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  • Mer 6 Sep - 14:04
    Le destin avait un sens de l’humour cruel et de mauvais goût, ou jamais les pas de Persifal n’auraient amené Ermangild à Liberty.

    C’était comme s’il avait fait tout le tour de la République pour finir par sa pire étape. Et quelle étape ! Une métropole immense, bigarrée, pleine à craquer de gens de toutes races, de toutes confessions, horizons, pedigrees… Et pleine de Shoumeiens. Retrouver ses anciens compatriotes en foule désorganisée et misérable n’avait rien pour exciter les ardeurs patriotiques du chevalier, d’autant plus que ce brasier-là était mort et enterré depuis belle lurette. Quand bien-même serait-il resté le beau salaud vaniteux de l’époque, il aurait regardé ces miséreux encore plus de travers. Présentement, Ermangild n’en avait juste rien à carrer.

    C’est poussé par le désir de trouver un emploi plus stable que les longues caravanes et les chasses à la prime qu’Ermangild s’était présenté de mauvaise grâce aux portes de la grande capitale. Mais même au centre de la République, il ne savait pas où donner de la tête. Partout régnait le brouhaha, des gueux discutaient politique dans un bouillon inintelligible, des gamins passaient en courant à côté de Persifal et le rendaient nerveux… Vraiment pas un endroit fréquentable, en somme. Liberty avait intérêt à avoir du boulot pour lui, ou bien il n’en aurait dès lors qu’un impérissable souvenir de merde.

    Il y avait peut-être autre chose que le travail qui avait amené le chevalier, cependant. Pour chaotique et brouillon qu’était l’univers urbain, il possédait un attrait que ne s’avouerait jamais le paladin déchu : des débits de boisson plus nombreux. Et avec toute cette effervescence de roturiers taillant le bout de gras autour de débats sénatoriaux, il y avait du choix en matière de tripots. Ermangild espérait juste en trouver un où on ne viendrait pas l’enquiquiner en lui demandant son avis sur le dernier décret à la mode, ou sur la véracité du sourire des politiciens pendant leurs discours.

    Il y a trois raisons pour lesquelles Erman s’arrêta dans cette étrange taverne qui n’était guère dans son style. La première, c’est qu’elle était dotée d’une écurie, et qu’avec le monde de taré qu’il y avait dehors, mieux valait ne pas laisser Persifal n’importe où. La seconde, c’est qu’il n’avait pas peur de débourser ses dernières pièces d’or pour sa vinasse, le précédent patron avait été plutôt généreux sur la recette. La troisième… hé bien, c’est qu’avec toute cette effervescence, les autres tripots affichaient complets ! A tout dire, une cité bien foireuse.

    Il risqua bien de ne pas être admis dans cette taverne, d’ailleurs. Le portier lui avait jeté un coup d’œil méprisant, sans doute parce qu’il avait l’allure dépenaillée du mercenaire plutôt que celle du chevalier. Il ne s’était laissé convaincre que par l’or garnissant sa bourse, et l’assurance qu’il ne ferait pas de grabuge. Pour ce faire, Ermangild dut même se séparer de Vortigern, un geste qui lui donnait l’impression de céder une partie de son corps. L’appel de l’alcool avait été plus fort. En entrant dans l’établissement, Ermangild eut l’impression d’être nu.

    Il ne remarqua pas tout de suite la somptuosité de l’endroit, se traînant machinalement vers une table pour s’asseoir. En fait, il ne remarqua qu’il faisait un peu tache d’huile que lorsqu’il sentit sur lui les premiers regards arrogants de certains clients. Dire que des années auparavant, c’était lui qui aurait regardé de haut toute cette belle société de faux-culs et d’arrivistes. L’envie lui démangeait de leur dire à quelle haute famille il avait appartenu, mais même lui n’arrivait plus à s’en convaincre. Car il savait que c’était aussi faux que leur supposée vertu. Il savait ce qu’il avait fait.

