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  • Mar 4 Avr - 18:13
    Janvier de l'année 4

    « Vous avez reçu une livraison, Madame la Directrice.
    - Depuis le temps, tu ne penses pas que tu pourrais m’appeler par mon prénom ?
    - Pas en public. J’essaie de faire en sorte qu’on vous prenne un peu plus au sérieux.
    - Adorable, mais ce n’est absolument pas nécessaire. »
    .


    Dahlia réprima la grimace de mépris qui tentait tant bien que mal de prendre place sur son visage. Son assistante avait le don de lui taper sur les nerfs avec ses grands airs, sa volonté de se faire passer pour ce qu’elle n’était pas, son comportement parfois un peu trop pompeux à son goût. Les années ayant passées, la Fae avait accepté son statut de directrice d’orphelinat comme une bénédiction. Qu’il ne soit pas le plus beau ou le plus rentable de la République, cela lui importait peu. Un orphelinat à ses yeux n’avait pas vocation à rameuter les foules, en vérité elle espérait que bientôt, le monde n’ait plus besoin d’elle. Une charmante utopie, que chaque enfant ait enfin un foyer dans lequel se développer. Pour l’heure, la jeune femme avait d’autres chats à fouetter que les états d’âmes de sa collègue.


    Saisissant le plateau entre ses bras, elle l’emmena au fin fond de son bureau en prenant soin de regarder où elle mettait les pieds. Une fois arrivée près des fenêtres, elle poussa un long soupir puis se mit à ranger les potions de perte de mémoire dans ses cabinets. Perséis était comme à son habitude parfaitement ponctuelle, et recevoir cette livraison ne signifiait qu’une seule chose : il était l’heure de faire une sortie avec les enfants. Une excursion dangereuse qu’elle ne se permettait que lors de rares occasions, néanmoins ses mains étaient actuellement liées. Son établissement perdait des fonds, les donateurs se retirant de façon aléatoire pour distribuer leur argent sans doute à d’autres causes qu’ils considéraient plus nobles que la sienne. Dahlia pesta une seconde contre le monde pour évacuer sa colère puis se reprit. Elle n’avait pas besoin d’eux.


    Une fois le rangement terminé, la Fae erra dans les couloirs de son orphelinat à la recherche d’une salle de jeux occupée. A la pause de midi, elle ne risquait pas de tomber sur des éléments perturbateurs, ces derniers étant bien assez intéressés par l’idée de se jeter les restes de leurs repas durement gagnés et payés à la sueur de la directrice. Elle franchit la porte puis tapa dans ses mains, attirant l’attention des orphelins qui se retournèrent vers la présence angélique de celle qu’ils considéraient comme leur mère.  « Est-ce que quelques uns d’entre vous aimeraient m’accompagner en ville cet après-midi faire des emplettes ? ». Les mains se levèrent à une vitesse affolante, et Dahlia prit le temps de faire semblant de considérer ses options. Dans les faits, elle savait déjà très bien qui elle emmènerait avec elle pour une énième session de vol. Deux petites expérimentées dans un quartier peu surveillé et aux marchands facilement éconduits. Une façon comme une autre de les préparer à la vie qui les attendait une fois leur majorité atteinte.


    Avançant vers les deux jeunes filles sélectionnées elle passa affectueusement sa main dans leurs dos, les dirigeant vers la sortie de l’orphelinat. Une fois les instructions données, Dahlia fit mine de s’intéresser aux marchandises proposées, de rentrer dans plusieurs boutiques différentes sans lâcher du regard ses enfants. Elle salua les quelques officiers républicains qui croisèrent sa route d’un signe de main, un large sourire sur le visage, replaçant les mèches de sa chevelure dorée derrière son oreille. Une fois arrivée devant un atelier de Maison Luminescence elle croisa ses bras sous sa poitrine et dévia ses yeux des orphelins pour observer les nouvelles collections, une moue dubitative sur le visage. Elle ignorait seulement la raison qui la poussait à s’attarder sur ces lieux, sachant qu’elle n’aurait jamais les moyens de se fournir dans cette sublime vitrine qui lui renvoyait savamment son reflet.


    Une seule faille dans sa vigilance avait suffi aux petites pour se retrouver empoignées par le propriétaire d’une échoppe d’étoffes et de tissus en tous genres. Les deux petites avaient visiblement tenté de subtiliser une écharpe en laine au nez et à la barbe du propriétaire. « On.. on a pas fait exprès je vous le jure monsieur ! ». « Oui elle a raison, on voulait juste regarder d’un peu plus près ! ». Alertée par les cris de ses enfants, Dahlia s’avança vers le tenancier dans une démarche gracieuse, un air désolé sur le visage. La comédie pouvait débuter.

    « Je… je suis réellement navrée messire. Les temps sont durs et elles ne pensaient pas à mal. Je tiens à vous assurer que cela ne se reproduira plus. Puis-je compter sur votre indulgence, pour cette fois ?
    - Absolument pas ! Vous éduquez des voleurs à Liberty, et vous pensez qu’on va vous donner le bon dieu sans confession à cause de votre joli minois ? Pas à moi, mademoiselle. Ce sont vos filles ?
    - A… a vrai dire, non, ce sont des orph…
    - Je ne sais même pas pourquoi j’ai posé la question. Vous allez me payer tous ce que vos marmots ont touché, et plus vite que ça. Je n’ai pas de temps à perdre avec des malfrats dans votre genre. »
    .


    Dahlia fronça légèrement les sourcils, déstabilisée par ce refus catégorique d’obtempérer ou d’obtenir un compromis. Ce n’était guère la première fois, et le marchand aurait pu s’en sortir sain et sauf, si seulement il n’avait pas fait l’erreur de qualifier ses enfants de malfrats devant elle. Craquant les os de sa main droite, la directrice poussa un long soupir d’exaspération, et à l’instant où elle allait gratifier l’imbécile heureux de la peste obscure, elle aperçut la silhouette d’un inconnu sortir de l’ombre. Allait-il subir le sort qu’elle réservait au commerçant, c’était encore à définir...
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  • Lun 17 Avr - 12:29

    Les jours de patrouille, ça peut vraiment être tranquille. La vérité, c'est que si on veut pas travailler, ben, on bosse pas. J'veux dire, ça arrive à tout le monde de louper des trucs, et on peut pas tout voir, donc ça revient à se promener avec bonhomie en saluant les commerçants, en les assurant qu'on les protège bien, et que tout va bien dans notre belle république.

    Le premier truc chiant, c'est quand il fait un temps de chien, à pleuvoir des cordes, ou qu'il fait moins douze mille. Là, vraiment, on se dit qu'on préfèrerait surveiller des bâtiments vides à côté d'un brasero, voire même faire de la paperasse administrative comme on en a tant. Tout, plutôt que se geler les orteils et les couilles à arpenter des rues verglacées dans lesquelles même les voleurs daignent pas foutre les pieds. Pasque oui, y'a un temps pour tout, et faut être sacrément déterminé pour sortir quand il fait blizzard.

    C'est heureusement pas le cas aujourd'hui.

    Le deuxème truc chiant, au-delà d'avoir mal aux panards à force, c'est quand au lieu de tomber sur une tâche à accomplir, c'est le travail qui nous tombe dessus, à grands cris de "Au voleur ! A l'assassin !". Là, difficile de faire la sourde oreille et de partir discrètement : les gars payent leurs impôts et notre salaire, aussi misérable soit-il, donc on se doit quand même d'être un peu à leur service. Chienne de vie.

    L'agitation sur la place du marché passe pas inaperçu, alors j'traîne pour aller jeter un oeil. Un marchand est en train de s'embrouiller avec une jolie blonde, et faut pas être devin pour deviner que l'écharpe qu'une des gamines tient piteusement en est la cause. J'fends la foule en disant "Officier républicain, faites place" sans difficulté, et quand la main de la jeune femme se tend vers le marchand, mon senseur magique s'affole et j'retiens un juron.

    Du bout de la matraque, j'pousse le poignet pour pas qu'elle touche quoi que ce soit.

    « Officiers Républicains. Que se passe-t-il ?
    - M'sieur l'officier, la gamine a essayé de voler une écharpe à mon étal !
    - C'est avéré, ça ? »

    J'fronce les sourcils. Bon, à voir la scène, c'est sûr que c'est le cas.

    « Bon, plus de peur que de mal, on va s'occuper de la suite, brave marchand. Repose l'écharpe, ma p'tite, et suivez-nous.
    - Elles ont sali la marchandise avec leurs doigts sales, faut payer, maintenant, qu'il s'entête.
    - Hm ? Vous faites acheter à chaque client qui soulève vos fringues ?
    - Quoi ? Non, mais... »

    J'attrape l'écharpe en laine, avant de la tourner et retourner dans mes mains. Y'a même pas de saleté dessus, ou en tout cas rien qui sorte de l'ordinaire et qui pourrait être attribué aux gamines.

