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  • Lun 6 Fév - 9:42
    Représailles
    Début Décembre an 3



    Balayée par un vent sec, loin dans les montagnes de Célestia, la neige recouvre totalement la cité d'or et d'argent qui se réveille aux aurores. Un son de cloche retentit et des bruits de pas s'affairent au sein du bâtiment en marbre blanc. Plongée dans un sommeil léger, on vint frapper à ma porte et me sortir de ma torpeur. Fay est à mes pieds et hausse un sourcil intrigué, baillant et s'étirant de tout son long. Je me lève doucement, l'esprit embrumé, tandis que je rêvais encore de l'ange nécrotique m'ayant affublée d'hérésie des titans. Les cauchemars ne cessent de s'accentuer et je suis las de ne plus trouver un repos méditatif. Enveloppée d'une tunique blanche, les cheveux en bataille, j'ouvre la porte et aperçois Anna qui me fixe avec une lueur de malice dans ses yeux bleus. La jeune fille est déjà bien habillée et prête à entamer la journée, s'exclamant avec fougue de vite me préparer pour assister au repas matinal, en compagnie des frères et sœurs. Je lui souris et lui promets de venir au grand rassemblement dans la salle commune, afin de communier tous ensemble. Refermant la porte, les bruits de pas s'en vont et je plonge la tête dans l'oreiller.

    — Mais alors, tu es fatiguée ? Dit Fay, les moustaches retroussées.
    Je suis las. Je ne trouve pas un sommeil réparateur depuis des mois. Je vais finir par avoir des cernes comme lui.
    — Lui ? Tu parles du Reikois ?
    Ne  prononce pas ce mot ici. Si quelqu'un apprend que j'ai passé mon temps avec de nombreux TU SAIS QUOI en dehors des murs de Célestia, je vais me faire taper sur les doigts.
    — ... Tu oublies que tu es la seule à me comprendre ?
    ... C'est le matin, Fay. Le matin.

    Le petit chat noir se met à rire, attendant que je m'habille. Je me pose devant le bureau, ouvre un des tiroirs pour y récupérer ma brosse et aperçois le fameux grimoire offert par Morndrizel. Ce livre où toutes mes pensées et mes envies y sont inscrites. Ce livre qui referme une partie de mon existence et de mes cauchemars, me permettant ainsi de me libérer d'un poids sur les épaules. Je me sens étrangement perdue, vivre ici est un havre de paix où tout le monde est ensemble et aimant. Puis, de l'autre côté, la vie en dehors des murs me manquent. Cette vie où j'ai pu réaliser ce qu'on fait les titans, profanant des terres, détruisant des foyers, parsemant le chaos et la désolation. Mes pères sont des êtres terribles, des Divins qui ont choisi de vouloir faire table rase, qu'il s'agisse de ceux ayant une foi invétérée ou non. Depuis Sancta, depuis mes rencontres avec Aryan, Cornue, Deydreus et Ersa, beaucoup de choses se bousculent dans ma tête. Mon cœur est constamment en proie aux doutes, aux difficultés et à la peur du mensonge. Je déteste le mensonge. Je referme le tiroir et me mets dans ma belle robe noire, revêtant d'innombrables croix et laissant mes ailes blanches à vue. Cette maison est mienne, pour l'instant, tant que je n'aurai pas mis tout cela au clair. Heureusement, je sais que je ne suis pas un être enchaîné et que la terre que je foule, peut être arpentée. Rien ne m'oblige. Rien ne me retient. Je suis libre.

    Fay sur mon épaule, nous nous dirigeons vers la salle commune où nous prions en chœur, mangeons en silence et contemplent par les grandes fenêtres de la bâtisse l'immensité de notre lieu de vie. Ces montagnes si belles, surplombant le monde de toute leur hauteur, dévoilant peu à peu leur façade au soleil. Le chat démoniaque se contente d'un repas à base de poissons, pêchés dans les rivières en contrebas, non loin des rocheuses. La vie y est difficile et tout le monde ne peut pas toujours manger comme il le désire. Les repas sont parfois insipides et sans goût, car la chasse n'aura pas été bonne. Il arrive que lors des tempêtes, les mortels se mettent à manger de la neige pour se sustenter, car les denrées sont difficiles d'accès. Je réfléchis à ce que je vais pouvoir faire aujourd'hui, peut-être allez voir mes croisés et leur proposer de s'entraîner. Le combat contre les geomis en compagnie de la lycanthrope, leur aura marqué les esprits. Ce n'était pas facile pour eux, comme pour moi. Nous avons perdu un frère d'armes et avons recueilli un petit dernier pour remplacer le frère de Vilkas. Vilkas s'est muré dans un silence et s'entraîne nuit et jour depuis la mort de son frère. Je n'arrive pas à trouver les mots justes pour l'apaiser. Soudain, un homme s'approche de moi en me demandant :

    — Dame Luvïel, vous êtes demandés.
    Je vous suis.

    J'emporte Fay avec moi qui termine son poisson d'une traite et m'affaire à l'entrée d'un des temples de Célestia, en compagnie du garde. Quelque chose me dit que ce n'est pas normal. Mes yeux s'écarquillent quand je vois devant moi, l'un des êtres avec qui mon aventure en dehors des murs commença.

    Aryan ! Quel plaisir de te voir ! Je m'approche de lui et l'enlace dans un geste amical. Où est Cornue ? Elle n'est pas avec toi ?

    Et soudain, le ton devient plus grave.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Lun 6 Fév - 23:49
    Il faisait froid dans cette partie du monde, encore plus que de la ou il venait. Pret de Melorn, il faisait surtout humide après tout. Ici, c’était la neige qui avait prit possession des hauteurs, de la montagne, et de la ville qui s'y trouvait en son sein. L'endroit était magnifique. Mais il n'en avait que faire actuellement. Il n'avait qu'un seul objectif, en venant ici. Trouver un allié. Et il n'en avait pas trouvé de plus puissant en réfléchissant quelques heures.

    La première chose qu'il avait fait après avoir pris conscience de la disparition de sa camarade, c’était un rapide étalage de toute les possibilités qu'il avait. Il était doué dans bien des domaines, mais traquer n'en faisait clairement pas parti. Il ne pouvait pas demander de l'aide a n'importe qui. Alors il devait se débrouiller.

    Cependant, même en tournant pendant un moment dans les environs, il n'avait pas trouvé la trace des mercenaires. Ils étaient trop habitués. Et sans doute étaient familier de la région. Il avait donc rebroussé chemin jusqu'à sa carriole, et l'avait dirigé rapidement vers le premier village qu'il avait croisé. Ici, il avait payé une fortune au premier humain ne lui envoyant pas de mensonges a la figure pour s'occuper de ses chevaux et de ses possessions. Il n'avait plus que le brave serpent, remit de ses émotions, qui refusait quasiment obstinément de se desserrer de son cou. Songeant qu'elle serait contente de le voir quand il la retrouverait, il l'avait embarqué dans son voyage.

    La question était d’où aller ? Il n'avait pas la moindre idée de la direction qu'ils avaient prit, a par le fait qu'ils n’étaient pas allé vers Melorn. Ça, il en était convaincu. La route vers le Reike etait la seule solution, mais il y avait tellement de possibilités de camouflage, qu'il avait encore plus de chance de les rater qu'autre chose.

    Alors il avait demi-tour. Il avait besoin d'une personne connaissant bien des groupes de gens pouvant lui être utile. Et Luviel lui avait parlé du nouvel ordre, cette organisation dont elle faisait parti et qui avait un grand nombre de gens pouvant aider dans diverses circonstances. Et pour tout dire, maintenant qu'il avait vécu en compagnie de Cornue, il se retrouva soudainement très seul sur le chemin qui le faisait quitter Melorn. Et Luviel était la seule personne proche qui ne lui était pas totalement indifférent.

    Il parvint a retrouver sa trace vers Celestia. C’était par la bas qu'ils s’étaient donnés rendez-vous, mais il avait quand même fait quelque détour, pour être certain de ne pas se tromper. Et il était finalement arrivé a la ville, puis au temple ou il avait supposé la trouver. On l'avait même guidé a partir d'un certain passage des rues, ou il était tombé sur quelqu'un venant de la et lui avait confirmé la présence de la sainte Luviel dans ces murs. En d'autres circonstance, il aurait sans doute sourit. Pas cette fois.

