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    Abraham de Sforza
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  • Jeu 23 Mai - 13:56


    Livrée au froid mordant d'une nuit sans étoiles, la silhouette encapuchonnée d'un renégat se dévoile. Le bas de son visage, partiellement illuminé par la fébrile lueur des tavernes locales, dépeint une expression indescriptible et s'il prend soin de dissimuler sous une capuche de toile fine son faciès métallisé, les rubis incandescents qui décorent ses iris artificiels demeurent toujours légèrement visibles.

    Il tire une grande bouffée sur la cigarette qui pend lamentablement de son bec couvert d'hématomes et de zébrures à peine cicatrisées, ce sans adresser le moindre regard aux forbans de bas étage qui lui demandent sans gentillesse s'il n'a pas quelques écus à offrir. Ils le suivent, l'invectivent, puis l'injurient. L'aventurier solitaire ne s'en prendra à eux que s'il en perçoit la stricte nécessité, préférant de loin se montrer discret en vue de sa situation.

    Que faire, désormais ? Le Cerbère de la Nation Bleue, Premier-né de Palladium, Aube de la technomagie... Des foutaises, des titres qui ornent aujourd'hui des avis de recherche et des dossiers sécurisés livrés aux capitaines de la garde républicaine. Ce qu'il reste de ce splendide projet n'est qu'un maraudeur nocturne, une bête sans maître qui vogue au gré de ses instincts et de ses objectifs encore trop confus pour être menés à bien.

    Le militaire abandonné réalise qu'il n'a plus grand-chose, il comprend à quel point "Abraham de Sforza" n'est rien de plus qu'une poignée de lignes sur un rapport ponctué d'innombrables mentions au sujet de l'échec qu'il représente et de la dangerosité résultant de son instabilité. Il sait comment fonctionne le système et s'il s'est donné de grands airs lors de son ultime coup d'éclat, l'ex-soldat reçoit enfin sur ses épaules le poids de son choix. Il énumère les possibilités, les amis qu'il est supposé avoir, rien de tel pour se miner le moral...

    Takhys ne peut accueillir au sein de sa taverne un criminel recherché. Kieran a sans doute déjà reçu pour ordre de traquer son ancien élève et peut être même de le ramener plutôt mort que vif. Séraphin le méprise depuis toujours et prendra un malin plaisir à le tourmenter jusqu'à la déchéance, au fin fond des cellules qu'il arpente avec perversion. Pas la peine de parler de Pancrace, dont les allégeances sont claires comme de l'eau de roche...

    Le Docteur, son "père", est la personne qu'il veut retrouver. Abraham a besoin des conseils du diable au masque corbin plus que tout au monde mais sait que celui-ci sera sans doute assailli par le SCAR d'ici le lever du soleil, voir même avant. Il n'a aucun moyen fiable pour prendre contact avec le praticien et conçoit l'étendue des risques encourus, pour le scientifique comme pour lui-même, en cas de visite inopinée. Obéron ? Pareil. Questionnée, surveillée et harcelée, sûrement...

    A contrecœur, le colosse mécanisé raye cette hypothèse de sa liste et retombe dans ses réflexions. Siame ? La qualifier d'amie serait sans doute erroné, mais elle est l'une des seules en qui Abraham a vaguement confiance. Il l'a sauvée, elle l'a sauvé. Ils s'entendent -des fois-, c'est un bon point de départ pour demander le gîte. C'est elle qu'il est venu voir, de toute manière.

    L'auberge pour jeune fille où elle créchait la fois passée est fermée, mais pas abandonnée. Une fois devant l'enceinte, il inspecte les murs qu'il a escaladé pour se carapater la fois passée en chapardant un biscuit à l'angélique locataire. Cela lui arrache un léger sourire de mélancolie. La vieille Berthe a sans doute fixé le fameux couvre-feu dont elle avait causé la fois passée, il est donc temps de faire usage des bonnes vieilles méthodes.

    Un bras métallique s'accroche aux bordures d'une fenêtre du rez-de-chaussée. S'aidant d'une force insoupçonnable, le colosse à la furtivité toute relative prend un appui plus élevé et entame sa séance de grimpette pour enfin parvenir jusqu'au premier étage. Lorsqu'il passe sans gêne son regard par la fenêtre, il découvre non sans stupeur une silhouette certes féminine, mais loin de celle qu'il a connu. Déçu d'apercevoir une rouquine qui se pomponne en passant sa brosse dans ses cheveux, il constate qu'il a encore une fois fait fausse route et s'éclipse sans mot dire.

    Il marche, longtemps. Sacrément longtemps. Quasiment dénué d'empathie, il a encore assez d'humanité néanmoins pour ressentir la frustration de tant d'échecs accumulés. Pas la peine de pleurer pour autant, alors il pioche une nouvelle cigarette dans une poche de son veston déchiré et la ramène à ses lèvres gercées par la soif et le froid. Chialer, il sait plus faire de toute manière...

    Son escapade l'amène jusqu'à un banc public, pas fichtrement confortable mais toujours mieux que d'arpenter inlassablement des ruelles vides. Il a quelques ronds, le reste est fourré dans une planque située proche d'une sortie égouts. Il a revendu certaines de ses potions au marché noir, de quoi se mettre des ronds de côté pour survivre en solitaire. Ca lui fait mal au cœur, mais c'est comme ça. N'ayant pas eu le temps de faire un tour à son appartement, il se doute que son matériel d'entretien a dû être récupéré comme pièce à conviction et doit donc s'assurer de ne pas foutre ses prothèses en l'air. C'est un problème qu'il n'a jamais eu, alors il ne sait pas trop comment composer avec.

    Il a volé une bouteille de vin aux épices. De la piquette. Ca aussi, c'est nouveau. Normalement, les cuisiniers et servants de sa suite bataillaient pour lui proposer la meilleure du coin. Sa clope se met à léviter à quelques centimètres de son visage, il en profite pour s'avaler une gorgée de rouge. C'est pratique. Voilà que lui revient l'envie de geindre. A moins que ce soit le froid ? Probablement pas, ses yeux y sont plus ou moins insensibles. Il ne sent pas particulièrement triste, pas même heurté. Non, c'est la rancoeur et la haine qui le prennent à la gorge.

    "Zelevas, vieille raclure. Comment vous..."

    Les habitudes. Il a à peine l'audace d'insulter son mentor et même lorsqu'il est livré à lui-même, "Mortifère" n'ose pas tutoyer son ancien supérieur.

