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  • Ven 18 Aoû - 19:47
    Assumer les conséquences de ses actes
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    Une semaine après les évènements sur Kaizoku,

    Sur une petite route forestière parallèle à celle qui reliait Kyouji à Liberty, un convoi avançait en silence. Ouvrant la marche, un mercenaire à cheval qui était aux aguets. Il était suivi par d'autres combattants à pied, puis une charrette tirée par deux chevaux. A côté de celle-ci, un autre cavalier soigneusement vêtu qui ne masquait pas ses richesses monté sur un cheval blanc. D'autres fantassins fermaient la marche. Qu'est-ce qui poussait à mettre de telles moyens pour protéger un convoi pareil. Peut-être son chargement et le potentiel pactole qui allait en découler une fois cette marchandise livrée au client. Et pour cause, des gémissements se faisaient entendre dans les caisses entassées derrière des bottes de paille pour tenter de masquer leurs bruits, dans le véhicule accompagnés de sons de chaînes. Des esclaves, une marchandise parfaitement illicite. Ce qui rendait les membres de ce convoi nerveux. S'ils se faisaient attraper par les autorités. A commencer par le cavalier au cheval blanc.


    - Etes vous sûrs qu'on ne risque pas de se faire tomber dessus avec ce chemin ?

    Le mercenaire qui était en tête du convoi sur un cheval brun lui affirma qu'il n'y avait pas d'autres alternatives plus sûres. Ce chemin n'était pas spécialement connu. Puis ils étaient assez nombreux pour combattre. Un bruissement venant de buissons mit en alerte le convoi, jusqu'à ce qu'un petit renard n'émerge des buissons. Le mercenaire soupira d'agacement et transperça le petit carnivore de sa lance qui poussa un glapissement d'agonie.

    - T'avais pas à te trouver sur mon chemin sale bête !

    Puis il donna le signal pour qu'ils reprennent leur route. La dépouille de malheureux renard fut peu à peu piétinée par le convoi qui passait de manière indifférente à son sort. Pourquoi des gens qui en avaient déjà pas grand chose à faire du sort de leurs semblables seraient d'avantage sensibles à ce qui arriverait à un être aussi différent. Dissimulés dans la végétation, des hommes et des femmes se tenaient en embuscade. Leur chef serra le point, se retenant de foncer sur l'assassin de ce pauvre petit animal qui avait eu le malheur de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. A côté de lui, son nouveau cheval de trait, une bête gris-souris sombre, couchée et ne faisant aucun bruit. La communication animale était bien utile pour donner des consignes très précises. Les odeurs d'hybrides herbivores qui composaient une partie des individus embusqués rendaient les chevaux du convoi moins nerveux car des chèvres, des cerfs, des antilopes et même des équidés n'étaient pas ce qu'il y avait de plus effrayant. Une main se leva comme pour se préparer à donner un signal. Le groupe des esclavagistes se remit en route, bien que semblant moins nerveux, comme si le renard avait fait baissé leur garde.

    La main s'abaissa. Aussitôt, des flèches et des sagaies fusèrent en direction des mercenaires à pied qui escortaient le convoi qui tombèrent raides morts. Les chevaux se mirent à cabrer et hennir, de quoi couvrir en partie les sons des assaillants.


    - On nous attaque !

    Malgré la panique, les mercenaires encore vivants parvinrent malgré tout de garder leur professionnalisme et se mirent en formation. Aussitôt, des combattants émergèrent des buissons. Ils étaient bien plus nombreux que les ceux qui protégeaient le convoi. Alors qu'ils s'approchaient de la formations, sous les rictus des défenseurs qui s'attendaient à une victoire facile, ils se mirent soudainement à fuir en se dispersant en petits groupes. Le mercenaire à cheval soupira.

    - Tsss... Ces guignols nous font perdre du temps. Finissez-en avec eux ! Si ça se trouve, ça nous fera des esclaves en bonus !

    Les fantassins se lancèrent à la poursuite des fuyards sûrs de leur supériorité en terme d'expérience malgré le nombre de leurs adversaires. Exactement ce que leurs assaillants attendaient. Un à un, ils se firent abattre par les tireurs embusqués ou part des adversaires en supériorité numériques. Au point que le convoi n'était gardé que par le chef de celui-ci. Enfin pas pour très longtemps. Il se décida de prendre pour cible un jeune homme isolé qui prenait la fuite. Il lança son cheval au galop et n'eut aucun mal à rattraper le malheureux. Mais au moment de frapper, il fut arrêté par un naginata. Face à lui, un hybride hippotrague, vêtu d'un simple kimono bon-marché monté sur un imposant cheval de trait. Il attrapa l'humain par le bras et l'aida à grimper sur sa monture derrière-lui. Semar faisait face au chef des mercenaires après avoir abattu plusieurs de ses hommes. Le reste avait été géré efficacement par les Briseurs de chaînes.

    - Désolé, ça s'ra pas pour aujourd'hui ! Déjà, l'renard, c'était trop !

    L'hippotrague avait horreur qu'on s'en prenne gratuitement aux animaux. Les oreilles de Semar pivotèrent en direction d'un son de claquement de rênes venant de la charrette. Les chevaux qui la tiraient cabrèrent et partirent au galop. L'hybride talonna sa monture et se lança à la poursuite du véhicule attelé. Le mercenaire le poursuivait. Il parvint au niveau du cocher. Et grâce à son naginata, le neutralisa sans peines. Mais les équidés étaient toujours en mouvement et les arrêter était nécessaire. Semar sauta de sa selle et grimpa à la place du cocher après avoir dit à sa monture de continuer tout en faisant attention à son poursuivant. Puis il tira sur les rênes.

    - Ohhhh !!!

    Les bêtes se stoppèrent, il demanda à ses troupes de commencer l'évacuation des esclaves. Ils avaient déjà fini avec ce qui restait des fantassins. Semar remonta sur son cheval et le stoppa, et après avoir fait descendre l'humain, il fit face au mercenaire.

    - Revenons en à notre p'tit duel. Désolé d'vous avoir fait attendre !
    - Toi l'abomination, tu vas me le payer !

    L'homme fit charger son cheval qui se cabra et fonça en direction de Semar qui restait immobile, son naginata en garde, ses cornes baissées et sa monture solidement ancrée au sol grâce à ses larges sabots, prêt à intercepter la charge d'un homme semblant aux abois. Un entrechoquement de lames final résonna dans la forêt. Un cheval brun trottait, portant le corps décapité de son cavalier qui finit par tomber. L'hippotrague, lui, était encore entier. Il soupira et se dirigea vers les Briseurs de chaînes qui s'attelaient à faire sortir les esclaves des caisses dans lesquelles ils croupissaient, en partance pour une destination incertaine. Les troupes de Semar avaient été comme eux, des esclaves. Mais désormais, ils étaient libres, obéissant aux ordres de leur chef. L'hippotrague avait amené une dizaine de personnes avec lui, ce qui restait de l'équipage du Capricorne étaient restés avec les réfugiés de son sanctuaire réservés aux esclaves libérés à Kaizoku. Maintenant que l'île avait été détruite, ils vivaient dans un campement sur la côte aux abords de Courage. Peut-être que cette attaque allait rapporter un peu d'argent, de quoi nourrir ces nouvelles bouches, ainsi que ceux qui étaient restés à Courage.

    Semar s'adressa aux esclaves. Tous des adultes, et tous des humains. Même si certains semblaient avoir à peine quitté l'adolescence.


    - Medames et messieurs, vous voilà désormais libres ! On va vous amener à Courage, dans notre refuge, vous y aurez un logement, de la nourriture et des soins.

    En parlant de soins, une hybride-biche, qui avait quelques connaissances en soins très basiques très accessibles, s'attelait à désinfecter les blessures et appliquer des bandages. Pas de soins magiques, juste de des premiers soins standards. Semar descendit de son cheval et se dirigea vers le jeune homme qui avait manqué de se faire tuer. Celui-ci avait la tête baissée, penaud.

    - T'aurais pas dû battre en r'traite seul. Qu'est qu'on t'a d'jà dit ?!
    - Ne jamais fuir seul...
    - T'aurais put t'faire tuer !

    Mais les réprimandes allaient devoir attendre, l'hybride tiqua, pourquoi ses hommes n'étaient pas en train de libérer les captifs.

    - Euh... Semar, on a pas les clés. On a fouillé tous les cadavres, aucun n'a les clés.

    Les yeux de Semar s'écaquillèrent.

    - Et merde, l'richou sur l'canasson blanc !

    Celui-ci avait profité de la confusion pour s'enfuir, malgré en embonpoint et ses probables talents de bretteur médiocres, il avait eu la chance d'avoir un beau pur-sang reikois, svelte et rapide, bien plus qu'un cheval de trait servant de monture au capitaine pirate. Peu de chances qu'il puisse être rattrapé. Dommage que l'hybride-springbok soit resté à Courage, il aurait put s'en charger aisément.

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  • Sam 19 Aoû - 16:24
    Le regard perdu dans le vague, je parcourais des yeux la toison verdoyante du territoire républicain qui contrastait nettement avec le souffle chaud et sec provenant des dunes reikoises laissées derrière moi. Perchée sur un léger monticule de pierre, je guettais le signe providentiel qui marquerait la reprise de ma traque. En effet, si quelques semaines plus tôt j’errais encore en plein désert en direction de la capitale, des sources obtenues auprès d’un ancien garde auprès duquel j’allais souvent grappiller quelques informations m’avaient décidée à entreprendre cet immense crochet en direction des frontières de la République, entre Kyouji et Liberty.

    En effet, à en croire ses dires, un ancien membre du FMR peu scrupuleux serait en route pour la ville frontalière avec un chargement très spécial et bien gardé. Les rumeurs parlent même de traite et d’expérimentations. Autant de raisons capables de me pousser à traîner ma carcasse et tout mon attirail de l’autre côté du territoire pour en avoir le cœur net. Puisque j’étais une cliente régulière, l’informateur m’avait même indiqué un point de passage, un peu à l’écart des grands axes, que l’étrange cortège avait pour habitude d’emprunter.

    Faisant entièrement confiance au vieil homme et à son réseau qui ne m’avaient jamais fait défaut, je m’étais donc rapprochée dangereusement de la frontière avec la République, que je me réservais bien de traverser, ne voulant pas trop attirer sur moi l’attention, déjà que je passais difficilement inaperçue, engoncée dans mon armure et portant sur l’épaule une lance en acier plus grande que moi. Toutefois, cela faisait déjà plusieurs jours que j’étais sur les lieux et je n’avais encore vu passer personne ne serait-ce qu’un tout petit peu suspect. Pas la moindre caravane, ni le moindre regroupement un peu armé, rien. Je finis par penser que j’avais été flouée et je pestais contre mon insolente naïveté et la fiabilité de mon contact.

    " Foutu vieillard ! ” Un molard glaireux s’écrasa sur le sol sablonneux .

    Des semaines entières perdues pour rien, sur une simple parole… et une grosse bourse de pièces d’or. Ce coup-là, je n’étais pas prête de lui pardonner, à ce vieux salopard ! Donnant un coup de pied rageur dans une pierre qui avait eu le malheur de se trouver là, je m’apprêtais à rebrousser chemin quand, perçant le silence de son sifflement tiède, une bourrasque fit parvenir jusqu’à moi les échos d’un affrontement pas si lointain que ça et avec eux, une fragrance ferreuse que je connaissais bien.

    Sans perdre plus de temps, je rassemblais mes quelques affaires et je reprenais la route d’un pas forcé, suivant le sens contraire du vent qui, je le savais, me mènerait inexorablement à la source de ces troubles. Je n’avais pas fait 500 mètres que j'apercevais déjà à l’horizon un large panache de poussière qui s’élevait au-dessus de ce qui pouvait ressembler à un champ de bataille désorganisé. Adoptant un pas de course plus rapide, des échos plus distincts, signes d’un affrontement violent, me parvinrent bientôt. Soudainement, profitant du chaos ambiant, un cavalier richement habillé s’arracha du manteau éparse de sable sur un magnifique pur-sang blanc, lancé au galop dans ma direction.

