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    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t893-deydreus-fictilem-inter-arma-silent-leges-terminehttps://www.rp-cendres.com/t950-liber-legatus-chronologie-de-deydreus-fictilem
  • Lun 24 Juil - 22:09

    Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le discours de Sable-d'Or. Le monument des morts avaient été laissé à sa place, dominant la ville pour rappeler à tous le sacrifice des reikois et la résilience de son peuple. La peine passait doucement, la colère vive se muait en une rancœur froide. Et avec elle, venait l'envie de vengeance. Appuyé sur le balcon de la terrasse de la caserne affiliée aux Serres Pourpres, Deydreus observait silencieusement ses troupes s'entraîner. Plus intensément. Plus férocement. Si ces dernières s'étaient toujours préparées à la guerre. Cette fois, elle s'entrainait pour la mener. Et la gagner. Au fond de lui, Deydreus ne pouvait être plus heureux. Il en avait rêvé, de cette guerre. Des combats à venir. Et pourtant. Pourtant, son esprit affûté n'était occupé que par une seule préoccupation. Comment la remporter?

    Les archontes. Des êtres venus du prétendu royaume divin pour nous anéantir. Des servants des titans. Et puis tous les autres. Puantrus... Les cultistes du Nouvel Ordre.... Les menaces républicaines. La pègre. Le reike possédait tellement d'ennemis. Et il était seul dans cette terrible guerre qui s'annonçait. Bien sûr, il y aurait probablement l'aide de Melorn. Mais les elfes étaient un peuple à la politique changeante et même si l'alliance tenait, Deydreus ne les voyait pas non plus envoyer des troupes trop loin de leurs murs. Un long soupir quitta la gorge de la Griffe tandis qu'il observait ses hommes. Pour le moment, aucun nouveau front ne se formait. Aucune menace visible qui se dirigeait vers une ville ou la capitale. Simplement des ennemis se terrant dans l'ombre. Et une terrible course contre la montre qui forçait l'Empire à se réveiller s'il ne voulait pas de nouveau être sur la défensive. Sable-d'or avait été une victoire, mais cette dernière avait également montré le manque de préparation des forces reikoises. Ce problème même qui avait motivé Deydreus à prendre le rôle de la Griffe et a changé les choses. Peut-être, qu'enfin, il pourrait mettre en place ce qu'il désirait. Les restructurations, les nouveaux régiments. Il était temps que les choses changent.

    Quittant son observation silencieuse, le vampire descendit les nombreuses marches du bâtiment pour arriver finalement dans la cours. Apercevant Ikaryon, il lui fit un signe de tête pour l'inviter à s'approcher. Quand ce dernier fut enfin à son niveau, le bretteur aux yeux vairons pointa du menton les soldats sable et gueule qui échangeaient des coups.

    - Les nouvelles recrues se débrouillent bien?
    - Ouais, comme pour Tulkas, il faudra qu'elles se fondent dans le moule et apprennent à bien évoluer parmi leurs groupes respectifs, mais elles feront leur boulot comme prévu.
    - Bien. Je ne me suis pas embêté à aller les chercher dans les casernes du pays pour qu'ils deviennent des tire-au-flanc. Quand ils auront fini, envoie les vers Léonard, il se chargera de les instruire sur les assauts de bâtiments. Je vous laisse ici, je vais au palais pour le conseil. J'ai demandé à Esyleij de m'accompagner et de choisir une vingtaine de gars qui n'étaient pas déjà occupés.
    - Reçu. A tout à l'heure patron.

    Quittant donc la compagnie de son frère d'arme, Deydreus alla s'équiper puis retrouva finalement ses trois camarades à l'entrée de la caserne, prêt à partir. Comme d'habitude, la Griffe avait mis son armure d'ébène, ne se préoccupant que très peu de l'étiquette ou des règles de la cour impériale. Il était un chef de guerre. Et plus que jamais, les citoyens avaient besoin de le voir en tant que tel. Et pas comme un nobliau de plus portant de jolis vêtements et de belles épées. Non. Il était fait pour le combat. Et tout son être devait le rappeler à ceux ayant l'occasion de poser les yeux sur lui.

    La route vers le palais fut aussi courte qu'inintéressante. Sur son chemin, le reikois rencontra une foule admirative et craintive. Des badauds qui voyaient en lui le général des armées et le héro de guerre. Qui s'écartaient naturellement pour le laisser passer dans la rue tandis que les fantassins à la bannière noir et sang ouvraient la voie. Quand, enfin, ils parvinrent au palais, le vampire inspecta ce dernier de ses pupilles bicolores. Toujours aussi beau, toujours aussi luxueux. Toujours aussi dérangeant. Ce n'était pas tant qu'il avait le luxe en horreur. Plutôt qu'aujourd'hui plus que jamais il souhaitait s'en éloigner le plus pour mener directement cette guerre. Et puis il y avait les gardes royaux. Ces soldats eux aussi "d'élite" qui passaient pourtant le plus clair de leur temps à boire du jus de pomme et à lustrer leurs belles armures. Des pantins plus soucieux de la politique et des jeux d'ombres plutôt qu'au reste. Pourtant, il en fallait bien. Si Tensai était une force destructrice, il n'en restait pas moins mortel et, contrairement à Deydreus, il avait besoin de dormir. Pareil pour l'impératrice et encore plus pour leur enfant. Même si... Il y avait quelque chose de profondément triste quand on pensait à ces hommes chargés de protéger un couple considéré comme divin par une partie de la population.

    Evoluant dans les différents couloirs du palais tandis que le reste des Serres étaient restés dans la cour, la Griffe naviguait à présent presque à l'aveugle. A force, il avait retenu le chemin le plus court, et le moins peuplé, pour se rendre directement au niveau de la salle du conseil. Non pas par pudeur ou par insociabilité, mais plutôt... Non, en fait, c'était principalement car il préférait croiser le moins de monde possible. Arrivant finalement devant la salle, le reikois observa les deux faire-valoir chargés de la protection de la pièce qui réunirait bientôt les personnalités les plus importantes du Reike, et aussi les plus puissantes. Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres fines du vampire tandis qu'il passait les portes. Il était le premier arrivé. Comme souvent. Parfois, Zéphyr était plus rapide. Pas cette fois. Avançant doucement, le guerrier aux yeux vairons s'approcha de son siège désigné, situé à gauche de Tensai et de Genryusai, la droite étant réservé à son épouse. Globalement, la pièce s'étendait de long en large et possédait de nombreuses tapisseries fines et de bannières reikoises. Au centre de la pièce, déposée sur un marbre à la qualité légendaire, un table en verre-dragon. Formée dans un "U" aux coins taillés, cette dernière possédait de nombreux fauteuils à la facture noble. Trois siège étaient posés au "milieu" de la table pour accueillir l'Empereur, l'Impératrice et la Voix. Ensuite venaient deux sièges à gauche de Tensai et sur la partie latérale pour Zéphyr et Deydreus, puis en face deux d'autres sièges pour l'Esprit et Tagar. Au centre de la table, taillée dans de l'obsidienne, une grande carte du Seikai était visible via des reliefs mis en avant par les traits de mithril les parcourant. Cette salle entière, de par ses matériaux, représentait le rêve humide d'une infinité de brigands. Un seul fauteuil pouvait leur offrir des années de vie aisée. Alors ces tables.... Aux différents coins de la pièce, des servants et servantes attendaient silencieusement qu'on ne leur ordonne d'apporter à boire ou à manger. Des échansons, qui voyaient leurs souvenirs de l'audience effacés à chaque fois. Enfin, cela importait peu et la salle servant aussi d'audience diplomatique, il n'était pas si étrange qu'elle soit aussi riche. Même si pour la Griffe, un bureau simple aurait pu suffire.

    Se posant donc finalement dans son siège, le vampire retira son heaume pour le déposer doucement sur la table. Il attendait, à présent, que les autres membres de la main ainsi que le couple impérial ne daignent arriver. Ils avaient beaucoup à se dire, beaucoup à discuter. Une des servantes s'approcha alors du vampire, lui tendant les notes qu'il avait fait livrer au palais. Utilisant son sceau, le reikois permis ainsi leur lecture et il les déposa devant lui, revoyant une dernière fois ce qu'il comptait dire. Quelques instants plus tard, la lourde porte s'ouvrait tandis qu'il se relevait pour accueillir les potentiels nouveaux arrivants.

    Le conseil de la Main allait bientôt débuter.


    Manus Imperialis [Ayshara, Tensai & Zéphyr] Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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    Noble du Reike
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    Zéphyr Zoldyck
    Zéphyr Zoldyck
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    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t1330-zephyr-zoldyck-termineehttps://www.rp-cendres.com/t2145-chronologie-de-zephyr#18202
  • Ven 28 Juil - 22:33

    [justify]Le Conseil de la Main était tout naturel. Maintenant que plusieurs jours étaient passés depuis l’attaque de Sable d’Or, maintenant que le mémoriam avait été posé dans la ville dévastée, maintenant que l’effroi laissait place à la détermination, il était temps de se réunir pour prendre des décisions. Zéphyr n’avait pas laissé beaucoup de répit à ses subordonnés. L’Oreille voulait récupérer un maximum d’informations sur ces Archontes, ennemis de l’Empire et même des vivants. Il avait eu des résultats, évidemment, mais son esprit était occupé par le moyen de détruire ces abominations. Selon toute vraisemblance, pour les vaincre, il fallait avant tout s’occuper de leurs orbes. Mais ces anomalies… Il fallait les trouver. Le chef des assassins avait bien sûr déjà pris des dispositions pour se faire, mais le continent était large, ils n’allaient donc pas pouvoir mettre la main dessus en un jour. Cela dit, cela pourrait leur laisser le temps de se préparer. Ce qui laissait place aux interrogations suivantes : comment s’entrainer ? Quelles dispositions prendre ? Leurs armes en bronze céleste pourraient-ils être utiles dans cette quête ? Et si certains de ses agents, comme Miya ou Shaina, par exemple, trouvait une des sphères, quelle procédure mettre en place avec la Griffe ? Il y avait tellement de questions ouvertes. Tellement de possibilités sur le futur. Et puis, outre l’attaque à la ville portuaire qui avait secoué l’Empire, il fallait également traiter d’autres points. Le guerrier savait que Deydreus voulait faire le ménage dans l’armée, entre autres. Puisque le couple impérial serait présent, il serait sans doute bon de l’aborder. Sans compter leurs projets de consolider l’Empire dans les terres conquises. Zéphyr et son ami étaient sur la même longueur d’ondes, sur ce terrain-là. Chacun désirait ralentir l’expansion reikoise, pour mieux renforcer les frontières et stabiliser les élans de révolte inutile sur tout le pays. C’était une entreprise ambitieuse, mais pas inutile. Que ce soit les Ryssen ou les pro-Draknys, les barbares un peu trop orgueilleux ou les clans nouvellement absorbés par Tensai, il fallait mettre le peuple au pas. D’autre part, compte-tenu de la menace des Titans, cette nécessité devenait de plus en plus importante, car il fallait faire front commun, plutôt que de se tirer dans les pattes en permanence.

    Ce fut sur cette pensée que Zéphyr entra dans la salle dédiée au Conseil de la Main. Contrairement à Deydreus, l’Oreille portait une tenue sobre, mais élégante, comme le voulait l’étiquette propre à son statut de conseiller royal. Il était cependant manifeste que sa tenue n’entravait aucun de ses mouvements, ce qui lui permettait donc de rester fidèle à ce qu’il était. Un espion et un assassin qui pouvait traquer quelqu’un au service de la Couronne. C’était d’autant plus important que l’Oreille n’était pas du genre à rester assis derrière son bureau toute la journée.

    Ignorant les deux gardes royaux à l’entrée, Zéphyr posa aussitôt son regard sur ses homologues reikois. La Griffe et le Cœur étaient déjà là et le ministre les salua simplement d’un large hochement de tête.

    - Deydreus, Tagar. J’espère que vous avez fait bonne route jusqu’au palais.

    Le maître-espion savait que le général préférait entrainer ses troupes dans la caserne que d’être dans la demeure impériale. Quant à l’employeur de Kilanna… Ses fonctions étaient diverses, et il pouvait très bien devoir se déplacer dans la capitale.

    Quoi qu’il en soit, Zéphyr alla rejoindre sa place près de Deydreus, et ses yeux se posèrent un instant sur la carte travaillée dans les moindres détails. La salle était richement décorée, faute à plusieurs souverains Draknys qui avaient préféré vivre dans le luxe et l’opulence, que de s’inquiéter de leurs peuples et de ses obligations militaires. Il fallait bien reconnaître que tout avait été bien agencé. Un marbre infiniment rare, une table en verre-dragon, une carte taillée dans de l’obsidienne. Tout avait été conçu pour montrer le prestige de la Couronne. Quelque chose qui indifférait les deux premiers ministres, puisqu’il aurait pu se satisfaire de travailler sur une carte minutieusement préparée sur du parchemin. Mais bon. Le pays était représenté de manière détaillée et cela leur permettrait de parler tactiques et stratégies facilement.

    Déposant une liasse de papiers, composée de différents rapports et de points qu’il allait aborder, le maître-espion releva la tête vers ses compatriotes et il leur déclara :

    - Le couple impérial a terminé une audience quelques minutes plus tôt. Ils ne devraient plus tarder, à présent.

    [NB : Tensai va arriver en même temps qu’Ayshara]
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  • Dim 30 Juil - 9:54
    Tensai était certain d’une chose.
    Ayshara était beaucoup plus taillée que lui pour supporter les audiences royales.

    Assise sur son trône, le dos droit et le regard serein, la belle aux cheveux d’argent savait garder une attitude digne en toutes circonstances. Qu’importe les jérémiades et les plaintes des citoyens. Qu’importe encore les discours mielleux des nobles ou les offres de divers marchands. Cela n’altérait pas son attention, ni la douceur de ses propos. Adroite quand il fallait refuser une proposition qui ne servait pas les intérêts du Royaume, elle savait néanmoins répondre de manière diplomate, sans offenser réellement son interlocuteur. Quand cela était même possible, elle offrait une alternative, de sorte que le commerçant ne croyait pas avoir totalement perdu au change. Quand il s’agissait plutôt d’un aristocrate, qui voulait simplement gagner plus de pouvoir ou de faveur royale, la Vosdraak savait l’écouter sans l’interrompre, et intervenir quand il le fallait pour mener son sujet où elle le désirait. A peu de choses près, on aurait dit que la mère de Draknys avait des dizaines d’année d’expérience, et qu’elle aurait pu écouter les doléances du peuple toute la journée.

    Tensai, non.
    Le Drakyn était un chef de guerre inné. Un combattant fier. Un homme qui ne mentait jamais et qui tenait parole, lorsqu’il la donnait.
    Mais contrairement à son épouse, il n’était pas capable de rester assis là toute la journée. Des citoyens honnêtes et sincères, passait encore. Des soldats et des hauts-gradés qui expliquaient leurs besoins dans leurs clans respectifs, il pouvait bien aussi les entendre. Mais bien souvent, nombreux étaient ceux qui exagéraient leurs causes et qui essayait d’attirer la bonté du couple royal. Pour leurs marchandises, pour leurs entreprises, pour les catastrophes qui leur étaient tombés dessus. Et si Ayshara rayonnait de charisme et poussait naturellement ses sujets à s’exprimer, Tensai, lui, avaient de quoi refroidir l’audace des plus hardis. Ses yeux perçants, son regard impassible étaient autant d’avertissement qu’il ne fallait pas braver certains interdits. D’ailleurs, quand il jugeait qu’une demande était déraisonnée, il n’hésitait pas à remettre son sujet à sa place ou de pointer du doigt ce qui lui paraissait suspect. Sans particulièrement de délicatesse, il fallait bien l’avouer. Mais cela permettait de voir la réaction de leurs interlocuteurs, qui pouvait être riche en enseignement si on était un temps soit peu observateur.

    Aujourd’hui, la dernière personne qui devait comparaître devant eux était enfin repartie, et l’homme-dragon lâcha un soupir ennuyé.

    - Je comprends pourquoi je te laisse gérer les audiences de notre peuple. Je préfère mille fois faire le tour de notre armée que de rester des heures assis sur ce trône.

    Tensai tourna la tête vers Ayshara et reprit la parole, alors qu’il écartait d’un doux geste de la main une de ses boucles d’argent qui était retombée sur son visage.

    - La prochaine fois que j’ai la mauvaise idée de t’accompagner, rappelle-moi que je dois aller visiter la caserne de Deydreus. Aller faire une inspection des remparts. Tester une nouvelle arme du grand maître forgeron. N’importe quoi qui soit plus utile, grogna-t-il. Même si je suis sûr que tu me veux tout pour toi, ajouta l’Empereur avec l’ombre d’un sourire, cette fois.

