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  • Dim 12 Fév - 20:56
    Vers le bas.

    En descendant l’une des pentes qui menait aux mines d’argent, le premier souvenir qui vient à Nineveh, c’est la vue. Les escaliers taillés à même dans la roche, les échafaudages, les ascenseurs à roue, les cordages. Il y a toujours cette ambiance, ce travail, avec les mineurs qui ramènent des paniers d’argent.

    Non, plus effrayant encore : les fracturations hydrauliques, quand l’un des élémentalistes de la mine se met à chauffer les parois de roche avec d’immenses langues de feu avant de tout arroser d’eau froide. Les pierres grandes comme des maisons qui se brisent sous le choc, les blocs qui tombent au sol en répandant des nuages de poussière.

    Mais aussi, les boyaux les plus profonds de la mine, les galeries qui vont là où l’exploitation à ciel ouvert n’ira jamais. Dans ces tunnels obscurs, où l’on trouve le précieux métal.

    Oui, il y a quelque chose d’effrayant à descendre là-dedans. Guidée par une inconscience juvénile, Nineveh s’était perfectionnée dans les entrailles de la terre, là où aucun autre médecin ne veut aller.

    En apparence néanmoins, rien n’a changé. C’est toujours une elfe avec des brûlures au visage, une vieille cape brune qui a vu de meilleurs jours et des fringues élimées, rapiécées en plusieurs endroits. Tout a été plus ou moins remplacé au fur et à mesure, de la boucle de ceinture au cuir de ses bottes, cinq siècles qu’elle est sur les routes, forcément, cela laisse des traces.

    « Par les dieux et les esprits, rien n’a changé depuis. » Les traditions ont parfois du bon, elles ne sont que la préservation des flammes après tout, plutôt que la vénération des cendres.

    On ne peut pas en dire autant du culte des titans, mais c’est un autre sujet de conversation.

    En arrivant au village où réside la plupart des mineurs, la magicienne prend soin de descendre de cheval : ni conquérante, ni officier impérial, elle n’a aucune raison de rester sur sa monture pour les derniers mètres. Autant la guider par la bride, elle est ici en tant que médecin, comme partout où elle va. D’aucun dirait qu’elle va toucher gros, mais entre les frais de voyage et les honoraires traditionnels des médecins, il y a un monde.

    De toute manière, elle se verrait mal d’extorquer des mineurs d’argent. Ils sont ici de père en fils.

    Elle en a conscience, plus qu’elle ne le sait. Il lui suffit de voir certaines gueules pour deviner un très lointain lien de parenté, des noms qui ressortent sur des stèles mémorielles et parfois, même si c’est le plus déprimant, des inscriptions épigraphiques qui témoignent d’accidents tragiques.

    Ci-git Xénophon, fils… mineur d’argent… Contremaître… Mort à… Durant un accident qui a tué vingt autre de ses camarades.

    Toujours les mêmes mots gravés dans la pierre, pourtant, ça ne les rend pas plus simple à accepter. En particulier quand on s’est fait la mission de défaire le travail des soldats, des assassins et des dieux.

    Au nom de Nineveh de Basileïa, qui a soigné de nombreux mineurs de l’an… Par les dieux ! C’était nouveau ça.

    C’était peut-être à prévoir, mais en voyant l’inscription honorifique qui lui est dédiée, avec ses états de service, son nom et les remerciements des villageois il y a quatre cent ans, cela lui arrache le rouge aux joues.

    Il est vraiment temps de laisser son cheval à un palefrenier et de s’enquérir des dernières nouvelles.

    Lorsqu’elle se présente au bureau des autorités impériales, on doute pourtant de sa qualité, tant son portrait évoque celui d’une voyageuse plutôt que d’une médecin. Il n’y a bien que son gros sac de cuir et ses gros livres de médecine pour témoigner de son métier. D’une voix calme, un brin fatiguée par le voyage, elle s’annonce aux intéressés.

    « Mes respects nobles seigneurs, je suis Nineveh de Basileïa, médecin commissionnée par le directeur Tonr afin de soigner les mineurs frappés d’argyrisme. J’ai chevauché depuis Justice, la cité Républicaine, afin de venir au plus vite. Vous avez dû être informée de mon arrivée par un coursier il y a… Trois ou quatre jours. » Contrairement à elle qui n’avait qu’une seule monture, une coursière qui avait beaucoup de souffle, ce n’était pas une messagère qui bénéficiait des relais de poste et de montures de rechange. « À qui ai-je l’honneur ? »

    D’un côté un beau jeune homme bien habillé, probablement membre de l’administration impérial, tant son portrait anatomique se distinguait des gens de la région. Dans l’autre versant de la pièce : un administrateur plus bourru, habitué des lieux, plus à l’aise, Tonr ?

