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  • Jeu 27 Avr - 18:41
    3 avril de l’an 4

    Le coup d’aile le prit par surprise, l’assommant à moitié sous une avalanche de plumes et le claquement menaçant d’un bec à quelques centimètres de son oreille. Aedel glapit et rentra la tête dans les épaules, tentant de se protéger de son mieux malgré la situation précaire dans laquelle il se trouvait.
    On l’avait informé, quelques jours auparavant, de la présence d’une griffonne en mauvais état, clairement habituée à la présence bipède mais incapable de prendre son envol. Après de nombreux efforts et quelques tentatives d’abord maladroites puis plus affirmées, le touffu était parvenu à amadouer la femelle et à l’emporter jusqu’à chez lui. L’arrivée du lycanthrope tirant à la force de ses bras une charrette sur laquelle était installée la superbe créature avait tiré quelques sourires à ses employés de maison.

    Depuis, la griffonne séjournait chez lui et bénéficiait de ses soins, au même titre qu’un chat errant blessé à la patte, un cheval souffrant d’un abcès et une petite nichée de souris qui avait élu domicile dans le toit de l’écurie. Son apparence effrayante n’empêchait pas certains souriceaux de venir se loger dans sa fourrure et d’y jouer à cache-cache également.
    Il s’agissait d’une de ces rares journées où il restait chez lui pour le simple plaisir d’arpenter ses couloirs, de se vautrer dans ses coussins démesurés et de s’occuper de ses hôtes à poils, plumes ou écailles pour s’assurer de leur bien-être. Le fait que la griffonne apprécie peu d’être approché par un autre bipède que lui ne permettait de toutes façons pas à ses employés de s’occuper d’elle comme ils le feraient avec les autres occupants. D’autant qu’il attendait toujours une réponse à sa candidature comme Pléïade et que le stress commençait tout doucement à lui tordre le ventre. S’occuper des autres, s’occuper la tête en dehors de l’université semblait être une bonne idée, d’autant qu’il avait pris de l’avance sur ses études et pouvait se permettre quelques jours sans s’y rendre.

    Je t’avais prévenue que ça allait piquer,” reprocha-t-il à mi-voix, l’aile de la griffonne toujours à moitié déployée, prête à s’abattre à nouveau sur sa tête. Ce qu’elle fit d’un petit coup comme pour entériner son mécontentement lié au traitement qu’il appliquait avec précaution.

    Elle était parfaitement en mesure de lui répondre grâce au pouvoir de communication avec les animaux mais elle tourna le bec, le levant avec dédain comme pour refuser de reconnaître sa prévention. Aedel grogna tout bas et déplaça la concoction qu’il avait réalisée avec les conseils d’un autre médecin de l’université sur le côté après l’avoir refermée et s’empara d’un bandage de lin doux.

    Ca devrait réduire l’infection,” dit-il tranquillement tout en touchant légèrement l’articulation de la griffonne. “Peux-tu fléchir s’il te plaît ? Pour que je puisse enrouler ceci autour ? Ca maintiendra l’onguent en place pour qu’il puisse faire effet plus longtemps en plus de protéger la plaie.

    Elle claqua sèchement du bec avant de s’exécuter avec grande réluctance, fléchissant légèrement le genou jusqu’à ce qu’il puisse enrouler le bandage autour de la plaie, articulant chaque passage de sorte à ne pas le serrer trop ni gêner les mouvements de la griffonne.

    Comment se porte ton aile ?

    La plaie de sa patte avant était légère mais résultait d’être restée trop longtemps sans soin tout en devant effectuer un trajet forcé sur de longues distances. L’incapacité à s’envoler qui avait conduit Lupin jusqu’à elle, en revanche, était dûe à une articulation de son aile qui s’était déboîtée. Elle refusait de raconter son histoire, de lui expliquer ce qui s’était passé, mais dans les faits : l’articulation était restée telle quelle pendant suffisamment longtemps pour que l’inflammation des tissus se soit bien installée. Le gonflement qui en avait résulté avait rendu la réduction particulièrement douloureuse et compliquée et c’était peut-être ce qu’il surveillait de plus près, conscient qu’un mauvais traitement pouvait l’handicaper à vie ou en tout cas rendre le vol inconfortable voire dangereux.

    Douloureuse,” lâcha-t-elle à contrecœur.  
    Tu la gardes bien immobilisée ?
    Ce n’est pas comme si l’horrible chose dans laquelle tu m’as enroulée me permet de faire quoique ce soit avec,” répliqua-t-elle vertement.
    Est-ce que tu veux que j’applique l’onguent qui soulage la douleur ? Sinon il y a toujours le médi-
    Non, ta pâte répugnante, je m’en passerais bien,” le coupa-t-elle. “Je veux bien l’onguent,” ajouta-t-elle cependant, plus lentement.

    Il hocha la tête sans se formaliser et, une fois le bandage sécurisé, s’en alla chercher l’onguent nécessaire.