    Ses yeux vagabondèrent alentour, à la recherche d’une serveuse pour lui apporter à boire. C’est en faisant dériver son regard qu’il arrêta ses rétines sur un minois qu’il connaissait. La sensation était bizarre, mais il savait qu’il l’avait déjà vue. Impossible, car ses voyages dans la République avant la venue des Titans se comptaient sur les doigts d’une seule main. Ses orbes bleues scrutèrent un peu plus cette silhouette éloignée, ce teint hâlé, ces cheveux noirs et bouclés, essayant de se remémorer où il avait déjà vu ce visage, mais n’arrivait pas à le remettre.

    Il détourna le regard quand il vit qu’elle le lui renvoyait. Il espérait qu’elle n’ait pris ses scrutations que pour des appels à venir le servir, car il se rendit compte un peu tard qu’il avait donné une œillade un peu trop insistante. Reprenant contenance autant que faire se peut, le chevalier débraillé cherchait frénétiquement une réponse à cette question, tout en combattant son envie croissante de plonger les lèvres dans un délicieux millésime.

    Ah, merde. La voilà qui approchait.
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  • Mar 12 Sep - 12:56
    Une nouvelle journée de labeur pour celle qui travaillait « Chez Boris » depuis presque quatre ans. Les clients se succédaient les uns après les autres et les tables ne désemplissaient pas mais il y avait ce petit quelque chose qui manquait encore à cette journée ; ce petit quelque chose qui rendrait ce jour un peu moins banal. Un petit quelque chose qui se matérialiserait autrement que par la main baladeuse d'un client déjà un peu soûl, chassée par une bourrasque de vent léger qu'elle avait créé en faisant claquer son pouce contre son majeur. La serveuse aimait que les choses soient en perpétuel mouvement. L'immobilité était signe de mort et lui rappelait avec douleur les longs mois de souffrance qu'elle avait traversé quelques années auparavant.

    Elle ne s'attendait pas à ce que ce petit quelque chose prenne les traits d'un homme à l'aspect rude et antipathique.

    La première chose que Liz remarqua sur celui qui venait d’entrer dans la taverne  fut sa tignasse brune, mal coiffée et probablement emmêlée, prolongée par une barbe hirsute qui dissimulait une grande partie de son faciès. Pis encore, il avait dardé sur elle un regard si insistant qu’elle avait l’impression qu’il n’était pas là uniquement pour boire ou manger quelque chose. Pas que ça la dérangeait, elle était au contraire habituée à la vente de ses charmes ou à son activité, masquée, de trafics d’informations, mais il y avait un petit truc dans son regard qui la mettait mal à l’aise, sans qu’elle arrive à mettre le doigt dessus. Et, elle avait beau se creuser les méninges pendant qu’elle déposait des plateaux de fromages et de charcuteries sur une grande tablée, elle ne comprenait pas pourquoi son instinct lui dictait de s’éloigner de ce type qui, comme si ce n’était pas suffisant, n’avait pas l’allure et la prestance habituelle des clients du lieu. Mais elle avait appris que l’habit ne faisait pas le moine, et qu’une dégaine de crapule planquait parfois une bourse remplie de pièces et une attitude distinguée.

    Elle essuya ses mains sur le tablier qui protégeait sa longue jupe bleue et s’approcha de la table choisie par l’homme. Le laps de temps pour parcourir la distance les séparant n’avait pas été suffisant pour faire ressurgir un quelconque souvenir. Préférant adopter une attitude neutre, dans le cas où il ne l’aurait regardée que pour boire, elle extirpa un petit calepin, rangée dans la petite sacoche en cuir accrochée à sa ceinture.

    - Bonjour, qu’est-ce que je vous sers ? Demanda-t-elle, sans arriver à fixer son interlocuteur dans les yeux.

    Bon sang ! Où est-ce qu’elle avait bien déjà pu le voir ? Maintenant qu’elle s’était assez rapprochée pour voir – et sentir – plus en détail celui qui attisait sa curiosité depuis de longues minutes, l’envie pressante de se plaquer contre le mur le plus éloigné de lui était encore plus grande. C’est comme si elle avait voulu effacer tous souvenirs de lui mais que son corps n’avait rien oublié. Oublié quoi, hein ? C’était un de ces ivrognes qui avait terminé avec elle à l’étage ?

    Et si.

    Et s’il faisait partie de sa vie d’avant ?

