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  • Mar 30 Mai - 20:13
    Le bâtiment de mercenariat de Melorn était un grand édifice sur trois étages qui ne connaissait pas beaucoup le repos. Toute la journée, c’était un manège incessant d'aller et retour sans pause aucune. Il y avait de tout. Des grands bonhommes équipés a la pointe de ce que faisait technologiquement la ville, pour la plupart des nains ou des elfes.

    Il y avait également des débutants, perdu au milieu de la foule des guerriers, ne sachant comment jongler entre un premier contrat et un simple envoi vers la mort. Ici, tout etait une question de tri et de volonté. On pouvait simplement emmener un paquet d'un point A à un point B. Mais au contraire, il était possible de partir protéger quelqu'un d'important, ou bien résoudre des enquêtes, des meurtres. Certains partaient a la chasse au trésor, tandis que d'autres étaient bons pour s'éloigner dans les montagnes a la poursuite d'une créature rare.

    Elle n’était la pour aucune de ces raisons. Arrivée a l'aube, alors qu'elle devait reprendre la route pour Ikusa, elle s’était assise au fond de la salle, a une table, et s’était appuyée contre le mur, pensive. Elle était venue sur un coup de tête, et avec sa discrétion habituelle, personne n'avait le moindre regard sur elle.

    Elle était arrivée en ville deux jours plus tôt, tout droit depuis Liberty, avant de retourner a la capitale faire son rapport. La raison était assez simple. Elle devait récupérer un paquet, ainsi que jeter un œil a la bonne conduite de la filière de la cité des elfes. Elle avait ainsi rencontré plusieurs personnes désigné par Zephyr, et avait plusieurs rouleaux d'informations a faire remonter au maître espion du Reike.

    Ce n’était absolument pour aucune de ces raisons qu'elle était la. Elle s’était simplement dit que retourner a Ikusa seule serait sans aucun doute ennuyant, alors si elle pouvait joindre l'utile a l'agréable, et trouver quelqu'un avec qui faire le trajet, ce serait bien plus amusant.

    Mais personne n’était venu pour une escorte ce jour la, a l'exception d'une petite grand mere qui s’était visiblement trompée de porte et qui avait bloqué l'entrée pendant une bonne demi heure en disant que son chat ne devait pas etre très loin. Bon, ce n'etait pas ça qui allait aider l'espionne, mais la chose qui était sur, c'est qu'elle avait beaucoup de patience.

    Elle s’était dirigée vers le comptoirs, a un moment au alentour de onze heure. Et la, le drame. Elle avait comprit qu'il fallait un sacré paquet de paperasse pour pouvoir officiellement prendre un contrat en bonne et due forme avec une signature formelle. En clair, il fallait etre membre du bureau.

    Elle n'y avait jamais songé, et c’était un peu honteux de sa part. Même si ceux avec une énorme réputation pouvaient prendre des contrats a leurs noms, les débutants devaient bien débuter quelques part pour commencer le bouche a oreille. Et la façon la plus simple, c’était que quelqu'un récolte les taches, avec un petit pourcentage a la clé.

    Elle s’était donc dirigé vers la sortie, pour essayer de voir si des gens ne voulaient pas venir déposer des annonces et les alpaguer a la source. Mais elle s’était rendu compte qu'il n'y avait pas tant que ça de gens, chaque jour, désirant payer pour faire faire une tache.

    Elle retourna alors a sa place et s'effondra affalée sur le bois de la table, désespéré. En plus de perdre son temps alors qu'elle aurait pu déjà avoir monté durant deux heures vers la capitale, elle n'allait même pas réussir a aboutir a quelque chose. Elle tapa son front contre la dureté sous elle, et sauta de son banc, vaincue.

    Lentement, elle se dirigea vers la sortie en marmonnant des paroles incompréhensibles.

    - Inutile...personne ne m'aime et veut venir avec moi...perte de temps...envie de mourir...manger...

    Dans une pseudo depression qui allait durer sans doute moins de cinq minutes, elle s'appreta à quitter le batiment, sans vraiment regarder devant elle.
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  • Mar 30 Mai - 22:20
    Dormir, grignoter, dormir, cauchemarder, tenter d'oublier...
    Depuis l'incendie, Arahn se contentait de errer, jamais très loin cela dit des vestiges de sa demeure. Elle avait troqué une partie de ce qui lui restait de fortune en vêtements pour la route, ainsi qu'en boissons diverses avec pour unique dessein celui d'enjoindre son esprit au repos.
    Cela n'avait vraisemblablement pas fonctionné.

    Il n'était pas naturel chez la jeune elfe de désespérer, du moins pas au delà de quelques minutes, heures, tout dépendait du problème. Et quel problème. Mais boire ne s'était effectivement pas montré être la plus fûtée des idées. Offrir à ses pensées l'opportunité de donner vie aux démons qui la pourchassaient déjà lorsqu'elle était éveillée n'était certainement pas des plus judicieux. Elle avait pu voir se matérialiser sous ses yeux les fantômes d'un temps jadis où tout sentait bon et exhalait la joie, avant du moins que les effluves enivrantes du passé ne se soient métamorphosées en une fétidité âcre qui l'avait prise à la gorge et lui avait brûlé les poumons. Arahn s'était sentie épiée plus d'une fois et s'était alors imaginée poursuivie par toute une myriade d'entités, probablement par celles qui avaient mis un terme à son existence d'autrefois. Quelqu'un lui en voulait-il ? Une personne était-elle en guerre contre sa famille ? La paranoïa s'était vue décuplée par les effets de l'alcool.
    Si la jeune femme avait passé ces quelques derniers jours à ne -presque- rien faire sinon résider en un état de torpeur quasi permanent, il était désormais grand temps de changer d'attitude et de schématiser un plan, le plan d'un avenir incertain, certes, mais un plan tout de même. Il était hors de question pour elle de demeurer à Melorn, cette ville n'avait plus grâce à ses yeux, ne disposait de plus rien qui ne lui soit attrayant.
    Tous ces sourires faux lui donnaient la nausée. Cette atmosphère éphémère et factice, tout le mal que l'on s'était donné à embellir le parfait d'une cité  que l'on désirait plus fabuleuse qu'aucune autre. La beauté trop.. trop, finalement,.. de l'endroit lui donnait à vomir des paillettes.

    Au quatrième jour de sa transe, retranchée dans ce qui restait de la bâtisse branlante partie en cendres une décade plus tôt, Arahn entama les préparatifs de son départ.
    Un dernier petit coup d'œil lui fit considérer sa tâche comme achevée.

    L'elfe posa sa main sur la anse de son sac à dos à demi plein qui ne contenait finalement rien de plus qu'une paire de vêtements de rechange, pour le voyage. Elle le hissa sur son échine avec la ferme intention d'ajouter quelques bricoles à son contenu, comme de la nourriture... ça pouvait servir. Lorsque l'objet fut bien stable sur ses deux épaules, la jeune femme s'attarda au nettoyage sommaire du métal de sa lance, dont l'éclat n'était pas parfait au vu de la poussière qui s'y était déposée. Lorsque la matière fut à nouveau entièrement d'une teinte d'un quartz fumé et non plus grise, Arahn raffermit sa prise sur l'objet et s'aida de la hampe de son arme pour se lever.

    Le monde tourna. Elle n'avait jamais apprécié le vin...
    Arahn dut prendre un instant pour que ses yeux cessent enfin de clignoter, le sol de flotter. Une migraine atroce lui cernait le crâne, mais peu lui importa la douleur, sa nouvelle mission, l'abandon de Melorn, était d'une importance primordiale.

    Munie des quelques derniers trésors qu'elle n'avait pas bêtement troqué contre une caisse de bouteilles, la jeune femme se rendit tout près des étals qui arboraient fièrement la nourriture la plus fraiche. Un peu de viande et surtout beaucoup d'aliments secs. Arahn ne savait pas combien de temps durerait le voyage et s'attendait à ce que plusieurs mois ne la séparent de sa destination, aussi dépensa t-elle une bonne moitié de ce qui lui restait en denrées susceptibles d'être aisément conservées. Elle jura intérieurement en offrant son dû au marchand, sa méconnaissance du monde lui valait probablement de gâcher sottement de quoi payer proprement le mercenaire qu'elle savait devoir engager.
    Arahn réajusta sa capuche convenablement, de sorte à ce que le tissu fut un rempart pour ses yeux cerclés face au soleil qui gênait sa vision.
    Au fond, n'était-elle pas en possession d'une poignée de pièces d'or ? Peut-être cette monnaie suffirait à attiser l'intérêt ?
    Arahn se résigna. Elle accepta secrètement de se défaire de ses bijoux si cela s'avérait nécessaire.

    Le bâtiment lui apparût plus rapidement que ce qu'elle avait imaginé, ses sens troublés par ce qui restait des vestiges de tord-boyaux qui coulaient dans son sang. Et pour tout dire, elle n'avait jamais spécialement fréquenté cette partie de la cité. Les mercenaires n'étaient pas tous des brutes sans vergogne, ses parents s'étaient avérés avoir appartenu à la caste du mercenariat après tout, mais elle se méfiait des personnes trop intéressées, ces dernières n'ayant de loyauté aucune.
    Elle observa de loin l'attroupement bruyant engendré par la faiblesse d'esprit d'une vieille femme cherchant son chat. Tous les beaux diables coincés devant l'entrée s'étaient pour la plupart mis à maugréer ou à râler en défaveur de la mamie que l'on avait fini par pousser vers la sortie.
    Lorsque les grognements qui s'élevaient de la cohue s'estompèrent, Arahn se dirigea vers le hall du bâtiment. Elle s'était discrètement adressée à plusieurs quidams, presque au hasard, à ceux toutefois qui lui avaient semblé vouloir en découdre plus que les autres, et leur avait demandé si lui faire quitter la ville en échange de ce dont elle disposait était digne de les intéresser. Tous sans exception avaient refusé l'offre, trop peu alléchante. Pourtant, au lieu d'éconduire la jeune femme, ils avaient chacun leur tour quémandé en récompense pour pareil emploi la lance en phantacier que la petite elfe tenait fermement dans la main droite.
    Arahn s'était extirpée de chacun de ces échanges malhonnêtes avec pour seule réponse un regard noir ô combien luisant.

    Agacée, l'elfe encapuchonnée s'était finalement insinuée à l'intérieur de l'édifice, mais avant qu'elle ne pût détourner le regard du dernier type qui lui avait demandé sa lance et qu'il lui fût possible de se concentrer sur ce qui évoluait devant elle, une étrangère pénétra son espace personnel.

