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  • Jeu 4 Avr - 17:21
    La tête posée le cadre lustré d'une fenêtre du quartier des domestiques, Mortifère observait distraitement la coulée de la pluie battante contre les carreaux désormais impeccables du manoir nettoyé à la hâte. S'habituant progressivement à la mécanisation de ses nouveaux yeux, il constatait avec une certaine surprise qu'à la différence de ses premières prothèses, il intégrait plutôt parfaitement la présence de ces nouveaux éléments anatomiques. Dépossédé d'une part de son âme lors de la précédente intervention, il ressentait un vide intérieur massif mais de cet anéantissement de son humanité naissait toutefois une accalmie spirituelle bienvenue, en ces temps particulièrement troublés.

    Loin de la guerre menée sur plusieurs fronts contre les Titans et rebelles républicains, Mortifère et son supérieur hiérarchique faisaient face aujourd'hui à une menace d'une toute autre nature : celle qui venait de l'intérieur. Cible prioritaire de l'enquête concernant la disparition de la Présidente, le soldat mécanisé était plus au centre des luttes intestines de son pays qu'il ne l'avait jamais été. Cela l'aurait inquiété, en temps normal, mais les implants diaboliques dont on l'avait doté rendait son esprit moins sujet à ces considérations. Plus assez humain pour éprouver des angoisses à ce sujet ci, il ne voyait dans son éventuelle perdition qu'une étape dans l'accomplissement de desseins plus grands que lui.

    Zelevas ainsi qu'Azura étaient de sortie, sans doute pour atténuer un peu la noirceur encernant l'usuelle lumière dont était pourvue la douce Consule. En l'absence de son père de substitution, Mortifère était relégué comme l'arme qu'il était sur un humble présentoir, à l'ombre de tous regards. Le silence demeurait pesant mais les pensées d'Abraham, assourdissantes par nature, étaient bien assez animées pour que l'ennui ne l'assaille jamais. Tâchant du mieux qu'il pouvait de ne pas se pencher inutilement sur les parcelles détruites de sa mémoire fragmentée, il décida que s'occuper les mains constituait une convaincante alternative.

    Usant d'une paire de jambes qu'il ne côtoyait que depuis peu, il se dressa dans une série de claquements mécaniques et fit les cent pas dans cette pièce trop grande et vide à son goût. Ses griffes d'ébène glissèrent sur la surface des quelques décorations qui cassaient bien difficilement l'austérité des lieux et, par de timides impulsions électriques, il foudroya une paire de toiles d'araignées ayant réussi à échapper au crible passé lors du précédent nettoyage. Son examen approfondi des infimes saletés résiduelles fut toutefois interrompu lorsqu'à sa grande surprise, il aperçut par la fenêtre un carrosse richement orné qui se frayait un chemin sur le sentier menant à la bâtisse.

    Informé de l'ensemble des entretiens prévus par le Sénateur, Abraham fut légèrement surpris par cette arrivée inopinée. Le véhicule s'immobilisa non loin de la grande porte du domaine et un homme quitta l'habitacle, portant sous son bras un parapluie qu'il vint empoigner puis ouvrir avant de tendre une main vers l'intérieur en vue d'aider un second individu à descendre. La stupeur du soldat mécanisé se réhaussa d'un cran lorsqu'il comprit que celle qui rendait visite à Zelevas n'était autre qu'Hélénaïs de Casteille, une notable avec laquelle le vieux Lion entretenait une relation presque familiale. Loin d'avoir pour attribution l'accueil de visiteurs, Mortifère sut toutefois qu'il eut été pour le moins inconvenant de feindre une absence car si la demoiselle avait pris le temps de venir jusqu'ici, c'était sans doute pour porter un message ayant une certaine importance.

    Cessant son inspection pour apercevoir son propre reflet, qu'il avait occulté jusqu'à présent, Mortifère réalisa qu'aussi sublime fut-il, il avait de quoi effrayer depuis la dernière intervention ceux dont il croisait le regard. Il ajusta au mieux le col de sa chemise, rabaissa la capuche de toile sous laquelle il dissimulait sa longue chevelure brune et s'ébouriffa un peu par réflexe avant de vérifier ses boutons de manche, ce en s'approchant de l'escalier menant à la porte d'entrée qui, déjà, venait d'être frappée par trois fois.

