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  • Dim 24 Sep - 16:23
    Hétérodoxie
    « Putain on va encore visiter un temple ? Qu'est-ce qu'on se fait chier avec toi, tu m'étonnes que personne ne veut voir ta sale gueule. Et tu peux m'expliquer ce qu'on fout dans ce désert à la con ? »

    En voilà une bonne question, moi aussi je m'interroge mais de la part de Kar'ath, c'est assez rare pour le préciser. Ce Démon a un don surhumain pour les commentaires agaçants et sans intérêts. À défaut de pouvoir se matérialiser physiquement dans ce monde, étant enfermé dans la gigantesque épée accrochée dans le dos de l'Oni vagabond, Kar'ath utilise les quelques rares moyens encore à sa disposition pour cracher son venin et continuer de faire chier le Sekai à sa manière. Il s'est trouvé une véritable passion dans le fait de quotidiennement casser les couilles de ce pauvre Dante, c'est un peu devenu son activité principal avec le temps. De la même façon, le chevalier errant a appris à faire abstraction de la désagréable présence de Kar'ath et à complètement ignorer ses commentaires désobligeants. Ces deux-là sont aux antipodes l'un de l'autre et forment un duo absolument chaotique, un peu comique et tout sauf complémentaire. Disons qu'ils se supportent, ils n'ont pas vraiment le choix. Ils ont conclu un pacte de sang et par définition, on ne peut plus revenir en arrière. Voilà déjà une année que Dante est devenu le gardien de cette imposante relique, prenant la forme d'une large épée à la lame noire comme la nuit qui ne peut être maniée par nul autre que lui-même. Une quête sacrée que ses Dieux lui ont imposée pour qu'il prouve sa foi et sa dévotion envers eux.

    Une lourde responsabilité qui pèse énormément sur ses épaules et en réalité, sur son organisme tout entier. Frappé d'une puissante malédiction sous la forme d'une maladie magique unique dont Kar'ath est le perfide créateur. Usant d'une puissante magie noire, cette maladie ronge Dante de l'intérieur en gangrénant sa chair et en l'affaiblissant considérablement au quotidien. Le Démon ne peut pas s'en prendre physiquement à son gardien ni se libérer de sa prison millénaire, il a donc trouvé un moyen détourné de s'en prendre à Dante en le tuant à petit feu. Malheureusement pour lui, cet Oni est tenace de nature et il a reçu de l'aide d'une soigneuse de grand talent en la personne de Myriem qui est aussi devenue une amie avec le temps. La maladie n'a pas disparu mais a grandement diminué grâce à elle, bien que toujours handicapante. Mais pour Kar'ath, peu importe. Cela prendra le temps qu'il faut mais Dante finira par succomber tôt ou tard. Trop aveugle pour se rendre compte que c'est sa foi qui est en train de le mener à sa perte.

    Ceci dit, tout ça n'explique en rien son passage sur le territoire du Reike et encore moins sa présence aux abords du Temple du Soleil et de la Lune, l'équivalent de Célestia dans sa religion, lieu de pèlerinage pour les hérétiques et adeptes de l'absurde croyance majoritaire au sein de l'Empire. Un Oni bodybuilder à la peau grisâtre, de plus de deux mètres et avec le physique d'une armoire à glace, fervent défenseur du divinisme originel et accéssoirement membre du Nouvel Ordre ou de ce qui reste de cette piètre organisation. Dante dans toute sa splendeur sur la terre "sainte" du shierak qui s'oppose à sa religion et tente même de la remplacer. Ça sent les emmerdes cette histoire mais rien qui ne le change de ses habitudes. Heureusement, Dante n'est pas quelqu'un de mauvais et il n'est pas là pour faire un massacre. L'idée lui a peut-être traversé l'esprit mais s'il s'est rendu sur les terres du Reike, c'est avant tout par curiosité. Ni plus, ni moins. Dante a toujours vécu dans une bulle au sein des Rôcheuses, loin des grandes villes et finalement presque coupé du monde. Il y a tant de choses qu'il ne connaît pas ou trop peu. Le Shierak notamment, ne fait pas exception à la règle. Alors avant de prendre une quelconque décision, il souhaite se faire son propre avis sur la deuxième religion la plus en vogue sur le continent. Là où le divinisme semble dépérir et perdre des adeptes, le Shierak parvient à gagner l'intérêt de nouveaux fidèles chaque jour. Cela l'intrigue et il veut savoir pourquoi le shierak ? Qu'est-ce qui différencie le Shierak et le Divinisme ? Il veut comprendre, alors il s'intéresse.

    Le guerrier a délaissé son imposante armure car trop visible et trop bruyante, il n'est pas là pour chercher le conflit bien au contraire. Elle ne lui serait donc d'aucune utilité ici. Quelques vêtements légers pour voyager et supporter l'étouffante chaleur du désert, il porte un large pancho à capuche couleur sable qui le recouvre et le cache presque intégralement. L'idée est d'être incognito et le plus discret possible, autant que peut l'être un Oni de sa taille en tout cas. S'il ne porte pas l'armure du guerrier, il en porte toujours l'arme. Enroulée dans un épais tissu blanc et solidement attachée, il est difficile de discerner avec exactitude la forme de l'arme qu'il porte dans son dos même s'il est toujours possible de deviner quel genre d'instrument un gaillard comme lui peut bien transporter. Il ne compte pas en faire usage et il ne veut pas attirer l'attention sur lui. Alors c'est ainsi que Dante rejoint la route menant au temple, se fondant dans la masse des nombreux pèlerins en s'adaptant à leur rythme jusqu'à rejoindre l'impressionnant bâtiment qui trône au bout du chemin. Dissimulant sa croix sous ses vêtements, symbole de sa foi divergente et ses cornes sous sa capuche dont l'une a été brisée lors d'une de ses précédentes aventures. Il sait qu'il n'est pas le bienvenue ici et malgré tout, il prend le risque.

    À l'intérieur du temple, point de garde et seulement des cultistes qui vont et viennent d'un côté à l'autre de l'immense bâtiment ou allant à la rencontre des adeptes. Dante évite soigneusement de s'adresser aux autres et de toute manière, personne ne veut lui adresser la parole tant il intimide par sa simple présence et son imposant physique. Cela l'arrange bien, ce grand timide. Il s'écarte du groupe et en profite pour observer l'architecture du temple, très différente des édifices religieux du divinisme. Il n'y connaît pas grand-chose mais étant curieux de nature et après avoir fait tout ce chemin, Dante prend le temps de s'attarder sur les statues représentant certainement des divinités qu'il ne reconnaît pas. Le Soleil, la Lune, les Etoiles... Tout ceci lui semble complètement aberrant. Pourquoi ces gens prient-ils des choses aussi futiles ? Peut-être que quelqu'un ici a les réponses à ses questions. Il n'arrive pas à comprendre et songe à interroger un des cultistes qui s'occupe du temple, sans pour autant parvenir à sauter le pas.

    Dante est un grand introverti, faut le comprendre. C'est pas facile tous les jours.

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    Citoyen du Reike
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    Isolde Malkyn
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  • Mar 26 Sep - 14:03
    Hétérodoxie
    Feat Dante
    L’équinoxe d’automne. Date remarquable où la durée du jour et de la nuit étaient égales. Comme si le soleil et la lune existaient à l’unisson, dans une harmonie magistrale. De nombreux pèlerins prenaient la route du Temple en cette époque bénie. Ce fut le cas d’Isolde. D’une manière très solitaire et pieuse, elle prit la route du désert. Son cœur lui murmurait un besoin de solitude et de recueillement. Peut-être en avait-elle trop fait ces derniers temps, qu’elle ne mesurait pas l’ampleur de son travail et des efforts quotidiens qu’elle fournissait. Elle semblait vidée de toute énergie. La brune accomplissait ses devoirs, se rendait à ses cours avec une monotonie qu’elle ne connaissait pas habituellement. Elle se posait tant de questions sur sa propre foi, ainsi que sur les autres croyances peuplant le Sekai. Pourquoi celle du Reike devait être juste, au profit des autres, qui détenait l’entière vérité, quels étaient les mystères et le secret du monde, de la vie, de la mort… Des questions existentielles, certes, mais ô combien capitales dans l’esprit de la jeune femme.
    Heureux étaient les simples d’esprit, elle se faisait souvent la remarque. Chanceux demeuraient ceux qui ne s’encombraient pas la tête avec des interrogations et des énigmes à n’en plus finir.

    L’étudiante choisit alors ce merveilleux équinoxe d’automne, pour rendre grâce au Soleil, de l’avoir tant nourrie et comblée pendant l’été. Aussi, pour louer la Lune, pour sa délicate lueur, qui apaisait chaque nuit son cœur.
    Le Temple s’élevait devant ses yeux, majestueux et gigantesque. Un joyau dans le désert, figé dans le temps et l’espace. L’astre d’or semblait merveilleusement grand et plus éclatant, lorsqu’il frappait le Temple de son divin éclat. La jeune Malkyn resta un instant à l’extérieur, scrutant l’édifice. Il était constitué de plusieurs ailes, de tours et de flèches, il imposait par sa taille, comme nulle part ailleurs. Isolde se décida alors à entrer. Elle prit le soin d’apporter une petite étoffe supplémentaire à sa tenue, un châle noir venant lui couvrir les épaules et glissant nonchalamment sur son corps. Sur ses jambes, une jupe fluide et noire, elle aussi, courait jusqu’à ses pieds. Ses cheveux étaient tressés et un voile, gracieux et transparent, recouvrait le bas de son visage, ainsi que son cou. Plusieurs bijoux dorés ornaient sa peau, teintant légèrement lorsqu’elle se mouvait.
    À peine les portes passées, l’intérieur du Temple offrit à la mage, la quiétude qu’elle était venue chercher. Un doux parfum d’encens flottait autour d’elle, offrant une atmosphère opportune à la piété. Ici, elle n’avait pas besoin de jouer de rôle, ni de faire semblant. Elle pouvait juste vivre et non exister. Isolde avait besoin de cela, de trouver une raison de simplement être, loin de tous faux-semblants. Elle savait très efficacement porter un masque. Le souci, avec un masque, était de ne plus savoir qui elle était véritablement, ne plus pouvoir s’en détacher. Rester sur le paraître.
    La brune aux yeux verts avait souvent douté de ses croyances, remettant tout en question, comme elle savait bien le faire. Elle était venue chercher quelque chose, mais quoi, cela, elle l’ignorait. Le fait qu’il n’existait pas de prêtre, ou quiconque personne pouvant lui servir de guide spirituel, la chagrinait. Peut-être avait-elle, parfois, le besoin d’être guidée. Ou tout simplement écoutée.

    Elle, qui croyait au pouvoir du soleil, de la lumière, s’adonnait pourtant à une forme de magie bien sombre, la plus sombre qu’il soit. Comment trouver l’équilibre entre lumière et obscurité, ne serait-elle pas obligée de faire un choix… Pour le moment, la mage jouait subtilement sur ses nuances, étant d’une grande adaptabilité. Néanmoins, une chose restait certaine, elle ne serait jamais athée. Elle pensait que chaque individu se devait de croire en quelque chose, de se raccrocher à une forme de spiritualité.