    Depuis ma position je pouvais déjà discerner les dorures et les bijoux qui scintillaient sous les rayons du soleil au rythme cadencé de la course de sa monture d’albâtre. Son large embonpoint et sa chevelure grisâtre et éparse semblaient correspondre à peu près à la description qui m’avait été faite du chef de convoi que je recherchais. De toute façon, même si ce n’était pas le cas, je me serais tout de même interposée, dans le doute. Après tout, un homme d’apparence si riche qui fuit le combat en abandonnant derrière-lui sa cargaison et ses hommes, c’est forcément qu’il a quelque chose à se reprocher. Faisant de larges moulinets de ma longue pointe d’acier, je tentais de faire signe au fuyard de ralentir et de s’arrêter.

    Evidemment, ce dernier ignora royalement ma généreuse demande et sembla préférer la manière forte, puisque me passait sous le nez, manquant d’ailleurs de peu de me renverser. Je soupirais un instant. Il fallait toujours que ça se passe ainsi. Sans perdre plus de temps je plongeais la main dans une de mes sacoches pour en sortir une poignée de pièces de métal informes. Je me concentrais un moment, juste assez pour que le fer dans ma paume se mette à vibrer et à remuer, comme s’il était vivant. Je jetais alors les scories animées dans les airs avant de les faucher en plein vol d’un ample et puissant coup de lance latéral.

    Tandis que les projectiles improvisés fusaient à pleine vitesse en direction de leur cible, je priais intérieurement avoir encore assez de contrôle sur ces derniers au moment de l’impact pour ne pas blesser la monture, et accessoirement de pas tuer l’homme dessus. Cela m’aurait attristée d’abattre une si belle et puissante créature. Heureusement, je n’avais pas trop perdu la main durant ces quelques semaines de voyages et chaque pointe de métal fit mouche. Deux dans la cuisse, une dans le flanc et la dernière dans la tempe, qui assomma le fuyard ventripotent et le fit basculer sur le côté, chutant lourdement sur le sol dans un “POF” presque grotesque. Délesté de son lourd fardeau, le pur-sang poursuivit sa course sans demander son reste.

    Je rejoignais ma proie inconsciente en quelques longues foulées. Ce dernier refusant de se réveiller, même après une paire de baffes sans doute bien méritées, je me résignais à devoir le transporter moi-même dans un soupir agacé. Je prenais ainsi la route en direction du champ de bataille désormais apaisé, la lance sur une épaule et ma prise tantôt sous le bras, tantôt traitant sur le sol, dans l’espoir d’y obtenir plus d’informations. Je craignais peu de me faire attaquer car comme dit l’adage : l’ennemi de mon ennemi est mon ami, n’est-ce pas ?! De toute façon, j'allais être vite fixée sur les intentions de la troupe qui s’activait autour d’une large charette depuis laquelle descendaient des hommes et des femmes dont la condition physique laissait à désirer.

    “ Des esclaves… pardon d’avoir douté de toi le vieux. ”

    Plus je me rapprochais de la troupe, plus je constatais que la plupart d’entre-eux n’étaient pas humains. En effet, l’essentiel des hommes et des femmes armés que je voyais s’agiter autour des blessés et de la “marchandise” libérée étaient des hybrides cornus. S’agissait-il d’un clan ou d’une tribu ? Je me rapprochais de trois individus qui discutaient entre eux, très légèrement à l’écart du reste, interceptant au passage quelques bribes de leur conversation.

    " Euh... Semar, on a pas les clés. On a fouillé tous les cadavres, aucun n'a les clés "

    Les yeux de l’hybride à qui l’on venait de s’adresser semblèrent vouloir sortir de leur orbite l’espace d’un instant

    " Et merde, l'richou sur l'canasson blanc ! "

    Je compris immédiatement que l’on parlait de la belle prise que je tirais derrière-moi, fatiguée d’avoir à porter son “trop-plein” de richesses. Un sourire narquois s’esquissait à la commissure de mes lèvres. Pour une fois que j’allais avoir le loisir de soigner mon entrée !

    Reprenant une posture droite et assurée, je m’approchais encore de quelques pas avant d’annoncer ma présence d’un raclement de gorge exagérément bruyant.

    “ Vous semblez avoir perdu quelque chose messieurs ! ”

    Je jetais le “richou” à leurs pieds.

    “ C’est qu’il est pas tout léger celui-là ! ”

    Je plantais ma lance sur le sol, pointe vers le bas, autant pour montrer au groupe que je n’étais pas une menace que pour m’appuyer dessus le temps de reprendre mon souffle. J’avais beau être de constitution solide, cela faisait quelques jours que je n’avais pas eu de vrai repas et les récents efforts fournis m’avaient bien usée. Lorsque je me redressais en m’essuyant le front d’un revers de la main, je constatais que les trois hommes me fixaient lourdement sans mot dire.

    “ Pardon… j’interromps quelque chose ? ”
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  • Sam 19 Aoû - 22:08
    Assumer les conséquences de ses actes
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    La fuite du richard n'arrangeait guère Semar. Déjà, il avait les clés pour libérer les esclaves, mais aussi, parce que ce type risquait d'attirer des ennuis à l'hippotrague s'il allait rapporter à ses copains ramassis de fond de fosse sceptique. Il soupira d'agacement alors qu'il remontait en selle sur son cheval de trait, une race mulassière d'avantage conçue pour les travaux des champs ou pour l'élevage de mules. Une bête destinée à créer des hybrides. Mais cela restait une monture fiable et confortable. De plus, le caractère doux et calme de l'animal en faisait un parfait candidat pour des voyages en mer si c'était nécessaire. En revanche, ce cheval était plus lent qu'un pur-sang, même monté par un type qui semblait assez gras. Non pas que l'hippotrague soit une référence non-plus en la matière. Malgré tout, il avait gardé une certaine agilité. Il fallait dire qu'il s'entraînait.

    Mais avant que Semar ait put faire quoique ce soit, il se mit en garde alors qu'il entendait des sons de pas dans la végétation. Les Briseurs de chaînes l'imitèrent. Comme pour s'annoncer, celui ou celle qui arrivait dans leur direction émit un raclement de gorge assez bruyant. Après fait le même constat que tous au sujet du fugitif, voilà que celui-ci était jeté comme un malpropre aux sabots de la monture de l'hippotrague. Devant le capitaine et ses troupes, une jeune femme qui venait de planter sa lance, la pointe dans le sol et se maintenir sur celle-ci, visiblement, elle avait fait sa dose d'efforts pour porter le fuyard. Le tout sous les regards surpris de tous. Celle-ci avait tout de même une constitution assez forte, bien musclée et marquée par des années d'entraînements. Sur son bras, un tatouage reikois, pas de doutes, elle venait de là-bas. Semar avait une marque au fer reikoise, mais celle de ceux condamnés à l'esclavage pour crimes. Pour ce qui était de sa tenue, elle portait un genre de corset en cuir renforcé de métal, ainsi que des jambières et des brassards. Mais ce qui ressortait le plus chez la blonde, était sans doutes ses sourcils épais et surtout ses pupilles ambrées. Des regards se tournèrent en silence vers Semar. Mais avant que ce dernier ait put dire quoique ce soit, la nouvelle venue brisa un nouvelle fois le silence en demandant si elle avait interrompu quoique ce soit. Semar se racla la gorge et descendit de son cheval. Des membres des Briseurs de chaînes convergeaient en direction de leur chef après avoir dépouillé les corps des mercenaires d'éventuels objets qui pourraient-être vendus et d'argent.


    - Eh bien, au contraire, j'crois qu'vous v'nez d'nous aider et j'vous r'mercie pour c'la.

    Son regard se tourna vers l'homme inconscient.

    - Vous permettez ?

    Il se mit à fouiller et trouva à sa ceinture, à côté d'une grosse bourse, un trousseau de clés. Il le détacha et le lança à un de ses hommes, un humain dans la force de l'âge vêtu simplement d'un pantalon usé. Ce dernier se dirigea vers les esclaves, montrant son dos lardé de cicatrices de coups de fouet assez anciennes trahissant un passé d'esclave. Il entreprit alors de libérer les captifs qui se massaient les poignets une fois débarrassés de leurs chaînes. L'hybride-biche se chargeait de nettoyer les plaies liées aux chaînes.

    - Au fait, pardonnez moi, on s'est pas présenté, j'me nomme Semar et voici les Briseurs de chaînes.

    Il montra de son bras le groupe d'une dizaine de personnes qui prenaient en charge les esclaves. Leur nom voulait tout dire, des gens qui visaient à libérer les esclaves. Et la plupart étaient déjà passés par la même chose. Suffisait de voir les traces de fouets sur le dos de ceux qui étaient torse nu. C'était le cas de plusieurs d'entre-eux qui se contentaient pour la plupart de pantalons simples ou des pagnes. D'autres portaient des kimonos ou des tuniques assez simples. Semar était pas forcément plus habillé que ses hommes, avec juste un kimono porté de manière assez relâchée. Il fit un signe de tête en direction de la blonde.

    - Et vous ?

    Mais avant que Semar n'eut le temps d'avoir de réponse de la part de son interlocutrice qu'il entendit des gémissements venant de l'homme richement vêtu à ses pieds. Ses petits yeux s'ouvrirent sur les Briseurs de chaînes, leur chef, ainsi que celle qui avait réussi à le désarçonner de son cheval et le mener jusqu'au lieu de l'attaque. Il remarqua derrière, ses esclaves qui avaient été libérés et bénéficiaient de soins. Puis il commença à se plaindre de la douleur. Semar s'avança vers lui et planta la lame de son naginata brutalement, juste devant le visage du malheureux. S'il avait pas eu de soucis à emprunter un chemin moins connu, c'était qu'il était au courant du contenu de la charrette, en dehors du foin qui était ce que beaucoup d'hybrides herbivores nommaient du rembourrage pour matelas. Un foin de très mauvaise qualité, sec et poussiéreux.

    - Alors, on voulait nous fausser compagnie ?! Et arrêtez d'chouiner, quand votr'job d'ordure est d'vendre des gens à des sacs à merde qui savent pas s'faire à bouffer ou qui s'servent de la "science", il fit un signe pour ponctuer les guillemets, comme prétexte pour les torturer ?!

    Le type tressaillit. Et dire que ce maudit mercenaire lui avait garanti que la route était sûre. D'ailleurs, où se trouvait ce dernier et ses hommes. Semar avait bien remarqué qu'il les cherchait.

    - Vous cherchez vos gars ?! Désolé, ils sont morts !

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  • Dim 20 Aoû - 11:38
    Je regardais successivement l’hybride monté sur un bourrin à la robe sombre, le reste de ce qui semblait être ses hommes, j’en comptais une bonne dizaine qui s’activaient autour des esclaves fraîchement libérés et le grassouillet marchand à qui appartenait, sans l’ombre d’un doute, la cargaison un peu spéciale. Je ne l’avais pas remarqué tout de suite mais la charrette qui avait servi à transporter les femmes et les hommes enchaînés entre eux avait été “habilement” déguisée en carriole à foin. En y repensant, la technique était plutôt habile. Cela permettait de traverser la frontière sans trop attirer l’attention tout en étouffant les gémissements et les pleurs des esclaves. Si l’on compte en plus de la solide escorte qui accompagnait le marchand et sa suite, cela faisait tout de même beaucoup de précautions et de préparations pour un “simple” marchand d’esclaves.

    “C’est louche.” murmurais-je à moi-même.

    Plongée dans mes pensées, j’avais oublié l’espace d’un instant que j’étais devenue le centre de toute l’attention. Imitant l’instinct de celui qui semblait être leur leader, la plupart des hommes étaient sur leurs gardes, de toute évidence prêts à attaquer si le signal leur en était donné. Peut-être que mon entrée avait été un peu trop réussie ? Durant le court moment de flottement gênant provoqué par mon arrivée, j’analysais mes chances de survie si le groupe venait à se montrer hostile. Si certains d’entre eux semblaient relativement peu expérimentés, d’autres en revanche avaient une posture qui reflétait leur expérience au combat. Cela couplé à la force et l’agilité naturelle de leur race en plus de ma fatigue évidente réduisait drastiquement mes chances de survie.

