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  • Mar 20 Déc - 17:47
    On ne s’amusait pas à Givrefreux, peu de choses étaient aussi immuables que cet état de fait. Ce n’était guère plus qu’un avant-poste glorifié, un amoncellement de baraques de bois et de pierres, encerclé par des murailles de bois assez hautes et épaisses pour arrêter la charge d’un troll, une espèce relativement commune dans les environs.
    Givrefreux était aussi nommé “le dix-neuvième” par les soldats du Reike, parce qu’avant de devenir un bourg peu sympathique, il avait été le dix-neuvième camp de base établi par les troupes du Reike, lors de l’annexion des terres du nord. Si le nombre de civils rustres s’étant depuis lors établis sur place avait changé, ce n’était pas le cas de celui des soldats : Il y en avait toujours autant. Sa position géographique avantageuse aidant -le village se trouvait en effet proche du centre des Terres du Nord- Givrefreux servait de point d’ancrage à toutes les divisions armées de Reikois circulant dans le nord, si bien que, pour ne pas déranger les badauds tentant d’avoir une vie ici-bas, les guerriers avaient pour ordre d’établir leurs camps dans l’ombre des murs, à l’extérieur du village. La Maire des lieux, Sullie Gerak, une vieille femme au tempérament de feu, dirigeait depuis des années ce camp devenu village et mettait un poing d’honneur à s’assurer que l’identité de Givrefreux ne soit pas trop remise en question par l’arrivée incessante de soldats.
    Pour Alasker, qui détestait de toutes façons tout ce qui ressemblait à un lieu de rassemblement, ces efforts n’avaient pas grand sens.  
    Lui et ses Dévoreurs étaient arrivés sur place quatre jours auparavant, sur ordre direct de Deydreus, qui ne pouvait pas se permettre d’envoyer tous ses hommes sur place cette fois-ci pour une raison qu’Iratus n’avait pas jugé bon de chercher, impatient qu’il était de pouvoir se lancer dans une nouvelle mission, apparemment sûre d’être un minimum mouvementée cette fois-ci. Le souvenir de leur récente et pénible halte à Bourg-Argent restait encore bien ancré dans l’esprit de chacun, ce qui rendait les Dévoreurs encore plus instables que de coutumes. Depuis leur arrivée, ils passaient leurs journées loin des remparts, à s’entrainer et à chasser les bêtes environnantes. Un soir, Kirk, l’un des deux Drakyns du groupe, était revenu couvert d’un sang ne lui appartenant pas en traînant derrière-lui une massive peau d’ours au bout de laquelle pendait encore des lambeaux de chair mal découpés. Il avait fini de la dépiauter à la lueur d’un feu de camp, à la nuit tombée, et était reparti dans les bois bordant le Dix-Neuvième dès le lendemain, le dos recouvert de cet odorant trophée. Gorog et Nahr l’avaient suivi, sans doute dans l’espoir de pouvoir l’épauler à sa prochaine rencontre sauvage et s’accaparer un peu de gloire.
    De son côté, Alasker était resté plus mesuré. Une fois certain que ses hommes ne déclencheraient aucune bagarre à Givrefreux, il avait passé le plus clair de son temps à boire le thé aux champignons en compagnie de la vieille Gerak, que le géant avait eu la chance de connaître à l’époque où ses cheveux étaient encore noirs de jais.

    “-J’ai toujours su qu’on se reverrait, mon beau.” Avait dit la vénérable Maire, en l’accueillant dans sa demeure.
    Ils n’avaient jamais vraiment été amants. Jadis, lorsque son corps svelte et son visage de diablesse n’avaient pas encore été marqué par les années, Sullie Gerak était déjà trop indépendante et narcissique pour accepter qu’un jeunôt comme lui puisse être autre chose qu’un passe-temps. Elle l’avait utilisé au même titre qu’il l’avait utilisée et lorsque leurs divisions s’étaient séparées, leurs adieux s’étaient fait sans heurts. Alasker la considérait donc plus comme une ancienne sœur d’arme qu’une énième histoire de coucherie. Ca avait été une bonne surprise de la trouver là, et un bon passe-temps. Leur attirance mutuelle n’avait évidemment pas survécu au passage du temps. De profondes rides parsemaient le visage de Sullie et sa démarche jadis féline s’était raidie, quand bien même son port altier s’était maintenu. L’âge avait transformé sa beauté sauvage en cette gracieuse et froide noblesse que certaines femmes avaient la chance de voir apparaître, passé leur cinquantième année de vie. Alasker, de son côté, avait suivi sa voie et s’était changé en un monstre coûturé de cicatrices qu’aucune femme saine d’esprit ne pourrait jamais trouver attirant. Il avait l’air aussi primitif et belliqueux qu’elle n’avait l’air sage et éduquée. Ils avaient passé quelques nuits à parler du passé en fixant les flammes dansant au creux de sa cheminée, comme deux vieux amis. Échangés des anecdotes grivois comme n’importe quels vétérans de guerre. Evoqués la chute de l’ancien régime en camouflant leur honte de n’avoir pas su mettre en déroute les clans barbares. Puis Alasker avait reçu le courrier qu’il attendait et, une nouvelle fois, ils s’étaient quittés avec le sourire.

    Maintenant, en ce début de matinée, les Dévoreurs, rassemblés autour de lui en une masse désorganisée évoquant plus un clan barbare qu’une troupe militaire, attendaient qu’il ne leur explique le pourquoi de leur présence ici. Depuis le haut des remparts surplombant le camp, un duo de gardes frigorifiés observaient d’un air inquiet le groupe de guerriers en armure rouge former un cercle autour du géant de la bande en espérant que ce qu’il allait dire ne concernait aucunement leur ville.
    “-Les filles, nous allons bientôt accueillir parmi nous un authentique Akkelanak, en provenance directe du berceau.” Commença-t-il.
    Ni le titre ni la provenance du futur nouvel arrivant ne déclenchèrent de remous. La neige à leurs pieds commençait à fondre. La faute à un soleil d’hiver qu’aucun nuage n’avait jugé bon de masquer. Si le temps demeurait tel quel toute la journée, la poudreuse céderait sa place à la boue et l’humeur général risquait d’en pâlir. Mais qu’importe. Alasker, son casque à corne sous le bras, satisfait du calme rare régnant parmi ses hommes, enchaîna :
    “-Je n’ai pas tous les détails mais je sais une chose : Si Deydreus a jugé bon de nous envoyer, nous, sur place, c’est probablement pas pour superviser une négociation.
    L’assemblée fut parcourue de quelques rires. Alasker attendit que les gloussements se terminent avant de reprendre :
    “-Je veux de l’efficacité, comme toujours, mais aussi -et j’insiste- du respect, pour ce gars. Ce n’est pas une mission noire, le nom des Serres est lié au nôtre, donc si l’un d’entre-vous fait une connerie, toute la troupe en pâtira. Et je boufferais le cœur du responsable. Des questions?
    Court silence. Une main se leva et le chef de bande n’eut pas besoin de jeter un coup d’œil dans sa direction pour savoir à qui elle appartenait.
    “-Oui Gatlig ?” Accorda-t-il avec lassitude.
    “-Quelle cuisson, le coeur?
    Gorog frappa du poing contre l’épaule du petit malin alors qu’un nouveau rire général se déclenchait. Le géant d’Airain leva les yeux au ciel. Gatlig était l’une des plus jeunes recrues des Dévoreurs, il parlait beaucoup trop, ce qui lui valait l’ire de la moitié de la troupe et l’admiration de l’autre mais son expertise dans le maniement des doubles haches rattrapait sa nature tapageuse à tel point que personne n’avait encore osé le défier en duel. Un fait qui risquait fort de changer s'il continuait à l’interrompre d’une telle manière. Les plus vieux Dévoreurs, que la guerre avait trop profondément marqué pour que leurs esprits puissent encore espérer comprendre une chose aussi absconse que la camaraderie, interprétaient chaque petites blagues comme un manque profond de respect envers Iratus. Le géant espérait juste que le duel s’arrêterait au premier sang…Et que ce dernier ne proviendrait pas d’une décapitation. Malgré les pitreries du nouveau, l’ancien gladiateur était forcé d’admettre qu’il l’aimait bien.
    “-Aujourd’hui, vous restez au camp et vous attendez sagement que notre ami arrive. C’est compris? Ne me faites pas répéter.
    Il y eut un “oui” général, puis, d’un hochement de tête, Alasker déclara que la réunion était terminée. Sans un mot de plus, le géant vissa son casque à cornes sur son crâne et alla s’asseoir, à l’orée du camp, sur une grande souche d’arbre.
    Derrière-lui, Gorog entama un chant lugubre en Shierak Qiya, bientôt repris par la quasi-totalité de la bande. Les paroles, difficiles à retranscrire en commun, évoquaient les dernières et pénibles heures d’un homme au ventre ouvert, dans le désert. C’était une ode au courage guerrier, à l’inéluctabilité de la souffrance et de la mort que seuls ceux qui souhaitaient mourir au combat étaient traditionnellement en droit de chanter. Il y avait une beauté sinistre dans ce chant, qui avait toujours eu son succès parmi les gladiateurs, si bien qu’Alasker connaissait chacune de ses innombrables paroles par cœur, quand bien même il n’avait jamais parlé le Shierak Qiya. La plupart des hommes qu'il avait tué dans l'arène l'avaient chanté, avant que ses crocs ne se referment sur leurs gorges. Le sourire aux lèvres, le lycanthrope se mit à aiguiser la lame de sa hache alors que, dans son dos, les pieds bottés d’une dizaine de ses guerriers frappaient le sol pour rythmer la chanson ayant bercé ses plus douloureuses années de vie.
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  • Jeu 29 Déc - 10:05




    Le Berceau, endroit séparant le Reike et Shoumei, une île aride sans aucune végétation apparente et renfermant des secrets bien gardés. Au centre de cet endroit se trouve une forteresse anti-magie, imposante et gigantesque. Gardée par de nombreux gardiens et quelques akkelanaks dont je fais parti. La titanide Zei est prisonnière, ne pouvant s’échapper de sa prison d’adamantite et des chaînes en barre du roi, sa magie réduite à néant. A chaque fois que je passe devant, je repense à notre combat contre le titan Kazgoth, vaincu. Le nombre de morts est indénombrable suite à cette attaque, bien que l’empereur Tensai et l’impératrice Ayshara étaient sur le champ de bataille, les soldats se faisaient écraser, démembrer, lapider a vu d'œil. Kazgoth était infernal, un titan de la pire espèce ayant ôté la vie à des innocents, dont celle de mon fils.