    Un frisson parcourut son échine à cette pensée. La basanée n’avait aucune envie de voir le passé ressurgir devant elle. Encore moins comme ça, sous cette forme et alors qu’elle se remettait à peine de sa rencontre avec un autre de ses fantômes à la chevelure flamboyante. Tenant fermement son calepin de sa dextre, elle remonta sa main libre vers l’une de ses boucles d’oreilles pour la remettre en place. Non, elle n’était pas à l’aise, ce qui était assez rare pour pouvoir être notifié.

    - Vous avez l’air d’avoir beaucoup voyagé, ajouta-t-elle en essayant de reprendre contenance et d’agir comme elle le faisait avec n’importe lequel de ses autres clients, vous devez avoir soif j’imagine. Nous avons une nouvelle cuvée qui est arrivée ce matin ou bien…

    - Liz, tu pourras venir me donner un coup de main à l’étage quand tu auras terminé ?

    Elle avait été interrompue par une de ses collègues, Jila, embauchée il y a deux jours et qui était toujours en formation. Elle avait de grands yeux en amande et des cheveux coupés court, au carré, ce qui apportait un vent de fraicheur et de modernité à son beau visage. Liz acquiesça devant la mine déconfite de Jila, se demandant bien ce qu’elle avait pu faire qui nécessitait qu’elle lui vienne en aide alors que ce n’était pas son job de la former et lui enjoignit, d’un souffle d'air discret soufflé vers le creux de sa taille, de retourner à son poste.

    - Excusez-moi. Où en étais-je ? Hmm… La… La, euh, la bière est artisanale également, bafoua-t-elle puisque son regard avait fini par croiser une nouvelle fois celui de l’homme et que la lueur qui se dégageait du fond de son regard l’avait déstabilisée.

    Tenue de Liz:
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  • Mar 12 Sep - 15:58
    A mesure que la serveuse approchait, Ermangild pouvait la détailler de plus près. Bon, pas trop quand même, il avait déjà assez insisté du regard pour que ça en devienne malsain. Ce qui l’enquiquinait un brin plus que le reste, c’était qu’il n’arrivait pas à la remettre alors qu’elle était loin d’être vilaine. Or, ce n’était pas vraiment son genre d’oublier une beauté, et il commençait à soupçonner le vin de lui grignoter la cervelle à force de cuites répétées. Elle avait le teint hâlé et le minois charmant, et ces grandes boucles d’ébène ne pouvaient passer inaperçues. Où l’avait-il déjà vue, alors ?

    Quand elle lui demanda ce qu’elle pouvait lui servir, un semblant d’idée lui vint. Son premier voyage au sein de la République avait été pour accompagner son père dans des domaines viticoles. Ironiquement, il ne goûtait guère le pinard à l’époque, et l’avait seulement escorté afin que son paternel puisse faire son œnophile chevronné. A l’époque encore simple bachelier, il avait peut-être croisé une fille de cultivateur, ou une paysanne… Cela dit, à l’époque, il n’accordait à ces rustiques que des regards de dédain. Il s’y essaya, lorsqu’elle lui demanda s’il avait beaucoup voyagé.

    « Hum, oui, j’ai effectivement fait long voyage. Par les coteaux Casris entre Justice et Liberty, justement… »

    Il y avait une question sous-jacente, mais Ermangild commit l’erreur de prendre le malaise de la demoiselle pour une preuve qu’il s’agissait bien de ses origines. C’est alors qu’elle enchaînait qu’une interruption bienvenue lui en apprit soudain plus sur elle. Liz ? Liz, Liz, Liz… Pourquoi est-ce que ça le titillait tant, en fait ? Si elle n’avait été que fille de ferme, il aurait bien vite oublié son nom. Quelque chose ne tournait pas rond.

    Et pire encore, il se rendit compte qu’il avait mal interprété le malaise de la jeune femme, surtout lorsque celle-ci continua de bafouer après avoir repris sa collègue. Il avait mal interprété, car elle n’était pas étonnée qu’il connaisse son chez-elle… Mais qui diable était-elle dans ce cas ? Le regard qu’elle lui avait jeté après que leurs regards se soient accrochés lui envoya un frisson dans le bas de l’échine. Et si elle l’avait reconnu, lui ? Dans un si triste appareil, ç’aurait été vexant s’il avait encore un minimum d’amour-propre.