    Dans son apparence humaine habituel, sans ses ailes, et l'homme en question le dirigea jusqu'au fameux temple ou il pénétra a l'intérieur. Il y avait des croyants un peu partout, et visiblement, un bon nombre d'entre eux vivaient directement la. L'endroit lui paraissait cloisonné, et aussitôt, il pu comprendre pourquoi elle lui avait semblé si fermé d'esprit. Les portes de son esprit n’était qu'une réflexion des ouvertures de cet endroit.

    Quand elle apparut dans son champ de vision, il ne pu s’empêcher de la trouver magnifique. Pas comme Hava. Luviel, elle, était une interprétation de la lumière du monde. Tous ses gestes, son être, semblait porter la bienveillance vers son prochain. Le tableau était d'ailleurs particulièrement ironique. Deux anges, deux personnalités de la même espèce, et pourtant ils ne pouvaient pas être plus différents.

    Il avait le visage défait, un éclat de folie dans le regard, les cheveux en bataille, la chemise déchiré. Il n'avait jamais été le paroxysme de l'angélisme, mais il avait  toujours etait diablement beau. Aujourd'hui, ne restait que l'apparence monstrueuse de la folie qui l'avait un peu gagné durant la semaine de solitude qu'il venait de vivre, imaginant en boucle les pires scénario.

    Quand elle l'enlaça, il répondit franchement a l'étreinte, sans même s'en rendre totalement compte lui même. Il passa les deux bras autour d'elle, et malgré leur cinquante centimètres d'écarts, il la colla contre lui un petit instant. Seul le nœud bleu lui entourant le cou marquait le lien qu'ils avaient encore avec les terrestres. Telle une gravure, la plupart des témoins avaient le souffle coupé par la scène devant eux.

    Il la relâcha, et secoua légèrement la tête en entendant sa question. Justement. Il était la pour ça.

    - ...Je n'ai rien contre tes fideles, belle Luviel, mais nous n'avons peut etre pas besoin de nous donner en spectacle de la sorte, si cela ne te dérange pas.

    Puis il inclina légérement la tete.

    - Pardonne moi de venir troubler ta quietude. Pouvons nous parler un peu ?
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 7 Fév - 9:07
    Aryan me semble tendu et lorsqu'il évoque pouvoir parler en toute tranquillité, je l'invite à me suivre par la voie des airs, passant par-dessus les bâtiments d'or et d'argent ainsi que des immenses statues à l'effigie des titans. Je sais que celui-ci montre rarement ses belles plumes, exceptionnellement, il nous faut de l'espace et de la sérénité. Serrant Fay dans mes bras, je déploie les ailes et commence à me soulever. Le vent s'engouffre dans mes ailes et un sentiment de liberté m'empare. Depuis mon récent combat avec les engeances nécrotiques dans la ville éloignée des terres shouméïennes, une cicatrice s'est formée sur mon aile droite, y laissant quelques plumes au passage. Toutefois, j'ai recouvert du poil de la bête et peux continuer à voler. Lors de notre envol, quelques croyants lèvent les yeux, se les frottant l'espace d'un instant, bien que nous ayons déjà disparu dans leur sillage. Talos ne s'est pas représenté depuis un moment, il est même probable que certains l'aient confondu avec Aryan qui m'accompagne. Nous nous aventurons au niveau de l'endroit où siège le Conclave, une épaisse neige recouvre la table massive et l'endroit est baigné par la lumière de l'aurore. Les grands rochers qui juxtaposent la pièce sont à l'effigie d'autres déités, certaines ont été dégradées par le temps. Des souvenirs me reviennent en mémoire, cet endroit où Seagan annonçait les préceptes du Nouvel Ordre avec la Main, dont j'en fais partie. Aujourd'hui, le Nouvel Ordre a vu de nombreux changements et la Main elle-même fut modifiée. Toutefois, je garde ma place en tant que protectrice du peuple et espère faire valoir mes mots auprès du haut-prête, s'entêtant dans une frénésie et un fanatisme bien trop virulent. Je me place près d'un pilier, posant pied à terre, mes bottes en cuir laissent la traînée de mes pas tandis que je fais le tour de la pièce avant de détourner la tête et d'entamer cette conversation.

    Il est arrivé quelque chose à Cornue, j'imagine ?

    L'ange aux cheveux hirsutes me paraît bien différent lors de notre première rencontre. Je ressens sa fatigue et remarque également le petit serpent, emmitouflé près du cou de l'ange aux ailes non-apparentes. Jamais Cornue ne se serait séparé de son fidèle allié. Je toise mon ami et trouve cela étrange de rencontrer un congénère qui n'arbore que très rarement ses attributs raciaux. Son regard est ténébreux et froid, bien plus glacial que les tempêtes de neige un soir d'hiver. Fay me demande de la laisser glisser sur l'épais drap blanc, ses pattes s'enfoncent profondément dans la poudreuse. Celle-ci a du mal à monter sur la table massive. Elle se rapproche de l'ange sans ailes et fait une mine de dégoût.

    — Encore un autre dégénéré.
    FAY !
    — Attends ...

    Fay se rapproche d'Aryan et commence à le renifler. Une odeur remplit ses narines, elle ne provient pas de l'être angélique, mais de quelque chose d'autre. Cela lui rappelle sa propre odeur.

    — Un démon. Il y avait un démon avec lui. Le petit chat noir commence à regarder avec un grand intérêt le grand homme. Racontez-moi votre histoire.
    Excuse-moi, Aryan. J'ai oublié de te présenter ma nouvelle compagne. Elle s'appelle Fay et comme tu peux le voir, il s'agit d'un chat. Enfin, un démon métamorphosé en chat. Ce serait assez long à t'expliquer. En-tout-cas, elle a reconnu l'odeur provenant de la nature démoniaque en appartenant à Cornue. Elle demande à ce que nous racontions notre histoire.
    — Cornue ? Ce démon s'appelle Cornue ? Intéressant.

    Le petit chat se lèche les babines, ses yeux ronds de billes ne cessent de toiser l'ange qui lui fait face et attend avec impatience qu'Aryan donne plus de détails sur la situation. Quant à moi, j'écoute attentivement les tracas de ce cher Aryan. Il parait si perdu, prit dans une certaine hystérie avec l'absence de Cornue. Ce démon a la peau rosée a bien plus de charisme que n'importe quel être vivant sur tout Sekaï, moi-même, j'y ai succombé. Dès le départ, lors de ma rencontre, ces deux êtres semblaient si proches bien qu'ils soient si différents. Je comprends parfaitement le désarroi de mon cher ami, en proie à la colère et à la panique. Comment savoir où peut-elle être, si nous ne récoltons pas plus d'informations ? Dans tous les cas, je suis aussi choquée par sa disparition. Le malin est présent partout et il est prêt à attaquer, à piller, à voler, à kidnapper nos biens les plus précieux. L'amitié et l'amour en font partie.

    Tu sais que tu peux compter sur moi, Aryan. Tu as bien fait de venir. J'aurai tellement à te dire, tellement à te montrer. Deux mois se sont passés depuis notre dernière rencontre... Tu n'imagines pas tout ce que j'ai vécu.

    Mon regard s'illumine et je regarde la petite dague offerte par le reikois, siégeant à mon ceinturon. Oh non, il ne se doute pas.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mar 7 Fév - 20:02
    Aryan hocha brièvement la tête quand Luviel lui proposé de s'éloigner. Oui, ça valait mieux. Il etait déjà fatigué des regards adorateurs posés sur eux. Sur elle, plus particulièrement. Encore une preuve qu'il n'avait pas eu toute les informations sur elle initialement. Impossible de comprendre le monde réel dans un endroit pareil. Ou tout allait dans son sens, ou sa parole etait pureté et vérité absolue, sans remise en question. Et si son supérieur pensait aussi comme elle, alors forcément, elle avait cru être dans le vrai.

    Ses yeux se posèrent sur son aile un bref instant quand elle décolla, et il la suivit sans ses ailes, qui restèrent dissimulées. Il n'avait pas vraiment envie de trop se montrer. Surtout ici. Il ne voulait pas les rejoindre. Pas sans avoir le contrôle et dicter ses propres regles. Et actuellement, il n'etait plus en contrôle de quoi que ce soit.

    Alors qu'il volait, il s’arrêta au milieu de sa trajectoire, et posa les yeux sur les grandes statues représentant les entités divines. Il observa en silence, donnant l'impression loin sous eux qu'il était simplement en lévitation. A force de voir des êtres voler, ce n’était pas si choquant cependant. Il croisa les bras, l'air songeur. Il sentit cependant la créature autour de son cou se serrer légèrement, l'air peu a l'aise, et il reprit le voyage derrière le dos de Luviel.