    D'une certaine manière, ça ne l'aurait pas dérangé de rester encore un temps seul dans la salle du trône, si c'était la sœur de Vaenys qui s’y trouvait. Le couple royal ayant chacun ses priorités, ils pouvaient parfois ne se retrouver qu'au soir. Parfois leur séparation était encore plus longue quand Tensai quittait la capitale. Ses moments d'intimité pouvaient donc être précieux - surtout qu'en l'état, Draknys n'était pas présent pour s'incruster de manière espiègle entre ses deux parents.

    - Nous avons le Conseil avec les membres de la Main. Es-tu prête à y aller ? Y a-t-il d'ailleurs l'un ou l'autre sujet prioritaire que tu voudras aborder ?

    Ayshara sourit doucement en entendant les taquineries de Tensai. Malgré les différences de leurs personnalités, elle savait que son mari était un homme loyal et courageux, prêt à tout pour protéger ce qui les emportait le plus au monde : le Reike ainsi que leur famille. Elle aimait le voir agir avec une pareille détermination, même si cela signifiait indubitablement qu'il préférait de loin les activités guerrières à celles plus diplomatiques.

    - Mon cher époux, je suis sûre que vous avez plus d'atouts que vous ne le pensiez pour gérer les affaires courantes du royaume. Regardez, vous n'avez ordonné l'exécution de personne aujourd'hui. Ce n'est pas si mal ! Répondit-elle d'un ton léger imbriqué d'une pointe d'humour savamment placée. Mais je suppose que vous préférez vous confronter à des individus plus imposants que des marchands et des nobliaux pompeux. D'une grâce enchanteresse, elle se dégagea majestueusement de son trône, tandis que ses doigts, d'une délicatesse exquise, s'enlacèrent à ceux du Conquérant. Le contact de leur peau, une rencontre de chaleur et de douceur, apporta une sérénité enveloppante au cœur de la vosdraak, telle une brise légère qui lui caressait l'âme. Cependant, je me dois d'avouer que je préfère effectivement vous garder pour moi seule... Avec tous ces nobles qui rêvent d'avoir vos faveurs, vous savez... Une fausse expression de dégoût apparut sur son visage de porcelaine, une mine qui s'effaça aussitôt par un petit baiser qu'elle déposa sur la joue du drakyn. Cela fait longtemps que nous nous sommes pas offerts du temps rien que pour nous deux, mon roi.

    Selon la jeune femme, c''était important de trouver du temps de qualité pour eux, loin des obligations et des responsabilités de leur rôle de souverains. Plus que tout en ce Sekai, elle adorait ces précieux moments intimes où ils pouvaient simplement être eux-mêmes, sans les masques qu'ils devaient trop souvent porter en public. À quand remontait leur dernière pause ? À très longtemps.

    Malheureusement, la réalité rattrapa quelque peu la belle lorsque l'Empereur mentionna le conseil de la Main à venir. Celui qui se déroulerait dans moins d'une dizaine de minutes. Un discret soupir de fatigue s'échappa d'entre ses lèvres, lui rappelant qu'elle n'aurait sans doute jamais de vacances d'ici les cinquante prochaines années à cause de tous les dramas qui se déroulaient actuellement au sein de ce monde balbutiant. Parfois, sa petite vie tranquille de princesse insouciante lui manquait cruellement.

    - Oui, je suis prête à y aller. Son regard brillant d'amour et de complicité le fixa. Avec le retour potentiel des titans ainsi que de leurs ignobles serviteurs, je crains que nous ayons de nombreuses préoccupations immédiates. Sécuriser davantage nos terres et soutenir nos fidèles citoyens en sont de très importantes. Toutefois, la situation du côté de la cité de Mael m'inquiète. Une partie des maeliens nous perçoit comme des envahisseurs indésirables et ils pourraient potentiellement fomenter une rébellion. Cette ville est un point stratégique crucial pour la lutte contre les titans et les campagnes du Reike au sein des terres dévastées de Shoumei. Avec toutes les ressources monétaires et humaines que nous avons déployées dans sa sauvegarde, il serait désastreux qu'elle tombe entre des mains qui ne sont pas les nôtres. Elle marqua une courte pause, avant de reprendre. Et vous, mon roi, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez aborder lors de la réunion du Conseil ? Demanda-t-elle, s'intéressant à ses propres préoccupations et priorités.

    - Je compte parler des événements de Sable d’Or et de l’apparition de ces Archontes de X’Orath évidemment. Mais pas que. Si Tensai souriait quelques instants auparavant, désormais celui-ci avait disparu pour reprendre le sérieux qui lui était coutumier. Mais tout en parlant, il tendit son bras à sa reine pour qu’elle le saisît et qu’ils pussent marcher ensemble en direction des couloirs royaux. Je souhaite parler de l’état de notre Empire. De ses forces. De ses faiblesses. Les membres de la Main seront tous là, c’est donc l’occasion de regarder la situation de notre pays dans son ensemble. Comme tu l’as dit, il faut bien sûr sécuriser nos terres. Certains officiers considéreraient qu’il faut seulement se concentrer sur nos frontières. C’est nécessaire, effectivement. Mais ce ne sera pas suffisant. Notre nation est gangrénée par des maux multiples. La peste obscure. La menace des Sept. Les rébellions qui contestent mon autorité et la tienne. Et les Astres savent qu’elles sont multiples. Il faut également renforcer notre armée en prévision de la guerre à venir. Faire comprendre à nos troupes que la paix est finie et qu’une nouvelle bataille se prépare. Ce serait une erreur de les rassurer simplement parce que nous avons remporté le combat à Sable d’Or. Le dernier Archonte n’est pas intervenu, et s’il l’avait fait, les troupes qui sont revenues à Ikusa ne seraient sans doute plus en vie. Il ne faut pas le perdre à l’esprit.

    Tensai est dur dans son jugement, mais c’est justement en prenant en compte les bonnes et les mauvaises actions de la bataille qu’il peut tenir de tels propos.

    - J’aimerais cependant laisser la Main parler en premier, pour voir quels sujets ils veulent aborder en priorité. Ta lignée a vu sans doute beaucoup de ministres passer sous ses ordres, mais ceux-ci ont comme particularité de bien s’entendre et de collaborer. Tous les hauts-gradés ne le font pas et certains se livrent même une guerre de pouvoir. On a évité cet écueil avec ceux-ci puisque, non content de gérer leurs propres domaines, ils mettent à disposition leurs ressources les uns aux autres. C’est un avantage fort pour mener notre gouvernement dans la bonne direction et j’entends que cela reste tel. Même si, bien évidemment, nous sommes en droit de leur demander davantage comme ils ont reçu beaucoup de responsabilités et de confiance de notre part.

    Un silence, puis Tensai reprend.

    - Il est certain que nous aurons chacun beaucoup à faire prochainement. Dans l’immédiat, le Cœur et l’Esprit te réclameront peut-être d’autant plus. Néanmoins, la seule chose que je te demanderai et que j’exige même de ta part, c’est que tu prennes soin de toi et de ta santé. Avoir une fausse couche n’est pas anodin pour ton corps, et je ne veux pas que tu t’affaiblisses par excès de zèle. Non seulement parce que tu es la mère du Royaume, mais aussi, et surtout, parce que tu es mon épouse et mon pilier. A cet égard, tu as raison, il faut que nous nous trouvions du temps pour rester ensemble rien que nous deux. Pour être avec Draknys également… Si les projets que nous allons mettre en place nous en laisse l’occasion, je suppose que nous pourrions réserver quelques heures rien qu’à nous prochainement. Pourquoi pas ce soir ou à la prochaine lune qui est dans quelques jours.

    Cela étant dit, leurs devoirs allaient bien sûr vite frapper à leurs portes et la reine savait déjà que son mari ne restait pas très longtemps dans la demeure impériale.

    - J’accorderai sans doute davantage de temps à la Griffe et à l’Oreille ces prochaines semaines. Tu sais d’ailleurs que ces deux-là restent à ta disposition, même s’ils sont sous mes ordres directs. N’hésite pas à faire appel à eux pour le moindre service. Quand bien même ils partiront en mission – Deydreus ne restera pas à Ikusa bien longtemps – ils laisseront des hommes de confiance à la capitale.

    D’ailleurs, il serait peut-être pertinent que la Griffe et l’Empereur partent ensemble régler quelques problèmes dans le Reike. Pour régler les soucis les plus épineux, disons, et aussi pour consolider le lien entre le roi et son général. Mais il fallait déjà voir ce qui ressortirait du Conseil, dont la porte apparaissait, non loin désormais.

    - Nous sommes bientôt arrivés, observe le Drakyn. Son regard habituellement sombre et impassible s’éclaire d’un sourire plus tendre et doux alors qu’il regarde son âme-sœur et qu’il la laisse réagir comme elle en a envie.

    Ayshara ne put s'empêcher de sourire à l'évocation des projets de Tensai, tout en appréciant la force de son bras sous sa main délicate. La tension de leur réalité était tangible, mais la sérénité et la fermeté de l'empereur étaient pour elle comme une ancre dans la tempête.

    - Mon très cher mari. Commença-t-elle, son ton légèrement teinté d'une ironie chaleureuse. Je crains que vous vous laissez aller à une vision trop sombre de notre situation. Il est vrai que nous avons de grands défis à relever. Toutefois, n'oublions pas que nous les affronterons ensemble. Et si je me souviens bien, nous avons déjà remporté quelques victoires, non ? Elle lui lança un regard malicieux. C'était sa manière de le taquiner, de soulager un peu la gravité de ce genre de conversation. Puis, son rictus s'estompa lentement alors qu'elle reprenait une expression davantage sérieuse. Votre idée de laisser les membres de la Main parler en premier me parait excellente ! Cela me semble être la meilleure façon de comprendre leurs points de vue ainsi que leurs inquiétudes. Un empire comme le nôtre ne peut être gouverné sans une communication efficace, et encore moins sans une connaissance approfondie de l’intégralité de ses forces et de ses faiblesses.

    Pour sûr, l'impératrice était consciente de l'importance de faire preuve de stratégie et d'intelligence dans une telle situation.

    - Nous ne devons pas oublier que notre belle nation est constituée de nombreuses pièces de puzzle différentes. Si l'une d'entre elles se voir ignorée ou maltraitée, tout l'ensemble pourrait s'effondrer. Elle inclina la tête pensivement. Il faut renforcer notre armée, oui, mais également les infrastructures, les routes commerciales, l'éducation... Il devient de plus en plus impératif de prévoir un plan visant à assurer la durabilité et la prospérité à long terme de nos ressources. Une note d'impatience s'insinua au travers de sa voix. Cependant... Avant tout cela, mon roi, je désirerais passer du temps avec vous. Pas en tant que co-dirigeants d'un État, mais simplement... en tant que nous-mêmes. Je ne veux pas que notre amour se perde dans l'agitation de nos responsabilités. Ses améthystes, généralement calmes et maîtrisées, s'emplirent de l'émoi silencieux d'une femme amoureuse qui espérait ardemment une pause. Pendant un instant, elle s'interrompit, réfléchissant à ce que son bien-aimé avait dit précédemment sur la Griffe et l'Oreille. Vous avez raison de souligner leur importance, et je compte bien faire appel à eux si nécessaire. Aussi, je souhaite m'assurer qu'ils ne soient pas simplement vus comme des instruments de notre volonté, mais plutôt comme des individus à part entière. Il est crucial qu'ils se sentent valorisés et respectés.

    L'imposante entrée de la salle de réunion s'élevait inévitablement devant eux, gigantesque et presque terrifiante. Ayshara suspendit sa marche, son attention plongé dans le dédale de gravures qui ornait le vaste portail, avant de dévier lentement vers le Conquérant.

    - Nous sommes armés. Déclara-t-elle d'un timbre, bien que suave, qui portait en lui une indomptable résolution. Et avec un ultime regard, lourd de promesses et d'espoirs non formulés, dédié à son époux, elle repoussa la pesante porte d'ébène et pénétra au cœur l'enceinte sacrée du Conseil, parée à faire face aux épreuves qui ne manqueraient pas de surgir.

    Tensai hocha la tête en réponse aux paroles d’Ayshara. Sur bien des points, elle avait raison comme de juste. Autant pour l’amélioration de l’éducation, du commerce et de l’infrastructure que pour chaque Membre de la Main qui étaient avant des personnes à part entière avant d’être des serviteurs de la Couronne. Quant au souhait de l’Impératrice de n’avoir du temps rien qu’à deux, comme l’avait dit Tensai, c’était un problème qui pouvait se régler s’ils y mettaient chacun du sien. Et seul le Soleil et la Lune savaient comme rien ne pouvait leur résister quand ils voulaient tous les deux la même chose.

    - Nous trouverons du temps, promet-il. Et quand Tensai fait une promesse, il la tient, la Vosdraak le sait bien. L’idée même de ne pas la prévenir et de la surprendre a ce petit quelque chose qui lui plait, mais il lui glisse seulement : Peut-être même que ça arrivera plus vite que tu ne le penses, ma reine.

    Comprendra-t-elle ce qu’il a tête ou non, rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, par contre, c’est que les portes s’ouvrent et voilà que le couple royal entre. Depuis l’arrivée de Zéphyr, Genryusai et l’Esprit en titre sont arrivés à leur tour, et les membres de la Main sont ainsi au complet. Prenant place à leurs sièges respectifs, entourés des uns et des autres à leur droite et à leur gauche, c’est Tensai qui reprend l’initiative et qui regarde successivement les ministres de l’Empire.

    - Je vous remercie d’être venu aussi vite pour parler des derniers événements et de l’état de notre Royaume. Plus que des remerciements, je vous dois surtout ma gratitude pour avoir réagi si promptement aux dernières menaces qui se sont levées dans le Royaume. Je pense bien sûr à Sable d’Or, mais… Nous savons tous qu’il n’y a pas que les Archontes qui sont une menace au sein du Reike.

    Entendre Tensai remercier ses subordonnés, cela pourra peut-être paraître étrange. D’autant que l’intéressé remercie très peu, et ses éloges sont bien rares. S’il en fait, c’est surtout Ayshara qui a le mérite de les entendre, quand ils sont à huit clos et qu’il peut parler de ses plus vaillants guerriers. Aujourd’hui, cependant, la promptitude des Membres de la Main pour se lever face au danger vaut bien quelques écarts de conduite, d’autant que c’est aussi le devoir d’un souverain de reconnaître les bonnes actions de ses plus proches sujets.

    Loin de s’éterniser là-dessus, Tensai continue.

    - L’Impératrice et moi aimerions vous entendre tour à tour et vous laisser libre de nous livrer votre analyse. Evidemment, je permets que chacun réagisse aux propos de son homologue, tant que la discussion est constructive et que nous prenons des décisions fermes pour le bien du Royaume.

    Un silence, puis Tensai plonge ses yeux dans ceux du vampire.

    - Deydreus. C’est toi qui commenceras.
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  • Jeu 3 Aoû - 13:49
    Assis sur son siège, Deydreus observa ses collègues de la Main qui arrivaient. D'abord Tagar, qu'il salua respectueusement puis les autres ministres. Chaque fois, le guerrier échangea quelques mots avec les autres membres de la Main, de manière plus ou moins formelle et plus ou moins intéressantes. Naturellement, les choses importantes allaient être dites au moment de l'arrivée du couple impérial et aucun n'avait véritablement envie de devoir se répéter. Lorsqu'enfin les deux régents de l'Empire firent leur apparition, la Griffe se leva doucement et les salua avec respect avant de se rasseoir après eux. Ecoutant les mots de l'Empereur, le reikois aux yeux vairons hocha doucement la tête, tandis qu'il déposait ses papiers contre la table. Pour ses collègues, surement, cet entretien allait occuper une partie de leur journée. Pour le vampire, cependant, il ne s'agissait qu'une réunion s'écoula sur une journée infinie. Pourtant, il sentait sur ses épaules tout le poids de l'importance de ses prochains mots.

    - Je vous remercie. Il se gratta la gorge, fixant ses collègues un à un. Comme vous le savez, notre Empire fut attaqué lors de la bataille de Sable-d'Or. Si cet événement tragique nous a prestement rappelé à la réalité des Titans et à la menace qu'ils représentent, il a également mis l'accent sur certaines faiblesses qui touchaient notre armée et notre organisation.

    Il marqua une nouvelle pause, laissant cette fois un des servants présents distribuer différents parchemins à ses collègues ainsi qu'au couple impérial. Lorsqu'il fut certain que tous avaient eu le temps de survoler le papier, il commenta.