    « Du vin. Rouge. Je vous prie. »

    La réponse était laconique, quelque peu hachée, mais elle avait le mérite de lui donner un peu de répit. Car lorsqu’elle irait chercher ce qu’il lui avait demandé, il pourrait se remettre à réfléchir à toute vitesse – ou du moins aussi vite qu’il le puisse. Liz, Liz… Le diminutif de Lisa, peut-être ? Mais la seule Lisa qu’il connaissait faisait au moins trois fois son poids et cultivait une pâleur de cadavre. Alizé ? Il avait connu une Alizé ! Mais à moins qu’elle ne soit revenue d’entre les morts pour taper la causette, il doutait qu’il s’agisse d’elle. Certes, la magie permettait de grands prodiges, mais passer d’un laideron mort à un cygne vivant en quelques abracadabras c’était un peu fort de café.

    Le regard rivé sur un point fixe, ses doigts tapotant frénétiquement la table, il risquait la méningite à essayer de ressasser le passé… d’autant qu’il n’avait peut-être pas très envie de farfouiller dans le trop récent…
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  • Lun 18 Sep - 20:50
    Ses mains tressaillirent légèrement à la mention des Casris. Rien n'avait encore été écrit, mais ses retrouvailles avec l'héritière de cette grande maison dataient d'il y a peu. Elle se fit rapidement une raison : elle travaillait dans une taverne et les Casris faisaient commerce dans l'alcool. Simple coïncidence, rien de plus. Par quel sortilège la vue d'un homme pouvait la rendre aussi à l'affût ! Liz indiqua qu'elle apporterait son verre avant de le laisser seul. En arrivant derrière le comptoir, elle remarqua qu'il n'y avait plus de bouteille de rouge. Ni une ni deux, elle se mit en route vers la cave. Le trajet – même s'il était court – lui laissa le temps de cogiter. Elle n'avait pas couché avec lui, elle en aurait mis sa main à couper ; la répulsion qu'elle ressentait n'était pas physique mais psychique. Est-ce que c'était une sorte de pouvoir ? Une magie dont elle n'aurait pas connaissance ? Peut-être, mais peu probable. C'était autre chose. Et puis, il y avait eu cette lueur dans son regard. Ce petit quelque chose qui lui disait que oui elle le connaissait. Les bouteilles étaient soigneusement rangées dans plusieurs casiers alignés contre le mur en briques. Elle prit le temps d'en choisir une qui correspondait à la cuvée des Casris – professionnelle, on avait dit –, ainsi que quelques autres en prévision. Le vin sous le bras, elle remonta vers la salle principale et la chaleur étouffante des corps, des lumières et de l'agitation générale, propre à un lieu de consommation.

    Elle s'était décidée. Elle allait jouer cartes sur table. De son pas souple et léger, elle revint se placer face au barbu et déposa un verre à pied, de bonne facture, sur la nappe blanche qui recouvrait la table de bois sur laquelle il pianotait toujours. Il lui sembla presque qu'elle venait de le faire sursauter. La lueur avait disparu. Elle avança le goulot de la bouteille, préalablement débouchée, au-dessus du verre et, sans quitter ce duo du regard, reprit la parole.

    - Casris, an -10. Comme vous les avez mentionnés, j'ai pris la liberté de choisir une bouteille de leur cuvée. J'espère que cela vous conviendra.

    Un aimable sourire anima le bas de sa figure pendant qu'elle parlait. Ce fameux sourire « commercial », celui qui n'était ni trop ni pas assez sympathique, celui qui était suffisant pour sa besogne. Elle commença à verser le vin dans son verre, pas trop, juste un peu, pour que le client puisse lui indiquer si ça lui convenait. Elle-même n'était pas amatrice de vin rouge – une sombre histoire de cuite à dégobiller dans les caniveaux d'un des quartiers les plus mal fréquentés de la capitale –, et elle n'aurait su dire ce que certains de ces, soi-disant, œnologues trouvaient vraiment à dire sur ce liquide juste en le sentant, en faisant tinter le verre ou encore tournoyer le contenu pour admirer la robe de l'alcool. C'était fait pour être bu un point c'est tout, non ? Enfin, Monsieur Sizain l'avait assez briefée là-dessus et elle ne pouvait pas déroger aux règles de l'établissement.

