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  • Sam 29 Avr - 14:25
     
    Journal du Porte-Mort
    Feat. Broken Goat
    D'un pas lent et nonchalant, le forgeron aux allures d'ange de la mort s'avançait dans le dédale de Kyouji. En sa qualité de forgeron émerite, il avait été convoqué pour y exercer son art. Là-bas, il avait pour mission de s'occuper des fers à chevaux, une tâche qui pourrait paraître banale, mais qui pour lui, revêtait une grande importance tant il ne concevait pas le labeur comme une simple corvée, mais comme une voie pour atteindre la perfection.

    Ainsi, à ses yeux chaque clou qu'il formerait aujourd'hui, chaque fer à cheval qu'il apposerait sur leurs sabots, devait être travaillé avec la plus grande minutie, chaque geste réfléchi avec soin pour donner naissance à une pièce à la fois fonctionnelle et belle. Pour le de Boktor, l'art de la forge n'était pas seulement une question de technique, mais aussi une philosophie de vie, où la quête de la perfection se devait d'être et de demeurer constante.

    Son apparence ne démentait en rien cette philosophie, arborant un long drapé blanc déchirée qui flottait au vent, donnant à son port altier une allure d'ange de la mort. Son heaume n'était autre qu'un crâne de cerf avec de longs bois, lui conférant une aura mystique et intimidante. Mordred avait choisi cette tenue pour la fonctionnalité qu'elle lui offrait, mais aussi pour la symbolique qu'elle représentait. Il était un maître de la forge, le premier et seul artisan capable de forger des âmes dans des armes (de ce qu'il sache), et il entendait le prouver chaque jour. Les habitants y voyaient là un être étrange, mais il n'en avait cure, après tout il était loin d'être le premier des silhouettes abracadabrantes de la région, et c'était sa façon à lui de représenter son surnom d'artisan de la mort. "Clic, clic...", pour qui avait l'oreille à l'affut, on pouvait deviner les rivets métalliques qui composaient son habit au-dessous de son pâle voile, ajoutant un peu plus de mystères quant à l'homme derrière le masque.

    Découvrant son atelier de la journée, il demeurait d'une concentration absolue, plongé dans ses réflexions sur les concepts de perfection et de création. Il se rappelait le temps d'un instant les paroles d'un artiste qu'il avait rencontré autrefois, qui disait que "la création n'était pas une fin en soi, mais plutôt le début d'un voyage, d'une exploration de l'inconnu". Cette idée résonnait en son for intérieur, lui qui cherchait constamment à se surpasser, à repousser les limites de son art.

    Il était bientôt l''heure de se mettre à la tâche, les chevaux n'allaient point se chausser seuls après tout. De souvenir, un autre homme viendrait l'assister dans son labeur aujourd'hui. Le jeune forgeron n'arrivait point à se décider sur la nature de l'assistanat, si ça pouvait égayer la journée en évitant la solitude, cette dernière était un cadre qu'il appréciait sans se l'avouer directement.

    Apposant son havresac, dénouant les nœuds et ordonnant son attirail sur le plan de travail, il demeurait à l'affût de la porte entrouverte, guettant ainsi la venue de son camarade du jour. L'oreille ainsi ouverte, il pouvait entendre le hennissement des bêtes stationnées dans la pièce d'à côté qui attendaient de se faire bichonner les sabots.

    - "Hmpf..." grognait-il en réponse à leur mugissement.

    Quelques minutes plus tard, tous les outils et matériels étaient soigneusement ordonnancés sur la tablée, tout était prêt, il ne manquait plus que lui.


    CENDRES
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  • Sam 29 Avr - 17:08
    L’art du labeur
    Succession de jobs plus ou moins pourris.


    Le jour se levait à peine sur une Kyouji en grande partie encore endormie. Enfin, pas totalement. Au sein d’un ancien village de pêcheurs devenu un simple quartier après avoir été absorbé par l’expansion urbaine, on s’activait déjà. Broken Goat descendait d’une barque, en compagnie de deux collègues humains. Ils étaient tous chargés de poissons. Ils n’étaient que de simples ouvriers au service d’un employeur propriétaire de leurs outils de travail. Derrière le cobe, un des pêcheurs se plaignait que ces derniers étaient en mauvais état et que leur patron daignait à les faire réparer. Ils devaient notamment avoir de nouveaux harpons qu’ils attendaient toujours. Utiles pour se défendre contre des dangers aquatiques.
    Broken Goat et ses camarades pratiquaient la pêche au harpon. Bien que n’ayant pas un instinct de chasseur de ses homologues humain, le cobe compensait par ses talents de nage. Au moins ce travail, lui offrait la possibilité d’aller dans l’eau. Il mettait ainsi ses compétences au service des autres. Le salaire était bien maigre, mais c’était clairement mieux que d’être un esclave.

    Enfin, il y en avait bien un qui le traitait ainsi. C’était son employeur qui profitait de son statut d’ancien esclave soumis pour lui demander beaucoup trop de choses qui n’avaient rien à voir avec son travail de base. Malgré ce que lui avait dit Kilanna, le cobe peinait encore à se faire au fait qu’il soit libre et avait gardé beaucoup de réflexes liés à son ancien statut. Alors qu’il aidait les autres à charger une charrette des paniers, son employeur vint le voir, tenant par la bride son cheval.


    - Eh, l’hybride, viens là ! J’ai un service à te demander !

    L’ancien esclave s’approcha. Il était toujours vêtu que d’un petit pagne. Mais ici, ça ne choquait personne. Les autres ouvriers n’étaient pas beaucoup plus vêtus. Après tout, ils étaient souvent dans l’eau. Enfin, ces derniers portaient au moins des tuniques en tenue civile, ce qui n’était pas le cas du cobe. Mais c’était un choix personnel, cela le grattait et il n’aimait pas ça.
    - Tu pourrais amener ce cheval chez le forgeron ?!

    Le cobe hocha la tête timidement et sans broncher, il prit la bride du cheval. Puis l’homme lui tendit une bourse.

    - Si tu fais autre chose avec mon pognon, je le saurais !

    Puis le propriétaire de l’équidé s’éloigna afin de discuter avec le marchand à qui appartenait la charrette que les pêcheurs étaient en train de charger.

    Avant d’aller chez le forgeron, Broken Goat alla prévenir ses collègues. Ces derniers se plaignaient encore du mauvais état du matériel. L’un d’eux était plutôt méprisant vis-à-vis de l’hybride, mais cela ne surprenait pas ce dernier. Mais l’autre, plus âgé, était bien plus neutre au sujet de cet être mi-homme-mi¬-bête. Celui-ci s’avança vers Broken Goat avant que celui-ci ne parte.


    - T’aurais mieux fait d’refuser, tu vois pas qu’il t’exploite ?! Puis il soupira en entendant parler du forgeron. Si seulement le rendez-vous à la forge pouvait être pour notre matériel...

    Le cobe soupira, mais approuva le commentaire sur l'état du matériel. Il avait encore ses vieux réflexes d’esclave qui le poussaient à ne pas refuser les ordres d’une personne qui lui était supérieure. Il était né esclave et on l’avait dressé depuis sa plus tendre enfance à obéir sans discuter. Et même en ayant beau aimer les chevaux, Broken Goat savait qu’il se faisait exploiter. Juste, qu’il ne savait pas dire non.
    Tandis qu’il prenait le chemin pour la forge, il ne pouvait pas s’empêcher de penser à ce que Kilanna aurait dit. Sans doutes qu’elle l’aurait pas très bien pris et qu’il se serait encore mangé des leçons en se faisant tirer la barbiche. Mais c’était plus fort que lui. Ce nouveau monde était décidément difficile pour Broken Goat.