    Ce ne fut qu'à mi-parcours qu'il se rappela que l'esthétique importait peu, la nouvelle venue étant atteinte d'une cécité quasi-intégrale...

    Un mince sourire illumina le visage du Premier-Né et, après avoir pris une longue inspiration, il agrippa la poignée puis ouvrit la porte pour se présenter face à Hélénaïs ainsi qu'à l'homme au parapluie qui l'avait accompagné jusqu'ici. L'angoisse se lut immédiatement dans l'œil du domestique mais la demoiselle aveugle, quant à elle, demeura de marbre.

    "Madame de Casteille, enchanté ! Le Sénateur Fraternitas s'est absenté, je suis navré."

    Aveugle, mais pas sourde. Le timbre caverneux et les échos métalliques de sa voix morbide avaient sans doute de quoi surprendre. Avec toute l'amabilité que pouvait offrir un cadavre dans ses meilleurs jours, le militaire reprit :

    "Puis-je faire passer un message ou vous offrir l'hospitalité en attendant son retour ?"

    Réalisant qu'il manquait à tous ses devoirs, il amena une main contre son torse et fit une brève révérence malgré l'inutilité probable du geste.

    "Je me présente : Mortifère. Garde du corps du Sénateur."
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  • Sam 6 Avr - 0:05

    Cela faisait plusieurs jours que les combats avaient cessés et autant de temps que l’eau avait commencé à évacuer les rues. Laissant dans son sillage boue et macchabés ainsi qu’une odeur désagréable d’iode, de renfermé et de pourriture. Ce fut l’une des rares fois de son existence où la jeune sénatrice se félicita de ne pouvoir voir ce qui l’entourait, elle n’était pas certaine qu’elle aurait supporté la vue de tous ces hommes et ces femmes, parfois des enfants,  qui n’avaient pu réchapper de ce désastre. Mais elle avait entendu ses domestiques, elle avait perçu leurs hoquets lorsqu’ils avaient dû retourner dans la maison de la jeune De Casteille. Même si Hélénaïs ne voyait pas, elle avait su à chaque instant de son parcours ce qui se trouvait sur leur chemin. Cependant, elle n’avait pas demandé de descriptions et personne n’avait songé à le lui proposer. C’était très bien ainsi.

    Hélénaïs tournait comme un lion en cage dans ce qu’il restait de sa maisonnée. Les combats l’avaient réduit à peau de chagrin et il ne restait désormais que ses appartements et sa bibliothèque personnelle. Le rez-de-chaussée qui n’avait été qu’inondé était désormais recouvert d’une épaisse couche de vase qui prendrait plusieurs jours à nettoyer. Sans parler des boiseries qu’il faudrait remplacer, des murs et des teintures qu’il faudrait rafraîchir ou encore des meubles qu’elle se devrait de racheter. Comme si cela ne suffisait pas, sa demeure avait également été amputée d’une partie de son aile ouest qui s’était probablement effondrée à cause du bois vieillissant et humide. Mais ce n’était pas cela qui mettait la jeune femme en rage. Évidemment, elle avait été attristée de voir cette demeure ancestrale endommagée de la sorte mais elle n’était pas sans le sous et son domaine au De Casteille lui assurait une rente confortable. Cela prendrait du temps mais elle retrouverait bien assez vite un logis tout à fait honorable.

    Non, ce qui mettait en rage la fille de Bastian, c’était son incompétence et son inutilité. Depuis cette bataille, Hélénaïs était hantée par une frustration et une colère d’elle-même si puissante qu’elle lui avait plusieurs fois coupé la respiration. Tous. Tous sans exception, vieux grabataire comme consule. Les grands pontes de République s'étaient tenus face à ce qui menaçaient leur cité. Elle ? Hélénaïs, avait été forcée de s’enfuir la queue entre les jambes comme beaucoup d’autres. Mais elle se fichait des autres, tout ce qu’elle voyait c’était ses propres incapacités. C’était la première fois de sa vie que son handicape se révélait véritablement en être un. Ni les lunettes en cul de bouteille, ni le rejet de ses premières fiançailles, ni même la perte complète de sa vue n’avaient été un coup aussi dur à encaisser que celui-là.

