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    Kieran Ryven
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  • Lun 18 Déc - 21:21
    Ombre et poussières.

    Sang, sueur et larmes.

    Capitulation, chagrin...

    ... Et deuil.

    Ces mots hurlent les échos de la défaite.

    Je n'ai pas eu le temps de pleurer la mort de mon père. Je n'ai pas eu le temps, ni l'énergie, de pleurer la perte de Roman et Shael. Je n'ai pas eu le temps, de me retourner pour observer les flammes de l'armée de Ryssen jeter sa déflagration et sa suprématie sur nos rangs. J'ai juste eu le temps de constater qu'on avait bel et bien perdu. C'est fini. La bannière Draknys ne flottera plus au-dessus du Reike. J'ai encore ces images, cette attaque surprise sur notre avant-poste. Le soleil, plongeant lentement derrière les dunes, peignait le désert proche de Taisen dans des teintes de cuivre et d'ambre. Un vent sec et ardent soufflait, soulevant des volutes de sable qui dansaient dans l'air. L'avant-poste monté rapidement par la bannière Draknys se dressait comme un mirage sombre au milieu de ce désert implacable, ses bannières flottant mollement dans la chaleur déclinante.

    Nos soldats, dont je faisais partie, vêtus d'armures lourdes qui étincelaient sous les derniers rayons du jour, se tenaient en formation, tendus comme des cordes de harpe sur le point de se rompre. Shael, jeune et fougueuse, scrutait l'horizon avec détermination. À ses côtés, Darius, mon père, un vétéran aguerri, ajustait son casque en acier alors que ses cornes abîmées s'érigeaient fièrement à travers comme une couronne naturelle, observant les dunes avec un mélange de résignation et d'expérience.

    Le carrefour qu'on devait garder était le point de rencontre des destins, et le vent portait déjà le murmure de l'adversité. Les premières flèches sifflèrent, marquant le début d'un ballet mortel. Les catapultes ennemies libérèrent leur pluie de projectiles enflammés, pulvérisant la ligne alliée. Shael et Roman, camarades inséparables, ma deuxième famille, furent engloutis dans l'explosion de feu, leurs silhouettes disparaissant dans le chaos. Le bordel ambiant était si fort pour les oreilles que je ne m'entendais même pas rugir ma douleur de les perdre à tout jamais. Sauvage, furieux et indomptable, je feulais, portant une fureur animale qui semblait insensible à la douleur. Passant les rangs ennemis avec une détermination que je n'avais jamais atteint, emportant tout sur son passage. Mais ce n'était pas suffisant.

    Les survivants tentèrent de retraiter sous un déluge de flèches ennemies. Dans la confusion, le Sous-Officier Dunark fut neutralisé d'un coup brutal, sa tête tranchée par une lame féroce. La bataille se mua en une retraite désespérée. Les flèches sifflaient comme des serpents dans le ciel obscurci. Il ne restait désormais plus rien.

    Il fallait fuir.

    ***

    Deux jours, deux putains de jours à errer dans ce désert maudit. La chaleur étouffante me lacère la gorge à chaque souffle de vent brûlant. Mes jambes sont lourdes, comme du plomb, et mes pieds meurent à chaque pas dans le sable brûlant. La peau de mes épaules écaillée est écorchée par le soleil implacable. On a trouvé des survivants sur notre route. Tous, regardent le sol, bouffés par le désespoir. Et nous savons tous que nous ne sommes pas encore tirés d'affaires. J'ai perdu tout compte du temps. Le monde n'est plus que cette étendue sans fin de sable et de ciel, une punition sans répit pour notre échec.

    Ma mère, silhouette altière même dans sa détresse, marche à mes côtés. Elle n'a pas besoin de mots pour exprimer notre défaite. Ma mère ne dit rien, hormis ce "Casris", en boucle comme un espèce de mantra. On n'a pas besoin de parler de toute manière. On sait tous les deux que cette fuite n'est pas une victoire. C'est une déroute, une humiliation qui nous colle à la peau. La culpabilité me ronge, mais je ne peux rien dire. Chaque pas dans le sable m'éloigne un peu plus de la personne que j'étais.

    Une partie de moi est morte là-bas.

    Je lui jette un regard, son visage sculpté par des années de guerre, maintenant marqué par la défaite. Elle porte l'armure de notre peuple, mais même l'acier ne peut pas protéger son cœur contre la douleur. Le poids du chagrin est comme une enclume qui pend au-dessus de moi, chaque pas dans le sable enfonçant cette douleur plus profondément. Darius, mon père, celui qui a partagé le fardeau de la guerre avec ma mère, a été arraché de nous de la manière la plus brutale. Je ressens sa perte comme un vide béant, un abîme sans fond qui aspire tout sentiment de bonheur et d'avenir. Son visage hanté par l'expérience, ses yeux porteurs d'une sagesse forgée dans le chaos des champs de bataille, sont désormais des souvenirs éphémères. Chaque fois que je ferme les yeux, je le vois empalé sous le déferlement de l'ennemi, luttant jusqu'à son dernier souffle.

    Il n'y a eu ni adieu ni étreinte finale. Juste la cruauté brutale de la guerre qui nous l'a pris sans sommation. Son épouse, porte la douleur dans son regard. Leurs vies étaient entrelacées par la guerre, et maintenant elle est condamnée à porter le deuil de son mari. Elle tient tête, comme d'habitude, fière et inébranlable, mais ses yeux trahissent la tristesse profonde qui consume son âme. La perte de père a créé une cicatrice invisible qui ne guérira jamais tout à fait. Je me surprends souvent à chercher son ombre parmi nous, à espérer qu'il surgira de derrière une dune, souriant malgré la gravité de la situation. Mais il n'y a que le silence implacable du désert qui répond à mes attentes vaines...

    Les premiers soupirs de soulagement se feront quand nous verrons le relief de Kyouji ainsi que le reflet lumineux du Lac Riberth, au loin. Les vingtaines d'hommes qui nous ont rejoint au compte-goutte commencent à remplir leurs gourdes. Mère les rappellera tout de même à l'ordre :

    « Nous sommes encore en territoire ennemi. Soyez vigilants.
    - Mère, vous parliez de Casris. Qui c'est ?
    - La belle famille de ton oncle. Il vit en République. Il a même une fille, une jolie demi-drakyn.
    - ...Qu'est-ce que vous allez faire ?
    - Lui envoyer une lettre et prier les Astres que tout se déroule comme prévu.
    - Hm.
    - Sois fort, Kieran, pour ton père. »

    Première réelle discussion depuis plus de 48 heures. Et ce qui devait arriver, arriva. Croiser aucun ennemi jusqu'à maintenant relevait du miracle, et c'est en passant un talus immense qu'on voit un groupe d'hommes, ennemis, en contrebas. Postés dans un camp de fortune, et qui ont la même mine que la nôtre. Leur bannière flotte encore, fière et inébranlable. Les vainqueurs, et nous les vaincus. J'ai cru sentir mon cœur s'arrêter, et ma respiration se couper. Et pas un seul dans nos rangs n'a poussé de cris, ou n'a brandi sa lame. Seulement un silence désespéré, à toiser ces personnes sans aucune animosité. Le temps va s'effiler comme une éternité. La douleur nous a déjà tous achevés. On a faim, soif, sans la moindre force si ce n'est celle de marcher. Mon regard balaye cette troupe de l'armée de Ryssen...

    ...Lassé. Sans avoir réellement envie de vivre.

    Puisque j'ai déjà tout perdu.
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    Alaric Nordan
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  • Dim 24 Déc - 10:59
    "Bordel, pourquoi on est là !"
    "Parce qu'on a reçu des ordres ? Qu'on s'est mangé une sale dérouillée par un peloton ennemi et qu'on devait quand même se rendre sur les berges boueuses du lac ? parce qu'on devait contrôler la frontière malgré nos pertes ? "
    "Oh... ta gueule ! "
    "Alors pourquoi tu te plains, imbécile ? "
    "Je me plains parce que je suis naze et que..."
    "Comme tout le monde du groupe, crétin ! tu crois que tu es le seul là ? "
    "Vous deux, fermez donc votre clapet !"
     
