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  • Mer 25 Jan - 18:05
    «  Madame la Directrice ? ». Dahlia releva les yeux de l'ouvrage qui jusqu'ici monopolisait son attention pour les poser sur son assistante qui venait de passer la tête dans son bureau. Ses longs cheveux bruns attachés en queue de cheval tombaient dans l'encadrure de la porte légèrement abîmée tandis qu'elle attendait une réponse de sa supérieure. La Fae n'avait pas eu besoin de croiser son regard ou d'obtenir une quelconque explication pour mesurer la teneur des événements dont elle venait l'informer. Le ton de sa voix était amplement suffisant. Laissant un soupir s'échapper de ses lèvres, la jeune femme se redressa et quitta son confortable fauteuil. « Je t'écoute. Qu'est-ce qu'elle a fait, cette fois ? ».

    Un sourire gêné s'empara du visage de son assistante, manifestement embarrassée d'avoir à déranger la Directrice pour un énième soucis de comportement. Après tout, la Fae avait bien mieux à faire que jouer l'éducatrice, surtout que d'autres personnes étaient consacrées à la discipline des orphelins. Cependant cette dernière ayant un lien particulier avec les enfants, en règle générale elle parvenait à les faire prendre conscience de leurs erreurs et à contenir leur impulsivité. Un des rares avantages de faire partie du peuple féérique, mais également un travail de longue haleine pour obtenir la confiance de chacun. Triturant ses doigts nerveusement, l'assistante finit par ouvrir la bouche alors que les deux vieilles amies déambulaient dans les longs couloirs de l'orphelinat.

    « C'est Phiva ». Dahlia leva les yeux au plafond, manifestement agacée. « Phiva Demort, encore une fois ? Et qu'est-ce qui s'est passé ? Quelqu'un a refusé de lui donner sa part de tarte et elle l'a rendu muet comme la dernière fois ? ». Il aurait été un euphémisme de déclarer que la Directrice peinait à contrôler les dons magiques de ses bambins. Elle connaissait tout de la petite enfance et de la peur de l'abandon qui habitait chacun de ses enfants et constituait à leurs yeux un refuge, une main tendue, mais elle ne pouvait décemment pas remplir tous les rôles. D'autant plus que la Fae n'avait reçu aucune éducation pour maîtriser ses propres dons, alors expliquer aux autres les bonnes directives relevait de l'inconscience pure.

    Phiva Demort était une jeune sirène arrivée il y a quelques années à l'orphelinat. Malgré son jeune âge, elle avait rapidement su s'imposer dans les groupes déjà formés et si Dahlia devait capturer son essence en un seul mot, ce serait sans doute capricieuse. De là à dire que la jeune fille rencontrait des problèmes avec l'autorité aurait été une exagération, mais elle n'appréciait pas toujours de ne pas obtenir ce qu'elle voulait. Depuis quelques temps la petite s'était découvert des talents magiques, notamment le fait de pouvoir ensorceler ses petits camarades et lancer des malédictions sur ceux qui lui causaient du tort. Les torts pouvaient aller du simple refus à la bagarre générale, et la punition donnée par Phiva prenait souvent de longues heures voire plusieurs jours à se dissiper. Plus que les dégâts engendrés par ses bêtises, Dahlia craignait que ce fort caractère et ce contrôle inexistant de la magie empêche une possible adoption. Phiva était, quand elle le voulait bien, une enfant tout à fait charmante.

    La jeune femme poussa la porte de la salle de jeux du premier étage et s'imprégna des lieux. Les enfants étaient pour la plupart partis au réfectoire, il ne restait que Phiva et ... un cochon. Dahlia écarquilla les yeux. Une truie se baladait en plein milieu des jouets et grignotait le mobilier. Ses lèvres se mirent à trembler. «  Ne me dites pas que... » « J'en suis désolée. Nous sommes arrivés trop tard. » . Sans un mot envers l'enfant, la Fae tourna les talons et s'enfonça à nouveau dans les couloirs, faisant signe à son enfant d'isoler la coupable et sa victime. Tout ceci ne pouvait plus durer. Il lui fallait une solution de toute urgence, et si possible pérenne. et Dahlia savait exactement qui contacter.

    Fouillant dans la tonne de papiers qui gisait sur son bureau, la directrice trouva enfin le Graal. Une lettre signée d'une certaine Eloïse Natsk, professeure des pratiques interdites, accompagnée d'un énième ouvrage dont elle se séparait au profit de l'orphelinat. Cela faisait déjà quelques semaines qu'elle recevait des livres de la part de la jeune femme, et si elle ne manquait pas de la remercier chaleureusement par retour de lettre, si Eloïse réussissait à régler son problème, elle lui devrait bien plus qu'un simple Merci. Pendant un bref instant la Fae contempla l'idée de mentir à la professeure, de la convier sous un faux prétexte puis de lui lier les mains en la mettant devant le fait accompli. Elle secoua la tête. Autant être directe. Saisissant sa plume et son parchemin, Dahlia griffonna rapidement quelques phrases et demanda à un de ses gardiens de se rendre au plus vite à l'Université Magic pour lui remettre en main propre. Aux grands maux, les grands remèdes.

    «  Chère Eloïse Natsk,

    Je vous écris aujourd'hui dans l'espoir que vous puissiez apporter votre aide à mon établissement. Je rencontre des problèmes avec l'enseignement magique de certains des enfants sous ma garde, notamment dans le domaine de s malédictions et je désirerais en discuter avec vous. Je vous remercie encore de vos nombreuses donations et dans le cas ou vous souhaiteriez ne pas donner suite à ma demande, je vous assure que nos relations n'en seront point entâchées. J'espère de tout coeur que vous saisirez l'urgence de la situation, et je m'en remets à votre générosité et à votre coeur, que je sais d'or.

    Je vous attends aux Jardins du Destin à votre convenance.

    Dahlia.»

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  • Sam 28 Jan - 12:23
    Bon. Dès le départ je n’avais pas beaucoup d’attentes… Mais vraiment ? Non, on se reprends, on souffle et on regarde tout ça avec un petit peu plus de recul. Certes quelques résultats sont bien inférieur à ce que je pensais (vraiment il ne sait pas qu’on peut se pétrifier soit même ? Je l’inviterais bien à essayer à l’occasion mais la blague risquerait de ne pas faire l’unanimité) mais dans l’ensemble on a quand même plus de la moitié de réussite. Les trois quarts même. Le souci est que le quart restant est vraiment en dessous… Tout en réfléchissant, je me mets à faire les cents pas dans le bureau. C’est à moi de leur donner envie de s’améliorer et combler des lacunes… Si on peut encore parler de lacunes. Ici, on serait plus proche d’un trou béant. Eloïse calme toi, il y a forcément  une solution, il suffit de la trouver. Reprendre les bases ne fera de mal à personne et j’ai déjà quelques idées pour attraper l’attention de ceux qui se sont, disons, éparpillés. Ne reste qu’un problème. Lui. Je m’attarde quelques instants sur une feuille posée un peu à l’écart. Un gouffre à combler. Mains sur les hanches je lève les yeux au ciel.

    “Bon dieu. Tu pars de loin mais écoute moi bien, je vais pas te lâcher tu m’entends ?! Tu vas le réussir ce cursus !” Tout en haussant la voix je me retourne vers la porte d’entrée en écartant d’un geste sec les bras, manquant de peu de gifler le nouveau venu. “Euh… Une lettre pour Madame Eloïse Natsk… Des jardins du destin” Tout en soupirant je me masse les tempes. La première bonne nouvelle de la journée ? Pitié faite que ce soit le cas. Prenant appui sur le bureau, j'ouvre la lettre et la parcourt rapidement du regard. Si l’idée générale est vague, le message de fond ainsi que le fait qu’elle me contacte ne laissent pas beaucoup de doute. Ce n’est définitivement pas une bonne nouvelle.

    “Je peux vous demander d’attendre un instant avant de repartir ?” Tout en parlant au messager j’attrape péniblement du bout des doigts mon agenda. Il ne me semble pas avoir un quelconque impératif sur le reste de la journée mais ce ne serait pas la première fois que j'oublie un rendez-vous. Pas la dernière non plus. La page vierge me fait respirer un peu plus sereinement. Rien d’autre de prévu que ce que je veux faire. Et entre lui venir en aide et finir de corriger ce tas de copies, mon choix est vite fait. Mais il est vrai que je commence à accumuler un léger retard, ce serait surement plus raisonnable de terminer ce travail avant de bouger… Distraitement je retourne le fameux devoir et me décolle du bureau avec un petit bond. “Très bien, je suis prête, nous pouvons y aller.”

    Le trajet se fait dans le silence, lui visiblement pressé de retourner à son poste et moi qui réfléchit à la situation. J’ignore la nature exacte du problème mais une chose est sûre, cette situation est intéressante. Cela fait quelque temps que j'envoie des ouvrages à l’orphelinat, autant dans le but de les aider à se composer une bibliothèque correcte que pour aider les enfants. Par chance, il y a plusieurs années de ça un mage s’est mis en tête d’expliquer certains rudiments de la magie par des contes et fables en tout genre. Certains aspects de la magie ont bien évidemment été mis de côté, la quasi totalité de ceux que j’enseigne en fait (je suppose que les parents n’ont pas très envie de voir leur enfant redonner vie à un animal domestique décédé. En espérant qu’il ne s’agisse que d’un animal.), mais les fondamentaux sont plutôt bien expliqués.

    Et dans tout ça évidemment la malédiction a été considérée comme un fondamental. Hm. J’aurais vraiment dû réfléchir avant de l'envoyer celui-là. Mais la maîtrise des malédictions est un aspect tellement captivant de la magie. Pouvoir avoir un tel impact sur autrui à partir de presque rien. C’est passionnant. Même si ce n’est pas à mettre entre toutes les mains et encore moins celles d’un enfant, je l’entends. Cependant… L’une des seules limites de ce sort vient de l’imagination du lanceur. Ne limiter un enfant qu’à son imagination… Oh oui cette situation risque d’être réellement fascinante. En tout cas, elle le sera avec un peu de recul et une fois que nous l’aurons réglée. Pour l’instant elle semble surtout être problématique. Mais je ne doute pas qu’il y aura des choses à en tirer. Ce sera d’ailleurs sûrement un bon exemple pour certains cours.

    Perdue dans mes pensées je ne remarque pas l’arrêt du gardien et lui rentre dedans “Oh, désolé. Nous sommes arrivés ?” Je ne demande que par politesse, le bâtiment me faisant face ne laisse pas beaucoup de place aux doutes. Une antiquité qui se détache au milieu d’un paysage moderne. Combien de mystères dorment encore entre ces murs ? Il faudrait que je me renseigne dessus à l’occasion, peut-être qu’il n’est pas nécessaire d’aller crapahuter hors de la ville pour tomber sur des légendes oubliées. Enfin, le passé est bien à sa place, ce qui nous intéresse pour l’instant c’est le présent et son lot de problèmes.

