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    Cendres ᚠ ᛊ ᚢ ᛟ ᚪ ᛊ ᛥ ᛉ
    Relevez-vous, peuple des cendres ! Les Titans existent, la guerre d'il y a 5000 ans résonne davantage dans vos cœurs depuis que ces immortels sont revenus revendiquer leurs droits. La victoire vous est une nouvelle fois acquise, mais à quel prix ? Suite à cette nouvelle guerre plus violente et mortelle que toutes les précédentes, il en va de votre responsabilité de vous accrocher à la vie et de rebâtir sur les ruines. Vers un nouveau futur encore incertain.

    Shoumei, autrefois membre des trois grandes nations régnant sur les terres des cendres et capitale de la religion diviniste, a payé le tribut ultime pour offrir la victoire aux vivants. Désormais, son peuple se retrouve égaré, dispersé. Privés de leur nation, de leurs foyers, les shoumeiens tentent tant bien que mal de retrouver un semblant de paix, mais la tâche est ardue. Le Reike, nation guerrière en proie à une lutte intestine contre le dirigeant s’étant imposé dans un sillage de sang, ainsi que la République, nation de l’ordre et des lois, ont tous les deux beaucoup à gagner avec ces nouveaux territoires à revendiquer. Choisiront-ils la voie de l’alliance et tendront-ils la main aux shoumeiens ? Où feront-ils passer leur peuple avant le reste des cendres ? Seul le futur écrira l'histoire de ces deux nations que tout oppose depuis des temps immémoriaux. Enterrer ou reluire la hache de guerre pour les combats à venir.

    Quoi qu’il en sera, peuple des cendres. C’est à vous de faire pencher la balance. Battez-vous pour le futur que vous chérissez. Entamez votre ultime chant du cygne, et brisez une bonne fois pour toutes ce cycle incessant de guerres contre les titans, ou tentez de poursuivre ce dernier selon vos convictions. Il ne tient qu’à vous d’offrir au monde des cendres la paix qui lui est due ou de le plonger à jamais dans les flammes…
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    Forum RPG Dark Fantasy. Avatars illustrés 300 x 500 px. Cendres est un monde magique où plusieurs puissances économiques et politiques règnent. Ici, les enjeux sont importants et une situation peut changer du jour au lendemain. Incarnez un simple paysan, un talentueux magicien ou même un riche seigneur ! De nombreuses possibilités et combinaisons différentes vous attendent avec impatience !

    from the ashes

    24.07.22
    Ouverture du forum et début du jeu. Bienvenue sur Cendres !
    28.06.22
    Le forum est accessible au public.
    17.06.22
    Début des travaux de construction.
    2 participants
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    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Alasker Crudelis
    Alasker Crudelis
    Messages : 5
    crédits : 414

    Info personnage
    Race: Loup-Garou
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Loyal Mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t889-alasker-crudelis-iratus-termine
  • Jeu 10 Nov - 3:03
    Alasker Crudelis
    Race : Lycanthrope
    Sexe : Mâle
    Âge : 39 ans
    Métier : Soldat d’élite
    Taille & poids : 2m21 pour 119 kilos
    Alignement : Loyal mauvais
    Faction : Empire du Reike
    Rang : C
    Religion : Athée
    Avatar : Mark of chaos par SoftH

    Pouvoirs et objets

     

    Possessions :
    Armure de l'Enragé : Une armure d'acier aussi rouge que les rêves du Lycanthrope.
    La Salvatrice : Une lourde hache à deux mains, solide et efficace. Un pique acéré surmonte le tranchant de son imposante lame d'acier. Son manche est fait d'airain.
    Les hargneuses : Une paire de haches de lancers simples.
    Vocation : Guerrier - Combattant
    Pouvoirs :
    -Régénération P2 : -750
    -Odorat augmenté P2 : -450
    -Super-vitesse P1 : -500
    -Force augmentée P2 : -1500
    -Ouïe augmentée P1 : -150
    -Nyctalopie : -300
    (Et si ma calculatrice ne me fait pas défaut, je me retrouve avec 350 crédits restants)

    Description physique et mentale



    Physique :

    Alasker n’est pas un homme qui passe inaperçu, même en temps de paix, lors de ces rares et insupportables moments où il ne porte ni arme, ni armure. Que ça soit par sa stature imposante ou par la pâleur surprenante de sa peau, le soldat attire immanquablement un regard qui, dans la plupart des cas, se verra très vite teinté d'inquiétude… et pour cause : tout, en lui, évoque la violence. Une rage, plus précisément, que l’on devine difficilement contenue grâce à ses innombrables et déconcertants tressautements de paupières, à ses poings serrés ou à sa démarche trop vive et défiante pour un être à l’esprit apaisé.
    Dans son faciès rectangulaire, rien, de la pointe de son menton, recouvert de poils de barbes discrets aux airs de pelage bestial, à son crâne suturé, orné d’une seule et unique fantasque mèche de cheveux poivre-et-sel, n’est fait pour rassurer. Son large front, fendu du côté droit par une profonde cicatrice verticale descendant jusqu’à l'œil, domine deux arcades sourcilières fortement prononcées et éternellement froncées. Dans ses grands yeux siège la noirceur la plus absolue. C’est une malformation de naissance, qui semble liée à sa condition de lycanthrope. De ces deux globes oculaires aussi noirs que l’encre des bêtes des profondeurs s’échappe un regard malveillant et luisant d’une intelligence ne présageant rien de bon. Ses pommettes, aussi hautes que ses joues sont creuses, voient leurs surfaces parcourues par un réseau de veines bleuâtres que sa peau trop pâle ne parvient plus à masquer efficacement. Son nez aquilin, par trois fois brisé, est parvenu -par on ne sait quel bancot du sort- à demeurer au centre de sa face.
    Et puis vient sa bouche. Ici, entre ses lèvres éternellement rongées, siègent une trentaine de dagues d’ivoires, pas plus longues qu’un pouce : Ses dents. Toutes sont taillées en pointes. Une étrange et sinistre coquetterie, rendant chacun de ses sourires inquiétants et transformant sa bouche en une véritable gueule d’animal.
    Petit-à-petit, l'œil, désormais habitué, perd en inquiétude et gagne en curiosité. Car c’est bien ce qu’Alasker est, aussi : une curiosité. Un observateur courageux finira par constater que le regard de la créature humaine, qui semble si malveillant à première vue, est encadré de cernes évoquant plus l’anxiété chronique et les nuits sans sommeil qu’une haine éternelle. Que la façon qu’il a de se ramasser sur lui-même en se voûtant légèrement n’est pas seulement la posture d’un guerrier toujours prêt au combat mais aussi celle d’une bête se sentant acculée. Et que ses muscles, trop grotesquement développés pour être naturels, ne peuvent tout simplement pas appartenir à un corps humain.

    Car humain, il n’est pas. En tout cas pas totalement. Le loup partage la carcasse de l’homme. Ses griffes, toujours aiguisées, gratte constamment l’intérieur de son esprit, recouvrant ses pensées et ses rêves d’un voile écarlate, laissant dans son gosier un éternel arrière-goût de sang.

    Aucun être intelligent ne souhaiterait voir sa seconde forme, celle du loup-garou. De la bête sanguinaire au pelage aussi noir que ses desseins. Lorsqu’il laisse libre court à sa rage et que la peau se transforme en cuir, que la face devient museau et les ongles laissent place aux griffes, Alasker, déjà massif en temps normal, devient un géant lupin avoisinant les neuf pieds de haut et les six de large. Ses grands yeux noirs se voient recouverts par un voile rougeâtre renvoyant un regard bestial, éternellement affamé. Et le seul indice de son appartenance à l’empire, son tatouage de fidèle du Reike, situé sur son pectoral droit, se gorge de sang et se met à saigner sans discontinuer jusqu’à son retour parmi les humains. Trop massif pour se tenir longtemps sur deux pattes, la créature préfère adopter une posture quadrupède lui permettant de propulser sa large carcasse à la gorge du premier fou venu, avec la force d’un cheval de trait dans la fleur de l’âge. Affamée, la bête ne redevient homme qu’après avoir satisfait l’appétit suscité par le souvenir de ses années d’arène, et lorsqu’enfin la faim le quitte et que sa silhouette reprend une forme vaguement humaine, c’est sans honte qu’Alasker découvre son nouveau massacre.

