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  • Jeu 6 Avr - 18:17
    Un arc-en-ciel sous la tempête
    Feat Dahlia
    L'Elfe a ce quelque chose de sensuel et de voluptueux dans ses gestes, dans sa présence. De la douceur de son toucher, aux traits fins de son visage d'ivoire en passant par le parfum qu'il dégage. Rien n'est laissé au hasard. Une attirance réciproque qui ne peut être ignorée. Des pulsions inavouées qui ne peuvent être réfrénées. Les palpitations qui font frissonner tout son être quand la Fae le gratifie du goût de ses lèvres et de son souffle chaud dans le creux de son cou. Du bout de ses doigts qui caressent sa peau pâle avec la tendresse qui est la sienne. Il ne se souvient pas d'avoir désiré quelque chose autant qu'il la désire elle, ce sentiment indescriptible qu'il n'a plus ressenti depuis si longtemps. Depuis leur dernière rencontre. Chacun de ses mots résonnent à travers lui et stimulent encore un peu plus la passion qui l'anime.

    Il se mit à sourire à nouveau devant ses ailes à la beauté onirique. Les voir battre dans les airs rien que l'espace d'une seconde a de quoi pleinement l'émerveiller. De toute évidence, l'Elfe n'a pas le monopole de l'exotisme et voir la Fae telle qu'elle lui apparaît en ce moment, sous sa véritable apparence, a toujours su le charmer. Eliëndir n'y est clairement pas insensible et Dahlia le sait très bien. Il sent ses jambes se saisir de lui avec une audace nouvelle, elle se saisit de ses lèvres avec une ardeur partagée, incapable de se défaire de ce sentiment qui les unit. L'Elfe se laisse guider au gré des envies de sa partenaire, alors qu'à présent il sent ses doigts glisser dans ses cheveux jusqu'à les défaire. Ils retombent de toutes leurs longueurs jusque dans son dos, le menton légèrement levé pour se fondre dans les yeux ambrés de la Fae le dépassant de quelques centimètres.

    La stupeur peut se lire dans son regard alors qu'il se fige un instant, quand la voix de la Fae résonne directement dans son esprit sans même que ses lèvres n'aient le besoin de se mouvoir. Une nouvelle capacité qu'il ne connaissait pas d'elle, qu'il ne suspectait même pas en réalité. Après toutes ces années, elle est encore capable de le surprendre et c'est d'autant plus excitant. Cette envie qui brûle dans sa poitrine, cette absolue nécessité qu'elle lui appartienne entièrement. Aujourd'hui et à jamais.



    CENDRES
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  • Jeu 6 Avr - 20:13
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  • Ven 7 Avr - 1:17
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  • Ven 7 Avr - 7:56
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  • Sam 8 Avr - 0:42
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  • Sam 8 Avr - 11:10


    Le bonheur ne durerait pas.

    « J… J’aimerais rester avec toi… ». Doux paradoxe entre l’endorphine qui parcourait encore ses veines, mélangée au son distinct de son cœur qui se fissurait lentement, s’émiettant progressivement sous son propre poids. En proie a ses doutes, a sa propre conscience qui lui hurlait de battre en retraite, Dahlia luttait contre ses instincts. Son hésitation ne venait plus de la logistique complexe qu’ils devraient mettre en place pour établir une vie a deux, du fait d’abandonner son orphelinat, de l’idée douloureuse de devoir patiemment attendre les retours de voyage d’Eliëndir. Non, tout ceci n’avait a cet instant aucune importance, ne pesait aucun poids dans la balance de cette lourde décision qu’il lui demandait de prendre. Déposant a nouveau ses pieds nus sur le sol de la serre, elle vint enfouir son visage dans le cou de l’Elfe, honteuse. « Si ça ne dépendait que de moi… ».


    Quelques larmes se mirent à rouler sur ses joues, se mêlant a la sueur de leurs ébats, tandis qu’elle se détachait enfin de son corps, s’eloignant d’un petit mètre pour saisir ses habits et commencer à se vêtir a nouveau. Le silence était lourd, pesant. Ses membres tremblants peinaient a se tordre pour laisser passer sa chemise sur son corps encore en ébullition. Une fois vêtue, elle resta immobile a une distance raisonnable, incapable de prendre la fuite alors que ses jambes lui hurlaient de partir. De dos a l’Elfe, Dahlia fixait le sol parsemé des pétales de fleurs de la passion ayant subi malgré elles la puissance de leur amour. Finalement, les mots passèrent ses lèvres sans qu’elles ne s’en rende compte, dévoilant la raison de la tristesse qui l’envahissait doucement. « Tu mérites mieux que moi. Ce n’est qu’une question de temps avant que tu ne t’en rendes compte. »


    Ses mains vinrent saisir ses coudes, tout a coup transie de froid. Elle le pensait, du plus profond de son être. Une directrice d’orphelinat misérable, aux côtés d’un homme si prestigieux… C’était ridicule. Impensable. Son père ne l'accepterait jamais. « Je.. je comprends que tu n’aies pas voulu parler de nous a qui que ce soit… » Son regard fuyant vers les buissons, sa main passant dans sa chevelure dorée emmêlée pour la défaire, occupant ses doigts nerveux. Tout ceci ne pouvait être qu’une coïncidence, qu’un oubli de la part du jeune homme, qu’une volonté de protéger leur relation si fragile. Pourtant son esprit malade ne voyait que la honte d’admettre qu’il côtoyait une moins que rien, au point de ne pas même le dire à ses plus proches amis. « Je ne t’en tiens pas rigueur. » Sa peur parlait a sa place. Son cœur se brisa un peu plus sous ses mots lourds de sens. « Je comprends. ».


    Oh, elle comprenait. Longtemps elle avait rêvé d’une vie a ses côtés, d’ailleurs elle en rêvait encore. Ne plus avoir à compter les jours avant leurs prochaines retrouvailles, cesser d’errer comme un fantôme dans les rues de Liberty quand le manque devenait insupportable… Un doux rêve, une belle utopie. Aujourd’hui il lui offrait l’opportunité d’en faire une réalité, et elle aurait bien été sotte de dire non. Néanmoins l’envie, le besoin irrationnel de le protéger face au danger qu’elle représentait, tout ceci tentait de prendre le pas sur l’amour qu’elle ressentait pour lui. Fort heureusement il s’agissait d’un combat perdu d’avance.


    Elle secoua la tête, ressentant le besoin de préciser le fond de ses pensées. « J’ai confiance en toi, Eliëndir. » Elle prit une grande inspiration avant de poursuivre. « Plus qu’en quiconque dans ce bas monde. ». Elle ramena sa crinière blonde sur le côté, se tournant enfin vers l’Elfe, les yeux rivés dans les siens entre la mélancolie, la peur, et l’infime trace de l’espoir qui lui restait. « C’est en moi que je ne crois pas. Je finirais par te blesser, par te faire du mal. Si ce n’est pas déjà fait. ». Elle passa ses doigts sur sa main droite ornée de minuscules cicatrices du verre brisé en compagnie de Neera. Son impulsivité, son incapacité à contrôler sa magie qui se deferlait sur les malheureux qui croisaient son chemin, sa névrose contagieuse… Elle craignait de détruire ce qu’elle avait mis des années à bâtir, cette relation qu’elle chérissait tant. «  Si tu me demandes de rester à tes côtés, je le ferais. Rien ne me comblerait plus que passer mon éternité avec toi. » Mais ?... Pas de mais. Un silence.


    Dahlia serra les poings, un soupir a peine perceptible franchissant ses lèvres. Durant une dizaine de secondes elle resta parfaitement immobile sans un bruit. Puis enfin elle s’approcha à nouveau de l’Elfe, prenant son courage a deux mains. Elle vint saisir les siennes, entrelaçant leurs doigts avec tendresse. Prendre une décision si grande dans la précipitation ne lui ressemblait guère, et c’était précisément pour cette raison qu’elle devait la prendre. Sortir de sa zone de confort, défier la peine grandissante qui la tuait a petit feu. Elle réitéra. « Tu mérites mieux que moi. ». Une boule se forma dans sa gorge tandis qu’elle déposait un doux baiser sur sa joue. Elle devait être brave, pour lui, pour eux. « Alors je deviendrais meilleure, pour toi. ». Elle tentait de faire s’envoler ses craintes, pourtant elle savait. Elles finiraient par revenir à la charge. Elle espérait seulement qu’a ce moment là, Eliëndir serait présent pour les chasser a son tour.
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  • Dim 9 Avr - 13:59
    Un arc-en-ciel sous la tempête
    Feat Dahlia
    Il est transporté dans une immense béatitude, un sentiment puissant qu'il n'a pas ressenti depuis bien longtemps et qu'il doit à cet échange de passion avec l'être aimé. Un bonheur intense, mais éphémère. Eliëndir est sûr de lui, sa vision est claire. Ce qui pourrait ressembler à une décision irréfléchie prise sur un coup de tête et sous une euphorie passagère n'en est pas une. Il a eu tout le temps nécessaire pour y réfléchir très sérieusement, des années. Des siècles. Il sait parfaitement ce qu'il veut, conscient des efforts et des sacrifices qu'il doit faire pour que ce doux rêve se réalise. Bien sûr, c'est une décision difficile à prendre, pour lui d'abord mais surtout pour elle. Il s'en rend compte. Tout ce qu'il espère à présent, c'est que Dahlia le veuille autant que lui.

    Il se fige sur place, l'espace d'une seconde, quand elle vient se réfugier près de son cou. Ce doux sentiment de bien-être commence à lentement redescendre, pourquoi ne peut-il pas rester impérissable dans le temps ? Le choix des mots qui suivent est difficile à entendre, n'appréciant pas vraiment la tournure que tout cela prend. Confus, il ne sait pas comment réagir. Les mots ne lui viennent pas, ou bien trop tard. Complètement laissé au dépourvu, il l'a sent maintenant s'éloigner de lui. Ressentant immédiatement les effets d'un manque important quand il perd la sensation de sa peau contre la sienne. Sa cage thoracique se ressert subitement autour de son cœur, redoutant déjà ce qui va suivre. Le silence est étouffant, mais il n'ose rien dire de plus. Tournant les talons, il pose ses yeux dans le dos de la jeune femme qui ramasse ses vêtements et commence à se revêtir. L'attente est pour lui véritablement insoutenable, interminable. Il déglutit et à son tour, se penche sur le sol pour récupérer ses vêtements. Se rhabillant dans un silence de tombe, Eliëndir se met à froncer les sourcils d'incompréhension. Mériter mieux qu'elle ? Alors c'est donc de ça qu'il s'agissait depuis le départ.

