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  • Lun 3 Juil - 12:08

    La vie… la mort…
    Les doigts de sa main « morte » glissèrent lentement sur les murs, laissant dans leur sillage des marques sombres, vaporeuses, marquant à jamais la pierre blanche comme l'auraient fait des griffes. L’endroit était calme, à l’image du souvenir qu’il en avait. L’exilé n’aurait pas pensé un seul instant que la demeure familiale soit laissée à l’abandon. Depuis son départ, rien n’avait changé. Ses doigts filèrent sur la toile d’un tableau représentant la famille au complet, son regard passant sur des visages qu’il peinait parfois à reconnaître, était-ce bien lui là ? Debout aux côtés de sa jeune sœur, l’air digne, la main rassurante de son père sur son épaule. Il y avait aussi le sourire radieux de sa mère, un sourire véritable, plein d’espoir et d’amour. Un sourire de glace, à jamais figé sur une toile dont plus personne ne profitait. De minces fils d’ombre presque semblable à de sinistres tentacules glissèrent le long de l’œuvre avant d’en saisir le cadre, un geste du poignet le tableau fut arraché du mur et jeter à l’autre bout de la pièce dans un fracas qui laisser penser que le cadre en bois s’était brisé.

    Il resta là un moment, fixant l’endroit où quelques secondes plus tôt le tableau était encore suspendu. Son esprit encore fragmenté peinait à remettre en ordre ses souvenirs. Mais il y avait bien une chose qu’il n’oubliait pas : la mort. Ce sentiment inexplicable, cette impression d’être aspiré dans les ténèbres, du bout des doigts il avait eu la chance d’en effleurer la noirceur, de voir au-delà de la vie. Il se détourna finalement du mur, se dirigeant vers l’escalier central de la demeure, celui permettant d’accéder à l’étage, mais aussi à l’ancien laboratoire de son père. L’exilé s’accroupit au pied de l’escalier, son index glissant sur la pierre blanche traçant une rune sombre qui marqua la marche comme une cicatrice pourrait marquer un visage. Un œil entraîner aurait pu sentir l’aura de la marque, la sentir pulser, semblable au battement de cœur d’une créature endormie.

    Il se rendit dans sa chambre, son regard se posant sur les livres de l’académie, des ouvrages tous plus intéressants les uns que les autres, des écrits pour lesquelles il avait développé une véritable passion. Il revoyait les salles de cours, Eliendir exécutant des tours de passe-passe pour déstabiliser les professeurs, lui-même s’en amusait parfois, savourant chaque rire et chaque sourire procuré. L’exilé saisit un des livres et en consultant brièvement le contenu, page après page.

    - Vivre et laisser mourir…

    L’ouvrage fut enveloppé par un voile d’ombre qui le consuma lentement jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Il quitta son ancienne chambre et continua son chemin dans le long couloir traversant l’étage, ses pas raisonnants dans la demeure le conduisirent jusqu’à la chambre de sa sœur. Son regard se posa sur la porte close, il ne l’ouvrirait pas.

    Lorin’ ! Imagine que je suis un puissant mage, cette chambre est mon sanctuaire, si tu es pénétré je te changerais en crapaud. Quoi ? Oui bon… c’est vrai que le crapaud, ça ne reflète pas vraiment la puissance…

    - Je... te changerais en crapaud...

    Finit-il par murmurer à son tour. Une larme perla au coin d’un œil, glissant doucement le long de sa joue. Il se souvenait des rires, des jeux, des menaces, de son dernier regard et de ses derniers mots…

    Laisse-moi m’endormir, Lorin’… Retrouver mère et père…


    Il apposa une nouvelle rune contre le mur du couloir avant de continuer.

    ***

    Des heures s’écoulèrent avant qu’il n’atteigne le laboratoire de son père, là où tout avait commencé. Il contemplait le matériel d’alchimie, contemplant avec un certain dégoût son propre reflet dans le verre bombé d’un alambic. Il fit alors volte-face, d’un pas décidé, il s’approcha de la bibliothèque qui contenait toutes sortes d’ouvrages plus ou moins intéressants, des œuvres de façades qui n’avaient aucun intérêt.

    - Mornië.

    Le pan de mur s’anima dans un grincement sinistre, et pour cause le mécanisme n’avait pas fonctionné depuis des lustres. La bibliothèque glissa sur deux mètres, révélant un petit passage menant à une pièce secondaire. L’on trouvait ici un tout autre savoir, le genre de chose que l’on préfère dissimuler à sa propre famille. L’œuvre d’une vie, l’œuvre de son père, c’est ici que tout avait commencé. Lórindol attrapa l’un des parchemins, puis il en examina le contenu, un savoir qu'il comptait bien détruire après assimilation, le parchemin se consuma à son tour dans un tourbillon de brume.
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  • Mar 4 Juil - 11:07
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04

    Février 04
    Bien des mois après leur rencontre


    Le soleil montait peu à peut dans le ciel gris de Février, loin au-delà de la bulle éternelle qui maintenant Melorn dans une douceur printanière. Visible à travers les trouées des nuages bas, la lentille le déformait de plus en plus alors qu'il approchait de son zénith. Boule de feu blanche semblant refléter les les façades immaculées, il semblait énorme, mangeant de sa lumière une bonne moitié du ciel.

    En bas, sur le pavé aux dégradés gris clairs, la silhouette d'une mélornoise au cheveux blanc passait d'un quartier à l'autre en se retenant de le regarder en face. Elle remontait des rues inconnues comme si elle les avait vu mille fois et calquait inconsciemment ses pas sur la pulsation qui faisait vibrer l'entièreté de la ville, lente et immuable comme un battement de cœur serein. L'adage voulait que les étrangers se perdent dans le ventre des grandes villes, donnant à cet amas de pierre et d'âme une vie propre et prédatrice. Mais ici, la ville était un véritable être. Il ne lui manquait que la conscience... et Rowena n'était pas là depuis assez longtemps pour jurer qu'elle n'en avait pas réellement une.

    Tant de monde passait le long des même rues qu'elle, lui lançant un regard réprobateur à la dérober. Elle portait une tenue locale mais sa stature et ses courbes, pourtant bien moins musculeuse que quelques mois auparavant faute d'entrainement assidu, étaient tout sauf elfiques. Il n'y avait que son visage, aussi doux que celui d'une fée, pour jeter un doute, si ses oreilles n'avaient pas été définitivement rondes, dévoilées par ses cheveux blancs tirés en arrière.

    Le commun des mortels semblait être bien plus occupé à la regarder, elle, d'un mauvais oeil, plutôt que de voir l'ensemble du labyrinthe de magie en perpétuel mouvement, dans lequel ils évoluaient. Ces derniers jours, elle avait à peine compris comment tout cela marchant, étourdie par le moindre souffle d'air, le moindre battement de cœur qui changeait les passages et les portes closes, brouillaient les pistes et caressait sa peau d'une façon nouvelle. Il lui avait fallu du temps pour retrouver l'aura qu'elle avait perçu la veille, pourtant bien plus forte et plus nette que lors de leur dernière rencontre. Elle savait qu'elle ne pourrait pas le suivre aussi précisément qu'elle aurait pu le faire de n'importe quel autre endroit. Mais elle le percevait assez bien pour savoir qu'il était tout proche.

    Arrivé devant la porte d'un vieux domaine, elle posa la main sur la grille, un long frisson désagréable lui remontant de le long de l'échine sans être tout à fait capable de dire s'il s'agissait d'une magie néfaste ou d'un instinct plus profond. Quelque chose de gênant se trouvait là... Elle touchait au but, et le froid désagréable qui sifflait à son oreille ne lui disait rien qui vaille.

    La grille céda sous une simple poussée. Elle n'était pas verrouillée. Elle referma derrière elle et trois pas plus loin, une porte savamment ouvragé l'accueillit sur le perron. Elle était entrouverte. Rien que le battant murmurait à qui savait observé à quel point l'endroit était grandiose. L'essence du bois particulièrement rare et dure était gravée avec une minutie qui avait traversé les siècles. Rowena avait vu assez de domaines de gens important pour savoir que ceux qui vivaient ici étaient d'une rare noblesse. Une odeur d'humidité, de poussière et de terre s'échappa de l’entrebâillement... Ceux qui avaient vécu ici.

    Une bouffé de chaleur froide, puissant, fit redoubler la chasseresse de prudence. Ce qu'elle sentait n'était pas l'aura d'un elfe, même pas l'aura d'un mage. Le démon avait pris le pas sur l'homme et elle n'avait donc aucune idée de qui elle allait rencontré, les souvenirs qu'elle avait de l'hôte étaient bien moins sympathiques que ceux du sorcier qui l'accueillait. Pourtant, elle ne pensa pas un instant à reculer.


    Un pas de plus, elle franchissait le seuil dans un grincement de gonds mal entretenus. Un rayon de lumière projeta son ombre dans l'ouverture. Sa silhouette se découpa sur le tapis en lambeaux, d'une teinte incertaine, alors que les volets tirés laissaient l'entièreté de l'endroit dans l'obscurité. Sous son pied, des débris craquèrent. verre ou bois ? graviers laissés par le temps ? Elle ne s'en préoccupa pas vraiment. L'endroit était abandonné, mais une aura néfaste avait imprégné ses murs, c'était à présent une certitude.

