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  • Jeu 13 Juil - 18:27
    - J’ai échoué, monseigneur.

    Avait-il alors répondu après avoir été interpellé par son nouveau maître. La mine grave du gladiateur était encore marquée du déshonneur de son incompétence. Certes, le cartilage de son nez s’était ressoudé et certes, les nombreuses brèches sanguinolentes dans la forteresse qu’était son corps avaient été colmatées grâce à ses capacités de régénération naturelles mais le sang devenu brun au contact de l’air et les douleurs restaient. Les pires étaient celles à son égo.

    Il était sincère, quand il pensait avoir échoué et il avait sincèrement honte de sa performance. Pas pour avoir perdu quelques hommes, non, mais pour avoir déçu celui qui l’avait acheté, celui qui refusait qu’il l’appelle « Maître ».

    - J’ai tué beaucoup d’ennemis, ils n’étaient rien comparé à mes prouesses mais…

    Les mots semblaient lui échapper, il baissa les yeux sur son poing droit, celui qui avais été aussi facilement rendu inerte, qui par sa blessure lui avait pris pendant les précieux instants de cette bataille le droit de se battre.

    - J’avais beau les tuer les uns après les autres, ils ont plongé sur moi comme des oiseaux stryges. Vous savez, ces oiseaux buveurs de sang du désert. J’avais beau les balayer ils attaquaient partout, et coup de bec par coup de bec… J’ai bien failli y rester.

    Tulkas redressa la tête, détournant le regard en cherchant des yeux la recrue à qui il devait la vie, sans la trouver.

    - N’importe lequel de ces hommes ne tiendrait pas quelques instants dans l’arène du Lion. Aussi bien ces recrues que les rebelles qui donnent cette odeur nauséabonde à l’air que nous respirons. Et pourtant… Ce sont bien ces faibles qui ont failli m’abattre. Probablement parce-que…

    Il restait quelques instants avant de répondre, les dernières parcelles de peau se ressoudant à vue d’œil alors qu’il inspira profondément avant de soupirer pour continuer.

    - Je ne me battais pas comme un homme d’armes… Mais comme un gladiateur. Quinze hommes n’ont pas suffi à me tuer, mais sur un champ de bataille je doute que je serais amené à me contenter d’aussi peu de cadavres à mes pieds. Je me suis battu seul, contre une armée. Et j’ai beau être un grand guerrier… Je dois bien admettre, Griffe, que votre serviteur est un piètre soldat.

    Et reconnaître sa faiblesse lui coûtait. Une vie d’hédonisme où hommes et femmes, jeunes et vieillards, pauvres et riches vous adorent pour le sang que vous versez ne préparent pas l’âme aux douleurs d’une leçon d’humilité venue bien trop tard. C’est la honte, oui qui rongeais son corps, pourtant, Vagirhn et Sau’inn n’avaient pas éduqué un enfant-roi, non, ils avaient transformé un esclave en bête de foire, en bourreau terrifiant. Pas en soldat. Il savait obéir, il savait suivre des ordres aveuglément mais diriger ? Rien ne l’avait préparé à ça. Il inspira à nouveau.

    - J’ai appris qu’un bon commandant peut retourner une bataille grâce à sa volonté et son acumen tactique, pas que grâce à sa force. Que le rôle d’un soldat n’est pas de se couvrir de gloire mais de se battre en formation. Que par la cohésion d’unité, la force de nos guerriers est décuplée, multipliée. Que c’est autant le sang versé que le moral qui gagne une bataille. Et le rôle du commandant est de s’assurer que le moral de ses hommes soit bon, que la cohésion de l’unité soit forte, que la formation soit efficace. J’ai échoué dans le premier car je me suis battu en gladiateur et pas en tant que soldat. J’ai échoué dans le second car j’ai ignoré mes hommes, ils étaient mon épée et ma poigne était incertaine. J’ai échoué en tant que soldat et en tant que commandant. Et ce ne sont pas les quelques instants où un éclat de compétence à brillé qui rachète cela. J’espère que vous saurez pardonner votre serviteur, Seigneur Griffe.

    Son regard se tourna ensuite vers les deux rebelles, exténués, les poings attachés dans le dos et les genoux à terre. Ils exultaient la défaite, jusque dans le mouvement de leurs épaules et dans les regards fuyants qu’ils jetaient à leurs geôliers.

    Il hocha silencieusement la tête, la barbe roussie par son propre sang, quand la Griffe expliquait que ces hommes étaient peut-être le réceptacle d’informations précieuses pour remonter jusqu’aux mécènes de cette mutinerie. Le gladiateur devenu soldat haussa un sourcil quand la tâche de l’interrogatoire lui fut confiée, une marque de confiance ? Un autre test de la part de ce maître qui refusait d’en être un ? Le gladiateur, non, Tulkas s’autorisa un fin sourire. Engaillardi par son baptême du feu, il s’autorisait pour une fois à montrer de l’amusement non pas face à l’ignorance de la Griffe, mais au monde qui les séparaient. L’esclavage impliquait d’être parfois victime de tortures atroces, autant pour briser l’esprit que pour inspirer la discipline par la douleur. Sous certains angles, la vie d’esclave et de soldat semblaient se rassembler. Du moins, pour ce qui est de l’usage de violence minutieuse pour obtenir ce que l’on veut d’une personne.

    - Ase shafki athdrivar, Griffe. Shieraki gori ha yeraan.

    Avait-il alors répondu en dissimulant bien mal une légère inflexion de sa voix qui trahissait l’amusement avant de poser son poing fermé sur son cœur quand le commandant-maître prenait congé de lui pour le laisser à ses occupations. S’approchant alors, jouant volontairement de son apparence sanguinolente pour instiguer la peur dans le cœur des deux captifs.

    - Fini hazi ? Demanda-il a l’une des Serres, l’un de ses camarades qui montait la garde.
    - Des graddakh. Rien de plus. Alors, toujours en vie l’esclave ?

    Un rire s’échappa des lèvres du gladiateur devenu Serre qui se contenta d’hocher la tête avant de regarder les deux hommes mutiques.