    Les mains couvertes de l’onguent, massant prudemment l’articulation malmenée, les oreilles du Lupin se dressèrent soudain lorsqu’il entendit, malgré la distance, le son reconnaissable entre mille de quelqu’un frappant à la porte à l’aide du heurtoir en forme de tête de loup. Aujourd’hui, personne n’était là. Le Lupin étant présent, le personnel était réduit à peau de chagrin, la plupart vaquant à leurs propres occupations ou s’occupant de tâches annexes comme le potager qu’il avait installé pour subvenir aussi bien à ses besoins qu’aux leurs. Il baissa la truffe sur ses mains couvertes d’onguent et grommela avant de se lever :

    Sois prudente, je reviens finir le soin plus tard,” adressa-t-il à Douceplume avant de s’éloigner rapidement.

    A peine avait-il fait trois pas que le Lupin s’effondra sous une boule de plumes et de poils. Il avait bien noté la présence du petit griffon l’attendant au tournant mais la personne à la porte lui ayant fait oublier, il glapit de surprise avant de lâcher un grognement sourd à l’impact au sol. Son agresseur, allègre, caquetait de rire et se cramponna à la fourrure du lycan lorsque celui-ci se releva précipitamment sans se formaliser, plus pressé de répondre à la porte qu’autre chose.
    Douceplume n’était pas arrivée seule et son petit s’était habitué à ses environs avec une rapidité et une aisance rare, s’accoutumant sans peine des bipèdes qui allaient et venaient, sans parler des quelques règles qui régissaient les lieux.

    Il entra dans la demeure par la porte arrière, bénissant les étoiles pour l’absence de ses domestiques, conscient qu’il en aurait eu pour son grade s’il avait été surpris à rentrer sans s’être brossé auparavant.

    Et peut-être aurait-ce était préférable car lorsqu’il ouvrit la porte, il se retrouva nez à truffe avec Gabriel Fortuna.

    Aurait-il été humain, il en aurait pâli nettement mais sous sa forme lupine, le grand lycan se figea seulement, ses oreilles bien droites sur sa large gueule, cette dernière ouverte sur un “Oui ?” poli qui resta coincé dans sa gorge. Soudain devint-il conscient de la poussière qui recouvrait sa fourrure des pattes aux coudes et genoux, de la paille qui devait s’être coincée par endroit, des plumes - de griffonne et petit griffon - qui s’échappaient par endroit. Du petit griffon en question toujours agrippé à ses épaules dont le bec pointait par-dessus son épaule, les grands yeux du petit rivé sur la nouvelle bipède. De la souris qui se faufilait discrètement entre les poils de ses omoplates, peu inquiète par la présence du jeune griffon.

    Et face à lui, Gabriel était aussi immaculée qu’à l’ordinaire, sa posture impeccable, son expression neutre et froide, son calme inébranlable.

    Et lui, crasseux de la tête aux pattes, ne portant qu’un pantalon pour toute tenue, le reste de sa personne glorieusement touffue.

    Refermant la gueule dans un claquement sec, Aedel se redressa et se racla la gorge :

    Bonjour Gabriel,” parvint-il à prononcer prudemment. “Que me vaut le plaisir de ta visite ?

    Sur le sommet de son crâne, la souris, triomphante, émergea entre ses oreilles et glissa le long de son front jusqu’à atterrir sur son museau où elle se rattrapa de justesse, se cramponnant à l’aide de ses minuscules doigts griffus.
    Sentant comme s’il était actuellement en train de dire adieu à toute chance de devenir Pléïade, Aedel émit un léger son plaintif, son regard rivé sur le petit rongeur qui lui présentait son séant, la souris dont le petit nez frémissait tandis qu’elle considérait l’humaine. Il renifla tout bas et attrapa prudemment la petite rongeur au creux de ses doigts griffus, la tenant avec toute la douceur du monde, il s’accroupit et la posa au le sol.

    Retourne avec les autres,” lui chuchota-t-il tout bas.

    Elle se dressa sur ses postérieures, reniflant l’air dans sa direction puis dans celle de l’humaine avant de déguerpir sans demander son reste.
    Aedel se redressa, toujours conscient du petit griffon qui lui servait de sac à dos, et inclina la tête en direction de la représentante des élèves. Il indiqua l’intérieur de la demeure d’un geste de la main :

    Puis-je t’inviter à boire quelque chose ?
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 2 Mai - 23:36
    Être une petite souris
    Feat Le Lupin


    Visite de routine...

    Plus ou moins... Voilà maintenant quelques temps que tu avais pris tes fonctions de Représentante un peu par la force des choses. Naturellement, si on condamnait ta rigueur et ta neutralité lorsqu'il s'agissait d'entreprendre des relations sociales avec toi, on louait ces mêmes défauts qui faisaient de toi une personne de confiance dans les fonctions que tu exerçais. Les autres étudiants, connaissant naturellement ta réputation immaculée, c'était tout bonnement organisé pour te placer à la tête de l'organisation scolaire.