    - Tout d'abord, les déplacements de nos ministres. Si Tagar fut un atout important lors de la bataille, je n'avais lors de mon départ pas la connaissance de sa position. Si je ne doute pas que ce dernier ait transmis ses déplacements à notre administration, cette dernière ne m'en a pas informé. En temps de paix, cela peut paraître secondaire, mais à présent... Il faut que tous les membres de la Main puissent savoir si leurs collègues sont en mission, et au moins la région du Sekai où ils se trouvent. Naturellement, certains éléments comme l'Oreille non pas vocation à communiquer sur certains éléments, tout comme moi. Mais pour Genryusai, l'Esprit ou le Cœur, cela me semble important d'être au fait d'au moins le départ de ces derniers. Il fixa les concernés. Si je ne doute pas de votre capacité à vous défendre, vous représentez des cibles de choix et nous ne pouvons nous permettre d'allouer trop de ressources à votre protection. Pour le reste, Sable-d'or nous a également offert de nouvelles informations, notamment grâce à Sieur Smaragdi. Notre ennemi utilise des agents de l'ombre. Des agents au service des Titans. Aussi, il me semble important de mettre l'accent sur nos relations et de faire plus que jamais attention aux mots, et informations que nous transmettons à nos proches. Il serait inconcevable d'échanger avec un ennemi potentiel, de prendre des initiatives personnelles qui pourraient créer un précédent diplomatique ou, dans le cas le plus extrême, se retrouver mêlé à un individu ayant pu servir des associations tel que le Nouvel Ordre ou œuvrant pour la nation bleue.

    Nouveau silence, le reikois en profitant pour se replacer sur son siège tandis qu'il laissait possiblement ses collègues réagir à ses propos. Puis, il enchaina, continuant sa présentation.

    - Vient ensuite le problème qui me concerne directement. Tensai, notre armée est faible. Les mots tombèrent comme le couperet sur la nuque d'un condamné. Si personne ne doute de leur vaillance, j'ai malheureusement pu constater le manque d'efficacité de certains de nos officiers, ainsi que le manque d'entrainement des garnisons les plus éloignés de nos grandes villes... Si un entrainement plus rigoureux est évidemment nécessaire, il nous faut revoir l'intégralité de notre fonctionnement interne. Actuellement, la Kyrielle est forte d'environ cinquante milles hommes. Cela ne prend en compte que les hommes d'armes mais ignore complètement les troupes logistiques et d'artisans. Notre nation étant composée de millions d'individus, il nous faudrait au moins doubler nos effectifs afin de se retrouver véritablement efficace. Et je ne parle pas de conscription en cas de bataille majeure. Je parle de couverture territoriale. De présence.Nouvelle pause, puis reprise. Nous avons étendu l'Empire avec force et rapidité. Si nos conquêtes furent glorieuses, elles laissent des territoires instables et sans surveillance. Nos routes commerciales se voient étirées et mal protégées. Cela facilite le travail des bandits et autres brigands, tout comme le travail de sape des forces rebelles. Nous ne devons pas regarder l'ennemi extérieur et ignorer celui qui rongeait déjà l'échine de notre nation. Je ne suis pas dupe et, naturellement, le recrutement avec votre accord de plus d'hommes sera couteux et chronophage. Mais nous devons remédier à ce manque d'effectifs. Nous devons réagir où, le jour où notre ennemi frappera de nouveau, il risquerait de nous submerger sous le poids de nos propres ancêtres. Il nous faudrait aussi développer une flotte digne de ce nom, afin de ne plus nous limiter seulement à l'infanterie et aux moyens de déplacements terrestre.

    Il pointa de la main les différents parchemins tenus par les membres du conseil, les invitant à replonger leurs regards respectifs sur les papiers. Comme s'il souhaitait qu'ils ne manquent aucune information.

    - Outre ce soucis de nombre, je pense qu'il est primordial pour nous de créer de nouveaux régiments. Tout d'abord un régiment logistique propre. Une arme d'armée focalisée entièrement sur le bon approvisionnement de nos troupes et la surveillance du matériel. Si le RSAF s'occupe de la gestion scientifique de notre empire, ils ne se préoccupent pas des besoins vitaux comme l'entretien des fers à cheval ou bien l'angle de tranche de nos armes. Et même si la logistique est déjà présente chez nous, elle se voit mal organisée, fumeuse, discrète. Il faudrait alors peut-être voir avec Drakstrang et mettre l'accent sur cela lors des modules d'administration militaire. Faire sortir de notre académie plus d'officiers de logistiques et moins de couteau-suisse. Et moins d'imbéciles théoriciens, pensa-t-il. Pour le reste, j'avais également dans l'idée de proposer la création d'un bataillon de forces spéciales. Des soldats spécialisés non pas dans les batailles rangées mais dans les assauts plus restreints. Dans les missions sans bannière et... Dans les missions les plus délicates. Pour avoir été dans ce domaine, j'en connais l'importance et la difficulté. Il s'agirait alors d'un bataillon un peu particulier. J'avais dans l'idée de proposer à nos nombreux clans barbares et familles nobles de proposer leurs meilleurs éléments. Ces forces spéciales seraient alors reconnues comme l'un des fleurons de notre armée, un peu comme mes Serres, et permettraient aux clans de prouver la force de ces derniers et leur fidélité à l'Empire. Il s'arrêta regardant l'Oreille à ses côtés. Comme pour le rappeler à la mission dans la jungle. Nous avons pu voir que certains barbares se retrouvaient perdus et sans cause depuis la fin de votre ascension au pouvoir Empereur. Ils n'avaient plus de guerre à mener. Plus de conquête à diriger. L'ennui s'était insinué en eux comme le plus vil des poisons et c'est dans ce dernier que certains ont commencé à penser à la révolte. En leur offrant la possibilité de combattre, d'obtenir un champion suffisamment digne pour servir au cœur de l'armée et dans des missions, nous pourrions les remotiver. Refaire brûler la flamme guerrière qui les animait autrefois. Qui nous anime tous. Et puis, après tout, nous avons une nouvelle guerre à mener. Même s'il n'y eut aucune déclaration de nos adversaires, cette dernière est bel et bien là. Vient ensuite le soucis d'uniformité au sein de nos troupes. Nous regroupons barbares, hommes d'armes, mages de combat et cavaliers. Mais aucun uniforme ne ressort de notre armée. Aucun signe véritablement distinctif si ce n'est les couleurs de nos livrées. Les cultures de notre peuple sont riches et diversifiées, mais je pense que permettre une identification rapide de qui est militaire ou non permettrait de faciliter la gestion administrative et logistique de nos troupes. Et éviterait également aux espions de s'infiltrer facilement. J'ai quelques idées d'uniformes et variations possibles, que je vous proposerais un peu plus tard. Pour le moment...

    Il s'arrêta quelques instants, laissant le temps à celles et ceux présents d'avaler le flot de propositions. Deydreus n'en avait pas fini, mais il savait qu'il devrait décomposer toutes ses propositions de décrets en plusieurs temps pour ne pas perdre son auditoire.

    - Je pense que cela fait un bon début. Il y a encore d'autres sujets sur lesquels je souhaite intervenir, notamment la République et d'autres choses liées à l'armée ou encore du manque d'autorité vis à vis de certains seigneurs de villes mais j'aimerais entendre vos idées concernant ces premiers points. Je sais que tout cela nécessiterait de l'organisation, un peu de diplomatie, du travail d'information ainsi qu'un budget redirigé. Même si j'en avais déjà parler à certains d'entre vous, je sais aussi que les choses sont à présent plus concrètes et plus pressantes. Il croisa ses mains, faisant crisser le cuir de ses gants tandis qu'il laissait son regard hétérochrome glisser sur chaque personne dans la pièce, terminant son focus sur l'Empereur puis l'Impératrice. Si vous avez des questions, n'hésitez pas.


    Manus Imperialis [Ayshara, Tensai & Zéphyr] Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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  • Ven 4 Aoû - 23:22
    C’est donc à Deydreus de commencer ses propositions et, soyons honnêtes, Zéphyr n’est pas surpris d’entendre certaines de ses idées. Les deux guerriers ont déjà eu l’occasion d’en parler à la jungle de Sang, et l’assassin est donc familier avec l’un ou l’autre sujet que la Griffe entend aborder. Dans l’immédiat, néanmoins, savoir où se situe chaque membre de la Main est bien entendu essentiel. De plus, la sécurité des ministres comme le Cœur, l’Esprit, et la Voix est particulièrement importante. La Griffe et l’Oreille ont moins besoin de protection attitrée, puisqu’ils sont en permanence entourés par leurs hommes et leurs subordonnés.

    - Dans mon cas, réfléchit Genryusai en passant pensivement sa main dans sa longue barbe, je pense heureusement ne pas devoir trop vous prendre de ressources. Comme vous le savez, j’ai un certain âge… Et mes principaux déplacements consistent à aller du palais à Drakstrang. Il me faudra donc une garde rapprochée lors de mes sorties, mais je pense qu’avec l’autorisation du couple impérial, quelques gardes royaux suffiront pour m’accompagner. Les choses changeront certainement quand Draknys, le prince héritier, pourra suivre un entrainement rigoureux sous ma garde. Et si des rencontres diplomatiques doivent avoir ensuite lieu à Melorn, Aquaria, ou à la République, dans ce cas-là, je réclamerai évidemment une troupe plus conséquente à la Griffe et à vos Majestés.
    - Mais en comparaison, intervient Zéphyr, l’Esprit et le Cœur peuvent davantage avoir à sortir de la capitale. Je ne doute pas de l’efficacité de tes troupes, Tagar, mais je me dois de rappeler que Violence, l’épée qui est intervenue à Sable d’Or, avait quand même décimé ta garde personnelle. Cela s’est produit une fois. Il ne faudrait pas que ça se reproduise à nouveau, vu comment tu es un élément important pour le Reike. D’aucuns auraient toutes les raisons de vouloir te tuer ou de t’enlever pour retirer des informations précieuses sur nos finances. Bien sûr, Deydreus a permis que ses propres soldats soient à ton service le temps que tu obtiennes de nouvelles recrues. Mais je pense qu’il faut rebondir sur ta mésaventure pour que ce soit la dernière qu’il t’arrive. Je propose donc que tu élèves encore ton degré d’exigence concernant ta prochaine troupe. Au besoin, fais-la même tester par une escouade choisie par la Griffe, afin de vérifier leurs compétences et leur capacité à te protéger. Je peux également de demander à mes assassins de les mettre à l’épreuve pour voir s’ils sont suffisamment doués – cela à l’improviste pour les mettre en situation réelle. Ce que je dis là vaut bien sûr également pour l’Esprit qui dois avoir une défense suffisante dans le cadre de ses différentes missions. Il s’agirait donc ni plus ni moins d’une troupe d’élite. Mais il vaut mieux s’en procurer une une seule fois que devoir la renouveler tous les trimestres, voire même tous les mois. C’est une perte de temps, d’argent, et il faut du temps pour créer un climat de confiance entre les gardes et leur employeur. En ce qui concerne le déplacement de chacun, je peux m’occuper moi-même de vous transmettre les positions de la Main. Pour garder la confidentialité de ces informations, je propose que nous enchantions tous nos sceaux, de sorte que seulement nous puissions lire les missives que nous nous envoyions. Deydreus et moi-même avons déjà pris cette initiative puisque nos services collaborent beaucoup ensemble, mais il serait bon de l’étendre à l’ensemble des ministres ici présents, pour que nos échanges soient sécurisés et confidentiels. Un léger silence. Pour revenir à vos déplacements. Il vous faudra me transmettre le plan de vos voyages, et si vous êtes en dehors de l’Empire, vous devrez ne pas vous autoriser des détours ni vous octroyer une trop grande liberté. Autant pour éviter les incidents diplomatiques que pour vous retrouver facilement si un malheur doit vous arriver. Mes hommes en dehors de notre territoire vous assisteront discrètement, et sauront vous contacter s’il y a une urgence qu’il vous faut communiquer.

    Ensuite, concernant les agents de l’ombre.

    - Je regrette de devoir le dire mais, vu comment le chef de Sable d’Or a été assassiné, il y a tout à penser que nous avons des traîtres en nos rangs. J’ai bien examiné la scène du crime à la ville portuaire. La cause du décès a été un coup propre et direct. Suite à notre enquête, la victime a fait confiance à son meurtrier et n’a jamais pensé qu’elle puisse lui faire rejoindre les Astres. Je préfère donc vous avertir : des agents des Titans sont sans aucun doute disséminé dans nos villes. Je soupçonne que leurs projets soit de retrouver les anomalies semblables à Sable d’Or avant nous, pour que les Archontes puissent de nouveaux créer le chaos sur le Sekai. C’est pourquoi il serait bon que nous mettions la main sur ces sphères en premier, ou pire, que leurs missions soient de les activer. Mais j’y reviendrai plus tard. Pour l’heure, il est bon de laisser Deydreus terminer son premier rapport. Zéphyr se contente juste de poser un instant les yeux sur Tagar, lorsque la Griffe évoque de ne pas transmettre des informations à des personnes comme celle de la Nation Bleue. L’élémentaliste ne semble pas contre, mais… Il y a un point qu’il leur faudra absolument parler avant la fin de ce Conseil.

    Silencieux, le guerrier aux yeux ambrés ne rebondit pas sur l’état de l’armée reikoise. C’est à Tensai de prendre position sur ce sujet et le colosse écoute sans interrompre son général. Quand enfin le Cœur réagit, l’Empereur reste silencieux un instant, et son regard vient finalement se poser sur le maître-espion, l’autorisant donc à prendre la parole.

    - Je vais me permettre de revenir un instant sur l’attaque de Sable d’Or. J’ai mentionné le meurtre du chef de la ville précédemment. Je vous ai dit que j’avais inspecté le cadavre et même la scène de crime. Mais me satisfaire d’un tel résultat n’est pas dans mes habitudes. En conséquence, j’ai mis mes espions et mes meilleurs agents sur la traque de l’assassin en question. Et nous l’avons trouvé. Zéphyr s’interrompt un instant le temps de passer un document à chaque membre de du Conseil. Vous ne serez guère surpris en apprenant qu’il s’agit d’un diviniste spécialement dévôt de X’Orath. Vous serez peut-être davantage pris de court en apprenant qu’il s’agit d’un Reikois pure souche, qui a malheureusement notre tatouage. Salim Karn est donc apparu il y a plus d’un an à Sable d’Or et il s’est rapidement fait un nom par sa sagacité et son intelligence. D’après mes recherches, il s’est fait passé pour un commerçant qui a su s’attirer les faveurs de la famille dirigeante, mais il s’agissait avant tout d’une couverture pour préparer minutieusement l’attaque de Sable d’Or. Connaître les fortifications de la ville. Ses points forts. Ses points faibles. Creuser des tunnels pour permettre aux goules de pénétrer à l’intérieur de la cité. C’est certainement lui qui a fait entrer la créature aux mille yeux en ville, grâce à la téléportation. Après quoi, il a été dans la maison du chef de la ville grâce à son invisibilité. Un silence, pour que chacun puisse assimiler les informations qu’il vient de donner. Puis l’Oreille reprend. En l’état, il s’agit d’un assassin dont nous avons neutralisé la magie et que nous retenons dans une salle d’interrogatoire spécifique. Je compte moi-même diriger l’enquête pour en savoir plus sur ses plans, son réseau, ses complices. Si Deydreus veut être présent, il est le bienvenu. Il est bien possible que cela nous mène au Shoumei, mais il est possible que cet homme en sache également plus sur les orbes des archontes. Ce qui m’amène au second point que je veux présenter au Conseil.

    D’un geste du ministre, des serviteurs présentent à chacun une liasse de documents enroulés dans une ficelle. Quand ils déplieront les documents, ils verront une série de dessins aux paysages aussi divers que variés. Certains sont à n’en point douter au Reike, à cause des vastes étendues sableuses. D’autres ont l’air d’être plus au Nord voire en République, et Zéphyr continue.

    - Comme vous le savez sans doute, je me suis connecté aux anomalies lors de l’attaque. Et j’ai eu une série de visions en échange, qui me montraient non seulement Sable d’Or, mais aussi divers endroits du Sekai. Compte-tenu du fait que grâce à ces flashs, nous avons obtenu la localisation des sphères… Il est fort probable qu’il s’agisse des futurs endroits où les Archontes pourront apparaître. Je voudrais donc officiellement demander la permission au couple impérial de chercher ces endroits. Par mes espions et mes troupes spéciales, notamment, mais aussi grâce à vos hommes de main les plus fiables. Je pense aux Serres et aux Dévoreurs, par exemple. Mettre la main sur elles ne se fera pas en un jour car le continent est vaste. Mais nous devons impérativement lutter contre ces abominations pour que l’attaque de Sable d’Or ne se reproduise pas. Aussi, Deydreus. Nous ne devons pas seulement les trouver. Il nous faudra mettre en place une stratégie pour les achever. Définitivement, cette fois.

