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  • Ven 30 Juin - 15:12

    Retrouvailles au goût de sel

    Ft. Altarus
    An 4, le 30 juin

    « Enfin » songe la Fae en sortant de l'auberge qu'elle a pris soin de choisir, une semaine plus tôt, en léger surplomb du port. Lorsqu'elle se lève, chaque matin, elle a le parfum de l'océan et une vue imprenable sur une mer de voiles hissées, et de mats, en lieu et place des jardins arboricoles et des massifs fleuris que l'on retrouve communément ailleurs. Lilas Nwalma aime les deux. La verdure, sans doute en lien étroit avec ses origines Fae et ses pouvoirs sur la terre et la nature, l'apaise plus efficacement que compter les pièces en sa possession... Contrairement à cet élément connu, les flots, eux, lui évoquent la liberté, l'aventure, des milliers de découvertes à effectuer et autant de cartes à dessiner. C'est l'excitation.

    La jeune femme s'accorde quelques secondes pour contempler cette scène, et s'imprégner de la sensation grisante qu'elle lui évoque. Le soleil est à peine levé, la matinée commence, mais tout le monde n'est pas encore sorti de son lit. La senteur des pains tout chauds sortis des fours envahit peu à peu les rues, chassant celle du sel et de l'humidité omniprésente. Le ciel, au-dessus de Courage, s'étire à perte de vue en déclinaison de gris, légèrement clairsemé ici et là de points lumineux et aveuglants qui se reflètent en millions de scintillements sur la surface onduleuse de l'océan. Aujourd'hui, il semble seulement lécher les pontons d'assauts paresseux, loin de la houle qu'elle lui connait habituellement, et parait plus lisse à mesure qu'il se fond avec la ligne d'horizon. Là-bas, nul relief terrestre ne parvient à Lilas Nwalma, seules quelques petites îles éparses émergent parfois, soulignés de vols de mouettes.

    L'aventurière se surprend à rêver d'autres contrées, éloignées et exotiques, pleines de mystères insoupçonnés qui n'attendent qu'elle, et autant de rivages à cartographier. Lil' n'a jamais porté une attention particulière à l'écosystème, qu'il soit terrestre ou maritime, mais celui qu'elle ne connait pas encore revêt un attrait particulier qu'exacerbe sa curiosité. Parfois, cela lui donne envie de voyager par-delà les mers… Voire de devenir érudite, une spécialiste d'un sujet particulier, mais ses centres d'intérêts sont trop variés pour que ce projet ne soit réalisable. À la place, être mercenaire lui permet de concilier sa curiosité, sa soif de savoir et son esprit aventurier.

    Quelques éclats de voix s'élèvent d'un navire, et interrompent ainsi autant le piaillement des mouettes que son errance mentale. La jeune femme se frappe vigoureusement les joues, les rosissant légèrement, ce qui lui permet de reprendre pied. Les volatiles blancs, assaillants opportunistes, les survolent en guettant la moindre miette de nourriture à se disputer. Sur les quais, les marins, marchands et coursiers fourmillent, effectuant un ballet bien rôdé auquel elle compte s'intégrer. Un port est l'assurance de rencontrer de nouvelles personnes, apprendre de nouvelles choses, et surtout d'obtenir un travail. Pour l'ancienne coursière de Bénédictus, c'est un jeu d'enfant.

    La jeune femme tapote à ses flans, vérifie la présence de sa besace ainsi que son escarcelle et s'élance à la rencontre des quais et de ses occupants. Étant là pour le travail, Lilas Nwalma porte cet assemblage hétéroclite de cuir qui lui sert d'armure lors de ses aventures. L'ensemble peu esthétique, mais plus professionnel qu'une robe volante, plaque son corps comme une seconde peau épaisse et lui permet de mouvoir avec aisance. Sa longue tignasse châtaine, retenue en queue de cheval haute pour la circonstance, frappe son dos en rythme avec le claquement de la semelle de ses bottes sur les pavés qui tapissent les sols de la cité. Enfin, quelques tresses, agrémentées de plumes et de perles en pierres aux couleurs vives, rappellent les nuances de verts subtilement bleutés, de jaunes-orangés et autres bleus, violets fondus de roses, dont sont parées ses grandes ailes de papillons à cette période de l'année.

    Une brise vigoureuse, chargée d'embruns iodés, l'accueille à son arrivée au port, chassant les odeurs appétantes de la ville. Loin de passer inaperçue, comme toujours, la Fae balaie de ses yeux bleus le quai, sur toute sa largeur, à la recherche du meilleur angle d'attaque. « Ici ! » Alors repéré, celle qui figure un arc-en-ciel à échelle humaine contourne avec souplesse les silhouettes affairées, s'efforçant de ne pas les déranger, et se faufile entre les chargements en attentes et des caisses déposées à quai. Plus loin, un jeune coursier se fait réprimander pour avoir renversé une partie d'une cargaison encore éparpillée au sol, tandis qu'une montagne de muscles et de tatouages se met à vociférer lorsque le baril qu'il est occupé à pousser butte sur l'une des marchandises. Elle récupère quelques-uns des fruits bien mûrs, et joliment colorés, qu'elle dépose dans le cageot que tient encore le garçon, stoppant ainsi la diatribe dont il est victime. Un sourire et un clin d'œil complice plus tard, Lilas n'est déjà plus là.

    La semaine passée à observer Courage, les habitudes de ses gens, et repérer les rues de la cité jusqu'à ses plus étroites venelles et passages dérobés porte ses fruits. Quelques secondes suffisent à Lilas Nwalma pour identifier un marchand auquel elle compte vendre certaines breloques glanées ici et là, quoique pas toujours avec la plus grande légalité. Qu'importe, il n'en saura rien.

    L'homme repéré, d'aspect humain, un peu ventripotent et d'un âge avancé, semble en pleine discussion avec un autre individu dont la Fae ne voit que le dos. Leurs voix ne lui parviennent pas encore, couverte par le ressac et tous ces sons typiques d'un port en bonne santé. Néanmoins, la châtaine ne se laisse pas démonter ; il y a fort à parier qu'il s'agisse d'un capitaine, ou au pire d'un autre marchand, de quoi faire d'une pierre deux coups.

    « Bien le bonjour messieurs » chantonne-t-elle en se glissant souplement devant eux.

    Nul ne peut dire qu'elle est discrète, tant par le bruit de ses talons résonant sur le quai que le caléidoscope de couleur ambulant qu'elle incarne. Pourtant, le marchand parait surpris par son apparition.

    « Savez-vous qui, ici, requerrait un coursier ou un mercenaire ? » interroge-t-elle avec entrain. « Ou un cartographe ? »

    Lilas Nwalma use volontairement du masculin, malgré sa voix bien féminine, dans une tentative de noyer le poisson. Certaines rumeurs, de celles qui affirment que les femmes portent malheurs sur le pont d'un navire, voir seulement à proximité de celui-ci, circulent parmi les marins. Ce sont des êtres particulièrement superstitieux que ceux-ci.

    La jeune femme agite sa main droite, refermée sur l'une desdites cartes encore soigneusement roulée sur elle-même, sous le nez et la ridicule petite moustache du marchand. Visiblement, à la manière dont il observe attentivement ses ailes, l'individu aperçoit rarement des Faes.