    - M’ath. Dit-il pour les saluer. Je suis Tulkas, des Serres Pourpres. J’ai des questions et vous, vous allez y répondre.
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  • Mar 18 Juil - 1:20
    Le soleil commençait sa lente course vers l'horizon. Le feu des morts n'était plus qu'un tas de cendres dont le vent emportait les dernières volutes de fumée. Dominant ce qu'il restait du campement, Deydreus était pensif. Les chariots avaient été remplis, les blessés "soignés". Il ne restait plus qu'à repartir, à quitter les hurlantes pour retourner à la capitale. Repassant les combats précédents dans son esprit, la Griffe s'attarda ensuite sur Tulkas et sur ses manœuvres à l'encontre des prisonniers. Les Serres n'avaient pas tous été dans la position du gladiateur. A vrai dire, très peu des fantassins avaient suivi des épreuves aussi rudes. Mais leur situation avaient toujours été différentes. Certains avaient été recrutés dans la fange et le sang. Dans des ruelles sales où leurs crimes avaient été commis et où le général leur avait offert une seconde chance. Parfois, comme pour Léonard, il s'était fallu d'un renouveau pour un homme noble dont la rage avait dut être contrôlée pour être utile. Tulkas, lui était un grand con arrogant.

    Sa vie de servitude et de spectacle avait transformé son esprit pour le rendre mou. L'homme adoptait une attitude d'esclave, qu'il le veuille ou non, et il allait falloir façonner ce dernier pour lui redonner toute la force caractérielle nécessaire à tout bon soldat. Il ne s'agissait pas d'obéissance ou de soumission, cela, Tulkas en était déjà capable. Non, il fallait que le guerrier devienne meilleur soldat et surtout adopte plus d'indépendance. Deydreus sentait en lui ce potentiel. Cette flamme. Mais actuellement, l'antre de la cheminée n'abritait qu'un crépitement timide et trop faible pour embraser les buches de ce talent inexploité. D'une certaine façon, l'être aux yeux vairons détestait ce qu'avait fait l'ancien maître du gladiateur. Il avait eu ce "diamant" et en avait simplement poli le corps pour le faire briller, sans veiller à le tailler convenablement. Ce n'était pas étonnant, dans le fond. Malgré ses prouesses guerrières, le champion d'arène n'avait rien de fantasmagorique. Tout du moins, pour quelqu'un comme Deydreus. A force d'avoir marché sur tous les champs de batailles possibles, d'avoir combattu aux côtés d'être surpuissants, le chef de la Kyrielle en avait connu, des être exceptionnels. Et qu'était Tulkas, là dedans? Un guerrier talentueux de plus. Mais rien qui sortait plus du lot qu'un autre. Si ce n'est, encore une fois, cet éclat que le maître d'armée pouvait sentir. Alors, pour quelqu'un comme le maître d'arène, cela ne pouvait pas exister. Tulkas était un profit, à date d'expiration qu'il avait exploité. Une source de revenue fluctuante qui n'avait pour raison d'exister que le luxe sommaire et la débauche. De fait, Deydreus reprendrait cet épée mal forgée, et la tremperait. Il la refaçonnerait et regorgerait sa lame pour en faire une arme digne de ce nom. Une arme digne de l'armée reikoise. Digne de se battre à ses côtés, ou de ceux de ses autres frères d'armes. Et s'il n'en serait finalement pas digne... La lie des ruelles sombres retrouveraient alors leur glorieux champion. Et il périrait dans l'indifférence totale et dans l'oubli.

    Quittant ses pensées, Deydreus remarqua alors quelques hommes qui semblaient s'agiter près d'un des rebelles et de l'ancienne mage ayant changé de camp. Sautant depuis les remparts, le général s'avança rapidement vers l'attroupement, à la fois curieux et agacé. Il était trop tard pour faire le héros. Trop tard pour tenter de paraître comme un être fort.

    - Lâchez-moi, bande de saloperies!

    Haussant un sourcil, le bretteur aux deux épées s'approcha d'avantage. A son arrivée, les recrues se raidirent d'un seul coup, conscientes que leur manque d'autorité n'allait pas plaire à leur supérieur hiérarchique. Pourtant, Deydreus ne fit aucune déclaration, il se contenta d'observer, comme un père souhaitant voir les nouvelles techniques de ses enfants. Quelques mots furent échangés entre le rebelle et les loyalistes. Quelques insultes, aussi. Un coup porté au ventre, sans réel effet. Puis, une contorsion anormale. Un agissement rappelant certaines anguilles huileuses qui glissaient entre les mains des pécheurs d'Ikusa. Puis un long soupir de la part du chevalier à l'armure noire, alors que le rebelle s'emparait maladroitement d'une épée pour avancer vers lui. La lame fut projetée en l'air, renvoyée par une parade parfaite de celui qui avait autrefois défié l'Empereur en personne. Retombant dans la terre quelques mètres plus loin, la lame vibra et fit résonner un tintement métallique strident. Levant la main, Deydreus demanda aux hommes de ne pas agir. Rangeant sa propre lame, le guerrier avança doucement, fixant le jeune dissident de ses yeux hétérochromes.

    - Que souhaites-tu accomplir, via de tels actes? Hum? Tu espérais tous nous tuer? T'enfuir? Devenir un héros pour tes pairs? Il continuait d'avancer, tandis que le rebelle attrapait l'arme et se remettait face à lui. Tu ne fais pas le poids. Aucun de vous ici ne le faisait. Tu es resté en vie pour tes renseignements potentiels. Pourtant, tu tiens encore debout après le traitement subi par l'un de mes hommes. J'admire cela. Il s'agit d'efforts méritoires. Certes inutiles, mais intéressants.
    - Je vous emmerde, pourriture.
    - Oui. Je suis une ordure, pour tous les misérables de ton espèce. Vous qui reniez l'autorité impériale par idéalisme ou par stupidité. Vous vous fourvoyez dans vos rêves de gloire et de révolution, car vous ne visez pas juste. Vous n'espérez pas l'emporter par conviction, mais par peur de ce qu'il se passerait si vous échouez. Comme aujourd'hui. Comme à chaque fois.

    Deydreus avançait toujours, sous le regard de ses hommes et des derniers rebelles en liens. Face à lui, le révolté empoigna sa lame, prêt à frapper. La Griffe retira alors son heaume, le projetant contre le sol sans aucune considération. Puis il renforça sa gorge. D'un geste vif, le général attrapa la lame de l'insolent. Le cuir de son gant crissa, tandis qu'il tirait l'arme vers le dessus de son gorgerin. La pression était énorme, renforcée étrangement par le rebelle qui ne comprenait pas réellement la manœuvre. La lame ripait, tentant de s'enfoncer dans une chair trop solide pour qu'elle ne passe. Un léger sourire s'installa sur les lèvres du dirigeant reikois. La lame commençait à se tordre, pliant sous la force employée et sous la peau renforcée. Le rebelle avait ses yeux ancrée sur cette dernière, tandis qu'une expression terrifiée s'installait sur son village.