    A une autre époque, il aurait longuement observé la grande salle ou l'ange se posa, et lui derrière. Il y faisait frais également, mais la lumière semblait plus aisément atteindre le sol et les alentours. Il secoua la tete lentement, ne parvenant pas a s’enthousiasmer comme il aurait du le faire.

    Au lieu de ça, il fit quelque pas rapide vers Luviel, avant que le chat n'ai commencé a bougé. Il la prit par la taille avec fermeté, enroulant son bras autour d'elle, et la fit se tourner de profil, les yeux posés sur son aile blessé. De sa main libre, il vint frôler les plumes, d'une blessure qu'il n'avait pas les compétences pour faire disparaître les stigmates les plus profondes. Il ne fit aucun commentaire mais son regard voulait tout dire. Elle avait gouté au monde.

    Il recula, et posa les yeux sur le chat qui venait le renifler avec un désintéressement certain. Il n'etait pas venu la pour rencontrer ou apprendre, mais pour évoquer son problème. Il etait de base assez autocentré, mais c'etait encore pire en ce moment. Rien n'avait d'importance. Il pensait a Hava chaque seconde. Et semblait souffrir mentalement.

    - Un démon...hum.

    Elle prend la parole, évoquant un dialogue sourd entre elle et la créature. Un lien mental existant probablement, dont la fondation lui est inconnu. Un lien intriguant qu'il aurait sans doute l'interet d'explorer un autre jour. Pas aujourd'hui. Il baissa la tete vers le chat et sembla s'approcher d'avantage d'une courbette que d'un regard.

    - Enchanté de vous rencontrer, Fay.

    En songeant a la réaction qu'elle avait eu en rencontrant Cornue et trouva ça un peu ironique que deux mois plus tard elle ai sa propre « compagne ». Mais les gens changeaient vite. Sans doute juste un peu moins vite pour des etres millénaires comme elle.

    - Désolé de vouloir t'interrompre sur le sujet mais en effet, je suis la pour autre chose.

    Il ne voulait pas paraître le moins du monde malpoli et a vrai dire, il était vraiment et sincèrement intéressé par elle. Physiquement, mentalement, par ses histoires. Mais pas actuellement. Aujourd'hui, il voulait partir le plus rapidement possible.

    - Tu as vu juste, Hava...enfin, Cornue a eu un problème.

    Il bougea un peu, les yeux toujours sur le chat, puis tantôt un peu plus concentré sur la salle. L'endroit était majestueux, et l'un des centres politiques majeurs du monde. Et pour autant, il n'arrivait pas a retrouver cette étincelle qui l'avait porté depuis sa « naissance ».

    - Je n'ai aucune piste, et personne de confiance. A part toi.

    Il ne savait pas trop quoi faire, comment lui demander. Il n'avait jamais de toute sa vie demandé a qui que ce soit un service. Et voilà qu'il demandait autant a Luviel. Elle ne se rendait pas forcément compte de ce que cela impliquait en terme d'importance pour lui.

    - S'il te plait.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Mer 8 Fév - 10:09
    Il est si fermé, si sombre, si froid. Je me renferme comme une huître et comprends que la priorité n'est autre que Cornue. Je comprends son désarroi et la panique qui l'envahit, bien qu'il ne le montre presque pas. Ses cheveux en bataille et son ton glacial, la rigidité de ses mouvements et sa nonchalance, Aryan ne compte pas s'éterniser et il a sûrement raison. Je lui demande d'attendre quelques instants, histoire d'aller récupérer quelques effets personnels puis nous partirons ensemble. Fay revient sur mes épaules et je m'en vais, le laisser seul quelques minutes pour pouvoir attraper ce dont il me fallait. En revenant dans ma chambre, passant par la grande bâtisse, mes pieds foulent le sol avec rapidité. Anna et Elsa m'interpellent et s'approchent, leur regard inquiet :

    — Dame Luvïel, vous partez ? Questionne Anna.
    — Dame Luvïel, quand reviendrez-vous ? Demande Elsa.

    Je regarde les jumelles qui ont un air désolé, leurs yeux ne cessent de me dévisager comme si on remarquait quelque chose. Mes émotions, sont-elles si facilement reconnaissables ? Je ne sais pas garder des traits impassibles, ce n'est pas dans ma nature. Prenant une profonde inspiration, je caresse une mèche de cheveux à l'une et pose une main sur l'épaule de l'autre.

    On a besoin de mon aide, par-delà les montagnes. Bien plus loin que je ne l'ai jamais été. Veillez sur vous, je reviendrais, mais pour l'heure, je ne peux vous dire quand. Prévenez Alphys que je ne serai pas disponible et que, s'il a besoin de quoi que ce soit, qu'il n'hésite pas à demander auprès de vous ou de Seagan.

    Toutes deux acquiescent et s'en retournent prier. Je les laisse avec l'image d'un sourire sur mon visage, tournant également les talons dans ma chambre, prenant soin de fermer la porte. Je ne veux pas être épié, à Célestia tout se sait, tout s'entend. Je m'empare rapidement d'une besace et y mets deux grimoires, celui des plantes que j'ai longuement conservé avec de nombreux croquis et détails, puis le grimoire à la couverture noire. Je ne peux le laisser ici, de peur que quelqu'un fouine dans mes affaires. Fay prend avec elle une pelote de laine que lui a offerte Anna, ce sont de braves jeunes femmes avec le cœur sur la main. Je les considère comme mes véritables petites sœurs. Je rajoute ma potion de vérité, sait-on jamais qu'elle pourra me servir à un moment ou un autre. J'avais une idée sur son utilisation seulement, ce n'est peut-être pas le bon moment. Le couteau sur le ceinturon enveloppé d'un tissu rouge siège toujours à mon ceinturon, je ne m'en séparerai pour rien au monde. J'hésite à prendre ma claymore et décide de la laisser dans la chambre. Ce serait trop flagrant. Je compte sur mes pouvoirs avant tout. Prenant une espèce de gros sac dans le dos, Fay s'y installe et je m'échappe de mon dortoir pour revenir auprès de mon ami, attendant impatiemment notre départ. Nous n'avons pas eu le temps de converser. Il est arrivé si prestement. Une fois de retour au conclave, je fais un signe de tête pour signaler que tout est en ordre.
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  • Mer 8 Fév - 22:30
    Il resta silencieux, et la regarda s'éloigner. A la fois satisfait de sa rapidité de réaction, mais aussi avec une sensation...de vie, étrange. Il n'avait pourtant pas du tout pensé a la façon dont allait se passer cette rencontre. Il n'avait pensé a rien, a part venir la chercher pour obtenir de l'aide, mais maintenant qu'elle etait devant lui, son regard, son visage l'avait frappé. Et puis elle s'etait envolé, et il s'etait sentis mal a l'aise.

    Hava. C’était sa faute. A force de l'écouter, a force d'apprendre a s’intéresser a elle, il avait développé des émotions qu'il n'avait plus eu depuis...jamais. Peut être que ce n’était pas qu'il ne ressentait rien. Mais plutôt qu'il n'en avait pas été capable jusque la. Et en y songeant, il se demanda si c’était uniquement sa mémoire qui avait disparut, et pas une partie entière de lui même.

    Il patienta en observant avec de grands yeux les statues. Était ce vraiment ses créateurs ? Venait il du néant, ou bien Luviel pouvait elle se tromper ? C’était une question qu'il voulait avidement résoudre. Mais en attendant, il sentait qu'il avait quelque chose a faire.

    Elle se retrouva finalement dans son champ de vision une petite heure aprés son départ. Son chat dans un grand sac qu'elle portait sur le dos, l'air prete a partir au combat. Elle n'avait aucune information sur les événements. Ils n'avaient pas parlés. De rien. Elle s'avança vers lui, avec sa traditionnelle présence lumineuse, mais d'une façon moins ouverte que précédemment, comme dans la crainte qu'il s'énerve contre elle.

    - Je suis prêt a partir, oui. Nous devons aller vers le nord. Vers Melorn. De la nous récupérerons ma carriole. Nous ne pouvons pas rester constamment dehors. Ce sera plus lent mais plus sur pour nous et...

    Il sembla hésiter. Elle avait ses ailes déployées, prête a s'envoler, quand soudainement, il s'arreta, et lui attrapa le poignet doucement avant de l'attirer vers lui. La première fois, elle etait venue pour l'enlacer et il avait a peine répondu. Cette fois il décida de faire l'inverse. Il avait envie de la soulever dans ses bras, un peu comme Hava, mais c’était peut être une mauvaise idée alors il la serra simplement contre lui.

    - Pardonne moi, Luviel. J'ai eu une attitude stupide a ton égard.