    Évidemment, tu n'avais pas rechigné à accepter la position, pensant, à juste titre, que cela irait t'ouvrir des portes de connaissances que tu te savais fermée si tu refusais la proposition. De plus, pour toi, ceci n'était qu'une formalité, une ligne de plus dans ton quotidien pourtant chargé. Tu vivais cela avec une facilité déconcertante si bien que tu en déroutais plus d'un, Eloise la première. Même si tu avais été élevé dans cet usage, il n'en restait pas moins que tu avais un talent exceptionnel lorsqu'il s'agissait de respecter les règles et les normes.

    L'administration n'avait aucun secret pour toi. Tu en retenais les subtilités et savait triompher des flous laissés volontairement.

    Et en ce jour, tu ne faisais que remplir l'une des nombreuses fonctions que tu exerçais à Magic... Tu étais devenue la Gardienne du Conseil, celle qui donnait sa dernière voix et qui faisait en sorte que les Pléiades rejoignant ce cercle restreint puissent être en accord avec la volonté de l'intégralité des élèves. Si ton influence n'allait pas plus loin, tu travaillais de concert avec les autres Pléiades afin de t'assurer d'une cohérence et d'une bonne harmonie parmi tout les castes de l'Académie.

    En somme, ta fonction était la preuve que vous exerciez dans un environnement sain où chacun avait le droit à la parole. Une démocratie à l'image de la République.

    Pourtant ta visite était aussi bien formel qu'informel. On ne t'avait jamais demandé de faire cela de manière explicitement. Il était rare de voir un prétendant au titre de Pléiade, et tu n'aurais pas pensé que cela se fasse aussi tôt depuis ton élection. Forcément, il te manquait l'expérience en la matière, n'ayant jamais eu à juger encore pareil cas, mais cela était destiné à se reproduire. Autant prendre les meilleurs habitudes possible le plus tôt. Ton jugement n'était pas le seul à importer, mais tu ne devais pas le prendre à la légère.

    - Monsieur Aedel.

    Tu fixais l'homme dans un visage neutre qui n'était pourtant pas autoritaire. Simplement là... Comme une statue de granit qui ne pouvait bouger que difficilement. Néanmoins, tu te perdais à un très léger sourire en coin, indiquant la bienveillance de ta présence. Si tu étais ici, ce n'était pas pour condamner qui que ce soit, simplement pour apprendre à connaître la personne derrière la fonction potentielle qu'il serait à même d'exercer. Avant de ne devenir qu'une entité au service de Magic, il fallait apprendre à connaître sa vie présente et passée.

    - Une visite amicale, afin d'échanger de ce qui pourrait se passer dans l'avenir proche.

    Hochant la tête face à son hospitalité, tu venais l'espace d'un instant à perdre ton regard sur sa dégaine, sa prestance salit par l'effort du travail. Chez cette personne se dégageait tout une multitude de fragrances, de la plus élégante à la plus bestiale. Nul doute qu'en franchissant le pas de sa porte, tu rentrais dans un univers totalement isolé du reste de la République. Pourtant, tu ne condamnais nullement ce côté de sa personne, son approche très rustique et altruiste de la vie.

    Mais quelle ménagerie...

    - Je ne prendrais qu'un verre d'eau s'il vous plaît.


    Toujours très simple, tes goûts contrastaient lourdement avec tes origines bourgeoises et ton apparence angélique. Quelques dossiers sur les bras, tu venais à prendre position là où t'indiquait, laissant traîner ta plume à l'encre magique sur un carnet de note. A peine étais-tu rentrée que tu commençais déjà à retranscrire tes observations. Ta parole bien que cruciale, serait aussi d'or lorsque le jugement serait appliqué.

    - Vous n'êtes pas censé ignorer les démarches qu'impliquent votre demande de rejoindre les Pléiades. Naturellement, il revient à la Représentante de donner son avis, et je tenais à ce que celui-ci ne soit pas entaché par l'ignorance.


    Protocolaire au possible, tu n'indiquais pas ta position sur cette affaire, car pour le moment, tu n'en avais pas. Depuis longtemps maintenant, tu avais toujours cherché à te détacher de ces jugements au premier coup d’œil, déformé par les préjugés et le vécu personnel. Cette personne ne devait pas te correspondre à toi, mais bel et bien à l'ensemble de Magic. De ce fait, tes attentes n'étaient pas les tiennes mais celle de Magic, du moins, tu cherchais à t'en approcher le plus possible.

    - Pardonnez mon ton direct, mais j'ai beaucoup à observer et sans doute pas assez de temps pour vous connaître comme je le devrais. Pourriez-vous en premier lieu les raisons de votre projet ? Évidemment, je ne suis pas ignorante de celles-ci, mais je tiens à les entendre de votre voix.


    Il était presque effrayant de voir que malgré le chaos ambiant, tu n'étais nullement perturbée. Pas le moins du monde, pas même une seule seconde.