    Perdue dans ses pensées et questionnements religieux, Isolde ne faisait guère attention aux individus qui passaient près d’elle. Pourtant, l’un d’entre eux la tira brusquement de ses rêveries. Il ne passait pas inaperçu, son imposante carrure se démarquait du reste des fidèles. L’étudiante se demandait s’il s’agissait d’un démon, ou bien d’un drakyn. Elle pouvait seulement deviner ses traits, l’étranger était bien dissimulé sous ses vêtements et sa capuche lui cachait à moitié le visage. La mage l’observait, il semblait perdu, regardant aux alentours, ne sachant où se placer, ni que faire. Cela amusa la brune, elle n’imaginait pas qu’un colosse comme celui-ci pût paraître gêné. Mais cela l’arrangeait bien, car en scrutant discrètement ce curieux personnage, analysant ses gestes, elle se dit qu’il ne serait peut-être pas trop risqué d’aller l’aborder. Après tout, il avait su piquer sa curiosité. Elle se demandait à présent ce qu’il cherchait au Temple du Shierak, sans doute était-il aussi perdu qu’elle, intéressé par cette croyance ou tout simplement curieux. Dans tous les cas, elle était décidée à aller à sa rencontre.
    La Reikoise marcha d’un pas léger, prenant son temps, observant toujours sa cible. Enfin, elle s’approcha tout près de lui, avec une idée en tête.

    - « Bonjour à vous ! Je n’ai pu m’empêcher de remarquer que vous sembliez perdu. Pardonnez-moi si je me méprends. Et au contraire, si vous cherchez de l’aide, je suis tout à fait disposée à vous guider. » Isolde sourit légèrement, son regard se voulait confiant et bienveillant. « Je suis une cultiste affiliée au Temple et apte à guider tous nos fidèles. » Reprit-elle, mentant honteusement. Mais se faire passer pour une adepte agrégée du Temple, lui permettait de recueillir des informations sur cet être intriguant. « Depuis combien de temps comptez-vous parmi nos fidèles ? » Demanda-t-elle, toujours accompagné d’un rassurant sourire. Puis Isolde lui fit un signe de la main vers l’avant, de manière à déambuler dans les vastes allées du temple, pendant qu’ils conversaient.

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    Entraînée pour l'éternité dans une valse funeste avec la mort, elle dérive entre deux mondes dans une éternelle danse macabre.

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  • Mer 27 Sep - 21:17
    Hétérodoxie
    Ça pour être perdu, Dante l'était. Autant physiquement que spirituellement. Le temple est bien plus grand que tout ce qu'il avait bien pu imaginé et le magnifique édifice n'a sûrement rien à envier à la Haute-Cathédrale de Benedictus, si tant est qu'elle ait survécu à la catastrophe pendant la guerre. Il n'a pas encore eu la chance de se rendre à l'ancienne capitale de Shoumei et ce n'est pas faute d'avoir essayé. La sublime pagode s'étend sur plusieurs étages et est aussi impressionnante de l'extérieur que de l'intérieur, tant que Dante a un peu de mal à se repérer dans cet environnement qui lui est complètement inconnu. L'Oni se sent comme un intrus au milieu des autres croyants, il savait déjà qu'il ne serait pas à sa place en venant ici mais en prendre conscience à ce quelque chose de déchirant. Visiblement égaré, il vagabonde au milieu du grand hall d'entrée et des larges coursives adjacentes qui s'enfoncent encore un peu plus à l'intérieur du bâtiment.

    Pris d'une douleur fulgurante qui remonte le long de son bras gauche, la partie la plus exposée au mal qui le ronge de l'intérieur et qu'il cache honteusement sous ses vêtements. Déposant son épaule contre le mur, une tension foudroyante et excessive de ses muscles l'oblige à momentanément s'arrêter dans sa visite du temple alors qu'il doit lutter pour ne rien laisser paraître autour de lui. Malgré une résistance naturelle à la douleur physique, son affliction a récemment gagné en intensité tant que ça en serait sûrement insupportable pour quelqu'un d'autre et les crises sont de moins en moins espacées dans le temps. En général, elles ne durent que quelques secondes marquées d'une violence inouïe. Voilà plusieurs mois qu'il n'a pas vu Myriem, étant constamment sur les routes et cela a suffi à la maladie pour regagner du terrain, comme si elle se propageait de plus en plus vite. Il refuse de le voir mais Dante commence à cruellement manquer de temps et un jour, il sera obligé de prendre une décision radicale à ce sujet. Pour autant, il persiste à retarder l'inévitable. Alors que la douleur se dissipe enfin, une voix féminine l'interpelle et il met un petit moment à comprendre que c'est bien à lui qu'elle semble s'adresser.

    Dante tourne la tête en direction de la voix et abaisse le menton pour poser les iris sombres de ses yeux sur cette femme qui lui sourit avec bienveillance. Stupéfait de voir cette ravissante jeune femme lui adresser la parole en mettant de côté tous ses préjugés. Bien plus courageuse que n'importe qui d'autre dans ce temple, Isolde ne paye pas de mine à côté de lui. Et pourtant, là où les gens tentent généralement de l'ignorer et de se tenir à l'écart, Isolde n'a pas hésité très longtemps avant de venir à sa rencontre. Curieux de connaître la raison qui l'a poussé à venir vers lui, Dante l'écoute d'abord d'une oreille légèrement distraite. Elle se présente à lui comme une cultiste du temple et il ne peut s'empêcher de se mettre à l'observer très attentivement de la tête aux pieds. Quelques vêtements simples et légers pour recouvrir les parcelles les plus voyantes de sa peau, un châle sombre sur les épaules et un petit voile transparent recouvrant une partie de son visage fin et délicat. Il remarque évidemment sa longue chevelure brune mais surtout la quantité de bijoux qu'Isolde porte de manière ostentatoire et c'est peut-être son goût très prononcé pour l'or qui vient justement trahir sa fausse identité. D'ailleurs, ça ressemble à quoi un cultiste du Shierak ? Ce n'est pas comme si il en avait vu énormément jusqu'à aujourd'hui alors laissons-lui le bénéfice du doute, pour le moment. Ses intentions ne sont pas forcément mauvaises.

    À l'interrogation de la jeune femme, un petit rictus vient étirer les traits du visage de l'Oni, passablement irrité à l'idée qu'on l'associe aussi facilement à un fidèle du Shierak. Pire encore, à un Reikois. Marquant un bref instant de réflexion, c'est d'une voix grave et sèche qu'il vient répondre à Isolde.

    « Je n'en suis pas un. »

    S'ensuivit un petit silence, sa réponse dégageait malgré lui une certaine froideur caractéristique de quelqu'un qui n'est pas très à l'aise avec les interactions sociales. Ceci dit, il n'y avait aucune méchanceté de sa part, bien au contraire. Le regard fuyant comme s'il n'était pas sûr de savoir comment se rattraper, jetant un rapide coup d'œil par-dessus son épaule comme pour s'assurer que personne ne pouvait les entendre. Il finit par reporter toute son attention sur Isolde, reprenant la parole avant que le malaise ne s'installe.

    « C'est la première fois que je viens ici et pour être honnête avec vous, je ne sais pas grand-chose sur le Shierak. Je suis venu parce que j'étais... curieux, d'une certaine manière. Je voulais comprendre mais je ne savais pas vraiment à qui m'adresser. »

    Il souffle bruyamment du nez, l'impression d'être un parfait idiot d'avoir fait tout ce chemin rien que pour venir ici, entouré de ses ennemis. Et pourquoi finalement ? Maintenant qu'il y est, il ne sait même pas vraiment par où commencer. Levant les yeux vers le plafond, visiblement hésitant et s'apprêtant à faire demi-tour.

    « Vous avez raison, je crois que je suis un peu perdu. Pardon, si j'ai pu paraître un peu froid avec vous. Ce n'était pas mon intention. Je m'en voudrais de vous faire perdre votre temps. »

    Pivotant sur ses talons pour amorcer son départ, il s'arrête finalement dans son initiative. Complètement immobile sans émettre le moindre son, Dante se met tout juste à écouter attentivement le silence religieux qui règne dans les couloirs du temple ainsi que la quiétude qui se dégage de cette atmosphère onirique.  Il n'y a pas un bruit, pas même le parquet qui grince. Seulement la paix et la sérénité. Et si c'était ça, qu'il était venu chercher ?

    « Est-ce toujours aussi calme ? C'est reposant. »

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  • Ven 29 Sep - 15:22
    Hétérodoxie
    Feat Dante
    Isolde se sentait observée, scrutée même. Elle avait l’habitude d’être regardée, mais là, c’était comme si son interlocuteur essayait de la percer à jour. Elle n’appréciait pas. Mais la Brune n’en montra rien, elle se contenta de garder son délicieux, bien que faux, sourire. Elle attendait les réponses de l’étranger, qui tardaient un peu trop à son goût. C’était mauvais signe. Peut-être avait-elle sous-estimé le colosse et bien qu’il parût perdu, il n’en était sans doute pas moins hostile. En observant le rictus, qu’elle prit pour mauvais, se dessiner au coin des lèvres de cet individu, elle sut qu’elle avait fait une bêtise. La réponse arriva, elle eut préféré qu’il se soit abstenu. Au lieu de cela, elle se sentit martelée par ce ton sec et cassant. Après tout, même si, certes, elle avait un peu menti… ou plutôt, enjolivé la vérité, ses intentions demeuraient loin d’être mauvaises. Au contraire, l’étranger avait piqué sa curiosité, de manière positive, elle voulait en apprendre davantage sur lui. Mais ce dernier ne se montrait pas très coopératif.

    Il n’était donc pas un fidèle du Shierak, certainement même pas Reikois non plus. Alors, que faisait-il ici. Une petite lueur d’inquiétude apparut soudainement et brièvement dans les prunelles émeraudes, elle disparut aussitôt. Il n’allait rien se passer, au pire, elle s’excuserait puis s’éclipserait, elle n’avait rien fait de mal. Peut-être pouvait-elle utiliser un sortilège de séduction sur lui, pour le faire parler. Même une brute, telle qu’il en avait l’air présentement, pouvait s’adoucir, face au charme ensorcelé de la mage noire. Cependant, elle n’en eut pas besoin pour le moment et balaya donc cette idée. Vu qu’il reprit la parole. Le ton était moins sec, beaucoup moins froid également. Il semblait s’être naturellement adouci et prenait la peine d’expliquer à l’étudiante, les raisons de sa présence ici. Elle se sentait alors soulagée et lui sourit à nouveau.

    - « Eh bien, sachez que vous êtes tombé sur la bonne personne. Vous savez, il y a beaucoup de faux prophètes, de gourous et de personnes malhonnêtes… Le Shierak n’est pas une croyance possédant un cadre strict, ni de limites définies. Ce qui permet une grande liberté de culte, mais aussi une porte ouverte à diverses dérives. » confia-t-elle, regardant elle aussi au-dessus de son épaule et parlant plus bas, pour jouer la carte de la confidence.

    Il y avait bien une raison qui avait poussé l’étranger à venir jusqu’au Temple, il n’avait pas fait tout ce chemin, par simple curiosité. Elle trouvait la raison un peu légère, mais soit, elle ne le questionna pas plus sur le sujet, pour le moment. En revanche, elle était bien décidée à savoir qui il était et d’où il venait.

    - « Oh, pardonnez-moi, je suis Isolde. » Et elle lui tendit sa main, en espérant qu’il lui fasse part, à son tour, de son nom. « Je viens de Kyouji et vous ? » Demanda-t-elle, innocemment, sur le ton de la conversation.