    - Justice... C'est une sacrée trotte. Une bonne journée à cheval. Deux si vous étiez à pied. Mais je parie que vous êtes venu à cheval.

    L'odeur. Elle ne mentait jamais. Il sentait le bidet. Elle en avait suffisamment côtoyé dans sa vie pour reconnaître leur fumet caractéristique. Seulement avec son aval, elle versa le reste de la boisson alcoolisée dans son verre. Ce n'est que quand elle versa la dernière goutte et qu'elle releva élégamment le contenant, en le faisant légèrement tourner sur lui-même, qu'elle se décida à sauter les deux pieds dans le plat. Advienne que pourra, la métisse était certaine de ne pas avoir de regrets.

    - Vous trouverez peut-être ma remarque déplacée mais... Non, oubliez.

    Devant le regard insistant, elle poursuivit quand même.

    - J'ai l'impression de vous connaître. Vous voudriez pas me dire comment vous vous appelez ? C'est pas une tentative de quoi que ce soit, je vous arrête tout de suite. C'est juste que ça me donne mal au crâne depuis tout à l'heure. S'il faut, vous ressemblez juste à quelqu'un que je connais, hein.

    Au moins, maintenant, elle réussissait à soutenir le dit regard.
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  • Mar 10 Oct - 11:05
    Le train de ses réminiscences s’arrêta dans une furieuse embardée lorsqu’un verre atterrit sur sa table. Le récipient n’avait guère fait trop de bruit, pourtant, il avait semblé à Ermangild qu’on venait de fracasser un hanap contre le bois avec la force d’un poivrot entonnant une chanson à boire. Il tourna vivement la tête vers la belle brune, observant la bouteille de vin et se rappelant alors à ses véritables besoins. En fait, ce qu’Ermangild cherchait dans le vin n’était pas forcément sa qualité gustative. Ça, c’était plutôt le domaine de feu son père, grand amateur de rouge, tant et si bien qu’il avait entretenu nombre de contacts avec la République. Non, ce qui intéressait notre siphonneur d’éthanol était plutôt sa capacité alcoolifère. En termes moins pompeux : loin d’être le goût, c’est la murge qui intéresse le gredin.

    Aussi, il lui rendit un regard en biais quand elle ne lui servit qu’une petite quantité de rouquin. Un silence gênant s’installa, avant de se rappeler que son paternel procédait de la même manière quand on tirait le vin au château d’Erginheim. Au moment-même où il s’en rappela, Ermangild prit le verre et avala goulûment la vinasse d’un trait, le reposant ensuite sur son pied. Vrai qu’il était bon, ce pinard. La murge n’en serait que plus agréable, sans doute. Le simple fait de formuler ces pensées dégoûta néanmoins un peu plus le chevalier de lui-même.

    « Excellent. Vous pouvez servir. »

    Il attendait avec impatience que le liquide vermeille vienne remplir son godet, afin de mieux lui tapisser le gosier et l’estomac, dans une migration abrupte et sonore. Tout en ayant l’esprit accaparé par ses démons, une petite enquête tournait toujours en arrière-plan : mais qui diable était donc cette diablesse ? Elle avait repris un Casris, ce qui pouvait confirmer la piste des vignobles, mais là encore, c’était peut-être parce qu’il avait mentionné le nom comme elle lui faisait remarquer. Tandis que sa cervelle dansait la gigue, il répondit distraitement à sa question.