    « Du coup, si une dame vient examiner les vêtements, et vient à en soulever un pour le comparer à la couleur de son manteau ou que sais-je, vous lui faites payer ? C'est comme ça que vous vendez ? Parce que ça ressemble beaucoup à de la vente forcée, de là où j'regarde, et j'me dis que ça mériterait p'tet de vérifier davantage aussi les comptes de la compagnie, pour s'assurer que...
    - Non, bon, c'est bon, c'est bon...
    - Tant mieux si nous sommes d'accord.- J'espère juste que vous leur apprendrez à ne pas dépouiller les honnêtes gens ! On sait comment ça commence, d'abord discrètement quand c'est petiot, puis... »

    J'lui coupe la parole sans état d'âme.

    « On s'occupe de tout, j'ai dit. Et retournez vous occuper de vos oignons, là, si vous voulez pas que d'autres voleurs nettoient vos bourses et vos étals. L'Office Républicain ouvre l'oeil, mais on peut pas regarder partout, hein ? »

    La foule se met en branle, puis se disperse, et on s'retrouve une rue plus loin, dans un coin un peu au calme. J'ai encore en souvenir le début de magie qu'allait tomber sur le marchand, et si j'sais pas ce que ça allait donner, c'était probablement pas pour lui promettre amour et félicité jusqu'à la fin de ses jours.

    « Bon, les filles, écartez-vous, je dois parler à maman. »

    Elles s'éloignent de quelques pas, et j'me tourne vers la p'tite blonde qui me fait face, charmante au demeurant.

    « Pour être honnête, j'ai une idée assez claire de ce qui s'est passé. Et si j'ai pas voulu en faire des caisses, surtout qu'au final il s'est rien passé, ça serait bien de s'assurer de plus se faire attraper. Ne serait-ce que parce que ça nous donne du travail. Et ensuite parce que c'est emmerdant de devoir gérer ce genre de trucs. »

    J'jette un oeil aux gamines qui regardent une araignée grimper le long des pavés.

    « Si vous voulez, on peut leur mettre un peu la pression pour qu'elles recommencent pas n'importe comment. On fait ça souvent pour les gamins de bonne famille qui sortent un peu trop du droit chemin. C'est un peu de comédie, genre les emmener au poste, faire un long discours pour leur faire passer le goût des bêtises, et ça repart. Ca permet d'éviter la spirale infernale. Pas mal de parents demandent ça pour leurs enfants. Garanti sans magie. »

    Sans magie, comme ce que j'vais faire bien attention à éviter si j'la vois bouger un peu brusquement.
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  • Jeu 20 Avr - 14:18
    D’un geste lent, la main de la Fae commença à se relever dans la direction du marchand ayant osé l’importuner. Oh Dahlia ne comptait pas l’envoyer au cimetière, simplement lui faire passer le goût de s’en prendre à de jeunes orphelines qui se battaient pour la moindre miche de pain, ainsi que de se moquer de leur directrice. A cet instant précis la culpabilité n’existait guère dans son esprit, encore moins l’idée qu’elle puisse être en faute. La jeune femme connaissait les risques qu’elle prenait à envoyer ses enfants voler à sa place et fort heureusement, elle connaissait également des solutions pérennes aux problèmes qu’elle pouvait rencontrer. Le goujat s’en sortirait avec une semaine cloué au lit et aux toilettes, un soigneur accoudé à son chevet s’il était en capacité financière de s’en fournir un. Sinon, ce ne serait que bon vent, bon débarras. Liberty ne manquait pas de commerçants, un de plus un de moins, personne ne verrait la différence…


    Dahlia se stoppa net dans son geste en sentant un métal froid lui pousser le poignet, replaçant son bras le long de son corps dans un petit sursaut. Croisant ses bras sous sa poitrine, son regard erra de l’officier républicain au marchand, l’un après l’autre, écoutant silencieusement la conversation comme si elle venait d’en être promptement éjectée. Il fallait qu’un militaire se promène dans le coin, à cet instant précis. Si pendant quelques secondes la Fae voulut pester et blâmer sa chance inexistante, elle se ravisa devant les mots bien aiguisés de l’inconnu qui semblait venir à sa rescousse. La directrice roula des yeux à l’évocation d’honnêtes gens. Ce marchand n’était pas moins un escroc qu’elle n’était une voleuse dans une bande organisée. Il ne valait pas mieux qu’elle, et à voir à quelle vitesse il s’était rétracté, il cachait plus d’un secret dans son petit commerce. Une fois l’altercation terminée, Dahlia hésita à s’excuser encore une fois auprès de sa potentielle victime et décida de ne rien en faire. Piquée dans le peu d’égo qui lui restait, elle se contenta de tourner les talons, suivant l’officier dans la foule.


    Les petites, quant à elles, étaient bien moins silencieuses.

    « Merci m’sieur !
    - Oh bah oui ça merci monsieur, il était pas très gentil celui-là ! Z’êtes un héros ! Pas vrai m'dame Dahlia ?
    - Les filles… ».



    Sans même hausser la voix, la Fae fit peser une menace sur les orphelines. Celle de ne pas avoir de dessert le soir si elles ne se tenaient pas tranquille. Un chantage qui ne fonctionnait guère une fois la majorité atteinte, fort heureusement, elles en étaient bien loin. Son regard se posa enfin sur le jeune homme en face d’elle, s’attardant sur chaque petit détail de son visage, de sa carrure qui était pour ainsi dire plutôt à son goût. Elle s’attendait à se faire sermonner et à passer un mauvais quart d’heure, pourtant l’officier était au mieux agacé de devoir faire son travail, plus que dérangé par la tentative de vol. « Ce… Ce ne sont pas mes filles. Enfin, pas exactement. ». Elle lui tendit la main pour la lui serrer, le gratifiant d’un doux sourire dont seule elle avait le secret. « Je suis la directrice de l’orphelinat au coin de la rue. Dahlia, messire. ». Une petite dose de politesse et de flatterie bien placée pour celui qui venait d’éviter une belle épidémie de gastroentérite dans la capitale. « Je vous remercie pour votre indulgence. Elle se fait rare de nos jours, j’apprécie énormément votre geste. ». Par courtoisie, elle s’inclina légèrement avant de poursuivre. « Je suis profondément navrée d’avoir interrompu votre ronde pour des inepties pareilles. ». Un agent de l’ordre peu regardant, tout ce qu’il lui fallait pour se sortir des situations les plus épineuses au final.


    « Les filles ne pensaient pas à mal. Pour être franche avec vous, ce n’est pas la première fois que je les surprends en train de regarder les marchandises d’un peu trop près. La vie à l’orphelinat est parfois… rude. ». Pour une fois, Dahlia ne mentait pas, fait assez rare pour être souligné. À la notion de bonne famille, la Fae eut du mal à retenir un petit rire nerveux. Une famille tout court, ça aurait déjà été un bon premier pas. Elle hésita pendant quelques secondes, réfléchissant à la proposition qui lui était faite. Si elle refusait, elle devenait suspecte et perdait une occasion en or de se lier avec un officier, en plus du fait que les petites auraient suffisamment peur pour mieux se débrouiller la prochaine fois. La directrice ne comptait pas tant sur la menace pour les empêcher de recommencer, elle espérait simplement que cette petite pièce de théâtre les motiverait à se montrer plus consciencieuses. « Peut-être… Peut-être que vous avez raison. ». Un long soupir s’échappa de l’entre ouverture de ses lèvres, son regard se baissant sur les pavés, un peu honteuse. « Je pensais que mon autorité suffirait, mais force est de constater que je me trompais. ». Elle redressa la tête, reprenant la main de l’officier dans les siennes, s’inclinant à nouveau. « Vous accepteriez de faire ça pour moi ? Je vous le rendrai, je vous assure. ». En lui payant un verre, à l’allure du bonhomme, Dahlia imaginait que cela suffirait…
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  • Sam 29 Avr - 11:19

    Au moins, les gamines obéissent à leur mère, à défaut d'obéir à la loi et de se tenir correctement. Elle présente bien, ça respire pas la pauvreté et les arnaques, bref, j'ai clairement un a priori positif, d'où ma gestion de l'incident. On va pas se mentir, si elles étaient en haillons à puer la mort, et qu'au lieu d'être curieuse, la foule avait été méfiante ou vindicative, je t'aurais embarqué tout ça au poste pour rédiger un procès-verbal en attendant une infraction immanquablement à venir pour une punition plus sévère.

    « Ah, l'orphelinat. Seulement deux, ou vous avez laissé les autres là-bas ? Probablement ça, j'suppose. »

    Emporté par la discussion et son sourire, j'lui serre la pogne en ayant vérifié machinalement qu'aucune magie ne s'y cachait, cette fois. Légère sueur froide, j'aurais dû faire davantage gaffe. D'un autre côté, elle a aucune raison de vouloir me descendre, sympa comme j'suis. Mais la puissance, ça rend les gens bizarres, ils se permettent des trucs qu'ils feraient jamais autrement. Comme si lancer un sort était différent de foutre un poing dans la gueule.

    « Pas de souci, il arrive que les enfants commettent des erreurs ou aient des errements, c'est le propre de la jeunesse. Il faut juste réussir à les guider et les éduquer pour qu'ils s'y brûlent pas les ailes et comprennent ce qui fait tourner notre société, à savoir les lois et la justice. »

    Enfin, plus ou moins, hein. Les lois ne concernent que celles et ceux auxquelles elles s'appliquent avec des conséquences réelles, mais on n'est pas là pour faire un cours de philosophie, et côté condés, on n'est pas les derniers à s'y soustraire. Il faut ce qu'il faut pour faire un monde, et grosso merdo, celui de la République tourne plutôt bien.

