque. Ceux qui éprouvaient le besoin de se rassurer sur leur propre valeur en noyant leur auditoire sous une dizaine de surnoms ronflants manquaient bien souvent de toutes les qualités censées être inhérentes à leurs titres. “Je visite un peu le coin, maintenant que mon patron est devenu le patron de beaucoup de monde. Et si personne d’autre que toi ne traîne ici, mon gars, il va falloir que tu me serves de guide, maintenant. Il acheva sa présentation par un grondement, adressé non pas à l’hybride mais aux serpents, qui refusaient manifestement d’arrêter de siffler en sa présence. “Mais avant tout : dis-moi fiston, qu’est-ce que tu fous, avec ces bestioles?
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    Lardon
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  • Dim 30 Avr - 1:36
    Inquiétant. C'était le mot pour définir la perception de Lardon envers l'individu qui se tenait en face de lui. Pas seulement à cause de sa taille, ni même son apparence qui lui donnait des airs d'armure hanté, ni son rire... cacophonique. Non, c'était quelque chose de plus profond, qui l'aurait fait se tasser sur lui-même si cette rencontre s'était déroulé dans un autre lieu. D'ailleurs cette aura menaçante qui se dégageait du géant n'avait pas manqué de faire réagir les Lancondas, ceux-ci sifflant furieusement à son encontre, un fait qui méritait mention au milieu des autres observations relevés dans le carnet de Lardon et qu'il s'empressa de griffonner sans baisser le groin sur son écriture. Ses reptiles dressés prenant leurs directives directement par télépathie, c'était donc une réaction instinctive face à un danger imminent qui les faisaient réagir ainsi.

    L'hybride restait silencieux lors de la courte évocation d'un souvenir de chasse de la part de l'inconnu, lui aussi avait des questions qui se bousculaient à propos de ce fameux Lanconda tué, et lui brûlait les lèvres de vouloir répliquer que ce n'était « qu'un Lanconda sauvage », symbole d'une fierté pour des années d'études et de travail acharné qu'il étouffa pour ne s'exprimer que par des hochements de tête. Choix judicieux puisque après un silence qu'il trouvait inconfortable la grande armure daigna décliner son identité.
    A la mention de son affiliation au Chef des armées et son grade de Lieutenant, Lardon se redressa et salua d'un réflexe gardé de ses années de formation militaire.

    - Une simulation de manœuvres militaires sous la forme d'une chasse, Lieutenant. Répondait Lardon d'une manière très formelle. Les Lancondas ne semblaient pas enclin à se calmer et l'hybride ne voulait pas donner une mauvaise image à une huile de l'armée, même si celle-ci donnait presque l'impression d'espérer que ses protégés l'attaque pour riposter. Pour détourner efficacement leur attention, Lardon dispensa quelques ordres d'esprit à esprit. A chaque réception, la tête d'un reptile se tournait vers le superviseur avant de s'éloigner et se regrouper avec les autres à quelques mètres dans son dos, entassant les cadavres des cerbères, puis comme si un signal silencieux avait été donné, l'escouade de Lanconda se jetait sur l'appétissant butin pour le dévorer avec une sauvagerie organisée. Le plus grand serpent avait droit à l'Alpha tandis que les plus petits se partageait le reste de la meute. La peau, la chair, les muscles, la moindre partie charnue était arraché des os. Embuscade, tenaille, repli, diversion et revers. L'objectif est d'augmenter la cohésion de cette unité et jauger sa capacité d'application de ces tactiques. Ils font partit du « Projet Lanconda » qui vise à développer et exploiter leur potentiel à des fins militaires, Lieutenant. Concluait-il avec concision pour répondre à la question du gradé.