    CENDRES
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mer 17 Mai - 15:03
    … Il y avait quelque chose de foncièrement… apaisant dans le manque total de réaction de la part de la jeune femme et Aedel se sentit se détendre, à sa grande surprise. S’écartant de l’encadrement de la porte pour laisser Gabriel Fortuna entrer, le lycan fit un pas à l’extérieur pour sortir lui-même :

    Permettez-moi un instant,” demanda-t-il poliment avant de refermer partiellement la porte. “J’ai besoin que tu me lâches maintenant,” demanda-t-il au petit griffon, “juste… s’il te plaît…” grogna-t-il sans conviction tout en se débattant avec les serres déjà de tailles respectables plantées dans sa fourrure. “Ne complique pas les choses, promis tu peux revenir après,” grommela-t-il.

    Après quelques secondes de désengagement avec la petite bestiole, Aedel finit par se libérer et par s’ébrouer vigoureusement. Un nuage de poussière fleurit autour de lui qu’il échappa de quelques pas de côté avant de se frotter attentivement, délogeant la paille qui avait élu domicile dans les parties les plus fournies de sa fourrure. Il pouvait probablement faire mieux mais sans un miroir et l’opportunité d’un bain, l’exercice allait s’avérer compliqué.
    Revenant vers le griffon qui attendait sagement à côté de lui, Aedel se pencha et s’empara de lui pour le placer sur ses épaules. Les pattes arrières du petit posées sur ses épaules et le haut du corps étalé sur l’arrière de sa tête, le bec du griffon se reposa sur le sommet du crâne du lycan et c’est avec son compagnon installé de la sorte qu’il rentra à nouveau chez lui.

    Gabriel s’était installée là où il lui avait indiqué la possibilité. La demeure était vaste et certains endroits bien plus ornementés et adaptés à son statut d’héritier d’une famille réputée mais ils se trouvaient actuellement sur la partie plus “rustique” de la demeure, connectée au corps de ferme et aux écuries et autres installations destinées à prendre soin des créatures qui échouaient, d’une manière ou d’une autre, entre les pattes du lycanthrope le temps de se remettre en état avant de retourner à l’état sauvage ou domestique.
    La table épaisse aux pieds larges dont le bois noueux faisait face à un âtre dans lequel brûlait un feu au-dessus duquel était installé de quoi accrocher marmites, théières et autres poêles. L’espace était généreux et chaleureux mais manquait des énormes coussins, poufs et fauteuils qu’Aedel affectionnait tant, des bibliothèques couvertes de volumes et rouleaux qu’il aimait à lire, relire et découvrir.

    Toujours accompagné de son compagnon à poils et à plumes, Aedel entreprit de servir un verre d’eau à la jeune femme qu’il déposa doucement devant elle. Il n’avait pas eu beaucoup d'occasions d'interagir avec elle autrement que de loin. Tout comme on devait parler de lui, il avait entendu parler d’elle mais là où beaucoup semblaient mis à mal par sa présence, elle l’apaisait quelque peu. Seule son absence d’expression faciale et corporelle le mettait mal à l’aise, lui qui reposait beaucoup sur le langage corporel.

    La déclaration formelle de la représentante des élèves le fit se redresser, le dos droit et la gueule haute comme s’il devait être jugé à l’instant T, prêt à répondre aux questions si nécessaire. Il hocha lentement la tête et ouvrit la gueule, articulant nettement :

    J’en ai conscience,” déclara-t-il et il sourit, l’expression presque reconnaissante : “et j’en apprécie l’intention.

    C’était tout à l’honneur de la demi-ange mais il n’en dit rien, soucieux de ne pas paraître lèche-botte là où l’intention était toute autre. Le Lupin se demanda un instant ce qui allait ressortir de cet entretien. Là où elle aurait pu le juger sans le connaître, un tel jugement aurait pu être à double tranchant, l’avis des élèves étant particulièrement partagé si elle l’avait basé sur les on-dit qui circulaient à son sujet.
    Maintenant, Gabriel allait le juger en l’ayant elle-même confronté… Le double tranchant était toujours là mais au moins était-il susceptible d’être plus juste. Il pouvait se tromper mais l’expression froide et détachée de la représentante ne donnait pas une impression de partialité… maintenant, parviendrait-il à la convaincre, là était toute la question.

    Il hocha à nouveau la tête à son approche directe, les lèvres de sa gueule lupine entrouvertes sur un sourire satisfait. Être directe lui plaisait davantage même si Aedel pouvait se révéler retors à ses heures, étant après tout un chasseur qui traquait à l’affût.

