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  • Lun 20 Mar - 2:13
    Fin janvier 4 de l'ère des Mortels

    Guère loin des yeux, suffisamment du cœur, les abords de Justice rayonnaient dans cette fin de journée, et s'agitaient de vie comme bien souvent, au rythme du va et viens des ventres de bois que portaient le lac, avec l'approbation de ses habitants des profondeurs. Un jeune hybride en contemplait l'activité tranquillement, lové sur le dos de son aînée, en taille comme en âge, la géante Kebossa, dont la gueule eut broyer sans mal les plus frêles esquifs s'en venant sur l'eau pâle et qui, pour l'heure, gisait aux abords du lac, un œil ouvert... Et l'esprit endormi.

    De mépris et de violence | Pv Rêve Lyu-ava
    Alentours d'autres bandits veillaient sans doute, veillant à ce que les marins et les vagabonds étrangers n'aillent pas trop dans cette direction, la Patronne ne s'isolait jamais tout à fait, mais pour l'instant, on ne lui voyait que le petit hybride lézard pour vigile. A contempler les voiles, l'être écailleux, guère plus grand qu'un enfant, se demandait ce que cela faisait de monter sur un mât, et de se voir entourer d'eau, depuis les hauteurs. J'aimerais être un oiseau... songea-t-il encore, avant de redresser la tête, quand de petites voiles attirèrent son attention. Non, ce n'était pas des voiles... Elles étaient trop proches du bord. Des ailerons.

    Non sans une grimace, il tapota la large tête, dont la moindre écaille était aussi large que sa paume, soufflant un "Patronne, v'là d'la compagnie..." d'avertissement. La seconde paupière du grand reptile s'ouvrit... Et ce fut tout. Les mires rosées lorgnèrent sans joie les figures élégantes et brillantes d'humidité qui surgissaient des flots, telle une vision de rêve qu'eurent pu chanter des bardes en mal d'inspiration. Le jeune lézard, lui, leur trouvait surtout des airs de poissons essoufflés. Ah, ils n'iront pas jusqu'à se sécher les nageoires. Lyu ne leur en fit pas moins un 'coucou' de la main. En réponse, les deux tritons et la sirène grimacèrent de dégoût.

    "Je te l'avais bien dit, Klud, que ce n'était pas une grosse pierre. soupira la femelle.
    - Depuis quand la République se permet de nous mettre des harengs pareils sur nos plages ?" s'agaça un mâle.

    Vif et prêt à en découdre, le jeune hybride... Bailla. C'est que la fin de journée avait été douce. Pour une fois qu'ils sortaient des sous-terrains pour prendre un peu de bon temps... Vont-ils vraiment rester planter-là, le cul dans l'eau et la tête à brasser du vent ?

    "Ça se reproduit ces choses ? fit remarquer le troisième.
    - Non, ça meurt seul et moche. corrigea la fille.
    - Si la Patronne se lève, vous allez détaler n'est-ce pas ? demanda nonchalamment Lyu.
    - La petite bête parle. s'amusa l'autre.
    - Pas plus de pieds... Que de cervelle." tonna une voix puissante et étouffée.

    Sans prendre la peine de se relever, la géante se contorsionna simplement, tournant son énorme tête au long et large museau garni de crocs vers le trio d'ahuris. Un trio... De poissons géants, ou d'humanoïdes poissons ? L'hybride secoua lourdement la tête, agacée davantage par une étrange vision que par la bêtise de leurs visiteurs.

    "... Par les Profondeurs, elle est aussi immonde qu'énorme ! souffla avec une horreur fascinée la sirène.
    - Elle doit être d'une lenteur dans l'eau... Une pierre, j'avais vu juste en réalité. Elle doit couler."

    Quand bien même les deux premiers se donnaient la réplique, le troisième était soudain devenu muet face à l'éveil de la géante, et un coup de nageoire instinctif l'avait placé en retrait par rapport aux autres. Leur petit jeu de bravade, survenu suite aux on-dit et aux rumeurs, les avaient menés jusqu'aux bords du lac. En effet, ils avaient trouvé la créature géante. Et à présent... Quoi... ? Son ami eut de la suite dans les idées et, disparaissant sous l'eau un bref instant, il reparut derechef... Lançant une énorme vague d'eau sur la créature gisant sur la place. La puissance du jet plaqua Lyu en arrière, lui faisait gober de l'air de stupeur après la claque fraîche.