    Oui, c’était ça qu'il devait faire. Lui parler. Lui parler vraiment, contrairement a précédemment ou il avait était une sorte d'épouvantail inerte, totalement bloqué sur une seule pensée, la meme qu'il avait eu littéralement tout le long de la semaine. Cette fois, il était temps de changer un peu. Comme lors de cette soirée ou ils s’étaient reposés avec elles deux dans sa carriole, collés tous les trois ensemble. Avec elles, il pouvaient être plus.

    - Je n'ai pas su t'écouter, et je n'ai pas su ouvrir un lien alors que nous ne nous sommes pas vu depuis longtemps. Je n'ai pas été a la hauteur.

    Il soupira, sans la relâcher, sauf si elle faisait le moindre geste pour s'écarter. Il ignorait toujours un peu le chat, mais pas Luviel sur qui toute son attention etait posé a présent.

    - Je suis inquiet. Très inquiet. Je ne t'ai pas encore raconter et je pense qu'il vaut mieux attendre d'arriver la bas pour. Mais ce n'est pas ta faute, et tu ne dois pas payer ce poids que j'ai sur le cœur.

    Il la relâcha enfin, si ce n’était pas déjà fait, et pencha le visage pour l'observer d'assez prêt dans les yeux, avant de lever la main et de lui caresser gentiment la joue, puis de se redresser, sans vraiment la regarder a nouveau.

    - Mais sans rien savoir, tu as aussitôt accépté de venir. Je m'excuse aussi pour la derniere fois. Peu importe tes croyances et nos différences sur divers sujet, tu es une belle personne. Un grand cœur.

    Et finalement, en baissant un peu la tete comme pour s'incliner, acheva.

    - Et grâce a ta présence, le mien est un peu plus léger.
    Invité
    Invité
    Anonymous
  • Ven 10 Fév - 13:34
    Nous irons donc vers le Nord, aux abords de Melorn. J'ai déjà entendu parler de cette ville, sans y avoir déjà mis les pieds. J'espère pour lui que sa carriole est en sécurité, la plupart de ses affaires doivent y être cachées. D'autant qu'il semble parcourir fréquemment les terres en compagnie du petit démon. Malheureusement, elle n'a plus donné signe de vie. Soudain, il me prend le poignet et m'attire, m'enlace et demande le pardon. Il paraît confus, ses mots se délient et je peux lire dans son regard perçant une pointe de chagrin. Tandis qu'il me dit ce qu'il a sur le cœur, je l'écoute sans broncher, ses gestes sont tendres, mais je vois bien qu'il est déboussolé. Dans la continuité de ses paroles, il s'excuse de son comportement suite à notre dernière rencontre, vis à vis de ma croyance. S'il savait tout ce qui me tourmente à présent, je reviendrais certainement sur des mots. Lorsqu'il évoque que je suis une belle personne, je le regarde avec un sourire et le remercie pour son retour. Je lui réponds avec douceur :

    Nous en parlerons en chemin, ou bien une fois sur place. Je te raconterai ce qu'il m'est arrivé durant le trajet. Nous avons le temps avant de nous diriger vers Melorn. Je te laisse prendre les devants.

    Suite à cela, nous nous envolons de nouveau. Un simple regard en arrière et sans même un adieu, nous partons vers les terres shouméïennes. Le temps est radieux en cette journée d'hiver, nous dévalons le pan des montages, le vent siffle entre nos oreilles, Fay se cramponne en admirant le paysage. Nous apercevons des animaux sauvages, des rivières, la tranquillité des lieux glacés sans pour autant y poser le pied car les dangers rôdent. Nous apercevions de plus en plus de reikois dans les environs, comme un signe de leur avancée dans les terres désolées, certains de ces hommes sont des scélérats sans aucune once d'empathie. Je comprends la colère de mes confrères lorsque l'un deux s'en prend à ceux désirant vouloir s'échapper des terres détruites pour venir se réfugier chez nous. Seulement, la montée est difficile de par sa faune et sa flore ainsi que des bandits et des officiers reikois. Le voyage dans les airs semble interminable, nous traversons moult vallées et clairières, terres arides et rocheuses pour arriver à un endroit où je n'avais pas encore mis les pieds.

    Pendant ce temps, je lui raconte ma rencontre avec un groupe armé m'ayant sauvé des griffes de Geomis et d'un spectre m'ayant terrifié. Je lui parle des morts-vivants et des abominations rencontrées, le flux de magie de X'O-rath qui a ravagé les terres et détruit les âmes. Des êtres infâmes qui ont ressuscités sous des formes particulières, à la fois dotées de crocs, de griffes, de chair. D'autres portaient des plumes ou des membres multiples. Je lui évoque l'ange nécrotique m'ayant traité "d'hérésie des titans", tandis que l'officier du groupe et moi-même nous tuons l'engeance des titans. Je lui parle de la crypte aux murs effroyables, mus par des visages hurlant à l'agonie, de l'invasion des rats, des énormes insectes à la chitine blanche et aux mandibules monstrueuses. Je lui parle de l'apôtre Raguiel et du spectre démoniaque, des combats ardents et de la fureur ressenti. Je lui parle de la louve rencontrée dans la forêt avec qui j'ai combattu une dizaine d'araignées géantes, dont la mère des Geomis. J'évoque la mort du frère de Vilkas qui est un des membres de mes croisés, ce fut vraiment difficile et notre moral en aura prit un coup. La louve nous a protégés alors qu'elle savait que nous étions du Nouvel Ordre. J'évoque vaguement ma rencontre avec un démon, accompagnée de la liche, pour pouvoir libérer une ville entravée par une magie temporelle et d'encore bien d'autres choses. Fay écoute les histoires et ne prononce aucun mot, se sentant un peu malade à force de rester dans les airs.

    Je ne lui dis pas tout, bien entendu. Il y a des secrets que je ne veux pas dévoiler, d'autant que la louve m'a laissé un pendentif que je cache sous ma tunique noire. Notre traversée sous le soleil m'enivre, bien que nous ne soyons pas encore parvenues à l'endroit voulu. Je suis Aryan du regard et espère qu'il ai pu écouter toutes les péripéties qui me sont arrivées. De toute manière, il vaut mieux qu'il comprenne qu'entre aujourd'hui et hier, des changements ont opérés dans ma personnalité. Je suis devenue plus déterminée que jamais et ai enfin réussit à me libérer des chaînes d'un passé qui me hantait.
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  • Sam 11 Fév - 17:18
    Il l'avait relâché sans un mot supplémentaire. Elle était différente de la première fois. Il se trouva étonné de penser qu'un ange aussi ancien pouvait connaître un si brusque changement de personnalité, mais visiblement, c’était bien le cas pour Luviel. Il s'envola après elle, et pour une fois, laissa apparaître ses grandes ailes blanches immaculés. Les ailes de Luviel lui donnaient un air étrange, bien grande vis a vis de son corps. De son coté, elles étaient assez proportionnelles.

    Elle commença a lui raconter des histoires qui venaient d'avoir lieu. Elle lui raconta sa vie. Ses péripéties. Et alors qu'il avait songé plutôt ne pas être intéressé, il se laissa se perdre dans la multitude de détails qu'elle lui offrait. Les aventures, la peur, la mort. Elle avait rencontré beaucoup, et ça revint a sa pensée initiale. Derrière les grandes portes du temple, il était normal qu'elle n'ai pas pu, plus tôt, comprendre réellement ce qu’était le monde et ceux qu'elle prenait pour des dieux.

    - Il s'est passé beaucoup de choses.

    Quand elle eu fini, ils avaient voyagé toute la journée depuis le départ, puis la journée du lendemain. Ils étaient maintenant tout au nord du Shoumei et avait dépassés Sancta. Il n'avait rien dit d'autres, la laissant parler comme elle voulait, et alors qu'ils approchaient du bras de mer séparant le Shoumei du nord, il se dirigea vers le sol.

    - Tu as changé Luviel, en bien, je trouve. Tu as l'air de mieux comprendre les mots que je te disais.

    Il observa l'étendue aqueuse, en songeant que c’était la qu'ils avaient traversés, lui, Cornue, et les montures, quelques semaines plus tôt a peine. Les choses changeaient rapidement pour tous le monde. Luviel, lui, Hava. Le temps était immuable, et personne ne pouvait prédire ses fluctuations.

    - Nous sommes passés par la avec Hava. Il faut traverser et rejoindre les forets du nord. Ça a eu lieu un peu avant Melorn. Mais ca ne sert a rien de nous épuiser en vol. Nous avons voyagé deux jours sans interruption, le moment est peut être venu de faire une pause.

