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  • Sam 16 Mar - 11:24

    Quand j’ouvre ma porte, j’peux pas dire que j’m’attendais à ça.

    Ça, c’est une petite demie-elfe blonde sacrément mal en point qui lâche une phrase à peine compréhensible avant de s’effondrer sur le pas de chez moi. J’la rattrape au vol, davantage par réflexe que par dessein, et j’regarde derrière, l’oreille tendue. Rien, donc pas de poursuivant jusqu’ici. Délicatement, j’la soulève, toujours aussi légère, pour l’amener à l’intérieur, et j’referme le battant de la porte d’un coup de pied qui pourrait être bien dosé si j’commençais pas avoir les mains qui tremblent.

    Allongée sur mon plumard, sur le dos, j’lui assure mécaniquement les premiers secours. Sa respiration est faible mais régulière, et ses yeux remuent derrière ses paupières. Mauvais rêves, ou pas encore sortie de là où elle était, dans sa tête ? A voir ses cernes, ça doit faire un moment qu’elle a pas dormi. Un coup de senseur magique m’apprend rien, aucune trace de mana résiduelle ou de sortilège n’est en cours. Du passé, ou de la banale violence, donc.

    Après avoir examiné superficiellement le côté droit de son visage -rien de bien méchant, sauf si y’a une commotion derrière, mais ça, c’est le grand mystère-, j’commence à effeuiller doucement ses vêtements. On est loin des moments joyeux des ébats précédents, donc j’fais plus rapide et direct, et j’essaie tant bien que mal de pas toucher dessous des fois que ça abîme quelque chose de mal en point. Elle tressaille quand j’décolle sa manche de son avant-bras. La bassine de flotte que j’ai choppée dans la cuisine est rapidement complétée d’un torchon que j’trempe pour gratter la croûte de son bras. Juste une longue entaille que j’bande d’un pansement sommaire mais propre.

    Le torse, c’est une autre aventure. Y’a des marques de tuméfaction sur quelques côtes, et j’touche à peine qu’elle laisse échapper un gémissement à fendre le coeur. J’grimace. Faut bien que je regarde si c’est cassé, juste fêlé, ou juste un hématome, donc j’y refous les pognes. Fêlure, m’est avis. Tout du long, j’essaie de la rassurer d’une voix de basse.

    « Là, là, ça va aller, Sixte. Tout va bien. Tu es en sécurité. Là... »

    Elle essaie de murmurer des trucs, et sa main gauche m’agrippe brusquement avec une force qui semble incohérente pour son état. Et pourtant, on a vu plus étrange.

    « ‘tention, Pancrace. Méfie-toi...
    - Oui, oui, repose-toi.
    - Ze... Ze...
    - Quoi, Zé ? »

    J’écoute que d’une oreille en nettoyant sa peau, et notamment la trace de brûlure qui doit venir d’un sort balancé à travers les vêtements. Feu ou foudre, peut-être plus exotique.

    « Zélév... et... son monstre...
    - Oui, oui, c’est ça.
    - C’est... eux... Justice...
    - Bien sûr, tout va bien maintenant. »

    Il faut quelques secondes pour que ça monte au cerveau, après que sa main m’ait relâché, et que sa tête soit partie en arrière. Toujours la respiration, toujours le palpitant qui trotte, mais plus calme, comme si elle se laissait aller au sommeil, ou, plus probablement, à l’abandon de l’épuisement. Avec des pensées qui tourbillonnent dans tous les sens, j’finis d’enrouler ses côtes pour m’assurer qu’elle remue pas trop.

    Puis j’fronce les sourcils, les yeux fixés sur Sixte.

    J’griffonne quelques mots sur un bout de parchemin qui traîne, et que j’pose bien en évidence sur la table. Puis j’ramasse mes fringues, mon épée et quelques poignards. A peine le temps de réfléchir que j’suis en train de marcher d’un pas vif dans la rue, alors même qu’il fait nuit noire. J’cligne des yeux et j’suis en train de tambouriner à la porte d’un particulière, qui met dix bonnes minutes à m’ouvrir. Ça me rend pas de meilleure humeur. La sienne se calme de suite en voyant ma gueule.

