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  • Jeu 20 Juil - 12:49
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04


    - C'est du phantacier ? "
    Elle fronça le nez, doutant de ce que pouvait être ce métal. Elle se reposait sur l'expertise d'autres lorsqu'elle en avait besoin à l'époque.

    D'ordinaire, elle n'avait pas besoin de plus que se concentrer sur une magie pour en comprendre le fonctionnement, mais cette fois, lorsqu'il tendit le pommeau, elle en approcha la main, laissant ses doigts caresser les courants d'énergie qui s'écoulaient autour, s'y enroulant et en irradiant. Puis, surprise d'un détail, elle ferma les yeux. Ce démon était ancien... Bien plus qu'Elaena, Halewyn ou Kyleth. Rowena avait préféré ne pas répondre lorsqu'il avait déclaré s'être poignardé lui-même, levant seulement un sourcile en attendant qu'il s'explique... Elle n'avait pas été déçue et ses explications expliquaient littéralement tout ce qu'elle avait sous les yeux excepté ce qui était du à l'endroit. Elle se méfiant d'autant plus de l'hôte qui avait été capable de vendre son corps à un démon pour finalement le détruire et l'assimiler au risque de s'y perdre. Cet homme, peu importait leur passé, était encore plus fou qu'Elzéar ou Kahlez.

    - Je te le confirme. " Il ne retrouverait pas une aura classique. " D'un point de vue magique, tu n'es plus un elfe mais pas tout à fait un démon. Physiquement tu te désagrège. Et d'un point de vue mental tu n'es plus tout à fait un non plus.

    Elle préférait être franche. Il n'y avait aucun enjeu à ne pas froisser cet inconnu qui ne l'était pas tant et aucune raison de lui épargner la réalité de son état. L'état de sa main obscure pouvait tout aussi bien s'étendre à tout son corps tant il était instable pour l'instant. Alors qu'elle inspectait autant son aura à lui que la lame puisque l'une et l'autre semblaient faite d'une étoffe bien trop proche pour se risquer à la toucher, il continuait de parler.

    - Tu as choisi de risquer ton âme dans ce pacte.

    Elle éloigna la main et ouvrit lentement les yeux dans la pénombre. La noirceur de ses yeux  presque symétrique pour le commun des mortels à cause du manque de lumière, alors qu'elle cherchait le regard du presque-démon. Il n'y avait pas de froideur ou d'accusation dans le ton qu'elle avait employer. Pas plus que lorsqu'ils avaient parlé de leur rôle de tueur le soir dans cette fameuse auberge.

    - Tu t'es fondu dedans, tu en a profité, Tu t'es imposé ça jusqu'à franchir un point de non retour. " Là encore, ce n'était pas une simple spéculation. Il venait de modifier son essence la plus profonde. Elle ne put retenir un pincement de lèvres atristé. " Je ne sais pas ce que tu penses connaitre de ma marque, mais le choix que tu as fais, d'absorber l'être qui te rongeait pour t'en sortir. Je ne pourrais jamais avoir le luxe de le faire.

    Que resterait-il d'elle si elle tentait d'absorber l'éclat d'un être aussi puissant et néfaste que Xo'Rath ? ... Et en même temps c'était la première fois qu'une échapatoire de ce style lui traversait l'esprit. N'était-il par préférable d'être différente que de ne plus être du tout ? Non. Non ce n'était pas préférable de rendre le monde pire en y restant que de le quitter en enfouissant avec elle cette part de non vie. ... Mais une boule restait bien ancrée au creux de son estomac.

    Elle détourna finalement le regard, cherchant quelque chose dans la sacoche à sa ceinture, mais surtout un prétexte pour rompre le contact visuel.

    - Tu as de la chance. Melorn est une ville d'une magie très puissante. Avec de l'eau d'une des rivière je pourrais refermer la plaie au moins suffisament pour que tu ne risque pas de lésions à long terme. Et si je n'y arrive pas je connais une médecin qui devrait pouvoir. " Autrement dit, il leur faudrait quitter la propriété. Elle continuait à réfléchir de son côté... repensant à ce que Halewyn lui avait dit sur les jeunes démons. Deux fioles cliquetèrent dans le fond de sa sacoche et elle tira un morceau de fusain avant de la refermer. " Je dois aussi t'avertir. J'ai senti ta nouvelle nature en suivant celle d'un démon qui a eu de gros problèmes avec la justice du coin. Si tu as toi-même tué des gens dans cette ville, je te déconseille d'y rester seul. Je ne serait probablement pas la seule à venir après toi.

    Sur le revers de sa main saine, elle prit quelques notes au fusain. Quelques lettres, deux ou trois tracés ésothériques qu'elle ne voulait pas oublié dans ses conclusions sur le fonctionnement magique de ce qu'elle avait ressenti.

    - Je vais être honnête, j'ai besoin de comprendre comment nos magies interagissent. La vie de quelqu'un en dépend. Je crois que c'était pour ça que je suis venu. Ta transformation est peut-être mortelle. Peut-être qu'elle te changera encore plus que tu ne l'es déjà. Et peut-être que tout rentrera dans un relatif ordre. Mais si tu reste ici et que la réaction magique devient trop forte ou trop chaotique, tu sera détruit. " Elle n'y allait toujours pas par quatre chemins. Mentir lui semblait inutile. Contreproductif même. " Moi et mes compagnons pouvons te protéger. Nous avons plusieurs chambre dans une auberge tranquile dans le quartier les plus ouverts aux étrangers. L'un d'eux est un démon, sa présence t'évitera d'être trop facilement sous le feu des projecteurs.

    Elle se redressa pour lui faire face à nouveau après avoir ranger son fusain. Aucun mensonge ne s'était glissé dans son expliation. S'il acceptait, elle aurait plus de temps pour apprendre et lui un endroit sûr. Les choses pouvaient plus mal tourner.

    CENDRES
    Invité
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    Anonymous
  • Jeu 20 Juil - 19:29
    Je ne crois pas, du moins ça n’en a pas les propriétés.

    Il y a une multitude de choses à dire et à concevoir, il n’était plus un elfe, tout comme il n’était pas un démon… il était juste autre chose, une chose dont on avait du mal à distinguer les origines et les fonctionnements. L’exilé n’avait pas l’impression de se désagréger, il était en sale était certes, mais au vu des évènements récents cela pouvait être explicable aisément. Son corps devait s’adapter à sa nouvelle condition, son bras n’était peut-être que le début… Cette idée lui traversa l’esprit, mais il ne pouvait pas céder à l’inquiétude.

    Un sacrifice oui, un prix que j’étais prêt à payer si cela pouvait me permettre de me libérer de cette emprise… J’avais le choix entre mourir lentement, disparaître peu à peu, ou tenter l’impossible pour reprendre le cours des choses en main.

    Au final il se sentait mieux, libérer d’un poids… avant la présence tout cela, la présence de l’entité s’était fait beaucoup plus présente, après la mort d’Aërin et de Elwë c’était… comme une petite voix dans un coin de son esprit, l’encourageant à céder à des pulsions meurtrières, à tuer tous ceux qui pouvaient avoir l’audace de le regarder de travers. Il avait du mal à penser par lui-même, ses idées étaient le plus souvent brouillées… maintenant tout était clair, plus aucune voix ne l’habitait, il était seul.

    Je n’ai pas la bêtise de dire que c’était une solution dans ton cas Rowena, j’ai dit que je comprenais ce que tu pouvais ressentir, car ce vide que tu ressens parfois au fond de ton être, je l’ai ressenti aussi, plus que quiconque.

    L’elfe n’avait pas les compétences d’identifier avec précision ce don dont souffrait la jeune femme, il savait que cela était dû à une arme imprégner de magie, du moins c’était ce qu’elle lui avait raconté quelques mois plus tôt, à une époque où la fissure n’était pas aussi étendue.

    Tu sais qu’il existe un moyen n’est-ce pas ? Tu le sais, mais tu n’en parleras pas.

