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    Zéphyr Zoldyck
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  • Sam 12 Aoû - 0:57
    Note HRP : Résumé en bas du poste]

    Zéphyr n’intervient pas particulièrement quand le rôle de la femme est abordé par Ayshara. Lui-même a déjà des espionnes et des informatrices dans son réseau, Elia en est un exemple comme un autre. Ce n’est donc pas dans son service qu’on trouvera des discriminations, quand bien même certains Reikois déconsidèrent encore les guerrières au sein de leur peuple. Pour le général des armées, cependant, la problématique est différente, car il doit gérer ses troupes et toutes les tensions qui vont avec. De facto, il est plus souvent confronté aux préjugés de ses soldats, et si cela n’a sans doute pas cours chez les Serres et les Dévoreurs, l’affaire est différente dans les troupes régulières. Certains combattants peuvent toujours se croire supérieurs par rapport à d’autres. Comme l’a dit Deydreus, il s’agira d’un travail de fond et changer les mentalités demandera du temps. Mais ça ne sera pas impossible si les instances supérieures du pays imposent le même respect chez les hommes et leurs homologues féminins.

    Zéphyr est plus dubitatif en ce qui concerne la propagande souhaitée par l’Impératrice. La transparence, oui. Il la comprend. Mais c’est aussi par des mensonges savamment dosés qu’on arrive à mieux son pays vers un objectif précis. Atténuer l’impact d’une défaite peut éviter que soldats soient démoralisés et complètement défaitistes à l’approche d’une bataille. Parler des horreurs des fanatiques peuvent renforcer la conviction des hommes à faire le « bien », celui tel qu’il est vu par le Reike, certes, mais chaque pays aura de toute façon ses propres valeurs et sa manière de juger. Aussi, le commandant des troupes spéciales ne partage pas le même point de vue que la Vosdraak, mais il lui répond après un léger temps de réflexion :

    - Je peux comprendre votre désir que nous soyons transparents, Majesté. Il est logique d’être toujours plus proche de la vérité, pour que le peuple marche avec nous, et pas contre nous. Si nous l’abreuvons de mensonges, et que la populace s’en rend compte, le doute commence à germer, puis les critiques fusent, la méfiance s’installe, les rébellions se créent. Je ne compte pas mettre en place une propagande qui vise à nous faire vivre dans le mensonge, voire pire : dans le déni. Cependant, de mon point de vue, la vérité seule ne suffit pas. Pour transmettre un message, il faut l’embellir. Le rendre attrayant. Vous savez que, dans nos bibliothèques et nos scriptoriums, les copistes se plaisent à reproduire des manuscrits en les dotant d’enluminures. Les lettrines, les miniatures, les encadrements, tout cela donne un cachet au livre qui est créé et lui donne de la valeur, au point que les nobles se les arrachent et en sont particulièrement friands. L’idée est d’en faire de même avec nos services de renseignements. Ne pas donner la vérité brute – comme si on lisait un texte manuscrit sans illustrations – mais l’enrober d’une touche d’héroïsme quand nous avons des victoires, le ponctuer de courage quand nous avons des défaites. Cela aidera nos troupes à avancer à l’unisson. Cela aidera le Reike à combattre un ennemi commun. Un léger silence. Je vous propose donc de présenter la vérité, certes, mais présentée d’une telle manière que cela nous donne un avantage. Evidemment, nous ne mentirons pas quand nous essuieront des revers de fortune : à certains égards, cela pourra même être un bienfait, car cela nous évitera d’être envahi par l’orgueil et la condescendance. Mais il faut savoir présenter la réalité avec adresse, et mon rôle est de la mettre en lumière d’une certaine façon, qui ne nous soit pas totalement défavorable, ni totalement idéalisée. Zéphyr se tait, puis un léger sourire apparaît sur son visage. Ce que je vous propose, c’est que je prépare avec mes agents ce que je vais inoculer à droite et à gauche : dans les salons mondains, dans les écoles et l’Université, dans les théâtres et les lieux de divertissement. Je vous présenterai la situation réelle, la manière dont laquelle je compte la présenter, et j’écouterai vos retours pour adapter au mieux au mieux mon discours et ce que j’imposerai dans les différentes couches de la société.

    Echanger, même en plus petits groupes, peut sembler inutile, mais Zéphyr n’a jamais dédaigné avoir des longues conversations avec ses chefs de cellule pour améliorer son réseau d’espions. De la même manière, il ne dédaigne pas voir le couple impérial pour présenter sa stratégie et entendre leur retour. Evidemment, il en va de même pour les autres membres de la Main, qu’il devra sans doute consulter pour comprendre le résultat de telle bataille, le fonctionnement de tel enchantement, ou l’issue d’une rencontre diplomatique particulière.

    Zéphyr tourne la tête vers Tagar quand Ayshara l’invite à se prononcer sur les idées des autres ministres. Il reconnaît lui-même que le mage élémentaliste n’est pas très bavard et cela l’arrangerait qu’il s’illustre, qu’il prenne la parole, qu’il défende son point de vue sur les affaires qui lui sont propres, c’est-à-dire les Finances. Ce n’est pas parce que le couple royal a forcément un autre avis que les membres de la Main ne peuvent pas défendre leurs idées : la preuve, l’Oreille vient de contre-argumenter avec l’Impératrice à l’instant. Mais l’homme aux cheveux d’argent ne prend pas davantage la parole et c’est donc au maître-espion de reprendre la main. Pour une partie qui ne lui plait guère, il faut bien l’admettre. Cependant, puisque l’assassin est presque certain qu’on va embrayer sur les liens entre la République et le Reike, il faut selon lui éclaircir les quelques relations que l’employé de Kilanna a avec certaines personnalités de l’Est. D’abord par souci de transparence. Ensuite parce que ces mêmes liens peuvent – peut-être – être un avantage pour l’Empire lui-même si Tagar efface ses doutes et lui confirme qu’il a tort. L’Oreille a bien conscience qu’il peut se tromper sur certaines circonstances ou certains actes du Reikois, aussi, il attend de son interlocuteur précision et rigueur pour montrer qu’il est blanc comme neige. Neutre, Zéphyr l’est. Est-ce que la suite va lui montrer qu’il a raison d’agir ainsi, c’est une toute autre affaire.

    D’abord, évidemment, le bretteur laisse Ayshara parler. Elle est dans son droit et, de toute façon, le guerrier est quasiment sûr qu’après avoir parlé, elle le laissera s’exprimer pour se justifier et éclaircir tous les points que l’espion vient de soulever. Mais l’ami de la Griffe est surpris quand il entend des cliquetis, puis que la porte s’ouvre pour laisser la place à… Afosios. Une expression un peu perplexe sur le visage, Zéphyr le voit débarquer de manière théâtrale. Tensai, lui, pose également ses yeux sur le bras droit de son épouse, et il ne peut s’empêcher d’avoir un regard mauvais face à son entrée remarquée. L’homme-dragon est déjà renfrogné et sombre depuis les accusations du maître-espion. Il n’est donc pas particulièrement ravi de devoir supporter cet invité-surprise. Bon, bien sûr, sa femme le tolère, et c’est son meilleur ami depuis l’enfance, mais… le Conquérant n’a jamais compris comment ils pouvaient si bien s’entendre. C’est d’un regard presque lourd que le colosse regarde l’assassin s’avancer et il plisse même les yeux lorsque l’impudent ose l’appeler « Shasha chérie ». Quel moustique… désagréable. Si ce n’était parce que la Vosdraak le supporte... Enfin bon. Il vient quand même avec une lettre et l’Empereur laisse son âme sœur déplier la missive alors qu’il ressasse ce que vient de leur dire l’Oreille. Un silence de quelques secondes s’ensuit, et alors qu’Ayshara reprend la parole en direction de Tagar, Tensai, lui, saisit le courrier envoyé à leur intention. D’un œil attentif, il parcourt lui-même la correspondance envoyée par la Porte-Parole de la République. Il entend bien sûr les propos virulents du Ministre des Finances, et un silence succède la défense de l’élémentaliste. Contre toute-attente, c’est le Drakyn qui rompt la tension dans la pièce, en jetant avec mépris la lettre sur la table devant lui.

    - Cette langue de vipère. Peut-on seulement accorder du crédit à la République ? Le dédain qui apparaît sur le visage du souverain est manifeste. On devrait interdire à Koraki Exousia de venir dans le Reike, ricane-t-il. Ca lui ferait les pieds.
    Il n’en faut naturellement pas plus pour esquisser une réaction surprise – et alarmée – de Genryusai.
    - Altesse, il s’agit de la Porte-Parole de la République et…
    - Je sais, je sais, maugrée Tensai. On ne le fera pas. Chacun savait, de toute façon, que la diplomatie n’était pas la tasse de thé de l’Empereur et que ce qu’il connaissait vraiment, c’était le combat sur de vrais champs de bataille.

    Quoi qu’il en soit, l’ironie et l’expression somme toute malveillante de du Pourfendeur des Titans disparaît totalement, et à sa place, une expression dure apparaît sur son visage. Tel un juge qui dévisage ses ministres, l’homme se redresse sur son siège et parle d’un ton grave.

    - Tagar, nous avons entendu ta défense. Son regard se pose sur l’Oreille et Deydreus. Qu’avez-vous à lui répondre ? Toi particulièrement, Zéphyr.

    L’intéressé hoche calmement la tête et se tourne vers son homologue.

    - Tagar. Le maître-espion pèse mûrement ses mots alors qu’il plante son regard dans ceux de son collègue. Tu me parles d’insécurité lors de tes voyages. Un soupir s’échappe de ses lèvres. Comme tu le sais, quand vous partez de la capitale, je prends note de chacun de vos voyages, je m’assure de votre arrivée, de votre départ, et j’assume à la grosse louche la date de votre retour à Ikusa. Cependant – et son ton se durcit légèrement – vos missions ne concernent que vous. Tout comme ce serait déplacé de ma part d’imposer une garde spécifique à Deydreus – alors que je n’ai même pas de contrôle sur l’armée –, il serait déplacé de ma part de t’imposer des hommes en particulier. Ta troupe t’appartient. A toi et à toi seul. C’est donc à toi de mesurer les risques de tes déplacements. A réfléchir sur le nombre d’hommes qui t’accompagnent. Tu as accès au Trésor, tu peux donc utiliser cette ressource pour employer la protection que tu souhaites. Mes espions et mes assassins peuvent t’assister – c’est ce qu’ils font d’ailleurs généralement sur place – mais ils n’ont pas vocation à assurer ta défense toute la journée, ni même à interférer dans tes projets en tant que Cœur. Comprends bien que j’ai d’autres menaces à gérer, et qu’en tant que Voix, Cœur, Griffe, et Esprit, vous êtes assez puissants pour vous entourer d’une cohorte protectrice. Un léger silence. Bien sûr, tu peux me demander conseil, à moi ou à Deydreus, puisque lui dirige les troupes régulières, là où moi je dirige les troupes spéciales. Mais nous sommes tous suffisamment indépendants l’un de l’autre pour organiser nos propres déplacements et notre propre sécurité. Me rejeter la faute me semble donc inapproprié, car si je te surveille – comme Genryusai et les autres – pour que le moindre chose ne t’arrive, il me semble tout aussi raisonnable d’affirmer que je ne suis pas omnipotent, et que chacun doit gérer tous les aspects de ses voyages. Avec ses avantages comme ses inconvénients.

    Ceci, c’était une première chose.

    - Ensuite, concernant ton enlèvement à Maël. Evidemment qu’on m’en a informé. J’étais même furieux qu’on ait mis la main sur toi. Il n’y a rien de pire, pour l’Empire, que de perdre son génie des chiffres. On en revient néanmoins au premier point. Ta troupe aurait dû suffire pour empêcher ta capture, à toi et celle d’Halewyn. Il est possible de droguer deux individus. Mais une escouade entière ? Je doute que tous ait succombé au poison. Alors comment le Cœur a pu être enlevé au milieu de ces hommes ? Comment n’ont-ils pas pu réagir à la menace et t’exfiltrer de là ? J’ajouterai qu’il faut aussi voir si ta visite architecturale de la ville était prévue à ce moment précis. Si oui, as-tu bien suivi le chemin le plus sûr, ponctué des troupes de Maël ? Ou as-tu été négligent à ce moment-là ? Si au contraire, cette visite n’était pas prévue, comment voulais-tu que j’anticipe cette liberté de ta part ? Je ne suis pas dans ton esprit, Tagar. Je suis puissant, mais pas infaillible. Et si mon bras est long, je ne peux pas non plus tout accomplir.

    Zéphyr assume totalement ce fait et il embraie.

    - Concernant ta relation avec Halewyn. Tu me reproches de te souligner ton lien avec elle maintenant alors que tu la connais depuis des années. Mais Tagar, crois-tu que je m’intéresse à tous les contrôleurs royaux du Royaume ? Zéphyr pose ses deux mains sur la table, et se penche légèrement en avant. C’est à partir du moment où tu as été nommé Cœur que je me suis intéressé à toi. Autrement dit depuis septembre de l’an 3. Avant, tu étais sous la protection et la houlette de ton prédécesseur, pas de la mienne. Ne le prends pas mal, mais bien que tu aies toujours été le meilleur parmi tes pairs, tu étais un contrôleur parmi bien d’autres. Là encore, je suis doué, mais je ne peux connaître tous les sujets de l’Empire alors que celui-ci est composé de millions d’individus. C’est donc à partir de ta nomination que j’ai commencé à entendre parler de cette Halewyn. Comme dit, au départ, elle était davantage au Shoumei. C’est davantage à partir de février, puis surtout à la fin du mois d’avril et au début du mois de mai que tu l’as revue régulièrement. Je comptais t’en parler, sauf que Sable d’Or nous est tombé dessus et nous a bien occupés, jusqu’à nous mener à ce Conseil.

    Un léger silence.

    - Pour ce qui est d’usurper ton nom et ton autorité. Zéphyr arque un sourcil alors qu’il se redresse et dévisage son homologue. C’est à moi que tu le reproches ? Vraiment ? Le maître-espion place ses mains derrière son dos et reprend. Chacun est responsable de sa propre influence. Si l’Eau utilise mon titre d’Oreille pour faire passer un de ses ordres, la responsabilité m’en revient. Si le Vent décime des fanatiques en mon nom, la responsabilité m’en revient également. Il en va de même pour toi quand Dame Sampiero utilise ton titre en connaissance de cause. Cela veut dire qu’elle estime assez te connaître pour parler en ton nom, ce qui est grave, compte-tenu qu’elle est une étrangère. Chacun a sa propre autorité. C’est donc à toi de gérer la tienne.

    Le ton de Zéphyr est calme, mais implacable.