    « Je vends aussi des cartes. De la meilleure qualité, je vous le garantis ! »

    Lilas Nwalma dévie son attention sur le second homme. Elle hésite une fraction de seconde avant de se frotter les yeux écarquillés, à la manière d'une personne qui se croit rêver, douter de ce qu'elle voit. Rassurée, la jeune femme se fend d'un immense sourire qui rend impossible de douter de la joie qu'elle éprouve, qui scintille jusque dans ses prunelles. Elle en est d'autant plus rayonnante, même par ce temps mitigé, entre pluie et soleil, et quiconque l'ayant côtoyé ne peut oublier cette sensation. Toutefois, ce sourire qui étire ses lèvres est à double tranchant ; s'il contribue à l'éclat de son image, il renforce également son aspect juvénile, ce dont elle se serait volontiers passée.

    « Vous êtes en vie ! »
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    Altarus Aearon
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  • Ven 30 Juin - 18:40
    Le port foisonnait d'activités, comme tous les matins, dès l'aube. On emplissait ou on déchargeait les cales des navires. On entendait des responsables de pontons ou bien des marins beugler du retard qui s'accumulait par la lenteur des actions menées sur les marchandises. Ces dernières se retrouvaient conditionnées dans d'énormes caisses de bois, ou dans des tonneaux hermétiquement scellés. 

    D'un plançon qui relayait le pont du Narvalà l'embarcadère auquel il était amarré depuis deux jours, un homme débarquait d'un pas décidé. Il s'était levé aux aurores pour se rendre comme la veille dans le quartier portuaire de Courage. Une fois que les semelles de ses bottes foulèrent les planches érodées par l'air salin et à moitié polie par le passage des milliers et des milliers de pieds qui l'avaient foulé depuis sa mise en place, le vieil homme se retourna pour observer son brick. Celui-ci oscillait à peine. Son équipage s'attelait déjà aux tâches du quotidien à effectuer à bord. Plusieurs roulements étaient organisés pour que chaque marin puisse aller à terre pour leurs affaires personnelles. Les hommes appréciaient à l'instar de leur Capitaine d'être en mer, de naviguer et sentir l'embrun sur leur peau. Mais, comme tous, il y avait des besoins que l'on ne pouvait trouver en mer. 

    Plaçant ses bras dans le dos, les mains gantées jointes l'une sur l'autre, Altarus reprit sa marche. Il tenait à arriver dès l'ouverture d'une échoppe visitée la veille. Il attendait l'arrivée d'une cargaison et il n'y avait toujours pas de nouvelles. C'était fâcheux, car il n'appréciait guère devoir patienter quand il n'y avait pas de délais clairs. Attendre, il pouvait se le permettre. Ses finances étaient heureusement en très bonne santé, il n'était pas pressé par le temps qui s'écoulait. Chaque jour passé était de l'argent perdu. Certains capitaines les comptaient à l'heure prêt même, pour essayer de pas trop perdre sur le bénéfice du voyage. Mais, ne pas savoir où se trouvait ce qu'il avait commandé commençait à quelque peu l'irriter. C'étaient ses hommes qui appréciaient leurs permissions allongées par cette imprévue. 

    Quand il arriva en face de la boutique, le marchand était déjà là. En voyant Altarus entrer, il essaya de garder le sourire. La lueur de ses yeux luisait d'une petite appréhension. 

    ''Capitaine Aearon. Euh... bien le bonjour ! Comment vous portez vous par ce doux matin ? ''
    ''Bonjour, Monsieur Hedod. Je pense que vous avez déjà la réponse...''
    ''Ah... oui euh... Vous venez aux nouvelles ? ''

    Le silence qu'imposa le capitaine, en plus de la froideur qu'il affichait à son visage, était si éloquent qu'il poussa le marchand à se gratter la nuque, un peu dépité. 

    ''C'est que... j'ai dépêché un coursier pour aller au-devant de la Caravane et... ''Le marchand parut hésiter à évoquer la suite. 
    ''Et ? "
    ''Les caravaniers ont malencontreusement brisé quelques roues sur le chemin. Je crains qu'il vous faille patienter plusieurs jours encore. "
    ''Bien. Alors, je souhaite aborder, de ce fait, le dédommagement de mes marchandises, comme écrit sur le contrat signé...''

    Il entendit une personne qui s'approchait du comptoir. Heureusement qu'il était venu tôt. Toujours son seul œil bleu braqué sur Hedod qui s'effondrait presque en excuses sur le retard. Le Capitaine poursuivit : 

    "Si vous ne savez pas me rembourser, j'espère que vous avez en stock des denrées susceptibles de m'intéresser. Faites-moi une liste et je prendrai l'équivalence en termes de valeurs financières de ce que vous me devez. ''

    Une voix féminine, au timbre volontairement masculinisée, se fit entendre, saluant les deux hommes présents. Elle avait su s'imposer d'un coup, accaparant de là même l'attention d'Hedod, les yeux quelque peu écarquillés de surprise. 

    Altarus se tourna dans la direction de l'arrivante, qui demandait où elle pourrait se faire embaucher. D'un coup, il se figea. Non, ce n'était pas possible ! 

    La jeune femme agita une carte sous le nez d'Hedod, toujours surpris de voir une Fae chez lui. Quand elle porta son attention sur Altarus, vantant la qualité de ses cartes, elle hésita à poursuivre son petit démarchage. Elle se frotta les yeux, refixa le vieil homme. Un immense sourire naquit à son visage, rayonnement d'une joie intense. 

    "Vous êtes toujours en vie !"

    Altarus, toujours figé de stupéfaction, l'observa intensément, peinant encore à croire ce qu'il voyait. 

    "Lil' ? Je… Comment est-ce possible ? "

    Quatre longues années s'étaient écoulées depuis son dernier passé à Bénédictus. Tant de choses s'étaient passées depuis. Elle, elle n'avait pas changé. Elle était toujours aussi rayonnante que dans ses souvenirs, débordant de cette énergie revigorante qui faisait qu'il avait su l'apprécier au-delà de sa simple profession de coursière. C'était bien cette Fae qu'il appréciait revoir à chaque fois qu'il passait à Bénédictus. 

    Tenaillé par plusieurs émotions à la fois, il manqua de pas réussir à aligner convenablement les mots qui lui venaient en tête. Il reprit contenance, redevenant le vieux Capitaine qui eut un sourire plus léger que celui de la Fae. À la différence de leur dernière rencontre, un bandeau couvrait l'orbite de son œil gauche, la peau striée d'anciennes brûlures tout autour. 

    ''Que je suis heureux de te revoir ! Si j'avais su... Tu n'as pas changé depuis notre dernière échange. Que... que deviens-tu et dans quelles circonstances t'es-tu retrouvé à Courage ? "

    Il oublia presque la présence d'Hedod. 