    Heureusement toute cette machination semblait inutile puisque leur chef baissa sa garde avant de se racler la gorge comme pour se reprendre, descendant de son imposante monture. Quelques-uns des ses hommes se rapprochèrent à leur tour, visiblement plus détendus qu’à mon arrivée. Il confirma que mon intervention était la bienvenue et la tension qui s’était accumulée dans les muscles de mes épaules se relâcha d’un coup alors que je soupirais longuement, rassurée. Je me redressais fièrement, reprenant ma lance sur l’épaule. J’adorais faire ça lorsque que le moment des présentations était venu, je trouvais ça cool, de rouler des mécaniques.

    “Pas de problème, c’est toujours un plaisir de rentrer dans le lard de quelques escrocs grassouillets.” Je ricanais en déportant mes pupilles ambrées sur le grassouillet en question.

    Mon interlocuteur semblant intéressé par ce dernier, je faisais un pas de côté, lui laissant le champ libre.

    “Je t’en prie, il est à toi.”

    L’hybride fouilla rapidement le “richou” inconscient avant de détacher de sa ceinture un épais trousseau de clefs qu’il lança à l’un de ses hommes qui se chargea de détacher les anciens captifs. Je pus alors constater du nombre de cicatrices sur le dos de ce dernier, sans doute laissées pas des coups de fouet répétés, témoins de son passé d’esclave. Je compris alors les motivations du groupuscule qui s’agitait autour de leurs nouveaux protégés.

    Mon attention fut de nouveau accaparée par leur chef qui se décidait enfin à se présenter, ainsi que ses hommes qu’il rassembla sous le nom de “Briseurs de chaînes”. Une désignation plutôt équivoque s’il en est.

    “Ravie de faire ta connaissance, Semar, moi c’est…” Un gémissement plaintif coupa court aux présentations.

    L’attention du chef de la troupe se tourna immédiatement vers notre prisonnier. Ce dernier venait de se réveiller et avait l’air aussi rassuré qu’il était ravi d’être parmi nous. Il cherchait de toute évidence un soutien dans les hommes qui l’accompagnaient quelques minutes auparavant, mais il n’obtint rien d’autre que le silence des morts et la lueur d’une lame que l’on fichait juste devant son visage. Je sursautais en même temps que lui. C’est qu'il ne faudrait pas que mon nouvel “ami” ne tue mon seul témoin dans un élan de colère. Je me rapprochais de lui, me risquant à déposer une main sur son épaule velue.

    “Semar, je sais que tu es en colère mais il me faut cet homme en vie.”

    Même si l’hybride et sa troupe ne semblaient pas être de mauvais bougres, j’ignorais à quel point je pouvais leur faire confiance et leur révéler les raisons de ma présence ici. Si notre aversion à l’égard des esclavagistes semblait nous unir sur un point, il n’était pas garanti que nous puissions nous entendre sur le reste.

    “Il détient sans doute des informations cruciales dont je vais avoir besoin.”

    Je portais un regard sévère à l’homme concerné, si lourd de sens qu’il sembla être frappé de plein fouet par un coup de poing invisible. Il savait de toute évidence à quoi je faisais référence.

    “Si tu le tues, tu fous en l’air des semaines de recherche.”

    Je me redressais un moment, désignant de la main l’esclavagiste ainsi que sa cargaison fraîchement détachée.

    “Ce type n’est qu’un minable revendeur. Je veux m’attaquer directement à la racine du problème…”

    Je prenais un instant pour peser mes mots, m’assurant que je ne le regretterai pas plus tard.

    “Le FMR.”
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  • Dim 20 Aoû - 21:26
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    Bien sûr que Semar ne comptait pas tuer le gros lard, même si c'était terriblement tentant. En même temps, c'était un esclavagiste et pour lui, leurs seules places étaient en prison, à la rue ou six pieds sous terre. Enfin, la blonde n'avait pas tort. Si cet homme avait des informations. Il y avait moyen de récupérer d'autres esclaves. L'hybride soupira avant de s'écarter un peu et prendre son naginata planté dans le sol juste devant le visage du malheureux. Puis il fit un signe de tête en direction de la jeune femme.

    - Bien, il est à toi !

    Celle-ci lança un regard sévère au fugitif maintenant au sol et entouré de combattants prêts à l'intercepter s'il décidait de nouveau de leur fausser compagnie. La monture de Semar ne lui obéirait pas et les deux chevaux palomino qui tiraient la charrette demanderaient du temps à être dételés et même en fuyant avec véhicule, il serait rapidement rattrapé par l'hippotrague, même avec une bête destinée de base au labour. Quand la Reikoise parla des fameuses informations qu'elle cherchait, le fuyard semblait avoir compris de quoi il était question. Et au milieu de tout ça, Semar et les siens qui étaient arrivés au milieu de tout ça. Et qui risquaient apparemment de tout faire rater si le capitaine avait tranché la tête de cette ordure de son naginata.

    - Oh s'cusez moi, vous savez, cette lame est très sensible quand il y a un déchet d'esclavagiste ! Ou tous ceux qui aiment tuer des animaux pour du trophée ou pour "la science" !
    comme pour les esclaves, il insista sur les guillemets avec ses doigts.

    En dehors des esclavagistes, d'autres recevaient toute la haine de Semar, tous ceux qui prenaient leur pied à faire souffrir pour rien des animaux, les tuant pour le plaisir, pour le trophée. Sans parler de ceux qui subissaient vivisection et autres tortures pour la science, un peu comme pour les esclaves. Décidément, des individus fort détestables. Un petit air de famille avec ces saletés d'esclavagistes.

    Donc l'objectif de la Reikoise était donc plus grand. Soit, elle aurait ses informations. Encore fallait-il que le gros tas se mette à table. Semar doutait que ça soit le genre de type qui soit prêt à se suicider s'il était acculé. L'hybride ne serait pas surpris que cet individu se fasse dessus. Ou qu'il s'évanouisse, ce qui serait fort embarrassant quand il s'agissait d'obtenir des informations. Et dire que ce genre de gars prenait son pied à faire souffrir d'autres ou les envoyer vers un destin funeste.

    Dans la continuité de son discours concernant son objectif de trouver la racine du problème, elle parla des FMR. Semar afficha un air un peu surpris. Ayant fait le service militaire Reikois, il avait entendu parler des Force Médicales Reikoises. Il en avait même croisé quelques uns lors de sa formation. C'était censé être des soigneurs. Qu'est-ce qu'elle pouvait avoir contre eux? Il avait bien senti une certaine haine chez-elle vis-à-vis d'eux. Un peu comme lui avec les esclavagistes. Il repensa alors à ce qu'il avait dit autour des tortures au nom de la "science". Et si c'était ça. Non pas que tous les médecins et guérisseurs soient mauvais, mais certains tombaient dans des travers au point où on pouvait se demander s'ils remplissaient encore leur rôle de soigner les autres quand ils finissaient par d'avantage s'adonner à tourmenter leur prochain.


    - J'imagine qu'il y avait des salopards qui faisaient des expérimentations, c'est ça ?!

    Enfin, Semar ignorait si concrètement, les FMR avaient dans leurs rangs des tarés du genre. Mais si c'était le cas, ça ne serait pas surprenant. L'hybride constata que l'attitude du captif avait changé, sans doutes lié aux FMR ou aux expérimentations. Pas de doutes, le gars savait des choses et il venait de se trahir lui-même. L'hippotrague s'approcha calmement vers leur captif, affichant un léger sourire.

    - On dirait qu'on sait des choses... Allez, accouches !

    Le type semblait avoir encore un peu de mal à s'ouvrir, malgré son manque d'options. A croire qu'il ne voulait pas balancer son commanditaire à qui étaient destinés les esclaves. Pourtant, Semar doutait que l'ordure à la racine du mal ait des scrupules à se débarrasser de personnes qui commençaient à les gêner. Après tout, que pouvait-on attendre d'individus considérant leur prochain comme du simple matériel jetable.

    - T'as peur d'trahir tes commanditaires ?! Ecoutes, si c'est bien c'qu'on pense et qu'ils traitent les autres comme du matos jetable, tu crois qu'il va t'laisser t'en tirer comme ça ?! J'pense pas qu'un déchet du genre mérite qu'on l'protège... T'es pas d'accord ?!

    Enfin, ce que ne disait pas Semar, c'était qu'il y avait de fortes chances que le type finisse tué par le naginata du capitaine, la lance de la blonde ou bien un des Briseurs de chaînes. Il avait voulu emprunter la voie de l'esclavagisme et avait vécu richement en privant d'autres de liberté. Il était temps qu'il paye pour ses crimes. Mais avant ça, le marchand devait leur dire ce qu'il savait. Tous les regards étaient rivés sur lui et sentant la pression, il se décida enfin à se mettre à table.

    - C'est...C'est bon, je vais tout vous dire !
    - Sage décision !

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  • Lun 21 Aoû - 10:26
    Toute l’attention était désormais portée sur le ventripotent trafiquant d’humains et ses tentatives désespérées d’obtenir du soutien de n’importe quelle source. Malheureusement pour lui, il n’avait que des ennemis ici. Entre le groupe des Briseurs de Chaînes, le groupe d’esclaves qu’il convoyait et moi-même, chacune des personnes rassemblées autour du convoi avait une raison de le voir mort. Toutefois, je ne pouvais décidément pas laisser ça arriver, pas avant d’avoir obtenu les informations dont j’avais besoin pour poursuivre ma traque inlassable des fuyards du FMR.

    Heureusement pour moi, le chef de la troupe semblait être tout à fait capable de garder la tête froide face à ce genre de raclure, malgré les évidents ressentiments qu’il nourrissait à leur égard. Il s’effaça sur le côté pour me laisser le champ libre. Je le remerciais d’un hochement de la tête entendu. Je ne pouvais qu’imaginer à quel point la lame de son sabre devait le chatouiller à l’idée de couper court au souffle haletant de notre invité et j’appréciais les efforts qu’il fournissait afin que je puisse mener mon petit interrogatoire.

    “Je te remercie Semar, je te le rends très rapidement.”

    La culpabilité de notre captif était évidente. Rien que par les expressions de son visage on pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. Il sursautait à la moindre évocation du FMR et de leurs expérimentations. Semar semblait plutôt curieux vis à vis de ce sujet là. Je ne pouvais pas lui en vouloir, après tout c’est moi qui avais amené le sujet sur la table.

    “Disons que j’ai autant de raisons de leur en vouloir que toi vis à vis des esclavagistes.” Je préférais rester relativement évasive pour le moment.

    Je m’agenouillais auprès du marchand d’esclaves qui laissa échapper un gémissement craintif. On croirait avoir affaire à un petit animal blessé. Dans un autre monde, dans un autre contexte, j’aurais presque pu avoir de la pitié pour lui. Par-dessus mon épaule, Semar cuisinait déjà notre homme avec une certaine efficacité et l’on sentait que ce dernier commençait peu à peu à craquer face à la pression et la peur que lui inspirait l’hybride.

    “C'est...C'est bon, je vais tout vous dire !”

    L’esquisse d’un sourire se dessina sur mon visage. J’allais enfin pouvoir m’amuser un peu. Notre grassouillet otage avait accepté de parler, mais il n’avait pas non plus promis de nous dire la vérité. L’idée de me retrouver à nouveau en plein désert à la recherche de chimères inventées par un esclavagiste mourant me déplaisait au plus haut point et je voulais m’assurer que cela n’arriverait pas.

    “C’est bien mon p’tit père, on va pouvoir causer alors.” Je posais sur son épaule une main qui se voulait réconfortante.