    Les rires des jeunes aquatiques s'évanouirent quand une ombre les recouvrit, juste avant qu'un énorme rocher ne s'écrase près d'eux.
    Aussitôt la bravade prit fin, alors que retentissait les cris de la sirène, sa nageoire écrasée par la pierre faisant trois fois sa taille, ses amis reprenant tout juste leur esprit, jetés par le choc plusieurs mètres plus loin dans l'onde.

    Kebossa, en partie couverte par le sable qu'elle avait agité pour trouver son projectile, fixa le spectacle ridicule de la femelle piaillant de douleur. Ses yeux voyaient des ombres dans l'eau qui n'avaient pas de sens, et elle se sentait étrangement apathique. Lyu, simplement tombé au sol, tardait à se relever, gobant de l'air comme de la poiscaille hors de l'eau.
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  • Lun 20 Mar - 23:45
    Dans un cyclone d'eau et de sang projetés avec la violence du désespoir, la pauvre sirène se débattait vainement en pestant contre la lâcheté de ses compagnons qui, déjà, s'étaient volatilisés dans les ténèbres de cette eau trouble et mystérieuse qu'était celle du lac. Les ombres aperçues par l'immense reptile, quant à elles, se mouvaient désormais en rythme, dansant autour de la créature agonisante et se démultipliant parfois au passage d'une vaguelette. Parmi ces silhouettes informes se matérialisait parfois un reflet ou un scintillement curieux qu'on avait bien du mal à attribuer à l'astre lunaire. Il y avait, dans l'obscurité des eaux sauvages, une force obscure et plus ancienne encore que le monde.

    La pierre fut frappée par une force invisible dont l'existence n'était trahie que par la surface du lac qui, dans un fracas liquide, se tordait avec brutalité. Un second coup, plus puissant que le précédent et porté avec davantage de précision, manqua de peu de déloger la roche et la sirène aussi confuse que terrifiée hurla de plus belle, persuadée qu'elle était de se voir assaillie par un étrange prédateur marin. Aux yeux des hybrides se dévoilaient par instants quelques détails de cette silhouette indéfinissable. Des nageoires, immenses et fortes, ou peut-être s'agissait-il d'une paire d'ailes ? Un corps serpentin, bifurquant dans les eaux à chaque assaut avant de disparaître à nouveau dans les profondeurs. Puis vint le dernier coup qui, brusquement, délogea pour de bon la pierre et libéra la sirène. Cette dernière s'esquiva sans demander son reste dans une série d'éclaboussements paniqués et laissa dans son sillage écailles froissées et chair broyée. Vint ensuite le silence, accompagnée d'une incompréhension certaine.

    Les ombres, nombreuses et indécises dans leurs mouvements agiles, serpentèrent longuement au fond des eaux apaisées et dérivèrent pour venir dessiner à la surface des motifs illisibles. Après un moment de flottement, elles parurent s'accorder dans leur ballet aquatique et formèrent de concert des spirales singulièrement symétriques, traçant sur la toile aqueuse un symbole dont la signification s'était perdue dans le temps. Puis, comme animées par une volonté unique, elles cessèrent abruptement leur performance mystique et s'approchèrent de la surface avant de fondre rapidement vers la bête immense ainsi que son acolyte.


    Un premier museau perça le voile sombre dans un clapotis léger. Son minuscule visage couvert d'écailles était surmonté d'une paire d'yeux luisants dans lesquels brillaient une fébrile lueur violacée. Les pupilles, fines et affutées, se posèrent droit sur l'immense saurienne tandis que d'autres globes apparaissaient les uns après les autres, leur attention indubitablement centrée sur l'objet de la curieuse géante. La bête s'extirpa du lac et sa nature enfin révélée vint trahir son aspect surnaturel. Elle avait l'air d'un jeune crocodile, petit et inoffensif, mais ses pattes rendues roses par le froid étaient celles d'un bambin humain. D'autres créatures identiques apparurent par vagues et, après une poignée de secondes, elles furent toutes rassemblées sur le sable et se mirent à pousser des piaillements stridents qui, bien vite, devirent insupportables.