    ''Allons converser de tout cela à l'extérieur. Monsieur Hedod, je repasserai en fin de journée pour votre liste de marchandises. Et ne tentez pas de me flouer. ''[/b][/b]
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  • Sam 1 Juil - 1:18

    Retrouvailles au goût de sel

    Pour toute réponse au vieux Capitaine, le sourire de la jeune femme se fait plus éclatant encore, si la chose est seulement possible, avant de se transformer en un éclat de rire dont le bonheur rebondit autour d'eux. Le son, débarrassé de tout effort inutile pour en abaisser l'intonation, correspond assez bien à celui que l'on peut imaginer de la part d'une fée aussi extravertie et extravagante que l'est Lilas Nwalma. Ni vraiment cristallin, ni exactement carillonnant… Il n'en est pas moins agréable pour qui sait en apprécier la valeur. Il est aussi de ceux qui, en temps normal, font aisément rire en retour tant il peut s'avérer contagieux. Heureusement, le rire est une bonne maladie qui réchauffe les cœurs et allège les esprits, affirma-t-elle une fois, il y a bien longtemps, avec toute sa conviction.

    Ses grands yeux étincelants détaillent ce vieil ami, constatent le plus simplement du monde son évolution, et jusqu'au moindre petit changement propre au passage du temps. Cela fait quatre années que Lil' n'a pas vu le capitaine ; des années mémorables par l'horreur et la souffrance subits, auxquelles nombreux sont ceux à y avoir été confrontés.

    De visuel, le Capitaine n'a que peu changé. Certes, quelques rides se sont peut-être ajoutées aux marques de l'âge présentes sur son visage, ou de nouveaux cheveux blancs additionnés à ceux déjà existants… Mais, globalement, Altarus est fidèle aux souvenirs que la jeune femme conserve du vieux marin.

    Toutefois, il est compliqué de ne pas remarquer que les épreuves ne l'ont pas épargné, lui non-plus, comme en témoigne le bandeau qui préserve l'un de ses yeux. C'est l'un de ces vestiges qu'une vie impitoyable laisse dans son sillage, de sombres gratifications qui ne sont que trop rarement à la hauteur des efforts fournis par leur porteur. Le seul fait d'y penser lui broie le cœur ; en réaction, les ailes de la Fae frémissent, telles des feuilles mortes que le vent cherche à séparer de leur branche.

    Quelques larmes viennent effleurer la barrière de ses cils, sans cependant la franchir. La châtaine est submergée d'émotions contradictoires, tiraillée entre les unes et les autres sans parvenir à rétablir un équilibre entre elles, toutes voulant être celle mise en avant. Il y a de la joie, évidemment, mais aussi de la douleur, du soulagement, de la tristesse… Ainsi qu'une légère pointe de colère, dont le destinataire lui est inconnu, mais qui la retient de se jeter dans ses bras.

    Alors Lil' secoue la tête, comme si ce geste suffisait à chasser ces nuages qui obstruent ses pensées, et se recentre sur ce vieil ami au moins aussi ému qu'elle. L'opération est une franche réussite, ses sentiments parasites ont pris la fuite. Néanmoins, une bonne seconde de réflexion lui est nécessaire avant d'enfin répondre, d'un ton presque solennel :

    « C'est une longue histoire. »

    Le marchand n'a, semble-t-il, pas bougé d'un pouce de sa place, réalise-t-elle lorsque Altarus s'adresse à celui-ci. Parce qu'elle souffre d'une concentration quelque peu déficiente, Lilas a oublié la raison principale à sa présence dans cette échoppe, et jusqu'à l'existence même du bonhomme au fort embonpoint et à la petite moustache ridicule –elle, en revanche... Il aurait tout aussi bien pu plier boutique qu'elle n'en aurait rien vu, ni remarqué. Lilas Nwalma  est à des siècles de s'affliger de son impolitesse.

    « À bientôt ! » lance-t-elle au marchand.

    Elle ponctue avec un grand sourire, avant de disparaître de son champ de vision, emboitant souplement le pas au Capitaine. La carte retrouve aussitôt ses semblables, à l'abri dans la besace qui rebondit sur sa hanche à chacune de ses enjambées.

    Le retour à l'air extérieur, avec sa brise, et les embruns vivifiants chargés de ses odeurs océaniques, lui fait le plus grand bien. Le changement d'ambiance est radical, comme s'ils venaient d'entrer dans un autre monde. Les mains croisées dans son dos, sautillant plus qu'elle ne marche pour se mettre à hauteur du loup de mer, Lil' manifeste à nouveau sa bonne humeur. Seuls ses yeux légèrement rougis témoignent de ses changements d'émotions. Elle sourit, plus légèrement cette fois.

    « J'espérais bien vous retrouver un jour, » confie-t-elle après avoir ouvert et refermé la bouche à plusieurs reprises. « S'il y a bien endroit où j'avais des chances de vous apercevoir, c'était dans le port de Courage. »

    Bien qu'ils se connaissent depuis une trentaine d'années, il semble à Lil' qu'elle a toujours vouvoyé le Capitaine, d'aussi loin que remontent ses souvenirs. D'une étrange manière, il est de ces personnes qu'elle ne s'imagine pas tutoyer. Non pas qu'elle ne soit pas à l'aise ainsi ! Mais, elle ne saurait dire si c'est parce que cette idée ne lui a jamais traversé l'esprit, ou bien pour une autre raison.

    « J'ai survécu » poursuit-elle d'une voix faible, chargée d'une note douloureuse bien perceptible. « Et vous aussi, apparemment ! Vous n'imaginez pas à quel point j'en suis soulagée. »

    Un rayon de soleil perce soudainement au-dessus de leurs têtes, si vivace qu'il tire une grimace à la Fae. Sourcils froncés, elle doit élever une main pour protéger ses rétines de la lumière fautive. Un œil larmoyant déborde ; la fugitive roule sur toute la hauteur de sa joue, laissant une trace humide derrière elle, avant de finir sa course sur le cuir de son plastron. Malgré les battements frénétiques de ses paupières pour rétablir sa vision, cette dernière s'obstine à rester floue durant une bonne minute. Une trop longue minute où la seule chose qu'elle distingue clairement, ce sont ces espèces de mouches, ces points noirs qui dansent devant elle.

    Bientôt, les pavés remplacent le bois des quais sous ses pieds, sans toutefois qu'ils ne quittent les proches abords du port. Un peu plus loin, un pigeon, que leur passage dérange visiblement, s'envole après avoir émis une série des roucoulements… Contrariés ? Puis, des éclats de voix lui parviennent, entrecoupés de rires et de bruits de chopes que l'on frappe sur une table. Altarus continue d'avancer, dépassant une première taverne, puis une seconde. La châtaine est curieuse de voir où il la mène, mais c'est une autre question, autrement plus importante, qui franchit ses lèvres.