    - Ne devriez vous pas aller voir…
    - Tu l’as déjà dit, Emérée. Trois fois. Quatre si je compte ta suggestion d’hier soir.
    - Et vous n’en faites rien.
    - Je ne suis pas hypocrite.
    - Nous le sommes tous. Répondit Emérée.

    De quelques années sa cadette, la demoiselle était depuis maintenant quatre longues années les yeux de la sénatrice. Vive d’esprit, franche et doté d’un verbe qui pouvait s’avérer aussi aiguisé qu’une lame de rasoir, elle avait rapidement su se faire une place à ses côtés. Tant et si bien que de simple suivante, elle était devenue une amie et une conseillère. Depuis c'était elle qui la suivait à la trace et l’accompagnait en -presque- toutes circonstances. Elle était également une conscience sur son épaule qui lui soufflait ce qu’elle savait mais ne voulait point entendre. Comme aujourd’hui.

    - Cette bataille a redistribué les cartes. Vous devriez rendre visite au sénateur d’Elusie.
    - Je sais… Dit-elle dans un souffle.

    Ainsi, elle avait laissé sa demeure aux bons soins de son personnel de maison et avait rejoint Justice pour quelques jours. Être loin de la morosité de la cité engloutie ne pourrait pas lui faire de mal. Mais ce voyage n’était qu’un prétexte pour rencontrer son vieil ami, exactement comme le lui avait conseillé Emérée. Si elle n’était pas convaincu du bien fondé de cette entrevue, elle devait admettre une chose ; Zelevas serait sans doute de bon conseil. Cependant elle n’oubliait pas que leur dernière confrontation lui avait laissé un goût amer et cela même après qu’ils eurent partagé un bref repas lors de l’élection d’Azura. Pourtant, il ne lui avait jamais réellement causé de tort. Son esprit se perdait dans ses réflexions, bercé par le clapotis de l’eau sur la voiture, lorsqu’elle s’arrêta en douceur.

    - Nous sommes arrivés. Lança la voix du cocher en ouvrant la porte. Hélénaïs ne se fit pas prier, descendit de l'habitacle et se laissa guider jusque sur le perron avant de toquer plusieurs fois à la porte. Le silence fut sa première réponse. L’espace d’un instant, elle crut que la porte resterait close mais alors qu’elle s'apprêtait à toquer une ultime fois, elle entendit le cliquetis d’une poignée que l’on tourne. Prenant une grande inspiration pour se donner du courage en regrettant de ne pas avoir demandé à Emérée de l’accompagner, elle serra fermement sa canne ébène entre ses doigts. La porte s’ouvrit en silence et elle découvrit que la voix de l’entrée avait un grain si particulier qu’elle était presque certaine de pouvoir la reconnaître entre mille. C’était là, l’une des capacités étranges qui s’était développée chez elle quand sa vue avait décliné ; retenir les choses anodines qui lui permettait d'identifier ses pairs avec exactitude.

    Hélénaïs cilla.

    “Mortifère, quel nom lugubre…” Songea-t-elle. L’étonnement affecta ses traits un instant avant qu’elle ne se fende d’un sourire désolé. Ses yeux, d’un blanc laiteux sous lequel on devinait le noisette d’autrefois, semblaient fixer le jeune homme comme s’ils pouvaient voir à travers lui.

    - Je suis désolée de me présenter ainsi sans prévenir, j’aurais dû me faire annoncer. Pour cela, Hélénaïs aurait pu se gifler, c’eut été la moindre des choses que de prévenir de sa venue mais elle avait purement et simplement oublié de le faire et elle n’avait même pas l’ombre d’une excuse pour le justifier. - Enfin, je dois admettre que j’ai eu plus que ma dose d’humidité pour les dix prochaines années. Elle rit doucement. - Je vous serais reconnaissante de me permettre d’attendre le sénateur à l’intérieur, si ça ne dérange pas.

    Cela ne semblait pas être le cas puisqu’un grincement lui laissa deviner qu’il avait ouvert la porte un peu plus grand. La jeune femme congédia son chauffeur puis s’engagea dans l’entrée tout en se guidant de sa canne de vision.