    Lorsque je jette un œil devant la prison d’adamantite, ma haine grandit de jour en jour, les poings serrés et prêt à dégainer mes lames. Je n’attends qu’une seule chose : l’anéantir. Bien que meurtri par la mort de mon fils, je tiens à honorer sa mémoire en jurant détruire d’autres titans comme Kazgoth. Zei reste en vie, pour l’instant. Je souhaite arracher la tête de cette Bête, un animal aux traits humanoïdes sans aucune once d’humanité. Je ne comprends pas comment des hommes et des femmes prient pour ces cauchemars ambulants. Ne comprennent-ils pas que nous ne sommes pas les jouets de ces entités démoniaques ? Pire que des démons, les titans sont du poison qui se répandent sur Sekaï. Et nous, Reikois, en sommes l’antidote.

    Draksang Feunoyr m'interpelle un soir et me tend une lettre envoyée du couple royal, il semblerait que des groupes d’individus se rassemblent, des fanatiques des titans. Loin dans les terres du Nord siège un groupuscule et ceux-ci sont en train de préparer un arsenal assez conséquent, souhaitant libérer Zei du Berceau. Depuis le retour des titans il y a quasi trois ans, les terres shoumeiennes ont été dévastées et bon nombre de civils se sont laissés embrigader dans des groupes occultes. Préférant vouer leur corps et leur âme dans un culte qui bafoue toute logique. La foi est quelque chose que je répugne. Tout ce qui compte, ce sont les actes, la bravoure, l’intelligence et la sagesse et non pas une prière pour des êtres semant la mort et le chaos.

    — Par ordre du couple royal, vous serez amené à vous rendre dans les terres du Nord. Allez en direction de Givrefeux, là-bas s’y trouve un avant-poste, vous serez amené à démanteler ce groupuscule et détruire tout leur équipement. Vous ne serez pas seul,  déclara formellement Draksang.
    Uhmmm. Bien.
    — La femme qui dirige Givrefeux se nomme Sullie Gerak. Vous devrez la rejoindre une fois sur place. Normalement, elle est au courant de la situation. Votre présence est requise et vous me ferez un rapport lorsque vous rentrerez. Zei est notre priorité. Cette mission devrait être du menu fretin, Aesir.
    Uhm.

    Sans un mot de plus, je prépare le strict minimum pour partir en expédition jusque dans les terres du Nord. Le Berceau est un endroit reculé et pour pouvoir traverser la mer intérieure, il me faut prendre une barque. Les lames dans mon dos ainsi que ma hache, portant une fourrure sur les épaules ainsi que mon armure de cuir et de métal, je presse le pas jusqu’à rejoindre le point d’eau le plus proche de la position de la forteresse. Je traîne une barque en bois par une corde que je tire tout le long du voyage jusqu’au bord du rivage. Une fois la barque à l’eau,  une pagaie en main, me voilà en route vers Givrefeux.

    Je suis passé par Ikusa pour emprunter un chemin menant vers la garnison du dix-neuvième, ne faisant qu’une brève halte le temps de récupérer quelques victuailles. Personne ne reconnaît l’un des soldats ayant bravé Kazgoth, dans tous les cas, les soldats d’élite ne sont que les armes du pays et ne souhaitent  nullement la gloire. Le voyage se fera sans encombre, peu de monde emprunte ces chemins et si quelques géomis se trouvaient sur le chemin, celles-ci ne restèrent pas en vie bien longtemps.

    La garnison est enfin visible, après deux semaines de voyage, me voilà arpentant les terres enneigées du nord. Les murs ne paient pas de mine comparés à ceux du Berceau. L’avant-poste est un endroit stratégique, permettant d’être au centre de ces terres hostiles et de garder un œil sur tout ce qu’il s’y passe. Le Reike a des yeux et des oreilles partout à Sekaï. Certains relèvent la tête tandis que j’approche des portes de Givrefeux. Deux soldats au niveau des portes, armes en main, me laissent passer sans rechigner. Je ne suis encore jamais venu ici, de toute manière je n’ai qu’un objectif en tête, celui de décimer un groupuscule.

    La maire de la ville siège dans un bâtiment reconnaissable, taillée dans la roche et à la toiture rudimentaire. Un village austère sans grande prétention, qui respire les souvenirs ainsi qu’un lourd passé. Entouré par la nature, l’épine dorsale du bourg, les artères qui la séparent ne sont là que pour assurer des liaisons jusqu'à une eau si précieuse. Le site n’est pas très large mais il y fait presque bon vivre. La femme qui tient les rênes se lève tandis que je foule les pieds à l’intérieur de la bâtisse. Se levant de son fauteuil, elle s’avance d’un pas décisif et vient me saluer. Serrant nos mains, celle-ci s’annonce :

    — Vous êtes celui que l’on attendait. Prenez place.

    Elle me montre une chaise et me laisse m’installer tandis qu’elle replace du bois dans la cheminée. Nous échangeons quelques paroles. Je ne suis pas un beau parleur et ma mission est claire. Elle voit bien dans mon regard que je ne cherche pas à me reposer, celle-ci s'empare d'une carte qu'elle enroule puis, nous nous dirigeons à l’extérieur du village, déambulant parmi les tentes des reikois venus s’installer là. Nos bottes foulent la neige devenu un terrain boueux, plusieurs unités chantent en cœur, d’autres s'esclaffent, tandis que certains s’occupent de couper du bois de chaud ou préparer des mixtures dans des marmites. Un mélange d’odeur émane dans l’air, entre le froid glaçant des terres du nord, des soupes et du feu de bois, de sueur et d’alcool. Je replonge dans quelques souvenirs d’antan. Soudain, j’aperçois un groupe singulier doté d’une armure rouge et Sullie les interpelle. Voici donc le groupe qui fera parti des opérations. N’étant pas très doué pour les présentations, je reste de marbre et salue à la manière des reikois, un poing sur le coeur.

    Aesir. Akkelanak septentrional.  Zei, la titanide, est la proie de fanatiques qui cherchent à la récupérer. Ils ont quelques camps et cherchent à se rassembler avec tout un arsenal. Nous sommes ici pour une seule chose : les détruire.
    — De notre côté, nous avons pu observer les camps à distance et connaître leur position exact. Il y a trois camps sur différents points cardinaux. Le plus proche étant à l’Est, déclare Sullie tout en déployant la carte et montrant des encoches à certains endroits.
    Aucun d’eux ne doit s’échapper. Ils pourraient sonner l’alerte. Nous devons agir vite. Si vous avez des idées, parlez. Dans tous les cas, je suis prêt.
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    Alasker Crudelis
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  • Jeu 29 Déc - 17:44
    Alasker avait senti les nouveaux arrivants bien avant qu’ils ne débarquent à l’orée du camp. Ils étaient passés par la demeure de Sullie, sur ce point, aucun doute n’était possible. L’odeur du thé au champignon et l’arôme des pot-pourris du salon de la maire les précédaient littéralement, imprégnées, qu’elles étaient, dans le cuir de l’armure du guerrier et la laine de l’étoffe de la dirigeante de Givrefreux.
    En voyant leur chef se redresser pour se préparer à saluer ceux qui arrivaient, Gorog l’orc et Kirk le Drakyns s’étaient rapprochés, espérant ainsi plus ou moins montrer l’exemple aux autres membres de la bande, sans le moindre succès. Et lorsque Sullie se présenta enfin face à eux, accompagnée par celui qu’ils attendaient pourtant avec impatience, seul Alasker et les deux Dévoreurs précédemment cités se tenaient à peu près droit, à adopter un semblant de garde-à-vous que leurs années passées loin des troupes régulières avait rendu plus que douteux.

    Sullie, pourtant plutôt grande et emmitouflée sous un quintal de fourrures différentes,  paraissait particulièrement chétive aux côtés du nouvel arrivant. Chose rare, Alasker ne parvenait pas à savoir de quelle race il était issu. La pâleur excessive de sa peau aurait pu trahir une origine vampirique mais le soleil hivernal ne semblait pas le gêner outre-mesure, qui plus est, la puanteur du sang cendreux coulant dans les veines de cette race maudite n’aurait pu décemment être masquée par de simples relents de pots-pourris. Sa musculature et la sévérité de ses traits pouvaient évoquer un Oni ou même un Orc mais il était un peu…Petit, selon les standards de ces races. Trop grand pour être un nain, quand bien même la longueur de sa barbe n’avait rien à leur envier. Alasker doutait également que l’Akkelanak soit un Frère de lune. Les Lycanthropes sans meute étaient rares, très rares et aucun d’eux ne pouvait espérer masquer suffisamment son odeur pour échapper au flair d’un semblable.
    Ca devait donc être un humain, quand bien même le son de sa voix rappelait le grondement rauque d’un cerbère affamé et l’éclat de ses yeux évoquait la soif de sang d’un lycanthrope, un soir de pleine lune.