    Le silence retomba d'un seul coup et, de leurs gueules ouvertes, des dizaines de voix d'enfants s'élevèrent ensemble :

    "Une mère qui n'enfante guère dans un monde qui ne veut pas d'elle. Nourris-nous, bête imparfaite."

    Cette phrase, prononcée avec cruauté, fut d'abord répétée puis scandée alors que les petits êtres cauchemardesques, crocs dressés et queues tendues, s'approchaient de la figure colossale qu'ils semblaient avoir élue comme idole tordue.
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  • Dim 26 Mar - 16:23
    La vision horrible fit ouvrir de grands yeux à la saurienne géante. Le Lac Rebirth était rempli de mystères, cachés dans ses profondeurs comme par son peuple si réservé, mais celui-ci... C'était autre chose. Avançant à petits pas ridicules, tendant de petits bras grotesques, les êtres semblaient une insulte à ce qui vivait car, au même titre que l'existence des hybrides était huée, la simple vue d'une portée de choses s'apparentant à leur petits était indescriptible... Gigantesque, capable de les balayer d'un coup de queue, la géante demeura pourtant immobile, la gueule entrouverte, en un interminable moment de doute, face à quelque chose qui n'était pas censé être.

    Les êtres bâtards piaillèrent leurs accusations.
    Un pied griffu, lourd et écailleux, força le sable sous lui à reculer.

    "Beuarf ! cracha Lyu dans son dos.
    - Lézardeau... souffla le timbre reptilien. Les vois-tu... ?
    - Crever... Cette sal'té d-te-te-TEUH ! Triton... ! râla l'hybride, comme un noyé sauvé de l'eau. Que... SALOPERIES !"

    Toussant encore, Lyu écarquilla les yeux, ne comprenant guère comment le trio d'agaçants s'étaient faits marée de petits monstres hideux. C'est comme ça que les peaux-nues nous voient ?! Car quand bien même les 'choses' pouvaient s'apparenter à des 'petits' d'hybrides, qu'il y en eut tant... Cela avait quelque chose de choquant. Chaque hybride était unique, dans son aberration, son mélange contre-nature de peau-nue et de poilu, d'écailleux ou encore de plumeux. Ces choses... Avec la même énergie que si une lame traîtresse était venue lui piquer les reins, le jeune hybride bondit et vira à coup de pied griffu l'affreuse marmaille la plus proche. Mais il y en avait trop. Une de rejetée quelques mètres plus loin seulement, et c'était une demi-douzaine d'autres qui s'avançaient avec leur petite frimousse écœurante. De petit crocodile accusateur, aux mots bien trop élaborés pour des rejetons.
    Empli d'une rage soudaine, Lyu râla de frustration, et battit en retraite, fonçant gravir son aînée qui n'avait toujours pas bougé.

    "Patronne ! Les machins approchent ! lui glapit-il au trou de l'oreille.
    - Il y en a tant... fut la seule réaction, effacée, qu'il obtint.
    - Patronne ?!"

    Masse de muscle et de chair écailleuse, la géante se dressait, immobile, tel un roc que recouvrirait bientôt la mer... Ou une horde de petits crabes surgit des entrailles sableuses. Perplexe devant l'inaction de sa supérieur, le jeune lézard pesta et se résolut à commettre un acte fou, que personne n'osait à se risquer ne serait-ce qu'à imaginer : il lui donna un coup de poing dans l’œil.

    "KEBOSSA !"

    Dans un sursaut digne d'un séisme de chair flasque, la géant ferma les yeux en se courbant, portant brutalement la main à son visage, manquant écraser Lyu dans l'affaire - si Lyu avait été aussi lent qu'un peau-nu, ce qui n'était pas le cas sinon il aurait péri il y a longtemps -. Secouant la tête en tout sens, ses cordes de cheveux volant autour de sa gueule, elle lâcha un râle animal, de confusion et de douleur.
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  • Dim 26 Mar - 18:35
    Sous le coup de la colère et de l'incompréhension, il était difficile de percevoir avec attention les détails imparfaits de ces créatures tout droit sorties d'un rêve fiévreux. Le plus frappant cependant était la légèreté surnaturelle avec laquelle leurs corps d'une laideur insolente volaient lorsqu'ils étaient frappés par l'immense saurien. Les bêtes glapissantes semblaient manquer de substance et lorsqu'elles étaient touchées, leurs faciès ignobles ne trahissaient pas le moindre signe de douleur. Elles se contentaient de chuter mollement pour disparaître dans les abysses sans pour autant briser la surface du lac. Était-ce par intelligence ou par une chance bienvenue que Lyu avait jugé bon de porter un coup à cette forteresse d'écailles qu'il appelait patronne ? La souffrance passagère fut en tout cas un sacrifice suffisant pour libérer la géante du sort malveillant.