    « Revenez demain matin.
    - Nan, maintenant. »

    Il va pour discuter, mais la bourse bien remplie d’or qui tombe sur le sol de son appartement le fait reconsidérer.

    « Je reviens. »

    Il glisse quelques mots à sa femme, dans le fond, et revient avec un pantalon et une veste.

    « C’est pour où ?
    - Justice.
    - Un endroit particulier ? »

    Comme j’en ai pas la moindre idée, j’me contente de hausser les épaules.

    « Place de l’hôtel de ville, alors. »

    La téléportation prend forme, et une fraction de seconde plus tard, je suis à l’autre bout du pays, avec un léger tourni qui disparaît si rapidement que j’pourrais toujours me croire à Courage si j’sentais pas la signature en mana de Mortifère, à quelques kilomètres de là. J’ai toujours trouvé bizarre, les histoires de ces types qui perdent le contrôle et se lancent dans des expéditions pas possibles pour se venger, par colère, par haine, par amour, et une part lointaine de moi peut pas s’empêcher de noter que j’suis en train de faire la même.

    J’l’écoute pas.

    Le téléporteur professionnel se laisse tomber par terre pour reprendre son souffle et m’adresse un signe de la main que j’calcule pas, vu que j’suis reparti en direction de chez le monstre de compagnie de Zelevas. J’avais déjà pas été botté par le bouzin, faut bien l’admettre. J’me rappelle qu’il a buté la nana, dans les faubourgs de Liberty. J’me rappelle aussi que j’ai bien maquillé le rapport histoire qu’il ressorte rien de trop foireux. J’ai envie de me frapper à l’idée que si j’l’avais laissé tomber, il aurait rien pu faire à Sixte. Son image allongée sur le lit, la respiration hachée, me hante et me fait marcher de plus en plus vite, remplace celles où elle était alanguie à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

    A quelques dizaines de mètres de chez lui, j’prends une grande inspiration. Il manque peut-être quelque chose comme un plan. La métamorphose prend forme, et si j’garde la même taille et les mêmes proportions, mon nez s’épate, mes cheveux sont remplacés par une calvitie peu charmante, et l’éclat doré de mes yeux devient sombre. C’est complété par une barbe qui couvre mes joues et des cicatrices d’acné dessous.

    J’toque poliment à la porte, un sourire amical aux lèvres.

    Puis dès qu’elle s’entrouvre, j’y mets un coup d’épaule. Quand Mortifère trébuche en arrière, j’le suis à l’intérieur d’un appartement plutôt cossu, et meublé avec goût. Sûrement quelqu’un d’autre qui s’en est chargé. J’feinte du poing en directiond de son visage, et j’suis avec un coup de pied dans le genou, mais il tombe pas par terre, se rattrapant à un guéridon de l’entrée. Un de ses bras mécaniques se lève dans ma direction et j’saute sur le côté pour esquiver, peu importe ce qui vient.

    Une chape d’ombre tombe sur la pièce, et ma nyctalopie couplée au senseur me permet d’y voir comme en plein jour, mais ça m’étonnerait que ce soit son cas. J’lui balance une chaise, puis j’tourne autour de lui jusqu’à être dans son angle mort. Le manche de mon poignard s’écrase contre son foie, charmant rappel de ce qu’il a fait à Sixte. Puis les objets s’envolent autour de moi, et s’mettent à tourner autour de lui pour le protéger. Télékinésie.

    J’en détruis quelques-uns avec des projectiles magiques, mais les débris constitués d’échardes dont certaines sont longues comme le bras sont projetées vers l’extérieur, j’évite de justesse d’être embroché contre la bibliothèque, mais il a dû entendre quelque chose, pasqu’il me charge et son coup d’épaule me coupe le souffle. Dans un craquement terrible, le meuble bascule vers l’avant, et on s’en écarte tous les deux.