    « Qu'est-il arrivé, à votre œil ? »

    Lilas Nwalma ne connait pas l'indiscrétion, ni l'art d'interroger ses interlocuteurs avec délicatesse. Elle s'en soucie, parfois, mais cette attention la quitte aussi rapidement qu'elle est arrivée. Non, elle est tout en franchise et brusquerie, malgré sa grande bienveillance. Pire encore, elle fait partie du cercle très privé et restreint des gens qui mettent les pieds dans le plat, viennent avec leurs grands sabots, posent les questions qui fâchent au plus mauvais moment.
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    Altarus Aearon
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  • Sam 1 Juil - 17:44
    Percevant la lueur glaciale qui luisait quelques secondes dans l'œil unique du vieux Capitaine, Hedod se contenta de hocher de la tête, les lèvres pincées. Altarus se détourna du marchand ventripotent. Si celui-ci venait à tenter l'entourloupe avec lui, son commerce au sein de Courage en prendrait un coup. Le borgne n'était pas le seul à commercer par voie maritime. Il avait assez de contact et d'influence pour faire en sorte qu'Hedod retienne la leçon, après une belle perte financière. Et puis, les marchands ne manquaient pas non plus sur le port... 

    Ne se préoccupant plus de l'autre énergumène, il regarda la Fae. Elle aussi avait donc une longue histoire qui marquait les quatre dernières années. Il ne lui demanda pas de la narrer. Il savait que tout comme lui, elle avait dû supporter de lourdes épreuves. Surtout avec ce qui s'était passé à Shoumeï. Si elle était désireuse de raconter ce passé troublé, elle le ferait si elle en avait le désir. Nul besoin de la bousculer. Mais, à l'inverse, si elle voulait apprendre de sa bouche comment a été son existence sur cette période, le pourra-t-il ? Il n'était pas homme à se confier de base, alors pour ce qu'il avait subi comme tourments...

    Une fois qu'ils furent tous deux à l'extérieur, l'air frais venant du large balaya un bref instant la courte frange du vieil homme. Il se plut à inspirer cet air qui venait d'au-delà du port. À ses côtés, Lil' débordait tellement de cette joie qui la caractérisait temps qu'elle paraissait plus bondir que de marcher au côté du Capitaine. Elle était telle une infante baignant dans la totale insouciance de la dure réalité du monde dans lequel elle se trouvait. Pourtant, au fond d'elle, quelque chose l'avait marqué, et ce, pour tout le restant de sa vie... quelque chose de douloureux, une cicatrice qui ne sera jamais totalement refermée. Sa joyeuseté débordante ne cachait le reflet d'autres émotions à la surface brillante de ses yeux. Cette retrouvaille lui avait empli le cœur de bonheur, mais avait fait remonter en même temps d'autres souvenirs moins agréables. 

    ''Courage est un port très actif. Tu avais toutes tes chances d'y retrouver l'être que tu cherchais... La preuve est là, avec nous deux. ''

    Et lui, vis-à-vis de la petite Fae ? Son cœur se serra. C'était une sensation qu'il n'appréciait guère, car elle n'était pas dans ses habitudes. 

    ''Je suis navré que tu aies dû attendre tout ce temps pour savoir ce que j'étais devenu...''

    Un rayon de soleil s'imposa avec vive force aux deux interlocuteurs. Il contraignit Altarus de détourner un peu la tête, pour épargner l'éblouissement à son unique œil. C'est là qu'il distingua brièvement une perle de larmes couler le long de la peau juvénile de Lil'. Aussitôt, il ferma son œil. La lumière devait être trop intense pour lui. La paupière s'ouvrit au bout d'une petite minute, ou presque. 

    Ensemble, ils s'enfoncèrent un peu plus dans les rues de Courage. Altarus savait où il se rendait, enchaînant ses pas d'une allure sûre, les deux bras dans le dos, les deux mains jointes l'une dans l'autre :  sa démarche typique, quand on le connaissait assez. Il n'accorda pas la moindre attention aux deux premières tavernes. Durant le parcours, il ne soufflait aucun mot. Lil' n'en serait pas étonnée, elle l'aura toujours connu ainsi. Il interrompit sa marche quand une question naquit des lèvres de la Fae. Il demeura quelques secondes, droit sur ses jambes, sa posture toute aussi droite, comme regardant quelque chose qui n'était pas visible du regard des autres mortels. Comme il s'y attendait, elle cherchait à savoir… 

    ''Je te raconterai cela, mais une fois que nous serons entrés dans cet hôtel privé. ''

    À leurs côtés se dressait une maison à la façade de style républicain un peu dépeinturée, composée de deux étages. Altarus frappa à la porte, qui s'ouvrit au bout de quelques secondes. Un homme chauve, au regard méfiant, passa la tête dans l'entrebâillement de celle-ci. 

    ''Bonjour Koralay. ''L'inconnu hocha la tête de haut en bas, pour saluer le vieil homme. ''Rien de nouveau pour moi ? ''Le dénommé Koralay hocha négativement de la tête et leva le menton tout en fixant la Fae. ''C'est une vieille amie. Nous nous étions perdus de vue. "Koralay laissa retomber ses épaules de soulagements. ''C'est le temps de parler du bon vieux temps, de parler commerce et de reprendre la mer. "

    Koralay ouvrit franchement la porte, cédant le passage. Altarus franchit le seuil, s'assurant que Lil' le suivit. Le temps de passer un petit couloir, d'ouvrir une porte visiblement pas fermé à clé, et les deux amis se retrouvèrent à l'intérieur de ce qui ressemblait à un petit appartement convenablement meublé, offrant un petit confort semi-bourgeois. Les boiseries qui composaient l'intérieur étaient magnifiquement sculptées. 

    Spoiler:

    Une fois la porte refermée après le passage de la Fae, Altarus lui proposa de prendre ses aises. 

    ''Fais comme chez toi... Souhaites-tu quelque chose à boire ? ''

    Sur un recoin du bureau, il y avait un petit appareillage simple chauffé par bougie qui permettait de faire du thé. 

    Il était toujours debout, paraissant fixer quelque chose d'invisible. Il prit le temps d'inspirer lentement. Se confier n'était pas dans ses habitudes. Combien de fois n'avait-il pas écouté Lil' quand elle avait des soucis, des angoisses ? Ainsi, il avait pu la conseiller ou la rassurer. Aujourd'hui, elle l'avait questionné sur un fait qui l'avait marqué physiquement comme à l'esprit. C'était Lil', ce n'était pas une inconnue ? Ne partageaient-ils pas tous deux quatre années fastidieuses ? 

    ''J'ai perdu mon œil gauche lors d'un affrontement avec les forces navales républicaines, quand elle a annexé Kaizoku... Mon navire a sombré, emporté tant par le feu que par les eaux, à cause de la force militaire plus conséquences que celle de l'île... "

    Il ferma un instant son œil valide, inspirant à nouveau. Un poids étrange alourdissait son coeur 

    ''Pardonne-moi de pas avoir cherché avec plus d'intensité, à savoir si tu étais encore en vie... Plusieurs fois, cette interrogation hantait mon esprit. Je ne m'y suis assez accroché... J'aurais dû partir à ta recherche, chercher à savoir si tu étais toujours en vie.."