    Psychologie :

    Alasker n’est ni un grand penseur, ni un artiste. Il n’a appris à écrire que difficilement, et les seules connaissances historiques que le lycanthrope détient sont, bien évidemment, reliées aux différentes guerres ayant déchiré le monde.
    Ce n’est pourtant pas une brute sans cervelle. Son esprit, bien qu’éternellement traumatisé par une vie quasiment exempte de chaleur humaine, reste étrangement vif et cloisonné pour une créature de cet acabit. La bête qui sommeille en lui l’invite chaque jours au meurtre et à la débauche, et pourtant, à la seule force de ses quelques rares convictions, il reste maître de ses actes. Sa singulière ligne de conduite, proche d’une version horriblement déformée de l’honneur guerrier, l’interdit de forcer une femme mais l’autorise à torturer tout être ayant provoqué son ire. La loyauté semble être le plus inflexible de ses principes, et pourtant il n’a pas hésité à trahir l’un de ses anciens supérieurs sans remords. Le lycan, comme le reste de sa troupe, méprise la faiblesse de ceux qui ne peuvent pas eux-même se battre mais fait montre d’une rare compassion face aux estropiés et aux malades. Solitaire, il ne peut pourtant vivre sereinement en l’absence de frères de batailles. C’est un être aux trop nombreux paradoxes, et le chaos que ces derniers provoquent dans son crâne est le terreau de la rage constante à qui il doit son surnom. Mais même cette brûlante rage ne peut le détourner de ses responsabilités, dans la troupe de Deydreus. Son rôle de second est à la fois un moyen de museler ses penchants les plus sauvages (ou plutôt de les diriger) et de l’encourager à montrer l’exemple, chose que l’Enragé fait bien volontairement, en situation de combat ou au cours des interminables entraînements auxquels se livrent la troupe. Le plus inattendu restant encore que le bien-être de ses frères d’armes est presque toujours dans ses préoccupations, quand bien même il affiche ouvertement -et constamment- son mépris envers la plupart d’entre-eux. En effet, son prisme de vision, légèrement déformé, étant presque toujours basé sur ses propres compétences, le lycanthrope considère quasiment tous les êtres humains comme des bêtes un peu lentes et dépourvues de véritables instincts. Les seules exceptions notables étant, en général, ses quelques rares amis et les êtres qu’il estime capable de le tuer.
    En résumé, Alasker est une bête cruelle, suivant un code d’honneur à la fois strict et bizarre, ne vivant que pour la guerre.


    Histoire ou test-rp



    Le fils de la lune

    Tous les lycans ne naissent pas, d’abord, en homme. Certains sont louveteaux avant d’être nourrissons. Aveugles et sourds, ils découvrent pour la première fois le monde en sentant simplement tout ce qui les entoure tout en se lovant contre le pelage épais de leurs terrifiants géniteurs. Puis ils s’endorment, pour se réveiller, au matin, en enfant humain.
    Pour certaines meutes, ces êtres portent un nom : Les fils de la lune. Une rareté, certes, mais sans grande prétention. Les mauvaises langues prétendent même qu’une telle naissance ne peut prédestiner qu’à une grande souffrance, car le déboussolement inhérent à la découverte de sa fragile forme humaine, au réveil, doit forcément plonger le nouveau-né dans une confusion aux airs de crise existentielle à l’aube même de sa vie.
    Alasker est né ainsi. Des complications liées à l’accouchement ont forcé sa génitrice à se transformer pour trouver la force de continuer le travail. Et c’est par des pattes griffues qu’il a été pour la première fois bercé.
    Ainsi, celui qu’on surnommera plus tard l’Enragé, à découvert la vie. De ce premier événement inattendu, il gardera en souvenir ses deux grands yeux d’encres, à jamais teintés de la noirceur de la nuit l’ayant vu naître.

    Froide enfance

    Originaire du Nord du Royaume, fils d’un robuste soldat du Reike et d’une couturière, Alasker appris, dès ses premières années, la dureté de la vie en suivant ses parents d’avant-poste en avant-poste, contraint de supporter les caprices de la météo, les périodes de disettes inhérentes au grand froid et la sévérité de ses parents, qui, dès sa troisième année, se virent contraint de lui inculquer la maîtrise de sa forme lupine avec toute la finesse que l’on peut attendre de fervent partisans du Reike. Si sa robustesse naturelle faisait bien souvent la fierté de ses géniteurs, sa nature revêche le rendait difficile à aimer en comparaison de ses deux frères aînés :
    Zachiel, de dix ans plus vieux que lui, avait appris à maîtriser ses penchants bestiaux instinctivement, sans la moindre assistance. Fier mais paisible et d’une intelligence rare, il souhaitait, dès sa dixième année, devenir un officier dans les rangs du Reike et sa mère n’était jamais à court d’éloges le concernant, ce qui le gênait toujours en présence de ses autres frères. Alasker avait vite appris à l’apprécier puisqu’il était le seul à ne jamais prononcer un mot cruel à son égard.
    Mawdryn, qui était déjà adulte à la naissance du cadet de la fratrie, avait quitté sa famille depuis longtemps pour faire carrière dans l’armée du Reike. Alasker avait appris à détester ce frère distant, quand bien même il ne l’avait jamais vu, car chacune de ses trop rares lettres plongeaient son père dans une mélancolie le rendant invisible à ses yeux.
    Incapable de s’attirer l’affection de ses parents, Alasker trouva refuge dans l’exercice physique, seul et unique moyen d’épuiser la colère grandissant en son sein. Taiseux, voir même asociable, la solitude dans laquelle il s’enferma volontairement ne cédait qu’en de rares occasions, lorsque son frère, Zachiel, venait lui tenir compagnie et le questionner sur ses ressentis et ses projets. Souvent, Alasker ne répondait pas. Ce qui n’empêchait pas Zachiel de revenir à la charge avec les mêmes questions, quelques jours plus tard.
    Un début d’existence dur et froid, qui, si il le rendit insensible à la tendresse ou l’affection, lui permit cependant de renforcer très tôt son corps comme son esprit pour survivre à cet environnement hostile. A huit ans, Alasker aidait les hommes chargés de renforcer les murs en apportant du bois. A douze, il grimpait sur les murailles avec eux. La nuit, parfois, il quittait la sécurité des remparts pour s’aventurer à l’extérieur, sous sa forme de loup et goûter, enfin, à la liberté. Mais même lors de ces trop courts instants de quiétudes, jamais, Alasker ne parvint à trouver de réponses aux éternelles questions de son frère, qui résonnaient pourtant toujours durablement dans son crâne :
    “Que souhaites-tu devenir? Qu’attends-tu de la vie?” Au bout d’un certain temps, l’évidente vérité lui apparue sous toute sa froide cruauté : Alasker n’avait pas de réponses parce qu’il n’attendait rien et ne souhaitait rien de cette vie.
    Et c’est sans regret qu’à treize ans, le jeune lycan quitta la sphère familiale pour débuter son éducation militaire.

    Le rêve Reikois

    Soucieux d’offrir à leur plus instable fils une formation suffisamment juste pour maîtriser son tempérament jugé trop ardent, ses parents se décidèrent à lui offrir une place dans un centre de formation du Taïsen.
    Il n’emporta avec lui que le strict minimum, car peu de choses pouvaient vraiment appartenir à un enfant du Nord.
    Son arrivée dans le ville du Lion se fit dans la douleur. Son corps, habitué au froid, n’encaissant que très difficilement la chaleur assommante du désert. Son excellente constitution l’empêcha cependant de vaciller lorsqu’on le tira de son lit, dès le lendemain de son arrivée, pour débuter sa formation.
    Sans grande surprise, sa force, son endurance et son mauvais caractère furent unanimement reconnus par ses instructeurs. Si son crâne restait trop imperméable pour les choses de l’esprit telles que les mathématiques ou l’art, Alasker compensait avec ses conditions physiques inégalées par les autres adolescents de sa section. Irascible et direct, il était aussi naturellement attiré par les récits de guerre et les combats, si bien qu’il s’attira vite une réputation de brute, que sa taille et sa musculature, de plus en plus impressionnantes pour un jeune de son âge, ne faisaient qu’accentuer. Sa lycanthropie restait évidemment surveillée, d’autant que ses tendances bagarreuses n’étaient un secret pour personne, mais, contre toute attente, le jeune homme parvenait à maîtriser le monstre grondant en lui au prix d’efforts considérables ne faisant qu’accentuer son irascibilité. Solitaire, il le demeura, car bien peu, parmi ses camarades, n’osaient l’approcher, de peur de provoquer sa colère.
    Les entraînements au combat devinrent sa principale, voire même sa seule source d’intérêt. Trop directe pour l’épée, le sabre ou l’arc, Alasker présenta vite une prédisposition évidente pour tout type de hache, excepté la hallebarde, trop longue à son goût. Là, pour la première fois, le fils de la lune se surprit à penser qu’il avait, peut-être, un avenir quelque part. A la guerre. Au combat. Loin de l’hypocrisie des paroles et des faux-semblants inhérents à la vie humaine. Cette prise de conscience l’ouvrit un peu et apaisa même, quelque peu, son humeur, puisqu’il appréciait secrètement l’idée de suivre la tradition familiale en devenant à son tour soldat. Fier d’avoir trouvé un semblant de but, Alasker redoubla d’efforts durant son instruction pour perfectionner ses passes d’armes.
    Face à ce changement d’attitude, la méfiance à son encontre se dissipa. Son volontariat galvanisa même les autres jeunes membres de sa section et il pu, finalement, nouer quelques liens épars. Avec le temps, certains instructeurs commencèrent à remarquer que les autres l’écoutaient lorsqu’il parlait, que sa voix rocailleuse les rassuraient et que sa façon de donner l’exemple pourrait faire de lui un bon sous-officier. Le fils mal-aimé devint un exemple à suivre, à sa manière.
    Durant ces quelques années de formation, Alasker se redécouvrit, bercé par les histoires des glorieux héros du passé et par les sempiternels sermons de ses instructeurs. Sans souhaiter prétendre au titre de héros, il se mit à espérer devenir un soldat respectable et fier. Puis les années de formations s’achevèrent et on le plaça, avec quelques-uns de ses camarades de sections, sous le commandement de Godrick Bornheim.
    Et le rêve s’éclipsa.