    Derrière l'homme-cochon, les carcasses des cerbères étaient réduites à un amoncellement de squelettes plus ou moins bien rongés. Les jeunes repus, le plus massif lui continuait son repas, broyant entre ses crocs les os comme s'ils n'étaient guère plus que des biscuits secs.
    Le claquement d'une porte, loin derrière Alasker, retentit, suivi du son de petits pas pressés se rapprochant.
    Un jeune homme dans sa prime vingtaine, plus petit que le dracochon d'une tête, se rendait jusqu'à lui. Il portait des vêtements simples, une tunique blanche et un pantalon noir, en lin, cependant son petit veston brodé et ses souliers neufs dont le cuir grinçait encore trahissaient une origine plus noble. Sa chevelure d'une blondeur d'un champ de blé mûr encadrait un visage si joli et parfait qu'il donnait presque envie de le gifler pour lui apprendre à être si beau.
    En arrivant près de Lardon il tendit ses mains en coupe et commençait à ouvrir la bouche avant de se raviser soudainement. Il se figea quelques secondes durant lesquelles l'expression de son visage passa d'un étonnement semblable à un poisson hors de l'eau à celui d'un enfant au regard brillant face à son héros.
    L'hybride donnait le carnet contenant ses notes sur l'exercice du jour à ce qui était vraisemblablement un secrétaire, ou au moins un auxiliaire, celui-ci le réceptionnait avant de se tourner face à la grande armure et lui faire la révérence de façon frénétique comme si son respect allait se mesurer à sa capacité à s'incliner de quatre-vingt-dix degrés. Alors qu'il ouvrait la bouche avec un large sourire idiot, le petit bellâtre s'interrompit comme la première fois avant de jeter un œil par dessus son épaule vers son supérieur qui le foudroyait de son regard porcin, avant de partir sans un mot en traînant les pieds... puis après un sursaut en galopant vers la porte dans un « gnik gnik gnik » de soulier précipité.
    Lardon ne pu réprimer un bref soupir de groin, presque agacé, fixant de nouveau son regard vers son interlocuteur après cette courte interruption.

    - Vous avez dit... avoir besoin d'un guide, Lieutenant ? Se risquait à demander le curieux.

    A l'endroit du charnier, il ne restait plus rien des cerbères, même pas le moindre petits os, ni le moindre petits Lancondas d'ailleurs, rien que le plus gros qui après un regard en direction du duo, se mit à ramper en contournant le bâtiment par la droite et finir par disparaître hors de vue.
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    Alasker Crudelis
    Alasker Crudelis
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    Info personnage
    Race: Loup-Garou
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Loyal Mauvais
    Rang: C
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  • Mar 9 Mai - 13:07
    Le gratte-papier semblait manifestement obsédé par les grades militaires et les innombrables formalités accompagnant ces derniers. De toutes les surprises que le RSAF lui avait jusqu’alors réservé, celle-ci restait de loin la plus amère. A l’entente du long récital de l’homme-cochon, le lycanthrope s’était surpris à retenir un soupir. Ainsi, l’avenir allait désormais ressembler à ça : Des tas d’inconnus, s’écrasant mollement à la simple entente du mot “Griffe”, “Lieutenant” ou les dieux seuls savaient quoi. L’époque où les imbéciles de tout rang se devaient de lutter pour ne pas s’humilier en sa présence, simplement parce que sa gueule, son attitude ou sa stature terrifiait semblait bien loin. Maintenant, son rang à lui seul justifiait le courbage d'échines, l’auto-humiliation, la disparition de la fierté la plus élémentaire. Plus de confrontation. Seulement la soumission.
    Était-ce donc cela, que Deydreus devait supporter depuis sa sortie de Drakstrang? Ça paraissait à la fois insupportable et comique. Une sorte d'horrible et interminable farce, jetée au visage de ceux ayant fait l’erreur de monter en grade. Alasker doutait d’un jour pouvoir s’y faire. L’idée même de s’y habituer le hérissait plus sûrement que n’importe quelle injure.