    Une pause, pendant laquelle Zéphyr désigne les papiers d'un geste de la main.

    - Afin de ne pas être sujet à un défaut dans mes souvenirs, j’ai mis sur papier toutes les visions que j’ai eue par un dessinateur de talent le lendemain de l’attaque. Il s'agit de copies que j'ai réalisées pour chaque membre du Conseil. J’estime que vous pouvez les garder pour avoir une idée des endroits qu’il vous faut chercher. Cependant… Il y a sans nul doute des visions qui ont eu lieu près de Melorn, des Terres du Nord ou de la République. Il faudra peut-être donc demander de l’aide de nos voisins, car nous ne pourrons pas voyager impunément sur leurs terres, même pour lutter contre les Titans.

    Enfin.

    - Pour finir, il me faut achever sur une note désagréable. Les Archontes ont eu accès à mes souvenirs. Repentance, probablement. Mais je préfère partir du principe que leur « aîné », que nous avons appelé Requiem, a eu également accès à ma mémoire. Zéphyr pince les lèvres à cette mention. Ils n’ont pas pu choisir ce qu’ils voulaient spécifiquement. Cela veut dire qu’ils ont eu accès à des brides inutiles de mon enfance comme à des souvenirs de mon apprentissage à Drakstrang ou encore à des souvenirs récents. Etant l’Oreille, vous concevez bien que cela pose des problèmes à notre sécurité. Quelques secrets d’état ont certainement dû leur parvenir.

    Ce qui le faisait royalement chier, n’en disconvenons pas.

    - Autant partir du principe que nos ennemis connaissent mon identité. Il est donc possible que je sois pris pour cible à l’avenir. Il ne tient cependant qu’à nous d’en prendre parti pour les prendre à revers à notre tour. Quant aux informations qui ont pu fuiter… Et c’était là le bât qui blesse, assurément. il pourrait très bien s’agir de quelques-uns de mes agents envoyés en infiltration. Je resterai donc particulièrement vigilant pour voir s’il n’y a pas de disparitions suspectes, ni une guérilla particulièrement flagrante contre mon réseau. Je n’oublie pas non plus le fait que certains passages secrets, de la capitale ou des grandes villes du Reike puissent être désormais connus par nos adversaires. Par conséquent. La vigilance sera renforcée. Deux de mes chefs de cellules vont être remplacés, l’une parce que le Feu a disparu, l’autre parce que l’Eau m’a demandé de partir en retraite à cause de son âge avancé. J’envisage de lui trouver une place à Drakstrang pour la protéger. Pourquoi pas la confier à Misry Lurrak, qui est une personne de confiance. Enfin, j’aimerais moi aussi mettre des troupes spéciales en place, à l’instar de Deydreus qui vous a lui aussi présenté l’idée d’un régiment spécifique. Mais je présenterai ça dans un second temps. N’hésitez pas non plus, si vous avez des questions.

    Un silence s’installe enfin dans la pièce alors que c’est au couple royal de prendre cette fois l’initiative. Beaucoup de choses ont été dites. Beaucoup de choses doivent encore également être présentées. Mais il est temps de s’arrêter point par point sur certains de ses sujets et, vu l’expression songeuse et attentive de Tensai, c’est bien ce que le Conquérant s’apprête à faire.

    Il est temps d’avancer, pour le bien de l’Empire et de ses sujets.
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  • Sam 5 Aoû - 16:24
    Silencieux, mais pas moins attentif, Tensai a laissé chacun des membres de la Main s’exprimer tour à tour. Il est bien sûr encore possible de réagir aux propos de leurs homologues, mais pour l’heure, c’est surtout au couple royal de prendre position sur ce qu’on vient de leur dire. Et c’est d’abord vers Deydreus que le Conquérant se tourne, ses remarques et ses propositions tournoyant un instant dans son esprit.

    - Je ne m’oppose bien sûr pas à ce que les membres de la Main doivent communiquer leurs déplacements. Etant donné vos fonctions respectives, mais aussi le nombre de nos ennemis, plus vous communiquerez entre vous, plus nous pourrons être efficaces pour réagir en cas de danger immédiat. Quant à communiquer des informations à vos relations et à vos proches. Le ton de l’Empereur se fait un instant plus dur. Il me semble évident que vous ne devez pas – et que vous ne pouvez pas – communiquer quoi que ce soit à vos amis et connaissances. Ni même favoriser quelqu’un sous prétexte que vous êtes ministres. Cela vaut non seulement pour nos citoyens, mais plus encore pour tout étranger à notre nation, qui pourrait se retourner contre nous.

    Tensai tourne légèrement la tête vers Ayshara, attendant éventuellement une remarque de sa part concernant ce sujet particulièrement sensible. Qu’il s’agisse des troupes dédiées au Cœur, à l’Esprit ou à la Voix, ou bien la communication entre les membres du Conseil ainsi que leurs déplacements respectifs, il y a peut-être des choses qu’elle souhaite dire. Tensai reprend ensuite la parole et se concentre sur un sujet qui l’intéresse tout particulièrement. L’armée.

    - J’entends tout ce que tu me dis là, Deydreus. Est-il particulièrement heureux que son général accuse leurs forces d’être faibles ? Non. Mais il vaut mieux découvrir tout de suite une plaie pour la traiter et la guérir, plutôt que de la laisser puruler, jusqu'à infecter le corps entier. Tu me parles du manque d’efficacités de certains de nos officiers et de nos garnisons les plus périphériques. Le problème est fondamentalement simple. La centralisation du pouvoir n’est pas assez forte et s’affaiblit dès lors qu’on s’éloigne des grandes cités de notre pays. Ce phénomène n’est pas nouveau, puisqu’il était déjà présent quand j’ai commencé la Conquête. Progresser au sein du désert ne m’a pas été difficile, alors que prendre Taisen, Kyouji, et Ikusa a demandé un siège de deux ans. C’était un problème que le Drakyn avait initialement prévu de s’occuper, sauf que ces pourritures de Titans étaient apparues, et avait quelque peu revu l’ordre de ses priorités. Il n’était désormais plus l’heure de repousser ce problème indéfiniment, et avec la nomination de la nouvelle Griffe, il y avait là l’opportunité d’établir un vent de changement. Même si je comprends les inquiétudes de Tagar, je ne vois pas d’inconvénient à doubler nos effectifs. Effectuer un recrutement massif pour assurer davantage de présence sur l’ensemble de nos territoires – et ainsi mieux transmettre les décrets royaux et militaires que nous imposons dans nos cités – me semble en effet nécessaire pour renforcer notre nation. Les former ne coûtera pas de coût supplémentaire à la Couronne, car comme vous le savez, tout Reikois suit un service militaire : nos citoyens savent donc se battre, se défendre, et ils ont largement appris à connaître le fonctionnement de l’armée. Là où des coûts budgétaires seront surtout nécessaires, c’est dans l’établissement de nouvelles garnisons. Deydreus. Que penses-tu d’établir de nouveaux régiments dans les clans de notre nation, qui auront pour tâche de maintenir l’ordre dans leurs villages et hameaux ? Cela permettrait d’assurer plus de présence de l’armée en cas de danger sur le territoire. Il y aurait aussi des représentants officiels de l’armée impériale. Bien sûr, cela requerrait de nouvelles nominations, mais ce serait justement l’occasion de mettre des officiers loyaux et compétents à la tête de ces garnisons. De là, nous avons plusieurs solutions. Soit nous imposons nous-mêmes les hommes à la tête de ces régiments. Nous connaîtrions dès lors leurs compétences, leur efficacité et leurs caractères, mais ils pourraient être mal accueillis s’ils n’appartiennent pas aux clans auxquels nous les enverrons. Soit nous pouvons accueillir des candidatures spontanées, mais je préférerais que ces hommes aient déjà quelques expériences, et pourquoi pas, soient choisis par leur village pour leurs faits d’armes et leur connaissance du terrain. Un régiment constitué par tes soins pourrait tester les compétences des postulants afin de vérifier qu’ils ont véritablement le don de commander des troupes. Qu’il ait été diplômés de l’Université Drakstrang me semble un prérequis non négociable, mais je veux des vrais combattants de guerre, pas des érudits imbéciles qui croient être plus intelligents que d’autres, car ils ont suivi un cursus ou l’autre. Un silence. Cela étant dit. Une fois nommé, je ne veux pas qu’on leur fasse une confiance aveugle non plus. Ils devront rendre des comptes à la Couronne et à tes subordonnés. Qu’aucun ne se repose sur leurs lauriers, en croyant qu’une fois leur place atteinte, ils seront en sécurité. Non. Je veux des résultats. Eventuellement, des contrôles réguliers peuvent être mis en place par un troupe spéciale, constituée de vétérans. En cas d’ingérence manifeste, les officiers seraient remplacés par d’autres hommes qui auront fait leur preuve. Qu’en penses-tu ?

    Tensai marque une pause plus prononcée, et il continue.

    - Il reste évidemment le problème des routes commerciales. Nous ne pouvons pas effectivement permettre qu’elles soient insécurisées, ne serait-ce que pour notre commerce et la sécurité des voyageurs. C’était comme cela, par exemple, qu’une rencontre diplomatique pouvait mal tourner. Si nous mettons en place des régiments, nous pouvons leur imposer de sécuriser un périmètre en particulier. Si des voyageurs ont ainsi des soucis particuliers en route, ils sauront qu'ils doivent en rendre compte au village le plus proche. Evidemment, en cas de problème majeur, les officiers auront pour mission de faire remonter cela en haut lieu afin que les plus hauts-gradés déploient les troupes nécessaires. Mais je ne pense pas que la sécurité dépende uniquement de notre armée. Le Conquérant pose ses yeux sur l’ensemble du Conseil, puis vers son épouse. Il s’agit aussi d’un problème d’infrastructures. Est-ce que le Cœur, l’Esprit, et toi également, Ayshara, avez des propositions à nous faire pour sécuriser les déplacements sur notre territoire ?
     
    L'état des routes, bien qu'elles soient généralement en terres battues, au milieu du désert, n'étaient par exemple pas à négliger.

    Ensuite, concernant les forces logistiques.

    - Ce que tu demandes ne pourra se faire en un jour. Il faudrait effectivement avoir une discussion avec Drakstrang pour mettre en avant cette discipline. Voir s’il est possible de créer des zones d’approvisionnement sur le territoire, mais aussi apprendre comment le déplacer efficacement au sein de l’Empire. De nouveau, on en revenait au problème de la sécurité des routes, mais il s’agissait aussi d’avoir une solide organisation interne. En l’état, ce domaine était profondément lié aux compétences du Cœur, car pour obtenir un solide matériel, il fallait également une bonne économie. Ensuite, l’usage et l’entretien de leurs stocks dépendaient surtout de la formation qu’on donnait aux soldats et aux recrues. Tagar. J’aimerais que tu fasses le point avec Deydreus sur l’équipement et l’outillage dont l’armée a besoin pour développer une solide force logistique. Etablissez des devis et des estimations, voyez ce que nous possédons et ce qu’il nous manque. Demander l’aide de l’Académie ne servira à rien si on ne leur explique pas correctement nos besoins et quelle formation on veut donner à ce nouveau régiment pour qu’il traite bien l’appareillage de l’armée. Par ailleurs, je pense qu’il serait bon que, si cette force logistique doit être créée, elle ne se contente pas de s’occuper de l’entretien de nos armes ou du bon état de notre matériel. Développer des projets pour renforcer nos forces pourrait être une de ses tâches, qu’il s’agisse d’inventer des engins spécifiques ou proposer une amélioration sur nos armures et nos armes en particulier.

    Cela pourrait éventuellement être un travail effectué de concert avec l’Esprit, quand on y pense.

    - Pour ce qui concerne le régiment de bataillon spéciale. Cela créerait en effet une fierté chez tous nos clans s’ils pouvaient avoir un champion en leur sein. Mais nos guerriers sont belliqueux. Une forte compétition pourrait se mettre en place à l’intérieur de nos tribus. En conséquence, il faudrait déterminer des conditions de recrutement claires. Si certains ne répondent pas à celles-ci, ils devront travailler dur pour pouvoir espérer un jour entrer dans cette troupe spéciale. Cela les motivera à s’améliorer et à ne pas se morfondre dans l’ennui. Evidemment, il faudrait que tu m’apportes plus de précision pour que je te donne totalement mon aval. Le nombre de soldat au sein de cette troupe. Les missions qu’ils pourraient recevoir. Leur autorité au sein du Royaume.  S’ils doivent former une certaine élite, il faut néanmoins qu’on la contrôle, et si celle-ci est composée d’anciens rebelles, certains pourraient avoir des idées qui aillent contre notre autorité.

    Enfin.

    - En ce qui concerne l’uniforme… J’ai toujours estimé que des guerriers n’en avaient pas besoin, et que l’essentiel étaient de savoir frapper, détruire, s’imposer. Tensai soupire légèrement. Mais si l’ensemble du Conseil trouve ton idée bonne, je ne m’y opposerai pas. Cela dit. Il serait bête de créer un seul symbole pour se différencier de nos ennemis, même pour créer un sentiment d’uniformité. Je voudrais que tu travailles de concert avec l’Esprit pour établir des uniformes qui résistent non seulement au combat au corps à corps, mais aux attaques magiques de bas niveau. Quitte à imposer une tenue de combat spécifique, autant qu’elle soit la plus efficace possible. Il faudra sans doute envisager plusieurs variantes pour les différents rôles au sein de notre armée.

    Tensai reste songeur un moment, puis il regarde à nouveau les ministres qui lui font face.

    - Maintenant, j’en viens aux dépenses que cela va susciter. Si je reprends tes demandes, Deydreus, tu me demandes donc de doubler nos effectifs, de créer un régiment spécial, d’établir et d’améliorer nos forces logistiques, et enfin d’avoir des uniformes propres à nos forces armées. Un sourire vient fugacement éclairer le visage du Conquérant. Vu tout ce que j’ai dit, et puisque j’approuve dans l’ensemble tes initiatives, je crois que notre Cœur doit me maudire intérieurement. Alors je propose de prendre la mesure suivante pour permettre de moins puiser dans le Trésor.

    Un silence, parce que cela va sûrement en prendre de court plus d’un.

    - Arrêtons l’expansion du Reike. Pour un temps seulement. Sable d’Or annonce les prémisses d’une nouvelles guerre contre les Titans et pour lutter contre eux, il va falloir mobiliser toutes nos ressources. Il va falloir se renforcer également. Continuer à soumettre des territoires pourrait certes continuer à agrandir notre prestige, certes, mais cela nous éparpillerait trop également. Je préfère que nous remettions de l’ordre interne dans notre nation plutôt que de vouloir mettre la charrue avant les bœufs. Etablissons des régiments armés dans tout l’Empire. Renforçons la centralisation du pouvoir et la communication interne dans notre pays. Traquons les espions qui se cachent entre notre sein. Et commençons déjà à prévoir le combat contre X’Orath et ses frères. Nous tourner vers le Shoumei et la traque de ces orbes sera sans doute nécessaire.

    Tensai marque une pause plus prolongée et se tourne vers son épouse, à qui il accorde à la fois un regard doux et pensif. Elle-même pourra être surprise par sa proposition.

    - J’aimerais votre avis à tous sur cette proposition. Mais également le tien, ma reine. Que penses-tu des propos de Deydreus, mais aussi de Tagar et de Zéphyr ?
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  • Lun 7 Aoû - 9:18

    Ayshara, juchée sur son siège de souveraine, accueillit les déclarations de Tensai avec un sourire doux, appréciant le respect qu'il lui accordait dans ce Conseil de la Main. Elle s'éclaircit la gorge avant de prendre la parole, son regard brûlant d'une intelligence aiguisée.

    - Je suis honorée de votre confiance, mon roi. Commença-t-elle, sa voix emplie de conviction. Je partage totalement votre désir d'écouter l'avis de chacun ici. Après tout, nous sommes tous concernés par les destinées de cet empire qu'est le nôtre. Quant à ma propre opinion... Elle manqua une courte pause, ordonnant ses pensées. Beaucoup de sujets d'une importance cruciale avaient été exposés en si peu de temps. L'impératrice était bien consciente que ses mots possédaient du poids, surtout au sein d'une situation aussi solennelle que celle-ci. Elle voulait faire preuve d'une sagesse digne de son rang, tout en tenant compte des différents points de vue présents à cette table de hauts fonctionnaires reikois. En ces temps d'incertitudes, il me parait clair que chaque Ministre et tête dirigeante de notre nation communique ses voyages aux autorités compétentes. D'ailleurs, n'était-ce pas déjà le cas auparavant ? Elle haussa les épaules, comme s'il s'agissait de la plus simple des évidences, avant de diriger son attention vers le Coeur. Monsieur Reys, nous avons notifié de nombreux déplacements injustifiés de votre part à l'extérieur d'Ikusa. À quelques reprises, vous avez été la cible d'attaques diverses. À quoi jouez-vous, au juste ? Attendez-vous que des fanatiques des titans vous kidnappent afin qu'ils nous volent des secrets d'État ? Si vous tenez à votre poste, soyez davantage prudent, à l'avenir, car nous ne tolérerons plus d'écart. De par vos actions, des vies innocentes peuvent être mises en danger. Réfléchissez.