    Le cheval confié au cobe était un hongre bai assez fin, clairement un cheval de selle. Même si l’esclavage était censé être aboli, cela n’empêchait pas l’employeur de Broken Goat de venir superviser ses ouvriers sur une selle, comme pour rappeler qu’ils valaient beaucoup moins que lui. L’hybride avait déjà vu ce genre de sentiment chez les propriétaires d’esclaves. Broken rêvait d’avoir un cheval, mais il se refusait d’utiliser la bête comme un moyen se sentir supérieur aux autres. C’était avant tout par intérêt des chevaux, mais également pour des raisons pratiques. Car ses sabots n’étaient pas du tout adaptés au sol dur et aucune chaussure ne lui allait. Les pavés lui faisaient mal, en plus, ses sabots étaient un peu trop longs. Il avait bien besoin qu’ils se fassent tailler, histoire qu’il parte sur de meilleurs rails. Heureusement, le cheval de son employeur était assez docile et le cobe s’était permis de monter sur son dos. Il se sentait bien plus à l’aise en selle, même si le canasson en question n’en avait pas à ce moment-là. Broken Goat débutait en équitation, mais il s’en sortait correctement. Il aurait tout de même des difficultés si l’animal était moins coopératif.

    Le cobe devait reconnaître que la hauteur procurée par sa monture ne lui déplaisait pas. Au moins, il était pas compressé par les gens qui circulaient dans des rues déjà bien animées. Cependant, c’était plus compliqué d’esquiver les gens qui jetaient le contenu de leurs pots de chambre dans les rues. Broken Goat était bien content de pouvoir se baigner après avoir vadrouillé dans les rues. La boue du lac était bien moins sale que les rues pavées ou en terre pleine de merde. Le cobe ne put tout de même pas résister à ricaner en voyant un elfe à la tenue impeccable se faire asperger du contenu d’un pot de chambre et en faire une affaire d’état. L’hybride reconnaissait tout de même que ce n’était pas agréable.

    Ainsi, l’ancien esclave devait amener le cheval à un forgeron dont son employeur disait du bien. Il se rendit compte qu’il arrivait à destination en voyant une brochette de chevaux qui attendaient de se faire ferrer. Il mit pied à terre et attacha l’alezan à une place encore disponible parmi les équidés. Puis il entra dans la pièce où le forgeron était censé l’attendre. Les oreilles baissées, l’air timide, le cobe regardait autour de lui avant de finalement s’introduire au forgeron tout en détachant la bourse de la ceinture de son pagne. La vue du heaume du forgeron ressemblant à un crâne de cerf n’arrangeait pas les choses pour rassurer la proie qu’était Broken Goat.


    -  Euh…Bonjour…Moi apporter cheval de Monsieur Talim… Pour tailler sabots et ferrer… Cheval... déjà dehors...

    Et la créature qui disait ça, avait également besoin d’une taille des sabots, mais elle doutait que le forgeron lui assure ce genre de service. Puis Broken Goat n’était pas là pour ça et n’avait pas l’argent pour. La bourse, c’était pour le cheval.

    CENDRES
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  • Dim 30 Avr - 19:39
     
    Journal du Porte-Mort
    Feat. Broken Goat
    Tel un artiste, l'homme-déguisé s'affairait à préparer sa forge. Après avoir disposait avec précaution les différents outils sur une table en bois usé, prenant soin de les ranger par taille et par utilité, il ajustait avec minutie les différentes pièces qui composaient la cheminée, les fixant avec des cordages de chanvre. Les flammes, quand elles surgiraient, ne devaient en aucun cas s'échapper de l'âtre, car le moindre accident pourrait causer des dégâts irréparables à l'atelier.

    Puis il prenait soin d'allumer les braises, posant avec délicatesse un bouquet d'herbes sèches qui ferait office de combustible, les attisant de sa propre main via sa magie, soufflant avec précaution sur les tisons pour qu'ils prennent vie. La lumière de la flamme dansait dans les ténèbres de la pièce, éclairant les différents objets outils et objets suspendus aux murs et sur des présentoirs. Le bruit des flammes qui crépitent se mêlait à celui des cliquetis de ses outils, ainsi qu'aux sons étranges qui émanaient de sa tenue.

    Relevant brièvement la tête sous l'écoute de cette symphonie de sabots qui approchaient, étonné fut-il qu'une de ses paires de patins précédaient la silhouette de son assistant de la journée. Observant le cobe du coin de l'œil, plus que sa race étrange, c'est immédiatement son air timide et son allure mal assurée qu'il dénotait. Ses oreilles baissées, son air craintif, il trahissait une certaine inquiétude ou alors tout simplement une habitude de paraître inoffensif, asservi. D'un léger mouvement de tête il le saluait alors, signant la bienvenue à son client mi-homme, mi-antilope, ajoutant un simple "Hmpf..." à son geste. Si la curiosité de Mordred envers ce nouveau venu était palpable pour qui pouvait sonder son esprit, il tentait comme il pouvait de ne rien en laisser paraître.

    Pendant quelques instants, le silence régnait en maître dans cet atelier, les seuls bruits qui se faisaient entendre étaient ceux des flammes léchant les métaux qu'il avait laissé là, crépitant en chassant les impuretés, cela suffisant amplement afin d'accompagner la réflexion que Mordred portait actuellement sur la nature du jeune qui venait de pénétrer les lieux. Il avait déjà eu l'occasion de croiser ces êtres lors de ses voyages à travers le monde, et il avait été témoin de leur souffrance. Pourtant, il était encore difficile pour lui de comprendre pourquoi l'humain avait tendance à écraser ceux qui étaient différents, plutôt que de les accepter tels qu'ils étaient. Il était fort déplaisant que l'être humain avait du mal à accepter la différence, à la voir comme une force plutôt qu'une faiblesse. Pourtant, c'est cette différence qui faisait la richesse de ce monde, la rendait unique et extraordinaire. C'était comme l'acier, n'y laissait que du fer et vous aurez un matériel bien trop pauvre.

    "Et toi ?" demandait-il crédulement. "Tu en aurais bien besoin."

    Ses paroles par le ton inssuflé ne se voulaient pas irrespectueuses, au contraire, c'est avec ce qu'il lui restait de bienfaisance qu'il laissait naître là une inquiétude envers les sabots de l'hybride qui semblaient usés jusqu'à la corne. Sans attendre une réponse qu'il pensait déjà bien connaître, il pointait alors du doigt la salle voisine où séjournaient les équidés.  

    "Tu m'aides, je t'aide."

    Peu de mots pour un commandement bien simple. Si Goat acceptait, pour une heure ou deux d'huile de coudes il en ressortirait avec une pointure de qualité aux pieds. Ce n'était pas du commerce, c'était l'art du labeur.


    CENDRES
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  • Dim 30 Avr - 23:27
    L’art du labeur
    Succession de jobs plus ou moins pourris.


    De quoi regarder, ce n’était clairement pas ce qu’il manquait dans cet atelier. Mais le peureux Broken Goat préférait baisser la tête et contempler ses sabots fendus trop longs. Son travail d’esclave au service d’Arkugal avait eu au moins la décence de lui user correctement ces derniers. L’état actuel de ses pieds, bien que pas catastrophique, mais fort désagréable, il le tenait de chez Senmout et ses journées à attendre avec uniquement une session nettoyage le soir. Et ce n’était pas les présentations aux clients et les interminables moments à se faire triturer dans tous les sens qui allaient aider dans ce sens. L’usure des sabots ne se fit pas comme il le fallait, et même en se mettant à remarcher régulièrement, le fait qu’il n’ait pas eu une bonne taille pour repartir sur de bonnes bases avait causé une usure mauvaise des sabots. Depuis quelques jours, le cobe avait même commencé à ressentir des douleurs à une de ses pattes. Au bonjour timide du cobe, le forgeron s’était contenté d’un signe de tête. Son heaume ressemblant à un crâne de cerf n’était pas vraiment là pour rassurer le cobe qui gardait un air timide.