    - Vous êtes faibles. Tous autant que vous êtes. La facilité d'une vie de pillage et de maraude a corrompu votre cœur et ramolli votre âme. De notre côté, le feu de la guerre ont renforcé nos corps. Ils ont façonné notre esprit et a engaillardi le plus pleutre d'entre nous. Car nous affrontons la mort ensemble, mais l'accueillons séparément. Nous avons choisi notre destin. Sais-tu, rebelle, comment nous appelons ceux qui, comme toi, se laissent porter par les rêves des autres et qui acceptent la fatalité de leur faiblesse?
    - J-Je...
    - Des moutons.

    D'un mouvement sec, Deydreus brisa finalement la lame puis asséna un violent coup de genou au ventre du rebelle qui s'effondra dans un toussotement sur le sol boueux. Les mots de la Griffe avait visé toute l'assemblée, Tulkas compris. Personne n'échappait à cette règle simple. Dans un monde de loups, il valait mieux ne pas rester une simple proie. Observant le pauvre imbécile qui se remettait à peine de cette frappe, le chevalier fit un signe de tête à ses hommes. D'un mouvement sec, les Serres exécutèrent le dernier rebelle vivant sans aucune cérémonie. Son corps s'écroula par terre dans un gargarisme humide, tandis que sa raisiné commençait à nourrir la terre battue et aride des Hurlantes. Tendant la main au révolté qui se trouvait par terre, la Griffe étira un large sourire carnassier.

    - Relève toi. Et souviens-toi de cet instant. Car c'est ton coup d'éclat et ta rage qui te sauvent aujourd'hui. Tes crimes sont graves, passibles d'une exécution sommaire. Mais tu m'as prouvé que tu valais mieux que la fange dans laquelle tu pataugeais. Accepte de devenir janissaire, de servir l'empire et de racheter ton honneur. Et tu auras la vie sauve. Proteste ne serait-ce qu'une fois pendant notre voyage, et ton corps ira nourrir les vautours. Il fit un signe de tête aux recrues présentes. Attachez le, et emmenez le près du chariot. S'il tente de s'échapper, tuez le.

    Se détournant finalement du bougre qu'il venait d'humilier, le général s'approcha de Tulkas, son casque reprit et maintenant de nouveau sur son crâne. Arrivé au niveau du gladiateur, le reikois dévisagea ce dernier et se demanda un instant ce que pouvait bien penser le champion d'arène de cette scène, et surtout, ce qu'il avait réussi à arracher comme information. De toutes façons, il allait pouvoir lui en parler. La route vers la capitale serait suffisamment longue pour cela. Frappant doucement l'épaule de l'ancien champion d'arène, comme à un frère d'armes, Deydreus invita d'un mouvement de menton Tulkas à le suivre.

    - Venez camarade. Nous quittons ce campement.

    Puis, comme un seul homme, le convoi se mit en marche pour la capitale.


    Turbae carissimus [PV Tulkas] - Page 2 Sgnz7nO

    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

    Apparence des épées de Deydreus:


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  • Mer 19 Juil - 23:06
    La route avait été longue, sous le soleil cuisant qui se levait. Marcher de nuit était bien plus confortable, mais à choisir entre mourir de froid et mourir de chaud, le choix était vite fait. Enfin, c’est ce qu’il se disait alors que le convoi reprenait enfin sa longue marche vers la capitale. Cette longue marche, durant laquelle ses chairs se refermaient, furent silencieuses pour Tulkas. Oui, il avait pu donner les informations glanées au prisonnier, à vrais dire, se faire briser les doigts, retourner les ongles et écorcher les bras avait tendance à rapidement défaire tout nœud de langue.

    La promesse de la fin des souffrances avait suffit à lui donner toutes les informations dont il avait besoin, et c’était sans grande surprise que le gladiateur devenu soldat se rendit compte que l’exercice avait été, encore une fois, un test. Le maître voulait-il mettre à l’épreuve la moralité de son nouvel homme d’armes ? Vérifier s’il disposait d’autres compétences que celles d’être un guerrier aussi talentueux qu’inepte dans les choses de l’art de la guerre ? L’amertume.

    Voilà ce qu’il avait ressenti en se rendant compte que là aussi, il aurait pu échouer. L’amertume aussi, d’entendre l’espoir offert au prisonnier de guerre d’être fait janissaire. Lui était récompensé pour avoir échoué, pour avoir simplement fait preuve d’un peu de bravoure au seul moment où cela ne comptait plus. Tulkas lui n’avait eu le droit qu’à un simple contact sur l’épaule, qu’il avait pris pour une insulte à sa fierté. La griffe l’avait touché comme s’il était un camarade, bien entendu, aux yeux des Serres présentes cela suffisait pour prouver que le gladiateur avait gagné sa place. Cette camaraderie propre à la soldatesque qui, dans le monde fraichement abandonné de la gladiature, tenait plus de l’insulte terrible. Le paternalisme et cette sympathie après un échec lui faisait l’effet d’une gifle.

    - Ase shafki athdrivar.

    Avait-il répondu sobrement, quand l’ordre de marche avait été donnée. Et étrangement taiseux pendant la route jusqu’à Ikusa, laconisme qu’il expliquait par la douleur des combats et surtout, par une profonde réflexion sur les leçons que la journée lui avait apportées. Mensonge habile car Tulkas ruminait plus qu’il ne réfléchissait, revivant encore et encore cette journée, ses échecs et ses frustrations, sa danse avec la mort qui avait bien faillit être sa dernière. L’égo blessé, il marchait calmement aux côtés de ses nouveaux frères d’armes dont il ne partageait pas la livrée, si ce n’était un bandeau rouge-sang qui ornait son bras nu, qui brunit rapidement au mélange de sang coagulé et de sueur qui l’imbibais, heure après heure.