    Les améthystes de la belle parcouraient lentement le parchemin distribué par la Griffe. Une moue méditative s'incrusta sur son visage, tandis qu'elle songeait minutieusement aux différents arguments abordés. Elle respectait le vampire pour sa vision stratégique et son pragmatisme, et elle savait que les propos précédemment prononcés provenaient d'un dévouement profond envers les intérêts supérieurs de l'Empire.

    - Deydreus, l'impératif de consolider notre puissance militaire me parait irréfutable. Votre suggestion d'établir un contingent logistique indépendant, d'initier de nouvelles unités de forces spéciales, et d'octroyer davantage d'ascendant à l'armée est appropriée. Je souhaite cependant évoquer un point que vous avez soulevé, celui de l'augmentation des effectifs de notre armée. Vous proposez de doubler le nombre de nos troupes. Il s'agit d'une entreprise qui demande non seulement des ressources, mais également du temps. Le fait d'engager subitement des hommes en masse peut créer des troubles sociaux, en retirant des bras à l'agriculture, à l'artisanat et à l'industrie générale. De plus, il nous faudra un plan d'action détaillé pour leur intégration parmi nos rangs et leur répartition sur notre vaste territoire. Un sourire intéressé se dessina sur ses divines lèvres. Avez-vous envisagé des stratégies ou des alternatives dans le but de minimiser les perturbations que pourrait causer une telle augmentation de l'effectif militaire ? Comment prévoyez-vous d'harmoniser la nécessaire expansion de notre armée avec le maintien de la stabilité sociale et économique de l'Empire ? Naturellement, ces interrogations sollicitaient la participation de plusieurs individus présents en ces lieux, qui pourraient s'essayer à y apporter leurs éclairages.

    Concernant la suite des recommandations du chef des forces, la vosdraak préférait laisser l'initiative à son bien-aimé, le jugeant plus qualifié qu'elle-même pour porter un regard constructif là-dessus. Au Conseil de la Main, elle avait saisi la primauté de la fonction de chaque âme, de la puissance de la solidarité. Même plongée dans le mutisme, elle incarnait son office d'Impératrice, écoutant, assimilant, et se préparant aux choix futurs. Son silence ne signifiait point une marque d'apathie, mais plutôt l'émanation de sa résolution et de son dévouement à accomplir ce qui s'avérait requis pour le bien commun.

    Toutefois, quelque chose de dérangeant la fit sourciller en repensant aux recommandations du Coeur. Substituer les driv’zafra par des... machines ? Dans quel genre de monde vivaient-ils ?

    - Tagar, votre détermination à améliorer notre économie est certes louable. Néanmoins, je me dois de souligner une inexactitude fondamentale dans vos propos. Déclara-t-elle, son ton indiquant une fermeté douce plutôt qu'une réprimande. Vous parlez d'un futur où des machines, animées de combinaisons de technologie et de magie, remplaceraient les driv'zafra. Or, il est essentiel de noter qu'aucune ingénierie de ce genre n'existe actuellement au sein du Sekai. Continua Ayshara. J'entends bien l'idée derrière votre initiative, mais elle repose sur des suppositions et des hypothèses qui n'ont pas encore été prouvées. L'efficacité de pareils engins, s'ils existaient, serait remarquable. Malheureusement, en l'absence d'une telle technologie, votre proposition semble, pour le moment, utopique. Elle fit une pause, ses prunelles fixées sur le blond, s'assurant que son message avait été compris. N'oublions pas que nos avancements doivent toujours être fondées sur des bases solides et réalistes.

    Elle hocha respectueusement la tête en direction du Vice-roi, Genryusai. Malgré l'âge très poussé de ce dernier, la dragonne lui vouait une reconnaissance inébranlable et n'osait point contredire le moindre de ses mots pleins de sagesses.

    Quant à ce cher Zéphyr, comme d'habitude, il détailla de façon extrêmement précise ses péripéties à Sable-d'Or ainsi que les troubles rencontrés sur places. Hum... Toutes ces histoires de morts et d'Archontes inquiétaient grandement la Reine qui ignorait quoi faire exactement pour les contrer avec efficacité.
    Quand il révéla que les serviteurs de X'o-Rath s'étaient immiscés au cœur de ses réminiscences, l'angoisse d'Ayshara culmina. Ses lèvres se pincèrent délicatement, son attention se figeant sur Zéphyr. Les mystères du Reike, les identités des espions incognito, les sentiers cachés... Autant de savoirs inestimables que les adversaires pourraient désormais posséder.

    - Maître-espion, votre compte-rendu est plus qu’alarmant. Il semblerait que nous devons faire face à des menaces internes et externes, sans parler du danger potentiel pour notre structure de pouvoir même. Je considère que la vigilance doit demeurer notre maître mot, comme vous l'avez si bien dit. Sa voix tremblait légèrement, dénotant une partie de ses inquiétudes. Elle jeta un regard à son mari, espérant trouver en lui la force nécessaire. Je n'arrive pas à croire que tout ceci soit parvenu. Salim Karn... un reikois, un faux frère parmi nous... Nous devons nous montrer plus prudents, plus aux aguets. Plus aucune confiance aveugle. Il faut se préparer à toute éventualité. Zéphyr,  vous avez réalisé un travail remarquable en dénichant cet assassin. Je n'imagine pas à quel point cela doit être difficile pour vous, en tant qu'Oreille du Reike, de vous sentir trahi de cette manière, et d'avoir votre sécurité compromise. Quant à l'idée des sceaux enchantés pour la confidentialité, la jeune femme approuva de la tête. C'est un bon concept. Nous devons protéger nos communications, maintenant plus que jamais. Je travaillerai avec vous afin de mettre en place ces sceaux.

    Puis vint le moment de réagir aux idées du grand Conquérant. Selon Ayshara, Tensai disait vrai et elle ne voyait pas trop l'intérêt de le contredire au sein de ses propos. Peut-être que le spectre de son amour envers lui l'aveuglait au point de ne pas déceler les détails moins pertinents de son analyse.

    Lorsque le Ryssen évoqua son souhait de mettre fin à l'expansion massive du territoire reikois, l'impératrice bondit presque au plafond tellement qu'elle ressentait une joie immense. N'ayant jamais été d'accord avec ce genre de pratiques, ce choix la réjouissait fort bien.

    - Une sage décision, mon roi. Il convient de renforcer notre maison avant d'accueillir de nouveaux membres. Cependant, comment allons-nous annoncer tout cela à notre peuple ? Devrions-nous mettre en place une stratégie de communication spécifique, histoire d'éviter toute confusion ou interprétation erronée de nos intentions ? Comment prévoyons-nous de gérer la perception de cette décision par nos alliés et nos adversaires ? Utiliserons-nous cette période pour renforcer nos relations diplomatiques ?

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  • Mar 8 Aoû - 15:29
    Ecoutant ses collègues puis la réponse du couple impérial, Deydreus laissa un demi-sourire glisser sur ses lèvres fines. Globalement, ses propositions avaient été acceptées. Naturellement, on lui demandait de développer son propos et d'argumenter. On ne lui disait pas simplement oui. On ne le laissait pas simplement faire ce qu'il voulait sans demander d'explications. Et cela rassura la Griffe. Cela le conforta dans l'idée que ses dirigeants n'étaient pas désaxés de la réalité et des difficultés de la nation. Plongeant donc son regard vairon dans les yeux fiers de Tensai, le guerrier se lança dans ses explications.

    - Je pense effectivement que la création de garnisons dans les villes les plus éloignées de nos cités majeures est une bonne chose. La centralisation du pouvoir permet de fait une grande défense de nos points majeurs mais il ne nous faut pas oublier les territoires les plus reculés. De plus, les clans et autres villages qui pullulent sur nos terres sont d'autant des terreaux pour de grands guerriers tout comme de niches à rebelles. Fournir une présence impériale, fondée et entretenue par les cultures des clans permettrait effectivement de mieux les ancrer dans notre Empire. Pour ce qui est des nominations, je pense qu'il nous faudrait mêler les deux. Il marqua une pause, frottant sa barbe. Idéalement, des officiers du rang d'adujar qui coopéreraient avec un chef de clan local. Pour éviter toute complaisance, les officiers seraient tournant et partiraient au bout de quelques années dans la même garnison. Je ne connais que trop bien le poison que représente l'encroutement dans une garnison éloignée. Cette cohabitation permettrait ainsi d'éviter les tensions entre les clans et les forces impériales arrivantes. Les officiers pourraient également acquérir de l'expérience de terrain, ainsi que découvrir des cultures qui ne sont pas forcément les siennes. Même si tout le monde adopte les valeurs impériales, il faut être honnête. Nos caravanes marchandes ne fonctionnent pas de la même façon que nos chasseurs des terres du nord. Concernant les contrôles et vérifications d'un régiment spécialisé, j'aimerais que cela soit possible mais aux vues de notre situation actuelle, je pense que nous devrons plutôt partir sur une solution proche de ce que je propose et qui rejoint la votre. Chaque homme compte et nous ne pouvons pour le moment assurer de telles vérifications et permettre l'envoi d'une troupe spécialisée uniquement dans des analyses logistiques et de gouvernance. De plus, le fait d'avoir des officiers tournants permettra également d'éviter l'ingérence. Un esprit installé peut être corrompu, pas du sang neuf. Mais je pense qu'effectivement cette solution permettrait de limiter, au moins d'atténuer, les assauts sur nos routes commerciales. Même si, de nouveau, cela ne sera pas un problème totalement réglé. Loin de là.

    Le vampire s'arrêta de nouveau, réfléchissant aux mots qu'il avait entendu et aux différents propos. Après tout, il y avait beaucoup à dire mais même s'il savait qu'il avait la parole et pouvait développer, le reikois ne souhaitait pas non plus uniquement parler seul. Sortant un parchemin qu'il tendit pour qu'un servant ne vienne l'apporter à l'Empereur et son épouse, l'armure sombre enchaina.

    - J'ai déjà pu faire une première estimation des couts et de ce dont notre armée disposait en terme de logistique. C'était aussi pour cela que je faisais le tour des caserne depuis ma nomination. Et naturellement, cet apprentissage au sein de l'université ne pourrait se faire en un jour. Mais la création du régiment pourrait déjà débuter car dans les faits, des troupes d'artisans suivent déjà la Kyrielle dans ses manœuvres. Nous ne faisons que les intégrer plus efficacement et leur offrons ainsi de la reconnaissance. Pour le reste, je suis d'accord qu'il faut étendre ces armes logistiques à plus que de l'entretien. La création d'engins de sièges, d'instruments de sape ou encore de moyens de défense permettrait d'améliorer notre savoir militaire. Si mon propre bataillon s'entraine constamment sur l'assaut de position, il faut bien avouer que le travail global de notre armée serait plus simple si nous apprenons à user de moyens militaires plus efficaces. Un trébuchet, c'est bien. Accompagné de tunnels de sapes et de brulots, c'est mieux. Le vétéran soupira alors doucement, repensant aux sièges pénibles qu'il avait mené pendant la guerre civile, reprenant ensuite la discussion. Pour le régiment d'élite. C'est très simple.

    Il invita les membres de la Main à reprendre l'un des parchemins qu'il leur avait transmis. Dessus, se trouvaient plusieurs organigrammes et autres indications sur les compositions de ce projet.

    - Cent hommes. Pas plus. Pas moins. Tous issus de l'armée et ayant effectué au moins deux ans dans les forces régulières. Ainsi, nous nous assurons déjà qu'ils ne sont pas juste placés par une maison noble ou un clan trop influent. Les offres se feraient via une missive directe écrite par votre main ou la mienne et les candidats suivraient alors une série d'examens physiques, magiques et moraux. Etendus sur une semaine intense, ces derniers permettront de trier efficacement les simples motivés et les plus méritants. Mises en situations, réactions à chauds et sous stress intense, absence de confort et de nutrition efficace. La sélection sera ardue et particulièrement difficile. Une fois sélectionné, le guerrier serait affecté à la caserne de ce régiment uniquement. Il opèrerait avec ses collègues ou l'armée même si de façon plus rare. Pour ce qui est de leur autorité: aucune. Ils garderont le grade qu'ils avaient avant leur sélection. Aucun privilège autoritaire ne serait spécialement appliqué dans la vie de tous les jours. Mis à part un solde naturellement plus grand en raison de leurs missions difficiles ainsi qu'une autorité plus importante lorsqu'ils se retrouveront déployés avec des frères d'armes des forces régulières. Concernant les missions à proprement parler, je pense à des choses comme le sabotage de lignes ennemies, d'assaut sur des positions reculées et bien défendues ou encore des attaques sans bannière. Il s'arrêta quelques instants, repensant à la mention de jalousie et concurrence. Cette dernière est déjà présente. A Drakstrang, les différents cursus s'entre déchirent dans des rivalités stupides et moi même lorsque j'y étais, je faisais partie d'un "groupe" naturellement opposé à d'autres. Le fait de recruter non pas directement depuis les clans mais depuis l'armée permettre d'obtenir des éléments qui nous serons fidèles et qui, en plus, auront déjà imprégné en eux la rigueur militaire et les valeurs impériales. L'honneur sera donné aux clans desquels les champions seront issus, mais en aucun cas ces derniers pourront nous présenter un prétendu guerrier de manière spontanée. Le régiment de force spécial sera, et devra rester, un mécanisme de notre armée, et pas une vitrine utilisée par des tribus pour se faire bien voir.

    L'idéal serait que ce groupe soit le moins politisé possible. Ne recevant ses ordres que de l'officier commandant, de la Griffe puis du couple impérial, il pourrait ainsi œuvrer avec plus de flexibilité au sein de l'Empire sans pour autant couper l'herbe sous le pied des troupes déjà présentes. C'est d'ailleurs ce qu'expliqua Deydreus encore quelques instants, avant d'enchainer sur les uniformes.

    - Pour les uniformes... Je travaillerai effectivement avec l'Esprit pour mettre au point quelque chose. En attendant, je propose de simplement demander à nos troupes de porter un chèche aux couleurs de l'Empire. Porté soit sur la tête ou autour de la taille, il offrira un symbole simple sans pour autant forcer nos guerriers à adopter une tenue spécifique en attendant un uniforme convenable. Je vois mal, de toutes façon, un barbare du nord accepter de porter une armure lourde tout comme un guerrier du désert d'abandonner toute protection. En plus du chèche, nous pourrions leur donner un écusson portant l'effigie de l'armée, accroché là aussi à la ceinture. Ou sur une spallière pour les plus armurés d'entre nous. Nous nous séparerons effectivement de nos ennemis, mais cela permettra à la population de reconnaitre efficacement l'armée impériale. De la séparer de la garde et des mercenaires. Si nous entrons en guerre, vous n'êtes pas sans savoir que l'opinion publique, et son sentiment de sécurité, sont essentiels au maintien de la paix sociale et au dévouement. Nous ne sommes plus dans une conquête, mais dans un affrontement s'étendant sur la longueur et la dernière guerre nous a grandement montré l'importance du soutien du peuple reikois. Plus la population verra notre armée défilant dans ses rues, plus elle croira en notre victoire sur les Titans. Ou sur les rebelles. Ou sur n'importe quel ennemi qui oserait s'en prendre à nous.

    Cela l'emmena naturellement vers la remarque de l'impératrice. Oui, doubler l'armée allait avoir un impact notable sur l'empire et son fonctionnement, mais Deydreus avait quelques pistes. Ce tournant vers elle, le chef des armées enchaina donc.