    Les deux soldats se figèrent à l'ordre, avant de tourner leur tête vers l'homme qui était agenouillé près d'un autre combattant.
     
    "Oui Shekhikh… Désolé, c'est..."
    "Je m'en contrefous ! Nous sommes tous épuisés. Ce n'est pas une raison pour se bouffer le nez ! Allez relever les nasses."
    "Mais..."
     
    Le regard courroucé du Shekhikh suffit aux deux râleurs à aller rejoindre le bord du lac et faire ce qui était demandé. Ces nasses avaient disposé pour avoir un peu de poisson frais, afin d'agrémenter un peu les repas et reprendre quelques forces, tout en économisant ce qui restait des rations de combat.

    Alaric soupira et essaya de canaliser encore un peu de magie pour essayer de soigner au mieux le capitaine... Lui aussi avait joué de crétinerie. À vouloir absolument et loyalement remplir sa mission, il avait caché la blessure qu'il avait reçue. Une sale blessure à l'abdomen. Il avait demandé au mage de s'occuper d'abord de ses hommes, avant de commencer à se sentir mal avant d'arriver ici, sur les abords vaseux du lac. Un camp de fortune avait été monté à la hâte, et malgré la présence des sentinelles et de quelques binômes qui patrouillaient les lieux, sans être trop éloigné du campement, Alaric ne se sentait pas vraiment en sécurité. Les chances de croiser des rebelles étaient plus qu'improbables. Mais en temps de conflits, tout pouvait arriver. 

    Était-ce la proximité avec le lac ou la frontière avec la République qui le mettait mal à l'aise avec le risque de voir de l'ennemi leur débouler dessus ? Son inquiétude croissait plus pour l'officier. Sa situation était si critique, qu'il tenta encore une dernière fois de faire quelque chose avec le peu de magie qui lui restait. S'il lui avait signalé ce coup reçu plus tôt, la situation n'aurait pas aussi vite dégénéré ! Un coup tranchant ne pardonnait guère quand il n'était pas pris à temps et quand on se retrouvait limité en puissance. Et puis, Alaric se retrouvait face à un autre dilemme… S'il y mettait toutes ses capacités, il deviendrait un poids pour la troupe, incapable de secourir le plus grand nombre... Il serra les dents... Foutu conflit, où des frères, des proches, des amis en venaient à se foutre sur la gueule pour des histoires de clans ! 

    Un instant, le mage fut tenté d'aller intercéder auprès du second capitaine, occupé à revoir les plans de la mission. Retourner au plus vite à Kyouji serait la meilleure des solutions... Ainsi, le capitaine pourrait être sauvé et… 

    *Trop tard.... *

    Il soupira et vérifia une dernière fois s'il y avait un pouls... L'officier avait expiré… L'infection s'était généralisée et s'était montrée trop importante, quoiqu'il aurait pu tenter.

    "Bordel de....."

    Il se redressa et passa les deux mains sur la figure. Qu'il se sentait las d'un coup... Perdre une vie, alors qu'il avait tout tenté... Cela lui bouffait les tripes. 

    *Peut-être pas assez tenté surtout.... *pensa-t-il en laissant retomber ses deux mains et se retourner vers le défunt chef. La nouvelle allait encore foutre une bonne claque au moral dégradé de la troupe. 

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    Kieran Ryven
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  • Lun 1 Jan - 16:52
    On va se retrouver posté devant ce beau monde peut-être... Cinq minutes.

    Cinq foutues minutes, à écouter nos respirations abîmées, sifflantes, sur une légère cacophonie de nos armures. Je ne peux m'empêcher de regarder notre auditoire ; ils n'en peuvent plus. Et l'éclat du combat qu'ils ont eu dans leurs yeux il y a maintenant deux ans avant cette cuisante défaite ressemble à un regard morne et éteint. Je peux même déceler la crainte, la peur, l'appréhension, le doute, l'abandon. Un amoncellement d'émotions qui résonnent de cette défaite, un écho insurmontable à écouter, et qui frappe en nous comme un clocher religieux. Indéfiniment. Mère lève le poing et ordonne silencieusement le repli en se dissimulant derrière le talus. Elle, c'est une véritable braise qui illumine ses yeux. Ils ont pris sa famille, son amour, son foyer, ses terres, désormais elle ressemble à une dragonne extrêmement dangereuse ; une dragonne qui n'a absolument plus rien à perdre. Sa voix, dans un murmure, siffle comme un prédateur qui s'adresse à des proies bien plus petites qu'elle.

    Mes yeux s'embrasent de rage, à mon tour.

    « Ils ont des vivres, probablement le nécessaire de soin. On va tout leur prendre.
    - Pas sûr que nous tiendrons une attaque de plus. Que je rétorque, pragmatique.
    - On doit s'occuper de tout le monde, et nous ne tiendrons pas plus d'une journée supplémentaire si nous ne faisons pas quelque chose.
    - Bien. »

    L'auditoire commence à s'opposer, dans leur posture, en reculant, puis donnant leur avis les uns après les autres, tous aussi louables. On est peut-être en infériorité numérique, ils sont probablement en meilleure forme que nous, peut-être moins blessés. Je me redresse doucement, en levant une main dans leur direction pour chercher leur attention, le cœur battant, et convaincu qu'on peut faire quelque chose. Il n'est pas question d'espoir mais de nécessité. Si on ne meurt pas sous le tranchant d'une lame, c'est le Sekai qui aura raison de nous.

    « Toutes les guerres connaissent des accalmies entre deux tempêtes. Il nous arrivera de perdre la foi, d'être trahis parmi nos alliés. Mais à aucun moment nous n'abandonnerons le Reike. C'est le Reike qui change de visage, nous serons ses mémoires. Nos espèces, unies par une histoire, qui ne seront pas oubliées, et par un avenir que nous affronterons ensemble. Je m'appelle Kieran Ryven, et je lance ce message afin que ce passé reste gravé dans nos mémoires, car c'est à travers ces souvenirs... Que nous survivrons. »

    J'arme mon poing fermé au milieu de l'assemblée, mon corps habité d'une énergie et d'une force nouvelles.

    « Pour nos mémoires, messieurs dames. Nous ne serons jamais morts. Quoi qu'il arrive. »

    Et, au compte-gouttes, les visages changent, et les poings s'entrechoquent contre le mien. Les respirations deviennent des grognements qui renforcent le climat, le moral, les esprits et les motivations. Chacun commence à ajuster et réviser ses armes, de mon côté, c'est une main maternelle qui vient lécher ma joue d'un contact chaleureux réconfortant. Mère n'a pas dit un mot, mais son sourire en disait suffisamment. Prenant un bâton, elle commence un croquis du camp. Tous, genoux à terre, observent ses gestes religieusement. De ma griffe, je commence à penser à voix haute tout en ajoutant des données sur le dessin fait à la va-vite.

    « Observez les sentinelles, attendez d'avoir la rotation de leurs patrouilles. Une frappe éclair va bousculer la situation sur un tir simultané des archers et empêcher d'alerter le groupe.
    - Vous cinq, vous avancerez à pas feutrés, attendez mon signal, je commanderai. Ponctue mère, en pointant les archers tout en ajustant son carquois.
    - Hm, l'infanterie en bouclier sera avec moi en première ligne. Les hallebardiers déborderont de chaque côté, empaleront sur les flancs, nous tiendrons la ligne en attendant qu'ils arrivent. Une fois que les archers auront éliminé les sentinelles, commencez les tirs de suppression, tirez au-dessus de nous. On perce leur défense, on les fatigue, les prend à revers et nous récupérons le camp avant de prendre le nécessaire pour poursuivre le voyage.
    - On frappe ce soir.
    - Vous avez pigé ? Bien. En avant. »

    Un signe de tête entendu, tout le monde se repose. Au total, une vingtaine d'hommes. Mais demain, on sera moins. Peut-être que le destin sera clément, mais en attendant des gens doivent encore mourir.