    Les deux femmes entrèrent en collision sans qu'aucune ne pût réagir assez vite et esquiver le choc. S'il fut loin d'être violent, l'humaine qui l'avait percutée tituba et, dans un réflexe bienvenu, Arahn la retint par le coude pour les empêcher toutes deux de vaciller et de se ridiculiser ainsi entourées d'autant de monde.

    - Oh.. ! Je suis navrée ! devant la mine dépitée de sa désormais interlocutrice, Arahn se permit de s'enquérir de son état. Vous allez bien ?

    L'échange parut durer une éternité. Un blanc évident s'étala sur de longues secondes avant que la jeune elfe ne s'essaie finalement à poser une dernière question.

    - Vous ne seriez pas mercenaire par hasard ?
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  • Mar 30 Mai - 23:31
    Elle regardait bien trop vers le bas, et elle avait bien trop baissé sa garde. Elle s'en serait sans doute voulue durant une occasion normale. Mais elle avait sentit la présence avant que les deux ne se rentrent dedans. Elle avait a partir de la, deux possibilités. Eviter avec un plongeons, au vu de la vitesse a laquelle la présence se rapprochait d'elle, ou bien lui rentrer dedans en évitant les dommages les plus élevés.

    Elle avait choisit la deuxième option. Elle fit un petit écarte de coté, un pas parfaitement réfléchit qui fit en sorte que son interlocutrice se rentre pas dans le moindre os, la ou ça aurait été le plus douloureux, mais plutôt dans la chaire. Et elle en avait surtout au niveau de la poitrine et des hanches. Ainsi, en diagonale, elle sentit son corps partir en arrière sous le choc.

    Mais elle ne bascula pas, l'autre la retenant joliment d'une façon que seule quelqu'un de développer physiquement etait capable de produire. Elle souffla aussitôt, d'une façon que seul les artistes martiaux avaient l'habitude de fournir, et enfin, elle laissa le souffle quitter ses lèvres, pour se remettre bien droite et accueillir des yeux le physique de...la jeune elfe qui etait face a elle.

    - ...wow...jolie...

    Elle sursauta, et eu une petite rougeur, en constatant qu'elle lui avait parlé. Vite, reprendre son sang froid, son souffle, son air habituel. Elle secoua légèrement la tête et passa la main sur une mèche de cheveux qu'elle ramena derrière son oreille.

    - Oh oui, pardon. Ça va bien. Vous m'avez évité le pire.

    Pas besoin de préciser ce qu'elle avait fait lors du choc, elle préférait lui laisser croire qu'elle n’était qu'une jeune humaine fragile. C'est comme ça qu'elle travaillait, en tant qu'espionne. Elle sursauta cependant une deuxième fois suite a la seconde phrase de l'elfe. Et tourna la tête. A droite. A gauche. Oui, c’était bien a elle qu'elle s'adressait, c’était évident.

    - Oui !

    C’était sa chance ! Le destin, sa bonne étoile, l'avait rattrapé, pour lui permettre de ne finalement pas avoir perdue sa journée ! Merci le destin, louée soit la déesse ! Elle avait tellement crue que...

    - Non ! Enfin oui et non ! Je ne suis pas mercenaire mais je cherche un contrat et...mais venez par ici d'abord ! Ou dehors....non, rah je sais pas ! J'ai jamais fais ça, mon premier contrat ! C'est excitant !

    Elle lui prit gentiment la main et l'attira vers la table ou elle s’était retranchée depuis le début de la matinée. Elle se retourna et la tira après elle. Cette dernière pu mieux voir l'humaine devant elle. Vêtue d'une redingote rouge, ses longs cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules détendue. Elle n’était pas très grande, mais plusieurs traits physiques accrochaient facilement l’œil, notamment ce qu'elle avait directement sous le regard, juste un peu plus bas. De sa stature a sa chute de reins, elle était prodigieuse, s'en était presque suspects.

    - J'ai vraiment cru pendant un instant que j'allais repartir bredouille. Mais vous voilà, installez vous ! Vous voulez boire un coup ? Vous êtes bien pâlichonne.

    Et elle sentait un peu l'alcool, ce qui ne devait absolument pas aider l'elfe. Manque de chance pour elle, les sens prodigieux de l'espionne Reikoise étaient difficiles a berner. Elle contourna la table, sentant les regards sur ses épaules, les deux étaient plutôt canons en fait, sans compter qu'Elia avait cette petite aura de charme séductrice qu'elle alimentait magiquement dans ce genre de circonstance. Déformation professionnelle.

    - Bon en fait je ne suis pas mercenaire. Mais comme je quitte la ville aujourd'hui, je me suis dis que je pouvais probablement faire quelque chose en meme temps, pour en profiter, et me voilà.

    Elle songea soudainement qu'elle ne devait pas etre très compréhensible, et fit un petit sourire génée a l'elfe. Elle poussa un verre d'eau dans sa direction qu'elle venait de sortir de sa gourde. Pas question de consommer dans ce batiment. Avec des boissons venus dont ne sait ou. Ce n'etait pas une auberge.

    - Mais, et vous, vous semblez chercher quelqu'un alors...allez y, si je peux vous aider, dites moi.
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  • Mer 31 Mai - 11:17
    Tout s'était passé d'une rapidité déconcertante. A peine avait elle eu le temps de hausser un sourcil en réponse au compliment de l'étrangère que cette dernière la tirait par le bras pour l'embarquer après elle.
    Si ses réflexes étaient actuellement en sueur au vu de son état quelque peu... altéré, Arahn n'aurait de toute façon pas usé de la moindre botte pour se sortir de l'emprise de l'humaine, après tout il n'y avait rien de mal à se faire traîner par surprise jusqu'à une table pour discuter. Du moins pas lorsque aucun danger ne la menaçait.

    Sa migraine empira.
    Le choc, la valse, la logorrhée ininterrompue de la femme en face d'elle, de même que le brouhaha constant omniprésent à l'intérieur du bâtiment; elle compris que rien ne lui permettrait de se reposer la tête. Arahn adressa à l'inconnue un petit sourire contrit, réfrénant l'envie soudaine de froncer les sourcils sous le coup du mal qui l'accablait. Tout ce vacarme lui fracassait le crâne.
    Quant à cet.. échange, s'il en était, l'elfe s'était faite davantage auditrice et n'avait pas été en mesure de répondre à la moindre phrase. Désormais qu'elle était assise, heureusement à l'écart du peuple, il lui était plus aisé de porter sur sa compagne une attention qui ne pouvait se faire autre que sommaire. Il s'agissait d'une belle femme, avec de magnifiques cheveux, de somptueux atours, et dotée d'une toilette ravissante sans être forcément exubérante, le genre de femme qu'il n'était pas permis d'oublier. Arahn, cependant, ne pouvait se montrer réceptive aux charmes de la beauté qui se tenait devant elle, du moins pas à cet instant.
    Contrairement à l'étrangère, l'elfe se voulait quant à elle d'une discrétion évidente. Ses vêtements pâles avaient été troqués contre tout autre chose, de moins tape-à-l'œil. Ses effets étaient sombres, de quoi passer presque inaperçue. Ses cheveux noirs, pour leur part, demeuraient dissimulés sous le tissu épais d'une capuche couverte de résidus cendreux, à l'instar de ses vêtements, et si elle ne sentait pas mauvais en soi, un léger parfum d'alcool émanait de son pantalon, probablement qu'une lampée de vin s'était déposée là après qu'elle ait renversé une bouteille, un peu plus tôt.
    Cela dit, son air renfrogné et les cernes qui décoraient son regard n'étaient pas suffisants pour laisser croire qu'elle n'était rien de plus qu'une ivrogne mal lotie, son arme et ses bijoux mal masqués pouvaient sans trop de mal renseigner sur quel type d'elfe elle pouvait être réellement. Encore fallait il se montrer observateur, mais Arahn ne douta pas des capacités de l'inconnue qu'elle était naturellement en mesure de deviner.

    Réprimant un soupir de s'extirper d'entre ses lèvres, la jeune femme se rasséréna, s'essayant tant bien que mal à ignorer sa forme toute relative.
    Elle accueilli le verre d'eau avec grand plaisir, quand bien même elle ne le montra pas, mais se refusa d'y toucher. Sa méfiance lui dictait d'attendre un peu avant de s'autoriser ce plaisir.

    Assise moins droite que son interlocutrice, elle se redressa sur elle-même pour paraître moins fatiguée qu'en vérité, puis releva sur la mercenaire deux yeux d'un carmin profondément luisant.

    - Je vous remercie, c'est très aimable. Elle marqua une pause brève, se laissant le temps de la réflexion, avant de poursuivre. Je cherche quelqu'un, en effet. Une personne qui accepterait de me faire quitter Melorn dans les plus brefs délais.Comme pour se justifier, elle ajouta : Je.. ne tiens pas à m'y éterniser.

    Arahn plongea son regard d'une intensité fabuleuse au sein de celui qui siégeait en face d'elle. Elle était pressée, une certitude qui n'échappa certainement pas à l'espionne.

    - Pour votre paiement, je suis prête à offrir tout ce qu'il me reste. Ces quelques babioles -joignant la parole au geste, elle déposa sur la table les quelques objets dont elle était encore en possession- ces pièces d'or, ou même mes bijoux s'il le faut. Je vous préviens cependant que je ne me séparerai pas de ma lance.

    Une personne plus sage, ou infiniment moins expéditive, aurait demandé un prix plutôt que de donner le sien. En étalant toutes ses richesses sur la table, Arahn risquait de perdre gros et de se voir dépossédée de tous ses trésors pour un contrat ridiculement simple. Elle n'avait pas de temps à perdre, il lui fallait s'en aller au plus vite.

    - Je vous laisse faire votre choix, vous pouvez même tout prendre si vous le souhaitez. Je veux pouvoir partir de Melorn dès ce soir au plus tard. La destination importe peu, mais le Reike serait probablement le mieux.

    La détermination qui brûlait dans ses yeux en amande rendait sa beauté plus plaisante encore. Arahn savait ce qu'elle désirait et, en cet instant, fuir la cité était son ambition. Elle ne cilla pas, plongea plus avant encore dans le regard de son interlocutrice en cherchant à déceler le plus infime éclat d'assentiment.