    Cette fois, mon surin est dégainé, mais la lame crisse salement contre son bras, et j’dois plonger sous la claque qu’il essaie de me mettre de l’autre. J’me souviens qu’il tapait salement fort, même si c’est l’orc qui doit s’en rappeler le plus. Donc pas question d’en prendre une. Les ombres se solidifient autour de lui en forme de pics, mais il passe à travers avec un genre de déflagration électrique.

    L’appartement fait peine à voir, déjà.

    Mais j’préfèrerais que ce soit lui.
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  • Mar 19 Mar - 5:10
    Les cliquetis de jointures mécaniques s'accordent sur les à-coups rythmés d'une horloge somptueusement ornée qui sublime un mur décoré avec goût, mais avec un poil d'excès qui ne contient qu'à moitié au locataire. Contrastant drastiquement avec le décor de sa propre cage dorée, un géant à l'alarmante pâleur se tient seul, attablé avec une invraisemblable quantité d'outils entreposés hasardeusement sur le bois luisant d'un salon magnifique. Formé pour s'occuper de ses propres prothèses en cas de souci mineur, Mortifère revient tout juste d'une intervention musclée et quelques rouages de ses griffes monstrueuses en ont pris un coup. Rien qui ne vaille la peine de faire appel aux Ecuyers Noirs, juste une broutille dont il peut se charger sans intervention extérieure.

    S'il est obsédé par l'idée d'être adulé par autrui, le Premier-Né apprécie toutefois les quelques rares instants de solitude qu'il peut s'autoriser entre deux opérations. Bien que l'enfermement lui rappelle inévitablement la cellule dans laquelle il a vécu bien trop longtemps, il a parfois besoin d'évacuer un peu de vapeur en profitant doucement du luxe dans lequel ses maîtres le baignent pour lui faire omettre l'horreur de sa condition. C'est donc avec un sourire tranquille qu'il entretient son matériel, glissant quelques gouttes d'huile entre deux plaques tout en passant un coton manié par télékinésie sur deux sections adjacentes.

    On toque à la porte. Il lève la tête.

    Le travail, à n'en pas douter. Son adresse est un secret jalousement gardée à laquelle seuls quelques privilégiés ont accès. La plupart d'entre eux font partie des forces de l'ordre républicaine, les autres sont affiliés au gouvernement ou au Docteur lui-même. Le soldat n'est pas un habitué des visites de courtoisie et sait bien qu'à une heure si tardive, il est probablement question de préparatifs en vue d'un nouveau contrat. Coup de chance, il vient tout juste de terminer ses ajustements et referme son bras entrouvert avant d'en sceller télékinétiquement les accès.

    Machinalement, le colosse se dresse sur sa chaise et referme les derniers boutons du veston entrouvert qu'il porte. Il s'approche de l'entrée, s'efforce d'afficher une grimace aussi avenante que possible et tourne tranquillement la poignée pour ensuite poser son œil mécanisé sur une frimousse qu'il ne connaît pas.  

    Après, tout va très vite.

    _


    Dans une déflagration luminescente dont les crépitements stridents se font entendre plusieurs secondes après l'impact, Mortifère et son adversaire sont séparés, les meubles démolis par les détonations arcaniques cognent des murs et décrochent des tableaux aux prix effarants. L'appartement pourtant si coquet quelques secondes plus tôt est devenu un véritable champ de bataille qui ressemble davantage au passage d'une tornade qu'à un quelconque cambriolage.

    "Et vous êtes ?"

    L'arrogance, une arme efficace pour désarçonner un ennemi qui se considère en position de force. Visiblement indifférent au sang bleuâtre qui s'écoule depuis ses narines suite à la rencontre inopinée entre l'arête de son nez et un vase ancestral shoumeïen, Mortifère fait tournoyer ses articulations mécanisées avec la ferme intention d'occire celui qui a eu l'audace de l'affronter dans sa propre tanière. Ignorer la douleur qui le prend au foie est impossible et en dépit de son entraînement, il ne parvient pas à conserver un faciès neutre face à l'opposant mystérieux.