    La porte se referma derrière elle, la laissant dans une paisible noirceur. Ses yeux, faits pour le noir complet, arboraient désormais la même teinte d'encre, lui permettant de voir l'endroit dans un dégradé de bleu et d'argent. Elle chercha sa corde de soie à sa ceinture et l'enroula autour de son bras gauche par simple précaution.

    Pas à pas, elle traversa le hall, longeant les murs pour y regarder les bibelots, les cadres, les œuvres laissées là. Même après ce qu'elle devinait être au bas mot des décennies, surement des siècles, personne n'était venu se servir. La présence âcre de cette magie dérangeante la prit à la gorge quelques secondes avant qu'elle n’aperçoive un peu plus loin plusieurs trace abyssales gravées dans la réalité du mur. Elle frémit. Un regard lui chauffa la nuque et elle fit instinctivement volte face. Rien. Son œil maudit distinguait de vagues lueurs d'un bleu pâle changeant comme des flammes, mais rien de plus que ce qui apparaissait parfois en surimpression du reste de son monde. Pas de silhouette. Pas de lumière vive... Et pourtant cette impression d'être observée. Suivit.

    Elle serra le poing et se retourna de nouveau vers le mur. Ses doigts approchèrent la trace dépourvue de couleur... Et s'y posèrent, voyant la fumée passé entre ses phalanges. Elle pencha la tête sur le côté, fascinée. C'était... familier... intrigant... Elle s'approcha encore un peu, comme on hume une fleur... Et bondit en arrière en se rendant compte de son geste. Inspirant et expirant, elle dressa ses barrières mentales, retrouvant un certain confort malgré la diminution que cela engendrait mécaniquement dans ses perceptions. Après un ultime coup d'oeil par dessus son épaule, elle entrepris de suivre les traces sur le mur.

    Le long d'un large couloir. Une pièce principale. Dans la poussière, des pas récents étaient visibles. Dans un coin, cette même poussière avait été en partie soufflée, autour d'un objet en morceau. En s'approchant, elle distingua les bords droits d'un cadre en bois doré. Doucement, elle s'assit sur ses talons pour écarter quelques débris. Un morceau de bois s'était planté dans une toile pliée et craquelée. Elle tira sur l'énorme écharde et dégagea la peinture, soufflant sur un bord pour en chasser la poussière et les tâches. Quatre personnes. Des elfes. Des vêtements dignes des plus hauts dignitaires de la cité. Des sourires heureux. Deux parents. Une jeune fille au premier plan et à côté du fauteuil...

    - Lorindol...

    Grand. Le visage long. Les pommettes hautes. Les yeux d'un bleu céruléen. La prestance naturelle de ceux qui ont été élevée dans la bonne société et l'air épanouit d'un jeune homme près à conquérir le monde... Tellement différent, mais pourtant totalement reconnaissable. Le voir ainsi, sans sa balafre et sans ses tatouages lui donnait une impression de jeunesse, d'innocence... Elle caressa la silhouette de la jeune fille à côté de lui, radieuse. Le bois avait transpercé la poitrine de celui qui devait être son père, gardant une main protectrice sur l'épaule du jeune homme qu'il avait été.

    L'évidence lui sauta soudain aux yeux. Elle se trouvait dans le domaine de sa famille déchue. C'était ici que le mercenaire avait grandi...

    Un nouveau frisson lui remonta le long du dos... Mais toujours rien lorsqu'elle regarda par dessus son épaule. Rien d'autre qu'un amas d'ombre et de magie sur un mur à l'opposé de la pièce. Abandonnant ce trésor d'un autre temps, elle s'en approcha. La marque d'un tableau était parfaitement visible sur le mur sale. Il avait du le décrocher lui-même pour le jeter là-bas dans un accès de rage, mais les traces de pas au sol, ne montrait aucun chaos, aucun retournement. L'avait-il fait par la force de son esprit ?

    Elle continua à suivre les marque et les sensations de plus en plus forte, mais de plus en plus altérées, brouillonnes, s'arrêtant à chaque coin de mur pour regarder la pièce suivante avant d'y pénétrer. Jusqu'à un escalier. Elle se dévissa le cou pour apercevoir le premier étage, mais peine perdu. Alors qu'elle posait la main sur la rambarde, approchant le pied de la première marche, quelque chose de tiède lui effleura doucement l'épaule gauche. Elle sursauta, se retournant vivement, frissonnante des pieds à la tête. Elle avait sentit quelque chose à gauche. Sa moitié craquelé, celle où elle ne sentait plus rien d'autre qu'une absence ou une présence de contact !

    Le cœur battant, elle arrêta presque de respirer. Là, à une distance de bras, une silhouette vague se tenait devant elle, constituée de pâles volute d'une lumière maladive. Longue mais pas très haute. Décharnée. Ce qui lui tenait lieu de tête était disproportionnée par rapport à son corps. La créature ouvrit une bouche d'un noir béant pour former des mots que Rowena n'entendit pas.

    - Qui êtes-vous ? ... Je ne comprends pas... " souffla la sirène en un murmure à peine audible.

    La créature tendit une main vers elle. Ce n'était pas un simple fantôme... C'était la première fois qu'elle avait une vision à ce point détailler... Et repoussante. Instinctivement, la vivante eut un mouvement de recule. Un bruit strident lui déchira les tympan une fraction de seconde avant que son pied ne se pose sur la marche derrière elle.

    Une intense fumée noire et une aura plus vivace encore envahit la pièce. Le regard de la sirène se posa là où se trouvait son pied.

    En plein milieu d'une étrange rune si noire qui absorbait la lumière.

    CENDRES
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  • Mar 4 Juil - 20:50
    Evidemment qu'elle  voulait y aller seule. Evidemment qu'elle ne voulait pas qu'iel l'accompagne malgré le fait que contre un démon, rien ne valait mieux qu'un de sa race. Si Shan'Ael lui faisait une confiance absolue, même avec toute les bonnes volontés du monde il ne connaissait peut-être pas l'orgueil de la mortelle qui lui causerait assurément de l'embarras. Peut-être que si. Auquel cas c'était de la pure négligence que d'aller faire ses activités de la vie quotidienne alors que la Sirène se mettait en danger. Même avec une téléportation, ca serait trop tard.

    En plus , iel était curieux de voir si elle allait deviner sa présence ou non. Aussi s'amusa t,iel longuement à jouer à cache cache avec elle. Se soustrayant aux regards parfois suspicieux qu'elle lancait par dessus son épaule. Quand elle entra dans la demeure cependant, le démon ne prit pas cette porte, faisant le tour en suivant le mur. Autant pour lui laisser de l'intimité que par la conviction profonde que si Violence était là, à la taille du gus et si il n'était pas en veille, il devrait logiquement avoir des traces dans les jardins.

    Tout les manoirs de cette taille ont des jardins. Profitant d'un angle mort et discret, le démon  se transforma en corbeau avant de s'infiltrer sur le terrain privé. Prudent, iel frôla les arbres et les buissons. s'arrêtant à intervalles réguliers, l'oeil rubis de l'animal cherchant des traces. Manifestement il semblerait que meme pas un rat n'ait mis le pied au sol, la détection d'Halewyn lui indiquant qu'il n'y avait carrément âme qui vive ce qui rendait l'atmosphère des lieux oppressants et sauvages.

    L'oiseau voyait l'épaisse couche d'humus causé par des décennies de feuilles mortes s'amoncelant, desquelles paraissait quelque pavés. Une fontaine plus loin, ne fonctionnant plus du tout créait un petit lac artificiel d'eau croupie. Mais rien d'intéressant si ce n'était cette ambiance l'ourde d'attente avide.

    Irrité, iel se lissa une plume avant d'aller inspecter quelques fenêtres du dernier étage du manoir, à la recherche de la perception de foule qui signalait la Multitude et ce, en restant discret. Il serait dommage de se faire prendre, surtout qu'il n'avait aucune envie d'entrer dans la demeure vermoulue et sale. Halewyn était un démon propre après tout. Propre et prudent la majorité du temps.  

    Et aussi prudent soit t'iel, sur le point d'abandonner pour aller se percher en vigie sur la girouette du bâtiment. il finit par se poser sur le rebord de la fenêtre pour assister à la scène, ls voyant disparaître dans une fumée noire opaque. Tout yeux oreilles et empathie ouverte, iel attendit cependant. Si iel intervenait sans que ca ne soit absolument nécessaire elle lui en voudrait à mort. Comment la Mortelle allait t'elle s'en sortir? Se demanda le démon emplumé en mimant parfaitement le regard indifférent des Corbeaux.
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  • Jeu 6 Juil - 11:16
    Une page après l’autre, il consultait les études de son père. Une vie passée à étudier des entités aux noms inconnus, des formes de magies ésotériques dont personne n’osait imaginer l’existence et dont personne ne la connaîtrait jamais. Peu de personnes étaient aptes à comprendre ce genre de chose, à imaginer la puissance que pouvait révéler chaque mot, chaque glyphe… et en vérité même Lórindol qui pourtant bénéficiait de quelques connaissances sur le sujet, n’était en mesure d’en comprendre toute la finesse. Mais, malgré quelques lacunes qu’il ne pouvait pas nier, même la plus infime des connaissances acquises en parcourant les nombreuses notes de son paternel était aussitôt détruire dans un tourbillon fait d’une brume noirâtre transformant parchemin et grimoire en poussière.