    “Je n’aurais peut-être pas dû venir.” Après tout, qu’allait-elle dire à Zelevas ? Qu’elle était terrifiée par son incapacité à protéger sa patrie comme ils l’avaient tous fait ? Qu’elle jalousait leurs capacités ? Qu’elle voulait de l’aide ? Grandir ? “Maudites sois-tu, Emérée, vile sorcière.” Pesta-t-elle intérieurement.

    - Comment se porte le sénateur ? Demanda-t-elle sur le ton de la conversation en avançant devant elle, balayant le sol pour ne pas buter sur un meuble dans cette maison qu’elle ne connaissait que trop peu. - Je ne savais pas qu'il avait prit un garde du corps. D'ailleurs, j’ai entendu dire que les combats ont été rudes. C’était peu de le dire, la présidente et sa vice-présidente y avaient laissé plus que des plumes. Finalement, Hélénaïs finit par s’arrêter, incapable de savoir où elle devait aller. Dès que l’homme l’eut rejoint, elle tourna la tête dans sa direction comme si elle pouvait le voir. - J’ose espérer que ma question ne vous froissera pas mais… Mortifère, est-ce votre prénom ? Par tous les dieux du Sekaï ce n’était, définitivement, pas une question à poser mais elle lui brûlait les lèvres depuis qu’elle l’avait entendu se présenter.
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  • Sam 6 Avr - 3:19
    Après avoir salué le domestique d'Hélénaïs d'un humble hochement de tête, Mortifère referma la porte derrière la demoiselle avant de s'engager à nouveau dans le hall. Le calme pesant de la demeure de Zelevas couvrit les sons rythmés de la pluie battante et seuls le bruit des bottes tapant contre le carrelage ainsi que des prothèses mécaniques du militaire donnèrent un semblant de repère sonore à la jeune femme. Elle brisa son mutisme en lui posant une question somme toute attendue, une entrée en matière courtoise pour amorcer de futures interrogations sans doute bien plus profondes, en vue de l'aspect très cavalier de cette visite inopinée.

    "Il se porte aussi bien que la situation le lui permet."

    Réalisant d'une manière purement intellectuelle que cette réponse pouvait sembler trop froide, il ajouta avec un illusoire enjouement :

    "Vous savoir indemne illuminera sa soirée, j'en suis convaincu."

    L'effort qu'il apportait pour sourire vainement s'amenuisa et son faciès à peine humain reprit sa parfaite neutralité. La Dame lança ensuite le sujet du drame de Liberty et, tout en s'avançant, Mortifère se saisit par télékinésie d'un balai qui avait été abandonné en plein milieu du couloir afin de replacer convenablement l'objet dans le placard entrouvert où il aurait dû se trouver. Cela fait, il referma la porte d'une main et répondit à la question qu'elle venait indirectement de lui poser au sujet des affrontements :

    "Particulièrement rudes, en effet. La menace a néanmoins été écartée et la République, comme toujours, a vaincu. N'est-ce pas l'essentiel ?"

    Il accéda au salon, dans lequel il vint rabattre une paire de rideaux tandis que patientait son invitée. La présence de la Consule ayant été anticipée, les stocks de vivres généralement très frugaux avaient été suffisamment renforcés pour pouvoir composer des repas entiers et appétissants, bien loin des habitudes du Sénateur qui avait tendance à négliger son alimentation au profit de son devoir. Se surprenant un instant à penser que la présence d'Azura constituait un apport bénéfique aux conditions de vie de son supérieur, Mortifère esquissa un sourire pour lui-même tout en vaquant à ses préparatifs, avant d'être interpelé par la demoiselle qui patientait non loin de lui en attendant qu'il revienne vers elle. Quelque peu interloqué par la question, il demeura silencieux une paire de secondes, avant de répondre le plus naturellement du monde :

    "Pardonnez cette confusion. Je me nomme en vérité Abraham de Sforza, madame, mais j'ai pour coutume d'user en priorité du nom de code qui m'a été attribué."

    Depuis sa prise de fonction, repos et loisirs avaient été particulièrement espacés. Le Sénateur étant constamment en déplacements professionnels, il était usuellement accompagné par son garde du corps lors de ses escapades aux quatre coins du pays et, par conséquent, le militaire avait donc pris l'habitude se s'introduire en tant que protecteur ou éventuellement en représentant du projet Palladium, dans les exceptionnelles circonstances où la question lui était posée.