    Pourquoi maintenant, pourquoi si soudainement ? Une forte incompréhension dans le regard. Il aurait pu répondre quelque chose mais il a encore du mal à en croire ses deux oreilles pour être honnête. Il se contente de secouer la tête discrètement en soufflant du nez, la mâchoire serrée. Contrarié par ce qu'il entend, ça ne va pas aller en s'arrangeant. Le cœur de Dahlia est lourd, il peut le sentir. Et enfin, elle lui révèle le fond de sa pensée. Ses mots sont des lames de rasoir, des coups de poignards qui perforent sa chair. Est-ce vraiment ce qu'elle pense de leur relation, après tout ce temps passé ensemble ? Il tourne la tête dans sa direction, malheureusement elle semble fuir son regard comme elle a fuit son contact un peu plus tôt.

    « Arrête, tu n'y es pas du tout. Ça n'a absolument rien à voir. »

    Dahlia se méprend sur toute la ligne. Ses doutes sont justifiés, il peut le comprendre. Mais comment peut-elle sincèrement croire qu'il ait honte de la côtoyer au point de cacher leur relation ? Comme s'il prêtait le moindre intérêt à ce que peuvent penser les autres. À ce que peut penser son père et ses idées puritaines dont il s'est affranchi depuis des années. S'il l'écoutait encore, Eliëndir serait marié à une autre depuis bien longtemps. Par ailleurs, voyager lui a aussi permis de s'émanciper de cette mauvaise influence qu'il a pu avoir sur lui durant toute sa vie. Eliëndir a caché cette relation du mieux qu'il a pu, c'est vrai. Mais comment lui dire que s'il a fait tout ça, c'est uniquement pour préserver cet amour pur qu'ils partagent ? Cette volonté absolue de la protéger sans l'impliquer dans cette partie sombre de sa vie. C'est loin d'être aisé à exprimer avec des mots. Et si cela devait arriver, il n'y aurait pas de retour en arrière possible.

    « Je nous pensais au-dessus de ça. »

    Difficile de cacher sa déception, les mots sont douloureux. Bien plus qu'il ne le laisse paraître. Il passe sa main dans ses cheveux pour éloigner les mèches rebelles après s'être revêtu entièrement. Désabusé de son côté de la pièce, c'est à son tour d'éviter soigneusement le regard de la Fae. Néanmoins, il l'écoute toujours très attentivement, en profitant pour récupérer son petit élastique et s'attacher à nouveau les cheveux histoire de s'occuper pendant qu'il digère, à sa façon, sa contrariété. Il a un léger rictus étirant le coin de ses lèvres dans une brève grimace. La suite n'est qu'en contradiction avec le début de cette conversation. Si elle lui faisait vraiment confiance alors elle ne douterait pas de ses intentions. Pourtant, elle persiste à se faire passer pour le problème, ce qui ne fait que renforcer les incompréhensions de l'Elfe. Qu'elle le blesse ? Il n'arrive pas à savoir où elle veut en venir.

    Il ne sait plus, alors il se mure dans le silence. Qu'elle reste avec lui est son plus grand souhait, bien sûr qu'il le veut de toutes ses forces. Il n'aspire à rien d'autre dans l'immédiat. Elle ne ponctue pas sa phrase par un "mais", pourtant c'est tout comme. À la place, il n'a le droit qu'à un silence. Sa main gauche vient se saisir de son poignet droit pendant qu'il bouge lentement ses doigts dans le vide. Il ferme les yeux pour calmement inspirer par le nez. Il y a un long silence que même lui n'ose pas interrompre, il ne saurait pas quoi répondre de toute façon. Ironique, pour quelqu'un qui a fait de son éloquence un métier. Puis, Dahlia vient se saisir de ses mains agitées en joignant ses doigts entre les siens. Il ne s'y oppose pas, au contraire, il s'ajuste à sa volonté. La douceur de son toucher l'aide à se détendre, à réfléchir. Il fronce à nouveau les sourcils quand elle réitère sa dernière ineptie près de lui juste avant de sentir ses lèvres se poser sur sa joue. Passant du chaud au froid en un instant, ce n'est vraiment pas bon de jouer avec ses sentiments comme elle le fait si bien.

    Il finit par ouvrir les yeux, expirant silencieusement en recherchant tout de suite le regard de la jeune femme.

    « Tu te trompes. C'est moi qui ne te mérite pas. Tu as fais tant d'effort pour nous, tu m'as attendu pendant toutes ces années sans jamais faire le moindre reproche au parfait égoïste que je suis. Ce n'est pas d'une autre que je veux, c'est de toi dont j'ai besoin. Et uniquement de toi. »

    Il lève délicatement ses mains vers lui, déposant ses lèvres sur le dos de celles-ci, l'une après l'autre.

    « Je n'ai que faire de l'avis des gens ou de ce qu'ils penseront de nous. Ça n'a pas d'importance pour moi. Si je n'ai rien dit jusqu'à maintenant, ce n'était pas par honte. Comment pourrais-je l'être ? Je suis tombé amoureux de la plus belle femme du monde et elle s'est emparée de mon coeur, il y a trois cents ans. Si j'ai fait ça, c'était uniquement pour préserver notre relation. Pour te protéger du monde dans lequel je vis. Pour nous protéger tous les deux. Pardonne-moi, si j'ai pu te blesser. Ce n'était pas mon intention. »

    Caressant ses mains du bout de ses doigts, il marque une courte pause en venant maintenant déposer tendrement ses mains sur ses deux joues roses.

    « Si tu me fais vraiment confiance, aie foi en mon jugement. J'ai une confiance aveugle en toi. Plus qu'en n'importe qui d'autre dans cette vie. Tu es ma moitié, mon âme sœur. Rien ni personne ne pourra jamais changer ça. Tu n'as pas à devenir meilleure, tu es déjà parfaite. »

    Il vient enlacer ses bras autour de ses épaules pour serrer la Fae près de lui dans un geste réconfortant. Déposant à son tour, un baiser sur sa joue avant en appuyant amoureusement sa tête contre la sienne.

    « Alors je te le demande. Reste avec moi, Dahlia. Et passons l'éternité ensemble. »

    CENDRES
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  • Dim 9 Avr - 17:48
    Le cœur plus lourd qu’une pierre, la Fae prit le soin d’écouter ce qu’Eliëndir avait à lui dire. Elle n’était pas la seule concernée dans cette histoire et submergée par ses propres sentiments, elle avait tendance à l’oublier. La décision ne lui appartenait guère entièrement. Lorsqu’elle leva enfin les yeux pour croiser les siens, elle ne put y lire que son pire cauchemar, sa plus grande crainte. Les sourcils froncés, la lumière qui brillait dans son regard auparavant qui venait de s’éteindre, un air renfrogné qu’il ne pouvait lui cacher plus longtemps… Face au froid glacial qu’il dégageait, les doigts de Dahlia se mirent à trembler. Était-elle à ce point incapable de garder près d’elle ceux qu’elle aime ? De ne pas les blesser chaque fois qu’elle ouvrait la bouche ? La boule au ventre, la jeune femme se tût devant la déception évidente de celui qu’elle chérissait plus que l’univers même. Aucun mot ne réussirait à le convaincre. Elle en avait bien assez fait, elle en avait trop dit.


    Son cœur finit de se briser en entendant son ton ferme dans lequel elle parvenait à déceler toute la peine qu’elle venait de lui causer. Dahlia voulait s’enterrer six pieds sous terre, fuir Melorn en courant, quitte à ne plus jamais pouvoir croiser son regard par peur qu’il soit aussi distant que celui qu’il lui adressait actuellement. Arquant ses pieds dans sa direction, les plantant fermement dans le sol poussiéreux, elle respirait lentement, venant apaiser les battements de son cœur qui frappaient inlassablement contre sa cage thoracique, tel un oiseau enfermé depuis bien trop longtemps. Elle refusait de flancher, de se laisser guider encore une fois par ses multiples appréhensions qui lui gâchaient la vie. Dahlia avait déjà tant perdu. Elle ne pouvait pas se permettre de le perdre lui aussi. À quoi bon, s’il n’était plus là ? Pourquoi continuer à exister dans un monde dans lequel il ne daignait plus lui accorder un seul regard ? S’il n’existait pas, alors pourquoi, pour qui existerait-elle ?


    Sentir ses mains dans les siennes, ses doigts caresser sa paume, sa voix qui s’immisçait dans son esprit jusqu'à son cœur, en connaissant parfaitement le chemin… Elle ferma les yeux, profitant de cet instant d’accalmie contre son torse, notant chacun de ses mots dans un coin de sa mémoire pour ne jamais les oublier, écoutant attentivement son cœur battre sous sa poitrine, à l’unisson avec le sien. Ses bras vinrent se glisser sous les siens, l’enserrant dans une douce étreinte. Elle voulait pleurer, pourtant aucune larme ne vint perler à ses yeux. Elle le serra de plus en plus fort, jusqu’à ce que la pression qu’elle imposait à ses membres devienne si forte qu’elle se mit à en trembler. Les paroles de son bien-aimé suffirent à la rassurer. Puis, elle relâcha ses muscles progressivement, dans un long soupir de soulagement. Depuis plus de trois cents ans, Eliëndir avait eu l’occasion de la voir dans tous ses états, lui qui était le seul à posséder la clef de son cœur, à savoir ce qui se tramait dans son esprit torturé. Toutefois, il ignorait le point culminant de son histoire, l’événement qui l’avait rendue ainsi, qui la paralysait de peur face à cet engagement.


    « Je… Je ne veux pas te faire de mal… ». La Fae réprima un sanglot, secouant la tête de gauche à droite, s’interdisant de fondre en larmes comme elle le faisait d’ordinaire. Elle se reprit, le ton plus ferme, dénué des doutes qui l’assaillaient de toutes parts. « Je ne te ferais pas de mal. Je te le promets. ». Elle apprendrait, elle se contrôlerait. Si les potions de Perséis ne fonctionnaient pas, alors elle essayerait encore. Si les enseignements d’Eloïse ne parvenaient à rien, alors elle n’abandonnerait pas. Elle se sentait sotte. Durant des centaines d’années, Dahlia avait cherché une solution à ce mal qui la rongeait, un remède qui lui permettrait de mettre un terme à ses pensées intrusives qui la tourmentaient. Elle hocha la tête, appuyée sur l’épaule de l’Elfe, se reposant entièrement sur lui. La solution était devant elle. Elle avait simplement trop peur de s’en approcher, de l’effleurer des doigts, par crainte de la briser. Elle lui devait une explication, aussi terrifiante et douloureuse soit-elle. Elle ne pouvait plus continuer à vivre dans la peur, à garder ce fardeau pour elle.


    « Je… Je dois t’expliquer quelque chose. Mais pas tout de suite. Pas maintenant. Quand tu sauras… j’espère que tu comprendras. ». Elle voulut ajouter qu’il ne s’agissait de rien de grave, néanmoins cela aurait été lui mentir. Pourtant, le laisser ainsi avec cette pression, cette interrogation constante, était proche de la cruauté. Clarifier lui semblait être la moindre des choses. « C’est à propos de mes parents. Ça peut attendre. Ça a déjà attendu trois cents ans. Je t’en parlerai ce soir, si tu veux bien. J’aimerais profiter du reste de la journée avec toi. ». En voyant son regard inquiet, elle s’empressa de joindre leurs lèvres dans un baiser langoureux, d’une douceur sans pareille. « Et du reste de ma vie. ». Enfin un sourire naquit sur ses traits, chassant la mélancolie. Elle l’aimait, du plus profond de son être. Assez pour quitter son orphelinat, envoyer valser ses responsabilités, oublier sa vie d’antan, dont il était probablement le seul point positif. Les oiseaux s’agitèrent au-dessus de leurs têtes, finissant d’apaiser l’atmosphère tendue, une bonne fois pour toutes.