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  • Dim 12 Fév - 22:52
    L’argent est déposé sur la table, tout en écoutant les paroles du dénommé Tagar : mystérieux étranger qui n’a pas signalé sa fonction, mais qui est doué d’un certain tact semble-t-il. Plus bavard que le maître de la mine, il se fend d’un petit résumé des derniers évènements à la magicienne. Elle affiche un sourire poli en écoutant attentivement ce résumé, loin d’être exhaustif, mais fidèle à la réalité.

    « Vous m’accompagnerez demain à l’aube alors, dès les premiers rayons du soleil je serai à la mine avec les premiers ouvriers. Vous me regarderez faire et si vous êtes assez avancé dans votre instruction, vous m’aiderez un petit peu. » Il y a une pointe d’enthousiasme dans la voie de Nineveh : c’est rare qu’elle ait des disciples, la plupart ont abandonné en cours de route. Quand les cours sont devenus trop intenses pour la majorité d’entre eux.

    Quand il n’a plus été question de résoudre des problèmes pratiques, mais de comprendre le corps humain dans son intégralité, de voir ce que d’ordinaire on ne voit jamais. Là, la plupart ont arrêté par crainte de ce qu’ils pourraient découvrir, des efforts à fournir, toujours plus courts mais toujours plus difficiles à soutenir.

    Ce ne serait pas un problème avec Tagar, l’argyrisme, s’il est complexe à traiter, ne nécessite pas une connaissance particulièrement élaborée du corps humain, plutôt une délicatesse infinie.

    « Oui, je vais profiter d’un repas chaud et d’un lit pour cette nuit. Cela me changera des paillasses dans les écuries et les nuits à la belle étoile dans un hamac. » En particulier lorsque les températures sont aussi froides, difficile de trouver un coin où dormir sans geler. « Je traiterai les mineurs demain : l’argyrisme n’est pas une maladie urgente, ils ne risquent rien à passer un autre jour avec la peau bleue. »

    Sur le très long terme, l’intoxication à l’argent peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé de chacun, elle en a été la première victime.

    « Quant au paiement : il est… » Elle appose une main au-dessus de la bourse et une par une, les pièces sortent de leur contenant avant de flotter au bout de ses doigts. Elle inspecte visuellement les pièces : avers, revers, symbolique des différents rois, inscriptions sur le rebord, nature des scènes dépeintes. Nul besoin de mordre dans le métal pour s’assurer de sa vraie nature lorsqu’on est contemporaine des évènements représentés dessus. « Le paiement est suffisant, j’ai cru comprendre que la nature des personnes avait changé depuis mon dernier passage, oui. Les pièces le disent. »

    Certaines sont vieilles, l’une d’entre elle dépeint la libération des mineurs. Cela va dans le sens des rumeurs qu’elle a entendu, il y a fort longtemps de cela. Étrange, d’être témoins de l’avancement du monde à une telle échelle, elle aurait cru que les mineurs massacreraient leurs maîtres.

    Nineveh se tourne vers le directeur : « ils seront guéris d’ici trois jours, le temps de soigner chaque personne selon la procédure. Je dois traiter individuellement chaque mineur. Il me faudra un tonneau d’eau le plus propre possible, un autre vide pour recueillir les extraits d’argent. En l’absence de tonneaux, des amphores feront l’affaire. Les mineurs les plus vieux seront à traiter en premier, les plus jeunes seront les derniers. Le rituel ne laissera normalement aucune marque ni séquelle, ils pourront reprendre le travail immédiatement après les soins. »

    Des années passées à expérimenter qui se résumeront à trois jours de travail indolore. Un peu pénible certes, mais il y a des tâches plus ardues qui paient moins. Elle peut s’estimer heureuse, avec tout cet argent qui lui revient de droit, elle a assez pour tenir quelques mois, si elle ne donne pas tout aux charités de Melorn évidemment.

    « Vu l’heure, il paraît judicieux de prendre le souper oui. » Conclut la magicienne, « cela va faire dix jours que je chevauche sans relâche, je sens à peine mes jambes. » Elle avait quand même pris un bain la veille à l’auberge, histoire de ne pas ternir l’aura sophistiquée de sa patrie.