    Le silence avait pris place dans cet atelier n’avait pas arrangé les choses concernant le malaise de Broken Goat. Il avait toujours les oreilles baissées, fixant nerveusement ses sabots mal taillés. Finalement, ce moment prit fin quand le forgeron posa une question qui surprit le cobe. Il lui fit constater que les chevaux n’étaient pas les seuls qui avaient besoin d’un soin des pattes. Broken Goat ne pouvait qu’approuver ce genre de chose, mais il n’était pas là pour ça. L’agent qu’il avait amené n’était pas le sien, mais celui de son employeur et était destiné au cheval. Mais il pensait aux douleurs causées par l’un de ses sabots, si ça empirait, il ne pourrait plus travailler et tous ses efforts seraient réduits à néant. Peut-être qu’il en profiterait pour demander à un professionnel, une taille des sabots quand il aurait son salaire. Mais en tant qu’ouvrier, on ne lui avait promis que cinq pièces de cuivre pour un mois, ce qui était bien maigre. Mais il pourrait sans doute mettre de côté sachant qu’il ne payait pas de loyer et se nourrissait de végétation aquatique gratuite.

    Puis le forgeron désigna la pièce où patientaient les clients équins. Il proposa alors à l’ancien esclave de l’aider en échange d’une taille des sabots. Voilà donc la solution au problème de Broken Goat vis-à-vis de l’argent. Pour le coup, il n’y avait que des avantages, l’offre était plus qu’alléchante. Il n’aurait pas à attendre et pas de risques de ses douleurs n’empirent. Puis il ne savait pas vraiment dire non comme l’esclave soumis qu’il était. On allait encore l’exploiter, mais au point où il en était, il n’avait pas d’autre choix. Et ce n’était pas comme si l’autre lui proposait quelque chose en échange qu’il n’aurait sans doutes pas pu se payer. Il se mit droit comme un « i », comme pour faire comprendre qu’il était prêt, même si ses oreilles restaient couchées.


    - Moi accepter, moi vouloir aider…

    Décidément, les compétences de diction du cobe laissaient à désirer. Mais il en faudrait du temps pour ça, comme pour beaucoup d’autres choses. A commencer par aider ce forgeron. L’hybride n’avait clairement pas ses compétences. Et il ne savait pas vraiment comment il pourrait lui donner un coup de main. En revanche, chez son ancien maître, il avait déjà eu à s’occuper des chevaux, au moins pour nettoyer leurs écuries ou les seller, même si ce n’était pas ce qu’il faisait le plus.

    - Mais moi pas savoir quoi faire…

    Il jeta un œil au fourneau. S’approcher de ce truc le rassurait pas vraiment. Il espérait qu’on lui demande plutôt de s’occuper des chevaux ou juste d’apporter des outils. Tant qu’il restait loin de ce truc. Mais tous ces outils étaient si différents, nombreux, Broken Goat craignait de se perdre avec tout ça. Et s’il se trompait. Telles étaient les questions qui taraudaient l’esprit de l’ancien esclave. Mais il estimait qu’il n’avait pas à les poser. Ses réflexes d’ancien esclave le dominaient encore et il n’avait pas à poser de questions. Se libérer était bien plus facile à dire qu’à faire pour un esclave de naissance dressé à obéir depuis son plus jeune âge.

    CENDRES
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  • Lun 1 Mai - 14:52
     
    Journal du Porte-Mort
    Feat. Broken Goat
    D''un œil curieux et discret, le forgeron observait l'hybride, nouvel arrivant dans son atelier. Le code avait des airs nerveux, fixant ses sabots avec une certaine gêne. Mordred ne put alors s'empêcher de se demander ce qui pouvait bien tracasser l'hybride, il était à présent certain qu'il avait vécu une vie bien malheureuse où l'amour d'un père et la chaleur d'un ami n'étaient point à l'ordre du jour. Les marques sur ses sabots étaient un indice de plus qui empoignait le cœur du jeune de Boktor, ils étaient des témoins d'un travail ardu et pénible. Il était alors bien accablant de voir une âme semble-t-il travailleuse ne point recevoir le mérite de son labeur, ça lui laissait un goût bien amer en bouche, comme un rappel de la nature perverse et pernicieuse de l'humanité. Il ne fallait pas sortir de Drankstang pour comprendre alors que ce n'était pas seulement les chevaux qui avaient besoin de soins, mais aussi des êtres comme Goat.

    Au sujet de sa proposition, Mordred était bien conscient que l'argent était une denrée rare pour les êtres comme le cobe, et il était prêt à faire ce geste pour l'aider. Pourtant, il ne pouvait s'empêchait de voir en le regard nerveux du cobe une certaine réticence et un manque de confiance en ses compétences.

    Pointant son doigt aux phalanges noirs charbon dans un premier temps vers la forge puis vers un tas de fers à chevaux usés qui traînaient là, le forgeron invoquait alors ses premiers commandements.

    "Occupe toi dans un premier temps d'alimenter en air le bas fourneau à l'aide du soufflet afin de nourrir la flamme. Ensuite, tu m'apporteras ce tas de fers et tu m'amènes le premier destrier à ferrer."

    Dans cette cité du désert, où chacun lutte pour survivre, Mordred comprit que la vraie richesse était dans la capacité à prendre soin des autres, à offrir son aide à ceux qui en ont besoin. Il savait que le sens du labeur n'était pas seulement de produire des biens matériels, mais de travailler ensemble pour le bien-être de tous. Et il était heureux de pouvoir apporter sa contribution, aussi modeste soit-elle, à cette communauté. Il fallait donc lui offrir une chance de montrer ce qu'il pouvait faire, de lui donner un travail qui lui donnerait une fierté et une dignité.


    L'art du labeur. 2210


    Et tandis qu'il laissait le cobe s'affairait à ses premières tâches, le jeune de Boktor se mit quant à lui à empoigner sa pince tandis qu'il prenait le temps d'observer avec insistance la posture de l'hybride avant de s'attarder sur son handicap visible à la pâte. Il était indubitable qu'une paire de fers sur-mesure étaient nécessaires afin de corriger sa petite invalidité, et même s'il était question de traiter le cobe après les chevaux, c'est envers lui que ses premières réflexions allaient. Il y avait du travail sur la planche, c'était tout ce qu'il fallait pour baigner le forgeron-occulte d'une bienheureuse chaleur, celle du labeur.


    CENDRES
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  • Lun 1 Mai - 18:58
    L’art du labeur
    Succession de jobs plus ou moins pourris.


    Aux questions de l’hybride, les réponses virent rapidement. Il devait commencer par s’occuper de ce qu’il craignait le plus, à savoir ce fourneau. De ce qu’il avait comprit, il devait utiliser le soufflet pour attiser la flamme. Le cobe s’approcha de la bouche infernale avec une prudence, comme s’il s’approchait d’un point d’eau infesté de crocodiles. Il n’eut aucun mal à identifier ce qu’il devait faire avec le soufflet et commença à s’exécuter en silence. Il avait toujours appris à se faire discret, n’être qu’un élément en fond, l’espace étant réservé à ses maîtres. Il se souvenait des dîners et réceptions d’Arkugal. Tandis que l’homme discutait avec ses invités, le cobe se devait de savoir quand les servir, débarrasser les plats sans les gêner et en se faisant le plus discret. Et bien sûr, aucun merci, rien. Pour eux, ça allait de soi et jusqu’à maintenant, ça n’avait jamais questionné le cobe jusqu’à ce que des personnes comme Kilanna ne remette en question cela. Elle lui avait fait comprendre qu’il avait des talents et qu’ils devaient-être reconnus, que sa cuisine méritait qu’on le reconnaisse pour ça. Il n’avait pas vocation à être cuisinier, mais il ferait la cuisine pour des gens qu’il appréciait.