    ***
    **

    La nuit engloutissait l'environnement alors que nous avancions furtivement vers le camp ennemi, chaque pas feutré portant le poids d'une mission cruciale. Notre survie. Les sentinelles patrouillaient, inconscientes de la tempête silencieuse qui s'apprêtait à s'abattre sur elles. Ma mère, silhouette sombre à la tête de notre petit groupe, observait les mouvements ennemis avec une concentration calculée. Les archers, encapuchonnés dans l'ombre, attendaient le signal. Les hallebardiers, silhouettes menaçantes, se glissaient dans la nuit sur les flancs du camp. La tension montait, palpable comme une lueur électrique dans l'air.

    Pas de mots inutiles, pas de regards complices. Juste le poids du métal dans nos mains et le murmure du vent.

    « Maintenant. » cracha ma mère.

    Les flèches sifflèrent dans l'air, et les sentinelles tombèrent comme des marionnettes désarticulées. Aucun cri, juste le silence brutal de la mort. Les archers se fondirent dans l'ombre, fantômes de la nuit.

    « Avancez !!! Qu'elle rugit.
    - CHARGEZ. » Que je renchéris.

    L'infanterie en bouclier se rua en avant, boucliers levés comme des murs de pierre. Les hallebardiers se déplaçaient comme des fauves affamés, prêts à déchiqueter tout sur leur passage. Pas de stratégie sophistiquée, juste l'assurance brutale de l'avance. L'obscurité masquait mon visage, mais l'éclat de la lueur des étoiles révélait une expression déterminée, une résolution forgée dans les feux des batailles précédentes. En tête de la charge, tenant Portecendres, je feulai comme un dragon enragé. Les archers, postés en hauteur, déchaînèrent leur salve de flèches, créant un ciel de traits mortels au-dessus de nous. Leurs flèches sifflaient comme des émissaires de la vengeance, portant le poids de notre détermination. J'entendais le claquement métallique des armes, les cris des combattants, mais au milieu du chaos, il y avait une clarté.

    Une inspiration d'espoir, la rage de vaincre. La rage de vivre. Pour nos mémoires. Nous sommes les vestiges d'une longue dynastie, et nous ne partirons pas comme ça.

    Pas de danse gracieuse...

    ...Juste une boucherie brutale.
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    Alaric Nordan
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  • Mer 3 Jan - 10:04
    Comme il l'avait bien supposé, la perte de leur capitaine foutu un bon coup au moral, déjà bien mal. Le second, un foutu lieutenant qui s'enorgueillissait d'avoir des compétences extraordinaires de commandement, ne prit pas le temps de dire un mot à la mémoire de leur défunt chef. Pour lui, la situation ne le permettait pas, et qu'il fallait maintenir les sentinelles et les patrouilles en place, malgré la fatigue physique comme mentale. Rien qu'un mot, cela n'aurait coûté qu'un peu de son temps, histoire que malgré l'adversité, il fallait tenir bon, que le Capitaine avait cherché à accomplir son devoir jusqu'au bout... le discours qu'on sort normalement pour que les troupes ne partent pas en déliquescence ! Ben non, cet imbécile avait préféré retourner dans sa tente, pour terminer l'élaboration d'un nouveau plan de mission. 

    *Nouveau plan de mission... mes fesses oui ! Il attend le lendemain matin pour ordonner le retour à Kyouji surtout ! *
     
    Et ce crétin d'officier pensait avoir bien fait son taff en exigeant au mage de se reposer un maximum. Pour lui, un Shekhikh devait être au maximum de ses capacités pour le soutien. Peut-être le seul point intelligent qu'il avait eu de la soirée ! 

    Après s'être assuré que le corps du capitaine avait placé à un endroit approprié et décemment respecté, couvert d'un drap de la tête au pied, avec ses armes non loin de lui, Alaric ne s'était pas fait prier pour se vautrer sur une paillasse protégée d'une simple toile de tente et de s'enrouler dans sa cape. Le sommeil le gagna aussitôt qu'il ferma ses paupières, un sommeil bien lourd à un point qu'il sursauta quand on le secoua brutalement.

    "Shekhikh..."
    "Bordel.... je dormais ! "Trop bien même, qu'il y serait bien resté, malgré le frisson qu'il eut quand sa peau lui rappela que l'air était frais cette nuit. 
    "C'est le Lieut'... il veut vous voir... "
    "Pouvait pas me laisser tranquille celui-là... hum merci..."

    Décidément... Alaric marmonna dans sa barbe le temps qu'il se releva, avec cette sensation d'être rouillé de partout. Il se frotta les bras pour se réchauffer un peu et réagença un peu sa tenue avant de se diriger d'un pas lourd vers la tente du Lieutenant. 

    *Il a intérêt à avoir une bonne raison, ce con ! *

    Il bâilla tout en marchant. Il faisait encore nuit. Il se demandait combien de temps, il avait pu ronquer... Il devait dormir encore debout, car il n'entendait même pas de bestioles au loin... Les grenouilles coassaient avant qu'il n'abrutisse de sommeil tantôt. Et là rien ? Il eut comme une drôle d'impression et s'arrêta.

    Ce fut d'abord une courte rumeur braillante, qui se rapprocha à en devenir un rugissement guerrière ! Alaric se retourna vers la source, figé de stupeur sur ses deux pieds. 

    "ON NOUS ATTAQUE ! "

    Ce fut alors le chaos.

    Alaric se bougea immédiatement pour se mettre là où devait être sa place, à l'opposé du front, sondant vivement son niveau de magie. 

    *Ça n'en finira jamais ! *

    Quand cette merde de guerre stupide cessera-t-elle donc ? Il réussit à se faufiler, longeant le bord du fleuve pour laisser place aux soldats qui tentaient de se regrouper. On entendait le Lieutenant aboyer ses ordres. Puis, ce fut un intense fracas qui se répandit tout autour. Le métal frappa le métal. On hurlait, ça criait ! Les combattants des deux camps s'affrontaient farouchement.

    Alaric, les yeux écarquillés, se tenant prêt à intervenir, contemplait de sa position l'approche des hallebardiers qui débordaient sur les flancs, pendant que les soldats de son groupe faisaient front contre une solide rangée de fantassins, boucliers mis en avant. L'ennemi avait préparé son attaque. L'humain déglutit. Les sentinelles n'avaient rien vu venir.

    La troupe adverse était en minorité, mais avait l'avantage sur les soldats du campement, qui n'avaient que trop abaissé leurs gardes, harassés par la fatigue et menés par un officier au commandement douteux. Le mage ne voyait pas la victoire éclater pour le Lieutenant... L'intensité de l'assaut s'amplifia d'ailleurs. Un mouvement attira l'attention d'Alaric. Un homme titubait le long de la berge boueuse. Une sentinelle avait survécu à la première volée de flèches. Un empennage dépassait de sa poitrine. Sans attendre, le mage se précipita vers lui, le rattrapa à son affaissemment et déjà la question d'où le foutre pour le mettre à l'abri et le soigner se posa... nulle part ! Alaric fouilla désespérément les lieux, de plus en plus envahis par les combats... C'était bien plus que le chaos ! C'était un véritable enfer ! 

    Soudain, le blessé se tendit, brutalement, venant de se prendre une autre flèche en plein milieu de la poitrine. Il chuta, entraînant Alaric dans l'eau boueuse. Le mage sentit la morsure glaciale de l'eau, se détacha de la sentinelle, abattue définitivement, refit surface en toussant et appela à lui la terre plus ferme du sol pour dresser un mur incliné sur lequel il se cala immédiatement... Juste à temps quand il entendit des flèches percuter violemment son bouclier salvateur. Il frémit. Une fois de plus, il avait réchappé à la mort, juste à temps !  Son regard se braqua quelques secondes sur le corps flottant de l'homme qu'il avait cru pouvoir aider. 