    L’éclipse

    Godrick Bornheim n’était pas un homme bon, ni le plus exemplaire des bretteurs. Mais il avait une prédisposition certaine pour le commandement et la stratégie qui, couplée à ses origines nobles, l’avait destiné à une carrière d’officier dans l’armée du royaume. Il s’en était sorti comme un chef durant sa formation, si bien que, cinq ans plus tard, une troupe considérable lui avait été attribuée.
    Leurs premières missions avaient clairement manqué de prestige. Des petites escarmouches avec des bandits errants sur les routes reculées et attaquant les caravanes de marchands, rien de bien méchant. Quelques traques de monstres également, notamment un Lanconda juvénile qui avait bien failli lui coûter la vie. Puis il y avait eu l’affaire du Nécromancien Kronak, qui avait jeté son dévolu sur le cimetière du village d’Essen, proche de la jungle. Une pénible et longue affaire, ayant duré huit semaines. Huit semaines à patauger dans la boue et les cadavres pour occire ce maudit mage noir. Le pire, ça avait été les moustiques.
    Avec le temps, Godrick avait appris à connaître ses hommes et à se méfier des plus fortes têtes. Trop guindé pour se faire aimer des soldats de troupes, il se savait, néanmoins, respecté pour son rang, son grade et ses décisions. Assisté dans son commandement par le sergent vétéran Vaeryan, un grand type à la gueule cassée, Godrick s’était petit-à-petit fait à son rôle de leader d’homme et jouissait même, désormais, d’une réputation certaine.
    Bien sûr, tout n’était pas rose. Des hommes mouraient sous ses ordres, ça n’était jamais agréable. Et certains l’avaient pris en grippe, comme ce grand imbécile d’Alasker et ses éternels suiveurs.
    Mais l’heure était aux réjouissances, pas aux jérémiades. Une guerre, une vraie guerre s’était déclarée. Des tribus barbares s’étaient alliées pour défier le glorieux royaume du Reike. Les armées répondaient toutes présentes. Et son propre détachement avait été chargé de punir l’avancée trop confiante du clan Ryssen en reprenant l’Oasis de la Croisée, au Sud-Est de la route principale de Taïsen.
    Et ils l’avaient fait, par l’enfer ! Ça n'avait pas été simple, puisque les barbares étaient de robustes salopards et les pertes encaissées par le détachement avaient été nombreuses, mais, enfin, ils étaient victorieux !
    Aussi insupportable que pouvait être ce chien-fou d’Alasker, il avait su se montrer utile en ouvrant en deux le crâne du commandant ennemi avant de jeter son corps au creux d’une dune. Après ça, le moral ennemi s’était effondré et certains s’étaient même rendus. Ses troupes avaient rassemblé les prisonniers dans et autour d’une des deux seules tentes du campement adverse ayant survécu à l’attaque des Reikois. Il s’était accaparé la deuxième alors que ses hommes dressaient un nouveau camp, et comptait bien, pour l’heure, y dormir d’un juste sommeil. L’intérieur n’avait rien de coquet, pour sûr, mais Godrick était si fatigué qu’il aurait presque pu dormir à-même le sable.
    Un bruit, provenant de l’extérieur, le tira de ses réflexions. Des bruits de pas dans le sable. Et une voix. Sèche, fatiguée… et agacée?
    “-Commandant, des hommes veulent vous voir.
    La main droite dudit commandant vint lisser sa moustache blonde, comme à chaque fois lorsque l’agacement montait en lui.
    “-Hé bien ils attendront demain. Je suis las.
    -Ils insistent, commandant. Et ils ont une prisonnière.
    Ses sourcils se froncèrent. Godrick laissa échapper un long soupir avant de se saisir de ses bottes et d’entreprendre de les mettre.
    “-J’arrive.