    "...Comment t'as pu me laisser tout seul..."

    Fort heureusement, il a encore l'esprit assez clair pour dénicher des bonnes idées dans les heures les plus sombres. Ses errances et ses introspections l'amènent à se pencher sur son ultime alliée potentielle, la seule que les agents républicains n'iront pas emmerder lors de leur traque du monstre en fuite. Se figeant sur place lorsque le nom résonne en lui, il esquisse un sourire fatigué puis se redresse mollement.

    Hélénaïs de Casteille.

    Le rejeton maudit de la Nation Bleue jette son cul de clope au sol, l'écrase sommairement du plat de sa chausse puis dépose la bouteille malodorante au pied du banc, ce pour enfin disparaître dans le brouillard nocturne. Tout espoir n'est pas perdu.


    _


    On toque à la porte du manoir. Vivianne, affairée à charger un plat contenant thés et gâteaux du soir, se voit contrainte malgré l'urgence de sa besogne de délier son tablier pour venir ouvrir à l'indésirable qui a l'impudence de la déranger en plein service. Elle arbore son plus beau sourire, soupire un grand coup pour évacuer la nervosité du travail puis, finalement, elle tourne la poignée et entrouvre avant de lancer avec une joie feinte :

    "Domaine de Casteille ! Que puis-je pour..."

    Rien ni personne. Une plaisanterie à une heure pareille ? C'est très discourtois. La servante ose sortir la tête, qu'elle passe dans l'entrebaillement pour balayer le jardin obscurci du regard; ce sans succès. Lorsqu'elle s'apprête à refermer derrière elle en mettant le bruit sur le dos d'un oiseau maladroit ou d'un coup de vent particulièrement violent, un violent fracas se fait entendre dans son dos. Elle sursaute et pivote pour découvrir avec effroi qu'un pot vient de se casser la figure et que le terreau qu'il abrite s'est répandu dans toute l'entrée. Pestant un brin, elle en oublie de refermer d'office la porte d'entrée et va d'abord s'équiper d'un balai ainsi que d'une pelle, justement situés dans le cagibit adjacent à la cuisine.

    Une ombre en profite pour se glisser à l'intérieur, s'engageant ensuite avec toute la furtivité du monde au sein de la demeure.

    Se dirigeant avec une étrange diligence en direction d'une chambrée dont il a aperçu la propriétaire par une fenêtre entrouverte, l'étranger voilé d'invisibilité progresse et constate avec soulagement que la porte n'est pas totalement fermée et qu'il y a donc un accès simplifié. Elle l'a peut être senti, ou reconnu au son de ses prothèses. Il espère qu'elle ne va pas crier. Est-elle au fait de sa cavale ? Pour ne pas attirer l'attention de ceux qui se trouvent dehors, il murmure :

    "Hélénaïs ? C'est moi."

    Son timbre de voix unique doit largement suffire en terme d'identification. La porte se referme derrière le fantôme avec une douceur permettant aisément de couvrir le bruit du loquet grâce aux jurons lancés par la femme de ménage, un étage en dessous. Dans un crépitement électrique, Abraham annule son invisibilité et se révèle dans un bien triste état. Un peu sali, il empeste le tabac froid, l'alcool et la nature. Fort heureusement pour lui, elle ne le voit pas. Abraham envisage de lever ses mains en signe d'apaisement puis se ravise en se rappelant la condition de son interlocutrice.

    "Gardez votre calme. Je ne vous veux aucun mal."
    Noble de La République
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    Hélénaïs de Casteille
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  • Dim 26 Mai - 15:31
    Le domaine des De Casteille était sans doute l’un des plus jolis de la région. Doté d’un grand jardin où la limite avec la terre des hommes et la nature n’était pas vraiment bien définie, on y retrouvait des fleurs colorés lorsque la saison s’y prêtait mais aussi des arbres fruitiers, une roseraie et un bassin où des carpes de mille couleurs faisaient ondoyer la surface. Au devant, juste avant l’escalier en pierre blanche qui montait jusqu’au perron, l’on retrouvait un rond point d’arbuste fournit pour permettre aux fiacres de faire demi-tour sans efforts.

    Les murs extérieurs, écru et recouverts d’un lierre grimpant se confondaient avec une certaine discrétion dans le décor de vignes et de collines qui les jouxtaient. Certains jours, lorsque la brume était épaisse, on arrivait à peine à distinguer les tuiles ocre ainsi que les cheminées qui perçaient la toiture à plusieurs endroits. C’était un petit manoir, suffisamment grand pour accueillir la famille d’Hélénaïs et leurs quelques domestiques, les employés et ouvriers, eux, logeaient dans une maison secondaire un peu plus au nord là où avaient été construite les caves ainsi que les installations qui permettaient de créer les différents vins qu’ils commercialisaient. En somme, la maison de famille des De Casteille se trouvait à l’entrée de leur domaine, de façon à ce que chaque visiteur se doive de passer par eux avant d’entrer sur leurs terres.

    Ce soir, comme beaucoup d’autres avant lui, Hélénaïs était assise devant son secrétaire mais contrairement à d’habitude, elle était seule. Emérée avait été congédié dans ses appartements un peu plus tôt dans la soirée et même si elle avait férocement protesté, elle ne lui en avait pas laissé le choix. Devant elle s’étendait maintenant une mer de documents, tous portaient son nom. Certains lui avaient été adressés en braille et venaient de l’ambassade quand d’autres étaient écrit avec de l’encre, n’attendant que le retour de sa suivante pour être lut. Hélas, aucun d’eux n’attiraient, ni n’éveillaient plus son intérêt. Pour la première fois depuis des années, Hélénaïs se sentait comme une coquille vide ou comme un brasier incontrôlable. Elle n'était pas certaine, comme si son corps et son esprit étaient anesthésiés. Une part d’elle brûlait d’une fureur innommable et l’autre avait l’impression d’étouffer. Cela faisait plusieurs heures maintenant qu’elle était dans cet état. Ses doigts pâles passaient machinalement sur le papier dont elle ne pouvait lire les lettres manuscrites mais dont elle avait retenue l’intégralité du texte, ils caressaient le sceau de cire qu’elle avait brisé elle-même comme si, à force de le toucher, elle allait découvrir qu’il ne s’agissait pas de celui des d’Elusie. Mais à chaque fois la pulpe de ses doigts redécouvrait le motif et elle étouffait péniblement un sanglot. Son index lui faisait presque mal à force de caresser le papier rêche.