    Alors que nos regards se croisaient, je capturais son attention au sein de mes pupilles ambrées comme pour l’empêcher de détourner les siennes. Il est relativement facile d’imposer sa volonté aux esprits faibles et attendris, même si l’on ne possède pas la moindre magie psychique. À présent je pouvais déceler la moindre oscillation de ses yeux qui trahirait le mensonge. Voulant aller droit au but, je sortais d’une de mes sacoches un bout de parchemin froissé sur lequel était dessiné un blason similaire à celui du FMR mais qui s’en éloignait sur certains détails.

    “Est-ce que tu reconnais ce blason ?” Je m’assurais qu’il soit bien visible.

    Le vieil homme hocha la tête négativement.

    “N-non, ça… ça ne me dit rien.”

    Il ne semblait pas mentir. Je pestais un moment avant de me recomposer et de reprendre mon interrogatoire.

    “Le FMR, ça te dit quelque chose ? Tu travailles pour l’un d’eux ?”

    Une lueur maligne brilla l’espace d’un instant dans les yeux vitreux du grassouillet marchand.

    “Non… j-je ne connais p…AAAAAAAAH”

    Un craquement sec s’était fait entendre avant même qu’il n’ait eu le temps de finir sa phrase, je venais de lui briser la clavicule. Ignorant ses pleurs et ses supplications, je le tirais vers moi, sans relâcher ma prise sur son épaule.

    “Ecoute moi bien. Je suis bien moins raisonnable et patiente que mon nouvel ami derrière-moi.”

    Je faisais jouer mon pouce autour de la fracture.

    “Si tu ne veux pas avoir à ressentir ne serait-ce qu’un CENTIÈME de ce que m’ont fait subir tes petits copains, je te conseille de TRÈS VITE cracher le morceau.”

    On pouvait largement entendre au son fluctuant de ma voix que ma patience commençait doucement à atteindre ses limites.

    “Je me répète. Travailles-tu pour quelqu’un du FMR.”

    Ma poigne se raffermit lentement, décourageant toute nouvelle tentative de mensonge.

    “O-oui… ancien… ancien membre…”

    Un large sourire illumina mon visage.

    “Où est-il ? Ne t’avise pas de dire n’importe quoi.”

    L’homme reprenait difficilement son souffle, entre deux hoquets de douleur.

    “Campement… c-caché… frontière… l-lac Rebirth…”

    Un campement caché à la frontière près du lac Rebirth ? L’idée d’avoir à vagabonder un moment en République ne m’enchantait pas vraiment mais je ne comptais pas reculer devant si peu. La simple idée de me rapprocher inexorablement de ma prochaine cible faisait bouillonner le sang en moi d’une rage à peine contrôlable. Je fus tirée de mon extase meurtrière par un second hurlement, celui-ci imprévu. Il semblât que pendant ce court moment d’excitation j’avais relâché le contrôle sur ma main qui achevât de broyer l’épaule du malheureux.

    Légèrement penaude, je me relevais dans un raclement de gorge maladroit, me détournant de la silhouette sanglotante étendue sur le sol pour me tourner vers Semar.

    “Hem… Je te le laisse, j’ai eu ce que je voulais.”

    Laissant notre invité aux bons soins des Briseurs de Chaînes, je rassemblais mes affaires et je récupérais ma lance, déjà prête à reprendre la route.
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  • Lun 21 Aoû - 19:31
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    Ce fut au tour de la blonde de prendre le relais pour cuisiner le malheureux semblant enfin prêt à s'ouvrir. Il semblait presque rassuré que ça soit une femme. Et cette dernière jouait parfaitement le jeu, tandis que Semar se mettait en retrait. Elle posa sa main sur son épaule comme pour lui offrir un semblant de soutien bienvenu, là où ce dernier peinait à trouver des soutiens au milieu de toutes ces personnes ayant été des victimes d'individus de son espèce. Pas mal pour un peu plus le déstabiliser. En tout cas, l'hybride observait les choses avec un certain intérêt. Elle lui avait dit qu'elle vouait une grande rancune envers les FMR. Un peu comme lui avec les esclavagistes. Mais également les adeptes de chasse au trophée. Après tout, il était né dans un élevage de gibier destiné à des chasses en enclos, et il avait vu sa mère animale se faire tuer sous ses yeux, sans parler des nombreuses autres bêtes dont les cris hantaient encore son esprit.

    La guerrière sorti un morceau de papier sur lequel, Semar parvenait à reconnaître le blason des FMR, ça lui était revenu maintenant qu'elle en parlait. Après tout, il avait fait son service militaire il y a déjà un certain nombre d'années. A l'image en question, le riche ventripotent répondit négativement, la terreur restant dans son regard. Elle réitéra sa question et ce dernier resta sur sa position jusqu'à ce qu'un crac se fit entendre et fit sursauter certains anciens captifs et même le jeune homme peu expérimenté des Briseurs de Chaînes. Visiblement, ce gars avait tenté de les rouler. L'hippotrague s'approcha d'un pas calme en direction du duo. Le captif se mit à sangloter en raison de la douleur. Puis il se mit enfin pour de bon à table, aux abois. Surtout quand la blonde s'énervait et appuyait sur sa fracture pour mettre la pression.

    Ainsi, il dévoila effectivement que la "marchandise" était destinée à un ancien membre des FMR. Et qu'il avait un campement proche du Lac Rebirth vers la frontière entre la République et le Reike. Après ces révélations, Semar sentit une grande colère de la part de la blonde qui fut suivie d'un hurlement de douleur de la part du captif. Puis celle-ci se calma, mais l'hybride ne pouvait pas s'empêcher de sentir en elle une certaine déception. Puis elle lui indiqua qu'il pouvait désormais disposer du prisonnier. Semar s'en approcha, un sourire sadique se dessinant sur ses lèvres.

    Il se mit à tourner autour du captif en se grattant la barbe.


    - Il y a un truc que j'ai r'marqué d'puis un certain temps. Beaucoup d'ramassis d'fond d'fosse sceptique utilisent la loi du plus fort pour justifier l'fait d'avoir des esclaves, d'torturer des gens ou des bêtes parce qu'ils sont faibles.

    L'homme au sol se mit à implorer la clémence de ses bourreaux. Autour de lui, personne ne semblait compatissant envers son sort. Après tout, en avait-il eu de la pitié envers les esclaves.

    - Par contre, il y a un truc toujours pareil avec la loi du plus fort, c'est qu'ceux qui s'en servent pour écraser les autres la révisent toujours quand ils s'retrouvent en difficulté. Ils la révisent toujours quand ils sont à la place d'leurs victimes.

    Semar leva son arme sous les regards des esclaves et de leurs libérateurs.

    - L'objectif des Briseurs de chaînes est d'libérer les esclaves, traquer les sacs à merde qui osent traiter leurs semblables comme des outils remplaçables. Mais la vérité, c'est qu'les esclaves peuvent survivre sans leurs maîtres, mais pas les maîtres. On montre qu'les esclavagistes et les maîtres sont les véritables parasites inutiles.


    Puis telle le couperet d'une guillotine, la lame du naginata s'abattit sur le trafiquant d'êtres humains et en sectionna la tête, abrégeant ses souffrances. Ainsi, c'en était terminé pour cette raclure qui s'était engraissée en privant de liberté d'autres. Semar s'attela à fouiller la dépouille, prenant tout ce qui pourrait avoir de la valeur, bijoux, argent et même certains vêtements quand ils n'étaient pas trop souillés par le sang. Des textiles d'une telle qualité se revendraient à bon prix. Il trouva une superbe dague finement ouvragée. Dommage que le cheval du richou se soit fait la malle. Son harnais devait avoir un certain prix. Les mercenaires avaient eu le même sort. Après tout, ces gens auraient-ils eu le moindre respect pour des esclaves malades, blessés ou morts. Semar avait entendu divers témoignages de cadavres d'esclaves jetés par dessus-bord ou bazardés sur la routes, quand parfois ils n'étaient pas vivants, mais malades ou blessés quand ils étaient jetés. Livrés ainsi la mer ou aux prédateurs. Donc Semar n'avait pas vraiment de remords à traiter ces types comme des détritus.

    Il remarqua que la femme semblait s'éloigner du groupe. Parce qu'également, ils allaient bientôt quitter les lieux, Semar grimpa en selle et rejoignit la guerrière et stoppa son cheval près d'elle.


    - Au fait, on a pas eu votr'nom.

    L'hybride s'appuya sur l'encolure de sa monture. Un peu plus loin, ses troupes aidaient les esclaves à transformer la charrette en transport plus confortable en virant les caisses puantes pour les remplacer par les couchages des mercenaires et qu'ils puissent s'adosser contre une partie des bottes de foin.

    - On a une dette envers vous. Vous nous avez aidé pour chopper c'sac à merde, donc j'propose d'vous aider à coincer l'ordure qu'vous cherchez.

    Les esclaves grimpaient dans la charrette pour ceux qui le désiraient. C'était également le cas pour certains des Briseurs de chaînes. Semar jeta un oeil dans leur direction avant de de nouveau s'adresser à la guerrière.

    - Aussi, si cet enfoiré a des esclaves avec lui, j'aim'rais pouvoir les libérer.

    Il tendit la bourse qui était sur l'homme ventripotent un peu plus tôt.

    - C'est vous qui l'avez choppé, ça vous r'vient d'droit !

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  • Mar 22 Aoû - 20:22
    Après avoir obtenu ce que je voulais de notre captif, j’avais rassemblé mes affaires et je me tenais prête à reprendre la route, à la recherche du camp caché avec seulement une vague description géographique. Cela m’importait peu, je comptais bien attraper le salopard à la tête de ce trafic humain, dussé-je retourner chaque pierre de la République s’il le fallait. Ma petite scéance en tête à tête avec le prisonnier m’avait à la fois excitée et enragée. Je bouillonnais à l’idée de réduire ma prochaine cible à l’état de pulpe sous les coups de ma lance. Plus que ça, je jubilais. Mes doigts jouaient autour de la poignée de lance, comme s'ils ressentaient déjà les vibrations et la tension du combat. Le métal du lourd épieu se mit doucement à s’agiter, comme emprunt d’une volonté qui lui était propre. Une extase presque sensuelle s’emparait de mon corps alors que mon esprit vagabondait à des délires inhumains, bien trop proches de ce que j’avais pu voir ou subir dans ma jeunesse.

    Le sifflement d’une lame coupant l’air suivi du bruit sourd d’une tête roulant sur le sol m’extirpèrent brutalement de ma transe. Je recouvrais mes pensées et le contrôle de mes membres tandis que la lance reprenait une forme plus classique. Je secouais vivement la tête comme pour chasser de mon esprit cette part de ma personnalité que je préférais éviter d’éveiller. Il ne serait peut-être pas idiot de consulter, un de ses jours. En attendant, je devais me concentrer sur ma traque. Sur. La. Traque.

    J’assemblais mentalement les quelques bribes d’informations que j’avais en ma possession pour tenter de construire un plan qui tiendrait plus la route que simplement fouiller toutes les chaumières de la région. Nous avons donc un chargement d’esclaves en provenance de la République qui comptait se rendre quelque part proche de la frontière, non loin du lac Rebirth. Si cela réduisait drastiquement la zone de recherche, je n’étais pas sortie de l’auberge. Il me faudrait encore des semaines, si ce n’est des mois, de recherche pour retrouver mon homme, s’il ne change pas d’endroit entre-temps… Autant ne pas perdre de temps !

    Toutefois, à peine avais-je eu le temps de faire quelques pas que Semar me rejoignait sur sa monture. Il est vrai que je ne m’étais pas présentée et sa demande était juste. Il proposa également de m’accompagner, avec le reste de sa troupe, dans ma traque du FMR. Dans un premier temps, je n’étais pas particulièrement partante à l’idée d’emporter tout un groupe dans ma folie vengeresse. C’était un acte purement égoïste que je désirais accomplir seule.

    “Ecoute Semar… T’es un type bien, comme chaque membre de ta troupe, j’en suis persuadée.”

    Je me retournais vers le groupe qui s’activait autour des esclaves, les nourrissant et les soignant du mieux qu’ils le pouvaient.