    “-Pas la peine de me rappeler mon grade, garçon, je crois bien que je m’en souviens.” Gronda-t-il en retirant son heaume pour le coincer sous son bras droit. “J’ai un prénom et un nom. Tu peux les utiliser tous les deux sans craindre je ne sais quelle remontrance.
    Par ce simple geste, le Géant d’Airain espérait au moins être débarrassé de l’inédit tic de langage s’étant manifesté dans la bouche de l’hybride. D’expérience, il savait que son visage, une fois à l’air libre, semblait plus monstrueux qu’altier. Plus encore que ses yeux uniformément noirs, sa dentition -constituée exclusivement de crocs bien trop aiguisés apparaissant dès que ses lèvres pâles avaient le malheur de s'étirer un peu- ne manquait jamais de faire oublier à ses interlocuteurs les protocoles les plus élémentaires.
    Son regard chargé de ténèbre se porta sur l’endroit où s’était jadis tenu le tas de cadavres de cerbères. Le repas, aussi rapide que complet, se soldait manifestement par la fin de l’exercice susmentionné par leur…Éleveur. Pour avoir déjà observé pareil spectacle dans la nature, Alasker savait à quel point les Lancondas pouvaient se montrer vorace. L’idée qu’un groupe aussi gros puisse faire disparaître autant de chair et d’os en quelques minutes ne lui paraissait donc aucunement grotesque, cependant, le fait que le début du repas semblait avoir été ordonné par quelque chose qu’il n’avait ni vu ni entendu le laissait tout à fait dubitatif.
    “-J’ai besoin d’un guide, ouai. 'Faut que tu m'amènes jusqu'aux Béhémoths.” Confirma finalement le géant en continuant de dévorer les environs des yeux. Toute cette verdure, juste sous la capitale, c’était…Tellement grotesquement improbable. Combien de mages pouvaient bien être à l’origine de pareil exploit? “Je m’attendais à un paquet de tunnels creusés vite-fait bien fait, pas à un foutu pays souterrain où des gosses de riches viennent pour s’amuser à travailler.” Ironisa-t-il, tout sourire. Son attention se porta sur un arbre feuillu particulièrement massif, au loin, subissant le décollage d’une centaine de points noirs difficilement identifiables, avec la distance. Chauve-souris? Oiseaux? Diablotins? Insectes géants? Qui pouvait bien savoir ce que le RSAF abritait, ici.