    Il laissa ses ailes disparaître en posant les yeux sur le démon chat qui se trouvait dans le dos de sa partenaire. C’était visiblement une créature calme, qui n’était pas douée de la parole comme pouvait l’être Hava ou bien Rêve. Il n'avait pas fait un bruit de tous le voyage, et semblait incapable d'etre autre chose...qu'un chat.

    - Nous pouvons aussi forcé le trajet et continuer. Mais perdre une soirée a prendre du repos ne changera pas la finalité et nous serons en meilleur forme.

    Il suffisait de trouver un abri. Les petites grottes et les cabanes abandonnés etaient légions, par ici, surtout depuis la guerre ou une grande partie de la population etait partie en exode. Sans sa carriole c’était plus compliqué, mais ils y seraient d'ici deux ou trois jours maximum, et pourraient commencer les recherches.

    Maintenant qu'il y pensait, il ne savait même pas vraiment pourquoi il était venu trouvé Luviel. Il avait trouvé une excuse plus tôt, mais ça ne faisait pas vraiment sens et c’était loin de sa logique habituelle. De son pragmatisme. Il voulait sans doute être simplement avec quelqu'un, ne plus voyagé tous seul. En regardant le chat, c'etait ce qu'il avait en tete.

    - Fay ne parle pas, donc ? Comment vous etes vous rencontré ? Tu ne m'en a pas parlé.

    Tout en posant la question, il commença a marcher, cherchant un abri si elle voulait bien faire une pause, ou bien se prépara a s'envoler a nouveau si elle etait prete a continuer.
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  • Sam 11 Fév - 23:17
    Deux jours se sont écoulés, nous avons volé plusieurs heures et fait quelques haltes pour que Fay s'hydrate. L'ange n'a pas dit grand-chose, concentré dans ses pensées. Aryan est un individu étrange, un confrère qui ne montre jamais ses sentiments et préfère vivre en solitaire, ou presque si l'on excepte Cornue. Il est plutôt un être individualiste et intéressé, cherchant à comprendre et à analyser ceux qui l'entourent. Seulement, sans le petit démon rose à ses côtés, il paraît si terne, si triste, si ... vide. Nous changeons tous avec le temps, pour certains cela prend plusieurs mois, voir des années. Mon confrère a évolué depuis qu'il est aux côtés de Cornue. Pour moi, cela m'a pris deux mois pour constater les méfaits de mes ainés, de mes pères, des titans tant priés. Ai-je mieux compris ses dires par rapport à notre rencontre passée ? Oui. Et il m'a fallu vivre des moments intenses, douloureux et effroyables pour réaliser que je suis libre de mes mouvements. Le monde est impitoyable et injuste, nous vivons des instants qui nous paralysent, nous angoissent, nous asservissent. Il ne faut pas faillir, jamais, car ce serait renoncer à sa propre existence et à ses rêves. L'ange se dresse devant moi, contemplant cette eau s'étendant jusqu'à l'horizon. Je crois que c'est la première fois que je vois une telle étendue marine. C'est si différent des rivières et des lacs glacés qui bordent les montagnes enneigées. Je suis abasourdie par une telle richesse, l'eau est si calme et le son du clapotis me berce. Je dépose mon sac contenant Fay et observe silencieusement les environs, tandis qu'il m'explique vouloir traverser pour rejoindre les terres du nord. N'ayant jamais aperçu les immensités des terres sauvages, par-delà les terres détruites de Shoumeï, je me rends compte qu'il y a encore tant de choses à découvrir. Je finis par acquiescer lorsqu'il propose de se reposer. Après tout, nous ne pourrons pas faire davantage de trajet et il est primordial de rester au meilleur de notre forme. Soudainement, le bel homme me pose une question vis à vis de la petite chatte au pelage noir. Je le regarde, lui sourit et lui explique avec douceur :

    Après avoir été à Sancta, je me suis séparée de mes croisés et de Morndrizel. J'ai préféré rentrer seule des suites de cette mésaventure pour le moins ... inhabituel. Je n'étais pas bien. Même tourmentée par ce qu'il s'y était passé. Alors, pendant mon cheminement, jusqu'à retourner à la maison, j'ai décidé de poser pied à terre et me suis retrouvée non loin d'une clairière. Je prends une pause et dévie mon regard vers le soleil couchant. De là, j'y ai vu des corbeaux s'en prendre à un chat. Je pensais partir, ne voulant suivre ce spectacle jusqu'à ce que j'entende son cri. Ce n'était pas un cri animalier. C'était sa voix qui me hurlait de l'aider, ce que j'ai fait. J'ai déjà le don de parler aux animaux pourtant, cette petite demoiselle m'a fièrement expliqué qu'elle n'est pas seulement une âme à quatre pattes. Elle m'a raconté son histoire et je compte l'aider à retrouver sa forme originelle.

    Nous nous dégourdissons les jambes et cherchons un abri. Nous arpentons la berge, à l'affût de la moindre protection pour cette nuit. Nous finissons par trouver une cabane de pêcheur complètement vide et abandonnée. Le bois est rongé par l'humidité et cela doit faire plusieurs années qu'aucune âme n'y vive. Un petit ponton est érigé, maintenu par des cordelettes et des gros rondins de bois. Il n'y a rien d'autre si ce n'est un paysage qui s'obscurcit et le bruit de l'eau qui frappe le ponton. Nous nous aventurons tous les trois à l'intérieur de la petite cabane, où une seule pièce nous tend les bras, complètement dépouillée. Cela nous suffira pour l'instant et je prévois de nous réchauffer avec un petit feu. Cherchant des pierres, des brindilles et des algues séchées, je dispose le tout au centre de la pièce, disposé sur un plateau de pierre les récoltes du soir. Je claque des doigts et une petite flamme jaillit des brindilles pour devenir un brasier. Les flammes se mettent à danser, nos ombres se muent et l'air marin nous embaume les narines. Fay s'en va chasser cette nuit, me laissant seule avec Aryan. La présence de Cornue nous manque et il est évident que je ne pourrais aider et rassurer l'ange aussi bien que je le souhaiterais.

    Ne perds jamais espoir, Aryan. Nous la retrouverons, même si cela doit durer plusieurs jours, plusieurs semaines ou plusieurs mois. Rien ne me retient à Célestia. À part peut-être mes hommes et mes jumelles, celles que je devais vous présenter. Soit assuré que je serai à tes côtés. Nous n'avons peut-être pas été en mesure de bien nous comprendre lors de notre première rencontre mais, vous m'avez profondément marqué. Je souhaite vous aider autant que je le peux. Reposons-nous avant de nous envoler. Fay rentrera certainement un peu plus tard, elle reviendra.

    La petite chatte a toujours aimé chasser, même lors des nuits froides et ténébreuses. Je m'approche d'Aryan et me pose contre le sol, admirant le plafond sans réel grand intérêt. Je me demande comment vont être les nouvelles terres à explorer, quels seront les chemins à arpenter et surtout, avoir une piste menant à Cornue. D'ailleurs, je relève un sourcil et demande à l'ange :

    Pourquoi appelles-tu Cornue, Hava ?
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  • Mar 14 Fév - 11:35
    La cabane était abîmé par le temps, par les intempéries. Par la pluie, par le froid de la période. Pourtant c’était assez agréable de se couper de l’extérieur, même dans un endroit aussi reculé et loin de tout. Il laissa faire Luviel qui sembla avoir prit les choses en main pour l'installation du petit camp. Ils n'allaient certainement pas dormir, mais au moins se reposer un minimum. Et donc, pendant qu'elle prépara la chaleur, lui s'occupa de tirer ce qu'il pouvait trouver de la cabane.

    Il tira ainsi plusieurs afin de rapprocher des fauteuils défoncés qui feraient bien l'affaire pour le peu qu'ils allaient rester ici. Il n'avait pas du tout d'affaire, alors c’était un peu dur, sans coussin ou couverture, mais c’était toujours mieux que par terre.

    En prenant place, il observa le chat sortir. Un démon qui allait chasser, c’était encore une nouveauté, et il ne savait pas vraiment si c’était un démon transformé en chat ou un chat transformé en démon. Tout ce qu'il apprenait sur Fay aller littéralement a l'encontre de ce qu'il avait apprit en côtoyant Cornue et Rêve.

    - Tu crois au destin, Luviel ?

    Son histoire était un peu étrange. Après une telle aventure, voilà qu'elle tombait par hasard, une fois seule, sur cette créature qui semblait littéralement la pour elle. Au bon endroit au bon moment. Lui aurait songé que rien était fait par hasard, jusque la. Mais depuis Hava, il n’était plus tout a fait sur. Si c’était simplement la chance ou autre chose.