    “Ce que je fais moi… Ce que je fais subir aux gens que je cherche… C’est loin d’être aussi noble que votre cause.”

    Alors que je parlais, plus pour moi que pour lui en vérité, l’hybride me tendit une bourse généreusement remplie qui devait sans doute appartenir au marchand. Je la saisissais sans trop y faire attention, la palpant délicatement comme pour apaiser mes doutes. Mon regard se posa une fois encore sur les membres des Briseurs de Chaînes. L’ensemble de cette troupe singulière semblait étrangement versatile, certains sachant guérir, d’autres sachant se battre, guetter, traquer… Autant de talents qui pourraient m’être utiles… Je soupirais longuement avant de reporter mon attention sur le chef.

    “Bon, très bien Semar.”

    Je lui jetais la bourse qu’il m’avait lui-même offerte quelques instants auparavant.

    “Moi, Kassandre Whype, vous engage, toi et ta troupe, pour m’aider à traquer les salopards qui font souffrir tous ces pauvres gens !”

    Je lui adressais un clin d'œil complice.

    “Considère ça comme le règlement de vos services, vous en aurez de toute façon plus besoin que moi.”

    Je sortais de ma sacoche une carte grossière du continent, recouverte de notes, de rayures et autres marquages qui s’étaient accumulés durant des années et des années de chasse à l’homme. Je lui pointais du doigt la région dans laquelle nous nous trouvions et celle où nous étions susceptibles de tomber sur le campement que nous cherchions.

    “Nous avons une grande zone à fouiller, le long de la frontière à proximité du grand lac. Avec tes hommes nous devrions malgré tout gagner pas mal de temps si nous cadrillons bien la zone.”

    Alors que je fixais l’hybride, j’adoptais un air plus grave.

    “Semar. Ces mecs là sont des tarés, tu n’as pas idée de ce qu’ils sont capables de faire subir à un autre être humain. Moi si, je les ai vu à l'œuvre, je l’ai subi. Ils ne reculeront devant rien pour nous arrêter.”

    Je marquais un temps d’arrêt, le temps qu’il assimile les informations.

    “Si tu sens à un moment ou un autre que tes hommes sont en danger, pour une quelconque raison, il FAUT que tu les fasses battre en retraite, c’est compris ?”

    J’appuyais mes propos d’un regard intense et lourd de sens.
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  • Jeu 24 Aoû - 13:17
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    Ainsi, la guerrière nommée Kassandre, se montra dans un premier temps dubitative à l'idée de travailler avec le groupe d'esclaves affranchis. Elle prévint Semar que c'était avant tout une affaire de vengeance et qu'elle pouvait potentiellement mener à un bain de sang si la cible tombait entre ses griffes. Mais finalement, elle approuva l'aide de la troupe pour débusquer celui qu'elle cherchait. Elle annonça cela de manière assez solennelle. Le tout en jetant la bourse à Semar. La blonde lui indiqua qu'il en aurait sans doutes d'avantage besoin qu'elle. Et elle n'avait pas tort. L'hybride avait ses troupes et le refuge à gérer. Cet argent pouvait faire la différence pour la nourriture, les logements, les armes, les vêtements, le navire.

    Semar ne doutait pas de l'ampleur de travail. Mais il avait quelques atouts dans sa poche pour faciliter leur travail. C'était grâce à ça qu'ils avaient put intercepter efficacement le convoi. En effet, l'hybride comptait sur son ouïe très fine et son odorat très développé. Car le transport d'esclaves avaient de nombreux éléments qui pouvaient trahir. Des sons de chaînes, des plaintes, pleurs, des odeurs de sang, sueur, saleté, déjections. Car on avait tendance à enfermer les captifs dans des caisses qu'on dissimulait.


    - Plusieurs d'mes gars, et moi-même, on a un très bon odorat et une ouïe très fine, on a appris à r'connaître les convois qui transportent des esclaves et ceux qui les détiennent à domicile. Et si c'est un gars qui les utilises comme cobayes et pas comme domestiques ou des prostitués, ils doivent pas beaucoup se laver, faire leurs besoins dans un seau ou dans de la paille et probablement être enchaînés et avoir un certain nombre de blessures. Donc niveau sons et odeurs, ça pourra nous aider. Mais ça m'embête aussi parce qu'des gens sont entre les griffes de ces sacs à merde ! Espérons qu'on pourra en sauver un maximum.

    Car Semar avait également ses intérêts à suivre Kassandre. Car si ce membre des FMR faisait des expérimentations sur des esclaves qu'il se faisait livrer par le marchand que l'hybride venait d'exécuter, il y avait des chances que des captifs soient déjà sur place. S'il pouvait en libérer un maximum. D'ailleurs concernant de quoi étaient capables les ordures que mentionnait la blonde, Semar hocha la tête. Il y a quelques mois, à Kaizoku, il avait fait un raid dans un laboratoire clandestin tenu par un ancien membre de l'université Magic. Il n'avait réussi qu'à récupérer un enfant humain, mais ce dernier était désormais borgne. Lui et ses hommes avaient été marqués par les horreurs qu'ils avaient vu, et aucun âge n'avait été épargné. Le tortionnaire avait terminé sur sa table d'opérations réduit en charpie par un Semar en colère au point que son cadavre était méconnaissable. Depuis qu'il était au refuge, le petit rescapé avait commencé à se reconstruire et dévoilait une personnalité d'enfant espiègle et joueur. Il s'était très bien intégré aux autres enfants sauvés par les Briseurs de chaînes. Un truc en commun chez beaucoup d'esclaves, en particulier ceux qui l'avaient été depuis leur plus jeune âge, était l'absence de famille. Donc, les habitants du refuge formaient une nouvelle forme de famille où un peu tout le monde prenait en charge l'éducation des membres les plus jeunes. Les enfants étaient actuellement au nombre de trois, mais un quatrième allait bientôt arriver, puisque qu'un couple d'humains s'étant formé au refuge attendaient un heureux évènement.

    - J'suis déjà intervenu, il y a quelques mois dans un labo clandestin à Kaizoku dirigé par un gars de l'université Magic. Il avait fait subir des horreurs à ses captifs. Mais dans tout ça, j'ai réussi à sauver un enfant. Maintenant, il est au refuge avec d'autres esclaves sauvés par les Briseurs de chaînes et qui n'ont nulle part où aller. C'est un gamin marrant et très joueur.

    Parfois, les salopards avaient tendance à passer avant leurs victimes. Et Semar rappelait à Kassandre que se souvenir de ceux qu'on sauvait en arrêtant ces ordures était aussi important. Et accessoirement, ça pouvait aider à garder le moral et avoir un peu de positif.

    - Aussi j'ai connu un taré qui a d'mandé à un gosse de préparer l'assassinat de sa mère. Et vu que ce dernier a r'fusé, il l'a battu et l'a forcé à regarder sa mère enfermée dans un enclos sans pouvoir fuir s'faire déchiqut'er par des chiens puis être dépecée pour qu'un tas d'vomi puisse avoir un beau trophée chez lui. Des décorations à base d'cadavres. Franch'ment faut-être dérangé du ciboulot pour décorer sa maison avec des morceaux d'cadavres... Donc, même si les tarés ont tendance à m'foutre en rogne, j'en ai l'habitude. Quand on lutte contre l'esclavage et le trafic d'animaux sauvages, on a aussi souvent affaire à d'sacrés détritus.

    En tant qu'hybride, Semar avait eu une mère animale. Et il l'avait vu se faire tuer dans un enclos. Pour beaucoup, ça n'était qu'un animal. Mais pour certains hybrides, c'était un proche. Mais également des victimes d'individus à l'esprit tordu. Et eux, ils avaient plus de chances de s'en tirer que les animaux victimes de ces actes immondes ainsi que leur progéniture. Elle insista également sur le danger et la nécessité de fuir en cas de danger. Ne pas sous-estimer l'adversaire. L'hybride hocha la tête.

    - Tu parles à une antilope, fuir c'est un peu notre spécialité ! On a aussi des cerfs et des chevaux, eux aussi ils sont compétents dans l'domaine. On est des proies et on sait qu'la fuite et une arme. Et les humains avec nous l'ont aussi bien compris, pas vrai les gars ?!

    Derrière, les humains qui composaient les Briseurs de chaînes levèrent tous le pouce en l'air en souriant. Semar n'était pas du genre à les envoyer au casse-pipe comme ça, encore plus depuis les évènements de Kaizoku où il avait perdu quatre d'entre eux, dont des amis de très longue date. Depuis, il ne rigolait plus du tout avec ça. Ce n'était pas pour rien qu'il avait haussé le ton vis-à-vis du jeune homme qui avait manqué de se faire tuer par le mercenaire à cheval.

    L'équidé concerné n'était pas très loin en train de brouter tranquillement, suffisait juste de prendre la bride. Si Kassandre le désirait, elle pouvait le prendre.


    - Son propriétaire en aura plus b'soin, si tu veux pas trop t'fatiguer et être en forme quand on coincera ces ordures. Sinon y'a la charrette.

    Autrement, elle pouvait monter dans la charrette, sinon, elle continuait à pied. Une fois son choix fait et tout le monde prêt, toujours perché sur son imposante monture, Semar sonna le départ. Ils continuaient par des routes secondaires, car l'hybride n'avait pas envie de tomber sur des autorités républicaines qui pourraient l'ennuyer même si les esclaves avaient été libérés. D'ailleurs, plusieurs dormaient déjà dans le véhicule. Plus de chaînes, des soins, des couchages plus confortables, comme quoi une même charrette pouvait aisément passer de prison puante à transport rustique, mais fait pour des humains traités avec un tant soit peu d'égards. La biche était avec les captifs récemment libérés afin de surveiller leur état. Un hybride bouc tenait les rênes, à côté, le jeune homme qui avait échappé à la mort. Sur le dos d'un des chevaux qui tirait la charrette, un hybride cheval, ce qui donnait une situation assez incongrue.

    Semar entendit des gargouillements d'estomacs venant de certains esclaves nouvellement libérés, mais également de ses hommes. Ils allaient devoir faire une pause pour manger. Surtout les pauvres esclaves. Ils étaient nourris au minimum et plutôt avec des bouillies de céréales de mauvaise qualité au goût infect. Parmi ceux qui rejoignaient Semar, tous avaient encore de mauvais souvenirs de ces repas immondes. Et ça, c'était pour les omnivores, donc les humains et nains qui composaient une bonne partie des pensionnaires actuels du refuge. Pour les hybrides herbivores, ils avaient encore en tête ce qu'ils aimaient à appeler le rembourrage pour matelas. Il s'agissait d'un foin jauni de mauvaise qualité, très sec et surtout poussiéreux. Par contre, pour ceux qui devenaient domestiques, ils apprenaient rapidement à cuisiner pour satisfaire les maîtres. Et eux, ils avaient le droit de se goinfrer avec les meilleurs aliments. Semar ayant été dans cette catégorie d'esclaves, se souvenait qu'on lui demandait des compétences importantes dans ce domaines. Et pour ses propres repas, c'était surtout des restes, de la nourriture infecte consommée dans les cuisines et il pouvait être interrompus régulièrement quand le maître avait besoin de quoique ce soit même quand c'était pour quelque chose pour lequel il devait juste se lever et faire quelques mètres. Désormais, Semar cuisinait, mais pour d'anciens esclaves qui appréciaient de pouvoir consommer de bons repas, même avec des ingrédients non nobles qui étaient sublimés par cette cuisine. Et le tout, sans être interrompus par les moindres caprices de maîtres qui se comportaient comme des gosses. Au mieux, les sources d'interruption était effectivement des gosses, mais des vrais, pas des adultes juste trop paresseux. Et les enfants n'avaient pas de soucis à participer aux tâches quotidiennes, on leur en demandait moins et ils faisaient à leur rythme.


    - On va s'éloigner suffisamment de ces cadavres et on f'ra une pause r'pas. Pour nourrir les omnivores, va falloir chasser ou pêcher. On est en forêt, on aura l'embarras du choix en terme d'proies.