    Le colosse s’excusa d’ailleurs de son départ un peu froid, voilà qui était parfait. Il ne semblait donc pas si mauvais, seulement maladroit et peu à l’aise. Un sentiment de satisfaction envahit alors la jeune femme, elle sentait que leur conversation prenait une meilleure voie. Hélas, elle perçut que l’étranger allait lui fausser compagnie. Voilà qui serait fâcheux, cela la contrarierait. Les interactions sociales pouvaient donner du fil à retordre, à ceux qui ne possédaient pas de grandes facilités d’éloquence et aussi d’empathie. Ce qui était le cas d’Isolde, surtout sur le deuxième point. Enfin, cela dépendait des situations et aussi des individus dont il était question. Son cœur n’était pas totalement hermétique, mais elle avait du mal à compatir et à voir autre chose que son propre intérêt. Elle n’était pas très douée avec autrui, ni altruiste avec son prochain. En revanche, si elle sentait une bonne énergie sur quelqu’un, elle faisait des efforts. C’était le cas présentement, comment elle choisissait qui méritait son attention ou non, elle l’ignorait. Oui, c’était, selon elle, une question d’énergie, d’aura.

    La quiétude du Temple semblait apaiser le colosse, cela la ravissait. Elle eut envie de poser sa main sur celle de son interlocuteur, elle hésita quelques secondes, avant de se lancer. Trois doigts seulement, délicatement posés sur la main du guerrier. Elle accompagna son geste d’une expression légèrement fléchie par la tendresse.

    - « Suivez-moi » Dit-elle simplement, en retirant sa main.

    La Reikoise emprunta un long escalier de marbre, tout au bout de l’allée dans laquelle ils se situaient. Ils gravirent un étage, puis elle se dirigea vers un couloir plus étroit et sombre, ses prunelles émeraudes éclairées par la lueur des torches, triomphant de l’obscurité. L’étudiante avança dans une alcôve, d’ici, ils dominaient la vaste allée centrale et profitaient, dissimulés, d’une vue sur l’intérieur du Temple. Les fidèles marchaient calmement. Certains priaient en silence, d’autres louaient les statues, représentant le Soleil et la Lune.

    « Dites-moi, que souhaitez-vous comprendre, exactement ? » questionna la brune, en s’adossant contre le mur frais de l’alcôve.

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  • Sam 30 Sep - 14:04
    Hétérodoxie
    D'abord surpris par l'initiative d'Isolde d'entâmer la conversation, Dante craignait d'avoir mal réagit et par conséquent, d'avoir effrayer ou repousser la jeune femme. Un caractère froid et renfrogné, une carapace qu'il s'est forgé pour se protéger inconsciemment du monde extérieur. Dante est doué avec une épée, beaucoup moins avec les mots contrairement à son interlocutrice. Isolde semble peser le moindre de ses mots et réfléchir à chacun de ses gestes même les plus anodins. Cette femme dégage quelque chose de spécial, à commencer par un charme incontestable. Un visage jeune et délicat, une longue chevelure noire et des yeux d'un vert envoûtant. En l'observant un peu plus attentivement, il parvient même à remarquer les quelques tâches de rousseurs qui parsèment ses joues. Tant d'atouts qui lui permettent certainement de faire tomber sous son charme n'importe quel homme, ou femme, dont elle souhaiterait s'attirer les faveurs.

    Fort heureusement, la jeune femme n'a pas fui face à son caractère bourru et a même réussi à refaire apparaître un sourire sur son visage. Dante cherchait quelqu'un capable de l'aider à comprendre ou au minimum de le renseigner sur ce temple et la religion prédominante dans ce pays. En ça, la présence d'Isolde est une aubaine pour lui. Qu'elle soit véritablement cultiste ou non, ça lui importe peu finalement. Dans un premier temps, les explications de l'apprenti magicienne lui font hausser un sourcil. Il s'interroge évidemment sur la nature de cette croyance qui, selon les dires de la jeune femme, n'a pas d'encadrement bien défini. Pas de dignitaire officiel chargé de transmettre la parole des Dieux, peut-être n'ont-ils même pas de textes sacrés ? Autant dire que pour un homme comme Dante, qui est né et a grandi dans la foi des Huits ainsi que dans le respect des dogmes du Divinisme, tout ceci est absolument absurde. Dans ce cas, sur quels préceptes reposent le Shierak ? Comment faire perdurer dans le temps une croyance qui ne se base sur rien et qui est continuellement victime des dérives de ses adeptes ? Le Shierak est une hérésie basée sur l'anarchie et pour Dante, l'idée même de cette croyance n'a aucun sens. Ceci dit, c'était crédule de sa part de croire les Reikois capables d'être pertinent dans un autre domaine que celui de la guerre.

    Absorbé par ses pensées, le chevalier errant réagit tardivement à la main tendue de la jeune femme qui se présente officiellement à lui. Avançant sa main gauche, l'Oni se ravise rapidement avant de lui présenter sa main droite, rugueuse et recouverte de cicatrices, avec laquelle il vient calmement serrer la sienne. Un bref contact physique que le cornu écourte de lui-même.

    « Dante. Je suis originaire d'un petit village reclu dans les montagnes. »

    Évidemment, il se garde bien de mentionner quelles montagnes exactement. Pourtant, ce n'est ni un secret ni une honte. Néanmoins, un Shoumeien est souvent associé au Divinisme qui était la religion d'état au sein de la fédération. Il se doute que ce serait sujet à conflit en compagnie d'une Reikoise et d'autant plus au sein du temple dédié au Shierak. Alors, autant éviter les conflits si possible. Il n'a pas non plus envie de trop s'éterniser dans le coin, d'où sa tentative avortée d'écourter sa conversation avec Isolde. Se retrouvant à présent à profiter de la quiétude du Temple dont se dégage un parfum apaisant, se surprenant même à fermer les yeux pendant quelques instants. Ce sentiment de piété, ce besoin de se retrouver avec soi-même ne lui est pas du tout inconnu même si les Dieux qui sont vénérés dans cette pagode ne sont pas les siens. C'est Isolde qui extirpe Dante de ses songes, regagnant l'attention de l'Oni lorsqu'elle fait sentir à nouveau le contact de ses doigts sur sa main. Elle l'invite à venir avec elle, lui offrant une autre alternative qu'un départ précipité.

    Hésitant, il finit par souffler du nez en emboitant le pas derrière la jeune femme. Même s'il se demande toujours pourquoi est-ce qu'elle l'a abordé un peu plus tôt, Isolde ne semble pas avoir de mauvaises intentions. Gentille et avenante, elle n'a encore rien fait de compromettant à son égard, bien au contraire. Il se décide donc à la suivre à travers les couloirs et passages méconnus du temple. Un long couloir puis un escalier, un corridor pour finir. Ils débouchent finalement dans un endroit plus calme à l'étage, les passages sont beaucoup moins fréquents et une alcôve leur offre une vue imprenable sur le hall principal du sanctuaire religieux. Il note que si la jeune femme a fait tout ça pour l'amener dans un endroit discret et à l'écart, ce n'est certainement pas sans raison. Dante s'approche calmement du bord, ses iris sombres posées fixement sur la marée humaine en contrebas, tous vaquant à des occupations diverses et variées. La dernière interrogation de l'étudiante restera un moment sans réponse, l'Oni marquant un silence pour réfléchir et mettre de l'ordre dans ses idées.

    « Je ne comprends pas. Pourquoi priez-vous des choses aussi futiles et sans intérêts ? Qu'est-ce que le Shierak a de si attrayant pour vous ? Qu'est-ce qui le différencie des autres religions ? Comment une quelconque croyance peut-elle perdurer sans fondements solides ? Sans textes ? Sans porte-paroles ? »

    Les interrogations sont nombreuses, trop pour toutes les exprimées à haute voix. Même s'il y a une pointe d'aigreur dans sa voix, Dante est véritablement curieux. Il veut comprendre pourquoi le Shierak a autant d'importance au sein de l'Empire actuel.

    « Vous avez dit que les dérives étaient nombreuses au sein de votre culte. Comment savoir qui détient la vérité ? Vous prétendez être la bonne personne pour me guider. Vous pensez savoir ce qui est vrai et ce qui est faux mais peut-être que vos connaissances sont tout autant erronées. Comment savoir si vous dîtes vrai ? »

    Le regard inquisiteur, Dante finit par se retourner en déposant ses deux yeux perçants sur Isolde. Deux pupilles obsidiennes en opposition avec les pupilles émeraudes de l'étudiante. L'Oni s'approche lentement de la jeune femme, faisant quelques pas vers elle et plissant les yeux dans sa direction. Cherchant à démêler le vrai du faux dans cette histoire sans pour autant montrer une quelconque animosité.

    « Que me voulez-vous réellement, Isolde ? »

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  • Lun 2 Oct - 14:51
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    Feat Dante
    Isolde remarqua que le guerrier ne répondit pas à ses paroles concernant la liberté de culte du Shierak. Elle pensait que les potentielles dérives, liées à ladite liberté, allaient contribuer à faire s’interroger son interlocuteur. Peut-être le ferait-il plus tard. En attendant, celui-ci semblait une nouvelle fois perdu dans ses pensées. Elle le regardait, un très léger sourire au coin des lèvres. Elle trouvait appréciable le fait qu’un fier guerrier, tel qu’il semblait l’être, pût être aussi réfléchi et méditatif. Si bien qu’il tarda également à saisir la poignée de main tendue par Isolde. L’étudiante fut surprise de son hésitation, pourquoi changea-t-il de main au dernier moment, étrange. Enfin, ce n’était pas si grave. Elle ne fut pas surprise de sentir la main sèche, rude et balafrée du guerrier. En effet, le contraire l’aurait plutôt étonnée, si un combattant possédait des mains aussi douces et délicates que pouvaient l’être les siennes.

    - « Dante. Tout à fait ravissant. » Dit-elle, sincèrement.

    Elle trouvait effectivement le prénom joli, quelque chose de mystérieux émanait de celui-ci, d’indomptable, elle appréciait. Il affirmait venir des montagnes, très bien, mais lesquelles ? Dante restait très évasif sur la question, par choix certainement. Mais la jeune femme ferait en sorte de le questionner davantage plus tard. Elle n’était pas du genre à s’épuiser aussi vite. Le guerrier paraissait peu éloquent, mais elle en avait fait parler des plus timorés.

    Alors que les deux nouveaux partenaires s’installaient dans cette délicieuse alcôve, Isolde recueillit attentivement la réponse à sa question concernant les interrogations du guerrier. Et elles semblaient nombreuses ! Une pléthore de questions tomba sur la mage, cette dernière les accueillit avec complaisance. Après tout, elle avait désiré cette conversation spirituelle, autant rester magnanime.

    - « Je n’emploierais pas le mot futile, pour désigner une croyance, peu importe d’où elle provient. Tant qu’elle a le pouvoir d’apporter de la joie, et mieux, de l’espoir dans le cœur des personnes. Une foi provient d’un lieu, d’un groupe d’individus, d’une culture… Un héritage ancestral, que chaque être se doit de respecter. » répondit-elle, pour commencer, sur un ton posé et calme. Sa voix ne possédait rien d’agressif ni écrasant. Au contraire, Isolde restait ouverte à l’échange. « Personnellement, je suis Reikoise, c’est mon héritage, la religion de mes parents. Par respect, c’est tout naturellement que j’ai choisi cette voie. Après, je me questionne et m’interroge sur ma foi, comme tout croyant devrait le faire. Il est sage de se questionner sans cesse dans la religion. » Reprit-elle, laissant le soin à Dante de considérer ses paroles. « Comprenez bien, mon cher Dante, que je ne prétends pas détenir la vérité. Je me permets simplement de vous accompagner en ce lieu, avec mon esprit attaché au Shierak. Mais je reste libre de penser, libre d’appréhender ma foi, comme je l’entends. Contrairement à vous, peut-être, qui avez besoin d’écritures et de prêtres, afin de pouvoir exercer votre foi. »

    Elle ne désirait pas le piquer, avec cette dernière phrase. Seulement, il avait émis des doutes quant au principe du Shierak, qui reposait sur le fait d’être une croyance libre, avec une pratique de la religion très personnelle. Ce qui, d’après les dires de Dante, serait à l’opposé de sa propre croyance. D’où ses interrogations et ses doutes. Elle désirait savoir ce qu’il se trouvait au fond de l’âme de Dante, le guerrier semblait détenir tant de secrets. Ce dernier se retourna vers elle, elle sentit son regard d’obsidienne se poser sur elle. Elle ne pouvait dissimuler une certaine émotion la parcourir, les prunelles sombres du colosse ne la laissaient pas indifférente. Elle souhaitait le percer à jour, tout comme lui, tentait de le faire sur elle à cet instant. Elle le laissa alors, doucement, avancer vers elle, se rapprocher de quelques pas. Isolde ne bougeait pas, elle restait adossée contre ce mur glacial, soutenant le regard du combattant. Puis, elle sourit audacieusement à sa question.