    Qu’avait-il pensé de cet échange ? De ce qu’il avait vu ? Déjà il avait été profondément impressionné par l’étalage de force et de puissance. Puis, il avait été insulté face au constat de la Griffe. S’était-il adressé au prisonnier qui marchait presque fièrement à l’arrière de la formation ou avait-il mis son nouveau guerrier face à la futilité de l’existence qu’il avait menée jusqu’ici ? Lui aussi avait été ramolli, son âme pervertie par la vie menée dans le luxe de l’arène, ses talents trempés dans le sang de l’arène, comme une épée dans l’huile. Pourtant, il manquait encore beaucoup de chose a cette lame qui avait été abandonnée là par un maître qui ne voyait peut-être que ça en lui, un vulgaire gagne-pain dont il se serait débarrassé dès la première défaite. Qu’est-ce qui l’avait sauvé lui, aujourd’hui ? Le sang versé avec les recrues, dont il était responsable du gaspillage ? Sa rencontre plus qu’intime avec la cavalière pâle quand son corps avait été roué de coup, percé et que c’était l’un de ces avortons qui lui avait sauvé la vie ? Des guerriers de talents comme lui, il y en avait surement d’autres dans les Serres Pourpres, peut-être marchait-il aux côtés d’un autre soldat qui lui aussi, était capable de tuer autant d’hommes que lui, pourtant qu’est-ce qui le distinguait ? Il portait la livrée de sable et de gueule, son casque ne le démarquait pas des autres hommes d’armes. C’était un soldat, un organe dans le corps aux cent visages de la Serre Pourpre.

    Et lui était un corps étranger, une cellule souche dans ce corps qui ne savait pas encore où se trouvait sa place. Une goutte de sang parmi tant d’autres. Un visage dans la masse. Silencieux, il marchait avant de retourner son attention vers le prisonnier de la troupe, celui qui allait être fait janissaire. Si Tulkas pouvait se comparer à une cellule souche, qu’est-ce qu’il était lui, le rebelle qui ne devait sa vie qu’à la tentative de meurtre de son nouveau maître ? « Un cancer » pensait-il, « Qui rongera le Reike et les janissaires de l’intérieur. ». Les doigts de sa main formèrent un poing, qui serra, avec tant de force que les doigts blanchirent et les jointures rougirent.

    Tulkas ne pouvait pas tolérer ça.

    Les heures se suivirent tandis que la noirceur profonde du gladiateur se nourrissait de l’amertume de son hôte. Qui marchait sous le soleil qui brûlait sa peau. Heures après heures, à fouler la terre sableuse et à subir les affres des embruns qui venaient de la côte pourtant lointaine. Il détestait cette odeur, celle de la mer.

    Mais les heures s’écoulaient, inlassablement, comme les grains de sables qui s’échappent d’un poing fermé. Le temps finit toujours par passer. Et bien assez tôt, vint le crépuscule. Sous les ordres de la Griffe, les hommes d’armes du Reike formèrent un camp de fortune en se séparant en petits groupes. Afin de couvrir et surveiller autant d’espace que possible. Tulkas lui, s’approchait des recrues qui veillaient sur le prisonnier.

    - Allez boire un coup, soldats. Disait-il en lui lançant son outre de vin. Je prends le relai.
    - Mais nos ord…
    - Je prends le relai.

    On pouvait dire beaucoup de choses sur Tulkas, mais son physique imposant, son heaume décoré et son armure lui donnaient une certaine autorité naturelle quand la colère l’animait. Sans trop demander son reste, les recrues décidèrent de profiter à leurs tours de cette halte pour s’hydrater et d’un moment de détente qui devait être la bienvenue après la journée menée à batailler et à brûler des corps. Tulkas se retrouva seul avec le prisonnier, l’observait avec cette étrange intensité qu’avaient les mauvaises intentions. Le prisonnier, d’abord silencieux, finit par prendre la parole. Toujours défiant, même après une journée de marche.

    - J’suis à ton goût, salopard ?

    Le gladiateur restait silencieux. Observant les mimiques du visage de celui qui reçu une seconde chance à la vie. Il était faible. Les braves étaient morts au combat, contre lui, contre les recrues, contre les Serres et les plus braves d’entre eux, contre la Griffe. Lui, avait eu le droit à la vie. « Pourquoi ? » se demandait-il.

    - Et beh, t’en perds tes mots connard ? Qu’est-ce que tu me veux ?

    Le casque qui dissimulait son visage se pencha lentement sur le côté, il avait mal au cou, ce simple geste soulagea un peu la tension un court instant avant qu’elle ne revienne. Toujours aussi intense. Petit à petit, un feu prit naissance dans son ventre. Qui grimpa, remonta lentement le long de son échine. Le cœur se mit à battre, d’abord dans sa poitrine, puis dans sa gorge jusqu’à sa tempe. Une fureur noire était entrain de remonter ses mains le long du dos puissant du gladiateur, d’enrouler ses épaules de ses bras gelés et de resserrer les doigts autours de sa gorge. Comme cherchant à ne faire plus qu’un avec lui. Une envie de meurtre, de violence intense.

    Et une main froide vint se poser sur son épaule.

    - Calme-toi, Tulkas.

    C’était Esyleij, un demi-elfe. L’humain le regardait en soufflant par les naseaux.

    - C’est pas en te comportant comme un gosse qui fait sa crise que tu vas gagner tes galons. Lâchait-il, cinglant avant de le regarder plus sérieusement. T’as fait tes preuves aujourd’hui, t’as saigné avec nous, tu t’es battu avec nous. T’as fait d’la merde mais t’as surtout prouvé qu’tu méritais la livrée. Alors calmes-toi, j'vais chercher ces deux branleurs et on va aller boire un coup avec tes nouveaux frères. Va pas décevoir la Griffe.

    En d’autres temps, en d’autres circonstances, Tulkas aurait rétorqué quelque chose de cinglant à son tour, d’insultant. Peut-être même aurait-il libéré sa rage et sa violence sur ce demi-elfe qui osait poser la main sur lui. Mais les circonstances et le temps n’étaient plus ce qu’ils étaient. Non, c’était une autre vie dans laquelle il se plongeait. La vie de soldat, de Serre Pourpre. Le gladiateur eut un mouvement étrange, le casque bougeant comme si son propriétaire ouvrait la bouche sans trouver les mots. Soufflant finalement, il se libéra l’épaule de l’emprise d’un geste un peu sec.

    - Et écoute pas c’pleutre. Il fait l’malin parce-que la Griffe l’a félicité pour son esprit combattif. Les Janissaires lui f’ront bien plus mal qu’tu n’pourrais l’faire. Crois-moi. Vous deux là-bas !

    Hurlait-il en allant fustiger les gardes qui, devenus pâles, retournèrent à leurs postes sans sommation. Qui sait, ils tâteraient peut-être du fouet. « Une leçon pour eux aussi. » pensait-il sobrement avant de se tourner vers le demi-elfe. La première Serre qui lui adressa la parole. Sans broncher, il lui emboîta le pas pour aller boire avec ses nouveaux frères d’armes, concept bien étranger au gladiateur.