    - Ensuite, pour ce qui est des conséquences. Attends-tu que ce soit moi qui corrige tes bévues, Tagar ? Plaçant les mains derrière son dos, Zéphyr poursuit. Ce n’est pas mon rôle de prendre des sanctions. Par contre, c’est ma responsabilité que de prendre note de ce qui arrive et de te le faire remonter. Si rien n’est ensuite fait de ta propre initiative, et que je vois qu’il y a ingérence, je suis libre de prendre la main et de la mettre par exemple sous les cachots le temps d’une enquête. Mais soyons honnête, je trouverais ça plutôt rustre. A dire vrai, j’aurais préféré que tu m’invites à prendre contact avec elle – ou me rassurer en m’expliquant qu’elle était une alliée – plutôt que de me renvoyer le fait qu’utiliser ton autorité était de ma faute.

    Enfin, pour ce qui est des informations propre à cette Halewyn. Zéphyr soupire, mais continue.

    - Dis-moi, qu’est-ce qui est plus rapide ? Te demander des informations sur cette femme – que tu connais et que tu as déjà rencontrée – ou envoyer un espion sur ses traces pendant plusieurs jours, attendre son rapport et prendre ensuite les mesures nécessaires ? En ayant une entrevue avec toi, je suis fixé en dix minutes. En envoyant un de mes agents, je suis susceptible d’attendre plusieurs heures à plusieurs semaines. Parce que le Royaume est vaste et que cette dame ne va pas attendre mon invitation, puisqu’elle ne sait pas que je la cherche.

    Ce n’est pas un reproche à l’amie de Tagar, au demeurant. C’est juste plus simple d’interroger le Cœur pour avoir rapidement un portrait de la voyageuse.

    - Pour ce qui est de te recommander ton entourage. Tagar, tu es aussi intelligent que moi non ? Tu sais tout autant faire preuve de discernement que moi également, n’est-ce pas ? Oui, c’est mon rôle que de t’avertir des personnes suspectes. Mais c’est aussi à toi d’être vigilant en qualité de Ministre des Finances. Tu dois bien te douter depuis le début qu’on te tournera autour pour avoir tes faveurs, pour t’emprisonner ou te tuer non ? Notre monde est dur. Je ne peux pas tout faire pour toi.

    Il voulait bien croire que cette Halewyn n’avait rien demandé sur le travail de Tagar, et qu’il ne lui en avait pas parlé, mais il restait quand même le fait qu’elle avait profité de sa position, même indirectement, lors de sa visite à l’Académie Drakstrang.

    Concernant Maria Donovan, un regard mi-figue mi-raisin apparaît sur le visage du maître-espion.

    - Tagar, si elle n’était qu’une simple amie pour toi, je ne l’aurais même pas évoquée lors de ce Conseil. Mais tu l’as accompagnée jusqu’à un hôtel. Assistée lors d’un concert. Accompagnée lors d’un vol de griffon et même été ensemble dans un restaurant de la capitale. Sur le port, tu l’as enlacée et selon mon subordonné, tu lui as même tenu la main. Donc comprends que j’en tire des conclusions et que je considère que, si elle n’est pas ta fiancée, elle est au moins en couple avec toi.

    Pour la lettre, un point interpelle Zéphyr et il se tourne vers le couple royal.

    - Vos Majestés, si je puis me permettre. A cette époque de l’affaire du procès, Tagar était encore contrôleur royal. Le bannir de la République, n’est-ce pas une sanction disproportionnée s’il n’était pas encore Cœur ? demande l’Oreille. Son regard se pose un instant vers Genryusai. Est-ce que Tagar ne pourrait pas au moins échanger avec la Porte-Parole pour adoucir les tensions ?

    Si, en disant cela, Zéphyr prend un instant le parti de Tagar, il ne peut s’empêcher de pincer les lèvres quand le Cœur déclare qu’il a été victime de calomnie.

    - Si on fait fi de la lettre d’Exousia, déclare le commandant des assassins, et si tu fais référence à mes propos, sache que ce n’est pas contre toi particulièrement. Je pourrais demander des comptes à Deydreus également. Lui demander la raison de certaines actions. Par exemple, le village dans le Nord qu’il a brûlé et réduit à rien, après avoir rencontré un démon. D’aucun pourraient considérer que c’est un acte barbare, inadmissible, intraitable. D’aucuns pourraient se demander aussi comment les autres villages des environs le prendraient. Comment on pourrait considérer la Griffe et l’autorité royale après ça. Si ça ne susciterait pas davantage plus de rébellion. Mais quand bien même je l’interrogerais sur le sujet, et Zéphyr tourne la tête légèrement vers son homologue en disant ses mots, je le laisserais se justifier comme toi. Un autre silence. Comprends également que, si je t’accuse de quoi que ce soit, c’est justement l’occasion de te blanchir. De prouver que tu n’as rien fait de mal. Je n’ai pas posé toutes ces questions tantôt pour t’acculer mais pour permettre de clarifier les choses, encore une fois.
    - C’est assez.

    Le ton calme de Tensai attire le regard sur l’Empereur, et ce dernier reprend.

    - Je considère que Zéphyr a relevé des éléments suffisamment interpelant pour qu’il nous en fasse part. Peut-être aurait-il été plus agréable pour Tagar que le maître-espion et lui soit uniquement en tête à tête pour clarifier cela. Mais je comprends aussi que l’Oreille ait voulu mentionner ces points devant nous avant qu’on ne parle des relations diplomatiques de l’Empire. Parler des actions de chacun, de nos fautes et de nos erreurs, est toujours difficile, de toute manière. Dans l’immédiat, nous nous sommes retrouvés ici pour prendre des décisions dans le cadre du Royaume.

    L’homme-dragon pose son regard sur Tagar.

    - A aucun moment, me semble-t-il, vous n’avez été accusé de trahison. La qualité de votre travail n’est pas non plus remise en cause. Vous restez un génie des chiffres, Tagar. Personne ne pourra vous enlever ça. Cependant, en tant que Membre de la Main, Ayshara et moi-même sommes en droit de vous réclamer plus de choses. Quand on a davantage de responsabilités, on est en droit de plus vous en demander. Vous interroger sur vos relations n’est pas un mal si vous pouvez vous défendre. Et ce n’est pas parce qu’on vous accuse que vous devez quitter le poste de Cœur.

    Un silence.

    - En ce qui me concerne, je regrette que vous ne nous ayez pas dit si ces relations pouvaient être un avantage pour l’Empire. Pourquoi ne pas essayer de nous convaincre que cette Halewyn, cette Donovan et le lien avec la sénatrice ne nous serait pas bénéfique ? Vous n’avez rien mentionné de cela. Tensai pince les lèvres, puis reprend. Je ne remettrai pas en cause votre décision de partir, si  vous y tenez réellement. Mais un enchantement sera alors apposé à votre mémoire, pour que vous ne puissiez divulguer aucune information sur votre mandat de Cœur. La même chose est imposée à chaque membres de la Main lorsque ceux-ci renoncent à leur fonction et ce sera une condition sine qua non pour votre départ. Cependant, avant que vous nous confirmiez votre décision, j’aimerais entendre l’avis d’Ayshara à propos de tout ceci.
    Résumé:
    Impératrice-dragon du Reike
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    Ayshara Ryssen
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  • Sam 12 Aoû - 10:01

    Au creux des silences qui ponctuaient les élocutions de Deydreus, Ayshara discernait l'ébauche d'un futur où les femmes, majestueuses, arpenteraient les chemins de la vie, épaule contre épaule, avec les hommes. En ce monde rêvé, leurs essences ne se confineraient point à des rôles ancestraux, mais brilleraient, reconnues et exaltées dans toute leur splendeur. Elle s'imaginait des légions où la parité régnerait, des femmes émergeant, animées par un courage indomptable, prêtes à se tenir au front, égales aux guerriers qui avaient partagé leurs jeunesses. Les mots du chef des Serres Pourpres, bien que soulignant les épreuves à l'horizon, agissaient telle une mélodie apaisante sur son for intérieur, écho vibrant de ses propres croyances et espoirs.
    D'une grâce n'appartenant qu'à elle, la mère-dragon se redressa sur son siège impérial. Le sourire qui fleurit ensuite sur ses lèvres ne se voulait ni large ni ostentatoire; c'était un simple signe de gratitude et d'approbation, un mouvement à la fois subtil et puissant qui traduisait toute la profondeur de ses pensées.

    Suite à cela, ce fut le tour du Maître-espion de répondre à la souveraine qui le fixait d'un regard intrigué. Elle était quasiment éblouie par la grande sagacité de son examen et par sa prescience à envisager les multiples reflets qu'engendrerait la vérité au sein de l'âme collective du peuple reikois. Toutefois, sa formation en tant que dirigeante d'État et les conseils avisés qu'elle avait reçus tout au long de son développement intellectuel la poussaient à peser chaque argument soigneusement.

    - Messire Zoldyck, votre raisonnement me rappelle les principes de base de la rhétorique qui se retrouvent au cœur de nombreux débats et discussions. J'admets que vous avez raison : la vérité à elle seule ne s'avère pas toujours suffisante. Il est souvent nécessaire de la présenter sous un jour qui la rend accessible, compréhensible et, surtout, acceptable pour le public auquel elle se destine. Après tout, même le plus pur des élixirs peut être amélioré grâce à une pincée de sucre. Cependant, le danger réside dans la quantité que l'on ajoute. Trop, et nous risquons d'aliéner nos citoyens, de les tromper plutôt que de les guider. Et cela ferait de nous des êtres aussi méprisables que les Titans ou les républicains. La demoiselle inclina légèrement la tête, marquant une pause réfléchie avant de poursuivre. Prenons un exemple concret : si un docteur diagnostique une condition grave à un patient, il ne lui dit pas simplement le nom de la maladie. Il explique ce que cela signifie, les conséquences, les traitements possibles... Le médecin donne de l'espoir là où il y en a, et de la clarté là où il y en a besoin. Ne cachons pas le mal; fournissons le contexte, l'espoir et la clarté. Elle sourit doucement. Mais, Zéphyr, tout comme un médecin doit s'assurer que le patient comprenne bien sa situation, nous devons veiller à ce que notre peuple ne se méprenne pas à propos de la réalité. Votre idée de travailler main dans la main pour définir comment présenter chaque contexte me charme grandement et je serais ravie de collaborer étroitement avec vous. La reine marqua une modeste pause, ses améthystes reflétant une lueur d'amusement. Et en parlant d'enluminures et d'embellissements, j'ai entendu dire que certains de nos copistes joignaient des dessins rigolos dans les marges des manuscrits... Peut-être que nous pourrions ajouter une petite caricature humoristique de vous dans nos prochains rapports, histoire d'alléger l'ambiance ? Qui pourrait résister à un Zéphyr miniaturisé ? Termina-t-elle, la voix taquine et espiègle.

    Malheureusement, avant de réfléchir aux différentes méthodes de propagande, il fallait bien sûr s'occuper du cas Tagar. Un cas qui n'allait pas être une mince affaire selon les propos de l'Oreille. Les arguments jouant en sa défaveur étaient plutôt conséquents, et Ayshara n'aurait pas trop aimé se retrouver à sa place. Le Maître des murmures avait terriblement bien réalisé son job. Le contester ne serait pas aisé.
    Les lèvres ténues, les yeux entrouverts, Ayshara ressentit une pointe de mépris pour le Coeur. Ce n'était pas parce qu'il avait demandé à démissionner ou parce qu'il avait défendu avec véhémence sa position. Non... Il s'agissait plutôt de sa manière de se défausser, d'insinuer que d'autres étaient responsables de ses déboires. Ce qu'elle éprouva venait du fait qu'elle pensait qu'il aurait pu réagir différemment. Qu'il aurait pu reconnaître ses fautes, solliciter des conseils, chercher des solutions. Mais au lieu de cela, il empruntait la voie de la Victime, insistant sur un potentiel traitement injuste. Pourtant, le Reys avait eu le courage de révéler le fond de sa philosophie, de regarder les membres ici présents droit dans les yeux et de les confronter. Elle ne pouvait pas nier cela. Puis, elle se remémora tous les rapports financiers parcourus, les détails minutieux que l'ancien contrôleur avait intégrés, la croissance amenée. Elle reconnaissait ses expertises, certes. Ceci dit, elle se questionnait sur sa capacité à travailler en équipe, à accepter les critiques et à gérer les conflits. Ses arguments, bien que défendables, lui paraissaient entrelacés d'une pointe d'égo qui trahissait sa frustration.

    Eût-elle abdiqué à chaque ombre jetée sur sa légitimité, à chaque questionnement de ses choix et compétences, l'héritière des Draknys n'aurait pas régné sur le Reike au-delà de l'aube première. Douter demeurait l'apanage de l'esprit perspicace, de l'âme éclairée. Les cons et les insensés ne s'interrogeaient point. Et, bien souvent, ils s'éteignaient dans la noirceur des abysses, sans que le monde ne leur accorde mémoire ou honneur.

    Dans un élan d'argumentation, Zéphyr ne tarda pas à lancer sa contre-attaque. Ouf ! Ce débat fulgurant ne faisait que débuter, mesdames et messieurs ! Comme d'habitude, les paroles de l'espion s'élevaient, solides et inébranlables. Il possédait une aura presque terrifiante. L'impératrice frémissait à l'obscure possibilité de le voir, un jour, en tant qu'adversaire sur l'échiquier du destin. Les titans pouvaient bien se cacher et envoyer leurs archontes à l'abattoir !

    La belle se permit néanmoins de rebondir sur le point touchant la République et la lettre d'Exousia.

    - La position d'un contrôleur royal n'est certes pas celle d'un Cœur, mais il s'agit toujours d'un représentant de cet empire, et donc, de notre volonté. Le fait que vous suggériez qu'un échange entre Tagar et la Porte-parole puisse adoucir les tensions sous-entend que nous devrions nous plier à leurs caprices. C'est la République qui doit nous des explications, pas l'inverse. Cette affaire dépasse la simple question du rang. Elle dirigea son attention vers le Coeur, cette fois-ci. Tagar, cette lettre est la preuve vivante qu'il ne faut pas accorder une confiance facile, surtout aux étrangers. La politique, Ministre Reys, est un échiquier où certains pions changent de loyauté aussi rapidement que les saisons. Un pays ou un individu peut être votre allié, et après, il peut devenir votre plus grand adversaire, surtout lorsque les aléas de la vie le poussent vers des objectifs égoïstes. La République, tout comme n'importe quelle autre nation, joue selon ses propres intérêts. Elle navigue dans la mer agitée de la diplomatie, cherchant constamment à affirmer sa dominance et à se protéger. Elle prit une légère pause, respirant profondément. La reconnaissance d'aujourd'hui ne garantit pas l'amitié de demain. Si les circonstances évoluent ou si la balance des valeurs se déplace, il s'avère probable qu'un allié de longue date se transforme en un antagoniste. Vous l'avez vu de vos propres yeux : les honneurs qu'ils vous ont accordés par le passé n'étaient que des gestes temporaires pour gagner votre faveur.  Une danse délicate, des règles non dites changeant constamment. Tirez-en leçons, Tagar. Et gardez à l'esprit que la confiance est une épée à double tranchant. Octroyez-la judicieusement, et toujours avec prudence.

