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  • Dim 3 Déc - 10:58

    A l'intérieur, ça discute bien. le son des voix est un peu étouffé, donc j'entends pas totalement tout aussi clairement que si j'étais dans la pièce, mais c'est encore gérable. En tout cas, j'arrive à me planquer dans un coin sombre quand des types à poil sortent avec leurs frocs en main et partent se rhabiller... ou pas, d'ailleurs, dans le couloir. A mon avis, ils vont plutôt passer tout nus dans la grande salle et trouver une piaule puis reprendre exactement là où ils ont été interrompus.

    Le palpitant qui bat à toute pompe, j'colle à nouveau mon oreille contre le battant, maintenant fermé, et j'essaie de me concentrer sur les voix de Peltier et Mariejoie. Ils parlent d'abord de la drogue, des difficultés qu'ils ont à la mettre en vente. Si seuls les habitués y ont accès pour l'instant, ça veut dire qu'il y a une piste à remonter. Trouver ceux qui viennent souvent ou bénéficient des bonnes grâces de la patronne, ça doit pas être sorcier. Côté office républicain, on y arrive, donc j'suppose que le Sénateur y parviendra aussi en y mettant les moyens.

    Une fois que t'en ramasses un bon petit paquet, cinq ou dix, s'ils collaborent pas, tu les menaces en disant que tu vas détruire leurs vies et leurs réputations s'ils avouent pas que c'est le bordel qui les a fournis en drogue, et tu remontes petit à petit : les serveurs, les gigolos et prostituées, puis la patronne. A la fin, tout le monde a bavé, tu sais que de la came à tourner, et tu peux continuer à avancer vers les fournisseurs.

    Dans le pire des cas, si ce dernier est grognon ou trop puissant, la piste se coupe, mais t'as quand même couper une des têtes de l'hydre. Elle repoussera, comme ça repousse toujours, vu que la nature a horreur du vide. Malgré les lois en place, les gens auront toujours envie de transgresser, et parfois simplement par principe en prime. On pourra jamais l'empêcher totalement, et c'est pas être défaitiste que de le reconnaître.

    En plus, ça fait soupape de sécurité : les gens ont l'impression d'avoir un peu de souplesse pour enfreindre la loi, ils sont persuadés de garder une part de liberté, et d'enculer le système, alors qu'on les laisse juste s'amuser en marge, avec la possibilité de serrer la vis quand on veut. Bien sûr, y'a des trucs qui restent inatteignables, genre le Syndicat, mais j'pense que c'est autant un problème d'exécution que de volonté politique et financière.

    Genre, même si Elusie était pris la main dans le pot de confiture, ça m'étonnerait pas du tout, ou une sénatrice humanistes. On fait juste tous pareil, chacun à notre petit ou grand niveau. J'retiens un sourire narquois en imaginant Mirelda boire un thé avec un grand Baron de la mafia. Et ça serait pas le criminel le plus gros tricheur du lot.

    La suite de la conversation lève davantage d'interrogations chez moi : ils parlent d'augmenter les stocks pour augmenter les bénéfices, et probablement les marges, en faisant référence à une petite, mais j'ai beau me creuser la tête à la recherche de qui ça pourrait être, j'trouve pas. La seule possibilité, c'est Hana Aldobrandini, mais j'croyais qu'elle avait déjà vendu tout le stock qu'elle possédait, donc il reste quoi ? A moins qu'elle en ait gardé sous le coude pour l'écouler petit à petit ? Ou qu'elle ait la possibilité de s'en procurer à nouveau mais qu'elle fasse lambiner les autres pour faire monter les enchères ?

    Ou d'autres acheteurs potentiels ?

    L'autre possibilité, c'est que quelqu'un d'autre intervienne dans tout ce joyeux trafic : y'a p'tet des rôles qui sont redondés, qui existent en doublon, ou à côté desquels Zelevas serait passé. Après tout, il est pas infaillible, il a pas toutes les cartes en main, et c'est bien pour ça que moi j'suis là.

    J'suis tellement distrait par le fil de mes pensées que j'manque de m'échapper au moment où Peltier approche de la porte. Mais quelques enjambées suffisent à me ramener dans la salle commune. Les soldats me haranguent, et j'suppose qu'on a déjà dû faire la bringue ensemble, d'une façon ou d'une autre. D'une autre, d'ailleurs, visiblement, vu que y'en a un qui m'envoie un baiser en tapotant l'intérieur de sa cuisse. J'lui renvoie de bonne grâce, puis j'fais une moue déçue et désolée en pointant les escaliers : c'est que j'suis attendu.

    Genre, pour reprendre mon apparence, récupérer mes sapes, tout ça. Et comme ils voient que j'reviens de l'arrière-boutique, ils se posent pas plus de questions que ça. Mais j'voudrais surtout suivre Peltier pour voir où il disparaît. L'avantage, c'est que j'ai pas besoin de me coller à lui pour le suivre de près : avec sa signature magique et un bon coup de senseur, je devrais pas trop galérer, et sa position apparaît clairement dans mon esprit.

    J'pose mon oreille sur le battant de la chambre où j'ai enfermé Galgiano, mais y'a aucun son à l'intérieur. J'déverrouille la porte, j'rentre, et j'me fous à poil. Quand la métamorphose disparaît, j'reprends ma morphologie habituelle, et j'souffle un grand coup. Quelques larges gorgées d'eau prises à la carafe sur le présentoir à côté de l'entrée, et j'remets mes vêtements. J'reprends surtout mes armes, toujours utiles, surtout quand il s'agit de suivre un loup-garou.