    Ce, malgré l'année douloureuse qu'avait été sa convalescence. Oui, il aurait su se montrer plus convaincu à cette question qui avait été longtemps sans réponse. Il aurait dû ! Au lieu de cela... Les muscles de ses mâchoires se crispèrent.
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  • Ven 14 Juil - 11:26

    Retrouvailles au goût de sel

    Réprimant une envie de lui étreindre l'épaule, par compassion, parce qu'elle ne croit connaître et ne ressent que trop bien sa douleur, Lil' quitte son vieil ami du regard pour observer la bâtisse. La maison, ou plutôt l'hôtel privé comme la détrompe rapidement Altarus, ne se démarque pas autant que d'autres bâtiments de Courage, et se dresse parfaitement à sa place au milieu d'autres constructions similaires, quoi que légèrement mieux entretenus. Elle en détaille attentivement la façade, essaie de percer le secret que renfermeraient ses ombres, le monde au-delà de la barrière de ses fenêtres, ainsi que dans les plus fines subtilités de l'architecture typique de la République.

    La Fae n'a, cependant, que des notions –solides– en la matière. Deux années ne suffisent pas à s'improviser spécialiste, quel qu'en soit le domaine. Néanmoins, considérant que cela est inhérent à son travail, et que Lil' est des plus avides de savoirs, c'est une durée raisonnable pour apprendre à identifier la plupart des types d'architecture ou en déterminer la période de construction.

    Avant d'être une mercenaire, pour mener l'utile à l'encore plus utile et agréable, la jeune femme est une aventurière. Trouver des endroits oubliés de tous, résoudre des énigmes et déjouer des pièges protégeant des artefacts plus ou moins précieux, élucider des mystères parfois plus vieux qu'elle, fouiller des lieux abandonnés pour d'obscures raisons, s'emparer –piller– de quelques objets trouvés ici ou là pour les monnayer, échapper à quelques rivaux excédés ; tel est l'ordinaire de Lil' Nwalma. Quoique tous les jours ne se valent pas. Si la cartographie, qui lui apparue comme nécessaire afin de localiser ses découvertes et en tirer un meilleur profit, est effectivement un atout non négligeable, c'est, en revanche, loin de suffire. Quelques acquis précis en matière d'histoire, ou d'architecture, sont un minimum que la cupide et avare Fae développe, car qui dit "autonome" dit également, et surtout, moins de personnes avec qui partager ! Cela représente bien quelques frais, mais, à terme, signifie des économies significatives et de plus gros bénéfices.

    Voici donc comment, ou plutôt pourquoi, Lil' ne perçoit rien de particulier en cet édifice. Elle ne sait si ce constat la soulage ou, plus vraisemblablement, la déçoit. Que ce soit par déformation professionnelle ou non, il n'empêche que cela voile brièvement son regard. Il retrouve néanmoins son intensité bleutée, sa gaité pétillante mêlée de méfiance coutumière, lorsque la porte pivote enfin sur ses gonds, sans le moindre bruit.

    Partiellement cachée par Altarus, derrière lequel elle se tient comme par mimétisme du portier, la Fae ressemble presque à une enfant qui aurait emprunté les vêtements de sa grande sœur. Seuls sa tête, dont le visage est fendu par un large sourire blanc, ainsi qu'un bras qu'elle agite de haut en bas, et de bas en haut en un salut des plus dynamiques, dépassent de la carrure du capitaine.

    « Merci, monsieur Koralay ! » lance-t-elle joyeusement en entrant à la suite du vieil homme.

    Le présumant muet, la châtaine n'attend pas de réponse avant de sautiller à la suite d'Altarus. Elle balaye de droite, de gauche, et jusqu'au plafond de ses yeux turquoise, mais se garde de formuler le moindre commentaire. Dans son élan, et sa maladresse, elle manque de peu de tomber. Derrière eux, un claquement sourd indique que la porte s'est refermée, et que son gardien retourne vaquer à ses occupations.

    Trépignant d'impatience à l'idée de découvrir l'une des antres du vieil homme, Lil' Nwalma franchit le seuil de ce qui s'avère être un charmant appartement. L'intérieur possède indubitablement un "petit quelque chose" qui lui évoque l'intérieur d'un navire ; sans doute une impression que procurent les moulures et sculptures des boiseries absolument sublimes. Ce n'est pas tout à fait à son goût, pas assez coloré, ni extravagant, mais l'endroit ressemble au propriétaire des lieux –de son avis.

    « Quelque chose de fort, s'il vous plait » demande-t-elle distraitement en observant un curieux objet sphérique. « De très fort, même, si vous avez. Je pense qu'il me faudra au moins ça pour passer un moment… un peu moins désagréable. »

    Loin de tomber dans l'oreille d'une sourde, et de se faire prier pour faire comme chez elle, la Fae explore la pièce sans paraître gênée le moins du monde d'envahir l'intimité de cet espace. L'excitation et la joyeuseté qu'elle dégage par tous les pores de sa peau, et frétillements bien perceptibles de ses ailes, indique même qu'elle n'a pas conscience d'être intrusive ou irrespectueuse. Les mains dans le dos pour se contraindre de ne toucher à rien afin de ne rien casser, et de ridicules efforts pour se retenir, que même Altarus ne peut rater de son œil unique, Lil' n'aurait pas agi différemment dans un musée. Elle sautille de point en point, sur la pointe des pieds pour ne pas faire retentir ses talons, et observe chaque objet comme s'il s'agit d'une rare œuvre d'art. Parfois, une sorte de léger sifflement impressionné rompt le silence, ou bien le "clap clap" de ses mains qu'elle frappe avec enthousiasme, avant qu'elle n'effectue quelques bonds feutrés sur l'un ou l'autre des tapis. La jeune femme se fait si vive qu'elle donne presque l'impression de se téléporter plutôt que d'effectuer de petites enjambées entre deux curiosités à détailler.

    Son observation terminée, à moins qu'elle n'ait perçu le changement dans l'ambiance appesantie, Lil' s'installe sur un fauteuil dont elle apprécie le moelleux de quelques rebonds enfantins. Le dos droit, les mains pressées entre ses cuisses, la châtaine contient mal son agitation alors qu'Altarus narre ces dernières années, et la perte de son œil. Cependant, elle l'écoute avec la plus grande attention, sans songer un seul instant à l'interrompre. Un sourire discret orne son visage à l'expression sérieuse, concentrée, presque solennelle.

    « Nul besoin de mon pardon » assure-t-elle doucement lorsque son hôte semble avoir fini, le dévisageant avec compassion. « Je ne vous en veux pas le moins du monde ! Vraiment. Vous n'avez rien à vous reprocher. »

    Il n'y a pas, dans sa voix, cette note qui trahit le vide des paroles prononcées pour le seul réconfort de leur destinataire. Lil' en est bien incapable, de toute façon. Ses mots ne transmettent rien d'autre que sa sincérité et sa compréhension. A cet instant, plus que jamais, la châtaine aurait aimé avoir un pouvoir sur les émotions pour le soulager de son fardeau, même si ce n'est que légèrement.

    « Moi non plus, je n'ai pas tout fait ce qu'il m'était possible pour vous retrouver. »

    Lil' Nwalma s'agite, et finalement se tend pour saisit la boisson qui lui a été apportée plus tôt. Elle en boit une gorgée, qui déverse du feu dans sa gorge et ses entrailles.

    « On a parfois besoin de temps. On a tous eut besoin de temps. Vous n'avez absolument rien à vous reprocher, alors cesser de le faire » énonce-t-elle comme un fait indiscutable.

