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  • Jeu 21 Sep - 23:31
    “Elle doit disparaître”. C’était la principale instruction que Sixte avait reçue quelques jours plus tôt. La nuit était tombée depuis plusieurs heures, la majorité des diners engloutis et les buveurs les moins aguerris étaient soit en train de dormir adossé à la chaise qu’ils avaient occupée plus tôt, soit remontés dans leurs chambres. Ne restait plus pour seule compagnie qu’un pichet de vin et la rumeur des derniers badauds.

    Elle était entrée dans l’auberge comme une reine, un port de tête digne qui raviva de douloureux souvenirs dans le tréfond de l’esprit de l’elfe, ses yeux avaient parcourus la salle sans trouver ce qu’elle semblait chercher. Elle avait alors fait un pas en avant, révélant un haut chignon de cheveux blancs entrelacés de torcs d’or et de bijoux qui valait probablement plus d’argent que n’en toucherait jamais Sixte. Toujours encapuchonnée dans un coin, en train de siroter par petite lichée le verre qu’elle faisait parfois tournoyer entre ses doigts, cette dernière ne put s’empêcher de relever la tête à l’arrivée de l’inconnue. Cette femme empestait le travail à faire et par dessus tout elle semblait suffisamment riche pour la mettre a l’abris quelques temps. Une opportunité comme on en fait plus. Cependant elle semblait savoir ce qu’elle cherchait. Plus ou moins. Sixte se contenta de s’adosser à sa chaise et de croiser les bras sans jamais lâcher son verre.

    C’était une humaine d’âge mûr, aux portes de la mort s’il en est. Une bouffée de jalousie lui écrasa l’estomac. Quand cette vieille femme rendrait son dernier souffle, Sixte n’aurait pas prit l’ombre d’une ride et il lui resterait encore au moins 500 ans a écumer avant d’enfin atteindre l’apogée de son existence. D’une grimace maussade elle chassa le grondement de ses pensées et se reconcentra sur la nouvelle venue ; que venait faire une personne âgée et si bien née dans une auberge de ce genre ? Non pas qu’elle fut un taudis miteux -et elle en avait vu suffisamment pour l’affirmer - mais malgré son port altier, ses airs de reine et toute la confiance qu’elle pouvait dégager, cette femme faisait tâche. Cependant son interrogation ne resta qu’un instant sans réponse. D’un coup de menton l'aubergiste la désigna. Le regard aiguisé de la future morte se planta dans le sien comme un harpon.

    Sixte décroisa aussi bien les bras que les jambes puis posa son verre avant de caresser la garde de sa dague pour s’assurer qu’elle était bien en place.  Cette femme ne lui faisait pas peur, pas plus qu’elle ne dégageait une once d’hostilité, mais si les années lui avaient bien enseigné quelques choses c’est que la méfiance était sans nulle doute son bouclier le plus épais. L’ancêtre franchit la distance les séparant en plusieurs enjambées bruyantes. Malgré son âge elle se déplaçait avec aisance parmi les tables, elle semblait presque voler dans sa grosse robe de lin et de cachemire.

    - Puis-je ? Cela avait tout d’une affirmation et non pas d’une question.
    - Je vous en prie.
    - Elle doit disparaitre. Et elle déposa un portrait peint a l'huile sur la table.

    Ainsi avait commencé sa collaboration avec Yvette Nahesa.

    Deux jours plus tard, elle s’était présentée sur le pas de leur porte. D’après Yvette il ne s’agissait là que d’une course de routine. Une course pour laquelle elle avait payé deux fois le prix moyen. Bah ! Qu’à cela ne tienne, ce n’était pas son problème. Tout ce qu’elle avait à faire c’était emmener cette bonne à tout faire loin de Justice. Encore une pauvre fille qui était tombée enceinte d’un petit seigneur et dont on tentait simplement de se débarrasser. C’était on ne peut plus courant. Sixte le savait mieux que personne. Dans un sens cette jeune femme pouvait s’estimer heureuse qu’Yvette aient été aussi indulgente. Dans le Reike on se serait probablement contenté de lui arraché les boyaux pour ce genre de bévues. Non pas qu’elle cautionne le fait d’arracher une jeune femme a sa vie pour autant. Mais c’était un moindre mal.