    Suivant les indications du gardien, cet homme n’a pas l’air de beaucoup m’apprécier d’ailleurs, je me glisse dans le bâtiment et après quelques instants de marche vient frapper à la porte ouverte du bureau de la directrice. “Enchantée, Eloïse Natsk. Heureuse de enfin vous rencontrer en personne Dahlia. Même si je pense que vous auriez préférée que ce soit en d’autres circonstances.” Tout en faisant un pas dans la pièce, je m'incline respectueusement. “Je suis venue dès réception de votre missive, la journée était tranquille et honnêtement sans connaître la situation, en me basant juste sur ce que vous m’avez écrit, elle me semble déjà fascinante.” Aucune raison de lui mentir, bien évidemment je suis en premier lieu présente pour l’aider, il me serait impensable de ne pas aider cet orphelinat, mais un cas aussi atypique… C'est définitivement une bonne nouvelle.
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  • Mar 31 Jan - 18:12
    Dans l'esprit des gens, Dahlia ressemblait à un ange. Un être de pureté, dépourvu d'imperfections, d'un calme religieux et d'un sang froid à toute épreuve. Plusieurs de ces affirmations pouvaient se vérifier assez aisément, cependant la Fae considérait que ceux qui les faisaient n'avaient aucune idée de la difficulté de son travail. S'occuper d'enfants toute la journée était loin d'être une partie de plaisir, et bien que son amour pour ses orphelins lui permettait de passer au dessus de tous les désagréments, il arrivait que, parfois, l'un d'entre eux lui montait au cerveau. La sirène était une véritable préoccupation de tous les jours, et chaque matin elle se demandait quelle bêtise elle avait encore inventé pour mettre en péril le déroulement d'une journée normale dans l'orphelinat.

    La tête plongée entre ses mains, Dahlia sursauta quand elle entendit la voix d'Eloïse résonner entre ses murs. Elle cligna des yeux et resta silencieuse quelques secondes. La professeure était venue à une vitesse déconcertante pour un simple orphelinat au beau milieu de la ville. Peut-être était-elle plus qu'une simple donatrice, au final. La Directrice se releva et d'un geste de la main l'invita à s'asseoir sur le confortable fauteuil en face d'elle. « Je vous remercie d'être venue si vite. Bienvenue aux Jardins du Destin. Je dois admettre une certaine surprise, mais ne vous en faites point, c'est une bonne surprise.» Elle s'affaissa dans son fauteuil à son tour, faisant signe à son assistante de lui ramener de quoi se sustenter. La demoiselle avait des manières, et proposer une collation à son invitée était, à ses yeux, la moindre des choses. « Un café, un chocolat ? ». L'assistante attendit la réponse d'Eloïse avant de s'éclipser à son tour.

    Fascinante... Le choix de mot lui semblait douteux mais la Fae tentait de ne pas oublier qu'un monde la séparait de la professeure. Aujourd'hui Dahlia possédait un établissement et une certaine réputation dans la ville, mais elle se souvenait très facilement de là d'où elle venait. Tout le monde ne démarrait pas dans la vie avec les mêmes outils. « Je ne vais pas vous faire perdre plus de temps. ». Elle prit une gorgée de son chocolat chaud avant de poursuivre, une main plongée dans un de ses tiroirs avant d'en sortir la fiche de Phiva contenant toutes ses informations. « Je rencontre un... problème avec cette petite demoiselle. » Elle sembla chercher les mots appropriés pendant quelques instants avant de reprendre. Un soupir s'échappa de ses lèvres. Malgré elle, par honte, elle tournait autour du pot. « Je vais être honnête avec vous, Dame Natsk. Je suis directrice d'orphelinat, je ne suis pas une grande magicienne et je ne suis pas non plus professeure. ».

    Elle jaugea Eloïse. Son apparence atypique attirait définitivement son attention, presque autant que sa profession. On ne devenait pas professeur à Magic en claquant des doigts. « Aussi, quand une de mes protégées se met à rendre muet ses petits camarades, ou à faire grandir leurs oreilles, je ne dispose pas réellement de solutions si ce n'est les remontrances .». Elle posa ses mains sur la fiche de la petite fille, désignant la longue liste de problèmes rencontrés dans l'encart dédié. « Je sais que vous n'êtes pas bénévole, et je serais prête à vous payer ne serait-ce que pour bénéficier de vos précieux conseils concernant la situation. ». La Fae posa sa tête dans sa main, manifestement épuisée. « Aujourd'hui, elle a décidé de transformer un enfant en porc. Comme je vous le disais, je ne suis pas spécialiste, mais je pense que nous avons une malédiction sur les bras. Je ne peux pas me permettre de corriger ses bêtises toute la journée. De plus, il est de mon devoir de pouvoir proposer un enseignement qui correspond aux capacités de chaque enfant. ».

    Ses yeux orangés se plantèrent dans ceux de la professeure. « Ma demande est égoïste; j'en suis consciente, mais seriez-vous à m'accorder un peu de votre temps, afin de m'aider à comprendre ce que je peux faire pour elle ? Phiva est une enfant merveilleuse, et elle mérite bien mieux que de se laisser consumer par ses propres dons magiques.». Contrairement à Dahlia, la sirène avait encore une chance de s'en sortir avant de commettre l'irrémédiable. La Fae pouvait la sauver, mieux, elle devait la sauver. Si elle venait encore à échouer, alors à quoi bon ?
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  • Dim 5 Fév - 13:53
    Une agréable surprise. Dans son cas comme le mien, cette agréable surprise est sûrement la première de la journée. Pour l’instant nous sommes plus souvent passés d’une mauvaise nouvelle à une autre mais j’ai bon espoir de voir les choses changer. Même si je vais devoir traiter avec quelques éléments problématiques en rentrant qui eux ne changeront pas avant un bon moment et beaucoup, si ce n’est trop, d’efforts. J’espère réellement pouvoir résoudre efficacement son souci, qu’au moins une de nos deux journées puisse bien se terminer. Disons mieux se terminer, ce serait déjà un bon début.

    “Rien merci” Certaines personnes s'offusquent quand on refuse leur hospitalité. J’espère que ce n’est pas son cas même si honnêtement je ne la vois vraiment pas être de ce genre. Quand bien même ce serait le cas, je pourrais toujours lui donner l’explication, qui en soit n’a vraiment rien d'exceptionnel. Nous les mages avons juste nos habitudes, nos petites croyances et superstitions. Jeuner avant de frayer avec les malédictions, et les arts sombres en tout genre, fait partie des miennes. Un esprit clair nécessite un corps sain.

    Le moins que l’on puisse dire c’est que cette enfant sait faire preuve de créativité. Et d’un certain talent c’est indéniable. Venant d’une sirène ce n’est probablement pas si surprenant. En réalité, une bonne partie des soucis viennent sûrement de la… Penchée en avant, une main sous le menton, je lis rapidement la fiche. Oui, peut-être est-ce dù à la manière dont la liste est ordonnée mais on croirait voir une princesse dirigeant son royaume et punissant les gens qui ne lui sont pas ralliés. Je quitte la fiche des yeux pour porter mon attention sur Dahlia. Son métier n’est clairement pas de tout repos mais il est certain qu’elle a déjà eu à traiter avec des éléments perturbateurs. Certains étaient même sûrement plus problématiques que cette petite. Mais sur ce cas spécifique, elle a choisi de demander une aide extérieure. Intéressant.

    Sa déclaration me fait sursauter “Oh. Non non, arrêtez ça, je ne vais pas vous demander de dépenser la moindre pièce, ce serait malvenu. En réalité je me faisais la remarque sur la route que si je n’avais pas envoyé un livre parlant des malédictions vous n’en seriez pas là.” Et je ne serais pas dans ce bureau. Un mal pour un bien. “Dans une certaine mesure notre travail est assez proche, s’occuper de l’éducation en essayant de créer une relation de confiance avec des gens plus ou moins coopératifs.” Oui, je pense que je peux vraiment comprendre ce qu’elle ressent, je pensais que les années d’apprentissages n’étaient pas de tout repos mais m’avait préparé à la suite, force est de constater que ce n’était que la partie immergée de l'iceberg. Et dans son cas en plus de tout le reste les personnes dont elle doit s’occuper sont de jeunes, voire très jeunes, enfants.

    Tout en faisant passer mon regard de la fiche à Dahlia, je repense à la raison qui m’a fait aider cet orphelinat. Une simple lubie. L’envie de donner ce que j’ai pu recevoir et donner une chance à tous d’apprendre. On me dirait qu’il est impossible d’aider le monde entier si on m’entendait. Mais c’est parce que c’est impossible que je veux le faire. Et la voir derrière son bureau épuisée, perdue, qui tente de m’expliquer que la petite a transformé un autre enfant en cochon (j’ai du mal à ne pas sourire) ne fait que renforcer ce sentiment. Mais avant de s’y mettre quelques points doivent être éclaircis. "Il n’y a pas de soucis à être égoïste vous savez. C’est peut-être même l’un des meilleurs moyens de ne pas s’effondrer sous la pression. Le problème est ailleurs, et j’ai l’impression que comme pour la profession nous avons le même." Je soutiens le regard de la directrice en lui souriant. On m’avait parlé d’elle comme quelqu’un m’étant totalement opposé, si c’est vrai pour le physique (désolée de ne pas avoir de formes plantureuses) le mental semble être un peu différent “Vous n’êtes pas égoïste. Au contraire, c’est parce que vous voulez leur bien que vous faites tout ça. Que vous en faites un peu trop même.

    Tout en me relevant j’ajuste mon col et ma veste. Très bien. Quelques petites vérifications à faire et nous allons pouvoir y aller. Ça faisait longtemps qu’une demande ne m’avait pas motivée de la sorte. “Avant que nous nous occupions de tout ça j’ai quelques questions. Est-ce que vous pouvez renvoyer quelqu’un à l’académie chercher un étudiant en première année de pratiques interdites du nom de Travis ?” Un petit cours privé ne peut pas faire de mal à notre cancre. Et… On ne donne pas de cours sur les malédictions sans quelqu’un sur qui illustrer. Mais je vais garder cette partie là pour moi. "Ensuite, la maîtrise de la magie ne se fait pas en quelques heures malheureusement. Aujourd’hui je vais me concentrer à essayer de lui apprendre les conséquences des malédictions mais surtout comment annuler les siennes. Pour quelque chose de plus poussé il faudrait que je repasse de temps en temps." Et qu’elle ait l’opportunité de pratiquer mais encore une fois cette information va être passée sous silence. De toute manière au vu de sa fiche et ses antécédents la princesse trouvera bien le moyen de pratiquer sur ses camarades. "L’un des soucis est qu'en lui apprenant à annuler les malédictions elle pourrait être tenté d’y avoir plus fréquemment recours. Au moindre accident, au moindre doute contactez moi. Et pour finir le plus important."