    C'est qu'il a l'habitude d'en coller, des coups comme ça, mais un peu moins d'en recevoir.

    Dans le chaos sauvage de cette introduction brutale,le soldat n'a pas eu l'occasion de mettre de l'ordre dans ses pensées et profite de cet infime répit pour émettre à la hâte quelques hypothèses.

    "Je crois que c'est la première fois qu'on m'envoie un assassin. Vous avez dû être payé sacrément cher pour trouver le courage de commettre une telle erreur."

    Malgré le dédain affiché par le militaire, il a déjà compris qu'il se trouve face à un guerrier qui représente un véritable danger pour lui. Maîtrise particulièrement avancée de la magie des ombres, probable nyctalopie et maniement expert de couteau. En l'absence des Ecuyers Noirs qui se trouvent dans un autre immeuble, les risques sont plus que conséquents.

    Pas de réponse immédiate de la part de l'intrus qui, une fois encore, tente une feinte à la dague. Mortifère ne tombe que partiellement dans le panneau et n'abaisse qu'un seul de ses bras pour parer l'estoc. Le surin est retiré aussi vite qu'il a été projeté en avant et le militaire profite de la brève fenêtre entre deux assauts pour cogner droit dans l'arme tout en chargeant ses poings d'acier en électricité. Lorsque la lame entre en collision avec le mur foudroyant, elle est projetée sur le côté seulement pour être instantanément saisie par la télékinésie du géant qui la renvoie aussitôt contre son propriétaire.

    Un voile d'ombre saisit l'arme flottante pour la replacer dans la main de l'assassin et la mêlée endiablée reprend. Le métal hurle lorsque la pointe se heurte à l'égide que constitue les bras de Mortifère et chaque coup porté résulte généralement en une esquive ou une parade experte de l'un comme de l'autre. L'inconnu se bat comme quelqu'un qui est habitué à ce genre de duels. Il n'y a ni élégance ni place laissée à l'étiquette dans ce combat purement animal entre deux cinglés.

    Un nouveau dôme d'ombre s'apprête à envelopper Mortifère mais il est cette fois-ci suffisamment rapide pour former d'office une contre-mesure en déployant un mur d'éclair qui vient contrer la magie de son ennemi. Alors qu'il s'apprête à surenchérir, il ne réalise que trop tard qu'une bordée de projectiles magiques filent en cloche par dessus le premier assaut qui n'est vraisemblablement qu'un leurre. Trois pics arcaniques sont déviés, un quatrième perfore l'acier de l'épaule du monstre de métal qui pousse un grognement de désapprobation lorsque l'objet magique affuté comme un carreau passe au travers de son armure.

    "Je viens littéralement de la réparer. Vous commencez sérieusement à devenir agaçant."
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  • Dim 24 Mar - 17:17

    J’commence à me rendre compte que j’ai peut-être agi à chaud.

    Pas que j’regrette le moins du monde d’être venu lui casser sa sale trogne de monstre, évidemment. Enfin, d’essayer, que j’amende en me baissant sous un guéridon qui file à travers la pièce. Mais débouler en milieu de soirée chez lui pour lui tomber dessus, aussi satisfaisant que ce soit, n’était ptet pas la meilleure option. Certes, il est seul, mais ça reste le pinacle de la technomagie républicaine, et j’l’ai vu faire, donc j’sais bien qu’il est quand même efficace dans ce qu’il sait faire, à savoir tuer des trucs et brutaliser des machins.