    De vraies saloperies, ces trucs.

    La démarche assurée, j'descends et j'sors en laissant un pourboire correct au videur, juste ce qu'il faut pour essayer de rester dans l'anonymat, globalement. Peltier est déjà une bonne cinquantaine de mètres devant, au point que j'le vois plus entre la faible foule, l'obscurité relativement contrée par ma nyctalopie et les virages qu'il prend. C'est pas bien important, vu que j'peux le suivre dans toute la ville sans difficulté. J'me demande juste s'il se rend bien chez Aldobrandini à une heure si tardive, et où ça va m'amener.

    Dans l'absolu, l'enquête pourrait déjà s'arrêter là, si j'étais certain que Mariejoie et Peltier laisseraient tomber Hana, mais j'ai du mal à y croire : vaut mieux encaisser quelques années au mitard que se mettre à dos une des grandes familles, ça j'en suis certain. Ils devraient même s'arranger pour que la prison soit pas trop rude, avec quelques aides aux matons et aux autres prisonniers.

    Bref, ça serait chiant mais moins définitivement mortel que s'embrouiller avec ce qui constitue dans les faits l'aristocratie républicaine.
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    Zelevas E. Fraternitas
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  • Mer 13 Déc - 20:14
    Quand Calvin Peltier ouvre la porte du bureau, le vent frais est une délivrance jouissive pour
    lui et ses narines, bon, avec une certaine réserve tout de même parce que remplacer les fragrances insoutenables du bordel avec celles plus âcres de la rue ce n’est pas non plus la grande révolution olfactive mais le soldat apprécie bien plus la familiarité de la crasse et des bas-fonds que celle d’un baisodrome. Il prends avec délice une grande inspiration en affichant un sourire radieux et…

    Le son de la porte qui se referme derrière lui fait écho au choc qui survient dans son esprit. Il baisse la tête, entrouvre légèrement la bouche et laisse l’air passer contre son palais pour y goûter. C’est pas possible.

    ”C’est pas possible.”

    Il en est sûr maintenant, Mathis est venu là, bon Marijoie n’avait pas l’air de dire qu’elle l’avait vu mais Peltier n’était pas tout à fait sûr de ce qu’il pouvait croire venant de quelqu’un avec plus de gramme dans le sang les employés d’en bas mais… l’odeur est indéniablement là. Il y a autre chose encore, une odeur plus rance. Bon y’a la forte senteur de baise à cause des deux mongols qu’il a viré tout à l’heure mais y’a autre chose, ça sent le cuir à outrance et y’a un fond de parfum des chambres du bordel. Mathis? Son nez tremble encore un peu, le septum frétille alors que l’air froid s’engouffre dans ses narines, il ferme les yeux, se concentre… Mathis. C’est le seul nom qui lui vient en tête. Bref tant pis, il a autre chose à foutre que de littéralement mettre son nez dans les affaires du morveux, s’il était passé chez Marijoie alors que grand bien lui fasse hein, Calvin a ses propres problèmes à régler pour ne pas s’emmerder outre mesure avec ça. Le militaire redescend donc au rez-de-chaussée et part retrouver ses collègues qui n’ont pas chaumé pour avancer leur soirée beuverie, l’ex-mercenaire se prend au jeu des applaudissements qui accueillent son retour, file un clin d’oeil, une tape de la main, un billet pour rembourser une consommation d’un autre jour et il finit par platement s’excuser de devoir y aller.

    ”Oh là tu t’taille aussi Cal? Putain mé tizotes vraiment pas drôles ce soir. Tu vas r’joind le gamin?”

    Les pas sortants du lycan s’arrêtent net avant que ses bottes ne fassent volte-face sur le parquet souillé de la Rose Bleue.

    ”Le gamin… Mathis?”

    ”Hou-houais carrément Mathis. Y est occupé là, occupé, au cul, pé. Haha!” Le matelot mime ensuite le geste de quelques coups de reins pour illustrer ses suppositions.

    Tiraillé entre la curiosité et l’envie d’en finir avec le business pour être tranquille le lendemain et profiter de sa perm, Calvin considère l’entrée vers l’arrière-boutique, son regard scrutateur observe les tenanciers commencer à nettoyer leurs comptoirs maintenant que la soirée est suffisamment avancée pour que les clients soient plus occupés à vider leur couilles que leurs verres, il est curieusx… Pourquoi Mathis est venu dans le bureau de Marijoie en son absence?

    ”Mmh.”

    La main velue de Peltier passe dans sa barbe avant que sa rigueur professionnelle ne vienne reprendre le dessus, même en vacance on reste conditionné n’est-ce pas? Il se demande d’un coup ce qu’il ferait de ses journées s’il gagnait à la loterie républicaine, peut-être qu’il continuerait de travailler comme mercenaire quand même, après tout il a ça dans le sang. Littéralement encore une fois.