    « Hm, ouais, j'vois le genre. Tous les gamins en concurrence pour pas grand-chose, c'est pas facile de créer un environnement bienveillant et équilibré, même avec tout l'amour du monde. »

    Avec la taille de ma fratrie, même si c'était probablement sans commune mesure, y'avait déjà des écarts, des injustices perçues ou réelles, alors un orphelinat entier, j'ose pas imaginer. J'étais dans les teigneux, j'aurais dépouillé les autres quand les adultes regardaient pas, y'a pas de doute. Donc même si y'a que des filles, ça doit être la même mécanique, probablement en plus pernicieux et vicelard. De vraies saloperies, les gamines, entre elles. Nous, on est plus bas du front, on cogne et c'est marre.

    « C'est entendu, alors, allons au poste, vous en faites pas pour ça. »

    Ce sera l'occasion de se mettre au chaud et de faire voyager un peu les collègues en les changeant des clodos et autres petites frappes.

    On s'met en route, avec Dahlia qui cornaque les orphelines et moi qui mène la route. Par chance, c'est pas bien loin, et il suffit d'un p'tit quart d'heure d'un pas vif pour arriver. Les filles ont dû trotter un peu par endroits, mais on n'allait pas y passer la nuit. Elles prennent petit à petit mesure de ce qui les attend, surtout quand on rentre et qu'elles voient circuler tous les collègues en uniforme, avant d'être introduites dans une petite salle d'interrogatoire étroite contenant simplement une table, et quatre tabourets.

    J'm'assieds du côté tout seul, et j'pose un énorme bouquin sur la table, avec un choc sourd qui résonne dans la pièce nue.

    « Ca, c'est le code pénal. »

    Normalement, on le colle dans la tronche des criminels, littéralement, d'où les bosselures et petites marques brunes imprégnées dans la couverture, mais pas de ça cette fois, là, c'est le spectacle.

    « Dedans, c'est toutes les lois à respecter si on veut pas d'ennuis avec l'Office Républicain, la Justice de notre beau pays, et les autres concitoyens. Sans le Code, et cette justice prise en charge par l'état, ce serait le marchand de tout à l'heure qui aurait décidé, seul et avec la foule, de la sentence qui vous attendait. Là, c'était d'acheter l'écharpe. Demain, ça pourrait être de couper les mains des voleurs ou de les pendre. »

    J'laisse flotter un petit silence et les fixant, et j'peux dire qu'elles font pas les malignes. Faut dire que le numéro est rodé, à ce stade.

    « Evidemment, cette protection par le Code est à double tranchant. Tout le monde se plie à ses règles et ses sanctions, et c'est ce qui empêche le chaos dans nos rues. »

    J'fais défiler les pages, jusqu'à trouver celle qui m'intéresse.

    « Un petit vol comme celui-là ? Si c'est la première fois, suivant le juge, ça peut aller jusqu'à quelques jours en cellule et une belle amende. Et les tuteurs ou parents qui viennent chercher les enfants. Vous voulez que Dahlia doive venir ici tous les quatres matins ? »
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  • Mer 3 Mai - 20:57
    « Oh non, pas deux. Si seulement. Un peu moins de trois cents en ce moment. Les adoptants ne se sont pas très nombreux en République. ». Un constat qu’elle n’appréciait guère, mais qu’elle était obligée de faire. Elle accueillait les enfants de tous horizons dans son établissement et la plupart des nobles ne se bousculaient pas au portillon pour agrandir leur famille, d’autant plus avec l’arrivée des réfugiés quelques années en arrière. Certains s’y risquaient et revenaient la queue entre les jambes, ramenant l’orphelin qu’ils avaient pourtant tant désiré à l’intérieur de ses murs, le jetant en pâture comme un jouet dont on ne veut plus. Ils repartaient plus légers d’un enfant dont ils n’avaient plus à s’occuper, mais plus lourd d’une maladie qui les handicaperait considérablement durant les mois à venir. Dahlia aimait penser que certains voyaient ses actions comme une sentence venue du ciel, le karma dans toute sa splendeur.


    Les paroles de l’officier, aussi banales puissent-elles paraître, arrivèrent à se frayer un chemin jusqu’au cœur de la Fae qui ne put retenir un petit sourire sincère. Il visait juste. Dans un environnement aussi concurrentiel qu’un orphelinat, où les petits se battaient pour avoir une attention de plus que leur voisin de table de la part de leur surveillant, Dahlia aurait pu se donner corps et âme que cela n’aurait en rien modifié cette dynamique. Elle devait accepter que son travail venait avec autant, si ce n’est plus de mauvais côtés que de bons. Il fallait bien quelqu’un pour s’occuper des tâches les plus ingrates, et elle avait le pressentiment que son interlocuteur savait exactement ce dont il parlait. « Vous avez raison. Elles m’écoutent, mais dès que j’ai le dos tourné, c’est une autre histoire. Elles se cherchent encore, à leur âge. ». Après tout, elle se doutait bien que peu nombreux étaient les individus qui se réveillaient avec l’envie irrémédiable de devenir officier républicain, encore plus ceux qui se chargeaient de patrouiller dans la capitale. Les vols comme celui qu’elle venait de commettre devaient être monnaie courante pour lui, et le voir se comporter avec autant de diligence et de considération suffisait à Dahlia pour vouloir poursuivre leur interaction.


    Une fois arrivée au poste, la Fae s’arrêta pour observer ses alentours, gratifier les quelques collègues de l’officier présent de salutations brèves, mais polies. Paradoxalement, elle se sentait plutôt à l’aise dans ce genre de cadre, entourée par une sécurité qu’elle fantasmait, la réalité étant que la plupart n’auraient pas été capables de la protéger en cas de danger. Passant dans le dos des orphelines pour les pousser à franchir l’embrasure de la porte de la salle d’interrogatoire, elle vint s’adosser dans un coin de la pièce, laissant l’officier user de sa magie sur les petites qui se mirent à trembler en voyant la directrice se retirer de la conversation. Les yeux rivés sur la table et sur l’ouvrage cabossé sur lequel leur ancien héros venait de s’appuyer, les orphelines se mirent à baragouiner, cherchant leurs mots.


    « Mais… Mais vous étiez gentil tout à l’heure et… et… on voulait juste…
    - Elle a raison, on voulait juste… juste faire plaisir à m’dame Dahlia. Elle mérite des jolies choses et elle en a pas ! Vous comprendriez pas de toute façon.
    - Ca suffit.  »



    Cherchant dans le regard de l’officier son approbation pour approcher, la directrice vint poser ses mains sur les épaules des jeunes filles qui la regardaient, les yeux bordés de larmes. Un long soupir vint franchir ses lèvres avant qu’elle ne poursuive. « Vous ne vous rendez pas service en volant des marchandises, et vous ne me faites pas plaisir non plus. Je n’ai pas besoin de ce genre de choses, j’ai simplement besoin que vous soyez sages. Qu’est-ce que les gens vont penser, s’ils vous voient bafouer la loi ? ». Elle se redressa, les sourcils froncés, l’air manifestement énervée. Pas contre les petites, mais contre elle-même. Croisant ses bras sous sa poitrine, le regard fuyant, Dahlia leur tourna le dos alors que les petites se confondaient en excuses, jurant de ne plus jamais recommencer. Pour la première fois, la Fae se sentait coupable d’avoir embarqué ses enfants dans ses manigances. Peut-être était-ce le fait de se retrouver dans un endroit si proche de la loi qu’elle évitait soigneusement, ou encore entendre ses orphelines être menacées d’enfermement. Au final la raison n’avait que peu d’importance. Elle était bouleversée, quand bien même elle tentait de le cacher. Voyant qu’elles n’arriveraient pas à récupérer l’attention de la directrice, les petites se retournèrent sur l’officier.

    « On… On le fera plus monsieur. On a compris, promis.
    - Oui, désolée m’sieur. »


    Des paroles sans doute en l’air qui suffiraient sûrement à convaincre l’agent de l’ordre qui se trouvait devant elles. Le fait est que leur crime leur était totalement sorti de la tête à l’instant où la déception s’était lue sur le visage de la Fae. Dahlia fixait la porte en face d’elle, honteuse, terriblement embarrassée par cette situation qu’elle avait pourtant provoquée. Sa voix légèrement tremblante s’éleva à nouveau, trahissant le sourire qu’elle arborait quelques instants plus tôt. « Vous allez rentrer, les filles. Je ne veux plus vous voir rôder autour des étalages. Si je vous surprends encore une fois, je n’hésiterai pas à appeler... ». Elle pencha la tête sur le côté, réalisant qu’elle n’avait aucune idée du nom du prince charmant venu à la rescousse de la demoiselle en détresse qu’elle était. « Je… Je n’ai même pas pensé à vous poser la question dans la précipitation. »
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  • Dim 21 Mai - 12:20

    En tout cas, mon p'tit discours fait son effet, vu comme elles tremblent, bégaient, et jettent des regards implorants vers leur maman d'adoption. Faut dire qu'on en est pas à notre coup d'essai : la jeunesse dévoyée, on a l'habitude de la voir passer au poste, et de leur faire des jolis textes pour les convaincre d'arrêter leurs conneries, et de nous donner du travail. C'est juste que c'est rarement des gens de bonne famille, et plutôt tout ce que la rue compte d'abandonnés, donc ils en ont rien à battre, alors on muscle un peu le théâtre.