    Alors que l’étrange homme se présentait le plus sommairement du monde pour immédiatement enchaîner avec le descriptif de sa mission, Alasker, tout sourire, se surprit à l’apprécier instantanément. Voilà un type qui ne risquait pas de brider la “créativité” de ses Dévoreurs avec des élucubrations basées sur “la morale” ou “l’honneur”, rien que sa façon de s’exprimer était aussi brutale qu’un coup de masse !
    A l’entente de l’échange, les autres guerriers de la troupe commencèrent à s’approcher. Si une lueur de curiosité dansait encore dans les yeux des plus jeunes Dévoreurs, comme Gatlig, la plupart affichait un regard vide, dénué de toute passion ou même d’intérêt pour une chose aussi triviale qu’une conversation. Ces orbites-ci ne s’animaient que lorsque la mort et le sang encerclaient leurs possesseurs. Gorog appelait ce phénomène “les braises de l’âme”. Une manière fort peu subtile de comparer le creux siégeant dans les yeux des vétérans à un foyer mourant, enfermant la colère de ses flammes au sein de ses braises…Jusqu’à pouvoir consumer quelque chose d’autre.
    “-Alasker, des Serres Pourpres.” Se présenta-t-il, une fois sûr que l’Akkelanak eut terminé son court mais intense exposé. De son gantelet griffu, il désigna la troupe -enfin- rassemblée derrière-lui. “Ce sont mes Dévoreurs.
    Les concernés se frappèrent le torse à l’unisson, sans ajouter quoique ce soit.

    Les présentations étant faites, Alasker se pencha sur la carte que Sullie avait déployé sur la souche d'arbre ayant servie de siège au géant, l’heure d’avant. Calmement, il prit le temps de détailler l’emplacement de chaque camp, de prendre en compte les reliefs du terrain, d’isoler les différents chemins s’en rapprochant mais aussi de repérer ceux qui pourraient permettre aux occupants de s’enfuir au début des hostilités. L’opération pris un peu moins de deux minutes, en tout et pour tout. C’était long. Deydreus lui avait appris à faire tout ça, mais son officier réussissait à pondre des plans d’attaques instantanément, après avoir jeté un simple coup d’oeil sur une carte dessinée à la va-vite, dans le sable. Le loup n’était pas aussi froidement efficace, la simple idée de constituer un plan animait en lui une soif de sang n’ayant de cesse de parasiter ses raisonnements et d’engluer les rouages de son esprit dans des fantasmes de massacres inopportuns.
    “-Trois camps, ça se nettoie vite. Mais pas assez vite pour empêcher les fuyards de faire ce qu’ils font le mieux.” Il secoua la tête pour chasser la bête qui s’éveillait en lui. ”Si ils ont un poil de jugeote, ils ont mis au point un système de feu d’alarme pour se prévenir, d’un camp à l’autre, en cas d’attaque.
    -Ils en ont.” Confirma Sullie.
    Alasker la remercia du regard.
    “- Donc on ne peut pas frapper le plus proche sans prendre le risque que les deux autres nous tombent dessus ou pire, décident de se barrer.
    Alors qu’il s’accordait une pause le temps de mettre ses pensées en ordre, Alasker remarqua que la Maire souriait. Tristement, le géant se remémora l’époque où ce sourire était accompagné d’un regard malicieux, pas encore encerclé par des cernes et des rides causés par un surplus de responsabilité.
    “-Je pense qu’on devrait tomber sur l’Est en dernier. Celui au Nord n’est qu’à une demi-lieue de l’autre, à L’Ouest. Ceux-là vont probablement s’entraider. Si on attaque le Nord, l’Ouest nous tombera dessus avant qu’on ait fini d’achever les derniers. Pendant ce temps, l’Est va se mettre en mouvement, mais ils sont à trois lieues plus au Sud et séparés des autres par les courants de la Grande Gueule.” Il posa un doigt sur la carte, à l’emplacement du Lac gelé ainsi surnommé.”Ce qui va les forcer à faire un gros détour si ils n’ont pas de bâteaux. Maintenant, j’suis pas un expert en signaux, mais je suis à peu près sûr que si l’Ouest allume son feu aussi, l’Est comprendra qu’on est trop fort pour eux et il entamera un début de retraite au lieu de rejoindre ses copains. Tout ça, l’allumage des feux d’alarme, les renforts de l’Ouest sur le Nord ou du Nord sur l’Ouest, on peut rien y faire.
    -Tu n’as pas demandé combien ils étaient, Iratus.” S’amusa la Maire.
    Les rires des Dévoreurs sonnèrent comme un début d’orage, derrière le lycanthrope. La bête qui grattait dans sa tête riait, elle aussi.
    “-C’est parce que ça n’a pas d’importance.” Répondit-il en s’efforçant de ne pas laisser un seul de ses tics nerveux paraître. “On ne peut rien faire pour les empêcher d’allumer leurs feux. Ni d’y réagir. Mais on peut anticiper. Si l’Est entame sa fuite, il ne peut pas prendre la Grande Route sous peine de passer devant les avant-postes de Melorn. Le Sud est condamné par la passe de Givrefreux. L’Ouest, ça le fait venir vers nous. Le Grand Est, c’est la forêt des trolls et personne n’a envie d’aller s’empêtrer là-bas, surtout à cette saison. Reste donc le Nord-Est et le chemin de la Pointe d’Orage.
    Le sourire de Sullie s’éclipsa et les quelques Dévoreurs assez bon en géographie pour connaître ledit chemin jurèrent. La Pointe d’Orage devait son nom à son origine: un éclair, issu d’une tempête particulièrement violente, qui avait éventré la montagne dominant Melorn et creusé, en son sein, une voie menant aux Ruines Maudites. Une destination de choix pour des fanatiques espérant faire revenir un titan sur ces terres. Et un cauchemar pour n’importe qui d’autres.
    Satisfait de son analyse, Alasker quitta enfin la carte des yeux et se redressa pour fixer l’Akkelanak.
    “-Donc, on part au Nord et on massacre tout ce qui se trouve sur notre chemin, puis, si nous sommes encore vivants, cap au Nord-Est. Si ils ont entamé leur retraite, on la coupe. Et si ils viennent simplement aider leurs copains déjà morts et bien…Ca nous évitera de courir dans la boue, je suppose.
    Gorog partit dans un grand éclat de rire.
    “-T’as raison chef, les plans les plus simples sont les meilleurs !
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  • Mar 10 Jan - 9:00
    Mon esprit est plus tranquille, je n'ai pas à faire avec de la bleusaille, ce qui me rend bien aise de me trouver auprès de ces hommes conscients et prêts à lever les armes pour détruire ces fanatiques. Son raisonnement est exactement ce que j'avais en tête, plutôt logique et correspond aux attentes du cerveau de ce groupe d'individu. Les Serres Pourpres ont de la chance d'avoir un homme rationnel avec eux et pas seulement un vulgaire boucher, qui se sert de ses hommes comme de la chair à canon. Cela dénote une certaine humanité, car après tout, on se lie les uns aux autres lorsque l'on est groupé. On se sert les coudes, on s'écoute, on partage les douleurs et les souffrances, comme les moments de joie et de rigolade. Toutefois, l'heure n'est pas à la distraction et il est même impératif que notre mission s'achève en bonne et due forme. Une fois l'explication de l'homme imposant terminée, je pose une main sous mon menton et réfléchit murement, analysant la carte et me méfiant de ce lac séparant les deux camps situés à quelques kilomètres de notre position. Je ne pense pas non plus qu'ils aient des bateaux mais, il vaut mieux garder l'hypothèse qu'ils en disposent. Aucune cible ne doit nous échapper, Zei doit rester enfermé au sein du Berceau. Ces croyants croient encore qu'il est possible de sauver un titan dans une prison faite d'une matière très résistante, pourtant, nous ne pouvons les laisser gangréner la population et les laisser croire qu'ils sont des Dieux. Alasker clame notre prochaine destination, ce qui ne m'incommode nullement.

    Après avoir terminé les préparatifs, nous décidons de partir peu de temps après cette entrevue. Nous prenons le strict minimum à savoir de la nourriture, des gourdes d'eau et de quoi se réchauffer. Les paquetages fait, nous entamons notre périple après un bref adieu à Sullie. En tête auprès d'Alasker, nous avançons dans la neige et la boue, empruntant ce qu'il semble être un sentier plus ou moins utilisé. Il est rare de m'entendre parler, quelques grognements quand j'entends un bruit suspect tandis que nous traversons une plaine enneigée, quelques arbres éparses, le souffle du vent glacial qui nous fout une claque a chacun de nos pas. Le temps est maussade, la grisaille nous tend les bras et la blancheur de la neige éblouit notre regard. Heureusement pour nous, tant qu'il ne neige pas, nous avons une vision lointaine sur les montagnes qui se dressent au loin. Nous pouvons estimer le temps qu'il nous faudra avant d'arriver à la Pointe d'Orage. De là où nous étions, nous entendions comme des crépitements et des bruits sourds. La montagne sait qu'on arrive.