    De nouveau, je plante mes yeux dans ceux de Dahlia. J’ai fait un bon choix en choisissant cet orphelinat. Ou la chance à fait du bon travail. Dans tous les cas je suis satisfaite de la situation, et le serai plus encore une fois tout ceci réglé. Et la première étape sera aussi mon premier cours. Destinée à la directrice et non aux enfants celui-ci. “Vous faites du très bon travail Dahlia. Si cet orphelinat fonctionne aussi bien c’est uniquement grâce à vous. Mais ils ne doivent pas vous user et il faut savoir quand se mettre de côté pour se préserver. Ce que vous avez su faire en me contactant. Alors pour aujourd’hui reposez-vous et faites-moi confiance.
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  • Dim 12 Fév - 21:52
    Si Dahlia avait pu se cacher au fond d'un trou comme une petite souris, elle l'aurait fait. Toute cette situation l'embarrassait profondément. Durant des années, elle avait tenu la barre seule, gagné des combats bien plus complexes que celui-ci, mais pour une raison inconnue, face à Phiva, la Fae se sentait complètement démunie. Peut-être était-ce leur ressemblance qui la troublait tant, cette incapacité à contrôler ses pouvoirs, mais également ce côté rebelle qui lui rappelait sa propre enfance. Personne ne se serait douté de cette similitude en la voyant aujourd'hui : la directrice apparaissait comme une personne sensée, calme en toutes circonstances, d'une grande patience et d'un cœur d'or... Tout ce qu'au final, elle n'était point. Un visage d'ange pour un petit démon.

    Il aurait été mentir de dire que la Fae s'attendait à ce qu'on accepte sa demande aussi facilement. Les années l'avaient rendue méfiante, aussi chaque service méritait salaire afin de ne pas se retrouver dans une situation délicate par la suite. Elle plissa les yeux aux paroles de la professeure. Si elle refusait l'argent, alors elle devrait trouver une autre façon de rembourser sa dette. Cela viendrait, en temps et en heure, si elle apprenait à la connaître et leur coopération allait les forcer à se côtoyer. La priorité actuelle était d'apprendre à Phiva à maîtriser ses capacités pour que ce ne soit plus un problème autant pour l'orphelinat que pour les futures adoptions. La sirène recevait énormément de visites de couples désirant adopter, mais rien de concluant, en partie à cause de son caractère bien trempé. Aussi, la jeune femme devrait faire abstraction de ses préjugés et de sa propre méfiance face à Eloïse. Pour une fois, elle devait déléguer.

    Elle haussa un sourcil à la demande de la professeure. Elle n'appréciait pas de faire venir des inconnus dans l'orphelinat, considérant que chaque nouvel individu pouvait perturber la paix de ces lieux, cependant elle se trouvait mains liées. Si elle refusait, son interlocutrice pouvait très bien tourner les talons et la laisser dans la mouise. « Oui .. Oui bien sûr. ». D'un signe de main, elle invita son assistante à entrer dans son bureau et lui donna les consignes. Dahlia se répétait qu'un étudiant ne pouvait pas lui causer d'ennuis au risque de voir son cursus s'envoler en éclats, mais la réalité était tout autre. Si l'un d'entre eux faisait une erreur de taille, il ne verrait pas la lumière du jour. Il ne pouvait pas s'inquiéter de ses études, six pieds sous terre.

    « Je vous remercie pour votre générosité, néanmoins je ne saurais l'accepter, d'autant plus si vous devez venir régulièrement pour vous assurer du bon développement de Phiva. J'espère pouvoir un jour vous offrir un remerciement à la hauteur du service que vous rendez à mon orphelinat et à moi-même. ». La directrice se releva lentement de son fauteuil, époussetant les pans de sa robe blanche dans un soupir non maîtrisé. Elle replaça une mèche de sa chevelure derrière son oreille avant de croiser ses mains devant le bas de son ventre et de s'incliner légèrement. « Il est capital que cette enfant se sente bien, même si cela doit passer par une période charnière dans laquelle elle se sentira pousser des ailes. ». Elle fit une pause avant de reprendre, se redressant avec la délicatesse et l'élégance qui la caractérisait tant. « Les enfants jouent ensemble toute la journée, et Phiva n'est pas la première dotée de magie. Je ne vois aucun mal à les laisser pratiquer tant que cela reste dans les limites du raisonnable. Ces dernières ont malheureusement été franchies aujourd'hui. »

    Qu'allait faire Dahlia si un adoptant se présentait pour l'orphelin transformé en cochon ? Son établissement, aussi étrange pouvait-il paraître, avait une réputation à maintenir. Un très léger sourire vint orner ses traits, les étirant petit à petit, à peine perceptible pour l'œil non attentif. « Je vous remercie pour vos compliments, Dame Natsk. Cet orphelinat est mon début et sera également ma fin, mais de nombreuses années m'attendent encore. Il n'aura pas ma peau si facilement. ». La présence de la professeure changeait de ses habitudes et lui accordait un peu de répit. Si la directrice ne lui accordait pas encore une confiance aveugle, elle savait que faire appel à une experte était rationnellement une bonne décision. Dahlia s'éloigna de son bureau et invita Eloïse à la suivre d'un signe de main.

    La directrice parcourut les couloirs avec aisance, connaissant chacun de ses recoins par cœur. Elle s'assura de marcher lentement afin que son invitée puisse la suivre convenablement. Pour un inconnu, l'orphelinat devenait rapidement un véritable labyrinthe. La jeune femme garda le silence durant les quelques minutes qui leur fallut pour atteindre la salle de jeux ou attendait Phiva, sa victime, ainsi qu'un gardien. Elle libéra le gardien de ses fonctions d'un hochement de tête et s'accroupit en face de l'enfant qui regardait Eloïse, le regard plein de confusion. « Écoute ma chérie. ». Le ton employé envers Phiva contrastait complètement avec celui utilisé auparavant. Dahlia était douce, tendre, et si on tendait l'oreille, on pouvait même entendre son sourire dans le timbre de sa voix. « Il va falloir que tu suives les indications de Dame Natsk à la lettre. Je resterai à tes côtés du début à la fin, tu n'as rien à craindre. Elle va t'aider à contrôler ta magie, pour que tu puisses en faire des choses merveilleuses. ».

    La Fae déposa un doux baiser sur le front de l'enfant qui se précipita dans ses bras tout en maintenant le contact visuel avec Eloïse. Ce ne serait pas de tout repos, mais il devait y avoir des résultats. Une fois relevée, Dahlia passa une main affectueuse dans le dos de la petite et l'invita à se présenter à la professeure. Phiva se triturait les mains nerveusement, détournant la tête et bégaya quelques mots. « Bonjour Madame. Je m'appelle Phiva. ». Puis comme si un éclair venait de la parcourir, elle planta son regard dans le sien. « Vous allez m'apprendre d'autres sorts ? Le cochon c'était juste cette fois, je pensais à un chat mais... ». Elle regarda ses mains, tendant puis détendant ses phalanges. « Je n'y suis pas arrivée. ». Le coeur de la Fae se serra. Elle aussi, n'arrivait à rien, peu importe ses efforts. Aujourd'hui était encore une fois la preuve de son incompétence.

    Phiva:
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    Anonymous
  • Jeu 23 Fév - 12:56
    Le trajet dans les couloirs se fait dans un silence bienvenue. Ce n’est pas parler avec Dahlia qui me dérange mais j’ai besoin de quelques instants pour réfléchir sur moi-même, me concentrer sur ce qui nous attend et trouver la direction que je souhaite faire prendre à cette journée. Surtout ce que je souhaite lui laisser. Comme je l’ai dit à sa tutrice lui apprendre à annuler les malédictions va forcément amener son lot de soucis, dans le même temps la brider serait bien pire. De la même manière je ne peux pas compter sur le fait de lui expliquer la conséquence de ses actions. Certains étudiants, un peu trop à mon goût, n'arrivent pas à comprendre cet aspect de la magie alors qu’ils sont bien plus âgés qu’elle. Ou que moi. Est-ce que je devrais lui présenter les possibilités plutôt que les limites ? Si elle s’entraîne dans ce sens, il existe un monde dans lequel elle laisse de côté les farces pour d’autres choses. Ces découvertes pourraient peut-être même lui permettre d’avoir ce qu’elle veut sans recourir aux menaces… Je vais sûrement trop loin dans mes suppositions et quand bien même cela viendrait à avoir lieu ce ne serait pas forcément pour le mieux.

    En tout cas, cette petite marche aura eu deux avantages. Le premier, me permettre d’être prête, autant que possible en tout cas, le deuxième, me conforter dans l’idée qu’il est formellement impossible que ces épais murs aient révélé tous leurs secrets et cela attise une nouvelle fois ma curiosité. La petite attend au milieu d’une pièce qui doit certainement faire office de salle de repos. Et il est là aussi. Dans un sens on peut lui reconnaître un certain talent, c’est un authentique cochon. Pas juste un groin qui pousse au milieu du visage ou une queue en bas du dos. Elle pourrait presque prendre la place de certains étudiants à ce niveau. En revanche jusqu’ici je n’avais pas pensé à une chose évidente, il aura fallu arriver face à elle et voir sa réaction pour que l’idée perce. Avant de lui apprendre quoi que ce soit je dois lui donner envie de m’écouter. La première étape va donc être de réussir à lui faire vaincre la peur que je semble lui instiller. Et je n’ai pas la moindre idée de comment faire. L’aide de Dahlia va être indispensable, plus encore que je ne l’imaginais.

    “Bonjour Phiva” je regrette un peu de ne pas être capable de faire apparaître des fleurs, des pigeons ou n’importe quoi qui pourrait détendre l’ambiance. Un sourire que je veux le plus franc et le plus sincère possible est la seule chose que je peux lui offrir. Ça et mon aide bien entendu mais nous n’y sommes pas encore. Un chat… Le résultat est plus éloigné de l’idée originale que ce que je pensais. “On va voir tout ça ensemble ne t’inquiète pas. Ce n’est pas tout à fait ce que tu voulais mais c’est déjà très bien” À bien y regarder ce n’est effectivement pas ce qu’elle visait mais le noir n’est pas la première couleure quand on pense à un cochon. Contrairement aux chats. Elle n’était peut-être pas si loin de réussir. “Dans un premier temps on va remettre tout ça en ordre d’accord.” Mon premier sourire sonnait peut-être un peu faux, je m’en rends compte maintenant que je peine à cacher mon excitation.

    “Pendant que je m’occupe de quelque chose je voudrais que tu essaye de te souvenir de comment tu as fait ça. Ce n’est pas la peine de nous le dire ne t’inquiète pas et personne ne va te punir. Mais c’est important que tu gardes précieusement ce que tu as ressentis.” Elle a très probablement agit par instinct ou par colère et à son âge je me vois mal essayer de lui expliquer comment rationaliser tout ça. Trouver l’élément déclencheur devrait en tout cas déjà nous permettre de limiter les risques à venir. Et pendant qu’elle réfléchit j’ai un petit détail à régler. Un petit détail qui a presque terminé le pied de chaise auquel il s’est attaqué. Même au toucher on croirait un vrai porc. Encore une fois c’est vraiment du bon travail. Il faut juste que je vérifie… Effectivement, c’était attendu “On sent que c’est une première malédiction, la magie qui l’entoure est assez faible et il y a des… Disons des trous dedans. Il est même assez probable que juste en attendant elle cesse d’elle-même. Mais je ne suis pas ici pour ça n’est-ce pas ?”