    « J’aurais juste besoin de récupérer mes affaires à Liberty. Je ne vais pas continuer à te voler tes vêtements. ». Ses lèvres vinrent se déposer amoureusement sur sa joue. « J’aime te voir sans, ne te méprends pas. Je préfère simplement mes robes aux chemises. ». Dahlia peinait à y croire, pourtant elle refusait de douter encore une fois. C’était terminé. La boule dans sa gorge finit par s’éclipser, lui donnant la nette impression de respirer réellement pour la première fois, débarrassée de ses angoisses. « Est-ce que vous me feriez l’immense honneur, Monsieur Eliëndir, de me faire goûter à votre cuisine ? ». Au même instant, son ventre se mit à gargouiller bruyamment, pour appuyer ses propos. Elle prit sa main dans la sienne, commençant à se frayer un chemin dans la serre pour en sortir. « Je n’ai pas mangé depuis un moment. Et je ne voudrais pas faire brûler ta demeure. ». Elle s’arrêta de parler et d'avancer, paralysée une fraction de seconde, la bouche entre ouverte, avant de reprendre, un sourire apaisé sur le visage et des étoiles dans les yeux. « … Notre demeure. ».
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  • Mar 11 Avr - 0:16
    Un arc-en-ciel sous la tempête
    Feat Dahlia
    Sentir son parfum près de lui, ses doigts entre les siens, contempler ce coucher de soleil capturé dans ses deux iris. Dahlia a un don inégalé pour l'apaiser avec un rien. Un regard, des petites attentions et quelques mots lui suffisent amplement pour l'atteindre là où personne d'autre n'a jamais mis les pieds. Une douce intimité, un moment de calme qui s'installe, deux cœurs qui battent en parfaite harmonie. Ressentant la pression qu'elle exerce avec ses bras autour de lui, ses vives émotions qui l'envahissent. Ses traumatismes qui refont constamment surface, Eliëndir les connaît par cœur. Il a appris à les reconnaître, les apaiser et les faire disparaître. Au moins pour un temps. Pensant naïvement qu'il lui suffit d'être dans les parages pour que tout s'arrange, il aimerait faire plus pour elle. Effacer définitivement ce mal qui la ronge de l'intérieur.

    Il peut sentir sa peine, sa peur dans sa voix tremblotante. Un timbre de voix qui se mue, devenant plus assuré. Eliëndir lui, n'a jamais eu aucun doute sur Dahlia. Pas une seule fois depuis qu'il la connaît. Il est parfaitement au courant de ses capacités magiques exceptionnelles. Depuis le premier jour, depuis qu'il a posé ses yeux sur le livre qu'elle étudiait lorsqu'ils se sont rencontrés à Liberty. Une capacité méconnue et qui, inévitablement éffraie ceux qui ne peuvent la comprendre. Un don inné qui s'offre seulement à quelques élus à travers le monde. Un cercle restreint dont Dahlia fait partie malgré elle. Ce don n'est pas une tare, c'est une bénédiction. Fascination malsaine pour les êtres d'exceptions, la Fae ne déroge pas à la règle. À la différence, qu'il n'a jamais essayé de se servir d'elle d'une quelconque manière. Un cœur pur, un amour sincère qu'il compte bien préserver de toutes ses forces. C'est ce que Dahlia est pour lui. Une étoile rayonnante dans un ciel obscur, une lueur d'espoir pour son âme dépravée.

    Visiblement, il n'a pas encore encaissé toutes les révélations du jour. Les mots de Dahlia sont d'autant plus inquiétants cette fois-ci. Confus à nouveau, il plisse légèrement les yeux. Qu'est-ce qu'il doit comprendre exactement ? Pourquoi ne pas juste lui dire ? Ça aurait été un peu mesquin de le laisser là-dessus, évidemment qu'il va y penser toute la journée. Il finit par écarquiller légèrement les yeux quand il apprend qu'il s'agit des parents de la jeune femme, ce qui n'étouffe pas l'inquiétude sur son visage. Effectivement, il y a bien des choses qu'il ne sait pas encore en particulier sur ce sujet très précis. Honnêtement, il s'est toujours douté de quelque chose sans en avoir le cœur net. De quoi exactement ? Aucune idée mais on ne cache pas une information pendant trois cents ans sans une bonne raison. Néanmoins, il n'a jamais cherché à creuser de lui-même. Il ne l'a jamais interrogé sur la mort de ses parents, il n'a jamais osé. C'est un sujet délicat si ce n'est le plus délicat d'entre tous, il le sait. Et ça suffit à contenter sa curiosité. Il attendra, comme il l'a toujours fait, qu'elle le lui dise de sa propre initiative. Après trois siècles à attendre, une journée de plus est bien insignifiante.

    La douceur de ses lèvres vient à nouveau se poser sur ses lippes, fermant instinctivement les paupières et éteignant instantanément ses doutes. Acquiesçant de la tête, il rouvre les yeux, ses traits s'étirant dans un sourire rassuré. Une facilité déconcertante à alléger ses pensées, de très loin la capacité la plus redoutable que peut avoir Dahlia sur lui. Plus que n'importe laquelle des maladies qu'elle inocule.

    « Ce soir alors. Tu as raison, profitons de nos retrouvailles. Et de chaque instant qui s'offre à nous. »

    Une discussion qu'ils auraient dû avoir il y a bien longtemps. Les sentiments qu'ils ont enfoui l'un et l'autre pendant tout ce temps, il fallait que ça sorte tôt ou tard. L'important, est que tout ceci se termine sur une bonne note. Le malaise s'est évaporé et le calme est revenu, une bonne fois pour toutes. Il acquiesce de nouveau, puis souffle du nez, amusé par son petit trait d'esprit habilement glissé.

    « Bien sûr, je t'accompagnerais jusqu'à Liberty dans ce cas. Si tu préfères, je peux envoyer quelqu'un chercher tes affaires. Cela nous éviterait de faire le voyage, mais j'imagine que tu veux dire au revoir à l'orphelinat. Je comprends. »

    Déposant ses lèvres sur le dos de sa main, il est actuellement un homme comblé. Pouvoir vivre le reste de sa vie avec la femme qu'il aime, c'est un bonheur qu'il ne mérite sûrement pas mais peu importe. Ça ne l'empêchera pas de la chérir chaque jour que lui offre la vie en sa compagnie. Ah... la cuisine. Il avait presque... non, il avait complètement oublié. Faut dire qu'il avait l'esprit concentré sur une tout autre tâche, ses dernières minutes. Espérons qu'il y ait encore quelque chose de mangeable quand ils reviendront dans la cuisine. Il tente de camoufler un petit rire en entendant subitement son ventre gargouiller. Passant sa main libre devant sa bouche pour ne rien laisser paraître, pendant que Dahlia se saisit de l'autre pour le tirer vers la sortie de la serre.

    « Mes excuses, je suis un bien mauvais hôte à vous laisser mourir de faim. Ceci dit, j'espère que vous ne serez pas déçu de mes piètres qualités culinaires. »

    Il s'arrête près d'elle, quand la Fae s'arrête juste devant lui, prise dans ses pensées. Juste le temps de se corriger. « … Notre demeure. », voilà qui sonne bien mieux tout d'un coup. Il se penche pour déposer ses lèvres sur sa joue, un geste plus explicite que n'importe lequel des mots qu'il aurait pu répondre. Prenant les devants, il se remet à marcher à côté de la Fae. Ils finissent par sortir de la serre et emprunter le chemin retour à travers la forêt luxuriante et les champs fleuris. Ils ne mettent pas longtemps à retourner chez lui. Chez eux.

    La porte coulissante entrouverte, quelque chose qu'on ne verrait jamais à Liberty sous peine de retrouver sa maison sans son mobilier. Il se presse un peu tout de même, éteignant le four et récupérant un gant de cuisine pour sortir le plat. Ou ce qu'il en reste. Petit moment de vérité quand il soulève le couvercle. Petit moment de vérité, balayant la fumée qui se dégage du plat. Il prend le temps de regarder minutieusement à l'intérieur.

    « C'est... moins moche que ce à quoi je m'attendais. En fait, ça a l'air... pas mal ? »

    Bon. Analysons un peu la catastrophe. Quelques légumes qui ont légèrement noirci, d'autres bien trop cuits. Tout comme le poisson d'ailleurs. En séparant quelques parties douteuses, on devrait pouvoir récupérer quelque chose de mangeable. Oui, c'est bien un mage. Pas un cuisinier, aucun doute là-dessus. Honnêtement, rien de trop grave. Le plat a juste passé quelques minutes de trop au four mais rien d'insurmontable.

    « Honneur aux dames. »

    Dans sa grande, que dis-je, incommensurable galanterie, Eliëndir récupère une fourchette dans un tiroir qu'il tend à Dahlia. Un petit sourire mesquin sur les lèvres, un regard complice qu'ils s'échangent. S'il y a un mort aujourd'hui... il accusera le concierge. Ou le jardinier.

    CENDRES
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  • Mar 11 Avr - 10:38
    En avançant à ses côtés, Dahlia se sentait plus légère. Sa main entrelacée dans la sienne, leurs parfums qui se mélangeaient entre eux, la tendresse de chacun de ses gestes, leurs regards qui se croisaient et qui parlaient pour eux. Les mots n’avaient que peu d’importance pour un couple aussi fusionnel, toutefois la Fae s’acharnait à lui communiquer son amour de toutes les façons possibles et imaginables. Autant lors de leurs rencontres que dans les missives qu’elle lui envoyait depuis des centaines d’années, les signant systématiquement d’un mot doux à son égard. De la serre à la cuisine, son cœur tambourinait contre sa poitrine à un rythme hallucinant. Les années n’avaient pas effacé l’amour qu’elle éprouvait pour l’Elfe, pire, elles l’avaient amplifié.


    «  Je ne serais pas contre le fait que tu envoies quelqu’un ne serait-ce que pour récupérer mes vêtements et… » Elle prit son menton entre ses doigts, prenant le temps d’y réfléchir pendant leur marche. «  Mon nécessaire de peinture. Le reste est superflu. Tout ce dont j’ai besoin est juste ici. » Dit-elle en pointant Eliëndir du doigt. Probablement son unique passion, si on retirait l’Elfe de l’équation évidemment, la peinture était depuis de nombreuses années un véritable exutoire pour la jeune femme. Un petit sourire naquit sur ses traits. «  Je préparerais une missive, si quelqu’un doit y aller. Je pense que mon assistante mettrait le feu à mon bureau plutôt que d’y laisser entrer quelqu’un qui n’y est pas autorisé. » Elle se voyait déjà installée au beau milieu de la serre, assise en tailleur sur un tabouret devant sa toile vierge, un pinceau coincé derrière l’oreille, un autre entre ses dents, le dernier à sa place désignée, dans sa main droite. Elle qui ne peignait que des fleurs serait ici bien occupée.