    Il quitte finalement l’établissement pour se diriger vers l’hôtel où la gamine crèche, comme à son habitude quand il va la voir il prend toujours moultes précautions. Calvin quitte donc les quais pour s’enfoncer un peu plus loin vers l’intérieur des terres, la rue qu’il emprunte relie les docks au centre-ville et est toujours active même à cette heure de la nuit. Entre les courageux travailleurs qui viennent récupérer leur matière première fraîchement livrée au port et les marchands qui se dépêchent d’arriver sur les premières livraisons pour s’arracher les produits au meilleur prix il y a un fourmillement processionnaire qui bourdonne dans l’avenue, ponctuée par les occasionnels pick-pockets et les malfrats de petite frappe qui prennent ces gens en chasse pour des proies faciles. Calvin se fraie un chemin entre les grandes charettes qui circulent dans les deux sens, les étales à moitié remballées prêtes à être ressorties le lendemain et les cadavres de clochards ou d’ivrogne qui jonchent les bords des rues, rappelant qu’on est pas loin du port. Le mélange d’odeur est extrêmement stimulant pour le lycanthrope et il ne peut s’empêcher de parfois porter une main à son visage pour se protéger des trop fortes odeurs de pisse moisie ou de vomis séché quand il passe un peu trop près des déchets. Une fois parvenu au croisement entre cette avenue et l’Allée des Blancs, il prend à droite pour rejoindre peu à peu le quartier des Bougeoirs qui est encore à un bon quart-d’heure de marche.

    Continuant à marcher dans l’allée cette fois bien plus désertique, Peltier enfile sobrement la capuche de sa veste pour dissimuler ses traits, il enfonce ses mains dans les poches et avance en silence, une fine bruine de printemps vient commencer à perler sur la ville de Courage et le merco grommèle dans sa barbe.

    ”Mouais. Faut toujours que ça flotte quand je dois aller la voir elle, ça ne peut jamais être dégagé.” Au moins la pluie avait le bon goût d’atténuer les odeurs de merde.

    Il passe de l’Allée des Blancs à la rue d’Erlanger, puis bifurque sur la rue des Victimes du 1 Février An 1, avant de prendre la troisième à gauche puis tout de suite à droite dans l’impasse de la petite truanderie. Arrivé dans le cul de sac, il va jusqu’au fond de l’impasse pour faire face au muret de la grande maison qui s’élève devant lui, il se retourne pour jeter un petit coup d’oeil et en ne voyant personne, s’empresse d’agripper une gouttière pour monter sur les toits. De là il traverse donc un petit quartier résidentiel pour se diriger vers les toitures qui surplombent la Place de la Fontaine Rouge, qui fait honneur à son nom grâce à ses décorations, et dont la fontaine débordante à cause des précipitations récentes arrose désormais copieusement des pavés qui n’en ont pas besoin. Il est toujours dans des quartiers salubres de Courage, mais ça ne va pas tarder à changer. Sur son perchoir ses yeux nyctalopes peuvent apercevoir les Bougeoirs et les innombrables fins filets de fumée qui s’en échappent. Il baisse la tête pour regarder les passants en contrebas, des pauvres bougres dont il faisait autrefois partie, plus jeune, des gens tous plus ou moins honnêtes qui cherchent pas à amasser des quantités astronomiques d’argent ou accumuler le pouvoir, juste à joindre les deux bouts, à travailler tranquillement, à vivre au lieu de survivre. Une fois qu’il aura gagné les Bougeoirs, il ne pourra plus en dire autant. Peltier regarde aussi la pointe d’argent dans les nuages qui trahis la présence de la lune derrière, il continue de pleuvoir des trombes, fait chier.

    ”...”

    Alors qu’il continue de naviguer de toits en toits pour poursuivre son avancée, les charpentes se font de plus en plus délabrées, les maisons de moins en moins solides. Les rues plus pauvres et les façades plus sales. Malgré la pluie la puanteur commence à se faire plus vivace et une nouvelle odeur vient monter aux narines de Peltier, celle de la paraffine brûlée. Il redescend des toitures en sautant depuis une devanture à terre et arrive dans une petite ruelle illuminée qui lui fait remonter un mélange désagréable de fragrances. Les Bougeoirs. La maison. Peltier secoue un petit peu sa veste pour la débarrasser du plus d’eau possible et avance en silence dans la ruelle. Les dos des maisons se succèdent et le militaire se retrouve à évoluer entre les tas de déchets qui pourrissent depuis des mois et les cadavres parfois de bougies, parfois de bouteilles et parfois de gens, qui jonchent la petite allée. Il y a quelques années l’afflux impressionnant de réfugiés Shoumeïens avait transformé ce quartier en dépotoir infernal, les rescapés du cataclysme dormaient à l’époque partout où il y avait de la place, à même le sol, entre les déchets, n’importe. Beaucoup d’aménagements de fortune avaient été opérés pour recevoir les gens et avaient transformé ce qui était autrefois la zone des ciergeries en énorme banlieue coupe-gorge. Maintenant les choses s’étaient un peu calmées, la pègre avait repris ses droits, on ne change pas les bas-fonds, mais par contre on change des gens. Les petites rues comme celle ci des Bougeoirs étaient éternellement sèches à cause de l’angle exiguë des baraques et de la faible largeur qui séparait les bâtisses délabrées, parfois des toitures improvisées par des planches en bois dressées entre deux fenêtres en vis-à-vis permettaient aussi d'empêcher l'humidité, et il y a les bougies. Partout. Des bâtons de cire ou de paraffine dans des pots, des bougeoirs, des tubes, pour éclairer les rues dépourvues d’éclairage, voir venir la flicaille de loin et masquer la puanteur des épidémies qui avaient ravagé la banlieue pendant l’exode de Shoumeï. Quand il y avait eu la grande vague de Peste en République, c’était dans les Bougeoirs où il y avait eu le plus de morts à Courage, au final les gens crevaient si vite que la maladie a eu plus de mal à se propager qu’ailleurs. En se remémorant ça Calvin déglutit avec difficulté, il ne connaissait plus grand monde ici mais ça restait son quartier. Il continue de marcher, s’assurant de tourner dans les ruelles sèches les unes après les autres, gauche, droite, gauche, gauche, droite, gauche, droite, droite, tout droit, rond-point, traverser la taverne, ressortir de l’autre côté, gauche, droite, droite, droite, droite. Il revient sur ses pas à un croisement, zieutant le clochard ivre-mort qui décuve dans un coin, Peltier retire sa capuche et s’accroupit pour approcher son visage du sol… ses narines reniflent la terre. Cuir. Sueur. Un brin d’alcool. Le Bordel. Est-ce que c’est sa propre odeur? Possible. En tout cas c’est difficile de vraiment dire quoi que ce soit avec ce nez là.

