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    Leonora de Hengebach
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  • Dim 25 Fév - 22:51
    Leonora, les yeux fixés sur Baudroie, écoutait chaque mot avec une attention soutenue. La lumière tamisée de la pièce accentuait les expressions changeantes sur le visage de Baudroie à mesure qu'il se faisait plus bavard. Ce changement d'attitude n'était pas dû à une soudaine envie de partager mais plutôt à l'intervention, ou plutôt, aux menaces à peine voilées de Pancrace. Ce dernier, se tenait plutôt décontracté, bière à la main, un sourire en coin soulignant sa satisfaction face à l'efficacité de sa méthode discutable.
    Baudroie, semblait maintenant presque pressé de délier sa langue. Les informations qu'il détenait, cruciales pour Leonora, commençaient enfin à se frayer un chemin. Chaque détail, chaque révélation, ajoutait une pièce au puzzle. Grâce à Pancrace, les murs se fissuraient et la vérité, aussi sombre et tortueuse soit-elle, commençait à émerger.

    Plus Baudroie parlait, plus les révélations s'alignaient avec l'image que Leonora s'était faite de son père au fil des ans : celle d'un homme sans scrupules, dont les actions et les choix avaient semé la discorde et le chaos autour de lui. Chaque anecdote, chaque fait rapporté par Baudroie, venait comme une confirmation supplémentaire de la nature véritable de ce père qu’elle avait longtemps cherché à comprendre, voire à excuser. Mais les mots de Baudroie ne laissaient place à aucun doute, aucun espoir de malentendu : son père était bien l'architecte de nombreux maux, un manipulateur habile dissimulé derrière une façade de respectabilité.
    Elle sentait un mélange de colère, de tristesse et d'une étrange libération à l'idée que ses pires soupçons étaient justifiés. C'était comme si, en dévoilant la véritable nature de son père, Baudroie lui offrait une forme de clé pour enfin déverrouiller la porte de son passé et regarder en face les ombres qui l'avaient poursuivie.
    Pancrace, qui avait facilité cet aveu, céda la main à présent. Leonora pouvait enfin commencer à creuser d’avantage.

    Le regard dur et la voix ferme, elle confronte Baudroie.

    Combien vous doit-il exactement ?

    Un sacré pactole, ma chère. Un montant qu’il semblait confiant de pouvoir rembourser rapidement.

    Et, il avait combien de temps pour vous rembourser cette somme ?

    Deux mois. Un délai généreux, je pensais. Mais voilà, depuis, il s'est évaporé. Plus aucune nouvelle.

    Leonora serra les poings mentalement, tentant de maîtriser la colère qui monte en elle. Elle respira profondément, cherchant à rester calme, elle arrivait encore à le garder, cela était nécessaire.

    Et maintenant ?

    Il lui reste moins de deux jours. Deux petits jours. Si je ne vois pas la couleur de mon argent, je viendrai me servir... Il a été assez fou pour mettre le nom de sa fille en gage.

    Un frisson parcourut l'échine de Leonora. Elle réalisa l'ampleur de la situation, la gravité de la menace qui pèse sur elle à cause du manque d’humanité de son père.

    Vous oseriez venir réclamer cette dette à sa fille ?


    Baudroie, un sourire malsain aux lèvres : Oh, je n'oserai pas seulement. Il était clair dans notre accord. Si l'argent n'est pas remboursé à temps, soit je prends ce qui m'a été offert en gage, soit... je considère que le remboursement sera fait d'une autre manière. Et sa fille deviendra ce remboursement.

    La menace voilée de Baudroie glaça le sang de Leonora. Elle sait qu'elle devait agir vite pour se protéger. La partie n'est pas encore perdue, mais le jeu devient dangereusement sérieux. Elle devait trouver une solution pour échapper à l'emprise de Baudroie que son père a égoïstement orchestrée.
    La révélation ajouta une couche supplémentaire d'urgence et de danger à la situation déjà tendue. L'emprunt souscrit par son père auprès de cet « homme » n'était pas seulement une dette financière, mais il avait également engagé l'avenir de sa propre fille comme garantie de remboursement. La somme, décrite par Baudroie comme un "sacré pactole", semblait astronomique, et l'échéance imminente pour le remboursement ne laissait que peu de marge de manœuvre à Leonora.