    *Je dois m'éloigner, je suis trop proche de la zone d'affrontement ! *

    Il abaissa légèrement son mur pour évaluer vivement la situation. De ce qu'il voyait, clairement, c'était l'enfer. Il devait reculer et vite, pour se mettre hors de portée des hallebardiers qui repoussaient les soldats de son camp, hors de portée des flèches qui déchiraient les cieux pour transpercer les chairs.  Découlant de boue et d'eau encore, il manqua de glisser en avant en se relevant. Heureusement, il ne se vautra pas, s'étant rattrapé de justesse avec ses mains. Une ombre menaçante le couvrit. Une ombre plus que menaçante même. Alaric bondit en avant, fit volte face et se tendit. Oh bordel ! Un Drakyn !  Et il était grand, comme quelque chose de très grand ! Il ne put s'empêcher de reculer de quelques pas, sentant qu'il reculait stupidement dans l'eau ! 
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    Kieran Ryven
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  • Mer 10 Jan - 10:26
    La guerre, encore.

    Une bataille, une fois de plus.

    Pitié, la dernière.

    Choisir notre bourreau, l'impitoyable Sekai qui nous tuera à petit feu, ou bien ce groupe d'hommes, sans se défendre. Il fallait dégainer en premier, agir en vitesse, et profiter de l'effet de surprise. C'était peut-être mon dernier assaut, et que je rejoindrais père dans un baroud d'honneur. La première percée s'effectue dans une collision de boucliers, dans laquelle je fais frapper Portecendres dans le tas. Un bruit métallique dans le premier coup, celui d'un crâne brisé au deuxième, l'impact rappelant une bûche tombant sur un tas de feuilles mortes.

    « ON TIENT LA LIGNE !! »

    L'assaut commença comme un coup de poing dans les tripes. Les boucliers heurtaient la ligne ennemie comme une marée implacable. Les hallebardiers déferlaient sur les flancs, des lames acérées trouvant leur chemin dans la chair ennemie. Le bruit était un mélange chaotique de cris, de métal contre métal, de chair déchirée. Plusieurs de mes camarades vont goûter à des ripostes fatales, ou se faisant déborder par le nombre progressivement, voyant les soldats s'armer de plus en plus avant de charger. Armure contre armure, c'est le début d'un bras de fer, puisant des pouvoirs de force surdéveloppé pour tenter de les faire reculer.

    Puis tout se fracture. Notre groupe s'écarte, les flancs pris par les hallebardiers ne suffisent pas, c'est un véritable bordel où chacun se trouve éparpillé dans une bataille macabre, lugubre, crachant les dernières forces de chaque soldat présent dans cet échange odieux, se battant pour leurs idéaux, se battant pour celui qu'ils estiment légitime sur le trône.

    On se bat pour des personnes qui ne nous connaissent pas.

    Dans cette réflexion, j'ai comme un flottement d'hésitation, mais une lame fonçant droit dans ma tête me rappelle à l'ordre. Paré au dernier moment, une estafilade sur ma joue fera jaillir du sang sur mon épaulière. Je resserre la distance, tiens son bras pour l'empêcher de bouger, lui assène un brutal coup de tête, le soulève par le col avant de le projeter au sol et l'empale avec sa propre lame. En me redressant, mes iris resserrés par l'instant fort du combat se dilatent vers un homme à mes pieds. Mon ombre l'engloutissant comme un bourreau qui avait posé son jugement. Dos à moi, je ne prends pas la décision de le tuer, c'est lâche et contraire à mes principes. Même si la guerre a ses lois qui sont loin d'être morales, surtout au Reike. Se redressant devant moi, je peux voir qu'il est partiellement boueux, crevé au moins autant que moi. Un humain que je surplombe facilement de toute ma masse.

    Je marche dans sa direction, il recule vers le point d'eau. Les clapotements de nos bottes se feront rapidement entendre. J'essaie de chercher des armes sur lui, mais je ne vais trouver que ses mains nues. Est-ce que je suis vraiment réduit à buter un soldat sans armes ? Il ferait quoi à ma place ? Je relève la pointe de Portecendres droit dans sa direction dans un chuintement grave, sinistre et macabre.

    « Tu te rends, ou si t'es un gradé, de sonner le repli, ou tu te bats. » Que je tonne, ferme.

    J'essaie d'utiliser mes sens surdéveloppés pour tenter de trouver quelque chose sur sa tenue, mais dans ces conditions, ça relève de l'espoir. Mais je suis un Drakyn d'honneur, et il est hors de question de prôner le combat lâche. Le cadavre du soldat précédemment tué sur mon flanc, j'extirpe l'épée de son torse avant de la jeter aux pieds de celui que je tiens en joue. L'hémoglobine coulant encore sur ma joue, mes lèvres ouvertes de fatigue, mon bras ne tremble pas.

    Prêt à en découdre.
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    Alaric Nordan
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  • Dim 14 Jan - 12:11
    Quand l'épée à l'allure meurtrière se pointa dans sa direction, Alaric retint presque son souffle, s'attendant à ce que le couperet tombe. Putain de guerre fut alors sa pensée de l'instant, avant de sursauter à la voix tonitruante du grand Drakyn. Il était sérieux là dans ses propos ? Vite, trouver une réponse ! Il n'était pas un gradé. Enfin si ! Mais pas comme le croyait le guerrier écailleux qui le dominait de toute sa monstrueuse taille. Et se rendre ? Il n'avait aucune certitude de ce qui se passerait par la suite. Quand à se battre... Il y tenait vraiment l'autre ? Il eut la réponse quand l'épée jetée par le Drakyn tomba à ses pieds, la poignée dans sa direction, qui n'attendait que sa main pour quitter le sol boueux. Et à le voir avec sa redoutable lame pointer dans sa direction... oui, il était sérieux, il voulait en découdre. Son bras armé dans sa direction ne tremblait même pas. 

    Il osa à peine porter son regard derrière le Drakyn, contemplant les affrontements hasardeux entre les deux parties. Il y avait un tel chaos qu'il ne saurait dire qui était en train de prendre le pas pour remporter la victoire. Tout ce qu'il était capable de voir était que les combats n'étaient que massacre, cris de hargne ou d'agonie sous le chant lugubre des fracas des armes entre elles ou contre les boucliers. Son regard effrayé se porta sur le Drakyn. Il ne pouvait pas rester là les bras ballants !  Fuir ? Il sera découpé en deux morceaux par son épée ! Se rendre ? Aucune certitude de survie... Se battre ? Lentement, il se baissa, difficilement tellement ses muscles étaient crispés. Sa main se ferma sur la poignée de l'épée, couverte de sang et de boue. Se battre... Son visage se serra et d'un coup, il jeta l'épée vers le lac, qui l'engloutit aussitôt quand elle en frappa la surface dans un bref son d'éclaboussure.

    "Je ne me rendrai pas comme je ne me battrai pas ! Assez de ce carnage ! Quand est-ce que toutes ces conneries cesseront dis moi ! "

    La fureur des combats.... des hurlements, des cris, le métal qui crissait. Un homme beugla au loin que le Lieutenant venait de se prendre une flèche en pleine tête. Avec preille nouvelle,  les militaires de son groupe qui se battaient encore vont perdre les dernières miettes de courage face à l'adversaire... 

    "Je ne suis pas un guerrier ! Je suis un..."

    Une douleur lui déchira le haut extérieur de son épaule gauche. Déséquilibré par le choc, il tituba en arrière, avant de s'effondrer dans l'eau, heureusement guère profonde, mais toujours aussi froide. Cela l'aida à ne pas sombrer dans la vague de souffrance qui avait commencé à abrutir son corps et son esprit. Putain, qu'est-ce qu'il s'était bouffé ? Une flèche.... putain de merde. C'était bien sa veine ! Il gémit quand il se remit péniblement debout, évitant de trop vaciller sur ses deux pieds. D'un rapide coup d'oeil, il constata que le trait avait traversé son épaulière en cuir avant de transpercer le deltoïde.L'artère n'était pas touchée, c'était déjà cela. Mais putain, que cela faisait un mal de chien. 

    "C'est con pour un FMR de se faire tirer comme un lapin.... Marmonna-t-il.

    La tête lui tourna un peu. Il se laissa tomber sur le cul, avant de redresser la tête vers le Drakyn. 

    "Tu me captures ou tu me pourfends ? "

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  • Jeu 25 Jan - 14:50
    Les idéaux sont pacifistes, l'histoire est violente.

    Un face-à-face possiblement macabre.