    En se relevant Calvin retire aussi sa veste et déboutonne sa chemise, il retire aussi son froc et se retrouve à poil au milieu de la ruelle, sans une âme qui vive dotée de plus de deux neurones actifs, et son corps se transforme presque immédiatement. Les os craquent. La chair se déchire en vergetures. Le derme devient marron, presque noir comme un sanglier. Des poils recouvrent lentement son corps et alors que le grand homme n’est plus, une bête de muscles et de poils s’élève. Il se remet à quatre pattes et renifle une fois de plus le sol, cette fois il en est certain, il y a le très fin filet de Mathis dans l’air, le gamin l’a suivi. Mathis. Ce fils de putain. Il va le crever, lui enfoncer ses griffes dans sa chair, pourquoi il l’a suivi jusqu’ici? Il va lui écraser les côtes jusqu’à ce qu’elles perforent ses poumons et continuer de broyer, il va…

    Du bruit. Ce n’est pas inhabituel dans ce quartier même à cette heure de la nuit mais d’ordinaire ce sont des règlements de compte qui se perdent au loin, là c’est différent, ses sens augmentés perçoivent quelque chose…

    ”MATHIS!” et la bête s'élance dans la direction des bruits.
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  • Mer 27 Déc - 15:47

    ‘Fait un temps de merde. Ça me dépite, mais ça fait partie du métier, et putain qu’est-ce que j’ai déjà dû patrouiller sous la pluie. C’est pas marrant, on ressort trempé jusqu’aux os même quand on a le matos de qualité médiocre de l’Office Républicain, donc autant dire que dans ma tenue actuelle, j’vais finir avec de l’eau jusque dans la raie. Le bon côté, c’est que ça diminue beaucoup la visibilité des gens, et que j’suis potentiellement davantage habitué.

    Le mauvais côté, c’est évidemment qu’avec la nuit, on y voit comme dans un four, et que j’ai pas hâte de devoir me démerder pour tracer Peltier.

    Il part d’un pas rapide, et en couplant la nyctalopie et le senseur magique, j’en viens à me dire que ça va être jouable sans trop de difficultés. Mais ce bâtard, il doit sentir que y’a quelque chose qui cloche, ou alors il est gravement paranoïaque, parce qu’il me fait littéralement faire le putain de tour du monde. J’serais à peine surpris s’il en venait à sortir de la ville pour faire le tour des remparts avant de revenir par une poterne dérobée. Mais voilà, il faut passer des beaux quartiers à ceux qui sont carrément moches, et j’retiens un juron quand j’le sens s’élever le long de la paroi d’une habitation.

    J’hésite à le suivre, mais je connais pas bien les toits, ici : si on y va un peu trop régulièrement pour mettre la main sur des malfrats ou surveiller ce qui se passe en bas, on évite quand même de le faire trop souvent. Déjà, pasque c’est dangereux, surtout quand les barraques sont pas très bien entretenues et qu’on a une chance de passer au travers des tuiles. Et ensuite parce que ça nous apporte pas forcément grand-chose. Enfin, sur les toits, c’est beaucoup plus difficile de pas se faire voir : y’a davantage de monde au sol, pour des raisons évidentes.

    Finalement, j’opte pour rester au sol : avec le senseur magique, j’devrais pouvoir m’en sortir. Et ça marche effectivement. C’est pas facile, et j’me retrouve fréquemment à devoir courir à une intersection ou une autre pour retrouver la trace après l’avoir perdue. Et pire, à revenir sur mes pas quand il saute une ruelle et que j’dois retourner en arrière au croisement le plus proche. Les quartiers deviennent de plus en plus catastrophiques, et j’me demande bien où il m’emmène.

    La thèse selon laquelle il allait voir Aldobrandini en prend un coup : je vois pas la gamine d’une des plus grandes familles de la République loger ou squatter les bidonvilles autour de Liberty, donc ça doit être quelqu’un d’autre, comme je l’avais supposé un peu plus tôt. Puis ses mouvements deviennent plus erratiques, le ramènent sur ses pas en faisant des boucles, ou alors il fait même quasiment demi-tour. Porté sur la boisson ou la folie ou il s’est perdu, le vieux soldat ?