    - « Rassurez-vous, Dante, je ne vous veux rien de mal. Vous n’avez rien à craindre de moi. » Répondit-elle, d’une voix douce. Évidemment, elle se doutait qu’elle ne l’effrayait pas. Du moins, pas physiquement, lui qui pouvait très facilement l’écraser sous ses mains. Néanmoins, Dante ne semblait pas à l’aise ni très aguerri lorsqu’il s’agissait des rapports entre les individus, du pouvoir des mots et des gestes. Isolde, elle, calculait absolument tout ce qu’elle disait. Elle demeurait habile et manipulatrice. Elle ne savait pas encore exactement ce qu’elle désirait obtenir du guerrier. Pour autant, elle voulait continuer leur échange, le garder encore un instant près d’elle et peut-être, atteindre son âme. « Êtes-vous toujours aussi méfiant ? » Conclut-elle, une expression taquine s’esquissant sur son visage.  

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  • Mer 4 Oct - 16:51
    Hétérodoxie
    Perplexe face aux réponses d'Isolde, le Shierak est bien trop éloigné du Divinisme pour que cela fasse écho dans l'esprit de Dante. Esseulé dans la vie, Dante a ironiquement besoin qu'on le prenne par la main pour lui montrer la bonne démarche à suivre. Le fait est qu'il serait perdu au sein du croyance "libre" comme le Shierak. Sa propre croyance est un pilier de son existence, une partie intégrante de l'homme mais aussi du guerrier. Difficile de faire chavirer des fondations et des convictions aussi bien ancrés depuis sa tendre enfance, convaincu que sa foi envers les Huits le guide sur le droit chemin au détriment d'une ouverture d'esprit dont il aurait bien besoin. Pourtant, ouvert il l'est. À la conversation, notamment. C'est déjà un bon début. Malgré leurs divergences d'opinions, son échange avec Isolde n'a rien de déplaisant, bien au contraire. Un échange constructif est toujours très instructif. Grand solitaire et souvent sur les routes, il n'a pas souvent l'occasion de converser sur le thème de la religion et encore moins avec quelqu'un qui prône une croyance différente de la sienne. Isolde une partenaire talentueuse qui manie les mots avec aisance – qui l'aurait cru de la part d'une Reikoise – ses réponses sont une eau limpide qui coule sur la roche.

    Elle ne semble pas médisante à son égard, plutôt bienveillante et justement, la jeune femme parvient à inciter l'Oni à la réflexion. Il la rejoint sur le fait que tout bon croyant et peu importe sa religion, devrait pouvoir se questionner sur sa foi et ses préceptes afin de favoriser son introspection et stimuler son libre arbitre. Tout comme Isolde, sa foi lui vient de ses parents et de l'héritage qu'ils lui ont légué. En tant que Shoumeien, cette voie s'est offerte à lui et il l'a choisi en son âme et conscience ce qui ne l'empêche pas d'avoir un esprit critique sur certains aspects propre au Divinisme. La pique d'Isolde, même si ce n'était pas forcément son attention, titille gentiment l'Oni sans pour autant s'en formaliser pour si peu. En réalité, il est ravi d'avoir trouver quelqu'un avec qui échanger aussi promptement et sans émettre le moindre jugement. En ça, Isolde est bien plus respectueuse que lui.

    « La foi est un vaste domaine. Tout comme vous, je suis libre de penser et de m'interroger sur les questions existentielles de notre monde. En revanche, je n'ai pas la prétention d'en connaître tous les préceptes sur le bout des doigts, ni même l'arrogance de penser que je peux interpréter les paroles des Dieux eux-mêmes. »

    Dante s'interroge sur le Shierak mais se surprend aussi à s'intéresser plus personnellement à Isolde. Cette femme a quelque chose d'intriguant, une aura particulière dans sa façon d'être ou plutôt de paraître. Elle a abordé Dante de sa propre volonté, quand les autres cherchaient plutôt à l'éviter. Elle ne semble pas non plus le juger dans cet instant d'errance spirituel, là où il est habitué aux commérages envers sa personne. Etrangement loquace, l'Oni poursuit sur sa lancée.

    « Les textes sacrés permettent d'édifier et de construire la foi de ses lecteurs. Ils apportent l'ordre. Les adeptes les plus vertueux consacrent parfois leur vie entière à l'étude de ces écrits afin de pouvoir guider, conseiller et convertir les âmes perdues en quête de sens grâce à leurs enseignements. Ce sont des piliers indispensables qui font partie intégrante d'un ensemble, de tout ce qui constitue une croyance. Ai-je besoin de tout ceci au quotidien ? Pas nécessairement. Je suis parfaitement capable de pratiquer par moi-même, conscient que je ne suis qu'un rouage dans un mécanisme bien plus complexe. »

    La jeune femme ne semble pas effrayée quand Dante s'approche d'elle, pourtant l'Oni n'a rien de rassurant aux premiers abords. Dante ne parvient pas à percer le mystérieux voile qui s'étend tout autour d'Isolde, incapable de comprendre ce qu'elle lui veut vraiment puisqu'elle même refuse de lui apporter une réponse claire à ce sujet. Néanmoins, il comprend que selon les dires d'Isolde, le Shierak n'a pas d'équivalent à tous ces préceptes fondamentaux du Divinisme. Ce qui renforce encore un peu plus son incompréhension mais nourissant également une certaine forme d'intérêt naissant pour la croyance de la jeune femme qui l'accompagne.

    « Si tout le monde à sa propre façon d'appréhender le Shierak, n'importe quel criminel peut commettre des actes répréhensibles sous le prétexte que c'est en accord avec sa vision de la religion ? Entre de mauvaises mains, la foi peut aussi être un outil de manipulation redoutable. Dans le cas d'une croyance libre, j'imagine que les sectes et dérives sont courantes. Que prône exactement votre croyance à l'origine ? Que disent vos... "Dieux" ? »

    Il se détourne d'Isolde en pivotant à nouveau sur ses talons au moment où l'étudiante se met à lui sourire de manière plus prononcée. Pas qu'il soit effrayé par Isolde mais la Reikoise a une certaine assurance dans l'attitude assez déconcertante contrairement à ce dont il est accoutumé. Elle semble particulièrement apprécier le moment comme si tout ceci n'était qu'un jeu pour elle. Est-ce le cas ? Dante n'est pas un phénomène de foire ni l'attraction privée d'une petite noble de l'Empire. Isolde ferait bien de ne pas croire le contraire. Par ailleurs, sa dernière interrogation ne trouvera pas de réponse. Finalement, l'Oni vient calmement s'installer sur un petit divan présent dans leur alcôve aménagée avec le strict minimum. De quoi s'asseoir, se reposer et prier. Se décidant à prolonger son échange avec Isolde et peut-être, son séjour sur ces terres. D'un petit geste de la main, il invite la jeune femme à le rejoindre.

    « Vous m'avez dit que c'est l'héritage de vos parents. Que vous ont-ils appris ? Comment pratiquez-vous dans votre famille ? »

    Dante est curieux évidemment et il ne le cache pas même si pour le moment, il a surtout l'impression de s'enfoncer encore un peu plus dans la confusion et l'incompréhension. Il tente de garder son esprit ouvert, écoutant Isolde et essayant de comprendre. Il fait véritablement l'effort mais c'est loin d'être facile.

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  • Ven 6 Oct - 14:49
    Hétérodoxie
    Feat Dante
    Dante évoquait les Dieux, Isolde continuait de dissiper le brouillard que voulait semer Dante sur son origine. Il venait des montagnes, il n’était ni Reikois ni fidèle du Shierak, il paraissait vénérer des Dieux. Sa religion possédait des textes sacrés, des prêtres… Il ne comprenait rien au culte du Soleil et de la Lune. Effectivement, tout commençait à s’éclaircir. Il ne pouvait être qu’un diviniste. La Brune n’avait pas le souvenir d’avoir déjà autant conversé avec l’un d’entre eux. Voilà qui expliquait le mystère qui entourait ce nouveau partenaire, avec lequel elle échangeait délicieusement. Cela ne la choquait pas de le percevoir, ni ne la décevait. Elle demeurait curieuse, même davantage. Elle se posait tant de questions sur ceux qui vénéraient les anciens Dieux. Enfin, anciens ou pas, la jeune femme ne savait pas comment les définir. Les titans, beaucoup les percevaient comme des êtres répugnants qu’il fallait anéantir. Eux qui causaient tant de malheur et de souffrance sur le Sekai. Comment d’autres individus pouvaient les vénérer et pourquoi, quels étaient leurs buts… L’étudiante ignorait énormément de choses au sujet des titans, elle aurait voulu poser à Dante toutes ses questions. Mais ce n’était pas une bonne idée, du moins pas maintenant. Déjà, elle n’était pas complètement certaine qu’il soit un diviniste, même si beaucoup de détails penchaient vers cette hypothèse. De plus, peut-être que cela ferait drastiquement changer le comportement du colosse envers elle. Il pouvait se montrer plus féroce, moins disposé à échanger. Elle patienta alors pour le moment, attendant la suite de leur conversation.

    Isolde hocha la tête aux paroles de son interlocuteur, elle restait pensive, l’écoutant attentivement, cherchant à démêler ses propos et en trouver un potentiel sens caché. Les explications qu’il fournissait au sujet des textes sacrés se trouvaient pertinentes. Elle comprenait le sens de ces écrits et le pouvoir qu’ils pouvaient avoir sur les croyants. Pour autant, la jeune Malkyn était convaincue que ce n’était pas un pilier sur lequel forcément se reposer et que d’autres voies étaient envisageables, qui ne nécessitaient aucun écrit. Néanmoins, elle trouvait les paroles de Dante sensées et intéressantes. Elle n’avait rien besoin d’ajouter à cela.
    Par ailleurs, les nouvelles interrogations de son partenaire suscitèrent une réaction chez la brune, elle dirigea de nouveau ses prunelles émeraudes vers lui, pour lui répondre.

    - « Vous avez raison, Dante. La liberté du Shierak est effectivement sensible à ce type de dérives. Vu que chaque fidèle appréhende sa foi comme il l’entend, il l’exerce avec son propre code moral et tout ce que cela implique. Je ne crois pas à une punition divine. En revanche, il y a des lois et une justice, pour tout individu, qu’il soit partisan du Shierak ou non. Les crimes ne sont pas une affaire de religion, si la personne est mauvaise, elle peut bien trouver n’importe quel prétexte. » Elle marqua une pause. « Il en est de même pour les divinistes, par exemple. Après tout, chaque croyance possède son lot de fanatisme. » se risqua-t-elle, tentant de faire réagir Dante.

    Il fallait évidemment un certain fanatisme pour vénérer des créatures comme les Titans, capables de réduire à néant tout le Sekai. Enfin, encore une fois, tout cela semblait flou. Isolde ne se positionnait pas réellement en contre. Elle demandait de comprendre, que voulaient les titans, que cherchaient leurs partisans également.