    Au dehors, le soleil artificiel qui brillait très haut annonçait la mi-journée. Il restait du temps à l'elfe pour trouver une personne en mesure de consentir à sa proposition.
    Elle n'aurait su dire pourquoi, mais quelque chose lui indiquait chez l'humaine qu'elle pourrait bien être son homme. Enfin, sa femme.
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  • Jeu 1 Juin - 21:19
    Elle la regarda prendre le verre d'eau et sentit la petite méfiance. Bon, au moins, a défaut d’être totalement sobre, elle parvenait a garder un parti de son esprit éveillé. C’était important. N'importe qui dans ce bâtiment aurait pu essayer de la droguer ou de lui faire un sale coup, et peut etre que certains avaient déjà essayé. Par chance pour l'elfe, ce n’était pas le cas de son interlocutrice, qui était sans aucun doute la personne la plus puissante de la pièce, au moins politiquement parlant. Et pourtant elle ne payait pas de mine.

    - Vous êtes chanceuse alors, tombée sur la bonne personne.

    Elle sourit d'avantage et pour la rassurer quand a la liqueur transparente, elle reprit la gourde et but deux gorgées au goulot, pour montrer qu'il n'y avait rien a craindre sans le préciser. Elle avait l'air sérieuse, elle avait l'air motivé, et les gens motivés avaient généralement des raisons derrière. Si c’était le cas de la jeune femme également, il valait peut être mieux savoir quel était la raison qui l'avait mis dans cet état.

    - Vous venez d'ici ? C'est rare qu'on propose de l'argent a Melorn. Enfin, je suppose qu'un peu plus avec les mercenaires qui ne viennent pas d'ici. Laissez moi deviner, on vous a demander votre lance, c'est pour cela que c'est la première chose que vous me refusez ?

    Elle laissa sa main tranquillement courir sur le bois de la table, l'air songeuse. Elle etait vraiment jolie, et avait cet air millénaire que la plupart des habitants de la cité avaient. La fille en face d'elle avait peut etre déjà vécue huit ou dix fois son nombre d'années, et pourtant elle avait l'air de sortir de ses vingt printemps. Fascinant, comme toujours.

    - Je m'en vais de Melorn. Maintenant en fait. C'est pour ça que je suis la. Je trouvais ça dommage de faire le chemin seule alors que je peux embarquer une personne dans mon sac a dos. Je crois que vous avez le gabarit pour y rentrer, ahah.

    Elle posa les yeux sur la lance en question. Une très belle arme ouvragé, qui n’était pas un lot de série. Clairement c’était sans doute un objet crée par un maitre forgeron, ici ou ailleurs, qui avait vu son lot de combat. Difficile de savoir si c’était vraiment la sienne ou bien un cadeau. Elle avait l'air si jeune...Et pourtant dans son regard intensément bleu, difficile de voir la moindre hésitation.

    - Oubliez l'argent. Je n'en veut pas. Les bijoux non plus. Vous m'avez vu ? Ca ne m'irait absolument pas, ahah.

    Elle tournait autour du pot un peu intentionnellement, histoire de voir les réactions de l'elfe. Si elle était impatiente, du genre a s'agacer rapidement ou a perdre pied, la route ne serait jamais sur. Elle n'avait pas assez l'habitude de l'escorte pour vouloir se mettre un danger dans son angle mort. Elle ne la connaissait pas, après tout.

    - Pourquoi n'importe ou ? C'est assez rare non ? Je veux dire, Melorn est une belle ville, et vous etes prete a ce que je vous conduise a l'aveugle dans un trou mal famé ou vous serez capturer pour vendre votre corps ? Excusez moi, mais je pense que c'est assez dangereux.

    Elle avait l'air un peu naïve, et perdue. Malgré sa beauté, son regard, son charisme, elle faisait l'effet d'une proie facile a l'espionne du Reike. Zephyr n'en aurait fait qu'une bouchée, probablement, si il avait été malhonnêtete. C’était un peu les contours de son travail, au fond.

    - Je ne veux pas votre lance. Je ne veux rien en fait. Je ne suis pas mercenaire. Je suis simple voyageuse. Si le Reike vous convient...Ikusa peut être ? C'est la capitale, et pour dire la vérité, c'est la bas que je me rend moi même.

    Elle croisa les bras en appuyant le dos contre sa chaise. En plus d’être naïve, elle n'avait même pas l'air de bien connaître la géographie. Elles y étaient déjà en fait, au Reike. A moins qu'elle ne fasse partie de ce groupe de gens qui ne supportaient toujours pas le fait que la cité des elfes étaient désormais sous protectorat impérial. Elle n'allait pas trop creusé sur le sujet.

    - Je suis Elia, d'ailleurs. Et si cela vous conviens, je peux être votre guide jusqu'à la capitale.

    Elle sortit délicatement sa main de sous la table, et la tendit a l'elfe avec gentillesse, un sourire sur le visage.
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  • Mar 6 Juin - 22:11
    Rien chez l'humaine ne laissait supposer qu'elle était dangereuse, hormis peut-être sa beauté. S'il était une évidence de ne pas s'abandonner à la perfection, il était tout aussi bienvenu de ne pas offrir sa confiance à quelqu'un en apparence trop bienveillant. Mais après tout, Arahn aurait pu même se méfier d'une sauterelle.
    Elle plissa ses deux yeux d’un rouge incandescent lorsque, face à elle, et ayant certainement deviné sa réserve, l'humaine s'était saisie de sa gourde pour y boire au goulot. Décidément rien ne paraissait lui échapper, à celle-là.
    En réponse au comportement qu'elle venait d’étudier, Arahn s'accorda à l'imitation de son interlocutrice et glissa sa main libre autour du verre qui se trouvait sur la table devant elle, table à laquelle elle était accoudée. Enfin, elle porta à la pulpe charnue de ses lèvres le petit récipient dont le contenu s’évapora promptement.
    Tandis qu'elle terminait son godet, ses yeux rivés sur l'objet lui-même, son interlocutrice posa une question à laquelle Arahn n'était pas certaine de souhaiter apporter détails et précisions, elle savait les informations aussi précieuses que l'or, sinon plus, et n'était pas naïve au point d'être totalement stupide. En reposant sa coupe, son regard se porta sur la femme sise devant elle. Elle s'éclaircit la voix.

    - Mes quelques trésors me viennent d'un héritage dont je ne suis pas encline à me départir, du moins pas en totalité. Les pièces d'or et les babioles qui sont devant vous m'importent peu, mais ma lance est et restera ma propriété. Elle marqua une petite pause, avant de reprendre. On m’a, en effet, demandé ma lance en échange du travail que je propose, plutôt que l’or.

    Arahn raffermit sa prise sur l'arme en question. Elle n'avait eu d'autre choix que de la garder en main au vu de l'attention qu’elle suscitait avec beaucoup trop d’évidence. Il était hors de question de se la faire subtiliser, aussi l'elfe avait placé l'objet contre sa cuisse, bien inclinée, de sorte qu'elle pouvait la tenir devant elle sans pour autant que ses coudes ne quittent la table. Son avant bras droit pendait ainsi entre son buste et la planche en bois qui constituait le meuble.
    L’arme avait une grande valeur, il n’était pas nécessaire d’être issu d’une grande famille de forgerons pour le remarquer. Pourtant, ce n’était pas sa valeur marchande qui importait à Arahn, mais toute la valeur sentimentale qui lui était inhérente.

    Devant la petite remarque pleine de légèreté et d’un brin d’humour de la belle humaine, les lèvres humides de l’elfe maussade s’étirèrent en une bribe de sourire qui fit renaître dans ses yeux, le temps d’un bref instant, une infime lueur de malice. Loin des jours où ses éclats de rire savaient s’élever si fort qu’ils pouvaient animer à eux seuls les rues de Melorn, Elia était tout de même parvenue à lui soutirer quelque chose de ce qu’elle avait pu être par le passé. Une performance louable, et étrange se faisant, mais rien de suffisant.
    Elle ne prit pas la peine de répondre à la boutade, mais fut incapable de masquer sa surprise à l’entente des paroles de la mercenaire. L’argent ne l’intéressait pas ? Rien.. ne l’intéressait ? Elle songea à la phrase que l’humaine ajouta par la suite. Il est vrai que “n’importe où” pouvait mener en des lieux bien plus viciés que ce que pouvait l'être Melorn, mais la remarque ne parût pas décontenancer Arahn, qui y répondit sans attendre.

    - Je n’ai pas le luxe de la patience, à vrai dire. Je n’ai que faire de la destination, je souhaite seulement partir. Mais je ne pensais pas devoir préciser que je souhaite demeurer libre avant, durant et au terme du voyage.

    Étonnement, Arahn se permit un nouveau rictus, différent, bien plus franc, dépositaire d'une tout autre émotion. Il s'agissait d'un sourire entendu, qui renseignait parfaitement de son intention de ne pas se laisser abuser en cas de coup tordu. Sans doute que sa jeunesse suffisait à la faire passer pour une petite chose frêle dépourvue de la plus petite dose de dangerosité, mais Arahn cachait bien son jeu. Elle ajouta autre chose.

    - Votre offre me paraît quelque peu louche, Elia. Melorn est une belle ville pour les gens de passage ou pour ceux dont les yeux ne voient pas au-delà d’une certaine limite, je vous l’accorde, et si c’est votre cas j’en suis très heureuse. Mes raisons ne regardent que moi, sachez simplement que cette cité n’a plus rien à m’apporter.

    Son manque d’expérience et son ignorance crasse du monde n’enlevaient cependant rien à son désir brûlant d’aventure. Arahn était déterminée, une réalité qui transparaissait dans le carmin de son regard ardent. Elle n’avait pas de doute.
    Elle reprit.

    - Comme je vous l’ai dit, je n’ai pas le luxe de la patience. Je trouve étrange de vous voir refuser la moindre rétribution, mais puisque vous êtes la seule qui ne m’ait pas réclamé ma lance… Ikusa me convient si c’est là que vous allez.

    L’elfe tendit le bras droit devant elle pour placer sa main dans le creux de celle qui lui était présentée. Le marché fut conclu par une poignée de mains sincère.
    Peu encline à s’épandre plus que de raison, Arahn se redressa avant de se lever finalement, le mât de son arme toujours emprisonné dans la paume. Elle s'en aida pour quitter son siège, puis récupéra prestement les quelques objets encore présents sur la table. Sûrement ceux-là auraient leur utilité par la suite. Le troc n'était peut-être qu'une particularité de Melorn, mais il était tout à fait concevable de troquer contre un service quelques richesses, même si peu captivantes.