    D’un geste lent, elle essuya du revers de sa manche une énième larme qui était en train de rouler sur sa joue puis renifla comme l’aurait fait une enfant. Parce que c’était exactement ce qu’elle avait l’impression d’être. Une petite fille horriblement seule. C’était exactement comme dix ans auparavant, lorsque Bastian De Casteille avait rendu son dernier souffle. Mais à l’époque elle avait encore sa mère pour la soutenir. Aujourd’hui c’était une vielle femme sénile qui la reconnaissait à peine -un secret bien gardé- et Hélénaïs se devait de dire adieu ) la dernière personne qui s’approchait le plus d’un parent pour elle. Ses doigts se serrèrent autour de la lettre jusqu’à la froisser. Evidemment, elle et Zelevas avaient eu leurs différents mais il n’empêchait qu’il était son ami, peut-être le seul. L’idée de le perdre alors qu’elle venait à peine de renouer réellement avec lui était insupportable.

    - C’est impossible. Murmura-t-elle pour elle-même alors que, la tête penchée, ses larmes venaient tomber lourdement sur le papier épais. C’était aussi ce qu’elle avait dit au notaire après lui avoir demandé de relire la lettre pour la troisième fois. Il avait poussé un long soupir las puis avait recommencé une quatrième. Depuis Hélénaïs avait trouvé refuge dans sa chambre et abandonné tous ses travaux en cours. Elle était de toute façon incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. Les questions se bousculaient dans son esprit. Des questions qu’elle ne pourrait jamais poser. Était-il mort ? Que lui avait-on fait ? Qu’avait-il fait ? Qu’est-ce que l’histoire et les médias pourraient bien raconter à son sujet ? Hélénaïs avait été tenté de faire ses bagages pour filer en ville, comprendre ce qui était en train de se passer mais Maître Kroguel l’en avait dissuadé. Alors elle était ici, dans son bureau, en chemise de nuit, les cheveux en bataille et l’air malheureux.

    Au rez-de-chaussée, le bruit du verre -ou de l'argile- qui se brise retentit, tirant la jeune sénatrice de sa rêverie. Elle entendit la voix de Vivianne s’exclamer sans en comprendre les paroles et devina qu’elle s’en allait chercher de quoi nettoyer. Peut-être aurait-elle dû aller voir ce qui s’était passé. Elle n’en avait ni la force, ni l’envie mais ce fut le léger grincement qui la retint plus qu’autre chose. Il résonnait dans son esprit comme un tocsin et avant même qu’il ne parle, Hélénaïs se rappela de la personne qui produisait un son si étrange.

    - Abraham… Souffla-t-elle, incrédule quand il parla. Elle l’entendit se glisser dans la pièce et le loquet se fermer derrière lui. Un frisson parcourut son échine. Que faisait-il ici ? N’était-il pas à la solde de Zelevas ? Si, il l’était. Elle en était certaine. Alors sa présence ici, que signifiait-elle ? Sa gorge se serra à nouveau ; elle savait parfaitement ce que cela signifiait. Les lèvres pincées, elle activa un bref instant son senseur pour déterminer l’endroit exact où il se trouvait. - Que faites vous ici ? Demanda-t-elle d’une voix sans timbre. Lentement, elle se leva de sa chaise et sans chercher à trouver sa canne de vision -elle connaissait suffisamment bien la pièce-, elle s’avança jusqu’à faire face à l’intru. - Que s’est-il passé ? Que vous est-il arrivé ? Hélénaïs se faisait violence pour ne pas le presser de répondre mais elle ne comprenait rien à ce qu’il venait de se passer, elle n’était pour l’instant qu’une gamine ignorante et cela la rendait malade. - Qu’est-ce que c’est que ça ? Cette fois sa voix se brisa lorsqu’elle présenta le testament joliment rédigé mais où ses larmes avaient fait couler l’encre par endroit.
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  • Dim 26 Mai - 23:07
    "C'est terminé, Hélène."

    Il la coupe, sèchement mais sans élever le ton. Hélène, c'est ainsi que l'appelle Zelevas. C'est ainsi qu'il l'appelait, puisque plus jamais il n'aura l'occasion de le faire. Les yeux rouges du renégat scintillent dans la pièce enveloppée d'une timide lueur tamisée et son expression, à peine déchiffrable dans l'obscurité, semble être celle d'un homme que tout espoir a abandonné. Il est loin, ce "Mortifère" narquois et suffisant qui donne du mieux qu'il peut l'illusion d'être pleinement aux commandes de sa vie. Il ne reste de lui qu'une arme usée, aux angles ébréchées et à la lame mal entretenue. Il voit la lettre manuscrite que tient la Sénatrice et la pointe du menton. Il ne sait pas ce qu'il contient, mais il devine le sens qu'elle porte. Il en a reçu une, lui aussi.

    Contraint de se sustenter par ses propres moyens, le cerbère libéré s'est rendu jusqu'aux décombres du relais où se sont tenues tant de réunions secrètes et où tant d'opérations sordides ont été menées sur sa carcasse en constante dégradation. Il y a trouvé du matériel, de quoi récurer ses joints encrassés et huiler ses pièces malmenées. Le papier joint à la valise, en revanche, n'a certainement pas eu sur le moral de l'ancien soldat un quelconque effet réparateur. Abraham mire instinctivement la fenêtre, se sachant peut être poursuivi jusqu'ici. Sa trace de mana est connue des services de l'ordre et nul lieu n'est sûr. Il n'a pourtant pas dit son dernier mot. Ses lèvres tremblent un instant, mais même sa tristesse devient en dehors de sa propre portée. Il ne sait plus ce qu'il est, ni comment fonctionner convenablement.

    "Vous savez que Zelevas est prêt à tout pour la République, n'est-ce pas ?"

    Il marque une pause, un moment de vide qu'il accorde à la demoiselle pour qu'elle s'imprègne de ces mots à la portée trop grande. Elle qui a toujours l'impression d'en savoir trop peu et de n'être que lointaine spectatrice se retrouve plongée contre son gré au cœur d'une histoire qui les dépasse tous. Toujours dos à la porte de la pièce, Abraham entrouvre la bouche et lance froidement :

    "On l'a tuée."

    Il lève l'une de ses mains et fait claquer ses serres métalliques dans un bruissement glacial, révélant ainsi sans mot dire quelles sont les armes du crime. Après avoir dégluti bruyamment, il chasse de son visage quelques cheveux devenus trop longs à son goût, puis il complète sa sinistre annonce :

    "La Présidente... Zelevas et Koraki m'ont ordonné de la tuer, et je l'ai fait."