    Là, c'était pas l'idée : déjà elles sont très jeunes, ensuite elles ont une tutrice, et enfin, il s'est au final et en réalité pas passé grand-chose.

    Puis Dahlia participe bien, à jouer -je crois ?- la déception et la honte. C'est rare, que l'adulte responsable vienne pas nous chier dans les bottes alors qu'on fait juste notre travail. Quand ça arrive, du coup, on arrive naturellement à recourir à des trésors d'inventivité pour le faire suer jusqu'au bout : on est la loi, et la loi, faut pas la faire suer. Au bout de quelques heures dans une salle vide et sans fenêtre, généralement, ils deviennent un peu plus sympathiques et polis.

    Bon, évidemment, si c'est les pontes de la SSG ou du gouvernement, on ferme bien gentiment nos gueules et les mirettes, on sourit poliment et on tient la porte.

    J'garde mon visage soigneusement neutre pour pas que le petit sourire en coin que j'ressens apparaisse sur mon visage, jusqu'à ce que les gamines décident de s'excuser platement, d'assurer qu'elles recommenceraient pas jusqu'à la prochaine fois et toute la suite orchestrale des dénégations farouches et des assurances formelles et solennelles qui va avec.

    Je hoche la tête sèchement, la mine sévère.

    « J'espère. Car vous ne vous en sortirez pas à si bon compte si ça se reproduit. »

    En tout cas, tout ce beau monde va se rentrer gentiment à son orphelinat, et, on l'espère, arrêter de faucher dans les étalages pour nous donner du boulot. J'reporte mon attention sur la tutrice, et j'me demande comment on peut se retrouver à vouloir gérer trois cent chiards horribles. Voilà bien quelque chose d'incompréhensible.

    « Dosian. Pancrace Dosian, 'chanté, comme on dit. Pas de souci, c'est normal avec le choc des événéments. »

    J'me lève et j'ouvre la porte de la salle d'interrogatoire, pour laisser sortir tout ce beau monde. A l'arrière, j'adresse un clin d'oeil à Paro, qui fait mine de griffonner sur son parchemin, tandis que Dahlia pousse ses orphelines jusqu'à la porte.

    « Bon, en tout cas, j'vais vous laisser là, je finis bientôt mon service, en prime. J'suppose que ça va aller pour rentrer hein ? J'dois juste boucler quelques trucs. Vous inquiétez pas, y'aura pas de trace écrite de ce qui vient de se passer. Ce sera notre petit secret, hé ? »

    L'important, c'est l'informaiton de qualité, et savoir que des orphelines ont possiblement essayé de voler une écharpe, autant dire que ça va juste encombrer les archives. Puis c'est pas souvent qu'on tombe avec des gens qui collaborent sincèrement, alors j'veux pas non plus me et leur prendre la tête, ça serait un peu vache. L'un dans l'autre, plus de peur que de mal, c'est bien ce qu'il faut retenir.

    J'retourne dans les profondeurs du commissariat pour signer le papelard de fin de patrouille, dans lequel j'précise que y'a rien de particulier à signaler. Puis j'passe au vestiaire pour changer la veste, et pas garder les protections de cuir qui vont avec, un peu chaudes et pas bien confortables. On est à Liberty, j'ai quartier libre et j'retourne pas tout de suite à Courage, donc c'est l'occasion rêvée d'aller s'amuser un peu, et d'essayer de retrouver quelques vieux potes qui traînent sûrement dans le coin.

    « Hé, sympa, les interrogatoires que tu fais. Tu m'invites, la prochaine fois ? »

    Kuffi a toujours eu le sens de l'humour, alors j'lui tape sur l'épaule avec un sourire canaille.

    « Même pour toi, elles sont un peu jeunes, non ?
    - Tu sais bien que je parlais pas de ça, grimace-t-il.
    - Héhé, ouais, j'te charrie. Mais ouais, joli bout d'femme. L'a un orphelinat, apparemment, deux centaines de mouflets dedans. »

    Il fronce les sourcils, se gratte la joue.

    « C'est la fae, là ?
    - Ouais, on dirait bien.
    - Ah, ben méfie-toi, y'a des histoires bizarres qui courent.
    - Bizarres comment ?
    - Bizarres, quoi.
    - T'en as trop dit ou pas assez.
    - Ha, tu verras bien, va.
    - Mouais... »

    Mais à voir sa mine réjouie, doit rien y avoir de grave.

    Quelques instants plus tard, j'suis sorti du poste, et j'm'étire un coup. Sacrée fin de journée.
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  • Ven 26 Mai - 15:59
    Les jambes chancelantes et les doigts tremblants, les deux orphelines emboitaient le pas de la directrice qui ne leur accordait pas même un regard. Il lui coûtait énormément de se comporter ainsi, d’ignorer la détresse de deux enfants en sachant qu’elle en était en plus responsable, néanmoins elle ne pouvait pas faiblir maintenant. Elle mettrait en péril la couverture que l’officier venait de gracieusement lui offrir ainsi que la peur qui planait au-dessus des petites telle une épée de Damoclès. Elle aurait souhaité oublier cette journée, revenir dans le temps pour éviter de prendre de telles décisions, néanmoins c’était un pouvoir qu’elle ne possédait pas. Ainsi son prince charmant du jour se nommait Pancrace Dosian. Se triturant les méninges, cherchant si elle avait pu entendre ce nom auparavant, elle conclut assez facilement que si c’était le cas, elle ne s’en souvenait guère. A vrai dire, ce n’était pas si surprenant. Avec plus de trois cents noms à retenir quotidiennement, les quelques adultes qui se promenaient dans son sillage faisaient pâle figure. Gratifiant le jeune homme d’un petit sourire discret alors que les petites tournaient la tête, elle acquiesça. « Je m’en souviendrais. Merci encore pour votre clémence, vous êtes un ange parmi les hommes. ».


    Une fois à l’extérieur du bâtiment elle s’éloigna de quelques mètres, accompagnée des orphelines qui la toisaient, cherchant la moindre émotion sur son visage qui restait de marbre. Passant dans une ruelle un peu plus sombre, elle vint s’accroupir à leur niveau. « Les filles, je ne suis pas fière de vous. Vous auriez pu vous attirer de gros ennuis, et la milice risque de se méfier de l’orphelinat. Vous comprenez à quel point c’est problématique, n’est-ce pas ? ». Les gamines échangèrent un regard, entre l’appréhension et le désir de bien faire avant de hocher la tête ensemble. Dahlia prenait grand soin de choisir ses mots, ignorant si elle était observée, que ce soit par le personnel de l’établissement qu’elle venait de quitter ou par un individu qui serait tenté de lui faire du chantage. « Je ne veux plus vous y reprendre. La sortie d’aujourd’hui est terminée, et que je ne vous vois pas tenter de négocier pour passer faire des emplettes sur le retour. Je vais prévenir Davina de votre bêtise de la journée, elle ne doit pas être bien loin. ». La Fae ferma les yeux, se concentrant pour utiliser sa télépathie vers son assistante qui vagabondait dans les ruelles de Liberty. Elle aurait pu raccompagner les enfants elle-même, mais elle avait d’autres idées en tête.


    « Davina, tu es dans le coin ? Je suis au poste de la milice de Liberty, près de la boutique de confiseries.
    - La milice ?! Qu’est-ce que tu fais là-bas, tout va bien ?
    - Oui, les filles ont décidé de partir en roue libre. Est-ce que tu pourrais venir les chercher ? J’ai quelques broutilles à régler avant de pouvoir rentrer à l’orphelinat.
    - Bien sûr, j’arrive. Je devrais être là dans deux minutes, le temps de marcher.
    - Merci Davina. Si tu pouvais juste penser à leur donner le goûter que je leur ai mis de côté ce matin, dans le troisième cabinet de mon bureau, sur la gauche. Ca leur changera les idées.
    - Sans problème Madam… Dahlia. »



    Les bras croisés sous sa poitrine, la directrice attendit patiemment l’arrivée de son assistante dont elle discernait la silhouette dans les rues grouillantes de monde de la capitale républicaine. Une fois à son niveau elle s’arrêta, plaçant ses mains sur ses genoux pour récupérer son souffle. « Tu n’avais pas besoin de faire aussi vite. ». La Fae la flatta d’une caresse dans le dos, l’invitant à prendre le temps de se remettre de son inattendu effort physique. « Je n’allais pas vous laisser comme ça. Les filles, on rentre. Madame a des choses à faire en ville et vous allez me raconter ce qui s’est passé quand nous serons rentrées. A ce soir, Madame la directrice. Dahlia, pardon. ». Saluant le trio d’un petit signe de la main, la jeune femme poussa un long soupir en s’adossant au mur dont le froid la fit frissonner. Se faire prendre la main dans le sac, il n’y avait sans doute rien de plus désagréable. Le tout était de ne pas manquer le coche auprès de l’officier qui lui avait tendu la sienne.