    "Installez vous, je vous en prie. Me permettez vous de vous aider ?"

    Elle offrit sa main pour obtempérer et Mortifère glissa sa paume métallique sous la sienne. La peau d'Hélénaïs rencontra l'acier glacial de la dextre prosthétique et, lorsqu'il ressentit lors de ce contact un infime mouvement de recul, il amena le plus naturellement du monde :

    "N'ayez crainte."

    Elle n'avait certes rien d'une petite chose fragile, mais il était évident qu'une telle découverte avait de quoi surprendre une personne atteinte de sa condition. Après l'avoir guidée jusqu'au fauteuil, Mortifère se redressa prestement puis fit une démonstration de la courtoisie qu'on lui avait enseigné pour le rendre présentable :

    "Puis-je vous offrir un rafraîchissement ainsi qu'une collation ? Du thé, une boisson alcoolisée peut être ? Le Sénateur a un peu de tout."

    Après avoir pris note de ses quelques doléances, il opina du chef et fit volte-face pour se diriger vers les cuisines, laissant sciemment à la demoiselle le soin de préparer mentalement ses futures questions, puisqu'il savait déjà que l'attente du Sénateur n'allait pas s'effectuer en silence. Dépassant des casseroles abandonnées ainsi que des bouteilles de blanc portant justement le nom "Château de Casteille." L'amusante coïncidence aurait pu pousser le soldat à en ramener un exemplaire, mais il n'en fit rien. Il se contenta pour sa part d'un très sobre verre d'eau et rien d'autre.

    Il vint réunir sur un plateau l'ensemble des éléments demandés par Hélénaïs puis les achemina tranquillement jusqu'au salon où elle l'attendait. Il déposa le tout sur la table basse située devant la demoiselle puis prit place face à elle, sur une seconde assise légèrement plus décrépie que celle qu'il avait proposé à cette invitée de marque.

    "Bien. J'espère que cela sera à votre convenance."

    Lui laissant le loisir de se servir, il s'enfonça un peu dans le dossier de son fauteuil et porta l'une de ses mains métalliques à sa tête afin de la soutenir. Ses yeux luminescents se rivèrent avec intensité sur le visage de son interlocutrice et il reprit la parole sans gêne :

    "Puis-je connaître les raisons de votre venue ? Il m'est plaisant de pouvoir vous rencontrer en chair et en os mais je sais aussi que vous n'êtes pas du genre à rendre visite au Sénateur à l'improviste. S'agit-il d'une urgence ?"

    Cavalier, mais il s'en moquait.

    "Inutile de vous en faire. Je suis présent lors de la majeure partie des entrevues du Sénateur et bien peu de détails de sa vie m'échappent. Vous pouvez me parler librement, sauf si la question que vous souhaitez aborder est trop personnelle pour être évoquée en ma présence, cela va de soi."
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  • Mer 10 Avr - 21:39
    “L’essentiel certainement, la finalité probablement pas.” Songea amèrement la sénatrice tout en tendant l’oreille aux étranges sons qui lui parvenaient, que ce fut une porte claquant doucement ou le grincement métallique qui raisonnait à intervalles réguliers. Inspirant profondément, elle se gorgea de l’odeur de cette maison, celle des livres et du cuir, du velours et de la poussière ainsi que celle qui accompagnait la vieillesse. Elle était déjà venue ici,  il y avait de cela bien longtemps. Mais à cette époque, c'était les fragrances du jardin qui avait surpris son nez aiguisé ; terre humide, géraniums, hostas et campanules s’étaient disputées ses narines jusqu’à la faire éternuer. Elle avait ensuite écopée d’un rhume des foins pendant presque tout son séjour et avait fini avec le nez si irrité et rouge que Bastian l’avait comparé à un clown en se moquant allègrement. C’était tout ce dont se souvenait Hélénaïs du haut de ses quelques années, le reste s’était dérobé à sa mémoire comme la flamme d’une bougie sur laquelle on aurait soufflé. Les souvenirs se fondaient dans l’obscurité jusqu’à ce qu’un jour, il n’en reste plus rien.