    Quand je raconte cette histoire, je ne suis pas le Drakyn placide, impassible du Razkaal que mon entourage connaît aujourd'hui. J'étais simplement un soldat à cornes torturé, qui venait de perdre sa maison et ses proches. Le cœur envahi par une tristesse et une colère profondes. L'heure était simplement de survivre, sans réellement savoir pourquoi, peut-être simplement par instinct, ou peut-être en frôlant l'illusion avec l'espoir que les choses s'arrangeront. En regardant autour de soi, on ne peut que réaliser le chaos qui continue de ronger le monde. Cycliquement, à faire en sorte que les gens continueront de se trucider, il suffit d'une raison pour le faire, et ils trouveront toujours des arguments pour rendre cette raison légitime.

    Une raison pour tuer. De l'argent, du pouvoir, des territoires, de l'influence... l'amour. Ou écraser son ennemi pour lui imposer une conduite, un dogme, une vision.

    L'homme qui se tient en face de moi a un comportement déroutant. Il est venu chez moi avec ce Tensai. Ils ont tout brûlé, tout pris, et il ne m'attaque pas. Qu'est-ce qui se passe dans sa tronche pour avoir autant d'hésitation ? J'ai tué des humains qui n'avaient aucune peur des Drakyns, j'en ai l'habitude maintenant. Mais là, c'est différent. Jusqu'à ce que ses phalanges fassent le tour du manche de l'épée. Une immense expiration s'échappe de mes narines en laissant une fumée opaque. Commençant à me mettre en garde, ignorant tous les bruits parasites, du clinquement métallique des conflits, aux sanglots, comme si je portais des œillères qui se resserrent uniquement sur ma cible.

    Avant que la lame soit jetée plus loin pour disparaître dans l'eau.

    Orientant doucement Portecendres vers le sol, c'est avec un certain étonnement que j'écoute son discours. Qui me permettra de faire la différence, la nuance sur qui il est, et il n'est certainement pas un guerrier. Je voulais en apprendre davantage, mais une flèche venue d'ailleurs finit dans son épaule pour l'allonger à l'impact. Je fais rapidement volte-face et constate que c'est ma mère, tenant l'arc d'un des hommes qu'elle remet directement à son propriétaire avant de me faire un signe de tête de l'achever.

    « À vos ordres, mère. » Que je siffle.

    Un moulinet, un deuxième, et le voilà qui se relève. Un murmure s'échappe de sa bouche, je crois entendre les lettres "FMR", qui viennent me court-circuiter dans ma manœuvre. Comme un condamné blessé sur le billot, il s'effondre et sa question vient m'arracher une confusion très étrange.

    « Tu es des Forces Médicales Reikoises ? »

    Mon visage se déforme, mes traits se durcissent d'une rage de plus en plus envahissante. Je fais planter mon épée au sol, puis mon bouclier, avant de lui attraper la gorge et le soulever, les phalanges engloutissant son cou, en exerçant une pression lourde sur sa carotide. Je veux que l'air soit aussi rare à récupérer que mes espoirs d'avoir des jours heureux au Reike.

    « C'est toi qui les soigne. Les maudits soldats de Ryssen. C'est toi, qui fait en sorte que ce carnage dure, encore et encore. »

    Mon bras se lève, sa tête arrive à ma hauteur, puis davantage au-dessus. Mon regard devient vitreux, embrumé par toutes les émotions qui me submergent.

    « Ces conneries, c'est ton connard de Roi qui les amené ici. Un barbare, qui a décidé que le trône du Reike lui revient. Il a buté Draknys, a fait décapiter ses seigneurs, nous massacre depuis deux longues années, et maintenant on nous chasse de nos terres. »

    Mes doigts se resserrent, mes griffes déforment sa peau sans encore la transpercer.

    « J'ai perdu mon père, mon frère et ma sœur d'arme, mes amis, ma maison, mes terres, et toi tu me demandes pour combien de temps ça va durer. »

    Ma main vacante empoigne sa flèche et ainsi commence une douloureuse rotation de la tête encore pointue, pour mieux malmener son muscle. Ma bouche est tremblante, ma musculature noueuse, congestionnée, hypertrophiée et sous tension. Lui briser la nuque m'a l'air si simple. Un bourdonnement rocailleux gronde dans mon torse, comme le grognement d'un dragon en proie à imploser, avant de feuler sur lui dans un rugissement puissant.

    « Tu veux vraiment savoir ? VA VOIR TON NOUVEAU ROI QUE TU CHÉRIS TANT. »

    Lancé comme une carcasse d'agneau à quelques mètres dans la flotte, je récupère mes armes, lame à l'épaule. Prêt à faire de ce camp un nouveau cimetière de macchabées ennemis.

    « La reddition ou la mort. Je ne ploierai jamais le genou devant ton Roi. »

    Une pensée court vers les yeux d'une jeune fille, la sœur de l'Héritier légitime, Ayshara. Et mon cœur saigne de ne pas avoir pu la protéger, elle et sa famille. Maintenant je dois protéger la mienne et ma survie.

    Pourquoi ? Je ne le sais pas encore.
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  • Sam 27 Jan - 15:24
    À peine avait-il posé stupidement sa question qu'il se rendit compte qu'il était décidément totalement à côté de la plaque. Au lieu de chercher à se sauver, il était là, le cul par terre devant l'ennemi. Le Drakyn n'avait pas perdu de temps à réagir, lui. Après avoir planté ses armes dans le sol, il se baissa pour saisir l'humain au cou et le soulever à bout de bras sans le moindre effort, comme s'il n'était qu'un simple fétu de paille. Cette main hargneuse et emplie de griffes avait entouré son cou, le serrant fortement tout en lui faisant quitter le sol boueux. 

    Les yeux écarquillés, Alaric se démena pour vainement tenter de se défaire de cette prise qui lui broyait la trachée, lui interdisant presque de respirer, pendant que la peur gonflait le rythme de son cœur, le rendant douloureusement tambourinant dans sa poitrine. Des regards haineux, il en avait déjà croisés dans d'autres affrontements. Mais jamais un comme celui du Drakyn, qui s'adressa à lui, profitant d'avoir sa proie en face de lui pour lui cracher tout son fiel de rage, cherchant un coupable à qui faire payer tout ce qu'il crachait à sa figure.  Le mage chercha bien à en placer une, mais avec le sifflet coupé, ce fut à peine un gargouillement qu'il réussit à émettre. Il frappa de son poing l'épais poignet écailleux quand l'ennemi ne serra plus sa main sur sa gorge. Alaric avait toujours su qu'il crèverait dans ce conflit stupide, mais pas de cette façon-là. Pourquoi n'avait-il pas cherché à fuir plus rapidement que cela ! 

    En désespoir de cause, il se débattit tant qu'il le pouvait encore, essayant d'inspirer l'air que ses poumons réclamaient. Un rien suffirait au Drakyn de lui broyer les vertèbres, mettant fin à son calvaire. Malheureusement, hormis se démener les pieds dans le vide… Les lourdes récriminations du guerrier enragé résonnaient douloureusement à ses oreilles. Comme si c'était le seul au sein du Reike à avoir perdu quelqu'un ou quelque chose, ou d'avoir assisté à la perte d'une famille entière, tout cela pour des luttes intestines pour le pouvoir, parce que deux clans étaient trop fiers l'un et l'autre pour céder du terrain ! Et lui, le Drakyn, n'entretenait-il pas ce cercle infernal de violence et de mort ?

    *Au lieu de me jeter toute la responsabilité à la gueule*

    La pression exercée sur sa gorge commençait à le faire suffoquer, de plus en plus. Il voulut hurler quand son ennemi prit un plaisir morbide à faire tourner la flèche figée dans ses chairs. Chaque millimètre de rotation était un déchirement de souffrance, excitant plus encore les nerfs déjà à vif dans l'articulation blessée. Le sang parut s'écouler sous la manœuvre de torture. D'un coup, le malmené se sentit envoyé dans les airs, avant de faire un plat douloureux à la surface glacée du lac. À moitié sonné, le cou libéré de toute entrave, il voulut respirer, manquant de s'étrangler en découvrant qu'il était sous l'eau. Heureusement, le fond n'était pas très profond et il sut reprendre pied pour sortir de là en titubant. 