    - Je m'appelle Arahn. Vous m'avez dit être sur le point de partir alors.. je vous suis.

    Quitter la cité, Arahn s'était vue le faire si souvent ces dernières années.. Pourtant, ce songe si lointain était sur le point de se mouvoir en une réalité à ce point palpable que, brièvement, cela en effraya la jeune elfe. Melorn... elle n'avait connu que cette existence. A quoi diable le monde pouvait bien ressembler au dehors ?
    Il lui avait été si simple de renier toute cette entité qui vous l'avait vue naître. La majestueuse Melorn avait observé chaque étape de son évolution, elle l'avait vu grandir, mûrir, avait surpris ses forces, ses faiblesses, s'était faite le témoin de ses premiers rêves, de ses premiers amours...
    Qu'en est-il lorsque le moment vient enfin de concrétiser ce renoncement ?

    Elles désertèrent les lieux côte à côte tandis que le vacarme présent au sein de l'établissement se faisait plus assourdissant encore qu'il ne l'avait été jusqu'alors. Une soudaine envie de tout arrêter naquit au creux de son esprit, si bien qu'elle accorda un dernier regard à chacun des lieux qui avaient si longtemps constitué son foyer.
    Elle réfréna ses sentiments.
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  • Mar 13 Juin - 22:34
    Elia écoutait les réponses les unes a la suite des autres avec une bonhomie contagieuse. Elle avait une vraie joie de vivre qui passait vers sa camarade de table, et peut être bientôt de voyage. Elle l'avait d'ailleurs surprise plusieurs fois déjà a lâcher un petit rictus. C’était un enchaînement de petites victoires qu'elle appréciait.

    - Toute ville a son coté sombre. Je m'y connaît un peu plus que ce que vous pourriez croire, a vrai dire.

    Elle laissa sa phrase en suspend, histoire de ne pas changer l'ambiance. Normal de trouver ça louche, mais en meme temps c'etait la vérité. Qu'elle idée que de demander a une jeune femme comme elle le peu qu'elle avait a offrir ? Les elfes de Melorn avaient généralement une instruction martiale ou bien magique développé, et avec une arme pareille, si elle avait su le chemin a prendre, elle aurait sans doute pu y aller toute seule...

    - Il n'y a aucun soucis de liberté quelconque, je ne vous demande pas de devenir mon esclave pour une semaine de voyage. Je vous propose simplement d’être mon compagnon de route pour aller jusqu'à la capitale. C'est plus amusant que de voyager seule. J'ai beaucoup trop voyagé seule, en fait, a mon goût.

    Il fallait admettre qu'en effet, elle semblait relativement jeune. Mais Elia l’était tout autant. Sur leur propre longévité, difficile de dire laquelle était la plus jeune. Mais aux yeux de la population extérieur, leur petit duo était sans doute la vue d'une proie facile et surtout appétissante. Le voyage n'allait peut être pas être si simple que ça.

    - Enchanté alors ma chère Arahn. J'en déduis que vous ne connaissez pas trop le reste du monde ? Pas de panique, je suis plutôt au fait de la géographie, de mon coté.

    Elle lui serra volonté la main d'une main ferme, mais a la peau douce et au contract clairement féminin, avant de sauter sur ses jambes. L'elfe avait hate de partir, et l'humaine aurait du avoir quitté la ville avant l'aube, mais son habitude a changer d'avis et vouloir chercher des curiosités l'avait amené a rencontrer sa nouvelle connaissance.

    - Vous savez, le sekai n'est pas si grand, vous pourrez toujours revenir. Il n'y a que quelque jours de voyage a dos de monture, depuis Ikusa.

    Elle avait remarqué les regards qu'Arahn lançait ici et la a mesure qu'elles approchaient la sortie, puis une fois dehors. Elle avait eu exactement les memes en quittant Ikusa pour la premiere fois, lors de sa toute première mission. Elle n'etait pas triste, mais avait eu le sentiment de laisser une partie d'elle même derrière. Peut etre que c’était la même chose pour la lanciere.

    Alors que dehors il faisait déjà bon, elle constata qu'elles etaient véritablement le centre d'attention de plusieurs mercenaires, tous des hommes. Elle lança un regard noir au premier dont elle croisa les yeux, et accelera le pas, pour éviter d'avoir une sale envie de sauter sur l'un de ses porcs pour lui crever les yeux.

    - Ca leur plait a ces batards.

    Elle avait murmuré ça dans sa barbe d'une voix qui ne laissait que peu de place a l'imagination de ce qu'elle pouvait bien penser de cette attitude. Bah, ca leur passerait, et quand ils ne seraient plus dans son champ de vision, ca lui passerait a elle aussi.

    - Oh, au fait, vous avez une monture ? Sinon, on peut soit en louer une ou alors monter a deux sur mon cheval. Enfin, on ne pourra pas lui rajouter beaucoup d'affaire, je ne sais pas avec quoi vous comptez voyager.

    Elle sifflota, une fois proche de l'endroit ou Bilim, le bel etalon noir qui l'avait accompagné durant tout ses voyages jusque la, etait attaché. Il leva paisiblement la tete vers elles, avant de retourner a son foin. Il avait deux sacs accrochés a la selle. Elle ne semblait pas voyager chargé.

    - Ils font surtout du troc ici, mais je dois bien avoir un truc a échanger contre un cheval si vous préférez.

    Il etait bientôt l'heure de partir.
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  • Mer 14 Juin - 18:49
    Elle lui avait donc serré la main et ne s'était pas faite prier pour partir. En effet, Melorn lui manquerait, d'une certaine manière.. d'un autre côté pas plus que de raison.
    Ce qui éveillerait en elle de la nostalgie était ce qui lui manquait déjà : la chaleur d'un foyer bienveillant et les histoires contées tout près du feu. Les rires des siens, plus que le ciel factice d'une cité qu'elle abhorrait depuis de trop nombreuses années déjà.

    A dire vrai, Arahn s'était imaginée devoir passer des journées entières à voyager. Son ignorance était telle qu'elle s'était attendue à prendre la mer, tandis qu'aucun océan, par nul horizon, ne bordait l'immense Melorn. La jeune femme fut presque déçue lorsque, après avoir marché quelque instant, les deux aventurières approchèrent d'un semblant d'écurie. Il s'agissait davantage d'un coin à l'ombre muni d'un abri ridicule, d'un peu d'eau et de foin, et qui abritait trois chevaux, que d'un navire magnifique aux mâts et aux voiles sans fin.
    Le choix lui parut manquer.

    Arahn n'avait jamais pratiqué l'équitation, au grand désespoir de son père.
    Qu'elle ait compris dès l'enfance qu'une monture était essentielle à la découverte du monde ne l'encouragea pas à l'amour des chevaux. Elle débordait d'admiration pour bon nombre d'animaux, appréciait certains spécimens plus que d'autres, mais elle ne s'était pas attardée à l'étude de l'équitation car cette pratique ne s'était faite ni nécessaire ni spécialement attrayante. Plus jeune, cependant, Arahn s'était représentée ce que pouvait être de monter un griffon, ou un kirin, deux créatures sublimes dont l'amitié relevait plus du rêve que de la réalité. Lors d'une énième tentative de la part de Lehrenn pour faire naître chez sa fille l'envie de grimper sur un poney, cette dernière avait refusé en grognant qu'elle n'accepterait pas de céder tant qu'il ne s'agirait pas d'une entité légendaire. Si la fortune des Ja'raï-Dihn leur aurait permis d'offrir ce qu'elle souhaitait à leur enfant, ils préférèrent simplement ne pas forcer la main à la petite elfe.
    Elle regrettait à présent de ne pas s'être intéressée plus tôt à cette discipline.

    Arahn s'arrêta à plus de deux mètres de l'animal. Elle le jaugea brièvement, stupéfaite par sa taille. Il ne s'agissait pas du plus grand des chevaux, mais l'étalon était magnifique, semblait robuste et fiable. Tout étonnement passé, cependant, c'était sûrement la gêne quant à l'éventualité de chevaucher cette bête qui poussa la jeune femme à ne pas s'avancer davantage.
    Elle déglutit. La perspective de se trouver sur le dos du noiraud n'avait à ses yeux rien de sincèrement rassurant.

    L'elfe se rasséréna, s'éclaircit la gorge et fit quelques pas en avant jusqu'à se retrouver sur le flanc de la bête. Sans trahir le moindre sentiment d'inconfort, Arahn posa sa main sur le pelage brillant de l'étalon, un geste facile, qu'elle n'eut aucun mal à mener. Flatter l'animal la rassurerait peut-être.

    - Je suis surprise, je m'attendais presque à vous voir chevaucher une licorne.

    Son regard passa de la bête à l'humaine avant qu'un léger sourire rieur ne fit s'étirer la commissure de ses lèvres en un sourire narquois. Elle la charriait, quoique.. Elia était trop parfaite pour n'être qu'une humble voyageuse, les effets néfastes de l'alcool ne s'étaient pas montrés suffisants pour lui faire perdre son talent d'observation. Elle ne désirait rien en paiement d'une tâche qui, si elle demeurait simple, méritait salaire, était singulièrement vêtue, n'était couverte d'aucune crasse. Il n'était pas question d'une simple vagabonde, mais si Arahn remarqua sans mal que sa compagne d'alors cachait davantage qu'elle n'en montrait, elle ne s'aventura pas à d'inutiles questionnements.

    - Il est magnifique. son regard reporté sur la bête, elle flattait de sa main libre le crin de l'animal, émerveillée par les reflets qui couraient sur sa robe de jais. Je ne doute pas qu'il soit capable de nous transporter toutes deux sur de nombreuses lieues, cependant, je préfère ne pas le fatiguer inutilement.

    Arahn n'était pas pressée de rejoindre Ikusa, elle n'envisageait pas ce voyage comme une corvée, bien au contraire. Il n'était urgent pour elle que de quitter la cité.
    Sans attendre la moindre réponse de la part de l'humaine, l'elfe recula avant de se diriger cette fois près du maître d'écuries, ou tout du moins, de la personne qui paraissait s'occuper des chevaux. Trop loin d'Elia pour qu'elle puisse entendre l'échange qui s'opérait plus loin, il ne fut possible que d'observer Arahn détacher de son cou l'un des deux colliers qui y siégeaient, savamment dissimulés sous ses fripes. Elle n'eut pas besoin de découvrir sa tête, si bien que le tissu de sa capuche sombre put rester bien en place. Elle offrit son bijou en contrepartie d'un cheval robuste, mais banal. Une créature un peu bête mais docile qui avait été abandonnée là par un aventurier intrépide, et sot, sûrement mort d'après le palefrenier.
    Le vieil homme s'éloigna soudainement, mais pas avant d'avoir accepté l'offre qui lui était proposée. Lorsqu'il revint, ce fut accompagné d'un étalon à la robe isabelle, quoiqu'un brin fumée.
    Sur le dos tout en muscles de la créature avait été laissés les affaires du précédent propriétaire. Deux sacoches se balançaient lâchement sur la croupe du cheval, vides. L'humain tendit à peine le bras une fois qu'il fut à la hauteur d'Arahn.
    C'est ainsi que lui fut remise sa toute première monture.