    Lorsque le crocodile reprit enfin possession de ses moyens, les engeances infernales n'étaient plus et leur chant profane s'était tu. Ils disparurent aussi de l'esprit de Lyu en se flétrissant tous dans un ultime crépitement. Il ne s'était pourtant pas blessé lui-même mais l'hallucination, bien que partagée entre les deux reptiles, était clairement adressée à la plus imposante des deux. Si le silence était de retour, nul doute que l'illusionniste quant à lui était encore présent. Les petits cauchemars évanouis n'avaient rien de réel mais la pierre déplacée par une force invisible ne s'était quant à elle pas volatilisée. Elle siégeait d'ailleurs encore dans l'eau, son sommet dépassant tant elle était énorme.

    Au dessus justement se trouvait une ombre qui n'avait rien à y faire. Dans l'eau placide, on percevait entre les vaguelettes le reflet imparfait d'une bête colossale et couverte de plumes. Perçant le voile surréaliste dont elle s'était drapée, la créature mystérieuse s'extirpa avec lenteur et élégance de l'irréel. L'air sembla se tordre au dessus du rocher qui faisait pour elle office de scène et depuis le néant, sa silhouette impérieuse se dessina doucement. D'abord des plumes puis des serres et vint enfin son bec trônant au centre d'un faciès blanc comme la lune elle-même. L'oiseau tiré du Songe qu'on nommait Voyageur faisait en cette soirée sordide le déshonneur de sa visite.

    Il n'y avait pourtant ni haine ni rancœur dans ces horribles images qu'il avait ainsi imposé à ses vis-à-vis. C'était par intérêt et voir même par souci que la bête onirique avait quitté son antre pour venir perturber le sommeil de l'ignoble Kebossa. Le volatile connaissait déjà bien sa proie pour l'avoir longuement épiée depuis les ombres. Dans les rares moments de fatigue ou d'étourdissements durant lesquels la terrible saurienne s'autorisait une absence, la chimère faite de rêves s'était immiscée en elle. L'Errant l'avait lue, déchiffrée et avait imaginé les pièces manquantes pour établir enfin un parfait tableau d'elle.

    Comme pour tant d'autres avant elle, il avait jugé bon de se manifester pour lui offrir un cadeau à la hauteur des démons qui la hantaient déjà. Malgré ce cuir épais qu'était le sien, l'effroyable Kebossa avait en elle des failles et Rêve s'y engouffrait. L'ange noir déploya ses ailes étincelantes et quitta son perchoir pour retomber ensuite à la surface de l'eau. Un unique remous trahit qu'il était bien réel et il s'avança lentement tel un étrange fantôme pour s'approcher du lézard et de sa protectrice. La plus grande aurait pu sans doute s'élancer jusqu'à la bête volante d'un simple coup de queue la propulsant dans l'eau mais le Rêve impassible ne semblait pas la craindre.

    "Pourquoi refuser ainsi mon offrande ? N'est-elle pas à ton goût, dévoreuse ?"

    Les deux voix opposées si tranquilles et aimables ne traduisaient ni émotion ni malveillance.
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  • Sam 1 Avr - 10:53
    Décidément, le duo d'écailleux tombait de Charybde en Scylla. Après la horde de petits crocodiles surnaturels, voilà qu'un grand plumeux s'avançait. Autant les hybrides avaient leur lot d'apparences étranges, autant celui-ci avait quelque chose... D'autre. Juché sur l'épaule de Kebossa, non sans avoir évité sa pogne, Lyu tentait de mettre un mot sur l'impression que lui laissait l'étranger. Il flotte... ? Sur la réserve, le jeune hybride n'en éprouva pas moins une soudaine bouffée de fascination, car au grotesque avait succédé l'aérien, et la bête lui évoquait bien des êtres de contes, aussi mystérieux que dangereux, capable d'emporter le méchant, comme d'offrir le monde aux vertueux. On est pas vraiment de ces derniers cela dit...