    - « Ce ne sont pas des Dieux au sens propre, ma croyance apparaît très allégorique, d’un point de vue extérieur. Le Soleil, la Lune, les Étoiles sont des guides au quotidien. Ils permettent au Sekai de prospérer, que chaque cycle perdure dans le temps. Je crois simplement à la magie qui entoure notre monde, l’équilibre entre la vie et la mort, la lumière et le néant. Je rends grâce au Soleil de m’offrir la vie, à la Lune d’éclairer mes nuits et protéger mon âme et aux Étoiles d’être les dernières lueurs de mes ancêtres, pour me souvenir et avancer. »

    Isolde apparaissait rarement aussi vraie, naturelle et sans faux-semblants. Elle parlait avec son âme, ses mots en sortaient sensés et purs. Elle exposait à Dante sa vision de la vie à cet instant, du cycle naturel des choses, de l’existence. Et elle n’avait besoin de rien d’autre. L’échange demeurait plaisant et courtois.  

    Dante ne répondit pas à sa petite provocation, ce qui l’amusa à nouveau. Elle se retient cependant de hausser les épaules. La brune réagit au signe de la main effectué par Dante à son adresse, il l’invitait à le rejoindre. Elle s’exécuta. Isolde s’avança gracieusement, d’un pas léger, puis vint s’asseoir sur le divan aménagé de l’alcôve, près du colosse. Elle s’installa instinctivement à genoux, les jambes repliées. Elle replaça sa longue chevelure vers l’arrière puis prit le soin d’ôter le voile noir et fin qui ornait le bas de son visage. Elle le glissa doucement dans sa sacoche, avant de reporter son attention sur Dante. Ce dernier évoqua la famille de la jeune Malkyn, ce qui la surprit sur le moment. Toutefois, elle lui répondit sans tarder.

    - « Mes parents ne sont pas de fervents pratiquants. J’ai fait cette démarche de mon propre chef, de devenir cultiste. » évidemment, il ne fallait pas oublier ce petit mensonge. « Ma pratique est très simple, je me recueille en ce Temple et je loue les Astres. Ce lieu sait apaiser les doutes de mon esprit et les peines de mon cœur. Le silence, le recueillement, voilà tout ce dont j’ai besoin. » ajouta-t-elle, l’observant toujours calmement. Puis, elle se rapprocha légèrement « Je ne crains pas de me livrer à vous, je suis sûre que partout ailleurs, nous n’aurions pas eu ce genre de discussion, peut-être vous ne vous seriez même pas arrêté sur ma personne. Pourtant, nous sommes ici, dans ce trésor préservé au milieu du désert, comme si le temps et l’espace étaient suspendus. Livrez-vous à moi, parlez-moi de votre propre spiritualité. Vous devez sentir que je n’émettrai aucun jugement. » osa-t-elle, une lueur étincelante dans ses prunelles émeraudes.

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  • Lun 9 Oct - 19:17
    Hétérodoxie
    Aucune religion n'est immunisée contre les dérives religieuses et la vérité étant que les textes religieux ne sont en rien une garantie contre l'esprit pervers des mortels. Certes, une religion libre comme le Shierak dont le fonctionnement se base selon l'appréhension de chaque fidèle est, par définition, bien plus vulnérable aux dérives morales. En revanche, le fanatisme est une maladie de l'esprit qui n'épargne personne, qui n'a pas de frontière ni de symptômes clairs et définis. Dans ce cas, la question est de savoir où se trouve exactement la limite à ne surtout pas franchir entre la dévotion et l'intolérance ? Cette interrogation est absolument primordiale pour n'importe quel croyant et la réponse est propre à chacun. Dante se questionne énormément. Sur lui-même mais aussi sur les autres. Il est parfaitement conscient que le Divinisme est également sensible à certaines dérives pour l'avoir vu de ses propres yeux. Finalement, les paroles et les actes des Dieux peuvent être perçus de différentes manières selon les individus et qui peut prétendre détenir la vérité absolue si ce n'est les Dieux eux-mêmes ? Et puis, un diviniste est mal placé pour juger des dérives des autres alors que la foi des Huits est régulièrement en proie au changement surtout depuis la guerre.

    Dante comprend les vertus qu'offre une croyance libre ainsi que l'attractivité qu'elle peut avoir pour certains croyants. Le Shierak offre une alternative pertinente à ceux qui souhaitent croire sans se sentir contraint ni oppressé par des textes, des lois et des préceptes. En revanche, il n'est pas sûr de tout à fait comprendre comment une religion peut tenir et perdurer sans fondements solides préétablis, ni comment on peut remettre son destin à des entités aussi abstraites que les étoiles. Peut-être n'est-il pas assez ouvert d'esprit mais cela lui semble tout bonnement aberrant. Lorsqu'Isolde mentionne habilement les divinistes comme tout aussi susceptible de succomber au fanatisme, l'air de rien au détour de la conversation, l'Oni observe fixement et calmement la jeune femme sans avoir une autre réaction que celle-ci, au risque de la décevoir. Premièrement, parce qu'il partage son avis. Deuxièmement, parce qu'il a compris qu'Isolde est au courant. Son commentaire est tout sauf anodin. Il sait qu'elle sait, pour lui et sa croyance. Était-ce vraiment un secret ? Oui et non. Il en a dit beaucoup trop pour son bien et par conséquent, il s'est trahi tout seul. Peut-être aurait-il été préférable de ne pas s'exposer autant. Dante n'est pas très bon pour mentir ni pour tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir.

    Dante ne peut s'empêcher de faire constamment la comparaison, essayant de s'ouvrir aux paroles d'Isolde et de comprendre ce qui la pousse sur cette voie plutôt qu'une autre. L'existence des Dieux selon le Divinisme est factuel, les Titans sont réels et leur histoire en tant que créateur du monde est indéniable. Alors il ne peut s'empêcher de bruyamment souffler du nez quand Isolde a le cran de prétendre que dans le Shierak, ce sont le Soleil, la Lune et les Etoiles qui ont le rôle de préserver le monde et de guider les fidèles dans leur spiritualité. Quelle idée saugrenue, comment des gens peuvent croire à tout ça ? Plus c'est gros plus ça passe comme on dit. Finalement, le Shierak ne serait-il pas une dérive sectaire depuis le départ ? Une arme dans les mains du gouvernement Reikois afin de convertir les masses en s'assurant leurs fidélités à une cause commune, faire de l'ombre aux divinistes et concurrencer les véritables Dieux créateurs ? Depuis quelque temps, le couple royal a tous les signes du syndrôme d'une mégalomanie maladive. Les Reikois ont-ils tous oublié que l'Empereur est un meurtrier de masse qui a tué un bon nombre de leurs parents avant de s'emparer du trône ? Et le Sekai se demande pourquoi les Titans cherchent à rétablir l'ordre. Trop longtemps les mortels ont quitté le droit chemin mais c'est tellement plus simple que de rejeter la faute sur les véritables libérateurs.

    Même s'il ne partage pas l'avis de son interlocutrice, il ne se permettra pas de lui manquer de respect pour ses croyances ou sa façon bien à elle d'appréhender le monde et de voir les choses. Impassible ou presque, les yeux rivés sur Isolde qui se décide à le rejoindre sur l'assise prévue à cet effet. Il observe attentivement chacun de ses mouvements jusqu'à ce qu'elle retire le voile transparent qui tentait de cacher une partie de son visage. Il dévie son regard sur la petite sacoche que la porte la femme avant d'écouter la suite de la conversation avec toujours autant d'attention. Isolde est une femme audacieuse, bien plus qu'il ne saurait l'être en retour. Tenace, elle ne lâche pas l'affaire aussi facilement et semble s'être prise, d'une certaine façon, d'affection pour Dante même s'il ne s'explique toujours pas la raison. Cet Oni est d'une nature méfiante et lui faudra plus qu'un beau sourire et quelques paroles avenantes pour lui faire baisser sa garde. Isolde souhaite qu'il se livre à elle et même en admettant qu'il en aurait envie, il ne saurait pas par où commencer.

    « Que voulez-vous savoir exactement ? »

    Légèrement déconcerté par cette distance que la jeune femme s'évertue à réduire au fur et à mesure de leur rencontre, le chevalier errant lève son bras qu'il glisse dans son dos à lui afin de se saisir de l'étrange objet drappé dans un tissu blanc qu'il trimballe avec lui partout où il va. Retirant la bandoulière, il s'offre un moment de réflexion pendant qu'il dépose son mystérieux artefact contre un mur juste à côté de lui et toujours à portée de main.

    « D'accord. Parlez-moi de vous et je vous parlerai de moi en retour. Avant ça, mettons en place quelques règles. »

    Dante finit par se tourner en direction de la jeune femme, captant à nouveau son regard d'émeraude et s'enfonçant à son aise dans le coussin de son assise. Puisqu'Isolde est d'humeur joueuse, alors allons-y jusqu'au bout.

    « Chacun notre tour, nous posons une question à l'autre. Sur n'importe quel sujet, personnel ou non. Vous avez le droit de ne pas répondre à une question mais vous devez en exprimer la raison de vive voix. Et si vous choisissez de répondre, alors vous devez être le plus honnête possible. Vous n'oseriez quand même pas mentir dans ce temple, en présence de vos Dieux ? »

    Il marque un point. Enfin, il sous-estime sans aucun doute les capacités d'Isolde à mentir et à manipuler à sa guise mais c'est un détail.

    « Est-ce que cela vous convient, Isolde ? Puisque j'en ai eu l'idée, je commence. Vous avez dit que vos parents ne sont pas de fervents pratiquants. Pourquoi avoir fait le choix de devenir cultiste, qu'est-ce qui vous a poussé sur le chemin de la piété ? »

    Commençons assez soft. Concrètement, il demande à Isolde de s'enfoncer encore un peu plus dans son propre mensonge et ce n'est pas vraiment un hasard. Il a bien l'intention de démêler le vrai du faux dans les paroles de la jeune femme.

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  • Mer 11 Oct - 12:46
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    Feat Dante
    Encore aucune réaction de la part de Dante, la mage était contrariée à présent, même si elle s’efforçait de ne pas le montrer. Elle appréciait lancer des petites piques aux gens, mais elle aimait d’autant plus lorsque ceux-ci couraient dedans. Et là, ce ne fut pas le cas, une nouvelle fois. Il s’en moquait éperdument des petites attaques de la brune, ou restait-il volontairement en retrait dans ce jeu qu’elle avait instauré. Enfin, elle prenait cela pour un aveu, Dante était un diviniste, elle en était presque convaincue à présent.
    En revanche, elle ne manqua pas de relever son soufflement de nez, pour cela, il semblait assez doué, vu que ce n’était pas la première fois qu’elle le voyait à l’œuvre. Tout ce qu’elle lui disait sur le Shierak devait lui sembler totalement saugrenu. Isolde savait de toute façon, qu’elle ne paraissait pas bien douée pour être une cultiste du Shierak. Elle ne s’abreuvait pas de tous les préceptes de la religion et ne priait pas avec grande assiduité. Elle n’était pas d’une immense piété non plus. La brune comprenait d’ailleurs les sentiments d’une personne, comme son interlocuteur, vis-à-vis de la religion. Peut-être que leur attache forte, leurs livres sacrés et tout le reste contribuaient à renforcer leur foi et leur offrir une accointance solide avec celle-ci.