    Une fois arrivée à destination, la jeune femme se plaça derrière la table, de façon à ne pas gêner les déplacements du plus charmant des cuisiniers. Croisant ses mains devant son bassin, elle observait à distance raisonnable, passant sa tête au-dessus de son épaule pour constater l’état du plat à sa place. Réprimant un petit rire, elle laissa échapper une taquinerie devant les quelques légumes carbonisés. «  Heureusement que nous devions être rapides. Tu as raison, c’est pas mal. » . Rien ne les avait obligés à se donner corps et âme au beau milieu de la serre. Avant même qu’une décision capitale ne soit prise, Dahlia avait décidé de rester quelques semaines à ses côtés, ils auraient amplement eu le temps de jouer l’un avec l’autre. Mais il n’y avait rien à faire contre la passion qui les animait lorsqu’ils n’étaient que tous les deux. Ce moment intime les avait apaisés, mais pour combien de temps… S’emparant de la fourchette qu’il lui tendait, elle s’empressa de goûter le plat, sans même prendre le temps de souffler sur sa bouchée. Grossière erreur.


    «  C’est.. c’est… »  Elle ramena ses mains près de son visage, s’éventant doucement. «  C’est chaud. Mais délicieux. » . Elle l’avala tout rond, ne supportant plus la chaleur qui se propageait dans sa bouche. « Encore un peu trop chaud pour qu’on le déguste tout de suite. Laissons-le un peu refroidir, à moins que tu n’aies envie de souffler sur mon plat chaque fois que je tente d’y planter ma fourchette. » Elle se sentait bien, incroyablement détendue. Un véritable miracle pour un être aussi torturé que la Fae, que de connaître le bonheur et la sérénité, ne serait-ce que pour quelques heures. En espérant que ces heures se transforment en jours, en semaines, en mois, en toute une vie…


    D’un petit saut, Dahlia vint se poser sur un des comptoirs de la cuisine, tirant doucement Eliëndir par la main, près d’elle, afin de pouvoir l’enlacer à nouveau. «  Je suis désolée de poser la question mais… » Ses yeux se plissèrent doucement, parcourant le visage de son bien aimé, comme si la courbure de son sourire ou ses magnifiques yeux violets allaient d’eux-mêmes répondre à ses interrogations. Ce n’était peut être pas le bon moment pour se laisser aller à ses questionnements, pour possiblement remettre en cause la décision qui venait d’être prise. Alors elle prit le temps de choisir les bons mots, afin d’éviter de le blesser une fois de plus. « Pourquoi maintenant ? Ne te méprends pas, je… » Elle ne put contenir un sourire niais, gigotant sur le plan de travail comme une adolescente. « Je suis vraiment aux anges que tu m’aies proposé de vivre avec toi, c’est… mieux encore que ce dont je rêvais. »


    Des étoiles dans les yeux, Dahlia peinait encore à croire qu’elle se trouvait dans sa demeure. Pendant tant d’années elle s’était faufilée discrètement dans ces couloirs interminables, rêvant éveillée devant le décor qui s’offrait à elle. Aujourd’hui, bien qu’elle ne se sentait pas encore tout à fait à l’aise, tout ceci lui appartenait… officieusement. «  Mais je ne peux pas m’empêcher de me demander si quelque chose en particulier t’a poussé à te décider, spécialement aujourd’hui. ». Elle masqua son inquiétude du mieux qu’elle le pouvait. Au fond d’elle, la Fae craignait qu’un désastre ne plane au dessus de la tête de l’Elfe, tel une épée de Damoclès. «  Pas que j’aie besoin d’une raison pour passer ma vie avec toi, loin de là. Je suis juste curieuse. »


    Dire que tout ceci partait d'un énième traumatisme ayant secoué la Fae. Elle s’était contentée de fuir Liberty après sa rencontre avec le Masque et elle se retrouvait à déménager à l’autre bout du monde. Ce qu’elle n’aurait pas fait pour voir un sourire illuminer son visage… Plongeant son regard dans le sien, elle se laissa attendrir par le simple contact de son corps contre le sien, une sensation de douce chaleur se diffusant dans sa poitrine. Elle s’était promis de ne pas pleurer, néanmoins les larmes de bonheur luttaient pour se frayer un chemin jusqu’à ses joues. De sa main libre, l’autre caressant tendrement la nuque d’Eliëndir sous ses cheveux, elle attrapa à nouveau sa fourchette, la plantant dans un bout de poisson, soufflant doucement dessus avant de l’approcher des lèvres de l’Elfe pour lui faire goûter.


    La Fae vint ensuite poser son front contre le sien, l’esquisse d’un sourire grandissant sur ses traits d’ordinaire si mélancoliques. «  Je t’aime, Eliëndir. ». L’envie d’en rajouter la titillait, le désir de lui expliquer toute la teneur de ses sentiments, la grandeur de l’affection qu’elle ressentait à son égard… «  Je t’aime tant. » . Pour le monde qui les entourait, il fallait seulement espérer qu’aucun d’entre eux ne se retrouve en position de difficulté devant l’autre. Dahlia n’était pas une combattante, en témoignaient les nombreux bleus sur sa peau, toutefois la considérer comme inoffensive s’apparentait a de la folie pure. Pour ses beaux yeux, elle aurait détruit le monde, annihilé villes par villes sous la menace pesante de maladies que même Nineveh ne parviendrait à endiguer tant elles se propageraient rapidement… Ses larmes de bonheur finirent par l’emporter sur sa volonté , venant rouler le long de ses joues roses tandis que sa main se perdait dans sa crinière blanche, enroulant ses doigts autour de ses longues mèches. «  Je t’aime, plus que je n’ai jamais aimé qui que ce soit. »
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  • Mer 12 Avr - 18:44
    Un arc-en-ciel sous la tempête
    Feat Dahlia
    Inspirant longuement sur le chemin retour, prendre une grande bouffée d'air qui lui fait le plus grand bien. Au moins autant que de simplement se promener main dans la main avec Dahlia. Profiter de sa séduisante présence, de son toucher chaleureux. Ces quelques moments anodins, innocents et coupés du temps, ont été beaucoup trop rares à son goût ces dernières années. Voir ce sourire enchanteur sur le visage de la Fae est quelque chose qui lui manquait terriblement pendant ses nombreux voyages. Des retrouvailles inattendues, un petit coup de pouce du destin et une occasion de rattraper le temps perdu.

    « Je suis heureux d'apprendre que tu peins toujours. Tu as un vrai talent pour ça et ce n'est pas les paysages qui manquent à Melorn. Tu trouveras ton bonheur, j'en suis sûr. J'enverrai quelqu'un chercher tes affaires à l'orphelinat, dès demain. »

    Caressant sa main du bout de ses doigts, il sourit discrètement quand elle le désigne du doigt. Il fait mine de ne pas relever mais c'est un commentaire qui ne le laisse pas insensible. Il se souvient de son amour pour la peinture et de sa dextérité, un pinceau à la main. Une passion commune, à la différence qu'Eliëndir est un peintre affreux, il n'a jamais eu le bon coup de pinceau malgré ses efforts. Il se contente de rester à sa place, être un amateur d'art étudiant et jugeant souvent avec condescendances les œuvres des autres. Voilà une position bien plus confortable qui lui sied à merveille.

    « Nous avons des couturiers très talentueux, à Melorn. On trouvera quelques vêtements à ton goût pour agrandir un peu plus ton dressing. En attendant, il va falloir te contenter de ce qu'il y a dans le mien. »

    La cuisine quant à elle, n'est pas en feu quand ils arrivent. C'est déjà un bon début. Et le plat en lui-même bien que peu esthétique, est tout à fait mangeable. C'est mieux que rien et on dit que c'est l'intention qui compte. En roulant des yeux, il se retient de rire à sa petite taquinerie et à l'ironie dans sa voix. Effectivement, ils auraient pu trouver un meilleur moment pour échanger leur amour de cette manière. Il ne va pas s'en plaindre et honnêtement, l'Elfe ne s'en veut pas beaucoup au sujet de cette petite interlude. Ils avaient tous deux très envie de se retrouver, cédant simplement à un besoin irrépressible. Quoi qu'il en soit, si c'était à refaire, il ne changerait absolument rien. Contre toute attente, la jeune femme se saisit de la fourchette. Certes, il l'a un peu poussé à l'initiative mais tout de même. Lui qui pensait qu'elle se serait abstenue de se lancer dans une expérience potentiellement désagréable, il salue son courage.

    S'empêchant de rire devant cette scène prévisible, Eliëndir ne la quitte plus des yeux. Attendant avec grande impatience son verdict pendant qu'elle bataille avec un aliment évidemment encore trop chaud. Souriant de plus belle, il acquiesce bien volontiers à sa suggestion d'attendre un peu avant de manger. N'ayant aucune envie de se brûler la langue à son tour.

    « Hm Hm. Je pourrais souffler dessus, si tu me le demandes gentiment. Pas sûr que ce soit vraiment délicieux, mais si ça te plait c'est le principal. »

    La voir aussi décontracté, surtout après ce qu'elle a pu vivre ses derniers temps à Liberty, lui réchauffe sincèrement le cœur. Eliëndir n'est jamais aussi heureux que lorsqu'il voit apparaître un sourire sur ce visage angélique. Le couple est plongé dans un intense bonheur, une situation que l'Elfe compte bien faire perdurer le plus longtemps possible. Gentiment tiré par la main, il s'accorde à sa silencieuse volonté en la rejoignant près du comptoir. Déposant ses deux mains sur ses hanches et se faisant une place entre ses bras, là où il aurait toujours dû être. Laissant parcourir librement ses deux améthystes sur le visage de Dahlia, attendant sagement qu'elle exprime le fond de sa pensée. Elle est curieuse, dubitative peut-être et il peut le comprendre. L'un et l'autre ont attendu si longtemps, pour que ironiquement tout s'enchaîne très rapidement entre eux. Il a suffi d'une seule étincelle pour allumer un brasier que rien ni personne ne pourra éteindre.

    Il prend quelques instants pour réfléchir à sa question, pesant ses mots avec beaucoup de précaution. Néanmoins, le doute est complètement absent des pensées de l'Elfe. Il est sûr de lui et il réitère sa volonté avec assurance.

    « Je me suis décidé il y a longtemps. C'est quelque chose que je voulais déjà te demander, mais je ne pouvais pas encore le faire. J'aurais été incapable de te donner ce que tu attendais de moi et de te donner la vie que tu mérites. J'ai beaucoup voyagé, parfois pour le loisir mais pas uniquement. J'ai souvent été très absent, tout comme ces dernières années. Tu en as énormément souffert par ma faute et de ça, je ne pourrais sûrement jamais me le pardonner. »

    Soupirant en marquant une pause, il vient trouver du réconfort sur ses lèvres qu'il embrasse avec toute la tendresse dont il est capable.