    Je garde un œil bien ouvert, estimant que les sombres adorateurs disposent de veilleurs prêt à se précipiter pour alerter leur camp respectif. Soudain, je fais un signe pour que nous nous arrêtions, le bras droit en l'air à hauteur d'épaule et le poing serré, signe qu'il faut s'arrêter. A notre droite, je remarque d'étranges empreintes, comme s'il s'agissait de loups mais bien plus grosses et avec une étrange particularité. Il semblerait que nous ne soyons pas les seuls à errer dans les terres du nord, d'innombrables bêtes et monstres rôdent. Depuis l'invasion des titans, d'étranges phénomènes se sont manifestés partout à Sekaï. L'insécurité se ressent partout où nos pieds foulent les terres en dehors des grandes cités. Malheureusement, les villages de campagnes et petites bourgades n'ont pas eu cette même chance. Après avoir averti le groupe que nous sommes sur le passage d'une éventuelle meute de loups, nous continuons notre avancée jusqu'à une marée de sang. Un petit peloton reikois a été totalement déchiqueté, il ne reste plus rien mis à part les os et des vêtements en lambeaux. L'odeur de morts empeste l'atmosphère, tandis que je m'approche d'un macchabé, j'inspecte du regard tout en utilisant la lame de ma hache pour bouger le cadavre. Les empruntes des hommes s'emmêlent avec celles que l'on a pu repérer quelques instants avant.

    Ces hommes n'étaient certainement pas préparés. Les bêtes qui les ont attaqués devaient être affamées.

    Le bruit sourd de l'orage qui éclate se fait de plus en plus bruyant, il devient difficile d'écouter ce qu'il se passe autour de nous. D'autant que l'odeur de sang attirera certainement d'autres monstres, nous devons rester vigilant. Il n'y a plus rien à faire pour eux, nous devons seulement continuer notre affaire et trouver le moyen d'atteindre rapidement la Pointe d'Orage. Nos pas s'enfoncent dans la neige, avançant difficilement dans un endroit très peu réputé. Aucun chemin, aucun sentier à l'horizon. Le tout est recouvert d'une épaisse couche blanche à perte de vue, dans le froid glacial des terres du nord et proche des bois. J'ai la sensation d'être observé, sans savoir par qui ou par quoi. Les immenses sapins et les nombreux arbres sans feuillages se resserrent, nous obstruant la vue des montagnes.

    Soudain, un espèce de loup blanc sort de dessous la neige et se jette sur moi. D'autres canidés de glace s'extirpent de la poudreuse pour se projeter sur les Serres Pourpres, ils sont brutaux et rapides. Leur grognement résonne comme le bruit d'un tambour, ils nous avaient encerclés. Ma hache tenue à l'horizontal, le pommeau de l'arme dans la gueule du loup empêche l'animal de refermer sa mâchoire sur moi. Au-dessus de mon corps, il tente de m'arracher la tête seulement, tenant toujours fermement mon arme, je tente de repousser la bête qui s'efforce de vouloir croquer la poignée. Je déploie toutes mes forces et repousse l'animal violemment à l'aide de plusieurs coups de pied dans les pattes arrières du clébard de glace. Il se relève, son regard noir et sa gueule assoiffée de sang.

    Voilà donc les coupables de cette mutinerie. Nous n'avons pas le choix, il va falloir se charger d'eux avant d'atteindre notre objectif.

    Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l'on veut et ces loups des glaces vont nous le faire comprendre. Retardant ainsi notre escapade en direction de la Pointe d'Orage, il va falloir d'abord faire le ménage auprès de ces bêtes.

    Spoiler:
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  • Jeu 12 Jan - 16:17
    La gueule entrouverte, le prédateur tournait autour de sa proie. Elle était faite de glace, de fourrure, de chair et jetait sur lui un regard jaunâtre, animal, chargé d’excitation mais dénué d’intelligence. Ses pattes griffues faisaient la taille d’une main humaine et les crocs qui dépassaient de sa gueule côtoyaient des stalactites de baves gelées causés par l’étrange mutation à l’origine de toutes les anomalies parsemant son corps. Quelqu'un avait remanié la formule biologique originelle de cette espèce pour la transformer en quelque chose de plus adapté, de plus létal et de tellement plus étrange. La noblesse de sa race en sortait mutilée, amputée des défauts ayant jadis sublimés ses qualités. Ce loup-ci n’avait plus rien à voir avec la bête craintive et discrète traversant des kilomètres de steppes pour chasser des animaux de dix fois son poids en compagnie d’une meute fidèle de semblables. Il n’était qu’une abomination de plus, enragée par le simple fait d’exister, se contentant de singer les comportements sociaux de sa race d’origine à cause d’un ersatz de mémoire génétique, noyé au milieu de toute cette glace et de toute cette faim. Il n’avait pas besoin de vivre en meute, ses cent cinquante kilos de muscles pouvaient tout à fait se charger seuls de la chasse au bison, ses mâchoires épaisses n’auraient aucun mal à sectionner l’échine de n’importe quelle proie. Mais en meute, il demeurait, parce que son esprit confus le lui dictait.
    Tout comme il lui avait dicté de se jeter sur la patrouille du Reike. Puis sur les Dévoreurs et leur accompagnateur. Ces décisions n’étaient pas motivées par la faim ou la nécessité. Ces créatures de glaces étaient, simplement, des choses cruelles et avides de sang qui n’auraient jamais dû partager le nom de la noble race des loups.
    Alasker sourit à cette dernière pensée. Voilà ce qui, au moins, leur faisait un point commun.

    La proie bondit, ses pattes griffues en avant, prêtes à déchiqueter, plus à la manière d’un félin que d’un canidé. Au même instant, une deuxième créature surgit de derrière le géant, tout crocs dehors, fermement décidée à refermer ses mâchoires sur ce visage de fer cornu.
    L’acier de la hache s’écrasa sur le crâne de la première bête avec la force et la vitesse d’un cheval courant au galop. Elle se fraya un chemin à travers la boîte crânienne sectionnée en déchirant tout ce qui se trouvait à l’intérieur. Le cerveau que l’os protégeait se mit à saigner un mélange de glace et d’hémoglobine bleue-rouge qui coula des yeux morts de la bête vaincue. Même son sang n’avait plus rien à voir avec celui du loup.
    Mais ça, Alasker ne pris pas le temps de le constater.
    Le géant s’était détourné de sa première victime avant même que celle-ci n’ait eu le temps de rendre son dernier souffle. Il avait lâché la hampe de la Salvatrice, abandonné son arme la plus fidèle dans la carcasse presque décapitée pour saisir le cou puissant de la seconde bête qui projetait de le saigner comme un lapin. La chose s’était retrouvée suspendue en l’air, incapable d’aboyer pour appeler à l’aide, ses mâchoires claquant dans le vide et les griffes de ses pattes arrières glissant sur le plastron de bronze sans parvenir à faire couler le sang.
    Puis quelque chose avait craqué, à l’intérieur de sa nuque.
    Et tout son corps était devenu aussi mou que du poisson sans arête.

    Alasker jeta la carcasse à ses pieds en soupirant. Partout, autour de lui, des scènes semblables se déroulaient. Une orgie de violence animale dans laquelle les deux camps s’étaient vautrés avec une sauvagerie qu’on pouvait facilement confondre avec de la joie. Les crocs sortant des coins de la large bouche de Gorog étaient recouverts d’un sang qui ne lui appartenait pas, alors qu’il se redressait pour toiser le cadavre de la bête qu’il venait d’égorger. Gatlig jurait sans discontinuer, son avant-bras droit, largement ouvert par un coup de griffe, ne cessant d’abattre la hachette qu’il portait sur le dos pulvérisé de la chose qui l’avait blessé. Kirk, qui avait tué ses deux adversaires d’un seul coup de son large espadon, courait en direction de Nahr, allongé dans la neige, hilare, sa jambe droite coincée dans la gueule décapitée d’une bête de plus.