    L’exilé peinait encore à retrouver ses repères… Sa rencontre, sa coopération « mental » et son lien brisé avec Violence de manière un peu trop abrupte, la mort d’Imrith et puis l’absorption de l’entité avec laquelle il avait pactisé pour se libérer de son joug…
    Physiquement comme mentalement les conséquences étaient lourdes, c’était presque un miracle qu’il n’ait pas sombré dans la folie, encore plus d’êtres tout simplement vivants. Son esprit était cependant brisé, fragmenté en souvenirs plus ou moins récents qu’il était tout bonnement incapable de replacer dans un ordre chronologique. Sa main sur laquelle les runes s’étaient étendues jusqu’à la recouvrir totalement était douloureuse, similaire aux effets d’une brûlure, même si sa peau ne semblait avoir aucun stigmate d’une telle blessure. La sensation du toucher était aussi très différente, mais il peinait encore à définir ce qu’il ressentait et c’était parfois trop douloureux pour prendre le temps de s’y attarder.
    Quant à la blessure qu’il avait au ventre, il avait eu la chance de pouvoir se trainer jusqu’à un bouge d’Eliendir pour se faire soigner. Malgré les soins, c’était une blessure faite avec une lame runique, une blessure que l’on ne pouvait pas totalement guérir par des méthodes conventionnelles, la plaie avait été désinfectée et recousue, mais ça ne suffirait pas, il fallait de la magie pour cela et malheureusement pour lui il ne maitrisait aucune forme de magie capable de prodiguer des soins. L’exilé n’était clairement pas dans une forme olympique, son corps était douloureux, la fatigue physique et mentale se faisait ressentir, mais il était vivant, et surtout libre, libre d’agir comme il le souhaitait sans rien devoir à une entité démoniaque qui se jouait de lui et ses actions.

    Alors qu’il posait la main sur un nouvel ouvrage, l’elfe releva la tête, quelque chose avait brutalement changé dans les flux magiques, une des runes qu’il avait apposées au détectait une présence, signe de qu’il n’était pas seul dans le manoir. Aussitôt une silhouette brumeuse se matérialisa dans la pièce correspondante, observant ce visiteur, s’approchant jusqu’à en sentir l’aura. La rune placée par l’elfe n’avait aucun pouvoir offensif, elle jouait simplement un rôle d’alerte, censé désorienter quiconque aurait la bêtise de poser le pied dessus. La plus infime source de lumière autour de la rune fut aussitôt absorbée en créant une zone de ténèbres, chose qu’une personne capable de voir dans le noir aurait remarquée sans pour autant en être affectée. La silhouette se dispersa aussitôt, revenant auprès de son maître dans le laboratoire pour transmettre tout ce qu’elle avait vu.

    Une silhouette féminine s’était aussitôt dessinée dans l’esprit de l’elfe, elle vêtue comme une habitante de la cité, mais dont la stature laissait apparaître l’appartenance à une autre race. Les traits de son visage ne lui disaient rien, mais de toute manière l’elfe ne pouvait pas faire confiance à sa mémoire… Connu ou non cette personne n’avait aucunement sa place ici et il devait s’en occuper, rien n’y personne n’avait le droit de souiller cet endroit. Lórindol vit aussitôt volte-face, quittant le laboratoire et il s’aventura alors dans le grand couloir qui menait jusqu’à l’escalier principal, il passa une nouvelle fois devant la porte de sa sœur, mais n’y accorda aucune attention cette fois. C’est dans un calme relatif que la silhouette de l’elfe apparut en haut des escaliers, scrutant cet élément perturbateur qui… lui semblait à la fois connu et inconnu, comme une personne que l’on aurait aperçue en rêve sans être capable de s’en souvenir. L’exilé n’avait pas peur, après tout il était chez lui, un pas après l’autre il descendit les marches, non sans être quelque peu menaçant.

    - Vous n’avez rien à faire ici, partir serait plus sage que de vous aventurer chez des inconnus.

    Son ton bien que d’une certaine neutralité laissât planer le doute d’une menace. Derrière la jeune femme, une nouvelle silhouette d’ombre se forma, légèrement plus impressionnante que la première, celle-ci était parfaitement visible.
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  • Jeu 6 Juil - 16:48
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04


    En une seconde, la pièce obscure s'était vue enfermée dans une bulle de ténèbres totales qui n'avait plus rien de naturelles. Rowena remonta vivement le foulard qui ornait son col pour couvrir son nez et sa bouche, sentant la fumée glisser entre ses doigts pour alourdir l'air ambiant. Un frisson de dégoût lui remonta au creux du ventre malgré le bouclier qu'elle maintenait toujours, se méfiant des effets de cette magie inconnue. C'était de la magie noire. Pas seulement de la magie des ombres. Il y avait là-dedans quelque chose de vicié. D'aberrant.

    ... Mais rien d'autre que l'ombre ne s'abattit sur elle. Elle avait raté la silhouette fuligineuse qui s'était attardée pour l'observée, baignée par cette forme de mage dense qui saturait ses sens comme une odeur de merde et de décomposition l'aurait pris au nez.

    * Sauve... *

    Un courant d'air froid glissa sur sa nuque alors qu'elle atteignait le centre de la salle, s'étant instinctivement éloignée de l'escalier. Son oreille lui jouait des tours ? Du coin de l’œil, elle ne percevait plus la créature constituée de lueurs. Etait-ce un effet de la magie qui gorgeait les lieux jusqu'à la nausée plutôt qu'une vision due à sa propre dégénérescence ?

    Un grincement en haut des escaliers rattrapa son attention. Une ombre la surplombait de toute sa hauteur. ... Pas une simple ombre. Elle plissa les yeux alors qu'il atteignait les marches, aux limites de la bulle de ténèbres sans toute fois la franchir. Une très faible lueur opaline lardée d'obscurité se mouvait en trompe l’œil dans les contours de cette étrange silhouette droite. Altière. Une impression troublante qui mettait en relief certains de ses mouvements et disparaissait l'instant d'après. Gênée, la jeune femme ferma son œil scellé, l'impression disparue... Mais ce n'était pas une vision habituelle. Les surimpressions étaient rares et jamais détaillées. Alors pourquoi ici, ses perceptions spirituelles semblaient à la fois si fortes et si fluctuantes ?

    Un pas, une marche et l'homme se retrouva dans l'ombre. Grand. Pâle. Des symboles presque aussi sombres que la rune couvraient sa peau. Elle aurait reconnu ce visage entre mille, et à présent, elle savait qu'elle l'aurait reconnu avec ou sans ses marques. Au fur et à mesure qu'il descendit l'escalier, elle se redressa, abandonnant peu à peu la posture de combat qu'elle avait instinctivement prise, mais pas l'attention qu'elle portait à chaque mouvement, chaque détail qu'elle pouvait percevoir malgré l'étrangeté des conditions. ... Et la main qui sortait de cette manche était un détail à côté duquel elle ne pouvait pas passer. Brouillée. Fluctuante. L'absence totale de lumière donnait à ce membre une dimension plus étrange encore, car elle parvenait à être à la fois parfaitement visible plus obscure que tout le reste. Une pointe de douleur aiguë lui saisit le crâne, juste au-dessus de l’œil droit, comme si elle regardait quelque chose de trop vif et trop sombre à la fois. Elle fronça à peine un sourcil, mais Lorindol eut le temps d'atteindre le bas de l'escalier avant qu'elle ne comprenne... Ses yeux ne voyaient résolument pas la même chose lorsqu'elle observait cette main. C'était un paradoxe. Quelque chose qui ne pouvait pas appartenir à ce monde, qui n'y appartenait pas, mais qui était pourtant présent, d'une façon incompréhensible. Un frisson lui remonta le long du dos et ce n'était pas du à la créature qui prenait corps dans son dos.

    Il avait changé... Bien plus que tout ce qu'elle avait imaginé jusque là.

    Droite, campée sur ses appuis, elle s'était peu à peu tournée entièrement vers lui, révélant sans honte la moitié fissurée de son visage et les craquelures qui se poursuivaient sur son cou, son buste et son bras jusqu'au revers de sa main. Près de la moitié de son corps était à présent brisée, marbrée de cette magie qui semblait noire sous la lumière des Astres mais dont bien peu avaient compris la nature mortifère.

    - Que t'est-il arrivé, Lorindol ? " Un trémolo attristé peignait les nuances de la voix de l'intruse, presque trop agréable à l'oreille pour être tout à fait humaine malgré le foulard qui l'étouffait légèrement.

    Il ne la reconnaissait pas et elle ne s'en étonnait pas. Le contraire l'aurait bien plus surprise. Si elle était venue, c'était autant pour lui que pour elle... Pour la décision qu'elle avait encore à prendre. D'un point de vue purement pragmatique, elle avait besoin d'en savoir plus sur la magie qui habitait l'elfe. La Lune l'avait mis sur sa route à ce moment précis alors elle ne pouvait pas refuser cette occasion. Mais sottement, elle aurait aussi voulu l'empêcher de glisser plus loin sur la pente dont ils avaient parlé bien des mois plus tôt... Violence ne pouvait pas être à l'origine de ce changement. Cette aura...

    - Enfin... Puis-je encore utiliser le nom de ton hôte ? Existe-t-il encore un seul fragment de lui ?  