    « Hum, je ne suis guère piéton, ça c’est bon pour la sergenterie. »

    La manière détachée avec laquelle il avait répondu comportait deux indices sur son origine. Cela n’avait pas été délibéré, mais au moment de la seconde question, alors qu’Ermangild portait avec avidité son verre à ses lippes, il sentit comme un mauvais pressentiment. Il arrêta son geste, tournant des yeux grands ouverts sur la fameuse Liz. Alors comme ça, le sentiment était mutuel ? L’impression de le connaître, lui, malgré son appareil miteux, sa barbe fouillasse et ses cheveux ébouriffés ? Soit elle le confondait avec quelqu’un d’autre, soit ils s’étaient vus, mais pas qu’une fois. Et le fait qu’il partage la même impression faisait sérieusement pencher la balance vers le second cas. Il avala son rouge, puis, baissant son récipient, il chercha bien vite une excuse, un stratagème, tout pour ne pas lui donner son nom. Une pirouette, quelque chose !

    « Hé bien… Étant un ancien paladin de Shoumeï, j’ai fait vœu de taire mon nom. »

    Ça, par contre, c’était peut-être le plus gros bobard qu’il ait pu sortir, éclipsant de loin tous ceux qu’il avait pu produire étant gamin. Bafouer ainsi la mémoire des paladins de l’antique royaume aurait été tout simplement inacceptable. Enfin, avant la guerre des Titans, bien entendu.

    Et là soudain, il la remit. Le choc faillit lui faire lâcher son verre, que seule sa détermination d’alcoolique profond parvint à rattraper dans un réflexe désespéré. Il ouvrit des mirettes grandes comme des soucoupes, et sa bouche entrouverte s’assécha pis qu’un oued à la belle saison. Il se rappelait des rapports privilégiés que son père entretenait avec certains grands de la République. Il se rappelait des voyages dans les domaines viticoles et les coteaux Casris, mais pas seulement. Non, il avait voyagé au sein de cette démocratie pour d’autres raisons. Économiques. Matrimoniales. Cause perdue… Une bouffée de chaleur lui frappa le museau comme une gifle invisible, et il détacha les syllabes suivantes :

    « Oh mais oui, on se connaît... »

    Voilà pourquoi il n’était pas arrivé à la remettre tout de suite. Leur rencontre datait d’avant la guerre, elle datait d’il y a plus de dix ans même ! La jeune femme qui se trouvait devant lui était une toute jeune adolescente à l’époque, à peine nubile… en fait, même pas encore nubile. C’est avec une voix dont le choc était perceptible qu’il lança :

    « Vous êtes Elizabeth Nahesa. »

    Et tout de suite après, comme s’il se rappelait de quelque chose de particulièrement honteux, il détourna le regard. Il se souvenait de ce qu’il avait dit à l’époque. Il se souvenait de ce regard pétillant qu’il avait fait ternir avec son dédain de jeune coq. Il avait eu ses raisons, de très mauvaises raisons. Mais ce qu’il avait fait, ce qu’il avait dit, ça oui, il ne s’en souvenait que trop bien.
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  • Ven 27 Oct - 9:42
    Elle fronça les sourcils lorsqu'il rappela à voix haute l'identité dont elle s'était débarrassée des années auparavant. Elle s'était toujours préparée à cette éventualité, à ce rappel brutal de la réalité, mais c'était autre chose d'y être réellement confronté ; encore plus quand c'était cet individu en particulier. La serveuse essayait de se souvenir de son prénom, elle ne se souvenait que des consonances. Une interminable suite de syllabes qui avait écorché son palais des mois durant. Tout ce dont elle se souvenait, c'était le surnom ridicule dont elle l'avait affublé et qu'elle utilisait pour le dénommer – lorsque personne n'était dans les parages pour le lui reprocher : la limande. Elle l'avait tellement détesté qu'elle lui avait trouvé beaucoup de similarités physiques avec cette espèce de poisson. Soyez indulgents, elle avait à peine quatorze ans. Cependant, se souvenir de cette dénomination ne l'aidait pas à retrouver son véritable prénom – Armand, Ernest, quelque chose de ce genre qui se terminait par un son guttural. Au moins, elle se souvenait du reste ; bien qu'elle s'en serait volontiers passé.

    La limande, chevalier de Shoumeï à qui on avait voulu la marier alors qu'il était de quatre ans son aîné et qu'elle entamait à peine la phase ingrate de l'adolescence.

    - Par les divins...