    - C'est le nom que je lui ai donné. Havered. Un jour, ca m'est venue comme ça. Cornue etait une surnom. Elle cherche son vrai nom. C'est ce que j'ai cru comprendre dans ses paroles.

    Quelque chose qu'elle ne savait pas, qu'elle était désespéré de retrouver, mais qui restait obstinément sombre dans ses pensées. Comme lui dans une certaine mesure. Ils avaient de nombreux point commun au cœur de leur différences. Elle etait un socle pour lui dorénavant. Une lumiere qu'il pouvait suivre.

    - Nous avons rencontrer un autre démon. Il a dit des choses qui l'ont perturbé. J'etais inquiet. Un peu.

    C’était le bon moment pour lui raconter les événements qui avaient eu lieu juste avant la disparition. Il ne savait pas exactement ce qui avait eu lieu, mais il avait des hypothèses, et les actions précédents l'action pouvaient donner des indices.

    - Ca l'a fait beaucoup réfléchir. C'est un etre qui se pose constamment beaucoup de question sur qui elle est, sur ce qu'elle va devenir. J'essaye de l'aiguiller sans avoir moi meme des réponses exactes a lui donner. Cette fois la, les phrases de son homologues ont fait plus de chemin dans son esprit que je ne l'aurais voulu.

    Il ne pouvait pas contrôler entièrement la vie de son amie, mais il voulait être capable de la détourner d'un chemin qui pouvait potentiellement l'éloigner de lui. C’était égoïste, mais il ne pouvait rien y faire. Il ne voulait pas qu'elle s'en aille.

    - Nous pourrons t'aider si tu veux. Pour le probleme de Fay, je veux dire. Si tu as besoin.

    Il baissa les yeux aprés avoir ainsi changé de sujet, les idées se succedant dans sa tete comme toujours.

    - Oh, je disais, oui, elle est partie toute seule, dans les bois. Une heure...deux heures. Il a commencé a pleuvoir et dorénavant, elle revient toujours quand il pleut. Mais rien cette fois. Je suis parti la cherché...j'ai trouvé du sang, et une substance utilisé pour la chasse...ainsi que Serpent quasiment mort.

    La créature s'enroula un peu plus autour de son cou, un peu traumatisé d'avoir ainsi frôlé la mort.

    - Je n'en sais pas beaucoup plus.
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  • Mar 14 Fév - 13:14
    Je ne sais pas si on peut parler de Destin. Les titans m’ont donné une mission que je n’ai pas réussi à accomplir. M’aurait-il donné une quête, sachant que je ne serai pas capable de l’achever ?

    Je plonge mon regard dans les flammes, écoutant les paroles d’Aryan. Havered, quel joli nom. Je comprends un peu plus la recherche d’identité du démon rosé. D’autant que je compatis aux questions multiples que l’on se pose fréquemment, ne sachant pas vers où aller, ni quoi faire, ni qui sommes nous réellement. J’aurais aimé apporter à Hava ce que j’ai appris durant ces deux mois passés en dehors de Célestia, et de toutes les horreurs du monde dans lequel nous vivons. Si un autre démon lui a apporté des réflexions sur son existence, bien que cela l’ai bouleversé, il est possible que la discussion qu’elle a eue auprès de lui l’ait aidé à grandir, tout comme moi avec Deydreus. Je remercie Aryan vis-à-vis de Fay, ce petit démon métamorphosé en félin risque de vivre de nombreuses vies à mes côtés. Il va nous falloir trouver un moyen de la faire redevenir comme elle était, retrouver sa forme originelle. Quant à la disparition de Cornue, je pose une main sous mon menton et me demande si celle-ci a appris à se battre. De plus, si serpent a été retrouvé à l'agonie, quelque chose de grave s'est effectivement produit vu qu'elle ne s'en sépare pas. Tout ce que l'on peut imaginer, c'est qu'elle a dû attirer l'œil. Qui serait assez stupide de vouloir s'en prendre à un démon ? Qui oserait récupérer un petit démon rosé et si doux ? Mes réflexions ne me mèneront nulle part. Une fois avoir traversé la mer, que ferons-nous ? De plus, je n'ai jamais été sur les terres reikoises, d'autant que les anges sont encore mal vus, il me faudra faire attention à mon apparence. Je pose un regard au plafond et ferme les yeux, tentant de comprendre les méfaits qui se sont déroulés.

    La nuit m'agite, j'ai l'impression de sentir de la fumée qui envahit mes poumons. Prise dans la torpeur, je suis portée par mon confrère, tandis que j'ouvre les yeux. La cabane est en proie aux flammes et Fay feule avec force, griffes en avant et recule lorsqu'un coup de queue vient abattre le petit cabanon. Deux entités marines nous ont attaqués, Fay les ayant menés suite à une mystérieuse chasse nocturne. Elle n'a pas le temps de m'expliquer et s'approche vers moi, montant dans mes bras. Nous n'avons pas le temps et il nous faut économiser des forces, alors nous nous envolons alors que les deux monstres écailleux s'en prennent au ponton. Leurs coups sont puissants et les rondins de bois explosent en mille morceaux lorsque qu'Aryan et moi, nous nous envolons prestement. Nous éloignant par-dessus l'immensité de la mer, seul brille dans la nuit un quart de lune, ainsi que la multitude d'étoiles qui parsèment les cieux. Plongée dans mes rêves, je revois toujours la même chose : la ville en proie aux flammes, la chaleur et la fumée, la cire qui dégouline et puis des ombres qui me tendent la main. Je ne les comprends pas et cela m'affecte énormément. Néanmoins, je garde tout cela pour moi et tente de communiquer avec Aryan au moment où nous filons droit.

    Que s'est-il passé ?
    — C'est ma faute ... Déclara timidement Fay.
    Raconte-moi.
    — J'étais sur les rochers près du bord de mer, j'ai vu un nid avec plusieurs œufs. J'étais pourtant certaine qu'aucun monstre n'y était et...
    Ils t'ont pourchassé.
    — Oui. J'ai pourtant été rapide, agile mais ils ont suivi mon odeur jusqu'à la cabane. Je suis désolée.
    Ne t'inquiète pas, Fay. Le plus important, c'est que tu sois là, avec moi.

    Un silence. Je sus que la petite chatte s'en voulait et elle se blottit dans mes bras, le vent sifflant dans nos oreilles et la nuit nous apportant son lot de solitude et de grâce. Je transmets à Aryan ce que venait de dire Fay, bien que je me doute qu'il ait été aux premières loges en voyant les monstres aqueux sortir de l'eau. Le temps passe, nous allons fouler la terre des reikois, Les fameuses terres du Nord. J'ai déjà eu échos de ce lieu à découvrir et à explorer, je suis bien heureuse de sortir des terres battues de Shoumeï pour y apprendre des cultures et de nouvelles personnalités.
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  • Ven 17 Fév - 23:00
    Alors qu'ils volaient au dessus de la foret du nord du Reike, Aryan avait les idées un peu troubles. Il essayait de se remémorer le plus calmement possible les événements récents, et le voyage avec Luviel, comme pour calmer le flot des sensations qui allait de plus en plus fort dans sa poitrine, sans qu'il ne parvienne a mettre un doigt précis dessus. Comme des nouvelles sensations, pas totalement inconnu, mais qui ne lui appartenaient pas vraiment.

    Il s’était réveillé avant Luviel, la veille, ou plutôt, s'est redressé, n’étant pas vraiment endormit. Et il avait plutôt eu raison de le faire, étant donné le vacarme qui l'avait sortit de sa torpeur méditative. Éveillé il avait entendu, mais Luviel, bien endormie, n'y avait pas prété attention, plongée dans le sommeil.

    Des monstres étranges et écailleux étaient visiblement en train de s'en prendre au chat démon revenu de sa balade chasseresse. Ou plutôt, ils l'avaient poussés a le faire. La créature était en proie a la panique, et avant qu'Aryan ne comprenne vraiment comment, la cabane prend feu. Probablement que le feu de camp improvisé n’était pas totalement éteint et que le choc d'un coup avait aidé a embrasé la battisse déjà branlante.

    Il se rua a l'intérieur et attrapa l'ange dans ses bras, la tenant d'une main sous les fesses, son corps contre son épaule, et de l'autre, il attrapa les affaires de cette dernière et tira le tout hors du bâtiment. C’était un bon plan étant donné qu'une brève poignée de secondes plus tard, un nouveau coup acheva d'envoyer valdinguer le reste du bois enflammé un peu partout.