    Effectivement la magie qui l’entoure est faible, pleine de trous ou s’infiltrer mais dans le même temps on peut sentir que les règles établies sont fortes. Elle savait ce qu’elle voulait et comment elle le voulait. Finalement si certaines choses ne sont pas présentes c’est probablement parce qu’elle ne savait pas qu’elle devait y penser. Très bien tout ça nous donne une ligne directrice pour le début c’est une bonne chose. En attendant je vais juste changer légèrement son sort, remplacer quelques règles, supprimer les autres… “Bon retour parmi nous.” Mon pantalon est plein de sciure et de poussière, je m’époussète en regardant Dahlia “Je me suis permise de le remettre dans son état normal, il me semble que le plus tôt était le mieux. Nous avons un peu de temps avant d’arriver à l’annulation des malédiction dans notre leçon.” Et notre cours ne va certainement pas porter sur le fait de briser les sorts d’autres personnes. D’une part pour la difficulté que ça peut représenter, d’autre part c’est un aspect de la magie qui devrait rester méconnu, les malédictions sont censées être lourdes de conséquences autant pour le lanceur que le maudit.

    “Maintenant que c’est fait, tu veux bien t’asseoir avec moi Phiva ?” Je dépose ma veste sur une chaise avant de m’asseoir en tailleur par terre. “On va faire un petit exercice en attendant que quelqu’un arrive. Ne t’inquiète pas tu vas voir il est très gentil.” Maintenant que j’y pense j’aurais dû lui demander de ramener quelque chose à manger. Il y a ce qu’il faut ici mais ça lui aurait très clairement permis de marquer des points avec elle et simplifier la suite. Je tends mon bras vers la fillette paume vers elle et après quelques secondes de concentration mes doigts se mettent à briller d’une faible lumière noire. “J’aimerais que tu mettes ta paume de main contre la mienne et que tu te concentres sur ce que je t’ai demandé. Désolé si ça te fait un peu peur mais ce n’est rien tu vas voir.” Vraiment si j’avais pu faire en sorte que tout ça brille en rose je n’aurais pas hésité un instant, manque de chance ce n’est pas réellement la couleur dominante de la magie que je pratique. “Si tu y arrives tu devrais être capable de faire comme moi. Ne t’inquiète pas si tu n’y arrive pas ce n’est pas grave. Je te promets que à la fin de la journée si tu penses à un chat tu auras un chat. Ou tout ce que tu veux.” Petit regard vers Dahlia, il est nécessaire de passer par là même si c’est probablement effrayant d’imaginer ce qu’elle pourrait faire avec tout ça. Je murmure un pardon silencieux avant de me concentrer de nouveau sur mon apprentie.
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  • Lun 27 Fév - 19:20
    Attentive, Dahlia observait le comportement de la professeure. Elle n’invitait pas souvent des inconnus à se frotter à ses enfants, aussi, il fallait que l’introduction soit faite en douceur, autrement les orphelins pourraient développer une peur d’autrui qui poserait de grands problèmes quant à leurs potentielles adoptions. Mais il aurait été mentir de dire qu’elle ne gardait un œil que sur l’humaine qui se trouvait proche de la petite. Elle tenait également Phiva en plein milieu de son viseur, refusant de la quitter des yeux. Pour l’heure, elle ne faisait pas réellement la maline, la présence de la directrice l’intimidant considérablement, mais Dahlia savait qu’à la première occasion, elle pouvait tenter de lancer un autre sort pour se sortir de ce pétrin. La petite n’était pas stupide et avait plus d’un tour dans son sac pour arriver à ses fins, aussi, il était plus prudent de ne prendre aucun risque à son sujet. La Fae croisa les bras et s’enfonça dans le mutisme qui la caractérisait tant, laissant la jeune professeure procéder à son art. Dans le silence, elle tentait aussi d’apprendre. Dahlia n’était pas une lanceuse de malédiction, néanmoins elle propageait les maladies à une vitesse folle, et un peu d’entraînement général sur la magie noire ne pouvait pas réellement lui manquer…

    Phiva regardait Eloïse avec appréhension. Certes, elle voulait savoir comment lancer un sort correctement, mais elle craignait de ne pas être à la hauteur des tâches qu’on allait lui proposer. Prise d’une légère panique, elle agita nerveusement les mains. « Je… Je suis désolée, je ne voulais pas lui faire de mal. ». Elle écarquilla les yeux lorsque la jeune femme qualifia sa transformation en porc de « très bien ». D’autant plus que la directrice ne sourcillait pas à cette remarque qui d’ordinaire l’aurait fait bondir. Cette situation était unique en son genre et la sirène réalisa très rapidement qu’elle aurait tort de ne pas en profiter. La petite plissa les yeux. Se souvenir de comment elle avait lancé le sort aurait dû être un exercice aisé, néanmoins elle n’y parvenait pas réellement. La culpabilité s’emparait de son corps à chaque fois qu’une transformation tournait au fiasco, et il s’agissait d’un problème de taille…  

    Saisissant son menton entre ses doigts, la sirène se tritura les méninges pour retrouver l’origine du sort. À vrai dire, elle ne s’était pas concrètement posée de questions, et n’avait pas ressenti d’émotions particulières. Il ne s’agissait pas d’une action réfléchie, alors elle se concentra sur les sentiments qui l’avaient habitée durant ce court laps de temps. Une touche d’espièglerie, un petit bout de vengeance, mais surtout une curiosité extrêmement mal placée. Les remarques de la professeure sortirent Phiva de sa réflexion. « Des trous ? Comment ça des trous ? Je ne voulais pas faire de trous, je vous le promets ! Oh, j'espère qu’il va bi… ». Avant même qu’elle n’ait terminé sa phrase, son petit camarade reprit forme humaine et se précipita dans les bras de Dahlia en pleurant, secoué à jamais par l’expérience d'avoir été changé en porcin. La Fae lui caressa les cheveux et l’invita à rejoindre ses petits camarades. Il n’y avait rien de tel qu’une bonne séance de jeu pour tout faire oublier à un enfant. Ou une potion de perte de mémoire, mais elle devait les économiser pour d’autres raisons…  

    Phiva vint s’asseoir aux côtés d’Eloïse et posa sa main dans la sienne, incertaine de la suite des événements. Fermant les yeux, elle fit preuve d’une concentration remarquable et lentement, de légers filets magiques vinrent s’échapper d’entre ses doigts. Noirs de jais, ces derniers commencèrent à s’éclipser des interstices de ses doigts pour se faufiler un peu partout dans la pièce, s’approchant dangereusement de Dahlia. D’un geste rapide, mais élégant, la directrice s’éloigna de la source de magie qui émanait de son orpheline. Il était hors de question de finir en porc à son tour. Une fois la manipulation terminée, la sirène planta son regard plein d’interrogation dans celui d’Eloise. « Vous êtes professeure, Madame ? Parce que vous avez la tête de quelqu’un qui s’y connaît. ». Cette constatation arracha un sourire timide à la Fae qui les jaugeait. Ses enfants continuaient à la surprendre par leur candeur, et à chaque fois qu’ils ouvraient la bouche, elle les aimait un peu plus.

    « J’aimerais… Enfin si c’est possible, sinon ce n’est pas très grave mais… Je suis obligée de transformer quelqu’un en chat, si je veux un chat ? ». Dahlia laissa une légère toux s’échapper de sa gorge, comme un rappel à l'ordre. Elle ne comptait pas prendre d’animaux de compagnie à l’orphelinat. « Ma chérie, on en a déjà parlé. Je ne peux pas m’occuper d’un chat, et je ne peux pas non plus vous le laisser. Concentre-toi sur ton cours. ». Son ton était doux, mais sec. Il était relativement difficile de faire bouger la directrice de ses positions. Phiva n’était pas la première à essayer, et elle ne serait pas non plus la dernière à perdre lamentablement à ce petit jeu. La sirène porta à nouveau son attention sur Eloïse. « J'aurais essayé... Mais c’était quoi tout ça ? Ca ne ressemblait pas vraiment à un chat, si vous voulez mon avis. Je sais que je n'ai pas vu beaucoup de chats dans ma vie mais... ». Au même moment, l’assistante de Dahlia vint toquer à la porte. « Votre invité sera là sous peu. Il était visiblement aussi pressé que vous, dame Natsk. ».
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  • Lun 27 Mar - 17:02
    Alors c’est ça de travailler avec des enfants ? Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un réel plaisir, nous ne sommes qu’au début des exercices et d’après les propos de Dahlia ce n’est pas toujours aussi agréable. Mais pouvoir travailler avec quelqu’un qui ne remet pas en cause mes indications et cherche juste à répondre à mes demandes… Si je le pouvais je bloquerais sans hésitation une journée ou deux par mois pour venir donner quelques cours ici. Les choses sont ce qu’elles sont et ce n’est malheureusement même pas une option. Ça ne devrait pas l’être en tout cas… Il faudra que je prenne le temps de réfléchir à tout ça tranquillement une fois rentrée, pour l’instant j’ai autre chose sur quoi me concentrer et je connais assez mon métier pour savoir qu’une perte de concentration, même passagère, peut amener à de gros problèmes. De très gros problèmes parfois.

    Probablement ce qui aurait pu se passer d’ailleurs si elle avait été un petit peu moins douée. Comme je le pensais, et l’exercice confirme bien tout ça, le souci dans ce qu’elle a fait n’est pas la magie mais uniquement sa concentration et ses connaissances. Rien de surprenant pour une première fois (le résultat est surprenant en soit, mais dans le bon sens du terme), néanmoins, à la lumière de ses résultats je dois reconnaître une petite erreur d’estimation. En m’y prenant bien, elle n’aura clairement pas besoin de pratiquer une fois le cours terminé. Ça ne va pas l’empêcher de le faire et d’expérimenter sur ses camarades, mais hormis lui permettre de découvrir les limites des malédictions, ses compétences ne devraient pas radicalement changer. “C’est tout à fait ça, je travaille dans la grande école à côté de la ville” Je connais des gens qui s’arracheraient les cheveux en m’entendant parler de magic comme juste ‘une grande école’. Les mêmes qui voteraient pour m’enlever mon poste s’ils savaient ce que je fais aujourd’hui.

    Est-ce que avec assez de temps et de camarades transformés Dahlia reviendrait sur sa décision ? À la voir, son ton, son regard, ses mots, il faudrait sûrement beaucoup d’efforts pour arriver à la faire changer d’avis. Quand bien même ce serait juste envisageable. Difficile de cacher mon sourire face à cet échange, ce n’était pas un animal de compagnie mais j’ai eu mes propres demandes aussi plus petite. Et j’ai eu les mêmes refus. Certaines choses ne changent pas en dépit du moment et de l’endroit. “Ça ne coûtait rien d’essayer. Et il n’y a pas de sorts qui te permettrait de faire apparaître un petit chat désolé.” Si on voulait jouer sur les mots et la demande, une illusion pourrait très bien fonctionner, mais nous ne sommes pas là pour ça. Et je n’ai pas envie de lui rajouter des moyens de tourmenter le reste de l’orphelinat.