    Le soleil commençait lentement sa descente dans le ciel quand la jeune femme aperçut enfin du regard sa cible. L’officier venait de mettre le pied en dehors du bâtiment, à présent vêtu en civil, prêt à se faire alpaguer à la première ouverture que la Fae décelait. Elle attendit sagement qu’il ait terminé de s’étirer et qu’il ait avancé de quelques pas avant de se placer dans son champ de vision, attirant son attention par un petit coucou de la main, un air embarrassé sur le visage. Une fois repérée, elle s’approcha lentement de Pancrace, replaçant ses bras dans son dos avant de s’incliner poliment. « Je ne vous accorde aucun répit, vous m’en voyez navrée. ». Un sourire timide étirant ses traits, elle poursuivit. « Je ne viens pas pour vous déranger alors que vous avez terminé votre service, ne vous en faites pas. Je sais à quel point il est désagréable d’être rappelé au travail alors que vous venez de le quitter. ». Facile à dire pour une directrice dont la vie se résumait à son orphelinat, de jour ou de nuit, peu importe l’heure et ses rendez-vous personnels. « Je… j’espère que cela ne sera pas mal pris, mais j’aimerais vous remercier encore une fois. Pas seulement avec des mots, mais... ». Elle sembla hésiter. Qu’est-ce qui pourrait plaire à un individu de son genre ? Peu sociable, Dahlia ne connaissait que très peu les habitudes des officiers du coin. Elle allait devoir faire simple et espérer qu’il accepte. « Puis-je vous offrir un verre ? Ce que vous désirez, dans votre bar préféré. J’y tiens vraiment. ». Saisissant sa main dans les siennes sans lui laisser le temps de réagir, les yeux suppliants, la Fae l’implorait de lui accorder sa présence. « Nous… Nous sommes partis du mauvais pied, vous et moi. Est-ce que vous accepteriez de me donner une autre chance, Pancrace ? ».
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    Pancrace Dosian
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  • Jeu 29 Juin - 18:46

    J'vais pas faire semblant, j'ai manqué de sursauter quand Dahlia s'est pointée devant moi à la sortie du commissariat. Mais entre la fatigue de la journée, et le fait que mes défenses étaient au niveau zéro vu que j'suis littéralement à deux mètres du point névralgique du maintien de l'ordre de la ville, j'me contente d'un hochement de tête un peu bébête. Un coup d'oeil autour confirme qu'elle s'est débarrassée des deux gamines, qui doivent être en train de rentrer à l'orphelinat pour manger leur ration de topinambourg et de patates, là.

    Ou des cafards et du sable, qui sait.

    La mine éplorée de la jeune femme me fait dire que ça va encore ramper pour essayer de s'attirer de la clémente, s'assurer qu'on va pas venir les persécuter ou, pire, contrôler leurs livres de comptes. Des comme ça, c'est tous les jours le défilé. Mais j'suis qu'un homme, et elle est clairement plus qu'avenante, donc j'plaque un sourire poli sur mon visage.

    « Pas de souci, vous dérangez pas... »

    Enfin quand même...

    Mes sourcils se haussent à l'idée d'être invité à prendre un verre. Déjà, pasqu'aucun officier républicain digne de son nom ne dirait non à un godet gratuit. Et ensuite pasque c'est quand même pas si fréquent, de se faire inviter par quelqu'un de mon âge. Par des femmes plus âgées fuyant quelques heures la compagnie de leurs maris, je dis pas, mais généralement, c'est quand même moins ma génération, et j'parle même pas des plus jeunes.

    « Oh ben avec plaisir, Dahlia. Mais p'tet pas l'endroit habituel, c'est quand même pas... Enfin bref. Voilà, quoi. »

    Pas très distingué, ni le genre d'endroit où t'as envie d'amener une jeune femme épanouie et accorte, bien sapée de surcroît. Premièrement pasque y'aura tous les collègues qui seront là pour foutre la merde, ce qui basculerait automatiquement le verre en pire soirée de ma vie, et deuxièmement pasque c'est vraiment pas un endroit distingué. On est plutôt ambiance chansons paillardes, bières renversées et vomis dans les chiottes, quoi. Pas terrible pour faire bonne impression, grosso merdo.

    La seconde fois, par contre, j'sursaute et j'ai presqu'arraché ma main des siennes pour me défendre, mais j'ai réussi à me figer comme un lapin sous les roues d'une diligence.

    « Je.. Hm... Oui, oui, bien sûr... »

    Pour le bégaiement, on repassera. Ca n'a pas dû me donner l'air brillant, ça, putain. Au moins, j'suis à peu près sûr de pas avoir rougi, alors j'me frotte le nez, et j'me dis qu'il est plutôt temps de chercher un coin qui fasse pas trop bouge ou boui-boui pour embarquer Dahlia, prendre ce verre et plus si affinité. Allez, Panpan, t'es pas en terrain inconnu, réveille-toi un coup même si t'es pris à contrepied, vu comme ça se goupille, y'a carrément moyen et ça serait drôlement ballot de passer à côté.

    « Je suis moins souvent à Liberty, maintenant, vu que j'travaille à Courage, mais on pourrait aller au Coq d'Or. »

    Bon, c'est un peu plus cher, mais j'me rattraperai en payant la deuxième tournée, si on arrive jusque-là. C'est pas si loin qu'il nous faille plus d'un petit quart d'heure pour y arriver, et j'passe le chemin à chercher des sujets de conversation. Mais pour l'instant, c'est que des phrases assez plates que je distille vaguement sur les rues qu'on traverse, les trucs importants ou non qui ont pu s'y produire, le climat et la météo...

    « Une table pour deux, que j'indique à la serveuse venue nous accueillir. »

    J'suis à deux doigts de pousser un soupir de soulagement quand on s'asseoit à une table suffisamment petite pour que nos genoux se touchent, dans une pièce éclairée par toute une tripotée de bougies, avec des tentures colorées pour donner une atmosphère un peu classe et haut de gamme qui est pas tout à fait méritée. Une ardoise indique les boissons disponibles avec le prix à côté, et j'avoue que j'prendrais à peu près tout, sans trop réfléchir à choisir.

    « Euh, j'vais prendre comme vous, d'accord ? Puis j'paierai la suivante, comme ça. »

    Malin : ça pose déjà le principe que y'aura une prochaine tournée, donc du temps supplémentaire. Y'en a là-dedans, l'air de rien.
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  • Sam 1 Juil - 0:11
    Les yeux rivés dans les siens, les lèvres arquées vers le bas et les doigts tremblants, Dahlia suppliait l'officier de considérer son offre, d'accepter de l'accompagner afin qu'elle ait l'occasion de redorer son image. Si la Fae n'avait cure de l'opinion d'autrui en temps normal, se considérant elle-même comme un poids pour la société, elle se devait de garder une certaine réputation dans la capitale républicaine, d'autant plus envers les autorités compétentes. Sans compter qu'elle ne pouvait nier le fait que la présence du milicien la troublait plus que de raison, la solitude devenant de plus en plus lourde sur ses frêles épaules, le contact de sa main contre la sienne suffisant à la ravir pour l'instant. Elle pencha la tête sur le côté dans l'interrogative en l'entendant parler de l'endroit habituel où il passait après le travail, loin de s'imaginer tout ce qui pouvait bien s'y passer. À ses yeux, Pancrace souhaitait simplement éviter les regards indiscrets de ses collègues qui pouvaient y traîner. Elle n'était pas si loin du compte, mais décida de ne pas le presser pour avoir une réponse, considérant qu'il avait probablement ses raisons.


    Elle trépigna sur ses pieds d'excitation, son regard s'illuminant de joie alors qu'il acceptait sa proposition et alors qu'elle s'apprêtait à resserrer son étreinte sur ses mains, elle le vit s'éloigner d'un petit bond, la laissant pantoise. Gênée à son tour, Dahlia ne put que répondre en mimant son bégaiement. « Oh je… je suis désolée, je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise. Je me suis laissée emporter, je suis terriblement confuse. ». Des années d'isolement n'apprenaient guère à la directrice d'orphelinat comment se tenir dans des situations pareilles. Si elle réussissait à participer à des réceptions avec brio, en se tenant à l'écart de ceux qui pourraient vouloir son attention et à réciter des textes qu'elle avait élaboré la veille dans la précipitation, alimenter une conversation qui la remplissait d'angoisse s'avérait bien plus complexe. De peur d'avoir brusqué l'officier, la Fae le suivit doucement, marquant une distance de sécurité entre son corps et le sien. « Je vous fais confiance. ». Probablement une grave erreur de jugement, après tout Dahlia était connue pour les accumuler mais elle espérait que leur entrevue finisse sur une note positive. Il était difficile de faire pire qu'actuellement…


    Le trajet eut au moins le mérite de détendre progressivement la Fae qui écoutait attentivement les explications de l'officier sur tel ou tel lieu, hochant la tête même aux anecdotes qu'elle connaissait déjà, les ponctuant d'un rire ou d'un « oh ! » de surprise quand la situation s'y prêtait. Elle aussi en profita pour divulguer quelques connaissances sur Liberty, prenant le temps de s'arrêter devant une fontaine dans laquelle elle jeta une pièce avant de faire un vœu et de se retourner rougissante de honte pour rejoindre Pancrace qui l'attendait. Concentrée sur l'officier, Dahlia en oublierait presque de profiter du paysage républicain qu'elle n'admirait que trop peu malgré sa présence quotidienne en ces lieux, bien trop occupée à courir après des enfants capricieux. Une fois arrivée devant le Coq d'Or, elle leva les yeux vers l'enseigne en tentant de déterminer par elle-même dans quel genre d'établissement elle allait mettre les pieds et elle se laissa entraîner par la serveuse qui les guide jusqu'à leur table. Attrapant les pans de sa robe blanche qui la gênaient, elle vint s'asseoir aussi élégamment que l'espace lui permettait, les jambes bientôt collées à celle de l'officier. Son regard croisa le sien et elle le gratifia d'un sourire doux avant de reprendre la conversation là où ils l'avaient laissée.