    L'elfe dû patienter de longues minutes et abattre plusieurs fois le heurtoir avant qu’on ne daigne enfin lui ouvrir la porte.

    - Je viens pour Liz.
    - Vous êtes… Son escorte ? Murmura l’homme comme s’il s’agissait d’une confidence.

    Elle haussa les sourcils et acquiesça. Il lui fit alors signe de la suivre dans les entrailles de la maison qui n’avait rien à envier aux plus riches demeures de Melorn. Bien que le style en fut totalement différent. Ils grimpèrent un escalier qui ne grinça même pas sous leurs poids puis après avoir tourné et viré quelques fois s’arrêtèrent devant de hautes portes en bois.

    - Elle est ici.
    - Je sais. Répondit simplement Sixte qui avait perçu des sanglots étouffés. Il y avait également les pas légers mais nombreux des domestiques qui s’affairent, le claquement des marmites un étage en dessous, le chuchotis des gouvernantes entrain de plier le linge quelques pièces plus loin puis il y avait cette chambre où nul autre que le chagrin ne semblait avoir sa place.  Par politesse et compassion, elle frappa deux fois avant d’entrer. - Je m’appelle Sixte. Dame Nahesa m’envoie pour vous escorter. Vous avez dix minutes, ne prenez que le strict nécessaire, nous voyagerons léger. Je vous attend en bas. Et sans plus de cérémonie, elle referma la porte sans avoir jeté le moindre regard à la pauvre jeune femme. - Faites en sorte qu'elle soit prête à temps. Ordonna-t-elle à l'homme qui fronça le nez, visiblement mécontent de se faire enjoindre de la sorte.

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  • Sam 7 Oct - 17:22
    Liz sanglotait lorsque la mercenaire ouvrit sa porte avec fracas et lui demanda d'être prête dans les dix minutes.

    Elle sanglotait encore lorsqu'elle se leva pour attraper son sac, qui ne contenait que le strict nécessaire et dont le contenu avait été officiellement validé par Yvette Nahesa.

    Elle sanglotait toujours lorsqu'elle descendit les escaliers en marbre de l'immense demeure qu'avaient occupée Miriel et Ciryon Nahesa, décédés dans un accident de voitures quelques jours auparavant. Sa gouvernante, Irène, avait également perdu la vie ce jour-là. En plus du triple deuil, elle avait dû faire face à la colère de l'intégralité des Nahesa. Maintenant qu'il n'y avait plus personne pour la protéger, la sentence était tombée : elle était coupable ; coupable de ne posséder aucun lien de sang avec eux. Elle n'était qu'une pièce rapportée, un rejeton plus embarrassant qu'autre chose et dont il fallait se débarrasser à tout prix. Ce prix, c'était celui que la matriarche Nahesa avait donné à Sixte pour qu'elle emmène Liz le plus loin possible d'ici. Peu lui importait la destination : tout était mieux qu'ici. Elle avait au moins eu la bonté d'âme de ne pas faire appel à un assassin ; Liz devrait penser à la remercier à l'occasion. Elle ne voulait sûrement pas prendre le risque que la vérité éclate au grand jour et que ses machinations avec certains banquiers de la célèbre Banque des Chaînes soient révélées. Une vérité et des machinations que, au plus grand désespoir de Liz, elle ignorait totalement. La métisse se pensait surtout victime du destin et que ses propres cachotteries avaient finalement eu raison d'elle.