    Quand il se dessape, et commence à se transformer, j’me dis que y’a une autre possibilité que j’avais pas prise en compte jusqu’à présent : il se pense suivi et essaie de mettre la main sur le coupable. Arrogance de ma part ? Peut-être. Toujours est-il que d’habitude, j’me fais pas voir. Mais il a p’tet quelque chose pour s’en apercevoir, que le rapport mettait pas en avant. Puis il crie le nom de ce connard d’apothicaire que j’ai laissé dans sa malle au bordel. Quelle est la probabilité qu’il soit ici avec nous deux ? Aucune.

    Quand il s’élance dans ma direction, j’me dis définitivement que c’est la fin des haricots si les carottes sont cuites. Et que j’me vois pas taper un loup-garou en duel alors que j’ai pas d’arme autre que mon poignard, considérant que la magie mentale est particulièrement peu efficace sur ces saloperies. L’incantation prend forme en l’espace de deux secondes dans mon esprit, et je disparais de l’endroit où je me trouve pour réapparaître une rue plus loin. Téléporté en sûreté, je laisse mon senseur le détecter par intermittences à l’orée de mon périmètre. Puis, à la première occasion, j’grimpe un cabanon et un auvent jusqu’à me retrouver sur les toits que j’dédaignais plus tôt et que lui a abandonné.

    Humainement, on n’est pas fait pour regarder en l’air, mais j’veux surtout éviter de prendre le risque de le croiser. S’il est persuadé que Mathis le suit, c’est qu’il a pas de senseur magique, donc ça doit être un sens exacerbé ou quoi, parce qu’il en parlait déjà plus tôt, au bordel. Odorat, vu que j’ai mis ses fringues ? On va tabler là-dessus. Avec la pluie qui s’abat en continu, j’espère juste que l’odeur va pas rester.

    Ce qui m’emmerde, c’est que s’il pense être suivi, il va p’tet pas continuer d’aller chez la fournisseuse, ou alors vouloir retourner aux putes pour se renseigner de si quelque chose cloche. Et, à cette heure, y’a pas trop de doute que Mathis aura été retrouvé, dans sa malle, à force de taper dessus et de crier pour qu’on vienne l’aider. J’plisse les yeux alors que le lupin continue à courir partout, truffe au sol, à la recherche de son mystérieux poursuivant.

    Tout ça me fout bien dedans. Je suis pas près de trouver des preuves de la cargaison de plantes s’ils décident de couper les ponts et d’attendre que les choses se tassent. D’un autre côté, est-ce qu’ils se font bien confiance ? En tout cas, Peltier a pas l’air d’apprécier l’apothicaire ni la mère macquerelle, au vu des discussions et de ce qui a pu se dire, donc c’est p’tet là ma carte à jouer. J’sonde en moi à la recherche de la magie de métamorphose, mais elle est va être disponible que dans quelques instants.

    Et c’est là que j’ai l’ébauche d’un plan. C’est risqué, et si ça foire, j’risque de me faire étriper. D’un autre côté, j’ai l’impression d’être à court d’option. En opération officielle pour le guet, j’pourrais faire appel aux collègues pour mettre un peu le boxon ou m’assister et me suppléer, mais pour le vieux Zelevas, c’est pas vraiment le cas.

    J’me laisse tomber au sol à côté d’un vagabond qui tente de s’abriter de la pluie sous une cape usée.

    « On échange ? »

    Son regard soupçonneux disparaît petit à petit, et j’retiens bien sa signature : j’reviens prendre mes affaires demain, et il a pas intérêt à l’avoir dégueulassé. J’suis sûr qu’il a même pas le droit d’être sans toit ici, en plus. Ce sera à vérifier. Mais l’échange est fait, et comme il est plus petit que moi, ça va d’autant mieux.

    Quand la magie prend enfin, j’me retrouve avec une stature plus petite, et la tronche d’Hana Aldobrandini. Heureusement qu’on avait une peinture relativement fidèle, sa taille et sa corpulence dans le rapport. Puis j’me dirige vers Peltier, et se fige en arrivant devant moi, alors que la capuche découvre légèrement mon visage. C’est là qu’il faut pas trembler.

    « Calvin, vous voilà. J’ai dû quitter le lieu où j’étais. Je pense que nous sommes repérés. »

    J’me mets à marcher d’un pas vif en lui cachant au maximum mon visage.

    « Je ne sais pas si Mathis ou Marijoie nous ont trahis mais nous avons attiré l’attention de personnes intéressées par le ginkgo. Vous avez quelque chose ? »

    Le mieux, ça va être de le laisser parler autant que possible et d’éviter ses questions. Au pire, j’me téléporterai à nouveau au loin...
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  • Mer 27 Déc - 18:47
    Calvin est stupéfait de trouver sa Capitaine à un endroit pareil, mais vu l’enchaînement des derniers évènements de la journée, il ne remet pas en cause sa présence ni ce qu’elle lui dit. Conditionné par sa loyauté envers sa petite protégée, le lycanthrope en entendant l’avertissement de sa supérieure hiérarchique conserve son apparence bestiale. Il se dresse néanmoins sur ses pattes arrières, simplement histoire d’avoir l’air un peu plus présentable, et un peu moins d’un chien chien à sa mémère. Sa gueule articulée retrousse les babines quand il parle pour dévoiler la rangée de dents acérées qui y sied, et sa voix gravement distordue répond un peu en bafouillant, toujours sous le coup de la surprise:

    ”Ma, Mada- Capitaine vous en êtes sure?” Et quand la femme enchaîne en soupçonnant Marijoie et Mathis, Peltier part au quart de tour. ”Je pense qu’on s’est fait doublé par Marijoie Capitaine, je sors de la Rose Bleue il y a plus d’une heure, elle a couvert Mathis, j’en suis sûr. Je crois qu’ils nous ont évincé de l’équation au profit de la gamine. Soit ça, soit… Mais qui serait intéressé par le Ginkgo?”