    Les esclaves auraient l'occasion de manger enfin un repas plus nourrissant, et surtout de la viande. L'hybride savait que les humains et autres omnivores dans cette situation en mangeaient très peu. Semar n'était pas contre la chasse en général. Il savait parfaitement faire la différence entre une chasse par nécessité pour se nourrir ou se défendre et par pur loisir. Il n'avait pas de soucis avec la première. Celle qu'il haïssait était bien celle pour le plaisir de tuer, pour le trophée, pour des minables ayant besoin en permanence de prouver leur force. Et par facilité, ils préféraient s'en prendre à des cibles plus faibles ou infériorité pour l'occasion. Pour nourrir les omnivores, Semar avait prévu qu'ils chassent. En forêt, le gibier n'allait pas manquer. Mais ils n'allaient pas chasser n'importe quel animal. En raison de la grande présence d'hybrides d'herbivores, en particuliers des ruminants, certaines proies étaient à éviter et mieux valait avertir Kassandre et les captifs récemment libérés.

    - Par contre, on chasse pas n'importe quoi. Comme vous avez put l'constater, il y a beaucoup d'ruminants parmi nous. Donc pour les omnivores, éviter d'capturer des cerfs et chevreuils qu'on trouve dans cette forêt. Beaucoup d'mes gars omnivores sont très perturbés quand ils ont du chevreuil au menu, parce qu'ils ont l'habitude d'discuter avec un hybride chevreuil ou cerf ! Tarpans et bisons aussi on évite !

    Inutile de souligner que les antilopes et autres bovidés sauvages étaient également à proscrire. Enfin, on trouvait très peu d'antilopes sauvages, en territoire républicain, hormis des Saïgas plutôt rares. Elles prospéraient plutôt au Reike. Les bovidés domestiques étaient eux aussi évités parce que le refuge comptait quelques hybrides de chèvres ou de moutons. Pour les équidés sauvages, on trouvait des Tarpans en République que Semar évitait de chasser aussi. Il leur restait tout de même l'embarras du choix. Les volailles, des rongeurs, mais également des carnivores tels que les ours ou les loups. L'hippotrague ne les considérait pas comme supérieurs aux proies, et vu qu'eux aussi pouvaient s'en prendre à d'autres prédateurs, alors pourquoi pas lui et les siens ?!

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  • Sam 26 Aoû - 10:05
    C’était décidé. Semar et sa troupe des Briseurs de Chaînes allaient m’accompagner dans ma folie vengeresse, au moins pour cette fois. Je signais leur “engagement” en leur offrant la bourse remplie d’or qui avait été trouvée sur le corps du marchand d’esclaves et en donnant quelques indications basiques sur la suite des opérations et sur le travail de recherche qui nous attendait. Heureusement, l’hybride me confirma que lui et certains autres hommes de sa troupe possédaient un odorat et une ouïe bien supérieures à celle d’un humain, ce qui pouvait s’avérer utile lorsqu’il s’agit de traquer des gens qui ne veulent absolument pas être retrouvés.

    Semar me révéla un peu plus des expériences et des motivations de sa troupe. La plupart d’entre eux, si ce n’est la totalité, traînaient derrière eux un lourd passé et chacun avait ses raisons d’en vouloir à ceux qui jouent avec la vie humaine. Mages, médecins ou esclavagistes, aucune strate de la société semblait pouvoir échapper aux dérives expérimentales de quelques illuminés qui pensaient pouvoir rivaliser avec les dieux. Je n’étais guère croyante, mais j’adressais parfois une petite pensée à une quelconque entité supérieure qui voudrait bien entendre mon appel pour que toute cette pourriture puisse être châtiée comme il se doit. Si aucun des innombrables divins ne se décidait à bouger son derrière, alors je serai cette main purificatrice.

    Tandis que nous parlions, la petite troupe s’activait efficacement et bientôt, les préparatifs pour notre départ étaient terminés. Tout ce qui pouvait être récupéré avait été dépouillé des cadavres et la charrette avait été aménagée afin de pouvoir accueillir des couchettes et des paillasses rudimentaires pour permettre aux blessés et aux esclaves de se remettre plus confortablement. Ce n’était pas le summum du confort, mais c’était déjà infiniment mieux qu’avant. Semar me fit amener un cheval dont le propriétaire avait dû tomber lors de l’affrontement et me proposa de le monter le temps du voyage. Même si je n’étais pas particulièrement bonne cavalière, j’acceptais volontier de me faire porter un moment. La journée avait été longue et je sentais la fatigue accumulée me peser lourdement sur les épaules.

    “ C’est pas de refus, mes jambes ne me portent plus ! ”

    Une fois que tout le monde était prêt, nous pouvions reprendre la route. Il fut décidé d’emprunter des voies secondaires pour ne pas attirer l’attention. Cela me convenait tout à fait. À présent que nous étions plus loin en territoire républicain, je ne pouvais pas prendre le risque de me faire attraper et jeter hors de l’autre côté des frontières, ou pire. Après un petit moment à avancer dans un silence presque pesant, Semar décida qu’il était temps de monter le camp. En effet, tout le monde semblait fatigué et affamé et je ne me trouvais pas en reste. Il fut évoqué alors la question de la chasse. Il est vrai que si les herbivores qui composaient la troupe avaient moins de soucis pour se nourrir, les autres avaient besoin de viande pour agrémenter leur repas. Quelques précisions furent ainsi données aux anciens esclaves voulant se rendre utiles et à moi-même.

    “ Ne t’en fais pas Semar, de toute façon je ne suis pas bonne chasseuse, avec tout mon harnachement je suis trop pataude et bruyante pour ça. ”

    Un des hommes de la troupe, un peu trop curieux ou maladroit, demanda alors pourquoi je ne retirais pas ma tenue pour être plus légère. Je lui lançais un regard sévère.

    “ Parce que je suis nue en dessous, imbécile ! ”

    Évidemment gêné, l'impudent tourna les talons sans demander plus de détails avant que je ne puisse lui apprendre la politesse. Après cette brève distraction, je revenais au sujet du moment, me raclant maladroitement la gorge.

    “ Je vais me charger de ramener du bois en quantité et je tâcherai aussi de dégoter quelques légumineuses sauvages. ”

    Je bombais le torse par fierté.

    “ Je me suis habituée à manger ce que je peux trouver dans la nature lors de mes voyages car j’évite au maximum les villes et villages. ”

    Après que tout le monde eut reçu ses directives, le petit groupe se dispersa dans les bois environnants. Au bout de quelques heures, tout le monde était revenu, certains bredouilles, d’autres avaient les poches remplies de plantes ou les bras chargés de bois ou de petites proies. Pour ma part, outre de lourds branchages qui serviraient à alimenter les brasiers, j’étais parvenue, contre toute attente, à surprendre un couple de lapins que j’avais pu assommer à l’aide de projectiles de métal. Toute le butin du soir fut rassemblé près du chariot et l’on s’activa alors pour préparer les feux et la nourriture. Après un moment, tout le monde put se mettre à table et l’ambiance s’allégea encore davantage, un repas bien chaud déliant les langues et les esprits. Le “banquet” était certes frugal, mais au moins chacun pouvait manger à sa faim, notamment les esclaves dont certains avaient les larmes aux yeux devant une telle “profusion” de nourriture. Profitant d’un moment de calme entre deux discussions endiablées, je venais m’asseoir à côté de Semar.

    “ Merci d’avoir insisté pour m’accompagner, Semar. Je dois avouer que ça me fait du bien de ne pas être seule à ruminer mes idées noires pour une fois. ”

    Mon regard se perdit un instant dans les flammes du feu en face de moi, dont les reflets se confondaient dans l’ambre de mes pupilles.

    “ Au moins ici, personne ne pose de question indiscrète. Chacun a ses secrets et c’est très bien ainsi. ”

    Je finissais en une bouchée le contenu de mon assiette avant de me relever et de m’étirer longuement. Je me sentais revigorée et apaisée.

    “ Je vais prendre le premier tour de garde, tes hommes et toi pouvez vous reposer un peu. ”

    Je me saisissais de ma lance et d’une torche, prête à garder le sommeil de la troupe.
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  • Dim 27 Aoû - 14:17
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    Un jeune loup trottinait en forêt, il avait quitté sa meute et il espérait en fonder une nouvelle. Mais avant ça, il devait se nourrir. Ca tombait à pic, il sentait des odeurs d'herbivores, et d'humains?! Enfin, c'était sûrement des chasseurs qui venaient de prendre un cerf. Il y avait également des chevaux... et des antilopes ?! C'était étrange de trouver des créatures pareilles sur ce territoire. Peut-être qu'ils avaient fait de très grosses prises et qu'ils les transportaient vivantes comme le faisaient parfois les humains. Il continua sa route, cherchant à rester loin des humains. Il sentit alors l'odeur d'une biche isolée. Il se mit alors à l'affut alors qu'il voyait les oreilles de sa proie dépasser de la végétation. Elle lui tournait toujours le dos. Mais alors qu'il était sur le point de lancer son attaque, une sagaie le transperça de part en part. Tandis que son regard se brouillait, la biche, loin de s'enfuir, se redressa, en position bipède et s'approcha de lui.

    Le bivouac avait été monté, les chevaux dessellés et du foin, présent sur la charrette leur avait été donné. Kassandre n'avait pas dit non au cheval. C'était bien moins fatiguant que d'aller à pied. Tous étaient un peu partis chercher de la nourriture en petits groupe dans la forêt. Ainsi, ils revinrent avec des baies, des racines comestibles, des fruits. Il y avait de quoi faire de bons plats avec ça. Ils avaient également trouvé dans la charrette des céréales sans doutes destinées à nourrir les esclaves avec cette fameuse bouillie immonde. Mais avec des herbes et des baies, il y aurait moyen de faire toute la différence. Surtout quand la viande venait d'arriver. L'hybride-biche et un humain portant des tatouages exotiques revenaient tenant la dépouille d'un loup décapité. D'autres étaient revenus avec des petites proies, volailles, petits carnivores et rongeurs, notamment des canards et des lapins. Ces volatiles étaient réputés pour être des mets luxueux. Quelques uns étaient bien sûr revenus bredouilles de leur escapade en forêt. Une fois toute cette manne amenée, Semar s'attela à aider à préparer le repas en plumant les canards. Une marmite trouvée également dans la charrette fut mise sur un foyer qui avait été allumé grâce au bois amené par Kassandre. Avec tout ce qui avait été amené, il fut jugé que les céréales ne furent pas nécessaires, notamment avec les légumineuses. Surtout quand les esclaves avaient mangé jusqu'à maintenant ce genre d'aliments. Les quantités ne paraissaient pas délirantes au vu du nombre de personnes, mais c'était des ingrédients de meilleure qualité, et surtout de la viande. Les esclaves avaient les larmes aux yeux quand on leur tendit une gamelle avec un ragoût composé de légumineuses sauvages, herbes, et gibier. Des mets normalement réservés à leurs potentiels maîtres pour ceux qui auraient dût finir en domestique. Enfin, là ils auraient sans doutes terminé en cobayes de laboratoire. Semar était assis à côté de Kassandre, rongeant un os du loup qui avait été abattu. Les herbivores se contentaient des carcasses des proies pour un complément en calcium et en protéines en quantité raisonnable, car la viande, c'était uniquement à petite dose.

    Consommer la viande venant de prédateurs n'avait jamais spécialement pausé de soucis à Semar et les siens. En tant qu'espèces-proies doublé d'esclaves rebelles, ils avaient depuis longtemps intégrés que les carnivores ne leur étaient pas supérieurs. Et vu qu'ils se mangeaient déjà entre-eux. Ils étaient avant-tout des opportunistes.

    Kassandra le remercia d'avoir voulu l'accompagner, histoire qu'elle ne soit pas seule plongée dans ses idées noires.