    Alors qu’il levait le bec de sa gourde tout en tenant le sac de son autre paume, le gladiateur se rinça le gosier de nombreuses gorgées d’eau tout en regardant la griffe qui se tenait à l’écart, avant de rejoindre sa tente. Comme touché par un mal dont il ignorait l’existence. Comment un être qu’il avait vu si fort pouvait souffrir ? Comme quoi, les apparences pouvaient être trompeuses. Mais aucune Serre n’en tenait rigueur, comme si la loyauté de cette troupe n’était pas enfant de la peur, mais fille de respect. Voir même, d’amour paternel à filial. Secouant la tête pour chasser cette idée, le gladiateur suivit Esyleij et d’autres serres dans un éclat de rire en écoutant un récit de guerre. Qui sait, peut-être raconterait-il ses prouesses à l’arène un de ces jours. Aujourd’hui, il était le bleu, la recrue. Et les recrues écoutent les vétérans.

    Finalement, alors que la nuit tombait, le convoi arriva à Ikusa. Les Janissaires prirent rapidement sous leurs ailes la nouvelle recrue offerte par le commandant suprême de la Kyrielle, tandis que les recrues se dispersèrent pour rejoindre les casernes qui leurs étaient attitrées, les deux imbéciles qui avaient écoutés Tulkas elles, allaient probablement payer le prix de leurs insuboordination qui, grâce à l’intervention du demi-elfe, n’avaient eu aucune conséquences graves. « Probablement le fouet. » se disait-il « Ou la mort. », en vérité, Tulkas n’en avait cure. Il traversa avec ses nouveaux frères d’armes la ville, jusqu’à arriver à la caserne attitrée des Serres Pourpres.
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  • Jeu 20 Juil - 20:12
    Le début de la route vers Ikusa s'était passée sans encombre. Globalement, les blessés s'étaient posés sur des chariots de fortune lorsqu'ils ne pouvaient pas marcher et pour les plus en formes, la fatigue avait pu passer grâce au repos réaliser lors de la fouille du campement. A présent, leur mission touchait enfin à sa fin et ils allaient pouvoir regagner la capitale. Pour Deydreus en revanche, la chose ne s'arrêtait pas là. Une grande phase d'écriture et de descriptions l'attendait pour les rapports à réaliser concernant cette opération. Ce n'était pas véritablement une obligation. A vrai dire, il était peu probable que le conseil se focalise sur des petits nettoyages de campements rebelles. Cependant, l'être aux yeux vairons y tenait. Pour lui, il était nécessaire de garder des traces, même de ce genre de chose. Ainsi, il y avait une meilleure traçabilité des saisies et, surtout, la possibilité de faire le liens entre différents groupuscules séparatistes. Pour le reste des Serres, l'arrivée à la casernes se traduirait soit pas une relaxation autour d'une bonne bouteille, ou bien via un peu d'entrainement. Puis pour le reste des troupes, il s'agirait d'un mélange entre les arrivées aux centres de soins, ou une rentrée dans les casernes respectives. Malheureusement, ces profondes réflexions sur leur arrivée et, surtout, la tranquillité du voyage s'acheva au moment où l'affliction touchant Deydreus s'éveilla.

    Une pulsion, forte et violente, qui traversa la poitrine puis l'esprit de la Griffe. Tout ce qui l'entourait devenait une cible de choix. Le bretteur sentait cette étrange soif, cette envie de faire couler un sang qui n'était pas le sien. De massacrer tout ce qui était autour de lui et ne laisser dans son sillage qu'une longue et épaisse trainée de sang. Des corps meurtris, entremêlés entre eux et aux visages figés dans une expression de souffrance et de terreur. Un mélange étrange d'envie, d'extase et de douleur. Tournant légèrement la tête, Deydreus posa son regard hétérochrome sur son bras sanglant, observant les reflets cristallins refléter doucement le soleil couchant. Puis, dans un long soupir, le chef de la kyrielle ordonna la montée d'un camp. Un moyen pour lui de, peut-être, parvenir à se calmer.

    Quand enfin ils furent installés, le reikois aux deux lames observa ses hommes se déplacer et s'organiser. Sans véritablement donner d'ordre, Ikaryon et Léonard organisèrent les patrouilles et les rotations de gardes. Le but était simple, s'assurer qu'aucun imbécile ne tente de venir s'infiltrer dans le campement pour tenter une libération héroïque ou pour simplement semer la confusion. Le prisonnier quant à lui, attaché aux mains et aux jambes, ne pouvait pas réellement s'échapper ou tenter quoique ce soit de glorieux. De toutes façons, son sort ne servait aucun réel but et Deydreus se moquait bien de le voir atteindre l'ordre des janissaires ou mourir exécuté. Après tout, le choix que la Griffe lui avait imposé n'en était pas réellement un. Mourir, ou accepter de voir son esprit se faire écraser pour servir le Reike sans jamais pouvoir remettre quoique ce soit en cause. Fatigué et toujours victime de sa propre envie de meurtre, l'armure sombre déplaça sa carcasse d'acier vers sa tente de campagne. Une fois à l'intérieur, le futur vampire soupira longuement. Les rires. Les pas réguliers des soldats. La faiblesse. Les tempes du général brûlèrent, tel un incendie incontrôlé qui venait frapper l'intérieur de son crâne. Dans sa main droite, la pulsion de son cœur résonnait en un écho aux promesses mortelles. Une symphonie chaotique qui appelait le sang et les larmes. Le Sang Béni... Cette maudite malédiction qui s'était éveillée à la suite de son duel. Une position de choix, contre le sacrifice de sa propre santé mentale. Est-ce que cela devait vraiment en être ainsi? Est-ce que tout devait rester aussi compliqué? Dans l'air, l'odeur d'un sang invisible venait enivrer le bretteur aux deux lames qui sentait en lui monter ces pulsions malsaines. Malsaines?