    CENDRES
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  • Jeu 6 Juil - 17:51
    Sur son rebord de fenêtre perché, le corbeau ne voyait pas très bien. La scène était confuse et complexe les vibrations fluctuantes en masse étaient chaotiques... Et si Rowena était là, le second protagoniste attira son attention. Dans sa zone de possession, le Mortel criait no vacancy... Il était déjà possédé? La signature n'avait rien à voir avec celle inimitable de Violence. Qui était ce nouveau venu?

    En gros, ce mortel appartenait déjà à un démon. Ce qui était dommage, c'est que même si Halewyn considérait Rowena comme sienne, iel ne l'avait jamais réclamée si l'on puit dire. Iel n'avait pas son sang, ni ses larmes. Elle l'était par alliance par un autre pacte et iel avait assez de jugeote pour savoir que ce n'est pas tout les démons qui respectaient les affaires des autres.  Et voilà le duo qui sort de sa zone de vision, faisant croasser le corvidé de facon fort irritée. S'ébrouant les plume, iel attendit un peu en se replacant consciensieusement une rémige avant de se résoudre à changer de point d'observation, choisissant cette fois un arbre donnant un bon point de vue sur la pièce passabement emplie de ténèbres magiques qui ne le leurrait en rien.

    Rowena n'était ni en détresse, ni son hôte agressif, mais il ne suffisait que d'une seconde avant que le chaos ne se déchaine et le volatile à l'oeil rubis ne comptait pa en rester là si Sa Mortelle favorite devenait en danger, ni intervenir si tout se déroulait relativement bien. Iel accomplissait son contrat après tout. De plus, le nouveau démon suscitait sa curiosité... Halewyn ne reconnaissait pas Lorindol. Comment aurait t'iel pu? Cela faisait 40 ans et le mignon n'avait pas une apparence aussi excentrique qu'Eliendir. A un certain niveau, les elfes se ressemblaient tous un peu, et les trucs qu'iel voyait du dehors appelaient à l'approche prudente. Dommage qu'il ne connaisse pas le nom du démon, iel aurait pu le circonscrire dans la demeure.  

    Crôa!!!!

    Jura t'iel en se replacant encore une rémige... Non mais qu'est ce qu'elle était agacante.

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  • Jeu 13 Juil - 12:21
    Le regard de l’exilé parcourait avec un certain intérêt les craquelures qui parcourant le corps de la jeune femme, du moins les parties laissées visibles par la tenue qu’elle arborait. C’était une sensation étrange que ressentait l’elfe en regardant la jeune femme qui avait pénétré dans la demeure de sa famille, sa demeure d’une certaine manière. Alors qui croisait son regard asymétrique, il avait l’impression de… la connaître, il avait comme une impression de déjà vu sans pour autant être capable de s’en rappeler, c’était… Étrange.
    La silhouette obscure qui se dressait derrière elle n’avait pas bougé, elle n’était là que pour avoir un effet dissuasif, bien qu’en cas de problème elle pouvait tout à faire représenter une menace.

    Lórindol.

    Elle connaissait son prénom, elle le connaissait et pourtant lui était incapable de se souvenir de ce visage. Il fouillait dans les fragments dispersés de sa mémoire sans parvenir à trouver les réponses aux nombreuses questions qui virevoltaient dans son esprit comme des feuilles mortes balayées par le vent. Ce regard, ce visage, ce corps, cette cicatrice semblable à une porcelaine que l’on aurait brisée puis tenté de recoller tant bien que mal… Il avait déjà vu ça quelque part, il savait. Était-ce une chose qu’il avait vue dans les notes de son père ? Impossible, si tel était le cas il n’aurait jamais douté de cela.  

    Hôte ?

    Cette tournure de phrase n’était pas un hasard, elle savait, elle en savait plus sur lui, plus que la plupart des personnes qu’il avait fréquentées, même Eliendir n’était pas au courant pour l’entité démoniaque. Il n’y avait que Rizka et Violence… Cette saloperie de Violence qui en avait profité pour fouiller dans son esprit, c’était peut-être à cause d’elle que sa mémoire était affectée de la sorte… entre ça et l’assimilation de l’entité, rien n’avait été fait pour aider. Faisant un pas de plus en direction de la jeune femme, il réduisit encore la distance les séparant, si bien qu’il aurait pu tendre le bras pour la toucher. Bien qu’elle ne semblait pas en confiance, elle n’avait pas pour autant l’air sur la défensive.

    - Je suis, et resterais Lórindol Aën’Ar-Feiniel. Visiblement tu me connais, peut-être un peu trop à mon goût… Je te regarde, je vois ce visage sans pour autant m’en souvenir.

    Était-elle seulement réelle ? Son esprit pouvait très bien lui jouer des tours, ça n’aurait pas été la première fois qu’il hallucinait… il était bien plus atteint qu’il ne voulait le croire, du temps… il faudrait beaucoup de temps pour redevenir ce qu’il avait autrefois été. Lórindol était libéré de son pacte, il disposait de nouvelles connaissances, jamais son savoir n’avait été aussi vaste et pourtant, faire face à cette femme c’était… troublant. Son regard se posa une nouvelle fois sur les craquelures parcourant son bras.

    - Je suis certain d’avoir déjà ce genre de chose.

    Doucement il approcha sa main valide du bras de la jeune femme, son autre main était tout aussi valide, mais il comprenait que son aspect « éthérée » ne soit pas une chose rassurante. Après un instant qui sembla durer des heures, ses doigts touchèrent enfin la peau froide de la jeune femme, l’index suivant méticuleusement l’une des craquelures, il eut soudainement l’impression qu’une infime portion de celle-ci venait de « scintiller » sous le passage de son doigt.
    Le contrecoup fut immédiat.

    Aussitôt une violente douleur lui vrilla le crâne, il grogna, sa concentration vola en éclat et que la silhouette sensée assurer une certaine sécurité s’évapora. C’était si douloureux qu’il fut obligé de poser un genou au sol et de tenir la tête, c’était comme s’il était victime d’une attaque mentale. Les souvenirs revenaient à la surface. Rowena.
    Il revoyait le bordel, sa chute dans la rue et sa rencontre avec la jeune femme, la taverne, l’attaque qu’il avait subie… Puis cette nuit à l’hôtel lui revenait en mémoire, elle était là, nue, à califourchon sur lui, ondulant, un moment où deux personnes qui se comprenant laissaient leur attirance mutuelle s’exprimer, puis lentement puis tout s’assombrit… La puanteur des égouts lui revenait en mémoire, l’affrontement avec Imrith, les cultistes, les morts… tous ces morts entassés dans des conduits… Elle avait été frappée puis elle était tombée dans une évacuation tortueuse, il avait plongé à sa suite plutôt que de régler son compte à Imrith. La douleur se dissipa enfin, il était en sueur, toujours un genou au sol, il se souvenait à présent, peut-être pas de tout, mais il avait au moins un nom à mettre sur ce visage. L’exilé se redressa avec difficulté, posant son regard sur son amante, sa main se posant avec une certaine délicatesse sur sa joue, effleurant le foulard et sa joue. Cette craquelure… elle s’était terriblement étendue.

    - Je me souviens… Je me souviens de toi Rowena. Je croyais t’avoir perdu… Lorsque tu as été touché et que tu as disparu dans une des conduites, j’ai plongé après toi. J’ai essayé de te retrouver, j’ai sondé ce que je pouvais, mais… Je n’ai pas réussi, je te pensais morte et j’ai quitté Ikusa en étant persuadé de cela.

    Mais elle était bien là, bien vivante… Quant à sa présence ici… ça, c’était une question à laquelle l’elfe ne songeait pas encore.
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  • Ven 14 Juil - 15:31
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04



    Alors il se souvenait de son nom et prétendait être lui. Paradoxalement, l'annonce était bien plus perturbante que si son démon de compagnie s'était révélé en assumant pleinement être quelqu'un d'autre utilisant un corps qui lui avait été cédé de plein droit. Elle scrutait l'ancien elfe de tous ses sens malgré la saturation de l'atmosphère. ... Etait-ce réellement lui ? Un frisson remonta le long de son dos, jusqu'à son oreille gauche.

    * Sauve... *

    Un pincement au creux du ventre lui donnait envie de reculer alors qu'elle tenait toujours fermement ses défenses magiques pour ne se faire surprendre ni par une intrusion mentale, ni par les effets insidieux de cette brume corruptrice. Elle resta pourtant en place, esquissant un simple geste de défense pour mettre son bras en parade lorsqu'il se retrouve réellement en face d'elle, à une distance qui aurait pu être celle d'une discussion amicale.

    Quelque chose n'allait pas. Quelque chose qu'elle ne comprenait résolument pas... Si c'était bien lui, pourquoi cette aura était-elle si proche de celle du démon qu'il abritait ? La sueur froide qui lui fit dresser les cheveux sur la nuque exprimait malgré elle à quel point sa simple proximité était chaotique et néfaste... Qu'était-il devenu ?

    - Nous nous sommes connu autrefois, mais c'est normal que tu ne te souvienne pas. " Elle eut malgré elle un regard plus... affecté. Le visage de Rizka s'imposa à elle. Puis le souvenir du regard qu'il avait porté sur elle cette nuit là. Puis elle secoua la tête. " Cette magie se nourrit des parcelles de moi qui se trouvent dans ceux qui m'ont connus. Mais ce n'est pas pour ça que je suis là.