    Quand Tensai s'exprima de façon calme, cela surprit légèrement son épouse, qui s'attendait plutôt à voir une vague d'explosion colérique. Bien. Il avait gagné un meilleur contrôle de ses émotions avec le temps. Ou peut-être que ce n'était que passager et qu'une tornade dévastatrice se pointerait plus tard, qui sait ? Dans tous les cas, la vosdraak serait là pour le soutenir au mieux de ses capacités.

    Au final, la décision lui revenait. Qu'allait-elle choisir ?

    - Votre démission est acceptée, Monsieur Reys. Je vous souhaite bonne chance au sein de vos entreprises futures.  Oui, elle l’approuvait. S'il voulait partir, elle ne le retiendrait pas. À ses yeux, la démission signifiait embrasser la sortie facile plutôt que de se confronter à la tempête, de rechercher un terrain d'entente ou de travailler pour un meilleur lendemain. L'Empire avait besoin de leaders forts, de ceux qui, face à l'adversité, choisissent de rester et de combattre. La facilité était la voie de ceux qui abandonnaient leurs convictions dès les premières épreuves. Vous pouvez quitter vos fonctions maintenant; je m'occuperais de réaliser la transition avec nos contrôleurs royaux. Toutefois, comme mon mari l'a mentionné précédemment, des mesures seront prises pour garantir la sécurité des informations financières que vous détenez. J'espère que vous comprenez la nécessité de cette démarche.

    D'une voix équilibrée, teintée de sereine neutralité, la souveraine parlait sans trace d'animosité. S'inspirant de sa marraine et mentor Gunnhildr, la première valkyrie, Ayshara se concentrait sur le pragmatisme afin de régler cette délicate affaire, refusant que les tumultes émotionnels n'obscurcissent sa route.

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    Deydreus Fictilem
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  • Sam 12 Aoû - 14:53
    Les choses s'étaient enchainées relativement vite. D'un côté, les accusations. De l'autre, la défense. Malheureusement, et alors qu'il écoutait les échanges avec intérêt, Deydreus ne put retenir ce sentiment amer qui pointait dans sa gorge. Les propos de Zéphyr étaient pointus, acérés. Mais la répartie en face était certes bonne mais manquait tout de même de ce mordant qu'il fallait. Plutôt que de s'expliquer, le ministre semblait préférer rejeter la faute sur les autres. Comme si c'était une instance supérieure qui avait dicté ses actions et ses relations. Dans un soupire las, le chevalier à l'armure sombre frotta sa barbe doucement, ses yeux vairons glissant sur les différentes personnalités présentes dans la salle. Lorsqu'il croisa le regard de Genryusai, la Griffe comprit à quel point ce dernier observait la scène avec gravité et lourdeur. Ce n'était pas des propos anodins, après tout. Plus encore lorsque le ministre s'exprima sur son souhait de quitter la Main.

    Le guerrier à l'armure noire ne comprenait juste pas. Comment pouvait-on, à la moindre épreuve, choisir de renoncer à son titre et sa fonction. Les accusations du maître espion étaient graves, mais la discussion était pourtant ouverte et le simple fait que le nobliau respire encore indiquait que pour le couple impérial aussi, le sujet n'avait pas été traité à sens unique. Pourtant, l'homme aux cheveux clairs ne semblait pas du même avis et préférait jeter l'éponge. Il préférait partir et abandonner sa fonction plutôt que se battre pour elle. Deydreus avait toujours considéré la force comme une pierre angulaire pour la nation et les races mortelles. Pour lui, cela n'avait jamais été uniquement axé sur la force physique ou sur les muscles. Un esprit aiguisé, un mage de talent ou bien le plus grand des érudits pouvaient tout à fait s'attirer son respect et son admiration. Tagar, par le passé, avait montré un talent inné pour les chiffres et le vétéran balafré avait commencé à le respecter pour cela. Mais... Face à pareil spectacle, alors même qu'il le voyait renoncer aussi facilement tel un enfant grognon lui laissa un gout désagréable en bouche. Il avait l'impression de voir un potentiel se gâcher lui même. De voir un esprit agile s'entartrer dans un égo blessé et refuser de s'opposer à la difficulté qui lui faisait face. Pourtant, la Griffe était persuadée que s'il avait simplement répondu aux questions, alors son sort n'aurait pas été le même. Soupirant longuement, le chevalier sombre reporta finalement son attention sur Zéphyr, levant la main pour prendre la parole tandis qu'il jetait sur le côté l'affaire du futur ancien ministre des finances.

    - Je souhaiterai revenir sur le village dont tu as parlé Zéphyr. Comme tu le sais, c'est un de tes espions qui m'a informé du souci régnant dans ce dernier et c'est d'ailleurs l'un d'eux qui aujourd'hui nous tient tous les deux informés de ce qu'il se passe vis à vis du démon que j'ai pu rencontré. Il marqua une pause, se tournant vers l'Empereur. Comme vous le savez je vous ai déjà transmis le rapport complet de ce qu'il s'est déroulé mais je vais tout de même développer mon propos. Ce village était isolé de tout. Tu as parlé de villages proches Zéphyr, mais il n'y en avait pas à, au moins, plus d'un jour de marche. Se situant à la périphérie de nos frontières, ce dernier ne vivait de presque rien et son isolation vis à vis de nos garnisons et notre culture l'a laissé en proie à la promesse du démon et au fanatisme aveugle. Quand enfin mes pas me menèrent au village, j'ai pu constater avec l'Ombre, le démon m'accompagnant parfois, toute l'étendue de la corruption qui avait gagné les coeurs de ces pauvres âmes. Certains de vivre dans le rêve éveillé du prince des Songes, les habitants s'étaient même vus octroyé des ouvrages et savoirs d'autres nations. J'ai d'ailleurs récupérer un livre provenant de magic, que j'ai transféré à l'Esprit afin qu'il le restitue à l'université républicaine en signe de bonne foi.

    Il marqua une nouvelle pause, faisant glisser son regard sur le maitre espion avant de revenir vers le couple impérial.

    - J'ai ordonné la purge de ce hameau afin d'éviter toute propagation aux terres voisines, et j'ai orienté Rêve sur les terres de Shoumei afin de le laisser refonder son "rêve" sur les rescapés shoumeiens, et ce afin d'atteindre deux buts précis. Le premier est la surveillance de la dite engeance démoniaque via les troupes sur place et les espions de l'Oreille. Le second est le fait de parasiter l'influence des divinistes sur les terres dévastées. Nous savons que le Nouvel Ordre a repris Sancta et qu'ils cherchent à s'étendre. Lorsqu'ils rencontreront une nouvelle religion opposée à la leur, cela génèrera potentiellement des conflits, et affaiblira les deux partis. Diviser pour mieux régner. Et pour ce qui est de définir notre action comme un acte barbare... Il se tourna vers Tensai un peu plus. Combien de villages récalcitrants avons-nous réduit en cendres par le passé? Je me souviens de nos conquêtes et des opérations sans bannière que l'on m'avait ordonné. A l'époque, les êtres n'étaient qu'opposer à rejoindre l'empire ou à soutenir la rébellion. Ici, il s'agissait d'un fanatisme absolu et que ce serait-il passé lorsque le songe aurait pris fin? Nous aurions été les coupables et si ces quelques habitants avaient été épargnés, alors ils auraient répandu leur poison sur des terres plus éloignés, car c'est dans la volonté de ce démon de s'étendre. C'est pour cela justement, que j'ai décidé de le forcer à se propager en Shoumeï. Enfin... Il soupira doucement. Je ne peux de toutes façons pas en dire plus que ce que j'ai déjà écrit et ce que j'ai déjà dit. Mon acte ne fut pas léger et je pèse toute la gravité de ce dernier. Je n'ai pris d'ailleurs aucun plaisir dans cette entreprise. Mais c'est aussi en montrant à ce démon toute la colère reikoise et notre niveau de tolérance que nous le dissuadons de faire ce qu'il veut pour le moment. Je ne doute pas de sa volonté de reproduire cela dans le futur mais... Nous avons pour l'heure une menace plus urgente à traiter, et je ne pouvais laisser notre dos exposé à un potentiel coup de dague. Le venin de la facilité tisse sa voile efficacement Zéphyr, tu le sais mieux que moi, c'est pour cela qu'il valait mieux l'endiguer. Surtout quand son point de départ était aussi éloigné de tout.

    Il s'arrêta alors de plus en parler. Globalement, le guerrier savait que son ami était plus ou moins en phase avec ce qu'il avait fait, tout comme il savait également tout ce que l'Empire lui avait demandé de faire par le passé. Tous ces villages rebelles exterminés, toutes les purges effectuées sur les fortins cultistes pendant la guerre. Deydreus n'hésitait pas à se salir les mains, à endosser la cape funeste de la barbarie afin que des personnes comme Tensai puissent garder leur "honneur" et un opinion publique favorable. La Griffe était un vampire, les gens le voyaient comme un héro, mais le craignaient, alors ils s'étonneraient moins de potentiels actes comme ceux-ci et... Dans les actions plus sombres encore, Alasker était là pour lui.  

    Le sujet changea alors de nouveau, revenant une dernière fois sur le ministre et sur les potentiels écrasement de mémoire. Se replaçant doucement dans son siège, Deydreus se permit de rebondir à son tour sur le sujet.

    - Globalement, il s'agit de la même magie que pour les janissaires. Seulement, au lieu d'écraser complètement la psyché pour forcer la fidélité à l'Empire, le mage se contente simplement d'altérer les souvenirs. Il ne s'agit pas d'oublier tout ce temps passé à travailler pour l'Empire, simplement à changer les valeurs chiffrées, les propos tenus ici, etc. C'est également identique à une potion d'oubli. Seulement, la magie s'étend à plusieurs mois, voir années, plutôt qu'à quelques heures. Mais en soit, c'est une magie plutôt commune, d'ailleurs les servants dans cette pièce eux même devront boire la dite potion en quittant les lieux afin de ne rien divulguer. D'ailleurs, en parlant des janissaires...

    Il reprise de nouveaux parchemins, rayant au passage les différents points qui avaient été abordés et notifiant les remarques potentielles et validations.

    - J'ai pris la liberté de les positionner dans un bataillon unique afin de rendre leur surveillance plus aisée. Si l'enchantement est efficace, la nature risquée de leurs différentes missions me pousse à les regrouper ensemble pour tenir à jour le nombre des effectifs et faciliter l'intégration de nouveaux éléments potentiels. J'ai pensé également à potentiellement contacter le RSAF afin de voir avec eux s'ils avaient besoin d'un potentiel soutien lors de captures et ce genre de choses. Les janissaires me semblent bien placés dans le fait de prendre des missions périlleuses et au secret obligatoire. Compte tenu de leur enchantement, ces derniers seront moins enclins à parler de Luxuriance que de simples soldats ou mercenaires. Je pense également qu'il pourrait être intéressant de faire intervenir de temps à autres Kaelinn afin de faciliter l'échange d'informations.

    Le guerrier aux yeux vairons s'arrêta quelques instants pour entendre les retours du couple impérial et de ses collègues, avant de reprendre un point précédemment évoqué.

    - Pour ce qui est également des soucis d'autorité avec certains de nos seigneurs ou l'influence qu'ils peuvent représenter par rapport aux membres de la Main, comment comptez-vous procéder exactement pour faciliter nos collaborations? La guerre frappant à notre porte, je me vois mal devoir négocier jours et nuits avec le dirigeant de Taisen par exemple s'il me refuserait l'entrée sur son domaine..

    Et ainsi, le conseil continuait, car l'Empire, lui, n'attendrait pas.  


    Manus Imperialis [Ayshara, Tensai & Zéphyr] - Page 2 Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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  • Lun 14 Aoû - 23:32
    Un léger rire s’échappe de la bouche du maître-espion lorsque la reine suggère de dessiner une miniature de Zéphyr en marche de ses prochains rapports. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Ayshara n’a jamais manqué d’humour, même lors de la veille de son mariage avec Tensai. C’est un trait qui peut être utile pour la mère de Draknys, tant pour affronter sa vie quotidienne que pour apaiser les réunions importantes comme celles des nobles ou du Conseil. Malheureusement, un peu de légèreté ne suffira pas pour ce qui va s’ensuivre. Dans une certaine mesure, l’Oreille paraîtra impitoyable lorsqu’il se confrontera à Tagar. Il est précis, méticuleux, direct et il n’hésite pas à interroger le Ministre des Finances sur trois relations qu’il possède avec des Républicaines. Mais s’il est franc et s’il vise là où ça fait mal, le commandant des assassins n’est pas pour autant fermé. Si le Cœur lui donne une explication solide, il l’acceptera. Le couple royal aussi certainement. Avec un peu de jugeotte, Tagar saura montrer qu’il est blanc comme neige, et peut-être que ses affaires pourront aider le Reike à avancer dans la bonne direction concernant la République. C’est ce que le sabreur espère. Et pourtant, l’homme est déçu quand c’est lui qui doit se défendre par rapport aux reproches de Tagar. Il est le ministre des renseignements et, dans une certaine mesure, c’est lui qui gère la sécurité de l’Empire aux côtés de Deydreus. Cependant, il n’est pas censé être une mère-poule qui écarte tous les dangers des membres de la Main. Chacun doit faire sa part. Zéphyr peut écarter certaines menaces, mais pas toutes. Le reste, c’est les ministres eux-mêmes qui doivent le faire, en étant prudents, en embauchant une troupe suffisante durant leurs missions, en collaborant étroitement avec leurs collègues. Tout ne peut venir d’une seule personne, ni même du réseau d’espions et d’assassins. Alors le chef des troupes spéciales donne sa version des choses, puis attend que leurs souverains se prononcent. Est-il surpris que le Cœur veuille renoncer à ses fonctions à cause de cette simple altercation ? Oui, sans aucun doute. Le maître-espion a beau avoir découvert certaines choses d’une main impitoyable, l’idée n’était pas d’acculer l’élémentaliste, ni qu’il se considère l’objet de calomnies. Mais il veut se retirer. C’est… déplaisant ? Oui. Décevant ? Encore plus. Pour autant, le bretteur ne peut que souhaiter une bonne route à son ami. Il reste un génie dans son domaine, il saura donc continuer à se rendre utile… Quoique renoncer à sa fonction de manière subite paraîtra sans doute comme une disgrâce auprès de la cour. Ce n’est pas comme si Tagar s’en souciera, il a plus de ressources qu’il n’en a l’air. En tous les cas, il leur faudra rapidement procéder à un nouvel appel pour le remplacer. Comme s’ils en avaient besoin en ce moment précis…

    Tensai, lui, est étonnamment calme. Pour être honnête, il aurait été plus logique qu’il fracasse la table en deux au lieu de jouer les rôles d’arbitre entre le Ministre des Finances et l’Oreille. Ses yeux vifs sont plantés tantôt sur son maître-espion, tantôt sur le Grand Argentier du Reike. Il n’interrompt pas son épouse quand celle-ci se prononce sur la lettre d’Exousia. En matière de confiance, elle est plus amène à s’exprimer sur le sujet, car le Conquérant ne fait justement confiance qu'à son âme-sœur, la Griffe, Zéphyr, quelques frères d’arme qu’il connaît de longue date et… C’est tout. Aux yeux du colosse, la confiance se mérite par ses actes, non par ses paroles, et comme le Drakyn est naturellement très exigeant, ses bras droits se comptent sur le doigt d’une main.