    “Effectivement ça ne ressemblait pas vraiment à un chat.” Comment lui expliquer de manière compréhensible ce qu’elle vient de voir et de faire… Certains étudiants trouvent le moyen de ne pas comprendre durant l’intégralité d’un cursus la théorie, je ne vais certainement pas demander à une enfant de faire mieux qu'eux. “Quand tu maudis quelqu’un tu utilises la magie. Ça c’est ce qu’il se passe juste avant une malédiction, quand tu n'as pas encore décidé de la cible ou de ce que tu vas lui faire. C’est impressionnant mais pas réellement dangereux.” Ma dernière phrase est plus à l’attention de Dahlia, certaines personnes très sensibles à la magie peuvent accuser des symptômes face à ce genre d’expériences mais généralement ils réagissent de la même manière que quelqu’un avec une petite allergie, éternuements, urticaire… Rien de réellement dangereux. En attendant maintenant qu’il est là, on va pouvoir passer à la suite et au gros du travail.

    Dans l’embrasure de la porte se tient mon invité, et prochainement le partenaire d’études de Phiva. “Bonjour Professeure… Madame… Bonjour euh... Petite ?” J’ai essayé d’être discrète mais je crois que tout le monde a entendu mon soupir. Que ce soit physiquement ou mentalement il n’a définitivement vraiment rien des mages tel que on les imagine. En réalité, il tient plus du charpentier que du mage. Grand, carré, cheveux châtains courts et en bataille, presque jamais rasé correctement… Et définitivement pas très adroits en société. Au moins sa timidité l’aide à éviter les plus grosses boulettes. “Merci de t’être déplacé, Travis je te présente Dahlia, directrice de l’établissement et Phiva, une jeune fille à qui je donne exceptionnellement un cours sur les malédictions aujourd’hui. Tu vas suivre ce cours avec elle, il faut qu’on te fasse reprendre certaines bases. Et on ne peut de toute façon pas étudier la magie noire sans partenaire, vous allez vous aider.” Est-ce qu’il est perdu ou reconnaissant ? C’est toujours difficile à dire avec lui. “Très bien… Merci madame de nous accueillir… Hm… Professeur on… On en a pour longtemps ?” Je crois sincèrement qu’un jour c’est moi qui vais le transformer en cochon. Et bonne chance pour la suite.

    Mon regard suffit pour lui faire comprendre le message, sans un mot de plus il baisse la tête et se glisse dans la pièce, s’installant à distance raisonnable de la fillette, non sans lui offrir un grand sourire avant ça. “Il est comme il est mais ce n’est pas méchant. Je crois me souvenir que son dossier indique trois ou quatre frères et sœurs plus jeune, il devrait être à l’aise avec Phiva. Elle par contre… C’est à vous de me dire. Vraiment désolée d’inviter une personne de plus ici mais je ne peux pas vraiment me permettre de faire expérimenter Phiva sur moi, il faut que quelqu’un puisse remettre les choses en place si un problème venait à survenir.” Et vraiment si c’était possible j’aurais de très loin préféré que les choses restent entre nous trois, bien des soucis auraient été évités mais la magie et son apprentissage demande de prendre des précautions que je tiens bien respecter. “Phiva essaye de recommencer l’exercice de tout à l’heure s’il te plaît. Cette fois en te concentrant pour que ça ne quitte pas ta main. Travis, même chose tu connais l’exercice.”

    Je reporte mon attention sur Dahlia. “Une fois qu’ils auront réussi à faire ça, on va pouvoir passer à la pratique. Ensuite je lui donnerais les indications pour annuler ses malédictions… Pour la pratique…” Le souci principal de la magie noire est que les méthodes d’enseignement sont par nature assez peu orthodoxe, cette magie étant elle-même dans une zone grise au regard de la loi et dans l’esprit des gens. “Il va falloir qu’elle expérimente sur lui. Bien sûr je ne vais pas lui demander de le transformer en cochon. En général je demande d’essayer de changer la couleur des cheveux ou des yeux de l’autre...” “Oups” Un petit filament noir vient glisser entre nous deux et m’interrompt en me tirant un sourire. “Dans tous les cas se sera à sens unique. Phiva doit apprendre les malédictions la ou Travis doit travailler ses capacités à les annuler. En aucun cas je n’ai envisagé que le moindre sort puisse être lancé sur elle. C’est quelque chose  d’impensable.” J’irais même jusqu’à dire que si j’avais le choix j’aurais fait en sorte qu’aucun sort ne soit lancé sur une personne de cette pièce, manque de chance les choses sont ce qu’elles sont.

    Rapide regard par-dessus mon épaule, ce n’est pas tout à fait ça mais ils avancent. Phiva laisse encore échapper quelques filaments mais beaucoup moins que lors de sa première tentative et de manière moins diffuse. Je vais me contenter de ça, l’exercice est aussi une question de concentration, je ne vais pas demander à un enfant de réussir à garder une concentration parfaite. Travis aussi à un résultat acceptable, pas de filaments mais une magie un peu faible. En même temps, il ne s’aide pas en essayant de lui donner des conseils mais j’apprécie le geste et l’effort. “Sans parler malédictions j’ai quelques exercices qui peuvent être utilisés pour perfectionner la plupart des magies. Ludique est un mot un peu trop fort mais c’est souvent intéressant. Vous voulez les rejoindre et essayer ?”
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  • Sam 22 Avr - 19:56
    Les yeux ronds, Phiva observait la professeure avec une curiosité insatiable. Les visiteurs se faisaient discrets à l’orphelinat, souvent trop occupés pour s’arrêter pour discuter. Alors pour une fois qu’une demoiselle prenait le temps de s’intéresser à son cas en dehors des heures de jeux habituelles, la sirène n’allait pas la louper. Gonflant légèrement les joues en apprenant que la magie ne lui permettrait pas de faire apparaître un petit compagnon à quatre pattes, elle quitta cependant assez rapidement cette mine boudeuse, laissant échapper de petits « woaw » par intermittence. Dahlia, de son côté, croisait les bras sous sa poitrine en restant en retrait. Elle avait bien assez prouvé son incompétence à la nécessité d’appeler une source extérieure pour régler ses soucis. Autant ne pas déranger les professionnels dans l’exercice le plus pur de leurs fonctions, d’autant plus qu’à l’université, Eloïse ne devait pas croiser fréquemment d’enfants de cet âge.


    L’arrivée de leur invité sortit la Fae de ses rêveries, tournant son regard vers l’embrasure de la porte que l’élève franchissait avec un air blasé. Elle leva un sourcil, analysant le jeune homme de haut en bas. Décidément, les mages ne se ressemblaient guère de nos jours. Après tout, s’il avait été appelé, c'était sans doute pour une bonne raison. Elle s’inclina doucement en guise de salutations. « Ravie de vous rencontrer, Travis. Faites comme chez vous. ». À l’exception que s’il touchait à un seul des cheveux d’un de ses orphelins, ce n’était pas en cochon qu’il finirait transformé. Quant à Phiva, elle se contentait de pencher la tête sur le côté, sans comprendre ce que ce grand gaillard venait faire dans sa leçon privée. Peut-être même un poil de jalousie de son côté, constatant qu’un étudiant pouvait aisément lui voler la vedette.


    Installée à côté de la professeure, la directrice se détendit progressivement, laissant ses bras bâiller le long de sa taille. « Non, vous avez raison. Je vous aurais bien proposé un membre de mon personnel, mais si votre élève a besoin d’entraînement de son côté également, autant joindre l’utile à l’agréable. ». La jeune femme n’est pas foncièrement contre les inconnus dans son établissement. Après tout, un individu en plus entre ses murs était une chance potentielle de déclencher une adoption. Elle n’imaginait pas que le jeune étudiant pensait déjà à être père, mais elle espérait que cette expérience resterait gravée dans sa mémoire si un jour, il était prêt à sauter le pas. Peut-être même qu’Eloïse se laisserait tenter par Phiva qui tentait tant bien que mal de contrôler les filaments noirs qui s’échappaient d’entre ses doigts. Tentant d’enterrer son pessimisme, Dahlia préférait voir le verre à moitié plein. Et s’il était finalement à moitié vide alors… Elle le briserait.


    À la proposition de la professeure, Dahlia afficha une mine perplexe. Qu’est-ce qui avait pu lui faire penser qu’elle avait besoin d’entraînement à son tour ? Si ce n’était qu’un hasard, c’en était un beau. Touché. Levant un sourcil, la Fae sembla hésiter quelques secondes. Dans les faits, un peu d’exercice ne pouvait pas lui faire de mal, mais d’un autre côté, sa magie principale faisait partie des plus dangereuses régissant le Sekai. Un don qu’elle maudissait et qui s’échappait d’elle, complètement hors de son contrôle, n’agissant que sous les impulsions de ses émotions mises sous silence pour sa sécurité et surtout celles des autres. Les yeux rivés sur le plancher, la directrice prit le temps de considérer la proposition qui lui était faite, ainsi que tous les risques encourus par ceux qui se trouvaient dans son sillage. Il s’agissait d’une occasion en or, peut-être la seule qui se présenterait à elle. Ce n’était pas comme si la possibilité de reprendre le contrôle sur sa pestilence allait s’offrir avec une autre professeure comme Neera.


    Mordillant ses lèvres sous l’anxiété qui la gagnait, Dahlia finit par acquiescer. « Pourquoi pas. ». Elle laissa un petit silence planer avant de reprendre. « Mais pas ici. Pas devant une de mes orphelines. ». Laisser une enfant voir l’étendue de ses pouvoirs lui semblait contre productif. « Mais je ne serais pas contre votre expertise dans le contrôle de ma magie. C'est un des problèmes que je rencontre, pour être tout à fait honnête avec vous. ». Les flux de mana de la jeune femme bouillonnaient, tournant tel un lion en cage qui une fois en liberté ne ferait qu’une bouchée de la première chose qui se trouverait devant lui. « Dans mon bureau, quand nous en aurons terminé ici. Ou une prochaine fois, c’est à votre guise, Dame Natsk. Je ne voudrais abuser ni de votre temps ni de votre générosité. D’ailleurs... ». Fouillant dans sa sacoche en cuir, elle en sortit une petite bourse qu’elle vint placer dans la main ouverte de la professeure. « J’insiste. Je n’aurais jamais les moyens de payer une éducation à Magic à un de mes enfants, mais je ne peux décemment pas vous laisser me rendre service sans contrepartie. ».
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  • Mar 25 Avr - 1:40
    Je ne m’attendais pas vraiment à ça. Pas du tout même. Ça ne devait être qu’une petite proposition, un moyen de l’aider à s’occuper en attendant que je termine mais il semblerait que j’ai touché un point sensible. Et à voir sa tête, c'est un point nettement plus important que l’apprentissage de la petite princesse. Pour l’instant je n’ai pas vraiment le temps de me concentrer dessus, me disperser n'apporterait rien de bon mais effectivement une fois cette leçon nous allons enchaîner sur une autre. Peut-être pas sur une leçon au sens premier, sans connaître son âge exact il est certain qu’elle a quelques années maintenant et si durant tout ce temps elle n’a pu contrôler sa magie alors ce n’est pas en quelques minutes, si ce n’est heures, que j’arriverais à changer les choses. C’est triste, je n’aime pas penser de la sorte alors que je n’ai encore rien essayé, mais il faut savoir être honnête avec soi-même. Tout comme je le serais avec elle une fois devant la situation. “Très bien si c’est ce que vous voulez ce n’est pas un soucis… Hm, je n’ai pas pris mon emploi du temps mais pour la journée je n’ai rien de prévu et demain…” Est-ce que j’ai quelque chose demain ? Si j’étais pragmatique, et un peu sans coeur, je dirais qu’après tout le temps qu’elle a attendue elle n’est plus à quelques heures. Et en même temps c’est parce qu’elle attend depuis si longtemps que je ne veux pas faire durer ça plus longtemps. “Et demain on va dire que je n’ai rien non plus. Nous avons donc tout le temps que vous voulez ce soir, pour parler, expérimenter, partager… Même si je vois à votre petite mine et votre regard que ce ne sont pas des choses sur lesquelles vous avez envie de vous étendre. Ce qui est normal ne vous inquiétez pas. Parler de ses problèmes est difficile, à une inconnue encore plus.”