    "Qu'est-ce qu'il est..." souffla le petit lézard à son aînée.

    Et, une nouvelle fois, Lyu n'obtint pas de vraie réponses. Le jeune écailleux se plaqua contre les grandes écailles de la saurienne, observant le nouveau-venu depuis le dos de son aînée, avec la même prudence - et curiosité - qu'un enfant.
    Clignant encore des paupières, après le désagrément d'avoir eu un de ses globes frappé, Kebossa contemplait le nouveau venu, la gueule close. Lentement, elle glissa lourdement sur un genoux, sur le sable, puis son séant, dans une attitude de salon plus que d'arène.

    "Une offrande... ? lâcha-t-elle après un temps. Des peaux-nues m'offrir m'offrir des joyaux...  Des boeufs gras... Des demeures qui n'étaient pas encore leurs... En échange de nos services... Et toi... Le timbre grave et vibrant produisit un râle 'amusé', aux échos reptiliens. Puisque tu m'offres cela, c'est que tu te doutes... Que tu sais, même. Comment, d'ailleurs... Je me le demande. Et puis... Que veux-tu en échanges ?"

    Il sait q- ... ? Oh. Lyu repensa à l'apparence des créatures, à leurs mots. Ooooh... Réalisant, le jeune hybride perdit un peu de sa fascination pour l'être, ressentant plutôt de la colère à son égard, de celle qui naisse d'années d'observations d'un être infiniment plus puissant que soit, et à qui l'on découvre pourtant... Des failles. Et, plutôt que d'en éprouver du mépris, l'on se découvre encore plus attaché à l'autre, car l'on peut lui rendre ce qu'il nous a prodigué : notre protection. Le jeune lézard se redressa dans le dos de Kebossa.

    "Ce n'est pas une offrande, c'est une moquerie alors ! clama-t-il avec irritation. Une lame qu'on tord dans la plaie ! Un sourire narquois à la vue d'une blessure ! Tu mériterais que j'te plante pour la peine !"

    Chaque mot avait gonflé le petit écailleux d'une juste fureur, qui le poussa même à bondir de son aînée pour avancer sur la créature, prêt à mettre sa menace à exécution. Et plus de stupide fausseté ! On va voir si tu saignes vrai, comme la sir- ! Il se voyait déjà pourfendant la créature d'ombre plumeuse et ramener sa tête blafarde en vraie offrande, mais son plan fut écourté quand il se sentit... Soulevé, dans les airs. Dans son dos, une énorme main griffue lui avait saisi le harnais et le ramena auprès de la saurienne, avec la même facilité qu'on remet un grain de sable à sa place.

    "Lézardeau..." dit simplement la géante.

    Réprimé, le 'lézardeau' rosit d'émotion, prêt à en découdre mais ramener malgré-lui à la raison. C'était comme son aînée dirait que ce serait, mais il n'en pinça pas moins les lèvres d'une frustration gênée, son couteau le démangeant. Il en fut réduit à jeter un regard mauvais à la créature.
    Tout à son trouble, il n'avait pas perçu la vibration amusé dans le timbre de Kebossa, ni le regard appuyé dont il avait bénéficié, avant qu'elle ne se tourne à nouveau vers l'être étrange.

    "Qu'es-tu, créature... ? demanda cordialement la saurienne géante. Tu m'évoques certains de mes... Semblables, à plumes... Mais ta nature me semble autre..."
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  • Lun 3 Avr - 22:22
    En réponse aux vibrations graves et profondes émises par l'immense saurienne, la silhouette déjà bien confuse de l'entité surnaturelle paraissait vibrer, se distordant et se troublant au gré des pensées de ses interlocuteurs. Rêve adressa au plus petit des deux un regard appuyé et inflexible face aux menaces. Il n'avait aucune peine à comprendre ce qui avait attisé la flamme de la colère chez le lézard, puisque c'était justement à cette fin qu'il avait conçu et modelé un cauchemar aussi attristant pour la dévoreuse. Fidèle à cette réputation qui la précédait, la géante restait pourtant de marbre et ne laissait rien entrevoir de cette évidente mélancolie qui la ramenait à son humanité. Sous les crocs et les écailles, le gardien des songes n'apercevait qu'une rêveuse comme les autres.