    L’université Magic m’a offert un toit, un but et la sensation d’appartenir à quelque chose de plus grand que moi-même.” Il se tut, levant légèrement le regard au-dessus de l’épaule de Gabriel, songeant à son départ, d’où il venait. Il avait peut-être des parents prestigieux mais ses premières années, il les avait passées dans la boue, à se battre pour des miettes, à se battre pour tuer pour ne pas être tué. Aujourd’hui, le chemin qu’il avait parcouru était impressionnant, même lui pouvait en convenir, mais il n’était pas encore allé assez loin. “Magic abrite l’avenir, l’université offre la coquille à l’intérieur de laquelle les élèves peuvent se développer, se former, devenir ce qu’ils souhaitent devenir, ils n’en sortent que lorsqu’ils choisissent d’en sortir.” Le lycan inclina la tête, un sourire d’auto-dérision étirant ses lèvres tandis qu’il levait les yeux vers Gabriel, croisant son regard. “Je ne vais pas prétendre que l’ambition n’a rien à voir là-dedans, j’ai la ferme intention de valider un troisième Cursus et d’en accomplir un quatrième, de tous les valider si je le peux. Être élève me suffit,” lâcha-t-il avec conviction avant de se pencher vers elle, ses yeux bleus la fixant intensément, “mais être élève ne me permet pas d’accompagner les autres élèves avec tout le poids que la position de Pléïade apporte, être élève ne me permet pas de partager ce que j’ai appris, ne me permets pas de redonner un peu de ce que Magic m’a offert.” Son regard gagna brièvement en intensité, une intensité un rien différente de celle qu’il avait jusque là. “Être élève ne me permet pas d’être aux premières lignes s’il faut protéger l’université.

    Le lycanthrope se redressa sur sa chaise et laissa son dos reposer contre le dossier de sa chaise, croisant ses bras musclés et touffus sur l’épaisse table de bois qui se trouvait entre elle et lui, son regard se détournant à nouveau de celui de la demi-ange. Réfléchissant à la suite de ses propos :

    Telle qu’elle est, l’Université est déjà prestigieuse, les Cursus qu’elle offre sont reconnus et n’ont plus rien à prouver mais j’aimerais pousser ça un peu plus loin, si cela m’est permis. Trouver des possibilités pour améliorer ce que je peux. Je veux faire partie de ceux qui décident, participer aux décisions qui vont changer Magic, apporter ma contribution.” Il n’était même pas question de laisser sa trace, d’écrire son nom quelque part et de s’assurer d’être dans les mémoires dans le futur. “Je veux juste ce qu’il y a de mieux pour Magic et si je n’ai pas la connaissance absolue ni ne me targue de prendre les meilleures décisions, j’aime à croire que j’en ai la volonté et les capacités.

    Il haussa les épaules, retrouvant le chemin des yeux froids et imperturbables de la demi-ange. Aedel s’autorisa un demi-sourire, étirant un côté de ses lèvres sombres :

    Si vous voulez quelques indications concernant l’étendue de ma volonté, je vous invite à prendre contact avec Neera, elle pourra vous en toucher deux mots,” dit-il avec amusement. Il y avait plus de chance que l’élémentaliste qualifie cela de détermination si elle était de bonne humeur mais plus certainement d’obstination. Elle le traiterait peut-être de cabochard, ou d’âne pour illustrer son entêtement de la façon la plus imagée. Maintenant qu’il y pensait, suggérer à Gabriel de rendre visite à Neera n’était peut-être pas l’idée brillante qu’il pensait initialement.

    Y-a-t’il des questions particulières auxquelles vous souhaiteriez que je réponde ? Que souhaiteriez-vous observer, plus précisément ?

    Voulait-elle faire une visite du propriétaire pour contempler l’ampleur des dégâts de son petit sanctuaire ? Il n’avait pas beaucoup de pensionnaires - il n’en n’avait jamais beaucoup, un fait dont il préférait se réjouir plus qu’autre chose - mais Douceplume pourrait ne pas apprécier la visite surprise. Son fils, cependant, semblait tout à fait content de rester là où il était. Durant la conversation, il s’était déplacé jusqu’à s’installer sur un coin de table, observant les deux interlocuteurs de ses yeux d’ambres, certainement à l’affût de sa prochaine bêtise.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Dim 28 Mai - 18:40
    Être une petite souris
    Feat Le Lupin


    Attentive...

    De ton air placide, tu ne manquais pas de transcrire chaque parole, chaque interprétation que tu en faisais, chaque conclusion... Il parlait avec une candeur palpable, une volonté de servir Magic comme l'académie avait pu lui servir en premier lieu. Son histoire était sur le papier touchante, un être égaré ayant trouvé sa voie dans le système éducatif de l'école la plus réputée de la République. Si beaucoup voyaient les diverses instituts de la République comme étant une terre d'opportunité, Magic était sans doute la chose qui représentait le plus cela. Cependant, avec toute opportunité offerte, venait le sacrifice de soi, la volonté de la saisir et d'en faire sienne.

    A ce niveau là, il paraissait avoir toutes les qualités nécessaires pour arriver là où il en était aujourd'hui. Pas de réseau en arrière plan à même de lui faciliter les choses, pas de duperie dans ses intentions. L'homme était ce qu'on pouvait qualifier de méritant à bien des égards et la réussite dans ses deux précédents cursus en était une preuve formelle. De ce fait, tu ne pouvais qu'acquiescer secrètement à chacune de ses paroles, te gardant bien de l'interrompre.