    L'atmosphère déjà pesante devient insoutenable. Il prie intérieurement pour qu'elle conserve son sang-froid et ne se mette pas à hurler. Elle a droit à la vérité, elle plus que n'importe qui d'autre. Lasse d'être un pion dans l'immense échiquier de la Nation Bleue, elle devient détentrice d'un état de fait encore tenu au secret. Ce n'est pas la première fois qu'Abraham révèle le meurtre à haute voix mais à chaque fois, la sensation qui le prend à la gorge est curieuse. Il ne s'en veut pas de l'avoir exécuté, il en veut au monde de s'être retourné contre lui alors qu'il n'a fait qu'obéir, précisément comme il avait été pensé pour le faire. Anticipant une réaction plus qu'hostile de la part d'Hélénaïs, Abraham coupe court et enchaîne :

    "Elle avait préparé des documents. Au lendemain de l'attaque de la Maison Bleue, elle aurait déclaré l'état d'urgence et se serait appropriée les pleins pouvoirs. Elle aurait fait du pays une dictature, un Etat dans lequel nos idéaux démocratiques n'auraient plus leur place. Un procès aurait été inutile, puisqu'elle bénéficiait d'innombrables soutiens dans son entreprise et qu'elle était parfaitement en droit, selon nos propres textes, de recourir à cette extrémité. Son plan était parfait, son emprise sur la République aurait été absolue..."

    Il sait qu'il se justifie avant même d'avoir été accusé, mais c'est bien là sa seule défense. Son regard se fait intense et, avec ce ton toujours aussi glacial, il reprend après s'être sommairement humecté les lèvres :

    "Une enquête a été ouverte, ma mémoire de l'assassinat a été effacée pour éviter toute fuite. Ca n'a pas été suffisant et il n'a fallu aux inspecteurs que quelques jours pour découvrir l'identité des responsables. Zelevas est déjà en route pour le Razkaal et quant à moi, j'ai fui."

    C'est terminé.

    "Ils ne pardonneront pas ce qu'il a fait à la Présidente et ils n'oublieront jamais ce qu'il m'a fait, à moi, ni ce que je suis devenu. Je suis une erreur, une faute que la République ne souhaite pas endosser et qu'elle regrette d'avoir laissé exister si longtemps. Je suis recherché, mort ou vif. S'ils me capturent, c'en est fini de moi."

    Un soupir amusé, trahissant sa fatigue, lui échappe.

    "Et je n'ai plus personne, Hélénaïs. Mes proches me traquent, sont poursuivis ou me haïssent. Il n'y a que vous qui..."

    Qui quoi, d'ailleurs ? Il ne savait même pas l'exprimer convenablement. Il n'y a qu'elle pour ne pas trahir le traître ? Ca n'a aucun sens. Son jugement est obscurci, son discours est celui d'un homme posté au pied du mur. Il ne sait pas ce qu'il fait, il n'a plus de maître pour lui dicter sa conduite.

    "Il n'y a que vous."
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    Hélénaïs de Casteille
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  • Mer 29 Mai - 21:55
    Hélénaïs eut l’impression de tomber dans une mer profonde et silencieuse qui emplissait ses oreilles, l’empêchant d’entendre, qui étranglait ses cordes vocales, l’empêchant de pleurer, qui étouffait ses poumons, l’empêchant de respirer. Elle entendait à peine la voix rocailleuse d’Abraham tant le sang battait ses tempes comme un tambour de guerre et ses jambes, ô dieux ses jambes, n’étaient plus faites que de coton. Un souffle de vent et elle aurait pu choir comme une poupée de chiffon sur le sol, brisée. C’était d’ailleurs tout ce dont elle avait envie, être oublieuse, se laisser aller au chagrin contre lequel elle n’avait de cesse de lutter. Elle aurait voulu que la douleur dévorante de son cœur se taise, que l’angoisse qui montait dans son ventre ne soit qu’un mirage mais il n’en était rien et elle en avait pleinement conscience. Son cerveau lui semblait lent ; il ressassait sans relâche tout ce qu’il entendait, repoussant des faits qu’elle n’avait jamais voulu entendre. Ses mains et ses lèvres étaient tremblantes, ses épais cils noirs étaient bordés des larmes qu’elle n’était plus en mesure de retenir. Elles roulaient sur ses joues au rythme des mots de l'homme qui lui faisait face, chacun d’eux avait la violence d’une gifle. Hélénaïs aurait préféré qu’il le fasse et cela même s’il avait dû laisser des sillons sanglants sur ses joues.

    - Mirelda ? Le Razkaal ? Bredouilla-t-elle, le cœur au bord des lèvres.

    Elle avait envie de hurler, de le secouer pour lui faire avouer son mensonge mais elle en était parfaitement incapable. Il lui était aisé de deviner la vérité dans le timbre de sa voix qu’elle avait connu caressante, presque enjôleuse et qui n’était plus qu’incertitude. Pourtant, une part d’elle refusait d’y croire tandis qu’une autre se tordait de peur. La même qui l’avait habité lorsqu’ils s’étaient retrouvés seuls. Qu’allait-il lui faire ? Elle était sénatrice, une enfant de la République. Il venait de lui révéler le plus grand crime contre la Nation Bleue qu’il lui eut été donné de voir. Instinctivement, elle recula. Allait-il la tuer ? Mais pourquoi venir jusqu’ici dans ce cas ? Ses doigts se resserrèrent autour du testament. Si c’était ce qu’il voulait, il pouvait bien prendre toute la fortune des d’Elusie, elle n’en avait cure et l’aurait échangé volontiers contre la libération de son ami. Dieux! qu’elle aurait voulu voir le visage d'Abraham en cet instant, comprendre ce qui se passait dans son esprit, deviner si son heure était arrivée. La mâchoire serrée, elle releva le menton, ses larmes taries, comme pour affronter ce qui allait venir mais les mots qu’il laissa échapper n’étaient pas ceux qu’elle attendait. Ils étaient pires ; l’écho de ses propres sentiments.