    Un rire léger sortit de la gorge du général à cette simple idée. Deydreus avait toujours laissé une traînée sanglante dans son sillage. Il avait toujours empilé les corps sans considération et il avait toujours considéré cela comme un sacrifice nécessaire. Comme une étape utile aux mortels pour s'élever. Pour pouvoir devenir plus forts. Une purge des faibles pour permettre aux forts de se battre et de protéger les pleutres. Et pour tout cela, les massacres étaient une nécessité. Un mal dans lequel il baignait et dans lequel il se complaisait. L'odeur de la mort, le bruit humide des viscères écrasés qui se mêlaient à la fange tandis que les bottes des soldats continuaient leurs progressions. Alors pourquoi ses pulsions actuelles lui laissaient un gout si amer en bouche? Tout simplement car ces dernières n'étaient pas siennes. Elles n'étaient que les sombres échos d'un mal ancien qui rongeait son corps et son âme. Un mal qu'il vaincrait. Qu'il dominerait. Quitte à tout sacrifier. Quitte à s'élever de nouveau parmi les cadavres. Sa main droite se crispa alors de nouveau, trésaillant comme un jeune drogué en manque et se désarticulant de manière erratique. Un pic de douleur traversa le corps du général qui hésita un instant à frapper son propre corps. Fort heureusement, le mal passa, et l'odeur sanguine se dissipa dans l'air. Comme à chaque fois, la malédiction accordait du temps au général. Mais pour combien de temps encore? Il y avait des choses à régler avant de partir mais, Deydreus n'attendrait pas de devenir une coquille vide. Une enveloppe regroupant uniquement rage et furie. Pas tant qu'il ne le décidait pas.

    Quittant finalement la tente une fois qu'il était certain que le mal s'était dissipé, le dirigeant de la Kyrielle fut rejoint par Esyleij qui lui raconta les événements survenus avec Tulkas. D'un signe de tête, Deydreus lui faisait comprendre qu'il avait bien compris de quoi il en était. S'il avait eu des doutes, encore, concernant le gladiateur, ces derniers venaient de voler en éclat. Un lion à la mentalité d'un chien battu. Prêt à mordre, sans savoir réellement pourquoi. le gladiateur avait été brisé, non pas à cause d'un traumatisme, mais à cause d'une vie de servitude. Il était un élément brut, imparfait, qu'il faudrait polir au fil du temps afin de le rendre meilleur et d'un jour peut-être devenir complètement imbriqué dans la troupe des Serres Pourpres. Il y arriverait, Deydreus en était certain. Et au pire des cas, il s'en débarrasserait sans hésitation, le renvoyant à son ancienne vie, ou à un monde qui ne le reconnaitrait plus.

    Quand ils arrivèrent finalement à la capitale, le général salua et remercia les nouvelles recrues, les laissant regagner leurs casernes respectives et ordonnant aux plus "gradés" de rédiger leurs rapports. Il n'avait pas à être le seul à souffrir, après tout. A l'arrivée au niveau des baraquements des Serres Pourpres, la Griffe laissa ses hommes retirer leurs lourdes armures et vaquer à leurs occupations. Lui, se dirigea humblement vers son bureau et s'y étala dans un nouveau soupir. Plus vite il aurait fini ces derniers, plus vite il pourrait enfin se reposer.

    Au lendemain matin, le bretteur reikois fut le premier à ouvrir l'œil. Exception faite pour les gardes responsables de la patrouille nocturne. Comme à son habitude, l'être aux yeux vairons commença différentes séries d'exercices visant à renforcer ses capacités physiques et musculaires. Puis, il s'entraina silencieusement à l'épée. Une leçon d'escrime contre lui même, visant non pas à travailler des mouvements connus mais en exploiter les faiblesses. Ses feintes, aussi rapides et techniques furent elles n'étaient pas parfaites. Et il fallait qu'il change cela. Deux heures plus tard, les Serres s'éveillaient enfin. Essuyant son visage, le reikois salua les premiers arrivés dans la cour. Les premiers à fouler la terre battu pour leur entraînement. Se mettant sur le côté, Deydreus laissa ses hommes commencer leurs pratiques tandis qu'il se servait à boire. Tulkas devait encore être officiellement nommé Serres Pourpres. Il devait encore officiellement lui offrir sa livrée.

    Mais pour cela, il fallait déjà qu'il voit dans quel état d'esprit était l'ancien gladiateur. Une première nuit hors de l'arène. Hors du luxe pitoyable auquel il s'était habitué. D'une certaine façon, Deydreus pouvait comprendre les pensées de Tulkas, lui qui était habitué à connaître la crasse, la fange et la terre ensanglantée s'était retrouvé chef de toutes les armées et considéré comme une légende vivante. Pourtant, en son cœur, il était encore l'officier haut gradé qui pratiquait les missions sales. Les guerres sans bannière. Les meurtres sans distinction et, surtout, l'absence de pitié envers ses ennemis. Au moins, sur ces derniers points, peu de choses avaient changées. Quittant finalement ses pensées, la Griffe détourna son attention sur le guerrier culturiste qui venait d'arriver.


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    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

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  • Ven 21 Juil - 19:45
    - Tu n’arrives pas à trouver le sommeil, hein ?

    Il était effectivement là, les coudes appuyés sur la rambarde de bois qui surplombait le sable d’un terrain d’entrainement, revêtu non plus de son armure de gladiateur mais d’une simple paire de braies, de bottes et d’un pourpoint sable et gueule.

    Ses cheveux, déliés, tombaient sur ses épaules dans une cascade brune et sa barbe, pourtant autrefois si bien taillée était hirsute. Il avait toujours sa coquetterie de porter deux anneaux d’ors a ses oreilles. Mais hors de ça, il était bien loin de ressembler a ce qu’il avait pu être en cet instant. Même si l’habit ne fait pas le moine, il avait les atours, mais pas le port d’un soldat.

    - Pas vraiment.

    Avait-il fini par confier, laconique, à son interlocuteur dont il ignorait le nom, l’histoire et le rang. Il était dans la caserne avec lui, avec les autres Serres, c’était donc un frère d’armes. Et devait-on se cacher de ses frères ?

    - Qu’est-ce qui te travailles comme ça, le bleu ?

    Une boucle d’or plongea et l’autre vint toucher sa joue alors qu’il tournait la tête lentement vers la voix qui lui parlais. Il ne s’était toujours pas fait à l’obscurité de la coursive. Devait-il se sentir insulté par cet état de fait ? Après tout il était la dernière recrue en date, le « bleu » du régiment. Pourtant, au fond de lui, il était persuadé qu’il pouvait venir à bout d’un bon nombre des soldats d’élites en un contre un, qu’il était plus fort que presque tout ceux qui osaient l’appeler le bleu, qu’il allait leurs bri-

    - Si j’savais, j’serais pas là.