    - J'apprécie votre volonté d'aider l'académie Monsieur Aedel. Néanmoins, veuillez notez que si la décision vous ai favorable, vous ne serez pas seul à décider de l'avenir de Magic. Ce sera ni en tant qu'élève, ni en votre nom que vous devrez prendre des décisions cruciales mais en tant que Pléiade. Je dois être certaine que vous saurez nous faire partager de votre expérience le moment venu mais que vous saurez surtout à même de composer avec des avis opposés au votre.

    Tu marquais un certains temps de pause, avant de regarder autour de toi, commençant enfin à véritablement t'imprégner de l'atmosphère environnante. Cet homme avait un univers bien marqué, une façon de faire qui lui était propre. Si ses intentions étaient pures, ses méthodes, si elles étaient bien trop personnelles et impropres à la discussion, pouvaient venir à parasiter le mécanisme complexe mais fonctionnel de Magic. Un élément divergent du reste de l'ensemble pouvait provoquer des dommages que même toi avait du mal à te figurer.

    - Pour que le conseil soit fonctionnel, il faut que celui-ci puisse être harmonieux. Et cela passe par un processus complexe de règles et de normes dont vous saurez soumit au respect. Là est la seule méthode logique et applicable au sein du conseil. C'est aussi pour cela que l'on vous demandera d'abandonner votre identité au profit d'une accordée par le conseil, afin d'être certains que vos ambitions personnelles ne puisse pas enrayer le bon fonctionnement du conseil.

    Tu disais cela, et pourtant tu étais la représentation personnifiée de l'inverse. En tant que Représentante, tu faisais parler ton individualité à chaque instant car là était ton rôle. Afin d'être une ancre à la réalité et d'apporter un avis qui n'a pas besoin de s'uniformiser d'une quelconque manière. Tu étais la Représentante de plusieurs égos s'étant mit d'accord pour t'élire toi et personne d'autres. Objectivement, tu n'avais absolument aucun rendre à compte au conseil, à l'inverse d'un Pléiade. Tu étais ce semblant de partialité et il n'y avait pas besoin de plus.

    - Je ne vais pas répéter ce que l'on vous a certainement déjà dit plus que ça. Je ne saurai parlé d'expérience, n'étant pas moi même une Pléiade. Mais c'est mon devoir que d'être certaine que vous ayez conscience de tout cela. De plus, vous n'aurez pas à faire front pour l'université, ce sera pas votre rôle. Votre rôle sera de définir sa direction. Si vous faites bien votre devoir, alors il n'y aura aucun front sur lequel combattre.

    Ta langue était acérée, la faute à un vécu dans une famille noble qui ne manquait jamais de se renvoyer chaque parole à la figure constamment. Une mauvaise habitude que même toi avait du mal à chasser tant elle était imprégnée dans ta chair. Le pire dans tout ça ? C'était que ton discours oscillait entre le positif et le négatif avec un ton des plus neutres. Un véritable ascenseur émotionnel qui devait sans doute faire jouer une drôle de symphonie au cœur de l'homme.


    - Bien que j'apprécie et reconnaît volontiers le jugement de Madame Neera, son avis n'est cependant pas pertinent dans ma prise de décision. Ce n'est pas son rôle que d'être objective à votre égard et je ne saurai lui faire porter une responsabilité qui est la mienne avant toute chose.


    Tu n'avais pas perdu une miette de ses paroles, les ayant à la fois retranscrit sur papier mais aussi dans ta mémoire. Et chaque silence que tu laissais peser était une réponse en soi. Venant alors à boire l'eau qu'il t'avait servit avec soin, tu reprenais alors avec la même tonalité ne laissant pas place à l'amusement.

    - J'ai besoin que vous me précisez les détails de votre vie. Cela sera sans doute la dernière que vous serez amené à parler de votre histoire à quelqu'un. Et je veux être certaines que vous n'avez aucun démon du passé à même de ressurgir et de porter défaut à l'académie.


    La première étape dans l'abandon de son identité était encore de savoir ce qu'il fallait abandonner concrètement. S'il était capable de se confier entièrement sur son histoire, sans cacher les sujets les plus honteux, alors il possédait sans doute les qualité nécessaire afin d'accomplir cet abandon de soi au profit de plus grand.