    En voyant la flamme s’agiter et grandir, il recula. Avec son manteau de poils, il avait chaud. Puis il réitéra l’action, mais quand il appuya sur le soufflet, il eut un mouvement de recul, comme prêt à détaler. Comme si cette flamme s’excitant à chaque fois que le vent venait sur elle était un crocodile prêt à bondir sur le cobe. Cette chose ne devait pas s’échapper au risque de causer une catastrophe dans l’atelier et Broken Goat n’avait pas envie que quelqu’un d’autre se retrouve dans la panade à cause de lui. Il lançait des regards au forgeron comme pour demander si son travail convenait. Une fois le fourneau jugé convenable, Broken Goat vint chercher les vieux fers indiqués par l’humain au crâne de cerf dont les bois étaient bien plus impressionnants que les cornes de l’hybride. Une fois les fers confiés au forgeron, il alla chercher le premier cheval.

    Le cobe pénétra dans la pièce voisine où patientaient les équidés. Il prit par la longe un étalon blanc assez élégant. L’animal était d’une grande propreté, mais l’hybride savait que ça ne durerait pas. Il avait bien vu chez son maître que les chevaux adoraient se rouler, surtout dans la boue. Et pourtant, on leur accordait une certaine noblesse et un prestige contrairement aux porcs également adeptes de cette pratique. Le cobe s’offrait parfois aussi des bains de boue. Ils avaient les vertus de dégager les parasites. Il allait ensuite se rincer.

    Broken Goat amena le cheval un peu nerveux, mais encore très gérable. Le cobe le calma en tapotant son encolure. Il appréciait sincèrement ces animaux. Ses sabots semblaient en bon état, mais s’il était ici, c’était qu’il avait besoin de soins. Au moins, son propriétaire semblait aux petits soins pour sa monture. Vu le prix des chevaux, le cobe comprenait qu’il faille en prendre soin. En tout cas, ils avaient de meilleurs traitements que les esclaves, malgré les augmentations du prix de ces derniers. Mais contrairement aux chevaux, on devait régulièrement leur rappeler qu’ils n’étaient rien afin de les maintenir dans leur état de servitude. Le cobe avait été de ceux-là. Il attacha le destrier à la robe immaculée là où on devait s’occuper de lui. Il tapota une dernière fois l’encolure de l’animal avant d’aller jeter un œil au feu, puis voyant qu’il était un peu plus faible, redonna un coup de soufflet. Puis tout en jetant un œil de temps en temps au fourneau, il regarda le forgeron l’air de demander ce qu’ils allaient faire par la suite. Et ce, malgré des réflexes d’esclave lui ayant poussé à faire les choses sans poser de question et de toujours savoir quoi faire. Mais il faisait face à un métier dont il ignorait toutes les subtilités. Quelque chose de nouveau. Il était obligé de poser les questions. S’il avait été dressé à être un esclave domestique, travailler dans une forge était une nouveauté pour l’ancien esclave. Et à son actuel employeur, il pourrait justifier son absence par le fait que le forgeron avait d’autres chevaux à ferrer avant l’alezan. Il le ferait passer en dernier histoire qu’il justifie son aide apportée à l’artisan au masque intimidant.

    CENDRES

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  • Mar 2 Mai - 16:16
     
    Journal du Porte-Mort
    Feat. Broken Goat
    De ses yeux perçants, le de Boktor scrutait attentivement l'hybride cobe s'approchant du fourneau avec une prudence empreinte de crainte. Ses mouvements semblaient assujettis à une sorte de tension nerveuse et son manteau de poils le faisait suer à grosses gouttes. La vue de cette scène rappela à Mordred une anecdote qu'il avait lue autrefois dans les écrits d'une Mage noire, Morganth, mettant en scène un homme qui, ayant une peur irrationnelle des chats, fut invité à les regarder droit dans les yeux et à les caresser sans peur, ce qui l'amena à le guérir de sa phobie. Le jeune eut comprit alors que Goat devait surmonter sa crainte, pour apprendre les subtilités de l'art du feu.

    Après que le cobe eut identifié les outils dont il avait besoin, Mordred commença à préparer les fers à chevaux, méticuleusement, avec une attention particulière accordée à chaque détail. Une fois que la forge fut prête, d'un geste expert l'artiste vint saisir les fers crépitants avec des pinces et les transporta jusqu'à son enclume, où avec une hardiesse digne des nains de la montagne il commença à les forger à la forme désirée, usant d'un savoir-faire qui suait une expérience d'accompli c'est alors que les fers prenaient la silhouette souhaitée en un rien de temps.

    Empli de l'âme du labeur, Mordred s'approchait alors de Goat avec un air résolu et et vint mesurer les sabots de l'équidée à l'aide d'une pince, avant de forger chaque fer pour qu'il corresponde parfaitement à la taille et à la forme de la socque du cheval. Pris d'un élan de sagesse, il se rappelait l'importance de l'expérience directe pour maîtriser l'art de la manipulation du métal. Comme on avait pu le faire à son égard, il était à présent l'heure d'inculquer à Goat la confiance nécessaire pour travailler avec le feu, pour travailler avec la vie que les dieux leur avaient offerts.

    Avec l'aisance d'un maître de forge aguerri, Mordred attira l'attention de l'hybride d'un signe de sa main carbonisée par le charbon avant de venir la porter directement dans la flamme intense du fourneau, laissant les flammes lécher sa peau sans une fléchissement de son visage. Il espérait là faire prendre conscience à Goat une leçon importante.


    L'art du labeur. 2710


    "Il te faut comprendre que la peur n'est rien d'autre qu'un état d'esprit qui peut être surmonté par la maîtrise de soi et une confiance en tes compétences, en ta personne, en ton vécu." Avec une voix chargée d'émotion il continuait alors : "C'est en affrontant tes peurs que tu surpasseras ta condition, que tu les surpasseras eux." finissait-il sur un ton énigmatique sans en dire plus sur la nature des personnes dont il faisait mention.

    Une fois son sermon terminé, Mordred se remit à l'ouvrage avec une question en tête.

    "Qui te donne le sou pour ton travail aujourd'hui ? Je veux tout savoir."

    Il cherchait là à en savoir plus sur l'homme qui avait la chance d'avoir un manouvrier aussi dévoué. Dans un silence apaisant, brisé seulement par le bruit du marteau et de l'enclume, il portait alors l'oreille à Goat, désireux d'en apprendre plus sur ses habitudes, ses goûts et de ses préférences, tout en observant avec admiration l'hybride continuait son labeur.


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  • Mar 2 Mai - 17:22
    L’art du labeur
    Succession de jobs plus ou moins pourris.


    Le cheval resta calme pendant que le forgeron à crâne de cerf s’attelait à mesurer avec soins ses sabots afin de concevoir des fers sur-mesure pour l’équidé. Cela après avoir commencé à travailler les fers que l’ancien esclave lui avait apporté.

    Broken Goat mangeait parfois de la nourriture cuite, mais rarement, il faisait du feu. Il fallait dire que sa nourriture n’avait pas forcément besoin d’être cuite. Même s’il lui était arrivé de cuisiner. Puis dans son habitat humide, le feu pouvait difficilement se propager. Mais un feu de cuisine n’était pas aussi impressionnant qu’un feu de forge. Il était petit, facile à maîtriser. Celui dans le fourneau était une bête sauvage assez grosse pour engloutir l’antilope. Pourtant, il constatait que le forgeron travaillait avec cette créature luisante sans soucis, avec une grande aisance, il s’en approchait comme si de rien était. Puis il invita l’hybride le regarder avec le feu. Le cobe se demandait comment il pouvait se montrer aussi à l’aise avec quelque chose d’aussi dangereux. C’était son instinct de proie qui parlait. Chez les antilopes comme lui, la fuite était une arme comme une autre. Elle n’était pas moins glorieuse que de combattre.