    Le loup avait toujours adoré les territoires sauvages. Toute cette vie attisait à la fois sa curiosité et son appétit. Les étendues arides de la surface autour d’Ikusa ne pouvaient se targuer d’abriter autant de potentiel, de même que les impitoyables terres du nord, à jamais condamnées à subir les assauts d’un hiver sans fin. Seule la jungle de sang s’approchait d’un tel degré de perfection, mais les moustiques, les sangsues et tous les autres parasites s'y étant établis avaient le don de gâcher la visite. Constatant que son esprit accompagnait un peu trop sa vision, Alasker recentra son attention sur le gratte-papier. “Embuscade, tenaille, repli, diversion et revers” avait-il dit. Un langage qui ne pouvait que titiller la curiosité d’un vétéran de guerre.
    D’un geste de la main, le géant invita le gratte-papier à entamer son travail de guide en se mettant en mouvement.
    “-Pas de gestes, pas d’ordres, même pas un p’tit sifflement vers les écailleux.” Enonça-t-il alors que le duo nouvellement formé commençait à marcher. “C’est de la télépathie ? Du contrôle mental? Sur un champ de bataille, ces bestioles seraient capables de faire la distinction entre un ami et un ennemi, si on leur collait simplement un mage formé pour les superviser?
    Alasker ne pouvait s’empêcher de se montrer étrangement loquace, face à une telle perspective. Le potentiel de destruction d’un seul Lanconda adulte n’était plus à démontrer, alors une harde entière…Restait à savoir à quel point ces bestioles pouvaient demeurer “stables”, si, par malheur, leur superviseur se faisait supprimer par une flèche chanceuse. Une fois, Iratus avait vu une meute de chiens de guerre se retourner contre son détachement, sitôt le maître tombé. Une dizaine de robustes gaillards avaient dû user de leurs lames pour tailler en pièces les canidés et trois desdits gaillards s’étaient retrouvés blessés avant même que l’ennemi n’arrive au corps à corps. Il en faudrait quatre fois plus pour maîtriser un seul de ces serpents géants, et une créature d’une telle taille n'engendrerait jamais de simples blessures, seulement des morts.
    Pourtant, même avec ces risques en tête, l’idée de voir des Lancondas ramper à l’avant d’une armée reikoise demeurait fichtrement attirante. Si il s'avérait que le RSAF poursuivait plusieurs projets de ce type, Alasker se faisait le serment d'étudier chacun d'entre-eux lors de son temps libre. Le Lycanthrope ne connaissait que trop bien la létalité des créatures rôdant sur le territoire du Reike pour ne pas voir très précisément ce que chacune d'entre-elles pourrait causer dans les rangs d'une armée ennemie.
    “-Au fait fiston, quel est ton nom?” Demanda-t-il après avoir pris conscience que cette excursion, aussi peu formelle soit-elle, allait probablement devoir faire l'objet d'un rapport.
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    Lardon
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  • Mar 9 Mai - 19:09
    Lardon avait envie de répondre que même si le grand gaillard avait un patronyme complet, il y avait dans l'armée un protocole et une hiérarchie à respecter et comme tout bon Reikois il avait passé cinq ans à l'apprendre par cœur et suivre les procédures à la lettre, mais il s'abstint finalement.
    Au moins venait-il de lui donner l'autorisation de parler librement, ce à quoi l'hybride n'allait pas déroger, il n'avait pas envie de se brouiller avec un gradé d'entré de jeu. Celui-là semblait faire fi des formules élémentaires, et sa façon de parler, peut-être n'avait-il même pas suivi la formation des jeunes Reikois ? Une sorte de mercenaire étranger qui aurait obtenu le grade et la citoyenneté au mérite d'une collaboration fortuite avec quelques officiers haut-placé, voir la Griffe elle-même ?
    C'est ce qui fourmillait en question dans sa tête de lard tandis qu'il dévisageait la trombine de son interlocuteur lorsque celui-ci retira son casque, et qu'elle sale tronche il avait là ! Cet Alasker venait d'entrer dans le club des rares individus à lui faire aimer d'avoir un énorme groin ronflant.
    Lardon envisageait presque de lui demander de remettre son casque, non pas qu'il soit spécialement laid, il avait vu pire, mais tout son faciès lui semblait... horrifique dans un sens menaçant. Si le visage beaucoup trop beau de son assistant l'agaçait, c'est un sentiment inconfortable que pouvait ressentir l'hybride à trop fixer celui de Crudelis. Il préférait encore quand il n'était qu'un heaume hanté.

    Il n'était qu'à moitié d'accord avec la remarque de l'homme d'armure sur le fait que Luxuriance était le terrain de jeu de fils à papa. Oui, il y avait quelques parvenus, mais pour avoir navigué pendant des années entre les différents corps de métier au sein de la citée souterraine et côtoyé ses membres, il y avait bien plus d'acharnés méticuleux, d'amoureux assidus ou encore de fous-malades entêtés que de « gosses de riches », ou bien alors ceux-là étaient-ils bien cachés à l'abri dans les hautes-sphères de l'administration. A l'ironie de son accompagnateur, l'hybride n'émit qu'un renâclement du groin, il n'était pas certain que cette remarque avait vocation à débat donc rétorquer quoi que ce soit lui apparaissait comme superflu.

    Quittant sa posture droite lorsque l'officier lui signifia d'être « au repos », et avec l'invitation à le guider, l'homme-cochon prit la tête pour remonter le sentier menant au site pour revenir à un petit bâtiment qui faisait office de relais avec à disposition des montures et charrettes pour rejoindre les différents secteurs de Luxuriance. Au jugé de son visiteur, Lardon demanda une charrette pour le transporter.

    - De la télépathie, en effet. La subjugation demanderait plus d'effort et serait un procédé précaire qui fournirait un résultat désastreux si le mage venait à interrompre son contrôle, une bête furieuse sans muselière mord la première main qui est à portée. Avec la télépathie, la compréhension est mutuelle, il n'y a pas de conflit entre la bête et le dresseur, à l'image de ce que pourrait être la cohésion d'une unité soudée comparé à une troupe mal ordonné de Janissaires. Le chien dressé sera plus prompte à protéger son maître que celui sauvage en somme. Bien sûr cela implique de comprendre le langage animal pour communiquer avec eux, on en est pas à leur apprendre l'alphabet Reikois. Rnk-kr-kr.