    La suite va être compliquée, pour elle surtout, mais je ne compte pas la lâcher de la sorte. Même si mes options sont limitées je n’apprends pas à mes étudiants à ne rien lâcher pour moi-même me dérober au moindre souci. Et en parlant de soucis… “C’est… Vous ne pouvez pas me laisser vous aider sans contrepartie et moi, je ne peux pas accepter… Situation compliquée…” J’aurais dû m'en douter, il était évident qu’elle ne pourrait se contenter d’une aide désintéressée… Mais est-elle vraiment désintéressée ? Se serait me mentir que de dire que oui. “Si l’occasion se présente ce soir je vous raconterai une petite histoire. En attendant sachez juste que le simple fait d’apprendre et découvrir de nouvelles choses est un paiement largement suffisant. Et pour ma part c’est quand j’enseigne que j’apprends le mieux.” L’envie de remettre la bourse à sa place, dans son sac, est grande mais le geste pourrait sembler déplacer. “Alors gardez ça, vous en avez plus besoin que moi. Et si vous voulez vraiment l’utiliser envoyez un coursier dans une boulangerie récupérer de quoi faire plaisir aux enfants. En attendant, je repose ça là. Et je vous ai à l'œil, si elle se retrouve dans la poche de ma veste je le saurais.” Grand sourire, je lui parle comme si elle était une étudiante dans mon bureau. Déformation professionnelle pour certains, caractère pour d’autres. En réalité j’essaie juste de l’aider à se détendre et oublier la discussion que nous venons d’avoir sur ses pouvoirs. Probablement sans grand succès… Ce n’est pas vraiment ma spécialité il faut bien l’avouer.

    Avec un dernier sourire je me retourne vers mes deux élèves. Nous avons une base de travail maintenant reste à savoir quoi en faire. Je voulais adapter un peu les exercices mais ce n’est peut-être pas vraiment nécessaire. Je claque des mains pour reprendre leur attention, faisant sursauter Travis qui libère une multitude de petits filaments. “Il va vraiment falloir travailler cette concentration… Je te donnerais quelques exercices à travailler quotidiennement à l’académie.” Il hoche la tête sans dire un mot. Ce n’est pas le meilleur élève de la classe, pas le plus futé mais il a au moins bien conscience de la chance qu’il a d’avoir droit à un cours particulier. “Pour la suite Phiva tu vas devoir lancer le même sort que tout à l’heure mais sur Travis. Pas tout à fait le même, tu ne vas pas le transformer en cochon mais juste essayer de faire changer ses cheveux de couleurs. Travis, tu te laisse faire toi tu te concentre sur annuler le sort une fois qu’il est lancé. Pour les cheveux…” Je fais mine de réfléchir avant de jeter un oeil vers Dahlia “Une couleur préférée à soumettre ?”
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  • Sam 29 Avr - 17:40
    Devant les familiarités que se permet la professeure, Dahlia ne put que tiquer, un sourcil légèrement plus haut que l’autre. Certaines personnes avaient la capacité de se sentir chez eux partout, et elle n’en faisait clairement pas partie. Eloïse, tout son contraire, se proposait de rester plus tard ce soir pour se quérir de ses problèmes, l’aider à les résoudre. Tout cet altruisme aurait probablement du lui réchauffer le coeur mais la méfiance était encore de mise. Entendre son expression naturelle être qualifiée de « petite mine » la fit doucement sourire. Si la jeune femme ne pouvait ne serait-ce que s’imaginer ce qui se tramait dans son esprit malade, elle prendrait ses jambes à son cou et déguerpirait de l’orphelinat plus vite que la lumière. Une chance que son interlocutrice n’ait pas la capacité de lire dans ses pensées, de voir au plus profond de son âme ce qu’elle cachait, le secret qu’elle gardait férocement. « Mon cas est un peu particulier, vous aurez l’occasion de le constater. Après tout, si vous aimez apprendre, vous serez servie. ».


    Oh Dahlia n’avait aucun espoir au sujet de son maniement de la magie. Des érudits étaient passés bien avant la professeure de Magic et n’avaient pas trouvé l’origine de ce déferlement incompréhensible de mana, simplement le fait qu’elle devait contenir ses émotions pour ne pas annihiler chaque passant sur son chemin. Ce qui ressemblait à une malédiction n’en était point une lorsqu’un badaud se mettait sur sa route pour l’importuner, lorsqu’un brigand la menaçait ouvertement dans les bas fonds de Liberty. Simplement, si elle apprenait à la contrôler, elle serait capable de faire de grandes choses… Pour le meilleur et pour le pire. « Je respecte votre refus, Dame Natsk. Je ne me permettrais pas de mettre mon nez dans vos affaires. J’espère simplement que vous avez conscience des retombées qui pourraient vous arriver dessus. ». Depuis des siècles, la Fae avait appris à faire avec le monde qui l’entourait. Se faire aider par des individus renommés pouvait devenir problématique, autant pour elle que pour le bon samaritain en question. « Magic n’a jamais été très tendre avec les professeurs qui accordent leur temps par charité. Je peux comprendre, même si j’émets quelques réserves à ce sujet. ».


    Difficile d’accepter que l’élite de la nation se permette de rendre service aux orphelins alors que tant d’étudiants payaient leurs places très chères, en plus de l’éducation exemplaire demandée à ceux qui rejoignaient l’université. Tout ce que Dahlia ne pourrait jamais s’offrir, et il était aujourd’hui bien trop tard pour envisager de reprendre des études, quand bien même la longueur des cursus ne représentaient rien à son échelle. Sept petites années, du haut de ces quatre cents deux… C’était risible et pourtant impensable. Reportant son attention sur les deux élèves de la journée, la Fae vint croiser ses mains devant son bassin, les observant avec curiosité. Sa jeune orpheline semblait mieux se débrouiller qu’elle ne l’aurait cru. Un bien joli défaut qui la suivrait partout, Phiva tentait de se faire plus grande qu’elle ne l’était, de mettre à mal l’étudiant venu pourtant lui apporter son aide. Une petite égoïste, une sirène dans toute sa beauté. Prise au dépourvu par la question, la directrice sembla hésiter quelques secondes, comme si elle se demandait quelle couleur pouvait bien être la plus humiliante pour le jeune Travis. Une petite pointe de sadisme qu’elle ne dissimulait point. « Du rose. ».


    Les yeux de la petite s’illuminèrent et elle se permit même quelques petits sauts de joie. « Oh j’adore le rose, parfait, parfait ! Attends voir, toi. ». Dahlia dut retenir un petit rire face à son orpheline qui s’amusait plus que de raison, oubliant que tout ceci était un cours pour lui apprendre à mieux se maîtriser. Phiva leva ses deux mains en l’air, visant la chevelure de l’étudiant en plissant les yeux. Tout d’abord, il ne se passa strictement rien. Pas un seul filament, pas un son sortant de sa bouche, pas un mouvement. Puis doucement, les cheveux de Travis se mirent à bouger, tirés par un vent imaginaire vers la droite, vers la gauche, inlassablement. « Allez... ». Outre le besoin de se sentir supérieure face à son interlocuteur, la sirène désirait également rendre fière la directrice qui la regardait avec un sourire narquois. Peut-être qu’une bonne prestation lui accorderait enfin son chat, où à défaut, un deuxième dessert à la cantine. Il n’y avait rien de mal à rêver. Puis enfin le miracle se produisit. Lentement les boucles de la chevelure de l’étudiant se teintèrent d’un rose pastel. Relâchant sa concentration, la petite sirène se mit à courir partout dans la pièce en criant victoire… un peu trop vite. A la seconde où ses mains touchèrent ses hanches, les cheveux de Travis se transformèrent en dizaine de petites queues de cochon en tire-bouchon. Plaçant sa main devant son visage, autant pour cacher l’esquisse de rire qu’elle réprimait et sa déception face à l’échec de son orpheline, Dahlia ne sut pas quoi dire, si ce n’est laisser un long soupir s’échapper de l’entre-ouverture de ses lèvres. Phiva aimait décidément beaucoup plus les animaux de la ferme qu’elle ne le laissait paraître...
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  • Mer 10 Mai - 18:40
    Ai-je pleinement conscience des retombées que pourrait avoir le fait de l’aider ? Probablement. Ce dont j’ai conscience en tout cas, c’est qu’elle fait une petite erreur. Magic n'est pas tendre avec les gens qui accordent leur temps et dispensent des enseignements qu’ils devraient ne transmettre qu’aux étudiants. Que ce soit par charité ou non, le résultat est le même. Les choses sont ainsi, je connais les règles, je choisis ou non de les appliquer, ici j’ai effectivement choisis de ne pas le faire, et seulement ensuite je me débrouille avec les conséquences. Quand il y en a. J’arrive pour l’instant à passer à côté des remontrances, j’ai généralement seulement droit à quelques remarques, plus souvent de la part de collègues que de l’établissement en lui-même. Et ils sauront me trouver le jour ou ils auront des choses à me dire. En attendant, certes j’aide à l’extérieur, mais les efforts et le temps que je consacre pour l’académie sont bien plus nombreux que pour la plupart des autres enseignants.

    En attendant, la question n’est pas là. La couleur a été décidée, j’aurais presque pu parier sur le rose, maintenant ne reste qu’à réussir à maudir notre cobaye. Dans l’ensemble je n’ai pas trop de doute sur la capacité de la petite Phiva à réussir à proférer la malédiction. C’est ensuite que les problèmes risquent de commencer à survenir. La maintenir jusqu’à ce qu’elle soit définitivement posée comme elle le veut. Dans l’ensemble elle est assez douée, un constat qui a déjà été fait plusieurs fois, mais la concentration risque de poser soucis… Peut-être devrais-je commencer à réfléchir à une autre approche si la première mise en situation échoue. Bon nous n’y sommes pas, je vais juste garder ça dans un coin et on verra en fonction. Pour l’instant elle est bien concentrée et même si ça manque de forme (en plus d’être clairement un peu trop visible pour une malédiction) l’histoire avance… C’est pas mal. Et si je me concentre sur le mana est-ce… “Non, Phiva reste...” Trop tard, sa concentration a volé en éclat et les mèches de cheveux roses ont quelque peu changées de forme.