    Nan, j’aurais dû attendre le moment où il s’y attendait le moins, p’tet être en planque quelques jours, et lui tomber dessus comme la vérole sur le bas-clergé shoumeïen. Par exemple, au retour d’une mission dangereuse, quand il serait fatigué ou blessé, et pas en pleine possession de ses moyens. Ou quand il est sur le trône, le pantalon baissé, inapte à se déplacer. Est-ce qu’il se lave, parfois ? P’tet avec un linge humide plutôt que d’aller faire trempette, ce qui doit pas être pratique et risque de faire rouiller ses jolies prothèses.

    Le guéridon fait son trajet retour et est intercepté par un voile d’ombre, mais la décharge électrique qui suit me projette hors du salon, beaucoup trop joli pour quelqu’un comme lui au demeurant, et me fait atterrir sur le dos, sur la table de la salle à manger. J’ai tout le côté gauche du corps engourdi, et j’doute pas d’y retrouver les mêmes traces de brûlures légères que celles qui parsemaient le corps de Sixte. Rien que d’y penser enflamme à nouveau ma colère, et j’roule sur le côté pour éviter un bras surdimensionné qui fracasse le meuble en deux.

    Les éclats de bois, téléguidés, fondent sur moi, mais la plupart s’écrasent sans dommage sur ma veste en cuir. Les autres m’égratignent les mains, pas le visage, protégé d’un bouclier ombral. J’cligne des yeux, et on se jauge momentanément dans les ruines de la salle à manger. J’hésite à dire quelque chose, à répondre à une de ses questions. Juste à le narguer, pour l’énerver, le sortir de ses gonds, lui faire commettre une erreur. Son temps à l’armée ? Ses échecs répétés ? Sa trogne devenue encore plus horrible qu’avant maintenant qu’il a joué à la mouche dont les gamins arrachent les ailes les soirs d’été pour la regarder ramper en panique sur les pavés sales de Liberty ?

    J’veux pas trop en dévoiler sur moi-même, alors j’me contente de montrer les dents.

    Les deux morceaux de la table volent vers moi, l’un projeté par sa force surhumaine, l’autre par sa télékinésie. J’évite les projectiles magiques, qui font que lui donner davantage de matière pour me lancer des picots et des fragments, et j’remets un voile d’ombre. Celui du salon continue de flotter en maintenant une obscurité certaine, mais là où on se trouve, c’est pas le cas, et maintenant qu’il a retrouvé la vue, il doit bien se rendre compte que j’suis pas bien loin.

    C’est qu’avec des bras qui font la taille d’un nain, même avec un bel appartement, il a qu’à le tendre et faire un pas pour toucher les murs. Alors que moi, avec mon couteau, j’ai l’air malin : faut que j’sois vraiment au près. J’plonge sous son coup de poing, mais son genou vient percuter ma paume, et j’balance un projectile magique en catastrophe pour l’empêcher de m’empoigner.
    Mais il encaisse sur sa prothèse déjà un peu mal en point, et m’attrape l’épaule gauche puis serre, armé de ses magies. Avec un grognement, j’lui assène une attaque mentale qui le fait tituber, et comme j’approche pour le planter, c’est lui qui disparaît brusquement. J’suis désorienté et j’agite mon arme devant moi pour le trancher, mais j’touche que du vide avant qu’un coup de poing me cueille à l’abdomen, me soulève du sol, et m’fasse retomber sur les genoux.

    Les poils de ma nuque se hérissent, comme pour m’avertir d’un danger soudain.

    J’plisse les yeux, et en une fraction de seconde, j’suis plus là. Sa décharge électrique de zone a salement abîmé la salle à manger. Et ma téléportation m’a ramené dans le salon, où j’prends la première porte que j’peux pour m’appuyer contre le mur, prendre une profonde inspiration, jauger l’état de ma clavicule. Le senseur magique m’apprend qu’il est méfiant, dans la salle à manger, qu’il sonde autour de lui à petits coups d’électricité. Vrai qu’il est incapable de savoir que j’me suis téléporté. A ce compte-là, j’pourrais être invisible, en train de rôder autour. Ça serait cohérent, pour quelqu’un dont la vocation serait assassin.

    Mais j’suis qu’un mage un peu teigneux.