    Le souffle court et sifflant, il crut tomber dans les pommes quand il s'affaissa à genoux. L'autre imbécile… Que croyait-il, hein ? Jamais cela ne cessera tant que des hommes tels que ce Drakyn continueront de se voiler la face sur la réalité de ce qui se passait pour le Reike. En quoi devrait-il être coupable de soigner des vies ? Il se mit à trembler, tant par le choc que par la rage qu'il avait envie de vomir de toutes ses tripes. L'affrontement se déroulait toujours, face à lui, à quelques dizaines de mètres de la berge sur laquelle il terminait de dégouliner de flotte et de son propre sang. Combien devront encore périr pour des conneries ? N'en avaient-ils donc pas tous assez ? La reddition ou la mort qu'avait craché l'autre hargneux écailleux ! Il ne ploiera jamais le genou devant Tensaï ? Il ploiera le genou autrement ! Peut-être comprendra-t-il qu'il était comme tous, comme lui aussi, dans l'alimentation déraisonné d'un combat qui n'avait même pas lieu d'être ici. 

    Il posa ses doigts sur la hampe de la flèche. Il frémit à l'idée stupide qu'il se préparait à commettre. D'un coup, il retira le trait, hurlant de douleur quand les chairs se déchirèrent à nouveau au passage de la pointe acérée. Sans attendre, malgré la tête qui lui tournait atrocement, il usa de sa propre magie pour endiguer le début d'hémorragie. Une fois le sang stoppé, même si les chairs étaient encore ouvertes, il lorgna les soldats de son groupe qui affrontaient les rebelles. Combien en restaient-ils encore en vie ? À les voir se démener, ils luttaient pour leur vie, pour essayer de trouver une échappatoire. Le Lieutenant mort, il ne savait pas qui pouvait prendre le commandement. Il frissonna à l'idée de jouer les donneurs d'ordre. Mais si cela pouvait sauver des vies... 

    Il se remit debout, peu certain de son équilibre. Il inspira longuement avant de hurler de toutes ses forces, de toutes celles qui lui restaient. 

    "RETRAITE ! REJOIGNEZ LE POINT DE REPLI ! "

    Il inspira à nouveau pour beugler un autre fait, que les hommes connaissaient et redoutaient à juste raison. 

    "LIQUEFACTION ! "

    Un mot étrange pour certaines oreilles, mais qui fut comme un signal d'un danger imminent, qui ne laissera pas d'évasion possible une fois pris au piège. Alaric se laissa tomber à genoux, ses mains se plaquant dans la boue de la berge. Un étrange frisson commença à faire vibrer le sol... de plus en plus intensément. Sous les semelles épaisses des soldats, le sol devenait mou. Des hommes encore en vie de la troupe d'Alaric s'étaient figés en percevant sous leurs semelles la terre commençant à devenir moins ferme, pendant qu'elle tremblait de plus en plus. Certains crièrent de panique, d'autres braillèrent des ordres pour que tous se cassent d'ici et suivent les ordres qu'ils avaient entendus de la bouche du mage. L'humain caressait l'espoir que tous ceux de son groupe réussiraient à s'échapper... là où les ennemis s'enfonceraient jusqu'aux genoux... non... jusqu'à la taille ! Peut-être que le Drakyn comprendra l'inutilité de sa propre hargne quand il sera incapable de se dépêtrer du sol... 

    Alaric garda le contrôle sur son sort le temps d'entendre des cris de surprise et de rage. Puis, il cessa de faire vibrer la terre, soupirant de l'effort exigé pour cette idée complètement folle. Dans les ténèbres de la nuit, il discernait des silhouettes qui gigotaient en tous sens, cherchant à se défaire de la prise terreuse sur leur corps. Il était presque risible d'en voir un ou deux frapper le sol de leurs armes pour essayer de creuser....

    Il n'eut qu'à tourner la tête vers le Drakyn.

    "Ces conneries... ce sont avec des gens comme toi qui veulent aussi les entretenir... pour avoir leur dose de sang et de vengeance...Qui veulent que la mort frappe encore et encore" Il se mit de nouveau à trembler. Bon sang, ce n'était pas le moment ! "Tu me reproches de soigner des hommes blessés ? Et ben oui, c'est mon boulot ! Je soigne les individus que cette guerre blesse, estropie ou massacre... Moi je vais te reprocher de provoquer la mort des tiens ! Tu as vu notre campement... Au lieu de nous contourner pour éviter l'affrontement, tu as préféré le provoquer... tout cela pourquoi hein ? Pourquoi ! Qu'est ce que tu y gagnes ! Regarde autour de toi et compte déjà les morts et les blessés de ton groupe ! Tout cela, pourquoi ? "

    Bordel, s'il le voulait, il pourrait tous les engloutir pour les enterrer vivant, pour s'en défaire une bonne fois pour toutes, les faire mourir d'asphyxie, la terre envahissant leur nez et leur bouche, dans une tombe anonyme pour chacun d'eux ! Son cœur battit plus fortement à cette envie croissante de tous les faire crever pour avoir la paix, ne plus avoir à se battre. Ses poings se serraient. Il n'avait qu'à saisir la magie, à nouveau, et ouvrir le sol sous leurs pieds ! Ce serait si facile... Mais il n'était pas un monstre ni un barbare... il fallait mieux que cela !
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    Kieran Ryven
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  • Sam 17 Fév - 14:22
    Toutes les guerres sont différentes. Une histoire, un homme tire à l'arc pendant des années et il part à la guerre. Et après, il rentre chez lui, et il se rend compte que quoi qu'il fasse d'autre dans sa vie... construire une maison, aimer une femme, changer les couches de son fils, il restera toujours un soldat. Et tous les autres soldats qui tuent et qui meurent, eux, seront toujours moi. On est et on restera encore dans ce désert. Pour toujours.

    J'ai du sang sur les mains. Je le sais.

    Mais dans une guerre, un mal peut devenir nécessaire, et c'est dans la guerre que les lois changent. Que la brutalité et l'initiative de l'être sont importants pour rester en vie. Peut-être que dans d'autres circonstances, cet homme et moi aurions pu être de bons amis. Peut-être que nous serions en train de boire un verre et d'admirer les musiciens nous chanter de jolies histoires sur le Reike et son héritage. Mais, il y a deux ans, il a été recruté par Tensai Ryssen, moi j'ai été appelé par le couple Royal Draknys, et nous avons pris les armes. L'un attaque, l'autre se défend. Aujourd'hui, l'un éradique les rebelles, l'autre fuit.

    Pas un seul instant je n'ai vu une lumière de justice dans cette bataille sordide.

    Je pensais en avoir terminé avec lui. Mais je me suis fourvoyé, c'était comme si j'étais aveugle, et que sa réaction m'avait retiré ce voile devant les yeux. Faisant volte-face, j'observe alors qu'il n'a pas froid aux yeux ; arrachant cette flèche et mettant en application ses dons qui font aujourd'hui son rôle dans les FMR. Mon nez se plie de colère. Puis mes yeux s'écartent de surprise lorsqu'il sonne le repli. Mon rugissement accompagne le sien. Pensant qu'il voulait simplement épargner ses hommes.

    « LAISSEZ-LES PARTIR ! »

    Mère n'écoute rien, elle commence à slalomer franchissant les obstacles pour les talonner avant de disparaître dans les obscurités dont elle seule a le secret. Je vais rester là, pantois et interdit tandis qu'il enfonce ses mains dans le sol boueux. Quelque chose de pas net vibre dans l'air. Mes genoux fléchissent involontairement, mes mains s'agrippant désespérément à la boue glissante de la berge. Un frisson glacial parcourt mon échine alors que le sol commence à vibrer étrangement, devenant de plus en plus instable sous mes pieds.