    Quoi qu’il en soit, Tagar demande à partir du gouvernement et cette simple demande rembrunit considérablement l’Empereur. Comme il l’a dit, il ne refusera pas sa requête si Ayshara l’accepte également. Cependant, s’il a dit ça sur un ton relativement calme, les Astres seuls savent à quel point l’homme-dragon réprouve une telle attitude. Ce n’est pas comme si le Cœur n’a pas eu l’occasion de s’exprimer, en long en large et en travers. Or, il fuit et ne veut pas rendre compte. A ses yeux, c’est aussi ridicule que pitoyable. Mais il se tait – il vaut mieux, parce que son attitude tranquille ne sera pas éternelle – et finalement, Tagar quitte la pièce sans plus attendre. C’est sans doute préférable, tant la tension dans la pièce a atteint des niveaux sans précédent. Et le regard sombre de Tensai y est sans doute pour quelque chose. Heureusement, Deydreus semble avoir envie de rebondir sur l’expédition qu’il a menée dans un village dans le Nord de l’Empire. Il répond bien sûr à l’Oreille, mais le général des armées est bien déterminé à ne rien cacher non plus à ses souverains, et le père de Draknys écoute ce qu’il a à dire. C’est une parenthèse, mais qui leur permettra accessoirement de se reconcentrer sur le Conseil plutôt que sur le départ de Tagar. Le dirigeant des Serres Pourpres explique ainsi dans quelles conditions vivaient cet hameau – leur isolement, leur pauvreté, leur situation éloignée par rapport à la capitale. Leur naïveté et leur foi aveugle vis-à-vis du démon, aussi. Le vampire raconte surtout sa décision de détruire le village, et Tensai finit par prendre la parole.

    - Tu as préféré couper le mal à la racine plutôt que de le laisser proliférer. Et tu as envoyé la créature ailleurs pour qu’elle puisse étendre son rêve en terre ennemie afin de faciliter notre lutte contre les Titans. Son ton n’est ni acerbe, ni flatteur, et le Conquérant pose son regard sur le général qui lui fait face. Tu sais bien que ce n’est pas moi qui vais te reprocher d’avoir pris des vies. Fussent-elles innocentes. J’ai pris beaucoup plus d’âmes reikoises que toi durant la Conquête. J’ai massacré des hommes, des femmes, des enfants sans sourciller. Je leur laissais simplement le choix. Rejoindre mon armée. Ou se battre et mourir. S’ils en étaient seulement capables, ricane-t-il. Le Drakyn ponctue sa phrase par un léger silence puis il continue. A présent, le cadre a changé. Ayshara et moi avons récupéré cet Empire, et même si je sais que la force ne fait pas tout, il n’en reste pas moins que nous devons être intransigeants. Clairs sur nos intentions. Déterminés dans nos objectifs. Et si certains écoutent le chant doucereux du serpent… Tensai hausse les épaules. Il est inutile de chercher à les soigner à partir du moment où le venin a trop pénétré dans leurs veines. Si chacun a son libre arbitre et si le repentir est toujours possible, nous ne sommes pas une nation patiente, ni un pays miséricordieux. Dans le désert, le faible meurt. La destruction de ce village sera un avertissement, un rappel à l’ordre pour tous les clans qui vivent loin de la capitale. Nous ne tolérerons pas d’écart simplement parce qu’ils sont près des zones frontalières de notre Empire. Tensai pose son doigt sur son menton et conclut. Cela étant dit, soyez prudents à propos de ce démon. S’il veut s’étendre… Il sera un jour tenté de revenir dans le Reike. Laissez-le tant qu’il nous sera utile. Mais prenez soin à lui couper la tête si son appétit devient trop vorace et qu’il ne se contente plus du Shoumeï.

    Tensai ne dit ensuite rien quand Deydreus parle de la magie qui sera effectivement apposée sur la mémoire de Tagar suite à sa démission. Il a vu juste et il n’y a rien à ajouter. Cependant, l’époux d’Ayshara se doute qu’il n’a pas dit cela au hasard et effectivement, l’ami d’Alasker rebondit sur un point particulier : les janissaires. Il souhaite donc en faire un bataillon unique afin de les surveiller, de les recenser de manière plus efficace et de faciliter l’intégration de leurs nouveaux éléments. Il est vrai que, vu l’enchantement qui leur est apposé, ils ne peuvent trahir l’Empire, et les faire assister le RSAF pourrait faciliter le rôle des chasseurs – entre autres.

    - Kaelinn sera invitée aux prochains Conseils de la Main. Son rôle en tant que Directrice du Régiment Spécial n’est pas des moindres, et sans son aide, nous ne pourrions pas prévoir une lutte efficace contre la Peste Obscure – même si elle ne fait pas que ça évidemment. Il n’est pas donné à tous de savoir gérer la forêt de Luxuriance et de supporter les responsabilités qui vont avec. De plus, en considérant qu’elle collabore ponctuellement avec chacun d’entre vous dans le cadre de ses fonctions, il me semble approprié d’entendre ses retours, ses rapports, et ses conseils pour mieux assister l’Empire. En vous réunissant tous ensemble, cela vous permettra également de mieux comprendre vos difficultés respectives et vous pourrez garder à l’esprit vos objectifs sur le court et le long terme. En un mot, cela renforcera votre cohésion, chose qui sera bien nécessaire. Quant aux janissaires… Tensai repasse dans son esprit ce que lui a dit Deydreus et il reprend. Je n’y vois pas d’inconvénient à les regrouper sous un bataillon unique. Et si Kaelinn elle-même accepte cette main d’œuvre, je ne vois pas pourquoi, de mon côté, je m’y opposerai.

    Reste le sujet entre les seigneurs de Taisen et de Kyouji, qui peuvent éventuellement entrer en conflit avec l’autorité des membres de la Main.

    - Ce sont eux les gouverneurs de leur ville respective. Ils nous représentent et nous leur faisons confiance pour que leurs cités soient toujours plus fortifiées et sécurisées, pour que l’ordre y soit respecté et que nous soyons prêts à faire front face à nos ennemis. Il ne vous est donc pas permis de remettre directement en question leur mainmise sur Taisen et Kyouji. Cependant, vous êtes des ministres et vous êtes nos représentants directs auprès du peuple et de la noblesse. Ca non plus, ils ne doivent pas l’oublier. Vous ne gérez pas une ville, mais vous contrôle tout un domaine pour le bien de l’Empire. Votre rôle est donc aussi important que le leur. Sinon plus. Je dirais simplement qu’ils ne peuvent vous refuser votre assistance si vous la leur demandez et que celle-ci est justifiée. Evidemment, il doit s’agir d’une demande raisonnable, qui ne fragilise pas à outrance leur métropole et ne la mette en situation de faiblesse sur une trop longue durée. Par exemple, Deydreus, mettons que tu rencontres une forte rébellion dans la jungle de Sang, bien plus grande que celle que toi et Zéphyr avez rencontré par le passé. Tu serais en droit de réclamer l’assistance du seigneur de Taisen et celui-ci ne pourrait pas te la refuser, d’autant qu’il s’agirait d’une insurrection proche du territoire sous sa juridiction. Cependant, il serait en droit de te refuser ses hommes si tu devais tous les mobiliser pour aller au Temple du Soleil et de la Lune, laissant la ville sans défense et sans garantie de résultats probants. L’aide du seigneur de Kyouji serait alors plus déjà justifiée. Tensai marque une légère pause, puis poursuit. A contrario, si l’Oreille repère de la négligence en ville – au niveau des troupes régulières par exemple – tu serais en droit de lui faire une visite et de réclamer un changement dans la disciple militaire de nos soldats. De la même manière, il ne peut refuser de remettre sa gestion financière au Cœur, ni refuser que Zéphyr implante ses agents dans sa ville. Je veux donc dire par là que vos forces sont complémentaires et que vous devez vous accepter l’un l’autre. S’il te réclame son aide, tu serais dans l’obligation d’étudier sa demande. En cas de conflit, il faut vous en référer directement à moi et à Ayshara pour que nous y coupions court au plus vite. Tensai tourne la tête vers la belle Vosdraak et l’interroge du regard pour voir si elle a quelque chose à rajouter. Puis, pragmatique, il ajoute : Evidemment, ce que je dis là peut paraître simple, et l’être beaucoup moins en situation d’urgence comme en situation de guerre. Ayshara et moi pouvons envoyer un décret aux seigneurs, vous imposant, à l’un comme à l’autre, de collaborer sans pouvoir émettre de refus vu vos autorités respectives. Toute collaboration, quelle qu’elle soit, devra faire d’un rapport précis des deux parties. Et si insubordination il y a... Alors il ne serait pas contre de les égorger comme il l’a déjà fait par le passé, mais malheureusement, le poids de la Couronne ne lui laisse plus autant de liberté. Ils devront directement en répondre. Si leur défense n’est pas suffisante, les responsables seront sanctionnés. Que ce soit un blâme ou bien la mort pure et simple, ça n’affecte pas véritablement Tensai, tant que ses chefs de guerre sont loyaux, intelligents, efficaces.

    Le Drakyn laisse en tout cas le Conseil réagir à ses propos, puis, il pose son coude contre l’accoudoir de son siège et vient déposer son menton sur son poing fermé alors qu’il réfléchit.

    - Je voulais aborder un autre point avant que Zéphyr ne confronte Tagar. La République. Tensai lâche ces mots avec peu d’enthousiasme et même avec un mépris latent, mais il continue. Il nous faudrait ne pas que parler de la Nation Bleue, mais aussi de Melorn et d’Aquaria, d’ailleurs. L’homme soupire légèrement. Compte tenu de notre souhait de renforcer l’Empire et de lutter contre les Titans. Comment devons-nous envisager la relation avec nos voisins ?

    La question est davantage ouverte pour tous les membres du Conseil encore présents, et ceux-ci peuvent donc parler de ce sujet en bien comme en mal, selon leurs visions respectives de la chose.
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  • Dim 20 Aoû - 10:08

    Évidemment, la démission du ministre ne signifiait pas un retrait total de ses responsabilités à l’égard du peuple reikois. Après tout, il avait juré loyauté envers la nation du désert. Un abandon soudain de la politique n'autorisait pas une vie libre de réaliser toutes les folies du monde. Pendant dix lunes, même si cela semblait être assez peu au sein d'un exercice financier, il avait agi comme un représentant officiel de l'État. Et puisque des soupçons plutôt importants pesaient sur les épaules de l'ancien Coeur, il serait suivi et surveillé assidument par les troupes de l'Oreille, pour plusieurs mois. Pendant ce temps, il avait grand intérêt à se comporter de façon irréprochable, car sinon il risquait fort bien d'être accusé de trahison et de voir sa tête dressée sur une pique aux portes de la capitale. Contrairement à ses voisins de l'Est, le Reike n'était pas une démocratie et n'avait pas besoin de faire de longs procès interminables pour éliminer une personne potentiellement dangereuse. En règle générale, un simple ordre de l'Empereur suffisait. Maintenant, il ne restait plus qu'à espérer que le Reys ne donne pas raison aux allégations de Zéphyr à son encontre.
    Durant un instant, les pensées d'Ayshara dérivèrent vers Tensai. Qu'en penserait-il... réellement ? Leur relation, bien que passionnée et aimante, n'était pas exemptée de la lourdeur quotidienne de la gouvernance. À l'heure actuelle, le cas Tagar était un point sensible qu'ils devraient éventuellement discuter plus tard. Mais pour le moment, il fallait absolument qu'elle assume son divin rôle d'impératrice et de dirigeante en mettant de côté ses émotions personnelles.

    - Que les astres le guident vers la sagesse. Chuchota-t-elle presque imperceptiblement, reportant presque immédiatement son attention sur le conseil qui l'attendait. Il y avait des décisions à prendre, et quelles qu'elles soient, elles façonneraient l'avenir de leur foyer. Silencieusement, la belle commença à réfléchir à d'éventuels remplaçants, dont ce cher Lucifer, intendant de Maël et généreux contributeur à la Couronne reikoise. Mine de rien, cet étrange personnage avait rondement collaboré aux caisses de l'empire lors des dernières années. Peut-être qu'il serait temps de le considérer davantage... À méditer.

    En parlant de songes, ce fut le tour de Deydreus de présenter ses petites aventures dans les terres du nord. Malgré l’envergure de ce qu'il venait de dévoiler, le visage de la vosdraak demeura sérieux, voire impassible. Habituellement, un pareil événement l'aurait bouleversée ou choquée, mais avec tout ce qui s'était passé avec l'ancien ministre, elle se sentait un peu ailleurs. Elle en saisirait l'ampleur sans doute plus tard, lorsque tout cela sera digéré.

    - Votre décision concernant l'extermination de ce village me parait extrême et je ne peux m'empêcher de me demander si un autre chemin aurait pu être emprunté. Cependant, je comprends votre raisonnement derrière. Calme, elle balaya la salle du Conseil du regard. Ah, ces démons... Imprévisibles et issues des énergies chaotiques du Sekai, il était difficile de se fier à ces entités sans s'interroger sérieusement. Nombreuses d'entre elles possédaient une réputation très peu enviable, en fait. Toutefois, l'idée que certains spécimens se prennent pour des dieux fit sourire doucement l'impératrice. Vraiment, ils avaient beaucoup de temps à perdre. Comme nous l'avons vu avec nos voisins de l'Ouest, le fanatisme est une plaie pernicieuse pouvant saper les fondements d'un État, je le reconnais. Ces "gourous" ont tendance à profiter de la naïveté et du manque d'éducation des peuples éloignés et vulnérables. Et quant au démon, j'espère que vous avez raison dans votre évaluation de sa menace potentielle. Parce que oui, une fois débarrassé de ces enflures de titans, il serait préférable de ne pas se retrouver avec un autre groupe de mégalomanes à décimer.