    À la réponse d’Hana, Calvin réfléchit à toute vitesse. La situation est grave, très grave. Si Hana s’est faite larguée au profit du Syndic’ alors ça signifie que le rapport de force a changé, il y a eu un nouvel arrivant dans le jeu qui a craché le morceau au groupe du crime organisé. Qui? Qui ça pourrait bien être? La gamine?

    ”La gamine n’a aucun intérêt à nous balancer au Syndicat, vous êtes sa meilleure porte de sortie non? Ou alors… permettez-moi Capitaine de suggérer que c’est votre mère qui aurait pu surenchérir sur Marijoie pour vous atteindre. Mais du coup dans tout les cas la gamine n’y est pour rien. Il faut qu’on aille la prévenir, si vous êtes menacée alors elle aussi! Et si nous nous trompons alors nous serons fixés. Il faut vraiment qu’on aille parler à F...” Un coup d’oeil autour de lui et il se reprend. ”Cécilia. Sans vouloir être trop familier.”

    Calvin s’approche de sa supérieure et d’un geste rapide, il passe une main dans son dos, l’autre derrière ses mollets, et cueille la femme comme une fleur pour la soulever dans ses bras pendant que la bête se remet en route au pas de course, sautant par dessus les obstacles de déchets qu’ils soient humains ou détritus. Il effectue un détour pour récupérer ses vêtements soigneusement pliés dans la rue où il s’était transformé et continue sa course.

    ”Si le Syndicat en a après vous il va falloir faire profil bas quelques temps.” Ce n’est pas idéal mais la seule chose que Peltier souhaite est que sa protégée reste en vie. Aussi simple que cela. ”Ne le prenez pas mal, mais je vous l’avais bien dit que vous ne pouviez pas faire confiance à votre famille.”

    Ils arrivent assez rapidement devant un entrepôt désaffecté du quartier des Bougeoirs, un bâtiment transformé en squat par les migrants et les clandestins. À l’entrée qui donne sur la voie des charettes pour le chargement des marchandises, plusieurs groupes d’hommes d’apparence un peu louche sont debout ou adossés contre les murs entrain de discuter. Peltier continue de progresser vers le bâtiment sans se montrer, avançant dans les ombres avec toujours Hana Aldobrandini sur les bras. Il contourne ainsi l’entrée principale et arrive derrière la bâtisse en piteux état puis, alors qu’il entame son retour à la normal, il cache sa virilité de ses vêtements en se rhabillant à la va-vite, évitant de remettre son uniforme de la GAR pour ne conserver que ses hardes civiles malgré le froid ambiant. Une fois prêt, il se retourne vers la silhouette d’Hana, toujours drapée dans sa cape par discrétion.

    ”Je ne suis pas vraiment confortable à l’idée de vous laisser ici toute seule.” Si le Syndicat a réussi à avoir ses yeux et ses oreilles jusque là alors il n’y a pas à douter que le gang tentaculaire sera parvenu à offrir un prix à quelques lames courtes des environs. ”Il serait peut-être mieux que vous ne m’accompagniez?”

    Sur ce, Calvin ouvre la porte de service à l’arrière de l’entrepôt. À l’intérieur la pauvreté la plus totale dévoile la dure réalité des exilés apatrides, des couches grotesques et primitives, parfois seulement constituées de linge tendus au sol, constituent des rangs entiers de réfugiés. L’odeur insupportable de pisse et de merde rend l’air irrespirable, âcre, un air qui irrite les poumons et fait pleurer les yeux. Un air chargé en plus de ça de l’odeur renfermée des centaines de personnes entassées dans le bâtiment qui préfèrent dormir dans ce purgatoire plutôt que dehors à pourrir sous la pluie et le froid. Calvin avance entre les gamelles crasseuses incrustées de restant de soupe noircis et les écuelles sales, la plupart des miséreux ne daignent même pas lever les yeux pour observer l’homme un peu plus propre sur lui qui progresse dans leurs rangs, ils semblent tous avoir abandonné l’envie de vivre, ou alors ils savent qu’il n’est pas bon de s’occuper de ce qui ne les regarde pas dans un quartier où tout est toujours trop dangereux à savoir. Arrivé à l’étage en naviguant entre les loques humaines assises dans les escaliers parce que fatigués d’être couchés, Peltier se rend jusqu’à la pièce du fond, un sorte de petite salle un peu à part qui devait certainement servir de bureau quand l’entrepôt était actif, et il entre à l’intérieur, restant un instant dans le cadre de la porte. À l’intérieur de la pièce sans meuble, trois personnes sont assises à même le sol, une d’entre elle dort, l’autre a un regard vide, la dernière se lève à son arrivée. La gamine.