    « C'était important que je passe par là. J'ai dû faire des choix, certains plus difficiles que d'autres. À présent, ma situation est devenue plus stable et je ne veux plus attendre. Je suis devenu ambassadeur, ce qui me permet de continuer de voyager librement à travers les grandes nations tout en ayant du temps pour moi. Pour nous. Du temps, que je peux maintenant exclusivement te consacrer. D'ailleurs, tu pourrais m'accompagner lors de certains de mes voyages. La politique peut être très assommante j'en ai conscience, mais au moins cela nous permettra de passer plus de temps ensemble. »

    Glissant sa main sur sa joue, il se saisit d'une de ses mèches blondes entre ses doigts pour la déplacer doucement sur le côté de son visage.

    « Je t'ai fait la promesse que les choses allaient changer à partir de maintenant. Je vais changer les choses, ici à Melorn. »

    Eliëndir est on ne peut plus sérieux, cette détermination qu'il a dans le regard ne s'éteindra jamais. Melorn, la Cité-État elfique aussi mystérieuse que resplendissante et jouissant de cette réputation de plus belle ville du monde. Sans aucun doute que tout ce qu'on dit sur Melorn est bien vrai. Pourtant, tout n'est pas aussi beau lorsque l'on creuse un peu la surface. Melorn est une ville corrompue de l'intérieur par des politiciens avaricieux, des officiers paresseux et des courants de pensée archaïques. Le Mal s'est immiscé jusqu'aux plus hautes sphères de la cité, au sein même du Conseil des Érudits. Une maladie qui gangrène son foyer depuis bien trop longtemps maintenant, une tumeur qu'Eliëndir compte bien arracher à la racine.

    Plongeant son regard dans les yeux humides de la Fae, il entrelace ses lèvres avec les siennes comme un besoin incontrôlable à assouvir. Un baiser langoureux et passionné, diffusant généreusement toutes les émotions qu'il ressent pour elle à ce moment précis. Faisant durer ce geste dans ce qui semble être une éternité jusqu'à se séparer à contrecœur. Curieux, ce sentiment de s'être soudainement soulagé d'un poids sans vraiment réussir à en comprendre l'origine. Peut-être est-ce simplement le fait d'avoir été le plus honnête possible, Dahlia mérite des explications. Après tout, il est bien égoïste de lui demander de faire un choix aussi difficile que celui d'abandonner son ancienne vie rien que pour ses beaux yeux.

    Ses yeux d'ailleurs, se déplacent lentement pour suivre les mouvements de la fourchette qu'elle approche près de sa bouche pendant qu'il peut sentir ses caresses sur sa nuque. Ne faisant pas la même erreur que la Fae, il souffle calmement sur la fourchette et goûte à son tour le plat qu'il a lui-même pris le temps de cuisiner un peu plus tôt. Un acte exceptionnel, pour une personne d'exception. Déposant son front contre le sien en s'échangeant un regard complice. À chacune de ses déclarations, son sourire s'élargit davantage sur son visage béat. La gratifiant à chaque fois d'un baiser qu'il dépose tendrement sur le rouge de ses lèvres, accompagné d'une caresse sur la main ou sur la joue.

    « Je sais. »

    Il aimerait faire de ce moment un souvenir inoubliable, pouvoir lui transmettre ses sentiments les plus purs comme est capable de le faire Myriem grâce à son don, afin que Dahlia puisse comprendre et saisir toute l'ampleur de son amour. Il n'y a rien qu'il ne saurait faire pour préserver cette relation, aucun sacrifice n'est trop grand pour la femme qu'il aime. Il enlace ses bras autour des hanches de la jeune femme, déposant sa joue sur la sienne et glissant ses lèvres près de son oreille pour lui susurrer quelques mots dans sa langue.

    « Je t'aime plus que ma propre vie. »

    Prolongeant son étreinte une bonne minute, il dépose un énième baiser dans son cou dans une diversion rondement menée, pendant qu'il lui subtilise habilement la fourchette des mains. Eliëndir a très certainement manqué une vocation de stratège militaire. Il commence à faire le tri entre ce qui semble comestible et ce qui ne l'est pas dans le plat encore chaud.

    « Sortons en ville, ce soir. Allons manger dehors, juste toi et moi. Comme ça, tu n'auras plus à endurer mon affreuse cuisine. On en profitera pour se balader un peu. Qu'est-ce que tu en dis ? »

    Il pioche quelques légumes avec la fourchette, soufflant doucement dessus pour qu'elle ne se brûle pas à nouveau. Ceci dit, ils ne vont pas aller bien loin à ce rythme et avec une fourchette pour deux. Enfin, ils ont toute la vie devant eux.

    CENDRES
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  • Mer 12 Avr - 23:39
    Aux paroles d’Eliëndir, la Fae ne fait qu’acquiescer sagement. Melorn était une cité absolument splendide, aux paysages renversants, bien que sa vue préférée soit bien celle qu’elle admirait actuellement. Parfois il lui arrivait de se remémorer leur rencontre, son doux visage d’adolescent, ses longs cheveux blancs qui caressaient ses épaules, son comportement chevaleresque qui les avait emmenés jusqu’ici, dans cette demeure, dans une relation qu’elle chérissait plus que tout au monde. Bien sûr, Dahlia croyait au destin et à la chance, cependant elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’ils étaient devenus ce qu’ils sont aujourd’hui également par persévérance. Durant trois cent ans, la jeune femme n’avait jamais dit un mot plus haut que l’autre, se contentant d’attendre leur prochaine rencontre. De nombreuses fois elle s’était indignée seule dans sa chambre, pestant contre la distance qui les séparait, se demandant avec qui il était, ce qu’il faisait, si elle lui manquait. Toutefois elle n’avait jamais eu ni la force ni l’envie de le confronter. Quand son regard croisait le sien, le monde s’arrêtait de tourner, ses doutes se dissipaient immédiatement. Si l’Elfe avait été ne serait-ce qu’un peu joueur, il aurait aisément pu la mener en bateau sans qu’elle ne s’en rende compte. L’amour est aveugle, et dans le cas de la Fae, il est même aveugle, sourd, et muet.


    Elle ne s’attribuait pas pour autant tout le mérite de ces années. Eliëndir n’avait jamais cessé de lui écrire, de venir parfois par surprise à l’orphelinat. Peu importe ce qu’elle faisait, Dahlia trouvait toujours le temps de se promener à ses côtés, profitant de ces instants qu’elle savait éphémère. Il était aujourd’hui compliqué de s’imaginer qu’elle n’aurait plus à chérir chaque seconde de sa présence, craignant qu’il ne s’éclipse à nouveau. C’était un sentiment auquel elle avait finalement plutôt hâte de s’habituer. Quant à l’idée d’aller voir un couturier de Melorn pour ajouter quelques pièces à son dressing… « Oh je… je ne suis pas très difficile pour les habits. Je ne te ferais pas gambader en ville pendant des heures, ne t’en fais pas. ». Majoritairement vêtue de blanc, la Fae ne s’embarrassait guère d’artifices autre que son maquillage qu’elle affectionnait particulièrement. Ni bijoux, ni pièces couteuses, ni coiffures élaborées… Simplement des robes près du corps sans motifs particuliers, lui laissant juste l’espace nécessaire pour glisser une dague au niveau de sa cuisse, si elle devait mettre le nez dehors. Pas qu’elle sache spécialement s’en servir pour autre chose que couper du papier, ceci étant dit.


    Dahlia écouta ses explications silencieusement, entre la joie et l’appréhension. Aucun reproche ne s’échapperait de ses lèvres, simplement une confusion visible dans ses yeux. Maintenant que sa situation était plus stable, après tant d’efforts et de sacrifices, il était prêt. Un sourire timide vint s’installer sur le visage de la Fae. Elle était prête, depuis des centaines d’années. Dire que l’orphelinat n’avait été qu’un moyen de combler son absence aurait été un mensonge ; Dahlia adorait ses enfants et l’établissement qui l’avait vue grandir et évoluer. Cependant elle ne pouvait réprimer une certaine rancœur envers ce lieu, n’oubliant guère le fait qu’elle n’aurait jamais dû y atterrir. Elle ne pouvait s’en vouloir qu’à elle-même, et le fait de s’occuper des orphelins n’était à ses yeux qu’un retour de bâton bien mérité pour tout le mal qu’elle avait causé. Le karma, en quelque sorte. Ses yeux s’écarquillèrent quand il mentionna le fait de l’accompagner en voyage… d’affaires. Bien que le sujet ait été abordé en compagnie de Neera quelques mois auparavant, la Fae n’était pas encore tout à fait à l’aise avec l’idée de suivre Eliëndir partout où il allait. Malgré la détermination de l’Elfe à lui faire entendre le contraire, Dahlia craignait de lui faire défaut. Elle prit une grande inspiration, tentant de faire remonter à la surface le courage auquel elle avait fait appel quelques minutes auparavant. Si elle voulait avancer, encore plus à ses côtés, alors elle devrait sortir de sa zone de confort. Petit à petit, avec douceur.


    « Je… Je ferais de mon mieux. Je te suivrais avec plaisir, si tu es d’accord. Je ne voudrais pas m’incruster... ». Elle dut se retenir de poursuivre par un « là ou n’est pas ma place ». Sa place était à ses côtés à présent. Elle prendrait sans doute quelques jours, quelques semaines, voire quelques mois à s’y faire. Cela n’avait rien de particulièrement surprenant, le changement étant si brutal, si rapide. Un temps d’adaptation nécessaire. « Je ne me suis jamais réellement intéressée à la politique, mais je ne pense pas que ce soit une surprise pour toi. En tant que charité, il était important que je garde une place neutre. Quand j’ai repris les rênes de l’orphelinat, je ne voulais accepter que les donations que je pensais désintéressées. J’ai vite déchanté. ». Une moue désabusée sur le visage, Dahlia se souvenait encore de ce changement radical dans sa façon de fonctionner. « Que veux-tu, tu es visiblement tombé amoureux d’une idéaliste. ».


    Ce qui était plus étonnant, par contre, c’était sa facilité à se détacher de l’orphelinat et des relations qu’elle entretenait à Liberty depuis de nombreuses années. Oh, Dahlia n’était pas dupe. Pour l’instant elle nageait dans le bonheur, mais la culpabilité viendrait bien taper à sa porte à un moment où à un autre. Neera serait heureuse pour elle, Perséis c’était encore à définir… Quant à Ssisska… La Fae secoua la tête. Ce n’était ni le lieu ni l’heure de penser aux autres. Pour une fois, elle se concentrerait sur elle, sur eux. Pour la première fois de sa vie, Dahlia serait… égoïste. Un trait de caractère qu’elle abhorrait en temps normal, qui devenait bien nécessaire dans sa vie composée d’altruisme et de remise en question permanente. « Tant que ce n’est pas notre relation qui change… Je te suivrais jusqu’au bout du monde. ».