    Dehors, une sombre et large silhouette projetait son ombre sur le sergent vétéran Vaeryan, qui se tenait entre elle et la tente de commandement. Le géant allait tête nue, son casque à cornes sous le bras gauche et sa main droite était fermement refermée sur la hampe de sa lourde hache. Il y avait, comme toujours, de la colère, ancrée sur les traits de l’imposant guerrier, mais aussi -et ça c’était inédit- du mépris. Des éclaboussures de sang maculaient encore son arme comme son armure. Il saignait aussi, abondamment. Du front. Du nez. Et de la bouche. Derrière-lui se tenait une demi-douzaine de soldats dépenaillés que Godrick connaissait bien. L’un d’eux tenait par le bras une grande femme blonde à l’allure misérable, qui fixait le sol en tentant de dissimuler les larmes coulant de ses yeux. C’était une guerrière, à n’en point douter, et ses larmes trouvaient leurs origines dans la colère plutôt que dans la faiblesse.
    “-Qu’avez-vous encore trouvé pour me maintenir éveillé, Alasker?” Le salua Godrick, en rebouclant sa ceinture à la sortie de la tente.
    “-Je faisais un tour du côté de nos prisonniers.” Commença le titan. Et le grondement de sa voix manqua de faire frissonner son commandant. Brutalement, Godrick prit conscience que, s’il avait toujours détesté ce fichu Lycanthrope, c’était parce qu’il lui faisait peur. Le commandant s’arrangeait toujours pour éviter son regard d’encre. Trop étrange. Trop inquiétant.
    “-Hé bien vous vous trompez de direction, mon bon ami.” Siffla-t-il néanmoins, exaspéré.
    “-J’ai trouvé un de nos hommes, là-bas. Maern quelque chose. Il tentait de violer une prisonnière, Bornheim.
    Le concerné haussa les épaules sans réussir à réprimer un bâillement.
    “-Hé bien j’imagine que nous devrons le réprimander comme il se doit, demain.
    Un rire évoquant davantage une secousse sismique qu’une manifestation d’amusement filtra des lèvres déchirées du géant. Vaeryan piétina sur place, le mécontentement se lisait sur son visage face à l’attitude de plus en plus irrespectueuse d’Alasker.
    “-Je m’en suis déjà chargé.” Le regard du commandant glissa le long de la hampe de l’arme portée par son interlocuteur pour s’arrêter sur sa lame trempée de sang.
    “-Vous n’avez pas l’autorité nécessaire pour…
    -Avant de rendre l’âme, vous savez ce qu’il m’a dit, ce pauvre con de Maern?
    Vaeryan le repris sèchement :
    “-Baisse d’un ton gamin.
    Le lycanthrope secoua la tête, comme pour chasser une mouche trop envahissante, mais il ne releva pas les paroles du sergent vétéran.
    “-Il m’a dit : “J’suis pas le premier, Bornheim se l’est faite avant”.
    Court silence. Le sourire d’Alasker s’étira, et il se détourna un court instant pour confier à ses suiveurs :
    “-Et puis il a ajouté quelque chose comme “Aaaargh, pitié”, mais j’écoutais plus trop.
    Les hommes rirent. Pas Bornheim. Ni Vaeryan. Le sergent vétéran n’était pas un homme aisément démontable. Après vingt ans dans l’armée, il avait vu son lot de fortes têtes et de grande gueule. Habituellement, ce bretteur expérimenté se reposait sur ses talents de duellistes pour les remettre à leurs place lorsqu’ils devenaient trop gênants. Godrick l’avait expressément choisi pour ça.
    Et c’est exactement ce que Vaeryan décida de faire à cet instant.
    Le visage rougie par la colère, il s’avança d’un pas, posa sa main droite sur le pommeau du sabre pendant à sa ceinture et commença en hurlant :
    “-Tu vas trop loin soldat, je…
    Sa tête se décrocha du reste de son corps pour aller s’écraser dans le sable, quelques mètres plus loin. Sa carcasse décapitée demeura debout un instant, figée par la violence de sa propre mort, puis son meurtrier le poussa du plat de sa lame pour qu’il aille rejoindre sa misérable tête, au sol. Ca n’avait rien d’un combat honorable, Alasker l’avait simplement tué avant qu’il ne puisse se défendre, mais la rapidité du geste ayant accompagné cette décision avait été telle que le pauvre sergent n’avait même pas pu faire un pas de côté avant que la mort ne s’abatte sur son cou.
    A cet instant-ci, Bornheim su très clairement qu’il était mort.
    Tout autour, les autres hommes du détachement s’étaient approchés. Tous avaient interrompu leurs tâches, à part ceux qui étaient chargés de surveiller les prisonniers.
    Le géant s’avança d’un pas. Son commandant recula de deux.
    “-Trente-six morts, Bornheim. Trente-six morts que nous aurions pu éviter si vous n’aviez pas été le type le plus incompétent de cette armée. Et maintenant ça?
    -Rien ne dit que…
    -Moi, je le dis. Tout comme je vous avais dit qu’il y avait des foutus guetteurs, sur le flanc Ouest. Que je les avais senties. Fallait-il vraiment envoyer des éclaireurs là-bas, malgré tout? Je crois que nous avons tous été suffisamment indulgents avec vous. Dans la jungle. Dans le désert. Vous êtes un incompétent et un abruti, ça je le savais, mais en plus, maintenant, vous nous déshonorer, vous salissez notre victoire avec ce genre de…Pratiques?
    Un autre pas dans sa direction. Bornheim se cogna contre l’un des piques de la tente.
    Alasker s’arrêta pour adresser un signe de tête à quelqu’un, derrière-lui. On amena la femme barbare. Et enfin, elle leva les yeux.
    Bornheim n’eût aucun mal à la reconnaître.
    “-C’est lui.” Souffla-t-elle simplement.
    Les hurlements du commandant résonnèrent dans tout l’Oasis.
    Lorsque sa carcasse sans vie alla rejoindre le corps de son précieux sergent vétéran, Alasker essuya ses mains gantées et poisseuses de sang dans la toile de la tente et se tourna vers les quelques hommes qui avaient eu l’estomac de ne pas détourner les yeux. Parmi eux se trouvaient la prisonnière.
    “-Ce n’était pas une mutinerie. Vous n’y êtes pour rien. J’ai refusé d’obéïr à un ordre direct, provoqué en Holmgang le commandant Bornheim après avoir estimé que je ferais un meilleur commandant que lui et il a courageusement accepté. Faites passer le message. Bornheim a voulu défendre son honneur et est mort comme un homme sous les yeux de sa troupe.
    -Et Vaeryan?” Demanda quelqu’un dans la petite troupe.
    Alasker jeta un coup d’oeil en direction du corps décapité du sergent vétéran.
    “-La peste soit de ce fils de chienne. Il est mort pendant l’assaut, avec nos gars.
    -Ça ne va jamais passer. Ils vont te juger, à la ville.” Intervint Erik, l’un de ses plus vieux camarades.
    Il haussa les épaules.
    “-Je m’en fous. Sept ans passés à voir cet abruti envoyer nos hommes crever stupidement sans jamais mouiller sa propre lame. Ça suffit."
    Puis les grands yeux d’ébènes se posèrent sur la prisonnière. Elle le fixait, la tête haute et le port altier. Sa fierté mise à mal semblait avoir été rasséréné par la scène précédente. A moins, bien sûr, que cette dernière ait toujours été intacte?
    “-Mes mots vous ont aidé. J’exige un acte de votre part, en retour.
    Quelques hommes ricanèrent. Alasker, de son côté, opta pour le stoïcisme.
    “-Je ne peux pas te rendre la liberté.” Tenta-t-il après un instant de flottement.
    Elle cracha au sol avant de répondre.
    “-Je me fiche bien de ta “liberté”. J’ai été assommée au début de votre attaque et menottée au réveil. Je n’ai pas pu me battre et tu as tué mon commandant.
    -Oui.” Acquiesça le lycan, les yeux plissés.
    “-Je veux un duel. Avec toi.
    Il y eut d’autres rires. Alasker pencha la tête sur le côté, l’inspectant de haut en bas. Ses bras étaient aussi épais que ceux de la plupart des hommes qui l’entouraient, et elle faisait facilement deux têtes de plus qu’eux. Il émanait d’elle une beauté sauvage, guerrière. En d’autres circonstances, cette barbare aurait fait une bonne sœur d'armes.
    “-Ma foi. Demande à un gars de te filer une arme.
    -Je veux celle de votre commandant.
    Alasker la lui lança. Elle l’attrapa par le pommeau et fit aussitôt quelques moulinets avec. Les soldats autour s’éloignèrent, sans quitter la scène des yeux. Un court silence s’ensuivit. Le géant coiffa son casque à cornes.
    “-Mon nom est Alasker Crudelis. Quel est le tiens, guerrière?
    -Anrathi. Assez parlé, maintenant.
    Le combat ne s’éternisa pas. En plus d’être en meilleure forme, Alasker avait une plus grande allonge et plus d’expérience. Mais cette fois, aucun sourire de satisfaction ne vint déformer ses traits lorsque le fer de sa hache fendit le torse de son adversaire. Erik le rejoignit au pas de course, se penchant pour vérifier le poul de la vaincue. Alasker accueillie la confirmation de sa mort rapide avec un certain soulagement.
    “-Ca ressemblait salement à un suicide, non?” Manda son camarade en se redressant.
    Le géant haussa les épaules.
    “-Ca ressemblait à une mort de soldat.
    Le reste de la nuit se passa dans un calme empreint de tristesse.

    Groupes d'intérêts



    VOIR PARTIE 2

    derrière l'écran

    Pseudo : Alasker
    Comment avez-vous connu le forum ? Top-site !
    Avis sur le forum : ll est vraiment très-très beau. Et le contexte titille la curiosité du fan d'heroic/dark-fantasy que je suis.
    Fréquence de connexion : Une fois par semaine minimum
    Citoyen du Reike
    Citoyen du Reike
    Alasker Crudelis
    Alasker Crudelis
    Messages : 5
    crédits : 414

    Info personnage
    Race: Loup-Garou
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Loyal Mauvais
    Rang: C
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t889-alasker-crudelis-iratus-termine
  • Ven 18 Nov - 13:15
    Alasker Crudelis
    Race : Lycanthrope
    Sexe : Mâle
    Âge : 39 ans
    Métier : Soldat d’élite
    Taille & poids : 2m21 pour 119 kilos
    Alignement : Loyal mauvais
    Faction : Empire du Reike
    Rang : C
    Religion : Athée
    Avatar : Mark of chaos par SoftH

    Pouvoirs et objets

     

    Possessions :
    Armure de l'Enragé : Une armure d'acier aussi rouge que les rêves du Lycanthrope.
    La Salvatrice : Une lourde hache à deux mains, solide et efficace. Un pique acéré surmonte le tranchant de son imposante lame d'acier. Son manche est fait d'airain.
    Les hargneuses : Une paire de haches de lancers simples.
    Vocation : Guerrier - Combattant
    Pouvoirs :
    -Régénération P2 : -750
    -Odorat augmenté P2 : -450
    -Super-vitesse P1 : -500
    -Force augmentée P2 : -1500
    -Ouïe augmentée P1 : -150
    -Nyctalopie : -300
    (Et si ma calculatrice ne me fait pas défaut, je me retrouve avec 350 crédits restants)