    Avec le temps, Broken Goat avait commencé à se dire que si la fuite avait été décriée et vue comme un acte de lâche, c’était parce qu’elle pouvait-être un moyen de se soustraire efficacement à des tyrans, des prédateurs. Comment imposer sa loi et brutaliser des êtres qui partaient continuellement. Les antilopes savaient que les brutes étaient rarement des exemples d’endurance et finissaient par s’épuiser rapidement. Une grosse brute en armure s’épuiserait bien vite avec le poids de son attirail, même en s’étant entraînée pour ça. Surtout qu’hormis les oryx, la plupart des antilopes étaient des êtres faibles en combat. Mais la nature les avait dotés d’atouts pour la fuite, comme la vitesse et l’endurance. Les cobes comme Broken Goat avaient acquis des compétences en natation. Même les prédateurs terrestres capables de nager, n’étaient pas aussi rapides dans l’eau que les cobes.

    L’esclave écoutait les paroles du forgeron. Il lui parlait d’affronter ses peurs, faire face au danger. Le contraire de son instinct d’antilope. Mais c’était différent d’un prédateur ordinaire. Le feu ne risquait pas de lui sauter à la figure s’il s’en approchait. Il pourrait s’améliorer, notamment par rapport à ceux qui profitaient de lui. Enfin, c’était ses suppositions. Le forgeron avait sans doutes une idée de son passé. En même temps, il n’était pas compliqué de deviner qu’il avait été esclave. Son air soumis, ainsi que son dos labouré par des coups de fouet trahissaient cet état de fait. Le cobe s’exécuta et avança lentement vers le fourneau en respirant nerveusement avant de tenter de contrôler son souffle pour qu’il ralentisse et soit plus régulier. Puis il mit la main au dessus du feu, mais il n’arriva pas à aller aussi-loin que le forgeron. Celui-ci avait l’habitude, comme en témoignait ses mains noircies et semblant séchées. Les doigts de Broken avaient beau se terminer par des sabots plus épais que des ongles, il sentait tout de même la chaleur car ses paumes étaient parmi les rares endroits dépourvus de poils afin de faciliter la préhension. En tentant de s’approcher un peu plus, une flamme lécha sa main, et le cobe la retira par réflexe sentant une brulure. Puis quand il revint faire un coup de soufflet afin de redonner un peu d’énergie au feu, il se senti un peu moins nerveux, bien que toujours prudent, il ne cherchait plus à fuir cette flamme. Comme certains animaux domestiques pouvant-être dangereux, mais quand on savait bien s’y prendre et qu’on maîtrisait sa peur, les choses se passaient beaucoup mieux et ils pouvaient-être les êtres les plus dociles. Il se souvenait d’avoir vu son maître donnant un cours d’équitation à l’un de ses enfants et qu’il lui disait de ne pas avoir peur, car le cheval ressentait la peur et que c’était le meilleur moyen de se faire très mal. Le cobe regarda le cheval blanc attaché, puis le feu et y vit un lien.

    Puis l’homme au crâne de cerf lui posa une question. Qui était son employeur ? Le cobe n’avait pas envie de refuser quoique ce soit au type qui allait peut-être s’occuper de ses sabots, même s’il se faisait encore exploiter. Mais c’était plus fort que lui.


    - Moi être pêcheur, moi travailler pour M’sieur Talim… Car moi aimer nager… Moi rapide dans eau… Moi me réveiller tôt, faire encore nuit… Moi travailler tôt… Moi avoir fini avec poisson mais lui me demander pleins de choses après travail… Moi pas avoir gros salaire… Lui être comme ancien maître…

    Le mot maître devait confirmer un peu plus au forgeron qu’il avait en face lui un ancien esclave dressé à être soumis. Et l’employeur en question profitait de ça à son avantage. Un employé incapable de dire non, que rêver de mieux. Normalement, Broken Goat devait avoir finit sa journée depuis longtemps ayant travaillé très tôt alors qu’il faisait encore nuit. Mais il avait eu le droit à des heures supplémentaires non-payées car on profitait de lui. Il montra de la tête le cheval blanc.

    - Moi aimer cheval… Mais moi pas avoir argent pour cheval… Cheval être pour noble, pas esclave. Ancien maître et M’sieur Talim dire toujours ça…

    Le forgeron avait sans doutes dû se rendre compte que le cobe était plutôt à l'aise avec les chevaux et n'avait pas vraiment peur d'eux. Puis l’hybride revint au fourneau afin de redonner un peu d’énergie à la flamme avant de retourner vers le forgeron histoire d’être à sa disposition si le feu n’avait plus besoin de lui pour le moment.

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  • Mer 3 Mai - 15:02
     
    Journal du Porte-Mort
    Feat. Broken Goat
    Le de Boktor s'affairait à manier le martel, composant les futurs fers du cheval blanc attaché à proximité. Les étincelles jaillissaient de l'enclume sous le coup cinglant de l'artisan, accompagnées d'un claquement sonore qui en aurait assourdi les plus sensibles. Soudain, résonnait la syllabe unique qui composait le mot "maître" tiré dans les propos de l'esclave. Le sang du jeune ne fit alors qu'un tour, une rage incontrôlable envahissant son esprit. L'idée que quelqu'un ait osé opprimer ce cobe et le soumettre à une vie d'esclave le faisait bouillir d'indignation. D'aucuns connaisseurs du forgeron trouveraient ça saugrenu en sachant qu'il n'a jamais dans sa vie exprimer une réelle aversion de l'esclavagisme.

    Cependant, l'heure n'était point au chaos et il reprit ainsi à tire-d'aile ses esprits et se concentra sur sa tâche. Sans proclamer nulle palabre, Il demanda d'un signe de main à l'ancien esclave de venir positionner le canasson afin de lui permettre de venir tailler le sabot et clouer les fers. Puis, tout en continuant à travailler, il reprit enfin parole :

    "Cet homme, Talim, ton ancien maître, te traite-t-il bien aujourd'hui ? Est-ce par sa main que ton cuir se trouve aujourd'hui lacéré ?"

    Mordred fut toujours un grand curieux de la nature humaine, des liens qui pouvaient lacer un homme à un autre et qui faisaient que l'un pouvait être l'esclave de l'autre. En cet instant, et comme il l'a souvent fait, il se demandait pourquoi, selon les lois divines, certains pouvaient à s'assujettir leurs semblables, à leur imposer leur volonté, alors que d'autres, tels que lui-même, aspiraient à la liberté, à la créativité, à l'indépendance.

    Le forgeron était conscient que les esclaves étaient une réalité dans le monde, et qu'il était difficile de changer les mentalités. Mais il se refusait à croire que l'humanité était condamnée à vivre dans l'oppression et la servitude. Il avait appris à voir la beauté dans l'acier qu'il forgeait, et il voulait voir la beauté dans le monde qui l'entourait, malgré ses imperfections et ses ténèbres qui ternissaient son âme baignant dans la crasse de ses ambitions occultes.

    D'un dernier coup de martel, il conclut ainsi la première série de fers, demeurant à l'écoute du cobe. Il posa alors ses outils et se tourna vers l'ancien esclave, lui demandant avec douceur de soulever la patte de l'équidé, afin qu'ils puisse démarrer ensemble la taille des sabots et la pose des fers.

    C'était une tâche minutieuse et délicate, mais Mordred y était habitué, comme s'il était en communion avec la bête. En contraste avec ses activités à l RSAF qui consistait à construire une véritable montagne de ressources animalières à partir des bêtes vivantes, il avait tout de même étrangement appris à respecter les animaux, à comprendre leurs comportements, à écouter leurs cris et leurs gémissements. Et en cet instant, alors qu'il taillait les panards de la bête et qu'il vint lui clouer les fers, il se mit à rêver d'un monde où les êtres humains seraient en harmonie avec la nature, où ils vivraient en paix les uns avec les autres, où ils se respecteraient mutuellement, sans laisser la haine et la violence envahir leur cœur.