    Il écouta attentivement la jeune femme, il ne lui fallut guère longtemps pour comprendre qu’elle parlait de Violence. Comme l’exilé avait parcouru un bout de chemin avec ce démon aussi, possiblement que son aura devait en être imprégné, attirant la jeune femme par erreur au mauvais endroit. Difficile de savoir de quels crimes elles voulaient parler, mais… S’il voulait gagner sa confiance peut-être devait-il avouer ? Il n’y était pas obligé, mais… si jamais elle parvenait à trouver un moyen de le toucher pour le sonder une nouvelle fois et qu’elle découvrait cela elle-même… ça n’allait certainement jouer en la faveur de l’elfe.

    D’accord pour le bain de minuit, si tu penses que ça vaut le coup.

    Il laissa s’écouler quelque instant, attendant une réaction qui ne viendrait peut-être pas.

    Tu parles de Violence n’est-ce pas ? Autant que je te l’avoue tout de suite, je t’ai fais confiance par le passé, et j’imagine que je peux toujours, mais je comprendrais que tu désires changer de plan après ça. J’ai croisé la route de Violence, nous avons… coopéré, il a fait partie de moi tout au plus. Grâce à elle, je suis parvenu à retrouver Imrith, l’elfe nécromancien de Ikusa, celui qui t’a fait chuter dans le conduit d’évacuation. Il avait recommencé son culte ici, je ne pouvais pas le laisser faire, je pensais… Venger ta mort en l’éliminant et celle des innocents morts à Ikusa, mort à Melorn. Violence m’a apporté son aide pour y parvenir, tout comme elle m’a aidé à affaiblir l’entité avec laquelle j’ai pu pactiser. J’imagine que sans elle nous n’aurions pas cette discussion. Je ne dois plus rien à Violence et si tu as besoin d’information la concernant, je peux t’en donner.

    Il y avait aussi Elwë et Aërin, ça, c’était… Violence n’était pas responsable de ces deux morts-là, cette fois c’était une histoire plus personnelle, il devait en parler, pas en détail pour ne pas mêler Eliendir à toute cette merde, l’elfe devait déjà avoir suffisamment de choses à gérer pour ne pas avoir la guerrière sur le dos.

    Si tu es là depuis un moment, tu auras peut-être entendu parler de la mort d’un ancien capitaine de la garde nommé Yndreth, d’un membre du conseil de Melorn, et de sa petite fille, c’était moi.

    L’exilé avait parlé sans détour, et de toute manière il n’était pas nécessaire de cacher ce genre de chose, Elwë et son grand-père étaient deux pourritures, leur mort n’allait pas faire de mal à la cité ni à ses citoyens, quant à Yndreth... lui n’était rien. L’exilé écouta une nouvelle fois attentivement la belle guerrière, quitter sa demeure ? L’idée pouvait-être tentant, sortir d’ici, trouver un autre endroit où loger... Quant à assurer sa sécurité... l’exilé n’était pas sûr que mêler plus de personnes à cette histoire soit la meilleure idée, mais encore une fois, elle avait sa confiance, ce qui n’était pas forcément réciproque.

    Je ferais ce que tu juges « bon », même si ça ne me plait pas dans tous les cas je ne compte pas mourir maintenant. Mais avant de partir d’ici, je dois régler certaines choses.

    Cependant, une chose l’intriguait.

    La vie de qui en dépend ?

    Elle était libre de lui répondre ou non.

    ***

    L’elfe remonta les marches d’escalier quatre à quatre pour retourner dans le labo de son père, la jeune femme était libre de lui suivre ou d’attendre dans le hall, cela n’avait pas d’importance. L’exilé pénétra dans la pièce secrète et commença à fouiller les documents encore intacts, détruisant tout ce qu’il jugeait inutile, cela dura plusieurs minutes avant qu’il ne mette la main sur ce qu’il cherchait.

    C'est un moyen.

    L’elfe récita à voix haute le contenu du parchemin dans une langue similaire à celle utilisée pour le pacte qu’il avait conclu. Suite aux paroles qu’il venait de prononcer, la dague s’illumina une nouvelle fois, la lueur augmenta jusqu’à être presque blanche, puis l’arme redevint aussi noire que la nuit. Il laissa le parchemin retomber au sol, d’un geste précis il créa une sphère d’ombre d’un mètre de diamètre, celle-ci progressa lentement dans la sale secrète, dévorant toutes les connaissances et les études récentes sur son passage. Maintenant il pouvait partir.
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  • Jeu 20 Juil - 20:35
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04


    - Un bain froid pourrait te remettre les idées en place oui.

    Un sourire en coin, mi-figue, mi-raisin, alors que les souvenirs creux du mage noir flottaient dans sa mémoire. Ils avaient été amants et frères d'armes... avaient-ils été plus ? C'était une question qui ne la quittait pas, bien qu'elle s'efforce de la faire passer en sourdine. De toute façon s'il y avait eu plus, elle avait choisi Shan...

    La suite la surpris bien plus. Il avait non seulement été l'hôte du démon qu'Halewyn avait croisé mais il confirmait les espoirs du Spectre Rouge. Le jeune démon avait tué, certes, mais il ne s'en était pris qu'à des créatures ignobles. Vraiment ? Elle se souvenait de l'elfe répugnant qui avait lancé son culte dans les égouts de la capitale et ne pleurerait pas son décès, même si elle pensait toujours que se faire à la fois juge et bourreau n'était pas une bonne chose. Shan avait la même habitude que Lorindol là dessus... Et si ce démon avait en plus aider l'elfe à se défaire de son pacte, à y survivre d'une certaine façon, c'était sûrement pour le mieux, pour l'un comme pour l'autre.

    Elle se demanda un instant en quoi consistait le pacte d'ailleurs. L'avait-elle su par le passé ?

    Mais elle n'eut pas le temps de se poser davantage de questions. Il la détrompa. Il avait tué bien d'autres personnes... Mais...

    - Pourquoi ? "
    Il avait l'air... Elle ne savait pas trop mais elle de quoi il avait l'air mais il ne semblait pas du genre à tuer pour le plaisir... Au vu des souvenirs qu'ils partageaient ce ne pouvait être un sociopathe en puissance ! Il devait y avoir une... Le pacte. Il devait tué avec cette lame pour accomplir son pacte. Tuer qui ? Pourquoi ? " C'était ça ton accord avec le démon ? Te venger... " Pas une question cette fois.

    Elle ouvrit la bouche mais s'arrêta. Le cadre détruit au sol... Cet endroit... Sa famille... Il l'interrogea sur l'identité de la personne menacé. Elle soutient son regard en retour, indécise. Pour le moment, il convenait de se taire. Il finit par faire demi tour pour monter les escalier et elle monta à sa suite. Le puzzle prenait sens peu à peu dans le silence.

    Une famille d'érudits. Un fils qui étudiait à l'Académie... Une trahison.

    Deux pas derrière lui, elle regardait le dos de l'inconnu lorsqu'un frisson violent s'apparentant à un spasme lui secoua les épaules. Elle inspira dans un bref à-coup et expira un fin nuage de buée, stoppée dans le rythme de sa marche. Entre une porte et un magnifique vase que le temps et le vent avaient précipités sur le sol, elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule. Lorindol s'éloignait à grands pas sans s’intéresser à ce qu'elle pouvait bien faire, visiblement focalisé sur une toute autre tâche. Doucement, suivant un vague mouvement de lumière imprécise, ses yeux se posèrent sur la porte. Avant de l'avoir réellement réalisé, elle se retrouva devant le battant.

    Il y avait quelque chose ici. Juste derrière. La poignée de la porte, gelée sous ses doigts gourds, résista légèrement, le mécanisme grippé, avant de céder. Une odeur de renfermé et de poussière la saisit à la gorge. Derrière, elle n'aurait pas pu décrire le moindre détail du décor. Là, en plein milieu de la pièce, la silhouette à la lueur maladive l'observait de ses orbites creuses. Sa nuque se hérissa mais cette fois, elle ne paniqua pas. Le bras décharné de la créature se leva en volutes floues et se tourna lentement pour pointer vers un bureau croulant sous la poussière. Un craquement sec fit sursauter la sirène. Un tiroir du meuble s'était entrouvert. Pas une seule toile d'araignée ni le moindre insecte n'était visible. Pas une seule trace dans la couverture grise. Pour s'en approcher, Rowena du passer près de l'apparition, ressentant un froid encore plus vif. Elle se glissa vers le tiroir, gardant autant de distance qu'elle le pouvait et restant de diagonal, pour voir la créature en même temps que le contenu secret. Elle y enfonça une main pour en tirer un petit journal de belle facture aussi souple et coloré qu'au jour de sa création. Pas une grain de poussière ne le maculait.