    Description physique et mentale



    VOIR PREMIERE PARTIE

    HISTOIRE PARTIE 2



    Coupable

    Il n’y eut pas de jugement. Pas besoin. La guerre attirait tous les regards. Alasker avoua lui-même être l’auteur du meurtre de son commandant, de s’être désigné le nouveau chef de son détachement et d’avoir ordonné la retraite jusqu’à la ville. On l’emprisonna. Il y eut des remontrances pour le reste de la troupe, mais la nécessité de la guerre et la présence d’un “responsable” autoproclamé empêcha la plupart de passer devant un conseil disciplinaire. Pour éviter que l’histoire se répète, la troupe fut dispersée et ses membres réaffectés dans d’autres détachements pour être aussitôt renvoyé au front. Alasker échappa de justesse à la peine de mort -principalement grâce au “Holmgang” ayant officiellement coûté la vie à Godrick- mais pas à l’esclavage. Le fait que le lycanthrope ait tué son commandant de manière supposément honorable n’amoindrissait pas le fait qu’il ait désobéi aux ordres en ramenant sa troupe vers le berceau du Reike. La famille du défunt officier fit pression pour que l’on fasse de lui un Jannissaire, sans succès. Sa nature de lycanthrope l’immunisait au reconditionnement psychologique et aucun officier n’aurait voulu, à l’avant de sa troupe, d’un soldat-esclave à l’esprit parfaitement libre.
    Des semaines passèrent sans qu’une décision ne soit prise.
    Durant ce temps, Alasker renoua avec ses mauvaises habitudes. Les liens solides qu’il avait tissé avec ses frères de combat n’étaient plus qu’un lointain souvenir. Ils étaient libres et pas lui. Le lycanthrope s’y était préparé, bien sûr, ça avait toujours été le plan, celui que, dans un accès d’héroïsme ridicule, son esprit enivré par l’amitié et “l’honneur” avait lui-même mis au point. Mais, face aux murs humides de sa cellule… à chaque fois qu’il croquait dans le pain rassis et infesté de vermine qu’on daignait lui apporter, deux fois par jours…Alasker ne pouvait se résoudre à ne pas de nouveau ressentir poindre les braises d’un feu qu’il avait cru éteint depuis presqu’une décennie.
    Un mois passa, puis un autre. Des jours de solitudes accompagné d’une faim quasi-constante, de poux dans la barbe et les cheveux…Et d’une rage de moins en moins muette grattant les parois de son esprit avec l’acharnement d’une bête sauvage.

    Lorsqu’on l’expédia pour la première fois dans l’arène, quatre mois plus tard, Alasker n’eut pas besoin d’ordre ou même d’explication pour tuer tout ce qui osa diriger son arme dans sa direction.

    L’heure du loup

    Les portes s’ouvrent. Une lance laboure son dos pour le forcer à sortir. Il ne connaît pas l’odeur du porteur de l’arme. Un nouveau, sans doute. Le monstre attrape l’arme par la hampe et tire, l’arrachant aux bras de son propriétaire pour la briser entre ses griffes. Un regard méprisant en direction du piquier médusé, prostré derrière les barreaux de sa cage, puis il sort, de lui-même.
    Dehors, l’astre solaire brûle ses yeux habitués à la pénombre de sa prison infestée de puces. Il gronde alors que des larmes se perdent dans sa fourrure. La chaleur, au moins, est plus supportable à la surface que dans les profondeurs. Moins d’humidité. Moins de pourriture. L’odeur du sang est omniprésente. Le sable que ses pattes puissantes foulent en est imprégné. Huit êtres à la peau fragile, aux armes aiguisées et aux protections futiles se massent les uns sur les autres en pépiant des choses que le monstre a appris à ne plus relever. Huit gladiateurs. Les survivants des combats précédents. Huit proies aux cœurs gorgés de sang chaud. De sa gueule grande ouverte s’extirpe une langue rosâtre, qui vient lécher ses babines retroussées. Deux jours qu’il n’a pas mangé. Ses geôliers l’affament toujours avant un combat. Pour le spectacle. Pour l’affaiblir, aussi. Donner une chance aux proies.
    Même si elles n’en ont aucune.
    Un bruit désagréable, horriblement grave, s’échappe de la corne dans laquelle souffle un homme, bien à l’abri derrière les barreaux séparant les gradins du sable de l’arène. La foule retient son souffle.
    Le monstre projette sa tête en arrière, son museau pointé vers un ciel désespérément dépourvu de lune…Et hurle.
    Les proies prennent cela pour une invitation. Elles se ruent vers lui avant que ses yeux larmoyants ne quittent l’azur. Quelque chose se plante dans son épaule et casse quelque chose à l’intérieur. Ses crocs se serrent. Les bords de sa vision rougissent.
    D’un bond, il esquive la timide attaque de ses proies et retire la flèche plantée dans ses chairs. L’un d’eux tire. Premier à tuer.
    Son regard se pose sur celui qui a fait couler son sang. Il a des oreilles pointues et un regard empoisonné. Une autre proie protège le tireur, à l’abri derrière un énorme bouclier. Aucun bouclier n’a jamais résisté à ses griffes.
    Et celui-ci ne résiste pas non plus.
    Son attaque les prend tous de court. Aucun d’entre-eux ne prend le risque de se mettre dans la trajectoire de sa charge. Quelqu’un tente de jeter un filet dans sa direction, mais il glisse sur sa fourrure et son corps trop large sans entraver ses mouvements. Le porteur de bouclier comprend ce qui l’attend. Il plante sa protection dans le sol et se plaque de tout son poids contre, en espérant pouvoir encaisser le choc.
    Cinq griffes passent aux travers du bois du bouclier, de l’acier du casque, de la chair du visage et de l’os du crâne. Le gladiateur meurt sur le coup, alors que le loup jette son corps désarticulé sur son comparse à l’arc, qui l’esquive d’un bond élégant avant de couiner en sentant des crocs se refermer autour de son torse.
    Le monstre secoue sa proie hurlante. Une fois, deux fois. L’échine se brise. Il serre.
    Deux morceaux de corps déchiquetées s’échappent de sa mâchoire ensanglantée.
    Puis il se retourne et fixe ses prochaines victimes.
    Cette fois, aucune proie ne tente de l’attaquer lorsqu’il hurle pour se rappeler qu’il est un loup.

    Lorsque la rage l’abandonne et que le monstre s’en va, Alasker a les deux mains enfoncées dans une cage thoracique ouverte.
    “- I-RA-TUS, I-RA-TUS !” Scande la foule.
    Iratus. C’est ainsi qu’on le nomme, désormais. Ces imbéciles n’ont aucune idée de son vrai nom. Pour eux, il n’est que l’Enragé. Le loup-garou. La bête. Il se redresse et tente de discerner des visages, dans les premiers rangs. Ses yeux d’humains mettent encore plus de temps à s’habituer à la luminosité du jour que ceux du loup, mais, hélas, l’ancien guerrier parvient à voir une petite bouille à la face déformée par une joie malsaine. Un enfant. Des enfants viennent voir ça.
    La rage recommence à poindre. Il se baisse et repart fouiller dans la cage thoracique ouverte de la dernière pauvre loque ayant fait l’erreur de tomber sous ses griffes. Sa main gauche cueille facilement le fruit de ses recherches et c’est dans un torrent de viscère qu’il l’extirpe pour la montrer à la foule.
    -I-RA-TUS !” Gueule ces fous qui pensent l’être moins que lui, alors qu’Alasker brandit un coeur arraché comme un trophée.
    “-Peu importe d’où provient le sang, hein? Pourvu qu’il coule !” Et il ponctue son exclamation en écrasant le cœur entre ses doigts.
    Ils sont trop loin pour l’entendre et ils font trop de bruits, de toute façon. Mais ça ne les empêche pas de répondre, tandis qu’il lape le sang qui s’écoule de son trophée :
    “-I-RA-TUS ! I-RA-TUS !