    Il était bien rocambolesque et déconcertant que la personne ayant ces mêmes pensées soit celle qui ne bronche point remort quand il s'agit de dépecer ces mêmes bêtes afin d'en récolter des matériaux adéquats pour sa passion qu'est la forge. Ainsi était la nature de Mordred, une dualité de bonté et de violence, un être aussi malfaisant qu'illogique.


    CENDRES
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  • Mer 3 Mai - 19:13
    L’art du labeur
    Succession de jobs plus ou moins pourris.


    Les sons du marteau n’étaient pas des plus agréables pour un humain qui n’y était pas habitué. Pour une antilope à l’ouïe plus fine, c’était presque douloureux. L’hybride avait les oreilles qui restaient baissées afin les soulager. Cela ne l’empêcha pas d’aider le forgeron en s’occupant de maintenir le cheval au calme. Il caressait le museau de l’animal. Il rêvait de posséder un cheval. En plus de pouvoir s’améliorer en équitation. Mais il n’en avait pas les moyens. Et comment un esclave, doublé d’un hybride, race détestée pourrait obtenir quoique ce soit. Déjà qu’il avait eu tout le mal du monde à trouver un travail. Au point que même des bordels le refusaient.

    - Non… Coups de fouet… Venir de ancien maître… Lui s’appeler Arkugal…

    Le cobe calma le cheval qui commençait de nouveau à s’énerver un peu. Cette bête était assez fougueuse. Il se voyait mal choisir une bête pareille comme monture. Puis ce genre de cheval racé était réputé pour être plus coûteux que d’autres équidés plus rustiques. Sa robe était impeccable, son poils fin, parfait et uniforme. Heureusement, ce cheval n’avait pas subi de caudectomie. Car le cobe avait remarqué parmi les animaux qui patientaient que deux d’entre-eux avaient vu leur queue raccourcie. Il avait beau ne pas être un cheval, sa queue avait des fonctions assez proches de celles des équidés. Même si certaines antilopes avaient des queues assez courtes, celle d’un cobe était d’une longueur raisonnable bien que pas aussi longue que celle d’un oryx. Cela permettait de chasser les insectes, de réguler la température corporelle, de balancier pour l’équilibre, mais elle n’était pas un outil de communication comme chez les chevaux. Dans le désert, c’était une chose essentielle. Il avait remarqué plusieurs chevaux de nobles avec des queues coupées ainsi. Dans le but visiblement d’avoir un aspect esthétique. Broken Goat avait du mal à voir en quoi voir l’anus d’un cheval était beau.

    - Moi voir à côté… cheval avec queue coupé… Moi trouver moche et cruel…

    Celui qui disait cela avait été un esclave traité pire que n’importe quel cheval. Hormis peut-être les bêtes forcées à aller dans les mines ou qui tombaient aux mains de charretiers pas très délicats. Cette réflexion sur les maltraitances infligées aux animaux firent revenir Broken Goat à ses propres maltraitances, cette fois chez Senmout. Tandis que le cobe attrapait un premier sabot pour que le forgeron puisse le tailler, il continua de parler un peu de son expérience d’esclave qui semblait intéresser son interlocuteur.

    - Ancien maître... vendre moi à marchand… Marchand enfermer moi dans cage tout le temps… Sauf quand clients vouloir voir esclaves… Puis pour nettoyer cage et magasin… Lui pas donner beaucoup nourriture… Nourriture pas bonne…

    Depuis sa rencontre avec Kilanna, il avait vu des gens commencer à s’intéresser à son sort. Son ancien maître et Senmout lui avaient dit qu’il n’aurait aucun soutien, ni compassion. Il était vrai que beaucoup n’en avaient pas grand-chose à faire de lui. Mais quelques personnes avaient eu un peu d’intérêt pour lui. A commencer par Kilanna qui l’avait libéré. Elle voulait créer un monde où les hybrides pourraient vivre en paix sans craindre la discrimination.

    - Hybride comme moi…Libérer moi de marchand… Puis moi arriver ici et chercher travail… Moi maintenant travailler pour Talim… Lui être un peu comme Arkugal…Ancien maître… Mais Talim pas utiliser fouet…

    Puis enfin, le cheval fut ferré et Broken Goat attendit les dernières finitions d’un forgeron très appliqué dans son travail avant d’aller chercher le cheval suivant. De simples fers témoignaient de la grande ardeur et du soin apporté par le l’artisan. Broken ne pouvait pas se permettre un tel luxe avec son travail. Il fallait aller le plus vite avec des denrées périssables comme le poisson. Le cobe attendit le feu vert avant d’aller prendre un autre cheval, après avoir été attiser de nouveau le feu.

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  • Sam 6 Mai - 15:34
     
    Journal du Porte-Mort
    Feat. Broken Goat
    Les sons réguliers du marteau s'entrechoquaient, marquant le rythme lent et méthodique du travail de Mordred. Chaque coup était précis, ajustant la forme des fers de manière à les rendre parfaitement appropriés à chaque sabot. Et tandis que le forgeron poursuivait cette tâche ardue, son attention fut soudainement attirée par les propos du cobe à ses côtés.

    Les paroles de Broken Goat étaient empreintes d'un pathos saisissant, exprimant avec une intensité rare les souffrances que son corps et son esprit avaient endurées en tant qu'esclave, méprisé et maltraité. La sombre histoire qu'il narrait suscita une profonde émotion en Mordred, dont le sang bouillonnait de colère à l'écoute des atrocités dont Goat avait été victime.

    Sa sensibilité à fleur de peau, Mordred éprouvait encore une fois une profonde inquiétude pour le sort du cobe, dont la condition de vie restait précaire. Il ne pouvait supporter l'idée que ce dernier puisse être victime d'un traitement injuste et inhumain, quasi-similaire au sort que les bêtes de la RSAP vivaient sous le joug des officiers.  

    Mais le forgeron semblait déterminé à ne pas laisser cette histoire se terminer ainsi. Il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour ce nouvel ami, jusqu'à en venir à naître une idée qu'il ne pouvait taire de son esprit.

    "Mon nouvel ami, tu n'as plus à vivre ainsi. J'ai... une idée à te proposer." pris soudainement d'une pause, c''était comme si le jeune de Boktor en venait à douter lui-même de sa suggestion avant de balayer d'un geste de la main cette appréhension et de reprendre.   "Rallie-toi à moi Goat. Je te sais être un vrai tâcheron appliqué qui malgré ses craintes, ne lésine pas deux fois avant de se mettre au travail. J'ai grand besoin d'un second, d'une paire de bras en plus pour m'aider à la forge. Je ne te promets pas une besogne qui sera tous les jours agréable et qui t'amènera à une vie de luxe mais ce que je peux te jurer c'est que tu n'auras pas à subir le mépris de quiconque et tu seras traité comme mon égal avec le respect que tu mérites et que la vie aurait dû toujours t'honorer."

    Délaissant le marteau qu'il déposait avec grâce sur la tablée, après s'être essuyé la main à l'aide d'un chiffre qui traînait là, il la portait finalement vers le cobe pour l'enjoindre à la serrer.

    "Et si Talim se montre opposant à cette décision, je m'occuperai de lui. Je te prie d'accepter Goat."

    Bien que totalement épris de la condition du cobe, sa proposition était loin d'être uniquement et complétement altruiste. Non, il ne mentait point quand il disait avoir besoin d'un assistant, il était autant intéressé par sa force de travail que par la possibilité de le libérer du joug de cet homme qui se faisait presque l'égal d'un négrier.