    L’écholocalisation m’avertit qu’il s’approche du chambranle qui mène au salon, justement, et j’passe la tête juste le temps de lancer un nouveau projectile magique. Il se replie derrière le mur, qui explose dans un nuage de pierre et de plâtre. Puis il charge à travers et en quelques enjambées, se retrouve à mon niveau. Les ombres tentent de se coaguler pour l’empêcher de passer, mais entre sa force, et l’électricité qui continue de pulser autour de lui, elles se font déchirer comme un banal rideau de gaze.

    J’recule au même rythme que lui, jusqu’à me retrouver dans une chambre à coucher aussi coquette que le reste, avec un lit à baldaquin immense. Hé bah, mon villain, on se refuse rien, à ce que j’vois. L’avantage avec les rideaux baissés, c’est qu’on y voit déjà pas très bien, et que les éléments sont de mon côté pour ça. Son pas lourd m’apprend qu’il approche, et j’sonde déjà mes options.

    Franchement, j’y suis allé avec le dos de la cuillère, jusqu’à présent. Au scalpel. Faut passer au registre supérieur. La magie s’accumule, et j’me dis que le vieux en fabriquera bien un nouveau s’il faut. Une pensée terrifiante s’il en est.
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  • Mer 27 Mar - 6:25


    Les serres du géant mécanique se referment sur le cadre de la porte entrouverte. Le métal crisse en écorchant le bois, trahissant la rage grimpante qui vient enserrer le cœur du colosse. Se faire attaquer chez lui passe encore mais les attaques mentales ont de quoi l'agacer au plus haut point. Régulièrement victime de ces assauts pernicieux, spécialité des mages les plus fourbes du pays, ce sortilège évoque chez Mortifère de terribles souvenirs dont la douleur ne s'efface pas en passant un coup de baume.

    A peine a t-il passé la tête pour s'orienter vers son adversaire dissimulé qu'il doit faire marche arrière car, dans une véritable tempête de magie, d'innombrables projectiles luminescents sont lancés les uns à la suite des autres en sa direction. Son repli trop abrupt lui fait perdre l'équilibre et il bascule en arrière, tombant dans le couloir sur son séant. Le soldat reprend rapidement sa contenance et s'accroupit au coin de la porte tout en insinuant dans ses prothèses massives une charge électrique toujours plus conséquente.

    Il fait seulement passer sa main dans l'entrebâillement et tire à l'aveugle, projetant dans sa chambre pourtant si joliment décorée des arcs foudroyants qui viennent lécher de leurs langues flamboyantes tissus et mobiliers, détruisant le bois et enflammant ainsi toiles et drapés. Aussi habile que retors, l'adversaire parvient sous la nuée électrique à échapper aux ripostes arcaniques de son opposant. Une table basse est repoussée devant lui pour faire office de couverture et dans un jet de projectile magique particulièrement précis, l'assassin vient propulser un picot magique droit dans la paume de Mortifère, perforant ainsi le métal tout en faisant cesser les tirs de suppression.

    Bien qu'incapable de ressentir la souffrance à travers ses prothèses, Mortifère traite les membres métalliques comme les siens et vient donc enlever sa main blessée du cadre de la porte. Assis par terre, il s'adosse au mur adjacent pour constater l'étendue des dégâts et réalise alors que son auriculaire et son majeur refusent de répondre convenablement à ses impulsions télékinétiques. Abraham fulmine et constate en pestant contre lui-même qu'il est en train de perdre ce combat basé sur l'attrition. Il devient évident qu'en l'absence de bras fonctionnels, il est tout bonnement cuit.  

    Dans un élan rageur, il manifeste depuis sa paume valide un bouclier foudroyant et pivote dans une roulade féline pour bloquer les projectiles magiques qui filent vers lui en rafales. Après en avoir paré une poignée, il oriente ses yeux vers un tableau encore en bon état qui représente le Sénateur Fraternitas et l'œuvre se met alors à trembloter, avant d'être brusquement décrochée de son support pour venir taper l'arrière du crâne de celui qui se croit bien à l'abri derrière sa table basse. Profitant d'avoir déstabilisé son opposant, Mortifère fond droit sur sa cible dans une ruade sauvage et démolit sur son passage la maigre couverture qui lui barre la route.