    La journée se termine. Il rentre dans sa tanière. Une cellule à la couche moisie, dans laquelle lui-même pourri depuis des années. Un bruit de clés s’entrechoquant les unes contre les autres annonce sa visite quotidienne. Le visage émacié d’un homme dans la cinquantaine apparaît derrière les barreaux de sa tanière. Son sourire est encore plus affreux que celui du loup. Il lui manque une dent sur deux et une balafre horriblement longue étire le rictus jusqu’à son oreille droite.
    “-Salut, Al’.” Postillonne le gardien.
    “-Salut Henry.” Réponds l’esclave gladiateur.
    “-Tu les as rendu complètement dingue, aujourd’hui.
    -Ils le sont déjà tous. Je suis sûr que certains de ces tordus ne peuvent pas baiser sans avoir vu quelqu’un mourir dans la journée.
    -Je n’ai jamais vu quelqu’un autant se plaindre d’un job qu’il a choisi. Personne t’oblige à rester, tu sais? T’as même plus à rester dans cette foutue cellule, nom de dieu !
    Un rire fatigué soulève la carcasse du géant, qui s’affale sur son lit. C’était vrai. Maintenant que la guerre était finie, que l’empire dansait sur la tombe de l’ancien régime et que les réformes pleuvaient, sa condamnation n’avait plus lieu d’être. Avec soixante-treize combats dans l’arène à son actif, il avait remboursé depuis longtemps sa dette à une société qui, de toute façon, se foutait bien de son existence.
    “-Je ne sais rien faire d’autre.
    -C’est pour ça que tu restes dans ta cellule, comme un animal, alors que t’aurais les moyens de te faire payer pour c’que tu fais et t’acheter une chambre?
    Henry n’était pas un mauvais bougre, mais il avait une fâcheuse tendance à fourrer son gros nez cassé exactement au mauvais endroit. Ce qui expliquait d’ailleurs, probablement, pourquoi ledit nez était cassé.
    “-Ouai.” Alasker se sent trop fatigué pour tenter de défendre une position indéfendable.
    “-T’es un tordu, Al’. Aussi vrai que j’suis laid. Pour faire c’que tu fais, même si tu m’dis que c’est le loup. T’es aussi assoiffé de sang qu’eux là-haut. Même plus, parce que tu veux le faire couler toi-même.
    -Je ne sais rien faire d’autre.” Répète faiblement l’accusé. Ce n’était pas totalement vrai, bien sûr. Il avait fait tant de choses, avant de devenir Iratus. Mais trois longues années s’étaient écoulées, et la créature qu’il avait dû devenir pour survivre à ses mois de servages, dans l’arène, ne pouvait être contrôlée. Pas totalement, du moins. Alors autant laisser des barreaux solides entre lui et le reste du monde. “Et ta femme, toujours partie?
    -Ferme-la et écoutes-moi, plutôt. Y’a un gars qui veut te voir.
    Alasker éclate de rire.
    “-Il va falloir attendre le prochain combat.
    -Nan. Tu comprends pas. Ça fait trois fois qu’il voit tes combats déjà.
    -Un admirateur?
    -Un recruteur, Al. Quelqu’un trouve que tu tues trop bien pour continuer à le faire dans l’arène.

    Renouveau

    Après trois ans de boucherie incessante, Alasker s’extirpa finalement de l’arène pour découvrir les rues de l’Empire ayant remplacé le royaume du Reike. Sa sortie, il la devait à la froide personnalité de Deydreus Fictilem; un officier ayant fait ses classes à Drakstrang mais qui avait choisi de rejoindre l’armée conquérante à l’instant où il avait pris conscience de la faiblesse des dirigeants de l’ancien régime. Les étranges similitudes entre leurs tracés respectifs l’avaient suffisamment intrigué pour qu’il accepte de quitter l’arène, de prêter un nouveau serment de fidélité au Reike et de troquer son pagne d’esclave gladiateur contre une armure lourde. Fictilem, en homme pragmatique, cherchait apparemment à constituer une troupe de soldats solides et, surtout, prêts à tout pour s’assurer la victoire. Dans son regard si étrange ne siégeait pas la veulerie ayant coûté la vie à Bornheim et son chien de garde, mais plutôt une détermination féroce et, il fallait bien le dire, contagieuse.
    La décision fut cependant accompagnée d'une unique condition : Alasker acceptait de rejoindre sa troupe, certes, mais seulement si l'on finançait l’achat de son armure, faite d'airain, en l’honneur des lames de tous ces gladiateurs morts pour qu’il puisse vivre.
    Fictilem, amusé, avait accepté. Et une poignée de main avait scellé le début de leur association.
    Hélas, cet heureux évènement fut quelque peu assombri par une simple lettre, reçue presque dans la semaine ayant suivi sa sortie et écrite de la main de son frère Zachiel. Elle attestait de la mort tragique de leurs parents, hélas emportés par le don de Puantrus avec la moitié de l’avant-poste où ils vivaient. Si les mots élégamment écrits de son plus sensible frère lui juraient qu’ils l’avaient aimé jusqu’au bout malgré “l’écart” l’ayant mené dans l’arène, Alasker s’estima trop futé pour y croire réellement. Ses géniteurs n’avaient pas attendu qu’il commette une faute pour cesser de lui donner des nouvelles. Six ans s’étaient écoulés sans qu’aucun Crudelis ne daigne lui adresser une lettre. Le géant n’en éprouva aucune rancune, seulement une timide tristesse. Il se savait, depuis toujours, difficile à aimer. Et sa réponse, claire et concise, demeura le seul ersatz d’échange que le lycan eut avec le reste de sa famille pour les années à venir.
    “C’est la vie, qu’est-ce qu’on peut y faire? J’espère que tout va bien pour toi, mon frère, je t’ai toujours apprécié.”
    Ce double deuil le marqua peu, car il avait fort à faire, pour renouer avec la vie civile et militaire. L’appétit que l’arène et sa violence constante avait éveillé en lui ne pouvait désormais être assouvi impunément et ses premiers jours passés en ville furent accompagnés d’une angoisse terrible, issue de la crainte de sa propre instabilité. Le loup avait goûté à la viande humaine et en redemandait. Toujours affamé, il mordait l’esprit de l’homme dans l’espoir de le faire lâcher prise ne serait-ce qu’un court instant, pour prendre le contrôle et tuer une fois de plus.
    Mais l’homme tint bon. Il s’entraina. Plaisanta avec ceux qui trouvaient le courage de lui adresser la parole. S’efforça de rattraper ses années de retards concernant l’histoire de l’Empire en consultant, pour la première fois, des ouvrages écrits par des lettrés plutôt que les ennuyeux rapports militaires qu’il avait coutume de lire, jadis. Et s’entraina encore. Son corps, épuisé par des mouvements et des passes d’armes qu’il avait perdu l’habitude d’exercer, tombait d’épuisement chaque soir pour se relever mécaniquement le lendemain, tordu par les courbatures.
    Puis, un jour, une première mission fut confiée à la petite troupe de Fictilem. Et ils purent quitter la ville pour rejoindre un champ de bataille de plus.

    Une belle nuit

    Scipion avait dix neuf ans depuis tout juste une semaine et il était déjà l’homme le plus rapide de son détachement. Le rôle de messager semblait avoir été conçu sur mesure pour ses talents, puisque le petit homme, en plus d’avoir une mémoire extraordinaire et d’être capable de courir presqu’aussi vite qu’un cheval au galop, était à la fois agile et discret. En outre, sa maîtrise sommaire de la magie lui avait permis de développer une nyctalopie le rendant aussi précis qu’un hibou, en pleine nuit. La faiblesse de ses bras et sa peur maladive d’abimer son visage angélique et imberbe faisait de lui un bien pitoyable guerrier, mais fort heureusement, personne n’essayait jamais vraiment de le faire aller au combat. A la place, il courait et portait des messages à ceux qui agissaient loin de l’empire, dans l’ombre.
    L’endroit qu’il devait rejoindre cette nuit était bien moins sinistre qu’en général : Une auberge, réquisitionnée par la troupe d’un certain Deydreus Fictilem, posée aux abords du croisement des Marchands, à cinq ou six lieues de la frontière de Melorn. Le froid restait le seul vrai problème, puisque les soldats sur place avaient apparemment établi un périmètre de sécurité englobant même le sous-bois bordant le croisement. Une bonne chose, puisque Scipion n’avait jamais aimé les ombres que projetaient les branches des arbres, la nuit.
    Surtout dans des coins si reculés.

    Un craquement, derrière-lui, le fit sursauter tandis qu’il s’efforçait de trouver un passage entre une mare gelée et un buisson épineux. Le jeune messager manqua de crier. Il détestait vraiment les arbres. Originaire du désert, il avait vu sa première vraie forêt à l’âge de quatorze ans, de jour, et l’inimaginable épaisseur de la végétation l’avait marqué durablement. Comment pouvait-on assurer ses arrières en pareil lieu? Un mystère de plus, qui, à ses yeux, donnait aux bûcherons des airs de gladiateurs au courage inégalable.
    Pourtant, malgré tous ses à-priori concernant les forêts et les sous-bois -et peut-être un peu rassuré par le soi-disant périmètre de sécurité déclaré par la troupe- il avait opté, une fois de plus, pour l’idée de braver sa peur en prenant le chemin le plus court : Les bois.
    Cela faisait une bonne demi-heure maintenant qu’il pataugeait et jurait entre ses dents à chaque fois qu’un craquement, qu’un couinement ou pire, qu’un grondement, se faisait entendre, mais Scipion tenait bon. C’était un défi de plus à surmonter. Quelque chose qu’il pourrait un jour, fièrement, raconter à ses enfants.
    À condition, bien sûr, qu’aucun ours ne vienne le bouffer entretemps.