    "Nous pourrions faire des merveilles ensemble, si seulement tu acceptes  de travailler avec moi." concluait-il avec passion.


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  • Dim 7 Mai - 12:05
    L’art du labeur
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    Le son régulier du marteau était toujours un peu douloureux pour l’antilope aux oreilles sensibles, mais il s’y faisait tant bien que mal. Broken Goat ne comptait pas faire carrière dans ce genre de métier. Il faisait chaud, il fallait apparemment de la force physique et surtout, ça manquait cruellement d’eau. Même avec la présence de chevaux et ce type paraissant sympathique avec lui et à l’écoute. Le travail de pêcheur lui convenait mieux. C’était juste que son patron était un pourri nostalgique de l’esclavage. Il préférait entretenir ses belles tenues, bijoux, armes et beaux chevaux, alors que ses ouvriers devaient se contenter d’un matériel mauvais. Les harpons étaient vraiment de mauvaise qualité, usés, rouillés. Inutile de dire que Mordred serait outré de voir l’état de ce matériel tant c’était un être minutieux et vraiment très appliqué dans son travail. Et après Talim se plaignait que ses ouvriers étaient pas très efficaces. Le cobe se souvenait qu’avec Senmout le marchand, c’était la même chose. Il était du genre à rogner la moindre dépense, sauf pour son plaisir personnel. Voilà que le cobe commençait à se souvenir de cette ordure de marchand. Il secoua la tête afin de chasser ces douloureuses images et soupira.

    En tout cas, ça avait eu l’air d’en révolter un. C’était Mordred, qui tout comme Kilanna avait eu pitié de l’ancien esclave. Il était assez rare que l’hybride ait eu à raconter son histoire. Ses collègues, il les sentait pas vraiment ouverts et se tenait plutôt à distance d’eux. Peut-être le vieux serait plus réceptif. Il semblait le seul de cette entreprise de pêche à avoir un semblant de compassion pour l’être mi-homme, mi-antilope. Et Talim, il profitait du statut d’ancien esclave couplé à un désespoir de trouver du boulot de Broken Goat pour l’exploiter, même pour des choses qui n’étaient pas prévu dans son contrat. Et bien sûr, il n’était pas payé pour ça.

    C’est alors que le forgeron lui fit une proposition. C’était de devoir travailler avec lui en tant qu’assistant. Et son enthousiasme était bien visible. Il ne promettait pas un salaire mirobolant. Mais ça serait sans doutes plus que ce que Talim proposait actuellement. Enfin, il y avait quelques inconvénients, comme ce bruit de marteau. Car les oreilles d’une antilope étant très sensibles, ces sons étaient très gênants pour lui. Mais s’ils trouvaient une solution, pourquoi pas. Puis au moins, le cobe était en compagnie de chevaux. Et s’il voulait de l’eau, il pourrait se baigner lors de pauses et après le travail. Dans son cas, le moindre travail proposé était une opportunité pour celui qui était désespéré. Celui que même les bordels refusaient. S’il n’avait pas la fibre artistique de Mordred, Broken Goat espérait au moins être à la hauteur. Tandis qu'il serait la main au forgeron, Broken Goat donna sa réponse à sa proposition.


    - Moi bien vouloir !

    L’esclave ne savait pas dire non, mais cette fois, l’offre lui donnait d’avantage envie. En espérant que ce forgeron ne profite pas de lui comme Talim. Et qu’il lui apprenne les choses afin qu’il soit le plus efficace. Le cobe avait été esclave ce qui le rendait très appliqué sur ses tâches. Enfin c’était surtout la peur des coups de fouets et le fait de se faire rabaisser constamment qui l’avaient rendu perfectionniste.

    - Mais moi avoir problème… marteau faire mal à oreilles… Vous… avoir bouchons ?

    Si le forgeron réglait ce petit souci, il aurait un employé dévoué. Le cobe alla jeter un œil au four avant de revenir au chevet du cheval qui se faisait bichonner les sabots. Cet animal serait bientôt prêt et il irait chercher le suivant. Puis il allait falloir prévenir Talim que ça serait son dernier jour à lui servir de larbin.

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  • Ven 19 Mai - 22:10
     
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    Feat. Broken Goat
    Alors que les étincelles dansaient sur l'enclume, Mordred poursuivait son travail avec une minutie déconcertante. Le martèlement rythmé se mêlait à l'air ambiant, créant une symphonie de métal en fusion. C'est dans cette harmonie éclatante qu'il entendit la réponse singulière de Goat, qui résonna dans son esprit comme une note inattendue dans une mélodie bien orchestrée. Un éclat de rire s'échappa des lèvres du forgeron, réveillant une joie longtemps enfouie. Combien de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'il avait ri ainsi ? Il ne saurait le dire, mais cette rencontre insolite lui rappelait l'essence même de la vie.

    Comprenant l'inconfort du cobe face aux bruits assourdissants de la forge, Mordred cessa son travail avec les chevaux et se tourna vers l'hybride mi-homme mi-antilope. Son regard au travers du crâne de cerf pétillait d'une bienveillance rare, telle une étoile bienveillante dans la nuit noire.

    "Mon cher ami, ton désir de travailler à mes côtés m'emplit de gratitude", déclara le de Boktor d'une voix empreinte d'une chaleur réconfortante. "La musique des marteaux peut être une cacophonie pour tes oreilles délicates, mais je ne saurais tolérer que cela t'empêche de t'épanouir dans mon atelier. Ainsi, je pense qu'il soit bien pertinent de te confectionner un petit quelque chose...."

    Avec une dextérité sans égale, Mordred s'empara de matériaux soigneusement sélectionnés et se mit à l'œuvre, tissant entre ses doigts une armure de silence. Les flammes dansaient sous son regard déterminé, alors que chaque coup de marteau était porté avec une précision millimétrée. Peu à peu, le masque prenait forme, reflétant l'âme et la personnalité de l'hybride qui lui était destiné.

    Une fois l'œuvre achevée, le damoiseau prit délicatement le masque entre ses mains et le présenta à Goat. Les lueurs de la forge se mirent à danser sur ses traits, illuminant sa silhouette enjouée du moment.

    "Voici ton masque, symbole de notre collaboration naissante", déclara le noblion d'une voix teintée de fierté. "Puisses-tu le porter avec dignité et trouver en lui le réconfort dont tu as besoin. Il est le reflet de ton unicité, de ta force intérieure. Que ce masque soit un talisman qui t'insuffle la confiance nécessaire pour affronter chaque défi avec audace et sérénité."

    L'art du labeur. 3610

    Le Reikois tendit le masque tout neuf à son homologue hybride. Les flammes crépitantes semblaient se refléter dans le regard de ce dernier, scellant ainsi la volonté du jeune forgeron de faire de lui un réel associé.


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  • Mer 24 Mai - 22:48
    L’art du labeur
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    La réponse affirmative de l’hybride concernant la demande de poste reçut un éclat de rire qui le fit légèrement reculer avant qu’il ne se détende. Mais il sentait une joie chez le forgeron. S’il apportait de la satisfaction à l’homme au crâne de cerf, tant mieux pour lui. Une étincelle dans son regard confirma également cet état de fait. Broken Goat ne put s’empêcher de sourire. Une certaine sincérité s’en dégageait en réponse à l’expression de joie de Mordred. Le forgeron, ne cachant pas sa satisfaction accepta d’honorer la demande de son nouvel employé. Une certaine chaleur se dégageait dans sa voix. Quelque chose de réconfortant. Rien à voir avec Talim qui avait ce ton d’avantage d’un maître envers un esclave. Broken Goat ne savait que trop bien à quoi ça pouvait ressembler.