    - Luviel, réveille toi.

    Il la déposa a terre, a coté du chat, et leva les mains. Quelques rayons de lumières percèrent les ombres de la nuit, attirant l'attention des créatures. Il était sur d’être capable de faire mieux, mais rien ne parvint a sortir de sa poitrine. C’était loin des prouesses que sa partenaire de nouveau consciente était capable de faire.

    Alors qu'elle prenait connaissance de la situation, avec son chat, Une nouvelle attaque les obligea a prendre leur envol loin des deux monstres. Une fois hors de porté, il posa les yeux dessus, mais ne fit pas de commentaire. Il allait falloir faire plus attention. Non. Plutot, le chat, devrait faire plus attention. Il avait faillit les faire tous tuer.

    C’était avec ces pensées qu'il volait en direction de Melorn. Il ne voulait pas les blâmer, mais il se demandait si ils avaient bien conscience des dangers aux alentours. Cornue également avait ce coté un peu naïf, mais elle avait des compétences pour parvenir a désamorcer des conflits. Le chat, jusque la, semblait n’être..qu'un chat, et non pas a une créature débordant de magie.

    Alors qu'ils n’étaient plus très loin de l'endroit ou il avait laissé sa carriole, il fit un signe et posa le pied rapidement a terre. Il s'étira, et ses ailes disparurent aussitôt, comme si il n'avait pas vraiment envie de les exhiber. Ce n’était pas une question de public, c’était lui.

    - Je me demandais...quel est son problème, au final ? A Fay. C'est étrange qu'un démon ai si peu de capacités.

    Il ne voulait pas dire ça de façon agressive, c’était une vraie question. Il commença a marcher pour finir le trajet ainsi et ne pas arriver en volant avec de grandes ailes blanches. Et il continua la discussion sur ce point tout en le faisant.

    - Si elle n'a aucun moyen de se défendre elle même, ca va peut etre devenir dangereux. Si vous avez une idée de quoi faire, il faut peut être que nous commencions par la ? Par l'aider ? Si c'est en notre pouvoir.

    Il se doutait bien que si c’était facile, elle l'aurait fait depuis longtemps, mais aprés tout, il avait de l'expertise dans plusieurs domaines. Il pourrait peut etre trouver quelque chose dont les deux n'avaient pas songer jusque la.
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  • Lun 20 Fév - 9:35
    Posant pied à terre sur les terres reikoises, je plonge mes bottes sur le terrain couvert de neige durant cette période hivernale. Aryan fait disparaître également ses ailes, je fis de même, car après tout, les engeances des titans sont toujours mal vues. Nous ne sommes plus sur les terres de Shoumeï et il faut s'attendre à ce que les anges soient mal perçus. J'observe les montagnes au loin, enveloppées par les nuages gris et les grands sapins qui arborent les grands espaces à l'horizon. Mes pieds s'enfoncent dans la poudreuse, mon regard ambré scrute les alentours avec une lueur de curiosité et de tendresse. Ainsi, voici les terres où est né celui dont le nom devra résonner à travers tout le Reike. Qu'il est étrange de se dire que nos contrées ne semblent pas si différentes entre les montagnes de Célestia qui bordent les Pins Argentés et cette province. Aryan pose une drôle de question par rapport au chat démoniaque, je la regarde se blottir dans mes bras pour conserver la chaleur corporelle et écoute de nouveau mon confrère. Je fronce légèrement les sourcils avant de déclarer d'une voix calme :

    Je ne connais pas encore toute son histoire. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'elle a été un démon ayant été aux portes de la mort. Certainement rejetée, plutôt que de rester dans les limbes, elle fut ramenée dans un autre corps sans une grande partie de ses pouvoirs. Par quelqu'un ou par magie, nul ne le sait. Même elle ne s'en rappelle plus.

    Les oreilles de Fay s'affaissent et faisant mine de rien, penche sa tête sur le côté pour regarder Aryan avec son regard malicieux. Le chat attend, patiente et sait que cela peut durer plusieurs jours, plusieurs semaines ou encore plusieurs années avant de trouver une solution. Après tout, il faut garder espoir et ce félin au pelage noir a désormais sa place auprès de moi. Bien que je l'ai recueilli il y a peu, le fait que nous nous comprenions et que nous nous sentions en confiance l'une envers l'autre nous rapproche grandement. Bien que nos idéaux et nos pensées diffèrent, je souhaite l'aider et lui apporter mon amour et ma lumière. Ce n'est pas tous les jours que nous avons affaire avec une entité manipulée et transformée dans un corps qui n'est pas le sien. Peut-être y a-t-il un sceau qui l'emprisonne dans ce corps frêle et chétif. De toute manière, nous finirons par trouver un remède.

    À mon sens, tout ceci est spirituel ou magique. Le fait qu'elle soit passée du côté des Gardiens pour revenir sous cette forme de félin est peut-être synonyme d'une mission inachevée. Peut-être doit-elle apporter une pierre à l'édifice d'un quelconque projet et que son heure n'était pas arrivée. Fay a des capacités seulement, elle est bridée dans cette enveloppe. Il ne s'agit pas d'un sort de métamorphose, elle est piégée. Son âme est scellée à cette forme de chair et de poil soyeux. Nous finirons par trouver et peut-être qu'en te suivant dans ta quête pour retrouver Cornue, nous aurons également des réponses pour Fay.

    Je ferme les yeux et regarde le ciel cendré, pressentant que la neige va arriver. Nous avançons prudemment, empruntant des sentiers sinueux, certainement creusés par le passage de quelques aventuriers. Nous évitons quelques campements reikois disposés ici et là, après tout, nous ne sommes plus à la maison et il est vrai que le Reike détient des guerriers prêts à défendre leur pays. Comparé au Nouvel Ordre qui n'a quasiment aucune armée, nous paraissons bien plus faibles que le Reike. Je suis gelée et il me faut me réchauffer, je demande à Aryan si nous pourrions trouver un petit village pour pouvoir trouver de quoi se réchauffer dans les terres sauvages. Après tout, je n'ai pas le feu des bougies ou des cheminées pour me réchauffer. Même ma magie ne suffira pas à nous réchauffer au sein de ce terrain enneigé. De plus, je n'ai jamais réellement vécu comme une aventurière si loin de mes terres. En réalité, je suis angoissée et à la fois excitée par tant de nouveautés.

    Nous nous aventurons dès lors près d'un petit village entouré de piliers de bois. Nous avons pu apercevoir de la fumée s'échapper des chaumières, nous entendons le bruit du fer et les rires d'hommes grivois. Des gardes sont à l'entrée, nous toisent du regard et nous inspectent. Ils ont l'air surpris de nous voir ainsi vêtus et comprennent parfaitement ce que représentent les symboles de croix qui orne ma longue robe noire. Haussant un sourcil, l'un d'eux s'approche et demande d'un ton sec :

    — Votre tatouage.
    Comment... Comment ça, mon tatouage ?
    — Jeff, dit-il à son acolyte en s'emparant de mon bras.
    — Ouais, j'ai compris.

    Il s'empare de son cor porté à son ceinturon et souffle à l'intérieur, nous n'attendons pas très longtemps pour qu'un silence s'abatte à l'intérieur du village et que les rires des hommes s'évanouissent. Des bruits de pas accourent et nous voilà entourés par une dizaine de reikois, brandissant lances et épées dans notre direction. Je commence à paniquer, Fay saute de mes bras et se carapate avec précipitation en esquivant les pieds des hommes armés. Jeff déclare que le chat n'est rien d'important et qu'il est préférable de se concentrer sur les deux personnes qui leur font face, à savoir Aryan et moi-même. Je ne comprends pas pourquoi ils se mettent dans une telle position.

    Messieurs, je ne comprends pas, quel est le problème ?
    — Vous. Je reconnais ces symboles, ce sont des symboles divinistes. Sachez que ceux qui prient les Divins ne sont pas tolérés.
    Qu... Quoi ? Mais pourquoi ? Je n'ai rien fait de mal !
    — Vous priez des dieux qui ont détruit des villes et briser des familles. Un véritable génocide, si vous voulez mon avis. C'est donc cela que vous priez ?

    Un silence.

    — C'est bien ce que je pensais. Amenez-les au mitard, on va avoir une petite discussion vous deux et moi.
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  • Mer 22 Fév - 0:26
    Il était toujours perdu dans ses pensées quand ils approchèrent du village ou il avait déposé sa roulotte. Il essayait de penser a autre chose qu'Hava, et la situation du démon qui se trouvait juste a coté de lui était un bon sujet de curiosité. Encore cette histoire de mission. De tache. Les anges étaient censés en avoir, d’après elle, mais pour lui, il n'y avait rien.