    Elle sortit un mouchoir en tissu de sa besace pour essuyer sa morve et afficha un sourire qui sonnait faux pour la blonde qui se tenait devant l'entrée. Il n'y avait personne d'autre. Ni sa grand-mère, ni son oncle ni ses cousins. Elle avait vaguement vu l'aîné, qui était rentré dans sa chambre comme un forcené et qui l'avait secouée pour qu'elle prépare ses affaires au plus vite, mais il avait aussitôt disparu. Personne ne voulait affronter son regard, celui d'une jeune femme qui venait de tout perdre par leur faute. Liz essaya de reprendre contenance. Bien qu'elle soit habillée comme une vulgaire paysanne qui allait prendre la route, elle releva le menton et darda son regard noir droit dans celui de l'autre femme qui était, étonnement, bien plus petite qu'elle. La pensaient-ils si faible qu'ils n'avaient même pas pris la peine de quémander les services d'un solide gaillard ?

    - Je ne vous salue pas, car la mission qu'on vous a confiée ne m'enchante pas. Terminons au plus vite ce que nous devons faire, je vous en prie.

    Elle passa à côté de la mercenaire et généra une bourrasque de vent pour ouvrir les portes de la demeure qui claquèrent contre les murs. Les Nahesa ne voulaient pas être là mais ils entendraient son départ, même si elle était mentalement très affaiblie et que l'utilisation de sa magie requérait des efforts quasi gargantuesques. Ses larmes brouillaient sa vision, mais elle connaissait les lieux par cœur ; elle y avait passé pratiquement vingt ans. Elle les entendait encore, ces serviteurs et ces domestiques absents, qui l'avaient servie des années durant, et qui murmuraient sur son passage : « Monsieur et Madame Nahesa, que les divins gardent leurs âmes sauves jusqu'à leur retour en ce monde, n'ont jamais reconnu officiellement Mademoiselle Elizabeth comme leur fille (..) », « Mademoiselle Elizabeth ne figure pas sur le testament. », « Dame Nahesa s'est assurée que cette étrangère ne reviendrait plus jamais ici. », « Elizabeth, pauvre enfant, va être envoyée à Shoumeï où la guerre fait rage ! ». La tristesse, la sortie de sa convalescence, l'échec de ses études l'avaient rendue incapable de se défendre. Elle avait vainement essayé de faire jouer ses contacts du côté de la Banque des Chaînes mais, la veille encore, elle avait reçu une lettre – décachetée – stipulant qu'elle n'avait officiellement pas été reconnue et qu'elle n'était par conséquent pas légitime de quoi que ce soit. À ce moment-là, l'espoir l'avait complètement quitté. Elle s'était résignée. Pire encore, elle souhaitait que les rumeurs soient vraies et être emmenée là où les combats et la violence faisaient rage pour être achevée. Elle n'avait pas le courage de se donner elle-même la mort.

    À l'extérieur, elle remarqua rapidement le cheval qui les attendait. Le cheval ?

    - Dites-moi que c'est une blague... marmonna-t-elle en se tournant vers la blonde qui venait une nouvelle fois à sa rencontre. Je n'ai pas de cheval ? Est-ce là une mauvaise plaisanterie ? Est-ce que vous avez peur que je m'enfuie et d'être incapable de me rattraper?

    Elle croisa les bras, mécontente et les yeux encore rougis de larmes. Qui avait dit que Liz était une personnalité angélique ? Absolument personne et ils avaient tous raison. Habituée à vivre dans la richesse la plus totale et à ce qu'on lui obéisse, elle ne s'était pas encore vraiment fait à l'idée qu'elle n'était plus rien.

    - Tuez-moi, ordonna-t-elle soudain à celle qui était censée l'escorter on-ne-sait-où. Tuez-moi là, sur ce parvis. Je vous donne le triple. Je vous en supplie. Je veux qu'ils aient mon meurtre sur la conscience. JE VEUX QU'ILS PAIENT CES ENFOIRÉS, CES LÂCHES !