    Les loups sonnèrent la retraite dans un long hurlement plaintif. La queue entre les pattes, la tête basse, ils se replièrent, vaincus par la folie de ceux qu’ils avaient pris pour des proies. Aaron et Kharn se jetèrent sur Sanguin alors qu’il tentait de rattraper les choses de glace en fuite en hurlant un fatras d’injures et de provocation.
    Alasker jeta un coup d’œil en direction de l’Akkelanak, manifestement toujours debout, et salua sa performance d’un hochement de tête. Ce n’était peut-être qu’un homme, mais il se battait bien.
    “-Tout le monde respire ?
    C’était la question habituelle, après un combat. Les Dévoreurs ne se battaient pas comme les Serres Pourpres, en rang organisé, frappant et se protégeant de manière froide pour faire ployer l’ennemi et protéger les leurs. Ils n’en avaient plus les capacités mentales ou simplement plus l’envie. Il n’était pas question d’ailiers ou d’assurer les arrières de quiconque, parmi eux. Ils ne se battaient pas comme un seul homme mais comme des fous furieux tout à fait indépendants, s’éparpillant au milieu des ennemis dès lors que le sang se mettait à couler. C’était ce qu’ils savaient faire le mieux, ce pourquoi ils s’entrainaient chaque jours, c’était ce qu’on leur demandait de faire, mais c’était ce qui rendait les pertes si difficiles à découvrir. Lorsque chacun se bat pour soi-même, il est souvent difficile de dire qui est tombé.
    Ils répondirent tous par un “oui” rendu rauque par l’excitation peinant à retomber, ce qui impliquait qu’aucun blessé grave n’allait être à déplorer, au moins.
    “-Gorog, fais le compte.” Gronda Alasker en tirant sa hache des restes ensanglantés dans laquelle elle baignait pour la poser sur son épaule. Il se détourna des cadavres sans leur accorder un regard et rejoignit la position d’Aesir en scrutant le ciel. Des nuages noires assombrissaient l’horizon, parfois déchirés par des zébrures jaunâtres, des éclairs, tonnant avec une violence inouïe et qui ne manqueraient pas de déclencher des avalanches en milieu escarpé. Les lèvres du géant se retroussèrent dans un sourire mauvais alors qu’il arrivait aux côtés de l’Akkelanak.
    "-Ça les ralentira et réduira leur vision. C’est une bonne chose.” Le géant ponctua sa phrase en faisant rouler ses épaules, légèrement endolories par les efforts précédents. Derrière, Gorog allait d’un Dévoreur à l’autre, s’efforçant de maintenir une distance de sécurité entre lui et les plus instables, Sanguin en tête. Après un combat, les nerfs toujours en pelote de certains pouvaient les pousser à attaquer le premier venu si il osait se tenir trop près. C’était surtout un problème lors d’opération conjointe avec des troupes régulières, non-affiliées aux Serres, puisque le mépris s’ajoutait à l’instabilité naturelle des Dévoreurs, mais ce genre d’incidents pouvait tout à fait avoir lieu entre eux, quand bien même ces derniers étaient rarement mortels.
    “-Personne n’est mort, patron !” Gueula l’orc une fois certain du compte.
    Alasker acquiesça d’un hochement de tête.
    “-Gatlig, ton bras ?!” Demanda-t-il, sans cesser de fixer les nuages balafrés d’éclairs.
    “-J’ai vu pire et ça saigne pas trop !
    -Et toi Nahr?!
    -Il va me falloir une nouvelle jambière en rentrant, mais c’est tout !
    Le sourire du géant se prolongea. La pluie se mit enfin à tomber, brutalement, s’écrasant dans la neige autour d’eux pour la transformer en boue glissante. Alasker se renfrogna. Cela aussi, ça allait ralentir les potentiels fuyards, mais pas seulement eux. L’infanterie, même légère, ne pouvait espérer courir aussi vite qu’à l’accoutumée sur une patinoire de boue.
    “-Ces loups n’avaient rien de naturels. Aucune chance pour que nos amis les cultistes traînent avec eux un tordu capable d’engendrer ce type de saloperie, pas vrai?

    ***

    L’orage ne perdit pas en intensité dans l’heure qui suivie. La pluie tombait à grosse goutte, aussi drue que glacée. Elle perlait par les fentes des casques et glissait entre les plaques d’armures pour passer au travers des cottes de mailles et mouiller les vêtements en-dessous. Il n’y avait rien de plus désagréable, excepté une blessure, mais aucun Dévoreurs ne se plaignait. Galvanisé par cette première échauffourée sauvage, ils suivaient leurs supérieurs sans un mot, courant prudemment sur la boue qui avait remplacé la neige, n’ayant cure des ténèbres que les nuages noirs de l’orage projetait sur eux. Au loin se dessinait, avec de plus en plus de netteté, les formes d’un camp fortifié à la va-vite. L’odorat de loup d’Alasker perçut l’odeur de sueurs et de viandes brûlées qui régnait à l’intérieur du camp, bien avant qu’ils n’arrivent suffisamment près pour observer leurs remparts de rondins de bois et ce simple constat n’avait fait qu’exciter son instinct de chasseur. Ils s’approchèrent aussi discrètement que possible, jusqu’à pouvoir se tenir accroupis, à une centaine de mètres de leur objectif, à l’abri derrière une butte de terre et de neige fondue. La pluie, suffisamment forte pour masquer leur avancée, faisait danser les flammes mourantes des torches plantées de parts et d’autres dans le bois des remparts. Les berserkers dissimulés n’avaient plus qu’à courir en ligne droite, silencieusement, protégés par la colère des cieux, jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment proche des remparts pour que l’usage d’arcs et d’arbalètes n’ait plus le moindre intérêt. Il n’y avait même pas de tranchées au pied des rondins de bois du mur, ni le moindre pique, ce qui allait salement faciliter leur entrée.
    Un peu trop, d’ailleurs.
    “-Vous voulez ouvrir la danse, Akkelanak, ou voir pourquoi mes dévoreurs s’appellent comme ça?
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  • Lun 16 Jan - 7:43

    Notre chemin continua dans les terres du Nord, nous nous engageons sur un terrain bien plus dangereux, ne sachant pas réellement de quoi ces hérétiques sont capables. Les loups de glace n'étaient que du menu fretin pour Alasker et ses Dévoreurs, rien ne peut les arrêter et je dois admettre qu'ils sont coriaces. Leur chef montre une réelle passion pour le combat, tuant n'importe qui se mettant en travers de sa route et de son objectif. J'ai encore bien du mal à enregistrer les prénoms de chacun des membres des Dévoreurs, et à vrai dire, je ne suis pas là pour me faire des amis. Ma mission consiste simplement à éradiquer la menace avec un groupe de guerriers aguerris, de vrais bouchers sur le terrain qui ne se contentent pas seulement de tordre le cou de ses adversaires. La scène de combat est sanguinaire, les quelques loups survivants ont compris que seule la mort les attendait s'ils restaient devant nous, alors ils ont fui. Après avoir nettoyé nos armes, nous avons pataugé sous la pluie diluvienne, nos bottes s'enfonçant un peu plus dans la boue et avons emprunté un chemin escarpé, en bordure de la Pointe d'Orage. La tempête est violente, les coups de tonnerre nous arrachent les tympans tandis que quelques éclairs illuminent la scène. Je repense aux contes pour enfants où les monstres se tapissent dans l'obscurité avant d'attaquer leur proie. Idéalement, nous sommes ces monstres. La seule faune qui nous entoure est composée de quelques arbres morts et de buissons épineux, la neige fondue est devenue un véritable bourbier. Afin de ne pas nous faire repérer, nous restons à l'abri des regards derrière une butte et inspectons les environs avant de lancer l'assaut. Nous avons repéré d'immenses murs de bois, faits de rondins. Mon corps est mouillé bien que l'épaisse fourrure entoure mes épaules et mon dos. Les lames du Chaos sont accrochées dans mon dos et n'attendent qu'une chose, dilapider dans une giclée sanglante les ennemis de notre nation.

    Spoiler:

    Nous nous frayons un chemin vers les remparts, sous couvert de la pluie tandis que nous nous collons contre les murs. Quelques gardes patrouillent, nous ne discernons pas correctement leur blason ni même le type d'équipement qu'ils possèdent. Alasker me propose d'ouvrir le champ ou de laisser ses sbires s'en occuper. Ma fierté de reikois et mon envie irrépressible de faire usage de mes armes ne laissent alors qu'un silence entre nous, où seule la pluie tambourine l'espace. Les flammes vacillantes des torches n'éclairent pas plus nos ennemis et je préfère que nous nous scindions pour plus de prises sur l'adversaire. Tel un étau qui se resserre, il nous faut vérifier qu'il n'y ai pas plusieurs sorties et si tel est le cas, que quelques dévoreurs obstruent la voie. Le groupe se sépare en deux et nous allons chacun dans une direction. Un camp, même de fortune, ne peut disposer que d'une entrée, il faut obligatoirement une sortie s'il venait à y avoir un départ de feu ou des hostilités. Les chaînes sur mes deux avant-bras se délient, tandis que je récupère dans une main et dans l'autres mes lames écrantées, il est temps de les utiliser. Devant nous, deux gardes adossés contre le mur discutent, vêtu d'une armure de fortune avec une toge blanche, leurs vêtements imbibés d'eau et leurs bottes pleine de gadoue confirme qu'ils ont subit l'intempérie depuis un moment. Est-ce que l'on va faire dans la dentelle ?

    — Gérard, est-ce que c'est la poule ou l'œuf qui est sorti en pre... ? Gérard ? GERARD !

    Le dénomme Gérard n'a pas eu le temps de répondre qu'une lame transperça son thorax, filant comme le vent, déchiquetant l'armure de la cible, la pointe visible et ensanglantée de celle-ci dépasse de l'homme qui n'a pas eu le temps de réagir. Son compère commence à reculer et à porter du bout des lèvres le cor qu'il garde à son ceinturon, c'était sans compter sur un des Dévoreurs qui se jeta sur lui pour l'empêcher de souffler dans l'objet de cuivre. Les deux corps inertes baignent dans une mare de sang, ainsi notre petite aventure commence par semer la mort dans notre sillage. J'inspecte de plus près le blason de leur armure, il s'agit là d'une de nos cibles. Dans cette obscurité sordide et où la pluie cache les cris de nos victimes, nous assiégeons le petit village qui s'était construit. Aucun sourire, aucune once de joie, aucun sentiment ne paraissent sur mon visage car je ne suis qu'une arme au service du Reike. On commence à entendre des hurlements à l'intérieur, à croire que nos amis se sont amusés de l'autre côté à y aller franco. Je jette un coup d'œil à l'entrée et nous nous propulsons pour détruire ce camp de misère. Un cor sonne dans l'enceinte du fort, assourdissant malgré le vacarme les gerbes d'eau qui nous tombe dessus. Quelques assaillants se rapprochent tandis que des arbalétriers nous visent des hauteurs des remparts. Je choisis de grimper et d'aller détruire ces hommes équipés à distance. Sans aller jusqu'à grimper là-haut, je range mes lames et m'empare de ma hache, fracassant d'un coup puissant le mur de bois qui explose, projetant des débris à plusieurs centaines de mètres. Quelques corps sont projetés dans les airs avant de retomber par la force gravitationnelle dans un craquement sourd.