    Elle avait marmonné, tout en posant avec plus de force que prévu la bouteille de vin Casris sur la table. Sa poitrine se gonfla lorsqu'elle inspira un grand coup, avant qu'elle secoue la tête en se retenant de rire. Elle voulait mentir, protester, dire qu'elle ne s'appelait pas comme ça et qu'il se trompait sur toute la ligne. C'était plus simple, de se contenter de lui servir son verre avec un sourire poli d'excuse puis d'envoyer un autre de ses collègues le servir. Pour leur plus grand désespoir, car nul doute que ce qui allait suivre n'allait être glorieux pour aucun des deux protagonistes du jour, elle ne résistait pas à l'envie de lui renvoyer la monnaie de sa pièce.

    C'est que Sieur le chevalier shoumeïen, ou le paladin, qu'importait en vérité, avait été méprisant et désopilant envers elle et, maintenant qu'elle avait grandi et affirmé son caractère et ses prises de position, elle avait l’irrépressible envie de le faire se sentir encore plus misérable que ce qu'elle-même avait expérimenté. Les jeunes filles en construction retiennent bien des détails, surtout les plus négatifs. Liz récupéra la bouteille, pour en verser jusqu'à ce que le verre soit plein. Des soiffards, elle avait eu l'occasion d'en voir, elle n'avait pas toujours travaillé dans cette taverne de bonne réputation. Pourtant, pas une seconde, elle n'éprouva de la compassion pour son client.

    - Ah non, ce n'est pas moi. J'ai peut-être une jumelle qui se balade quelque part, et vous votre propre jumeau, plaisanta-t-elle, avec une étincelle de malice dans le regard.

    Dissimuler des trucs, elle avait appris à le faire pour survivre.

    - Liz, c'est le prénom que j'utilise pour ceux qui veulent passer à l'étage, ajouta-t-elle en ponctuant sa remarque d'un clin d’œil.

    Elle s'était sentie si mal pendant les quinze dernières minutes. C'était tellement plus simple de se glisser dans cette seconde peau, façonnée avec soin des mois durant pour la rendre aussi lisse et imperméable que possible. Elle verrait bien s'il essayait de creuser davantage,. S'il était si sûr de lui, il y avait des chances. Elle l'avait connu tenace, suffisamment tenace pour lui faire ressentir qu'elle était une moins que rien, auparavant. Ah ! Comme elle jubilait de le voir si laid désormais, avec ses cheveux en pagaille, sa barbe pas entretenue et ses vêtements mal raccommodés. Elle lança son charme de séduction, juste comme ça, histoire de s'amuser un peu. Elle verrait bien s'il y était permissif ou s'il était toujours doté d'une volonté de fer.

    - Un paladin de Shoumeï, vous avez dit ? Excusez-moi du peu mais j'ai peine à le croire. Même avec ce qui s'est passé, un paladin ne peut pas terminer dans cet état. Vous qui êtes si fiers de vos origines et des valeurs que vous portez... Il suffit donc que vos bâtiments physiques s'effondrent pour mettre à mal vos convictions ?

    Elle secoua la tête, comme si elle était faussement désolée pour ce qu'elle racontait.

    - Enfin, je ne vais pas vous importuner plus longtemps. Pour faire causette pendant mon service, il faut payer plus cher ; je doute que vous puissiez vous le permettre.

    Et elle s'éloigna, avec un sourire satisfait sur les lèvres.
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  • Lun 11 Déc - 15:04
    Il savait que tout risquait de partir de travers maintenant qu’il avait lâché le morceau comme un gros veau. En revanche, il n’avait pas imaginé toute la tempête de merde que cela allait déclencher dans les minutes qui suivirent. Parce que non content d’avoir découvert l’identité de la serveuse, celle-ci aussi avait deviné la sienne. Si elle ne le dit pas spécifiquement, Ermangild le comprit autant à son regard qu’aux mots blessants qu’elle lui asséna.