    - J'suis aussi passé par là, mais depuis, j'ai des amis qui m'permettent d'aller d'l'avant. On peut broyer du noir, mais on peut aussi chercher à construire. C'est comme ça qu'est né l'refuge, un endroit pour esclaves libérés qui n'ont nulle part où aller, et qui peuvent r'prendre un nouveau départ. Et on l'finance grâce aux richesses des esclavagistes et trafiquants d'animaux.

    En face un des membres des Briseurs de chaînes échangeait avec un esclave récemment libéré, au sujet de leurs passés respectifs. L'esclave était un mendiant à l'origine, ce qui ne surprenait pas Semar. Il avait également entendu une des captives dire avec honte qu'elle avait été une prostituée kidnappée dans les rues de Liberty. Heureusement, il pouvait compter sur ses troupes pour rassurer les esclaves qu'ils n'étaient aucunement coupables de leur situation. Les pauvres étaient les principales cibles des esclavagistes et on avait souvent tendance à leur dire que leur situation était de leur faute. Mais Semar jugeait qu'ils n'y étaient pour rien. Ils n'avaient pas choisi d'être pauvres, et parfois c'était pour fuir des situations familiales toxiques. Et bien souvent, ceux qui disaient que c'était de la faute des faibles s'ils étaient dans le mouise étaient ceux qui étaient nés avec une cuillère en argent, ou ceux qui cherchaient à avoir une place au soleil en écrasant les plus vulnérables justement. Et quand ces mêmes individus se retrouvaient en situation de faiblesse, ils faisaient pas vraiment les malins.

    Le repas terminé et les affaires lavée et rangées. Ils en profitèrent pour dormir un peu avant de reprendre la route, ils devaient-être en forme pour poursuivre, surtout si leurs cibles étaient dangereuses. Semar resta éveillé pour monter la garde malgré le fait que Kassandre lui ait dit qu'il ferait mieux de dormir. Mais il était un herbivore qui avait l'habitude de très peu dormir. En général, seulement trois heures et plutôt en milieu de journée ou dans l'après-midi. Mais il était conscient que les humains nécessitaient d'avantage de sommeil. Il avait bien remarqué que la jeune femme avait besoin de repos. Il le rejoignit alors qu'elle avait annoncé qu'elle commençait son tour de garde. Pourtant, tout le monde était très loin d'être endormi. La plupart des hybrides étaient encore debout, ou allongés à ruminer, mais ils restaient à surveiller.


    - T'en fais pas, on va se charger des tours de garde, en tant qu'herbivores, on a pas besoin d'autant de sommeil qu'les humains.

    Etre en forme pour la suite ça concernait également Kassandre.

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  • Mar 29 Aoû - 15:33
    J’étais déjà décidée à prendre le premier tour de garde pour permettre à tout à chacun de dormir sur ses deux oreilles lorsque Semar vint jusqu’à mon niveau, me rassurant que je n’aurais pas à me soucier de ce fardeau et que ses hommes comptaient s’en occuper. Il argumenta en appuyant sur le fait que lui et les autres hybrides herbivores étaient, de par leur nature, prédisposés aux tâches liées à la surveillance. Force est de constater que cela suivait une certaine logique. Ils sont plus endurants, ont un meilleur flair, une meilleur ouïe et certains sont même capables de voir dans le noir ! J'accordais ce crédit à Semar et ravalais ma fierté. Je lui tendais la torche que j’avais en main et plantais dans le sol l’épieu métallique qui me servait d’arme.

    “ Tu as raison, Semar, je vais profiter que vous soyez là pour me reposer. ”


    Je me laissais alors glisser le long de ma lance dont je me servais comme dossier improvisé et tirais contre moi une couverture, plus pour le confort que pour lutter contre le froid. Toutefois, même en sachant que j’étais entre de bonnes mains, je fus incapable de trouver le repos avant un long moment. Coincée entre deux eaux, je restais longtemps à regarder les flammes des torches danser à travers le brouillard qui se formait devant mes yeux avant que l’épuisement ne finisse par avoir raison de mon anxiété naturelle.

    Hélas, le sommeil n’est pas systématiquement synonyme de repos, surtout lorsqu’on porte un fardeau plus lourd qu’on ne le voudrait. Ma nuit fut distillée en débats inconscients et crises nocturnes durant lesquelles je revivais les tortures subies lors de mon adolescence. Je me rebellais en vain, cherchant à modifier un destin déjà vécu. Le mieux que je parvins à faire fut d’arracher le masque de l’un de mes bourreaux pour mieux constater que la personne qui se cachait derrière n’était autre que moi-même, me délectant des supplices innommables que je j’infligeais à ma propre chair.

    Je me réveillais alors en sursaut, le visage perlé de sueur. Quelques longues minutes furent nécessaires à mon cœur et mon souffle pour qu’ils ne reprennent un rythme normal. Même après cela, je restais encore un moment assise sur le sol à demi-réveillée, observant le petit groupe qui se remettait lentement en branle. La plupart d’entre eux étaient déjà réveillés, à l’exception de quelques gros dormeurs, et l’on s’attelait déjà à préparer le départ. Une main généreuse me tendit une infusion d’herbe que j’acceptais sans vraiment y prêter attention.

    “ M’ci. ”

    Les yeux mi-clos, j’observais la seine en sirotant ma tisane d’une main et me grattant la crinière de l’autre.

    “ Sacrée famille que tu as là, Semar. ”
    J'achevais ma boisson d'une gorgée avant de rejoindre les autres pour leur donner un coup de main en vue du départ imminent.
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  • Mer 30 Aoû - 19:31
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    Une énorme pinte de bière, tellement immense qu'on pouvait s'y baigner faisait face à Semar. Une échelle était nécessaire pour y accéder. Heureusement, une était présente et menait à cette manne. L'hybride grimpa à l'échelle, il approchait de son but, il y était presque mais...

    Semar se réveilla. Il avait dormi que quelques minutes, mais d'autres continuaient de monter la garde. Les herbivores dormaient peu et pouvaient fragmenter leur temps de sommeil. Il repris donc, un peu frustré, son tour de garde. Un hululement, des hurlements, quelques jappements, les oreilles de Semar détectaient de très nombreux bruits au coeur de la forêt qui entourait le petit groupe. Mais pour le moment rien d'inquiétant. Les loups étaient une menace, mais la présence du feu les tenait à distance. Sans parler que même si ça sentait l'herbivore à plein nez, ça se mêlait à des effluves d'humain. Restait l'option des bandits. Car l'hybride était conscient qu'il n'y avait pas toujours de solidarité entre malfrats et des esclaves valaient cher. Ironique pour des individus qu'on traitait comme des déchets. Ces derniers, tout comme Kassandre et une partie des Briseurs de chaînes, dormaient, ou le tentaient comme ils le pouvaient. L'hippotrague remarqua un homme qui gémissait et montrait des signes de malaise pendant une phase de sommeil paradoxal. Semar avait connu de nombreux cauchemars lui-aussi. Quand on était passé par l'esclavage, les cauchemars faisaient partie indéniablement du quotidien. Surtout quand il avait été seul au début de son aventure sur Kaizoku, mais peu à peu, d'autres l'avaient rejoint et les cauchemars étaient devenus bien plus supportables. Heureusement qu'en tant qu'herbivore, il avait besoin de moins dormir. Et surtout, il rêvait que quelques minutes contrairement aux humains qui dormaient plus longtemps et avaient un sommeil paradoxal plus long qui leur faisait plus longtemps les cauchemars. Mais quand il s'agissait de rêves agréables, ça pouvait se révéler frustrant. Un peu comme cette pinte de bière que Semar n'avait même pas pu savourer.

    Finalement, quelques heures plus tard, il était désormais temps de plier bagage. Peu à peu, les membres du groupe se réveillaient, rangeaient ce qui devaient l'être. Certains avaient eu plus de difficultés à se mettre debout. Surtout des esclaves. En même temps, il était compliqué de dormir quand on ignorait ce qui allait nous arriver et que tout ce qu'on savait, c'était que ça n'allait pas être très positif. En plus de devoir dormir dans leur propre merde. Une infusion était préparée avec les plantes cueillies la veille. Plusieurs hybrides herbivores broutaient, dont Semar. Un des Briseurs de chaînes avait donné de la boisson à Kassandre qui venait de se réveiller en sueur. Pas de doutes, selon Semar, elle avait fait un cauchemar. Il ignorait exactement ce qu'elle avait vécu, mais si elle n'avait pas envie d'en parler, c'était son choix et il le respectait. Beaucoup cherchaient à passer à autre chose ou gardaient les choses pour eux. L'hippotrague espérait tout de même que ça ne finisse pas par la détruire. Mais était-il mieux placé ?!

    L'hippotrague se dirigea vers elle alors que tout autour d'eux, on était déjà en train de charger la charrette des affaires. Le feu de camp avait été éteint après avoir fini de servir et on recouvrait les braise pour effacer au maximum les traces. La jeune femme lui fit la remarque qu'il avait une sacrée famille. Tandis que l'hybride buvait son infusion.


    - Ouaip, j'sais pas c'que f'rais sans eux...

    Tout comme Kassandre, il alla aider les siens à remballer les affaires et préparer le départ. Plier notamment les couchages et panser les chevaux avant de les seller et atteler les deux traits palominos à la charrette. Une fois tout le monde prêts, Semar monta en selle et sonna le départ. Tous prirent la route pour la frontière qui n'était plus qu'à quelques heures. D'après ce qu'il avait entendu la veille, leur cible serait dans un campement proche du lac Rebirth en zone frontalière, mais côté République. Le trajet se fit au calme, mais peu de temps avant d'arriver à la frontière, l'hippotrague décida que la troupe se sépare en deux groupes. Un se chargerait de garder la charrette qui allait suivre à distance jusqu'à ce qu'ils trouvent un endroit où s'installer le temps de la mission. Tandis que celui que Semar allait diriger allait prendre part à la traque. Il n'était pas question que les esclaves soient pris pour cibles par cette ordure au cas-où ça tournait au vinaigre. Un hybride springbok assez rapide ferait la jonction entre les deux groupes si besoin.

    - On va éviter d'impliquer ceux qui ont été récemment libérés là-dedans, on va continuer en comité réduit. Du coup on va d'voir être encore plus prudents.

    Il fit un topo à tous sur les démarches à suivre. A partir du maintenant, ils étaient proches du lac. Donc les recherches allaient commencer.

    - Si vous sentez des odeurs suspectes, avertissez tout le monde. On va faire plusieurs équipes avec dans chacune d'entr'elles au moins un hybride. Pour les odeurs, déjections, sang, produits inhabituels, alcool médical, sueur. Les sons, chaînes, gémissements, voire cris, vous pouvez également chercher des conversations suspectes. Cherchez aussi des odeurs et sons liés à un feu de camp. Il y en aura forcément un.

    Il se tourna vers les non-hybrides.

    - Ne vous reposez pas trop sur vos camarades, une petite aide n'est pas de trop. Il faut également observer les empreintes. On peut avoir des indices aussi avec ça. Une dernière choses, et c'est pour tout le monde. Si vous repérez quelque chose, n'attaquez pas, partez et allez prévenir tout le monde et on va se rassembler afin d'définir la stratégie à suivre.

    Une fois les instructions données, les groupes se formèrent, prêts à ratisser la zone afin de mettre la main sur les coupables.

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  • Sam 2 Sep - 19:21
    À présent que tout le monde était prêt, l’intriguant convoi se remit en route. Toute trace de notre passage avait été effacée au mieux, les blessés soignés et chargés dans la charrette et les vivres rangées et rassemblées à leurs côtés. En à peine une heure, la clairière encore pleine de vie quelques instants auparavant semblait avoir recouvré son aspect et son calme habituels. Ceux qui pouvaient monter en selle grimpèrent sur leur monture et nous pouvions ainsi laisser derrière nous les brefs moments d’allégresse et de tranquillité de la veille. La direction que nous devions suivre était simple, la frontière puis le nord en direction de l’immense lac Rebirth où devait se trouver la base de esclavagistes et, je l’espérais, l’homme que je traquais.