    Les semelles épaisses de mes compagnons d'armes piétinent désespérément cette terre devenue mouvante, et l'air est empli de cris de terreur et de confusion. Certains se figent, incapables de comprendre la nature du danger qui s'abat sur nous, tandis que d'autres hurlent des ordres désordonnés, tentant en vain de sauver ce qui peut encore l'être. Je garde mon calme et me laisse plonger doucement dans ce sol, maculé de sang, de terre et de boue. Enfoncé au niveau de la taille, il me surplombe comme je l'ai surplombé et commence alors un laïus qui me fait grincer des dents d'une rage difficile à canaliser. Je vais laisser un silence bien trop calme au milieu des sanglots et cris de terreur. Avant de prendre une inspiration.

    « Tu t'es dit : "je soigne des hommes blessés", comme si tu étais une main douce, un soleil pour les âmes brisées. »

    Mon poing se resserre.

    « Tu t'es dit : "je soigne des hommes, qu'on tue par vengeance", parce que, c'est vrai qu'on aurait dû se laisser faire et vous regarder nous massacrer jusqu'au dernier. C'est d'une logique implacable, je me trouve si bête. Comme ce que ton Roi a fait avec nos seigneurs, notre Roi, avant d'acheter sa fille comme un mouton. De la merveilleuse diplomatie poétique qui va si bien avec ta jolie voix. »

    Un immense coup de poing vient déchirer un cratère sur mon flanc pour libérer ma jambe, puis l'autre, avant de me sortir de son étreinte magique dans un grognement draconnique. Le regard sinistre, il s'illumine, incandescent, avant de cracher un flux de flammes qui danse devant moi, et d'encercler ce mage qui s'auto-proclame super-héros de la paix.

    « Regarde derrière moi, héros des Forces Médicales Reikoises. Il y a un désert dans lequel nous avons marché deux jours sans manger quoi que ce soit. Il te faut un dessin sur une feuille pour deviner notre raison ici ? Il te faut une raison, de ma venue ici ? Quand tu auras terminé de buter tous les "rebelles" sous tes jolies mains toutes douces qui n'ont rien fait de mal à personne - soi-disant, tu marcheras dans les rues calcinées du Reike par tes copains. Et tu pourras te dire "on a fait du super bon boulot, tout va bien, j'ai soigné des hommes blessés." »

    Je récupère mon épée avant de la ranger dans son fourreau.

    « Tu marcheras le long des arbres fruitiers d'Ikusa, c'est là que nous profitions de délicieuses boissons pressées fraîchement par les fruits cueillis, aujourd'hui brûlés par un siège qu'on n'a jamais demandé. Tu iras à Taisen, et tu te diras "très bien, nous sommes désormais au diapason avec le nom de notre Roi", alors que nous profitions de ses fontaines et de ses architectures puissantes qui viennent d'un tout autre héritage. Tu prendras un bain de soleil très doux à Kyouji, là où nous jouions en nous prenant pour des soldats du véritable empereur Draknys, et tu te diras "c'est chez nous maintenant, on l'a pris de la manière la plus éthique, après tout, il n'y a pas eu de blessés." »

    Un crachat de sang sort de mes lèvres, tandis que je fais demi-tour.

    « Prétendre sauver le monde, alors qu'on participe à sa destruction, relève soit du déni soit d'un problème intérieur. »

    Un autre coup de poing ouvre une brèche au sol pour sortir un autre soldat, le soulevant comme une poupée pour le poser à côté, et le laisser partir en extirper un autre, avec beaucoup moins de facilité. Pendant ce temps, le cercle de feu continue de crépiter, et de mon poing, je fais disparaître l'entrave ardente, aussi vite qu'elle est venue.

    « Nous sommes des enfants du Reike qui ont perdu. Alors on prend tout ce qu'on peut avant de partir, en se mettant au niveau de nos ennemis. Draknys m’a appelé pour nous défendre, Ryssen t’a appelé pour nous détruire. Toutes mes félicitations, vous avez réussi. »

    Un autre cratère libère un autre soldat par un coup de poing puissant.

    « Prenez simplement le nécessaire pour marcher plus loin vers là où vous savez. » Que j'ordonne au soldat encore en panique.

    Je me retourne une nouvelle fois vers cet adversaire à la pensée bien étrange. Un long silence plane de nouveau dans la cacophonie d'une bataille qui s'éteint peu à peu. De la tête aux pieds, il avait l'air d'être un homme bien. Pour autant, c'est la bannière Ryssen qui plane au-dessus de sa tête. Paradoxe, ou véritable volonté d'appliquer son pouvoir ? Est-ce qu'une guerre est le meilleur moment pour le savoir, ou lors d'une beuverie dans une taverne chaleureusement animée ?

    Faut-il vraiment essayer d'y répondre.
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  • Dim 18 Fév - 9:41
    Les rebelles prisonniers se démenaient pour tenter de se libérer de la prise de cette terre qui les avait vus naître, qui avait senti leurs premiers pas la fouler, accueilli en silence les larmes de leurs premières frustrations amoureuses... et pour d'autres, avait absorbé leur sang dans un dernier soupir. Cette même terre, silencieuse, qui pouvait encore devenir leur mausolée sans légendes, sans nom à inscrire pour rappeler leur gloire. Juste une pensée, juste une volonté et tous seraient enterrés.

    Le Drakyn se trouvait pris à la taille par l'effet tellurique commandé par le mage, réduisant drastiquement sa taille impressionnante. Cette fois, c'était l'humain qui le dominait d'une bonne taille. Il pourrait s'en gausser, l'humilier. Il n'en fit rien. Il était là, face à lui, le fixant avec une certaine froideur, avant de serrer le poing quand son adversaire reprit la parole, non sans un sarcasme acide. Quand le rebelle écailleux usa de ses poings pour frapper la gangue rocheuse qui le retenait prisonnier, l'humain se crispa, se raccrochant par réflexe à sa magie, prêt à le faire disparaître dans les entrailles de la terre. Un rien suffirait à l'occire. 

    Pendant qu'il entreprenait sa tentative de libération qui portait déjà ses fruits, le Drakyn continuait de discourir, distillant un venin verbal que le mage aurait espéré ne pas entendre. Chacun de ses mots entretenait ce qu'il voulait intérieurement fuir. Il l'entretenait, mais le ravivait surtout. Bordel, mais était-il aveugle à ce point ? Ou sa fierté prenait le pas sur la raison ? Le feu jaillit, l'encerclant. Il réussit à ne pas reculer d'un pas, à ne pas chercher à fuir, malgré les muscles tremblants de ses jambes qui étaient tendus pour donner l'impulsion d'une course effrénée. Une pensée, un songe et le Drakyn pourrait périr. 

    Le Drakyn réussit à se défaire de sa prison et commença à libérer ses compagnons les plus proches. Chacun de ses mots entretenait le feu de la hargne, comme celui qui crépitait autour d'Alaric, menaçant et mortel. Tous deux tenaient dans le creux de la paume la magie suffisante pour s'entretuer... À chaque son articulé qui sortait des lèvres épaisses du Drakyn inondait de colère l'esprit du FMR. L'envie de l'insulter, de lui ordonner de se taire enflait dans sa poitrine. Il ne comprenait rien ! Il se mordit douloureusement les lèvres. Sa propre rage l'aveuglait. Foutue guerre ! Foutue lutte de pouvoir qui déchirait toute une nation pour une histoire de clan ! Il ravala les injures qui le démangeaient, ne voulant pas être de ces êtres qui se laissaient mener par la sauvagerie de leurs pensées et non par la raison.  Cet affrontement stupide entre deux unités fatiguées et épuisées ne mènerait à rien et, surtout, sera inutile en tous points. Enfin, d'unité… combien de survivants resterait-il de la sienne après l'offensive de tantôt ? Le feu qui l'environnait disparut aussitôt. Les dernières paroles du Drakyn retentissaient encore dans son esprit, le faisant grimacer, quand l'animosité à son encontre revint encore l'assaillir. Bordel ! Cet écailleux ne pourra jamais comprendre... et lui-même ? Oh si, il savait… Voilà pourquoi cette verve l'avait encore plus ébranlé. 