    L'absence prolongée de son père, qui s'était "évaporé dans la nature", n'était plus simplement une question de disparition inquiétante; elle devenait une menace directe sur la sécurité de Leonora. Le fait qu'il ait mentionné qu’elle-même pourrait servir de remboursement ajoutait une dimension encore plus sinistre à la situation.
    Confrontée à cette réalité terrifiante, Leonora devait rapidement évaluer ses options. La première était de trouver son père, de le convaincre de régler sa dette ou de découvrir où il avait pu dissimuler les fonds nécessaires au remboursement. La seconde, plus sombre, impliquait de trouver un moyen de contrer Baudroie, ce qui pourrait s'avérer le plus simple pour elle.

    Leonora, après avoir échangé ces mots lourds de menaces avec Baudroie, tourne son regard vers Pancrace. Dans ses yeux, il pouvait lire un mélange de détermination et un appel silencieux à l'aide pour la suite.
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  • Sam 30 Mar - 11:25

    J’finis ma bière comme Baudroie et la shoumeïenne finissent leur échange, et ça devient beaucoup moins convivial. Là où, auparavant, j’étais au spectacle et que j’me disais que j’allais prendre quelques pièces au passage, j’me dis que maintenant, il serait peut-être temps de mettre un terme à tout ça. J’tapote le plateau de la table en regardant les options, et quand Leonora se tourne vers moi, j’sens que si elle veut résoudre le problème pour se sortir de la situation épineuse dans laquelle son daron l’a collée, elle sait pas trop par quel bout prendre le problème.

    J’hésite à proposer que j’rends service à des tarifs pas dégueulasses, mais c’est pas le moment.

    Puis j’peux pas dire que ça m’enjaille, que le vieux ait mis sa fille en hypothèque auprès de tout ce que les bas-fonds de Liberty comptent de requins. Pasque Baudroie est probablement pas le seul à avoir envie de toucher au gros lot. Et, dans ces cas-là, on va pas se mentir, la nana, on lui fait rarement un plan de refinancement et d’échelonnement de ses dettes auprès des créanciers. En général, pour les plus belles, y’a un lit, et pour les autres, c’est juste dans les ruelles ou les faubourgs de la ville, dix-huit heures par jour, à prendre tout ce qui passe, y compris des trucs qui à première vue semblent relever d’une légère incompatibilité en terme de format.

    Après, ça sombre dans l’alcool et la drogue, et on les ramasse au petit matin, cannées, sans crime, sans coupable, sans motif. C’est pas les rondes les plus sympas.

    J’fais un signe de tête à la jeune femme pour qu’on sorte, et on prend pas la peine de dire au revoir à l’usurier. Il envisage de dire quelque chose, j’le vois à ses sourcils froncés et sa bouche qui s’entrouvre, mais il s’abstient, et il a bien raison. J’lève la main en direction du tenancier, qui est occupé à servir un autre client et s’en rend pas compte. Bah, pas grave. J’comptais pas particulièrement revenir, de toute façon.

    Dehors, le temps s’est couvert, mais il pleut pas, c’est déjà ça. J’ressers les pans de ma veste autour de moi contre les courants d’air, et j’me fous sous le porche d’un immeuble proche.

    « Alors, une idée de la suite ? »

    J’laisse passer un léger silence.

    « Pour référence, comme l’esclavage est illégal en République, en théorie, tu peux pas être forcée de bosser n’importe comment pour eux. Mais en même temps, suivant les mensualités des créances, ça peut être compliqué de rembourser avec un salaire de la GAR. »

    J’y étais, je sais que ça paye pas terrible. C’est pasqu’ils font pas beaucoup d’études, ça.

    « Du coup, ça force à se tourner vers d’autres solutions, et ils sont passés maître dans l’art de forcer la main l’air de rien. Enfin, on va trouver une autre solution, hein ? Comme j’vois les choses, y’a trois possibilités, et elles se valent pas. »

    Vraiment pas du tout, même, mais va bien falloir résoudre le problème à un moment si la nana veut pas connaître un sort peu enviable. Enfin au moins elle sera nourrie en liquide. Ha.