    Car pour être blessants, ils l’étaient. Des surins affûtés lâchés avec précision là où ça faisait bien mal. Alors qu’elle se moquait de son sordide appareil et de son apparence de grognard mal peigné, le visage d’Ermangild se décomposait de plus en plus. Ce n’était pas tant le fait d’être effectivement cette ruine ensauvagée qui le blessait, mais celui d’être reconnu et pointé du doigt par nulle autre qu’une personne l’ayant connu à son pinacle. Jeune homme, il avait fait partie des chevaliers les plus en vue de son temps, le teint frais, la mâchoire carrée, le port altier, racé, empli d’une arrogance toute nobiliaire. Ermangild se complaisait dans l’anonymat : Elizabeth, en revanche, révélait que le foudre de guerre d’antan et la sale épave d’aujourd’hui n’étaient qu’une seule et même personne.

    Et ça, c’était une situation à lui faire trembler les mains. La pulpe de ses doigts cherchait avec frénésie le contact froid mais bigrement familier d’un godet ou d’un verre à boire. Ses lèvres et sa langue, sèches comme du vieux vélin, se seraient désolidarisées de son visage pour plonger dans une bouteille si elles en avaient eu la capacité. C’était un besoin viscéral qui le poussait vers la boisson, une énergie mue par la honte, par l’opprobre, par la tristesse et le désespoir. Aussi, et comme pour encore plus donner raison à son interlocutrice, c’est tout son corps qui se rua sur le verre pour en avaler le contenu.

    Et alors que le vin lui glissait dans le gosier, une étrange sensation l’envahit. Venant s’accoupler à sa honte et à son dégoût pour lui-même, une sensation étrange l’amenait à fixer Elizabeth, et à la désirer. Au début, Ermangild ne comprit pas ce qui lui arrivait, son esprit déjà bien trop ébranlé. La cohabitation entre ses sentiments de répugnance et son soudain désir n’était qu’une violente dispute pour le contrôle du corps d’Erman. C’est là, alors qu’elle s’éloignait et qu’il ne pouvait s’empêcher de regarder le balancement de ses hanches, que le chevalier comprit enfin : elle venait de l’embobiner avec un tour à sa manière, car les effets s’en dissipèrent au même instant qu’Elizabeth cessait de s’intéresser à lui.

    Et le revoilà raide comme une saillie avec un verre à moitié vide dans la main, le regard perdu dans la direction où s’était tirée l’effroyable jeune femme. A l’étonnement succéda un nouveau dégoût, celui de s’être ainsi fait piéger, qui l’amena à vider ce qu’il restait de rouge dans son verre. Mais quelque chose dans cet échange avait réveillé plus que d’antiques blessures, chez Ermangild. Il avait aussi excité une ardeur ancienne et tenace, qu’il pensait avoir perdue dans les méandres de ses vagabondages éthyliques. Ce n’était pas vraiment de la fierté, car il en avait perdu toute trace, mais quelque chose de proche. En fait, à mesure que le temps passait et que le vide dans son verre s’éternisait, tout son être bouillait de fureur contenue. Il suffit qu’il repense à Griselda, et voilà qui brisait définitivement toute tentative de retour en arrière. Ça, et le fait que Vortigern n’était pas là pour le calmer, ni pour le conseiller. Il avait un compte à régler, et l’épée n’était guère présente pour l’en dissuader.

    Il se leva, et se dirigea vers le comptoir où se trouvait la terrible stryge qui, non contente de l’insulter, l’avait échaudé. Il n’avait plus de pensée rationnelle, son corps mû par la rage et le désir de s’enfiler toute la cave d’une traite. Une fois arrivé devant ledit comptoir, Ermangild se saisit de la bourse à son côté, contenant ses dernières économies d’or, celles qui devaient pourtant lui servir à se bourrer la gueule pour un bon mois.

    « Faut payer pour la causette ? Je payerai pour la causette. »

    L’ancien paladin retourna alors sa bourse, laissant pleuvoir sur le bar une myriade de pièces en or, dont le tintement métallique fit se tourner quelques têtes cupides. L’une d’elles roula au sol, mais fut arrêtée bien vite par le pied encore alerte d’Erman. Ce dernier fixait intensément Elizabeth, et dans ce regard bleu ne figurait plus ni la perdition ni le malheur : ses orbes renvoyaient à Liz toute la froide colère qui les habitait encore, et qui éclipsait ce besoin, toujours présent, de s’envoyer un biberon de litron.
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