    Le Drakyn avait continué de libérer ses hommes, donnant ses premiers ordres. Puis, il se retourna pour faire face à l'humain. Alaric dardait son regard dans le sien. Il se concentra quelques secondes pour faire éclater les dernières prisons rocheuses des hommes qui avaient eu le malheur de se trouver dans la zone. Tous, sans exception, retrouvèrent leur liberté de mouvement. Alaric accorda un dernier regard à l'Écailleux, avant de s'éloigner d'un pas las. Il longea la berge pour ne pas être proche des rebelles, tout en regardant s'il restait des hommes de son groupe. Hormis les décédés, il n'en restait plus aucun de présent. Ils avaient tous réussi à se tirer. 

    *Doivent plus être nombreux surtout...*

    Un carnage, qui le dégoûta. Quand il fut à bonne distance de ce qui avait été un campement, Alaric se plaça à couvert, tant pour garder un œil sur les rebelles que pour souffler. L'adrénaline était redescendue, laissant la fatigue et d'autres émotions prendre une place plus conséquente. Il ne put s'empêcher de trembler de tout son corps. Et son épaule qui revenait l'assaillir douloureusement. Il y porta la main et jura mentalement en sentant un léger épanchement moite. Avec toute cette merde, il n'avait pas été capable de soigner cette blessure-là. Il se concentra quelques instants pour faire cesser l'écoulement, soignant un peu plus fortement l'entaille pour qu'elle ne s'ouvre pas le temps qu'il se replie à son tour. Cela fait, il se releva pour quitter son couvert végétal et se mettre en route, espérant que les rebelles ne viendraient pas à changer d'avis malgré leur épuisement respectif. À peine se mit-il en route qu'il sentit un coup lui percuter l'arrière du crâne. Ce fut le total noir avant même qu'il ne se sente tomber sur le sol.
    Citoyen de La République
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    Kieran Ryven
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    Info personnage
    Race: Drakyn
    Vocation: Guerrier combattant
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    qui suis-je ?:
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  • Ven 23 Fév - 21:48
    Un silence. Deux regards. Deux univers.

    Une terre à partager, et pourtant tout nous sépare.

    Les flammes dans ses yeux, c'était la flamme du contrôle. J'ai bien vu, bien senti, qu'il ne lui fallait pas grand-chose pour massacrer nos rangs d'un claquement de doigt s'il le fallait, que j'aurais pu finir enseveli sans avoir mon mot à dire. Mais il est du FMR, il n'est pas censé décimer des soldats, il est censé les soigner. C'était peut-être la preuve qu'il disait la vérité, à la différence que contrairement à ce qu'il pense, ça ne le rend pas moins coupable. Cautionner la situation, participer aux sauvetages de soldats qui nous oblitèrent depuis deux ans le rend aussi sale que les autres. Il peut se persuader du contraire toute sa vie, ça ne changera rien.

    Dans cet échange silencieux, je voyais ses traits se durcir pour se concentrer, et les entraves telluriques libérèrent le reste de l'escouade, vivant. Je peux lui cracher dessus toute la journée, mais il fallait considérer que son geste ne le rendait pas moins noble, bien tout le contraire. Il aurait pu sombrer en emportant tout le monde avec lui, il ne fera que partir. Il va rejoindre ses hommes, il va rejoindre un autre camp. Et ils prendront une autre place pour dératiser la région du reste de nos hommes appelés Rebelles aujourd'hui. Un soldat commence à armer une flèche dans sa direction, l'arc aussitôt repris et brisé en deux par mes soins. Le message est clair : on le laisse en vie.

    Un autre arrive et me fait le constat des cadavres qui s'étalent un peu partout, les pertes sont des deux côtés. Mes yeux se ferment, anéantis.

    « On les allonge tous ensemble, on les couvre, leurs armes avec eux, et on les brûle.
    - Bien reçu.
    - Je ne suis pas un gradé, je vais vous aider. »

    On aurait pu ne prendre que nos soldats, mais nos ennemis restent des individus à part entière qui dorment désormais du grand sommeil. Il n'y avait plus rien à juger. Sans distinctions, ils seront allongés en ligne, couverts, entourés de branchages, et plusieurs feux commencent à ronger ces hommes et femmes qui ont donné leurs vies pour cette guerre stupide. Une guerre qu'on n'a pas demandée. Une guerre qui donne un tournant décisif au destin du Reike. Le Reike a le visage d'un barbare sanguinaire et d'une jeune femme qui n'a pas eu le choix d'être avec lui. Je ne serai pas un Reikois qui embrasse cette partie de l'histoire. J'en fais le serment. Et alors que je pensais enfin embrasser un semblant d'accalmie dans cet orage, une voix familière pique mon oreille depuis mon flanc.

    Mère.

    « Eh bien, je pensais bien qu'il allait nous échapper. »

    Il était là, sur son épaule, avant de le plaquer contre l'un des rares arbres dans les environs pour l'attacher et le bâillonner. Des messes basses commencent à donner une ambiance confuse dans l'auditoire, tandis que mes poings se durcissent. Elle balance le reste de sa gourde d'eau au visage du captif pour le réveiller. Je plante mon épée au sol.

    « Mère, qu'est-ce que vous faites.
    - Je l'attache.
    - Pourquoi.
    - Je t'ai dit de le tuer ?
    - Il nous a épargnés.
    - Il va rejoindre ses semblables, annoncer notre position et nous chasser comme des lapins.
    - Vous n'en savez rien.
    - Je t'ai donné un ordre, et tu vas le faire.
    - ... Non. »

    Elle se retourne, comme outrée. Ses yeux s'écarquillent, ses mâchoires se serrent, puis voilà qu'elle commence à me tourner autour, jusqu'à ce que les soldats forment un cercle, leurs visages devenant de plus en plus durs à l'unisson, avec leur cheffe qui commence à parler d'un ton froid et sinistre.

    « Est-ce que nous sommes d'accord que notre groupe est en danger tant qu'il est en vie ? Qu'elle crache dans ma direction.
    - OUI. Qu'ils tonnent en chœur.
    - Kieran, tue-le.
    - Il nous a épargnés.
    - Grossière erreur. »

    Les soldats commencent à dégainer leurs épées dans la direction de l'ennemi, moi au milieu. Un immense rugissement de ma part les fait reculer, avant que je ne récupère Portecendres. Prêt à en découdre. Mère vient se mettre face à moi, totalement impassible devant mon intimidation.

    « Ton père était plus effrayant.
    - Père est mort. »

    Ses yeux s'écarquillent, je savais bien que j'avais plongé la griffe dans le cœur de sa vulnérabilité. Tandis qu'elle ouvre sa bouche sans pouvoir expirer un seul mot, qu'elle laisse à ses yeux la possibilité de faire perler les premières larmes de son chagrin, j'en profite pour me rapprocher de l'arbre, défaire les cordages, puis les liens du FMR dans la précipitation. Une claque sur l'épaule - valide - le fait reculer de quelques mètres sans le faire trébucher toutefois.

    « Pars. »

    À peine le temps de lui dire ça que j'entends un feulement si aigu que mes oreilles vibrent et mes jambes chancellent face aux bruits stridents du cri. Mère s'élance dans sa direction, mais un plaquage de ma part la retient aussitôt. Entre mes jambes et mes bras qui se resserrent autour d'elle, ses rugissements bestiaux se multiplient encore et encore, de plus en plus éraillés, se débattant de toutes ses forces, puis... Tout s'arrête. Le dragon sauvage déchiré par le chagrin et la colère devient une femme meurtrie par la guerre qui pleure contre ma poitrine. Les soldats comprennent que c'est le moment de nous laisser seuls, puis retournent au camp pour continuer à faire le plein de provisions. Les sanglots durent de longues secondes, avant qu'elle ne s'échappe de mon étreinte pour partir plus loin, le pas lourd et les mains dissimulant son visage.

    Me redressant doucement, j'observe cet homme et lui adresse un signe de tête.

    « Pars. C'est fini. »

    En tout cas pour nous. Les soldats tués dans ce camp seront les derniers de cette bataille que je ne veux plus jamais revivre. L'heure sera de consoler Mère, de rendre hommage à père, et de nous trouver un lieu qui veut bien de nous.

    Sans maisons, sans un lit, et avec notre histoire.
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