    - Il y avait tant de façon de se battre Abraham, pourquoi avoir choisi la violence ? Sa voix n’était plus qu’un murmure et ses épaules s'affaissaient en même temps qu’elle prononçait ses derniers mots, qu'elle prenait conscience qu'elle ne mourrait pas. Une part d’elle, obscure, triste, songea qu’il eut été plus simple qu’il lui réserve le même sort qu’à Mirelda Goldheart. Elle ne savait pas exactement ce qui c’était passé, mais elle était certaine que le soldat qu’il était avait été parfaitement efficace. Tellement qu’on avait préféré le lui faire oublier. Zelevas avait-il put faire cela ? C’était un homme dur mais il avait toujours été bon avec elle, gentil. Elle était incapable de l’imaginer en train de donner l’ordre à son homme de main de tuer. Et si lui était capable de tuer, l’aurait-il fait aveuglément ? Les questions se confondaient et s’emmêlaient, Hélénaïs senti poindre un mal de tête. Sa manche vint à nouveau essuyer une larme, elle renifla puis contourna le soldat au milieu de la pièce pour aller jusqu’à la fenêtre dont elle tira les épais rideaux bleu roi.

    - Prouvez le moi. Sa voix, toujours chevrotante, avait repris un peu plus de vigueur et à l’aide de son senseur, elle se guida jusqu’à Abraham pour se planter devant lui. Il lui rendait aisément une bonne tête mais elle tendit la main vers son visage sans le toucher. - Laissez-moi voir. Si vous n’avez plus que moi, si mon destin doit être lié au vôtre,  alors prouvez-moi que je ne fais pas la plus grosse erreur de ma vie. Prouvez-moi que je peux avoir foi en vous. Un paris risqué, probablement idiot et complètement insensé mais il était la dernière personne qui la rattachait à Zelevas et s’il ne mentait pas, si Mirelda avait voulu bafouer la liberté de sa nation et s'il restait un espoir aussi infime soit-il que leurs actions eurent été juste, Hélénaïs était prête à le saisir pour rééquilibrer la balance. Et elle voulait voir, une dernière fois, le visage de ce vieil homme, de cet ami, qu’elle avait connu depuis sa plus tendre enfance. Elle savait combien cela la briserait mais ne pas savoir était encore pire.

    Alors elle attendit, les yeux levés vers le visage de l’homme qu’elle ne pouvait voir.
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  • Sam 1 Juin - 5:34
    Choquée, profondément affectée par la situation. Il n'en attend pas moins d'elle et voit dans cette implication personnelle qu'elle traduit par l'émotion un atout. Zelevas n'a jamais été très porté sur le sentimentalisme mais il demeure un homme de passion et de fougue. Abraham considère justement que c'est sur les gens dont le sang vient bouillir par exaltation qu'il faut compter. Les mesurés, ou les mous du genou en toute honnêteté, sont indignes de son intérêt. Analysant silencieusement chaque mouvement de la sénatrice, Abraham la salue intérieurement d'avoir songé à fermer les rideaux. Il l'aurait fait lui-même, si elle n'y avait pas pensé, car les traqueurs lancés à ses trousses ne doivent que très rarement prendre le temps de faire la sieste.

    "Il n'y avait aucun autre moyen, j'en ai peur."

    La peur est justement ce qui lui fait défaut. Ce n'est pas par crainte de la mort qu'il s'est enfui dans la nuit, se refusant à admettre la fatalité du jugement auquel on l'a promis. C'est son égo ainsi qu'une certitude malsaine selon laquelle il constitue un élément clé de la survie de la République face aux multiples menaces qui planent sur elle. Il s'estime trop important pour être inutilement sacrifié selon les préceptes de la "justice", celle qui n'est bonne à louer que lorsqu'elle va dans le sens d'un immobilisme idiot et dénué de tout sens de la réalité des choses.

    Hélénaïs semble prêt à le croire. A le comprendre ? Probablement pas. Loin de la fleur délicate que les puissants veulent voir en elle, la demoiselle n'en demeure pas moins une idéaliste qui estime sans doute que donner la mort à une vieille harpie pour le bien d'une Nation est démesuré. Elle a tort, Abraham le sait, mais il se garde bien de le souligner. Ce dont il a besoin, c'est de soutien; pas d'effectuer une vaine leçon de morale martiale; surtout à quelqu'un qui n'a pas envie de l'entendre. Elle lui demande de prouver sa bonne voix, ce à quoi il ne répond qu'en haussant un sourcil. C'est lorsqu'elle tend la main en sa direction qu'il comprend de quoi il retourne et qu'un sourire las apparaît sur son faciès grisâtre.

    "Très bien. S'il faut passer par là..."

    Le renégat pose un genou à terre, se positionnant convenablement pour accueillir la paume de la jeune femme et ainsi lui ouvrir les voies de son esprit. Il a déjà subi des lectures spirituelles et en connaît le fonctionnement. Les protections dont il dispose contre ce genre de pratiques sont plus que conséquentes mais, fort heureusement, il dispose sur cette faculté d'un contrôle suffisant pour pouvoir dévoiler ce qui se dissimule au creux de sa caboche trop remplie, ce malgré les filtres magiques qui y restreignent l'accès. Les verrous mentaux sautent par la simple volonté de l'arme humaine et quand il se sent prêt à laisser Hélénaïs explorer ses souvenirs, il saisit doucement sa main pour la guider, tout comme il l'a fait lors de leur première rencontre. Approchant la dextre de la demoiselle de sa joue, il lui jette un regard profondément grave et ajoute, juste avant le dénouement :

    "Je vous préviens. Ce que vous allez voir était gardé secret pour de bonnes raisons."

    Il ne la met pas davantage en garde. Elle désire prendre ses responsabilités et devenir plus qu'une simple spectatrice de sa propre existence ? Il l'y encourage vivement. Abraham pose sciemment la main d'Hélénaïs contre sa joue glacée et aussitôt, la magie s'insinue en lui pour capter les images de la sordide conclusion de son histoire.

    Elle voit, elle voit à travers les yeux du cerbère. Allongé sur une table de fer, délesté de ses prothèses, il est surmonté par un assortiment d'outils infernaux. Des hommes et des femmes masquées accourent autour de lui, s'affairant comme de maudits diablotins pour lui réserver les pires tourments imaginables. On déchire la peau de son torse, on enfonce dans sa chair des crochets chargés de substances alchimiques. On le traite comme un vulgaire morceau de viande, sectionnant muscles et tendons pour réduire ce qui fut un jour un homme à l'état de masse sanguinolente et hurlante. Une silhouette se détache, dominant toutes les autres de par son absolue noirceur. C'est celle du Docteur, son véritable père.