    Mon corps s'acharne et les quelques hommes armés ne font pas long feu. Déployant notre force destructrice, nous remarquons qu'ils ne sont pas taillés pour le combat. Toutefois, tandis que nous avançons à l'intérieur du camp, plusieurs femmes et enfants accourent se réfugier dans une des maisons centrales, empruntant une espèce de passage souterrain. Les dévoreurs piétinent, arrachent, détruisent sans sourciller, s'exclamant avec férocité, s'extasiant de ce massacre sans fin. Le sang gicle et se mêle à la boue, le sol est glissant et les murs se brisent dans des éboulements.

    Soudain, un peu plus loin, je distingue un arsenal singulier, des énormes arbalètes balistiques nous pointent. J'ai à peine le temps de réagir en sautant d'un bond qu'une flèche immense vint transpercer le lieu où je me trouvais à l'instant, faisant exploser quelques corps dans une gerbe de sang, rapiéçant le reste des cadavres présents. Voilà donc un des équipements que souhaitent utiliser ses renégats pour sauver Zei. Ils savent pertinemment que leur pouvoir au sein du Berceau est réduit quasiment à néant, ils ont donc sorti les grands moyens. En vérité, cette arme est destructrice, mais met du temps à se recharger. Bien évidemment, il n'y en a pas qu'une. Sortant de sous des espèces de bâche artisanale en peau grasse, ces énormes balises nous pointent.

    Le chaos est total, nos adversaires détiennent des outils ayant une puissance destructrice, il nous fallait les détruire. Une femme et son enfant se dirigent vers le trou béant dans le rempart que j'ai explosé un peu plus tôt, je vais dans leur direction, rangeant ma hache pour me servir de nouveaux de mes armes qui tournoient autour de ma tête. Je n'ai plus d'âme. Plus de cœur. Je ne suis qu'une arme. La mère a la tête découpée tandis que la petite fille court, pleurant avec effroi jusqu'à ce qu'elle jette un coup d'œil derrière elle avant que la deuxième lame ne vienne percuter son abdomen et la couper en deux, son corps s'évanouit contre le sol. Ce travail, seul les plus déterminés et les plus dévoués au Reike en sont capables. Après tout, ce sont ces fanatiques qui ont retiré sa femme et ont tué son fils. Sans leurs titans qu'ils considèrent comme des divinités, je serai certainement un homme différent. Aujourd'hui, c'est sans remords que je m'attaque à ce village.

    Les arbalètes balistiques entament un chant, sifflant chacune tour à tour leur carreau d'une longueur incroyable. Détruisant tout sur leur passage, au sein même de leur propre camp, ils savent que nous ne reculerons devant rien. Les cris d'agonie et le vermeil qui s'écoule sous nos pieds n'est qu'une mise en bouche de ce qui nous attend pour la suite. Je regarde une dernière fois le corps de la fillette, avec un soupir, approche ma main des yeux de l'enfant que je ferme avant de reprendre le combat.
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  • Jeu 19 Jan - 14:48
    Josef avait été tiré de son sommeil par ce qui semblait être le bruit d’un coup de tonnerre accompagné d’hurlements suffisamment puissants pour percer le boucan de la pluie tambourinant le toit. Ca ressemblait à des cris de loup provenant d’innombrables gorges humaines, évoquant plus la maladie mentale qu’une quelconque bestialité. Il n’avait pas cherché à savoir si l’alarme était donnée ou non pour se lever de sa paillasse infestée de puces, s’emparer de sa lance, puis descendre quatre à quatre les marches du poste de garde en même temps qu’une dizaine d’autres soldats partageant sa confusion.
    Dehors, la pluie ne semblait pas assez forte pour masquer l’odeur du sang. Le rempart Ouest n’était plus qu’un vague souvenir, quelqu’un…Non, quelque chose, l'avait enfoncée avec la force d’un troll des montagnes. Des bris de bois avaient volé dans toutes les directions, se plantant ça et là dans le sol boueux du camp et, de la faille que ce cataclysme inconnu avait su former, des intrus s’étaient glissés parmi eux pour semer la mort. Déjà, le fracas des lames et les cris des civils résonnaient au milieu de ce début de chaos; annonçant à tous que l’ennemi, quel qu'il fut, ne se contenterait pas d’une vulgaire reddition.
    Josef, en tant que Sergent Vétéran de la Garde du Vrai Savoir, se sentait tout à fait paré à leur faire regretter cette honteuse attaque. De tout cœur, ce soldat expérimenté souhaitait montrer aux blasphémateurs qu’ils ne détenaient nulle force, nulle pouvoir, seulement l’ignorance. Et c’était donc sans la moindre hésitation qu’il s’était tourné vers ses hommes pour déclarer d’une voix forte :
    “-Pierce, Hanz, les balistes ! Payton, les feux d’alarmes ! Les autres, avec moi !
    Rassérénés par la confiance qu’ils voyaient luire dans les yeux d’opales de leur Sergent, les guerriers s’étaient mis en mouvement comme un seul homme, sitôt que Josef eut esquissé son premier pas. Bravant le torrent céleste et les ombres de la nuit, ils avaient avancé sans craindre quoique ce soit jusqu’à la brèche, fermement décidés à arrêter l’hémorragie s’apprêtant à noyer leur camp.
    Ils n’arrivèrent jamais à destination, ce qui n’aurait, de toute façon, rien changé, puisque l’intégralité de leurs agresseurs avaient déjà pénétré l’enceinte. A mi-chemin, alors qu’ils passaient devant la tente du Porteur de la Parole en charge de la direction de ce camp, ils découvrirent ce dernier, rampant dans la boue, les deux jambes sectionnées au niveau des genoux.
    Josef, comme tous les soldats sous ses ordres, connaissait bien le Porteur de la Parole Invir Von Arvek. C’était un homme trois fois bénis -pour paraphraser la femme de Josef- sévère, certes, mais toujours juste. C’était Invir qui avait reconnu ses qualités de meneur d’hommes, Invir qui avait catapulté leur régiment aussi haut dans la hiérarchie de la secte du Vrai Savoir, et encore Invir qui avait dessiné les plans de ce camp renforcé, avant même le début du Complot.
    Découvrir ce grand homme ainsi : sans son armure, vêtu seulement de son drap de pudeur souillé de sang et d’urine, à ramper pour échapper à une mort qui ne manquerait pas, quoiqu’il advienne, de le prendre, au vu de la quantité de fluide vital perdu, aurait pu -si Invir avait été un moins bon leader- frapper ses hommes au moral ; Les laisser pantelants et apeurés. Mais Josef et ceux qui le suivaient ne ressentirent qu’une rage inextinguible en le découvrant, que le souvenir de l’admiration qu’ils avaient voué à cette ruine ayant jadis été un homme ne faisait que décupler.
    Et cette rage trouva immédiatement une cible.
    Ça se tenait à quelques pas du corps tremblotant. C’était une sorte de golem de ferraille, occupé à retirer sa lourde hache du visage fendu de l’écuyer d’Invir, qui n’avait -semblait-il - pas eu le temps de tirer sa propre lame avant de subir l’attaque de son bourreau. De l’ouverture à trois branches de son heaume cornu s’échappait un souffle rauque, formant un petit nuage de vapeur à chacune de ses longues expirations. Les ténèbres étaient trop épaisses pour qu’on puisse distinguer le moindre regard, au travers de cette fente, mais Josef devinait sans mal quel genre d’être pouvait être à l’origine d’un crime aussi ignoble.
    Ses mains se resserrèrent sur la lance qu’il pointait en direction du monstre et ses hommes l’imitèrent à l’unisson, sans la moindre hésitation. Le Sergent Vétéran éprouva une fierté immense à l’égard de ces fiers gaillards, manifestement prêts à le suivre jusqu’aux enfers. Il n’y eut pas d’insultes ou de défis proférés à l’encontre du monstre d’Airain qui les regardait en grondant à chaque souffle. Ce genre de choses était réservé aux contes et aux légendes enfantines. Josef hurla simplement à plein poumon en s’élançant sur son ennemi, lance en avant, suivi par tous ses hommes, méritants et loyaux, l’ayant jadis aidé à devenir celui qu’il était en ce jour.
    Les yeux hagards du Porteur de Parole Invir Von Arvek furent les seuls témoins de la mort du Sergent vétéran et de ses camarades. Rendu fou par la douleur, la peur et l’anémie causées par ses jambes tranchées, le noble cultiste éclata d’un rire dément lorsque le fer de la hache passa au travers du plastron des quatre premiers hommes arrivant à sa portée -Josef inclus- pour découper leurs porteurs en deux avec la violence d’un tir de catapulte. Son rire hystérique, impossible à réfréner, gagna encore en intensité, lorsque les survivants portèrent des coups désespérés sur l’armure cabossée du géant sans parvenir à le blesser ou le déstabiliser avant qu’il ne riposte en abattant le tranchant de son arme sur chacun d’eux en piétinant les corps des blessés, réduisant leurs visages ou leurs torses à l’état de pulpes sanguinolentes.
    Invir riait toujours, des larmes pleins les joues, une fois que le monstre en eut fini avec ses hommes… et qu’il redirigea toute son attention sur lui.
    Pour l’empaler sur la lance de Josef.