    Un instant plus tard, les voilà à table en train de discuter des dernières nouvelles.

    « Si vous me permettez la question, qui êtes-vous Tagar ? J’ai cru comprendre que sire Tonfr était le responsable de la mine, mais je ne crois pas que nous ayons été présentés. Le traitement de l’argyrisme est relativement complexe, si je dois faire démonstration de pédagogie demain, j’aimerais savoir votre niveau en termes d’apotropaïque et de médecine. »

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  • Mar 14 Fév - 21:51
    Il fera de son mieux.
    Comme beaucoup d’autres avant lui.
    Nineveh ne précise pas le fond de sa pensée, notamment car il est difficile de juger un livre à sa couverture et Tagar semble comme beaucoup d’autres gens de son âge : un jeune homme plein d’énergie qui veut découvrir le monde et des choses qui le dépasse. Une volonté louable que l’elfe ne saurait contredire.

    Ce qui l’intéresse est plutôt sa réponse à son sujet : fonctionnaire, relativement élevé puisqu’il a été missionné pour s’assurer que tout se passe bien, manque d’expérience en magie. Il lui évoque un profil plutôt bureaucrate qu’homme de terrain, son absence d’entraînement en médecine est plutôt surprenant pour quelqu’un qui veut en apprendre plus. On aurait plutôt tendance à ouvrir des livres qu’à directement plonger sur le terrain, au motif qu’on souffle une vie beaucoup plus facilement qu’on ne la préserve. Néanmoins, puisqu’il justifie d’une certaine expérience en médecine de terrain et selon ses dires, en apotropaïque (bien malgré lui), elle peut faire une exception. Il sera de la partie demain, en tant que spectateur assurément, peut-être en tant qu’assistant si l’intervention n’est pas trop compliquée.

    Fait plus perturbant : la présence d’une flasque d’alcool, manifestement du kirsch. Avec un sourire poli, l’elfe accepte le premier verre et hume délicatement les arômes : peut-être pas le plus adapté pour une assiette de dromadaire, mais il y avait un parfum assez agréable, très sucré lié à la cerise. Techniquement un faux pas avec la viande, c’est plutôt un digestif à ses yeux. Enfin, pour faire plaisir, elle en sirote une petite gorgée.
    Note de cerise (évidemment), d’excellente qualité, cœur de distillation ? L’alcool ne lui brûlait pas l’œsophage.

    « Délicieux. »

    Puis vient la question classique : pourquoi être devenue médecin ?

    « J’aime aider les gens, mais il n’y a pas que cela, bien évidemment. » Si cela ne tenait qu’à ça, elle aurait été volontaire dans un ordre mendiant et aurait consacrée sa vie à aider son prochain de toutes les manières qui soit. « Mais je n’ai pas seulement choisie la voie de la guérison, l’apotropaïque, l’art de repousser le mauvais sort et les malédictions, fait partie de mes attributions. » Alors, pourquoi ? « Dans la forme, j’aime résoudre des problèmes et comprendre les arcanes les plus inaccessibles, défaire la trame des évènements, d’une machine, d’une maladie. Je voulais aller tout au fond, découvrir ce qu’il y avait à découvrir. » Là où personne ne voulait aller, chercher la lumière au bout du tunnel, pour contrarier les dieux impies.

    Pour vaincre la méchanceté par la compétence et la gentillesse.

    « Et toi ? Qu’est-ce qui peut amener sur le chemin de la politique ? »

    Le chemin des mensonges ? Nineveh avait une méfiance naturelle pour la politique. Lorsque la priorité est de gouverner, on commence à vouloir imposer des lois, à contrôler son prochain.
    Tant de temps qui pourrait être investie dans une passion, un sport, un enseignement. Définitivement, la politique semble dénuée d’intérêt, tant elle se nourrit des autres disciplines pour devenir une créature macabre, rapiécée des chaussures jusqu’au chapeau.

    « En fait, » se corrige l’elfe. « comment arrive-t-on à avoir la double casquette de financier et apprenti médecin ? »

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    Invité
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  • Mer 15 Fév - 22:19
    Génération après génération au service de l’État, le léviathan le plus glacé qui peut exister. Nineveh n’en pense finalement pas grand-chose, si les humains s’attachent tant à cette notion de nation, ils sont libres de leurs choix. Après tout, qui est-elle pour juger les choix de chacun ? Le ministère des finances est une institution comme les autres, non ?