    « La première, c’est d’aligner Baudroie. En fouillant un peu, ça doit être possible de le charger un peu et de l’envoyer à l’ombre. Mais ça me semble compliqué de l’y foutre plus de quelques mois, sinon on aurait déjà entendu parler de lui davantage. Ça peut te permettre de gagner un peu de temps, cela dit, pour aviser et résoudre les soucis. »

    J’ai levé un doigt pour numéroter, et j’en lève maintenant un second.

    « La deuxième possibilité, c’est de retrouver le vieux, avec son pactole pour peu qu’il en ait un de côté, et le forcer à rembourser ou retirer le collatéral. Avec un peu de pression d’un avocat ou de la Banque des Chaînes, c’est probablement jouable. Evidemment, s’il paye ses dettes, c’est encore la meilleure option. Puis faut s’assurer qu’il recommence pas, mais y’a des procédures d’émancipation et tout, j’pense. J’connais pas trop. Mais sinon, on pourrait mettre n’importe qui sur tous les papelards et s’endetter dans tous les sens, ça serait pas logique. Mais ça demande de le retrouver et le confronter. »

    Et le troisième doigt.

    « Sinon, tu peux juste payer directement pour te sortir d’affaire. Mais il risque de recommencer, quoi, surtout en sachant que tu l’auras sorti d’affaire déjà une fois. J’conseille pas trop cette option non plus. »

    Je hausse les épaules, et j’m’appuie contre le mur.

    « En vrai, j’pense qu’il faut prendre la deuxième, aller avoir une discussion sérieuse avec lui, et le calmer d’un coup sec. Avec la GAR derrière toi, ça devrait pas être trop compliqué. »

    Les types comme lui sont rarement très courageux, et un pain dans la gueule, ça les calme assez vite si jamais. Enfin, personnellement, c’est ce que je ferais.

    « Et il se trouve justement que, comme j’indiquais un peu plus tôt, j’sais où il crèche. »

    Bah ouais, j’suis pas un bouffon comme Baudroie.
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    Leonora de Hengebach
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  • Mer 1 Mai - 2:12
    Ce simple échange de regards avec Pancrace lui avait offert une porte de sortie. La conversation avec Baudroie toucha à sa fin, laissant Leonora avec un goût d’amertume, une nouvelle trahison de son paternel et la sensation qu'elle se rapprochait d’une conclusion désastreuse. Guidée par une urgence silencieuse, en quittant ainsi la pièce, ils coupaient court à toute tentative de Baudroie de clarifier, ou d'intimider davantage. Ce moment était critique, et leur sortie, bien que brusque, était une déclaration tacite dans la tête de la brune. Elle ne jouerait plus selon les règles imposées par Baudroie.

    Une fois à l'extérieur, Leonora suivit Pancrace à une distance prudente des murs qui avaient résonnés des menaces de Baudroie. Il semblait comprendre l'ampleur des risques qu’encourrait la De Hengebach. Il prit la parole, essayant de capter l'attention de Leonora, mais elle semblait perdue dans ses pensées, profondément secouée par la gravité de la situation. Son regard sur perdait sur les pavés, son esprit bouillonnait dans un tourbillon de réflexions. Pancrace, conscient de l'urgence de la situation, tenta à nouveau d'attirer son attention.
    Elle retrouva sa détermination, puis d'un ton ferme mais résolu :

    Je ne me laisserai pas faire. Personne ne me forcera à quoi que ce soit. Mais je comprends aussi les réalités financières qui peuvent rendre les choses compliquées. Je ne peux me projeter sans connaître le montant exacte, rembourser ces créances pourrait en effet être impossible.

    Consciente de la propension de son père à dilapider des sommes astronomiques en un temps record, ressentait un soulagement. Elle n'avait plus aucun remords d'avoir menti à Pancrace sur l'éventualité d'un trésor que son père détenait. Au contraire, elle se sentait maintenant renforcée par le secret qu'elle gardait jalousement. Ces bijoux et objets de grande valeur, qu'elle avait subtilisés avant sa fuite et conservés soigneusement, représentaient bien plus qu'une simple collection. Ils étaient devenus sa bouée de sauvetage, son « au cas où », son paiement pour service rendue à la famille de par son sacrifice. Chaque pièce était un fragment de pouvoir, une arme silencieuse dans sa lutte pour sa liberté et son indépendance. Elle n’avait pas besoin de tout cela en vérité, c’était par pur principe.