    « C'est un très bel endroit, je ne connaissais pas du tout. Vous venez ici souvent, Pancrace ? ». S'il ne s'agissait pas de son bar de prédilection, cela ne voulait pas dire pour autant qu'il était fermé au changement. Elle se pencha vers l'ardoise, hésitant bien plus longtemps qu'elle ne l'aurait dû en laissant planer un silence pesant avant de l'interrompre d'un petit rire nerveux. « Vous allez trouver ça bête, mais je n'ai tellement pas l'habitude de sortir que la moitié des noms ne me disent rien. ». Certains coulaient de source, d'autres devaient être des cocktails élaborés au sobriquet inspirant. Les lèvres pincées et la tête posée dans sa main, Dahlia finit par se diriger vers ce qu'elle connaissait et releva les yeux vers la serveuse qui les toisait. « Je prendrais un hypocras, la même chose pour monsieur. En espérant que ça vous plaise, vous me mettez un peu la pression… ». Quand la commande fut passée, elle reporta son attention vers Pancrace, posant sa tête sur ses deux mains ouvertes, ses coudes sur la table qui les séparait d'une distance à peine raisonnable. « Courage vous m'avez dit ? Vous devez travailler d'arrache-pied, j'ai entendu dire que l'ambiance là-bas détonne vraiment de celle de Liberty. ». Les yeux brillants et un sourire ravi étirant ses traits fatigués et cernés, la Fae rayonnait autant d'impatience que de bonheur d'être sortie de son orphelinat pour une soirée différente des autres. « Vous êtes venu à Liberty pour une affaire en particul... ». Et avant même d'avoir fini sa phrase, elle secoua la tête avant de s'empresser de s'excuser. « Je… Je suis désolée, je vous avais pourtant promis de ne pas vous parler de votre travail alors que vous venez de terminer votre journée, je suis incorrigible. N'hésitez pas à m'arrêter si vous voyez que je recommence. ».


    Leurs boissons arrivèrent, sauvant la Fae par leur timing irréprochable et elle approcha timidement son verre de celui de Pancrace pour les faire tinter et détendre l'atmosphère qu'elle venait de glacer involontairement. « Santé ? ». Elle porta l'alcool doux à ses lèvres lentement, buvant à la même allure qu'une petite souris, comme si elle craignait qu'en l'engloutissant, elle ne s'attire le jugement du jeune homme en face d'elle. « Ça… Ça vous plait ? Nous n'avons qu'à faire l'inverse pour le prochain verre. Vous choisissez, et je goûte la même chose. Ça peut être une expérience amusante. ». Sans doute plus pour Pancrace que pour elle, la Fae oubliant assez facilement qu'elle ne tenait absolument pas l'alcool, la situation allait devenir cocasse plus rapidement qu'elle ne l'aurait imaginé. « J'espère que je ne vous ai pas brusqué tout à l'heure. À force de passer mes journées avec des enfants, j'en oublie que le contact physique peut être déroutant. ». Puis, elle se mit à rire doucement à nouveau. « Je dois reconnaître que je pensais que vous y seriez habitué. Bel homme et officier républicain, vous devez avoir beaucoup de succès. Vous avez quelqu'un dans votre vie peut-être, Pancrace ? Si cela n'est pas trop indiscret bien sûr. ». Question intéressée, Dahlia jouait sur deux tableaux. Elle était seule, l'homme était plus que charmant et si un homme de la milice l'appréciait, cela n'en était que bénéfique. À savoir là où se trouvait sa priorité, la Fae elle-même l'ignorait, se laissant porter par l'ambiance soignée que dégageait la taverne et par le plaisir du temps passé en bonne compagnie.
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  • Jeu 27 Juil - 21:58

    Maintenant que j'ai passé l'écueil du trajet, faut réussir à emballer un peu la conversation. J'nous trouve un peu emprunté, pour l'instant, donc d'une manière ou d'une autre, j'dois trouver comment sortir de ça, sinon on va se regarder en bégayant. Surtout moi, d'ailleurs, et ça me donne pas l'air intelligent. Pas que, d'habitude, hein, mais quand même, faut essayer de se présenter sous son meilleur jour. Donc j'ai un sourire plaqué sur les lèvres, et les mirettes qui regardent partout autour tout en s'arrêtant régulièrement sur la jeune femme qui me fait face.

    « Hm, nan, je dirais pas "souvent", en soi. C'est que j'suis pas si fréquemment à Liberty : je suis affecté à Courage, à l'origine. Et même si j'suis né dans cette ville, j'suis parti trop vite pour avoir profité des années folles ici. »

    Puis, en général, je viens qu'en charmante compagnie.

    Mais j'm'arrête quelques secondes avant de lui faire un clin d'oeil.

    « J'me suis engagé dans l'armée, j'étais un brin plus jeune que l'âge légal, mais personne vérifie trop ces trucs-là. Puis ça impliquerait d'aller se plaindre au sergent qui recrute, et ça, on peut pas dire qu'il maîtrise pas le regard noir aux familles éplorées venues récupérer leurs fugueurs ! »

    Enfin, ma famille s'est pas pointée pour me chercher, cela dit. Ils ont hoché la tête, m'ont souhaité bonne chance, et qu'ils étaient fiers de moi. C'était des platitudes à l'époque, et la vérité des choses, c'est qu'on avait déjà pas grand-chose à se dire, alors que je tapais à peine les dix-sept berges.

    « Oh, je voulais pas vous mettre mal à l'aise, prenez un nom qui vous inspire, alors, puis ce sera l'occasion de goûter d'autres trucs, comme ça ? La vie est faite d'expérience. Elle est trop courte pour rien en faire, pas vrai ? »

    Elle choisit l'hypocras, et ça ira bien pour un premier verre. Le vin aromatisé et épicé devrait pas être trop fort au goût, vu que ça m'étonnerait qu'elle se descende de la gnôle dans sa cave pendant que les mouflets dorment. Vrai que ça pourrait être un bon sujet de conversation, si j'arrive totalement à sec de tout le reste. D'un autre côté, elle a p'tet pas envie de parler boulot vu qu'elle sort visiblement enfin.

    Comme elle se penche en avant, j'dois résister à la tentation de faire pareil, mais j'm'avance quand même un peu pour pouvoir parler moins fort, à la limite du chuchotement un peu grave. J'voudrais pas déranger les voisins, hé ? Yeux plantés dans les siens, j'réfléchis aux différences entre Courage et Liberty.

    « Hm, ouais. Ca paraît bizarre, pasque c'est à la fois vrai et pas vrai, mais comme Courage est principalement un port, y'a beaucoup de soldats, en lien avec les chantiers navaux. Et, évidemment, des marchands, ce qui fait du port un coin hyper cosmopolite. Alors qu'à Liberty, y'a beaucoup de voyageurs et d'étrangers aussi, mais ils sont moins... de passage ? C'est p'tet ça, la différence, finalement. Qu'à Courage, les gens sont davantage en voyage. Ca allège l'atmosphère. »

    Y'a des trucs plus crades, du coup, avec les voyageurs, les bas-quartiers, mais c'est pas vraiment ce qu'on se raconte à un rendez-vous galant, à moins de vouloir susciter des sensations fortes. J'me garde les histoires les plus croustillantes pour plus tard.

    « Oh non, pas de souci, je sais qu'officier républicain, c'est un boulot peu courant, mais que tout le monde fréquente d'une manière ou d'une autre, un socle de notre société, diraient les chefs. Donc c'est normal d'être curieuse, y'a aucun souci à ça. On a des programmes d'échange entre villes pour tisser du lien professionnel entre confrères, et confronter nos méthodes. Donc on bouge régulièrement pendant quelques semaines d'un bout à l'autre du pays. C'est plutôt sympa, et toujours l'occasion d'apprendre de nouvelles choses. En tout cas, je note de pas vous embêter avec l'orphelinat, alors. Vous aussi, vous avez droit à votre repos. »

    Ci-gisent deux sujets de conversation soigneusement gardés de côté.