    Profitant de ses lèvres qu’il lui offrait en abondance, la Fae finit par oublier les pensées qui la tourmentent. Au diable la réaction de ses proches, ils ne comprendraient pas, tout simplement car ils n’étaient pas capables de comprendre. Dahlia elle-même n’aurait pu expliquer ce qui la liait à Eliëndir, cette affinité naturelle, ce magnétisme puissant qui les poussait à toujours se retrouver même si le monde s’acharnait contre eux… Et au fond, elle n’avait pas réellement d’explications à donner à qui que ce soit. Du haut de ses quatre cent deux ans, elle estimait n’avoir de comptes à rendre à personne. Toute sa vie avait été consacrée à autrui, il était temps que cela change, définitivement. Entre deux baisers, elle le gratifia d’un énième sourire presque moqueur, les yeux emplis d’envie de le taquiner, passant ses doigts dans sa chevelure immaculée, lui massant le crâne et la nuque par la même occasion. « Oh, si tu sais alors, peut-être que tu ne veux plus que je te le répète ? ... ». Même s’il disait oui, Dahlia en serait bien incapable. Elle avait ce besoin irrépressible de lui exprimer son amour, de lui dire à quel point il comptait pour elle, comme si ces simples mots permettaient de pérenniser l’affection qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. En réponse à sa déclaration en elfique, la Fae vint le serrer contre elle, posant sa tête contre son torse pour écouter les battements de son cœur, ne se lassant jamais de cette douce mélopée. Elle resta immobile, s’enivrant de son parfum dont elle connaissait chaque note de tête, laissant ses mains errer, dessinant ses épaules, ses bras qui la protégeaient mieux que quiconque.


    Déstabilisée par la proposition de sortir en ville, elle mit quelques secondes à formuler sa réponse, l’air confuse. Eliëndir, dans sa grande bonté et dans la continuité de ses actions précédentes pour lui prouver son amour, désirait l’emmener dîner… en public ? A Melorn, une ville où tout le monde le reconnaissait à chaque coin de rue ? Dahlia avala sa salive, considérablement stressée par ce changement brutal qui était pourtant nécessaire. Il ne voulait plus la cacher, ne ressentait plus le besoin de la garder en sécurité, rien que pour lui. Dans un soupir de soulagement, elle lui répondit enfin. « Ta cuisine n’est pas affreuse, tu te sous estimes… ». Elle se détacha à contre-cœur de son étreinte, posant à nouveau les pieds sur le carrelage, prenant son menton entre ses doigts le temps d’une intense réflexion, évitant soigneusement sa proposition le temps d’être capable d’y apporter une réponse satisfaisante.


    Après une dizaine de secondes, trifouillant sa mémoire, la Fae ouvrit un des placards. « Ah... là ! Je crois que c’est là. A moins que tu ne t’amuses à bouger tes affaires de place chaque fois que je m'en vais. ». Puis elle vint se saisir de deux assiettes, se mettant sur la pointe des pieds, oubliant visiblement la possibilité de voler pour atteindre son objectif. Tendant ses bras en avant, manquant de tomber dans sa manipulation hasardeuse, elle finit par reposer le nécessaire sur le comptoir à côté d’Eliëndir. « Je ne me permettrais pas de refuser une invitation pareille. Ou est-ce que mon prince charmant compte me convier, ce soir ? Je vais devoir te piquer une tunique, je ne vais pas entacher notre premier dîner ensemble depuis des lustres en étant mal habillée. ». Venant déposer un baiser sur sa joue suivi d’un petit rire cristallin, elle passa ensuite de l’autre côté, attrapant les couverts dans le tiroir qu’elle avait repéré le matin même, donnant presque l’impression qu’elle vivait ici depuis des années tant elle bougeait avec aisance. S’approchant du plat, elle s’arrêta net, prenant conscience de sa maladresse et de la catastrophe qui leur pendait au nez. « C’est sans doute mieux que tu t’occupes de servir. Je risquerais de tout faire tomber. ».


    Croisant son regard, Dahlia se sentit soudainement intimidée, incapable de formuler la question qu’elle voulait lui poser. L’Elfe avait cette capacité à capter son attention, attirant toute la lumière vers lui, faisant disparaître le décor qui les entourait. Parfois elle avait l’impression de le rencontrer pour la toute première fois à nouveau, les papillons dans son ventre s’agitant au moindre de ses mouvements, son cœur frappant presque violemment contre sa poitrine quand ses améthystes enjôleuses se plantaient dans ses yeux orangés. Venant replacer une mèche de sa crinière blonde derrière son oreille, le rouge lui montant aux joues, son regard oscilla entre le plat, son visage, la fenêtre en une dizaine de secondes. « Tu… Tu penses que tu pourrais m’apprendre l’elfique ? Pas aujourd’hui, évidemment mais… ». Son regard paniqué se transforma lentement en une expression mêlant admiration maladive et amour sincère tandis que ses lèvres s’approchaient à nouveau des siennes, les yeux mi-clos. « Chaque fois que tu me parles dans ta langue, j’ai l’impression d’être transportée ailleurs… Et j’ai envie d’y rester. ».
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  • Jeu 13 Avr - 23:35
    Un arc-en-ciel sous la tempête
    Feat Dahlia
    À nouveau, il peut sentir ses réserves quand il lui fait part de sa volonté de rester ensemble même pendant ses quelques déplacements. Il se doute que tout le monde n'a pas son goût pour l'aventure, vivre sur les routes n'est pas un quotidien classique et rien ne peut remplacer la chaleur d'un foyer stable. Peut-être que c'est encore un peu tôt pour lui en demander autant, c'est maladroit de sa part mais cela part d'une bonne intention évidemment. Il ne veut plus la laisser dans son sillage à chaque fois qu'il doit aller quelque part, il veut pouvoir profiter de chaque instant à ses côtés. Attendant soucieusement sa réponse, il finit par sourire de soulagement. Il écoute chacun de ses mots avec beaucoup d'attention, le simple fait qu'elle ait accepté, malgré ses doutes, est une victoire pour lui.

    « Je sais oui et c'est compréhensible pour l'orphelinat. Ne te sens pas obligé juste parce que je te le demande et tu n'as pas à prendre parti si tu ne le veux pas. Et non, tu ne t'incrustes pas évidemment, ça me fait plaisir que tu viennes avec moi. »

    Eliëndir est prêt à faire le nécessaire pour que Dahlia se sente le mieux possible dans cette nouvelle vie qui s'offre à eux. Melorn est un dépaysement conséquent par rapport à la très universel Liberty, c'est un mode de vie complètement différent et un temps d'adaptation est inévitable. De son côté, il n'accorde aucun crédit à l'avis de son entourage sur ses décisions ou son choix de vivre avec la femme qu'il aime. Il ne redoute pas les ragots, il y en aura c'est une certitude et disons que cela fait partie du jeu il faut simplement faire avec. Pour ce qui est de son paternel, qui doit bien se douter de quelque chose puisque son fils refuse systématiquement toute proposition de mariage, c'est peut-être la conversation qu'il appréhende le plus. Mais rien ne viendra perturber son bonheur, pour le moment.

    « Rien ne changera entre nous, je te le promets. »

    Définitivement, il est bel et bien soulagé d'un poids. Tant que Dahlia est avec lui et qu'ils sont heureux ensemble, rien ni personne ne viendra entacher ce lien pur qui les unit. Pas même son père, il s'en assurera. Il s'oublie un moment dans ses bras, s'échangeant quelques baisers comme deux adolescents amoureux qui se retrouvent dans le plus grand secret. Ce n'est pas totalement faux dans leur cas et bien qu'ils ne sont plus des enfants depuis longtemps, il ne se lasse toujours pas de sentir ses doigts glisser dans ses cheveux. Un geste apaisant même s'il ne saurait pas l'expliquer avec des mots, il se met simplement à lui sourire en retour.

    « Ne t'arrête surtout pas, il ne faudrait quand même pas que j'oublie. J'aime quand tu insistes. »

    Un bien vilain mensonge, il serait bien incapable d'oublier même lorsqu'il aura atteint un âge vénérable. Impossible d'omettre un sentiment aussi fort, un amour aussi puissant. Aucun risque que cela arrive. Lorsqu'elle vient le serrer encore un peu plus fort près d'elle, il joint ses mains dans son dos qu'il vient délicatement caresser avec ses paumes dont émanent une agréable chaleur. Il dépose sa tête contre la sienne, fermant les yeux pendant quelques secondes et profitant simplement de son contact sans dire un mot. Ils sont interrompu lorsque la jeune femme vient répondre à sa proposition de passer la soirée en tête-à-tête. Il s'écarte calmement quand la Fae se détache en remettant les pieds sur le sol. Alors qu'elle s'éloigne, il prend sa place en s'adossant contre le comptoir là où elle était assise il y a quelques secondes. Croisant les bras devant son torse, il la suit du regard pendant qu'elle part trifouiller dans les rangements juste à côté. Il souffle du nez d'amusement en la voyant en difficulté face à deux assiettes, mais il s'abstient d'un quelconque commentaire.

    Où vont-ils aller ce soir ? En voilà une bonne question. Eliëndir se mit donc à cogiter quelques instants, ce n'est pas les adresses qu'il manque mais tout l'intérêt est de choisir la meilleure. Un endroit discret... ou au contraire, là où toute la ville pourra les voir assez facilement. Dans les deux cas, les gens finiront par le savoir mais ça n'a aucune importance pour lui. Il se tâte quelques secondes, ne voyant même pas arriver son bisou sur sa joue. D'un hochement de tête, il rejoint Dahlia de l'autre côté de la pièce pour se saisir des couverts et se pencher au-dessus du plat. Il se met à servir les deux assiettes, d'abord celle de Dahlia, puis la sienne pour finir.

    « Dahlia, tu es toujours ravissante. Je vais te prêter des vêtements mais on peut aussi aller t'acheter une robe en ville si tu veux. J'ai une vieille connaissance de l'académie dont la famille tient un restaurant dans les beaux quartiers. ll faut absolument que tu goûtes leur cuisine, c'est divin. Ce sont des gens généreux et accueillants, tu verras. Ça va te plaire. »

    Eliëndir acquiesce pour lui-même, c'est un bon choix pour un premier dîner en ville. Ils seront tranquilles dans un cadre idyllique et avec des gens bienveillants. Une bonne soirée en perspective. Finissant de servir les deux assiettes, il remet le couvercle sur le plat en déposant une assiette devant Dahlia avec ses couverts. Tournant la tête pour apercevoir ses yeux ambrés qui l'observaient déjà, penchant légèrement la tête sur le côté, il note son regard fuyant. Une situation amusante qui dure bien une dizaine de secondes, se demandant si elle allait enfin dire un mot, il se saisit de sa fourchette pour la planter dans un morceau de carotte cuite. Il s'arrête en tournant la tête vers Dahlia, assez surpris par sa soudaine demande. En bien, c'est juste qu'il ne s'y attendait pas. Laissant tomber sa fourchette dans son assiette, il dépose sa main sur sa joue et joint un peu brusquement ses lèvres aux siennes sans dire un seul mot. Visiblement, il a l'air ravi que Dahlia souhaite apprendre sa langue. C'est une initiative qui le touche et qu'il n'oubliera pas de si tôt.