    Pancrace exposa méthodiquement les différentes possibilités pour contrer Baudroie : utiliser des preuves, retrouver son père et le faire payer avec le soutien des banques... Pendant qu'il détaillait ces options, Leonora écoutait attentivement, mais une idée bien précise germait dans son esprit.
    Un silence pesant s'installa. Leonora, consciente que l'option qu'elle envisageait était extrême et risquée, prit une profonde inspiration avant de parler.
    Pancrace, je vous ai écouté attentivement, mais je vois une autre possibilité. Une qui pourrait régler mon problème de façon définitive. Éliminer Baudroie. Pour de bon. Mais ça, elle ne pouvait pas lui dire.

    Leonora acquiesça à ses mots, sachant que sa propre décision la plongerait dans des eaux encore plus dangereuses. Mais elle était prête à tout pour se protéger.  Elle prit une profonde inspiration avant de répondre. Ses paroles étaient empreintes de lucidité.

    Mon père était un homme de pouvoir, un haut gradé militaire. Il ne se laissera pas intimider facilement, surtout pas par moi. Mais si vous savez où il réside, peut-être que nous pourrions tenter de lui parler, en effet. Régler la situation, et ainsi de me libérer de l'emprise de Baudroie. Ses yeux fixés sur Pancrace, il ne pourrait lire aucune lueur d'espoir dans son regard.
    Mon père a perdu son sens de l'honneur et de la justice depuis longtemps. Je crains que nous n’agissions pour rien.

    Autant qu’il soit conscient des liens familiaux complexes qui pourraient jouer en leur défaveur dans cette situation délicate. Mais l’officier semblait assez futé pour s’être déjà fait sa propre idée sur le personnage.
    Côte à côte, Leonora et Pancrace s'engagèrent dans les rues de la ville, leur destination : le quartier où résidait le père de la jeune femme. Les rues animées de la ville semblaient s'estomper autour d'eux, remplacées par un silence relatif alors qu'ils se dirigeaient vers un quartier plus résidentiel où résidait l'ancien haut gradé militaire. Les bâtiments délabrés et les ruelles étroites laissaient progressivement place à des maisons plus imposantes, témoignant du statut de ceux qui y habitaient.
    Leonora gardait son calme malgré l'urgence de la situation, son esprit concentré sur l'objectif à venir, l’officier marchait à ses côtés, une présence plutôt rassurante bien que peu désintéressée le concernant. Chacun ses objectifs.

    Arrivés à destination, ils s'arrêtèrent devant une demeure aux murs de pierre sombres. Leonora frappa à la porte pour affronter son père. Aucune réponse. Elle frappa une seconde fois. Le silence qui suivit était assourdissant, aucun bruit ne venait de l'intérieur. Leonora tenta une troisième et dernière fois, frappant à la porte avec une intensité accrue, mais toujours aucun signe de vie de l'autre côté.
    Elle scrutait à travers les fenêtres de la maison, entourant son visage de ses mains sur la vitre pour mieux y voir. La première révélait une pièce sombre et déserte, meublée de manière minimale. La seconde fenêtre ne montrait rien de plus, confirmant l'impression que la maison semblait inhabitée depuis un certain temps, ou qu’il vivait avec le strict minimum.

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  • Jeu 16 Mai - 21:36

    Marrant, à quel point la famille peut exercer une emprise sur ses membres. Nous, la cellule était restreinte, pas vraiment de cousins, d’oncles ou de grands-parents, pour la majorité déjà cannés ou trop loin pour qu’on les fréquente, et comme on était un paquet d’enfants, j’ai eu qu’une supervision très lointaine des darons. Globalement, ils s’arrangeaient pour nous vêtir et nous nourrir plus ou moins, suivant ce qu’il était possible de faire, et suivant si le grand frère venait pas taxer notre assiette quand personne regardait.

    En y repensant, on aurait pu appeler ça « Allégorie des impôts ».