    CENDRES
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Ven 23 Juin - 11:19
    L’appréciation honnête de la demi-ange tira un infime sourire, à la fois timide et reconnaissant. Il souhaitait la convaincre, exprimer ce à quoi il aspirait, à la fois pour lui-même et pour Magic. Pour autant, Aedel ne s’était jamais autant senti vulnérable et à découvert qu’à cet instant. Gabriel n’avait peut-être pas une voix décisionnaire absolue, si elle formulait un avis négatif il serait pris en compte indéniablement mais cela ne signerait pas la fin de sa candidature pour autant. Probablement. Mais elle était la représentante des élèves et elle serait son contact privilégié pour toutes choses les concernant et s’il pouvait travailler avec elle efficacement, avec fluidité et dans une entente sincère et en toute confiance, son travail n’en serait que plus facile.
    Il inclina la tête de côté lorsqu’elle exposa le fait qu’il allait devoir composer avec d’autres voix, autre que les siennes. Aedel la laissa s’exprimer avec le même respect et la même attention qu’elle lui avait prêté initialement. Il y avait quelque chose de fondamentalement dérangeant dans le ton monocorde, indéniablement neutre, dépourvu des inflexions naturelles pouvant donner des indications quant aux émotions de son interlocutrice.

    Bien des choses pouvaient se révéler déconcertantes mais celle-ci se démarquer nettement. Il n’y avait rien de plus dangereux qu’une créature impossible à lire. Le loup, comme bien des animaux, se fiait au langage corporel et aux vocalisations pour avoir une idée de l’état d’esprit d’un autre individu. Etait-il en colère ? Avait-il peur ? S’agissait-il d’une invitation au jeu ou d’un avertissement ? Chaque manifestation, chaque preuve, donnait une indication de la conduite à tenir. Pour répondre à un défi, pour apaiser ou confirmer.
    Une créature dénuée de la moindre manifestation n’indiquait pas la conduite à tenir, ne donnait pas le moindre indice quant à son état d’esprit. Il était impossible, pour Aedel, de savoir si la représentante des élèves était en colère ou non, il lui était impossible de savoir ou de déterminer quoique ce soit.
    Des années auparavant, cette incertitude l’aurait certainement poussé à attaquer. Éliminer la menace avant qu’elle ne puisse s’en prendre à lui sans qu’il ne puisse le prévoir. Attaquer avant d’être attaqué. Aujourd’hui, Aedel se savait prudent mais ne se sentait pas inutilement menacé. Il avait la magie pour le soutenir, il avait sa propre forme, il était sur son propre terrain et il n’y avait aucune raison pour que la demi-ange s’en prenne à lui.

    Il se contenta donc d’acquiescer et répondit tranquillement :

    Un loup… un humain aussi,” concéda-t-il avec un nouveau hochement de tête avant qu’elle ne puisse le lui faire remarquer, “mais un loup se doit de fonctionner en meute. Je n’ai pas une grande meute.” Pour autant qu’il sache, il n’y avait pas beaucoup de loup-garou dans les environs et celui avec lequel il passait le plus de temps était son propre père. “Chaque membre apporte sa propre expérience et ses propres compétences. Ses défauts aussi,” ajouta-t-il avec un petit sourire.

    Il regarda autour de lui puis pointa du doigt la fenêtre par laquelle il était possible de voir la cour intérieure donnant sur les différents bâtiments de la demeure. On pouvait apercevoir Rhandel, l’un des humains qui s’occupait des différentes tâches de la maison. Il s’occupait en priorité des chevaux, il n’y en avait pas beaucoup mais Henry était ce que d’autres appelaient couramment une vieille carne. Mauvais caractère et plutôt âgé, il donnait du fil à retordre à beaucoup de gens mais Rhandel… comme on pouvait le constater par la fenêtre, savait le manier avec brio. Notamment en regardant à droite, puis à gauche, avant que l’humain ne produise une carotte de sa besace pour la donner en toute “discrétion” au vieil étalon.

    Je n’ai pas de meute à proprement parler. Pas beaucoup de loup avec qui exister,” précisa-t-il avant de reprendre, “mais j’ai beaucoup appris et je continue d’apprendre à coexister. En classe comme ailleurs…” Il haussa les épaules et ajouta : “Je ne dis pas que je serais parfait mais j’ai conscience de ne pas être tout seul à prendre des décisions.

    Au mieux, il n’était qu’un membre. Une main ou un avant-bras. Une partie de Magic qui pourrait agir si nécessaire, sur demande ou sur ordre, peut-être de sa propre initiative, pour l’instant il n’en était pas encore sûr. L’ampleur du poste restait floue et il n’avait pas tout à fait conscience de ce qu’il pourrait ou non faire, de ce qu’il aurait ou non à faire. Donner des cours, à l’occasion, de ça il en était certain. Et c’était peut-être ce qu’il avait impatience d’essayer tout autant qu’il le redoutait.
    Un loup faisait partie d’une meute et chaque membre apportait quelque chose sur la table mais il pouvait en dire autant d’un troupeau de moutons ou d’une harde. Le groupe de proies pouvait bien être être perçu comme un tout mais c’était sur l’individualité des membres qui le composait que les prédateurs comptaient le plus souvent. Détacher le malade, le plus faible. De ce fait, Aedel avait conscience du besoin de former un collectif cohérent et fonctionnel, mais l’individualisme de chacun permettait aussi d’y apporter ses forces et d’en faire quelque chose. Il verrait bien le moment venu… si tant est que le moment se présentait et qu’on lui accordait la position, ce qui, pour l’heure, n’était pas certain.