    « Je t'apprendrais avec plaisir. L'Elfique est une langue difficile, il faudra te montrer persévérante. Et sache que je suis un professeur exigeant, alors j'attends des résultats digne ce nom ! Mince, je ne pourrai bientôt plus te faire des déclarations sans que tu puisses en comprendre le sens. »

    Dit-il sur un ton plaisantin évidemment, il est déjà heureux d'entendre qu'elle souhaite apprendre alors les résultats sont franchement très secondaires. Avec du temps et des efforts, Dahlia devrait très bien s'en sortir avec cette langue enchanteresse qu'est l'Elfique. Fort heureusement, ils ont l'éternité devant eux. Il récupère sa fourchette et vient enfin croquer dans ce morceau de carotte qui l'attend depuis tout à l'heure.

    « Pardon, tu dois être affamé depuis le temps. Mange à ta faim. Pour être tout à fait honnête, tu as débarqué chez moi à l'improviste et je n'ai pas eu le temps de prévoir ce qu'on allait faire aujourd'hui. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu veux faire en particulier ? N'importe quoi, dis-moi. »

    Il récupère son assiette de l'autre main et vient s'asseoir sur le comptoir, légèrement tourné vers Dahlia pendant qu'ils mangent. Alternant entre son plat et la Fae, attendant qu'elle le sauve de son incompétence en tant qu'hôte. Et si elle ne souhaite rien faire de particulier... alors ça lui convient aussi.

    CENDRES
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    Anonymous
  • Ven 14 Avr - 21:20
    Le regard perdu dans le sien, un sourire béat et niais sur le visage, Dahlia semblait avoir oublié tout ce qui la troublait, la raison même de sa venue à l’improviste à Melorn. Le voyage avait été long et fatigant, autant physiquement que psychologiquement. Entre ses jambes qui peinaient à la porter et sa propre conscience qui s’acharnait sur elle, à se demander pourquoi elle continuait à exister dans un monde qui la rejetait, le sourire qu’elle arborait actuellement relevait du miracle. Mais quand elle croisait son regard par hasard, quand ses lèvres s’approchaient des siennes, plus rien n’avait d’importance. À ses côtés, la Fae pouvait retirer le masque qu’elle portait aux yeux du monde, faire tomber les barrières de protection qui la séparaient des autres, ignorant les jugements qu’on pouvait porter à son égard. Nul besoin de paraître, de s’enquiquiner de rires hypocrites, de flatteries futiles et autres mensonges qui lui permettaient de tenir son orphelinat correctement. Eliëndir l’aimait, aussi dérangée et traumatisée puisse-t-elle être, supportant toutes ses sautes d’humeur, son cœur qui vacillait d’une émotion à l’autre en une fraction de seconde. Cette époque était à présent révolue. Les vols, la peur au ventre d’être prise sur le fait qui la paralysait, le sentiment d’être traquée peu importe où elle mettait les pieds… La pègre de Liberty ne serait bientôt qu’un lointain souvenir, à un détail près.


    Les assiettes entre les mains, Dahlia posa sa tête contre l’épaule de l’Elfe amoureusement, un petit rire venant franchir ses lèvres. « Comme si j’allais te laisser oublier. Je n’ai pas gagné toutes les batailles pour perdre la guerre si proche du but. ». Elle ferma les yeux, profitant de son contact qu’elle chérissait tant. Personne ne l’égalait, ne lui arrivait à la cheville. L’amour qu’elle lui portait était indéniable, indestructible. Elle qui angoissait pour un rien ne se laissa plus aller à écouter les pensées intrusives qui tentaient de se frayer un chemin jusqu’à son esprit. Trois cents ans de loyauté et de persévérance ne pouvaient qu’écraser ses peurs, les balayant d’un revers sans même y prêter attention. Que la crainte fût minime face à tout ce qu’elle ressentait pour lui, ce bazar d’émotions qui la parcourait, venant lui chatouiller le bout des doigts qui caressait tendrement sa peau. Ainsi, il aimait qu’elle insiste… Alors, elle insisterait, jusqu’à ce qu’il n’ait plus que sa voix en tête. « Maintenant que je t’ai, je ne risque pas de te laisser partir, Eliëndir. ». Puis, elle le gratifia d’un petit clin d’œil avant de lui donner un petit coup de coude taquin, venant s’installer à ses côtés pour enfin se sustenter. « Il fallait y réfléchir avant de t’enticher de moi. Plus de retour en arrière. ».


    À son compliment, elle vint déposer un petit baiser sur le bout de son nez. « Flatteur. ». Venant faire battre doucement ses ailes multicolores dans son dos, Dahlia prit le temps de considérer la proposition d’aller quérir une nouvelle robe en ville. Bien qu’elle fût capable de faire disparaître ses attributs de Fae à volonté, ainsi que de les passer au-dessus des vêtements, elle ne pouvait nier l’inconfort qu’elle ressentait, bloquée dans une chemise inadaptée à sa nature féérique. Il n’y avait rien de tel que de pouvoir les étendre le long de ses bras, de profiter d’un dos nu pour voler librement, et si d’ordinaire, elle les aurait cachés aux yeux du monde, la jeune femme n’avait rien oublié des mots, des premiers compliments que l’Elfe lui avait adressés. Il aimait ses ailes, et il les avait aimées dès le premier jour, quand d’excitation, elle n’avait pu contrôler leur apparition soudaine. Si Dahlia pouvait lui donner encore une raison de ne jamais quitter son esprit, alors elle la prenait sans aucune hésitation. « Eh… eh bien… Je ne serais pas contre une robe, vu que la mienne est encore trempée et sale. Je suis partie dans la précipitation, je n’ai pas pensé à prendre quoi que ce soit d’autre. ». Elle vint retirer un pétale de fleur de la passion qu’elle retrouva par hasard, bloqué entre son dos, son vêtement et ses ailes, le déposant sur le comptoir. « De préférence avec de l’espace à l’arrière. Je me sens un peu compressée dans ta chemise, et je n’ai pas envie d’abimer tes tuniques elfiques. ». Arriver en déchirant une tenue typique du coin par confort, un moyen facile de mal commencer son intégration dans la cité et de s’attirer des regards noirs. « Enfin, je ne voudrais pas trop faire ma difficile non plus. Je ne voudrais pas que les couturiers de Melorn me détestent au premier jour. Je ferai avec ce qu’on trouvera sur le chemin. ».


    À deux doigts d’enfin prendre la première bouchée de son repas, Dahlia fut interrompue de la plus belle des manières, reposant délicatement sa fourchette sur le côté, manquant de la lâcher sous la surprise. De toute évidence, sa proposition d’apprendre l’elfique plaisait considérablement à Eliëndir. Elle qui ne connaissait que le commun et de vagues formules de politesse dans les langues les plus utilisées à Liberty, y compris celle des Elfes, n’était pourtant pas très inquiète sur sa capacité d’apprentissage. Caressant amoureusement sa joue alors qu’il la taquinait sans vergogne, la Fae se mit à rire doucement à son tour. « Tu as de la chance que je ne sois pas capable de parler la langue de mon peuple. J’aurais pu en dire des choses sur toi. ». N’ayant jamais rencontré une de ses congénères, Dahlia se contentait de savoir écrire le féérique. Elle n’osait pas en prononcer un mot, craignant d’écorcher sa propre langue avec des prononciations hasardeuses. Plongeant son regard orangé dans ses améthystes qui l’hypnotisaient, elle poursuivit. « Je suis toujours persévérante avec toi. ». Puis, elle s’approcha de son oreille, lui murmurant quelques mots en son creux. « Je suis sûre que tu feras une exception pour ton élève préférée, et que tu seras doux comme un agneau. ».


    Déposant à nouveau un baiser sur sa joue, elle vint enfin déguster ce plat qui la narguait depuis quelques minutes, l’écoutant distraitement alors que son ventre criait enfin victoire. Elle prit ses premières bouchées calmement, néanmoins, sans qu’elle ne s’en rende compte, son rythme s’accéléra considérablement, jusqu’à ce que l’assiette ne soit vidée. Elle ne le remarqua qu’en plantant sa fourchette dans l’assiette, laissant échapper un petit bruit strident alors qu’elle rencontrait la céramique. « D… Désolée, ça fait des jours que je n’ai pas pu manger correctement, je me suis un peu emballée. ». Elle vint pousser son assiette un peu plus loin d’elle, s’essuyant les lèvres avec une serviette, embarrassée de s’être précipitée ainsi. « M… Merci pour le repas, Eliëndir. Je me sens un peu bête de ne pas en avoir profité comme j’aurais dû le faire. ». Son attention se reporta sur l’endroit où il voulait l’emmener le soir-même. Un lieu chaleureux, avec des gens charmants. Elle ne pouvait que le croire et espérer que le dîner se passe pour le mieux, se faire du souci ne mènerait à rien. Prenant une grande inspiration, elle vint poser sa tête dans sa main droite, réfléchissant à ce qu’elle pourrait lui proposer pour l’après-midi.


    « Hm… ». Un éclair de génie lui traversa l’esprit. « Je te dois toujours quelque chose, et je n’ai jamais eu l’occasion jusqu’à maintenant de le faire. ». Ses années d’expérimentation allaient enfin payer, tout du moins, elle l’espérait. Une moue entre la déception et l’appréhension sur le visage, Dahlia poursuivit. « Je ne vais pas pouvoir te faire la surprise, je ne connais absolument pas la ville, à moins que tu sois prêt à fermer les yeux sur mes achats. J’aurais juste besoin d’aller faire quelques emplettes alimentaires. ». Puis, elle se rendit compte de sa bêtise, laissant glisser sa main jusqu’à son front. « J… J’avais oublié que vous n’utilisiez plus l’or à Melorn… ». Visiblement embarrassée, la Fae ne savait plus où se mettre, entre la facilité de profiter du statut d’Eliëndir et sa volonté profonde de s’intégrer par elle-même. « Tu penses que je pourrais échanger quelque chose contre ce dont j’ai besoin ? Ou… Ou tu peux m’avancer, et je te le rendrais ? ».


    Dahlia avait pensé à rendre service aux citoyens en échange de ses achats, néanmoins il semblait évident que personne ne lui ferait confiance. Elle venait à peine d’arriver. En attendant, elle devrait s’en remettre au jeune homme qui partageait sa vie, aussi difficile cette perte d’indépendance soudaine puisse être. Triturant ses doigts nerveusement, la Fae finit par admettre le fond de ses pensées. « J’aimerais te faire un fraisier. Je sais que cela fait plusieurs siècles mais… ». Timidement, elle plongea à nouveau son regard dans le sien. « Je n’ai pas oublié. Et… je pense que je dois être capable de faire des pâtisseries convenables aujourd’hui. ». Si seulement l’Elfe pouvait imaginer le nombre d’heures passées dans les cantines de l’orphelinat, le nombre de parts de fraisiers ingurgitées par ses enfants suite à ses nombreux essais, il en deviendrait probablement blême.