    « Fonctionnaire. » Reprend la médecin avec une pointe de malice : il y en a de toutes les sortes après tout. « Trop renfermé pour moi, pas assez d’indépendance, mais si c’est qui te convient, tout le bonheur. »

    Ensuite ? Une question qu’on pose régulièrement à Nineveh, même si les gens ont tendance à ne pas l’exprimer lorsqu’ils sont entre ses mains, à voir leurs chairs se refermer par l’action de la magie et de longues années d’apprentissage.

    « Je le regrette à chaque fois que je dors dans un hamac, quelque part au milieu des bois. Mais c’est la rançon de la liberté et surtout, c’est une maigre contrepartie en échange de la liberté absolue dont je jouis. Même si je lutte parfois à trouver une maison de bains correcte, en particulier lorsque je m’éloigne des grands axes pour travailler dans les hameaux les plus reculés. »

    C’est son devoir de médecin, sa mission : aider les gens. Il nécessite des sacrifices. Si les hommes étaient bons et généreux, sa quête ne serait pas nécessaire, hélas, la vie lui a prouvée à de nombreuses reprises que les humains s’intéressent plus au profit qu’au salut de leurs âmes. Elle se demande où se situe Tagar, si c’est un fonctionnaire comme les autres, un idéaliste aspirant ou un professionnel plus intéressé par la forme que le fond.

    « Et du coup, comment arrive-t-on à cette double spécialité de mage et de financier ? Un entraînement acharné ? Ou bien d’excellents précepteurs ? » Elle reprend une bouchée de dromadaire, « délicieux, mes compliments au chef. »

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    Invité
    Invité
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  • Ven 17 Fév - 21:50
    « Non merci pour la maison de bain, je serai sur les routes dès la fin de ma mission : je ne dois pas trop traîner, d’autres gens peuvent avoir besoin de moi. » Elle n’est guère enthousiaste à l’idée d’aller dans des maisons de bains, notamment car elles sont assez onéreuses et surtout, on y fait toutes sortes de rencontres, pas forcément des plus agréables.

    C’est aussi en lien avec le souvenir de Melorn : difficile d’égaler le raffinement des bains elfes et pour être honnête, Nineveh préfère la compagnie de ses pairs à celle des autres races. Question d’habitude et de nostalgie, si elle est ouverte d’esprit, le bain public se fera à Melorn.

    L’elfe est néanmoins surprise lorsque Tagar dévoile le gâteau au chocolat : c’est fort sympathique de sa part que de proposer un bon dessert. C’est rare d’avoir ce genre de mets à la fin du repas, d’ordinaire ce sont des fruits ou des biscuits. Elle a un hochement de tête approbateur et profite du dessert.

    « Délicieux ! »

    Le reste de la soirée se déroule sans encombre. Le repas, puis la nuit sont l’occasion pour Nineveh de songer au lendemain, les mineurs, l’argent, les boyaux, la mine. L’endroit où elle a fait ses premiers essais, où elle restée des mois à s’acharner sur une maladie, pour défoncer ce piédestal de maladie et mettre en application ce qu’elle avait appris à l’université et dans sa famille. Revenir des siècles après pour traiter l’argyrisme des mineurs en quelques jours, une vie entière de progrès qui va se résumer en moins d’une semaine. Il y a une dimension irréelle, lunaire, à cet enchaînement, à cette mission toute entière.
    En regardant le plafond dans sa chambre, dans la pénombre toute relative d’une nuit de pleine lune, l’elfe se pose une question très humaine : est-ce que tout cela a un sens ? Est-ce une tentative de rythmer sa vie en attendant l’inévitable ? Ou alors, une véritable mission qui, réellement, constitue sa boussole de vie ? Si elle connaît déjà la réponse, les incertitudes font partie du voyage.
    Et les incertitudes sont intolérables dans son corps de métier !

    C’est pour cette raison qu’à l’aube, elle est déjà devant la mine. Son antique cape repliée à sa ceinture, en train de mettre en place le nécessaire pour traiter les mineurs : le tabouret, le tonneau d’eau de roche. La chemise noire, les gants de cuir, le foulard à son cou qui sera bientôt noué autour de son visage, tous les éléments qui indiquent des extractions à venir. Les premiers mineurs sont déjà en train de travailler, mais les plus vieux ne sont pas encore là, ils commencent un peu plus tôt.