    - J'ai effectivement quelques pistes que nous pouvons étudier. Comme l'a dit votre mari, le service militaire est obligatoire au sein de notre nation. Actuellement, nous laissons totalement le choix à nos concitoyens de repartir dans la vie civile après leurs années offertes. Nous pouvons passer à de la conscription plus forte, rendre l'armée plus attrayante pour figer ces effectifs dans nos troupes. Naturellement, cette augmentation d'effectifs ne sera pas faite en un jour. Mais elle est nécessaire. Si vous souhaitez que nous puissions nous défendre des attaques internes, tout en combattant les Archontes et les Titans, nous n'avons pas réellement le choix. Avec les hommes actuellement à notre disposition, en cas de conflit majeur... Nous serons contraints d'abandonner des territoires, et de laisser des innocents mourir par faute de capacité de déploiement. Il se râcla la gorge, reprenant. Nous pouvons également limiter cette mobilisation en demandant aux postes essentiels de ne pas participer. Perdre un médecin est plus pénalisant pour nous que de perdre un aubergiste. Certains domaines, comme l'agriculture ou encore l'industrie doivent être les moins touchés par ces recrutements. Nous pourrions également ordonner que les familles ne possédant pas d'héritier n'aient pas à envoyer de combattants. Et, dans une mesure plus large, nous pourrions employer les femmes de manière indiscriminée. Nouvelle pause, puis reprise. Que ce soit dans l'armée ou dans les tâches d'agriculture, d'artisanat et d'industrie, tous les reikois et reikoises doivent participer à cet effort global. En utilisant tous les bras à notre disposition, nous aurons alors moins d'impacts négatifs sur la mobilisation. Le service militaire pourrait également être imposé également au sexe féminin, offrant ainsi plus de combattants et limitant les besoins sur la vie civile. Il ne s'agit là que de pistes mais, personnellement, je me moque bien du sexe de la personne combattant à mes côtés, tant que celle-ci est efficace. Et pour ce qui est du maintien de la paix sociale suite à ces mobilisations...

    Il regarda Zéphyr, souriant tandis qu'il reportait ensuite son regard vers l'améthyste de la reine dragon.

    -Il nous faut user de propagande. D'informations sur le statut de notre nation et la guerre que nous menons. Chaque victoire doit être comptée. Relayée aux quatre coins de l'Empire. Chaque défaite devra être atténuée, modifiée pour transformée celle-ci en un héroïque sacrifice. Le peuple sera ainsi plus enclin à se battre pour défendre sa famille, son foyer et sa nation s'il est conscient de ce qui le menace réellement. Au final, il s'agit plus de transmissions d'infos que de véritable manipulation de masse. Mais je pense qu'il est important que chaque reikois comprenne que sans participation à l'effort de guerre, nous pourrions bien tous disparaitre.

    Le vampire ancra ensuite son regard sur le maitre espion à ses côtés, rebondissant sur ce qu'il avait dit plus tôt concernant l'assassin de Sable-d'Or.

    - Je serai effectivement ravi de t'accompagner pour interroger ce malfrat. Ses motivations sont surement sans équivoque mais j'ai moi même quelques questions que je pourrais lui poser. Et si cela nous mène aux orbes ou bien à l'emplacement d'un quelconque groupe de fanatiques, nous pourrons alors les neutraliser et nettoyer un peu cette infestation qui semble se répandre même jusque sur notre territoire. Encore une fois et comme mentionné plus tôt, nos ennemis sont insidieux. Et il est même possible que certains soient déjà venus murmurer à nos oreilles ou aient tenté d'influer nos actions d'une quelconque façon. Fort heureusement, et surtout je l'espère, les membres de la Main n'auront pas commis d'impairs avec nos voisins ou des êtres liés à Shoumei.

    Le reikois repensa alors aux mots d'Ayshara sur la sécurité et les déplacements injustifiés. Il repensa également aux mots concernant les machines. Deydreus n'imaginait même pas comment cela pouvait être possible. Les pensées du vampire revinrent alors rapidement à la dernière décision de l'Empereur.

    - Arrêter l'expansion temporairement est effectivement une sage idée. Nul ne sait les dangers qui nous attendent encore au Nord et dans les profondeurs de Shoumeï. Il faut privilégier les explorations en groupes plus réduits et des frappes plus chirurgicales. Ainsi, nous pourrons par la suite faire un développement de notre territoire en tâches d'huile. En concert avec les services de Zéphyr, cela offrira de toute manière plus de stabilité qu'une conquête brutale et trop rapide. Sans parler de tout le mal que les Titans vont déchainer sur nous et qui, pour l'heure, se doit d'occuper nos esprits. Pour la population impératrice, je pense que cela rejoindra ce que je disais plus tôt sur la propagande. Et concernant la diplomatie... Melorn est déjà plus ou moins en alliance avec nous, autant renforcer cette cohabitation et renforcer un peu plus nos missions communes.

    Il y avait également la République mais, avant d'en parler, Deydreus préférait déjà entendre les points de vue de ses collègues et surtout, du couple impérial.


    Manus Imperialis [Ayshara, Tensai & Zéphyr] Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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  • Mer 9 Aoû - 14:28
    Quand Ayshara demande au Cœur s’il attend d’être kidnappé par des fanatiques, Zéphyr s’abstient d’ajouter que ça a déjà été fait, en réalité. Il pourrait le préciser, et certainement qu’il le fera incessamment sous peu d’ailleurs, mais pour l’heure, il n’interrompt pas l’Impératrice dans sa tirade. Ce serait une mauvaise idée. Et ce serait lancer inutilement de l’huile sur le feu sur Tagar, aussi. Quitte à faire le point sur certaines choses, autant le faire de manière méthodique et structurée, en intervenant au bon moment, pour que l’intéresssé puisse s’exprimer également. Alors le maître-espion se tait, préfère que les choses se tassent, que les points soulevés par Deydreus soit totalement traités, aussi. Une fois que l’Empereur et la Griffe auront statué sur les sujets les plus importants de l’armée, ils pourront entamer un nouveau chapitre de ce Conseil.

    Ayshara souligne un point important pour le double des effectifs militaires, et si Tensai approuve sa question d’un léger signe de tête, Zéphyr, lui, a un sourire en coin quand il voit que son ami a déjà prévu cette question. Bien. Ils pourront donc d’autant plus prendre des décisions si la Griffe a étudié en long et en large ce sujet. Après que Deydreus ait livré sa réflexion, le vampire lui tend tout naturellement une perche concernant la propagande du pays, et l’Oreille n’hésite pas un instant à intervenir.

    - A ce sujet, j’ai déjà pris l’initiative de diffuser des rumeurs sur l’attaque de Sable d’Or. Evidemment, il y a des parcelles de vérité. L’attaque des Archontes, le retour potentiel des Titans. Le courage véritable des habitants. Mais j’ai exacerbé la lutte de nos guerriers, mis en avant la réponse de la Couronne et de la Griffe, et j’ai commandé qu’on insiste sur notre victoire et le repli de ces créatures. D’autre part, pour ne pas que cela sonne trop comme une victoire écrasante et pour éviter que les aristocrates comme notre armée se repose sur ses lauriers, je me suis réapproprié votre discours après le combat, pour annoncer la mobilisation d’une résistance féroce face à ces envahisseurs éhontés. Vous savez que les espions et les assassins sont sous mon commandement, mais vous n’ignorez pas que les crieurs publics, la presse, les livres,  et tous les système de diffusion et de renseignement me doivent obéissance. C’est moi qui diffuse les rumeurs dans les salons mondains, moi qui manipule les ragots auprès de la populace, moi qui crée des bruits de couloirs auprès de personnes qui s’empresseront d’en parler autour d’elles. Dès lors, si vous m’en donnez l’autorisation après ce Conseil, je mettrai en place des annonces pour parler de ce régiment spécial, ainsi que les changements que nous jugerons bon de diffuser. Evidemment, je me concerterai avec Deydreus pour que nous soyons parfaitement synchrones. Pour le reste, il est évident que je manipulerai nos victoires et nos défaites éventuelles, pour renforcer l’ardeur de notre pays, manipuler nos adversaires et donner envie à nos soldats de rejoindre les rangs du Reike. A cet égard, je ferai particulièrement attention à l’Université Drakstrang et à toutes les recrues qui font leur service militaire. Les lieux d’apprentissage étaient les premiers endroits où on pouvait mettre en place une propagande après tout. Pour attirer nos troupes et susciter l’assentiment du peuple, je ferai également miroiter les valeurs qui forment notre Royaume. J’encouragerai certainement qu’on évoque notre histoire pour mieux rappeler d’où on vient et vers quoi on va. Dans les salons aristocrates, il suffira de renforcer une certaine mode : celle de rappeler les grands héros de l’histoire reikoise et les grands récits épiques qui ont formé notre nation, depuis la fondation de l’Empire. Nous parlerons des hommes et des femmes qui ont pris les armes, ont défendu leur patrie et ont résisté à l’envahisseur. Dans la populace, ensuite, mélanger des troubadours et des trouvères dans les tavernes, les lieux de détente, rappellerait à tous les objectifs de notre pays.  Les odes, les ballades, les rondeaux ou les virelais bien dosés suffirait déjà à faire passer de bons messages. J’utiliserai des mécènes connus et respectés pour que de nouvelles œuvres chantent les hauts-faits de nos troupes, comme ce qui s’est passé à Sable d’Or. Les pièces de théâtre, enfin, seraient parfaites pour accentuer notre propagande. Evidemment, d’autres dispositions peuvent mises en plus pour encourager les jeunes et les moins jeunes à avoir une âme combattive, dédiée au pouvoir en place. Mettre en avant les vétérans, qui ne peuvent plus aller au combat, pourrait donner un bel élan au peuple, surtout si on leur accorde respect et honneur pour leurs actions et leur expérience sur les champs de bataille. Ils auront vu l’horreur de nos ennemis et pourront le retranscrire facilement, en encourageant chacun à s’engager pour une plus grande cause. Un silence, davantage pour reprendre son souffle avant de continuer.  En résumé. J’accentuerai la fierté des hommes qui s’engagent dans l’armée, dans toutes les couches de la société. Ce n’est pas seulement parce que notre nation est militaire qu’il est naturel de s’engager. C’est parce qu’on veut défendre ce qui nous est cher. Parce que nous ne sommes pas un pays passif. Parce que nous avons la volonté d’amener la paix sur le Sekai, une paix que les Titans ne permettront pas. Je jouerai donc sur les émotions, les institutions de pouvoir, et les valeurs militaires de notre peuple, qui courent dans ses veines depuis des siècles et des millénaires. C’était assurément de la manipulation, même s’il y aurait évidemment de bonnes doses de vérité pour que le peuple marche avec le pouvoir en place. Assurément, le régiment spécial que nous allons construire va également jouer en faveur de l’enrôlement militaire, car cette troupe sera reconnue par le gouvernement et sera vue comme le fleuron de notre armée. Je compte jouer là-dessus pour susciter un engouement dans la durée.

    Un silence s’ensuit sa réaction, et cette fois, c’est Tensai qui finit par intervenir. Il n’a rien à dire concernant la remarque d’Ayshara à Tagar sur ces « machines ». Ces dernières semblent requérir une ingénierie qui n’existe pour le moment pas dans le Sekai. Peut-être qu’à l’avenir, ce point pourra être développé, mais dans ce Conseil où diverses urgences doivent être traitées, ceci n’est vraisemblablement pas à l’ordre du jour. Le Cœur semble en tout cas disposé à collaborer pour mettre en place les projets de la Griffe, et c’est une bonne chose. Posant un instant ses yeux songeurs sur ce mage élémentaliste de renom, Tensai estime qu’il est bien silencieux, mais le colosse n’est pas le plus proche de Tagar, et le connaît donc moins que son épouse. Peut-être que le Ministre des Finances s’exprimera davantage ensuite. Il le doit, puisque son rôle reste quand même important parmi les membres de la Main. Mais quoi qu’il en soit, le Drakyn vient braquer son regard dans ceux de Zéphyr et de Deydreus.  

    - Hum. Vous proposez de bonnes idées. Le Conquérant réfléchit un instant, puis il continue, en revenant d’abord sur les idées de son général. Pour les garnisons des villes les plus éloignées, nous sommes donc d’accord. Ta proposition pour les nominations me plait également. Le fait que les officiers soient tournants empêchera le régiment de s’encroûter sous la paresse et la sécurité, simplement parce qu’ils sont loin des instances de pouvoir. Bien sûr, dans les premiers temps, nous regarderons comment la cohabitation entre les forces impériales et les clans locaux se déroulent. Cela va apporter du renouveau, mais ça ne pourra pas plaire à tout le monde. Beaucoup rechignent face au changement. L’homme-dragon le sait bien, vu les révoltes qui grondent dans son pays. J’attends donc une prompte réaction et une autorité ferme pour mettre en place cette tous ces régiments. Zéphyr, tu te chargeras de récolter tout murmure contre ce décret que nous imposerons.
    - Evidemment. Zéphyr opine simplement du chef, puis il se permet de rebondir sur le sujet. Si je puis me permettre, avec votre accord et celle de la Griffe, j’aimerais rebondir sur l’établissement des garnisons dans tout le Royaume pour solidifier moi aussi mon réseau d’espions. Ce nouveau système est l’occasion pour moi de vérifier ma mainmise sur les clans. L’idée ne sera pas de mettre un espion dans chaque garnison. C’est trop prévisible, et pas assez subtil. Mais en même temps que Deydreus établira les nouveaux officiers qui seront envoyés sur place, je vérifierai moi aussi que j’ai des informateurs ou des agents bien formés qui me relaieront l’état des tribus, leurs forces, leurs faiblesses, leurs têtes pensantes. Leur attitude rebelle à la Couronne ou au contraire dévouée à l’Empire. Mes subordonnés pourront aussi bien être parmi les maitres d’école que parmi la serveuse d’une auberge. Ils seront dans tous les milieux et pourront permettre, à Deydreus et à moi, d’avoir une seconde source d’informations qui viennent corroborer ou non les rapports des régiments.

    L’Oreille parle avec une assurance tranquille, quoique pas dénuée de respect pour ses homologues. Tout ce qu’on peut lire dans son regard, c’est sa détermination à étendre davantage sa toile, qui est déjà très forte dans les cités, certes, mais peut-être moins dans les zones les plus périphériques de son territoire. Tensai, de son côté, dévisage son maître-espion, sonde un instant son commandant des armées, puis interroge, comme de juste, son épouse du regard.

    - Renforcer à la fois l’armée et l’espionnage. Un fin sourire vient orner temporairement les lèvres du Conquérant. Ses hommes sont motivés, et on ne peut pas dire qu’il en est mécontent. Si tu estimes avoir suffisamment d’hommes pour cela, personnellement, je l’autorise. Il serait en effet bon que n’importe quelle nouvelle dans l’Empire nous parvienne. Cependant. Comme à Deydreus, je te demanderai de me fournir un rapport sur la manière dont tu vas t’y prendre. Analyse si toi aussi, tes espions devront être tournants ou non, pour ne pas que l’habitude émousse leurs sens et leurs observations. En tous les cas, cela augmenterait encore la complémentarité de vos services respectifs. Or, plus nous serons soudés et fermes face à l’adversité, plus nous pourrons être efficaces et renforcer notre Empire.

    Laissant quelqu’un interagir sur le sujet des garnisons s’il le souhaite encore, Tensai continue.

    - En ce qui concerne nos forces logistiques et le régiment des forces spéciales dont tu nous as parlé. Je ne vais pas la faire longue. Tensai lance seulement un regard à Ayshara pour avoir son accord muet – car ni l’un ni l’autre n’agit séparément, au contraire – puis, il replante son visage dans celui de la Griffe. Par le présent Conseil, et par notre autorité impériale, nous t’autorise à mettre en place, dès aujourd’hui, ces deux régiments de notre armée. Tu agiras de concert avec l’Oreille pour apprendre à tous que les forces logistiques obtiendront davantage de reconnaissance et seront de fait mieux intégrées dans nos troupes. Ce sera bien sûr à toi de mettre en place les dispositions nécessaires, en collaboration avec Drakstrang. Tu me fourniras tes avancées lors du prochain Conseil. Pour les champions de chaque clan… Nous utiliserons les crieurs publics pour que la nouvelle se répande. Le temps que cela se produise, tu pourras mettre en place les procédures de sélection, choisir ceux qui les formeront et les testeront. Dans tous les cas, j’attends à votre égard rapidité et efficacité. Pas de précipitation, parce que ça pourrait nous desservir. Mais il est temps de renforcer notre armée.

    Une légère pause, puis Tensai poursuit.

    - Pour l’uniforme, j’attends également des premières esquisses de ce projet au prochain Conseil. Vos propositions, les alternatives aux obstacles rencontrés, qu’importe. L’idéal serait néanmoins que ce soit mis en place dans la même foulée que l’établissement des nouvelles garnisons, pour que nous mettions en place tout de suite une certaine homogénéité dans l’Empire. Que la forme suive le fond. En attendant, nous acceptons les alternatives que tu proposes.

    Enfin, concernant l’arrêt de l’expansion reikoise, Tensai approuve les dires de la Griffe d’un signe de tête.