    Lil' déglutit, puis détourne son visage afin qu'Altarus n'en voie l'aspect misérable. Elle remonte ses jambes contre elle dans une position fœtale approximative, sans égard pour le fauteuil qu'elle souille possiblement de ses bottes, qui la fait paraitre plus petite et tassée qu'elle ne l'est vraiment. Ses paupières s'abaissent sur sa boisson. Son regard anormalement brillant et assombri se perd sur la surface réfléchissante du liquide, qu'elle fait tourner lentement dans son récipient.

    « Je ne volerais plus jamais » confie-t-elle finalement, piteusement.

    Le menton posé contre ses genoux l'empêche de formuler distinctement, et à sa phrase une intonation boudeuse et enfantine. Peut-être l'est-elle un peu, pour relativiser et accepter ce malheur.

    « Je me suis battue contre un Titan, et j'ai perdu. Oh, je n'étais pas seule dans cet affrontement ! Certains sont morts sur le coup. Ca aurait pu être mon cas si, dans leur fuite, des soldats ne m'avaient pas bousculée ! Les vils… Raah ! » s'énerve-t-elle alors, d'une voix pourtant chevrotante. « C'est mon dos qui a été exposé. Pour une raison mystérieuse, la magie a su refermer la plaie dans les chairs… Mais pour l'aile, rien n'y a fait. »

    Un battement d'ailes un peu misérable ponctue ses paroles. Des larmes, trop longtemps contenues, se mettent à rouler sur ses joues rouges, dévalent jusqu'à son menton, avant même qu'elle n'en ait conscience. Les membranes Fae paraissent s'affaisser sur elle-même.

    « C'est à peine si je peux planer » conclut-elle en vidant son verre d'une traite, avec une grimace
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    qui suis-je ?:
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  • Dim 16 Juil - 15:59
    Il l'avait observé visiter son lieu de vie, avec toujours cette insouciance infante et son enthousiasme qui la caractérisait tellement. Il enviait presque cet état d'esprit qui faisait de Lil' un être à part entière, qui avait su donner un peu de chaleur au cœur froid du vieux borgne. Toujours et souvent. Il avait profité qu'elle portait sa curiosité un peu partout dans l'appartement pour chercher quelque chose à boire, puisqu'elle avait demandé quelque chose de fort. Ça tombait bien, lui aussi avait besoin de sentir la forte brûlure d'un alcool à vous en arracher les boyaux. 

    Le temps de la sortir d'un petit coffret de bois prévu pour tenir à l'abri de la lumière ses précieux breuvages éthylique, la Fae passait d'un point à un autre avec une telle vitesse qu'il avait l'impression qu'elle était par moment irréelle, comme on se plaisait à les découvrir dans de nombreuses histoires, renforçant le côté merveilleux ou extraordinaires des Fae. 

    Il emplit deux verres transparents d'un liquide à la robe ambrée, pendant que Lil' prenait place dans un de ses confortables fauteuils. Il s'approcha d'elle pour lui tendre le second breuvage, tout en écoutant ses paroles. Elle affirmait ne pas lui reprocher son manque d'investissement pour la retrouver. Ce n'était que vérité qui franchissait ses lèvres. Elle ne l'avait dupé. Malgré cela, Altarus avec encore les mâchoires crispées. Cela le morfondait intérieurement. Peut-être que là-haut, il faudra encore un peu de temps pour qu'une page se tourne ? 

    Il lui tendit le fort alcool, qu'elle saisit vivement. 

    ''Je suis certain qu'au plus profond de ton être, tu savais que je respirais encore quelque part au sein du Sekaï. Qu'inconsciemment, tu savais que tu viendrais à me revoir. La preuve aujourd'hui... "

    Il ne mentait pas. Quand il passait régulièrement à Bénédictus, il y avait toujours un petit truc qui rendait Lil' surprenante. À chaque travail qui lui confiant, elle avait toujours eu le don de le surprendre dans ce qu'elle était. Elle avait toujours été elle-même, toujours. Peut-être était-ce là qui donnait l'impression au vieux capitaine d'apprécier sa fraîcheur d'esprit. 

    Elle but une première gorgée. Son visage se marquait déjà des effets que provoquèrent l'alcool fort à travers sa bouche et sa gorge. Aussitôt, elle avait détourné son visage, comme cherchant à cacher à son ami le reflet des émotions qui voila l'éclat joyeux de ses yeux. Et à cela, se rajoutait sa position qu'elle avait recroquevillée. Ce fut à son tour de narrer les troubles subis de ces dernières années. Altarus fut mortifié de l'expérience qu'elle avait pu vivre. Il ne sut pas quoi exprimer sur la perte inestimable qui faisait d'elle une Fae. Comment ne l'avait-il pas vu plus tôt ?

     Il lorgna le contenu de son verre avant de le poser sur une petite table toute proche, pour se mettre à hauteur de la jeune femme, en posant un genou à terre. Elle était en proie à la tristesse cette fois et elle ne pourra pas le cacher. Entre les larmes qui perlaient sur ses joues, ses yeux rougies et ses ailes qui s'affaissaient lentement… Sa main droite gantée de noir se serra un peu, comprenant un peu le désarroi de Lil'. Ne pour être capable de faire ce pourquoi on aime l'existence peut être brisant. Lui-même avait cru ne plus pouvoir renaviguer un jour. Pourtant, malgré les épreuves subies et les angoisses, il voguait à nouveau sur les flots. Pour Lil', ce n'était pas la même chose. La perte d'un œil n'empêchait pas de voir et de commander un navire en mer. Elle, elle avait perdu une capacité propre à sa race, quelque chose qui était naturel pour elle. 

    Il déplia ses doigts fermés et posa la paume gantée sur le genou de la jeune fille. Elle avait terminé son verre d'une traite. Clairement, elle en avait eu besoin. Que pouvait-il dire de plus pour rajouter de la compassion à ce qu'elle avait perdu ? Un instant, son œil bleu s'était baissé vers le sol. Puis, le redressant, il put que dire quelques mots. 

    ''Ne retient pas tes larmes, Lil'. Des fois, il faut libérer ce qui pèse... Ici, il n'y a que moi. Il n'y a pas de honte à lâcher ce qui nous dévore..."




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  • Mar 8 Aoû - 21:12

    Retrouvailles au goût de sel

    Lil' observe un instant la main posée sur son genou, déformée par un brouillard de larmes. Les gouttes salées refusent de se tarir, franchissent la frontière de ses yeux rougis et dévalent ses joues en gros sillons avant de s'écraser sur cette main bienveillante. Au-delà de cette pogne, le visage de son ami agenouillé devant elle l'interpelle. Si la jeune femme croit encore déceler quelques traces de sa souffrance, une sorte de fantôme qui vient troubler de son vol la surface paisible d'un lac, c'est la compassion qu'exprime cet unique œil qui la frappe.