    Rowena fixa l'apparition qui se tenait là. Toujours. Son bras était de nouveau contre son flanc évanescent.

    - Qu'est-ce que vous voulez ? " souffla la sirène. Seules les orbites vides lui répondirent.

    Sous la couverture, les premières pages étaient couvertes d'une écriture ronde et régulière. Une caligraphie de personne lettrée. De l'elfique d'un niveau littéraire élevé. Une date figurait à droite à intervalle irrégulier. Elle releva les yeux, de plus en plus incrédule.

    Plus rien. L'apparition s'était évanouie. Rowena regarda encore quelques instant le journal puis le glissa dans sa sacoche et trottina le long du couloir, espérant retrouver la trace du maître des lieux. Alors qu'elle s'éloignait le long du couloir, la voix spectrale qui lui était déjà parvenu déformée lui paru bien plus nette. Le soupire d'une femme porté par un courant d'air qui lui ébouriffa les cheveux.

    * Sauve le. *

    Toujours personne derrière elle. Elle croisa les bras et recommença à avancer. Lorsqu'elle atteint la porte ouverte pour finalement  voir l'espace secret remplit de feuillets, ce n fut que pour voir la lame blanchir et l'ombre dévorer le papier sans qu'elle n'ait put que lancer un un cri d'opposition. Elle s'était presque jetée sur lui pour l'empêcher de tout détruire mais s'était retenue juste à temps pour ne pas le toucher.

    - Pourquoi ?! Je t'ai dit que j'avais besoin d'en savoir plus sur cette magie !! " La colère réelle, née d'une angoisse tout aussi sincère darda à travers le regard de la jeune femme... Mais qu'importe la raison, elle n'aurait jamais gain de cause sur le cours du temps. Il venait d'agir et elle n'y pouvait plus rien.

    Alors elle avait ravalé sa verve et avait reculé de quelques pas en soupirant. " ... Tiens. Prend ma cape. Tes vêtements sentent le sang et attireront plus l'attention s'ils ne sont pas couverts. " Puis elle se retourna, jetant un dernier regard douloureux à la pièce vide. " Cet endroit est lugubre. Je préfère ne pas m'attarder. " souffla-t-elle en remontant le couloir sans s'assurer qu'il la suivait.

    Dans le jardin, l'air était à peine plus respirable. La fontaine asséchée et la végétation prolixe saluèrent silencieusement les pas qui s'éloignaient. Et ce ne fut finalement que derrière le portail, une fois le passage refermé, que Rowena recommença véritablement à respirer. Ses lèvres étaient d'un mauve bleuté et ses bras toujours serrés autour d'elle mais elle sentait la froideur refluer de son être et l'accueillit avec un discret soupire de soulagement.

    Elle ne reprit pas de suite la conversation, préférant utiliser le temps pour remettre les bribes d'informations et de souvenir dans l'ordre. La famille riche. La trahison. Le pacte. La vengeance. La volonté de combattre le mal d'une certaine façon, sinon il ne se serait pas fatigué à l'aider avec Imrith. La possibilité d'échapper à son sort en dévorant celui qui pensait le dévorer...

    - Tu as accomplit ton pacte ? Je veux dire, avant d'y mettre fin, le démon avait accomplit sa partie du marché ? Tu as eu ta vengeance ?


    Elle avait demandé ça soudainement, alors qu'ils sortaient des quartiers les plus riches et s'approchaient d'un pond enjambant un petit cours d'eau. Cela pouvait sembler brusque mais c'était l'une des informations qui l'éclairerait le plus sur le genre d'homme qu'il était.

    Au lieu d'avancer sur le pont, elle s'approcha du petit escalier à côté qui descendait sur le quai du canal ou de la rivière, le laissant passer en premier pour y descendre.

    CENDRES
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    Anonymous
  • Ven 21 Juil - 11:55
    Un petit sourire, simple, qui ne dura qu’un instant. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était toujours mieux qu’un regard froid et distant, les choses devaient sans doute aller dans le bon sens, du moins c’est ce qu’il espérait.

    Tu penses vraiment qu’elle va te croire sur parole ?

    La jeune femme l’écouta calmement, prenant sans doute le temps de peser chaque mot qu’il prononçait, tout compte fait cela faisait beaucoup d’information à assimiler d’un seul coup. Violence, les meurtres, son pacte... Des choses qui auraient sans doute étaient plus facile à comprendre s’il n’avait pas eu ce problème de souvenir.  

    C’est exact. En échange de mon âme, l’entité m’offrait la possibilité de me venger, d’éliminer tous ceux qui avaient trahi ma famille. À chaque vie prise par la lame, le démon se faisait de plus en plus présent dans ma conscience. Lors de notre première rencontre, sa présence n’était qu’infime par rapport à ce que je subissais quelques jours plus tôt. Je sentais continuellement sa présence en moi, chaque mot, chaque pensée, chaque désir... il était là.  

    L’exilé n’aurait certainement pas tenu longtemps sous cette pression continuelle, avoir l’impression de ne plus être maître de ses pensées ou de ses envies était loin d’être une situation enviable. Sentir que l’on perdait le contrôle sans rien pouvoir y faire... devenir peu à peu un spectateur de ses propres actes... Il n’avait pas pu se résoudre à finir sa vie ainsi, alors il avait bousculé les choses.  

    ***  

    L’elfe s’était légèrement retourné, posant son regard sur la jeune femme dont la colère irradiait tellement qu’il pouvait la sentir frotter contre sa peau.

    Ne me parle pas comme si j’étais stupide.  

    Son ton n’était pas menaçant, mais il était froid, distant. Il savait très bien ce qu’il avait à faire et comment le faire, lorsque cela concernait les études de son père, il était certainement le plus apte dans cette pièce pour savoir quoi faire et comment le faire. Bien sûr ce dont il avait besoin était gravé dans son esprit, mieux valait que toutes les connaissances présentes dans la demeure disparaissent, Lorindol ne voulait pas courir le risque que cela tombe en de mauvaises mains. Il savait qu’au-delà du monde tangible, vivaient des entités à la puissance similaire aux Titans, certains mortels seraient sans nul doute assez fous pour tenter de dominer cette puissance via des arts noirs, et même s’il n’était un bon samaritain, il ne souhaitait pas qu’une telle chose se produise.

    Tu ne te souviens pas de moi, tu pourrais très bien choisir de me planter une lame dans le dos à la première occasion, et pourtant je te fais confiance lorsque tu dis pouvoir essayer de me soigner ou me conduire en « sécurité ». Je ne demande rien en retour si ce n’est une once de confiance, je sais ce que je fais. Le moment venu, nous devrons parler.

    Et la conversation ne risquait pas d’être agréable.  

    L’elfe récupéra la cape qui était typiquement le genre d’atours féminin, il se demandait bien à quoi il allait ressembler avec ça sur la tête, mais c’était sans doute mieux que d’être couvert de sang, et de toute manière il n’avait pas la bêtise de faire la remarque à voix haute. Cependant, parler de sa demeure comme d’un endroit lugubre l’affecta, peut-être plus qu’il le laissait penser.  

    Tu aurais dû cet endroit avant, lorsqu’une heureuse vivait ici, lorsque les murs étaient immaculés, que l’eau de la fontaine ruisselait tout autour d’un jardin en fleur magnifique où les oiseaux chantaient leur plus belle mélodie.

    Lugubre... c’était aussi vrai que la douleur qu’il ressentait en repensant au passé.  