    L’arrêt de notre expansion sera surtout formelle. Une apparence comme une autre. Les actions que nous mènerons ne feront que profiter à notre prochaine conquête. Mais pour l’heure, il me semble effectivement prioritaire de lutter contre ces abominations, tout en renforçant notre nation. Pour ce qui est de la réception de cette nouvelle par notre peuple, nos alliés et nos adversaires… Tensai penche légèrement la tête sur le côté. Pour nos guerriers, je suis d’avis d’utiliser la propagande mentionnée plus tôt par Zéphyr. Nos hommes sont fiers. Ils ne toléreront pas qu’on s’en prenne à des villes comme Sable d’Or. La lutte contre ces faux-dieux pourra ainsi provoquer plus de ferveur populaire que de véritable contestation. Surtout que certains pourront même espérer qu’on tue à nouveau un de ces fameux Divins. Un léger silence. Melorn préférera collaborer que de devoir affronter les Archontes, vu comment leur Empire a été réduit à rien à cause des Titans. Elle approuvera même certainement sous cape que nous cessions notre avancée dans le Nord. Cette lutte commune pourrait donc servir leur cité-état et notre nation. Enfin, la République pensera peut-être que nous nous sommes affaiblis par cette attaque. Un ricanement ne peut s’empêcher de sortir de la bouche de l'Empereur. Mais nous refuserons toute offre budgétaire de leur part. La conquête des Terres du Nord nous ont permis de stabiliser notre économie. Et il est hors de question que nous permettions à Mirelda Goldheart d’essayer de nous étrangler de nouveau par une dette financière. Cela étant dit, si nous avons des ambassades qui viennent jusque chez nous, nous leur expliquerons simplement la situation. Que notre peuple fait la guerre aux Titans depuis des millénaires et que nous ne tolérerons pas une provocation de X’Orath sur notre sol. Et s’ils nous proposent une aide militaire…

    Le regard de Tensai s’assombrit à cette parole, et il est prêt à dire royalement ce qu’il en pense, quand l’intervention de Zéphyr l’en empêche.

    - Votre Majesté. Je pense que, durant la deuxième partie de ce Conseil, il faut effectivement parler de nos relations avec nos voisins de l’Est. Mais avant, j’aimerais éclaircir certains points qui nous concernent directement, nous, Membres de la Main.

    Le Conquérant hausse un sourcil face à cette intervention, mais il acquiesce d’un simple geste de la teste.

    - Parle.

    L'intéressé s’exécute et tout en parlant, il promène son regard sur l’assemblée qui lui fait face.

    - Nous avons établi un peu plus tôt que nous devions faire attentions à nos familles. A nos proches. A nos relations. Pour ne rien dévoiler à des divinistes fanatiques, mais aussi à des membres de la Nation Bleue qui, du reste, peuvent toujours nous voir comme des rivaux, voire des ennemis potentiels. Ainsi, la confidentialité de nos informations est importante, en tant que Griffe, Oreille, Esprit, Voix et Cœur. Le maîtrre-espion se racle la gorge puis plonge ses yeux dans le regard du Ministre des Finances. Tagar. On m’a rapporté des faits… étranges, et j’aimerais les éclaircir lors de ce Conseil. Elles te concernent directement. Je vais donc les énumérer et puis, j’aimerais entendre ton avis sur la question.

    Un silence, alors que Zéphyr prend manifestement un de ses rapports, qu’il a dupliqué et qu’il transmet aux membres présents. Il s’agit manifestement d’un portrait de trois personnages, dont un résumé succinct est fait en haut de la page. Puis, une liste des faits que Zéphyr a repéré pour chacun d’eux est énumérée. Lorsque le document est bien transmis, l’Oreille ramène son attention vers son homologue.

    Et il commence.

    - Il semble que tu aies beaucoup de liens avec la République, commence-t-il sans préambule. Son regard, sa voix, son attitude, sont neutres. Pour l’heure, il ne juge pas, il se contente de présenter des faits. Premièrement. Tu sembles avoir des liens avec une certaine Halewyn Giovinetta Sampiero. Ce n’est pas la première fois que j’entends ce nom… Et ça me dérange, admet-il. La première fois que j’ai entendu ce nom, c’est par mes informateurs du Nouvel Ordre, quand ils essayaient de découvrir qui a été envoyé à Sancta pour une mission de ce groupuscule fanatique. Mais c’était loin. Et je n’avais pas d’intérêt à rentrer en contact avec elle, alors que cette femme semble n’avoir aucun lien avec le Reike. Sauf que. Elle en a finalement un. Toi. Et mes espions s’accordent tous pour dire que tu la vois régulièrement. Pas au palais, bien sûr. Mais tu sais que j’ai des yeux et des oreilles partout. Un soupir alors que le maître-espion se tourne vers l’Impératrice. Ayshara, vous avez demandé tantôt si Tagar attendait qu’il se fasse enlever. En fait, cela a déjà été le cas. Le Cœur a été enlevé par des fanatiques de Puantrus. Une représailles à la lutte contre la Peste Obscure peut-être. Mais le fait est qu’il n’était pas seul. Halewyn Sampiero était également avec lui. Le ton de Zéphyr devient subitement plus dur. Ce qui me fait poser la question suivante, Tagar. Qui te dit que ce n’est pas elle qui a mené cet enlèvement ? Elle était avec le Nouvel Ordre, avant. Qu’elle l’ait quitté temporairement ou définitivement m’importe peu. Mais qui te dit qu’elle n’a pas agi comme cela pour attirer ta confiance ? Pourquoi vient-elle si souvent te voir ? Et que te demande-t-elle ? Que lui communiques-tu ?

    Zéphyr marque une légère pause pour faire tourner un de ses documents.

    - Ce qui me dérange le plus, dans son cas, c’est l’un des rapports que j’ai obtenu d’Usha. Une Serre Pourpre. Deydreus a aussi obtenu ce rapport d’ailleurs. Il semble qu’elle et ton « amie » se soient rencontrés à Drakstrang. Et sais-tu ce qu’elle a fait ? Elle a utilisé ton autorité de Cœur pour menacer des étudiants. Qu’ils soient en tort, là aussi, ça m’importe peu. Usha m’a dit littéralement que c’était des « petits cons » et je ne doute pas de sa parole. Le problème, c’est d’utiliser de ton autorité de ministre.. Alors qu’elle n’est pas et qu’elle n’a jamais été – comme elle l’a prétendu sur place – une citoyenne reikoise. Quand bien même elle le serait, aucun membre du peuple ne peut utiliser notre pouvoir pour menacer autrui. Et on ne peut l’approuver, sinon, cela s’apparenterait à de la corruption et de la complicité. Or, elle a clairement dit qu’elle mentionnerait dans son rapport l’intimidation et la discrimination qui a été faite à son égard, mais qu’elle demanderait aussi que leurs budgets soient coupés. Non. Ce qui est donné par le couple royal est donné, et ce n’est pas une altercation si petite qui peut leur enlever ces vivres. Qu’as-tu fait alors face à sa demande ? Que lui as-tu dit ? Lui as-tu seulement fait comprendre qu’elle ne pouvait pas utiliser ta connexion avec toi pour menacer ces étudiants, alors qu’elle ne vient même pas de notre pays ?

    Un silence, alors que Zéphyr guette les réactions de son ami.

    Quand bien même elle ne t'aurait pas fait de rapport, proférer de telles paroles est déjà absurde et ne doit pas recommencer. Sous aucun prétexte. Car cela donne l'impression que tu as des relations suspectes et que tu peux même être utilisé par ceux qui gagnent ton amitié. Que diront alors ceux qui veulent profiter de toi, de ton pouvoir, de ta position ?

    Zéphyr jette un oeil à son parchemin, puis continue.

    - Je voudrais que tu nous dises clairement quel est ton lien avec cette femme. Quelles sont les rencontres que tu as avec elles. Quels sont ses pouvoirs. Sa race. Eventuellement, j’organiserai une rencontre avec elle, mais… Être lié avec un tel individu ne me semble pas sûr, ni pour toi, ni pour notre nation. Alors j’aimerais de ta part quelques explications.

    Mais ce n’est pas tout évidemment.

    - Autre chose. Qui va peut-être moins bien passer, et Zéphyr soupire légèrement face à ce qu’il va dire. Il semble que tu aies rencontré Azura Aiwenor récemment. Son regard dévie légèrement vers les autres membres du Conseil et l’homme explique : C’est une sénatrice de la République. Puis, Zéphyr ramène son regard vers le Cœur et il continue. Techniquement, tu n’as rien fait de mal puisque tu l’as rencontré à Kyouji mais… Avais-tu prévenu la Voix d’une telle rencontre ? La sénatrice était-elle ton invitée ? Je suppose qu’il lui fallait une raison pour passer la frontière… Certes, tu étais accompagné d’une Maria Donovan, et je vais y revenir. Mais ce n’était pas simplement pour faire ami-ami que tu l’as vue, n’est-ce pas ? Il y avait une raison politique que nous aurions dû savoir… ? Si ça s’apprend, même en République, cela pourrait avoir des conséquences pour chacun d’entre vous. Vous n’êtes pas sans savoir que la politique est composée de requins aussi terribles et impitoyables les uns que les autres. Une sénatrice et le Cœur ensemble… Cela suscite évidemment des questions. J’aimerais donc t’entendre sur ce point également.

    En tant que Cœur, Tagar ne pouvait pas facilement se présenter avec n’importe qui n’importe comment. Le ministre  devait bien avoir conscience, n’est-ce pas ?

    Enfin, Zéphyr passe à la dernière page. Et ce sera manifestement le point le plus sensible.

    - Il y a une dernière personne que j’aimerais évoquer. Maria Donovan… Une noble républicaine de la République, que tu as rencontré lors d’un duel de magie organisé par Neera Storm. Je sais que ce n’était pas toi qui devais te rendre sur place. Tu as remplacé ton cousin et vous avez effectué cette rencontre suite à un accord entre Magic et l’Académie Drakstrang. Donc ce n’est pas cela qui pose problème. Même s’il aurait été de meilleur aloi de ne pas dépanner son cousin, de son point de vue de maître-espion, mais ce qui est fait est fait. Le souci… reprend Zéphyr en choisissant bien ses mots, tant la réaction du couple royal risque d’être vive, Le souci, c’est que vous avez des sentiments l’un pour l’autre, selon mes rapports. Vous êtes très proche tous les deux. Au point que mes informateurs m'ont informé qu'il y avait des risques que vous alliez plus loin, prochainement. Un soupir plus prononcé cette fois alors qu’il laisse passer un blanc pour que chacun encaisse la nouvelle. Tagar. Est-ce que tu comptes te fiancer et te marier avec cette Républicaine ? Comptais-tu en parler au couple royal ? En tant que ministre, il te faut forcément leur bénédiction. On est le reflet de l’autorité royale auprès du peuple. Même moi, qui suis connu comme conseiller royal plutôt que comme l’Oreille, je dois être irréprochable. Un nouveau silence. Ensuite. Si effectivement tu te maries avec elle. As-tu pensé aux répercussions politiques ? A sa propre famille ? Aux ressentis de la République ? Un tel mariage ne peut pas être anodin. Cela pourrait même être un prétexte pour tendre nos relations avec le pays voisin. Tu sais comme les politiciens peuvent être retors.

    Enfin, passons au reste.

    - Plus inquiétant encore, j’ai entendu dire qu’elle allait venir chez toi. Tagar. Tu comprends que vu ta position, cela risque de créer un scandale. Je m’interroge aussi aux informations que tu as pu - ou pourrais - lui livrer à l’avenir. En tant qu’Oreille, je ne peux ignorer l’hypothèse qu’elle soit là pour grapiller des informations pour le compte de son pays. C’est mon rôle de penser à cette possibilité. Et en admettant qu’elle ne soit pas dans la politique… Qu’elle te soit réellement dévouée… Je sais que tu es plus doux, plus tendre, que la plupart d’entre nous. Qui ne nous dit pas qu’on profitera de toi par l’intermédiaire de ses connaissances ? Tous ne sont pas aussi neutre que cette Storm de Magic, par exemple.

    Evidemment, Tagar peut retourner les choses en sa faveur. Dire que cela peut servir pour leurs  pays respectifs. Mais le fera-t-il ?

    En tous les cas, Zéphyr dépose son rapport et croise les bras.

    - J’aimerais donc te laisser l’opportunité de t’expliquer. De te défendre. De nous dire le lien avec ces trois personnes.

    Assis sur son trône, les yeux de Tensai fulminent, mais il se contrôle. Il faut dire que tout le monde ici présent connaît son mépris pour la République. Par un effort de volonté surhumain, il s’adosse au fond de son siège, et adresse un mot à son épouse.

    - Ayshara.

    Son ton n’est pas doux et la Vosdraak comprendra mieux que personne que son époux se contient avec grande peine.

    - Il dépend de toi, fait-t-il d’un ton tranchant, signe qu’il se remettra au jugement de l’Impératrice concernant toutes les nouvelles qu’ils viennent d’apprendre.
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    Ayshara Ryssen
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  • Ven 11 Aoû - 10:30

    La profondeur de la réflexion de Deydreus impressionnait l'épouse de Tensai. Sa perspicacité pourrait faire pâlir d'envie les savants de Melorn. L'établissement de garnisons dans les cités lointaines s'esquissait comme une tactique éclairée pour intensifier la présence des forces reikoises et assurer la fidélité des contrées aux frontières. Derrière ces mots se dessinait la vision pérenne de l'unité impériale et de l'impératif d'asseoir les provinces les plus distantes. Ayshara s'était perpétuellement interrogée sur la façon de garantir l’allégeance de ces contrées sans imposer un joug oppressant... Le maître des armées venait, peut-être, de lui offrir un éclat de solution. Elle estimait aussi son plaidoyer concernant une collaboration entre les dignitaires impériaux et les chefs locaux. Une telle démarche semblait harmonieuse, cultivant l'entente tout en esquivant les discordes éventuelles. La vosdraak reconnaissait l'aisance avec laquelle l'incompréhension culturelle risquait d'engendrer des remous indésirables, et la proposition du sombre guerrier s'attaquait finement à cette épine. Toutefois, ce qui captiva le plus son esprit fut la suggestion de forger un régiment d'élite. D'ordinaire, la monarque se tenait sur ses gardes face aux forces d'exception, lucide quant aux dangers en matière de fidélité et d'ingérence. Cependant, cette perspective, modelée de façon minutieuse et  limpide, resplendissait d'opportunités. L'émergence d'une escouade dédiée à des quêtes intriquées l'attirait. Il en valait de même pour ce fameux concept d'uniformes. Bien sûr, ces desseins demanderaient une pléthore de talents et de moyens. Les coffres impériaux y pourvoiraient-ils ? Quoi qu'il en soit, les féroces titans ne patienteraient guère face à l'amélioration du Reike. L'action se devait d'être prompt. Car la menace, un jour, pourrait noircir chaque destin.

    Puis, lorsqu'il fut question d'employer davantage les personnes de sexe féminin de manière indiscriminée, un sourire satisfait naquit sur les lèvres de la dirigeante. Depuis longtemps, elle essayait de valoriser, autant que possible, la place des femmes au sein de la société reikoise, une société machiste qui ne reconnaissait pas assez les dames. Elles étaient les porteuses de vie, celles qui renouvelaient constamment les populations du royaume. Il fallait mieux les considérer. L'avenir du Reike au fil des générations dépendait en grande partie d'elles.

    - Les femmes ont toujours joué un rôle crucial dans la survie et la prospérité de notre Empire, malgré que ce rôle ne s'avère malheureusement pas suffisamment apprécié ou valorisé à l'heure actuelle. Si nous décidons de les incorporer davantage au sein de l'armée, nous devons nous assurer qu'elles bénéficient du même respect, de la même formation et des mêmes opportunités de commandement que les hommes. Il s'agit de reconnaître leur potentiel égal à celui de leurs homologues masculins. Elle posa ses améthystes sur Zéphyr et ensuite vers Deydreus. Quant à la question de la propagande, je suis d'accord sur le principe de tenir nos communautés informés. Néanmoins, la sagesse reste notre plus grande alliée. Nos citoyens sont intelligents et ils méritent la transparence. Chaque victoire, chaque défaite, doit être partagée. La confiance du peuple ne se gagne pas par des demi-vérités, mais plutôt via une communication authentique. Montrons les véritables enjeux de cette guerre à venir et proposons des possibilités d'engagement adaptées. Inspirons et éduquons.