    Répondit-il, réprimant cette arrogance qu’il tentait de faire taire en redressant un peu les épaules, mains posées à plat sur la rambarde et reprendre un peu de droiture. Ravalant cette bile qui montait, comme si cette colère acide allait calmer les feux de la violence qui brûlaient en lui.

    La main posée à plat sur la rambarde, il tourna la tête vers l’homme d’armes qui était venu s’inquiéter de l’insomnie de son compère, l’intention était bonne, louable même. Après tout, ce sont ces petits riens qui forgent des liens solides entre des frères d’armes. Mais pour que ce genre d’intentions soient fructueuses, il fallait hélas que les deux parties soient prêtes à l’accepter et Tulkas, lui, refusait toute compassion. Et Tulkas se renferma dans son silence, ce n’est qu’au son d’un soupir suivi de pas qu’il savait qu’il avait retrouvé la solitude qu’il recherchait. Aussi, s’autorisa-il à plonger à nouveau dans ses pensées et ces émotions qui tourbillonnaient en lui.

    Pourquoi rester ici ? Pourquoi subir toutes ces humiliations et cette pitié alors que là-bas, à une dizaine de pâtés de maisons se trouvait une arène ? Il pourrait facilement retrouver un autre mécène, un nouveau maître voir même, demander à retrouver Sau’inn, Oreste et Vagirhn. Retrouver sa place à Taïsen avec son luxe, ses facilités et vivre encore quelques glorieuses années dans un faste qui ferait pâlir le Cœur de jalousie jusqu’à ce que finalement un nouveau lionceau vienne le mordre à la gorge et lui offrir une mort de gladiateur.

    Le confort de sa couche molletonnée lui manquait, le bon vin, la bonne chaire et les muses qui venaient habiller ses soirées de musique et ses nuits de soupirs, lui manquaient. Il était là, vêtu d’un pourpoint un peu trop petit qui taillait hélas trop court, dans des braies de lin dont les fibres lui donnaient l’impression d’être du papier de verre, dans des bottes qui ne lui convenaient pas. A être « le bleu » alors qu’il avait été « le lion », perdre toute sa gloire, aussi éphémère soit-elle pour la promesse d’une gloire potentiellement immortelle.

    Et tout ça pour quoi ? Pour avoir fini les genoux dans le sable face à des paysans. Avoir frôlé la mort contre ça, le rendait furieux. Est-ce que ça en valait la peine ?

    La nuit avait été longue.

    Le repos des soldats avait été profond. Après une journée de combats et de marches, le sommeil avait été lourd et pourtant, au réveil. Les trente soldats d’élites étaient déjà parés. Le rassemblement du matin avait eu lieu et c’était comme à son habitude Ikaryon qui passait en revue l’équipement de ses frères d’armes. Leader naturel, le rôle lui incombait tout naturellement.

    - Où est le bleu ?

    Gorrek plaisanta sur le fait que l’princillon devait encore être endormi, Mitch surenchérit sur le fait qu’il devait être encore entrain de se chier dessus à l’idée d’intégrer l’élite de la Kyrieille. Pourtant, après une trentaine de secondes – période de grâce accordée à la recrue suite à ses blessures de la veille – le gladiateur devenu soldat ne s’était toujours pas présenté.

    - Y’en a un qui va tâter du fouet. Lança Mitch.
    - Eh, si ça se trouve ça lui manque. Répondait Gorrek.

    Pourtant, le soupçon de la désertion faisait toujours son petit bout de chemin. Jusqu’à ce qu’un aide de camp ne vienne informer Ikaryon de la situation.

    - Vous m’avez demandé, m-

    Tulkas déglutissait, il n’avait pas dormi de la nuit et même s’il ne montrait aucun signe de fatigue dans sa façon de s’exprimer ou dans son langage corporel, on pouvait facilement deviner à ses yeux brillants que la nuit n’avait accordé aucun repos à la nouvelle recrue. Dans cet instant qui, en vérité, ne durait que le temps d’un battement de cœur, le soldat avait dégluti.

    - Vous m’avez demandé, commandant ?

    Il était toujours revêtu de ce pourpoint – qu’il avait fermé par décence – afin d’être présentable. A sa ceinture, une épée réglementaire. Il était évident qu’un passage par l’armurerie s’avérait d’une nécessité cruciale, afin qu’il ait un uniforme et une armure adaptée à sa morphologie. Pourtant, il avait fait l’effort d’être présentable, ravalé ses habitudes langagières.

    La raison de cette entrevue fut rapidement éclaircie par la Griffe, lui demander ce qu’il avait pensé de sa première nuit dans cette caserne, ce que l’absence du luxe et du faste avait eu comme effet sur sa nouvelle recrue. Inspirant longuement, Tulkas répondit.

    - Je mentirais, commandant, si je prétendais que… Il s’arrêta une seconde pour reprendre son inspiration. Ça me manque, commandant. Avoua-il finalement sans détour, d’une honnêteté surprenante par rapport aux échanges précédents. Mon vin épicé me manque, mes festins me manquent, plus que tout, c’est mon lit qui me manque. Il resta silencieux un instant, lèvres plissées dans une étrange moue jusqu’à ce qu’il continue. Mais je ne peux pas m’élever en restant dans un nid douillet. La bataille de la veille m’a donné beaucoup à réfléchir, sur ce que j’ai à apprendre, sur ce que je peux devenir, sur ce que je souhaite être. Il marqua une pause. Commandant, si vous me l’accordez, je souhaite devenir le meilleur guerrier, le meilleur soldat que je puisse être. Je veux devenir libre et choisir à qui je donne ma loyauté. Et je souhaite être l'une de vos Serres, Deydreus. Avec votre bénédiction, j'aimerais rejoindre les autres pour les entraînements du matin.
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    Deydreus Fictilem
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  • Sam 22 Juil - 11:38
    Croisant les bras, Deydreus observa Tulkas qui venait à sa rencontre. Derrière lui, les Serres reprenaient leur entrainement, sans se soucier véritablement de ce qui allait se passer. Pour les fantassins, il était évident que le gladiateur avait fait ses preuves, qu'il méritait sa place. Malgré son manque d'entrainement et de cohésion. Malgré sa mentalité encore salie par la crasse de la gladiature. Le guerrier aux yeux vairons trouvait quelque part cette situation un peu triste. Encore plus lorsque l'enfant de Taisen lui raconta son manque. Le luxe. Le confort. Un poison vicieux qui corrompait la chair et l'esprit. Malgré sa position, malgré ses nouveaux titres, Deydreus se promettait de ne jamais tomber dans cela. C'est pour cela, aussi, qu'il partait aussi souvent en mission. Et peut-être aussi pour cela qu'historiquement, ses prédécesseurs faisaient de même. Il ne voulait pas que les Serres deviennent l'équivalent des gardes royaux. Des potentiels gâchés à se tenir devant une porte. A se balader dans le palais en écoutant les rumeurs de couloirs et en se souciant plus des intrigues politiques plutôt que dans leur rôle de grand combattant. Enfin. Ces inquiétudes seraient tournées vers l'avenir. Pour l'heure, ses hommes étaient ce qu'ils avaient toujours été. Des hommes d'armes. Des troupes d'élites entrainées à tuer et saigner pour lui. Pour l'Empire. Et en retour, il leur faisait la promesse de saigner tout autant. Quand Tulkas acheva ses derniers mots, le bretteur aux deux lames quitta ses pensées pour inviter son nouveau frère d'armes à le suivre.