    Cette fois, elle pleura.
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  • Sam 7 Oct - 19:29
    Liz donnait l’impression à Sixte d’avoir été engagé pour garder un nouveau né. Ce qui, dans un sens, était le cas. Plus de deux cents cinquante ans séparaient les deux jeunes femmes. Mais Liz n’était pas un elfe ou le dissimulait très bien, elle était donc une adulte responsable et ô combien bruyante. Les sens affûtés de Sixte ne l'aidaient en rien. Après avoir refermé les larges portes de la chambre, elle avait à nouveau dévalé les escaliers pour attendre sagement dans l’entrée que sa cliente daigne pointer le bout de son nez. Mais tout ce qu’elle avait entendu c’était des sanglots, des quintes de toux et le claquement des diverses armoires où la jeune humaine semblait piocher quelques affaires. Elle se tourna finalement vers l’homme qui ne l’avait pas lâché d’un pouce, l’air toujours aussi morose. C’était à se demander si quelqu’un ne l’avait pas forcé à être là tout simplement.  

    - Je peux m’en charger toute seule. Grogna-t-elle avant de pointer l’escalier du bout du doigt. - Tâchez plutôt d’aider cette pauvre gamine. “ A tous les coups c’est lui qui l’a engrossé et il s’assure juste qu’elle parte bel et bien. Sacré culot.” pensa-t-elle alors que l’homme se hérissait avant de disparaître en trombe dans les marches drapées de soie écarlate.  Les portes à l’étage s’ouvrirent, il s’écoula quelques minutes puis elles claquèrent et les pas s’éloignèrent à l'opposé. Visiblement elles étaient arrivées au bout de la patience du pauvre homme.

    La sienne cependant était presque infinie quand il s’agissait d’attendre. C’était sans doute l’un des seuls avantages de la presque immortalité. Une heure n’était pas plus long qu’une seconde et, parfois, elle se perdait dans la contemplation de son esprit. Elle se murait dans sa propre conscience, ne laissant plus d’elle que l’enveloppe de peau mutique et le regard lointain. Mais les pleures de Liz l’empêchèrent de s'oublier, alors elle se contenta de se laisser bercer par ses hoquets jusqu’à la voir apparaitre face à elle, la morve au nez. Elle eut presque de la compassion, puis se souvint que cela ne lui ferait pas gagner plus d’argent, ni ne l’aiderait.

    - Comme il vous plaira.

    Puis elle emboîta le pas à la jeune femme, profitant de leur proximité pour l’observer. Ses boucles brunes et sans fourches, ses mains joliment entretenues -étrange pour une bonne-, sa taille marquée et l’odeur d’air frais qu’elle laissait dans son sillage. Si l’homme l’avait engrossé, au moins l’avait-il bien traité. Sixte espéra pour LIz qu’elle avait bien profiter de ces quelques mois, peut-être années, sous le joug de la richesse d’un autre car ce temps était sans doute révolu. Mais comme elle aimait à le répéter : “Il valait mieux encore l’avoir vécue que pas du tout”.

    Perdue dans ses pensées elle manqua de rentrer dans sa cliente quand cette dernière pivota pour lui faire face, on ne peut plus mécontente. Pour toute réponse, elle haussa un sourcil. A vrai dire, elle n’eut pas l’occasion de faire beaucoup plus car la seconde suivante la brune lui hurlait au visage, comme on beuglerait sur un âne un peu trop têtu. Rien que pour cela, elle hésita à accéder à sa requête.  Un coup de lame, vif, suffirait à mettre fin à ses souffrances. Yvette serait sans nul doute ravie et peut-être empocherait-elle le double de la mise pour la peine. Mais sans qu’elle sut dire pourquoi, quelque chose raisonna au tréfond de son être, comme si ses propres larmes passées coulaient avec celles de la jeune femme. Ses sourcils se froncèrent et elle contourna Liz pour se trouver dans son dos.

    - Même avec un cheval je n’aurais aucun mal à vous rattraper. Et quand bien même je n’y arriverais pas, je vous traquerais dans tout le Sekaï pour vous amener là où est votre place. Et peut-être que dans ce cas elle y arriverait avec les deux pieds en avant.