    Les premiers rayons du soleil sont destinés à ses notes sur l’argyrisme, elle les connaît par cœur, elle les a écrite il y a fort longtemps pour se souvenir. Pourtant, après toutes les expérimentations qu’elle a pu faire ou commettre, pour découvrir la solution au problème, elle a déjà tout en mémoire. Les évènements se sont implantés au fer rouge dans son esprit. Elle profite de la lueur fébrile du soleil pour relire son premier grimoire, celui en peau de vache, le brun, le plus ancien. Là où tout est strictement médical.

    Lorsque Tagar arrive, elle est prête. Elle se doit de l’être.

    « Bonjour Tagar, avant que nous commencions, je vais aller au vif du sujet : as-tu déjà extrait des poussières d’argent des reins ou de l’œil ? Si tu n’as jamais fait d’extraction de métaux, alors, regarde-moi attentivement, ce n’est pas tous les jours que ça arrive. »

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    Invité
    Invité
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  • Dim 19 Fév - 1:27
    « Une dizaine d’hommes pour sa majesté. » Nineveh a un gloussement en voyant le petit contingent, « sauf si tu crains pour ta vie à cause des hommes, je ne pense pas que mesdames et messieurs seront nécessaires en bas de la mine, il n’y a pas beaucoup à craindre, si ce n’est les coups de grisou et les éboulements. De toute manière, nous ne descendons pas tout de suite. Nous traitons d’abord les mineurs en surface. »

    L’elfe inhale l’air frais du matin, relent d’argent dans l’air, poussière métallique qui pique les yeux, elle exhale une petite brume. Dans un réflexe familier, elle rabat son écharpe au-dessus de son nez, la journée va être longue et son endurance, mise à rude épreuve. Les miracles d’il y a plusieurs siècles ne vont pas se reproduire sans suer, sa gourde de vin ne sera pas de trop, sans compter sur la viande séchée dans sa besace.

    « Merci Tagar, mais j’ai déjà mangé ce matin : viande séchée, piquette qui tourne au vinaigre, les classiques des voyageurs. » Elle fait craquer ses doigts, chaque phalange l’une après l’autre. « Si ce n’est qu’une lance, alors je te de regarder. C’est comme ça que j’ai appris et extraire d’un œil ou d’un rein de l’argent est extrêmement délicat. Tu pourrais tuer quelqu’un durant la procédure. Si les jeunes sont déjà au travail, les anciens vont arriver d’une minute à l’autre. »

    Quelques instants plus tard, les mineurs vétérans arrivent et en voyant l’ange aux cheveux d’argent, ils comprennent vite que les jours à avoir la peau grise sont comptés. La plupart s’installent sur des grosses pierres non loin, à attendre leur tour tandis que sur un tabouret, le plus ancien et le plus méritant s’installe. D’une voix détachée, d’un calme olympien, Nineveh donne les premières consignes et tente de mettre à l’aise son patient.

    « Vous devez retirer le haut de la tunique s’il vous plaît. Je vais appliquer de l’eau froide sur votre dos, elle servira à extraire l’argent contenu dans votre corps. Faites en sorte de vous tenir le plus droit et le plus immobile possible, tel une statue, ceci afin d’éviter tout accident. »

    Elle pose une main à la surface de l’eau, l’onde bleue suit naturellement la paume de la médecin et un globe aquatique la suit tout naturellement alors qu’elle remonte la main hors de l’eau.
    Le mineur d’argent se raidit en sentant l’eau froide contre ses omoplates, l’elfe pose une main sur son épaule en débutant la conversation : les patients sont toujours plus calmes lorsqu’ils ont l’occasion de parler.

    « Alors ? Qui ai-je l’honneur de soigner en cette matinée d’hiver ?
    -Un des contremaîtres de la mine. Lucas Lenz, mon père y travaillait déjà, son père avant lui et ainsi de suite. Qu’est-ce qui importe le plus ? L’honneur, ou les soins ?
    -Les soins évidemment. »
    L’extraction débute, l’opération est indolore, Nineveh a l’habitude, le procédé a été perfectionné pendant des siècles. La bulle d’eau au contact se gorge petit à petit de perles grises qui viennent troubler le liquide, de translucide il devient opaque. La peau grise du mineur retrouve une coloration beige, tandis que ses yeux gris retrouvent leur blanc de jadis. « Pas de regret à travailler à la mine ?
    -Aucun, c’est un boulot pénible, mais qui paie bien. »
    Il a une pause, « alors la légende est vraie, Nineveh de Basileïa existe réellement.
    -Oui, tout comme j’ai croisé un Lenz il y a quatre cent ans. »
    Les dernières finitions, le reste d’argent à hauteur des reins, dans le sang. « Terminé. »

    Elle balance le globe d’eau argentée dans le tonneau vide. Ses pouvoirs s’estompent et le liquide s’étale au fond, sans grâce ni délicatesse. Le contremaître s’inspecte d’un bout à l’autre, stupéfait d’avoir regagné ses couleurs en moins d’une minute. Sur le visage de Nineveh, rien si ce n’est un sourire et un léger inconfort.
    L’expertise n’enlève rien à l’effort.