    Arahn stoppa la monture devant elle, la contourna sans lâcher les rênes, puis détacha les deux petits sacs qui pendaient si misérablement.
    Le cuir était déchiré à de nombreux endroits et plus rien de bien ne pouvait être tiré du tout. Elle les rendit au palefrenier qui les accepta sans trop savoir quoi en faire. La selle était dans un état minable, mais l'apparence générale du bourrin, ainsi que les affaires qui l'accompagnaient, justifiaient de son si faible prix. Il n'était pas question de s'en plaindre, même si l'odeur qui se dégageait du canasson était infâme.
    L'elfe grimaça lorsque son nez ne fut plus qu'à quelques centimètres du pelage sale de la bête, alors qu'elle attachait son propre sac à la place des précédents.

    Elia devait être prête, très certainement depuis leur arrivée près de cette.. soue.
    Le gros étalon ne payait pas de mine à côté de Bilim, mais il suffirait pour le voyage, Arahn n'avait de toute manière pas prévu de s'encombrer d'un cheval après son entrée à Ikusa. L'avenir dirait si son nouveau compagnon resterait à son côté ou s'il serait revendu par la suite.
    S'il pouvait valoir quelque chose...

    L'elfe revint, les traits neutres. Elle enfourcha son cheval avec un certain manque d'aisance et constata immédiatement que son siège allait lui faner le derrière.
    Entre temps, un vêtement plus chaud avait été sorti de son bagage. Elle l'avait simplement posé sur ses genoux en montant sur son "cheval-sans-nom". Il lui serait nécessaire une fois qu'elles sortiraient de la ville.
    L'elfe attendit qu'Elia grimpe sur son magnifique destrier avant d'entamer de se diriger avec elle vers les portes de la cité.

    Les deux femmes évoluèrent au pas dans les rues animées de Melorn. Les passants s'écartaient tranquillement chaque fois qu'elles parvenaient à leur hauteur. Bientôt, elles furent toutes deux à la terminaison d'un grand boulevard, celui-là même qui les conduirait au dehors du dôme printanier. Arahn jeta un unique regard par dessus son épaule, et accepta son destin.

    Elia les guida consciencieusement par les chemins les plus sûrs, ce qui indiquait qu'il ne s'agissait pas de sa première fois sur ces terres. Le froid ne semblait pas l'effrayer, ni même la ralentir. Elle avançait calmement, sans se presser, et indiquait à chaque passage dangereux la marche à suivre si cela s'avérait nécessaire.
    Aux prémices de leur périple, la lancière ne se montra pas très bavarde, voire pas du tout. Ce ne fut qu'après quelques heures qu'elle s'autorisa à abandonner son éternelle morosité de sorte à pouvoir répondre aux brèves tentatives de la belle humaine.
    La gueule de bois était passée, mais un autre mal l'assaillait désormais, un mal niché sous son séant qui la compressait à cet endroit et lui broyait le bas du dos.

    Il serait bientôt temps de poser le camp.

    - Hm.. que diriez-vous de faire une halte ? Nous chevauchons depuis plusieurs heures. Le soleil se couche, nous ferions bien de trouver un endroit où passer la nuit à l'abri du vent et de la neige.

    L'elfe mit pied à terre. Elle indiqua du doigt un renfort dans la roche d'une portion de la montagne qu'elles longeaient depuis quelques temps, située au sud de leur point de départ.
    Les vêtements chauds qu'elle avait enfilés avant de partir ne suffiraient pas sans feu. La chaleur des flammes serait bienvenue par ce temps..

    Arahn marmonna, la brise plus violente et glacée qu'auparavant. Elle n'était décidemment pas faite pour ce genre de températures...
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  • Dim 18 Juin - 13:26
    Elia s’arrêta sur le coté, déjà occupé a autre chose, mais remarqua facilement du coin de l’œil les réactions de la jeune elfe vis a vis de la monture. Bilim était une magnifique créature, mais qui était bien plus impressionnant de visuel que son caractère ne l’était au final. Il était généralement calme et écoutait avec attention ce qu'Elia lui disait. Elle avait utilisé des méthodes d'élevages reikoise apprise de sa mère, avec lui, qui avait fait en sorte de modeler la créature pour être obéissante et aimante. Les équidés, et plus particulièrement les chevaux, étaient des animaux vivants en troupeaux. Elia était son chef.

    - On dirait qu'il vous a tapé dans l’œil. Bilim fait cet effet a pas mal de gens. Mais désolé, c'est mon Bilim a moi.

    Elle s'approcha du cheval et lui flatta l'encolure avant de continuer a regarder l'elfe agir du coin de l’œil. Elle s'éloigna vers le gérant du lieu, qui n’était pas terrible pour Melorn, mais bien mieux qu'une grande majorité des lieux similaires qu'on trouvait au Reike, notamment dans le désert. Si elle trouvait ça médiocre, elle allait avoir du mal avec de nombreux lieux pauvres dans le désert.

    Le duo se mit en route sans chichi supplémentaire. Elia avait coiffé un chapeau. Et si il faisait frais dans cette partie du nord, elle semblait totalement a son aise. Elle craignait la chaleur, bientôt le désert. Mais elle avait sa tenue spéciale confectionné par Cyradil, dans l'un des sacs attachés a son étalon. Lui prodiguant du froid et calmant ainsi la transpiration

    L'elfe n'etait pas bavarde mais ca ne changeait pas de ce qu'elle avait cru comprendre jusque la. Elle etait curieuse de plusieurs choses, mais n'avait pas envie d'indisposer sa camarade, qu'elle etait déjà du genre a surnommé « son amie ». Elle n'en avait pas trente six mille a vrai dire, des amis, une poignée tout au plus, la faute a la façon qu'elle avait de vivre sa vie.

    - Hum ?

    Elle sursauta presque quand Arhan la sortie de ses songes. Faire une pause, déjà ? Depuis combien de temps étaient elles en route ? Elle tourna la tête vers l'elfe en souriant, l'air un peu désolée de s’être laissé perdre par l'habitude de sa solitude. Elle n'aurait même pas fait de pause, seule. Bilim pouvait voyagé sans interruption plusieurs jours, et elle avait l'habitude de dormir en selle. Même si c’était plus dangereux sur cette route, dans la neige, que vers celle de Liberty.

    - Oh oui, si vous voulez on peut s’arrêter. Vous avez l'air d'avoir assez froid.

    Elle approcha sa monture de celle de l'elfe, et posa la main sur son épaule en la frottant énergiquement pour la réchauffer. Elle sauta ensuite de sa monture et posa les yeux sur l'ouverture dans la roche qu'elle venait de se faire indiquer. Elle avait sentit avec ses sens sur développés l'odeur de la roche effrité qui indiquait une ouverture. Mais pas d'odeur animale, elle etait inoccupée, alors elle hocha la tête :

    - Il y a l'odeur du bois plus loin, on est pas loin d'un endroit pour récupérer de quoi faire un feu. Je vais m'en occuper.

    Elle laissa Bilim entrée et lui lâcha une poignée de foin sortit d'un sac prévu pour. Difficile de manger de l'herbe par ici. Puis elle s’éclipsa un petit moment, une bonne vingtaine de minutes. Elle en profita pour souffler un peu. En plus d’être jolie, l'elfe sentait bon, et pour un nez aussi affûté qu'Elia, couplé a son habitude pour être un cœur d’artichaut devant une jolie jeune femme, c’était potentiellement compliqué pour son petit cœur. Mais c’était une grande fille, elle allait s'en remettre.

    - Me revoila !

    Elle laissa tomber sa récolte sur le sol, la ou la roche etait seche, et approcha des sacoches de vivre pour sortir de quoi se faire un bon repas :

    - Désolée, je suis pas une chasseuse. J'ai jamais été douée pour la chasse. Alors ce sera des trucs comme ça.

    Elle déposa dans une coupelle de bois des morceaux de viandes séchés, du fromage, du pain prit le matin a Melorn, et des fruits. Elle avait également de quoi faire chauffer de l'eau, avec de la neige fondue, un petit pot avec une rune de feu prévue a cet effet.

    - Un thé aussi, ca vous dit ?

    Elle s'occupa ensuite d'allumer le feu si ce n’était pas déjà fait,, utilisant d'autres ustensile. Elle avait tout un équipement qui montrait qu'elle voyageait régulièrement. Et elle ne le savait pas encore, mais ça allait être de plus en plus fréquent.

    - Et si on faisait plus ample connaissance, en attendant ? Le voyage, c'est aussi fait pour se découvrir !

    Elle lui offrit un sourire éclatant avant d'ajouter :

    - Pourquoi vous aviez l'air aussi pressée de partir ? Je dois m'attendre a avoir une demi douzaine de chasseurs a nos trousses ?

    Les pieds dans le plat direct, mais toujours avec ce petit sourire en coin qu'elle ne lachait que rarement, sa joie de vivre proéminente.
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  • Lun 19 Juin - 14:49
    Arahn avait attendu en s'occupant des chevaux, ou tout du moins, du sien. Bilim semblait d'un naturel calme, au tempérament sûr, comme l'était certainement sa cavalière. Une évidence qui ne s'appliquait pas à Cheval-sans-nom; il n'apparaissait pas aimer le froid ou le vent, ainsi que le son que ce dernier produisait en soufflant comme il le faisait contre les branches des arbres morts avoisinants. L'elfe se laissa aller à flatter l'animal pour le rassurer, pour le guider vers l'apaisement. Si elle était effectivement accompagnée, l'être concrètement, par une créature qui lui appartenait, qui dépendait d'elle, c'était autre chose. Avoir chevauché pendant des heures, mal assise certes, mais en sureté sur le dos de son désormais cheval, ce n'était pas rien pour une femme comme elle qui n'était plus l'amie ou la famille de personne.
    Elle se surpris à apprécier la bête, pourtant qu'elle n'était à son côté que depuis peu de temps.