    Mordred était bien différent. D’autant plus, qu’il se montrait réceptif aux remarques de l’hybride concernant les désagréments du marteau. Ainsi, le forgeron abandonna temporairement sa tâche de s’occuper des chevaux pour se concentrer sur un autre objet. Broken Goat tenta de jeter un œil par-dessus son épaule et constata apparaître peu à peu une forme en métal épousant la tête d’un cheval, enfin pas totalement, cela semblait être à sa taille. En attendant, le cobe devait supporter les sons de marteau. Mais si de ces percussions sortait un moyen de remédier à ses soucis d’oreilles. L’ancien esclave prenait tout de même le temps de bien observer. C’était la première étape pour apprendre. Les oreilles de l’hybride restaient baissées afin de se protéger du son. Son ouïe était très sensible et nécessaire pour repérer les dangers. Broken Goat avait des instincts de proie propres à une des nombreuses espèces d’antilopes peuplant le territoire Reikois. La plupart d’entre-elles n’en avaient pas grand-chose à faire des affaires de l’Empire, les guerres et toutes ces choses. Elles ne faisaient que vivre. Et la fuite était leur arme.

    Enfin les coups de marteau s’interrompirent et le forgeron se retourna, tenant entre ses mains le masque qu’il tendit à l’hybride, son nouvel associé. Bien sûr, il présenta la chose avec tout le cérémoniel qui caractérisait le personnage. Un sacré contraste avec un ancien esclave ne sachant sortir que des phrases primaires sans même pouvoir conjuguer les verbes. Broken Goat prit le masque en métal dans ses mains sabotées. Il nota que celui-ci ressemblait aux protections en métal pour les chevaux. Ce qui n’était pas étonnant au fond. Il y avait même de quoi protéger les oreilles, ainsi que la base des cornes. Le cobe le mit sur son visage.

    Il trouvait qu’il ressemblait à un cheval de guerre avec ce masque, mais soit. Celui lui faisait également penser à un crâne. Un peu en adéquation avec le style de forgeron atypique. Broken ignorait s’il faisait peur avec ce truc, mais il n’en avait pas grand-chose à faire. Ce masque était bien travaillé et même si le cobe semblait avoir quelques gênes avec cet objet, ça serait sans doutes une question de temps. Surtout que pour le coup, cela avait un véritable intérêt pratique. Pour protéger des flammes et des sons du marteau. Broken Goat avait tendance à vouloir porter des vêtements uniquement quand il voyait des intérêts pratiques et concrets. Quand c’était juste pour de l’apparat, il était un peu plus réticent et il devait se faire violence. Après tout, il avait des poils et depuis tout petit, il avait été habitué à porter un pagne et rien d’autre. Un héritage de sa condition d’esclave ayant du mal à partir.
    Affublé de ce masque, le cobe joignit ses mains devant lui et se courba.

    - Merci beaucoup…

    Afin de tester ce nouvel objet et voir s’il était efficace, Broken Goat alla chercher un autre cheval. Un imposant destrier à la robe noire. L’animal était marqué par de nombreuses batailles. Ses larges sabots devaient-être un cauchemar pour les malheureux qui se prenaient des coups de la part du colosse équin. Surtout avec des fers. Le cobe attacha l’animal assez nerveux. Il devait faire attention à ce que les imposants sabots de la bête n’écrase pas des pieds, enfin surtout ceux de l’humain qu’était Mordred. Enfin, même avec pieds cornés, Broken Goat n’avait pas vraiment envie de voir ses sabots raccourcis par un canasson. Il préférait que ça soit fait un minimum de manière soignée. Une fois l’animal attaché, le cobe alla attiser les flammes. Le masque offrait une certaine sécurité vis-à-vis des projections. Pour le moment, l’objet semblait avoir les faveurs du cobe, même s’il ne comptait pas porter un tel accoutrement en dehors de son travail.

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  • Mar 30 Mai - 11:35
     
    Journal du Porte-Mort
    Feat. Broken Goat
    Les flammes dansaient, embrasant la nuit d'une lueur ardente. Le crépitement des braises résonnait tel un chœur de passion, tandis que l'air se parfumait d'une essence d'acier en fusion. Mordred, les yeux pétillants d'une énergie fébrile, tourna son regard vers Goat, capturant l'éclat d'un désir brûlant dans le fond de ses prunelles. Un sourire énigmatique s'épanouit sur les lèvres du forgeron, traduisant une confiance mutuelle qui transcenderait les frontières de l'ordinaire.

    "Que dirais-tu de plonger toi-même dans les braises de la création ? Que tes mains se joignent aux flammes divines pour façonner des merveilles incandescentes. Laisse ton âme s'éveiller aux chants de l'enclume et ton esprit s'envoler parmi les étincelles qui éclairent l'instant présent."

    Dans un geste empreint d'une solennité teintée d'appréhension, Mordred tendit le marteau à Broken Goat, ses yeux scintillant d'une lueur inquiète. C'était un instant d'une profonde signification, un don de confiance où l'acier vibrant de vie échangerait les battements d'une âme pour fusionner avec la sienne. Un frisson parcourut l'échine du forgeron, tandis qu'il se demandait avec anxiété si le marteau, porteur d'une partie de son essence, resterait endormi, respectant la symbiose sacrée entre l'artisan et son outil, ou s'il s'éveillerait, agitant l'air de son pouvoir indomptable. Le temps sembla suspendre son souffle, et Mordred retenait le sien, scrutant les yeux de Goat, cherchant dans leur profondeur la promesse d'une harmonie parfaite entre deux âmes forgées par le feu et l'acier.

    "La forge est le royaume où le feu et l'acier se marient pour donner naissance à des œuvres d'exception. Chaque coup porté est une danse, une symphonie qui façonne le métal avec précision et intention. La fusion de l'âme et de la matière donne vie à des créations empreintes de puissance et de beauté, transmettant l'essence même de l'artisan dans chaque courbe et chaque détail."

    Le temps se figea dans un instant suspendu, alors que Mordred laissa son regard se perdre dans les flammes dansantes de la forge. Il contempla les braises vives qui caressaient les contours de l'acier avec une tendresse inébranlable. Puis, se tournant vers le cobe, un sourire lumineux éclaira son visage tandis qu'il lui révéla les secrets ancestraux de l'art de la forge. Ses mots se déployèrent tels des papillons de feu, remplissant l'air de promesses chatoyantes et d'une sagesse forgée au fil des âges.

    "Observe attentivement les fers devant toi, apprends à les comprendre et à sentir leur énergie forgée par les flammes. Chaque fer à cheval porte les traces des pas passés, une histoire gravée dans le métal. Commence par chauffer les fers, laissant les flammes les embraser doucement, les ramenant à la chaleur de la forge. Ce processus permettra au métal de s'assouplir, de devenir malléable entre tes mains expertes. Mais veille à ne pas les surchauffer, car chaque fer possède une limite délicate entre la souplesse et la fragilité. Une fois à la bonne température, utilise ton marteau avec grâce et précision. Frappe les zones à ajuster, élevant un chant métallique empli d'intentions. Tes coups doivent être calculés, légers ou plus appuyés selon les besoins, sculptant les fers à cheval avec une dextérité maîtrisée. Laisse ton instinct de forgeron guider chaque coup, créant une harmonie entre le fer et ton art. Mais n'oublie jamais l'importance de l'équilibre. Les fers à cheval doivent conserver leur intégrité structurelle tout en s'adaptant aux particularités des sabots. Ajuste avec minutie les courbes et les angles, offrant aux chevaux une adhérence sûre et un confort optimal. Chaque ajustement doit être fait avec respect, honorant le cheval qui recevra ces fers et sa confiance en ton savoir-faire."

    Dans l'atmosphère envoûtante de l'atelier, le ton était donné pour la naissance d'œuvres d'une beauté incomparable. Dans le crépitement des flammes, ils était l'heure de découvrir une harmonie nouvelle, une complicité forgée dans l'enclume des passions partagées.


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