    Dante restait silencieux, pendant un moment, observant les gestes délicats de la mage, elle aurait apprécié lire dans ses pensées, savoir ce qu’il imaginait, ce à quoi il réfléchissait. Il semblait avoir beaucoup de mal à parler de lui-même. Isolde également, au final, vu qu’elle utilisait la ruse et le mensonge, elle ne se livrait donc pas complètement non plus. Elle voulait savoir beaucoup de choses et de toute évidence, il allait falloir lui tirer les vers du nez.

    Isolde ne répondit pas tout de suite à la première interrogation de Dante, se laissant également le temps de la réflexion. Aussi, elle prenait à son tour le soin d’observer ses gestes. Lorsqu’il ôta la masse qu’il avait dans le dos, afin de la déposer au sol, Isolde se demanda bien ce que cela pouvait être. Pendant ce temps, Dante reprit la parole, lui exposant les règles de son nouveau jeu. Les prunelles de la mage étincelèrent à nouveau, elle appréciait évidemment jouer. De plus, elle apparaissait absolument ravie que Dante en fût à l’origine. Il tenta de la prendre au piège, évoquant le lieu sacré dans lequel les deux protagonistes se trouvaient. Cela ne l’avait pas empêché de mentir jusqu’à maintenant, pourquoi s’en priverait-elle à nouveau. Peut-être que Dante soupçonnait quelque chose, elle ne semblait pas idéale dans son rôle de cultiste affiliée au Temple ? À tout bien réfléchir, non, évidemment que non. Sans doute attendait-il plus d’honnêteté de la part d’Isolde. Mais allait-elle être capable d’accepter les règles du jeu, sans tricher, sans mentir. Elle se contenta de hocher la tête en signe d’acceptation et laissa Dante débuter avec sa première question. Lorsque la question tomba, Isolde ne put réprimer un sourire. C’était certain maintenant, il se doutait parfaitement qu’elle avait exagéré la situation et cherchait à creuser.

    - « Bon, très bien Dante, vous m’avez démasquée ! » dit-elle, en levant les bras, dans une action théâtrale, volontairement exagérée. « Je ne suis pas une cultiste, je ne suis qu’une apprentie. Si je vous avais dit cela dès le début, vous ne m’auriez même pas accordé un petit peu de votre temps. » reprit-elle, en baissant doucement le regard. Elle ne disait pas encore toute la vérité, mais il y avait du mieux ! Elle arpentait le chemin de la rédemption. Ou, elle gagnait simplement du temps, se disant qu’une faute à demi avouée était déjà à moitié pardonnée. « Je voulais que vous me preniez au sérieux, me pardonnez-vous ? » Demanda-t-elle, en relevant de nouveau la tête vers lui, dans une expression douce. Un visage d’ange qui donnait toutes les raisons du monde d’être pardonné !

    Ainsi, elle ne s’enfonçait pas dans son mensonge, s’apprêtant à poser sa première question à son tour. Il fallait bien réfléchir, qu’est-ce qu’elle voulait savoir en premier. Des choses sur les Titans, elle n’allait pas seulement lui demander s’il était bien diviniste, elle s’en doutait déjà. Jusqu’où allait son culte, passait-il pour un fanatique, souhaitait-il l’éradication de toutes les personnes qu’il considérait comme des hérétiques, Isolde y compris…

    - « Qu’est-ce que vous désirez le plus au monde, Dante ? » Questionna Isolde. La question ne semblait pas évidente. Toutefois, s’il se montrait réellement sincère, elle pouvait délivrer bon nombre de secrets sur la vie de Dante, ses objectifs, son état d’esprit. La mage ne détourna pas son regard tout de suite, de manière à déceler l’attitude du colosse face à cette interrogation. Après cela effectué, Isolde ne put s’empêcher de reporter à nouveau son attention sur l’objet intriguant que Dante avait posé au sol. L’étudiante se leva alors subitement et se dirigea vers son but.

    - « Quelle est cette chose étrange que vous transportez ? » Dit-elle innocemment, en essayant de soulever le tissu qui le recouvrait.

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  • Jeu 12 Oct - 17:48
    Hétérodoxie
    Contre toute attente, Dante n'a eu aucun mal à obtenir des aveux de la part d'Isolde. Enfin, elle ne dit toujours pas totalement la vérité mais il y a du mieux et c'est déjà ça de pris. Il s'en doutait déjà mais le petit sourire de l'étudiante sonne comme une confession à ses yeux. Il apprend qu'Isolde n'est pas vraiment une cultiste comme elle le prétendait mais plutôt une simple apprentie. En admettant que ce soit vrai cette fois, quelle honte avait-elle à dire la vérité en la déformant de la sorte ? Pourquoi l'aurait-il ignoré ? Dante n'est pas si mesquin. La tête légèrement penchée sur le côté, l'Oni s'interroge encore et toujours sur les intentions et les motivations de cette femme qui semble beaucoup se plaire à jouir de ce voile de mystère qui enveloppe son être. Après avoir mimé la déception, la jeune femme finit par relever la tête dans sa direction, essayant de l'amadouer avec un beau sourire.

    « Vous prendre au sérieux ? Vous sous-estimez grandement vos charmes, Isolde. Vous n'avez pas besoin de mentir pour attirer mon attention. »

    Est-ce... un compliment ? C'est assez subtil, habilement glissé l'air de rien, mais ça y ressemble. En revanche, il ne faut pas s'attendre à beaucoup plus explicite de sa part. Isolde a donc répondu à sa question. Est-il convaincu par sa réponse ? Peut-être pas totalement mais en réalité, ça ne l'intéresse pas tant que ça de savoir si Isolde est véritablement une cultiste ou non. Il n'a pas spécialement de raison de lui en vouloir pour son petit mensonge, il n'y a pas mort d'homme. De plus, ils ne se connaissent pas et elle ne lui doit rien. Il espère simplement qu'à présent, ayant accepté de participer à son petit jeu, elle sera un peu plus honnête avec lui. La suite nous le dira. Ses deux iris obsidiens rivés sur la silhouette de la mage noire, Dante patiente car c'est maintenant à Isolde de l'interroger sur le sujet qu'elle souhaite. La jeune femme réfléchit pendant un moment, l'air hésitante avant d'enfin briser le silence.

    En plus d'être surprenante, la question d'Isolde n'est effectivement pas si évidente que ça. Surtout dans le cas de Dante, chevalier errant à travers le continent sans véritable but. Il a bien des objectifs et des aspirations. Malgré tout, donner une réponse satisfaisante à Isolde n'est pas si simple que ça. Dante est songeur car la question de la Reikoise est particulièrement pertinente. Que désire-t-il vraiment ? Dans la vie mais également en se rendant ici aujourd'hui, au Temple du Soleil et de la Lune ? Que cherche-t-il à découvrir en quittant ses lointaines montagnes de Shoumei pour s'ouvrir un peu plus au monde qui l'entoure ? Qu'est-ce qu'il attend vraiment de cette conversation avec Isolde ? Mué dans une intense réflexion et sans avoir le temps de formuler une quelconque réponse, Dante est extirpé de ses pensées quand Isolde passe tout près de lui. Visiblement curieuse de savoir ce qu'il transporte dans ce drap blanc et l'interrogeant même à ce sujet.

    Sans violence ni volonté de nuire, la main de l'Oni vient se saisir du poignet de la mage noire, simplement par volonté de l'arrêter dans son initiative et avant qu'il ne soit trop tard.

    « Attention Isolde, vous trichez. Nous étions d'accord pour poser une question chacun notre tour. Vous m'en avez posé deux. Voyons, rien ne presse. »

    Relâchant aussitôt son emprise sur la Reikoise sans aucune volonté de lui faire du mal. Jugeant lui-même de la réaction d'Isolde, en espérant ne pas l'avoir effrayé même s'il lui en faut sûrement bien plus. Par ailleurs et l'espace d'un instant, on aurait juré voir un petit sourire fugace sur les lèvres de l'Oni, passablement amusé par la situation. Reste qu'avec tout ça, il n'a toujours pas répondu à la première question.

    « La paix. Voilà ce que je désire le plus au monde. Malheureusement, ce n'est pas quelque chose que l'on obtient sans faire de sacrifice. »

    Dante a essayé d'être le plus honnête possible tout en restant relativement vague, il ne serait pas bon de trop en dire. Et puis, ce serait moins marrant. C'est important de cultiver le mystère, Isolde en sait quelque chose pour le coup. Ensuite, l'Oni vient se saisir des coutures de sa capuche qui lui cache encore une partie du visage et qu'il retire calmement en la rabattant en arrière. Dévoilant un visage plutôt charmant et avenant en réalité, en comparaison de ce à quoi on aurait pu s'attendre au vu de sa présence intimidante et de son regard froid. Des cheveux bruns, courts sur le dessus et rasés de près à l'arrière de la tête et sur les côtés. Et bien sûr, il est difficile de rater les deux cornes bien visibles sur le sommet de sa tête dont l'une a été brisée lors d'une de ses précédentes aventures. Dante, l'Oni à la corne cassée.

    « Il semblerait que ce soit à mon tour. Vous n'avez pas répondu à ma question, tout à l'heure. Malheureusement pour vous, je suis un homme tenace. Pourquoi êtes-vous venue à ma rencontre, plus tôt dans ce temple ? Ce n'était pas un acte désintéressé, nous le savons aussi bien l'un que l'autre. Suis-je votre petite animation touristique de la journée ? Je suis curieux de connaître la véritable raison qui se cache derrière toute cette gentillesse. »

    En ce bas monde en proie à la perdition, personne n'est bienveillant sans attendre quelque chose en retour. Impassible et inflexible, le regard inquisiteur et ses rétines sombres déposées sur le délicat visage de son interlocutrice. Cherchant à nouveau à capter le vrai du faux dans le discours de l'apprentie magicienne mais également dans ses gestes et ses expressions, écoutant attentivement les prochaines paroles qui sortiront de sa bouche car elles seront primordiales pour la suite de cette petite entrevue.

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    Isolde Malkyn
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  • Sam 14 Oct - 15:23
    Hétérodoxie
    Feat Dante
    Isolde baissa légèrement les yeux, avant que Dante ne pût voir ses prunelles pétiller. Ses joues se teintèrent d’une discrète touche rosée. Aussi, un délicat sourire vint se loger sur ses lèvres. Ces démonstrations physiques reflétaient directement les émotions de la brune, elle ne pouvait dissimuler son ressenti aux doux mots qu’elle venait d’entendre. Elle avait l’habitude des flatteries et éloges en tout genre, même les plus rustiques. Toutefois, de la bouche de Dante, le compliment paraissait sincère et cela faisait véritablement plaisir à la jeune femme. D’une part, parce qu’il ne semblait pas coutumier de ce genre de situation. D’autre part, le colosse se détendait et paraissait plus ouvert avec elle. Elle attirait donc son attention, elle en était ravie. Après, pourquoi se sentait-elle obligée de mentir, c’était simplement inné et instinctif. Manipuler, semer le doute, s’entourer de mystère, la mage avait toujours adoré cela. Pourquoi cela devait changer, elle partait du principe que tout n’était qu’un jeu après tout. C’était ainsi qu’elle percevait les relations humaines. Cela pouvait transparaître aussi comme une manière de se protéger. Si ce n’était qu’un jeu, rien n’était en mesure de l’atteindre. Pourtant, elle ne simulait pas lorsqu’elle avait réagi aux parole de Dante, son ressenti sur le moment avait été des plus sincères. Il y avait bien un petit quelque chose de plus, qui ajoutait du charme à la situation.
    L’étudiante se jouait souvent des hommes, elle aimait plaire, les séduire pour obtenir ce qu’elle voulait, à l’aide ou non de la magie d’ailleurs. Pour autant, elle ne connaissait pas grand-chose aux individus de sexe masculin. Trop occupée à feindre des sentiments, elle n’en avait jamais réellement ressenti. À les duper par facétie, elle ne s’intéressait à eux que par intérêt, non par sincérité. Elle usait de ses atouts, sans pour autant que cela ne la menât quelque part. En définitif, elle demeurait innocente et inexperte.