    Ainsi, la lancière laissa Elia vaquer à de nombreuses tâches, pas très certaine d'être indispensable en vérité. Elia lui donna l'impression d'agir par automatisme. Et les gestes dénués de toute hésitation qu'elle enchaînait si machinalement attestèrent à Arahn du fait que sa coéquipière n'en était pas à son premier voyage. Elle l'observa donc sans mot dire, exécutant ce qu'elle était en mesure de faire sans jamais se retrouver dans les pattes de son binôme afin de ne pas la gêner.
    La chasse n'était pas l'une des disciplines que l'elfe maîtrisait le mieux, sa mère l'avait emmenée débusquer le gibier à quelques reprises, pour transmettre ce qu'elle savait à sa fille, mais tuer n'avait jamais eu rien d'attrayant à ses yeux. Le plus souvent, Arahn s'était contentée d'observer son parent. Elle gardait un très mauvais souvenir de la seule fois où elle avait dû donner la mort et les leçons avaient alors trouvé leur terme. Si elle n'était pas traumatisée, la chose ne lui avait pas été plaisante pour autant car ôter la vie de cette manière n'avait rien de particulièrement noble. Elle n'hésiterait pas à y recourir s'il le fallait, mais ce n'était à ses yeux qu'une nécessité en cas de coup dur, rien de plus. Arahn remerciait sa mère pour ses leçons, mais elle ne s'y arrêterait qu'en cas de réel besoin; cela n'avait pas été le cas.
    Pour cette raison, la jeune femme n'évoqua pas ses talents de chasseuse, garda pour elle cette information et écouta son interlocutrice.

    Lorsque Elia demanda pour le thé, Arahn acquiesça légèrement d'un simple hochement de la tête, ce voyage prenait des airs de promenade de santé.

    Ses deux mains au dessus du feu, la lancière se perdit un instant dans ses pensées tandis qu'elle tentait de se réchauffer. La brûlure sur ses paumes des flammes qui lui léchaient les doigts ne parût pas la bouleverser, et lorsque enfin son corps fut revigoré par la chaleur qui se dégageait du brasier, Arahn se découvrit la tête, mettant à nu toutes les singularités de son visage.
    Bien que le tissu ne dissimula jamais parfaitement les marques qui lui couraient sur la peau, d'être retiré permis à ces dernières d'être valorisées avec bien plus d'intensité. Elia put constater les sortes de cicatrices qui glissaient le long des joues de sa camarade jusqu'à disparaître sous le reste de ses vêtements. Elle était couverte de ces inscriptions, et il était désormais possible d'en prendre pleinement la mesure.

    Sans prendre conscience de ce petit détail qui à lui seul pouvait attiser la contrariété d'autrui, Arahn replaça ses mains au dessus des bûches incandescentes qui crépitaient bruyamment. Son regard rougeoyant ne quitta pas la danse du feu avant qu'Elia ne propose de devenir plus intime.
    Ce n'est pas ce qu'Arahn avait imaginé. Elle s'était représenté son départ comme une aventure simple et rapide, qui n'aurait pas demandé à ce qu'elle s'ouvre à quiconque. Malheureusement pour elle, il était nécessaire d'être franche à présent que la question avait été posée.
    Alors, elle ouvrit la bouche, la referma, hésita un instant avant de soupirer. Elle ferma les yeux et, lorsqu'elle les rouvrit enfin, ce fut sur l'humaine cette fois que son regard se posa.

    - Je... me dois d'être honnête avec vous, comment ne pas l'être alors que vous avez accepté de me guider sans rétribution aucune ? Elle laissa échapper une seconde exhalation, plus qu'infime, avant de poursuivre. A franchement parler, je n'en sais rien.

    La jeune femme cru surprendre un haussement bref de sourcils chez sa compagne, comme si cette bribe d'information ne s'était pas montrée suffisante. Devait-elle réellement lui parler de ce qui la menait au dehors de Melorn ? A quitter sa ville natale ? Devait-elle se montrer précise ? Ne devait-elle évoquer que les grandes lignes ? Son évidente probité la poussa à offrir davantage de renseignements.

    - Comme je l'ai peut-être déjà évoqué, rien ne me retient à Melorn. Disons que.. que j'y ai tout perdu et que je ne souhaite pas ni y rester, ni y retourner, ou pas maintenant. Cela dit, je crois qu'il vaut mieux pour vous que je vous dise qu'une personne est sans doute responsable, et qu'elle cherchera possiblement à finir le travail. Je suis.. navrée, de ne pas avoir abordé ce sujet plus tôt, je comprendrais que vous ne souhaitiez pas m'aider plus avant

    La lancière baissa les yeux, coupable. Elle posa son regard sur sa lance, cette fois-ci, et ce simple geste lui permis de se rasséréner. Il était hors de question pour elle de rester ou de retourner à Melorn, en effet, mais Arahn se garda bien de dire pourquoi. Sa survie était nécessaire, pour le moment, jusqu'à ce qu'elle grandisse, évolue et s'améliore. Son objectif se fit soudain clair dans son esprit, elle devait apprendre, trouver un maître, parfaire les compétences martiales qui lui avaient été inculquées, obtenir le concours d'un être capable de la guider vers une amélioration certaine et maîtriser ses nouveaux pouvoirs. Lorsque ce serait fait, rien ne l'empêcherait de repartir pour la cité Elfique et de traquer cette mystérieuse entité qui avait causé tant d'horreurs.

    Relevant les yeux, déterminée et les sourcils froncés, elle ajouta :

    - Mais j'ai vraiment besoin de vous. Je manque cruellement de connaissances sur le reste du monde et je ne suis pas certaine d'atteindre la moindre cité sans me perdre. Malgré votre apparente jeunesse, vous être sûre de vous et vos gestes prouvent que vous connaissez ces terres. Je ne vous demande que de m'emmener dans une grande ville, pas de combattre à mes côtés si cela s'avère nécessaire
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  • Mer 21 Juin - 12:06
    Elle avait remarqué très légèrement a la base, mais cette fois, les bases étaient parfaitement visibles. Elle avait vu entière sur toute les cicatrices que l'elfe arborait. Elle ne regarda pas fixement. Elle etait parfaitement bien placé pour savoir qu'on avait généralement pas envie d'en parler. Elle meme n'avait pas moins de blessures sur tous le corps, mais a son avantage, ce n’était pas apparent sur son visage ou ses mains. Et pour le reste, elle portait des lotions pour rendre sa peau immaculé a l'oeil nu. Elle n'allait certainement pas lui jeter la pierre. En revanche, l'elfe semblait n'avoir aucun repére, aucune idée d’où elle allait et ce qu'elle allait faire. Elle était plongée dans la solitude.

    Elle resta silencieuse un moment, la laissant parler, puis même après qu'elle eu terminée, ne reprenant pas directement la parole. Une fuite, comme ca arrivait souvent. Une personne. Encore un homme sans doute, ils étaient ridiculement prévisible. Cette,soif de soumission qu'ils avaient naturellement, elle ne l'avait vu quasiment que chez eux. Sans doute une histoire d'éducation, elle ne pouvait pas croire que c’était vraiment encré ainsi en eux, n'est ce pas ?

    - Hé. Arahn.

    Elle avait posée la tasse qu'elle etait en train de remplir d'eau pour le thé et se pencha tranquillement au dessus du feu vers elle, tendant le bras doucement vers son visage. Et d'un petit coup sec, le bras jaillissant comme un serpent, d'une façon que quelqu'un de non entraîné n'aurait pas pu réalisé, elle lui mit une pichenette sévère sur le front, histoire de lui remettre un peu les idées en place.

    - Tu vas arrêter de dire des conneries, jolie fleur ? Je ne vais pas te laisser sur le bord de la route.

    C’était même le contraire. L'elfe ne pouvait sans doute pas s'en douter, mais elle avait plus motivé Elia a rester que lui avait fait peur. Elle avait bien envie de trouver le type et de l'exploser maintenant. Elle revint a sa place initiale et reprit délicatement le gobelet de bois comme si rien ne venait de se passer et sourit :

    - J'ai peut être l'air d'une fille bizarre qui vagabonde, mais c'est pas le cas. Enfin, pour le vagabondage. Bizarre, c'est ptet le cas.

    Elle gloussa légèrement de sa voix douce, et fit attention a ne pas involontairement laisser partir sa magie de séduction. C’était tellement habituel que parfois elle laissait échapper plus qu'elle ne l'aurait voulue. Ca ne changeait pas la situation. Elle touilla délicatement les herbes au fond de l'eau chaude, avec la main experte de celle qui se fait souvent du thé par ce procédé. Elle aimait bien ça, durant les voyages, alors qu'elle n'en buvait jamais chez elle.

    - Je n'ai peur de personne. Pas même de toi. Je suis plus forte que toi.

    Elle avait dit ça sur un ton confiant, car confiante elle l’était, peut être même trop, mais elle avait été éduqué par le feu du Reike, sa vie entière avait été un long apprentissage des arts de la guerre et de la mort. De la séduction et de la tromperie. Tout ce qu'elle n’était pas naturellement. Le fait qu'elle ne payait pas de mine, c’était fait volontairement. Si elle s’était déshabillée et avait révélé sa musculature, dissimulé sciemment sous des vêtements ample, elle n'aurait pas donné la même impression a ses interlocuteurs. Ce qui aurait été un problème.

    - J'ai dis que j'allais vou...te guider, et je vais le faire. Mais j'ai envie de t'aider, maintenant. Tu n'as absolument nulle part ou aller, même a Ikusa, n'est ce pas ?

    C’était juste une question comme ça, même si elle avait déjà une idée de la suite qu'elle avait envie de lui proposer. Pour l'instant en tout cas. Elle retira les herbes du fond de la tasse et lui tendit le breuvage sentant les épices et l'abricot. Elle avait acheté ça avant de partir d'Ikusa, il etait temps qu'elle rentre, elle n'en avait quasiment plus.

    - C'est qui cette personne ? Pas besoin de details si tu n'as pas envie. Juste, une seule personne, un groupe ? Un guerrier ? Quelqu'un de fort ?

    Bon, ca demandait un peu de détails quand même, au final, mais elle était curieuse de nature. Et sa proximité donnait généralement confiance au gens et du baume au cœur, en plus de sa beauté, sa joie de vivre et sa simplicité. Elle disait ce qu'elle pensait, en générale.