    « Santé ! A notre rencontre, et à une soirée qui s'annonce fascinante ! »

    Qu'on me reproche pas d'être pas enthousiaste à l'idée de boire un coup. Elle goûte doucement, et descend fixement et régulièrement son verre, alors que j'fais tourner une grande lampée dans ma bouche, laissant les épices piquer sur la langue. Vraiment super bon, on en viendrait presque à croire que le prix les vaut.

    « Ouais, j'm'occupe du prochain choix. J'ai déjà une petite idée, au demeurant. »

    Le bochet devrait être dans le même style, mais un peu plus doux avec le miel. P'tet qu'elle aimera pas, mais on sentira pas la morsure relative de l'alcool, si elle a pas l'habitude, elle appréciera sans doute davantage.

    « Oh, pas de souci, c'est que j'sortais tout juste du travail, et qu'on est, comme qui dirait, sur le qui-vive quand on patrouille. C'est déjà arrivé que des collègues se fassent attaquer pendant des patrouilles -rarement, je vous rassure-, donc on est nécessairement en état d'alerte, prêts à se défendre. »

    Au compliment qui sort de nulle part, même s'il est vrai au demeurant, je dois bien l'avouer, j'cache ma gêne derrière un toussotement et une nouvelle gorgée d'hypocras. J'ai été pris par surprise, aussi, c'est de la triche, là, putain. Alors que j'bois mon vin, et que j'me rends compte que mon verre commence déjà à être fatigué, sans doute l'évaporation, hein, j'ai envie de me mettre des baffes. Y'avait au moins dix réponses plus spirituelles à fournir, et je suis passé à côté de toutes.

    « Euh, non, non personne. J'ai pas trouvé la bonne, comme on dit. Pas indiscret du tout. »

    J'ai pas cherché très fort non plus. Au moins, j'me dis qu'on pose rarement cette question si y'a rien derrière.

    « Puis ça va vous sembler redondant ou barbant, mais avec nos horaires destructurés et extensibles, et les risques du métier, bon, c'est une ambiance, hein, faut bien l'admettre. Mais j'ai l'impression de parler que de ça, du coup ! Et vous, alors, vous avez peut-être quelqu'un pour vous aider à l'orphelinat, ou quelqu'un tout court ? »

    Comme nos verres sont vides, je hèle aussi la serveuse, qui revient bien vite. C'est pas plein à craquer, c'est le moins qu'on puisse dire.

    « Deux verres de bochet, s'il vous plaît. »

    J'me passe machinalement la main dans les cheveux, et j'regarde à nouveau droit vers Dahlia.

    « J'espère que ça va vous plaire. Et qu'on peut p'tet passer au tutoiement ? Après tout, on a trinqué et bu un verre ensemble, déjà. »

    C'est le moment où j'dégaine mon sourire un peu canaille. Des heures de travail devant le miroir.
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  • Ven 15 Sep - 19:58
    Le visage posé entre ses mains, un sourire malicieux au bout des lèvres, Dahlia écoutait le récit de la vie de l'officier républicain avec un plaisir et une curiosité non dissimulée. Si la Fae n'était point la compagnie la plus charmante que l'on puisse imaginer une fois qu'on commençait à la connaître, elle restait au demeurant une personne très attentive, avec un sens de l'écoute développé. Elle se surprenait parfois à entendre ses interlocuteurs lui raconter toute leur vie sans qu'elle n'ait le temps de les interrompre, à croire que son joli minois suffisait à ouvrir les esprits à la discussion. C'était bien là un de ses seuls talents, à ce titre il aurait été stupide de ne pas en profiter. Ainsi Pancrace était logé à Courage, ce qui expliquait que la Fae ne l'ait que peu croisé dans les ruelles de Liberty. En tant que criminelle aussi petite soit-elle, la directrice se devait d'observer les patrouilles et les rondes dans la capitale, de dénicher ceux auxquels il était plus aisé de graisser la patte et ceux dont elle devait éviter de croiser le chemin. Toute une chorégraphie, une pièce de théâtre orchestrée au fil des siècles, une danse à laquelle Pancrace ne pouvait être étranger. La nature de son métier le forçait à se méfier, à remettre en doute. Tout du moins, c'est dont Dahlia était persuadée. Fugueur, voici un élément qui eut le don de la surprendre. Elle qui aurait tué pour avoir une famille alors qu'elle avait décimé la sienne, peinait à comprendre les raisons qui pouvaient pousser un enfant à s'en aller. Elles étaient pourtant nombreuses, souvent traumatiques, à ce titre la jeune femme n'osa pas insister sur le sujet.


    Sirotant son verre d'hypocras, la Fae acquiesça aux paroles de l'officier, le ton devenant un peu plus léger que ce à quoi elle était habituée. Une bouffée d'air frais dans son quotidien qu'elle accueillait avec plaisir. « Vous avez probablement raison. Je ne me suis rendue à Courage que pour des banquets de charité, pour représenter mon orphelinat. Je n'ai jamais eu l'occasion de la visiter ou de me perdre auprès des marchands, de flâner sur les quais près de la mer. Peut-être que je devrais remédier à cela. ». Un sous entendu parmi tant d'autres, qui se perdrait au fil de la discussion. « Je dois vous paraître un peu amère, j'en suis navrée. On oublie souvent ce que l'on a, lorsqu'on vit au même endroit pendant si longtemps. Voilà bientôt trois cents ans que j'ai mis les pieds dans la capitale républicaine. En comparaison, le moindre voyage devient très vite exotique. Les voyageurs également. ». Consciente de son ignorance du monde qui l'entourait, Dahlia n'en demeurait pas moins fière de ce qu'elle avait accompli. Quant à ne pas l'embêter avec l'orphelinat, la remarque eut au moins pour effet de la faire rire doucement. « Ne vous formalisez pas. Quand bien même je suis ravie de pouvoir prendre un peu l'air et me défaire des enfants, ils ne sont jamais bien loin dans mon esprit. Je comprends bien que c'est un peu la même chose pour vous. Même une fois sorti de la caserne, vous restez sur vos gardes, c'est bien naturel. ». Les vocations telles que les leurs prenaient une place capitale dans leur quotidien, et ce n'était pas Dahlia qui allait clamer le contraire. « C'est toute une famille, les officiers républicains. Vous ne me l'auriez pas dit, je ne l'aurais pas deviné toute seule. J'aimerais avoir d'autres orphelinats avec lesquels je pourrais confronter mes méthodes. Il n'y en a pas d'universelle pour s'occuper d'un tel établissement. ». Une pointe de jalousie dans la voix, la Fae secoua la tête. Il était hors de question que ses états d'âmes viennent pourrir une de ses seules sorties, encore plus en charmante compagnie.


    A quelques centimètres de son visage, proximité requise ne serait-ce que pour s'entendre penser, elle l'écouta tenter de se sortir du pétrin dans lequel elle l'avait mis, saisissant la surprise qu'elle venait de lui mettre sous le nez. Ainsi, personne ne convoitait l'officier républicain et inversement. Relativement étonnée par ce constat, Dahlia fut tentée de laisser ses préjugés au placard, elle qui s'imaginait déjà le jeune homme avec une femme différente dans ses draps chaque soir, qu'elles soient sincères ou qu'elles désirent se défaire de la milice qui s'approchait un peu trop de leurs affaires. La tête penchée sur le côté, sa longue chevelure dorée dansant au creux de ses reins, la jeune femme laissa son sourire s'élargir de plus belle quand bien même de douloureux souvenirs affluaient dans son esprit. « Non, je n'ai personne. Pour ce qui est de m'aider à l'orphelinat, j'ai, heureusement, une assistante du nom de Davina. Une elfe qui m'accompagne depuis déjà plus d'une centaine d'années, dieu merci. Je serais bien incapable de m'occuper de la gestion d'un si grand établissement toute seule. ». Eliëndir ne quittait jamais son esprit, pour autant Pancrace n'était pas obligé de le savoir, et leur relation tenait plus d'une promesse d'enfance que d'un véritable engagement, à son grand désarroi. Que pouvait-elle faire, si ce n'est tenter d'oublier, échouer lamentablement, et attendre ? Rien. Son cerveau s'arrangeait pour lui faire zapper sa part de responsabilité dans l'histoire, ce qui l'arrangeait bien, tout du moins temporairement. Quant au tutoiement, si elle n'y était guère habituée, cela témoignait d'un rapprochement certain. Elle touchait au but, et elle ne pouvait nier la satisfaction que cela lui apportait. Sans compter que le charme de l'officier commençait sérieusement à faire ses preuves sur son âme perturbée. « C'est une merveilleuse idée. Les habitudes ont la vie dure, je n'ai pas l'occasion de tutoyer énormément de… d'adultes. ». La faute à un quotidien ne laissant que peu de place au répit. « Les raisons sont similaires aux tiennes. Mes horaires n'ont d'horaires que le nom, je vis à l'orphelinat, à ce titre je peux être réveillée pour une urgence à n'importe quelle heure de la nuit. De plus, peu d'hommes ont envie de se lier à une femme ayant un enfant. Je te laisse imaginer combien se frotteraient à quelqu'un qui doit en gérer plus d'une centaine. ». Un petit rire la secoua tandis que la serveuse arrivait avec leurs deux verres de bochet. Elle huma la boisson avec envie avant d'y tremper les lèvres timidement.