    L'image se trouble, les cris du martyr se font plus diffus. Quelques instants plus tard, un flash rougeoyant vient illuminer l'ensemble de la projection mentale et le chaos cesse. Les paupières charnues ont cédé place à des coquilles d'acier et c'est par les yeux arcaniques du soldat qu'Hélénaïs aperçoit un tout nouveau tableau. Soren, Zelevas, Sixte, Pancrace, Dorylis... Des hommes et des femmes du SCAR, masqués et prêts à en découdre. Il règne une atmosphère de tensions, des conflits houleux éclatent enfin entre officiers et gardien du Sénateur Fraternitas.

    Une porte est démolie d'un coup d'épaule, la tempête fait rage et les éclairs rugissent lorsque vient le moment fatidique, celui où Mortifère cesse d'être considéré comme un outil du pouvoir et qu'il devient une bête fauve à abattre. Il questionne son mentor, n'obtient en échange qu'une menace ainsi qu'une arbalète pointée droit vers lui. Hélénaïs sent la froideur enserrer le cœur du jeune soldat, elle voit ses espoirs flétrir alors que cet homme, ce monument républicain, se retourne contre sa propre création en abandonnant toute volonté de mener leurs si grands projets à terme.

    Tout est fini.

    La vision s'interrompt, ramenant la sénatrice et son indésirable invité à la triste réalité dans laquelle ils sont plongés ensemble. Il n'a rien omis, il a tout révélé. A quoi bon cacher, de toute manière, le moindre secret de ces politicards aux convictions vaseuses qui, comme prévu, se sont servi de lui jusqu'à tirer de son âme l'ultime goutte d'humanité ? Il n'a rien à cacher; au contraire. Il a tout à dire, tout à hurler à ce monde qui le rejette par tous les moyens. Le colosse aux excroissances métalliques se redresse, offrant à son vis-à-vis un ton aussi dénué d'espérance que de tout émoi. Il est creux, vide de but et d'envie. Cela se sent.

    "Je ne peux vous montrer l'assassinat de la présidente. Toute trace de l'évènement a été effacée, comme je vous l'ai dit. Ce que je sais, c'est que je l'ai effectivement tuée sous les ordres de Zélévas et de Koraki Exousia."

    Il réalise qu'il tient toujours la main de la jeune femme hébétée contre son visage. Cette chaleur humaine le réconforte, peut-être. Il n'a néanmoins pas l'indécence de prolonger le contact et la relâche donc, ce avant de s'éloigner un peu pour s'accouder contre un mur. Il y a un silence, aussi embarrassant que compréhensible. Après avoir dégluti, Abraham se contente donc de murmurer :

    "Pour ce que ça vaut, je suis... désolé. Vous ne devriez pas avoir à être impliquée dans cette affaire."

    La fatigue le rattrape. Il se laisse mollement glisser le long de la paroi, s'asseyant à même le sol avant de passer ses griffes sur son visage maculé de poussière. Tâchant d'éviter toute mauvaise appréciation de la situation, il se livre enfin :

    "Je ne sais même pas exactement ce que je suis venu vous demander. J'ai juste... besoin de ne pas être complètement seul. J'ai besoin de savoir que quelqu'un, quelque part, ne me trahira pas."
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  • Lun 3 Juin - 17:59
    “Je vais vomir.” Pensa Hélénaïs en plaquant prestement sa main libre contre ses lèvres dans l’espoir d’empêcher son estomac de se révulser plus qu’il ne le faisait déjà. Le goût de la bile la faisait saliver et sa peau diaphane était sur le point de devenir transparente. Ses jambes étaient flageolantes, elle devait se concentrer pour les empêcher de céder alors qu’Abraham était en train de se relever. Ses cils étaient bordés de larmes mais la sénatrice s’interdit de laisser échapper la moindre larme, elle ne pouvait se permettre de s'apitoyer plus longtemps sur son sort, plus maintenant et cela malgré l’envie furieuse qui lui déchirait la poitrine. Par les dieux! elle était une enfant choyée qui n’avait jamais véritablement eu à affronter la dureté de ce monde et voilà qu’elle venait de s’y faire entraîner par la force des choses. Au-delà du chagrin qui continuait de l’étreindre, elle était en colère. Contre Zelevas, contre les gens qui l’avait arrêtés,  contre Abraham, contre l’homme qui lui avait subir ces changements, contre la République et surtout contre elle-même. Elle qui était incapable de protéger les siens, même d’eux-mêmes. Si elle avait pu voir, aurait-elle pu tendre la main à son vieil ami pour lui montrer qu’un autre chemin était possible ? Ou était-il corrompu jusqu’à la moelle depuis déjà fort longtemps ? Elle n’arrivait pas à en croire un mot.

    Le maelstrom d’émotion passait sur elle avec la force d’un ouragan, balayant ses convictions comme un fétu de paille. Ce monde tournait si vite. Trop vite. Et Hélénaïs avait toujours vécu dans une tour de cristal. Une cage dorée qui l’avait préservée du monde jusqu’à aujourd’hui. Ses parents, son dernier rempart, n’étaient plus et ainsi elle se prenait de plein fouet une réalité qui la terrifiait de la même façon que si elle avait eu huit ans.

    “Aller-vous en. Partez, disparaissez et ne revenez jamais. ” Voilà ce qu’elle avait envie de dire à Abraham.  Mais ces mots ne franchissaient pas la barrière de ses lèvres. Elle aurait aussi pu lancer une alerte télépathique à Emérée qui aurait prévenu les autorités. Mais elle en était incapable, ni même certaine de le vouloir vraiment. “Ta bonté te perdra, ma fille”. L’avaient mis en garde ses parents et pour la première fois, elle réalisa que c’était peut-être bien ce qui causerait sa perte. Encore une chose sur laquelle ils la connaissaient bien mieux qu’elle ne l’aurait voulu.

    - Vous avez plus confiance en moi que je n’en aurais jamais… Souffla-t-elle péniblement en empêchant toujours son estomac de renvoyer son dîner. - Je devrais vous dénoncer... Tout en elle lui hurlait de le faire, lui criait qu’il était un ennemi de la république et par extension le sien. Il avait bafoué jusqu’à la plus petite des lois de son pays, son existence à elle seule était une offense au monde, un pied de nez aux dieux de cet univers. Mais Mirelda, elle aussi, n’avait-elle pas raillé les règles qui régissaient ceux qu’elle dirigeait ? Ca n’excusait en rien ce qu’avait fait Abraham, encore moins Zelevas et Koraki. D’autres voies auraient pu être empruntées, la sénatrice qu’elle était en avait la certitude néanmoins elle était incapable de laisser cet homme au sordide destin qui l’attendait et tout en sachant qu’elle s’apprêtait à mettre le sien en jeu elle termina sa phrase : - Mais je vous aiderai autant que faire se peu.