    Pas très intelligent pour une espionne...
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  • Mer 21 Juin - 17:25
    La familiarité soudaine de la belle humaine ne décontenança pas l'elfe assise devant elle. La pichenette, en revanche, suffit à surprendre Arahn qui ne se contenta cela dit que d'opérer en réponse un mouvement de recul presque imperceptible, quant à lui suivi d'un haussement de sourcils somme toute évident face à pareil comportement. Elia semblait trahir de fortes émotions, ce qui n'était effectivement pas une conduite bienvenue lorsque l'on s'avérait être une espionne. La chose n'avait cependant pas d'importance, Arahn n'était pas au fait de ce petit détail.

    Aussi la lancière se contenta t elle d'observer son interlocutrice, pas certaine d'être en capacité de déduire à qui elle pouvait réellement avoir affaire. Avait-elle pour compagnie une femme naturellement bien trop protectrice ? Sinon une dangereuse enfant à peine en mesure de contrôler ses sentiments ? Dans les deux cas, l'humaine lui apparut, peut-être naïvement, comme un être tout simplement sympathique qui prenait, étrangement, des airs d'amie de longue date. Une chose étonnante, pour elle qui ne voulait plus entretenir de rapport avec quiconque. Sans doute quelque chose chez cette femme rappelait à Arahn sa vie d'antan, à une époque où tout allait bien, et où il était coutume de s'inquiéter pour les gens que l'on appréciait. Elia fleurait ce passé si peu lointain, pour une raison que l'elfe ne parvenait à s'expliquer.
    D'un côté, son esprit l'enjoignait à accorder sa confiance, tandis que d'un autre son corps tout entier lui criait de se méfier d'une personne à ce point capable de s'attirer l'amitié, l'appréciation ou, toute émotion positive, si rapidement, de la part d'inconnus.
    Louche.

    Fallait il suivre sa raison ou son cœur ?
    Arahn ne put seulement envisager d'y répondre.

    Encore jeune et déboussolée par son départ, l'elfe se confia, probablement car parler apaise. Elle n'avait eu aucune intention de le faire. Pourquoi lui était-il si simple d'offrir sa foi ? Au fond d'elle, Arahn savait qu'Elia n'était pas responsable de cela, et que seul son épuisement était la cause des paroles qu'elle laissa couler comme l'eau qui se répand au dehors d'un vase brisé.

    - Je.. merci. J'avoue que je n'arriverai pas à m'y retrouver seule...

    Elle était perdue, certes, mais qui ne l'aurait pas été dans sa situation ?
    A moins de n'avoir aucunes peurs, était-il si étonnant qu'une jeune personne, même âgée de plus de deux cents ans, ne se retrouve à ce point larguée comme elle l'était à l'instant ?

    L'elfe ne tiqua pas sur la remarque de l'humaine. Arahn n'avait pas douté un seul instant de la force de son improbable binôme. Toutefois, si Elia parvenait à cacher son jeu d'une perfection effarante, c'était également le cas de la lancière qu'elle se jurait de guider hors d'ici. Au delà des cicatrices à la fois étonnantes et singulières se cachait sous les guenilles de la belle une forme physique olympique qu'elle avait cultivée toute sa vie. Manier la lance avait fait d'elle une sportive invétérée à la musculature forcément développée. Il fallait autant de force que d'habileté pour manier pareille arme, si bien qu'Arahn se trouvait certainement plus athlétique que ne l'était sa comparse. Ses nombreux efforts n'en avaient pas fait une femme à la silhouette masculine, mais elle avait tout sauf de la jeunette frêle qu'autrui pensait trop souvent à tort observer.

    A dire vrai, la volonté d'Arahn de décupler ses capacités pourtant déjà bien avancées ne découlaient que de son ignorance quant à la menace qui pesait sur elle. Se battre contre une personne seule était une chose, mais s'il s'agissait plutôt d'un groupe, le combat deviendrait inévitablement plus compliqué. Elia posait une question dont personne n'avait la réponse sinon la ou les entités qui étaient à l'œuvre.
    L'elfe grimaça.

    - En fait.. je n'en sais rien. J'aimerais pouvoir dire s'il s'agit d'une personne, de plusieurs, d'un homme ou d'un elfe, ou de je ne sais quoi... mais la vérité c'est que je n'en sais rien. Ce devrait pouvoir se déduire mais..

    Mais pour cela, il faudrait donner davantage d'informations encore. Une chose que la Melornoise n'était pas certaine de souhaiter concéder. Se départir de nouveaux renseignements pourrait soit lui porter préjudice à l'avenir, ou tout au contraire s'avérer bénéfique, le fait est qu'elle n'en savait rien et que cette absence se certitude rendait la décision impossible.

    Nerveusement, Arahn jeta un coup d'œil sur le côté. Elle n'y décela que l'obscurité fascinante de la caverne qui les abritait toutes deux.
    Etait-il seulement possible de déterminer qui lui en voulait ? Après tout, désormais qu'elle avait quitté Melorn peut-être le responsable se désintéresserait il d'elle...
    Quelqu'un de bien avisé lui aurait sûrement conseillé de se faire oublier ailleurs, loin d'ici, et d'effacer son ancienne vie pour en recommencer une nouvelle.
    Cette simple idée poussa les muscles de la jeune femme à se tendre. Une mèche ébène de la longue crinière d'Arahn glissa de son oreille pour venir lui barrer la vue avant d'être replacée d'un mouvement de la main à l'endroit exact qu'elle avait quitté.

    Son regard s'attarda un instant sur le feu qui dansait devant elles, magnifique spectacle vermeil qui reflétait quelques lueurs orangées dans les yeux rouges d'Arahn. Le silence pesa, brièvement certes, mais il fut si dense que la jeune femme se coupa le temps d'une minute de tout ce qui se trouvait autour d'elle. Lorsqu'elle releva la tête, des souvenirs plein l'esprit, son regard avait changé de couleur et la teinte si spécifique de ses yeux sang s'était muée en la profondeur d'un noir capable d'anéantir même les plus brillants rayons solaires.

    - Je ne sais pas de qui ou de quoi il s'agit. Mais s'il cherche à me retrouver alors je l'attends.

    A mesure que les réminiscences refaisaient surface, les doigts d'Arahn adoptèrent une teinte de la même intensité que celle qui tapissait désormais ses yeux. La peau de ses doigts noircit, elle pâlit à d'autres endroits.
    Et soudainement, plus rien.
    Les ténèbres reculèrent plus vite qu'elles n'étaient apparues. Seule la détermination persista.
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  • Sam 24 Juin - 0:00
    Elia resta silencieuse, décidant de la laisser parler. Il y avait des moments ou il fallait parler, et d'autres ou se taire. Elle avait obtenue avec une facilitée déconcertante que l'elfe commence a entrouvrir les lèvres. Comparé a toute la journée, c’était plus qu'une reussite. Elia etait du genre émotive, et pourtant elle contrôlait tout ça, quand elle travaillait, a la perfection. C'etait ce qu'avait voulu lui inculquer sa mère, avec de la réussite. Elle n'avait pas gravit aussi aisément les échelons, en réussissant toute ses missions jusque la, pour rien.

    Entre deux phrases de l'elfe, elle lui confia un peu de la viande séchée et du fromage qu'elle avait en réserve. A leur vitesse, elles allaient croiser un village rapidement pour se ravitailler. Et elle aurait plus  de faciliter dans des villages acceptant plus d'argent qu'a Melorn qui était toujours basé sur le troc.

    Elle pencha légèrement la tête, l'observant fixement avec l'intensité d'une femme qui a l'habitude d'observer les gens. Elle sentait d'une part sa rage, et de l'autre sa peur. La colère contre une entité difficile a cerner, dangereuse, qui lui avait tout prit. La peur de quitter ce qu'elle avait toujours connue pour un monde totalement nouveau, gigantesque, difficile a cerner, loin de tout ce qui avait fait d'elle, elle.

    - Ca va aller.

    Elle redressa le buste, après avoir pu observer d'assez prêt l'elfe. Elle avait dit ça d'une voix plus douce, en observant le feu crépiter faiblement, ayant du mal a vraiment prendre a cause de l'humidité de l’abri et du bois qu'elle avait ramené. Difficile quand tout tait recouvert de neige, même a cette période de l'année. Enfin, plus ça avançait, et plus elles approcheraient rapidement de la fin de la neige pour l'enfer du désert. Elle n’était pas sur de préférer, bien au contraire.

    - Cette lance elle n'est pas la pour faire jolie, non ?

    Elle leva le pied, et poussa très légèrement l'objet, sans vraiment le faire bouger de la ou il était, ni même demander une force quelconque a la jeune elfe si jamais elle l'avait dans la main. C’était purement pour désigner l'arme.

    - Toi et moi, on est pareille. Tu ressembles a une fleur, mais tu piques. Je sens ta force. Si nous retirions nos hauts, nous révélerions nos muscles, si nous avancions nos bras, nos biceps. A l'intérieur, nous sommes des guerrières. Et c'est pour ça que nous sommes encore ici, toi et moi.

    Sans ça, elle aurait sans aucun doute fini putain dans le bordel d'ou sa mère l'avait arraché a l'adoption, après l'avoir repéré dans une course poursuite dans les rues de Ikusa, toute gamine. C’était une autre vie. Et elle sentait que celle en face d'elle avait également du se battre, pour être la. Pas forcément de la même manière, pas contre les mêmes choses. Mais elle avait eu le sentiment, a l'instant ou elle avait posée ses yeux sur elle dans le bâtiment des mercenaires, qu'elles avaient des possibilités de s'entendre.

    - Viens chez moi, a Ikusa. Je ne vais peut etre pas y rester longtemps, mais tu pourra, toi, y vivre aussi longtemps que tu veux, au moins le temps de savoir ce que tu comptes faire.

    Elle n'avait pas compté, depuis le tout début, a la laisser seule vagabonder dans les rues, dormir comme une esclave, et se faire haranguer par les Reikois comme une putain. Parce qu'il etait certain qu'elle aurait eu des réflexions si elle était vraiment restée a vagabonder dans la rue. Mais la, elle lui proposais une porte de sortie.

    Une possibilité. En plus, Elia pouvait lui apprendre un peu plus a se battre. Bien que la Reikoise n'en avait pas encore l'idée, il y avait cette possibilité. C’était une experte absolue du combat en un contre un, et elle avait de quoi lui enseigner des choses, si le sujet venait sur la table et qu'elle le désirait.