    Son bouclier foudroyant s'éteint et les griffes diaboliques se referment sur la gorge du malheureux. Toujours dans cette même lancée, Mortifère projette l'ennemi contre le mur et le dos de ce dernier vient heurter la pierre, lui coupant le souffle tandis que le militaire en profite pour asséner de son poing blessé un coup électrisé en plein foie. Ca devient une technique signature à force, se dit-il lorsque des réflexions parasites viennent le déconcentrer. L'électricité s'insinue dans le corps de l'adversaire et son visage se déforme en une douloureuse grimace. Esquissant un sourire cruel, Mortifère lance d'une voix rocailleuse :

    "J'vous tiens."

    Mais alors que le poing serti de griffes d'aciers s'élève une seconde fois pour porter un assaut similaire au précédent, la main libre de l'assassin est plaquée contre le torse du militaire et dans un rugissement sombre, une masse ténébreuse s'extirpe de la paume de l'étranger pour venir propulser au loin Mortifère qui traverse l'entièreté de la pièce malgré son poids pour ensuite démolir sur sa trajectoire une partie d'un mur menant au salon. Au milieu des décombres, le soldat mécanisé ne peut réprimer une quinte de toux qu'accompagnent quelques goutelles de sang. La cicatrice suturée qui orne ses lèvres vient de se rouvrir, maculant le sol du liquide curieusement mauve qui emplit ses veines.

    A peine a t-il relevé la tête que déjà, son opposant quitte la pièce dans laquelle il s'est initialement replié pour fondre sur lui tout en projetant dans sa course divers projectiles arcaniques qui fusent vers Abraham. Celui-ci lèvre un bras par réflexe pour parer la majorité d'entre eux mais une poignée parviennent tout de même à déchiqueter sa chemise et à tracer d'autres plaies le long de son torse. Cette fois, c'en est trop. Résoudre cette affaire discrètement étant déjà impossible en vue du vacarme ambiant, le militaire laisse l'adrénaline parler et rassemble ses forces restantes pour frapper non pas l'ennemi, mais le sol, ce avec une telle puissance que le plancher se troue sous leurs pieds.

    Dans un fracas massif, les deux combattants tombent un étage en dessous et Mortifère se rattrape tant bien que mal durant sa chute tandis que son ennemi, quant à lui, effectue une cabriole aérienne pour atterrir droit sur un matelas gigantesque. Alors que planches et débris continuent de s'effondrer dans un amas poussiéreux, les cris aigus de deux donzelles résonnent dans les oreilles du supposé assassin. L'homme allongé entre les demoiselles ramène les couvertures vers lui et, sous le coup de la stupeur, il ne parvient même pas à envisager de chasser l'intrus qui se tient à ses pieds, debout sur son lit.

    "Parbleu ! Qu'est-ce que vous fichez ici ? Sortez de chez moi immédiatement !"

    Mortifère se redresse et tend avec autorité son index mécanique vers le nobliau dénudé qui rougit de colère à vue d'oeil. Ses deux compagnes du soir se jettent hors de la couette pour s'éloigner des bagarreurs qui viennent de faire irruption par leur plafond et Mortifère hurle de sa voix caverneuse :

    "Vous êtes priés de rester calmes ! La situation est pleinement sous contrôle, messieurs dames !"

    Il n'inspire pas franchement la confiance et cela se sent, car personne ne cesse de s'angoisser et les piaillements désapprobateurs des filles de joie continuent. Malgré cet échec, Mortifère se rue en avant et lève son bras démesuré pour tenter d'abattre ses serres sur son adversaire. Cette histoire devient un peu trop publique à son goût.
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