    La suite des propos de Gabriel, cependant, le fit s’arrêter net. Aedel était généralement toujours en mouvement, sauf en pleine chasse. S’il se reposait pour lire, il balançait ses postérieures comme un enfant posé en hauteur, il remuait la queue. Ses oreilles suivaient un son ou un autre, il remuait la truffe ou bâillait pour détendre ses muscles et réduire la tension, se grattait ou frottait le côté du museau. Il y avait toujours une once de mouvement chez lui mais lorsque Gabriel lui indiqua qu’il allait devoir - une fois de plus - exposer son passé, le lycan s’immobilisa le temps d’une poignée de secondes avant de soupirer sans chercher à le cacher.

    Il remua la mâchoire, comme pour décoincer l’articulation et retroussa les babines, sans agression. Il écarta sa chaise de la table et se leva en silence :

    Si tu le permets, je vais avoir besoin d’une boisson chaude pour ça.

    Depuis le temps, la plaie était refermée depuis longtemps, c’était quelque chose avec laquelle il avait la paix mais ce n’était pas facile pour autant. Il rejoignit la petite cuisine adjacente et plaça une bûche dans le feu pour le nourrir, soufflant sur les braises pour le réveiller avant de placer un pot de lait à chauffer. Il prépara du chocolat à côté et revint dans l’encadrement de la porte pendant que les flammes léchaient le cul du pot de lait, réchauffant doucement le liquide.

    Mon père et ma mère descendent tous deux de familles reconnues, ma mère plus que mon père.” Il haussa les épaules une nouvelle fois, le geste plus tendu que quelques instants auparavant. “Je ne l’ai pas connue mais elle avait un problème de drogue et je suis né d’une union occasionnelle, pas tant d’attachement entre eux. Mon père n’était au courant ni de sa grossesse ni de son addiction. Pour elle, il était plus profitable de me revendre contre sa prochaine dose.” Il haussa à nouveau les épaules et se tourna pour voir si le lait n’avait pas trop chauffé, le surveillant attentivement sans trop regarder dans la direction de Gabriel. Le lycan n’avait pas honte, pas exactement, mais il était clair qu’il n’était pas très à l’aise. Le griffon se déplaça, escaladant les épaules du loup-garou puis sauta et plana jusqu’à un bout de comptoir inoccupé, ses yeux perçants fixés sur le lait.

    Elle m’a vendu au Reike, évidemment. Mon nouveau…” il émit un son proche du “hrrrm”, proche d’un grognement mais pas tout à fait, rechignant à employer le mot adéquat, “... maître,” lâcha-t-il finalement avec réticence, “avait des clients aux goûts particuliers. Les combats de chiens, c’est bien, les combats de lycanthropes, c’est mieux.” Ses épaules tressautèrent sur un nouveau haussement tandis qu’il retirait le lait du feu et se servait une tasse de lait chaud et versait dans une petite coupelle pour le griffon. L’attitude à la fois prudente et extrêmement curieuse du volatile lui arrachant un sourire fragile mais tendre. “J’ai combattu et survécu jusqu’à ce que mon père me retrouve. Je parlais pas beaucoup quand il m’a ramené chez lui.

    Son sourire s’affirma tandis qu’il mélangeait le chocolat au lait et revenait s’asseoir à la table, face à Gabriel. Il leva les yeux vers elle, l’air mutin : “D’ordinaire je ne parle pas autant,” confia-t-il. “Le reste est plutôt simple et drôle. Mon père, cet aristocrate marchand avec un sauvageon refusant de prendre forme humaine, incapable de lire ou d’écrire, violent au moindre soupçon de provocation ou de danger, a dû trouver un moyen de m’éduquer.” Il inclina la tête et donna un petit coup de truffe comme pour indiquer son environnement. “Je trouve qu’il s’est plutôt bien débrouillé.  Entre temps, la famille de ma mère nous a retrouvé et intégré. J’ai trouvé le chemin de Magic grâce à Neera qui est une amie de longue date. Au jour d’aujourd’hui j’ai passé plus de temps à Magic que chez mon père et plus encore que dans le trou boueux où j’ai passé les premières années.” Ses doigts épais et poilus enroulés autour de sa tasse pour tirer du réconfort de la chaleur et de l’odeur du chocolat et du lait chaud, Aedel eut une petite moue qui tordit ses lèvres. “Si vous cherchez des démons, à l’exception de ma mère et de mon ancien maître, en théorie il n’y a pas grand monde.” Son regard s’éclaira un instant d’une lueur prédatrice et un sourire lent étira ses babines noires, dévoilant un rien de ses crocs, l’expression troublante de menace : “À moins qu’on ne compte les proches des victimes parmi les spectateurs,” lâcha-t-il.
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