    Un sourire aux lèvres, je me rapproche de Travis qui, les yeux levés vers le plafond, regarde les petites queues décorer sa tête. “Euh… La couleur est bonne au moins.” Il ne voit pas le verre à moitié plein mais prêt à déborder ce n’est pas possible autrement. Au moins il ne le prend pas mal. “Merci pour cette analyse Travis. Même si j’avoue que j’aurais bien aimé les voir en vert à ce prix là.” Je ne cache pas mon sourire, la situation est définitivement amusante. J’ai déjà eu quelques ratées, ils sont très fréquents dans les exercices pratiques demandés aux premières années, mais généralement on a un soucis de couleur ou alors simplement aucune transformation. Je fais rebondir une des queues en tire-bouchon du bout du doigt. “Ce n’est pas ce qu’on voulait mais c’est quand même assez impressionnant. Travis tu te concentre pour annuler ça, je reviens vers toi dans un instant. Applique ce que je vous ai expliqué en cours et ça devrait aller… Un petit conseil quand même, ne tente pas d’annuler par la force, prends ton temps, concentre-toi, lis bien le sort et le reste va se faire tout seul.”

    En même temps si c’est lui que j’ai fait venir c’est justement parce qu’il a de sérieuse sur cet aspect là des malédictions. Il y a de grandes chances que la situation n’ait pas changée à mon retour. On verra à ce moment-là, il va avoir d’autres occasions de pratiquer. “C’est bien tu y étais presque, un tout petit peu plus de concentration et il avait droit à sa superbe teinture rose. Même si ce n’est pas ce qu’on voulait tu peux être contente du résultat Phiva. Au moins il y en a eu un.” Maintenant la fameuse question se pose. Lui faire tenter l’exercice de nouveau ou le modifier légèrement. La meilleure solution pour des résultats à long terme serait qu’elle réussisse à le faire selon les conditions actuelles… Mais la solution qui a le plus de chances de marcher serait de réussir à faire en sorte qu’elle puisse lancer le sort plus rapidement, pour limiter les chances qu’elle perde sa concentration… D’ailleurs en y pensant… Je fais un petit pas en direction de Dahlia, baissant la voix. “J’y pense seulement maintenant mais le souci principal de Phiva est la concentration. Si on continue les exercices, et surtout si elle ne parvient pas à avoir les résultats escomptés, elle risque de perdre patience et donc avoir encore plus de mal à réussir l’exercice. J’aurais dû commencer par là, c’était une erreur de ma part, mais est-ce que vous avez des choses à me dire sur elle à ce propos ? Une idée du temps qu’elle pourrait consacrer à tout ça, comment elle réagit face à l’échec ou au refus ? Le refus j’ai l’impression qu’elle s’y connait un petit peu si je me base sur votre échange concernant les animaux.”

    Je souris à la directrice, derrière nous Phiva est retournée voir son partenaire qui peine à se concentrer suffisamment pour annuler le sort. De temps en temps une queue semble frémir, devenir légèrement intangible avant de finalement retrouver sa place accompagnée d’un soupir de frustration de la part de son porteur. “Et de manière générale, une idée de ce qui pourrait marcher avec elle pour l’aider à se concentrer ? Une récompense quelconque peut-être ?”
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  • Lun 5 Juin - 14:43
    Les yeux rivés sur les petites queues en tire-bouchon qui dépassaient du crâne de Travis, Dahlia vacillait entre la déception et l’hilarité la plus totale. Si elle ne riait que très rarement, elle ne savait résister à l’appel de la surprise et surtout de l’absurde. Si Phiva s’acharnait à lui faire la misère involontairement, l’idée qu’elle soit aussi prompte à céder à ses propres émotions lui rappelait étrangement sa propre personne. Quoi qu’en disent les meilleurs professeurs du Sekai, un mental sain aidait à la manipulation de la magie, aussi futile soit-elle. D’une simple télékinésie pour remuer une louche dans une marmite de soupe à l’élaboration des plus puissantes maladies qui détruiraient une population en seulement quelques jours, le principe restait le même. Fort heureusement, les conséquences de son erreur restaient moindres et la malédiction finirait bien par s’estomper à un moment où à un autre, si son élève ne parvenait pas à la défaire.


    La petite sirène, elle, s’était arrêtée net en constatant son échec cuisant, les joues gonflées de frustration, trépignant sur ses petites jambes pour l’extérioriser autant qu’elle le pouvait et surtout de la seule façon dont elle savait le faire. « Non… Non je suis pas contente ! Je voulais des cheveux roses, pas un cochon ! Je vais réessayer vous allez vo… ». La directrice passa sa main devant la poitrine de sa protégée, l’invitant à faire quelques pas en arrière, prendre du recul autant physiquement que psychologiquement. « Liberty ne s’est pas faite en un jour. Laisse Travis tenter d’annuler ton sort, et on verra la suite plus tard. ». Puis elle la gratifia d’un petit clin d’œil avant de la pousser à retourner jouer dans un coin, sur le cheval à balance qu’elle venait tout juste de leur obtenir en négociant dans des brocantes. Phiva s’y précipita, ravie de l’avoir pour une fois pour elle toute seule. Il faut dire que les nouvelles attractions étaient très prisées dans l’orphelinat et avoir ce privilège ne serait-ce que quelques minutes valait bien plus qu’un sort maîtrisé. À croire qu’elle avait déjà oublié. Elle retournerait bien assez tôt embêter son camarade de classe, mais pour l’heure, Dahlia se concentrait sur la professeure et ses interrogations.


    Prenant son menton entre son pouce et son index, la tête légèrement penchée sur le coté, la Fae se mit à réfléchir à ses dernières interactions avec la sirène en question. Si elle avait voulu que ses souvenirs reviennent à la charge à une vitesse phénoménale, ce n’était guère possible. Elle était bien trop occupée et surtout, elle avait beaucoup trop d’enfants dont elle s’occupait chaque jour et heureusement pour elle, Phiva était loin d’être une des plus turbulentes. À ce titre, elle occupait bien peu son esprit qui se retrouvait de toute façon pris d'assaut par la paperasse et la comptabilité qui la faisait s’arracher les cheveux. Un petit soupir s’échappa de ses lèvres. Passer son temps avec les enfants était une tâche bien plus agréable. Si Dahlia tenait à la progression de la petite, elle devait bien la vérité à celle qu’elle avait dérangée pour l’aider à atteindre cet objectif.


    « Pour être honnête avec vous, Dame Natsk, Phiva n’est pas très patiente. C’est relativement commun à son âge mais... ». Elle ferma les yeux, parlant soudainement beaucoup plus bas. « Ses parents l’ont abandonnée parce qu’elle ne correspondait pas à leurs idéaux. Trop dissipée, trop énergique, trop capricieuse, trop… Trop tout, concrètement. » Elle haussa légèrement les épaules, démunie. « Je sais que je n’ai pas le droit de juger les raisons pour lesquelles les enfants se retrouvent parmi ces murs. Après tout, je gère une charité, et dans les faits, je pense que Phiva sera bien plus heureuse dans une autre famille que celle qui l’a fait naître. ». Puis elle fronça les sourcils, une pointe d’amertume s’emparant de sa voix. « Mais aujourd’hui, elle n’accepte plus l’échec. Elle éprouve de grandes difficultés à comprendre les refus, pas par caprice mais simplement car elle a l’impression que si on lui dit non, c’est pour la punir. ». Une façon de penser que la directrice ne connaissait que trop bien. « Je n’ai pas envie de la replonger dans des souvenirs désagréables. Elle est arrivée très jeune, mais elle reste marquée par cet événement. C’est moi qui aurait du y réfléchir à deux fois, vous n’y êtes pour rien. J’ai cédé à l’exaspération de devoir gérer encore un autre incident et je n’ai pas vu plus loin que le bout de mon nez. Je suis l’unique responsable si elle ne parvient pas à garder son calme. ».


    Une fois n’est pas coutume, Dahlia se reprochait tous les maux du monde, à la différence que cette fois-ci, elle pensait réellement pouvoir faire une différence si elle s’efforçait de passer du temps avec la petite. La venue de la professeure était une véritable bénédiction qu’elle ne se serait jamais permis de gâcher. « Pour vous répondre, je pense qu’un peu d’entraînement chaque jour serait bénéfique pour elle. Des petites sessions, pas plus d’une heure. Au-delà de sa frustration, elle reste une enfant et… Malheureusement pour eux, mes orphelins ne sont pas vraiment habitués à se poser plusieurs heures pour réfléchir. J’essaie de les préparer au monde extérieur, mais je ne dispose pas toujours des bons outils et... » Un énième soupir. « Je suis désolée de vous embêter avec tout ça. Vous êtes venue m’apporter votre aide et je ne fais que me plaindre. Je ne vous demande pas de revenir pour lui prodiguer un entraînement quotidien, ce serait bien osé de ma part, mais si vous pouviez juste me donner des instructions pour continuer après votre départ... ». Ses yeux se bordèrent de larmes tandis qu’elle prenait les mains d’Eloïse dans les siennes. « J’ai peur que ses capacités n’effraient les potentiels adoptants et… elle mérite d’avoir une famille, c’est une jeune fille adorable et pleine de talents. Ce serait vraiment catastrophique qu’une simple incapacité à contrôler ses pouvoirs... ». Elle avala sa salive nerveusement. Elle ne parlait plus de Phiva. « Gâche sa vie. ».
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  • Dim 2 Juil - 17:42
    C’est aussi ça de travailler avec les enfants je suppose, les résultats ne sont pas la seule chose à prendre en compte. La colère comme la joie, peuvent survenir n’importe quand, la notion d’échec et de réussite ne devient alors qu’un prétexte. Et elle m’en donne un très bon exemple. De mon regard de professeur il s’agit indéniablement d’une réussite. Pas celle désirée, c’est certain mais elle n’en était vraiment loin. Disons pour être vraiment optimiste, même si je n’arriverais jamais à l’être autant que mon élève, qu’elle a réussi dans son échec. Et Dahlia semble réussir à la calmer. Heureusement. Je n’aurais très clairement pas su comment faire. Mes expériences personnelles ne me permettent pas vraiment de savoir comment réagir face à la colère d’un enfant… Face aux enfants de manière générale plus précisément. Pourtant je n’étais pas si différente d’elle en y repensant, à me démener quand quelque chose ne marchait pas… Sauf que je n’avais personne pour me dire de faire une pause et d’y revenir plus tard. Et ça m’a causé quelques soucis… L’expertise et les connaissances de Dahlia ne sont pas trop. Elle connaît son travail mais surtout, et ça se voit dans cette unique interaction autant que dans les petits échanges qu’elle peut avoir elle ou les quelques phrases qu’elle a pu me glisser à son propos, elle connaît ses enfants. J’ose espérer que tous les directeurs d’orphelinat sont dans ce cas, pourtant je ne suis pas idiote au point de croire à un monde parfait. Tous ne sont pas aussi investis qu’elle.