    Elle avait rapidement désigner sa craquelure, préférant ne pas s'y attarder... Ou préférant ne pas s'attarder ici. Finalement, savoir s'il allait bien n'était plus tant à l'ordre du jour. Il avait franchi la ligne. Cette aura le lui disait de toutes les façons possibles. Et comme un papillon attiré par une sombre flamme, il semblait fasciné par ce qui la rongeait  comme s'il en connaissait déjà la nature. L'aura de la sirène était depuis des mois celle d'une pratiquante des arts les plus noirs. Reconnaissait-il instinctivement quelque chose qui résonnait avec sa propre nature ? Ou la magie du titan de la non-vie excitait-elle l'appétit et le courroux de l'essence démoniaque qu'elle sentait et qu'Halewyn avait toujours décrit comme lié au monde des défunts ?

    Il approcha sa main encore saine, les yeux dévorant les interstices des craquelures de sa peau d'albâtre.

    * Sauve lhhh... *

    La voix ethérée siffla dans le vent qui tentait de s’infiltrer au travers d'un volet cassé. Plus forte. Plus impérieuse. Une lance dans le coeur de la sirène sans qu'elle ne parvienne à savoir précisément quoi faire. Son rythme cardiaque s'était brusquement accélérée. Un soupire après le mot, quelque chose qu'elle n'arrivait pas à comprendre. Elle serra les dent et braque ses yeux asymétriques sur l'être à l'essence contre-nature. Elle ne se sauverait pas face à lui. Elle refusait ! Comme une bravade, elle descendit le bras qu'elle gardait en défense, lui permettant implicitement de terminer son geste.

    - Impossible. J'en suis la seule porteuse. " Le bout de ses doigts se posèrent sur son bras anesthésié. " Mais moi j'ai vu tes marques et j'ai besoin d'en savoir plus sur la magie que tu as scellée dans ton corps. Je connais quelqu'un qui est porteur de la même ma...

    La décharge d'une brûlure froide lui remonta brusquement dans le bras, la faisant glapir d'une douleur profonde. D'un mouvement brutal, elle se défit de lui, faisant deux pas en arrière, alors que le fluide glacial remontait dans ses veines. Son cœur parti à une vitesse folle. Recroquevillée autour de son bras, la sensation toucha son cœur et l'instant d'après, la douleur se répandait dans tout son corps. Un bruit étrange, douloureux, gonfla dans sa gorge, semblable au gémissement aiguë d'un mammifère marin. Elle tira sur son foulard pour chercher de l'air. Sa tête était sur le point d'exploser !! Il n'y avait pas de mot pour décrire l'Absence de lumière qui prit soudain la place de ses yeux noirs.

    La bulle d'obscurité et les fumeroles étranges disparurent d'un coup. Elle ne sentait même plus l'aura abjecte du démon qui n'en était pas un. Son corps était en feu, glacé jusqu'à l'os. Dans un bruit qui n'existait pas, sa main, ses doigts et sa paume craquèrent, à leur tour lézardés de noir. Son cœur battait si vite qu'elle avait l'impression qu'il allait lui briser les cotes et sa respiration peinait à suivre. Son dos heurta le mur. Elle se retrouva recroquevillée sur elle-même, distordue de l'intérieur par un pouvoir bien trop grand pour que son corps le retienne.

    Une aura d'anéantissement glissa comme un nuage sur la propriété déchue.

    Au coeur de la tempête, sur le point de céder, l'esprit de la Banshee rua une dernière fois. Elle refusait de disparaitre comme ça !

    Puis plus rien.

    Plus de douleur. Plus d'aura. Son cœur s'était remis à battre normalement. Comme on s’éveille d'un cauchemar, elle releva la tête, la respiration frissonnante et les oreilles n'entendant qu'un sifflement aiguë. Quelque chose se trouvait devant elle... Il se relevait.

    Instinctivement, elle se retrouva sur ses pieds, regardant l'homme se déplier, des lueurs livides se superposant de façon changeante avec son corps de chair et... D'autre chose. Une horreur rampante remontait le long de son dos face à ce spectacle venu d'un autre plan. Il approcha d'un pas. Il approcha la main.

    - Je me souviens...

    Statufiée, elle l'écouta. Puis, d'un coup, elle saisit son poignet. La corde enroulée sur le bras de la mage de guerre glissa en un éclair sur celui de ce qu'il restait de cet elfe. D'un coup sec, la corde tira son bras en arrière et Rowena passa sur son flanc pour crocheter sa jambe en une prise vive qui le précipita vers le sol. Face contre terre. Son bras sain tordu dans son dos, un genou vicieusement planté au creux de ses reins, sa sinistre main était laissée libre, la combattante ne l'avait pas touchée, mais la corde serpentait le long de son corps pendant qu'elle le tenait, tentant de nouer ses bras derrière son dos et ses jambes ensembles.

    Même avec le timbre froid qu'elle employa, la voix de la sirène s'arrivait pas à paraitre réellement en colère. Son harmonie fluide et la chaleur cristalline qui s'en dégageait caressaient plus surement qu'aucune main sur la peau, soutenue par une magie à peine contrôlée. Elle semblait surprise. Plus. Elle semblait profondément déstabilisée. Mais sa respiration encore tremblante de ce qui venait d'avoir lieu, elle ne pouvait que prononcer les trois mots qui lui vrillaient le crâne.

    - Qui es-tu ?

    CENDRES
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  • Sam 15 Juil - 18:52
    C’était bien elle oui, mais que dire ou que faire ? L’elfe n’en savait rien, il avait bien tenté d’agir, de tendre une main sans doute trop « amicale ». La réponse ne s’était pas fait attendre, Lórindol n’avait aucune mauvaise intention dans ce geste, et c’était pour cette raison qu’il n’avait aucunement anticipé une mauvaise réaction. Avant même que sa main n’ait eu l’occasion de touche sa cible, l’exilé se retrouva rapidement au sol, son front percutant le marbre poussiéreux avec suffisamment de force pour le sonner. Plusieurs dizaines de secondes furent nécessaires pour qu’il reprenne ses esprits. La situation avait rapidement changé de ton, la mémoire venait tout juste de lui, il découvrait que la jeune femme n’était pas morte, et voilà qu’il se retrouvait face contre terre avec le genou de celle-ci au milieu du dos.

    - Qui je suis ?

    L’exilé ricana, elle était bien bonne celle-là. Il était certain de ne pas avoir rêver, certes, se souvenir de certaines choses n’avaient pas été sans douleur, mais il était certain de ce qu’il avait vécu. L’elfe tenta de se débattre, sentant par la même occasion la corde qui serpentait dans son dos, s’enroulant lentement autour du poignet de sa main « valide ». Même s’il n’avait aucune mauvaise intention, Lórindol n’était pas suffisant idiot pour se laisser faire sans réagir. Mais, il fallait bien reconnaître qu’il ne pouvait pas se redresser, du moins pas si la jeune femme ne retirait pas son genou, c’était presque comme avoir une enclume sur les reins. D’un geste de sa main droite, une fine pellicule d’ombre se créa autour de la corde pour l’empêcher de continuer son ouvrage.

    - Même si j’apprécie autant cette tenue que celle que tu portais lors de notre première rencontre, je dois avouer que ce contact-ci est moins agréable que le premier.

    Inutile pour l’exilé de préciser à quoi il faisait référence, l’elfe n’inventer rien, que pouvait-il dire pour la convaincre ? Ou au minimum réduire la prise qu’elle avait sur lui. Il vociféra dans sa langue natale, essayant tant bien que mal de grappiller quelques centimètres de liberté.

    - La première fois, à l’hôtel pour t’assurer que j’étais bien ce que tu pensais, tu as pris ma main pour me sonder non ? Tu lui as parlé n’est-ce pas, tu savais ce qui sommeillait au fond de moi ? Alors, recommence. Touche-moi et sonde donc ma putain d’âme, tu verras qui je suis, ce que j’ai fait et pourquoi je l’ai fait, mais ça ne sera peut-être pas agréable. Désolé de ne pas te tendre la main, j’aurais peur d’une mauvaise réaction.

    Oui, même dans ce genre de situation il usait de sarcasme, signe que d’une certaine manière il était toujours le même.
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  • Dim 16 Juil - 11:56
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04



    Le premier contact. Lui sonder l'esprit. Ce qui sommeillait en lui...

    Le visage de la sirène reste de marbre, mais son cœur s'emballe. C'est impossible...

    La perspective de ce qu'il représente lui glace le sang. Ce n'était pas sensé arrivé. D'après ce que lui avait dit Myriem cela aurait voulu dire que la chose prenait bien plus de forces que prévu. Et pourtant, elle ne peut pas faire comme si de rien était. L'homme qu'elle venait de contraindre... Elle n'avait pas le moindre souvenir de lui, ni de cette aura, et maintenant qu'elle y réfléchissait attentivement, elle ne se trouvait dans cette demeure que pour trouver des informations importante pour faire le choix de garder ou non l'enfant. Lesquelles ? Pourquoi ici ? Les trous et les ombres rongeaient le décor. Elle marchait dans le corridor, une ombre l'avait surprise et elle avait fait une crise, la magie devenant complètement chaotique en elle.