    Menant l'ancien gladiateur au cœur de la cour, Deydreus se retourna finalement tandis que le reste des Serres cessait leur entraînement pour former un cercle plus ou moins régulier. Chacun des guerriers noir et sang rangea son arme, tandis que la Griffe sortait quand à lui la sienne, faisant face à l'homme à la peau mate. Puis, dans un geste sec, le guerrier s'ouvrit la paume, projetant plusieurs gouttes sanglantes dans le sol boueux du terrain d'entrainement. Ancrant son regard bicolore dans celui de son hôte, il prit alors la parole.

    - Sors ton arme et lâche la. Fais la retomber dans la boue et le sang une nouvelle fois. Il attendit que le gladiateur ne s'exécute, avant d'enchainer. En rejoignant nos rangs, tu devras prêter serment. De ton propre chef. De ton propre cœur. Tu ne rejoins pas un simple bataillon. Tu te lies jusqu'à la mort à une meute. Un organisme fonctionnant ensemble et dont l'articulation se fait sans défaut. L'entraînement sera dur. Long. Pénible. Mais il portera ses fruits, si tu décides à franchir ce pas. A nous rejoindre. Sinon, tourne les talons et pars. Et retourne dans l'ombre que la fausse lumière de la gloire projetait sur toi.

    Marchant doucement dans le cercle, Deydreus dévisagea chacun de ses hommes présents, lisant sur eux la même impression que ce qu'il ressentait. Il était fier. Fier de ce qu'ils avaient accompli et de ce qu'ils pourraient faire dans l'avenir. Tulkas n'était encore qu'un potentiel brut, mais il deviendrait un grand soldat. Deydreus en était certain. S'arrêtant finalement pour refaire face à l'ancien gladiateur, il reprit.

    - Tu seras brutal avec tes ennemis. Autant que tu le souhaites. Tu seras violent, autant qu'il le faudra. Furieux. Acharné. Jamais je ne te reprocherais de t'acharner sur nos ennemis. Jamais je ne t'en voudrais de répandre leur sang. Mais tu devras composer avec tes frères. Apprendre à te battre avec eux, et non devant. Jamais je ne te demanderai de ployer le genou, si ce n'est pour t'élever. Ce que je te demande, c'est ta loyauté. A moi. A Alasker. Aux autres Serres. Considère mes ordres comme absolus. Et jamais je ne jugerais tes actes à l'encontre de ceux qui nous font face.

    Il s'arrêta de nouveau, rangeant finalement Silence dans son fourreau et fixant Tulkas de ses yeux bicolores.

    - Reprend ton arme, Tulkas. Non pas comme un esclave. Non pas comme un gladiateur. Mais comme un homme libre. Comme un membre des Serres Pourpres. Sois acteur des guerres que nous mènerons. Sois le peintre qui remplira la toile de notre histoire d'un écarlate flamboyant. Il tendit alors sa main au gladiateur, attendant au préalable qu'il ne ramasse son arme. Et deviens notre frère d'armes. Rejoins notre meute.

    Attendant de nouveau la réponse de l'intéressé et la confirmation officielle de ses intentions, le guerrier étira par la suite un léger sourire tandis que les autres membres du bataillon noir et sang n'applaudissent la venue de leur nouveau frère. Tapotant doucement l'épaule de l'ex gladiateur et l'invitant à le suivre, Deydreus mena ce dernier jusqu'à l'armurerie officielle des Serres Pourpres. Là bas, de nombreuses armures siégeaient silencieusement sur des présentoirs tandis que les râteliers d'armes se voyaient remplis d'une multitude d'équipements n'attendant qu'à être utilisés. De grand tabards aux couleurs de la Griffe et de sa troupe, ainsi que des boucliers peints du blason des Serres se présentaient aux deux visiteurs comme des femmes attendant le retour de leur mari. Se tournant vers Tulkas, le reikois aux yeux vairons lui fit signe d'entrer.

    - Maintenant, et pendant que je vais remplir les derniers papiers nécessaires à ton intégration. Choisis ton équipement. Prend l'armure qui te semble la plus intéressante. L'arme qui te sied le plus. Et s'il le faut, va à la forge, à deux rues d'ici. L'artisan travail pour nous. Il saura ajuster les sangles et les potentielles pièces qui n'iraient pas à ta morphologie. Il s'arrêta, étirant un léger sourire tandis qu'il laissait son nouveau frère dans la pièce. Et bienvenue chez les Serres Pourpres. Bienvenue chez les hommes libres. Tu verras, la paie d'un soldat d'élite vaut largement celle d'un champion d'arène.

    Un nouveau rire, plus franc cette fois, tandis que la Griffe s'en va. A présent, place à l'administratif. Et à l'ennui qui l'accompagnait. Pourquoi diable Usha n'était-elle pas là aujourd'hui?


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    " Vous, dont la liberté n'est possible que grâce à la rigueur d'âmes plus pures que la votre, ne vous croyez pas libres, vous n'êtes que protégés. Votre liberté est un parasite, vous vous appuyez sur l'énergie des hommes honorables et n'offrez rien en retour. Vous qui avez apprécié la liberté et qui n'avez rien fait pour la mériter, votre heure est venue. Cette fois vous devrez combattre seuls. Maintenant, vous allez devoir payer votre liberté passée de votre sang et de votre sueur. Car il n'y a pas de paix, seulement la Guerre. Et lorsqu'elle se montrera, elle n'épargnera personne. "

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