    Hélénaïs avait toujours aimé les causes perdues. N’en était-elle pas une après tout ? Ses épaules s’affaissèrent légèrement et elle sortit un mouchoir d’une poche de sa chemise de nuit pour venir essuyer son nez rougit ; le temps des pleurs était terminé. En quelques enjambées, elle traversa la pièce dans sa largeur pour se diriger vers la porte.

    - Donnez-moi un instant. Il y a du whisky dans le bar. Dit-elle en désignant un petit placard à la droite de son invité, il en aurait bien besoin et elle aussi. - Faites comme chez vous, je reviens. Et elle disparu en fermant précautionneusement la porte derrière elle.

    La salle d’eau se trouvait deux portes plus loin et donnait directement sur ses appartements privés qui étaient accolés à ceux d’Emérée. Hélénaïs eut à peine le temps d’y pénétrer et de se jeter à taton sur les toilettes qu’elle était déjà en train de vomir tripes et boyaux aussi discrètement qu'elle le pouvait. Les spasmes lui tordaient l’estomac et lui coupaient le souffle, rapidement de la sueur se mit à luire sur son front et malgré tous ses efforts, elle entendit la porte s’ouvrir.

    - Oh dieu, madame ! Jura la voix de sa suivante.
    - Tout va… Un nouveau haut-le-cœur la força à se taire. - …Bien.

    Emérée l’aida sans poser de questions, tressa ses cheveux d’une main experte, lui tendit un linge humide pour se débarbouiller et de quoi se nettoyer les dents puis s'éclipsa de la salle de bain. A son tour, Hélénaïs quitta la pièce pour rejoindre le bureau.

    - Pardonnez moi, j’avais… Elle balaya l’air de la main. - Rien d’important. Ses pas la menèrent au centre de la pièce où se trouvaient deux fauteuils ainsi qu’une table, disposés d’une manière qui n’étaient pas sans lui rappeler celle de ceux de chez Zelevas. Elle s’installa sur celui de droite. - Pourriez-vous me servir un verre ?Un tintement  ne tarda pas à se faire entendre et quand elle fut servit une longue gorgée dévala son œsophage puis vint incendier son estomac qui se cabra dans son ventre. Hélénaïs n’en avait cure, la morsure de l’alcool avait le mérite d’empêcher son esprit de s’embrumer et de sombrer dans la panique. - Seriez-vous prêt à quitter la République ? Demanda-t-elle le regard dans le vide.
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  • Sam 8 Juin - 19:28
    "Vous devriez ?"

    Pouvoir, Devoir. Suivre les ordres est ce que Mortifère a toujours fait, et voilà où ça l'a mené. La République est une Nation qui ne sait ni ce qui est bon pour elle, ni comment y parvenir. Ce qui doit être fait ne peut être si aisément défini qu'en s'enfermant dans un carcan judiciaire. Mortifère l'a appris à ses dépends, Abraham en subit les conséquences aujourd'hui. Il n'a de remords que parce qu'il y a perdu en statut ainsi qu'en confort social et s'il est anesthésié face aux brûlures récentes, il n'en demeure pas moins blessé.

    Abraham voit la détresse dans les yeux assombris de la jeune femme. Il sent ce qu'elle envisage, il entrevoit le déchirement qui l'assaille. Sa propre méfiance lui joue des tours et, l'espace d'un instant, il envisage de commettre l'irréparable. Quelque chose en lui vient lui dicter un ordre : il est hors de question de s'en prendre à Hélénaïs. Sa psyché altérée, délestée par biais magiques d'une franche part de son humanité, lutte pour ne pas sombrer dans de telles extrémités. La sénatrice quitte la pièce, invitant l'indésirable à se servir éventuellement un verre de whisky qu'il refuse en silence. Il ne peut se permettre de se détendre tant qu'il n'a pas obtenu l'assurance qu'il ne serait pas trahi.

    Alors qu'elle se volatilise et qu'il se retrouve seul avec ses pensées, Abraham retourne se plaquer contre le mur qu'il vient de quitter et appose sa tête alourdie par la confusion contre la surface rigide. Prenant une longue inspiration, le renégat contemple la maigreur de ses choix et se découvre une volonté de convaincre la demoiselle. La situation est plus noire aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été et, à l'aube d'une ère où la paix n'est qu'un souvenir, Abraham se retrouve à devoir énoncer les évidences pour exprimer la réalité des faits. Elle doit comprendre qu'aucune autre issue n'était possible et que les armes usuellement employées pour combattre l'obscurantisme et la dictature ne pouvaient être employées dans une telle conjecture.

    Un sourire las se dessine sur ses lèvres fendues. Malgré ses efforts et en dépit de l'inimaginable traitement qu'il a subi, il conserve sa bienveillance envers la République, son avenir, de même que les principaux acteurs de son évolution. Hélénaïs figure non seulement dans la liste des personnalités à protéger mais, plus important encore, elle constitue selon Abraham un atout encore inexploité. Sa fonction d'humble garde du corps ne lui autorisait autrefois aucune véritable prise de décision au delà de dispositifs sécuritaires mais aujourd'hui, il se doit de s'imposer également comme stratège. Il n'a plus le luxe de se reposer sur le génie de Zelevas, après tout...

    La porte s'ouvre à nouveau et l'ancien soldat s'empresse de faire connaître sa position en faisant sciemment claquer ses doigts métalliques les uns contre les autres. La demoiselle, désormais affublée d'une jolie tresse, demande sans hésitation qu'on lui serve un verre de whisky. Sans rechigner le moins du monde, Abraham tend une main en direction du meuble où sont entreposées les boissons et use de télékinésie pour déplacer la bouteille ainsi qu'un petit verre de dégustation, qu'il remplit presque à ras bord. Elle en a besoin, au diable les manières.

    "Vous êtes toute excusée."

    Lui non, en revanche. Il est inadmissible de mettre un tel poids sur les épaules d'une femme qu'il ne connaît qu'à peine. Il est presque mal à l'aise à l'idée de lui imposer un tel tournant d'existence mais se persuade, pour subsister, qu'il n'y a aucune autre alternative. Il sait ce qu'elle est parti faire dans sa salle de bain et il se doute qu'elle n'a pas remanié sa coiffure pour lui plaire. Observateur mais respectueux, il se garde d'y faire ouvertement allusion et se contente de se centrer sur la conversation. Pas entièrement convaincu pour l'heure d'avoir la demoiselle de son côté, il croise les bras et lorsqu'elle lui demande s'il est prêt à quitter le territoire, il sourit pensivement et répond abruptement :

    "Hors de question."