    A première vu l'homme était un mage noir d'une puissance telle qu'il avait fini par en changer sa nature. L'aura qu'il dégageait était celle d'un démon. Sa main n'était pas de se monde et la fixer de trop lui donnait mal au crâne. Cicatrices et marques noirs mystiques le couvraient, avouant une vie bien sombre. A quelle magie était-il attaché ? L'avait-elle déjà su ?

    Lui la connaissait... Et pas qu'un peu visiblement. Depuis quand ? Depuis où ?

    Une peur froide et rampante lui courait dans les veines. ... Qui était-il pour elle ? ... Puis , son esprit vif raccrochant les bouts et tentant de rendre toute la situation logique, sa gorge se serra si violemment, qu'elle en perdit le souffle sans accepter d'articuler mentalement la brutalité de son ressenti. Elle s'empara plutôt de la main qu'elle avait crocheté dans son dos, plaquant sa paume contre celle de l'homme à terre. Son v=pouvoir, fluide, comme de l'eau, passait dans tous les interstices de la psyché de l'ancien elfe. Il suffisait de suivre le flot pour prendre pied sur ce nouveau rivage, embrasser d'un regard sa conscience et les quelques pensées qui voletaient... Et la saisirent à la gorge.

    Un sort qui fuse. Cette silhouette pâle en tenu d'exploration qui tombe à la renverse dans l'eau croupi à l'odeur insoutenable. Un refus. Un mouvement instinctif pour la suivre. Un homme ignoble qui s'engouffre dans un autre passage juste avant que l'eau salle ne se referme sur moi.

    Elle s'enfonce plus profondément dans cette forêt de souvenir, suivant le fil le long d'un chemin sinueux à la chronologie approximative.

    La curiosité face à ce visage asymétrique et ce sourire fin. La surprise face à ce même visage penché au-dessus de moi alors que j'émerge, une douleur aiguë vrillant mon crâne, superposé à une autre surprise face à son air fermé et sérieux qui ordonne de fuir alors que je suis couvert de sang. L’excitation du combat. La résignation banale de la perte. L'étendue d'une peau pâle, marbrée de noir au col. Le plaisir et l'attention sincère d'une méfiance oubliée. La sensation d'un autre corps pressé contre moi, au repos. L'amusement. Un sourire léger. L'image d'un oreiller. Celle d'une épée. Des voyages. De la douleur. La présence de ce jeune démon. Le visage d'un autre elfe faussement lumineux. La mort ancienne. Sa soeur. Sa famille. Le capitaine. L'érudit. Sa famille. Des mots qui filent et disparaissent ans pouvoir être saisis au vol. Ce corps nu qui se cambre, mon nom sur les lèvres de cette femme et le feu dans mes veines.

    D'un coup, elle recule, libérant le dos de Lorindol et porte une main sur sa tempe. La corde tombe interne. Les jambes de l'ancien elfe sont déjà nouées ensembles et plusieurs tours sont encore bien serrés sur son bras sain, mais le lien est trop lâche pour qu'il ne puisse s'en défaire. Et elle l'observe, sous le choc.

    Des amants, bien sûr elle en a eut. Dégageant cette intensité de corruption, c'était la première fois. Se voir comme ça était déjà plutôt surprenant. Mais c'était le fait qu'elle était déjà malade qui lui retournait l'estomac. Il avait parlé d'Ikuza. Ses marques correspondaient... Elle porta une main à son ventre, la bile aux lèvres.

    - C'est toi... " souffla-t-elle avec un certain dégoût et une incompréhension palpable dans la voix. Ca ne pouvait être que lui le père...

    C'était pour lui qu'elle était venue. ... Les images flottaient encore dans son esprit. Cherchant un ordre. Combien de fois s'étaient-ils vu pour qu'il la regarde de cette façon en la serrant dans ses bras ? Pour qu'ils combattent ensemble dans les égouts ? ... Elle se souvenait de ça...  mais elle n'était pas seule au moment des faits ? Etait-elle avec lui quand il avait tué ses gens ? Etait-elle au courant ? L'avait-elle aidé ? Pourquoi ? Shan le connaissait-il ? Que ressentait-elle pour lui ? Avait-elle du choisir entre eux ? Entre l'obscurité rampante et la lumière inaccessible... Les anciens souvenir d'un drakyn aux yeux mouillés de larmes lui revinrent et elle déglutit, le laissant s'évaporer. Elle venait de voir quelques souvenir mais combien cet homme en avait-il oublié ? Depuis combien de temps se connaissaient-il ?

    Le regard qu'elle posait sur lui avait peu à peu changé au fur et à mesure qu'elle parvenait à allié les choses qu'elle savait avec celles qu'elle ignorait. Plus doux. Une once de tristesse qui luisaient derrière une complicité méfiante, induite par l'ensemble d'émotions qu'elle lui avait inspiré par le passé. Elle fronçait les sourcils comme face à quelqu'un dont le visage n'est pas connu, mais pas étranger non plus.

    - On... On s'est revu depuis Ikuza ? Tu es au courant ? " souffla-t-elle, tendue.

    CENDRES
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  • Lun 17 Juil - 15:09
    La « décharge » mentale n’avait rien d’une chose très plaisante, lire à travers l’autre n’avait rien d’une chose aisée ni sans risque, les risques pouvaient être drastiquement diminués lorsque l’opération était faite au calme entre deux personnes confiantes l’une en l’autre. Répéter la même chose à la hâte, sous une certaine tension et avec une confiance grandement diminuée ne représentait absolument pas les mêmes choses. Sentir son pouvoir s’écouler en lui n’avait rien d’agréable, et dans une mémoire altérée cela risquait de mettre encore plus de désordre dans des fragments de souvenir déjà éparpillé aux quatre coins de son esprit. Une nouvelle douleur lui traverse le crâne, comme un pique farfouillant dans sa cervelle, l’exilé grogna une nouvelle fois en essayant de se dégager, de rompre le contact, mais le genou de la jeune femme est similaire à un étau. Sa blessure au ventre lui faisait un mal de chien, avec toutes ses conneries il allait être bon pour la faire soigner une nouvelle fois.

    Puis elle recule enfin, coupant le lien entre leurs deux esprits. L’elfe roula sur lui-même pour se mettre sur le dos, les filaments d’ombre agissant déjà pour détendre la corde qui s’était nouée autour de ses jambes. Rapidement l’exilé se redressa, le souffle court, le cerveau en ébullition. L’un après l’autre, les fragments de souvenirs se remirent en ordre, rendant plus tangible ce qu’il avait vécu lors de cette soirée à Ikusa.

    - Évidemment que c’est moi ! Qui veux-tu que ce soit Rowena ?

    Finit-il par vociférer. Il n’était pas un démon, pas plus qu’il n’était sous le joug d’un démon, certes son aura et sa perception du monde avait été modifié par les évènements récents, mais il était toujours le même, du moins d’une certaine manière.

    - Je sais que lorsque l’on sait rencontrer, j’étais sous le joug d’un démon, tu la « vu » et tu as même échangé avec lui, l’entité qui se jouait de moi et me pensait suffisamment faible pour me faire corrompre.

    Il fallait expliquer, du moins essayer, il n’avait pas d’autre chose à faire.

    - J’ai assimilé l’entité, ses connaissances, ses pouvoirs et sa façon de voir le monde. Évidemment ce ne fut pas aussi simple que j’aurais voulu…

    Il porta sa main valide à la blessure qu’il avait au ventre, et d’un hochement de tête désigna sa main éthérée. Il y avait aussi des soucis au niveau de sa mémoire, mais il préférait ne pas en parler pour l’instant, la situation était bien assez complexe pour n’avoir besoin de rajouter de l’huile sur le feu, du moins pas maintenant.

    - Lorsqu'il me regarde, ceux qui sont capable de voir les flux magiques constate que mon aura se rapproche de celle d’un démon sans pour autant être identique, mais je suis toujours moi, avec quelques connaissances en plus.

    La question de la jeune femme lui fit hausser un sourcil, non il ne s’était pas revu depuis Ikusa il en était certain, c’était la première fois qu’il la revoyait depuis des mois, de toute manière il ne s’était jamais attendu à recroiser une morte.

    - Au courant de quoi ? La dernière fois que je t’ai vu, tu chutais tête la première dans un conduit d’évacuation du vieux réseau d’égout de la capitale. Je t'avais presque oubl...

    Oublié ton existence.

    C’était ça. Il avait totalement oublié la jeune femme jusqu’au moment où il l’avait touchée quelques instants plus tôt. Son regard se posa aussitôt sur sa main valide, cherchant une éventuelle explication, mais il n’y avait rien. Par quel procédé était-il parvenu à retrouver la mémoire ? Lui avait-il volé ses propres souvenirs ? Il n’en savait rien, mais la jeune femme le regardait comme… une bête curieuse, quelque de connu sans l’être pour autant. Les rôles avaient été inversés… Ce n’est qu’à ce moment que l’elfe réalisa pour la cicatrice de la jeune femme, la marque s’était bien étendue par rapport à ce dont il se souvenait. L’exilé hocha la tête en direction du bras de la jeune femme.