    Ce n’est pas un souci, vous n’avez rien à vous reprocher rassurez-vous. J’ai des étudiants bien moins calme qu’elle. Et eux ne se changent pas les idées avec un cheval de bois.” Mais je devrais peut-être essayer, ça pourrait avoir des résultats surprenants. Et au pire ils se sentiront assez ridicule d’être comparés à une enfant pour se reprendre. “Vous pourrez lui demander de confirmer, il était présent mais la semaine dernière un étudiant qui ne parvenait pas à lancer un sort de pétrification à fait voler une partie des bureaux de la salle de colère. Honnêtement à sa manière Phiva est adorable.” Et si le pire qu’on risque est de devoir traiter avec quelques queues de cochons en guise de cheveux alors nous sommes tranquilles. “En tout cas avec vos explications je vois un peu mieux la situation. Merci. Vous n’étiez pas obligé de autant m’en dire sur elle. Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas au contraire mais… Peut-être voulez-vous garder le passé de vos pensionnaires secret.” La plupart ne doivent pas être là pour de bonnes raisons… S’il existe de bonnes raisons d’être orphelin… Si elles existent j’aimerais bien les entendre…

    Des entraînements tous les jours, mais pas de refus ou d’échec… Ou faire en sorte qu’elle ne le prenne pas de la sorte… Beaucoup de contraintes.” Et beaucoup d’investissement pour une seule personne… Est-ce qu’il n’y aurait pas une solution pour tirer avantage de cette situation… “C’est une sirène… Dites-moi, est-ce qu’elle a déjà chanté ? Probablement que oui comme tout le monde mais est-ce que vous l’avez déjà vu avoir recours au chant des Sirènes ?” J’espère pour elle que non, si elle se met à charmer ses camarades en plus de les transformer en cochons… Quel enfer. Et l’idée qu’elle ne soit pas la seule à être dissipée dans l’orphelinat n’est pas très réjouissante non plus. “C’est une idée comme ça mais peut-être peut-on envisager de changer d’approche. Aujourd’hui Phiva sait dans les grandes lignes utiliser sa magie, le souci est sa concentration. Ce qui est normal, autant avec ce que vous me dites que vis-à-vis de son âge. Mais si vous êtes d’accord je peux m’arranger pour que quelqu'un passe ici disons… Une à deux fois par semaine pour donner des cours de chants aux enfants qui le souhaitent et pour elle, ou pour d’autres, une version un peu différente. Cette approche de la magie serait un peu différente mais lui ferait probablement beaucoup de bien. Et aux autres enfants aussi.” La proposition n’est pas désintéressée non plus, Il me doit bien ce service et peut-être trouverait-il ici enfin un partenaire ou quelqu’un à qui tout apprendre pour passer le flambeau. Le rêve est permis.

    Quoi qu’il en soit, il reste un problème à régler. Peut-être le plus important au final. Qui même s’il est bien en rapport avec l’orphelinat, ne concerne pas réellement le point que l’on pourrait attendre. “Vous ne m’embêtez pas, je suis venue ici de mon plein gré en sachant que la situation serait intéressante mais compliquée. Finalement c’est presque moi qui devrais m’excuser de ne pas être en mesure de lui apporter de solution réellement efficace et pérenne.” La stricte vérité, pour une professeur dans une école de renommée mondiale, le travail apporté aujourd’hui est bien décevant. “Avec le bon entraînement, en prenant le problème correctement il ne devrait pas y avoir de soucis. Je vous ai proposé des solutions mais si elles ne vous conviennent pas alors j’en trouverais d’autres. Et si elles aussi ne vous semblent pas correctes alors je réfléchirai de nouveau.” Un grand sourire, j’aimerais la prendre dans mes bras mais tout le monde n’est pas à l’aise avec ce genre de traitement. Et elle me semble un peu trop perturbée pour le moment, n’en rajoutons pas une couche. Ou du moins pas de cette manière là. “En revanche une chose est certaine vous me semblez avoir besoin de faire une pause. Est-ce que vous pouvez voir avec vos assistants pour leur laisser l’orphelinat pour le reste de la journée ? Je vous dois toujours un cours personnel et j’aimerais vous emmener quelque part. Une petite oasis dans la ville qui je pense pourrait vous faire du bien.

    Derrière nous, Phiva joue tranquillement sur son cheval de bois, jetant de temps en temps un regard ou se mêle l’amusement et une pointe de colère à Travis qui peine à faire disparaître les queues de cochon. Il semble d’ailleurs avoir décidé de changer d’approche et les éliminer une part une…. Une méthode comme une autre je suppose.
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  • Ven 7 Juil - 20:28
    Si les paroles de la professeure se voulaient douces et rassurantes, autant que sa présence délicate qui délestait la Fae d'un poids immensément lourd sur ses épaules, cela ne suffisait guère à effacer tous les maux qui l'accablaient. Les yeux bordés de larmes, Dahlia dut prendre une grande inspiration et secouer la tête pour se reprendre, elle se trouvait après tout en face d'une professionnelle et ne pouvait pas se permettre de perdre la face. Que se passerait-il si Eloïse venait à parler de leur rencontre à ses collègues ? Elle qui détestait être prise en pitié se retrouverait dans de beaux draps et ce même si Neera tentait d'apaiser les tensions qui existaient malheureusement entre les charités comme la sienne et l'Université. La faute à une République trop élitiste, trop refermée sur elle-même, incapable de comprendre que ses orphelins constituaient leur avenir. À force de les rejeter, la société n'en ferait que des rebelles, des hors la loi. Pourtant, la solution était toute trouvée et si simple que même Phiva aurait pu l'amener sur la table. Il n'était ici question que d'un égoïsme profond, une haine notoire de l'inconnu, un point de vue que Dahlia ne partageait guère, mais avec lequel elle était obligée de composer. Elle soupira longuement avant de relever la tête, considérant la question de la professeure avec un intérêt non dissimulé.


    Un petit rire cristallin s'échappa de sa gorge. « Oh oui, elle a déjà utilisé son chant plus d'une fois. J'ignore comment cela lui est venu, je ne pense pas que ses géniteurs aient pris le temps de lui enseigner quoi que ce soit. Phiva est arrivée très jeune à l'orphelinat, alors qu'elle n'était encore qu'un bébé. J'imagine que cela doit être naturel pour eux, comme un instinct. ». Par réflexe, elle voulut battre de ses ailes qui étaient rétractées et invisibles, cette prison de chair devenant soudainement fort désagréable. « Je n'en ai jamais été victime, néanmoins certains de mes collègues en ont fait les frais. Un mot de travers et elle se mettait à chanter, heureusement que cela lui est passé. Je me suis un peu renseignée sur les sirènes et il n'est pas rare qu'elles soient aussi… têtues. ». Les ouvrages ne manquaient pas d'éloges à l'égard des créatures marines, un fait qu'elle ne comprenait que trop bien. L'océan fascinait, à ce titre, ses habitants également. Quant à la proposition d'Eloïse, elle eut l'effet de paralyser complètement la Fae qui la regardait, les yeux écarquillés, clignant à répétition sous la surprise et l'incompréhension. « C'est-à-dire que… je… je ne peux pas vous demander de faire ça et… et je n'ai pas envie que vous ayez des problèmes à Magic si l'information vient à fuiter, je… je ne dirais rien, je vous le promets, je serais muette comme une tombe, mais nous ne sommes jamais à l'abri d'un petit qui vend la mèche et… ». Elle se mit à tourner en rond, faisant les cents pas devant une petite sirène qui riait aux éclats sur son cheval en bois. « Je… Je vais prendre le temps d'y réfléchir, plutôt que vous dire non tout de suite. La nuit porte conseil et la journée a été épuisante, je ne pense pas… je ne pense pas être réellement en mesure de prendre des décisions aussi importantes en si peu de temps. ». Une sage décision qui l'empêcherait de se laisser porter par ses émotions. Un moyen comme un autre de délayer ce choix qui lui posait tant problème.


    « Vous n'avez pas à vous excuser. Vous avez déjà tant fait, alors que nous ne nous connaissons pas, que vous ne devez rien à cet établissement. Je vous suis éternellement reconnaissante d'avoir pris le temps de venir ne serait-ce qu'observer la situation. ». Ce n'était pas tous les jours que Dahlia pouvait se targuer d'obtenir la crème de la crème en termes d’enseignement entre ses murs. Son sourire se figea un instant quand elle se rendit compte que malgré ses efforts, Eloïse avait aisément remarqué sa fatigue et la panique qui s'emparait d'elle régulièrement. Elle ne pouvait nier le fait qu'une pause lui ferait le plus grand bien, et si la culpabilité de laisser ses orphelins entre les mains de ceux qu'elle avait pourtant embauchés pour le faire la tiraillait, elle ne sut résister à l'invitation de la professeure, ne serait-ce que par politesse. « Je… Très bien, je m'occupe de prévenir Davina de mon absence. Travis peut rester ici s'il le désire. ». Elle tourna la tête, s'adressant directement à lui. « Vous pouvez faire comme chez vous, passer à la cantine avec Phiva si vous avez faim. Mettez-vous à votre aise et ne vous laissez pas embobiner par notre petite sirène. Si vous l'écoutez, vous passerez toute la nuit ici. ». La petite se contenta de tirer la langue à sa directrice en continuant de se balancer, à peine atteinte par le fait qu'elles allaient déserter les lieux, prouvant une fois de plus sa capacité à passer d'un sujet à l'autre sans la moindre difficulté.


    Les mains croisées dans son dos, Dahlia suivit d'un pas lent et léger le chemin qu'Eloïse traçait pour elle, passant dans les ruelles de la capitale avec appréhension alors que les regards des passants se posaient sur elle. L'orphelinat était tristement célèbre pour tous les enfants qui y résidaient mais également pour sa directrice qui vagabondait dans Liberty avec ses garnements, dans l'espoir de les socialiser dans une cité qui ne voulait définitivement pas d'eux. La perspective du cours personnel n'enchantait guère la Fae qui l'avait pourtant demandé, probablement dans une minuscule phase d'euphorie qui n'avait duré que le temps de faire cette bêtise monumentale. Soulevant les pans de sa robe pour gravir les escaliers qui menaient à une colline en bordure de la ville après quelques minutes de marche dans un silence pesant que Dahlia tentait malgré elle de combler en parlant de la pluie et du beau temps, elle releva la tête vers la devanture d'un restaurant dont elle ignorait tout. L'éphémère… Rapidement, son regard descendit vers les colonnes de fleurs qui envahissaient les murs, par la nature qui reprenait ses droits sur la façade et un sourire sincère naquit sur ses traits, son visage s'illuminant. « C'est… C'est magnifique, je… je ne comprends pas comment j'ai pu passer à côté de cet endroit… ». Et avec une démarche maladroite, se collant parfois au bras de la professeure par inattention, elle la suivit pour s'installer à une table non loin. Nerveuse, elle se tritura les doigts durant quelques instants avant d'oser ouvrir la bouche. « Je… Je ne sais plus où me mettre, pour être honnête avec vous. Il est rare de tomber sur de si bonnes âmes, encore plus en Républiq… Pardonnez-moi, je suis un peu amère. J'espère que je ne vous ai pas vexée… ».
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