    Les remparts Ouest étaient tombés. Pas les autres. Stupidement, les femmes et les enfants ayant survécu assez longtemps pour constater que l’accès aux souterrains était bloqué par un infidèle sans âme ni pitié, s’étaient dirigés vers l’opposé de la brêche pour se tasser les uns contre les autres, dans l’ombre de ce qui restait de la barricade censée les protéger du monde extérieur. Solyana tenait tout contre elle ses deux enfants. Son plus jeune, Henry, ne cessait de pleurer en demandant où était son père et son rôle de mère consistait à ne pas lui révéler la vérité, quand bien même elle ne la connaissait que trop bien.
    Son père était mort avec le reste de sa section. Elle l’avait vu tomber, au début de l’assaut. Sa mort n’avait rien eu de glorieuse. Son ennemi, un énorme Drakyn déjà couvert de sang, lui avait jeté la tête en arrière d’un coup de tête pour lui manger la gorge. Par bonheur, Henry et sa grande sœur n’avaient rien vu, tous concentrés qu’ils étaient dans leurs fuites loin de ces horreurs. Solyana, elle, n’en avait hélas pas perdu une miette, et la haine qu’elle éprouvait à l’égard des blasphémateurs n’était égalée que par la terreur qui lui nouait le ventre.
    Il n’y avait rien de ce côté-ci du camp, hormis les latrines et cette grange abandonnée ayant jadis servi d’écurie aux quelques chevaux des nobles du camp. Les civils terrifiés, une fois sûrs que personne ne les avait suivis, échangèrent quelques regards confus, plissant les yeux pour voir quelque chose à travers le torrent que les cieux déversaient sur eux.
    Ils semblaient tous anesthésiés, stupides, incapables de prendre la moindre décision. Beaucoup d’entre-eux avaient choisi cette vie en accompagnant les guerriers ici au lieu de rester dans les grandes villes, au milieu des infidèles. Mère au foyer, cuisinier, aide de camp et bons nombre d’apprentis-quelque chose restaient là, bouche bée, abasourdis par la violence de cette attaque inattendue. Solyana les aurait bien tous giflés si elle en avait eu le temps, mais ses enfants tremblaient de froid et échapper aux blasphémateurs ne leur servirait à rien si ils mouraient tous d’une pneumonie. Elle jura entre ses dents et courut jusqu’à la grange, suivie de près par l’intégralité des indécis, qui se laissaient guider comme des brebis décérébrées.
    Ils entrèrent par en-dessous, se glissant entre les planches et la boue, à l’arrière du bâtiment, car ses portes étaient closes depuis longtemps. Ceci fait, Solyana essuya son visage couvert de terre humide d’un revers de main et toussa deux fois pour chasser la poussière s’étant infiltrée dans ses bronches. Elle se baissa vers Henry pour lui assurer que tout allait bien en éprouvant une honte terrible à l’idée de mentir ainsi à son fils.
    Bientôt, tous les fuyards purent se masser à l’intérieur de la grange en entrant de la même manière. Presque tous.
    Le dernier, le fils du forgeron Samuel, senti une douleur atroce lui traverser le dos, alors qu’il rampait pour entrer à son tour. Son visage disparu de la vue de ses compagnons d’infortune lorsqu’on le tira en arrière, et ses cris d’agonies déclenchèrent une avalanche de sanglots, parmi les survivants. S’ensuivit un court silence, durant lequel chacun d’eux pu non seulement prendre conscience de l’inéluctabilité de leur mort prochaine, mais aussi lire le désespoir dans les yeux de leurs voisins.
    Et puis une lanterne allumée passa au travers d’un des six trous du toit, pour atterrir tout au fond de la grange. En s’écrasant, son verre se brisa, et son huile incandescente se dispersa un peu partout. Quelques gouttes se déposèrent sur le restant de pailles abandonnées sur place, qui s’enflamma immédiatement. L’incendie se propagea rapidement. Des mains couvertes de boues se mirent à tambouriner contre les portes closes. La fumée devint suffocante. Certains braves osèrent se glisser par le même trous dans le plancher qui les avait vu entrer, préférant la morsure des lames que celles des flammes.
    Solyana, pour sa part, garda simplement ses deux enfants tout contre elle. Calmement, la mère au foyer leur ordonna de fermer les yeux en parvenant avec succès à retenir ses sanglots.
    Ni l’un, ni l’autre, ne tressaillirent, lorsqu’elle passa la pointe de sa dague au travers de leurs petits cœurs.

    Garth Von Arvek était un duelliste accompli. Il le savait bien, car chacun des hommes ayant un jour eu l’audace de tirer une épée face à lui n’avaient pour ainsi dire, pas même eu le temps de regretter leur stupidité. Son frère Invir, aussi futé et saint pouvait-il être, n’avait jamais su ne serait-ce que s’approcher du niveau de perfection martiale de Garth. C’était là le fruit du mélange d’un travail acharné et d’un don inné et il rendait grâce à la chuchoteuse, chaque jour, pour l’avoir fait naître ainsi, car Elle lui avait permis de punir les blasphémateurs en Son Nom, de ses propres mains.
    Et ce jour ne serait pas différent. Son rôle, Garth le savait, était de défendre les balistes, puisque les feux d'alarme brûlaient déjà depuis une dizaine de minutes. Et c’était ce que le Porteur de Parole faisait, en protégeant les servants des armes de la folie de ce blasphémateur qui s’était jeté sur eux du haut des remparts qu’il avait manifestement escaladés au mépris de la brêche déjà ouverte, en s’aidant des deux hachettes qu’il ne cessait d’abattre sur le duelliste depuis lors.
    Pour tout dire, c’était un adversaire de valeur. Sa technique, que Garth avait d’abord cru primitive, n’était pas dénuée d’ingéniosité. Le sauvage hirsute n’usait pas que du tranchant de ses lames et n’hésitait pas à tenter de le sonner en frappant son visage du sommet plat des hachettes, dans une parodie de coup d’estoc. Plusieurs fois, au début, le duelliste s’était surpris à se voir reculer. Mais jamais de si courtes armes ne pourraient espérer tenir en respect bien longtemps une épée longue et, une fois les mouvements de son adversaire analysés, Garth n’avait pas mis longtemps à reprendre le dessus. D’une parade haute, suivie d’un coup d’épaule, le chevalier avait projeté son ennemi cul par-dessus tête et, si le coup suivant ne s’était certes pas emparé de la victoire, il avait suffit à mettre le blasphémateur sur la défensive en le privant d’une de ses deux armes.
    Depuis lors, tandis que, derrière-lui, ne cessaient de retentir le grondement des balistes et les cris de leurs servants, le duel peinait à se terminer. Sans interruption, le sauvage, de plus en plus essoufflé, reculait. Parvenant, les dieux seuls savaient comment, à toujours esquiver le coup fatal. Jadis, un tel entêtement aurait provoqué le courroux de Garth, mais sa patience était désormais infinie. Le chevalier de l’Ordre du Vrai Savoir avait appris à ne jamais s’agacer, à demeurer calme, quoiqu’il en coûte, jusqu’à ce que l’ennemi fasse l’Erreur, puisqu’elle finissait toujours par être commise.
    Chaque minute se mit à prendre des airs d’heure, tandis que l’épuisement né de la concentration venait enflammer les muscles et le crâne des deux combattants. Ils s’élancèrent une fois de plus, et Garth su que cette dernière charge serait le couronnement de son combat. Car son ennemi venait de la commettre, enfin.
    D’une torsion de poignet, il désarma le blasphémateur, tranchant un doigt et pulvérisant l’ongle du pouce au passage. La seconde hache alla s’écraser dans la boue avec les restes du bout de chair tranché. Pour savourer son triomphe, Garth repoussa son ennemi d’un coup de pied et pointa sa lame sur son cœur, l’obligeant à l’immobilité.
    “-Tu es nul.” Souffla-t-il, hargneusement.
    L’autre écarta les bras, bomba le torse jusqu’à ce que la pointe de l’épée aille grincer contre son plastron, puis lui sourit :
    “-Mais j’ai gagné.
    Le silence vint. Et avec lui, l’horrible vérité.
    Les balistes ne chantaient plus. D’autres étaient venus pour les faire taire. Le duelliste ne pouvait détourner les yeux du vaincu, mais il sentait leurs regards moqueurs posés sur son dos. Ils avaient massacré les servants, puis décidé sciemment que leur ami n’avait pas besoin d’assistance, que ce duel devait ne rester que cela, un duel.
    “-Meurs.” Lâcha le chevalier du Vrai Savoir, vainqueur de dizaines de duels à la loyale, avant qu’un tir de baliste ne le percute de plein fouet, projetant son corps désarticulé sur la droite de Gatlig, qui éclata de rire en voyant la lame qui menaçait sa vie partir avec lui.