    - J'ai des responsabilités, a cause de mon metier en fait. Ca m'oblige a voyager souvent. J'aimerais bien demander un petit changement d'ailleurs, mais c'est un detail, ahah.

    Elle s'étira, laissant retomber la pression qui etait montée, et la laissant digérer un peu la proposition. Pour le moment en tout cas, elle avait désormais cette possibilité supplémentaire.

    - A nous deux, il peut rien nous arriver !

    Elle leva le pouce et lui fit un clin d'oeil, en souriant gentiment.
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  • Sam 24 Juin - 21:36
    Enfant, Arahn ne s'était jamais montrée particulièrement méfiante envers quiconque. Très tôt, la jeune fille avait appris à observer ses pairs afin d'ainsi déterminer d'une effective franchise, ou non. De la sorte, il lui fut souvent très simple de savoir à qui elle pouvait s'ouvrir sans craintes, à qui il lui était possible de faire confiance, qui était digne d'être son ami sans risque de trahison aucune.
    Les gens finissent par changer. Plus personne ne s'était soucié d'elle après ça, après que son comportement ait changé et qu'elle fut devenue largement paranoïaque. Elle avait craint pour sa vie et s'était vue des ennemis partout, et son enquête pour retrouver le meurtrier de ses parents n'ayant rien donné, son échec n'avait malheureusement fait qu'empirer les choses. Après le meurtre, Arahn s'était mise à douter de tout et de tout le monde, même de ses plus comparses les plus proches. Ils s'étaient tous détachés d'elle, à raison, certains parce qu'il aurait été ridicule de perdre son temps avec une folle comme elle, d'autres, plus rares, pour permettre à Arahn de faire son deuil et, avec le temps, de peut-être revenir à une certaine forme de raison.
    La solitude faisait du bien, elle avait fait du bien, elle avait apaisé, mais n'avait pas résolu le problème pour autant. L'elfe avait finalement changé, et sa méfiance était aujourd'hui palpable.

    Une chose, pourtant, inexplicable au demeurant, indiquait à la jeune femme qu'elle pouvait se confier, croire et suivre Elia.
    Néanmoins, de le savoir ne rendit pas la proposition de l'humaine plus facile à digérer. Se laisser guider par delà les étendues gelées qui bordaient Melorn était une chose, mais vivre chez autrui, une inconnue -aussi belle et gentille fut-elle- c'était.. Arahn n'en savait rien. La méfiance à elle seule ne suffisait pas pour expliquer sa soudaine réticence. La peur de déranger, d'être de trop, de ne simplement pas être à sa place. La lancière voulait tout sauf profiter d'une telle suggestion. Elia était déjà trop gentille d'avoir accepté de lui faire rejoindre Ikusa gratuitement, Arahn n'allait pas en plus s'inviter...

    Un nouveau silence s'installa, évident. Il découlait de la surprise et de l'hésitation.
    Avait-elle de la chance ? Voilà qui pouvait paraître louche, mais la belle elfe balaya cette pensée en un battement de paupières. La roue du destin était-elle réellement en train de lui tendre une main amicale, après tant d'horreurs ? C'était difficile à croire, comme il était difficile de s'imaginer avoir une nouvelle chance. Il n'était pas donné à tout le monde de pouvoir recommencer sa vie de façon si propice à l'évolution, car les pauvres hères qui perdaient tout étaient trop souvent contraint de redémarrer au plus bas de l'échelle. Grâce en fut rendue aux Dieux, s'ils existaient, ou à la moindre petite entité capable de pareil miracle. C'était un don qu'il aurait été stupide de refuser.
    Malgré tout, Arahn ne répondit pas tout de suite, elle n'offrit pas déjà de réponse à la proposition de l'humaine. Elle désirait en apprendre davantage sur cette belle âme qui semblait étrangement prête à tout pour offrir à l'elfe perdue qu'elle était une opportunité de réussir après de si nombreux et douloureux échecs.

    Aussi n'acquiesça t elle pas lorsqu'Elia demanda pour la lance. La réponse était évidente et Arahn soupçonnait que l'humaine ne l'avait questionnée que pour la forme. Effectivement, la lance n'était pas là pour rien. Ni pour faire joli, ni pour lui offrir de quoi s'appuyer en marchant. Toutefois, il faudrait qu'elle offre à son tour des réponses avant d'en apprendre plus.

    - Comment se fait il que tu ne sois pas souvent chez toi ? Je présume, au vu de ta facilité dans les terres, que tu es une sorte d'aventurière, ou peut-être plus que ça ? Tu es trop bien habillée pour une femme qui vagabonde simplement.

    Affamée, l'elfe ne se priva pas de croquer dans la nourriture qui lui avait été si gracieusement offerte. La route était longue, et monter n'était pas simple. Cela l'était encore moins assise sur une selle décrépite. Entre deux gorgées de thé, Arahn dégustait fromage ou viande, mais sans jamais quitter des plus d'un instant la jeune femme sise face à elle.

    - Pardonne ma franchise, mais tu ne me paraît pas malhonnête. Je suppose que tu aurais largement été en mesure de me faire enfermer si ça avait été ton intention. Nous sommes déjà loin de Melorn, une simple embuscade ou un relai aurait pu me priver de ma liberté, mais je ne comprends pas pourquoi une personne telle que toi ferais ça pour moi. son regard sceptique indiquait clairement que les motivations d'Elia lui échappaient, ou qu'elles étaient plus difficiles à entendre que la concernée ne l'aurait souhaité. Je veux dire, tu n'as rien à y gagner, si ? A moins que tu veuilles que j'entretienne ton logement en ton absence ?

    La gentillesse ainsi offerte était difficile à encaisser. C'était suspect, bien évidemment, et Arahn ne comprenait pas, tentait de chercher une raison suffisante.
    Sans pouvoir répondre d'elle même à ces questionnement, Arahn préféra laisser la parole à l'humaine.
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  • Mer 28 Juin - 17:02
    Elle etait de plus en plus circonspecte, et c'etait bien le signe qu'elle avait écouté, c'etait une bonne chose. Elle ne lui proposait pas de venir habiter chez elle pour la vie, simplement de ne pas avoir a dormir dehors les premiers jours, le temps de savoir ce qu'elle voulait faire. Elle n'aurait peut etre même pas a supporter l'humaine. A tout moment, Elia pouvait repartir sur une nouvelle mission sans même avoir eu le temps de passer par chez elle.

    Mais le silence était désormais entrecoupé de regard et de questionnement, que l'humaine ne pouvait pas balayer d'une main. Elle voulait en savoir un peu plus, elle ne la connaissait pas après, tout. Et c’était normal. Mais elle attaquait directement dans le vif du sujet. Elle avait bien fait de ne pas porter un masque, avec beaucoup de mensonges, comme elle faisait la plupart du temps, notamment ce qu'elle avait en République avec Neera et Eloise.

    - En effet je voyage beaucoup. Comme je te l'ai dis, c'est mon métier. Je suis reikoise, et je..hum...je travaille dans la...collecte d'informations, si je puis dire ?

    Une bien belle façon de dire qu'elle était espionne. Et elle préféra laisser de coté la partie assassinat que son métier prévalait. Ni sur le fait que les tuniques de qualité qu'elle portait valait plus de l'héritage monétaire qui l'avait rendue riche, que de ce qu'elle pouvait bien gagner pour son travail. A vrai dire elle n'avait plus besoin d'argent pour une centaine de vie. Elle aurait pu etre immortelle, et si la valeur de la monnaie n'avait pas changé au fil des siècles, continuer a vivre de la même façon sans jamais avoir a gagner un seul centimes.

    - Et j'envisage de diriger plus spécifiquement mon activité prochainement, mais je dois rentrer voir Z...enfin, celui qui dirige ma branche d'activité. C'est pas mon boss, hein, attention. C'est juste celui qui a envie de se faire péter la tronche par l'empereur quand il faut aller faire des rapports. C'est pas trop mon truc.

    Elle savait que peu de Melornois n'aimait énormément les Reikois, notamment depuis qu'ils avaient mit la main sur la cité des elfes. Mais elle ne pouvait pas mentir a ce stade, sinon l'explication du gigantesque domaine allait devenir plus que compliqué, une fois arrivé.

    - Mais pourquoi devrais-je t'enfermer ? Tu es une criminelle activement recherchée ?

    Elle sourit et se pencha en avant, passant le bout du doigt sur sa joue, avant d'attraper un bout de fromage et de reprendre sa place en retrait.

    - Tu as fais des bêtises, Arahn ?

    C’était peut être ça le vrai problème, c’était peut être une femme en fuite, une fugitive, traquée par les forces de Melorn. Enfin, Melorn n'allait jamais a la poursuite de ses criminels. Tant qu'ils n’étaient pas sur leur territoire, ce n’était plus vraiment leur problème. Jetait bien le genre des lieux. Éloigner les soucis.

    - Telle que moi ? Dis donc, tu parles en donnant l'impression que je suis une espèce de célébrité. Ou de bourgeoise. Je suis née esclave tu sais. J'ai juste eu quelques coups de chance. On est pas très différentes, toi et moi.

    Et plus le temps avançait, plus c’était l'impression qu'elle avait de l'elfe. Une connexion de vie. Elle avait en proportion un age assez identique. Il n'y avait absolument aucune autre raison pour la quelle elle...ah...ahaha...ahahah.

    - S'occuper de chez moi ? Nettoyer ? Ma pauvre, si tu veux nettoyer, je te conseil de te lever de très bonne heure.

    Rien que la tour demandait plusieurs personnes a plein temps pour s'en occupait. Il y avait prêt d'une trentaine de personnes qui entretenaient le dôme entier. Elle allait avoir du boulot.

    - Non, bien sur que non. Oublis ça. Tu seras une invitée. Tu aura ta chambre le temps dont tu as besoin, et de quoi manger. Après pour le reste, tu fais ta vie. Je te met pas en cellule, je te propose une piaule au moins le temps que tu ai de quoi te payer une chambre. Et encore, pas la peine de tout claquer pour dormir, quand tu aura les moyens de vivre avec une chambre a toi, ou bien que tu aura envie d'aller ailleurs, ce sera parfait.

    Elle avait bien rigolé, ca lui avait mit du rose aux joues. Elle acheva son thé, son bout de fromage, et s'étira.

    - Bon, tu veux repartir ? Dormir un peu ? C'est toi qui vois. Si on reste la, je vais faire un peu d'exercices.

    Une chose etait sur, meme aprés une journée entiere de voyage, elle ne manquait pas d'énergie...
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