    - Ça ne s’est pas arrangé visiblement.
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  • Lun 17 Juil - 23:21
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    Février 04



    Circonspecte, Rowena soutint le regard du grand homme aux cheveux blancs, l'observant avec une intensité décontenancée. Il n'était pas au courant, disait-il. Son mouvement d'humeur lorsqu'elle avait laissé échapper son incrédulité sonnait parfaitement juste. La justification qu'il donnait semblait plausible. Enfin... Cela expliquait cette étrange aura, mais pour phagocyter à ce point une autre conscience, il avait du piocher dans des magies ésotériques non seulement puissantes mais d'une noirceur absolue. Quant aux quelques connaissances en plus, il s'agissait ni plus ni moins de raccorder des souvenirs des sensations. Elle était bien placer pour savoir que sur un esprit faible ou instable, les interventions mentales pouvaient profondément changer ou durablement altérer la personnalité du sujet. Et là ce n'était pas simplement une absorption mentale...

    Si elle ne pouvait pas le quitter des yeux, scrutant ses traits, ses marques et ses contours, c'était surtout parce qu'elle avait peur de comprendre les demi-teintes livides et changeantes que son œil maudit apercevait en lui. L'impression de marbrure et de pénombre flottante... Il n'était pas seul. Il n'y avait pas que sa main, elle n'était qu'une concentration plus intense du changement qui avait lieu en lui et qu'il n'était pas assez savant ou pas assez puissant pour homogénéiser. Il n'avait pas seulement absorbé les pouvoirs ou les souvenirs du démon. Pour capter sa puissance, il avait mêlé son essence à la sienne. L'âme qu'elle avait sous les yeux était un patchwork encore flou, hésitant. Une créature monstrueuse qui fait ses premiers pas.

    Sa première impression se confirmait. Ce n'était plus un elfe. Mais elle s'était aussi trompé en un sens. Il était quelque part entre les deux. Dans un intervalle qui n'aurait pas du exister et qui ne pouvait ni être l’œuvre du hasard ni d'un seul homme à moins qu'il ait passé des millénaires à se consacrer à ce projet. ... Et les souvenirs qu'elle avait grappillés lui indiquaient tout le contraire. De plus il n'était pas si âgé. Si elle se fiait à son expérience, il devait arrivé au terme de la première moitié de sa vie. Peut-être un peu moins. Malgré les marques et les cicatrice, ses traits n'étaient pas fatigués. Elle-même était dans les mêmes eaux. Presque à mi-chemin du grand-âge tout en sachant que les anciens de sa propre race était si solides qu'ils s'attardaient souvent durant de nombreuses décennies là ou ceux des autres espèces déclinaient rapidement en comparaison.

    Elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la compassion pour le démon pris à son propre piège. L'être avait été détruit pour faire parti d'autre chose. Il ne renaitrait sans doute pas seul. Ce qui avait existé n'existerait plus. Le parallèle avec sa propre condition était bien trop directe. Elle avait pourtant noté la main comme la blessure à l'abdomen. Les choses n'étaient peut-être pas aussi directes et unilatérales qu'elles le semblaient. Elle ne fit qu'un léger geste de la main et la corde qu'elle avait utilisée contre lui revint s'enrouler à sa ceinture.

    - Tu m'avais oublié... " C'était logique. " Alors quand... ? " Mais sa redécouverte semblait récente... Aussi récente que sa perte de mémoire ? Elle était venue jusqu'ici et se souvenait de la crise. Pas de ce qui l'avait causée. De plus en plus méfiante, plus à cause de sa propre vulnérabilité qu'à cause de ce que lui inspirait l'autre, elle porta de nouveau une main à sa tempe. L'endroit saturait toujours ses sens et elle se rendit compte qu'elle n'avait perdu toute défense en perdant sa concentration. Le foulard baissé, elle avait pu inhaler toute la fumée qu'il voulait... Elle releva la tête et lui jeta un regard noir avant de porter machinalement un regard à son bras gauche... Et de découvrir l'état de sa main.

    Elle vira au livide.

    - Non... Ce n'est pas... " Du bout du pouce, elle frotta son revers comme pour en retirer une tâche. Mais non. C'était bien sa marche. Elle s'était étendue ! Quand ?! La crise. " Qu'est-ce que tu m'as faits ?! " gronda-t-elle sans s'approcher d'un cheveux, allant même jusqu'à faire quelques pas sur le côté en réfléchissant pour elle-même, l'atmosphère pesante de la pièce lui glaçant le dos. " Je ne me souviens pas de toi mais tu as des souvenir de moi... De... de nous ! " lança-t-elle un ton plus fort en le prenant soudain à parti. " Ikuza. Cette nuit là. Les égouts aussi. Je suis venue ici pour toi, pour savoir quelles magies avaient influencées sa conception. Pour venir je savais forcément ! Je... Et ma marque qui s'étend...  Dit moi que ce n'était pas volontaire, Lorindol ou peu importe ton nom ! "

    Elle se tourna d'un bloc vers lui, mais son aura ne semblait pas plus stable, pas plus contrôlée que tout à l'heure, il en allait de même pour sa main. Comment aurait-il put utiliser volontairement des pouvoirs qui suppuraient par tous les pores de sa peau sans le plus petit début d'ordre ? Le froid qui s'accrochait à sa peau augmentait doucement, la faisant frissonner. Elle se passa les mains sur le visage, cherchant toujours à ordonner cette situation surréaliste tout en faisant abstraction de l'angoisse mortelle que représentait ces craquelures sur sa main. Elles avaient couvert toute sa paume et ses doigts d'un seul coup.

    - C'est une interaction sauvage. " souffla-t-elle étrangement sans animosité. C'était une réalisation pure et simple. " Tu ne contrôle pas plus ta magie que je ne maîtrise ce qui m'habite... D'une certaine façon, elles ont du se faire échos."

    Elle soupira. Son haleine forma un léger nuage de buée juste devant ses lèvres sans qu'elle n'en ait vraiment conscience. Un phénomène pareil était loin d'être isolé ou impossible mais d'ordinaire, sur les magies plus standard, c'étaient des interférences d'une magie de même type ou ayant des propriété similaire. Un sort de magie mentale raté, une tentative de rattraper un sort élémentaire qui n'est pas le notre à l'origine. Une interaction sur un même bout de la toile. Ici, le diapason s'était mis à vibrer sans aucune intervention volontaire... Et elle préférait nettement se dire que la magie noire qui imbibait le demi-démon face à elle avait résonner avec la nature la plus sombre de Xo'Rath plutôt que d'imaginer que l'aura propre de l'être qui grandissait en elle pouvait approcher, même vaguement, ce qu'elle avait sous les yeux.

    - Lorindol... " souffla-t-elle pour ancrer le nom dans sa mémoire et laisser rouler les syllabes sur sa langue. Un vœu pieu pour retrouver la moindre bribe du passé. Un silence. Puis elle le désigna du menton. " Je peux regarder ta blessure si tu ne me touches pas. Il semble que nous ayons encore un peu à discuter... "

    Elle se frictionna les bras dans le froid ambiant qu'elle était la seule à sentir.

    CENDRES
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    Anonymous
  • Mar 18 Juil - 13:32
    L’exilé resta perplexe face à cette colère, lui n’avait rien voulu, rien fait, du moins avec cette intention dernière. Malheureusement pour lui il semblait bien qu’il avait retrouvé la mémoire en « volant » certains souvenirs de la jeune femme, des souvenirs qui heureusement ne concernaient que lui. Pourquoi ? Comment ? Difficile à dire, s’ils s’étaient bien unis tel que ses souvenirs le lui décrivaient, alors son esprit s’était contenté de passer outre le sort et récupérer ce qui lui venait de droit, ses souvenirs. L’elfe n’aimait pas être pris à partie comme ça, il plissa dangereusement les yeux.  

    - Et si ça avait été volontaire ? Qu’est-ce qui changerait Rowena ? Rien.

    L’était-ce ? Avait-il sournoisement profité de ce contact pour s’insinuer dans son esprit via une attaque mentale de moindre mesure, une attaque pour se protéger de ce que cette inconnue qui le connaissait pouvait représenter ? Si tel était le cas, alors l’attaque mentale n’avait pas aboutie, du moins pas de la façon dont il aurait voulu... Mais pour cela, il fallait prouver qu’attaque il y avait eu.  

    Il fit quelques pas, réfléchissant à cette situation complexe, et à ce qu’il savait de la magie. La magie n’était pas un simple outil que l’on pouvait utiliser à volonté, c’était une chose vivante, une énergie que l’on pouvait manier sans pour autant en être totalement maître.  

    Qu’importait son aura ou la façon dont il pouvait être perçu, l’elfe avait parfaitement connaissance de ses compétences et de ses limites, il contrôlait ses pouvoirs, mais ce qu’il s’était produit à ce moment-là… ça n’était pas lié à un sort ou à une quelconque connaissance oubliée. Aucun mage n’aurait pu contrôler ce qu’il s’était produit. Il en venait à la même conclusion que la jeune femme, la magie qui l’habitait elle, et celle qu’il maîtrisait lui, devait être suffisamment similaire pour se faire écho et communiquer entre elles, pour le meilleur comme pour le pire. Malgré tout, il y avait bien une chose à constater, il pouvait influer sur le mal qui la rongeait… c’était tout bonnement la possibilité de faire empirer ce qui sommeillait en elle tout en prétextant une maladresse. Même s’il en avait visiblement la possibilité, ce n’était pas une chose qu’il voulait, la dernière fois qu’il avait vu la jeune femme, il lui avait juré de partager ses connaissances s’il trouvait une information capable de l’aider. Ce genre d’information était-elle en sa possession ? Peut-être.