    Revoir enfin cette clarté bleue unique, après l'avoir cherchée jusque sur les cadavres rencontrés en cours de route, est un soulagement tel que Lil' laisse tout échapper. Elle ne se contrôle plus ; ni ses sanglots qui lui secouent si violemment les épaules qu'on dirait des spasmes, ni sa voix qui hoquète, et gémit parfois comme un enfant que l'on aurait privé de sa mère, ni ses nombreux reniflements pour empêcher son nez de se rependre ignoblement. Pourtant, malgré ces douleurs qu'elle exprime ainsi, ses tourments dont elle se libère enfin, combien est-elle heureuse d'avoir retrouvé cette main et cet œil –ou plutôt leur propriétaire.

    À l'instar de l'enfant meurtrie qu'elle parait redevenir, Nwalma abandonne le confort de son fauteuil pour se jeter sur Altarus en une étreinte désespérée. Son visage rouge et inondé trouve refuge contre le torse du pauvre borgne, dont elle imbibe copieusement les vêtements de ses larmes. Ses doigts se referment sur un pan d'étoffe qu'elle agrippe comme si sa vie en dépend ; comme un naufragé le ferait au débris d'une épave en plein milieu de l'océan. Depuis la chute de Shoumeï, la jeune femme s'est accrochée à l'existence du semi-elfe comme d'autres l'eussent fait de l'alcool. Le savoir en vie et le rechercher, ou bien l'inverse, lui a fourni un but, une raison de ne pas se laisser abattre aussi injuste et cruelle pusse être sa situation.

    Quand a-t-elle pleuré pour la dernière fois ? La Fae réfléchit, mais seuls quelques vagues souvenirs lui reviennent. C'était sans doute lorsque, son aile brisée et le combat achevé, elle observait une Bénédictus ravagée, vidée de toute âme. Autant dire que cela fait une éternité.

    Quelque part, du sable s'égrène, sans mercie. Les minutes succèdent aux secondes, mais rien ne vient perturber cet instant d'intimité, de presque communion entre ces deux êtres aux blessures encore profondes. Ce qui pourrait aussi bien être des heures se sont écoulées lorsque, enfin, les pleurs de Lil' semblent se calmer, s'espacer, avant de cesser tout à fait. Elle renifle une dernière fois, détend ses mains dont les jointures encore blanchies sont douloureuses tant elle les a serrées, essuie son visage pour en chasser toute humidité… Et se détache du vieux capitaine, qu'elle regarde dans l'œil sans éprouver de honte, de gêne, et plus aucune tristesse apparente. Maintenant qu'elle a vidé ce qui peut représenter l'intégralité de l'eau de son corps, Lil' se sent mieux. Se sent bien.

    « Merci. Je crois que j'en avais besoin. »

    Elle chantonne presque. En un battement de cils, son attitude redevient telle que c'est comme s'il ne s'était rien passé malgré quelques rougeurs persistantes. Son visage et ses yeux témoignent évidemment de ce moment d'épanchement mais, même ainsi, son sourire éclatant parvient à la faire rayonner. Tout à coup, tout redevient fantastiquement simple ; les couleurs règnent, la vie est belle, et les oiseaux chantent –ou pas.

    « Depuis le temps, je pensais avoir accepté le fait de ne plus voler. Pas avec ces ailes en tout cas. Désolée pour vos vêtements… Disons que c'est un dommage collatéral ? C'est une expression très intéressante, » ajoute-t-elle en rigolant. « Je l'ai appris en devenant mercenaire. Ou quelque chose comme ça ! Tout n'a pas été que mauvais pendant ces années ! »

    La Fae croise les mains dans son dos et se retourne dans un tourbillon d'ondulations châtaines et d'éclats multicolores, comme une danseuse en pleine représentation. Ses mouvements amples et exagérés miment un enfant, qu'elle est peut-être de nouveau, lorsqu'elle décide de regagner l'assise confortable de son fauteuil. Ou à défaut, celui qu'elle s'était attribué à son arrivée. La jeune femme fléchit ses jambes et, d'une légère impulsion, saute sur le mobilier avant de s'y laisser tomber de toute sa hauteur. Son visage affiche un air triomphant, fier, lorsque Lil rebondit fort peu gracieusement sur l'épais coussin.

    « Pardon ! J'ai toujours rêvé faire ça, » justifie-t-elle, néanmoins, sans paraitre aucunement désolée. « En me séparant d'un peu de mes économies, je pourrais en repayer un s'il est abimé, ne vous en faites pas ! Même si c'est un véritable crève-cœur ! »

    Pour jouer la comédie jusqu'au bout, Lil' porte une main à son cœur et se laisse choir en arrière, poussant un râle d'agonie en tous points exagéré. Elle soulève discrètement une paupière après deux ou trois secondes, afin de vérifier la réaction de son auditoire dont ne lui parvient encore aucun rire. Le vieux capitaine n'est sans doute pas très impressionné par sa prestation, ou bien la perte d'un œil a altéré sa vision ; ou le semi-elfe la connait assez bien pour savoir que son avarice n'est pas feinte. Cependant, cela n'empêche en rien l'atmosphère d'être chaleureuse et détendue… Presque similaire à celle d'une longue soirée d'hiver passée au coin d'une cheminée grondante avec une bonne infusion ou un vin chaud à la main. Bon, sans la nuit, sans la neige, ni la cheminée fumante ; seulement une haleine alcoolisée et quelques confidences à se faire.

    Théâtralement, la Fae ressuscite et se redresse nonchalamment. Elle hésite un instant à la manière dont elle veut s'installer avant d'opter pour le confort, la détente, et de croiser ses jambes en tailleur. Lil' se penche en avant en prenant appuie d'un coude sur un genou et sourit de toutes ses dents. La fée à la tête pleine d'idées et de facéties refait surface dans toute sa gloire, et sa joie communicative.

    « Je vous jure que c'est vrai ! Je n'ai pas une fortune astronomique, mais c'est assez pour que je m'autorise quelques excès si j'en ai l'envie. Il n'y a pas de petites économies, comme on dit. Il ne faut pas se fier à mon attirail, je ne l'ai pas changé depuis... Oh, ça doit lui faire trois années de bons et loyaux services, et elle est toujours fidèle au poste ! J'ai été aventurière pendant un temps, ça m'a permis de voyager et de trouver quelques trésors, » confie-t-elle, excitée à l'idée d'impressionner le capitaine. « Bon, entre autres opportunités... Ce n'est pas ce qu'il manque, à Shoumei, si on cherche un tout petit peu. Mais à part mon paquetage, je n'ai rien changé à tout ce fourbi que je me trimbale. »

    Lil' poursuit, narre sommairement son rapide passage au Reike, son arrivée en République un an plus tôt puis sa situation. L'ex-Shoumeïenne se fait franche, honnête, et bondit d'un aspect de sa vie à un autre, de la cartographie au mercenariat, alors que son esprit passe de l'un à l'autre par quelques pirouettes parfois difficiles à suivre, même pour elle. Toutefois, malgré ses nombreuses confidences, bien qu'elle ne départît pas de sa joie qui transparait jusque dans sa voix, la jeune femme élude ses paroles et n'entre jamais tout à fait dans les détails de ses activités. Elle n'a pas exactement envie de révéler ses aspects les plus sombres, que d'autres jugeraient inavouables. Ce n'est rien de particulièrement répréhensible, à ses yeux du moins, mais la châtaine ignore absolument comment réagira Altarus s'il apprend qu'elle détrousse des cadavres, pille des reliques et, occasionnellement, des artefacts précieux ou oubliés, pour ensuite faire affaire avec la pègre, le syndicat du crime, ou qu'importe qui pourvu qu'il s'aligne sur ses prix.