    La question d’Isolde semblait donner du fil à retordre à son interlocuteur. Ce dernier resta quelques instants pensifs, il ne voulait sans doute pas dire de bêtises, énoncer une vérité, sans trop en dire non plus. Profitant de sa réflexion, alors que la mage s’apprêtait à découvrir ce qui se cachait initialement dans le dos de Dante, elle fut stoppée dans son geste. En effet, la main du colosse vint attraper le poignet de la jeune femme. Elle ne fut pas si surprise de cette action, il était évident qu’il tentait depuis le début de dissimuler l’intrigant objet. Voilà qui attisait d’autant plus la curiosité de la mage. Lorsqu’il l’accusa de tricherie, elle soupira et afficha une mine boudeuse. Mais intérieurement, elle riait. Parce qu’elle appréciait ce petit jeu et ce semblant de complicité naissante entre eux. Elle affectionnait également l’intérêt qu’elle portait à Dante en cet instant. De nature très curieuse, pour gagner son attention, il fallait sans cesse stimuler cette curiosité. Pour le moment, Dante s’en sortait à merveille. Bien qu’elle eût envie d’obtenir des réponses, plein de réponses !
    L’une d’entre elles vint, accompagnée, bien entendu, de nouvelles interrogations.

    - « Et quel type de sacrifice faites-vous ? Vous éliminez les individus qui ne sont pas en accord avec votre vision de la paix, ou bien le sacrifice est plus personnel, une abnégation perpétuelle ? »

    Isolde se tut, observant à présent Dante, sans le dévisager pour autant. Toutefois, elle demeurait bien attentive à son geste, lorsqu’il ôta la capuche qui dissimulait une partie de son visage et ses cheveux. Des cheveux bruns, deux cornes dont l’une cassée, elle ne s’en formalisait pas. Pour autant, elle avait écarté la possibilité qu’il fût un démon, sans doute un drakyn… étonnement, elle trouvait la question délicate à poser directement. Par ailleurs, son visage était plaisant, ses prunelles ténébreuses formaient un ravissant contraste avec son air affable. Elle voulut lui déclarer qu’elle le trouvait beau, mais elle garda l’information pour elle. Toutefois, s’il percevait la manière dont elle posait les yeux sur ses traits harmonieux, il pouvait le deviner.

    - « Tenace, tiens donc, nous possédons au moins un point commun » dit-elle, spontanément. « Puis, pour la simple animation touristique, c’est à votre tour de vous sous-estimer. » répondit-elle.

    Il n’était pas qu’une simple attraction, la réaction de la jeune femme, précédemment, l’avait prouvé. Elle appréciait le moment passé en sa compagnie.

    - « Vous tranchiez avec la foule environnante, personne n’osait s’adresser à vous, ni même vous regarder directement. Pourtant, j’ai perçu autre chose dans votre aura. Je ne saurais le décrire, mais j’ai été attirée et j’ai ressenti l’envie de vous aborder. » énonça Isolde, en reportant son attention sur ses propres doigts, entremêlés. « J’ai pour habitude d’écouter mon instinct, influencé peut-être par la providence. Puis... je suis une vilaine petite curieuse, que voulez-vous ! » Ponctua-t-elle, en souriant malicieusement.

    La brune se dirigea vers la rambarde, observant distraitement les fidèles, qui se faisaient moins nombreux. Puis, elle se retourna doucement, posant à nouveau son regard sur l’objet mystérieux.

    - « J’ai vraiment envie de savoir ce que tu caches, Dante » confia-t-elle. Elle l’avait tutoyé, spontanément, ne se demandant pas si cela le dérangeait ou non.

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  • Mer 18 Oct - 20:29
    Hétérodoxie
    Passablement amusé par la réaction d'Isolde dont il émane une certaine spontanéité et sincérité qu'il ne saurait remettre en cause. Dante a beaucoup de mal à croire qu'une femme aussi belle qu'Isolde soit aussi peu habituée aux compliments d'autant qu'elle n'a jamais caché son goût pour la séduction à travers ce jeu subtil qui s'est installé entre eux. Ses mots et ses gestes sont des lames aiguisées et tranchantes, peut-être même les outils les plus redoutables de son arsenal. Par conséquent, il n'écarte pas totalement la possibilité qu'elle puisse encore se jouer de lui bien que ça le décevrait beaucoup tant il apprécie ce moment passé en son agréable compagnie. La confiance se gagne en gouttes et se perd en litres. Pour Dante, les relations et les émotions sont des vecteurs sacrés entre les individus. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut feindre ou manipuler à sa guise en fonction de la personne que nous avons en face. On ne joue pas avec les sentiments et de toute façon, même s'il le voulait, Dante en serait bien incapable car trop honnête et intègre de nature. Peut-être est-ce naïf de sa part mais il veut croire en la franchise d'Isolde et en la pureté de ses intentions.

    Pour le moment, il est surtout soulagé de ne pas avoir installé un malaise entre eux, il redoutait de s'être montré trop grossier et maladroit envers elle lorsqu'il s'était saisi de son poignet. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas et cet échange semble plaire à Isolde autant qu'à lui. D'ailleurs, elle ne tarde pas à lui faire part de ses nouvelles interrogations sans se perdre dans une énième réflexion, la conversation s'étant rapidement fluidifiée entre les deux protagonistes, un peu plus à l'aise à chaque minute qui s'écoule. Pour preuve, un bref sourire étire ses traits quand Isolde se met à le dépeindre comme un potentiel fanatique sanguinaire en faisant le lien avec sa croyance personnelle, comme si tous les divinistes n'étaient que des tueurs et des illuminés, un commentaire qui l'aurait certainement froissé quelques minutes en arrière. Curieusement, ce n'est pas le cas.

    « Vous avez une bien piètre opinion de ma personne. Si c'était le cas, nous n'aurions pas cette conversation, vous et moi. Une abnégation, oui. Disons que j'accepte que de n'être qu'un rouage au service d'une cause plus grande. Je fais ce qui me semble juste et nécessaire au quotidien. »

    Une philosophie bien plus complexe qu'elle en a l'air dans son cas, Dante est une âme errante tiraillée par sa foi et sa morale bien trop souvent en opposition. Il vagabonde sans but défini, découvrant le monde qui l'entoure à la recherche d'une nouvelle source de motivation. Aujourd'hui, son chemin l'a mené jusqu'aux plus profonds du désert du Reike car il avait ce besoin de confronter sa vision étriquée de la religion et de découvrir de nouvelles cultures. Peut-être est-ce une façon pour lui de se conforter dans ses idéaux et ses convictions ou au contraire, de prendre conscience de ses erreurs. Le visage découvert et se retrouvant démuni face au regard des autres et plus particulièrement face à celui d'Isolde en l'occurrence, abhorrant cette sensation d'être constamment dévisagé et jugé même lorsque ce n'est pas le cas. Évitant soigneusement de croiser le regard de la jeune femme dont il imagine déjà ses prunelles émeraudes se satisfaire d'une curiosité évidente. Essayant de rester impassible lorsqu'elle lui retourne son précédent compliment, avec plus ou moins de succès et l'écoutant attentivement formuler sa réponse dans la foulée.

    Songeur quant aux véritables intentions d'Isolde qui l'ont poussé à l'aborder un peu plus tôt, embarrassé par la simplicité de son initiative. Contrairement à elle, Dante n'est pas très coutumier des compliments et marques d'affections qu'ils soient sincères ou non.

    « Qui sait, tu as sûrement raison. C'est peut-être la providence qui nous a réunis ici aujourd'hui. »

    Dante se met à lever les yeux vers Isolde et à la suivre du regard lorsqu'elle se dirige vers la rambarde. Amusé d'avoir autant piqué sa curiosité au sujet de ce qu'il transporte dans ce grand drap blanc, autant qu'il se satisfait de la tournure des événements quand Isolde daigne le tutoyer la première. Très loin de se formaliser pour si peu au contraire, il est bien plus à l'aise lorsqu'il faut utiliser un langage un peu plus familier.

    « La curiosité est un vilain défaut, tu le sais ? Et ce n'est peut-être pas aussi exceptionnel que tu le crois. Tu pourrais être déçue. »

    Déviant le regard et reportant son attention sur l'artefact qu'il transporte, presque attristé de constater qu'il suscite autant si ce n'est plus d'intérêt auprès d'Isolde que sa propre personne. Prenant une légère inspiration par le nez en joignant calmement ses mains devant lui, déterminé à faire durer encore un peu le suspens. Changeant volontairement de sujet, au grand désarroi d'Isolde.

    « Tu m'as dit être originaire de Kyouji, si je ne me trompe pas ? Je ne connais pas bien la région, je n'y suis jamais allé. Est-ce une ville où il fait bon vivre ? Je comptais m'y rendre dans les prochains jours. »

    Dante s'interroge sur le territoire de l'Empire et sur ses habitants mais la question n'est pas totalement désintéressée d'Isolde non plus. Une façon à peine détournée d'en savoir un peu plus sur sa partenaire de conversation. S'il ne connaît pas très bien les villes Shoumeiennes pour n'être descendu de sa montagne qu'à de très rares occasions, il n'a que des a priori au sujet des autres civilisations. La guerre a également laissé une trace indélébile dans son esprit et quand on connaît sa haine pour l'Empire, il est assez étonnant de le voir converser aussi facilement avec une Reikoise. On y revient, à cette ouverture d'esprit absolument nécessaire pour continuer d'avancer.

    « Parle-moi de ton foyer, si tu veux bien. »

    Quitte à remonter le territoire de l'Empire et traverser le plus grand désert du continent, pourquoi ne pas faire un arrêt à Kyouji ? C'est sur son chemin, après tout.

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  • Ven 20 Oct - 10:15
    Hétérodoxie
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    Isolde fut sensible au petit sourire qui se dessinait, une nouvelle fois, sur les lèvres de Dante. Cela faisait deux fois qu’elle le faisait sourire. Il s’agissait pourtant d’une expression banale, d’un geste anodin pour la plupart des gens. Cela dit, elle pensait que cela n’arrivait pas si souvent à son nouveau partenaire. Elle affectionnait donc ces petits instants suspendus, comme s’il s’agissait d’une marque d’attention qui lui était spécialement adressée. Oui, la brune aux yeux verts paraissait imbue de sa personne parfois, un tantinet narcissique. Toutefois, elle se plaisait à croire que ce qu’elle pensait était vrai. Elle imaginait Dante comme un guerrier solide, mais solitaire, possédant une certaine mélancolie de l’âme. Et le temps passé en compagnie de la mage, lui était bénéfique. Peut-être idéalisait-elle leur rencontre, mais Isolde était faite ainsi. Elle ne faisait pas dans l’entre-deux, elle vivait pleinement les instants partagés, qu’ils fussent bons ou mauvais.

    Néanmoins, la réponse de Dante laissa la mage songeuse. Il restait incroyablement évasif au sujet de sa foi. Évidemment, elle pouvait difficilement le blâmer pour cela, surtout qu’ils demeuraient dans le grand temple du shierak, parler librement et faire la promotion d’une autre religion, serait malvenu. Pour autant, Isolde demeurait déterminée à en savoir davantage. Cela viendrait peut-être avec le temps. Il évoquait une plus grande cause, parlait-il du retour des titans… Elle voulait connaître sa position exacte vis-à-vis de ceux que les divinistes considéraient comme des Dieux. En étaient-ils ? Ils avaient anéanti Shoumei, la nation qui les glorifiait plus que quiconque, pour les faire payer on ne savait quoi… Isolde n’était pas partisane d’une justice divine. Et si les titans pouvaient être considérés comme divins… Ils restaient des êtres surpuissants, capables de terribles choses, imprévisibles. Pour autant, non, elle n’arrivait pas à les percevoir comme des Dieux. Toutefois, elle avait hâte d’entendre des arguments pour, qui pouvaient la confronter dans ses théories.