    Puis, la dragonne écouta attentivement les mots de son mari, scrutant son visage pour tenter de discerner les nuances de sa pensée. Bien qu'elle connaissait ses opinions sur le pouvoir et la force, chaque fois qu'il parlait de la brutalité de leurs débuts, un frisson d'inconfort parcourait son échine. Certes, elle comprenait la nécessité d'une poigne de fer afin de maintenir l'ordre, mais les souvenirs des premiers jours du règne de Tensai étaient toujours teintés de sang et de feu au sein de son esprit. Comment oublier de tels événements aussi traumatisants ?

    Heureusement, l'évocation de la participation de la directrice du RSAF, Kaelinn, à la prochaine réunion lui changea quelque peu les idées. Ayshara entretenait des liens plutôt sympathiques avec cette dernière et avoir une seconde femme autour de cette table fournirait sans doute un vent de fraicheur dans les différents débats.

    - L'intégration de Kaelinn au Conseil de la Main est une sage décision. Ses compétences et son expérience apporteront une nouvelle perspective qui, je crois, sera bénéfique à l'ensemble du comité et, par extension, à l'Empire. Au sujet des janissaires, l'émergence d'un bataillon singulier offre l'opportunité d'affiner leur déploiement et leur fusion. Cependant, la circonspection s'impose. Une telle association de forces sous une bannière unique risque de donner naissance à des failles insoupçonnées. La fidélité magiquement tissée n’octroie point de bouclier face à chaque ombre de trahison ou à la fragilité de l'homme. La jeune femme à la chevelure de lune posa délicatement sa main sur le bras de son époux, établissant une connexion palpable tout en exprimant son approbation. Je suis d'accord avec cela, mon Roi, mais je conseillerais une mise en œuvre progressive et une surveillance étroite, particulièrement durant les premières étapes. Des rapports réguliers et des évaluations devraient être instaurés pour s'assurer que cette nouvelle configuration sert effectivement l'intérêt de l'Empire, comme nous le souhaitons.

    Les yeux d'Ayshara ne quittèrent pas Tensai tandis qu'il décrivait les limites et les responsabilités des divers rôles au sein de leur gouvernance complexe. Elle se doutait bien que le sujet était un terrain miné d'égo, de pouvoir,et d'enjeux politiques délicats. L'importance de la collaboration entre les deux groupes était vitale et le Conquérant avait méticuleusement équilibré les droits et les obligations de chaque côté. Après, il restait à jauger les résultats de tout ceci lors de situations réelles. Les Seigneur majeurs de grandes villes comme Taisen et Kyouji remettraient-ils en question l'autorité des ministres, une fois sur place ?

    Lorsque vint la question à propos des relations diplomatiques, la mère de Draknys fut la première à initier une réponse :

    - Nos voisins, bien que différents dans leur structure politique et idéologique, sont ou seront également confrontés à des menaces semblables aux nôtres. Ce n'est qu'une question de temps avant que les titans tournent leurs regards vers eux. Et c'est ici que réside une opportunité pour une possible collaboration prudente. Je pense que notre approche doit rester nuancée. Avec la République, malgré notre méfiance envers leur système de gouvernance, il pourrait être sage d'explorer des alliances temporaires visant des objectifs spécifiques, comme la recherche de technologies ou d'artefacts magiques qui pourraient nous aider contre les Titans. Nous ne devrions pas oublier que même un ennemi potentiel peut devenir un allié utile sous les bonnes circonstances. Elle réfléchit quelques secondes, avant de reprendre. Du côté de Melorn et d'Aquaria, nos rapports me semblent différents. Depuis des siècles, nous entretenons différents accords diplomatiques avec eux afin de nous entraider mutuellement. Ces cités-États possèdent des ressources et des atouts qui, combinés aux nôtres, donnent lieu à des synergies puissantes. Elle conclut en posant ses améthystes sur le grand drakyn. Pour envisager des relations bénéfiques, nous devons d'abord comprendre ce que ces nations désirent et comment ceux-ci s'alignent avec les nôtres.

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  • Mar 22 Aoû - 15:29
    Ecoutant les mots de l'empereur puis de l'impératrice, Deydreus était globalement satisfait de la tournure de ce conseil. Les décisions prises étaient grandement satisfaisantes et il était agréable de voir que l'Empire allait pouvoir s'améliorer et progresser. Tout en luttant aussi férocement que possible contre les ennemis de ce dernier. Qu'ils soient internes ou externes. Naturellement, les choses allaient mettre plus ou moins de temps à se mettre en place, et il faudrait s'assurer de la stabilité sociale. De plus, le départ du Cœur et son abandon forcerait le conseil à revoir plusieurs sujets, notamment le besoin irrémédiable de la fidélité, loyauté et motivation des ministres reikois. Fort heureusement, Deydreus ne s'inquiétait pas de cela le concernant, ou bien à l'égard de Zéphyr et Genryusai. Pour le reste, la discussion continua naturellement sur les divers sujets du moment, éloignant ainsi le désagréable moment qu'avait été la démission de Tagar. Quand Ayshara mentionna les besoins liés au suivi de la troupe de janissaire, la Griffe se permit d'apporter une nouvelle précision.

    - Je suis d'accord sur le fait de les surveiller. Les sceaux magiques et enchantements ne font pas tout, malgré leurs forces. C'est pourquoi, et malgré le fait que je souhaitai principalement utiliser les janissaires pour des missions périlleuses, je souhaitai également les lier à des troupes fidèles naturellement à l'Empire et plus chevronnées. Peut-être même les fameux régiments de forces spéciales dont je parlai plus tôt, ou au moins des officiers expérimentés et dont la loyauté ne fait aucun doute. Pour le reste, la présence de Kaelinn au conseil nous fera le plus grand bien. Ses travaux sont d'importance et cela évitera des allers et retours avec Luxuriance pour être au fait des progrès effectués dans nos recherches et facilitera grandement la communication entre nos services. Plus nous serons fluides entre nous, plus nous serons efficaces. D'ailleurs, je compte bien travailler d'avantage avec ce régiment afin de renforcer nos collaborations déjà bien présentes.

    Sur ce point, tout le monde semblait au moins d'accord. Reformer le nombre de membre de la Main pouvait paraître étrange et soudain mais, en vérité, la directrice du RSAF avait plus ou moins toujours fait partie de ce cercle restreint. Même si elle demeurait un peu plus dans l'ombre. Finalement, le sujet changea de nouveau lorsque Tensai commença à parler des relations avec les voisins de l'Empire. Entièrement captivée, l'attention du vampire glissa sur tous les mots du régent avant de se porter sur la voix de l'impératrice. Se repositionnant dans son siège tout en tapotant doucement la table de ses doigts griffus, le reikois aux yeux vairons sondait son propre esprit pour savoir ce qu'il en pensait réellement. La question n'était pas si évidente que cela, et les rapports avec la nation bleue étaient pour le moins... Compliqués. Pour Melorn et Aquaria en revanche, la Griffe avait au moins un avis plus tranché.

    - Melorn et Aquaria sont effectivement des cités assez proches d'un statut d'allié total. Les elfes partagent leur savoir en échange de la formation de leurs troupes et je sais que le campus de Melorn est particulièrement actif et tout se fait là bas en bonne intelligence. Les elfes se soucient peu des bien financiers comme leur économie ne fonctionne pas avec l'or mais je sais que la gloire de leur Empire lointain leur manque et qu'ils sont prêts à beaucoup de choses pour restaurer ces souvenirs. Outre notre collaboration actuelle et les soldats qu'ils nous fournissent pour combattre les titans, nous pourrions mener avec eux des recherches dans les anciennes ruines elfiques afin de leur permettre de retrouver des artefacts et autres souvenirs de leur gloire passée. Naturellement, il nous faudrait la primeur sur les ressources trouvées tandis qu'ils garderaient ce qui est en lien avec leur propre culture. Peut-être même pourrions-nous fonder un avant-poste mixte entre reikois et melornois, fondant ainsi un lien plus intense encore entre notre nation et les elfes. Je sais que cela pourrait profiter à beaucoup de monde. Même s'il faut évidemment négocier la chose avec leur conseil d'érudit qui est... Parfois capricieux. La stoppée de notre avancée au nord pourra également servir notre discussion. Se grattant la barbe doucement, le bretteur aux yeux hétérochromes enchaina. Pour Aquaria, je sais qu'ils ont déjà prévu de nous fournir des raies manta de combat et quelques mages d'eau pour "aider" l'aspect maritime de notre armée. Il s'agit d'une petite force, équivalente à moins d'un bataillon mais, le geste est là. Il y a aussi leur comptoir commercial. Les tritons et les sirènes semblent ouvert à la négociation et à renforcer les liens entre nos peuples donc je pense qu'un renforcement de nos relations est possible. Je les sais tourmentés par une guerre éternelle avec les nagas. En les soutenant dans cette effort, sans forcément engager notre armée mais en offrant par exemple des refuges ou des enclaves pour leur population civile, ils pourraient nous soutenir en retour en arpentant les fonds marins à la recherche des archontes ou tout autre menace éventuelle. Car pour l'heure, rien ne nous dit que les orbes ne sont pas enfouies au plus profond des océans.

    Il restait enfin une nation dont il fallait parler. Celle qui représentait le point le plus délicat de cet aspect diplomatique et dont le rapport de force était aussi équivalent que complexe. La République. L'une des trois nations qui se dressa autrefois contre les titans et qui, pourtant, était restée léthargique lors de la dernière guerre, cherchant à profiter encore et encore de ses richesses et de la potentielle faiblesse économique du reike. Ce qui se retournait à présent contre eux, l'Empire s'étant renforcé sur ces derniers points. Pourtant, le chemin était encore long. Mais la nation bleue avait ses propres problèmes à régler, alors, la discussion était quand même possible.

    - La République ne se focalise que sur l'argent et le profit. Elle se moque généralement bien des considérations morales et son peuple est un amas de pleutres qui a préféré rester inactif lors de la dernière guerre pour laisser les reikois verser leur sang à leur place. Ils sont restés "neutre" face à une menace cherchant à exterminer toute vie sur terre et les hautes instances politiques de la nation bleue cherchaient probablement à tirer profit d'une guerre d'usure pour nous saigner de nouveau avec des dettes et une aide cachant en vérité des intérêts majeurs pour la République. Je ne les aime pas. Je n'aime pas leur culture, et j'aime encore moins leur appétit sans fin du gain et de la richesse. Il soupira, longuement. Mais la situation mondiale a évolué. Les Titans reviennent et les moyens que nous allons mettre en place ne seront pas faits en un jour. Comme le dit l'impératrice, les titans pourraient très bien tourner leurs regards vers eux. Mais ce n'est pas la pierre angulaire sur laquelle nous devons nous reposer. La Nation Bleue est, depuis de nombreuses années, en proie à des luttes intestines et la corruption y est bien plus présente que chez nous. Regardez simplement l'ancien cœur et le nombre de figures républicaines tournant autour. Ils sont retors, vicieux, insidieux. Mais ils sont puissants. Et nous pourrions profiter d'un traité. S'assurer que, tandis que nous mettons en place nos différents projets et menons nos guerres, ils ne cherchent pas à nous enfoncer un couteau dans le dos. Je ne leur fais pas confiance. Je ne le ferai sans doute probablement jamais. Mais améliorer notre situation diplomatique pourrait soulager nos forces à l'est, tout en limitant au passage les motivations rebelles de certaines groupuscules œuvrant autour de Kyouji. Il est difficile de mener une population à rejoindre une autre nation quand celle-ci communique avec celle dans laquelle on réside. Nous avons également plusieurs leviers sur lesquels nous pouvons jouer. L'allègement des conditions d'échanges entre nos peuples, je me souviens que Tagar m'avait dit que nos taux actuels étaient particulièrement écrasants à leur égard. Un pacte de non-agression, voir d'entente sur le plan militaire. Le soutien face aux menaces titanesques... Le développement de technologies et le partage du savoir lors de nos expéditions en shoumeï ou au Nord.

    Un nouveau soupire quitta la gorge de Deydreus tandis qu'il imaginait déjà les longues discussions diplomatiques qui suivraient un pareil rapprochement. Puis, de nouveau, le vampire laissa son regard bicolore glisser sur tous les membres du conseil, s'arrêtant sur la Voix, puis sur l'Empereur et l'Impératrice.

    - Je peux diriger nos armées dans une guerre, mais pas deux. Etirer nos forces d'un bout à l'autre et devoir sans cesse se préparer à une extension vers l'est couterait beaucoup trop de ressources que nous n'avons pas. Et, aussi couteux que cela me soit de l'admettre, un rapprochement avec la République permettrait de nous renforcer sans craindre un conflit s'ajoutant à ceux que nous menons déjà. Cependant, la décision vous revient et, il serait également profitable de simplement nous emparer de la République et de forcer la vassalité. Seulement, il ne s'agit pas de villages barbares et de clans éparses. Mais d'une nation à l'armée préparée et aux villes fortifiées. Si un projet de conquête existe sur le papier, il s'avèrent bien irréalisable compte tenu de la guerre frappant déjà à nos portes. Néanmoins, je me plierai à votre volonté. Et j'aimerais savoir ce que vous, vous pensez sincèrement de ce potentiel rapprochement. Et puis, de vous à moi, cela ne nous coute pas grand chose de rencontrer leurs émissaires. Mais il faut cependant nous assurer de montrer que la position de force nous revient.


    Manus Imperialis [Ayshara, Tensai & Zéphyr] - Page 2 Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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  • Jeu 7 Sep - 22:44
    Tensai ne perd pas de temps à s’attarder sur la démission de Tagar. Il n’en est pas particulièrement heureux, mais il est certain également que, si le Cœur avait continué ses diatribes, il aurait fini par perdre patience en l'envoyant au tapis. Or, si le mage est un élémentaliste de renom, il n’est pas dit qu’il sache résister, voire même survivre, à un coup envoyé par le Conquérant. Pour l’heure, donc, il vaut mieux le laisser partir, même si évidemment, lui-même et Zéphyr garderont un œil sur cet amoureux de la République. Et s’il se rapproche trop de la nation de l’Est, il y aura des sanctions irréfutables qui seront prises.