    « Je suis sûre que la bonne finira par arriver. ». Un sourire en coin tout ce qu'il y a de plus intéressé, la Fae se redressa lentement sur son siège en manquant de faire valser son verre en avant. Elle replaça une mèche de sa chevelure derrière son oreille, ses joues se teintant de rouge, autant par la gêne que par l'effet procuré par leur échange. « Dé… Désolée. J'ai tendance à me perdre entre l'orphelinat où je me promène ailes sorties et la capitale où je préfère la discrétion à bien des égards, aussi je n'ai plus tellement conscience de… ». Elle plongea son regard dans le sien, toujours embarrassée. « La place que je peux prendre. ». Dahlia se racla la gorge, cherchant un sujet de conversation sur lequel elle pourrait enchaîner afin de détendre l'atmosphère. Il n'y avait que la sincérité pour la sauver de ce mauvais pas, un comble pour la menteuse qu'elle était. « Tu… Tu sais Pancrace je… ». Se triturant les doigts, la directrice peinait à trouver ses mots. « Je te suis réellement reconnaissante de m'être venu en aide, tout à l'heure. J'ai conscience de ce à quoi tout ceci peut ressembler et… je ne voudrais pas que tu te fasses de fausses idées. La justice n'a pas toujours été mon alliée, à tort ou à raison et si je t'ai invité c'est… ». Le tout pour le tout, était-ce le bon moment ? Elle l'ignorait. « C'est parce que je n'avais pas envie que tu gardes une mauvaise image de moi. Je sais que ça peut paraître bête, nous venons de nous rencontrer mais… les officiers au grand coeur sont malheureusement rares, encore plus ceux qui se défont de leurs préjugés pour venir en aide aux plus démunis. Et tu peux trouver ça stupide, mais... je pense... je pense que j'ai énormément à apprendre de Pancrace, l'homme, non pas Pancrace l'officier. ». Elle avança ses mains vers les siennes pour les prendre. « Je n'ai pas vraiment les mots adaptés pour te remercier, j'en suis navrée. ». Puis elle le gratifia du plus beau sourire qu'elle était capable de faire, rayonnante. « Je suis artiste peintre, je pourrais peut-être tirer ton portrait pour me rattraper ? Il est rare pour moi d'avoir des modèles vivants, ce serait un bon exercice. ». Prise d'un élan de panique, elle se sentit obligée de se justifier. « Je… je veux dire que je ne peins que des objets ou des fleurs ! Je… Je serais ravie de pouvoir te représenter. Si… Si tu en as envie, évidemment. ».
    Citoyen de La République
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    Pancrace Dosian
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  • Dim 29 Oct - 11:41

    Je sens que le contact passe bien. On parle doucement, on se sourit, on se perd dans le regard et les yeux de l'autre. Somme toute, les choses paraissent bien engagées, ce qui veut pas dire que c'est le moment de se relâcher : j'reste concentré derrière un masque léger pour nourrir la conversation, la guider loin des ornières fastidieuses qui pourraient générer du conflit ou de la polémique, et j'm'assure qu'on continue bien à faire connaissance. Faut aussi trouver le moyen de multiplier les contacts subrepticement, subtils et légers, mais fréquents. Rien d'impossible, et si j'étais taquin, j'dirais que c'est la même corde raide que lors d'un interrogatoire, la finalité est évidemment différente, mais y'a le même concept, au fond, d'amener l'autre là où on veut pour qu'il se découvre. Dans un cas, littéralement.

    « Oui, ça serait un plaisir de vous faire visiter Courage. Y'a des coins singulièrement moins distingués qu'à Liberty, mais c'est ça, aussi, la vie commune d'un port à la fois de commerce et militaire. Puis, évidemment, y'a des endroits très sympathiques et élégants, comme partout ailleurs. Ne serait-ce que les manoirs des pontes de la SSG et le centre-ville avec les bâtiments publics, qui ont cette architecture républicaine si particulière. »

    Enfin, je crois, j'y connais queutchi. Mais ils se ressemblent un peu tous, et y'a des similitudes avec ceux de Liberty et Justice, alors j'vais supposer que c'est bien le cas.

    « Non, non, pas d'amertume du tout. J'ai l'impression que vous avez été particulièrement occupée par la gestion de l'orphelinat, ce qui semble normal d'une certaine façon. Et c'est normal, quelque part, de continuer à penser à son travail même une fois qu'il est fini ou qu'on est censé être en pause : y'a une part de passion, de côté tellement prenant, tout ça. »

    Pas sûr que ce soit pareil pour les mioches que pour les officiers républicains : j'suis davantage inquiet qu'un criminel me saute dessus en pleine nuit pour se venger que pour un gamin qui aurait la chiasse après avoir mangé de la terre. Du coup, j'irais pas jusqu'à dire que je suis préoccupé par le boulot, plutôt les conséquences négatives qu'il pourrait avoir, et qui pourraient être très... définitives. Heureusement, on retrouve assez peu souvent des officiers républicains au fond du port. Respect de l'uniforme ? M'étonnerait, on est surtout discret dans la vie de tous les jours, puis j'suppose qu'on inspire une forme de crainte.

    Faut bien avouer aussi que les rares fois où c'est arrivé, tout le commissariat s'est mis en ordre de marche pour faire comprendre aux coupables que c'était pas les règles du jeu, à la réflexion.

    « Ouais une famille. Un peu dysfonctionnelle parfois, mais y'a aussi ce côté et cet esprit de corps. Autant des marchands, même dans des domaines différents, ont ça en commun, autant nous autres, y'a pas vraiment d'équivalent. Y'a des cousins un peu éloignés, genre la GAR... »

    Eux, c'est les cousins débiles des montagnes, un peu consanguins, qui ont pas encore inventé l'eau tiède.

    « ... ou des agents de sécurité privée, style mercenaires, gardes du corps, tout ça, quoi. »

    Ca, c'est les proches qui ont mal tourné, et pour lesquels on se demande toujours si on va être convoqué à la morgue ou au poste de police pour identifier un cadavre ou payer une caution. C'est que, la plupart du temps, ça trempe pas mal dans du louche, à moins de bosser pour des trucs officiels genre la SSG. M'enfin, c'est un peu ironique de ma part de critiquer ça.

    « Y'a bien des orphelinats d'état, mais ça doit être sacrément différent, en tout cas. »

    Les pupilles de la nation finissent généralement dans la GAR, de toute façon, et c'est clairement pas les pingouins qui glissent le plus loin. Par contre, j'y repense, et la mention des ailes de la centaine d'années à gérer l'orphelinat s'associent et j'me rends compte qu'en plus d'être non-humaine, Dahlia est probablement pluri-centenaire. Pas que ça me gêne, l'expression "c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes" vient pas de nulle part, après tout, tant que c'est pas trop décati, mais ouais, ça fait toujours un peu bizarre de se dire qu'elle était déjà adulte alors que mon arrière-grand-père salissait encore ses couches.

    Mais v'là que la plus-si-jeune femme fait soudainement preuve de nervosité, ses doigts s'entremêlent et gigotent, son regard devient un peu plus fuyant. Par réflexe, j'pose mes mains sur les siennes, pour la calmer, pour qu'elle se détende. Elles sont plus fraîches que les miennes, et j'les garde dans mes paumes pour la rassurer et la réchauffer. Viens le grand dialogue comme quoi c'est pas juste pasque j'suis officier républicain et que j'viens de la sortir d'un mauvais pas qu'elle m'a invité, qu'elle voudrait bien qu'on se connaisse mieux et tout.

    Honnêtement ? J'suis à deux doigts de me dire que j'm'en cogne : si j'suis venu, c'est autant par envie que par curiosité, et les gens qui tentent de nous brosser dans le sens du poil, c'est aussi commun que les marchands à double-comptabilité. Autant dire que si j'avais peur de ça, j'sortirais plus jamais de chez moi.

    « Y'a aucun souci, je me doutais que c'était pas que ça. Ca peut paraître absurde, mais j'ai l'impression qu'au-delà des circonstances, y'a une forme de connexion qui s'est établie : on se comprend vachement bien, même depuis le début alors qu'on se connaissait pas du tout. Enfin, ça va sembler niais, dit comme ça, mais c'est vraiment ce que je ressens. »

    J'ai un sourire un peu contrit, pasque c'est vrai que c'est un peu la honte. C'est carrément aussi une vieille ligne de drague pré-écrite, et pourtant, alors que j'la récite la première fois avec une arrière-pensée assez nette, j'me rends compte, à ma propre surprise, que c'est complètement vrai. Hé, comme quoi, on pourra pas dire que j'mens, comme ça.

    « Ptet que y'a le côté où on oeuvre tous les deux pour le bien des habitants de la République, à notre façon... »

    Ouais, et ma façon est très particulière.

    « En tout cas, le portrait, j'suis curieux. Très curieux, même. Tu veux qu'on fasse ça maintenant ? Il est encore tôt, après tout. »

    Il reste pas grand-chose dans nos verres, donc ça semble le bon moment pour se poser la question. Et puis, faut jamais dire non quand on est invité par une charmante jeune femme, quelle que soit sa race -sauf des gobelines peut-être-, à passer du temps ensemble, surtout si ça finit dans un lieu privé.
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