    Heureusement, j’étais pas le petit dernier, donc j’trouvais toujours quelque part où me servir quand la situation devenait trop compliquée. Et comme j’ai rapidement été beaucoup plus teigneux que même les grands, ils ont vite appris à pas venir se servir là où il fallait pas. Ironiquement, on n’était pas très loin de vivre la même chose quand j’ai rejoint la GAR, d’abord en formation, puis pendant le service de deux ans. C’était le même combat : le bizutage, les cliques qui se mettent des claques, les p’tites magouilles. Là encore, j’ai vite choisi le bon camp : celui qui en met plutôt que celui qui en prend.

    Mais pendant que j’me rappelle sans la moindre nostalgie à quel point c’était la loi du plus fort, du plus reikois, dans ma jeunesse, et que j’suis bien content qu’on ait grandi au-delà de ça, avec moult années d’études, v’là qu’on arrive devant la baraque du vieux de Leonora. Et qu’il répond pas à la porte. Alors, bon, si ç’avait été que moi tout seul ou Baudroie, j’comprendrais qu’il préfère partir par une porte dérobée à l’arrière, mais il m’a demandé de lui ramener Fifille, et il se trouve que c’est justement elle qu’est là, alors ça devient très suspect.

    Quand elle me demande si ça fait longtemps que j’sais qu’il est là, j’dois me gratter la nuque pour essayer de me souvenir.

    « Une poignée de semaines, à vue de nez ? Fallait bien me laisser le temps de te retrouver, après tout. »

    Puis j’avais pas que ça à foutre, faut bien le dire. Ce genre de trucs, faut aussi activer des contacts, qui eux-mêmes se disent qu’il ont mieux à faire, et de fil en anguille, on arrive à des délais non-négligeables pour un truc qui pourrait prendre moins de deux jours si tout le monde était très motivé. Par exemple, si un sénateur ou un préfet avait posé la question, la réponse aurait atterri sur son bureau en moins de deux heures, j’suis prêt à le parier.

    Jusque-là, rien d’anormal, cela dit.

    « Après, s’il avait déjà des problèmes, il a p’tet déménagé en douce pour pas qu’on le retrouve... Ou alors il lui est arrivé quelque chose... »

    On sait très bien comment ça va finir, alors j’fais pas semblant, pas même pour les passants qui s’interrogent à voir une militaire et un officier républicain devant une porte close.

    « Office Républicain, on entre. »

    Pas par la porte, elle est fermée et on n’a pas de bélier. J’jette un oeil par la fenêtre la plus proche et j’me téléporte à l’intérieur.

    « Y’a quelqu’un ? »

    Y’a que le silence qui me répond, sans grande surprise. J’vais dans le vestibule et j’ouvre la porte à Leonora, que j’invite à entrer avant de refermer derrière elle, et de remettre le loquet. Y’a déjà un peu de poussière sur les meubles de l’entrée, mais dur de dire si c’est pasqu’il est plus là ou juste qu’il est pas très pointu sur le ménage. J’suis bien placé pour le savoir, j’crèche chez moi, et pourtant, on dirait l’endroit abandonné par moments. Mais, hé, j’suis quelqu’un de très occupé, après tout.

    Le rez-de-chaussée est vide, le salon pas très utilisé, et la bouffe dans la cuisine a commencé à pourrir. A vue de nez, ça fait au moins quelques jours qu’il est plus là. J’balance un coup de senseur magique, mais j’détecte pas âme qui vive dans la maison. Bon, au moins, ça veut dire que personne va nous tomber dessus à l’improviste, c’est déjà ça. J’pointe vers l’escalier, en faisant un signe de tête à Leonora.

    « Y’a personne, mais on peut aller voir là-haut. Il a p’tet laissé quelque chose, une lettre ou quoi, on sait jamais. »

    Un truc style « je déménage à telle adresse », par exemple, ça serait rudement pratique. J’y crois pas trop mais parfois on est agréablement surpris. J’enfile un couloir, une salle d’eau et une chambre dont le lit est encore défait. J’en profite pour jeter un oeil sur la table de nuit, rien à part quelques produits médicinaux lambdas. Les bougies ont bavé un peu, et les placards contiennent encore des fringues. Rien de bien folichon, encore que j’déniche un uniforme, probablement d’apparat, soigneusement plié dans un coin avec des produits contre les mites.

    Juste un peu plus loin, on arrive enfin au bureau.

    « Bon, j’espère qu’on trouvera quelque chose, sinon, ça va devenir compliqué. »

    Genre, impossible.
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