    Alasker se tenait au centre du camp lorsque le dernier de ses défenseurs tomba. A ses pieds finissaient de mourir les restes d’une garnison d’homme s’étant pris pour la voix vengeresse de dieux cruels se moquant bien de leurs existences. Au loin, les cris de leurs femmes et de leurs enfants s’étaient finalement stoppés et l’odeur de la chair brûlée emplissait l’air. De sa voix forte, il appela chacun de ses hommes et laissa un grand sourire apparaître sous son heaume en découvrant que chacun d'entre-eux répondait présent. Ils se massèrent en une troupe désorganisée, semblable à un groupe de brigands, autour de lui, et attendirent que l’Akkelanak les rejoigne pour saluer ses performances de tueur par quelques rires et compliments teintés de sous-entendus grivois.
    Iratus les fit taire d’un haussement d’épaules, puis dirigea son regard noir vers l’Ouest, du côté de la brêche qu’Aesir avait foré à la force de ses poings, où déjà les lueurs des torches que portaient les renforts du camp le plus proche apparaissaient au loin. La pluie, incapable de laver tout le sang qui imprégnait désormais la boue, s’en était allée. A sa place, une brume épaisse commençait à se lever. Bien trop épaisse.
    “-Ils vont venir pour nous mesdemoiselles. Usez des balistes. Planquez-vous tant qu’elles n’ont pas tonné. Cette seconde vague sera la dernière. Ceux de l’Est ne viendront pas, nous venons probablement de tuer les plus braves d’entre-eux.
    Noble du Reike
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  • Lun 30 Jan - 9:50
    Ce qu'ils appellent Divins ne sont en réalité que des engeances venues nous piétiner et détruire, car leur règne s'achève suite aux humains qui ont su se libérer de leurs chaînes. Ces écervelés, pensaient-ils réellement pouvoir briser le Reike et récupérer la titanide, prisonnière sur l'île du Berceau ? Ils ne peuvent pas comprendre ce qui leur arrive sur le coin de la figure. Nous ne sommes qu'un petit groupe de guerriers d'élites au sein de notre nation, là où d'innombrables hommes et femmes sont voués à arracher la tête de personnalité telle que ces énergumènes qui prient à mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous ne sommes qu'un petit groupe de guerriers d'élites au sein de notre nation, là où d'innombrables hommes et femmes sont voués à arracher la tête de personnalité telle que ces énergumènes qui prient à mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous, êtres petits et mortels, avons réussit à tuer un de leur dieu et emprisonner une autre, une immense victoire qui nous a permis de nous rendre compte que nous pouvons briser ces êtres venus des cieux, semant le chaos et la destruction sur Sekaï. Je n'ai jamais douté de nos défenses, de nos attaques, car les hommes du Reike sont les plus tenaces, les plus aguerris et les plus assidus. Quand je vois les cadavres qui sont amoncelés au sein du campement, un semblant de rictus orne le coin de mes lèvres. Revenant auprès des vaillants guerriers, nous clamons notre victoire quand soudain, la voix d'un des dévoreurs résonne et nous prenons nos positions car en effet, des petites lumières apparaissent dans notre champ de vision par la brèche. Quelques balistes sont inutilisables car certaines ont été malmenées durant le combat contre le campement. Je me dirige vers les hauteurs et commence, avec l'aide d'un autre dévoreur, à mettre en position l'outil balistique qui nous servira à empaler ces traitres à la nation. Nous cherchons également de quoi recharger, un petit stock de carreau d'une dimension étonnamment grande et lourde. Heureusement pour nous, ce n'est là qu'un petit exercice de musculation et nous allons même pouvoir nous amuser à réutiliser ses armes. Nous nous déployons rapidement, déblayant les cadavres sur le terrain qui pourraient nous gêner. D'autant que la fumée et les couleurs rougeoyantes qui se dégagent des braises donnent un aspect apocalyptique à cette scène. Chaque dévoreurs s'empressent de récupérer les balistes encore utilisables et de les pointer dans la direction de nos ennemis qui s'approchent à vive allure. La pluie nous martèle et nous avons encore du mal à distinguer le nombre de fanatiques qui s'approchent.

    ___________________________

    — En position ! Hurle un des commandants, drapé d'une armure en métal avec un symbole représentant une croix. Les hommes sont armés d'épées et de boucliers, certains portent une torche à la main et scrutent l'immense fumée noirâtre qui surplombe les montagnes. Des cendres s'échappent des bâtiments en feu un peu plus loin, heureusement pour eux, ils ne sont qu'à quelques kilomètres de la position de ce campement et vont pouvoir riposter. Ils pensent certainement à une attaque de bandits et espèrent que quelques-uns de leurs compères ont survécu. Le temps est rude et bien que la pluie tambourine leur casque et s'infiltre de part et d'autre, ils continuent leur avancée avec une grande discipline. Ce n'est pas de grands guerriers, mais ils savent qu'il ne faut pas foncer tête baissée face à l'ennemi. Ce serait du suicide. Le commandant ainsi que quelques uns de ses hommes portent un cor à son ceinturon, il attend d'être placé à deux miles de la position du camp avant de sonner celui-ci. Les hommes sont en rangs et bien organisés, une cinquantaine d'hommes prêts à venir en aide à leur compagnon en proie aux flammes. Un premier son de cor résonne, tonitruant et grave. Le commandant attend et rien ne se passe. Il sonne de nouveau dans le cor une deuxième fois et attend, patiemment, avant d'avancer avec ses hommes. C'est alors qu'il entend le son d'un cor provenant du camp. Le commandant toise ses hommes et commencent à avancer, toujours sur ses arrières. Sait-on jamais ce qu'il peut s'y trouver, alors tous, armés de leur bouclier, se mettent sur la défensive. Un des guerriers à côté du commandant commence à s'exprimer :

    — Qu'allons-nous faire une fois sur place ?
    — Soigner les blessés, enterrer les morts, si tant est qu'il y en a et les aider à éteindre les flammes.
    — C'est étrange qu'il n'y ait pas de cri de panique.
    — Attendez...

    Le commandant s'arrête soudain quand, sans crier gare, un carreau d'arbalète d'une certaine envergure vint exploser le corps du petit guerrier à ses côtés. Les éclaboussures de sang vinrent se répandre comme une traînée de poudre sur les hommes placés sur les côtés, ceux derrière le petit guerrier ont également périt. Une petite brochette qui empala deux hommes, morts sur le coup. Un bras et une jambe du petit guerrier voltigent dans les airs avant de retomber avec un bruit sourd. Le commandant sonne dans son cor une nouvelle fois, prit de panique et ordonne à ses guerriers de courir. Malheureusement pour eux, le terrain battu et jonché de neige, de boue et de pluie ne va pas les aider dans leur progression. Alors, ils chargent sans sourciller, criant de toute leur force pour se donner du courage.

    _____________________________

    Joli tir ! dis-je au dévoreur ayant pris la directive de lancer, tellement impatient semblait-il. Après tout, nous avions une magnifique ligne droite, bien que cela ne suffira pas. Nos adversaires avancent à grand pas, leurs épées sont brandit et leur bouclier comme protection. N'ont-ils pas compris qu'un carreau de cette taille se fiche éperdument d'un pauvre bout de métal ? Je prends un carreau, la place sur la baliste et recharge la machine. Cela prend du temps, seulement, je ne suis pas le seul à avoir dégoté une de ses armes. Plutôt efficaces, bien qu'encombrantes et lourdes. Ce genre d'armes irait bien au-dessus des grandes murailles qui entourent Taisen ou Ikusa. Nos cœurs s'enflamment et la hardiesse du combat nous envahit, nous sommes heureux de contribuer à la fin de ces religieux fanatiques, errant sur les terres du Nord. Ce menu fretin est un bon exercice pour les Dévoreurs, comme pour moi-même. Cela nous change des tours de garde ou des rondes nocturnes. De plus, au Berceau, mis à part les cris et les lamentations des prisonniers, Zeï est silencieuse, parce que sa prison l'empêche de nous murmurer quoi que ce soit. À côté de moi, j'entends un carreau qui s'élance comme un harpon dans la direction de nos ennemis. On entend un grand fracas, avec des cris d'agonies, de pleurs et de peurs. Je me sens vivre.

    Ils ne sont pas au bout de leur surprise ! Esquissais-je d'un sourire. Il est rare de me voir dans de telles conditions. Toutefois, l'ambiance s'y prête et j'aime ce chaos, ces cendres, ce carnage et voir tous ces païens recouvrir la terre mère de leur sang. Je me réjouis de cette souffrance et espère que le Reike soit fier de ses valeureux guerriers. Nous représentons une nation, sous une seule et même bannière, nous ne plierons pas le genou. Furieux, le plaisir du combat et la haine des hérétiques nous galvanisent. Après plusieurs coups de carreaux balancés à travers la brèche, nous nous armons une dernière fois de nos armes pour éradiquer ces crétins. Ils n'ont d'yeux que pour leurs divinités qui les ont abandonnés, des scélérats qui n'ont pas compris que seuls les mortels sont les plus intelligents et retors. Je ne comprendrais jamais ces vauriens.

    À mort ! Lançais-je. Essayer d'en garder un en vie, nous irons le cuire. Avec hâte, je me précipite par-delà la brèche et m'avance fièrement vers ces salauds, mes lames du chaos en main. Il ne me reste qu'à terminer ce tour de danse, prenant un malin plaisir à façonner le monde dans lequel nous vivons. Éradiquant la menace qui pèse sur notre territoire, le Reike n'a pas besoin de religion, de religieux, de croyants en des titans qui écrasent, annihilent et déciment sans pitié. C'est à nous, porteur d'espoir et combattants de faire le tri. Allons-y gaiement.
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