    Continuant sa ronde autour de la jeune femme, Sixte se campa à nouveau en face d’elle puis planta un doigt de chaque côté de son menton pour l’obliger à la regarder.

    - Et avec quel argent me payerez vous ? Celui que vous avez caché sous votre lit ? Comment pourrais-je le trouver une fois que vous aurez rendu l’âme ? Les humains ne réfléchissent-ils donc jamais avant de parler ? Elle la relâcha aussi brusquement qu’elle l’avait saisie puis la dépassa pour descendre les marches et atteindre la jument alezane qui suivait leur conversation avec intérêt. - Si vous voulez mon avis, si je vous tuais ici, la seule chose qu’ils auraient sur la conscience c’est le prix faramineux que coûterait le nettoyage de votre sang sur le marbre. Si vous voulez les faire payer, restez en vie. Elle glissa un pied dans l’étrier et s’installa sur sa selle. Enfin elle tendit la main à la jeune femme pour qu’elle prenne place derrière elle sur la selle. - Un marchand de chevaux se trouve à la sortie de Justice, je comptais y faire halte.

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  • Mer 11 Oct - 18:12
    Pendant de longues secondes, elle avait vraiment eu envie que Sixte passe à l'action. Elle ne le savait pas encore, mais ça lui aurait évité tout un tas d'emmerdes de mourir là maintenant. Mais la mercenaire était pragmatique et elle avait surtout raison : si Liz en était là, c'est bien parce qu'elle n'avait plus une seule pièce en poche. Elle n'aurait pas pu la payer, et ce n'est sûrement pas son cadavre qui l'aurait fait. Tout occupée qu'elle était à pleurer et à essuyer la morve de son nez, elle ne remarqua pas que la blonde avait fait une ronde autour d'elle et que, lui faisant désormais face, elle avait attrapé son menton pour la forcer à la regarder. Ce qu'elle fit, les yeux rougis et l'air misérable d'un chien battu. Ah ! elle était loin l'impertinente qui avait voulu se donner des airs quelques minutes plus tôt. Elle passa le dos de sa main sur ses paupières lourdes et les frotta. Ce que lui racontait Sixte résonnait en elle. C'est qu'en ces jours de tourment, personne n'avait été compatissant ni même réconfortant avec la pauvre jeune femme. Les mots de Sixte étaient probablement les premiers propos un tantinet apaisants qu'elle entendait depuis des jours. Liz avait bien besoin qu'on lui remette les idées en place.

    - Vous... Vous avez raison, avoua-t-elle en mordant sa lèvre inférieure, honteuse.

    Elle attrapa la main de la mercenaire pour se hisser derrière elle. Ce ne fut pas compliqué, elle avait suivi des cours d'équitation dans sa jeunesse. Ce qui rendit le tout plus ardu, c'est qu'elle était fatiguée de pleurer depuis si longtemps. Elle manqua tomber en se plaçant derrière la mercenaire et pesta à voix basse. Puis, le dos et les épaules droites, elle se cramponna à la selle, les mains vers l'arrière, pour se positionner correctement.

    -Acheter un cheval, avec quel argent ? Vous avez déjà été payée pour m'escorter?

    Elle était curieuse. Elle vérifia que son sac était solidement accroché à ses épaules. C'était tout ce qui lui restait de son ancienne vie, elle n'avait pas envie de le perdre sur le chemin. Peu importe où il l’emmènerait. Étrangement, les mots de Sixte avaient aussi réveillé autre chose en elle, une forme de courage qu'elle pensait avoir perdu. « Si vous voulez les faire payer, restez en vie. » avait-elle dit. Les faire payer ? Comment pouvait-elle bien les faire payer ? Les Nahesa semblaient désormais invincibles et hors de portée. Ils avaient bien pris soin de l'évincer. Tandis qu'elles s'éloignaient au petit trot, elle jeta un regard en arrière. C'est là qu'elle avait grandi et elle avait été chassée. N'était-ce pas là le juste retour des choses ? Elle avait été adoptée, elle n'avait sans doute jamais mérité de vivre ici. « Si vous voulez les faire payer, restez en vie. ». Les faire payer. Du coin de l’œil, il lui sembla apercevoir la chevelure grise d'Yvette Nahesa sur le perron.