    ”Alors? Qu’est-ce que Marijoie a dit?”

    ”Madame Génova, ce n’est pas le plus important…” Il se retourne pour vérifier si Hana l’a suivi ou l’a attendu en bas.
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  • Mer 17 Jan - 19:06
    Putain, putain, putain de merde de pute borgne de sa mère qui fornique avec des clébards.

    J’me cramponne à son épaule en serrant fort les poils du lycan, alors même qu’il me ramasse en princesse et se met à sauter et courir partout. C’est p’tet le bon moment pour le poignarder droit dans la carotide et m’assurer qu’il m’éventre pas quand il s’apercevra inéluctablement de la supercherie, mais d’un autre côté, je dois absolument savoir où il m’emmène, qui soit pas au vent, surtout que ma médiocre prestation pour faire comme si j’étais Aldobrandini est passée comme une lettre à la poste.

    Sûrement qu’il est nerveux.

    Et c’est la gamine dont l’identité me surprend toujours. C’est manifestement pas Hana, vu que j’suis elle et qu’il continue d’en parler, et j’sens que la clé du problème se trouve dans cette direction. Faut dire, les dossiers du vieux parlait pas du tout d’elle, et si j’ai lancé une pièce dans la fontaine pour avoir l’information, en prenant l’apparence d’Aldobrandini pour pas qu’il m’éventre et débloquer la situation, faut aller au bout des choses.

    Reste que j’suis au bord de la gerbe quand il nous fait enfin atterrir devant un entrepôt lambda, voire même dénudé. Ca respire la pauvreté et le dénuement, et c’est le genre de coin qu’on visite à peine, de peur de se prendre les pieds dans les toiles d’araignée, quand on est officier républicain. Evidemment, on y va quand même, parce que c’est aussi un cadre de rêve pour la contrebande, le squat, et toutes les joyeusetés qui vont avec.

    J’lui emboîte le pas en tâchant d’ignorer les regards inquisiteurs, voraces ou amorphes qui se collent à nous, à moi surtout, vu que j’suis une femme plutôt fluette en ce moment, alors que si j’étais mon moi habituel, m’est avis que ça baisserait les yeux et se ferait tout petit. Alors que Peltier, lui, n’attire pas plus que ça l’attention : il doit venir plus régulièrement, et sa pelisse de poils drus excite pas vraiment la population.

    Une personne que j’peux que supposer être la gamine, eu égard à son âge relativement faible, encore plus jeune que moi et Hana, se lève et prend la parole. Pas fluette pour un sou, elle a la diction articulée et précise des familles nobles, et le mot Genova fait immédiatement naître un sale doute en moi. P’tet qu’il y a un air dans la forme du nez, le pli de la bouche... Ou pas. Ça serait drôlement gros, mais j’vais laisser d’Elusie se dépatouiller de ça, tant que je trouve la came.

    C’était ma seule mission.

    Mentalement, j’récite les premiers mots d’une téléportation qui me sortirait du bâtiment, à défaut de me mettre hors d’atteinte du moindre danger. A partir de là, j’aurai toujours le temps d’aviser, avec la métamorphose, et une autre téléportation. Le plus dur, c’est de maintenir le sort tout en suivant la conversation. J’prends une inspiration.

    « Nous avons été repérés. Ça peut être Mathis ou Marijoie, possiblement le Syndicat.
    - Comme je disais, Capitaine, je ne pense pas que le Syndicat... commence Peltier.
    - Peu importe, que j’coupe. Est-ce que vous avez toujours le ginkgo, Cécilia ? »

    Elle me regarde, me jauge. Est-ce qu’elles se tutoient ? Est-ce que j’aurais dû dire Madame Genova comme Peltier ? Non, je pense pas. J’ai apporté la cargaison, je suis censé être au coeur du dispositif, donc a priori, j’ai mon autorité, surtout avec mon poste de capitaine de la GAR. Puis Cécilia Genova tourne la tête vers la droite, vers la gauche.

    « Vous remettez en doute mon investissement ? Ma probité ? »

    Je secoue la tête. Je fais un signe de la main en direction de Peltier.

    « Madame Genova, la situation est complexe. Il est important de nous assurer au plus vite de nos alliés, pour identifier qui peut nous avoir trahi. Nous sommes à peu près certains que Marijoie et Mathias sont dans le coup, étant donné qu’ils sont en bout de chaîne. Mais nous devons être certain de vous. »

    Elle se redresse de toute sa petite taille, plante ses yeux dans ceux de Peltier.

    « Et si j’ai trahi ? Vous m’éventrerez et on me retrouvera noyée au fond du port, c’est cela ? »

    Il est surpris, le vieux soldat, reste droit et raide. Quand j’soupire, il se tourne vers moi, tout en gardant un oeil sur la gamine de la famille de l’ex-président. J’vais supposer que c’est pas juste un homonyme. N’empêche, si c’est vraiment ça, ça veut dire que pour maintenir les finances de la famille, depuis que Mirelda est au pouvoir, ils se sont tournés vers d’autres façons de fonctionner. Si c’est avéré, Zelevas sera très intéressé, m’est avis. Donc j’grave le visage de la gamine dans ma mémoire.