    Une bonne partie du trajet se déroula sans encombre mais, à proximité de la frontière, Semar décida de séparer la troupe en deux groupes distincts, à l’avant les guerriers valides et à l'arrière les blessés et les esclaves. Son choix était logique, en plus de protéger ceux qui ne pourraient se défendre seuls en cas d’attaque, cela évitait aux valides d’avoir à se battre sur deux fronts. La liaison était assurée par un des hommes de Semar, chargé de faire la navette entre les deux groupes.

    Une poignée d’heures plus tard, nous étions arrivés à proximité de la grande étendue d’eau dont les reflets dansaient à travers les troncs et la frondaison des arbres. La troupe se rassembla autour de leur chef qui put donner ses directives. Le but, pour le moment, était de repérer les lieux et de localiser le campement. Aucune initiative individuelle devait être prise, au risque d’exposer tout le monde au danger. Immédiatement après, des groupes se formèrent avant de se disperser, quadrillant avec attention chaque parcelle de la forêt.

    Si la chasse n’était pas mon fort, après des années à traquer des scientifiques fous à travers tout le foutu continent, j’avais tout de même développé certains réflexes qui, loin d’être aussi efficaces que l’odorat ou l’ouïe d’un hybride, me permettaient de tirer mon épingle du jeu. Si trace d’un quelconque campement d’esclavagiste il y avait, je le trouverai. Du moins c’est ce que je pensais. Après plusieurs heures à crapahuter dans les sous-bois, la seule chose que j’étais parvenue à récolter furent des éraflures, des toiles d’araignée et un couple de tiques.

    “ Saloperie de marchand, il s’est sûrement foutu de ma gueule ! ” Je crachais sur le sol ma mauvaise humeur.

    D’abord partie seule, j’avais finalement rejoint un autre duo, composé d’un hybride et d’un humain qui exploraient la même zone que moi. À l’image de leur chef, les deux hommes étaient sympathiques et accueillants et tenir une conversation avec eux était moins pénible qu’à l'accoutumée. Une discussion sur les meilleures boissons alcoolisées allaient de bon train quand soudainement, l’équidé s’arrêta net, nous intimant à faire de même. Il huma l'air quelques instants avant de pointer du doigt un arbre en particulier, une vingtaine de mètres plus loin.

    " Là, je sens une odeur ferreuse. "

    Je me plaçais à son niveau, plissant les yeux, en vain.

    " Je ne vois rien d'ici. C'est du sang ? "

    L'hybride hocha la tête négativement.

    " Je ne suis pas sûr, ça pourrait autant être du métal. "

    Soudain, nos deux têtes se tournèrent simultanément lorsque notre troisième compagnon nous appela. Nous constations qu'il s'était rapproché de l'arbre pendant que nous discutions.

    " Regardez, il y a une chaîne ! "

    Il pointait en effet du doigt les maillons rongés par la rouille qui serpentaient sur le sol pour enserrer le tronc d'arbre.

    " Je me demande à quoi ça sert… "

    Tandis qu'il s'approchait encore, un frisson d'appréhension me parcourut le dos.

    " Non attends ! Ne bouge plus ! C'est dange… "

    Trop tard. Un grincement sinistre puis un claquement se firent entendre, suivis peu après par le hurlement de douleur du jeune homme. Le pauvre garçon venait de mettre le pied dans un piège à loup… ou plutôt un piège à homme. D'abord étourdis par le violent changement d'ambiance, nous nous empressions de rejoindre notre compagnon qui se tordait de douleur au sol. Impérative, je donnais quelques instructions à l'équidé qui se tenait à son chevet.

    " Fais le taire ! Il nous met en danger ! Puis fais lui un garrot au niveau de la cheville, vite ! "

    Je m'agenouillais pour inspecter le piège et la blessure. Heureusement pour lui, l'état de rouille avancé du mécanisme était complètement encrassé par l'usure et la rouille, ce qui avait limité les dégâts. Il pourrait sans doute garder son pied… si la plaie ne s'infectait pas. Ce qui me faisait le plus souci était que d'autres que nous aient pu entendre ses cris. Et par "autres", je parlais évidemment de ceux qui avaient installé le piège. Mais d'abord, nous devions libérer le jeune homme.

    J'apposais les mains contre les dents métalliques, à présent couvertes de sang de leur récente victime, qui se mirent alors à vibrer avant de finalement se liquéfier complètement sur le sol. Libéré de leur étreinte, le garçon retira sa jambe encore tremblante. Encore sous le choc, il avait le teint blafard et sa respiration était saccadée et inconstante. Au moins l'hémorragie était contenue par le solide nœud au-dessus de la plaie mais il fallait malgré tout le faire soigner au plus vite.

    " Il faut retourner voir les autres, on va le porter et on reviendra ici avec tout le m- "

    Un sifflement bien distinct se fit entendre avant qu'une flèche ne vienne se planter dans le sol à moins d'un mètre de nous. Le regard vif, l'hybride eût tôt fait de repérer l'assaillant et de m'indiquer sa position. Un instant plus tard, trois éclats métalliques fusaient dans sa direction, dont deux d'entre eux firent mouche. L'archer s'effondra sur le sol, le crâne et la poitrine perforés.

    " Nous avons été repérés ! Prends le avec toi et cours prévenir les autres, tu seras plus rapide que moi ! "

    Au même moment, d'autres traits qui s'abattaient sur nous achevèrent de convaincre mon camarade de ne pas s'éterniser ici. Il installa le blessé dans son dos et détala à toute vitesse dans la direction opposée. Je servirai d'appât le temps qu'il faudrait pour qu'ils soient en sûreté.

    Laissant tomber au sol mes sacoches, j'employais mes dernières réserves de fer que je fondais et manipulais pour me constituer un pavois de fortune. Bien que rudimentaire, la plaque de métal suffisait à parer les projectiles tandis que ma lance s'occuperait des infortunés idiots qui viendraient se mettre à ma portée.

    Cachée derrière une large souche, je tiendrai la position coûte que coûte.
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    Anonymous
  • Lun 11 Sep - 17:03
    Assumer les conséquences de ses actes
    La violence n'est jamais gratuite


    Ainsi, tous les groupes s'étaient dispersés, quadrillant le secteur pour tenter de trouver un maximum d'indices. Semar et Kassandre étaient dans deux groupes différents. L'hippotrague était descendu de sa monture et continuait à pied tenant l'animal par la bride. Il était accompagné de deux de ses hommes. Katan, le jeune qui avait manqué de se faire tuer la veille par le mercenaire avait été laissé avec la charrette. Désormais, il était en alerte, les oreilles dressées comme une proie à l'affut prête à fuir au moindre danger. Mais il était en train de traquer quelque chose. Il devait débusquer un laboratoire clandestin utilisant des esclaves comme cobayes. Semar espérait de la part de Kassandra un véritable carnage sur le ou les responsables d'actes aussi immondes. Il espérait surtout que des enfants ne soient pas victimes de ces ordures, même si parmi les rescapés qui avaient été libéré, il n'y en avait aucun.

    Malgré son apparent calme, la forêts étaient très bruyante quand on était un herbivore. Ainsi, l'hippotrague distinguait les chants de divers oiseaux. Des sons de sabots d'un être quadrupède trahissait un cervidé qui n'était pas un hybride. Des cigales chantaient pour célébrer l'été pendant leur courte existence. Divers insectes signalaient leur présence par des bourdonnements. Un renard passait au petit trot pas très loin. Des croassements de grenouilles indiquaient la présence d'une petite mare dans les environs. Il avait ordonné à ses troupes de rester les plus silencieux possibles et de ne parler qu'en chuchotant. Pour ce qui était des odeurs, il senti celles de nombreux animaux de la forêt, jusque-là, rien de bien alarmant. Mais l'hybride devint plus inquiet quand ce fut d'autres fragrances qui chatouillèrent ses narines. Des odeurs de fer. La tête de l'hybride se dirigea vers l'origine de celle-ci et il tomba sur une arbre enroulé d'une chaînes et en suivant du regard là où elle menait. Et ça venait sous des feuilles. C'est là que Semar se mit en alerte.


    - Faites attention à vos pieds !

    Un des humains des Briseurs de chaînes écarta les feuilles pour dévoiler un gros piège à loup à dents. Il était assez récent. Peu de chances que ça soit un chasseur qui l'ai oublié. Et ils étaient assez gros pour piéger un humain. Mais ces horreurs n'excluaient pas les loups, les ours, les cerfs et les sangliers. En parlant d'animaux, Semar remarqua un ours qui avançait tranquillement, jusqu'à se figer à la vue du petit groupe. Et cela avant de rebrousser chemin, mais l'animal allait droit sur un des pièges. Semar usa de sa communication animale pour interpeller le plantigrade. Ce dernier se mit sur se ses pattes-arrières alors que l'hippotrague avançait prudemment vers lui.

    - Bouges pas !

    Il prit un bâton et contourna l'ours prêt à fuir si ce dernier l'attaquait. Puis devant lui, il plaça le bâton et le piège se referma sur lui. L'ours recula surpris. Mais finalement, il réalisa qu'il avait échappé à une souffrance certaine. Semar retira le bâton du piège et le rouvrit avec de le mettre dans sa bouche et de tapoter jusqu'à le mettre de nouveau dans le piège. Puis il tendit un autre bâton à l'ours.

    - Voilà, avec des bâtons, tu vas pouvoir te débarrasser des pièges.

    L'ours prit le bâton et parti de manière plus prudente en sondant le sol à la recherche de pièges. Tandis que l'hybride rejoignait les siens et sa monture, il entendit un hurlement venant de plus loin.

    - Et merde !

    Les oreilles de Semar se braquèrent en direction de l'origine du cri. C'était déjà trop tard, quelqu'un avait été pris au piège. L'hybride grimpa en selle et prévint ceux qui l'accompagnaient.

    - On fonce vers l'origine des cris ! Faites attention où vous foutez les pieds ! Prenez des branches d'arbre et sondez le sol avec les pièges. Va falloir qu'on s'rassemble.

    Il fit cabrer sa monture et il parti au galop en direction de l'endroit où avaient été entendu le cri de douleur. Bien sûr, il était nécessaire de faire attention aux pièges. Ainsi, grâce à son odorat, Semar les détectait et tâchait de les faire éviter à sa monture. Ses hommes l'observaient pour placer les bâtons dans les pièges. Semar entendit les sifflements de flèches grâce à son ouïe très fine, on avait commencé à attaquer. Pas de doutes, ils étaient proches d'un campement de gens qui avaient des choses à cacher. Car de simples chasseurs n'auraient pas attaqué des gens qui se seraient pris dans leurs pièges. Semar accéléra la cadence pour croiser un hybride-cheval qui portait un humain blessé sur son dos.

    - Il s'est pris dans un piège, on était avec Kassandre, elle nous a dit de partir devant, elle doit pas être loin, ils ont commencé à nous attaquer.
    - Retournez à la charrette et faites gaffes à où vous mettez les pieds !

    Semar repris son chemin quand ses oreilles pivotèrent en direction d'un sifflement qui visait un de ses hommes. Il se dirigea vers lui et parvint à bloquer le tir grâce à son naginata. Les deux fantassins se mirent en garde et se collèrent l'un contre l'autre, les boucliers formant un mur impénétrable. Ils s'éloignèrent des assaillants. D'autres Briseurs de chaînes rejoignirent leur chef ayant senti qu'avec l'attaque, c'était une nécessité. Ils se rassemblaient et reculaient pour mieux attaquer. Bientôt, tous furent rassemblés. Manquait juste la mercenaire reikoise et les sons d'affrontement indiquaient sa position. Mais pour le moment, ils ne pouvaient pas la rejoindre alors que leurs adversaires s'apprêtaient à les charger. Les Briseurs de chaînes allaient appliquer leur stratégie habituelle. Fuir quand l'ennemi se mettait à les poursuivre et contre-attaquer quand ces derniers auraient baissé leur attention et brisés leurs formations en pourchassant les fuyards. Maintenant, il n'y avait plus qu'à attendre ce bon moment.

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