    Mais autant se concentrer sur les ministres qui sont restés à ce Conseil n’est-ce pas ? Deydreus raconte ainsi l’extermination de ce village, et Ayshara ne peut se demander si une autre voie aurait pu être prise. Cela attire un sourire très fugace sur les lèvres de Tensai. Là où ce dernier ne pouvait s’empêcher de voir la force – même cruelle – d’un bon œil, son épouse cherchait toujours ce qui était le mieux pour son peuple, et là encore, ceci se vérifiait. Il est certain que, si elle avait été confrontée au Démon, elle aurait cherché à ramener ses sujets sur le droit chemin. L’entité démoniaque, elle… aurait pu essayer de la doubler ou d’être honnête, mais il ne fallait pas pour autant sous-estimer la reine de l’Empire. Celle-ci pouvait s’avérer inflexible une fois qu’elle prenait une décision et la belle aurait très bien pu le gracier comme le réduire en cendres avec son feu divin.

    - En ce qui concerne le Démon, intervient Zéphyr, Deydreus n’a pas attendu le Conseil pour me faire un rapport. J’ai déjà confié à des hommes la tâche de le surveiller. Et accessoirement, de lui faire un portrait relativement fiable de la créature, car c’était toujours plus agréable de mettre un visage sur un potentiel ennemi, ou allié, de l’Empire. S’il devient une menace ou s’il rompt leur marché, j’en référerai à la Griffe. Et ils prendraient les mesures adéquates. Mais les deux ministres n'ont pas besoin de souligner ces détails.

    Lorsque la Vosdraak rebondit sur le sujet des janissaires et que la sœur de Vaenys pose sa main sur le bras de son époux, l’intéressé tourne son regard vers elle, l’enjoignant muettement à continuer ses propos. Il lui offre un regard doux, certes, mais pas moins attentif, vu les circonstances du Conseil et il prend le temps de peser ses remarques.

    - Hum. Vos remarques à tous les deux me semblent pertinentes. Il faudra effectivement que nous fassions les choses progressivement. Associer les janissaires avec des soldats d’élites et des troupes loyales me semblent effectivement un bon début. Nous pourrons ainsi leur demander des rapports sur l’affectation des janissaires qui leur sont confiés, et, en fonction de leurs retours, créer un bataillon plus large dont nous pourrons donner le commandement à des officiers de premier choix pour garder toujours la mainmise sur cette troupe. Considérons les premiers mois comme expérimentaux, puis, au prochain Conseil, voyons si nous pouvons élargir ce projet à tous les janissaires.

    Vient enfin un point non moins important de cette réunion. Les relations diplomatiques. Tensai ne peut décemment pas dire qu’il souhaiterait mettre tout le monde au pas, sous la bannière reikoise. Même s’il le pense quand même un peu, l’homme-dragon n’est pas non plus un chef de guerre pour rien. Il sait que ce serait stupide de se disperser pour remplir plusieurs objectifs. On ne peut pas conquérir le Sekai, renforcer son pays, et lutter contre les Titans en même temps. Puis, la République est une faction plurimillénaire, qui a donc des forces et des faiblesses, comme l’Empire. Elle ne tomberait pas en quelques jours seulement. Ayshara propose ainsi de collaborer avec leur voisin de l’Est, et pourquoi pas d’envisager des alliances avec le pays de Dangshuan ce qui laisse Tensai songeur. Mais avant, il y a la question des cités-états.

    - Aquaria a de très bonnes relations avec le Reike et la République, depuis que nous les avons aidé à reprendre leur ville de toujours, pour établir un baston qui lutte contre les Titans. Il nous serait profitable de favoriser cette entente, notamment avec les comptoirs commerciaux que nous avons établis. Ils seront sans doute également les premiers à nous informer d’une présence potentielle de Kaiyo – qui ne restera peut-être pas indifférent à la reconstruction de leur cité. En ce qui concerne leur lutte des nagas, nous pouvons éventuellement leur donner de l'aide, seulement et seulement s'ils savent où se terrent ces créatures. Il est hors de question de nous éparpiller plus que nécessaire, en recherchant une aiguille dans une motte de foin. Pour Melorn… J’ai toujours considéré leur Conseil comme acariâtre, à croire que leur longévité leur donne un complexe de supériorité. Mais leurs savants entretiennent de bonnes relations avec l’Académie Drakstrang et leurs mages nous ont été d’une précieuse aide lors de la guerre.

    Zéphyr approuve ces dernières paroles d'un signe de tête et c'est à ce moment-là qu'il intervient.

    - Si nous aidons les elfes à explorer les ruines de leur ancien empire, comme le suggère Deydreus, nous pourrions envisager une collaboration avec l’ambassadeur de Melorn pour qu’il prenne ses dispositions en amont et trouve des compatriotes qui seraient disposés à visiter ces ruines. Bien sûr, le Conseil lui-même voudra s’en mêler, mais si nous établissons des conditions claires, fermes et strictes, nous pourrons chacun y trouver notre compte. Le fait est que nous devrons prendre en compte le voyage jusqu’à ces ruines, l’envoi de troupe sur place, les dangers de l’expédition même, et puis, il faudra programmer le rapatriement de tous les objets – ou de tous les phénomènes – que nous pourrions trouver sur place. Cela demande donc une logistique certaine. Etablir un avant-poste pourrait à cet égard être avantageux. Les Académies de Melorn et de Drakstrang pourraient également réclamer l’étude de quelques artéfacts et trésors anciens, si on en trouve évidemment sur place. Cela pourrait donc renforcer les liens entre les Universités. Zéphyr se tait un instant. Outre cela, j’ai cru comprendre que de la corruption trainaient à Melorn. Même si elle essaie de le cacher, dès qu’un scandale éclate au grand-jour, cela fait beaucoup de bruit dans sa cité. Ce n’est pas à nous de traiter leur ingérence, mais je compte investiguer discrètement, car je doute que la pègre melornoise et reikoise ne soient pas liées. Remonter un réseau peut donner des ouvertures dans l’autre… et certains paieraient chers pour voir disparaître des concurrents. Quitte à devenir imprudents, même. En tout cas, c’est le rôle de l’Oreille de traiter les menaces cachées de l’Empire, et il ne va pas se priver s’il a une ouverture quelconque pour y mêler son propre poison et ses propres pions. Pour ce qui est de la République... Le maître-espion prend le temps de bien peser ses mots. Je comprends l’intérêt des alliances, surtout en vue de la lutte contre les Titans. Mais alors, je recommanderai que nous fassions converger nos intérêts communs dans des endroits neutres. Mikaël Goldheart va penser à la même chose que moi. Comment en profiter pour mieux voir nos faiblesses ? Quelles sont les petites graines qu’on peut poser en vue d’un conflit futur ? Qui sont les têtes à protéger, les têtes à abattre ? Par où fouiller ? A quel endroit ? Les politiciens qui ont en vue les présidentielles futures penseront sans doute la même chose. La clé du pouvoir, c'est le savoir. Le bretteur pince légèrement des lèvres. Tout va donc être inspecté et mûrement pesé. C'est pourquoi, en plus de favoriser les échanges commerciaux par un traité, j’aimerais m’arrêter sur un point particulier. Si nous devons lutter contre les Titans ensemble, ou rechercher des artéfacts ainsi que des ressources spécifiques pour nos deux pays, je proposerais de le faire dans le Shoumei. Si un conflit a lieu dans nos nations respectives, cela pourrait provoquer une escalade que nous aurions difficiles à gérer, et le temps de démêler le vrai du faux, cela pourrait mettre à mal nos relations diplomatiques qui ne sont déjà pas très bonnes. Un léger silence. Si nous récupérons des ressources du territoire voisin, aucun ne pourra prétendre qu’un clan ou qu’un village a été lésé par le déplacement de nos hommes. Evidemment, nous devons analyser s’il est rentable pour nous d’envoyer des troupes sur ces territoires. Mais cela pourrait coïncider avec notre volonté de lutter contre les Titans. Cela pourrait aussi permettre à la République de s’investir à sa mesure, sans y mettre toute son armée. Elle devra voir si elle veut mettre en place un bataillon spécifique pour épauler nos propres hommes. Mais ce sera toujours mieux que de se terrer comme lors de la guerre, ricane le guerrier. Zéphyr regarde ensuite le couple royal puis son ami vampirique et Genryusai. Je ne suis bien sûr pas fermé à ce que nous fassions des expéditions en République et au Reike, mais ça me semble propice à des tensions gratuites. Je me plierai bien sûr à votre décision. Evidemment, toutes mes propositions ne sont que des pistes pour l’heure sans fondement. Il faut voir si vous approuvez ces idées. Et ensuite, si jamais vous y êtes favorables, il faut voir comment elles seront accueillies par la Présidence, leur gouvernement et leur Sénat. Il y a un monde entre la réalisation théorique de ce projet et sa mise en place concrète. Mais peut-être pourrions-nous accueillir des personnalités politiques, comme Koraki Exousia, pour ce faire. Bien sûr, d’autres personnes pouvaient être accueillies sur place – tout comme des représentants du Reike pouvaient aller dans la Nation Bleue.

    Silencieux, alors que Tensai écoute ses ministres, il finit par tourner la tête vers Ayshara pour sonder l’avis de celle-ci.

    - Qu’en penses-tu ?

    Parmi eux deux, c’est bien elle qui, mieux que quiconque, est la plus avisée en termes de diplomatie. Mais Tensai pose également son regard vers Deydreus et il déclare :

    - J’aimerais également ton point de vue sur les idées soumises par Zéphyr. Cela étant dit, pour revenir à ce que tu nous disais. Je ne dis pas que botter le cul à la République me déplairait. Je ne supporte pas leur manière de gérer leurs pays. Leurs mœurs sont trop différentes des nôtre. Et je suis un chef de guerre qui croit en son armée, tout simplement, grogne le colosse. Mais il faut choisir ses combats. Leurs cités sont fortifiées et armées. Leur potentiel magique et maritime est également avéré. Les soumettre ne serait pas impossible, mais ce serait long et coûteux. Or, que ferions-nous si, en essayant de prendre Justice, nous étions pris à revers par X’Orath ? La République, ce n’est que des hommes. Eux… sont des pseudo-divinités que je méprise. Mais elles insultent les mortels. Elles provoquent mon peuple. Et je ne peux laisser cela impuni. Son poing se serre alors que le regard de Tensai est sombre et résolu. Une flamme menaçante semble briller dans ses prunelles alors qu’il reprend. Colmatons nos failles et concentrons-nous sur une guerre à la fois. La République est de toute façon suffisamment douée pour s’affaiblir de l’intérieur, sans que nous ne fassions grand chose. Quant à un rapprochement avec elle… Un soupir s’échappe de ses lèvres. Je serai stupide de m’y opposer si cela peut nous renforcer et nous permettre de faire front face aux Titans. Cependant. Je ne veux d’acculturation. Je ne veux pas qu’ils affaiblissent notre armée ni notre pays. Ce sont des langues sournoises et vicieuses, qui cherchent à s’infiltrer partout. C’est pourquoi je veux un traité bien défini, en gardant toujours à l’esprit que nos alliés d’aujourd’hui peuvent devenir les ennemis de demain.
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  • Mar 26 Sep - 10:17

    L'impératrice demeurait silencieuse, son regard améthyste plongé dans l'abîme de ses pensées. Les mots de Deydreus, empreints de prudence et de sagesse, résonnaient encore à l'intérieur des méandres de son esprit. Elle méditait sur la question des janissaires, ces soldats d'élite, et les sceaux ensorcelés qui les liaient à l'Empire. Elle savait que la magie, bien que puissante, n'était pas infaillible, et que la loyauté ne pouvait être garantie que par des enchantements seuls. Intérieurement, Ayshara pesait ces considérations, cherchant un équilibre délicat entre la nécessité d’intensifier les forces du Reike et le désir de préserver l'harmonie ainsi que l'unité parmi ses troupes. L'image de Kaelinn, la brillante scientifique et directrice émérite du RSAF, s'imposa ensuite entre ses deux oreilles. La vosdraak percevait l'importance de sa présence au Conseil, un lien essentiel qui faciliterait la communication et la coordination entre les différentes branches impériales. Elle envisageait les bénéfices d'une telle collaboration, un flux constant d'informations et de découvertes qui raffermirait le pouvoir et la résilience de leur nation.

    Puis, ses pensées glissèrent vers Melorn et Aquaria, ces deux cités-États possédant un poids plutôt significatif sur la géopolitique du Sekai. Ces alliés précieux participant à la quête de puissance et de stabilité. Les elfes du nord, avec leur savoir ancestral, avaient toujours été des partenaires de choix. La dragonne à la chevelure d'argent se souvint des quelques fois où elle avait arpenté les allées du campus de Melorn, émerveillée par la symbiose parfaite entre nature et magie qui y régnait. Ces êtres se nourrissaient d'une nostalgie évidente pour la grandeur passée des Terres d'Azshary. L'idée de fouiller les anciennes ruines elfiques, à la recherche d'artefacts et de réminiscences, lui semblait judicieuse. Et l'évocation d'un avant-poste mixte, unissant reikois et melornois, éveillait en elle un sentiment d'espoir et d'anticipation.
    Quant à Aquaria, cette ville mystérieuse des profondeurs, elle représentait une opportunité unique de renforcer la puissance maritime de la nation du Dragon. Ayshara y percevait-là le potentiel d'une collaboration accentuée, d'un lien plus étroit avec les tritons et les sirènes. La guerre éternelle contre les nagas, ces créatures redoutables des abysses, lui rappelait la fragilité de la paix et la nécessité d'une alliance solide sur le long terme.

    Et la République... Voilà le sujet difficile de cette rencontre.
    Cette nation cupide et opportuniste suscitait en elle une certaine aversion. La souveraine se souvenait des récits de la dernière guerre, où les reikois avaient versé leur sang tandis que les républicains, dans leur soif de profit, étaient restés en retrait, préférant la neutralité à l'action. Elle partageait le dégoût de Deydreus et des autres membres de la Main pour cette culture de l'avidité, cette quête incessante de richesse au détriment de la morale. Elle aussi avait observé leurs manigances, ses intrigues politiques et sa corruption endémique. Mais pourtant, malgré toute cette méfiance, il fallait tenter une approche pragmatique. La menace des Titans était bien réelle, et l'Empire ne pouvait se permettre d'être coincé en tenaille entre ces colosses et une "démocratie" opportuniste.
    Concernant une conquête et une prise de pouvoir potentielle des voisins de l'Est... Leurs moyens se voulaient déjà sous forte pression, et une expansion vers l’orient pourrait virer au cataclysme en cas de débâcle. Elle s’alignait donc sur la perspective de Deydreus quant à l’impératif de ménager la milice. L’assujettissement des Bleus, quoique alléchant théoriquement, paraissait irréalisable dans le climat présent. Néanmoins, en tant qu'éternelle optimiste, Ayshara aspirait à la paix. Elle préférait la diplomatie face au conflit, persuadée que la collaboration et l’harmonie s’avéraient supérieures à l’affrontement.