    ***

    L’exilé enroulé dans sa cape suivit la jeune femme en silence, il n’avait rien à dire de toute façon. Il fallait laisser le temps aux propos échangés de faire leur chemin, chacun réfléchissant un peu à ce que l’autre représentait ou pouvait représenter. Pour Lorindol c’était simple, Rowena était une personne de confiance, droite dans ses bottes et avec expérience de la magie qui n’était plus à prouver. L’inverse n’était pas aussi simple, il était un inconnu, mage noir, assassin et dont l’aura empesté à des lieux à la ronde. Présenter ainsi, lui-même se serait méfié dans une situation similaire.  

    Il passa devant la jeune femme et descendit sur le petit ponton de bois sculpté qui bordait l’eau. Il se retourna légèrement pour répondre à sa question, lui lançant un regard en biais.  

    Non. Notre pacte n’était pas terminé sinon je ne serais pas là, enfin, mon corps peut-être, mais mon âme non.

    Il fit quelques pas, s’accroupissant pour se rapprocher de l’eau. Son reflet le dégoûtait au plus au moins, de toute manière il ne s’était jamais vraiment aimé. De sa main éthérée, il écarta les mèches de cheveux qui dissimulait la cicatrice qui le défigurait, glissant le long de sa joue, parcourant l’arête de sa mâchoire jusqu’à atteindre son cou.  

    J’imagine que tu vas me demander si d’autres personnes doivent mourir ? Oui. D’autres personnes doivent mourir, l’ancien capitaine de la garde Yndreth, le conseiller Aërin, la future conseillère Elwë n’étaient que les premiers.  

    Il laissa sa main faire de volutes de brume entrer en contact avec l’eau, il pouvait ressentir les flux magiques et leurs puissances, c’était comme s’il pouvait les caresser. Et si cette main n’était pas faite pour détruire, mais pour voir et ressentir ce que les yeux ne pouvaient pas percevoir ? Certes ils pouvaient détruire avec les ombres, mais... il pouvait sentir la magie du lieu l’imprégner lentement, c’était comme se ressourcer sous l’ombre d’un arbre après une longue marche.  

    Le conseil de Melorn est une mascarade, construite par des personnes corrompues politiquement et moralement, s’il te prenait l’envie d’enquêter sur les agissements du conseil, je partirai mon âme que tu aurais une visite nocturne d’ici quelques jours, et ça ne serait certainement pas aussi agréable qu’à l’auberge. Et là tu vas me demander si je compte toujours me venger n’est-ce pas ?  

    Il se redressa alors, de minces filets d’eau glissant encore le long de sa main.  

    J’imagine que tu tiens à quelqu’un Rowena, ou à plusieurs personnes peut-être. Imagine qu’un jour on te trahisse, que les êtres aimés meurent lentement sous tes yeux et que malgré toutes tes capacités tu restes impuissante face à l’avancée inexorable de la mort. Ton corps serait transi de froid, chaque respiration glaçante et douloureuse, tu les verrais tous tomber un à un, tu sentirais leur peau devenir aussi froide que la glace elle-même, puis leur regard deviendrait lentement vitreux avant d’être à leur tour couvert d’une fine couche de neige. Tu puiserais dans tes dernières forces pour porter sur tes épaules la personne la plus importante à tes yeux ou à ton cœur, pour finalement la voir s’éteindre elle aussi. Seule au milieu de cadavre, il ne resterait plus que toi.

    Il s’approcha d’un pas, puis d’un deuxième.  

    Si l’on te proposait alors une échappatoire, la possibilité de te venger, de faire payer les ordures t’ayant poussé jusqu’au bout, jusque dans les derniers retranchements de ton être. C’est comme se tenir devant un pont effondré, tu sais. On peut choisir de reculer, prendre de l’élan pour mieux sauter et espérer atterrir de l’autre côté, ou alors on peut avoir le courage de sauter dans le vide et d’en assumer les conséquences.

    Il ne demanda pas à la guerrière ce qu’elle ferait si telle était le cas, pourquoi poser une question à laquelle il connaissait déjà la réponse.  

    Je vois le monde différemment à présent, je vois les flux de magiques, je vois la vie et la mort, la tristesse et la colère...  Je ne suis plus cette sale bête sanguinaire qui voulait absolument se venger, je ne compte pas leur courir après, mais... s’ils devaient par mégarde tomber devant moi, je n’hésiterais pas à écraser leur petite gorge avec le plat de ma botte et à savourer chaque seconde de leur agonie.  Malgré cela je n'irais pas autant les chercher dans leur lit.

    L’exilé se recula, jugeant qu’il en avait assez dit sur ses motivations et sur ce qu’il voulait faire à présent. La vengeance était toujours là, présent au fond de lui, mais elle n’était plus un moteur, ce n’était plus le but ultime de son existence, à présent il pouvait vivre. Il retira la cape, et commença à retirer sa veste, puis sa chemise.

    Il arrive ce bain de minuit ?

    Avait-il fini par dire, pour plaisanter, une note moins sinistre que ses précédents propos.
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  • Sam 22 Juil - 15:01
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04


    - Très bien... En attendant je t'accorde le bénéfice du doute. "
    Elle avait l'impression qu'elle le regretterait...

    Les mots de Lorindol sur le passé du domaine étaient loin de sonner creux. En entrant, le jardin et la fontaine suggéraient des jours bien meilleurs et l'intérieur grandiose aux œuvres raffinées n'avait rien à envier aux plus beaux manoirs républicains. Mais le froid, l'absence de vie et de chaleur, eux, étaient en osmose parfaite avec le cadre détruit et la toile de maître représentant la famille d'un autre temps. ça, Rowena se souvenait de l'avoir vu, de l'avoir regarder un long moment, et même d'avoir été touché par les visages et les personnes représentées là. Mais lorsqu'elle y repensait, elle ne reconnaissait plus le jeune homme souriant sur l'épaule duquel le patriarche posait la main, l'air protecteur.  Ce ne fut qu'en tournant à nouveau les yeux vers l'amas de toile et de bois qu'elle réalisa l'identité de l'héritier sur le portrait de famille. Ils regagnaient la porte lorsqu'elle avait tourné vers l'elfe un regard à la fois surpris et plus profond que précédemment, essayant de tresser l'absence de souvenir, les images anciennes et l'apparition à laquelle elle avait assisté à l'étage. Le journal pesait soudain plus lourd dans sa sacoche.

    Mais l'heure n'était pas venu d'en parler pour le moment. Comme il le disait lui-même, ils avaient encore beaucoup à partager, que ce soit au sujet de la magie ou non d'ailleurs.

    Dehors, bien loin de cette antre de mort, à l'ombre du pont qui les cachait à la vue et accompagnés par le clapotis de l'eau froide qui s'écoulait paisiblement à leurs pieds, elle n'hésita pas à l'interroger de nouveau. Elle cherchait toujours à le cerner, à comprendre qui il était. Ce qu'elle avait pu lui trouver à l'époque malgré la noirceur évidente qui baignait son être. La seule chose vaguement familière chez lui était cette cicatrice au visage. Sans doute en avait-elle vu tellement sur tant de combattants que cela lui donnait un côté vieux camarade ? Et puis il y avait cet air canaille lorsqu'il avait parlé du bain de minuit l'avait mis sur une piste, celui qui donnait un côté impertinent rappelant soudain que ce corps corrompu était également agréable à l’œil... mais c'était bien loin d'être suffisant pour risquer sa vie à devenir l'amante d'un homme de cette sorte.

    Il avait donc préféré sauver sa vie à aller a bout de sa tuerie... En un sens, cela redorait légèrement l'opinion qu'elle avait de lui. Il avait mis un terme à tout ça alors qu'il pouvait continuer à se détruire pour l'obsession qu'il se rongeait.

    Il s'accroupit au bord de l'eau. Elle resta quelques pas derrière, tirant sur la boucle de son ceinturon pour le poser au sol avant de retirer ses chaussures.