    Il marque une pause et quand sa voix cinglante se fait plus douce et affable, son discours en perd en revanche rien de sa radicalité :

    "La République est mon foyer, sa terre est celle qui m'a vu grandir, ainsi que celle que j'ai juré de protéger. Jamais, ô grand jamais je ne l'abandonnerai."

    Il jeta un œil aux rideaux rabattus, appréciant la timide lueur nocturne qui s'y infiltrait, ce avant de conclure :

    "J'ai beau avoir été démis de mes fonctions, ma mission reste la même. L'héritage de Zelevas doit subsister."
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  • Hier à 14:11
    Hélénaïs avait envie de crier, de maudire, de secouer et de déverser sa frustration sur Abraham qui, non content de venir troubler sa petite vie paisible de la pire des façons, se faisait visiblement un plaisir de lui compliquer la tâche. Heureusement, c’était une jeune femme de bonne famille dont l’éducation stricte ne laissait pas à désirer, même face au nouvel ennemi public numéro un -le supposait-elle tout du moins-. Aussi, au lieu de se laisser aller à ses états d’âmes, elle but une gorgée un peu trop longue de whisky avant de soupirer lourdement.

    - L’héritage de Zelevas ne perdurera pas si vous êtes mort. Lâcha-t-elle au terme d’une seconde gorgée qui vida complètement son verre. Son nez la picotait légèrement, mais au moins se sentait-elle plus légère. - Je ne sais pas ce que je dois faire, Abraham. C’était un aveu pénible mais il valait mieux qu’il le sache tout de suite. Peut-être avait-il espéré trouver chez elle un rempart à la face du monde, un échappatoire sûr qui pourrait le protéger de la sentence qui lui pendait au nez. Mais Hélénaïs n’était pas ainsi malgré toute sa volonté. Elle n’avait jamais flirté avec l’illégalité, jamais été en danger et n’avait jamais eu à affronter le monde pour qui que ce soit. - Ce dont je suis sûre en revanche, c’est que je ne suis pas Zelevas. Je ne suis pas aussi maligne, ni aussi puissante et encore moins aussi intelligente. Est-ce que vous avez prit ces paramètres en compte avant de débarquer dans mon domaine au beau milieu de votre fuite? Sa voix n’était pas cassante et même si ses mots pouvaient sonner comme un reproche, ce n’en était pas un. Sa question était franche, aussi dénuée d’arrière pensée que l’était la jeune femme ; si Abraham prenait brusquement la mesure de ses actes et qu’il se rendait compte qu’elle n’était pas une alliée de choix, elle ne lui en voudrait pas de s'éclipser par la fenêtre.

    - La République est aussi mon foyer, vous savez. Son visage se tourna vers l’endroit où elle avait entendu le métal crissé, légèrement sur sa droite. - Je ne vous demande pas de l’abandonner définitivement, seulement de vous faire oublier quelques temps. La garde ne vous oubliera pas de sitôt, c’est certain mais une fois qu’elle aura retourné chaque pierre de ce pays et chaque tuile de chaque maison, elle vous laissera peut-être un peu de répit… C’était la seule solution qui lui apparaissait comme viable, éloigner Abraham et l’emmener à un endroit où ils ne le chercheraient pas pour l’unique et bonne raison qu’ils ne pourraient pas chercher.

    Lentement, Hélénaïs se leva, contourna son assise et s’avança vers son bureau où elle récupéra des papiers qu’elle était en train de lire avant que la missive et le notaire ne lui rendent visite. Le papier était marqué du sceau reconnaissable de la République et était piqueté de manière à ce qu’elle puisse lire par elle-même. Néanmoins, le second exemplaire était rédigé à l’attention d’un lecteur valide. Ce fut cette seconde lettre qu’elle emporta après avoir passé un doigt sur le papier lisse. Elle revint vers Abraham, se guidant à l’aide de son senteur et la lui tendit.

    - Je ne saurais vous dire si ma nomination a un lien avec ce qu’il s’est passé aujourd’hui ou si j’ai seulement réussi à me faire remarquer par mes propres moyens. Le contenu du message était on ne peut plus clair : Hélénaïs était nouvellement nommée ambassadrice de République et sa vie se verrait désormais scindée entre deux pays. - J’ai prévu de demander à conserver mon siège au sénat, je ne suis pas prête à regarder la politique se jouer sans que je ne puisse y intervenir. Sa main se tendit et bien que celle d’Abraham soit faite de métal, elle déposa sa paume sur le dos de la sienne -tout en priant intérieurement pour ne pas y rencontrer de piquants-. - Je ne suis pas lui. Abraham l’avait sans doute comprit, le contraste entre eux était saisissant. - Je ne sais comment vous protéger en étant à vos côtés alors en étant dans un autre pays… Elle soupira. - Pour autant je ferais ce que je peux, autant que je le pourrais. Sa main glissa du métal et elle retourna à sa place tout en lui laissant le soin de lire la lettre si l’envie le prenait.

    Hélénaïs en était certaine ; Abraham demeurerait en République. Alors en silence, elle se mit à planifier, organiser et prévoir ce que serait sa vie dans quelques mois et comment elle pourrait tirer avantages de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Et si ce n’était pas un avantage, comment en limiter les dégâts. L’alcool aidant, elle arrivait presque à oublier qu’Abraham avait peut-être amené la mort dans son sillage, potentiellement la sienne.

    Son visage tourné vers le jeune homme, Hélénaïs songea qu’une fois de plus elle était une incorrigible menteuse et qu’elle avait déjà fait son choix, dès que ses yeux s’étaient posés sur la lettre de Zelevas, que son esprit s’était faufilé dans celui d’Abraham, qu’elle avait perdu le dernier proche qu’il lui restait. Seule l'hypocrisie l’avait empêché d’offrir son aide à Abraham dans l’immédiat, ne serait-ce que pour se convaincre qu’elle avait mûrement réfléchi à ce qu’elle s’apprêtait à faire. Une duperie dont elle préférait se draper plutôt que d’affronter la réalité de sa loyauté défectueuse ; Abraham était un enfant de la République mais il était surtout son ennemi et pourtant c’était lui qu’elle avait choisi.

    - Qu’attendez-vous de moi ? Demanda-t-elle finalement.
    Une pensée prononcée à voix haute.
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