    Pesant chaque mot des membres de ce conseil, chaque argument, elle écoutait consciencieusement. Cependant, au sein de ce déluge verbal, un détail captivait son attention : le regard de Tensai, son bien-aimé. Lorsqu'il dirigeait sa vue vers elle, son expression se métamorphosait. Elle s’adoucissait, devenant plus chaleureuse, comme s’il souhaitait lui communiquer un message muet, un serment d'affection et d’appui. Cette expression, si dissemblable de celle qu'il octroyait aux autres dignitaires ici présents, la touchait profondément.

    Malgré tout, la belle sentait le poids des décisions à venir, la complexité des enjeux. Les paroles du maître-espion, bien que prudentes, révélaient une vision stratégique aiguisée, une compréhension véritable des réalités diplomatiques et géopolitiques du Sekai.

    - L'idée d'aider les elfes à redécouvrir leur passé est noble, et je suis convaincue que nous pourrions tirer profit d'une collaboration étroite avec Melorn. Toutefois, il nous faut avancer avec précaution. Les ruines de cet ancien empire recèlent probablement des secrets que certains voudraient garder enfouis...  Elle marqua une courte pause, laissant ses mots s'insinuer, tissant un lien subtil entre les pensées divergentes. L'établissement d'un avant-poste, comme vous le suggérez, pourrait être la clé de voûte de cette entreprise, un bastion de sécurité et de coordination au cœur des terres ancestrales. Les Universités de Melorn et de Drakstrang, unies dans la quête de la connaissance, brilleraient d'un éclat renouvelé, éclairant les chemins de l'avenir.  La reine aborda ensuite le sujet épineux de la corruption à Melorn. Votre intention d'investiguer discrètement sur la corruption melornoise me semble louable, Zéphyr. La pègre, pareille une hydre aux multiples têtes, étend ses tentacules dans l'ombre, menaçant de saper les fondations de nos sociétés. Votre rôle, en tant qu'Oreille, est essentiel pour déraciner ce mal insidieux. Puis, la question de la République s'ouvrit alors, telle une fleur aux pétales d'acier. À propos de la République, la prudence doit rester notre boussole. Les alliances sont des jardins où les roses côtoient les épines. Votre proposition de converger nos intérêts dans des endroits neutres, comme le Shoumei, me semble judicieuse. Elle offre un terrain d'entente, un espace où la collaboration peut éclore loin des conflits passés et présents. Il faut que la lutte contre les titans unisse nos forces, nos esprits, nos volontés. La République doit être partie prenante de cette alliance. D'une manière ou d'une autre. L'accueil de personnalités politiques, telles que cette Koraki Exousia, demeure une étape essentielle afin de tisser les liens de la confiance et de la compréhension mutuelle. C'est ensemble, soudé dans la diversité, que nous triompherons des défis qui se dressent sur notre route.

    Évidemment, Ayshara se doutait bien que tout le monde ne serait pas du même avis, mais au moins, elle essayait d'exprimer sa vision des choses.
    Par-delà ces réflexions, ce qui bouleversait la mère de Draknys au tréfonds de son être était l'authenticité de Tensai, sa dévotion envers leur nation, son désir ardent de les préserver, de les orienter, de les conduire vers un futur radieux. Elle éprouvait une admiration sans bornes à son égard, pour sa vigueur, son discernement, sa bravoure. Elle se considérait privilégiée d'évoluer à ses côtés, d'entrelacer son existence avec ses luttes et aspirations.

    Alors que cette réunion d'une haute importance touchait bientôt à sa fin, la maîtresse du feu divin désirait discuter d'un dernier sujet.

    - Désormais, je souhaite parler d'une préoccupation qui me tient à coeur, celle de la ville de Mael. La Cité Blanche est un joyau du patrimoine de Shoumei, un bastion de savoir et de culture. Ses bibliothèques, ses églises, ses académies... Tous témoignent d'une époque révolue où la magie et la théologie étaient élevées au rang d'art. Je comprends les impératifs stratégiques qui ont guidé nos décisions. Cependant, nous ne pouvons ignorer le ressentiment grandissant des maeliens. Ils voient leurs traditions être érodées jour après jour. Beaucoup se sentent étrangers au sein de leur propre cité. Nous avons la responsabilité de veiller au bien-être des rescapés shoumeiens ayant accepté la citoyenneté reikoise. Nous ne pouvons pas nous contenter de les annexer et d'attendre qu'ils se conforment à nos consignes. Nous devons les écouter, comprendre leurs inquiétudes et travailler ensemble afin de bâtir un avenir commun. À l'heure actuelle, le Reike ne peut se permettre qu'une rébellion d'envergure éclate.

    Noble du Reike
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    Deydreus Fictilem
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  • Ven 29 Sep - 20:32
    Ecoutant les réponses des différentes personnalités présentent, Deydreus était particulièrement satisfait de ce qu'il entendait. Il n'était pas aisé d'imaginer qu'autant d'esprits différents pouvaient concorder sur des choses aussi essentielles mais, visiblement, les protagonistes qui composaient la Main étaient alignés sur les mêmes buts. Les mêmes valeurs. Naturellement, il y avait quelques petites subtilités, quelques menus détails à paramétrer ici et là. Mais dans l'ensemble? Ils avançaient tous dans la même direction. Croisant les bras tandis qu'il se replaçait dans son siège, le vampire laissa son regard glisser sur ses collègues ainsi que le couple impérial, avant de reprendre la parole pour rebondir sur les différents propos.

    - Je pense également que l'accueil de personnalités républicaines permettra de fondre les bases d'une potentielle collaboration. Il prit soin d'éviter le mot alliance. Comme vous le dites, renforcer nos liens trop vite risquerait de nous faire plus de mal qu'autre chose sur le long terme. Et si les Titans sont une menace réelle, il ne faut pas oublier les agissements de Mirelda durant la dernière guerre. Une envie de nous saigner à blanc dans des dettes colossales et l'espoir de voir les affrontements durer afin d'en profiter au maximum. Si sa nation a renforcé les fortifications de ses villes et conquis Kaizoku, ce n'était pas pour gérer l'opinion publique. Il n'y avait que deux solutions à pareille manœuvre: pouvoir nous affronter après la guerre si nous décidions de nous en prendre à la nation bleue, tout en utilisant nos hommes affaiblis contre nous. Ou bien gagner du temps pour fuir par la mer si les Titans l'emportaient. Cela ne veut dire qu'une chose: elle est soit notre ennemie, soit une lâche. Il marqua une pause dans un soupir. Mais cela ne veut pas dire que tout est perdu. Les ennemis d'hier peuvent devenir des alliés de circonstances demain. Et la lâcheté peut disparaître au prix d'efforts. De plus, je ne veux pas non plus condamner la valeur de tout un peuple sur les seuls agissements de ses dirigeants. Même si dans leur cas, ces dirigeants sont élus.

    Il déplia ses bras, attrapant un énième parchemin qu'il lut en vitesse. Puis, il reprit enfin dans un léger sourire.

    - Nous pouvons donc tout d'abord commencer par recevoir leurs officiels, et ainsi établir des principes stricts à une potentielle collaboration vis à vis de Shoumeï et les Titans. Et surtout, voir ce qu'ils attendent. S'ils acceptent de venir, déjà, c'est qu'ils ont aussi à y gagner. A nous d'exploiter cela pour en tirer également parti.

    Vinrent ensuite les questions concernant Mael. Si pour Aquaria et Melorn les esprits semblaient s'entremêler dans une entente commune, la ville rescapée de l'ancienne Shoumeï pouvait potentiellement échauffer les esprits. A ce sujet, d'ailleurs, Deydreus avait aussi un avis à donner.

    - La question de Mael est délicate. Car malgré tout le ressentiment potentiel qui pourrait gagner la population, beaucoup sont au courant que sans notre intervention ils seraient aujourd'hui aussi loquaces que les palefreniers de Sancta ou Benedictus... Cependant, je suis d'accord sur le fait qu'une annexion brutale n'est pas idéale. Mais, dans les faits, nous sommes déjà sur une voie plus douce. L'existence de l'intendant en est déjà une bonne preuve. Si ce dernier nous rend des comptes, il n'en demeure pas moins le gérant officiel de la cité. Pour ce qui est de la culture... Certains aspects doivent être préservés, mais d'autres doivent disparaître. Les souvenirs religieux, par exemple, sont effectivement une partie de leur histoire, mais la principale raison de leur chute. Il faudra trouver un équilibre entre l'histoire et la théologie à proprement parler. N'oublions pas que c'est leur dévotion envers les Titans aussi qui a favorisé les agissements de ces derniers.

    A titre personnel, Deydreus haissait au plus haut point les fanatiques religieux, encore plus lorsqu'ils vénéraient des forces aussi stupides que les Titans. Comment était il possible de rendre hommage à une force nous considérant comme une erreur? Comme quelque chose de suffisamment dérisoire que notre simple existence ne vaut pas la peine? Qu'une éradication de masse est plus évidente que de redresser le peuple sur le droit chemin? Enfin, il s'agissait là de convictions propres au vampire et cela ne devait pas non plus se refléter dans ses mots. De plus, la ville méritait tout de même d'être sauvegardée sur de nombreux points.

    - Pour le reste, et afin d'éviter toute rébellion, je pense qu'il nous faudrait régler les problèmes les plus urgents qui rongent la cité. La peste obscure, par exemple, est un fléau qu'il serait bon d'annihiler. Ainsi, les peuple de Mael verra que l'Empire prend des risques pour lui. Et que, de nouveau, il peut vaincre leurs anciens dieux. Ensuite, pour ce qui est du long therme. Le plus simple serait une assimilation douce, progressive. Renforcer la collaboration entre les habitants de Shoumeï et nos forces. Qu'ils nous assistent éventuellement sur des tâches de reconstruction en périphérie de la ville. De la même manière que de nombreux clans se sont unis à l'Empire et sont à présent parfaitement intégrés, je suis certain que nous pourrions faire de même avec Mael. A condition que le peuple le désire. D'ailleurs, quand je parlai de reconstruction, j'imaginais aussi ne pas redonner le pouvoir inutilement aux anciennes maisons nobles. Nous avons vu ce que ces dernières ont fait par le passé. Que ce soit celles qui se sont fait massacrer inutilement, ou celles qui ont abandonné leurs ouailles lors de la guerre... Aucune n'est digne de confiance. Pas tant qu'elles n'auront pas agit pour le bien du peuple, et du reike. De plus, anoblir des Shoumeïens méritoires renforcera leur assimilation et leur volonté de collaborer avec l'Empire de manière plus intensive. Du gagnant-gagnant.

    Il s'arrêta ensuite, écoutant les différentes réponses et suggestions des membres de la Main ou du couple impérial. Ce que disait Deydreus n'était que son point de vue. Une vision parmi tant d'autres sur la façon que pouvait avoir l'Empire dans sa gestion d'une ville conquise sous sa propre demande. En soit, ils pouvaient écraser la cité. La soumettre par la force ou la raser. Mais le Reike avait décidé de la mettre sous un protectorat. Une gestion indirecte en prime, afin d'influer sans pour autant écraser le spectre d'autorité qu'avaient les anciens shoumeiens sur leur propre ville. Quand enfin chacun eut l'occasion de s'exprimer, le vampire se pencha un peu en avant afin de porter à ses lèvres un verre d'eau, se rinçant la gorge afin de l'humidifier. Puis, il fit de nouveau glisser ses yeux sur ses interlocuteurs.

    - Y a-t-il d'autres sujets sur lesquels il nous faut discuter?


    Manus Imperialis [Ayshara, Tensai & Zéphyr] - Page 2 Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


    Empereur-dragon du Reike
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    Tensai Ryssen
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  • Sam 7 Oct - 18:13
    Qu’il s’agisse de Zéphyr ou de Tensai, l’un comme l’autre sont attentifs aux propos d’Ayshara. Sans guère de surprise, cette dernière est visiblement disposée à accorder son soutien aux elfes. Il est vrai que ces derniers ont eu par le passé un puissant Empire, remplis de richesse et de secrets désormais profondément enfouis. Le maître-espion n’est pas étonné que la Vosdraak valide ce projet de collaboration, tout en enjoignant chacun à la prudence. Il serait mal avisé de réveiller un danger qui menace Melorn voire même le Sekai entier à cause de fouilles trop précipitées. Mais entre la prise de contact, les rencontres diplomatiques, la création d’un avant-poste, la désignation des volontaires et l’envoi en expédition, il y a tout un monde. Cela prendra donc du temps, quelques mois au grand minimum. Et les choses se feront par étape, avec la validation du Conseil, sans doute, ainsi que celle du couple royal.

    Il est néanmoins plus aisé d’imaginer une alliance avec les elfes qu’avec les Républicains. Les premiers sont certes orgueilleux, mais fiables, et leurs connaissances sont précieuses. Les seconds… sont telles des roses couvertes d’épines. Ils sont beaux en apparence, mais rempli de poison dès qu’on s’en approche trop. La vision de l’Empereur est certainement trop biaisée à ce sujet, mais celui-ci est loin d’être parfait, et il se contente de pincer les lèvres lorsque son épouse mentionne l’idée d’accueillir des personnalités politiques. Elle a raison, et Deydreus lui-même fait une bonne analyse sur l’annexion de Kaizoku – le vampire n’est d’ailleurs pas contraire à une potentielle collaboration future lui non plus. Cependant, c’est inviter des loups dans leurs territoires. Et qu’est-ce que ce serait plus plaisant de leur arracher la tête, bon sang. Enfin. Pour le moment, tout semble indiquer qu’ils vont inviter Koraki Exousia à venir sur leurs terres.

    - Etant la porte-parole de la République, je présume qu’elle ne pourra pas refuser une entrevue avec nos dignitaires, voire même une entrevue avec vous-mêmes, Altesses.
    - Ce serait mal avisé, effectivement, confirme Genryusai. Et quand bien même devrait-elle avoir un empêchement pour une urgence interne qu’elle enverrait des représentants compétents, comme des sénateurs dont elle connaît l’obédience politique. En tous les cas, je vous propose d’envoyer mes propres diplomates quand l’instant nous semblera favorable, fait calmement le vice-roi. Peut-être une fois que la Directrice du RSAF vous aura fait son compte-rendu dans la lutte contre la Peste Obscure ? suggère le vieil homme. Les résultats – si nous arrivons à en avoir des satisfaisants – pourraient intéresser nos voisins et cela pourrait également jouer dans la balance diplomatique.