    La réserve dont faisait preuve Dante amusait la brune. Il n’osait à peine la regarder, lorsqu’il se découvrit. De plus, il tentait de camoufler sa gêne face aux compliments de la mage. Celle-ci avait réagi de manière beaucoup plus ostentatoire, par rapport à lui. La pudeur du guerrier apparaissait touchante, aux yeux de la jeune femme. Et cela la confortait dans son idée. Enfin, il ne fallait pas en faire des montagnes pour le moment. Après tout, peut-être était-il un fin manipulateur et cachait bien son jeu. Personne n’était à l’abri de manœuvres perfides, même pas la reine de la manipulation.

    Le guerrier ne fut pas surpris qu’elle ait employé le tutoiement, il poursuit également en ce sens. Cela donnait un caractère moins formel à la conversation. Elle sourit à sa remarque concernant sa curiosité, penchant légèrement la tête sur le côté. S’il savait, à quel point Isolde était curieuse ! Sa curiosité en devenait parfois obsessionnelle, amplifiée par sa détermination et sa ténacité.

    - « Je suis certaine que non... » répondit-elle, lorsqu’il évoqua sa potentielle déception quant à l’objet mystérieux. « Si tu en fais tant de mystère, c’est qu’il doit être intéressant ! Ou alors… » Commença-t-elle, en avançant gracieusement vers le brun, sans le quitter des yeux. « Cela te plaît d’entretenir mon intérêt. » dit-elle, en s’arrêtant devant lui.

    Il changea volontairement de sujet, ce qui contraria passablement l’étudiante, vu qu’elle n’arrivait pas à obtenir ce qu’elle voulait. Cela dit, elle restait amusée, cela faisait partie du jeu, sans s’avouer vaincue pour autant.
    Elle retourna s’asseoir auprès de Dante, sur le divan, les jambes repliées et le coude appuyé sur le dossier, sa tête reposant doucement sur sa main.

    - « Kyouji est une ville magnifique, la plus belle du Reike ! Il y fait bon vivre, les rues sont animées, pleines de couleurs. Mais, le spectacle le plus sublime se passe à la nuit tombée, lorsque les étoiles pleuvent sur la ville. Chaque ruelle est éclairée de mille bougies et un doux parfum d’encens flotte sur la cité apaisée. » décrit-elle, les yeux pétillants à l’évocation de la ville chère à son cœur. « Kyouji est teintée de poésie, c’est ainsi qu’il faut la voir, j’aimerais que tu la perçoives avec mes yeux. » Ajouta-t-elle, en souriant. « Mes parents ont une jolie maison sur les hauteurs, j’ai eu une belle enfance. Même si mes pas m’entraînaient toujours plus loin, guidés par mon esprit curieux. »

    Évidemment, la curiosité, toujours elle. Une petite idée émergea alors, pourquoi Dante ne ferait pas la route avec elle, pour retourner à Kyouji. S’il voulait s’y rendre, ce serait une très belle occasion. Puis, la traversée du désert étant ce qu’elle était, avoir un guerrier de sa corpulence sous la main, ce ne serait pas de trop.

    - « Aimerais-tu visiter Kyouji en ma compagnie ? » Proposa-t-elle, innocemment.

    Toutefois, de nombreuses interrogations restaient en suspens. Elle ne connaissait rien finalement de lui, était-il sain de s’aventurer avec un inconnu, un éventuel démon de surcroît… Isolde, pourtant réfléchie, agissait parfois avec trop de spontanéité, gérant de manière scabreuse ses émotions.

    - « J’apprécierai également en retour que tu évoques ton foyer, ton origine… tes cornes… » Se risqua-t-elle, posant son regard émeraude sur la corne cassée. Elle ne voulait pas paraître maladroite et trop intrusive. Elle posa délicatement sa main sur le genou de Dante, pour lui faire comprendre que sa démarche n’était pas hostile. « …Les épreuves que tu as dû traverser. » Elle désirait le connaître un peu plus, espérant qu’il accepterait de se dévoiler.

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  • Jeu 26 Oct - 19:00
    Hétérodoxie
    La conversation prend une tournure bien plus naturelle et agréable pour Dante en l'absence de ces formalités parfois un peu ennuyeuses. Il y a de la beauté dans la simplicité et il apprécie tout particulièrement la légèreté avec laquelle il peut converser avec Isolde. Malgré tous ses efforts pour jouer les impassibles quitte à paraître un peu froid avec la jeune femme, celle-ci ne lâche pas facilement l'affaire. C'est peut-être de ça dont il a besoin, une personne capable de passer outre les préjugés et assez patiente pour aller jusqu'au bout. De la persévérance, la jeune femme en aura bien besoin. Heureusement, Isolde est une femme obstinée qui semble savoir exactement ce qu'elle veut et qui n'abandonne pas facilement quand elle a jeté son dévolu sur quelque chose. Ou quelqu'un. Malgré leurs nombreuses différences évidentes autant dans leurs cultures que dans leurs caractères respectifs, Dante se surprend à apprécier partager un moment de calme avec elle. La présence d'Isolde est loin d'être désagréable et effectivement, peut-être qu'il se plaît un peu d'entretenir son intérêt même s'il laisse planer le doute par une absence de réponse. En revanche, cela ne veut pas dire qu'il compte lui faciliter la tâche pour autant.

    Il peut sentir une pointe d'amerture de la part de la jeune femme alors qu'il change volontairement de sujet, peut-être un peu pour la titiller gentiment. Ça l'amuse beaucoup de mettre sa patience à rude épreuve. En réalité, il se demande jusqu'où elle est prête à aller pour obtenir ce qu'elle convoite. En attendant, il suit la jeune femme du regard lorsqu'elle s'installe à nouveau sur le divan et lui offre toute son attention lorsqu'elle mentionne sa ville natale. Un sujet qui lui tient particulièrement à cœur de toute évidence et elle ne tarit pas d'éloges sur la somptueuse Kyouji. Transporté par son récit, Dante se met également à esquisser un de ses rares sourires en voyant Isolde aussi heureuse de se remémorer certains détails. Étant lui aussi très attaché à sa terre natale, c'est un sentiment qu'il partage et comprend parfaitement.

    « Kyouji a l'air d'être un endroit magnifique. J'aimerais beaucoup y aller, moi aussi. Les rues, les étoiles, les bougies. Les gens. Quand c'est toi qui le raconte, ça donne envie de découvrir la culture locale. »

    Un peu plus décontracté au fur et à mesure de la conversation, Dante replie une jambe sur le divan afin de s'installer plus confortablement avant de se tourner légèrement face à Isolde. Surpris par sa soudaine interrogation aux airs de proposition, l'Oni penche doucement la tête sur le côté, se demandant pendant l'espace d'un instant si Isolde se joue de lui ou si elle souhaite vraiment l'accompagner à Kyouji.

    « Est-ce une invitation ? » Demande-t-il, naïvement.

    Pas que ça le dérange, bien au contraire. Il ne l'avouera sûrement jamais mais il est même flatté, en un sens, par son initiative. Dante n'est pas habitué à ce genre de situation mais ça, Isolde peut facilement le deviner par ses différentes réactions et son caractère réservé. Disons que c'est un peu écrit sur son front. Songeur, il y réfléchit quelques instants sans avoir le temps de formuler une quelconque réponse puisque sa ravissante partenaire de conversation semble très curieuse de connaître son histoire. Décidément, elle ne peut tout simplement pas s'en empêcher. Chasse le naturel, il revient au galop. Son audace ne passe pas non plus inaperçu et le regard de l'Oni devie brièvement sur cette main que la jeune femme dépose sur son genoux, sans vraiment s'en offusquer. Il en vient à se demander : est-elle comme ça avec tout le monde ou est-ce simplement parce que c'est lui ? Difficile à dire pour le moment, ils ne se connaissent pas encore assez. Ceci dit, c'est peut-être présomptueux de sa part de se croire un peu plus spécial qu'un autre.

    Très introverti de nature, s'ouvrir aux autres n'est pas chose aisé surtout dans son cas, en tant que Shoumeien et Diviniste par rapport à tout ce que cela implique dans le contexte actuel. D'une certaine manière, il appréhende également la réaction d'Isolde en tant que Reikoise et adepte du Shierak. Se laissant une courte réflexion pour choisir ses mots avant d'enfin daigner répondre à Isolde.

    « Si tu insistes. Je viens d'un petit village reclus dans les Rôcheuses de Shoumei. J'y suis né et j'y ai passé quasiment toute ma vie, c'était un endroit paisible. Nous n'avions que très peu de contact avec les grandes villes en dehors des quelques marchands de Maël qui osaient s'aventurer aussi loin, quelques fois dans l'année. Malheureusement, le village était difficile d'accès surtout en hiver, les routes pouvaient devenir dangereuses voire impraticables à cause de la neige et des basses températures. »

    Le fait d'employer l'imparfait pour parler du village où il a grandi, n'est évidemment pas anodin.

    « Mes parents et moi, nous vivions tous les trois dans une petite maison légèrement à l'écart du reste du village, avec un large terrain que ma mère cultivait et quelques moutons dont s'occupait mon père. Ce n'était pas toujours facile, nous n'avions pas grand-chose mais nous étions heureux. C'était une vie simple, ça me suffisait. Je me souviens que par-delà les collines, on pouvait monter assez haut sur les sommets pour voir toute l'étendue de l'océan jusqu'à l'horizon. Mon père m'emmenait parfois regarder le coucher du soleil, avant de rentrer pour le dîner. »

    C'était une vie agréable et il ne s'en plaignait pas. Dante aimait sincèrement son quotidien au sein des Rôcheuses même s'il a toujours eu ce goût pour l'aventure qui lui vient d'une autre personne très importante de son entourage proche. Marquant une pause dans son récit, observant une quelconque réaction sur le visage d'Isolde et soufflant discrètement du nez en se pinçant le coin des lèvres.

    « Pourquoi as-tu peur de poser clairement la question ? À ton avis, que suis-je selon toi ? Que dit ton fameux instinct en ce moment ? Demande-moi, Isolde. »

    Ses cornes, évidemment. Ce n'est pas la première fois qu'elle pose ses yeux dessus. Elle est curieuse et c'est normal, qui ne le serait pas ? En revanche, Isolde l'a habitué à une femme audacieuse et sûre d'elle qui n'est pas non plus avare en questions. De ce fait, cela l'amuse beaucoup de la voir prendre des pincettes et d'aborder subtilement le sujet comme si elle avait peur d'être indiscrète et de le froisser.

    « C'est assez récent, si c’est ça que tu veux savoir. J'ai perdu un bout de ma corne en aidant des amis, il y a quelques mois. C’est une longue histoire, je ne veux pas t’embêter avec ça. »

    En réalité, il ne devrait même pas en parler du tout mais la jeune femme n'a pas besoin de tout savoir. De manière très spontanée et sans aucune arrière pensée, Dante dépose affectueusement sa main sur celle d'Isolde. Une des nombreuses interrogations de la mage noire est toujours sans réponse et il a eu tout le temps nécessaire d’y réfléchir avant de lui donner son verdict.

    « Je crois que cela me plairait beaucoup de visiter Kyouji en ta compagnie, si tu le souhaites aussi. »

    CENDRES
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