    Liz fut silencieuse durant les dix premières minutes. Il faut dire que la rencontre entre elle et Sixte n'avait pas été des plus chaleureuses : elle ne l'avait pas salué puis elle lui avait demandé de la tuer. Comme accroche, on faisait sûrement mieux ailleurs. Puis, c'est comme si l'air frais qui fouettait son visage et s'accrochait dans ses cheveux la rappelait à l'ordre. Le vent, c'est ce qu'elle maîtrisait de mieux depuis sa plus tendre enfance. Elle se sentait en harmonie avec cet élément. Elle ferma les yeux, se laissant transporter par cette agréable sensation. Seul le contact avec Sixte lui permettait de rester suffisamment concentrée pour ne pas lâcher prise.

    Puis, elle décida qu'il ne serait pas bon de passer tout le trajet à maugréer, ou méditer, dans son coin. Aussi reprit-elle la parole, s'y reprenant à deux fois car le bruit de la route et de l'environnement avait couvert sa voix la première fois.

    - Je disais, vous avez parlé de... De la patience des humains, ou quelque chose comme ça. Dois-je comprendre que vous n'êtes pas humaine?

    Pas que ce soit un fait étonnant. Le Sekai regorgeait de formes de vie différentes, les humains étaient plus prolifiques à se reproduire ; ils avaient une vie éphémère et étaient particulièrement nuisibles, deux caractéristiques qui rendaient leur reproduction sûrement plus rapide que celles des autres êtres vivants. Faut dire qu'elle ne s'était jamais penchée sur la question. À Magic, elle avait choisi d'étudier les lois et la justice, pas de faire dans les sciences sociales. Mais, en tant qu'humaine, c'était toujours surprenant de rencontrer quelqu'un qui ne l'était pas ; surtout quand il en avait l'apparence. Et puis, soyons francs, elle n'avait surtout pas trouvé mieux comme sujet de conversation. Dix minutes qu'elle ne racontait rien et qu'elle était partie sur des bases particulièrement fragiles avec elle. Elle décida de ne pas en ajouter plus, pour ne pas se mettre plus que nécessaire dans l'embarras, surtout qu'elle ne voyait pas l'expression de Sixte.

    Est-ce que la sortie de Justice était encore loin ? Elle avait déjà hâte de mettre pied à terre, tout compte fait.
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    Sixte V. Amala
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  • Jeu 12 Oct - 23:01
    J’ai toujours raison, songea Sixte sans pour autant prononcer ces mots. D’un geste sûr elle aida Liz à se placer dans son dos tout en prenant soin d’éviter tout contact entre la jeune femme et son dos endoloris.  Quand elle fut certaine qu’elle ne risquait plus de glisser et que ses affaires étaient solidement attachées elle talonna doucement la jument qui avança sur les pavés parfaitement entretenu de la grande demeure. Machinalement, Sixte lança un regard en arrière. Un étrange sentiment de mélancolie lui pinça le cœur. Pendant un bref instant, elle se souvint de l’époque où c’était elle qu’on avait chassé. Comme Liz, elle avait chargé ses maigres effets sur ses épaules, le reste avait pris place sur la croupe du cheval qu’on lui avait loué.  Le reste de ses affaires étaient demeurés à Melorn, sans doute offertes aux filles d’un de ses frères ou d’une de ses sœurs. Peut-être une cousine. En tout cas, elle avait dû faire un choix elle aussi, dire adieu à ses jolies robes, à ses livres préférés, à ses peluches. Des choses ô combien dérisoires mais qui lui avaient appartenu, qu’elle avait possédé et dont on l’avait privé. Elle avait également perdu son foyer et cette chambre qu’elle n’avait pas quitté pendant près de cent ans. Elle avait eu si peur à l’époque. Et elle aurait eu encore plus peur si elle avait sû que c’était la dernière fois qu’elle voyait sa maison. Naïve qu’elle était alors, pensant que les siens attendraient sagement son retour.