    Il ne rajouta rien à sa première déclaration, jugeant que c’était à son avantage de laisser croire qu’il ne maîtrisait rien, du moins c’était préférable pour l’instant, car elle l’avait oublié et n’avait aucune confiance en lui. Lorsqu’elle retrouverait la mémoire, si elle pouvait la retrouver, alors elle comprendrait toute seule, et aucun mot ne serait nécessaire.  

    Oui, c’est une éventualité à prendre en compte, mais cela ne ce n’était pas produit lors de notre première rencontre. Il me faut comprendre pourquoi.

    Au fond tu en as bien une idée pas vraie ?

    En même temps... lors de leur première rencontre, le mal n’était pas si étendu chez sa partenaire, tout comme il n’était pas dans le même état lui non plus, c’était seulement le contact de deux personnes se faisant confiance, une confiance qui pour l’heure était aussi vacillante que la flamme d’une bougie en proie au vent.

    Ma blessure peut attendre, ce qui est important c’est que tu retrouves la mémoire, du moins que tu souviennes de qui je suis, après ça, peut-être que nous pourrons discuter.

    Du sang avait légèrement taché sa main à travers le tissu de sa veste, signe que la plaie n’avait peut-être pas apprécié le traitement face contre terre. De toute manière cela pouvait bien attendre un peu.

    Et pour être totalement honnête, c’est une blessure faite avec une lame runique, celle-ci pour être précise.

    D’un geste lent pour montrait qu’il n’avait pas d’intention hostile, l’elfe dégaina l’arme en prenant soit de la tenir avec sa main éthérée. Au contact de la paume de sa main, la lame s’éveilla aussitôt, rougeoyante comme des braises, seul un membre « consumé » pouvait tenir l’arme.

    Cette arme ne vient pas de notre plan d’existence, si tu veux m’ausculter, grand bien te fasse Rowena, mais je crains que la magie de notre plan soit inefficace.
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  • Mer 19 Juil - 23:46
    Les temps changent. Les gens changent
    Février 04



    - Ta blessure, c'est facile. On a aucun moyen de savoir si ma mémoire c'est récupérable.

    Elle n'était pas la personne la plus empathique du monde mais dans tout ce chaos, prendre les problèmes dans l'ordre qui semblait le plus logique et le plus pragmatique avait quelque chose de rassurant. Elle savait gérer les situations de crise et les problèmes de vie ou de mort. Et là tout de suite, elle avait besoin de faire quelque chose. ça l'aiderait à organiser sa pensée.

    Dans l'environnement délabré, leur discussion paraissait totalement incongrue, ayant soudain changer de registre alors qu'un froid particulièrement prégnant rampait toujours sur la peau de la sirène et que la sensation de présence ne s'était pas évaporer. La magie nauséabonde qui saturait l'endroit ne venait visiblement pas exclusivement de Lorindol et ça aurait sans doute du la tenir en alerte, mais son esprit avait trop de choses à intégrer en même temps pour s'apercevoir que dans les retrouvailles entre deux parties, d'autres spectateurs étaient peut-être présents.

    Elle s'approchait d'un pas lorsqu'il avait avoué l'autre raison pour laquelle il n'était visiblement pas des plus pressé à l'idée de la voir approcher sa blessure. La lame qu'il tira était baigné de magie noire et brûlante. Elle leva un sourcil.

    - Et tu peux me dire comment ça se fait que ce soit ta dague, une lame que tu es visiblement le seul à pouvoir manier, qui t'as ouvert le ventre ?


    La vision de l'arme l'avait laissé totalement froide. Les artefacts maudits, et les cauchemars perçant les limites de leur réalité, elle avait eu l'habitude d'en étudier. Elle en avait même porté quelques éclats dans sa chair. Les magies vivantes étaient, pour elle, bien plus mystérieuses et angoissantes que les objets ensorcelés. Surtout les objets runiques comme celui-ci, dont l'origine pouvait sûrement être lu assez facilement avec le bon dictionnaire, aussi étrange soit sa magie.

    - Laisse moi inspecter ta lame et je pourrais peut-être trouvé comment aider ton corps à se régénérer sans entraver le... changement qui s’opère dans ton aura... Oh... Et tu n'as pas pu faire ça volontairement. L’écho d'un effet volontaire dans la trame laisse une sensation particulière... Bien plus ordonnée que ce dans quoi on patauge.


    CENDRES
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    Anonymous
  • Jeu 20 Juil - 11:27
    Aucun moyen... pour l’instant en tout cas.

    Il fallait bien avouer que pour le moment cette histoire de mémoire était une chose assez complexe à prendre en compte. Se dire que cela était sans doute dû à une sorte de communication entre deux magies similaires c’était une bien belle manière de dire que pour le moment la situation restait un mystère. Maintenant qu’il se souvenait d’elle, c’est elle qui l’avait oublié. L’exilé n’était pas totalement rassuré en présence de la jeune femme, ce n’était plus la Rowena qu’il avait connue quelques mois plus tôt, il le peu de confiance qu’il avait réussi à tisser avec elle par le passé ne valait plus rien à présent. L’elfe allait devoir « recommencer », mais il n’était pas certain d’être aussi bon que la première fois, surtout que là, les retrouvailles avaient plutôt mal débuté.

    Malgré cela il gardait la tête froide, si elle était parvenue à lui faire confiance une première fois, sans doute pourrait-il reproduire ce miracle une deuxième fois ? Du moins rien ne pouvait l’empêcher d’essayer. Son regard se posa sur la lame lorsqu’elle posa sa question. Elle n’avait vraiment aucun souvenir concernant son hôte, ça aussi il allait falloir tout reprendre.

    Car je me suis poignardé.

    Avait-il répondu sur un ton tout à fait sérieux, ça aussi ça n’allait certainement pas aider à pencher la balance en sa faveur, quelques explications allaient être nécessaire.

    L’aura que tu ressens est celle d’un démon avec lequel j’ai pactisé par le passé, cette lame était un don de cette entité.

    Même si elle avait fait un pas dans sa direction, lui n’avait pas reculé, l’important pour l’instant c’était surtout de ne pas avoir de contact direct tant qu’il ne savait pas ce qu’il pourrait advenir.

    Il fallait que je tue avec cette lame pour honorer ce pacte. En me poignardant à la place d’une victime, j’ai forcé l’entité à entrer en contact avec moi, je me suis libéré de ce pacte en fusionnant avec elle, une manière de rester maître de moi-même et de mon destin.

    L’elfe fait pivoter l’arme dans sa main, tendant le pommeau en direction de la jeune femme, jugeant que cela serait plus sécuritaire pour lui de ne pas pointer la lame dans sa direction. Malheureusement pas mal de choses étaient encore en cours au plus profond de son être, l’assimilation était toute récente, si bien que son aura pouvait encore évoluer, pendant des heures ? Des jours ? Il n’en savait rien, c’était bien la première fois qu’il tentait quelque chose d’aussi périlleux sans savoir s’il allait vivre ou mourir.

    Cette fusion est... encore récente, une journée tout au plus, certaines choses sont sujets à des évolutions, notamment l’aura que tu vois, mais je ne saurais dire comment cela évoluera. Je ne risque cependant pas de retrouver une signature similaire à celle d’un mortel.

    Il laissa la belle guerrière examiner l’arme, elle n’avait sans doute pas besoin de toucher l’arme pour la sonder et c’était mieux ainsi, il suffisait de voir ce que le contact de la dague avait fait à la main de l’elfe pour deviner que c’était loin d’être une bonne idée de la tenir en main. Mais ça aussi c’était une chose qu’il n’était pas capable d’affirmer, au vu de la sombre magie qui habitait la jeune femme, il pouvait très bien n’avoir aucun effet... dans le doute mieux valait s’abstenir. Par le passé ils étaient parvenus à sympathiser en comprenant que tous deux étaient victimes d’un même mal, quelque chose que l’on pensait alors incurable et qui d’une manière ou d’une autre finirait par les tuer. Lorindol était parvenu à sortir de cette boucle infernale même s’il avait en payé le prix, peut-être pouvait aborder le sujet pour...

    Crois-moi si tu veux, mais je sais ce que ça fait. Je sais ce que l’on ressent lorsqu’on se lève tous les jours en sachant pertinemment que chaque pas nous rapproche un peu plus de la fin. Je sais ce que l’on peut ressentir lorsque l’on ne parvint pas à trouver de solution et que la sentence se fait de plus en plus imminante, ce sentiment d’impuissance lorsque l’on erre seul dans l’obscurité sans jamais trouver la moindre source de lumière. Je sais ce que cela fait d’être consumé peu à peu de l’intérieur sans rien pouvoir n’y faire, de se sentir vaciller comme la flamme d’une bougie sur laquelle on soufflerait... Je sais ce que c’est de croiser le regard de ceux qui ne comprennent pas et qui de toute manière n’ont pas les capacités pour concevoir le mal qui nous habite, tout comme je sais ce que procure la satisfaction de se trouver face à quelqu’un qui sait, qui comprend et qui ne juge pas, car j’ai ressenti cette satisfaction ce soir-là à l’auberge. Je sais, je comprends et je ne juge pas.
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