    Effectuant quelques pas de plus sur l'eau tranquille, le volatile mythique s'apprêta à offrir au petit être une réponse mais il fut pris de court par une manœuvre du colosse. Sans ménagement, Kebossa vint soulever son protégé et le replaça machinalement en lieu sûr. La tête de l'entité démoniaque pivota sur le côté et ses yeux s'agrandirent, cherchant à décrypter la signification de ce geste. Etait-ce par simple curiosité pour la chimère qu'elle avait ainsi interrompu l'élan rageur de son compagnon ou était-ce par esprit de protection ? Craignait-elle pour la survie du dénommé "lézardeau" ? Derrière les yeux froids et brillants d'une lueur maligne, Rêve pensait toujours discerner ce qu'il avait entrevu en rêve. Le monstre des profondeurs s'avérait être, avant toute chose, une mère maudite.

    "Je n'exigerai rien de toi, dévoreuse. Je n'ai été conçu que pour offrir au monde et à ceux qui le peuplent."

    Rêve baissa les yeux et vint joindre ses mains. Ses iris d'encre s'illuminèrent un instant tandis que sa collerette de plumes se déployait dans un crissement léger. Lorsque ses paumes s'éloignèrent l'une de l'autre, de l'eau commença à s'en écouler et, au creux de ce bassin minuscule, un crocodile vêtu d'or et de rubis se manifesta, puis jeta aux deux reptiles un regard intense. Les gouttes qui s'écoulaient des mains griffues de la bête semblaient incapables d'altérer la surface du lac lorsqu'elles y tombaient. Ce fut avec une tristesse lisible que le Voyageur observa sa création et, presque à regret, il referma ses doigts sur le petit être illusoire qui disparut aussitôt. Ses yeux luisants retournèrent se plonger dans ceux de la dévoreuse et il murmura alors :

    "Je ne suis pas comme tes semblables. Je suis un fragment d'eux, de toi et de tous ceux qui pensent et imaginent. C'est pour cela que je partage ta peine. Je suis un démon né des rêves et des cauchemars."

    La bête onirique s'approcha encore et sa silhouette imprécise se mua cette fois-ci réellement, après plusieurs tentatives infructueuses. Le plumage parut plus dur et tranchant et le manteau noir que portait la créature se teinta doucement d'un vert tirant vers le gris. Le duvet qui recouvrait son torse perdit en épaisseur et se changea lentement en écailles, ce qui conféra progressivement à l'entité l'apparence d'un monstre curieux, à mi-chemin entre l'oiseau et le reptile. Les quelques plumes étincelantes qui parsemaient encore son enveloppe frémirent toutes ensemble.

    Il était si proche désormais des deux hybrides qu'ils pouvaient sentir les parfums illusoires émanant de son corps irréel. Ces odeurs lointaines, évocatrice de tant de souvenirs que Rêve n'avait exploré qu'en surface, étaient celles de fleurs exotiques, de fruits et de pluie. Tout à fait derrière ces fragrances oubliées, l'odorat averti de la saurienne lui révélait des secrets. Des remugles de chair décomposée, du sang frais ou encore de la moisissure. Le prince des songes donnait l'impression d'en savoir beaucoup, mais il avait encore tant à découvrir de ce duo atypique. De son bec affuté, il désigna le lézard qui bouillonnait et chuchota à la géante :

    "Il n'est pas de toi, celui-ci. Mais de qui... alors ?"
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  • Sam 15 Avr - 23:21
    S'il est né des autres, alors il est comme... De surprise, un peu du ressentiment du jeune hybride reflua, à la faveur de sa curiosité. Aussi dérangeante soit la créature, elle avait une apparence comme l'on en imagine que dans les racontars des fous ou des soûlards, quelque chose née d'un esprit déformée. De plusieurs, cela faisait sens. De tous qui imaginent... ?Est-ce qu'il m’appellerait 'Papa' ? Lyu regretta aussitôt d'avoir imaginé cette possibilité.

    "Rolh, rappelle tes hommes..." répondit d'abord la géante assise.