    C’était peut être qu'il n’était pas comme elle. Ou bien il l'avait perdu. Il ne pouvait pas deviner, mais toujours était que le résultat était qu'un démon ne pouvait pas utiliser le moindre pouvoir, ce qui, au vu des autres qu'il connaissait, était assez étrange en soi.

    C'est ainsi qu'ils pénétrèrent le village en question, tranquillement. Il se souvenait du visage des hommes qui semblaient a première vu monter la garde. De plus prêt, il était évident du point de vu de l'ange qu'ils étaient surtout la comme des bandits pour faire payer un droit de passage aux voyageurs.

    Il les repéra aisément, et ils n'avaient de toute façon aucune envie de se cacher. Ils le regardaient lui uniquement a cause de sa taille et sans doute en considérant une difficulté potentielle si il etait armé. C’était peut être pour ça qu'ils vinrent nombreux. Leurs instincts étaient concentrés sur l'ange femelle du petit groupe de trois.

    - Hum ?

    Il ne se souvenait pas avoir eu le moindre problème lors de son premier passage et la raison etait sans doute évidente désormais. L'instinct basique des mâles humains prenaient le dessus en voyant cette créature féminine jouer avec leur sens, bien qu'involontairement.

    - Il me semblait pourtant, mes braves, que la liberté de culte était désormais de mise dans ce glorieux pays qu'est le Reike ?

    Ils ricanèrent tous sans exception, comme si la remarque de l'étranger était a mourir de rire. Il ne savait rien. Ici, on était bien loin de la capitale, bien loin des réformes novatrices de l'impératrice. Et encore plus loin de toute réelle surveillance. Après tout, ils étaient la surveillance ici.

    - Luviel, tu savais, toi, que tes tatouages étaient interdit par ici ?

    Les sourires s’éclipsèrent pour de l'agacement. Il n'avait pas du tout l'air de comprendre la situation dans laquelle il se trouvait, n'est ce pas ? Le mitard, ce n’était pas pour rire, c’était une véritable salle d'interrogatoire ou les Reikois étaient les maîtres, avaient droit de vie et de mort sur les prisonniers pour soutirer quelques informations, souvent insignifiante. Et il n'avait pas besoin d’être un génie pour se douter de ce qu'ils voulaient comme information venant de Luviel.

    - Dépêchez vous d’obéir.

    Il pointa son arme droit vers Aryan, se voulant menaçant...puis se figea. Il leva la tete, comme si il venait d'avoir entendu quelque chose. Mais rien. Il ne fut pas le seul. L'un des arbalétrier baissa légèrement sa visée, levant le nez vers le ciel. Aryan sourit.

    Un a un, ils eurent la même réaction. Ils entendaient un bruit. Un cri strident, venant de tout proche, que Luviel ou Aryan n'entendaient absolument pas. Mais ce dernier pouvait bien imaginer. Le plus éloigné poussa un cri de surprise, teinté d'une véritable terreur.

    - Qu'est ce que...

    Aryan, toujours souriant, se pencha vers Luviel.

    - C'est peut être le moment de s’éclipser.

    Un deuxième garde parti en courant. Ils étaient tous terrorisés. Mais le chef beuglait a tous de tenir sa position. Peine perdu, la plupart avaient commencés a s'enfuir en courant, la mort aux trousses.

    - Tenez les rangs, tenez les rangs !

    Mais finalement, il se retrouva seul, et bien pale, les yeux en l'air posé sur un gigantesque dragon tout droit sortit d'un roman d'aventure. Il allait mourir. Tuer par une bête millénaire et ancéstral, une créature imaginaire. Il eu un rire un peu fou, et tomba assit, une étincelle de déséspoire dans le visage.

    Dragon que ni Aryan ni Luviel ne voyaient ou n'entendaient bien sur. Puisque tout ça, c'etait purement et simplement dans la tête des soldats.

    - On va chercher les affaires, Luviel ?

    Il lui fit un petit sourire complice.
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  • Dim 26 Fév - 20:35
    Un sortilège est à l'œuvre, je ressens une puissante magie émaner d'Aryan, alors que l'esprit des reikois est affublé par des illusions dont j'ignore le résultat. Certains hommes se replient, là où d'autres restent bouche bée sans pouvoir agir, complètement paralysés. Portant un regard sur mon accoutrement, une réflexion résonne dans ma tête. Ainsi, les symboles divinistes ne sont pas tolérés au sein du Reike ? Devrai-je donc choisir de me cacher et de retirer ces croix qui ornent mes habits ? Non. Je ne le peux et ne le souhaite pas, car je suis une fille des titans et je sais qu'ils sont là, quelque part à entendre, voir et à écouter. Bien que je sache que les titans ne sont pas les plus saints, qu'ils ont instaurés la terreur et la mort à travers Sekaï, je ne peux les défier. Peut importe ce qu'ils ont pu commettre, ils sont mes créateurs, ceux que j'appelle "Pères". Je les aime, ainsi soit-il. J'appelle Fay tandis que nous commençons à nous extirper précautionneusement de cette étrange mascarade. Revenant sur ses pas, le petit félin noir s'extirpe de sa cachette pour revenir dans mes bras, avant de s'installer sur mes épaules. Les quelques villageois se sont barricadés à l'intérieur de leur chaumière. Je me demande combien de temps le sortilège d'Aryan s'exercera sur l'esprit des hommes du Reike. Nos pas s'enfoncent dans la neige et nous continuons notre ascension à l'intérieur du village. Un peu plus excentré, je découvre un vieil homme aveugle et sans le sou, assit près d'une sorte de taverne miteuse et délabrée. Le vieillard aux habits troués tousse violemment, son corps est frigorifié et je le vois, enveloppé dans cette fourrure misérable et couverte de tache. Je m'approche de lui, son regard teinté de gris détermine ma position et, alors que je m'agenouille, il me dit d'une voix fébrile :

    — Une petite pièce, pour un malheureux ?
    Je n'ai point d'argent à vous donner, vieil homme, dis-je avec un regard triste.
    — Ah.
    Un soupir las me frappa en plein cœur. Il tente de se couvrir un peu plus, cherchant un peu de chaleur.
    Je peux peut-être vous apporter un  autre type d'aide.
    — Du pain et du rhum ?
    Je me mets à glousser avant de prendre une de ses mains sales et noircies dans mes petites mains.
    Je vais vous apporter la lumière, vieil homme.
    — Mais... Je suis aveugle, ma dame. Je ne pourrais plus jamais la revoir.
    Ayez confiance.

    D'une voix douce et apaisée, je colle mes mains contre les siennes et laisse un flux de lumière pénétrée sa peau, sa chair, ses organes. Une lumière intense et belle qui irradie tout son être. Ses tissus se résorbent, sa maladie disparaît et le bleu de ses yeux apparaît. La couleur de l'océan se lit de nouveau dans ses prunelles, le vieillard est déstabilisé, suffoque et pleure. Il lâche un sanglot et se tâte le visage, le cœur et les poumons.

    — Je vous vois ... Et je vous vois, vous aussi, dit-il envers Aryan. Je vois la neige. Mes mains. Je ... Je suis guéri !
    Il se relève avec un peu de difficulté, sans toutefois lâcher sa fourrure délabrée. Son regard larmoyant et bleuté s'imprègne dans mon esprit, tandis que sa voix fébrile me remercie.
    — Vous êtes ... Vous êtes ...
    Vivez. Viel homme. J'ose espérer que vos années brilleront de mille feux.
    — Je n'ai rien à vous donner, ma dame, dit-il en prenant mes mains dans les siennes.
    Vous n'avez rien à me devoir.
    — J'insiste ! S'émerveilla-t-il.

    Je me mis à réfléchir et commence à sortir mon grimoire et un morceau de charbon finement taillé, noircissant le bout de mes doigts en griffonnant quelques mots sur le papier. J'enroule le tout et lui murmure à l'oreille ce qu'il pourrait faire.

    Ainsi, vous verrez de nouveau le monde de votre regard, dis-je en tendant le parchemin.
    Il serre le papier contre lui et déclare :
    — Vous êtes une sainte ! Vous m'avez guéri !
    Puis il commença à se diriger ailleurs, profitant de sa nouvelle vie.

    Nous entendons les reikois à l'entrée qui reprennent leurs esprits, se demandant où nous avons bien pu passer. Nous nous frayons un chemin jusqu'à trouver la carriole d'Aryan. À partir de là, je pourrais me changer et camoufler mes signes distinctifs.
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