    - Tous les gouvernements ont leur lot de corruption et de courageux. Tu as un côté surprenamment idéaliste. " Elle avait un sourire sans joie en s'asseyant sur le bord. Une jambe nue à la peau diaphane passa près de la main de Lorindol pour s'enfoncer dans l'eau. La seconde l'y rejoignit, dévoilant les tatouages qu'elle avait à la cheville et qu'elle avait déjà à Ikuza. Les deux frises claniques et la ligne rouge qui lui faisait le tour du tibia. Elle n'avait gardé que sa tunique longue qui lui couvrait correctement les cuisses avec toute la pudeur que recommandait la civilisation. Elle avait pris un peut de poids depuis leur précédente rencontre. Où plutôt, elle avait perdu légèrement en muscle, se concentrant sur ses recherches et sa pratique magique. " Bien vu. Alors ? Tu compte toujours te venger ? Pourquoi mâcher ses mots ? Assiste sur le rebord à côté de lui, elle n'avait pas même frissonné au contact de l'eau froide.

    Au contraire, ce contact était plus qu'agréable. L'eau n'était pas seulement vive, elle était gorgée d'une magie douce qui la détendait et lui donnait l'impression de reprendre facilement des forces, comme nettoyée de la présence du domaine en ruine. Tout en l'écoutant, elle regardait l'eau glissé sur les doigts obscures de l'elfe, avant de remonté à ses yeux, la gorge de plus en plus serrée. Elle soutint son regard comme elle soutint sa proximité. Plus tôt, il avait dit savoir... Il avait dit qu'il ne jugeait pas, qu'il comprenait. Il avait dit que lors de leurs précédentes rencontre, dans cette fameuses auberge où ils avaient sans doute couché ensemble pour la première fois, il s'était senti accepté comme il était, sans jugement, sans avoir à tout expliquer. Il ne l'avait pas dit précisément dans ses termes, mais c'était tout comme. Et à présent, elle commençait à comprendre pourquoi.

    - Tu... Je t'ai raconté ce qui m'est arrivé pendant la guerre ?

    Elle ne parvint pas à rester totalement stoïque... Lui avait-elle raconté ce qu'elle avait vécu pour qu'il tape aussi juste ? Où s'il lui demandait d'imaginé, c'était qu'il ne le savait pas ? ... Dans tout les cas, il retrouva dans les prunelles de la jeune femme un peu de cette horreur qu'il avait vécu. Cette même horreur qu'elle comprenait trop bien. Et lorsqu'il lui présenta la vengeance, son regard se durcit. La froideur ne parvenait pas à cacher l'envie. Si elle avait vu traqué les responsables l'aurait-elle fait ? Elle se plaisait à croire que non, mais elle ne pouvait se mentir tout à fait. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle aurait fait si cette catastrophe avait été uniquement le fait de mortels. ... Elle avait eut envie de plonger ses mains dans la poitrine d'Elaena lorsqu'elle l'avait revue après la débâcle.

    - Tu préfères vivre ta vie plutôt que de la perdre à tuer des criminels. C'est plus sage qu'il n'y parait.

    Une colère sourde se ralluma, comme on souffle sur une braise oubliée, et elle secoua la tête, posant les yeux sur le cours d'eau. Un rire mauvais lui avait échappé face à l'image de ces responsable expiant leur crime par hasard sous sa botte. Mais qu'y pouvait-elle maintenant ? Lorsqu'elle détourna à nouveau les yeux des remous de l'onde, ce fut pour le voir tomber la chemise. ... Il était vraiment tatoué sur tout le corps ? Évidemment, dans les souvenirs qu'elle avait récoltés dans sa tête, il ne se voyait pas lui-même. Elle n'avait aucun souvenir de ce corps, qu'elle l'ait déjà touché ou non. L'hédoniste qu'elle était aurait pu se contenter d'admirer sa plastique quelque peu... ruinée par son état actuel. La mage était fascinée par les tracés qui n'avaient absolument rien de hasardeux. Pour connaitre les courants magiques du corps d'une façon poussée, elle était bien placée pour remarqué que l'encre se nouait et liait certains points particuliers en une géométrie ésotérique des plus puissantes.

    - Tu va devoir te contenter d'un bain d'après-midi. " Un sourire de dérision, l'éclat entaché par le sujet qu'il venait d'aborder et qui collait encore à l'âme de la jeune femme. Elle fixa un instant encore le flux de l'onde avant de s'y laisser glisser sans crier gare. Sa tête disparue sous la surface et réapparut à un bon mètre du bord, légèrement déformé. Sa chevelure blanche aussi fluide que l'eau qui l'entourait était percée de longues oreilles pointues et membraneuses et une longue nageoire aux écailles irisées se devinait sous l'eau. " Alors ? On hésite ?

    Deux mains palmées vinrent repousser quelques mèches de son visage. Elle avait réfléchi à la meilleure façon de faire et si l'ordre paraissait étonnant, il n'était pas donné sur un coup de tête.

    - Le courant servira de tampon manéique. ça évitera un autre accident. Saute et tiens-toi au bord.

    CENDRES
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  • Sam 22 Juil - 20:43
    Le regard de l’elfe glissa le long du galbe de cette jambe mise à nue qui plongea dans l’eau juste à côté de sa main. Une ligne séductrice qu’il avait par le passé embrassé et caressé avec une douceur plus que certaine. Les souvenirs lui revenaient en tête, des souvenirs qui n’étaient pas les siens avec des sensations autres, mais l’image suffisait amplement.

    C’est vrai que vous avez pas mal causé ce soir-là, entre autres.

    Oui. La guerre, les armes, les morts, ta blessure et les conséquences qui en découlent. Il faut croire que mon charme naturel t’avait rendue particulièrement causante.

    Avait-il fini par répondre avec une certaine pointe de plaisanterie dans la voix, bien que différent sur bon nombre de points, elle avait souffert comme il avait souffert, et vu que la marque qui « fendillait » son corps s’étendait encore, elle n’en avait certainement pas encore fini avec la souffrance. Mais l’elfe ne ferait pas la bêtise d’en parler, préférant se concentrer sur ce qu’il devait encore faire.

    Il n’y a rien d’agréable à être ce que je suis.

    Pendant combien de temps avait-il erré de la sorte ? À courir après un but qu’il ne pouvait pas atteindre sans y laisser la vie ? Il avait raté un bon nombre de choses dans cette folie... que l’acte soit justifié ou non, cela restait de la folie. L’elfe était un peu perdu, entre mortel et... autre chose. Il se sentait lui-même, libre, il ne devait plus rien à personne, plus aucune voix n’irait hanter ses pas, il était seul maître à bord à présent.

    Je peux incarner pas mal de choses, mais la sagesse, je crains que ce ne soit pas mon rôle. Je reste un mage noir, doublé d’un assassin. À tes côtés je me suis fait passer pour un mercenaire histoire d’adoucir un peu la réalité de mes actes, je t’aurais bien demandé si tu m’avais cru ou si tu avais seulement fait semblant, mais ça va être compliqué de me répondre avec des souvenirs manquants.

    Il avait tué, à de nombreuses reprises. Parfois c’était par obligation, parfois c’était des pourris et parfois... parfois tout n’était pas noir ou blanc, des innocents étaient morts, présents au mauvais endroit au mauvais moment. Il ne servait à rien d’en parler, il devait jouer d’un savant mélange de vérité et d’omissions pour essayer de regagner le peu de confiance qu’il avait acquis par le passé, pour le moment omettre deux ou trois choses n’était pas un drame.

    Son regard suivi la jeune femme qui glissa dans l’eau, ressortant plus loin sous une apparence... disons pour le moins surprenante.

    Malgré les souvenirs, voilà bien une chose que je ne savais pas sur toi.

    Elle lui avait parlé de sa vie, de sa blessure et de ce qu’elle avait pu perdre, mais jamais elle n’avait mentionné le fait d’être une sirène, tout comme il n’avait jamais vraiment parlé de son travail, tout ce que savait l’exilé c’est qu’une était une représentante de l’ordre en République, suffisamment influente pour avoir une once d’autorité sur les forces Reikoise. Pour la première fois de la soirée il hésita, sur terre sa magie pouvait être un avantage, dans l’eau par contre... eh bien il n’avait clairement aucun avantage face à une sirène dont le corps était fait pour être au sommet de la chaîne alimentaire dans un milieu aquatique. Aussitôt pas mal d’histoires de marins refirent surface dans son esprit, les malheureux attirés dans les profondeurs qui finissaient dévorés par ces saloperies vicieuses. Puis il relativisa légèrement, si elle voulait le tuer, elle aurait déjà tenté depuis longtemps, mais en même temps quitte à vouloir tenter pareille entreprise autant mettre toutes les chances de son côté.