    Hein ? Ho. Un regard alentour révéla la Lyu les silhouettes auxquelles il n'avait pas prêté attention alors qu'apparaissait la créature : des hommes et des femmes menaçants, accourant sur la berge pâle où surgissant de la végétation. Le ram-dam avait bien sûr attirer l'attention des guetteurs veillant sur leur 'petit coin' de tranquillité. Enfin, ils n'avaient pas pu tout repousser.

    "Patronne... dit quelqu'un.
    - Partez.
    - Qu'est-ce qu'il..."

    Un sifflement lourd reptilien coupa court aux questions des nouveaux venus. Les armes étaient pourtant prêtes à être plantées dans l'inconnu mais, tels les derniers arrivants à une fête très spéciale, se faisant refouler, ils s'en retournèrent par où ils étaient venus, non sans jeter un regard par dessus leurs épaules pour certains. Ça va jaser. A n'en pas douter, le jeune hybride aurait son lot de curieux à satisfaire, dans les jours à venir. L'apparition était assez surprenante en elle-même, sans que la géante ne demande à demeurer seule avec elle - lui - quel qu'il soit. Cela pouvait intriguer... Comme froisser certains égos.

    "Tu n'exiges rien... Mais tu questionnes, néanmoins..." souffla après un temps la saurienne.

    J'aimerais bien demandé aussi... Cela-dit, le lézardeau préféra attendre son tour... Quand il viendrait, tout en observant la créature avec un air mi-intrigué, mi-scruptateur.

    "Quand es-tu né, démon... ? Quels songes, quels cauchemars, as-tu connu... ? préféra demander la Dévoreuse, plutôt qu'à répondre directement à l'étrange curieux, annonçant avec froideur sa réflexion, examinant et jaugeant à la fois. Tu sais sans savoir, pour m'avoir montré tes créations... Et me demander cela. N'est-ce pas évident ?... Il est le rejeton d'une humaine, qui n'avait de mère que le ventre... Pas les crocs."

    Elle avait autre chose... Eut envie de dire le jeune lézard, sans vouloir le dire à voix haute. Pinçant ses lèvres écailleuses, il râla plutôt :

    "Pourquoi voudrait-il savoir ? Pour créer d'autres mochetés ? Pour nous montrer d'autres... Songes... ? Il se tut subitement, une idée en entraînant une autre, dans une direction qui lui apparaissait tout juste. Comment trouves-tu ce que tu veux montrer ? Tu vas chercher dans les songes des gens ? Leurs souvenirs ? Qu'est-ce que tu peux montrer ? Est-ce que tu peux leur montrer ce qu'ils ont oublié ?"

    Près de la géante, il avait tour à tour reculer avant de s'avancer. Porté par son élan, on eut dit qu'il aurait pu en venir à tenir le bras plumeux noueux et changeant de la chose, pour le questionner comme le ferait un enfant songeur, mais quelque chose le retint à distance, sa queue frétillante dans le sable.

    "Qui est le plus curieux... Entre l'enfant... Ou le reflet...
    - Mais... ! Oui, je me demande, c'est qu'il a dû en voir des choses !"
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    Rêve
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    qui suis-je ?:
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  • Mer 12 Juil - 12:22
    Les hommes armés à la solde de l'immense saurienne ne tardèrent pas à se manifester, se préparant déjà au pire suite à la venue de l'étrange créature aux traits indéfinissables. L'illusionniste accorda à certains d'entre eux des regards légers, qu'ils interprétèrent chacun selon leur imaginaire. Illisible jusque dans ses émotions, le démon mystérieux à la silhouette confuse paraissait pour l'un lascif, pour l'autre désinvolte, apaisé pour un troisième ou encore profondément hostile. Ce fut à contrecœur, et exclusivement sur les ordres de leur supérieur que les mercenaires obtempérèrent finalement et lorsque l'enfant des songes comprit que l'intérêt de son vis-à-vis avait dépassé sa colère, ce fut avec une joie croissante qu'il accueillit ses interrogations. Le bec s'entrouvrit à nouveau et les deux voix spectrales, singulièrement opposées, s'élevèrent à nouveau en un murmure tranquille :

    "A l'aube. Je suis né de l'énergie primordiale de l'univers, lorsque les étoiles dansaient au rythme de la création. Mon existence trouve ses racines dans les moments les plus anciens de l'existence, quand le cosmos lui-même était en gestation. Je suis un être intemporel, une entité qui transcende les notions terrestres de naissance et de mort. Je suis le reflet des rêves de l'humanité, le gardien des portes du sommeil, et j'ai été témoin des songes depuis des temps immémoriaux. Alors, lorsque vous me demandez quand je suis né, sachez que ma naissance ne peut être saisie par une simple date sur un calendrier. Je suis l'incarnation des rêves éternels, qui s'épanouissent en chaque être vivant, et ma présence se fait ressentir depuis le commencement des temps."