    « J’avais aussi promis à Neera de la peindre quelques mois en arrière, elle avait proposé Melorn. Alors si tu as envie… Après notre passage en ville pour mes ingrédients et ma robe... Et que tu connais des endroits un peu isolés, avec une belle vue… J’apprécierais énormément de pouvoir m’y rendre avant de la convier, pour faire un premier repérage. ». Elle déglutit, s’imaginant le pinceau en main au beau milieu de la ville, devant des passants curieux. « … Complètement isolés, même, ce serait mieux, je… je ne suis pas habituée à peindre devant les autres. ». Attendant sagement qu’il termine son assiette, son regard vint errer jusqu’à la fenêtre, s’arrêtant sur les jardins qui s’étendaient à perte de vue. « Je supporte assez mal la critique. ». Sa main alla se poser sur sa cuisse, la caressant avec tendresse. « Et ça nous ferait une belle promenade. Qu’est-ce que tu en penses ? ».
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  • Sam 15 Avr - 21:05
    Un arc-en-ciel sous la tempête
    Feat Dahlia
    L'Elfe se met à réfléchir quelques secondes en hochant la tête. Une robe donc, rien d'extraordinaire en soit, ils devraient largement pouvoir trouver leur bonheur parmi les quelques couturiers de la ville. Une pièce avec le dos ouvert pour que Dahlia puisse bouger librement ses ailes sans se sentir à l'étroit. C'est vrai qu'il n'y avait pas pensé avant, mais ses vêtements à lui ne sont pas vraiment adaptés à sa condition de Fae. Disons qu'il n'a pas vraiment ce genre de contrainte de son côté mais il est hors de question que Dahlia ne soit pas à son aise ici. Même après toutes ses années, Eliëndir apprécie toujours autant de voir ses ailes à la beauté incomparable. Cela fait partie intégrante de son être et de son point de vue, ça la rend encore plus belle qu'elle ne l'est déjà. Une sortie en ville est donc de mise pour remédier à cette problématique.

    « Crois-moi, tu n'as pas encore vu tous mes vêtements. Je leur donne déjà pas mal de travail. D’ailleurs, tu fais bien de me le rappeler, je vais m'occuper de tes affaires trempées avant pour qu'ils puissent sécher dehors. Je connais quelques couturiers, et couturières, très talentueux en ville. On pourrait en profiter pour prendre tes mesures. Tu ne vas pas aller loin avec une seule robe, autant prévoir à l'avance. »

    Une partie du programme de l'après-midi a donc déjà été décidée. Il ne reste plus qu'à profiter du reste du repas, qu'il passe entièrement avec un petit sourire idiot sur les lèvres. Il s'imagine déjà échanger en elfique avec Dahlia. Ce ne sera pas pour tout de suite bien sûr mais c'est une perspective réjouissante. Il aurait pu faire un effort en retour mais malheureusement, Dahlia n'est pas très accoutumée aux coutumes et aux expressions de son peuple. Dommage, Eliëndir a toujours eu une facilité pour les langues, mêmes les plus rares et les plus sombres. Il triche un peu puisqu'il a largement le temps de s'en imprégner avec les années et voyager à travers le Sekai lui a permis de façonner son expression orale de la meilleure façon possible. Lorsqu'elle s'approche de son oreille pour murmurer près de lui, il lui glisse un regard très évocateur. Il aurait aimé garder un peu son rôle de professeur un peu sévère qu'il avait à l'académie, mais la vérité c'est qu'il est bien incapable de lui refuser quoi que ce soit. Et elle le sait parfaitement.

    Il lui concède cette petite victoire, entamant silencieusement son assiette en même temps que Dahlia. Finalement, c'est pas si mauvais que ça. Il a peut-être raté une autre vocation dans la restauration cette fois. Bon, n'abusons pas non plus mais ça le réconforte de savoir qu'il n'est pas si nul que ça. Il pourrait prendre ce genre d'initiative un peu plus souvent, à présent. Maintenant qu'il a une bonne raison à la maison pour le faire. Eliëndir prend tout son temps pour savourer, complètement aux antipodes de Dahlia qui a déjà fini alors qu'il a à peine commencé son assiette. Visiblement, quelqu'un avait vraiment très faim ici. S'il est un peu surpris pendant une seconde, il se met à rire en posant ses couverts dans son assiette. Il tend les bras pour se saisir du plat et le rapprocher en soulevant le couvercle.

    « Tu veux me faire croire que tu n'as plus faim ? Menteuse. Ressers-toi autant que tu le veux, mange pendant que c'est encore chaud. »

    Cette femme est affamée, c'est une évidence. Il récupère ses couverts et lui sert une nouvelle assiette sans lui laisser le temps de contester sa décision. Elle va manger, un point c'est tout. Alors qu'il finit de la servir, il remet le couvercle sur le plat et il peut enfin se repencher sur son assiette à lui. Piquant quelques légumes et prenant une bouchée avec sa fourchette, il lève les yeux vers Dahlia l'air dubitatif. La Fae lui doit quelque chose et il n'a pas l'air de s'en souvenir, c'est curieux parce que ça ne lui ressemble vraiment pas d'oublier une dette. Il plisse les yeux un peu plus à chaque seconde, creusant dans sa mémoire pour savoir où elle veut en venir.

    « Hm. J'imagine oui, mais qu'est-ce que tu veux exactement ? Certains marchands utilisent l'or pour pouvoir commercer avec l'extérieur et les étrangers. Cela rend les choses plus simples alors si c'est pour acheter quelques aliments, ça ne devrait pas poser de problèmes. Je te donnerai le nécessaire, ne t'en fais pas. »

    Il n'a de toute façon aucune envie de constamment avoir un droit de regard sur ses achats. Elle n'a pas à perdre son indépendance juste parce qu'elle vit sous le même toit que lui. Ce serait un peu hypocrite, après lui avoir dit à quel point il lui faisait confiance. Et honnêtement, ce n'est pas comme s'il regardait le prix avant d'acheter quelque chose. Oui, il en est là. Pour ce qui est de s'habituer aux mœurs locales sans avoir à dépenser de l'or, cela fait partie du temps d'adaptation nécessaire à Dahlia pour se faire à la vie à Melorn. Cela viendra avec le temps, les gens s'habitueront à elle. Ils n'auront pas le choix. Il a un moment de surprise quand elle mentionne enfin le fraisier qu'elle comptait lui préparer, quelques souvenirs remontent soudainement.

    « C'est... une merveilleuse idée. J'ai déjà très envie d'y goûter. »

    Des images de leur première rencontre refont surface et font apparaître un petit sourire sur ses lèvres. C'était donc ça, cette petite promesse qu'ils se sont fait quand ils étaient encore adolescents. Cela semble si loin à présent, tant de choses ont changé et pourtant leur amour est resté totalement intact depuis le premier jour. Il ne saurait même pas l'expliquer, cela relève presque du miracle. Il n'y a peut-être pas d'explication finalement, ils étaient simplement faits pour être ensemble depuis le départ.

    Finissant calmement son repas, il penche légèrement la tête sur le côté en réfléchissant à sa dernière requête. Quelques coins isolés avec une belle vue, ce n'est pas fondamentalement ce qui manque à Melorn. Surtout pour Neera et Dahlia qui ont la capacité de se déplacer dans les airs là où le commun des mortels ne peut pas les suivre. Il laisse ses couverts dans son assiette vide, déposant tendrement sa main sur la sienne qu'elle dépose sur sa jambe. Posant le coude sur la table, il cale sa joue contre sa paume de main libre en plongeant son regard dans le sien.

    « Alors comme ça la Tornade va bientôt nous faire l'honneur de sa présence. Quelle chance nous avons. Moi qui croyait qu'elle m'avait oublié, après tant d'années d'amitié. Tu imagines ? M'oui, je connais quelques endroits qui devraient vous plaire. On ira faire un tour après nos achats. »

    Il glisse ses doigts entre les siens et vient déposer un baiser sur sa main.

    « Je pense que c'est une excellente idée et qu'on devrait aller se préparer. C'est un peu facile à dire, je sais. Mais ne te rend pas malade à cause des critiques. Il y en aura toujours, surtout dans le monde de l'art. Tu es une femme ravissante et talentueuse, n'en doute jamais. »

    Quand Dahlia aura englouti sa seconde assiette, Eliëndir se redressera sur ses deux jambes en déposant un baiser sur ses lèvres cette fois-ci. Récupérant les assiettes et les couverts qu'il entasse dans levier. Il attrape un peu de savon et fait couler l'eau pour faire la vaisselle pendant qu'il en a la motivation. Ça, c'est assez rare pour le souligner.

    « Je dois juste m'occuper de tes vêtements sales. Je prends un bain, je m'habille et on y va. »

    Il secoue les mains dans levier avant d'attraper un torchon pour finir d'essuyer ses mains. Avant d'oublier, il retourne près de la porte coulissante menant au jardin qu'il verrouille.

    « Dis-moi. Après Neera, tu accepterais de prendre le temps de tirer mon portrait ? Pas que je sois narcissique à ce point mais, ça fait un moment que j'y pense. Mais je veux que ce soit toi qui le fasses. Qu'est-ce que tu en dis ? »

    S'approchant de Dahlia, il se saisit à nouveau de sa main pour l'inviter à le suivre pendant qu'ils quittent la cuisine et montent à l'étage en direction de la chambre à coucher. Il en profite pour récupérer les vêtements sales de Dahlia. Il aurait pu s'en occuper ce matin quand même, c'est pas très sérieux. Il passe par la salle de bain pour récupérer une large bassine en bois qu'il se met à remplir d'eau chaude avec du savon. Ça aussi, c'est assez rare de sa part pour le souligner. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas par amour ?

    « Si tu veux te changer à nouveau, prend les vêtements qui te plaisent le plus. »

    Il part quelques instants sur le balcon pour frotter les taches de boues et les quelques taches de sang pour essayer de rendre ses vêtements comme neufs ou presque. Avec plus ou moins de résultats, surtout pour les tâches de sang qui ont eu le temps de sécher et de s'incruster dans le tissu. Lorsqu'il sera satisfait, il étend les vêtements trempés sur le balcon pour qu'ils puissent sécher pendant qu'ils sont en ville. Plus qu'à espérer que la pluie ne tombe pas comme hier soir. Retournant ensuite dans la chambre, il récupère lui aussi quelques vêtements dans son armoire. Comme à son habitude, il prend un certain temps à fouiller dans ses nombreuses affaires. Sur le chemin de la salle de bain, il dépose un baiser discret sur la joue de Dahlia et laisse la porte entrouverte derrière lui, juste avant de commencer à faire couler l'eau dans la baignoire.

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