    Il glissa le long de la glace fendue de la mare et sauta par-dessus un arbre abattu. Puis, une autre partie de la lourde étoffe qu’il portait sur les épaules resta accrochée à un nid de ronce. Un soupir s’échappa de ses lèvres craquelées, et la chaleur de son propre souffle forma un petit nuage devant lui qu’il eût envie de ravaler, dans l’espoir de se réchauffer un peu.
    Soudain, une lueur dans les ténèbres. Celle d’une flamme, s’échappant d’une torche, elle-même portée par un bras humain encore rattaché au corps de son propriétaire. Il manqua de crier son allégresse mais se contenta d’un petit rire.
    Aussitôt, un couteau de lancer se planta dans le tronc d’arbre sur sa droite. Le messager émit un couinement de peur qui aurait pu s’apparenter à celui d’une chauve-souris, en plus aigüe.
    “-Qui va là?” Gronda le porteur de torche. Un homme de taille moyenne, sa main libre dangereusement proche de son épée.
    “-Un messager !” Répondit Scipion d’une voix faible.
    “-Comment?!
    -Un messager ! Du commandant Vignur !
    La main s’éloigna de son pommeau.
    “-Ah ! Bah ‘faut s’annoncer mon gars !
    -C’est ce que je fais !
    -Allons bon !” Cette dernière exclamation fut accompagnée de quelques rires, dont certains venaient de derrière le messager. Il frissonna. L’homme à la torche n’était pas seul. Ils l’observaient depuis longtemps, probablement. “Bah amènes-toi dans la lumière mon gars, qu’on voit si t’as une tête de conspirateur !
    Scipion s’exécuta sans un mot. Mais à chaque fois que le messager faisait un pas en direction du porteur de torche, celui-ci reculait de deux. Après un court instant de flottement, il comprit qu’on l’amenait jusqu’à son objectif. Les murs de pierres gelés de l’auberge apparurent entre les branchages. Ils quittèrent le bois. Et c’est à la lumière de la lune qu’on l’inspecta. Deux autres soldats, provenant des ombres dans son dos, l’attrapèrent par les bras pour le poser devant celui qui l’avait amené ici. Il n’y opposa pas la moindre résistance.
    “-J’sais pas trop.” Commença l’inspecteur en saisissant une mèche de ses cheveux blonds pour la tirer en avant et lui arracher un grognement de mécontentement. “J’sais pas si t’es vraiment un messager mais en tout cas, c’qui est sûr, c’est qu’t’es pas un combattant.
    Le chemin boueux sur lequel ils avaient atterri était couvert de traces de pas. Scipion, comme tout bon messager, avait suivi une formation en pistage et en repérage. Ces traces-ci appartenaient à une troupe de soldats en armures, qui avaient piétiné dans la terre trempée pour ne pas s’y enfoncer. Il y avait eu de la confusion, beaucoup. Et certains s’étaient effondrés...Ca et là, des sillons -aussi larges que profonds et n’ayant pu être causés que par des soldats rampants pour leurs vies, se remplissaient petit-à-petit d’eau de pluie. Dans certaines flaques, le messager cru discerner, à la lueur de la torche, la présence d’un peu de liquide carmin, dilué dans l’eau.
    “-Qu’est-ce tu veux annoncer, mon ptit gars?
    -J’ai un message codé, que j’dois transmettre à votre supérieur.” Récita, comme il l’avait appris, Scipion.
    “-Supérieur, qui est?
    -Fi…Fictilem !
    Court silence. L’un des hommes rit puis haussa les épaules.
    “-Ca a pas l’air d’être du chiqué.
    -Bon.
    Sans ménagement, le porteur de torche l’attrapa par l’épaule et le tira avec lui, en direction de l’entrée de l’auberge. Deux marches en bois, glissantes et partiellement couvertes de mousses les séparaient de la porte, et à droite de ces dernières, une mangeoire à chevaux renversée reposait au milieu de quelques fleurs étranges, aux pétales blanches luisant à la lune.
    Le soldat frappa à la porte puis s’immobilisa. Après un temps, une voix manifestement enrouée lui accorda le droit de passage. Ils entrèrent.

    A l’intérieur, il faisait bon. Un lustre de fers aux innombrables bougies se balançait faiblement au bout d’une chaîne, suspendue à la poutre centrale d’une pièce plus longue que large. A l’autre bout de la salle, un feu aux flammes réconfortantes finissait de dévorer deux buches empilées l’une sur l’autre, au sein d’une cheminée de pierre. Sur le sol au parquet grinçant, il y avait les traces d’un déménagement récent. On avait retiré des bancs, des tables et des chaises de leurs places, le long des parois Est et Ouest. Il ne restait plus qu’une seule table, située juste en-dessous du lustre, où un seul et monstrueux type était assis, face à un énorme poulet dégoulinant de sauce. Il les salua d’un hochement de tête, sans cesser de mâcher.
    “-Le gars dit qu’il a un message.” Lâcha l’accompagnateur de Scipion, sa main gantée toujours fermement refermée sur son épaule.
    “-C’est probablement parce qu’il en a un, du coup.” Hasarda le mangeur.
    A cet instant, le messager prit conscience que la voix de ce guerrier n’était pas “enrouée” mais simplement exagérément grave.
    “-Retourne à ton poste, fiston. Je m’occupe du petit.
    Le soldat hocha la tête sans un mot, puis projeta le “petit” en avant, pour aussitôt disparaître de nouveau. Pour la première fois, l’homme à la voix de baryton quitta sa pitance des yeux pour le regarder. Scipion manqua de sursauter en découvrant que, dans ses orbites, siégeaient deux grands orbes gélatineux à la noirceur insondable. L’énorme couteau de chasse qui servait de couvert au géant se pointa en direction de la place, face à lui.
    “-Assis. J’imagine que t’as faim.
    C’était vrai, bien sûr. Mais il l’avait complètement oublié. Même le fumet de la viande blanche ne pouvait le tirer des ténèbres de ces grands yeux noirs noirs. Scipion demeura là, sans bouger, jusqu’à ce que, finalement, le type cligne des yeux et se détourne pour s’adresser au néant, derrière-eux.
    “-Chef ! Apporte un deuxième poulet !
    Le lustre au-dessus d’eux grinça.
    Une voix étouffée franchit le petit escalier ascendant, juste à droite de la cheminée :
    “-Tout de suite messire !
    Ledit “messire” gloussa puis replongea le nez dans son plat. Scipion vint s’installer sur le banc face à lui. Il était vraiment monstrueux. Outre ses yeux noirs, son corps n’avait pas grand chose d’humain. Aussi large que la table et assez grands pour le paraître, même assis, il émanait de lui un sentiment d’urgence, de danger. Le messager devait de toutes ses forces se concentrer pour ne pas s’enfuir en courant.
    “-Alors, c’est quoi ce message?
    -Vous n’êtes pas Fictilem.
    Le géant s’arrêta de mâcher et releva les yeux pour lui adresser un sourire. La vue de ses dents pointues manqua de vider la vessie de Scipion.
    “-Sans blague.
    Il y avait quelque chose d’étrange, dans sa voix. Quelque chose de bestial. C’était comme si un animal tentait de faire fonctionner les cordes vocales d’un homme. Il aboyait, plus qu’il ne parlait.
    “-Je dois parler à votre chef.
    -Il dort.
    -Il…Dort?
    -C’est son privilège de chef. Il dort. Et je monte la garde.” Cette dernière affirmation, bien que prononcée d’un ton neutre, sonnait comme une menace et un avertissement. Soudain, un souvenir frappa le messager. Un souvenir lointain, à la fois joyeux et terrifiant. Il se revit, assis dans les gradins, à acclamer la bête la plus affreuse que ses yeux d’ados n’aient jamais vu.
    Tout devint clair.
    “-Vous êtes l’Enragé.
    Les mastications cessèrent encore et quelque chose se mit à briller, au fond des ténèbres siégeant dans le regard du géant.
    “-Tes parents t’ont drôlement élevé si tu traînais dans les arènes, si jeune.
    -Je vous ai vu contre Ghazkull, l’orc noir.” Répondit Scipion en sentant sa peur s’envoler.
    “-C’est bien ce que je dis.” Râla l’ancien gladiateur.
    Des pas rapides se firent entendre, dans les escaliers. Un homme très gras, portant un plat aussi fourni que le premier, fit irruption dans la salle. Ses traits étaient tirés par l’inquiétude et le manque de sommeil. Iratus lui faisait peur, sans l’ombre d’un doute. Et Scipion ne pouvait que le comprendre.
    “-Voici.” Se pressa le moustachu, en posant le plat à côté du premier.
    “-C’est pour le p’tit.
    Le plat atterrit aussitôt devant le désigné, puis le serveur s’éclipsa aussi vite que sa condition le lui permettait.
    “-Je vous croyais mort.” Risqua Scipion.
    “-Je vais mieux. Mange.
    Le messager s’exécuta. A la première bouchée, le souvenir de la faim le frappa avec la violence d’une masse. Ils mangèrent, silencieusement. Iratus ne prenait pas la peine de dépiauter sa viande. Il croquait les os avec le reste, sans effort. Exactement comme à l’époque de l’arène.
    Sans grande surprise, le petit estomac de Scipion fut vite rempli, et il eût alors le loisir de se rappeler des motifs de sa visite.
    “-Je dois parler à Fictilem.
    Son camarade de table avait fini de manger aussi et s’occupait désormais en passant une pierre à aiguiser sur la lourde lame de sa hache de guerre.
    “-Il dort. Tu peux me donner ton message et je lui transmettrais, ou alors tu peux attendre le matin.
    -Mes ordres sont clairs.
    -Alors attends et poses les questions qui te brûlent la langue.” Gronda le géant, en levant les yeux au ciel.
    Scipion ne se fit pas prier.
    Iratus, de son vrai nom Alasker, y répondit sans hésiter. Il lui expliqua comment, après trois ans d’arènes et de combats, il avait rejoint la troupe de son commandant et juré, de nouveau, fidélité au Reike.
    Le regard perdu dans le vide, le guerrier à l’armure d’Airain conta au messager à quoi ressemblait la guerre contre les titans. Comment ils avaient tué, sans relâche, leurs sbires, comme des milliers d’autres soldats l'avaient fait, tandis que les grands de ce monde s’étaient escrimés à stopper cette crise. Il parla de la mort de certains de ses frères d’armes. Des monstres et des bandits qu’ils avaient brisé au nom de l’Empire. De la ferveur de son commandant et du courage des hommes de rang. Parfois, la colère s’inscrivait sur ses traits. Et puis un sourire venait la briser, alors qu’une anecdote amusante lui revenait en tête.