    Quand vint le tour de Zéphyr, la jeune mère se contenta d'écouter sagement ses paroles. Décidément, le Maître-espion l'impressionnait à chaque occasion. Possédant une compétence extrême, il savait toujours comment choisir les bons mots. C'est lorsqu'il aborda les valeurs reikoises et l'épopée emblématique de leur nation que son allocution trouva le meilleur écho. Elle était intimement convaincue que l'histoire, mêlée aux traditions ancestrales, constituait un phare puissant pour éclairer et galvaniser les cœurs du peuple. Toutes ces idées lui apparurent comme un éclair de génie.
    Tensai, de son côté, semblait satisfait des propositions apportées par l'Oreille et la Griffe, allant d'ailleurs jusqu'à valider plusieurs d'entre elles. Cette approbation, telle une douce mélodie, enjouait le cœur de sa reine, et entre eux, un échange de regards, mariant tendresse et connivence, tissait l'invisible étoffe de leur complicité.
    Le Coeur, lui, se voulait peu bavard et s'abstenait de développer verbalement ses pensées. Que se passait-il ?

    - Ministre Reys, j'ai remarqué que vous semblez avoir égaré votre voix aujourd'hui. Que pensez-vous des propositions de Deydreus et de Zéphyr ? Demanda-t-elle.

    L'invitation d'Ayshara était maintenant lancée. Désormais, il ne restait plus qu'à voir si Tagar allait prendre toutes les perches que lui tendaient le Conseil afin de faire valoir de façon intelligente sa vision des choses. Parce que sinon, les membres de la Main devraient agir sans.
    Bref, la belle se sentait relativement en confiance concernant la suite de cette rencontre. L'échange se déroulait normalement, dans le respect et l'écoute des idées... Du moins, jusqu'à tant que Zéphyr commence à révéler certains des agissements du Coeur... Quoi ?!

    Sa posture était droite, royale, une tension se percevait dans chaque mouvement qu'elle réalisait. Au moment où Zéphyr eut terminé, un silence assourdissant s'abattit sur la pièce. Tous les regards se tournèrent alors vers la demoiselle à la chevelure immaculée, attendant une réaction de la dirigeante impériale.

    - Zéphyr, je vous remercie de nous avoir rapporté tout ceci. Cela prouve l'efficacité de votre réseau et à quel point nous devons rester vigilants. Elle conduisit ses yeux en direction de l'accusé, sa voix douce contrastant avec la véracité de ses mots. Ce que je ne comprends pas, c'est comment une personne de votre stature, un ministre, peut se permettre d'être aussi naïf. Ce n'est pas une question d'avoir un bon cœur, c'est une question de jugement. Ces relations... Halewyn... Maria... Elles posent des interrogations. Elles suscitent des inquiétudes. Et comme le Maître-espion l'a si bien dit, notre position nous oblige à être irréprochables. Elle se pencha légèrement en avant. Comprenez-vous la gravité de la situation ? Comprenez-vous que chaque action, chaque alliance, chaque parole peut avoir des répercussions pour nous tous ? Les conséquences ne sont pas seulement pour vous. Elles retombent sur l'ensemble des reikois. Et cette Halewyn... Sa proximité avec vous, son audace à utiliser votre nom... C'est plus que de la témérité. C'est de la stupidité. La sienne... mais surtout la vôtre. Ces actes ne me paraissent pas être ceux d'une alliée, mais bien ceux d'une manipulatrice. J'espère que vous n'avez pas donné, même par inadvertance, l'impression que de tels comportements étaient acceptables ou tolérables. Et pour Maria, je comprends la force des sentiments. Mais encore une fois, notre position requiert clairvoyance et discernement. Votre relation avec elle ne peut pas être juste une affaire personnelle. Elle souffla profondément. Je n'attends pas que vous soyez parfait, Tagar. Nous faisons tous des erreurs. Toutefois, j’espère de vous de la prudence. De la transparence. Et surtout, de la responsabilité. Vous devez abso...

    Soudain, une série de cliquetis étranges résonna et la porte s'ouvrit brusquement. Afosios, vêtu de parures colorés et d'une gigantesque chapeau excentrique à plumes, fit son apparition, gambadant joyeusement comme si de rien n'était, contrastant comiquement avec la gravité de la situation actuelle. Ses bottes claquèrent sur le sol au rythme de sa gigue improvisée. Toutes les têtes se tournèrent vers lui, ébahies, voire choquées, par cette interruption inattendue.

    - Shasha, ma chérie ! S'exclama-t-il, ignorant royalement la présence des autres dignitaires. J'ai une lettre pour toi ! Diiiirectement de la République. Il présenta fièrement le parchemin à Ayshara, qui le prit entre ses doigts, un air confus au visage. Tadaaaaaaa ! Livraison express ! Lanca-t-il en faisant un petit pas de danse. Puis, avant de repartir, il jeta un regard particulièrement intéressé sur le chef des armées. Hé bien, Deydreus... Ne t’ai-je jamais dit  ô combien tu as un... postérieur de divinité ? Suite à cela, l'arlequin s'en alla, fredonnant gaiement tout en saluant la salle du conseil d'un candide geste de la paume, tout aussi dramatique que son entrée.

    Ayshara soupira, une main sur son front, essayant de contenir sa gêne. Elle ouvrit cependant le courrier, histoire de le lire. Si son meilleur ami osait l'interrompre lors d'une réunion d'une pareille dimension, c'est que cette communication devait être importante.

    La lettre en question a écrit:À Sa Majesté l'Empereur Tensaï Ryssen et À Sa Majesté l'Impératrice Ayshara Ryssen, Palais Impérial d’Ikusa.

    Majestés Impériales,

    Par la présente, je tiens à vous adresser mes salutations les plus distinguées au nom de la République. En tant que Première Représentante de la Présidence de la République, il m'incombe d'entretenir et de fortifier les liens historiques et durables qui unissent nos deux nations depuis des millénaires.

    Cependant, il est de mon devoir de vous informer d'une situation délicate qui s'est récemment développée. Il s'agit de l'ancien Contrôleur Royal Tagar Reys, qui, comme vous le savez, occupe désormais le poste de Ministre des Finances au sein de votre Empire. Bien que nos relations soient caractérisées par une amitié inébranlable et une profonde compréhension mutuelle, je regrette de devoir porter à votre attention le fait que M. Reys a enfreint les lois en vigueur au sein de la République.

    La République accorde une grande importance au respect de ses lois, de ses us et de ses coutumes qui sont les piliers de notre société. Toutefois, il est de mon souhait de ne pas permettre que cet incident perturbe la relation historique et positive entre nos deux nations. Conformément à cet esprit d'amitié sincère, nous avons pris la décision de ne pas lancer de plainte officielle contre M. Reys.

    En échange, nous prions respectueusement Vos Majestés Impériales d'accepter la décision de la République de restreindre l'accès de M. Tagar à notre territoire. Cette décision a été prise en raison du manque flagrant de considération qu'il a démontré envers nos lois.

    Majestés Impériales, il est de mon espoir que cette affaire ne perturbe pas les relations qu’entretiennent nos deux nations, afin qu’elles continuent de travailler main dans la main pour promouvoir la paix, la prospérité et la stabilité au sein du Sekaï. Je tiens à vous assurer que la République reste dévouée à maintenir les liens d'amitié qui nous ont unis pendant tant de siècles.

    Je vous prie d'agréer, Majestés Impériales, l'expression de ma plus haute considération.

    Koraki Exousia, Porte-Parole du Gouvernement de la République
    .

    La vosdraak roula les yeux en déposant le bout de papier sur la table. Visiblement, les planètes étaient alignées étrangement en ce jour.

    - Monsieur Reys, la République tient de graves allégations contre vous, vous accusant de ne pas avoir respecté certaines de leurs lois. L'administration républicaine vous interdit l'accès à ses terres. Cela date de l'époque où vous étiez Contrôleur. Que s'est-il passé ?





    Noble du Reike
    Noble du Reike
    Deydreus Fictilem
    Deydreus Fictilem
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    Info personnage
    Race: Vampire
    Vocation: Guerrier combattant
    Alignement: Loyal mauvais
    Rang: B - Griffe
    qui suis-je ?:
    https://www.rp-cendres.com/t893-deydreus-fictilem-inter-arma-silent-leges-terminehttps://www.rp-cendres.com/t950-liber-legatus-chronologie-de-deydreus-fictilem
  • Ven 11 Aoû - 12:03
    Engoncé dans son armure et contre son siège, Deydreus écoutait en silence les mots de l'Empereur et de l'impératrice au sujet des différentes propositions. Les choses allaient pouvoir se mettre en place, se dessiner pour permettre à l'armée de devenir encore meilleure. D'offrir une réponse adaptée et puissante à l'approche des Titans et à leurs machinations. Toute sa vie, le vampire avait lutter pour tisser de nouveaux projets pour les mortels avec qui il partageait le quotidien et dont il souhaitait élever la condition. Toute sa vie, il avait pataugé dans la fange et le sang pour rendre ses frères d'armes plus efficaces. Aujourd'hui, il pilotait avec la Main et le couple impérial l'avenir de ces troupes. De tous ces hommes et toutes ces femmes qui luttaient quotidiennement pour la sécurité et la suprématie de l'Empire. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de l'être aux yeux vairons tandis qu'il reprenait la parole.

    - Naturellement, cela me semble évident qu'elles doivent bénéficier du même traitement et respect que les hommes. Néanmoins, la tâche ne sera pas évidente et il s'agira aussi d'un travail de fond. Mais, au moins, elles pourront participer et ne seront pas relayer au simple rang de porteuse de vie.

    Ils n'avaient pas le luxe de demeurer trop regardant sur le sexe des différents combattants et autres assistants. Ils avaient besoin de bras. D'âmes vaillantes qui savaient combattre et dont le feu intérieur brulait aussi intensément que dans le cœur de n'importe quel reikois. Mais, il fallait aussi reconnaître que les jugements persisteraient, au moins quelques temps. Peut-être que la guerre permettrait de changer ce point, peut être pas. Deydreus s'en moquait un peu à vrai dire, il n'était pas sensible à la cause féministe. Mais il était pragmatique. Et si une femme prouvait sa valeur, il n'avait aucune raison de la discriminé en raison de la taille de sa poitrine ou de ce qui se trouvait entre ses jambes. Vint ensuite la mention de la propagande. L'impératrice souhaitait plus de nuances. Plus de vérités. Le vampire n'était pas véritablement d'accord avec elle. Principalement car il avait vu, et vécut cette dernière lors de la dernière guerre. C'était les récits fantasques et enrobés des exploits impériaux qui motivaient les troupes lorsqu'ils assaillaient des fortins cultistes. C'était la mention du noble sacrifice et du prix payé par l'ennemi qui permettait de recoudre les cœurs lors des tristes défaites. Et enfin, c'était cette idée d'absolu qui permettait de limiter les actions rebelles. Enfin... Le vampire n'allait pas se lancer dans un long débat sur l'efficacité des propagandes sur la population et la sensibilité de cette dernière à l'influence extérieure. De toutes façons, c'était le rôle de Zéphyr et la Griffe se doutait bien que ce dernier saurait rebondir sur les mots de la vosdraak tout comme il saurait adapter sa stratégie.

    Le sourire autrefois présent sur les lèvres du chef des armées se dissipa alors rapidement, lorsque Zéphyr commença son accusation. Les yeux hétérochromes du sombre guerrier dansèrent sur les différentes personnalités présentes afin d'en étudier les réactions. En aucun cas, le vétéran doutait des mots de son ami. Et si la moitié d'entre eux étaient vrais, alors le souci était bien plus grave que ce que le maître espion évoquait. Parmi les choses les plus graves, la mention de la substitution d'autorité était des plus graves. Surtout compte tenu que les personnes visaient n'étaient pas de simples gardes.

    - Comment une non reikoise fut-elle autorisée à se rendre à un campus de notre académie si elle n'est elle même pas étudiante, plus encore à y menacer les pupilles de notre nation? Nous ne sommes pas dans des universités de seconde zone de la république...

    La phrase avait été murmuré, plus pour lui même que pour le conseil. Cela était intolérable. Drakstrang éduquait les futurs officiers de l'armée impériale. Aussi imbus d'eux même et "stupides" les étudiants pouvaient ils être, ils n'étaient pas des citoyens lambdas. Ils pouvaient venir de maisons nobles, ou bien s'être élevé depuis la boue comme Deydreus autrefois. Le guerrier voyait rouge. Usha lui avait livré le rapport, il l'avait lu et avait déjà hésité à en parler, retenu uniquement par les mots du maitre espion. Visiblement, c'était pour les utiliser plus tard. Mais à présent, devant le fait accompli, le reikois repensait à la menace proférée et à l'usage de l'autorité du Cœur. Des menaces... Des menaces contre leur armée! Un long soupire quitta la gorge du militaire lorsque le reste des accusations fusèrent dans la pièce. Le vampire se fit la promesse d'ordonner non seulement la mise au fer de cette usurpatrice mais, au pire des cas et si cette dernière résistait, à une mise à mort. Persona non grata, voila le seul statut qu'elle aurait au sein du territoire. A vouloir usurper l'autorité de la Main et à intimider le peuple reikois, elle en recueillerait la juste colère. Encore plus si elle avait fomenté avec le Nouvel ordre.

    - Zéphyr, tu m'informeras de ses mouvements potentiels. Je refuse de laisser de telles personnes naviguer sur notre territoire aussi simplement. Je vais renforcer un peu plus les contrôles à nos frontières.

    La guerre frappait à leur porte. Et la fin de la tolérance avec. Il en était fini des connivences facile et du libre voyage sur les terres reikoises. La République filtrait celles et ceux qui foulaient son sol, il était normal que le reike fasse de même. Si aucune affaire officielle n'était présente, alors les ordures venant semer la discorde sur le sol impérial le ferait dans l'illégalité la plus totale.

    Déjà agacé, le reikois se retint d'avantage lorsque le maître espion continua son exposé. De nouveau, un long soupir quitta la gorge du sombre chevalier. Tagar n'était pas un mauvais bougre, loin de là, mais il fallait bien avouer que toutes ces choses s'enchainaient à un rythme violent pour lui. Le tableau se noircissait de plus en plus, effaçant peu à peu la sympathie que le chef des armées avait pour le génie des chiffres. Oser rencontrer une sénatrice républicaine... Il était ministre, pas un comptable glorifié! Avait-il au moins une notion d'idée d'à quel point cela pouvait créer un précédent diplomatique? De ce que les opposants républicains pouvaient utiliser contre l'Empire en l'accusant d'ingérence? Ce n'était pas une partie de dinette qui pourrait balayer des centaines d'années de méfiance mutuelle et d'animosité... Tout comme ce ne serait pas un mariage qui effacerait toute la rancoeur d'un peuple à l'égard d'un autre.... Et quelle idée... Contrairement à l'impératrice, Deydreus n'était pas aussi clément qu'elle sur la mention des sentiments. Quelques lunes plus tôt, Tagar avait diné chez lui. Et ils avaient pu évoquer la vie sentimentale du Coeur. D'ailleurs, Deydreus avait même évoqué l'intérêt qu'aurait eu le ministre à épouser une noble de Melorn pour renforcer l'alliance déjà présente entre les deux peuples. Et Tagar avait répondu par la négative, mentionnant l'importance d'épouser une reikoise... Tout cela pour s'enticher d'une républicaine... Quelle ironie!

    Sorti de ses pensées par l'arrivée soudaine d'Afosios, le vampire resta silencieux lorsque ce dernier vint déposer sa lettre dans les mains de l'impératrice. Puis, lorsque son fessier fut mentionné par le confident de la reine dragon, le chevalier laissa un rire franc s'échapper de sa gorge. L'avantage d'avoir autant côtoyé des militaires, c'était que ce genre de propos ne choquaient plus. Alors qu'il allait répondre sur le même ton que le livreur fantasque, le vampire se retint finalement quand il vit le changement d'expression sur les traits fins de l'impératrice. Puis, lorsqu'elle évoqua le contenu de la lettre, le chef des armées sentit son sang se figer. En plus du reste, l'homme était aussi interdit de territoire? Mais son but, c'était quoi, de nuire totalement aux relations entre les deux nations? Ou bien était-ce, de nouveau, de l'ignorance totale pour son rôle et ce qu'il représentait? Comment une telle chose avait-elle pu passer inaperçu aussi longtemps?

    Se replaçant dans son siège, le vampire fit glisser son regard sur Tensai pour mesurer la colère du régent, avant de venir ancrer ses pupilles bicolores sur le ministre des finances. Après tout, Deydreus n'avait pour l'heure rien d'autre à ajouter. L'heure était à la défense. Et cette dernière avait intérêt à être incroyablement solide, ou le bien le prix serait dur à payer.    


    Manus Imperialis [Ayshara, Tensai & Zéphyr] Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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