    Si jamais l’envie de me becqueter te vient, brise-moi la nuque avant, c’est tout ce que je demande.

    Sur ces mots, pas pudique pour un sou l’elfe retira ses bottes et son pantalon avant de se glisser à son tour dans l’eau. Aussitôt il ressentit la puissance et la pureté des flux magiques qui s’écoulait avec le courant. Sa main éthérée solidement accrochée au ponton l’elfe attendait en regardant la sirène osciller doucement dans sa direction.

    En termes d’incident, je pense qu’on peut difficilement faire pire, quoique... j’pourrais très bien me vider de mes tripes avec un faux mouvement alors...
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  • Sam 22 Juil - 22:59
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04

    - J'espère que ce n'est pas une trop mauvaise surprise. Ce n'est pas quelque chose que je cache, seulement ça ne vient pas toujours dans la discussion j'imagine. Certains de mes proches ont mis plusieurs années à s'en rendre compte. " Elle ne le prenait pas mal. La plupart des terrestres étaient plutôt décontenancés lorsqu'ils se retrouvaient face à une sirène. Bien des rumeurs - dont certaines largement vrai - courraient sur son espèce. Ceux qui ne les voyaient ni comme un fantasme ambulant, ni comme un dangereux prédateur se comptaient sur les doigts d'une main.

    Mais visiblement, s'il était surpris, Lorindol ne ferait pas demi-tour pour si peu. Elle profita de sa façon nonchalante de se dénuder et attendit patiemment qu'il se jette à l'eau.

    - Ne t'inquiète pas, je ne m'attaque qu'aux marins amers et aux filles en pleur. " rit-elle, habituée à ce genre de cliché dont elle préférait rire, sans quoi elle aurait très certainement eut un ulcère bien des années auparavant.

    Glissant avec facilité dans l'onde claire, aussi stable que l'étaient les terrestres sur le sol, elle s'approcha à une distance de bras, sans toucher ni même frôler l'elfe immergé. Depuis qu'elle avait sauté, sa magie trouvait ses marques dans celle de la rivière et elle faisait en sorte de s'activer rapidement pour éviter qu'il meurt d'hypothermie à la place d'une exsanguination.

    - Tient toi bien au ponton. Désolée, ce n'est pas encore ça qui va être agréable.... Prenant en compte qu'elle devait à la fois reformer les chaires et expurger la magie qui l'infestait et tenté de changer son essence... C'était même plus qu'une probabilité.  "Mais je suis sûre que tu trouveras de nouveau de quoi te réjouir vraiment. La vie offre de très belles choses. " Elle sourit le plus sincèrement du monde

    Elle écarta les bras et le flot se stoppa autour d'eux, avant de reprendre uniquement pour tourner autour de Lorindol. Des formes cabalistiques luminescentes - tatouages ou tâches naturelles ? - se mirent à luire sur la peau immaculée de la sirène. Une forte pression au niveau de sa blessure, l'eau qui s'y glisse pour atteindre les moindres dégâts. " Respire doucement. Régulièrement. " indiqua-t-elle sobrement. Puis la sensation se fit plus intense. Les organes et les chaires se ressoudaient dans un rejet douloureux de la magie qui le composait à présent, comme si sa nature physique se battait avec l'entité qu'il avait absorbée quelques jours plus tôt, relançant la guerre qu'il avait pourtant gagner. Et enfin la peau se reforma. A vif. La cicatrice était fine mais bien visible et encore d'un rose profond lorsque la magie reflua et que le courant repris.

    Rowena reprit une profonde inspiration, les ouïes sur son cou battant inutilement l'air. Toujours proche, mais sans le toucher,  son corps sinueux le protégeait d'une partie du courant naturelle du cours d'eau.

    - ça va ? Comment tu te sens ? Tu as besoin d'aide pour remonter ?

    CENDRES
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  • Dim 23 Juil - 17:36
    Il ne le prenait pas mal, elle avait raison sur un point : ce n’était pas le genre de chose qu’on l’on pouvait aborder au détour d’une conversation. Il fallait sans doute que l’occasion se présente et dans une chambre d’hôtel bien au sec ce n’était certainement pas le meilleur endroit, quant au sinistre vieux réseau d’égouts d’Ikusa, autant ne pas en parler.

    Ça te va plutôt bien les oreilles pointues, presque un petit côté elfique. La nageoire aussi, du moins dans ce genre d’environnement, pour un concours de course à pied, ça se complique.

    Comme à chaque fois qu’il se retrouvait dans une drôle de situation, l’exilé usait de plaisanterie pour essayer de détendre l’atmosphère, de penser autrement et de relativiser. Après tout, tout allait bien, non ?
    Il ne s’était pas souvenu d’une femme qu’il avait promis d’aider, lui avait bousillé ses souvenirs et peut-être pire encore.

    Tu sais, l’agréable j’ai appris à vivre sans...

    Rizka... Elle était si belle, si douce, si agréable... la guérisseuse était un rayon de soleil qui par son seul sourire pouvait le guérir de bien des maux. Mais.. il était parti, la laissant seule le temps de régler ses histoires et maintenant qu’il était ainsi, dans cet état, Lórindol craignait qu’elle ne l’accepte plus. Cette possibilité le hantait... mais il ne pouvait pas laisser ses idées noires miner le peu de moral qu’il avait encore, il devait garder la tête haute et tout faire pour que son corps gère au mieux les changements récents.

    Si par « belles choses » tu entends : nager à poil avec une sirène dans un canal de Melorn, alors je peux mourir en paix.

    Qui donc pouvait se vanter d’avoir pris un bain avec une sirène sans avoir fini de faire trempette en tant que plat de résistance ? Oui les clichés avaient la vie dure, mais aucun cliché ne pouvait naître sans un fond de vérité.

    La douleur était... intense. Il serra les dents, grogna comme une bête que l’on marquait au fer rouge alors qu’il sentait son corps résistait contre les soins prodigués, la magie qui coulait dans ses veines même si elle ne semblait s’opposer de manière directe au soin, rendant les choses plus compliquées, plus longues, plus douloureuses... Cela avait été au moins aussi douloureux que la perte de main, cette sensation de brûleuse ardente que rien ne pouvait calmer, c’était exactement ce qu’il avait ressenti lorsque ses chaires s’unirent de nouveau pour refermer la plaie en une cicatrice encore rose.
    Il y eut un instant de flottement durant lequel elle se tenait juste devant lui, un instant ou il tentait de faire bonne figure, on ne montrant pas qu’il avait souffert... Il regarda son ventre et constata que la plaie et les soins avaient en partie effacé une des marques qui parcourait son corps. Sous ses yeux la marque se reforma doucement, comme si quelqu’un était en train de la tracé au crayon, mais cette fois aucune douleur, elle était simplement réapparue.

    Je pense que ça ira... après tout ce que j’ai fait, je dois encore pouvoir me hisser sur un foutu ponton.

    Il ne se retourna pas aussitôt, coulant un regard à la sirène en... espérant un souvenir, n’importe quoi, mais...

    Elle est belle n'est-ce pas ?

    L’elfe attrapa le ponton de sa deuxième main et parvint à se hisser sur les planches de bois, son flanc irradiait, mais la douleur était une vulgaire broutille comparée à celle qu’il venait d’endurer. Lórindol se laissa rouler sur le côté, mais il resta sur le dos un instant, essayant tant bien que mal de remettre de l’ordre dans ses idées.
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  • Dim 23 Juil - 23:16
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04

    - Hahaha. Très drôle. " On la lui avait jamais faite le coup de la course à pied... Non vraiment, personne ne la lui avait jamais faite et cet humour ras des pâquerettes était digne de bien des vétérans ! Manquait plus qu'un soupçon de beauferie... Au moins ça avait eu le don d'alléger un peu les paroles sombres d'un homme qui venait de changer.