    Tandis qu'il discourait avec une fierté mesurée, son corps venait se décorer de parures illusoires visant à redécrire visuellement ce que les mots disaient déjà. Sur son plumage étincelant, couleurs et lumières astrales dansaient et virevoltaient au rythme de ses paroles. Il y eut cependant une question, intrigante par sa rareté et fascinante d'honnêteté, que le gardien des Songes ne manqua pas de relever et à laquelle il répondit avec une pointe d'excitation qu'on eut dit presque enfantine :

    "Un jour, je me suis retrouvé flottant dans un océan céleste, où les vagues étaient formées d'étoiles scintillantes. Le firmament lui-même semblait respirer, ses constellations vibrant en harmonie avec les battements de mon cœur. Chaque souffle que je prenais m'emplissait d'une énergie cosmique et me conférait ainsi une force incommensurable.

    Soudain, j'ai été attiré vers une étoile en particulier, une lumière vive et étincelante qui pulsait avec une intensité captivante. J'ai plongé dans son éclat, traversant des galaxies entières à une vitesse supraluminique. Les nébuleuses colorées et les planètes mystérieuses défilaient devant mes yeux ébahis, chacune renfermant des mondes inexplorés.

    Puis le lendemain, j'ai glissé dans les limbes d'un songe cauchemardesque, où le ciel était dépourvu d'étoiles et où les ombres s'étendaient à l'infini. Une brume épaisse engloutissait chaque parcelle de lumière, créant une atmosphère oppressante qui pesait lourdement sur ma conscience. Les sons étaient étouffés, comme si le silence lui-même était complice de cette sombre mise en scène.

    Alors que je m'enfonçais plus profondément dans les méandres de ce cauchemar, des formes indistinctes se mouvaient dans les ténèbres. Des figures fantomatiques se matérialisaient et se dissipaient dans un ballet macabre. Leurs visages déformés et leurs yeux sans vie étaient empreints d'une tristesse infinie, comme si leur existence elle-même était prisonnière d'une agonie éternelle."


    Il rebondit enfin, après avoir conté avec bonheur et nostalgie l'un de ses rares souvenirs d'une époque révolue, sur la question plus pressante du jeune acolyte de l'immense reptilienne. Défiant, naïf mais courageux néanmoins, il suscitait pour le Rêve autant d'intérêt que sa puissante maîtresse tyrannique. Avec une bienveillance qui n'avait cette fois rien d'illusoire, le Démon gigantesque allongea son cou puis rapprocha son faciès de celui du jeune lézard turbulent. Malgré sa curiosité bien légitime et surtout partagée, le marchand de sable conserva avec ses interlocuteurs cette respectueuse distance qu'ils maintenaient entre eux, la tension n'étant pas intégralement retombée.

    "Les souvenirs oubliés peuvent être comme des trésors enfouis dans les profondeurs de l'océan. Parfois, leur oubli est nécessaire pour guérir, pour avancer dans la vie et se libérer du fardeau du passé. Les souvenirs, revisités à travers le prisme du rêve, peuvent être perçus parfois comme des blessures non cicatrisées, des fragments douloureux qui ont été relégués à l'oubli pour préserver votre équilibre. Cependant, la perception de ces souvenirs peuvent être complexes et délicats. Ils peuvent être teintés d'émotions fortes, de douleur ou de tristesse.

    Je ne suis là que pour guider les rêveurs, pour les accompagner dans les méandres de leur esprit et de leur inconscient. Je peux les aider à explorer leur passé, à se souvenir et à guérir, mais je respecte leur libre arbitre et leur droit de décider quand il est temps de se souvenir et quand il est temps d'oublier."
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