    La jeune De Casteille devina la présence de Mortifère non pas aux mouvements d’air qu’il produisit en s’approchant mais à l’étrange mélange de parfum et d’huile qui l’accompagnait. C’était une odeur étrange pour un homme et bien qu’elle n’en dit rien, sa curiosité fut piquée et le silence qui suivit sa question ne fit qu’empirer la chose.

    - C’est un beau prénom. Répondit-elle d’un hochement de tête mais non sans penser : “Et bien moins macabre.” - Je vous suis. Sa main se leva prête à rencontrer celle d’Abraham mais ce fut à la place un métal glacial qui effleura la pulpe de ses doigts. Machinalement, elle la recula, tournant la tête en direction de son accompagnateur. - Qu’est-ce… ? Hésitante, elle reposa toutefois sa main dans la sienne et se laissa guider jusqu’à un fauteuil dont le cuir sentait -pour elle- atrocement le renfermé. Retenant de justesse la grimace qui allait poindre, elle la dissimula derrière un sourire poli : - Un thé suffira. Elle entendit le crissement caractéristique puis le pas lourd de l’homme s’éloigna.

    Tandis qu’elle attendait, Hélénaïs fit courir ses doigts le long de l’accoudoir de son fauteuil tout en se répétant que sa venue ici, sur un coup de tête, était d’une idiotie sans nom. Son seul réconfort était de savoir qu’elle pourrait, plus tard, négocier une place pour les vins De Casteille avec Arès Wessex. Maintenant qu’elle était assise au sein de la maison de d’Elusie, elle ne pouvait s’empêcher de trouver son excuse risible, immature et parfaitement indélicate et Abraham ne fit que lui donner le coup de grâce lorsqu’il lui posa la question fatidique.

    - Plaisant ? Dit-elle dans un rire aussi franc que surprit. - Je crains que Zelevas ne m’ait jamais moins porté dans son cœur que dernièrement. Ses lèvres se pincèrent légèrement. - Après tout, je me suis opposée à lui durant l’assemblée et il m’a bien fait ressentir son mécontentement. Une grimace déforma ses traits la faisant, pendant un bref instant, ressembler à la petite fille sermonnée d’autrefois. - Alors, ne vous embarrassez pas de flatteries Abraham, je n’en ai nul besoin. Grâce au son produit lorsqu’il avait posé le plateau, Hélénaïs trouva sans difficultée sa tasse de thé dont elle survola le liquide du bout des doigts. Elle l’apporta jusqu’à sa bouche mais se contenta de souffler dessus.

    Un long silence s’installa finalement, seulement brisé par le tic tac ininterrompu d’une horloge.  

    - Il n’y a pas… D’urgence. Pas à proprement parlé en tout cas et la vie de personne n’est en jeu. Admit-elle enfin dans un soupir exaspéré. A nouveau le silence se fit et elle daigna enfin avaler une gorgée de thé, comme pour se donner du courage, songeant qu’elle eut peut-être mieux fait de demander un verre de vin. - J’avais besoin de l’avis de quelqu’un… D’éclairé, de quelqu’un qui me connaisse et il n’y a guère d’autres personnes à qui je pourrais m’adresser. Une triste constatation mais Hélénaïs ne laissa pas entrevoir l’ombre d’une émotion et reprit : -  Vous êtes-vous jamais sentit inutile, Abraham ? Ou imparfait ? Ou… Elle haussa les épaules. - Pas à la hauteur ? Elle pencha la tête sur le côté, son regard filant dans la direction où elle supposait qu’il se trouvait et soupira en reposant sa tasse.

    - Enfin, j’imagine qu’une personne qui à pour nom de code “Mortifère” doit être suffisamment létale pour ne pas être inutile. Elle se fendit d’un rire jaune. - Je ne savais pas qu’il avait eu la nécessité d’un garde du corps… Cette dernière phrase n’était rien d’autre qu’une pensée prononcée à voix haute. - Êtes-vous à son service depuis longtemps ?
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  • Ven 12 Avr - 14:08
    Le sourire paisible de la créature à laquelle l'empathie faisait désormais défaut s'agrandit d'un cran. Mortifère se surprit à constater qu'en l'absence de sentimentalisme parasite, il avait désormais une bien meilleure perception des tics nerveux faisant office d'indicateurs du mal-être de ses vis-à-vis. De toute évidence, Dame de Casteille figurait parmi les meilleures proies possibles pour tester l'étendue de telles aptitudes.