    Même si Liz n’était qu’une femme de chambre, cette maison avait été son foyer à elle aussi. Peut-être le seul. L’elfe ne pu que compatir.

    - Je dirais simplement qu’on m’a donné suffisamment de moyens pour vous faire disparaître à l’autre bout du Sekaï.

    Ce qui était vrai. Yvette lui avait offert une somme faramineuse pour qu’elle la débarrasse de la jeune femme. Et de ce qu’elle avait compris peu lui importait la méthode. Sixte n’était pas friande de meurtre, pas sans raison du moins et Liz avait eut le mérite de s’attirer sa sympathie. Elle était idiote, c’était un fait, mais autant que pouvait l’être un éphémère. C’était aussi ce qui faisait leur charme et ce que leur jalousait secrètement Sixte. Cette capacité à oublier, a se relever. Et quand bien même ils n’oubliaient pas, tout ne serait qu’une question de temps. Dans moins de cinquante ans, elle aurait rendu l’âme et ses problèmes avec. Ô divins, qu’elle aurait payé cher pour cette existence… Maugréant silencieusement elle fit prendre la trot à sa coursière qui ne se fit pas prier.

    Le silence était une denrée rare que Sixte ne méprisait pas. Elle avait toujours vécue avec depuis sa plus tendre enfance, elle ne le trouvait pas inconfortable. Contrairement à la jeune femme dans son dos qui tenta de le briser à plusieurs reprises avant d’y parvenir une bonne fois pour toute. La remarque eut le mérite de faire sourire Sixte. Tirant doucement sur les rênes, elle obligea la jument à reprendre le pas.

    - J’ai parlé de l’idiotie des humains. Vous parlez souvent avant de réfléchir. Puis d’un geste rapide elle souleva une mèche blonde pour présenter son oreille pointue à la jeune femme. - Vous semblez, cependant, un peu plus attentive que je ne l’avais imaginé. Un nouveau sourire souleva le coin de sa lèvre. Enfin elle se tût et repartit au petit trot.

    Il était indéniable que Sixte n’était pas de bonne compagnie. Elle n’était pas désagréable à proprement parler mais l’habitude de la solitude faisait d’elle une bien piètre camarade de route. Elle ne savait pas quels sujets aborder, elle n’était même pas sûre d’en avoir envie. Et puis de quoi pouvaient bien parler les humains ? S' il s’agissait de parler mode ou magie, elle serait bien en peine de tenir une quelconque conversation.
    Ainsi elle n’échangea plus aucun mot avec Liz jusqu’à la sortie de la ville, vingt-cinq bonnes minutes plus tard. Là, Sixte arrêta sa monture et sauta à terre tout en lançant les rênes à la jeune femme sur la croupe de la jument.

    - J’en ai pas pour longtemps, évitez de vous enfuir. Elle entra dans l’établissement avant d’en ressortir la tête rapidement. - Vraiment. Vous ne m’êtes pas désagréable, je ne tiens pas à me débarrasser de votre cadavre. Puis elle disparue une bonne fois pour toute dans l’écurie.

    Elle n’en ressorti  que plusieurs minutes plus tard avec un palefroi grand comme une montagne et bardé de toutes ses affaires. S’avançant dans la rue, elle était sur le point d’enfourcher le cheval quand un doute l'a saisie. - Liz ? Enfonçant son pied dans l’étrier, elle observa les alentours et un poids se forma dans son estomac. Par tous les titans, elle ne voyait plus la jeune femme.
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