    - C'est justement le bon côté puisque tu as choisis d'arrêter de dévouer ta vie à ta vengeance. Tu vas pouvoir reconstruire. " Enfin... S'il survivait. Mais tout comme ils partaient plutôt du principe qu'elle pourrait survivre dans leurs échanges, elle avait bien le droit de le pousser lui aussi a voir le bout du tunnel. ... Pire que ça. Lui avait la chance d'avoir trouver une porte de sortie. Il n'avait pas le droit de la gâcher après avoir tant souffert pour la saisir. " Tu ne seras pas seul pour ça. " elle lui sourit sans arrière pensée. Il pouvait prendre les bonnes décisions à partir de maintenant. S'il était réellement motivé pour aller de l'avant, elle pourrait peut-être l'aider... Enfin... Elle devait penser à elle d'abord. Elle devait s'en souvenir. ... mais la vie était trop belle pour ne pas vouloir partager son éclat !

    - Écoute, si ton fantasme c'est de te faire mater par une sirène alors que tu es en train de geler dans une rivière froide, je ne juge pas...  Serre les dents où tu risque de te mordre la langue.

    Dire qu'il n'avait pas souffert était un énorme mensonge. Pour être honnête, elle s'attendait à le voir tourner de l'oeil et s'était également approchée pour pouvoir le repousser sur la rive si cela venait à se produire. Sensé ou non limité les contact, elle n'allait pas le laisser mourir. Mais malgré son souffle court, il ne se laissa pas aller. Lorsque le regard de l'elfe était descendu pour inspecté sa blessure, elle avait regardé avec lui la marque se reformer, faisant abstraction de sa nudité. Ils relevèrent la tête au même moment. Leurs regards se croisèrent. L'azur vif d'un ciel pur face au saphir du fond des mers.

    Un instant de proximité. De connivence. L'espoir de retrouver l'étincelle d'un souvenir, de quelque chose qui avait pu existé et qui la mettrait sur la piste de leur passé commun. C'était tellement étrange de se sentir ainsi proche d'un parfait inconnu... et ce n'était pas le fait qu'il soit nu qui lui donnait cet impression. Coucher sans être proche, elle l'avait fait plus souvent qu'à son tour. Plaisir et sentiments durable étaient décorrélés depuis toujours. Là c'était tout autre chose. L'évidence surprenante d'être comprise en peu de mots. ... et la certitude que ce n'était pas une bonne chose.

    Quelque chose passa entre eux à ce moment précis. Difficile de dire quoi mais... quelque chose.

    Et immédiatement, Lorindol se tourna pour remonté sur le ponton et elle recula un peu pour le laisser faire et plongea même pour profiter de l'eau et lui laisser le minimum de pudeur qu'il lui restait. Quelques instants plus tard, elle reparut à côté de la rive et se hissa à son tour, glissant là sans difficulté apparente malgré sa nageoire massive. Elle était parfaitement sèche, comme si elle n'était jamais descendu dans l'eau. Ses écaille opaline s'irisaient et se coloraient à chaque rayon de lumière. Appuyée sur sa main marbrée de noire, elle s'étendit à côté de l'elfe et tendit la main vers la cicatrice sur laquelle perlait quelques gouttes d'eau au-dessus du tracé noir qui s'était reconstitué de lui-même. Après quelques instants de vérifications attentives, elle posa les doigts sur la peau encore fine, sans lui avoir demandé son avis. Elle en testa le contour, la rigidité. Il n'y avait pas adhérence.

    - Parfait. " souffla-t-elle. Puis elle se laissa aller sur le dos à côté de lui. Le ciel était dégagé. Le dessous du pont était sale cela dit et mangeait un bon bout du spectacle. " Je pari que je t'ai posé des tonnes de questions sur tes tatouages dans cette fameuse auberge. Je me connais, je pourrais mémoriser leur tracer un à un. " finit-elle par souffler après un moment de calme. " Tu dis avoir tué Imrith entre autre pour me venger... Et quand je t'entends parler, j'ai l'impression qu'on se connait depuis longtemps... Je sais que la question n'est pas facile, mais je dois la poser... "

    Elle tourna uniquement la tête vers lui. Son véritable visage, celui qui bien peu avaient vu d'aussi près en fin de compte. Elle cherchait ses yeux, se contentant au besoin de son profile.

    - Est-ce qu'il y avait plus qu'une histoire de sexe entre nous ? " Est-ce qu'ils avaient comptés l'un pour l'autre ? Est-ce qu'ils s'étaient aimé d'une façon ou d'une autre ?

    CENDRES
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  • Lun 24 Juil - 18:29
    Ouais, reconstruire...

    Du moins s’il passait la nuit où les prochains jours. Qu’est-ce qu’il allait pouvoir reconstruire ? Qu’est-ce qu’allait dire Rizka ? Beaucoup de questions virevoltaient dans son esprit, il n’avait malheureusement pas toutes les réponses.

    On n’a jamais parlé de mes fantasmes ou de mes désirs, et je ne suis pas certain que ce soit le moment pour le faire.

    L’elfe comme d’autres êtres vivants avait des fantasmes et des désirs, des choses que l’on ne pouvait avouer qu’une fois dans un lit avec une personne de confiance. Dans tous les cas, personne de confiance ou non ce geler les couilles dans un canal de Melorn n’était clairement pas un fantasme.

    Dans la manœuvre l’elfe avait fait suffisamment de place à la sirène pour que celle-ci puisse se hisser à son tour sur le ponton, il avait profité de quelques secondes pour sécher au vent et renfiler son pantalon.

    Il observa la sirène lui tapoter doucement la plaie, au début il avait eu un certain recul, ne sachant pas trop comment son propre corps allait réagir et si la réaction précédente allait se reproduire et... rien du tout, si ce n’est le contact de sa peau sur la sienne.

    Au moins dans ce sens-là personne ne perd de souvenirs... d’ailleurs, vous êtes qui ?

    Avait-il fini par dire pour plaisanter, et vu ce qui allait suivre cela ne faisait pas de mal de dire deux ou trois conneries. L’elfe resta silencieux, plongeant son regard dans celui de la belle sirène, mais il ne répondit pas de toute de suite, du moins pas en une seule fois.

    On ne se connait pas depuis longtemps, on s’est tout juste vu quelques heures, mais deux personnes agréables sympathisent toujours plus vite que deux têtes de gland.

    Ils avaient eu de la chance de se comprendre, du moins c’était ce que l’elfe se disait.

    Alors mon grand ? On hésite ? Est-ce qu’il y a eu plus, c’est le moment d’ouvrir ton cœur et de dire à la belle ce que tu penses de tout ça.

    Tu te poses beaucoup de questions n’est-ce pas ?

    Conscient du regard qu’elle posait sur lui, l’elfe se redressa tout en soutenant son regard, il y avait une impression de déjà vu dans ce regard, ce n’était pas la première fois qu’elle le regardait ainsi, du moins c’était le souvenir qu’il avait.

    Il y a eu plus que du sexe oui, mais je ne suis pas l’homme de ta vie pour autant. C’était plus qu’une vulgaire partie de jambe en l’air, on s’est regardé comme maintenant et on s’est compris, il y avait de compréhension et de l’écoute. Nous étions deux personnes brisées, inévitablement condamnées par une sombre magie que personne ne pouvait contrer. Tu m’as sondé, tu as vu ce que j’avais fait et pourquoi j’avais du le faire, jamais tu ne m’as jugé. On s’est regardé et tu m’as parlé de toi, de la guerre, de ce que tu avais subi et de ce que tu avais perdu... Tu étais allongée à côté de moi, je te faisais confiance et tu me faisais assez confiance pour me raconter tout ça. À ce moment-là, pour toi, j’étais sans doute plus qu’un simple amant venu soulager un besoin primaire. Mais sans souvenirs c’est surtout des belles paroles. J'espère juste que tu trouveras, ou que tu as trouvé quelqu'un qui te comprend comme je t'ai comprise.
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  • Lun 24 Juil - 19:13
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04

    - Tu ne t'en poserais pas à ma place ?