    Appuyant toujours son poing sur sa joue, la tête penchée sur le côté, il s'amusait à décortiquer du mieux qu'il le pouvait les quelques signes laissés involontairement par la demoiselle et se réjouissait de ce qu'il voyait dans ses traits. Faisant mine de faire preuve de sollicitude, il vint rompre le long silence qu'il avait sciemment laissé s'installer pour renforcer passagèrement l'inconfort de son interlocutrice, puis répondit à son allusion au rapport qu'elle entretenait avec le vieux Lion :

    "Allons allons. Ne voyez nulle flatterie exagérée ni mielleuse complaisance de ma part, Dame de Casteille. Sénatrice et détentrice d'un diplôme de Magic, à votre âge ? Votre carrière pousse à l'admiration. Je ne suis pas beaucoup plus jeune que vous et pourtant, je ne suis pour ma part qu'un humble représentant des forces de l'ordre."

    Un peu plus que ça, certes, mais le fait de minimiser ses propres accomplissements constituait une part de sa stratégie. Il soupira brièvement puis ajouta avec un enjouement certain, après s'être autorisé un léger rire :

    "Mais pardonnez moi, mes compliments semblent vous rendre mal à l'aise. Ce que je voulais amener par cette introduction, c'était que Zelevas ne peut porter de désamour à une personnalité aussi talentueuse que vous. Vous vous êtes opposée à lui, j'en conviens, mais savoir prendre ses décisions et assumer ses idéaux sont deux traits qui attirent usuellement son respect. Ne vous inquiétez pas, je suis convaincu que vous restez la bienvenue en ces lieux."

    Son rictus s'affaissa légèrement lorsqu'elle fit bifurquer la conversation sur un sujet plus personnel, une source de tourments autrement plus profonds pour elle comme pour celui avec lequel elle conversait. Elle avait fait mouche et malgré les couches de renforcement psychologique appliquées par ses tortionnaires, Mortifère ressentit une infime pointe d'agacement lorsqu'elle amena sur le tapis le sujet de l'imperfection. C'était précisément ce qui l'avait mené à anéantir une part de sa propre humanité et c'était un point qu'il ne se plaisait pas particulièrement à évoquer, dans sa grandiose arrogance. D'un ton légèrement plus froid, il rétorqua :

    "Je suis au service du Sénateur depuis près d'un an. Maquiller ma présence faisant partie de mes attributions usuelles, il est normal que vous ne m'ayez jamais côtoyé jusqu'à présent. Peu importe où se rend le Sénateur, sachez que je suis là, toujours niché dans son ombre."

    Puis, avec une entreprise presque audacieuse, il fit jouer les mécanismes de sa main libre, rendant ainsi les sons métalliques qu'émettaient occasionnellement ses prothèses aussi aisément audibles que possible. Malgré la cécité de la belle demoiselle, elle avait sans mal compris qu'il n'avait rien d'un soldat classique.

    "J'ai été imparfait, autrefois. Notre nature profonde est selon moi difficilement aliénable et du fait de ma genèse hasardeuse, je n'étais malheureusement promis qu'à un avenir de médiocrité. Fort heureusement, mes convictions avaient quant à elle le mérite d'être grandioses et de par ma résilience et mon inflexible volonté, je suis parvenu à..."

    Sa fierté reprit le dessus et son rictus réapparut, créant ainsi un changement dans les inflexions de sa voix rocailleuse :

    "...A me recréer. Grâce aux efforts couplés des plus grands savants de notre Nation, je suis devenu quelqu'un d'autre, un être en adéquation avec mes souhaits. On ne peut altérer son essence que par des transformations drastiques."

    Ses yeux empourprés se reposèrent sur le visage de la jeune femme, et il ajouta :

    "Mais la question n'était pas pour moi, après tout. Pourquoi estimez vous ne pas être à la hauteur, madame ? Votre histoire prouve pourtant à quel point vous êtes capable, n'est-ce pas ? Même la maladie n'a pas réussi à avoir raison de vous. Quel genre de noirceur alimente donc ces doutes qui vous assaillent ?"
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