    Plus tard, Scipion repenserait souvent à cette nuit étrange, où un loup-garou en armure de bronze lui avait confié les secrets d’une vie entière de guerre et de morts. Une geste bien sombre, contée par un être trop content de pouvoir enfin confier à quelqu’un ne serait-ce qu’une partie de ses songes. Sans l’ombre d’un doute, penserait alors le Messager, Iratus avait, autant que lui, besoin de parler de sa vie. Peut-être pour faire le point. Peut-être simplement pour que quelqu’un s’en souvienne.
    Ca avait été une belle nuit.

    A l’aube, Alasker fixait sa hache avec un air satisfait.
    “-Le patron se lève aux aurores, ça ne devrait plus tarder maintenant.” Affirma-t-il, en posant l’arme à côté de lui, debout contre le banc.
    A cette nouvelle, Scipion se rembrunit, et pris conscience qu’il était fatigué. Une dernière question le démangeait, néanmoins.
    “-Qu’est-ce qui s’est passé, ici?
    Alasker haussa les épaules.
    “-Les conspirateurs avaient tendance à se retrouver ici-bas, parce que le tenancier partage leurs croyances. Ils ont barricadé la porte lorsque nos gars sont tombés sur les leurs, mais je suis entré par la fenêtre de l’étage.
    Scipion avait remarqué qu’Iratus ne disait presque jamais directement qu’il avait tué ou frappé quelqu’un. Il se contentait d’expliquer comment il était arrivé face à sa cible et la suite s’imposait tant et si bien d’elle-même que nulle précision n’était nécessaire.
    “-Ils étaient dix-huit.” Précisa le géant, devinant sa prochaine question. “Mais la plupart n’étaient pas des combattants. Juste des gras du bide, habitués à se foutre les pieds sous la table et à dire aux autres de faire le sale boulot. Ils se sont rendus très vite.
    -Vous les retenez prisonniers à l’étage?
    -Non. Dehors.
    Il y eut un court silence.
    Et puis le bruit des bottes du chef de la troupe se fit entendre, dans l’escalier.

    Son message délivré, Scipion se mit en tête de repartir immédiatement, malgré la fatigue. Après avoir écouté un tel récit et avalé un tel repas, il se sentait d’humeur à déplacer des montagnes et savait qu’il aurait rejoint le camp de base avant midi, si la météo était bonne. Alasker le raccompagna à la sortie et ferma la porte derrière-lui. La tape dans le dos amicale qui lui attribua en guise d’adieu manqua de le déséquilibrer et le faire tomber des escaliers, mais il tint bon et refusa même de frissonner au premier courant d’air. Dehors, quelques hommes montaient la garde en piétinant. Une fine couche de givre s’était formée sur la boue, ce qui la rendait, étrangement, moins glissante que la veille.
    Un soldat, cramponné à sa lance et emmitouflé dans une épaisse peau de bête le salua d’un hochement de tête. Scipion le lui rendit avant de porter son regard aux cieux, pour vérifier qu’aucun nuage menaçant n’approchait.
    Son visage se décomposa.
    Le ciel était dégagé, le vent, pas trop fort. Mais…Au bout des plus hautes branches des arbres du bois… pendaient les corps éventrés d’une vingtaine d’hommes sans armures.
    Scipion n’eut nullement besoin de les compter pour savoir qu’ils étaient dix-huit. S’armant de courage, il se mit en marche en direction des bois en s’efforçant de fixer le sol et d’oublier les visages bleuâtres de ces pauvres types. C’était une chose d’entendre un soldat parler de la guerre, mais c’en était une autre de voir ce qu’elle entraînait.
    Incapable de s’en empêcher, le messager, une fois assez loin dans les bois pour être sûr de ne pas voir les corps suspendus, se retourna en direction de l’auberge, par curiosité.
    C’est là qu’il vit Alasker, traînant derrière-lui le gros corps gigotant du tenancier jusqu’aux racines d’un arbre. Une corde pendait dans sa main libre. Alors, Scipion se détourna. Et jamais, il ne parla à quiconque de sa rencontre avec Iratus.


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    Esclavage : Alasker a passé plusieurs années en tant qu'esclave gladiateur. Une telle expérience pourrait laisser croire qu'il est contre sa pratique, mais, au contraire, il en est un fervent défenseur. Pour lui, la servitude reste une bonne punition et un bon moyen d'apprendre la dureté de la vie. Cette conviction, qu'il affiche ouvertement lui a permis de se faire quelques contacts, parmi les esclavagistes de l'Empire.
    Suprémaciste impérial : Bien que moins fanatique que beaucoup, Alasker reste tout de même persuadé que l'Empire est la seule puissance mondiale méritant de dominer les autres.
    Lutte contre les titans : Alasker, bercé par les récits des héros d'autrefois, a toujours voulu tuer de ses mains un titan. L'impossibilité de la tâche ne l'empêche pas d'espérer, chaque jours, d'en rencontrer un.

    derrière l'écran

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    Alasker Crudelis
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    Info personnage
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    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t889-alasker-crudelis-iratus-termine
  • Ven 18 Nov - 13:32
    ENFIN

    Je vous informe que ma fiche est officiellement TERMINÉE
    Mairesse de Courage
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    Koraki Exousia
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    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t109-koraki-exousia-mairesse-de-courage-terminehttps://www.rp-cendres.com/t143-clients-et-detracteurs-de-l-ambrosiaque-koraki-exousiahttps://www.rp-cendres.com/t142-koraki-exousia-mairesse-de-courage
  • Lun 21 Nov - 2:42
    Re-bienvenu à toi !

    Et oui, au final, c'est moi qui me charge de ta fiche. Parce que j'aime souffrir, tu comprend ?

    Que dire, d'ailleurs, de cette petite fiche ?

    C'était dense.
    C'était long.
    C'était agréable à lire, surtout.

    Sur un tel travail, je m'attendais à trouver quelques incohérences et quelques incompréhensions de lore.

    Même pas. Hormis le désormais traditionnel "Tensaï", qui est un personnage, au lieu de "Taïsen", pour le nom de cette ville (et que je ne vais certainement pas te reprocher), je n'ai rien trouvé de flagrant. A la rigueur, au moment du meurtre de ton ancien commandant ai-je haussé un sourcil en me disant que jamais cela ne passerait, que ce serait trop facile le coup de Holmgang et ... C'est la direction que tu as pris. Tu as très bien justifié les raisons et les conséquences de cet acte, et tout cela d'une manière qui me semble tout à fait crédible.

    Pour le reste, que dire ?
    Et bien que je ne veux pas rencontrer ton personnage. A aucun moment. Jamais. Never.

    J'aime trop la vie pour ça.

    Et sur ce, te voici dès à présent validé !

    Puisses-tu occire un jour un Titan de tes mains Smile


    Alasker Crudelis - Iratus [Terminé] 98e0

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