    Évidemment qu'elle avait un milliard de questions, surtout en prenant en compte, en plus, son état actuel. Ne pas savoir était pire que de mettre des mots sur ce qui avait pu existé entre eux, tout simplement parce que l'imagination dépassait trop souvent la réalité. Depuis quelques jours, Shan et elle traversaient un moment à vide et elle commençait à comprendre ce qui dépendait d'elle et ce qui avait aussi pu joué dans le contexte, mais elle refusait de laisser un inconnu et les possibles qu'il représentait mettre encore plus le chaos dans ce qu'elle ressentait simplement pour lui épargner le gêne de quelques questions personnelles.

    Elle l'écouta attentivement et sa dernière réflexion déclencha chez elle un rictus désabusé. Compréhension. Écoute. Respect. Confiance. Bien trop de choses pour quelques heures. Elle n'était pas entièrement convaincue qu'ils ne se soient jamais rencontré avant étant donné que la malédiction effaçaient les mémoires depuis bien longtemps. Peut-être n'en avait-il récupérer que des bribes. Mais cela n'avait plus vraiment d'importance car le résultat, lui, était certain. Elle s'était livrée à lui à une période ou elle en avait un besoin fou.

    - ça j'en doute... " Elle se redressa en s'appuyant sur ses bras. " Si ça a une quelconque importance pour toi, sache que... J'ai eu assez d'amants pour savoir que tu n'en étais pas un parmi tant d'autres. Pour te raconter tout ça, c'est que j'avais... vraiment confiance... Peut-être pas pour te confier ma vie, mais en tout cas j'étais sûre que tu pourrais comprendre. " Elle haussa les épaules. " Il y a encore quelque chose de ça aujourd'hui. C'est tellement facile de parler avec toi... J'apprécie, vraiment. Tu as vécu dans les ténèbres et tu sais ce que ça fait de tout perdre jusqu'à sa propre identité... ça vient sans doute de là. C'est quelque chose qu'on ne peut ni feindre, ni oublier.

    Mais il avait été également très clair. Elle avait trop souvent eu ce genre de discussion pour ne pas savoir lire entre les lignes de "j'espère que tu trouveras" et " je ne suis pas l'homme de ta vie". Il n'y avait rien à attendre de lui aujourd'hui, quoi qu'il y ait eu à l'époque... Et il n'y avait déjà probablement rien à attendre de lui à l'époque comme il n'aurait rien eu à attendre d'elle.

    Ses yeux se fixèrent sur sa queue de poisson. Elle serra les dents, se raidissant intégralement d'une façon qui ne pouvait pas tromper : elle avait mal. Une douleur véritablement fulgurante. La douleur d'une lame chauffée à blanc qui lui lacérait la moitié du corps et tranchait chacune des membranes tendues entre ses doigts. En quelques secondes, elle avait de nouveau son apparence humaine et le front empoissé de sueur. Un filet d'eau clair voltigea pour la rafraichir avant qu'elle ne reprenne.

    - Merci d'avoir été honnête. Sur ce qu'il y a eut, et sur les limites. Ce n'est pas vraiment une habitude, mais je m'essaie de nouveau à la monogamie depuis quelques semaines. Ne pas savoir ce qu'il y a eut entre nous m'aurait travaillé. " Elle lui lança un sourire exagérément appuyé pour passer à autre chose. " Même si avec des abdominaux comme les tiens, la thèse de la nuit de plaisir aurait fini par gagné sans besoin d'autres explication. Merci pour la démonstration. A défaut de m'en souvenir je sais au moins que mes standards n'ont pas baissés malgré cette malédiction. "

    Ce ne fut qu'après quelques instants qu'elle finit par se lever, cherchant un instant son équilibre sur deux jambes avant de se rhabiller. Pour l'instant elle ne lui donnerait pas le journal qu'elle avait récupéré dans la chambre de son manoir. Elle comptait le lire d'abord après l'avoir vu détruire tant d'ouvrages.

    - Allez viens. Moi et mon frère allons t'aider à passer le cap... Et on va te trouver de quoi te changer et manger tant que j'y suis. " Elle hésita un instant en commençant à remonter avant d'ajouter. " Et si le pire devait arriver... Tu veux qu'on prévienne quelqu'un ?

    CENDRES
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 25 Juil - 8:31
    Lórindol était…  il n’aurait jamais cru devoir parler ainsi avec une femme qui le considérait comme un inconnu, un inconnu sans doute plus sympathique que la moyenne certes. L’elfe n’avait pas menti ni usé de la situation pour influencer la jeune femme, alors qu’il aurait pu.

    Alors que tu aurais dû.

    Il aurait pu mentir, façonner une belle histoire parsemée de rencontre et de retrouvailles, créer le doute d’une complicité plus profonde… il y avait de toute façon peu de chance qu’elle retrouve vraiment la mémoire le concernant.
    Peut-être que dans une situation inverse il se serait posé autant de questions, peut-être qu’il aurait fait les mêmes erreurs... l’erreur avait été de reprendre ses souvenirs, parfois il était préférable ne pas de se souvenirs de certaines choses.

    Les ombres se reconnaissent dans le noir.

    Il appréciait aussi d’avoir rencontré cette jeune femme par le passé. Mais être capable de se comprendre n’était pas un synonyme de vivre une vie commune, il avait sa vie, elle avait la sienne et c’était sans doute mieux ainsi, le souci était surtout de ne pas trop venir mettre le bordel dans celle de l’autre. Pour le moment l’exilé était en tête à ce niveau-là, entre le fait d’avoir dérobé ses souvenirs à la sirène, et d’avoir étendu sa marque maudite... on peut dire qu’il avait su faire bonne impression dès le départ. Savoir qu’elle avait pu avoir d’autres amants ne l’avait pas froissé, ça lui était tout simplement passé au-dessus de la tête, de toute manière il n’avait jamais demandé l’exclusivité, et si l’envie lui avait pris il aurait sans doute terminé la soirée en ramassant ses dents avec ses doigts cassés.  

    L’honnêteté reste la base de la confiance, si on doit s’entraider à un moment donné, mieux vaut avoir confiance l’un en l’autre, sinon autant partir chacun de notre côté et oublier tout ça.  

    S’il y avait bel et bien un moyen de la « sauver », elle allait devoir lui faire confiance et ça n’allait rien avoir d’agréable, mais cela avait le mérite de pouvoir fonctionner, il ne restait plus que trouver le moment opportun pour en parler ou... faire cela en douce. L’elfe n’avait encore aucune idée de comment procéder, enfin, il avait bien la méthodologie gravée dans son esprit, mais pour le reste... il allait falloir improviser.  

    Concernant tes standards, je dois sûrement être le haut du panier, une sorte de valeur étalon si tu préfères.

    Là aussi c’était une forme d’humour, bien que l’elfe se fût forcé de garder un ton et un visage très sérieux, un peu comme s’il essayait de se la jouer pince-sans-rire. Il n’attendait pas particulièrement de réaction, il avait un peu répondu cela sans réfléchir, sachant au fond de lui que la sirène ne s’offusquerait pas pour si peu.  

    Me changer et manger... eh bien, je pense avoir compris que j’ai vraiment une sale gueule ce soir.  

    Puis... Est-ce qu’il y avait des chances que cela ne tourne pas ? Certainement, l’exilé savait que le simple fait qu’il puisse encore respirer faisait partie de l’ordre des miracles. Mais il pouvait très bien se sentir bien après une petite baignade, puis mourir quelques heures plus tard d’une crise magique ou d’une autre saloperie du genre... il progressait vers l’inconnu, et c’était plus qu’une métaphore. Mais il ne pouvait pas mourir, il n’avait pas le droit d’abandonner la guérisseuse et de la laisser seule... il était parti longtemps, mais pour la bonne cause, pour s’assurer un véritable avenir... peut-être qu’elle comprendrait et qu’à son retour elle ne lui en voudrait pas trop.

    Si je dois y rester il faudrait prévenir une guérisseuse de Kyouji, c’est une elfe elle aussi, Rizka Aldeishan. Ça serait important pour moi qu’elle sache que je n’ai pas réussi à me libérer de tout ça...

    Mourir était une éventualité, une fin qu’il acceptait. L'exilé se releva à son tour, enfilant le reste de ses vêtements tout en négligeant le fait d'être encore un peu mouillé, puis il emboita le pas à belle guerrière.
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