    Quel que soit la réaction du couple et de ses homologues, la conversation continuera naturellement, et un sourire presque amusé apparaîtra sur les lèvres de Tensai. Car voilà qu’Ayshara aborde le sujet de Maël. Une cité autrefois florissante, que les Reikois ont annexée de force. Une situation qui ne le dérange pas, et qu’il aurait bien laissée ainsi, si son épouse n’avait pas abordé ce thème en particulier. C’est que la magie et l’art n’ont jamais été les points forts du guerrier. Avez-vous déjà imaginé le Conquérant avec un pinceau ? Ou même avec un vieil manuscrit qu’il lui faut déchiffrer ? Par les Astres, il s’en moquerait comme d’une guigne si ça ne dépendait que lui. C’est aussi la raison pour laquelle le roi et la reine sont autant complémentaires. Car si les propos de la Vosdraak dévoilent naturellement l’inquiétude de la souveraine envers ses sujets, ses paroles sont aussi stratégiques et politiques, puisqu’il s’agit de ne pas avoir une rébellion sur les bras.

    - Il s’agit de nos sujets, nous devons donc effectivement nous préoccuper de leur « bien-être », fait Tensai, en prononçant ce dernier mot d’un ton… pas tout à fait convaincu. Mais il précise : Je suis d’accord que la situation a évolué, que nous pourrions leur accorder de l’intérêt et leur montrer que notre nation ne les méprise pas. Mais… Il ne faudrait pas qu’en leur tendant la main, ils cherchent à nous mordre. Et je pense que nous devons rester fermes concernant leurs cultes. Nous n’avons pas mis à sac leurs temples à l’époque, bien que cela ne m’aurait absolument pas dérangé. Mais si nous tolérons leurs croyances de manière modérée, il ne faudrait pas qu’ils se croient tout permis et qu’ils osent clamer haut et fort leur foi en ces prétendus Divins. Comme l’a dit Deydreus, ils doivent s’assimiler, perdre leurs attachements à leur religion d’alors. Et puis, quand leur culte se sera affaibli, il faudra fermer leurs temples ne les remplaçant par des édifices plus… utiles. Au bon gré de l’intendant. Mais cela doit effectivement se faire sur la durée, pour ne pas provoquer de colère inutile. En ce sens, si nous trouvons un remède pour la peste, il faudra que Maël soit les premiers qui reçoivent la solution créée par le RSAF. Nous leur prouverons ainsi que ce n’est pas leurs dieux qui les ont aidés, mais bien le Reike. Cela affaiblira momentanément leur foi puisqu’ils devront choisir entre le remède offert par l’Empire ou la maladie créée par l’une de leur entité divine. L’idée d’une assimilation douce et progressive, en les faisant travailler de concert avec les Reikois, me plait bien, de même que l’anoblissement des Maëliens les plus méritants. Ceux-ci se seront ainsi utiles, écoutés, considérés ; cela contrecarrera aussi progressivement l’influence des maisons nobles les plus anciennes, et peut-être même que cela les motivera à se faire bien voir par l’autorité en place. Quant au fait que c’était un bastion de savoir et de magie… Cela intéressera plus l’Oreille et l’Esprit, je présume. Zéphyr, qu’en penses-tu ?
    - Il ne faut effectivement pas négliger leur culture, qui était vaste et florissante. Je serais d’avis de promouvoir la restauration de leurs bibliothèques et de leurs savoirs antiques, à l’exception des textes religieux qui prônent l’ascendance des Titans, ce qui va contre notre propagande. Si nous leur montrons que nous ne méprisons pas leur passé, mais que nous voulons restaurer ce qui a fait leur gloire – on dit qu’ils excellaient dans la calligraphie et dans bien des arts, autant naturels que magiques – cela réveillera leur sentiment patriotique et pourra leur faire mieux considérer le Reike. Je serai d’avis également à encourager leur magie de soin. Cela attirera forcément l’approbation du peuple, d’autant plus qu’ils sont toujours touchés par la Peste Obscure, en ce moment-même. Mais une telle restructuration entrainera des changements. Nous avions changé des églises et des académies en des bâtiments militaires. Si on veut redonner aux édifices leurs fonctions d’origine, il faudra de créer des casernes supplémentaires, pour que Maël ne soit pas affaiblie si une nouvelle guerre a lieu contre les Titans.

    Difficile d’oublier Sable d’Or après tout.

    - Je pense qu’il faudra également voir avec l’intendant ce qui est réalisable techniquement, et dans quel délai, évidemment. Quant à leurs bibliothèques, leur faire restaurer leurs manuscrits ainsi que leur passé, pourrait également nous être utiles puisque nous pourrions apprendre des techniques et des savoirs oubliés. A cet égard, nous pourrions inviter des professeurs de Drakstrang a participé à cette rénovation, pour que l’ensemble du pays en profite si nous découvrons de précieux parchemins.

    Evidemment, l’Oreille placerait certains de ses hommes à des postes-clés pour que tout écrit digne de ce nom ne remonte jusqu’à lui.

    Un silence s’installe dans la pièce, laissant à tous l’opportunité de réagir. Puis, c’est finalement la voix de Tensai qui résonne à nouveau dans la pièce :

    - Voyez-vous autre chose à dire ? D’autres sujets à aborder ? Le Drakyn ponctue sa question d’une lègère pause, puis il continue. Nous avons traité de beaucoup de points. Mais il ne faut pas que nos décisions restent lettre morte. Je propose donc la promulgation d’un édit pour que nous fassions connaître nos projets à notre nation. Il fallait notamment que chacun sache que l’expansion du Reike était (pour le moment) mise en pause, que l’Empire se concentrerait sur la lutte contre les Titans, sur sa politique intérieure, également. Il fallait que tout Reikois connaisse les projets de Deydreus d’établir un régiment d’élite, ainsi que sa volonté d’établir une présence armée dans les milieux reculés du territoire. Et puis, il fallait faire savoir à leurs alliés l’intention de les aider, sans pour autant s’éparpiller. Deydreus, Zéphyr et Genryusai, vous préparerez, à l’intention d’Ayshara et moi-même, un décret qui reprend les différents sujets que nous avons abordés. Je souhaite également que vous en informiez Kaelinn et qu’elle ajoute toute remarque qui lui semble utile dans le cadre de ses fonctions. Nous diffuserons ensuite cet édit dans l’Empire. Le guerrier dévisage l’ensemble des participants, puis il poursuit. Si vous avez d’autres points qui vous tiennent à cœur, faites-le maintenant. Autrement, la séance sera levée. Un sourire, enfin, vient illuminer le regard du Pourfendeur des Titans. Pour ma part, si on omet ce qu’il s’est passé avec Tagar, je suis  particulièrement satisfait de voir que nous partageons essentiellement la même vision et qu’il y a une hégémonie entre les différents membres de la Main. Montrons à tous la puissance de notre pays. Aux Titans. Au Shoumeï. A la République. Nous ne ploierons pas et nous ne céderons pas, mais nous deviendrons toujours plus forts, jusqu’à ce que nous montrions notre suprématie sur le Sekai.
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  • Sam 28 Oct - 23:36

    Au fond d'elle, Ayshara nourrissait l'espoir que les peuples de ce monde seraient, un jour, capables de s'unir face à la menace des Titans, qu'ils pourraient mettre de côté leurs différends ainsi que leurs rancœurs afin de travailler ensemble à la construction d'un avenir meilleur. Elle rêvait d'un endroit où la paix prévaudrait, le genre de lieu où les enfants s'épanouiraient sans craindre la guerre, où les sociétés échangeraient, partageraient et s'enrichiraient mutuellement. S'agissait-il d'une vision trop utopique qui n'arriverait jamais ? Probablement, en effet. Toutefois, une chose était certaine : la vosdraak ferait de son mieux pour améliorer le quotidien des reikois, quitte à devoir un jour sacrifier son règne ou sa propre personne. Profondément ancré dans ses racines ancestrales, son attachement envers sa mère patrie était trop grand. Sa vie sans le Reike n'aurait quasiment plus aucune valeur, tout comme une existence sans son fils et son époux.

    Silencieuse, la dragonne écoutait les paroles et les arguments de ses interlocuteurs. Elle pesait chaque mot, chaque possibilité, cherchant la meilleure voie à suivre pour son peuple et peut-être même pour le Sekai tout entier. Lors de ce conseil de la Main, beaucoup d'éléments importants avaient été dits et énormément d'idées pertinentes circulaient. Bientôt, ils devraient statuer concernant les protocoles à adopter pour le développement, mais cela pouvait attendre quelques jours, histoire qu'ils étudient plus en détail les facettes administratives requises et qu'ils examinent de leurs yeux les questions liées au budget de l'État. Parce que l'ancien Coeur n'était visiblement pas un gage de fiabilité, admettons. Il valait mieux en décider soi-même et réaliser ses propres constats. Enfin, c'est ce que l'impératrice pense. À voir si les autres préféraient se fier sur le travail de Tagar, ou non.

    Quand Deydreus parla de la République, un sourire en coin se dessina sur le visage de la belle.  Elle percevait la prudence avec laquelle il avait choisi d'éviter le terme "alliance" et cela éveilla en sa personne un certain amusement qu'elle peinait à se justifier pleinement. Comme quoi, la nation du désert était encore à des années lumières de vouloir s'allier sérieusement à ses voisins de l'Est. Et cela s'avérait extrêmement compréhensible. Leur faire confiance ne serait pas un exercice aisé. Cette Mirelda pourrait être le problème. Ou peut-être pas tant que ça... Ayant étudié à Magic, Ayshara savait très bien comment la politique républicaine fonctionnait. Souvent, le Président n'était qu'un visage parmi d'autres, un énième représentant d'une volonté plus massive. Éliminer la vieille Goldheart ne suffirait pas, car une entité partageant des similitudes avec elle finirait par la remplacer tôt ou tard. La reine aux cheveux d'argent n'était pas dupe; une démocratie à l'instar de la République émanait de nombreuses décisions concertées. Derrière les choix de la gouvernance, il se cachait sûrement une corruption qui allait au-delà de l'individu.
    Quoi qu'il en soit, la mère de Draknys préparerait en compagnie de Genryusai les formalités administratives afin de recevoir cette mairesse de Courage au sein de leur palais. La demoiselle demanderait sans doute des informations à Zephyr à propos de Koraki, qu'elle sache à quoi s'attendre. Elle espérait que son Maître-espion possède quelques anecdotes croustillantes à lui raconter.

    Contre toute attente, Ayshara fut plutôt surprise d’obtenir "autant" de soutien de la part des membres de la Main au sujet de Mael. Considérer un peu plus sérieusement les habitants de la ville blanche deviendrait un atout pour le Reike, parce que cela limiterait les dégâts d'un éventuel mouvement de rébellion. À l'heure actuelle, l'Empire avait besoin de cette cité, puisqu'elle servait d'avant-poste stratégique en territoire shoumeien afin de continuer directement la lutte contre les titans. Et ultimement, la question humanitaire intéressait beaucoup la jeune femme... Mais avec les gens présents autour de cette table, il fallait qu'elle mette en valeur des justifications davantage pragmatiques. Consciente de cela, ce n'était pas en utilisant des discours d'altruisme et de bon cœur qu'elle aurait l'approbation de Deydreus, de Genryusai et de Tensai. Était-ce un peu de la manipulation ? Oui, peut-être. La politique, ça fonctionnait ainsi. Au moins, elle faisait cela pour le bien commun et non dans la poursuite d'un objectif égoïste.

    - Vous évoquez des préoccupations que je partage personnellement, des espoirs que je nourris également. Maël, cette cité au passé si riche, mérite notre attention, notre respect. Il est vrai que nous devons veiller à l'assimilation de ses habitants, mais cela ne signifie pas qu'il soit nécessaire d'étouffer leur histoire. Au contraire, je suis d'avis à les aider à la préserver en les guidant vers une intégration harmonieuse au sein de notre Empire. Je demeure convaincue que nous avons beaucoup à apprendre d'eux, tout comme ils ont beaucoup à apprendre de nous. La calligraphie, les arts, la magie... Autant de domaines dans lesquels ils excellaient et qui pourraient nous enrichir. Elle continua, sa voix exprimant une douce fermeté : Je suis d'accord avec vous, mon roi, sur la nécessité de rester vigilants. Il ne faut pas oublier que certains d'entre eux pourraient être tentés de nous trahir ou de se rebeller. C'est pourquoi nous avancerons prudemment. Nous leur tendrons la main, mais nous devons aussi être prêts à la retirer si besoin. L'impératrice se leva alors, parcourant la pièce du regard, comme si elle cherchait à imprimer les détails de cette réunion à l'intérieur de sa mémoire. La foi ne s'éteint pas d'un simple revers de main. Néanmoins, elle peut être orientée, canalisée. Nous n'avons pas à craindre les croyances des maëliens. Apprenons à les comprendre, à les respecter, tout en leur enseignant la voie de l'avenir. Un avenir où le Reike brille de mille feux, où la magie et la science se côtoient en harmonie. Montrons-leur que le Reike n'est pas un envahisseur, mais un protecteur, un guide qui possède une meilleure conscience que ces maudits titans.

    Suite à ces paroles, la maîtresse du feu divin n'avait plus grand-chose à ajouter. Ils savaient désormais l'essentiel et, hormis le cas de ce malheureux Tagar, tout s'était déroulé dans le respect de chacun. Un rictus effleura ses lèvres à la pensée des républicains. Ces derniers, pétris de préjugés et prompts à la raillerie, tomberaient des nues en découvrant la courtoisie et la sagacité des "barbares" du Reike. Elle s'imaginait leurs mines ébahies, peut-être teintées de honte, s'ils avaient assisté à cette assemblée empreinte de dignité et de perspicacité.

    Après les mots de son mari, elle conclut :

    - Je tiens aussi à vous remercier, chacun d'entre vous, pour votre contribution précieuse à ce Conseil. Vous avez témoigné d'un profond dévouement envers notre grand Empire. Le Reike est fort, non pas à cause de sa puissance militaire ou de sa magie, mais grâce à des esprits éclairés comme les vôtres. Que nos ennemis nous sous-estiment, qu'ils nous méprisent... Cela importe peu. Car nous savons qui nous sommes, et nous savons ce dont nous sommes capables. Ensemble.

    Ayshara se dirigea ensuite vers la sortie, sa démarche élégante et assurée contrastant avec la lourdeur des responsabilités impériales qui pesaient sur ses frêles épaules. Juste avant de franchir le seuil de la porte, elle jeta un coup d'œil en arrière, croisant brièvement le regard de Tensai. Dans ses améthystes, une lueur d'inquiétude transparaissait, une ombre fugace qui trahissait ses préoccupations au sein de son for intérieur. Malgré toutes les discussions qu'il y avait eu aujourd'hui, le couple royal avait une problématique un peu plus épineuse et familiale à régler. Et ça, c'était actuellement la vraie priorité de l'impératrice...

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