    « N’exagérons pas, Cécilia. Après tout, si vous n’avez rien à vous reprocher, nous n’avons pas besoin de nous poser ces questions. Et si, au contraire, vous n’avez pas respecté votre parole, alors il sera toujours temps de se demander quoi faire. Je suis persuadée que Goldheart sera ravie d’avoir de vos nouvelles. »

    Elle pâlit brusquement, la Genova, à entendre le nom de la némésis familiale. Puis elle rougit, de colère, d’énervement.

    « Ne pensez pas pouvoir me mener à la carotte et au baton. Si je tombe, ce ne sera pas seule.
    - En effet, ce sera avec toute votre famille. Moi ? Je négocierai. »

    Cécilia déglutit finalement, puis prend une mine outrée et digne, sous nos regards placides.

    « De toute façon, la cargaison est au même endroit que d’habitude. Allons-y. »

    J’espère bien. Parce que c’est ça qu’il voulait, le vieux sénateur.
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  • Mer 24 Jan - 2:45
    Défilant sous les regards curieux et parfois mals avisés des miséreux, Cécilia Génova, Peltier et Hana descendent dans les rues des Bougeoirs pour une petite balade nocturne sous une froide pluie hivernale. La Gamine est masquée à outrance, son apparence est dissimulée derrière une cape en tissus miteux doublé par un manteau beige sale d’un style shoumeïen et elle a même troqué sa jupe pour un pantalon en toile ample typé oriental. À la voir accompagner les deux autres personnes qui marchent derrière elle en silence, on ne saurait même pas dire qu’elle est une femme. La petite procession navigue dans les ruelles sombres, passant d’allées en impasses et d’impasses en conduits étriqués ils parviennent à une sorte de terrain vague entouré de maisons délabrées à peine debout et remplies d’opportunistes aux airs tous plus rachitiques les uns que les autres. Après une bonne demi-heure de marche, la Gamine s’arrête devant la porte d’une habitation au porche encore plus pourri que les politiciens de ce pays, certaines des planches présentent des trous béants là où les pieds des têtes en l’air sont passés au travers et les chaussures des trois acolytes s’enfoncent dans le bois avec un bruit spongieux qui n’augure pas la première fraîcheur. Au dessus du porche un appentis dont seules les poutres porteuses étaient encore présentes et laissaient passer la pluie battante qui s’écrasait en trombe sur le péron. La Gamine toque quelques fois à la porte avec un rythme particulier et le volet s’ouvre sur une paire d’yeux jaunis et vitreux qui ferait pâlir de jalousie les plus gros camés de Kyouji, pas un mot, pas un geste, le volet se referme aussi abruptement qu’il ne s’était ouvert et la porte s’ouvre avec qu’un bruit sourd ait retenti de l’autre côté. Lorsqu’ils pénètrent tous à l’intérieur enfin au sec, la parodie de gardien qui leur a ouvert prend la parole avec une voix nerveuse et un discours désordonné.

    ”Haha, Gamina, qu’est-ce que vous faites là? Bonjour, enfin bonsoir. Y’a un problème? Un problème avec moi? Je veux dire asseyez-vous. Non, on a plus de chaises, restez debout. Enfin asseyez-vous sur le sol si vous le voulez mais faites comme bon vous semble n’est-ce pas?”

    Ignorant totalement les divagations à moitié folles du bonhomme, Cécilia commence à déplacer les couvertures tachées qui jonchent le sol vers les bords de la pièce.

    ”Ah ouais les plantes, ouais ouais ouais. Elles sont là. Vous voulez les voir? Y’a pas de soucis.” La tête droguée semble devenir un peu plus nerveux qu’il ne l’était il y a quelques secondes. Ses tiques gestuelles s’accentuent et ses pupilles furètent frénétiquement de gauche à droite alors qu’il se gratte le coude du bout de ses ongles terreux.

    Cécilia saisit un couteau rouillé posé par terre et s’attaque à l’interstice entre deux planches du parquet, insérant la pointe en levier pour soulever le bois ce qui tord l’ustensile sous le poids du faux sol elle décolle un morceau de planchette. Ledit morceau est cependant collé à plusieurs autres planches et ne s’avère être qu’une fine couche de frisette déposée sur un renfoncement de même forme pour cacher la présence d’une trappe. Alors que Cécilia soulève le rabat et dévoile une cavité de sous-sol complètement vide, la Génova, Peltier et l’officier déguisé dont la métamorphose commence à tirer sur la durée n’ont pas le temps de questionner le pécore. Le camé se rue sur la porte d’un seul coup et à l’inverse, une dizaine d’épouvantails leur tombent dessus armés de surins plus ou moins affutés, de pelles fatiguées et de hachoirs aux lames morcelées. Peltier ne perds pas un instant et envoie un premier coup de poing dans la tronche du premier malandrin qui se présente à lui mais bien vite il se fait rouer de coups par la férocité des drogués en manque. Pris au dépourvu et incapable de se transformer, le solide gaillard se recroqueville et montre sa garde pour protéger sa tête pendant qu’il cherche à reculer vers un coin de la pièce et limiter ses ouvertures. Cécilia, dont le nom de famille suggèrerait de ses mains la dextérité à manier un petit-four et une flûte de champagne plutôt qu’un poignard, déploie de sous sa cape une dague effilée d’une trentaine de centimètres et se resserre près de la fausse Hana, plaquée dos à dos et prête au combat.
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