    « Tant que ça ne nécessite pas de tuer qui que ce soit, je suis partante pour n'importe quelle mission. Si elle est bien payée !» déclare Lil' à la fin du tour d'horizon de ses quelques contrats en tant que mercenaire.  « Et vous, comment se portent vos affaires ? Je peux vous être utile ? »
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    Altarus Aearon
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  • Dim 13 Aoû - 10:20
     Plusieurs gouttes étaient tombées sur le dos ganté de sa main, imprégnant le cuir noir en une tache plus sombre encore. Lil' était en train de libérer cette peine intériorisée depuis trop longtemps. Un instant, elle avait fixé l'œil bleu du vieux Capitaine, décelant une émotion qu'Altarus exprimait que peu. Mais elle était bien là, bien présente. La Fae se mit à sangloter, s'emportant dans les tremblements de sanglots qui croissaient dans sa gorge et ses yeux noyés de larmes. Il n'y avait plus une Fae adulte enthousiaste à chaque instant de la journée, souriant, riant ou dansant devant chaque petite chose qu'elle trouvait intéressante ou marrante. Il y avait à la place une enfant qui portait un bien trop gros poids depuis trop longtemps, qui avait des choses horribles pour la bonté d'âme qu'elle possédait. Pour s'épanouir à nouveau, elle devait cracher un bon coup ce qui gangrénait son être. 

    D'un coup, entre deux sanglots, elle se jeta sur Altarus pour se réfugier contre lui, pour trouver la chaleur de son réconfort, pour trouver un soutien à sa peine qui la noyait. Le borgne, pris par surprise, avait manqué de tomber en arrière, l'œil bleu écarquillé quant à cette réaction des plus inattendues. Il n'était guère habitué à des épanchements sentimentaux et demeura interdit quelques secondes, pendant que Lil s'accrochait fortement à sa tunique, comme si elle redoutait de le perdre à nouveau. Elle lâchait toute sa détresse contre le torse du demi-elfe. Un peu décontenancé, il ne sut comment réagir. Sans plus réfléchir, il entoura la jeune femme de ses deux bras, renforçant cette étreinte qu'elle cherchait tantôt. Ainsi demeura-t-il, la tenant comme un père le ferait avec sa fille attristée, sans mot dire, sans rien murmurer. Nul mot ne pourrait trouver sa place dans cette vague d'émotions intenses qui ébranlaient la Fae. 

    Le temps s'écoula dans le sablier du temps. Des dizaines de secondes ? Plusieurs minutes ? Altarus ne s'en souciait guère, le temps ayant de toute façon une prise différente sur lui. Peu importait de toute manière, tant que Lil' pouvait exprimer ce qui pesait sur son coeur. Doucement, les pleurs de la Fae s'espaçaient et devenaient moins intenses, pour enfin cesser. Elle se redressa un peu, essuyant les dernières larmes du revers de ses petites mains. Altarus avait déjà retiré ses bras, pour lui laisser plus d'espace. Il regarda son visage, qui retrouvait son sourire : le sourire magique de Lil'. 

    Altarus se sentit pris dans la joie retrouvée de la jeune fille. Quand il regarda sa sombre tunique, il ne pouvait louper les marques humides qui nimbaient sa sombre tunique. 

    ''Cela séchera. Ne te fais pas d'inquiétude pour cela. Comme tu viens de le dire, c'est un dommage collatéral. "

    Lui aussi connaissait l'expression. Mais lui, c'était en tant que pirate. Comment la Fae prendrait la nouvelle si elle venait à l'apprendre un jour ? Elle était mercenaire, elle connaissait la vie rude qu'imposait cette profession. Elle voyait en lui comme un capitaine menant une existence normale, dans un commerce honnête. Mais il n'avait pas caché son appartenance à Kaizoku et n'avait pas cherché à dissimuler le fait qu'il ait bataillé contre la République quelques années auparavant. Lil' était loin d'être bête, au contraire, elle était brillante. Si la curiosité la poussait à le questionner sur ce point, il aviserait. 

    D'un coup, Lil' s'amusa à sauter sur le gros coussin qui couvrait l'assise du fauteuil sur lequel elle se trouvait. Elle gloussa de cet amusement, avant de se confondre joyeusement en excuse. Altarus eut un petit rictus amusé au coin droit de ses lèvres, avant d'assister à une fausse mort agonisante à l'idée qu'elle avait de devoir peut être remboursé les effets de ses sauteries sur le malheureux coussin. Altarus observait son manège et discrètement, pour cacher un rire, il porta son poing devant sa bouche pour faire miner de toussoter, afin de paraître toujours aussi sérieux qu'il ne l'était. La Fae avait vraiment le don de dérider le vieux borgne. 

    Une fois Lil' revenue comme par miracle facétieuse à la vie, il put la rassurer quant à son idée de rembourser le coussin si elle venait à trop l'abîmer. 

    ''Tu sais, si une de tes pirouettes vient à provoquer l'éventration de ce coussin, cela ne coûtera pas une fortune pour le recoudre. Au mieux, je le réparerai moi-même. Un peu de bourre, un fil et une aiguille et cela suffisant. Ce n'est qu'un coussin de tissu lambda. Mais ce n'est pas pour autant que tu doives prendre goût à rebondir dessus...''la gourmanda-t-il faussement. 

    Quand elle narra certaines de ces péripéties, en tant que mercenaire, Altarus culpabilisa à nouveau de pas l'avoir cherchée plus intensivement. Alors, peut-être que sa vie de merco' lui avait permis de subvenir à ses besoins, mais combien de fois s'était-elle retrouvée en danger ? Il chassa ces songes. C'était fait, il ne pourra pas remonter le temps pour changer tout cela. L'important maintenant était que Lil' était vivante et pétillante de vie et de joie. 

    ''Garder la même tenue n'est pas une tare en soi... Tant que ta tenue et ton matériel ne te fait pas défaut, pourquoi changer ? Avoir de l'argent ne signifie pas qu'il faille le dépenser en facétie. "

    La Fae était très économe, au point d'être avare. Et d'où sa petite comédie de tout à l'heure rien qu'à l'idée de payer un autre coussin. 

    ''Avoue que tu as une grotte secrète, avec plusieurs tas de pièces d'or et de tes trouvailles... "

    Il était tenté d'en savoir plus sur le genre de trésors qu'elle avait pu trouver en Shoumeï. Mais ce serait se montrer trop curieux. 

    ''Tu es toujours partante pour un petit job....Mes affaires ne vont pas trop mal. Heureusement, car aujourd'hui, une Caravane a pris du retard et je doute que le marchand avec lequel je discutais tout à l'heure ait des marchandises équivalentes en valeur qui remplacera ce qui n'arrivera pas en temps et en heures. Mais comme j'ai encore un peu de temps avant de le secouer un peu, tu avais des cartes à vendre.... De quelle carte s'agit-il exactement ? "



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