    Le « carrosse » était commun, sans voilure à l'arrière, le siège du conducteur assez large pour que les deux fessiers puissent s'y installer sans se toucher, avec quelques renforts en bois et fer ici et là comme les roues cerclées pour assurer qu'elles ne se briseraient pas sur d'éventuels cahots. Il était tiré par un jeune Rindo à en juger par l'absence de corne-bois sur son museau et même si l'unique membre de l'attelage pesait son quart de tonne, il progressait d'un trot plus rapide que ne l'aurait été la vitesse de marche des deux transportés.

    - Les Lancondas ont, entre autres, une impressionnante mémoire, ils se souviennent de l'odeur de leur mère dès la sortie de l’œuf, afin de ne pas empiéter sur son territoire en grandissant, même des années plus tard. En leur apprenant des tactiques militaires et en les formant en groupe, ils seront à même de pouvoir les reproduire à la guerre, oui. Quand à leur capacité de différencier alliés d'ennemis sans les directives d'un superviseur, hé bien... cela ne tiendra qu'au détail s'ils vous ont identifié auparavant comme « allié ».

    Le guide bifurquait deux fois, toujours sur la voie de gauche, lorsque des croisements survenaient, le paysage se faisant plus forestier. Des bruissements alentours laissait clairement entendre que les bois étaient peuplés mais vraisemblablement rien d'assez gros pour venir braver un Rindo, même jeune, se cantonnant à des coups d’œil furtifs et curieux, bien qu'une présence qui les suivait depuis leur départ du relais faisait fuir encore plus rapidement la faune.

    - Mais nous avons diverses petites choses pour permettre aux soldats d'être reconnus et commander aux Lancondas même en l'absence d'un mage ou d'un dresseur télépathe. Opine-t-il C'est le but de ce projet, les rendre utile pour renforcer l'armée du Reike. marquant une pause il laisse échapper à mi-voix, pour lui même ...Et peut-être plus.

    Deux petites silhouettes traversaient en quelques bonds le sentier qui sépare les fourrés avoisinants, des Champas, juste devant le rhino-plante qui ne sourcillait même pas et continu son trot sans perturbation, contrairement au poursuivant des deux bestioles qui choisira de contourner très largement le convoi, passant derrière eux.

    - Lars, Lars Petitgroin, mais tu peux aussi m'appeler Lardon à la place de fiston, c'est un surnom, et ça m'évitera de finir par t'appeler grand-père en retour. Rn ! Rnk ! Rnk ! laissant échapper un rire de groin des plus prononcés.

    S'il se montrait plus familier c'est uniquement parce que l'homme aux crocs le lui avait demandé au départ, bien qu'il faisait encore attention à ses propos, sa dernière petite plaisanterie était d'avantage pour signifier qu'il était prêt à parler ouvertement sans attacher la déférence à la différence de leurs grades, même le tutoiement était prononcé avec une sorte de respect des convenances sociales, adressé d'avantage à un collègue bien plus qu'à un ami puisqu'ils ne l'étaient pas.

    - Et en quoi peuvent t'intéresser les Béhémoths d'ailleurs ? Tu connais un peu le sujet ou juste de vagues récits sur eux qu'on peut lire dans les livres de la surface ?

    La route de terre s'inclinait doucement en pente douce sans que cela ne ralentisse le tireur de charrette, bien qu'il soufflait plus fort du museau à chaque mètre. En haut de la petite colline qui surplombait le bois précédent, la vision du panorama pouvait s'étendre à plus loin et permettre d'apercevoir une partie du découpage des secteurs de Luxuriance, la différence de certains biomes était d'ailleurs plus flagrante de ce point de vue en hauteur que depuis le plancher des vaches.
    Le Rindo qui prenait une pause au sommet de la colline pour retrouver son souffle se remettait en route après quelques instants. Le regard de Lardon portait légèrement vers l'Ouest et il n'y avait qu'un seul chemin menant dans cette direction, après une bifurcation, le reste du voyage ne serait donc pas plus long que le temps de faire cuire des œufs de Kokot à la coque.
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