    Lenz, quant à lui, a un hochement de tête, satisfait d’avoir retrouvé ses couleurs d’antan.

    « Encore un peu et je devenais aussi un pâle qu’un gratte papier. » Renifle le mineur, « moi qui pensait que le mal de l’argent était éternel.
    -Pas toujours, si on a les bonnes personnes pour traiter l’affliction. »
    Le contremaître lui tend une poignée de main, « c’était un plaisir.
    -Et vous avez toute ma gratitude. »


    Alors que le prochain s’approche afin de recevoir des soins, Nineveh lance un petit regard à Tagar.

    « Alors ? Plus difficile que de retirer une lance, pas vrai ? »

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    Invité
    Invité
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  • Dim 19 Fév - 21:50
    Si les opérations se passent bien et les extractions se poursuivent tranquillement, quoiqu’avec une certaine attrition pour Nineveh, qui à la fin des extractions en surface pour les plus anciens, essuie un filet de sueur qui vient perler son front. D’un revers de manche, elle éponge le résultat de sa fatigue et de ses efforts acharnés pour rendre l’opération indolore et la plus rapide possible.
    Elle ferme les yeux un instant.
    Si elle a pris du galon depuis la dernière fois qu’elle est venue, cela reste une épreuve en soit. Malgré l’entraînement intensif de la guerre, qui lui a rappelé comment traiter des patients en masse, vite et bien, réaliser des extractions d’argyrisme est particulièrement désagréable. Il y a une dimension personnelle aussi frustrante que gratifiante, une revanche à prendre sur cette maladie sur laquelle elle s’est cassée les dents pendant de nombreuses années avant de comprendre parfaitement ses mécanismes.

    C’est bien pour cela que, en entendant les paroles de Tagar, ses yeux s’arrondissent : hein ? Il veut essayer sur des êtres humains directement ? Sans jamais avoir testé sur des bêtes avant ? Il est diablement ambitieux et surtout, trop enthousiaste dans sa démarche. C’est un coup à tuer quelqu’un.

    « Je mets mon véto sur toute tentative de soin : en l’absence d’entraînement théorique et pratique, sans avoir jamais pratiqué sur des animaux avant, c’est une invitation à l’accident. Si je peux soigner de nombreuses blessures, je n’ai aucunement l’intention de risquer la vie de mineurs. »

    Elle essuie ses mains contre son pantalon. Il va bientôt y avoir une autre fournée.

    « Inutile de descendre, cela ne sert à rien de les soigner dans une atmosphère saturée de poussières d’argent. Cela ne ferait que complexifier ma tâche. » Elle sort de sa besace un morceau de viande séchée et mord dedans, avant de rincer le tout d’une gorgée de vin qui tourne à la piquette. « On soigne les mineurs qui ont fini leur service. Il y a une rotation qui doit bientôt se faire, ce sera l’occasion de continuer les soins à l’extérieur, à la lumière du soleil. »

    Et en effet, lorsque les mineurs remontent, elle se remet au travail. C’est une eau argentée qui monte petit à petit de niveau dans un tonneau, alors que dans l’autre, l’eau de roche s’amenuise à vue d’œil.
    A la fin de la journée, Nineveh est un peu plus pâle que d’ordinaire et elle s’essuie les mains dans un vieux chiffon qui a vu de meilleurs jours. Un bon tiers de la mine a été soigné, c’est l’essentiel, la suite demain, après une bonne nuit de sommeil et un bon repas chaud. En entendant son estomac gargouiller, l’elfe a un haussement de sourcil : le dîner s’impose.

    « Laissons-tout en plan, il n’y a rien à craindre et de toute manière, nous en aurons usage demain. » Pourtant… Médecin un jour, médecin toujours comme on dit. Elle a un coup d’œil vers Robert, ses cicatrices. « Vous voulez que je fasse disparaître ces balafres peut-être ? Ça ne prendra qu’un instant. » Avant de se tourner vers Tagar une fois qu’elle a eu sa réponse, « dîner ? »

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